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Cantata BWV 110
Unser Mund sei voll Lachens

Commentary in French

KANTATE ZUM 1. WEIHNACHSTAG
Leipzig, 25 décembre 1725

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie

 

AVERTISSEMENT

Cette notice en français dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui. Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Sauf les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise en outre qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BCW = Bach Cantatas Website
BG = Bach Gesellschaft
Bj = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe
La première lettre mise -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande

 

DATATION BWV 110

BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. II, page 256]: « 25 décembre 1725 ; une 2e exécution vers 1728-1731 »
HIRSCH: Cantate faisant partie du troisième cycle de cantates autrement « 3. Jahrgang ». Premier jour de Noël 1725
Classement chronologique (Chronologische Nummer = CN 138)
Chronologie: BWV 79 (31 octobre 1725) - BWV 57 (26 décembre 1725, pour le 2e jour de Noël) - BWV 151 (27 décembre 1725, pour le 3e jour de Noël) - BWV 28 (30 décembre 1725).
[Les cantates BWV 110, 57 et 151 pourraient être une manière de préfiguration de l’Oratorio de Noël (BWV 248,1-6) qui verra le jour plus tardivement, à la Noël 1734].
SCHERING [Bj 1933. S. 44]. Cité par A. Basso [Jean-Sébastien Bach, tome II, page 841]: « Arnold Schering avait avancé l’hypothèse selon laquelle la cantate BWV 110 aurait été composée en fin d’année 1734 pour célébrer la victoire de la Saxe dans la guerre de succession polonaise, mais cette thèse a été démentie avec éclat tant par la nouvelle datation prouvée par Dürr que par la date de publication du texte de Lehms: 1711 ».
SCHMIEDER:
Leipzig, avant 1734. SCHWEITZER: Après 1734.
SPITTA [Tome II, page 695] donne une date que la musicologie contemporaine a - presque - ratifiée: celle du 25 décembre 1724]. WHITTAKER: après 1734
SCHULZE: « La cantate BWV 110 aurait été exécutée à deux reprises le même jour, 25 décembre 1725, le matin à l’église Saint-Nicolas (l’église principale de
Leipzig) et l’après-midi à l’église Saint-Thomas. Le lendemain, 26 décembre, deuxième jour de Noël, [mais dans ces lieux inversés] exécution de la cantate BWV 57 ».

 

SOURCES BWV 110

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P 153. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement « East Berlin », avant 1989
Propriété de Carl Philip Emmanuel Bach, elle a figuré dans le Catalogue (dont 86 cantates sacrées) publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre: « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach »
20 feuillets, 40 pages in 4°
- Couverture originale et titre manquent
Suit une feuille avec un titre [autographe ?] : J. J Feria 1 Nativitatis Xsti. Concerto à 3 Trombe, Tamburi 3 Hautb. Basson 2 Violini e Viola, 4 Vocie Continuo. A la fin: Fine SDGl
- Une autre couverture avec annotations du fils de Bach, Carl. Philipp Emmanuel Bach.
Titre par un copiste [ ?] : Feria 1 / Nativitatis Christi / Unser Mund sey voll Lachens p. / à 4 Voc. 3 Trombe e Tamburi / 3 Hautbois / 2 Travers. 2 Violini / Viola / Basson / e / Continuo / di Sign : J. S. Bach
BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. I, page 625]: « Spitta découvrit l’autographe - c’était en 1873 - de la cantate BWV 110…
Filigrane [Spitta, II, page 695]: Un bouclier et deux épées entrecroisées. Type de papier utilisé par Bach à différentes époques de sa vie, de Cöthen à
Leipzig. Renvoi à BWV 28 et BWV 32.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Mus. Ms. Bach St 92. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement East Berlin, avant 1989
24 parties in 4°. Les parties « ripieni » seules sont autographes de Bach
Différents filigranes dont une couronne et un couteau de chasseur.
HERZ: « Copiste K4. Johann Andreas Kuhnau (à
Leipzig du 7 février 1723 au 30 décembre 1725)
JSB. Fragments autographes
M: Christian Gottlob Meissner

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT. BG (Gesamtausgabe)
Jg. XXIII, Notes pages XLVI à XLVIII
Partition: pages 265-324. Avec cantates 101-110. Préface de W. Rust, mai-juin 1876

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE. NBA.
KANTATEN SERIE I/ BAND 2. KANTATEN ZUM 1. WEINACHTSTAG
Bärenreiter Verlag BA 5007. 1957. Avec BWV 63, 197a, 91, 191
BWV 110. Pages 73-130.
Kritischer Bericht / BA 5007 41. Johann Sebastian Bach / Neue Ausgabe/ Sämtlicher Werke / Série I – Band 2. Kantaten Zum I Weihnachstag. KB von Alfred Dürr. Bärenreiter Verlag Kassel – Basel – London 1957
BWV 110, pages 54-112.

AUTRES ÉDITIONS
Bärenreiter Verlag Kassel. Taschenpartitur (partition de poche). Présentation d’Alfred Dürr, 1959. C’est celle du coffret Harnoncourt/ Teldec
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2960. Chœur B 1937. Orgue et accompagnement (réalisation de M. Seiffert) OB 2630
Peters: Accompagnement et voix
BCW: Partition Breitkopf & Härtel B 1937. Voix et accompagnement. 38 pages. Exemples musicaux

 

PÉRICOPE BWV 110

Premier jour de Noël (I. Weihnachtstag)
Pour la même occurrence, voir les cantates BWW 63, 91, 191, 197a et BWV 248/1 (Oratorio de Noël).
Épître: Épître à Tite 2, 11-14 [PBJ 1758]
Varia: Isaïe 9, 2-7 [PBJ 1111]. L’Épiphanie. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière
Évangile: Luc 2, 1-14 [PBJ 1536]: Naissance du Christ et visite des bergers

EKG
Entrée. Jean 1, 14 [PBJ 1584]: Et le Verbe s’est fait chaire et il a demeuré parmi nous
Psaume 2 [PBJ 803-804]: Le Messie dominateur du monde, avec renvoi au psaume 110 [PBJ 908]
Cantique: EKG 15. Gelobet seist du, Jesu Christ. La première strophe du 14e siècle ; les strophes 2-7: Martin Luther. Wittenberg 1524
Épître. Épître à Tite 2, 11-14 [PBJ 1758]: « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée… »
Évangile : Luc 2, 1-14 [PBJ 1536]: Naissance du Christ et visite des bergers

