AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama espéré « élargi »
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques rares interventions « CR » repérées
par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il
a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué très clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= la majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= ut majeur →
(c moll) = ut
mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
Es = mi bémol
majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur. (g moll) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne = Angleterre
(H)
= Si → (h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition autographe originale
Ost
= Original Stimmen = Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident »
remarquable.
DATATION BWV 38
Leipzig,
29 octobre 1724.
DÜRR.
Chronologie. 1724 : BWV 5 (15 octobre). BWV 180 (22 octobre). BWV *38
(29 octobre). BWV 80 (reprise, 31 octobre - Reformation-Fest). BWV
115 (5 novembre). BWV 139 ( 12 novembre). BWV 26 (19 novembre).
HIRSCH
: Classement CN 97 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). « Année
II. Deuxième cycle des cantates de Leipzig (2. Jahrgang -
Choral-Kantaten). Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai
1725.
SCHWEITZER
- SCHMIEDER : Les cantates écrites après 1734, entre
1735 et 1745. (Spitta).
SOURCES BWV 38
La
« database » du « Catalogue Bach de
l’Institut de Göttingen » en connexion avec les
« Bach Archiv », est un instrument de travail
exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui
n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse
: (http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html)
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
Pas
de sources connues.
BGA :
Copie de C. Ph. E. Bach et Agricola à la Amalienbibliothek des
Joachimsthalischen Gymnasium. Berlin
Titre
pris à la couverture : « Dominica
21 post Trinit. | Aus tieffer Noth schrey ich zu dir ; | à
4 Voc., 2 Hautbois, 2 Violini, Viola, 4 Tromboni e Continuo | di Sig.
J. S. Bach. »
C’est
la copie dont parle Forkel (voir ci-après) :
FORKEL
: « La collection de musique de la princesse Amalia de
Prusse, léguée au lycée Joachimsthal de Berlin,
comprend sans doute le plus grand nombre de compositions vocales de
Bach, bien qu’il ne soit guère très important.
J’y ai noté les œuvres suivantes: Vingt et une
cantates sacrées [suit l’énumération des
cantates BWV 53, BWV 232, Anh. 167, BWV 238, *BWV 38/1 et 144/1].
La
cantate [BWV 38] est désignée comme un motet à
quatre voix, sous le titre « Aus
tiefer Noth schrey ich zu dir ».
Référence Am. B 16.
Renvoi
à la référence gwdg.de/Bach : DB AM B.
15-17, Faszikel 2 (Am B 16). Staatsbibliothek zu Berlin
(Amalienbibliothek). Copiste : Anon 404 (=. J.S. Bach = J.G.
Freudenberg). 18. Jahrhundert.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
St
Thom L. Leipzig,
Musikbibliothek der Stadt Leipzig, Thomasschule. Bach-Archiv.
Référence
gwdg.de/Bach : D LeB Thomana 38. Copistes : J.A .
Kuhnau. C. G. Meißner. J.S. Bach. Première moitié
du 18e
siècle.
BGA
: Toutes les parties ont été révisées par
J. S. Bach avec annotations. Les parties de trombone I à IV de
la main de Bach
SCHMIEDER
: Sources partiellement autogaphes avec corrections. Thomasschule
Leipzig [depuis Bach-Archiv Leipzig].
:
Copies de la dernière aria [5] par Wilhelm Friedemann et Carl
Philipp Emmanuel Bach.
SCHWEITZER,
Albert : J.-
S. Bach | Le musicien-poète.
page 271] : «…Bach
[put] prétendre à une exécution achevée
jusque dans le moindre détail des nuances. Quand il avait le
temps de revoir les parties, il indiquait le phrasé et les
nuances aussi minutieusement que ,ne le ferait n’importe quel
auteur moderne. Qu’on lise, par exemple la cantate BWV 38 ou
BWV 78, pour se convaincre que les nuances ne sont point pour lui un
accessoire ».
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach, volume
III, Volume
3, page 285] : «…The « Half Moon Watermark »
(filigrane représentant une demi- lune) sur la première
moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est
caractéristique d’un grand nombre de cantates de la
dernière partie des oeuvres de Bach”.
[Suit
une série de 31 cantates dont la cantate BWV 38 en cinquième
position].
COPIES
XVIIIe
et XIXe
SIÈCLES
= ABSCHRIFTEN
18. u. 19 Jh.
(P
= Partition – St. = Parties séparées et
nombreuses copies du choral de Martin Luther).
DB
Mus.ms. Bach P 1025. Copiste C.F. Penzel. Deuxième moitié
du 18e
siècle.
Bien
que non signalée par Peter Wollny, cette cantate recopiée
pourrait avoir été exécutée à
nouveau après la mort de Bach, , à Halle ou à
Leipzig, dans les années 1750 et 1760.
De
nombreuses autres copies de la partition (d‘après quel
modèle ?) des 18e
et 19e
siècle sont connues : à Berlin, Darmstadt, Vienne,
Zurich, Cracovie. L‘une d‘elle, conservée à
Oxford (référence CB Ob Ms. M. Denek-Mendelssohn C 70.
Faszikkel 4) est remarquable…la copiste est connue, il s‘agit
de Fanny Hensel, sœur de Félix Mendelssohn...
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE
(BGA).
BGA.
Jg. VII (7ème
année). Pages
285 à 300. Préface de Wilhelm Rust (1857). Cantates BWV
31 à 40.
[La
partition de la BGA est dans le coffret Das
Kantatenwerk /
Harnoncourt, volume 10. 1974].
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH (NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 25. KANTATEN ZUM 20 UND 21 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5089. 1997. Ulrich Bartels. 7
fac-similés.
BWV
38. Pages 219 à 240.
Avec
les cantates BWV 162, 180, 49, 109, 98 et 188.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5089 41. 1997. Ulrich Bartels.
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 10 | TP 1290. 2007.
Serie
I. Band 25. Kantaten zum 20 und 21 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben
: Ulrich Bartels.
Faksimile
: BWV 162, 180, 49, 109, 98 et 180.
BWV
38. Pages 217 à 240. Bärenreiter-Verlag. Kassel 1997.
BCW.
Partition de la BGA + Réduction voix et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition = PB 2888. Réduction chant et
piano (Raphael) = EB 7038.Partition du chœur = ChB 544. Copies
du clavecin et de l’orgue par Max Seiffert = OB 2130.
2011 :
Partition (20 pages) = PB 4538. Réduction chant et piano (24
pages) = EB 7038. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4538.
Parties
séparées (6) = Violons I, II, Viola, Violoncelle, Orgue
et matériel des « Vents = OB 4538.
CARUS :
Partition (48 pages) = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/00 - Partition
d’étude = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/07 - Réduction
chant et piano = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/03 - Partition du chœur
(Chorpartitur) = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/05.
Harmonie
(Harmoniestimmen) = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/09 - Oboe I. II
Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/21/22. Trompettes I, II, Trombones I,
II, III et IV = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/31 à 36. Violine
I, II, Viola, Violoncelle/contrebasse = Carus-Ausgaben. CV-Nr
31.038/11 à 14.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 816. Volume XII. New York 1968. Cantates BWV
38 à 40.
PETERS :
Réduction chant et piano.
PÉRICOPE BWV 38
Vingt
et unième dimanche après la Trinité.
Épître
: Éphésiens 6, 10
à 17 [PBJ.
1732]. Le combat spirituel.
Évangile
: Jean 4, 47 à 54 [PBJ. 1590].
Guérison du jeune fils d’un officier qui croit en Jésus.
Guérison physique et spirituelle par la foi
salvatrice.
:
Marc 9, 24 [PBJ. 1518] : « Aussitôt
le père de l’enfant de s’écrier :
« Je crois !
