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C. Role. Octobre 2011
Cantate BWV 38
AUS TIEFER NOT SCHREI ICH ZU DIR
  Du fond de ma détresse je crie vers toi
KANTATE ZUM 21. SONNTAG NACH TRINITATIS

Cantate pour le vingt-et unième dimanche après la Trinité
Leipzig, 29 octobre 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques rares interventions « CR » repérées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué très clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur → (a moll) = la mineur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur → (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi Es = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur. (g moll) = sol mineur
GB = Grande Bretagne = Angleterre
(H) = Si → (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition autographe originale
Ost = Original Stimmen = Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident » remarquable.


DATATION BWV 38


Leipzig, 29 octobre 1724.
DÜRR. Chronologie. 1724 : BWV 5 (15 octobre). BWV 180 (22 octobre). BWV *38 (29 octobre). BWV 80 (reprise, 31 octobre - Reformation-Fest). BWV 115 (5 novembre). BWV 139 ( 12 novembre). BWV 26 (19 novembre).
HIRSCH : Classement CN 97 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). « Année II. Deuxième cycle des cantates de Leipzig (2. Jahrgang - Choral-Kantaten). Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725.
SCHWEITZER - SCHMIEDER : Les cantates écrites après 1734, entre 1735 et 1745. (Spitta).


SOURCES BWV 38

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse : (http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html)

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
Pas de sources connues.

BGA : Copie de C. Ph. E. Bach et Agricola à la Amalienbibliothek des Joachimsthalischen Gymnasium. Berlin
Titre pris à la couverture : « Dominica 21 post Trinit. | Aus tieffer Noth schrey ich zu dir ; | à 4 Voc., 2 Hautbois, 2 Violini, Viola, 4 Tromboni e Continuo | di Sig. J. S. Bach. »
C’est la copie dont parle Forkel (voir ci-après) :
FORKEL : « La collection de musique de la princesse Amalia de Prusse, léguée au lycée Joachimsthal de Berlin, comprend sans doute le plus grand nombre de compositions vocales de Bach, bien qu’il ne soit guère très important. J’y ai noté les œuvres suivantes: Vingt et une cantates sacrées [suit l’énumération des cantates BWV 53, BWV 232, Anh. 167, BWV 238, *BWV 38/1 et 144/1].
La cantate [BWV 38] est désignée comme un motet à quatre voix, sous le titre « Aus tiefer Noth schrey ich zu dir ». Référence Am. B 16.  
Renvoi à la référence gwdg.de/Bach : DB AM B. 15-17, Faszikel 2 (Am B 16). Staatsbibliothek zu Berlin (Amalienbibliothek). Copiste : Anon 404 (=. J.S. Bach = J.G. Freudenberg). 18. Jahrhundert.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
St Thom L. Leipzig, Musikbibliothek der Stadt Leipzig, Thomasschule. Bach-Archiv.
Référence gwdg.de/Bach : D LeB Thomana 38. Copistes : J.A . Kuhnau. C. G. Meißner. J.S. Bach. Première moitié du 18e siècle.

BGA : Toutes les parties ont été révisées par J. S. Bach avec annotations. Les parties de trombone I à IV de la main de Bach
SCHMIEDER : Sources partiellement autogaphes avec corrections. Thomasschule Leipzig [depuis Bach-Archiv Leipzig].
 : Copies de la dernière aria [5] par Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emmanuel Bach.
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach | Le musicien-poète. page 271] : «…Bach [put] prétendre à une exécution achevée jusque dans le moindre détail des nuances. Quand il avait le temps de revoir les parties, il indiquait le phrasé et les nuances aussi minutieusement que ,ne le ferait n’importe quel auteur moderne. Qu’on lise, par exemple la cantate BWV 38 ou BWV 78, pour se convaincre que les nuances ne sont point pour lui un accessoire ».
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume III, Volume 3, page 285] : «…The « Half Moon Watermark » (filigrane représentant une demi- lune) sur la première moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est caractéristique d’un grand nombre de cantates de la dernière partie des oeuvres de Bach”.
[Suit une série de 31 cantates dont la cantate BWV 38 en cinquième position].