BOMBA: « La fête de Noël est la seule parmi les grandes fêtes chrétiennes qui ait conservé jusque de nos jours son caractère solennelle et dont les contenus ont gardé un caractère obligatoire… »

 

TEXTE BWV 110

Texte attribué à Georg Christian Lehms (Liegnitz 1684 - Darmstadt, 15 mai 1717) dans son premier recueil de cantates publié en 1711 pour le service de la chapelle princière de Darmstadt: « Gottefälliges Kirchen-Opffer in einem gantzen Jahr-gang andächtiger Betrachtungen über die gewöhnlichen Sonn und Festag-Texte ». Selon Alberto Basso, ce premier recueil comporte deux parties ; le culte du matin -dont fait partie BWV 110 et celui du soir.
Fac-similé (texte) du recueil in Sämtliche von Johann Sebastian Bach, page 257: Andachtauf den Christ-Tag
Comprend aussi les textes utilisés dans les cantates BWV 57, 151, 16, 32, 13, 54, 170, 199 et 35

Les parties 1, 3 et 5 reposent sur la parole biblique.
1] Libre paraphrase du psaume 126, 2 [PBJ 924]. Le célèbre « In convertando Domine captivitatem Sion ». Action de grâce et prière
2] Georg Christian Lehms
3] Jérémie 10, 6, à partir de la Bible de Luther [PBJ 1201]
4] Georg Christian Lehms. Un renvoi au psaume 8, 5[PBJ 808] signalé par Alfred Dürr. Munificence du Créateur
5] Luc 2, 14 [PBJ 1536]. Citation littérale
6] Georg Christian Lehms
7] 5e strophe du cantique (en 5 strophes) composé vers 1550-1552 et publié à Darmstadt en 1592: « Wir Christenleut hab’ jetzund Freud / Nous, chrétiens, avons à présent la joie » de Caspar Füger (Dresde vers 1521-1530- ┼ 1592).
Titre du recueil: « Drei schöne Neue Geistliche Gesange »
D’autres sources (in BCW): Dresdener Gesangbuch (1593). Gotha Hymnal 1715. Weißenfels Hymnal 1714
BCW: Site du choral Wir Christenleut habn jetzund Freud. L’auteur de la mélodie est inconnu. Il existe plusieurs versions différentes de cette dernière dans l’œuvre de Bach. Des compositeurs l’ont également utilisée tels Johann Hermann Schein, Friedrich Wilhelm Zachow [que connut Haendel à Halles - Saxe], Georg Friedrich Kaufmann, Telemann, Krebs (élève de Bach), Homilius, Johann Friedrich Doles (le cantor qui succéda à Bach en 1750], etc.

DÜRR: « Le premier mouvement est une paraphrase du psaume 126, 2-3, où l’on peut lire, à propos de la libération espérée de la captivité à Babylone: « Alors notre bouche sera remplie de rire et notre langue remplie de gloire. Alors on dira parmi les gentils ; Le Seigneur a fait de grandes choses pour eux. Le Seigneur a fait pour nous de grandes choses, c’est pourquoi nous sommes joyeux. Le contenu du texte n’a pas tellement pour objet les évènements de Noël, il chante plutôt la gloire de Dieu à cause de son action salvatrice – un fait que l’on a très mal compris en voulant y voir une allusion de Bach à des «évènements politiques du jour (on a voulu dater la partition à partir de là). Il ne serait jamais venu à l’esprit de Bach de fêter des victoires militaires pour « embellir » la fête de Noël ».
FINSCHER: « … Texte du recueil Gottgefalliges Kirchen-Opfer (1711) de Georg Christian Lehms, un cycle annuel pour les services religieux du matin ; la structure même du texte explique la forme peu commune de la cantate, où les récitatifs font pratiquement défaut. D’une ampleur et d’une solennité voulues par la circonstance, l’œuvre est axée sur la tonalité de ré majeur – celle de la trompette et des festivités: ré majeur – si mineur – fa dièse mineur – la majeur – fa dièse mineur - la majeur – ré majeur – si mineur – si majeur). L’atmosphère de joie est encore rehaussée par l’emploi de la parodie, qui permet des allusions de contenu.

 

GÉNÉRALITÉS BWV 110

BASSO [Jean-Sébastien Bach, Vol. II, page 450]: « …cantate dotée d’une sinfonia d’ouverture tiré d’un allegro de concerto instrumental, comme cela s’est déjà produit dans quelques ouvrages de la troisième année: BWV 35, 49, 52, 146, 169 ».
BOMBA: « La particularité de la cantate se trouve dans le croisement de la parole biblique et du texte de type madrigal. Trois couplets se suivent les uns les autres dans cette combinaison …avant que le mouvement de chœur [7] …n’achève cette cantate ».
DÜRR: « Lorsqu’on examine les trois premières fêtes de Noël que Bach eut à fournir en musique après son arrivée à
Leipzig, on s’aperçoit rapidement que les cantates pour le premier jours de Noël offrent déjà l’extension que la musique de Bach était capable de remplir … Bach élargit à nouveau la forme extérieure, tant du côté de l’instrumentation que du côté des dimensions de l’œuvre… Cette fois c’est la parole de l’Écriture (qui est au centre) ; trois fois une aria de composition libre succède à une citation scripturaire jusqu’à ce que le choral achève l’œuvre.
FINSCHER: « La structure même du texte explique la forme peu commune de la cantate, où les récitatifs font pratiquement défaut… [Effectivement une succession inédite de trois arias consécutives ; n° 4, 5 et 6] ».