Viens en aide à mon peu de foi ! »
EKG.
21. Sonntag nach
Trinitatis.
Entrée:
Deuxième Épître à Timothée = 2.
Tim. 2, 5 [PBJ. 1754] : « Semblablement
l’athlète ne reçoit la couronne que s’il a
lutté selon les règles ».
Psaume
119, 89 à 116 (Éloge de la loi divine). [PBJ. 918-919].
L’un des plus longs psaumes avec pas moins de 22 strophes de 8
vers chacune, l’un des psaumes préféré de
Pascal.
Cantique
: EKG 203 : O König
Jesu Christ = Ô
Seigneur Jésus-Christ.
Épître
: Éphésiens 6, 10 à 17 [PBJ. 1732].
Évangile
: Jean 4, 47 à 54 [PBJ. 1590].
Même
occurrence, voir les cantates BWV 38 (29 octobre 1724), BWV 98 (10
novembre 1726) et BWV 188 (datation incertaine entre 1728 et 1731…)
Renvoi
aux deux versions EKG 195 : La première (texte et musique) est
de Martin Luther (1524); la seconde tirée d’un Hymnal
de Strabourg (1524), avec le même texte mais sur une mélodie
(II) légèrement altérée.
TEXTE
BWV 38
Le
« compilateur » du texte est inconnu. Rudolf
Wustmann et l’éditeur Carus –Verlag ont proposé
le nom du pasteur Christian Weiss junior.
DÜRR :
Texte du cantique (1524) « Aus
Tiefer Not schrei ich zu Dir »,
d’après le psaume 130 [PBJ. 926], versifié par
Martin Luther, devenu le De
Profundis allemand (1524).
Cinq strophes de sept vers chacune.
[Le
psaume 130 a présidé également au texte de la
cantate BWV 131 « Aus
der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir »].
1]
Strophe 1.
2]
Paraphrase inspirée de la strophe 2.
3]
Paraphrase inspirée des strophes 3 et 4.
4]
Texte de libre inspiration. (la mélodie du choral est de
Luther).
5]
strophe 5 du cantique de Luther.
La
mélodie est attribuée à Luther lui-même ou
parfois à… à Johann Walter. D’après
l’Alleluia
grégorien pour le vendredi des cendres.
Renvoi
au Clavecin bien tempéré (Clavier-Übung III BWV
687 et la Fuga 8, BWV 853 [Schmieder, page 500]. Jacques Chailley
ajoute le choral BWV 745 tout en en suspectant l’attribution à
Bach, lui préférant son cousin Jean Christophe
(1642-1703).
BCW :
Il existe deux mélodies pour le même texte ; ces
mélodies sont reprises simultanément dans EKG 195,
celle de Luther (1524) et celle de Wolfgang Dachstein (Strasbourg,
1525).
En
outre sont connues les mélodies de Samuel Scheidt (Görlitz
(D), vers1650, celles du recueil Vopelius (Leipzig 1682) et du Gotha
Hymnal (1715). Pour la mélodie sans le texte, renvoi aux
chorals de 1739, les BWV 686 et BWV 687 (Klavierübung). Voir
Jacques Chailley.
Une
mélodie similaire (n°2) renvoie à la cantate BWV
156/6 (sur un texte de Kaspar Bienemann – 1582) et au choral à
quatre voix BWV 339.
Quelques
compositeurs ayant utilisé ces mélodies : Melchior
Franck, Johann Hermann Schein, Georg Böhm, Friedrich Wilhelm
Zachow… Félix Mendelssohn (cantate du même titre
– octobre 1830), etc.
BLANKENBURG :
« Le cantique luthérien de pénitence « Aus
tiefer Not schrei ich zu dir »…ne
faisait pas partie au XVIIIe
siècle, contrairement à ce qui en avait été
aux époques antérieures, des cantiques expressément
désignés pour ce 21e
dimanche après la Trinité, dans l’ordonnance
religieuse leipzigoise. Effectivement, la pénitence n’est
pas le sujet proprement dit de l’Évangile (Jean 4, 47 à
54)…»
CHAILLEY
[Chorals figurés n° 29 (BWV 686) et n° 30(687) figurés
souvent désignés sous le titre latin De
profundis.
C’est en effet la traduction quasi-littérale de ce
psaume, que la liturgie catholique affecte à l’office
des défunts, mais que le catéchisme de Luther dédie
au sacrement de Pénitence…»
GARDINER :
«…hymne bien connue de Luther…libre adaptation du
Psaume 130 chantée sur la vénérable mélodie
en mode phrygien…»
LYON,
James : « Le cantique de pénitence d’après
le Psaume 130 (Bußlied
über den 130. Psalm),
Aus
tiefer Not schrei ich zu dir,
en cinq strophes (fin 1523), De
profundis,
est édité par Jobst Gutknecht (1480-1542), à
Nuremberg, vers 1523/24 dans son « Acht-Lieder-Buch »,
avec quatre strophes. La version en cinq strophes se trouve dans le
corpus de Johann Walter (1496-1570)… impression en 1524 dans
les Enchiridion d’Erfurt …»
SCHNEIDER
[pages 29 et 112] : « Enthousiasme de Martin Luther
pour les Psaume millénaires…Dès 1524, année
qui vit naître les premiers Enchiridien, le Réformateur
met en vers, puis en musique, six Psaumes » (les psaumes
130, 12, 14, 67, 124 et 128). La mélodie que Walter a mise au
psaume 130 est un des chefs d’œuvre de la musique
religieuse. Alliée au texte émouvant de Luther, elle
constitue un tout d’une perfection rare [+ Exemple musical].
Plus rien ici, du chant grégorien (si l’on ne regarde
qu’à la forme). Pourtant la même pureté, la
même noblesse, la même perfection dans l’adaptation
de la mélodie au texte… Parce que le chef d’œuvre
poétique de Luther est ce qu’il est, il ne pouvait pas
ne pas susciter maintes pages de musique, de toute espèces.
Il devait même amener une seconde mélodie… celle
de Strasbourg [+ Exemple musical]… La mélodie de Walter
devait l’emporter sur la mélodie strasbourgeoise. C’est
elle, en effet, que l’on trouve dans la plupart des psautiers
et c’est elle qui a suscité le plus de musiques géniales
(orgue ou polyphonies vocales).
[EKG
donne les deux mélodies (Mélodie I, mélodie II)
sous la référence EKG 195].
[Pour
le psaume 130, renvoi également à la cantate BWV 131].