COPIES XVIIIe et XIXe SIÈCLES = ABSCHRIFTEN 18. u. 19 Jh.
(P = Partition – St. = Parties séparées et nombreuses copies du choral de Martin Luther).
DB Mus.ms. Bach P 1025. Copiste C.F. Penzel. Deuxième moitié du 18e siècle.
Bien que non signalée par Peter Wollny, cette cantate recopiée pourrait avoir été exécutée à nouveau après la mort de Bach, , à Halle ou à Leipzig, dans les années 1750 et 1760.
De nombreuses autres copies de la partition (d‘après quel modèle ?) des 18e et 19e siècle sont connues : à Berlin, Darmstadt, Vienne, Zurich, Cracovie. L‘une d‘elle, conservée à Oxford (référence CB Ob Ms. M. Denek-Mendelssohn C 70. Faszikkel 4) est remarquable…la copiste est connue, il s‘agit de Fanny Hensel, sœur de Félix Mendelssohn...

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BGA).
BGA. Jg. VII (7ème année). Pages 285 à 300. Préface de Wilhelm Rust (1857). Cantates BWV 31 à 40.
[La partition de la BGA est dans le coffret Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 10. 1974].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH (NBA).
KANTATEN SERIE I/ BAND 25. KANTATEN ZUM 20 UND 21 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5089. 1997. Ulrich Bartels. 7 fac-similés.
BWV 38. Pages 219 à 240.
Avec les cantates BWV 162, 180, 49, 109, 98 et 188.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5089 41. 1997. Ulrich Bartels.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 10 | TP 1290. 2007.
Serie I. Band 25. Kantaten zum 20 und 21 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Ulrich Bartels.
Faksimile : BWV 162, 180, 49, 109, 98 et 180.
BWV 38. Pages 217 à 240. Bärenreiter-Verlag. Kassel 1997.
BCW. Partition de la BGA + Réduction voix et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2888. Réduction chant et piano (Raphael) = EB 7038.Partition du chœur = ChB 544. Copies du clavecin et de l’orgue par Max Seiffert = OB 2130.
2011 : Partition (20 pages) = PB 4538. Réduction chant et piano (24 pages) = EB 7038. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4538.
Parties séparées (6) = Violons I, II, Viola, Violoncelle, Orgue et matériel des « Vents = OB 4538.
CARUS : Partition (48 pages) = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/00 - Partition d’étude = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/07 - Réduction chant et piano = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/03 - Partition du chœur (Chorpartitur) = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/05.
Harmonie (Harmoniestimmen) = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/09 - Oboe I. II Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/21/22. Trompettes I, II, Trombones I, II, III et IV = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/31 à 36. Violine I, II, Viola, Violoncelle/contrebasse = Carus-Ausgaben. CV-Nr 31.038/11 à 14.
KALMUS STUDY SCORES. N° 816. Volume XII. New York 1968. Cantates BWV 38 à 40.
PETERS : Réduction chant et piano.


PÉRICOPE BWV 38

Vingt et unième dimanche après la Trinité.
Épître : Éphésiens 6, 10 à 17 [PBJ. 1732]. Le combat spirituel.
Évangile : Jean 4, 47 à 54 [PBJ. 1590]. Guérison du jeune fils d’un officier qui croit en Jésus. Guérison physique et spirituelle par la foi
salvatrice.
: Marc 9, 24 [PBJ. 1518] : « Aussitôt le père de l’enfant de s’écrier : « Je crois ! Viens en aide à mon peu de foi ! »