 

DISTRIBUTION BWV 110

NEUMANN: Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Trompete I-III, Pauken ; Querflôte I, II, Oboe I-III ; Streicher ; B.c ; (+ Fagott)
Titre en tête (Partitur): J. J. Feria 1 Nativitatis. Xsti. Concerto 3 Trombe, Tamburi, 3 Hautb, Baßon, 2 Violini e Viola, 4 Voci e Continuo
SCHMIEDER : Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instruments : Flauto trav. I, II ; Oboe I, II, III ; Oboe d’amore ; Oboe da caccia ; Fagotto ; Tromba I, II, III ; Timpani ; Viol. I, II ; Vla ; Organo ; Cont.

 

APERÇU BWV 110

1] CHORSATZ. BWV 110/1

UNSER MUND SEI VOLL LACHENS, UND UNSRE ZUNGE / VOLL RÜHMENS. DENN DER HERR HAT GROßES AN UNS GETAN.
Que notre bouche soit remplie de cris de joie et notre langue de chant de gloire, car le Seigneur a fait pour nous de grandes choses.

Citation du psaume 126, versets 2 et 3 [PBJ 924]. Quand Yahvé ramena les captifs de Sion, / nous étions comme en rêve ; / alors notre bouche s’emplit de rire / et nos lèvres de chansons. /Alors on disait chez les païens: Merveilles / que fit pour eux Yahvé ! / Merveilles que fit pour nous Yahvé.

BG (Gesamtausgabe). Pages 265-309 (Il semble qu’une erreur de pagination se soit introduite. On passe directement de la page 265 à la 275).
Ré majeur (D), ¢ - 9/8 (passage vocal) - C, 189 mesures. Tonalité festive de Noël.
[Orchestre exceptionnel dans sa richesse, dans la tonalité générale de ré majeur, contribuant avec éclat à la célébration du premier jour de Noël. Chœur renforcé avec « tuttistes » en sus des chanteurs solistes. Figurations sur les mots « lachens et Rühmens » en passages rapides fugués, 9/8, avec triolets, mesures 34-42, 69-83, 110-117, 149-160]

NEUMANN: « Chor, Trompeten I, II, III, Pauken, Oboe I, II, III (+ Querflöten I, II ; Streicher ; B.c. (+ Fagott)
Solochor – tuttichor encastrés. Indications autographes sur la partitions « senza ripieni » et « con ripieni »
SCHMIEDER: « Chor. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Tromba I, II, III, Timp. ; Flauto trav. I, II coll’Ob I ; Ob. I, II, III ; Fagott ; Viol. I, II ; Vla ; Org., Continuo.
[Mesures 1-23: A. Ouverture (à la française)
Mesures 24-47: B. entrée du chœur « con ripieni » (alto, ténor, soprano, basse). Changement de mesure: 9/8
Mesures 48-68: Choeur « senza ripieni »
Mesures 69-98: Chœur « con ripieni »
Mesures 99 à 103: nouvelle entrée du chœur sur « Unser Mund sei voll », soprano, alto, ténor et basse jusqu’à la mesure 128
Mesures 129-146: « senza ripieni »: entrée de la basse seule uniquement accompagnée des cordes
Mesures 147-169: Entrée du chœur « con ripieni », alto, ténor, soprano, basse
Mesures 170-189: A’. Postlude. Reprise de l’ouverture instrumentale. Mesure à 4/4]

BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. I, page 625]; « Les trois premières suites instrumentales furent publiées chez l’éditeur Peters de
Leipzig en 1853-1854. La réhabilitation de la quatrième suite survint plus tard ; l’œuvre fut éditée toujours chez Peters, et présentée par Ferdinand August Roitzsch, en 1881 ; pendant longtemps, on avait nourri de sérieux doute sur son authenticité, jusqu’au moment où Spitta découvrit l’autographe -c’était en 1873- de la Cantate BWV 110, dont le chœur d’introduction est basée sur le morceau d’ouverture de cette Suite.
[Jean-Sébastien Bach, vol. II, page 410]; « …La première et la troisième sections (grave), à l’allure processionnelle et solennelle sur rythme saccadé, font office de prélude et de postlude au discours vocal développé dans la section fuguée (9/8) sur un texte que le poète Lehms a adapté du Psaume 123, 2-3. La structure « compacte » qu’avait cette page dans sa première version connut par la suite (à l’occasion de reprises en 1728-1731) une articulation différente, par le biais d’un fractionnement, en trois sections avec ripieno et deux sans ripieno, c'est-à-dire avec les soli et, dans le second cas, en confiant le discours à une voix de basse (mesures 128-146) soutenue par les seules cordes dans l’intention d’alléger le propos mais aussi de dégager plus nettement le message, la justification de la gloire que l’on doit rendre à Dieu (« car le Seigneur a fait pour nous de grandes choses »).