GÉNÉRALITÉS
BWV 38
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
361] : «…BWV 38 reprend un modèle de style
qui, au début de la seconde « année »
[de Leipzig] avait déjà été employée
dans BWV 2 : le style a
capella (avec
redoublement instrumental, soutenu également par quatre
trombones), suivant les principes de l’ancien motet (à
la manière d’un Pachelbel) sur cantus
firmus, ici confié
au soprano. Cette ancienne mélodie de Johann Walter (1524)
destinée à une paraphrase du Psaume 130, œuvre de
Luther, fera l’objet d’une autre réélaboration
polyphonique, grandiose et solennelle, pour orgue (BWV 686)…»
BRAATZ
[BCW / Commentary] : Jusqu’au milieu du 20e
siècle, les commentaires, précisément de ceux
qui ont étudié cette cantate de Bach, furent
généralement négatifs [Albert Schweitzer, par
exemple]. [Un exemple] : Commentaires de Voigt : « Cette
cantate est une composition remplie d’obscurité. dans
tous les sens du terme, dans laquelle Bach essaya d’insérer
un matériau plein de contrastes mais où il ne réussit
pas… ». Schweitzer s’aligna sur le jugement
de Voigt…une œuvre sans doute issue d’un ouvrage
précédent… » [en dépit de
recherches approfondies, rien n’est venu confirmer cette
hypothèse d’une source antérieure]. Plus loin
(Discussion 2], Thomas Braatz ajoute : « …Schweitzer
était dans un « mauvais jour » quand il
fit part de son opinion sur cette cantate [notamment à propos
de l’aria de ténor]. Peut-être avait-il entendu
une mauvaise exécution dans laquelle les musiciens s’était
confronté laborieusement au style de chant chez Bach et il
pouvait avoir été amené ainsi à ces
fâcheuses conclusions…»
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 1017 à 1021] : «…climat
archaïsant, style de motet souligné par la présence
de quatre trombones, à quoi font exception, au centre de
l’œuvre, les deux récitatifs et l’air de
ténor, dans le style le plus moderne…»
HALBREICH
: «…Page sombre et austère, dont l’archaïsme
est souligné par la présence de quatre trombones et par
la prédominance du mode phrygien, qui est celui du cantique
Aus tiefer Noth donnant
son titre à l’ouvrage, paraphrase allemande du De
Profundis. De cette
cantate impressionnante, rehaussée d’âpres
dissonances et de chromatismes hardis, voici la deuxième
version mondiale [Karl Richter} en tout point excellente ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 117/118] : « Bach utilise le mode phrygien,
associé chez lui à l’idée de « chute »
du croyant dans le péché et à sa volonté
de se racheter. De fait, le caractère tonal de l’œuvre
dans son déroulement entier (de mi miner à ré
mineur dans un esprit modal) symbolise harmoniquement cette descente,
puis les étapes de l’ascension vers la rédemption ».
ORON,
Aryeh [BCW. Discussion 1]. D’après le musicologue W.
Murray Young, le choral « Aus
tiefer Not schrei zu Dir »
aurait été chanté aux funérailles de
Luther (Psaume 130).
SEEDORF
: « …Cycle des cantates-chorals. La technique
d’harmonisation du mouvement initial, celle du motet,
correspond à l’austérité surannée
du cantique de Luther. Bach n’accorde ici aucune autonomie à
l’orchestre ; selon une vieille tradition, les instruments
obligés ne servent qu’à doubler et à
soutenir les chanteurs. Seul le continuo fait montre d’une
certaine indépendance, mais dans les seuls passages où
la voix de basse se tait. Si archaïque que puisse paraître
à première vue la structure de ce mouvement,
l’agencement interne est extrêmement moderne et chargé
d’éléments expressifs. Grâce à des
tournures chromatiques, à des voix qui progressent et se
croisent de façon insolite, Bach parvient à mettre au
goût du jour la vénérable paraphrase luthérienne
du psaume 130 ».
SCHWEITZER
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- Les nuances,
page 271] : «…Les nuances ne sont pas pour Bach
accessoires. Il indique, quand il en a le temps, le phrasé et
les nuances aussi minutieusement que ne le ferait n’importe
quel auteur moderne. Renvoi à la cantate BWV 78/5 ».
DISTRIBUTION
BWV 38
BCW
[Braatz - Discussion 2, 17 octobre 2006] ] : Liste des ouvrages
de Bach avec quatre ou trois trombones : Avec quatre trombones :
les cantates BWV 2/1 et 6, BWV 21/9 et BWV 38/1 et 6. Plus nombreuses
sont les cantates avec trois trombones : les cantates BWV 4/2 et
8, BWV 23/4, BWV 25/1 et 6 ; BWV 28/2 et 6 ; BWV 64/1, 2, 4
et 8. ; BWV 68/5 ; BWV 101/1 et 7 ; BWV 118 ; BWV
121/1 et 6, etc.
[il
n’est pas évident de nos jours (2011) dans les concerts
« live » et certains enregistrements, qu’il
soit aisé de réunir simultanément quatre parties
trombones… d’ou certaines « impasses »
liées à des budgets ou à d’autres
motifs…]
HARNONCOURT :
« Bach a instrumenté les chœurs de cette
cantate à la manière ancienne, déjà
historique à cette époque [début du XVIIIe
siècle] du motet. : toutes les voix du chœur sont
renforcées par les instruments, il n’y a pas de
mouvement orchestral obligé, seul le basso continuo constitue
une voix indépendante dans la mesure où il continue
également a être exécuté quand il n’y
a pas de basse chorale… »
NEUMANN.
Sopran, Alt, Tenor, Baß. - Chor. Posaune I-IV (seulement
sections 1 et 6). Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B.Instrumente :
Oboe I, II ; Trombone I, II, III, IV ; Viol. I, II ;
Vla. ; Continuo
APERÇU
BWV 38
1]
CHORALCHORSATZ. BWV
38/1
Aus
tiefer Not
schrei ich zu dIR, / HERR
GOTT,
ERHÖR MEIN RUFEN ;
| Stollen 2 : DEIN
GNÄDIG OHR
NEIG HER ZU MIR / UND
MEINER BITT
SIE ÖFFNE ! | Abgesang : DENN
SO WILLST DAS SEHEN AN, / WAS
SÜND
UND UNRECHT
IST GETAN, / WER
KANN, HERR,
VOR DIR BLEIBEN ?
Du
fond de ma détresse je crie vers toi, / Seigneur Dieu, exauce
mon imploration [Variante : Des profondeurs je crie vers
toi. Seigneur, écoute mon appel]; / Prête-moi une
oreille bienveillante / et accueillante à ma prière !
/ Car si tu veux voir / tous les péchés et les torts
qui sont commis, / qui pourrait alors, Seigneur, soutenir ta
présence ?
Mi
mineur (Phrygien), 140 mesures, C barré.
BGA.
Jg. VII. Pages 283 à 290. Am ein und zwanzigsten Sonntage nach
Trinitatis | CORO. | Soprano. / Oboe I, II. Violino I. Trombone I.col
Soprano. | Alto. / Violino II. Trombone II. coll‘ Alto. |
Tenore. / Viola. Trombone III. col Tenore. | Basso. / Trombone IV col
Basso. | Continuo.
NEUMANN
: Motet étendu à l‘orchestre. Cantus
firmus
au soprano. Parties choral en fugue de type de motet de Pachelbel.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
361] «…des contractions chromatiques parcourent la page
pour culminer ensuite dans le passus
duriuculus du 6e
verset (contralto et basse, respectivement par mouvement descendant
et ascendant)…»
[page
371] : « adoption du stylus
antiquus sur un
mouvement a capella (alla
breve), tandis que les
instruments (parmi lesquels quatre trombones = renvoi à la
cantate BWV 2/1) doublent les parties vocales…»
[volume
2, page 608] : « Il est incontestable que
l’application de la technique du motet, suivant les manières
propres au stylus
antiquus, s’étend
bien au-delà de la composition des motets au sens étroit
du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des
autres œuvres de musique sacrée. Renvoi à la note
8 des pages 853-854 : suit la liste des cantates [possédant
ponctuellement] un style proche du motet, par exemple les BWV 2/1,
4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, 101/1, 108/4, 121/1, 144/1,
179/1 et 182/7 ».
BLANKENBURG :
«…Le chœur initial est un motet en mesure alla
breve, forme
habituelle dans l’ancienne musique religieuse ; les
instruments (dont quatre trombones) y jouent eux aussi la mélodie
des parties chantées. Par son traitement des paroles, la
réalisation de détail, bien loin d’être
une contrefaçon stylistique, porte au contraire la marque du
génie le plus spécifique de Bach…»
BOMBA :
« La mélodie du cantique de Luther annonce déjà
l’intention. Un saut de quinte impressionnant vers le bas sur
les mots Aus tiefer
Not, schrei zu dir
et l’antique mode phrygien contiennent en germe l’art de
traduire directement les paroles en musique… Bach traite une
ligne après l’autre en forme de motet. Ce qui veut dire
trois parties chantées, accompagnées colla
parte par les
instruments et soutenues par le continuo, énoncent et imitent
la mélodie avant qu’elle soit chantée par le
soprano en notes doubles lui donnant de l’importance. Il n’y
a pas de prélude concertant ni de motif propre à
l’orchestre. Mais l’harmonie est impressionnante.