EKG. 21. Sonntag nach Trinitatis.
Entrée: Deuxième Épître à Timothée = 2. Tim. 2, 5 [PBJ. 1754] : « Semblablement l’athlète ne reçoit la couronne que s’il a lutté selon les règles ».
Psaume 119, 89 à 116 (Éloge de la loi divine). [PBJ. 918-919]. L’un des plus longs psaumes avec pas moins de 22 strophes de 8 vers chacune, l’un des psaumes préféré de Pascal.
Cantique : EKG 203 : O König Jesu Christ = Ô Seigneur Jésus-Christ.
Épître : Éphésiens 6, 10 à 17 [PBJ. 1732].
Évangile : Jean 4, 47 à 54 [PBJ. 1590].
Même occurrence, voir les cantates BWV 38 (29 octobre 1724), BWV 98 (10 novembre 1726) et BWV 188 (datation incertaine entre 1728 et 1731…)
Renvoi aux deux versions EKG 195 : La première (texte et musique) est de Martin Luther (1524); la seconde tirée d’un Hymnal de Strabourg (1524), avec le même texte mais sur une mélodie (II) légèrement altérée.  


TEXTE BWV 38

Le « compilateur » du texte est inconnu.
Rudolf Wustmann et l’éditeur Carus –Verlag ont proposé le nom du pasteur Christian Weiss junior.

DÜRR : Texte du cantique (1524) « Aus Tiefer Not schrei ich zu Dir », d’après le psaume 130 [PBJ. 926], versifié par Martin Luther, devenu le De Profundis allemand (1524). Cinq strophes de sept vers chacune.
[Le psaume 130 a présidé également au texte de la cantate BWV 131 « Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir »].
1] Strophe 1.
2] Paraphrase inspirée de la strophe 2.
3] Paraphrase inspirée des strophes 3 et 4.
4] Texte de libre inspiration. (la mélodie du choral est de Luther).
5] strophe 5 du cantique de Luther.

La mélodie est attribuée à Luther lui-même ou parfois à… à Johann Walter. D’après l’Alleluia grégorien pour le vendredi des cendres.
Renvoi au Clavecin bien tempéré (Clavier-Übung III BWV 687 et la Fuga 8, BWV 853 [Schmieder, page 500]. Jacques Chailley ajoute le choral BWV 745 tout en en suspectant l’attribution à Bach, lui préférant son cousin Jean Christophe (1642-1703).