BOMBA: « La cantate fut créée pour la fête de Noël 1725. Et puisqu’elle contient les pensées tournant autour de la naissance du roi qui va arriver, Bach l’ouvre par un magnifique mouvement orchestral sous forme de l’Ouverture qui était alors cultivée à la cour française. Entre l’introductionsolennelle grave et sa reprise, il insère le fugato du chœur dans lequel on entend réellement rire les différentes voix « Lachens », adaptées à la thématique du texte. Bach ne refit pas une nouvelle composition. Il la tira de l’Ouverture déjà composée (Suite en ré majeur, BWV 1069). Il avait déjà employé un procédé semblable lors de la fête de Pâques 1725 où il fit précéder « l’Oratorio de Pâques », BWV 249 de la parodie d’une œuvre instrumentale datant de Köthen. Il n’y avait également rien d’extraordinaire à ce que les cantates soient introduites par une « Sinfonie » instrumentale ; Bach pratiqua cette méthode dans ses premières cantates, ainsi que plus tard à
Leipzig où il se servit surtout de mouvements concertant de Köthen. L’insertion d’un mouvement de chœur dans un morceau dont on peut facilement se représenter la virtuosité en la comparant aux deux autres morceaux, est plutôt inhabituelle.
CANTAGREL [Le Moulin et la rivière, pages 294-295]: …en ajoutant le premier mouvement de la Suite n°4, Bach ne peut s’empêcher d’apporter une valeur ajoutée à son travail de transcription, allant toujours dans le sens d’une plus grande plénitude sonore et contrapuntique… et s’il maintient en sinfonia instrumentale le premier volet de son Ouverture, large mouvement à la française, il superpose à l’allegro suivant un grand mouvement choral fugué avant de conclure sur la péroraison lente, aux seuls instruments : nouvel avatar du genre du prélude et fugue, devenu ici prélude instrumental, fugue chorale et postlude instrumental ».
DÜRR: « Le premier mouvement est une paraphrase du psaume 126, 2-3, où l’on peut lire, à propos de la libération espérée de la captivité de Babylone : Alors notre bouche sera remplie de rire et notre langue remplie de gloire. Alors on dira parmi les gentils ; le Seigneur a fait de grandes choses pour eux ? Le Seigneur a fait pour nous de grandes choses, c’est pourquoi nous sommes joyeux »… En composant cette cantate Bach a fait des emprunts à certaines œuvres antérieures ; c’est ainsi que le premier chœur utilise l’ouverture de la suite pour orchestre en ré majeur BWV 1069, dans laquelle il a inséré de magistrale façon les voix du chœur. La forme de l’ouverture à la française (lent – vif (fugue) – lent) est utilisée de manière à ce que les parties lentes encadrent la partie rapide du chœur comme une « sinfonia » instrumentale. Cette partie centrale, dans laquelle le « rire » est représenté de manière très imagée, est déjà fortement orientée dans le sens de l’alternance concertante des différents groupes instrumentaux ; Bach a renforcé ces effets en répartissant lors d’une exécution ultérieure les parties du chœur en « soli » et « ripieno ».
NYS, Carl de /Manfred Schreier: « Le livret se réfère moins directement aux lectures du jour que dans la plupart des autres cantates ; c’est plutôt un hymne de louange, d’admiration et de reconnaissance devant la contemplation des grandes choses faites par Dieu. Le texte du premier chœur est emprunté au psautier (126, 2-3) et le cantor a dû beaucoup l’apprécier puisqu’il l’a traduit d’une manière musicalement très imagée : dans ce chœur très concertant (répartition entre le petit et un très grand chœur) il va jusqu’à peindre le rire sous forme d’onomatopées. On peut y relever de nombreux procédés caractéristiques de Bach, par exemple le changement de tempo à l’entrée du chœur, l’opposition du tempus perfectum et du tempus imperfectum montrant selon Schreier que lorsque les temps furent accomplis (« parfaits ») un évènement tout nouveau survint dans le monde. Et les grandes choses de que Dieu a faites sont déjà précisées musicalement par la ligne chromatique et le saut d’octave descendant dans la basse continue : l’abaissement du Seigneur ira jusqu’à la passion et à l’anéantissement dans la mort sur la croix… »
PIRRO [J.-S. Bach, pages 164-165]: « Dans d’autres cantates, écrites assez vraisemblablement vers 1735, Bach transforme en grands chœurs des œuvres de musique instrumentale. C’est ainsi qu’il ajoute quatre voix à l’allégro de l’ouverture d’une Partita [Pirro n’utilise pas le terme « Suite »] d’orchestre en ré majeur, dans la cantate Unser Mund sei voll Lachens ».
[L’Orchestration, page 237] : « …les superbes arpèges des trois trompettes, comme dans BWV 130/1, 120, 129, etc. »
SCHWEITZER (J.-S. Bach, page 234]: « A plusieurs reprises, Bach figure le rire à l’aide d’un thème musical ; ainsi dans le grand chœur de la cantate BWV 110 » [Renvoi également à BWV 205/3 et BWV 166/5].
WIEGAND: « Forme musicale d’une ouverture française, la rapide partie fuguée médiane se déroulant sur les mots : Notre bouche est pleine de rires ».
WHITTAKER: [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, II, page 66]: « Pour la Sinfonia, instrumentation identique à BWV 1069 et ajout de deux flûtes traversières doublant parfois les hautbois I et II » [et modifications de détails] ».

2] ARIE TENOR. BWV 110/2

IHR GEDANKEN UND IHR SINNEN, / SCHWINGET EUCH ANJETZT VON HINNEN! / STEIGET SCHLEUNIG HIMMELAN / UND BEDENKT, WAS GOTT GETAN ! / ER WIRD MENSCH UND DIES ALLEIN, / DAß WIR HIMMELSKINDER SEIN.
Pensées et sens, / Élancez-vous dès à présent loin d’ici, / Élevez-vous rapidement vers le ciel, / Et pensez à ce que Dieu a accompli ! / Il s’est fait homme et cela uniquement / Pour que nous soyons enfants du ciel.

Si bémol mineur (h-moll), 4/4, 60 mesures
BG (Gesamtausgabe). Pages 305-309
NEUMANN: Forme quatuor. Querflöte I, II ; Tenor, B.c. (+ Fagott). Forme bipartite avec ritournelles instrumentales
SCHMIEDER: « Ten., Flauto trav. I, II ; Fagott ; Org. ; Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. II, page 410]: « Forme bipartite aux couleurs instrumentales très atténuées (deux flûtes traversière) en contraste avec l’épaisseur phonique et l’élan rythmique du chœur initial… »
BOMBA: « Air de ténor accompagné de deux flûtes concertantes avec modestie de l’effectif instrumental permettant à ce morceau de retracer une image plus réaliste de la scène dans l’étable de Bethléem.
BRAINARD, Paul: « Fautes et corrections dans la prosodie des œuvres vocales de Bach », in Bach-Jahrbuch 1978, page 124.
Un exemple sur « Ihr Gedanken und ihr Sinnen, Schwinget… »
CANTAGREL: « Caractère expressif de ce morceau avec l’affect de sa tonalité de si mineur… le ton de la supplication et de la plainte… »
DÜRR: « L’aria fixe le regard sur cette action de Dieu: il devient homme et cela seulement afin que nous puissions devenir des enfants du ciel. »… …En un contraste très efficace avec la magnificence sonore du premier mouvement l’aria n’utilise que deux flûtes traversières, sans doute pour indiquer l’humble naissance du fils de Dieu fait homme. La forme de l’aria est bipartite ; il n’y a pas l’habituel da capo. »
FINSCHER: « Valeur symbolique de l’instrumentation et sa diversité veillent à pourvoir et au recueillement et à la joie de Noël: les deux flûtes (n°2) symbolise l’humble naissance de Jésus Christ incarné ».
NYS, Carl de. / Manfred Schreier: « L’aria ne fait appel qu’à deux flûtes avec la basse continue, en forte opposition avec l’orchestre haut en couleurs du premier chœur, sans doute pour symboliser l’abaissement du Sauveur dans l’incarnation, qui est le fait de l’amour trinitaire ; 2 flûtes et la basse continue encadrent la voix ».