Provoquée par la voix de basse qui ne procède souvent
que par demi-tons, elle se prend dans les ténèbres
chromatiques sur les mots Sünd
und Unrecht…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 158/159] : «…Élaboration
chorale de type motet fugué sur mélodie de choral (MDC
011) de type II…. ritournelle absente ; sévère
cantate de type motet ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
pages 115/116] : «…il
s’agit d’une forme motet : les voix d’alto,
ténor et basse entrent en imitations bientôt surmontées
par le cantus firmus
confié au soprano en valeurs longues ; seul le continuo
se voit confier une partie indépendante ; les quatre
trombones, les deux hautbois et les cordes doublent les voix dans
cette page naturellement très sombre. MDC de type II…
L’incipit même de la MDC avec sa quinte descendante
initiale, puis sa quinte montante, symbole de cri, s’adapte
parfaitement à l’idée de détresse et de
supplique présente par le texte. En enlevant la première
note, on retrouve un thème célèbre qui a circulé
dans toute l’histoire de la musique « O
vos omnes »
de Victoria, la Fugue
en mi bémol
mineur du Clavier bien
tempéré
I, etc. »
BRAATZ
| BCW / Commentary] : Citation de Smend et de l’ésotérisme
de Bach (Gematria) dans ce mouvement…. 140 mesures (10 x 14)…
le nombre de ligne du choral [7] est signifiant…»
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 1017 à 1021] : «…Forme
Bar (AAB),
sans introduction ni ritournelle… choral vocal, dont les
quatre parties sont doublées par les instruments. Seule la
base continue s’autonomise quelque peu pour soutenir
l’harmonie, quand elle n’a pas à doubler la voix
de basse… La mélodie du cantique apparaît en
cantus firmus
au soprano, période par période, précédée
de pré-imitations, en un contrepoint rigoureux. Le mode de mi
phrygien confère des couleurs changeantes, que renforcent,
pour la sixième période (Was
Sünd und Unrecht ist getan)
des mouvements chromatiques descendants soulignant les mots
« péchés »
et « torts »…
style archaïque de vieux motet… impression de solennité
très grave…» .
DUFOURCQ :
«…puissance du chœur qui ouvre la cantate :
ensemble vocal fugué qui tire ses assises monumentales d’un
thème taillé dans le marbre et qui, pour cette raison
sans doute, a pris des proportions cyclopéennes
DÜRR :
« un homme riche doit à sa foi de voir son fils
malade guéri par Jésus. Son cri de détresse à
Jésus et sa foi ont déterminé le choix du
cantique… Pour la mélodie [du choral] dans le mode
ecclésiastique (phrygien) du cantique de Luther, Bach choisit
dans le chœur d’entrée la paraphrase chorale à
la manière du motet : chaque verset du cantique est
préparé en imitation aux voix inférieures avant
d’être exposé en valeurs de notes longues au
soprano ; les instruments, à l’exception du
continuo, suivent les parties vocales. Cette écriture
archaïsante, objectivante, revêt certes de temps à
autres une modernisation par des formations mélodiques se
rattachant au texte, comme cela apparaît de manière
particulièrement distincte dans le chromatisme du verset « Was
Sünd und Unrecht ist getan ».
GARDINER :
«…Bach… offre une puissante évocation de
ce « cri depuis les profondeurs » luthérien
et de la clameur des voix implorante. Il opte pour le sévère
stilo antico,
façon motet… Bach semble vouloir pousser les limites de
ce mouvement de forme motet presque hors de portée stylistique
via les distorsions chromatiques abruptes de cette mélodie en
mode phrygien ».
HALBREICH
: «…Le premier chœur est basé sur le vieux
cantique de Luther de 1524 « Aus
tiefer Not schrei ich zu dir »,
paraphrase du De
Profundis,
et Bach a réservé à cette austère mélodie
de mode phrygien - mi mineur sans dièse- un traitement bien en
rapport avec son caractère, celui d’un chœur-motet
archaïque avec quatre trombones doublant les voix colla
parte, en forme de
choral figuré avec cantus
firmus
au soprano, de sublimes chromatismes en rehaussant l’expression.
Il est intéressant de comparer cette pièce avec le
traitement du même cantique dans la troisième partie du
Clavierübung.
Cette page étend
son ombre sur l’ensemble de cette cantate austère, mais
magnifique ».
HIRSCH :
Mouvement en 7 parties et 140 mesures = symbolisme de cette
structure… renvoi également au psaume 88 [PBJ. 883] :
« Yahvé
mon Dieu, je crie le jour, je gémis la nuit devant toi ;
que ma prière vienne jusqu’à toi, prête
l’oreille à mes sanglots…»
[voir le mouvement 4].
HIRSCH
: «…Depuis
toujours le chiffre « 7 » était symbole
de la foi, la vertu et les sacrements dans la pensée
judéo-chrétienne par la sanctification du septième
jour dans la création du monde… Dans des compositions,
Bach fait répéter les mêmes mots 7 fois …
Dans BWV 38/2 le mot « Trost
- consolation »
est répété 7 fois… » »
Renvoi aux cantates BWV 144/5, 113/5, 125/2, 79/2 et 49/6.
HOFMANN :
«…Un cantus
firmus de motet dans
le style ancien et austère avec, encore une fois, les
instruments qui s’en tiennent exclusivement au doublement des
voix…avec un quatuor de trombones [colla
parte]…la
mélodie se trouve au soprano…»
LEMAÎTRE :
« Cette puissante page tourne le dos au style concertant
et se réfère à l’ancien motet austère
dans lequel les instruments doublent les voix. Le cantus
firmus qui sonne au
soprano est à l’origine d’un contrepoint riche
dans lequel les formules chromatiques extériorisent la
douleur ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 117/118] : « Bach en revient à un
premier chœur de type motet du XVIe
siècle avec les instruments, notamment les trombones colla
parte ; le cantus
firmus en valeurs
longues aux sopranos, les autres voix intervenant en un contrepoint
imitatif. Les multiples chromatismes de ce mouvement évoquent
évidemment les tourments du pécheurs ».
PIRRO
[J.-S. Bach,
page 171] : « Le premier chœur est conçu
d’après le même plan que le premier chœur de
la cantate BWV 2. Mais dans BWV 38, la mélodie du choral est
exposée par le soprano…»
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach. – Les mélodies simultanées,
page 139] : « Des formules chromatiques paraissent
aussi dans l’accompagnement vocal du choral « Aus
tiefer Not schrei ich zu dir »…
quand le texte parle de péché et d’injustice… »
[renvoi à BG. VII, page 288].
[L’esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- L’orchestration,
page 240] : « Les chœurs de quelques cantates sont
accompagnés de plusieurs parties de trombone ».
Quatre dans la cantate BWV 38/1 – BG. VII, page 285. Quatre
trombones également dans la cantate BWV 2. BG. I, page 55 et
285.
ROBERT :
« Quand on arrive à la traduction du passage « Was
Sünd und unrecht ist getan
…- tous les
péchés et les torts qui sont commis…»
il paraît très vraisemblable que c’est à
cause des mots « Sünd
und unrecht »
que Bach fait intervenir des dessins chromatiques » [+
Exemple musical XXXIX].
SCHWEITZER
[J.S. Bach
– Motets et
chants, pages 298/299
(note)] : « Dans les cantates, il y a un grand nombre
de mouvements qui ne sont rien d’autres que des motets…
ils n’ont pas de parties orchestrales indépendantes, les
instruments doublant les parties vocales ». Renvois aux
cantates BWV 108/4, BWV 14/1, BWV 121/1 et BWV 2/1 [et à
Forkel].