BCW : Il existe deux mélodies pour le même texte ; ces mélodies sont reprises simultanément dans EKG 195, celle de Luther (1524) et celle de Wolfgang Dachstein (Strasbourg, 1525).
En outre sont connues les mélodies de Samuel Scheidt (Görlitz (D), vers1650, celles du recueil Vopelius (Leipzig 1682) et du Gotha Hymnal (1715). Pour la mélodie sans le texte, renvoi aux chorals de 1739, les BWV 686 et BWV 687 (Klavierübung). Voir Jacques Chailley.
Une mélodie similaire (n°2) renvoie à la cantate BWV 156/6 (sur un texte de Kaspar Bienemann – 1582) et au choral à quatre voix BWV 339. Quelques compositeurs ayant utilisé ces mélodies : Melchior Franck, Johann Hermann Schein, Georg Böhm, Friedrich Wilhelm Zachow… Félix Mendelssohn (cantate du même titre – octobre 1830), etc. BLANKENBURG : « Le cantique luthérien de pénitence « Aus tiefer Not schrei ich zu dir »…ne faisait pas partie au XVIIIe siècle, contrairement à ce qui en avait été aux époques antérieures, des cantiques expressément désignés pour ce 21e dimanche après la Trinité, dans l’ordonnance religieuse leipzigoise. Effectivement, la pénitence n’est pas le sujet proprement dit de l’Évangile (Jean 4, 47 à 54)…» CHAILLEY [Chorals figurés n° 29 (BWV 686) et n° 30(687) figurés souvent désignés sous le titre latin De profundis. C’est en effet la traduction quasi-littérale de ce psaume, que la liturgie catholique affecte à l’office des défunts, mais que le catéchisme de Luther dédie au sacrement de Pénitence…» GARDINER : «…hymne bien connue de Luther…libre adaptation du Psaume 130 chantée sur la vénérable mélodie en mode phrygien…» LYON, James : « Le cantique de pénitence d’après le Psaume 130 (Bußlied über den 130. Psalm), Aus tiefer Not schrei ich zu dir, en cinq strophes (fin 1523), De profundis, est édité par Jobst Gutknecht (1480-1542), à Nuremberg, vers 1523/24 dans son « Acht-Lieder-Buch », avec quatre strophes. La version en cinq strophes se trouve dans le corpus de Johann Walter (1496-1570)… impression en 1524 dans les Enchiridion d’Erfurt …» SCHNEIDER [pages 29 et 112] : « Enthousiasme de Martin Luther pour les Psaume millénaires…Dès 1524, année qui vit naître les premiers Enchiridien, le Réformateur met en vers, puis en musique, six Psaumes » (les psaumes 130, 12, 14, 67, 124 et 128). La mélodie que Walter a mise au psaume 130 est un des chefs d’œuvre de la musique religieuse. Alliée au texte émouvant de Luther, elle constitue un tout d’une perfection rare [+ Exemple musical]. Plus rien ici, du chant grégorien (si l’on ne regarde qu’à la forme). Pourtant la même pureté, la même noblesse, la même perfection dans l’adaptation de la mélodie au texte… Parce que le chef d’œuvre poétique de Luther est ce qu’il est, il ne pouvait pas ne pas susciter maintes pages de musique, de toute espèces. Il devait même amener une seconde mélodie… celle de Strasbourg [+ Exemple musical]… La mélodie de Walter devait l’emporter sur la mélodie strasbourgeoise. C’est elle, en effet, que l’on trouve dans la plupart des psautiers et c’est elle qui a suscité le plus de musiques géniales (orgue ou polyphonies vocales). [EKG donne les deux mélodies (Mélodie I, mélodie II) sous la référence EKG 195].
[Pour le psaume 130, renvoi également à la cantate BWV 131].