3] REZITATIV BAß. BWV 110/3

DIR, HERR, IST NIEMAND GLEICH. / DU BIST GROß, UND DEIN NAME IST GROß UND KANNST’S MIT DER TAT BEWEISEN.
Nul ne peut être comparé à toi, Seigneur et ton nom est grand, ce que tu peux prouver dans des actes.
- Jérémie 10, 6, à partir de la Bible de Luther [PBJ 1201]: « Nul ne t’est comparable, Yahvé / tu es grand, / grand est ton Nom puissant… »

Fa dièse (fis-moll) → La majeur (A-dur), 4/4, 5 mesures
BG (Gesamtausgabe). Page 310 Jeremia Cap 10, V. 6.
NEUMANN: Baß, Streicher, B.c. (+ Fagott). Accompagnato
SCHMIEDER: « Basso ; Viol. I, II ; Vla ; Org. Cont. »

BOMBA: « En cinq mesures, la prophétie de Jérémie y exclame l’incomparable grandeur du Seigneur dont la venue est annoncée, devant les cordes aux figurations tendant vers les hauteurs… »
DÜRR: « Le récitatif (Jérémie 10, 6) parle de nouveau de la grandeur du Seigneur ». … Le réavec ses gestes expressifs des cordes vers le haut accompagnant une déclamation très marquée de la voix de basse est un bijou d’un genre très particulier. »
FINSCHER: « La solennelle ascension d’accords aux cordes (n°3) = la majestas Domini ».
NYS, Carl de /Manfred Schreier: « Le verset de Jérémie 10, 6, chanté par la basse avec accompagnement de cordes est une merveille d’expression profonde en quelques mesures [seulement 5]: c’est une illustration idéale de la manière dont Bach fait résonner un texte à tous les niveaux ; on remarquera par exemple les grands intervalles et le mouvement ascendant des instruments exprimant la grandeur divine ».

4] ARIE ALT. BWV 110/4

ACH HERR, WAS IST EIN MENSCHEN-KIND, / DAß DU SEIN HEIL SO SCHMERZLICH SUCHEST ? / EIN WURM, DEN DU VERFLUCHEST, / WENN HÖLL UND SATAN UM IHM SIND ; / DOCH AUCH DEIN SOHN, DEN SEEL UND GEIST / AUS LIEBE SEINEN ERBEN HEIßT. [Wustmann. Variante: „wenn Seel und Geist“].
Ah, Seigneur, qu’est ce qu’un être humain / Pour que tu cherches son salut avec tant de douleur ? / Un ver de terre que tu maudis / Quand l’enfer et Satan le séduisent ; / Mais aussi ton fils lorsque, de son âme et de son esprit, / Il te nomme le père par amour.
Renvoi au psaume 8, 5 [PBJ 808]: « Qu’est donc le mortel, que tu en gardes mémoire, / le fils d’Adam que tu en prennes souci ? »

Fa dièse mineur (Fis), 3/4, 88 mesures
BG (Gesamtausgabe). Pages 310-313
NEUMANN: Partie en trio. Alt, Oboe d’amore (obligé), B.c. (+ Fagott)
SCHMIEDER: « Alto ; Ob. d’amore solo ; Org., Cont.

BRAINARD, Paul: « Fautes et corrections dans la prosodie des œuvres vocales de Bach », in Bach-Jahrbuch 1978, page 133. Un exemple sur « Ach Herr, was ist ein Menschen-kind ».
DÜRR: « Opposition par rapport au récitatif qui précède où est exposée la petitesse de l’homme, …allusion au Psaume 8, 5. Aria avec hautbois d’amour obligé ; sa forme bipartite est déterminée cette fois encore par le contraste de l’homme maudit et pourtant racheté décrit dans le texte ».
BOMBA: « la voix d’alto, le hautbois d’amour et son caractère berçant refléteraient l’intimité douce et moelleuse de la réflexion… ».
FINSCHER: « Symbolique du hautbois d’amour = l’amour de Dieu et de son fils pour les hommes ».
NYS, Carl de / Manfred Schreier: « Dans la très belle aria pour alto, hautbois d’amour et basse continue en fa dièse mineur, le musicien traduit l’opposition entre la misérable condition humaine (mortelle) et le fait qu’elle est l’objet d’un amour personnel de Dieu ».
SCHULZE: « …la première partie de l’aria exprime un sentiment de contrition … tandis que la deuxième partie [Wenn Höll und Satan…] se caractérise par une large utilisation du chromatisme ».

5] ARIE (DUETT) SOPRAN, TENOR. BWV 110/5

EHRE SEI GOTT IN DER HÖHE UND FRIEDE AUF ERDEN UND DEN MENSCHEN EIN WOHLGEFALLEN.
Gloire à Dieu dans les cieux et paix sur la terre et [paix] contentement aux hommes…
Lukas 2, 14 [PBJ 1536]. Citation littérale: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux / et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».
Il s’agit d’une utilisation dérivée du Magnificat latin en mi bémol BWV 243a « Virga Jesse floruit ».