2]
REZITATIV ALT. BWV 38/2
In
Jesu
Gnade wird allein / DER
TROST
VOR UNS UND DIE VERGEBUNG
SEIN, / WEIL
DURCH DES SATANS
TRUG
UND LIST
/ DER
MENSCHEN GANZES
LEBEN
/ VOR
GOTT
EIN SÜNDENGREUEL
IST. / WAS
KÖNNTE NUN / DIE GEITESFREUDIGKEIT
ZU [Neumann = BG = bei]
UNSERM BETEN
GEBEN, / WO
JESU
GEIST
UND WORT
NICHT NEUE WUNDER
TUN ?
La
grâce de Jésus seule / saura nous apporter réconfort
et pardon / car la fourberie et la ruse de Satan / font de toute la
vie humaine / Un abominable péché / au regard de Dieu.
/ Qu’est-ce qui pourrait alors / nous donner dans nos prières
la joie spirituelle / si l’esprit et la parole de Jésus
n’accomplissent pas de nouveaux miracles ?
Ut
majeur (C dur) → la mineur (a moll), 10 mesures, C.
BGA.
Jg. VII. Page 290 | RECITATIVO. | Alto. | Continuo.
NEUMANN
: Récitatif „Secco“.
[« la
fourberie et la ruse de Satan »
un lieu classique, retrouvé par exemple avec « la
ruse du diable »
dans la cantate BWV 101/6 ou BWV 18/3 « Que
la malice du diable ne nous égare…»]
3]
ARIE TENOR. BWV 38/3
Ich
höre
mitten in deN Neumann
= BG = dem]
Leiden /
EIN
TROSTWORT
SO MEIN JESUS
SPRICHT. | DRUM,
O GEÄNGSTIGTES GEMÜTE,
/ VERTRAUE
DEINES GOTTES
GÜTE,
/ SEIN
WORT
BESTEHT
UND FEHLET NICHT, / SEIN
TROST
WIRD NIEMALS VON DIR SCHEIDEN !
Plongé
au cœur de la géhenne, la voix de Jésus me
console [Variante : J’entends mon Jésus prononcer
une parole de consolation.] / C’est pourquoi, âme
angoissée, / tu dois faire confiance à la bonté
de ton Dieu, / le soutien de sa parole ne fait pas défaut, /
sa consolation ne te sera jamais refusée.
La
mineur (a moll), 117
mesures [69
notes, plus la reprise da capo, jusqu‘à la mesure 48],
C.
BGA.
Jg. VII. Pages 291 à 295 | ARIA. | Oboe I. | Oboe II. |
Tenore. | Continuo. | Da
capo.
NEUMANN :
Forme Quaterttsatz. Oboe
I, II, Tenor, B.c. Da capo.
BOMBA :
« Bach utilise ici adroitement le rythme syncopé
pour animer la phrase et accentuer en même temps le texte « Ich
höre, Trost
Wort »
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 1017 à 1021] : «…air
en ABA et ritournelle, presque un air d’opéra… un
merveilleux quatuor pour ténor, deux hautbois et basse…
multiples syncopes qui parcourent les parties supérieures…elles
confèrent à tout le morceau une ferveur et un
extraordinaire élan… vocalises sur les deux mots les
plus importants « Trost
– consolation »
puis « scheiden
– abandonnera ».
GARDINER :
«…la manière dont Bach met en musique les vers
« j’entends
au milieu de la souffrance / un mot de réconfort… »
trouve de nouveau sa source dans le commentaire de Luther mettant en
exergue la « bénédiction » de
« choses contradictoires et disharmonieuses, car espoir et
désespoir sont à l’opposé l’un de
l’autre ». Nous devons « espérer
dans le désespoir » car « l’espoir
qui forme l’homme nouveau croît au milieu de la peur qui
abat le vieil Adam [Saint Paul n’est pas loin…] Il est
rare que Bach écrive de telles lignes chromatiques de
hautbois, si continûment imbriquées et sans presque
d’endroits pour respirer…»
HALBREICH
: «…Seul morceau de style moderne, le grand air de
ténor, avec deux hautbois, conserve une expression âpre
et tendue, avec ses longues dissonances de secondes soulignées
par les anches térébrantes [?] ».
HIRSCH :
Symbolisme : les mots « Trostwort »
et « Trost »
sont chantés à sept reprises…
HOFMANN :
«…l’air commence comme une pièce de musique
de chambre du meilleur niveau pour deux hautbois et continuo dans
laquelle la voix reprend le matériau thématique des
instruments à vent en s’y insérant de manière
homogène. Le ton, tout de retenue, mélange des affects
associés à la plainte et à l’assurance…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 117/118] : « Souffrance et consolation sont les
deux éléments qui s’opposent dans l’aria de
ténor – trio délicat pour voix et deux hautbois,
qui alterne affects apaisés et accents douloureux ».
ROMIJN :
«…aria de ténor, flanqué de ses deux
fidèles hautbois qui apporte du baume au cœur malgré
les syncopes assez déroutantes ».
SCHWEITZER
[J. S. Bach, volume 2, page 371] : « La
déclamation fautive de cette aria semble prouver que la
musique est issue d’une autre œuvre …»
SEEDORF
: «…Rigueur : harmonisation en motet ».
SEEDORF
: «…La rigueur qui prolonge le chromatisme du mouvement
initial…»
WHITTAKER
[Tome I, page 236 et tome II, page 115] : Possibilité
pour cette aria de la réutilisation d’une œuvre
perdue.
[Mélismes
et (ou) saut d’octave (mesures 20, 30/31 et 50) sur le mot
« Trostwort »… « Leiden »,
aux mesures 34 et 35…« besteht
» (mesures 51/52 et 61/62) et tenue sur « scheiden »
(mesures 67 à 69 avec 28 notes].
4]
REZITATIV + CHORAL (Choralbearbeitung) SOPRAN. BWV 38/4
Ach !
daß mein Glaube
noch so schwacH, / UND
DAß ICH MEIN VERTRAUEN
/ AUF
FEUCHTEM [Neumann
= BG = seichtem]
GRUNDE
MUß ERBAUEN ! / WIE
OFTE [R. Wustmann : oft
nicht]
MÜSSEN
NEUE ZEICHEN
/ MEIN
HERZ
ERWEICHEN ! / WIE ?
KENNST
DU DEINEN HELFER
NICHT, / DER
NUR EIN EINZIG
TROSTWORT
SPRICHT,
/ UND
GLEICH ERSCHEINT, / EH
DEINE SCHWACHHEIT
ES VERMEINT, / DIE
RETTUNGSTUNDE.
/ VERTRAUE
NUR DER ALLMACHTSHAND
UND SEINER WAHRHEIT
MUNDE !
Hélas !
Ma foi est encore si fragile ! Pour ce qui est de ma confiance / je
dois l’édifier sur le sable [Variante : Et
sur quel terrain
fragile]
/ Je bâtis ma confiance ! / Combien souvent mon cœur
/ doit-il se laisser toucher de nouveaux signes ! / Comment ?
ne connais-tu pas ton Sauveur, / qui n’a besoin de prononcer
qu’une seule parole de consolation / pour que survienne, /
avant même que ta faiblesse l’imagine, / L’heure du
salut. / Ne te fie qu’à la toute-puissance de sa main et
à la vérité de sa parole !
Ré
mineur (d moll) → ré mineur (d moll), 16 mesures, C.
BGA
Jg. VII. Page 295 | RECITATIVO a battuta. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN
: Cantus firmus in B.c.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
361] «…la mélodie du choral apparaît à
l’intérieur de la composition, mais de manière
tout à fait anomale [sic] et surprenante : le récitativo
a battuta »
(il est indiqué en ces termes), le n° 4, impose au soprano
de se tenir en périlleux équilibre tonal sur une basse
harmonique prédéterminée où se trouve
gravée la mélodie de Walter, et qui est confiée
au continuo ».
[page 269]:
«…Aria avec élaboration de la mélodie-choral.
Voir BWV 6, 10, 13, 19, 37, 38, 44, 85, 86, 92, 93, 95, 114, 122,
137, 140, 166, 178, 180, 199 ».
BLANKENBURG :
«…ce récitatif est seul à refléter,
sans réminiscence du cantique, la situation dépeinte
dans l’évangile…. A cet effet le continuo fait
entendre, de manière saisissante, la mélodie du
cantique luthérien sans toutefois se référer ici
à une strophe précise mais, d’une façon
générale, au ton de pénitence du cantique…»
BOMBA :
« Dans le récitatif, le poète faisant
allusion à un miracle, établit sans doute le lien au
passage de l’Évangile lu ce jour-là (guérison
d’un fils d’un officier royal, Jean 4, 47 [PBJ.
1590]…Bach fait exposer la mélodie du choral comme un
rappel par le continuo…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 158/159] : «…Citation
de la mélodie de choral (MDC) 011, de type V. dans la basse
continue (citation instrumentale).
BRAATZ
[BCW. / Commentary] : Seul le texte de ce récitatif
n’a pas de connexion directe avec celui du choral [de Luther].
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 1017 à 1021] : «…Récitatif
très expressif , ici encore dans une écriture
digne de l’opéra… double interrogation sur
« kennst »
et sur « nicht »…
la libre déclamation du soprano est soutenue de bout en bout
par la basse continue sur la mélodie même du choral.
C’est la raison pour laquelle Bach a noté en tête
a battuta,
signifiant que la mesure doit être fermement marquée… »
DÜRR :
« Bach donne pour fondement, comme basse continue, la
mélodie du cantique luthérien (d’abord en la
phrygien, à partir de la mesure 5 en ré
phrygien), de sorte que la partie vocale doit être chantée
« a
battuta »,
c’est à dire sur un rythme ferme ».
GARDINER :
« du mot « Zeichen
- signes
» émane une dimension expressive et symbolique –
ce mot est sous-tendu d’un accord de septième diminué…»
HARNONCOURT :
« Le récitatif doit être exécuté en
mesure « a
battuta »
car il est construit sur le choral joué comme basse…»
HIRSCH :
Dans ce récitatif, le soprano chante 88 notes principales [ ?]
Renvoi possible au psaume 88 [PBJ. 883] : « Yahvé
mon Dieu, je crie le jour, je gémis la nuit devant toi ;
que ma prière vienne jusqu’à toi, prête
l’oreille à mes sanglots…»
HOFMANN :
«…le mouvement ayant le moins recours au cantique de
Luther et qui, pour l’essentiel, présente un
développement mélodique par développement
séquentiel libre issu de la plume du librettiste leipzigois…»
MACIA
[Tout Bach,
pages 117/118] : « Dans le récitatif…
la basse continue cite la mélodie du choral de Luther…
alors que le livret fait surtout allusion à l’Évangile
selon saint Jean et aux réflexions du fonctionnaire dont le
fils a été guéri par le Christ ».
PIRRO
[J.-S. Bach,
page 171] : « la mélodie du choral est jouée
par la basse continue…»
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach. – La traduction du texte,
pages 268/269] : Formule interrogative : « Dans
le langage ordinaire, la voix monte généralement à
la fin d’une interrogation… dans le récit de
soprano [4] se déploie une admirable formule interrogative,
jointe à ces paroles : « Comment ?
Ne reconnais-tu pas ton Sauveur ?
[+ Exemple musical sur : « Wie ?
Kennst du deinen Helfer nicht ? »
BG. VII, page 295].
SEEDORF:
«…L’emploi de la mélodie initiale (du
cantique luthérien), dans le récitatif secco avec le
choral est encore plus hardi que dans le premier mouvement ».
WOLFF :
« Dans le récitatif, la mélodie du choral
est utilisée de manière inhabituelle comme continuo ».
[Mélisme
sur le mot « Rettungstunde
- l’heure du
Salut »].
5]
ARIE (TERZETT), SOPRAN, ALT, BAß. BWV 38/5
Wenn
meine Trübsal
als mit Ketten
/
EIN
UNGLÜCK
AN DEM ANDERN HÄLT, / SO
WIRD MICH DOCH MEIN HEIL
ERRETTEN,
DAß
ALLES PLÖTZLICH VON MIR FÄLLT.
| WIE
BALD ERSCHEINT DES TROSTES
MORGEN
/ AUF
DIESE NACHT
DER NOT
UND SORGEN !
Je
suis dans les tribulations, / un malheur à l’autre
s’enchaîne [Variante : se succèdent] / comme
liés par des chaînes, / mon Sauveur m’en délivrera
pourtant / en les détachant soudain de moi. / Avec quelle
rapidité l’aube consolatrice / succède à
cette nuit d’angoisse et de tourments !
Ré
mineur (d moll), 124 mesures, C barré.
BGA.
Jg. VII. Pages 296 à 299 | TERZETTO. | Soprano. | Alto. |
Basso. | Continuo.
NEUMANN
: Forme bipartite AB et ritournelle.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
361] «…trio [renvoi aux cantates BWV 116/4 et 122/4], en
forme bipartite, dont les deux sections sont d’égale
longueur (62 mesures chacune), quoique le texte de l’une
contienne 4 versets et l’autre 2 ; le principe adopté
est celui de l’imitation, avec deux thèmes différents
pour les deux parties, mais un même motif dans
l’accompagnement, qui est mené presque dans le style
d’une passacaille, avec une « scansion »
du passage « obstiné » de deux en deux
mesures ».
BLANKENBURG :
« …un trio vocale bipartite, accompagné du
seul continuo. Il n’y a pas ici d’instruments jouant
aussi la musique du trio, alors que c’était le cas dans
le chœur-motet d’ouverture [1], avec lequel le trio offre
d’ailleurs une certaine parenté…»
BOMBA :
« La dernière grande pièce de la cantate,
un trio dont les voix s’entrelacent, peut-être pour
symboliser les chaînes de l’affliction qui noue un
malheur à l’autre. Le
matin consolateur -
Trostes Morgen
est une image aussi apaisante que porteuse d’espoir…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 158/159] : «
rare trio vocal écrit en imitations serrées pour
illustrer les chaînes « Ketten »
qui enserrent l’âme dans le doute…»
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 1017 à 1021] : «…Alerte
trio vocal sur le continuo, tout en imitations qui renoue avec le
style du motet. La première partie de l’air (A) abonde
en mouvements chromatiques insistant sur les mots « Ketten
–chaînes »
et « erretten
– délivrera »…la
seconde partie (B), plus chantante se déroule dans un climat
de confiance et de paix, avec l’accent final mis sur le mot
« Morgen
– l’aube ».
DÜRR :
«…un trio, qui, en dépit de la plus grande
souplesse de son traitement mélodique, montre cependant la
plupart du temps d’évidentes ressemblances avec le style
du motet du mouvement d’entrée…»
GARDINER :
« Une série de suspensions précipite un cycle
descendant des quintes par les tons mineurs (ré, sol, do, fa –
puis si bémol majeur) tandis que « l’aube
de la foi - Trostes
Morgen »
renverse la direction, ascendante jusqu’à ce que l’idée
de la « nuit » de doute et de tourment ne
l’inverse à nouveau…»
HALBREICH
: «…Cet air est en réalité un trio
polyphonique dans le style « antico »
du chœur initial ».