La majeur (A-dur), 12/8, 51 mesures
BG (Gesamtausgabe). Pages 313-316. Marqué « Largo » St. Lucas 2 V 14
NEUMANN: Duett. Sopran, Tenor, B.c. 51 mesures, A-Dur, 12/8. Partie vocale en trois sections avec ritournelle en forme ostinato
SCHMIEDER: « Sopr., Ten. ; Org. ; Cont. Largo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. II, pages 410-411]; « sobriété au plan instrumental (soutenu par le seul continuo adoptant non pas un texte madrigalesque mais un verset évangélique (Luc 2, 14) ; par analogie avec le Magnificat, Bach a utilisé dans cette page un morceau de sa première version de ce cantique (BWV 243a), le Virga Jesse floruit, quatrième et dernière interpolations dont cette version fit l’objet, et qui devait disparaître de la version définitive (BWV 243) ; et le mélisme qui, originellement, ornait le mot floruit s’adapte à présent parfaitement à Ehre ».
BOMBA: « Le Cantique des anges, le « Gloria » en langue allemande, tiré pour mot de l’Évangile selon Luc. Bach emprunte tout simplement le « Virga Jesse floruit », une des phrases intermède du « Magnificat » en mi bémol majeur de 1723 [BWV 243a]. L’atmosphère de détente céleste que transportent ce mouvement et son contexte biblique se veut de donner aux hommes le signal du réveil… »
DÜRR: « Dans la citation biblique, c’est encore la gloire de Dieu qui est chantée, mais cette fois par un texte se rapportant directement à l’histoire de Noël (Luc II, 14) … Un duo utilise l’une des pages intercalaires du Magnificat en mi bémol, le chœur « Virga Jesse floruit » ; les parties ont subi des modifications assez considérables pour être adaptées au texte nouveau. Mais le climat lyrique de cette musique reste remarquable ; le chant de louange des anges l’a emprunté à la partition antérieure
FINSCHER: « Le duo se réfère à l’intermède « Virga Jesse floruit » du Magnificat (BWV 243a), double allusion au texte et à la parenté entre « Ehre sei Gott in der Höhe » de la cantate et « Magnificat animam meam ».
NYS, Carl de / Manfred Schreier: « Le texte de ce duo est une reprise un peu développée de l’un des chœurs intercalaires du Magnificat en mi bémol créé deux ans plus tôt pour les Vêpres de Noël à St. Thomas, le chœur Virga Jesse floruit (la tige de Jessé a fleuri). L’opposition entre les deux voix élevées et la basse continue, tout comme le caractère orné et dansant de celle-ci symbolisant le « concert des anges ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 130]: « … Nous nous trouvons ici en présence d’une transformation des plus curieuses: Bach a suspendu tout simplement un chœur à quatre voix entre les parties d’orchestre, sans presque rien y changer…Le Virga Jesse floruit, une strophe d’une hymne moitié latine, moitié allemande du Moyen âge, après le « Esurientes implevit ».
WIEGAND: « Duo accompagné du continuo, dérivé du Magnificat latin BWV 243a/4, le « Virga Jesse floruit » BWV 243a ».

6] ARIE BAß. BWV 110/6

WACHT AUF! IHR ADERN UND IHR GLIEDER, / UND SINGT DERGLEICHEN FREUDENLIEDER, / DIE UNSERM GOTT GEFÄLLIG SEIN. / UND IHR, IHR ANDACHTS-VOLLEN SAITEN, / SOLLT IHM EIN SOLCHES LOB BEREITEN, / DABEI SICH HERZ UND GEIST ERFREUN.
Réveillez-vous, veines et membres endormis, / Et chantez des chants d’allégresse / Qui plaisent à notre Dieu. / Et vous, cordes qui résonnez avec recueillement / Apprêtez-vous à lui rendre une telle louange / Que le cœur et l’esprit se réjouissent.

Ré majeur (D-dur), 4/4, 86 mesures
BG (Gesamtausgabe). Pages 317-323
NEUMANN: Hohe Trompete (concertante) ; Streicher (+ Oboe I, II und Oboe da caccia) ; B.c (+ Fagott) ; Baß.
SCHMIEDER: « Basso ; Tromba I, Viol. I coll ‘Ob. I ; Viol. II coll’ Ob. II ; Vla coll’ Ob. da caccia ; Org. ; Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. II, pages 411]: « La dernière aria propose une sonorité semblable à celle du morceau d’ouverture, avec l’introduction d’une trompette en fonction dominante et une allure martiale ».
[Note 2, 8e partie, chapitre IV, page 841 = Bj 1933 / Schering = voir ci-dessus à datation].
BOMBA: « Bach fait commencer l’air n° 5 [NB.: 6, en fait] par un motif en triples accords brisés ascendants, joué par la trompette solo et met ensuite presque tous les instruments à profit ; dès que le chanteur invite les « andachtsvollen Saiten – vous, cordes qui résonnez avec recueillement » à prendre part aux chants d’allégresse, on entend aussitôt les violons prendre leur envol – un morceau entraînant dont la thématique et le caractère prenant ont dû rester en mémoire des heureux auditeurs de
Leipzig durant toute la fête de Noël ».
BOYER: « … l’aria de basse, par son texte « Wachet auf » nous fait songer aux cantates eschatologiques telles que BWV 70 et 140. Mais cela doit nous paraître normal, la venue sur terre du Messie est un miroir de la Parousie finale, Bach y songera souvent » ?
DÜRR: « L’aria exhorte l’assemblée chrétienne à chanter, elle aussi, des chants de joie ». « Avec cet aria on revient (après les parties centrales moins brillantes) à une orchestration brillante avec une trompette, les hautbois et les cordes. Des contradynamiques sont obtenus par les parties des trois hautbois qui doublent les cordes à certains endroits ; la partie de la trompette est très virtuose et fait appel à un interprète fort qualifié ; il est possible que Bach l’a écrite pour le « Stadtpfeifer » [musicien attaché à la ville de
Leipzig] Gottfried Reiche ».
FINSCHER: « Fanfares de trompettes, atmosphère typique de musique martiale se transforme en un appel à la chrétienté, qui doit s’éveiller à l’heureuse nouvelle de Noël ».
NYS, Carl de / Manfred Schreier: « La trompette (dont le timbre soliste était aussi inhabituel que de nos jours dans une musique d’église) traduit l’appel à sortir du sommeil et à chanter la louange divine résumée dans l’alleluia du choral final… »
PIRRO [l’Esthétique de Jean-Sébastien Bach, La direction des motifs, page 26]: «… il associe plusieurs fois le mot « aufwachen » avec un arpège ascendant (exemples BWV 20 et 134)… il procède de même dans la cantate BWV 110 + exemple musical BG XXIII, page 318).
La formation rythmique des motifs, pages 118-119]: « …ce procédé est employé par Bach …pour représenter par des notes détachées, l’action de rire aux éclats (motifs entrecoupés)... sur l’alerte vocalise que Bach fait chanter sur le mot Lachens ».