HOFMANN :
«…ce deuxième air a été composé
-fait rarissime dans l’ensemble des cantates de Bach - pour un
trio vocal. [voir la cantate BWV 116/4]… une allure
opératique…ce ton est notamment perceptible aux mots
« das alles
plötzlich von mir fällt…»
dans lesquels la phrase polyphonique passe soudainement dans un effet
de surprise à l’homophonie ».
LEMAÎTRE :
«…le contraste offert par les deux parties qui le
composent [ce terzetto] est engendré par les deux
mots-clefs du texte : Trübsal
– affliction
dans la partie A, et « Trost
– réconfort »
dans la partie B. Les deux volets reposent sur un même motif de
deux mesures dont la répétition apparente cette pièce
à une passacaille ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 117/118] : «…Morceaux composés de deux
parties, où les malheurs et les nuits d’angoisse
s’opposent à l’aube consolatrice, chaque thème
étant accompagné de motifs de deux mesures donnant au
trio une allure de passacaille ».
PIRRO
[J.-S. Bach,
page 171] : «…l’opposition entre les craintes
du pécheur et sa confiance en Jésus est symbolisée
par le contraste entre les deux motifs principaux dont l’un est
traînant et chromatique, et l’autre bien cadencé
et orné de vocalises ».
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach. – La formation rythmique des
motifs, page 94] :
Les mots « chaîne,
enchaîné, liens… »
L’élan mélodique des motifs est brisé par
des arrêts imprévus et ils prennent une allure
chancelante, à la fois incertaine et accablée,
semblable à la démarche d’un homme enchaîné…
Bach emploie cette figure maintes fois avec intention. Renvoi aux
cantates BWV 31, 80, 168… et BWV 38 (BGA, page 296).
ROMIJN : « un
extraordinaire trio… qui cache modestement ses très
habiles variations de choral sous des accents presque empruntés
à Johann Hermann Schein » [mais où est donc ici
le choral…. Ne serait-ce pas dans le mouvement 4 ?]
SCHWEITZER
[J. S. Bach, volume 2, pages 371 et 466] : « …Le
trio final a aussi un caractère de motet ; il pourrait
être effectivement exécuté par un petit chœur
et non par des solistes ».
SEEDORF
: «…Rigueur : harmonisation en motet ».
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach, volume
II, page117] : «…il n’y a seulement que cinq
trios dans les cantates de Bach, les BWV 15, 38, 116, 122 et
150 ». Le terzetto de la cantate BWV 38 est un
mouvement splendide et une joie pour les chanteurs [Whittaker parle
d’expérience].
[Tenue
sur « Ketten
- s’enchaîne
» (à
la basse mesures 15 à 20) ; « Morgen - aube »
(mesures 73 à 75, au soprano) ; « Sorgen
- tourments »
(mesures 84 à 89, au soprano et mesures 88 à 93 à
la basse).
6]
CHORAL. BWV 38/6
Ob
bei, uns ist der Sünden
viel, / BEI
GOTT
IST VIEL MEHR GNADE ;
|| Stollen
2 : SEIN
HAND
ZU HELFEN HAT KEIN ZIEL,
/ WIE
GROß AUCH SEI DER SCHADE.
||| Abgesang : ER
IST ALLEIN DER GUTE HIRT,
| DER
ISRAEL
ERLÖSEN WIRD / AUS SEINEN SÜNDEN
ALLEN.
Si
nombreux qui soient nos péchés, / la grâce de
Dieu les surpasse [Variante : Il y a en Dieu bien plus de
grâce] ; / Sa main dispense le secours sans
discrimination, / aussi grave que soit le tort. / Lui seul est le bon
berger / qui délivrera Israël / De tous ses péchés.
Cinquième
et dernière strophe du cantique de Luther.
Mi
mineur (Phrygien), 18 mesures, C.
BGA.
Jg. VII. Page 300 |
CHORAL. | Soprano. / Oboe I, II. Violino I. Trombone I col Soprano. |
Alto. / Violino II. Trombone II. coll‘ Alto. | Tenore. /Viola.
Trombone III. col Tenore. | Basso. /Trombone IV col Basso. |
Continuo.
NEUMANN :
Simple choral harmonisé avec l’ensemble instrumental.
BOMBA :
« Dans le mouvement de choral final, à quatre voix
simplement, Bach s’applique à ce mode d’expression,
[comme dans 1], cette fois encore dans la partie de basse avant tout,
qui est la voix soutenant l’ensemble du mouvement ».
BOYER,
Henri : Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 158/159] : «
Simple choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 011
de type I ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
page116] : «…mélodie
de choral simplement harmonisée, de type I avec doublures
colla parte
des instruments, notamment répartition des quatre trombones au
quatre parties vocales ».
GARDINER :
« Le ré grave final de l’air [5] se maintient
dans le choral de conclusion, lequel débute sur un saisissant
accord à 6/4 reposant sur cette note avant d’instaurer
la nouvelle tonalité de mi – « le ré,
qui symbolise Trübsal
et Nacht
trouve une signification renouvelée par ce changement »
[citation de Chafe] … Avec toutes les voix doublées par
l’orchestre au complet (de nouveau les quatre trombones !),
ce choral en impose jusqu’à sembler terrifiant de zèle
luthérien, en particulier son ultime cadence, en mode
phrygien, tandis que le trombone basse se laisse tomber sur le mi
grave ».
HALBREICH
: «…Indicible parfum d’éternité
propre au mode phrygien qui domine toute cette cantate
exceptionnelle ».
HIRSCH :
A la cadence finale, sur les mots « Sünden
allen »
chromatisme dans la partie de basse vocale.
HOFMANN :
«…Le choral conclusif débute par une audace :
un accord de seconde oppressant qui demande une résolution.
L’accord dissonant a peu à voir avec le texte mais
articule plutôt d’une manière qu’on pourrait
qualifier de romantique ce qui reste non-dit, c’est à
dire une manière personnelle d’exprimer la gêne de
celui qui prie et son aspiration à la délivrance …
de tous ses péchés ».
MACIA
[Tout
Bach,
pages 117/118] : « Le choral s’ouvre sur un
surprenant accord dissonant, exprimant les dernières terreurs
des croyants…»
WOLFF :
«…Le choral débute par un accord dissonant…»
[Reprise
colla
parte
des quatre trombones rencontrés dans le premier mouvement [1].
BIBLIOGRAHIE BWV 38
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Thomas : BCW. Commentaires (8 novembres 2001). Voigt,
Schweitzer, Smend, Chafe, etc.
:
Exemples tirés de la partition (18 et 19 octobre 2006). Trois
exemples.
:
Mélodie du choral « Aus
Tiefer Not schrei ich zu Dir ». En
collaboration avec Aryeh Oron (janvier 2006).
:
Provenance (8 novembre 2001). Exceptionnellement, cette rubrique n’a
pas été complétée depuis 2001.
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Francis (février 2006) : texte du choral « Aus
Tiefer Not schrei ich zu Dir ».
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Prévision : 8 juillet 2012.
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Mélodie du
choral « Aus
Tiefer Not schrei ich zu Dir ». En
collaboration avec Thomas Braatz (janvier 2006).
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n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique. N°
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203, 271
J.
S. Bach. Édition
allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition
américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications,
inc. New York. 1911-1966.
Volume
2, pages 299 (note), 371, 421 (note), 461, 465 et 466
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Sous-titré : « His
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Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume
II, pages 298. Volume III, pages 89, 93, 285
WHITTAKER,
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Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular
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Volume I,
pages 236 et 548. Volume II, page 115 à 120, 274 et 295
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Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume
13. 2003
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Breitkopf &
Härtel, 1913-1967. Pages 255/256
ZWANG,
Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 94, pages 169/170
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 38
BACH
CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron.
Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée
avec, parfois, quelques précisions relatives aux références
et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Dix
références (novembre 2001 – mai 2011) + huit
mouvements individuels (novembre 2001 – octobre 2010).
Exemples
musicaux (Audio). Aryeh Oron (janvier 2003 – janvier 2005).
6]
GARDINER (volume 11). The Monteverdi Choir. The English Baroque
Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor : William
Towers.
Ténor
: Paul Agnew. Basse : Gotthold Schwartz. Bach Cantata Pilgrimage.
Collège naval de Greenwich les 11 et 12 novembre 2000.
Durée
: 16’29. Distribution en Grande
Bretagne, juin 2010, en Allemagne 16 juillet 2010 et en France,
en juillet 2010
CD
Soli Deo Gloria (SDG) 168. 2000. Avec les cantates BWV 109, 98 et 188
1]
HARNONCOURT (volume 10). Wiener Sängerknaben - Chorus
Viennensis. Concentus Musicus Wien. Soprano : jeune chanteur du
Wiener
Sängerknaben. Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt
Equiluz. Basse : Ruud van der Meer.
Première
mondiale selon Harry Halbreich. 1974.
Durée
: 18’30. Disque Teldec 6.35036-00-501 (SKW 10/1-2 BR 2). Das
Kantatenwerk
(volume 10). 1974
CD
Teldec 242506-2 ZL. 1986.
Das Kantatenwerk, volume
10
CD
(D). Teldec
4509-91757-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas.
Volume 3. Coffret de six CD avec les cantates BWV 37 à 60.
Reprise
Bach
2000.
Teldec, volume 1. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à
14 et BWV 16 à 47
Reprise
CD Warner Classics 8573-81202-5. Intégrale des cantates en CD
séparés, volume 13. 2006
8]
HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Soprano : Carolyn Sampson.
Alto Daniel Taylor. Ténor : Mark Padmore. Basse :
Peter Kooy.
Bruxelles.
Décembre 2003. Durée : 16’43
CD
Harmonia Mundi HMC
901843 “Weinen,
Klagen”.
2005. Avec cantates
BWV 12 et 75
7]
KOOPMAN (volume 13). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir.
Soprano : Deborah York. Alto : Franziska Gottwald. Ténor :
Paul
Agnew
(voir aussi la version Gardiner). Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk.
Amsterdam (NL). 25 novembre - 2 décembre 2000.
Durée
18’35. Coffret de trois CD Antoine Marchand / Challenge
Classics CC 72213. 2003
5]
LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Soprano :
Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meel.
Basse
: Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL).
Printemps 2000. Durée : 18’16
[mais
où sont donc passé les quatre trombones ?]
Bach
Edition. 2000. CD Brilliant Classics 99377/5. Kantaten, volume18.
Cantates IX
Bach
Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 15/91. Avec les
cantates BWV 5 et 20
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘un
nouveau tirage –augmenté- (157 CD) + les partitions et 2
DVD proposant les Passions
selon
saint Jean
et selon
saint Matthieu.
10]
LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda
Pratica / Schola Seconda Pratica. Église évangélique
de Trogen (CH)
DVD
Live, 26 octobre 2007. Coffret Gallus Media. Bach A 369. Anthologie
2007. J.S. Bach-Stiftung. St. Gallen. Zurich 2010
4]
NEVEL, Erik van. Capella Sancti Michaelis Vocal Ensemble. Ricercar
Consort. Soprano : Greta de Reyghere. Alto : James Bowman.
Ténor :
Guy de Mey. Basse : Max van Egmond. Mai 1991. Durée :
16’27
CD
Ricercar 103086 « Deutsche Barock Kantaten (VIII). Avec la
cantate BWV 131
2]
RICHTER. Chœur et orchestre Bach de Munich. Soprano :
Edith Mathis. Alto : Trudeliese Schmidt. Ténor :
Peter Schreier.
Basse :
Dietrich Fischer-Dieskau. München, Hercules-Saal 15 octobre
1977 - 26 février, 2 et 5 mars et 7 mai 1978. Durée :
16’58.
Coffret
de six disques Archiv Produktion 2722 030 / 2564 175
Reprise
en coffret de onze disques Archiv Produktion 30 2722 019. Volume IV.
1979
Avec
les cantates
BWV 96, 5, 180, 38, 115, 139, 26, 116, 70, 80, 140 et 130.
Reprise
en coffret de cinq CD Archiv Produktion 439396-2.
Volume V : Sonntage nach Trinitatis II.
Reprise
en coffret de 26 CD Archiv Produktion ( Intégrale des cantates
enregistrées par Karl Richter de 1959-1979).
3]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart.
Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor :
Lutz-Michael
Harder.
Basse : Philippe Huttenlocher. Gedächtniskirche Stuttgart (D).
Février et avril 1980. Durée : 18‘40
Disque
(D) Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98712. Avec la cantate BWV 115
CD
Die
Bach Kantate (volume
56).
Hänssler
Classic Laudate 98818. Avec les cantates BWV 109 et 89
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 13). Hänssler-Verlag 92.013. 1999
9]
SUZUKI (volume 29). Bach Collegium Japan & Concerto Palatino
Brass Ensemble. Soprano : Dorothee Mields. Contre-ténor :
Pascal
Bertin.
Ténor : Gerd Turk. Basse : Peter Kooy. Kobe
Shoin Women‘s University Chapel. Japan. 25 - 29 juin 2004.
Durée : 16‘53
BIS-SACD
1461. 2005. Distribution en France, janvier 2006. Avec les cantates
BWV 2, 3 et 135
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 38
M-1.
Mvt. 1] Soprano : Lotte Lehmann. Orgue : Paul Mania. 1929.
Report sur CD Hänssler Classic « Living Voices. 2004
M-2.
Mvt. 5] Paul Steinitz. London Bach Society & English Chamber
Orchestra. 1968.
Disque puis CD Baroque Music Club
M-3.
Mvts. 1 et 6] Karl Richter; Ansbach Bach Festival Choir &
Orchestra. Début des années 1970. Report CD Baroque
Music Club. Soli
Deo
Gloria, volume 2.
M-4.
Mvt. 6] P. Urban Stillard. Concentus Vocalis Grienienxis.
Clavierübung
III.
1998. CD Stradivarius 2001.
M-5.
Mvt. 6]] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger
Barockorchester. Juin
1999.
Bach
Edition 2000. CD Brilliant Classics /: Bayer Record. Volume 23.
Reprise
Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics -
93102 31-137.
Le
Nordic
Chamber Choir est devenu le
Chamber Choir of Europe.
M-6.
Mvt. 6] Masaaki Suzuki. Orgue.
Clavierübung III.
Tokyo (Japon), mars – avril 2000. Coffret de deux CD Bis. 2001.
M-7.
Mvt. 1 et 6] Timothy Roberts. His Majesty Consort of Voices. 29 et 30
novembre et 1er
décembre 2000. CD Hyperion A67247.
M-8.
Mvt. 1] Jörg Straube. Norddeutscher Figuralchor. Bach
Orchestra-Hannover. Coffret de deux CD Thorofon CTH 248 1/2
DIVERS
BWV 38
Dans
le coffret Archiv Produktion 2722 030, volume V, page 9, belle
gravure de Matthäus Merian (1593-1650) représentant
une(gravure sur cuivre, XVIIe
siècle) « le Fils d’un officier du roi de
Capernaum [sic] pour le 21e
dimanche après la Trinité.
HARNONCOURT :
[La cantate BWV 38, « version Harnoncourt » est
accessible -partiellement- (mouvements 1 à 3 ) sur « You
Tube », avec l’opportune illustration du «
Cri »
de Edward Munch !]
C. Role. Octobre 2011
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