7] CHORAL. BWV 110/7

ALLELUJA ! ALLELUJA ! GELOBT SEI GOTT! / [ texte ajouté à celui de Georg Christian Lehms: SINGEN WIR ALL AUS UNSERS HERZENS GRUNDE. / DENN GOTT HAT HEUT GEMACHT SOLCH FREUD, / DER WIR VERGESSEN SOLLN ZU KEINER STUNDE.
Alléluia ! Alléluia ! Dieu soit loué, / Chantons tous du fond du cœur / Car Dieu nous a offert une telle joie aujourd’hui / Que nous ne devrons à nul moment l’oublier.

La 5e strophe du cantique « Wir Christenleut hab’ jetzund Freud » qui en comporte cinq, de Caspar Füger (1592).
La mélodie est d’un auteur inconnu. Dans EKG 22, elle est attribuée à Johann Crüger (1653) mais ce n’est pas celle harmonisée par Bach.
Des variantes de la mélodie sont dans BWV 40/3 [avec le texte de la 3e strophe du même cantique), BWV 248/35, BWV 612 (Orgelbüchlein, n° 13 ; mélodie d’après celle de BWV 40/3), BWV 710 et enfin (Collection Neumeister) BWV 1090.

Si mineur (h-moll), 4/4, 11 mesures
BG (Gesamtausgabe). Page 324. Tutti. Mel. « Wir Christenleut… »
NEUMANN: Simple choral harmonisé (+ Trompete ; Querflöte I, II, Oboe I, II, Oboe da caccia ; Streicher ; B.c. (+ Fagott).
SCHMIEDER: « Chor. Sopr., Ten., Alto, Basso ; Org., Cont. (Tromba I, Flauto trav. I, II, Ob. I ; Viol. I col Sopr. ; Ob. II, Viol. II coll’ Alto ; Ob. da caccia, Vla. Col Ten.)

BACH CANTATAS / Marie Jensen (1999): Ce choral n’est pas sans provoquer la même forte impression que celui de la troisième partie de l’Oratorio de Noël « Sei froh diewei » dans la même tonalité ».
BOYER [Les Mélodies de chorals, page 352]: « Wir Christenleut…MDC 111. L’élaboration du choral est des plus simples : choral harmonisé de type I mais avec doublures instrumentales importantes les mêmes instruments que dans [1]

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 110

BACH CANTATAS WEBSITE: [I] Discussions (I): 13 décembre 1999 et (II): 5 août 2007, menées par Aryeh Oron.
On verra les ressources instrumentales de Bach à
Leipzig ; problème des « forte » et « piano », des « Ripieni », etc.
AMG. Erikson, Erik. Commentary AMG
BETHLEHEM. Commentary Notice très complète
CROUCH, Simon : Commentary 1996-1998.
ORON, Arieh: Discussions 1999. Discographie comparée

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont): The new translation of cantata texts. Hänssler/ Rilling. Die Bach Kantate (62). 1992
Voir aussi le NET : Classics/faculty/bach/BWV
BACH-JAHRBUCH
1908 - 1920 - 1922 - 1929 - 1932 - 1933 (Schering) - 1938. Bachfestbuch 1930. BJ 1978 S. 124, 133
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 39, 95, 157, 411, 413, 625
Vol. 2 (1985): pages 248, 253, 256, 406, 407, 409, 410-411, 449, 482, 604, 841, 862
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 35]. 1999
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 62, 232-233
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 351-352
BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 57, 321, 359-360
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 379-381
CANTAGREL, Gilles: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Pages 294-295
: Tempéraments, Tonalités, Affects. Un exemple: si mineur. In Jean-Sébastien Bach. Ostinato rigore
Revue internationale d’études musicales. N° 16. Jean Michel Place. 2001. Page 43
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Pages 250-252.
Le cantique Wir Christenleut in BWV 612 et BWV 710
DÜRR, Alfred : Notice du disque Cantate 1961
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FINSCHER, Ludwig: Notice de l’enregistrement Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Vol. 27]. 1980
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GARDINER: Notice de l’enregistrement des 25-27 décembre 2000, Saint Bartholomé, New York. 2005
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HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 63, 134
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KRAUTSCHEID, Christiane: Notice de l’enregistrement de H. J. Rotzsch. Berlin Classics 1994.
LACAS, Pierre-Paul: Critique de l’enregistrement de Schmidt-Gaden. Diapason, n° 208, juin - juillet 1976
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NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB Breitkopf & Härtel Musikverlag
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Literaturverzeichnis: 44 (Richter)
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PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 164-165
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PITROU, Robert: Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 249 [1]
RICHTER, Bernhard Friedrich: 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu
Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs.
In Bj 1906, S. 43-73
SCHLŒZER, Boris de: Introduction à J.-S. Bach. Idées/Gallimard 475. 1947-1979. Page 328
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Pages (édition 1973): 147-149, 442, 457
Literatur: Spitta ; Schweitzer ; Wolff II ; Pirro ; Parry ; Voigt ; Wustmann ; Wolff ; Terry ; Moser ; R. Steiglich ; Schering ;
Neumann ; Smend. BJ 1908 - 1920 - 1922 - 1929 - 1932 - 1933 (Schering) - 1938. Bachfestbuch 1930
SCHREIER, Manfred: Notice de l’enregistrement Rilling (D) et adaptation française de Carl de Nys pour le compte de l’édition Erato. 1976
SCHULZE, Hans Joachim: Notice de l’enregistrement de Philippe Herreweghe
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Page 130 [5], 199, 234
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - 1951-1952. Trois volumes. Tome II, pages 684, 695.Tome III, page 78
NB.: Spitta n’a pas consacré (sauf erreur), de notice détaillée à cette cantate
VAN WIJNEN, Dingeman: Notice des enregistrement Leusink / Bach Edition 2006. Volume IV. CD page 73
WIEGAND, Gunnar: Notice de l’enregistrement de Diego Fasolis (2007)
WESTRUP, Jack. A., Sir: Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 20 [1]
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume I, pages 236, 660 - Volume II, pages 66-73, 99
WITOLD, Jean: D’où vient l’art de Bach ? Pierre Horay. 1957
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. CD Erato et Challenge Classics"
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 9-10
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 132, pages 215-216
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 110

Les numéros 1…] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Fasolis (21’40). Gardiner (22’16). Harnoncourt (24’55). Herreweghe (24’24). Koopman (22’26). Leusink (24’46). Rilling (26’33 et 23’20)). Rotzsch (23’47). Thamm (26’16). Werner (26’55).

BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron (Décembre 1999 - juin 2005) et complétée, s’il se peut, par [CR].
13 références + 9 mouvements individuels (décembre 1999 - juillet 2006)

12] FASOLIS. Coro della Radio Svizzera. I. Barrochisti. Novembre 2003
CD Inclus dans la revue « Amadeus Magazine ». Novembre – décembre 2003. Avec les Ouvertures BWV 1066-1069
CD ARTS Authentic 47717-8 GEMA. SACD. 2007. Avec BWV 205
10] GARDINER [Vol. 14]. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. New York, décembre 2000
CD. SDG 113 (Soli Deo Gloria). Noël 2000 – 11/2005. Avec BWV 91, 40, 121
Dernière cantate dirigée par Gardiner dans son « Bach Cantata Pilgrimage », 25 décembre 2000, église Saint-Barthélemy, New York.
5] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. 1980
Disque (D et F) Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 27]. 6.35559-00-501-503 (SKW27/1-2)
CD (D). Teldec. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 6
CD. Die Alte Werk. Complete Cantatas [Vol. 27]. Voir aussi CD Edition Bach 2000
Voir aussi CD Edition Bach 2000 et la reprise de l’intégrale par Warner Classics 2007. Environ 60 CD.
7] HERREWEGHE. Collegium Vocale de Gent. Décembre 1995
CD Harmonia Mundi France. HMC 901594. 1996. Avec BWV 57, 122
Reprise CD en coffret « Cantates de Noël ». HM France, ca 2000
11] KOOPMAN [Vol. 15]. Amsterdam baroque Orchestra & Choir. Novembre – décembre 2001
CD Antoine Marchand. Challenge CC 72215. 2004 (en France)
9] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Janvier – février 2000
CD Brilliant Classics 2000. [Bach Edition Vol. 14 – Cantatas Vol. 17]
Reprise Bach Edition 2006. IV. 93102/1-77. Kantaten BWV 198, 110.
4] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Janvier, février, mai 1975
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98670. Avec BWV 61
Disque (F) Erato Les grandes cantates. STU 70935 [Vol. 5]. Coffret de 5 disques. 1976. Avec BWV 61
CD. Die Bach Kantate [Vol. 62] Hänssler Classic Laudate 98.824. 1992. Avec BWV 40, 121
CD. Hänssler edition bachakademie ([Vol. 35]. Hänssler-Verlag 92.035. 1999. Avec BWV 109, 111
8] RILLING (Bach Cantatas Website). Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart Juillet 1997
2nd recording of Cantata BWV 110 by H. Rilling. Recorded at SWR-Funkstudio Villa Berg Germany
The recordings were part of series of TV productions « Lecture Concerts with Helmuth Rilling (1997-2000)
6] ROTZSCH. Thomanerchor. Neue Bachisches Collegium Musicum. Disque ® Décembre 1980, janvier et février 1981. VEB 1981-1984
Trois éditions: CD Leipziger puis Berlin Classics 002 1002BC. 1994. Avec BWV 40, 71
CD « Bach made in Germany. Vol 4 – Cantatas IX
3] SCHMIDT-GADEN, Gerhard. Tölzer Knabenchor. Collegium Aureum. 1972
Deux éditions: Disque Harmonia Mundi et disque BASF 21.584 K. Avec BWV 243 (Magnificat)
1] THAMM, Hans. Winsbacher Knabenchor. Südwestdeutsches Kammerorchester Pforzheim
Disque Bayer Da-capo et disque Cantate « Bach Studio ». Stéréo 651210. mai 1961. Avec BWV 17
Reprise disque SDG 610108.
] WEBSKY, Justus von. Chœur Bach de Paris et Orchestre [ ?] Disque Charlin 111. Avec BWV 63. Années ca 1975
2] WERNER. Heinrich-Schütz-Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Ilsfeld (D) 1961
Disque Les Grandes Cantates [Vol. 12]
CD. Reprise Warner Classics [Vol.1] 2564 61401-2. 2004. Avec BWV 57, 32

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 110
M-1. 4] Bach Aria Group. Alto Carol Smith. Disque Boston Records. Janvier 1953. Reprise en CD
M-2. 5] Duett Soprano-Ténor. + Violoncelle et piano. W. H. Scheide. Bach Aria Group. Disque RCA Victor 1953-1954
M-3. 1 et 7] Windsbacher Boys’ Choir. Fin des années 1950 ou 1960 ? Disque Baroque Music Club puis CD
M-4. 2] Aria pour ténor. Mauesberger. Gewandhausorchester Leipzig. Peter Schreier. Disque Decca Eclipse. Début des années 1960 ?
M-5. 1] Trevor Pinock. The English Concert. CD Archiv-Produktion. Septembre 1995
M-6. 6] Aria pour basse, Larry Edward Vote (+ trompette). Maryland Aria Group. CD Crystal Records. 1995 ?
M-7. 7] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Solists der Freiburger Barockorchester. Juin 1999
Brilliant Classics / Bayer Records. Bach Edition. Vol. 23. Chorale
Reprise CD Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics V.93102/29-135.
M-8. 4] Aria pour alto. Antoine Walter (jeune garçon) + hautbois. CD Ambroisie. (F) Colmar, avril et juillet 2000
M-. 7]. Wir Christenleut hab’ jetzund Freud. Helmuth Rilling. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart (mai 1963)
Choral issu de la cantate BWV 40/3 et texte de la cantate BWV 110/7
Disque BAE (Bärenreiter) 1965, puis CD Cantate C 57607. 1994. Strophes 1 et 3

Contributed by Claude Role (January 2008)

Cantata BWV 110: Complete Recordings | Recordings of Individual Movements | Discussions

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Last update: ýJanuary 10, 2008 ý12:23:43