GÉNÉRALITÉS BWV 38

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 361] : «…BWV 38 reprend un modèle de style qui, au début de la seconde « année » [de Leipzig] avait déjà été employée dans BWV 2 : le style a capella (avec redoublement instrumental, soutenu également par quatre trombones), suivant les principes de l’ancien motet (à la manière d’un Pachelbel) sur cantus firmus, ici confié au soprano. Cette ancienne mélodie de Johann Walter (1524) destinée à une paraphrase du Psaume 130, œuvre de Luther, fera l’objet d’une autre réélaboration polyphonique, grandiose et solennelle, pour orgue (BWV 686)…»
BRAATZ [BCW / Commentary] : Jusqu’au milieu du 20e siècle, les commentaires, précisément de ceux qui ont étudié cette cantate de Bach, furent généralement négatifs [Albert Schweitzer, par exemple]. [Un exemple] : Commentaires de Voigt : « Cette cantate est une composition remplie d’obscurité. dans tous les sens du terme, dans laquelle Bach essaya d’insérer un matériau plein de contrastes mais où il ne réussit pas… ». Schweitzer s’aligna sur le jugement de Voigt…une œuvre sans doute issue d’un ouvrage précédent… » [en dépit de recherches approfondies, rien n’est venu confirmer cette hypothèse d’une source antérieure]. Plus loin (Discussion 2], Thomas Braatz ajoute : « …Schweitzer était dans un « mauvais jour » quand il fit part de son opinion sur cette cantate [notamment à propos de l’aria de ténor]. Peut-être avait-il entendu une mauvaise exécution dans laquelle les musiciens s’était confronté laborieusement au style de chant chez Bach et il pouvait avoir été amené ainsi à ces fâcheuses conclusions…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1017 à 1021] : «…climat archaïsant, style de motet souligné par la présence de quatre trombones, à quoi font exception, au centre de l’œuvre, les deux récitatifs et l’air de ténor, dans le style le plus moderne…»
HALBREICH : «…Page sombre et austère, dont l’archaïsme est souligné par la présence de quatre trombones et par la prédominance du mode phrygien, qui est celui du cantique Aus tiefer Noth donnant son titre à l’ouvrage, paraphrase allemande du De Profundis. De cette cantate impressionnante, rehaussée d’âpres dissonances et de chromatismes hardis, voici la deuxième version mondiale [Karl Richter} en tout point excellente ».
MACIA [Tout Bach, pages 117/118] : « Bach utilise le mode phrygien, associé chez lui à l’idée de « chute » du croyant dans le péché et à sa volonté de se racheter. De fait, le caractère tonal de l’œuvre dans son déroulement entier (de mi miner à ré mineur dans un esprit modal) symbolise harmoniquement cette descente, puis les étapes de l’ascension vers la rédemption ».
ORON, Aryeh [BCW. Discussion 1]. D’après le musicologue W. Murray Young, le choral « Aus tiefer Not schrei zu Dir » aurait été chanté aux funérailles de Luther (Psaume 130).
SEEDORF : « …Cycle des cantates-chorals. La technique d’harmonisation du mouvement initial, celle du motet, correspond à l’austérité surannée du cantique de Luther. Bach n’accorde ici aucune autonomie à l’orchestre ; selon une vieille tradition, les instruments obligés ne servent qu’à doubler et à soutenir les chanteurs. Seul le continuo fait montre d’une certaine indépendance, mais dans les seuls passages où la voix de basse se tait. Si archaïque que puisse paraître à première vue la structure de ce mouvement, l’agencement interne est extrêmement moderne et chargé d’éléments expressifs. Grâce à des tournures chromatiques, à des voix qui progressent et se croisent de façon insolite, Bach parvient à mettre au goût du jour la vénérable paraphrase luthérienne du psaume 130 ».
SCHWEITZER [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les nuances, page 271] : «…Les nuances ne sont pas pour Bach accessoires. Il indique, quand il en a le temps, le phrasé et les nuances aussi minutieusement que ne le ferait n’importe quel auteur moderne. Renvoi à la cantate BWV 78/5 ».


DISTRIBUTION BWV 38

BCW [Braatz - Discussion 2, 17 octobre 2006] ] : Liste des ouvrages de Bach avec quatre ou trois trombones : Avec quatre trombones : les cantates BWV 2/1 et 6, BWV 21/9 et BWV 38/1 et 6. Plus nombreuses sont les cantates avec trois trombones : les cantates BWV 4/2 et 8, BWV 23/4, BWV 25/1 et 6 ; BWV 28/2 et 6 ; BWV 64/1, 2, 4 et 8. ; BWV 68/5 ; BWV 101/1 et 7 ; BWV 118 ; BWV 121/1 et 6, etc.
[il n’est pas évident de nos jours (2011) dans les concerts « live » et certains enregistrements, qu’il soit aisé de réunir simultanément quatre parties trombones… d’ou certaines « impasses » liées à des budgets ou à d’autres motifs…]
HARNONCOURT : « Bach a instrumenté les chœurs de cette cantate à la manière ancienne, déjà historique à cette époque [début du XVIIIe siècle] du motet. : toutes les voix du chœur sont renforcées par les instruments, il n’y a pas de mouvement orchestral obligé, seul le basso continuo constitue une voix indépendante dans la mesure où il continue également a être exécuté quand il n’y a pas de basse chorale… »
NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. - Chor. Posaune I-IV (seulement sections 1 et 6). Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B.Instrumente : Oboe I, II ; Trombone I, II, III, IV ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo


APERÇU BWV 38

1] CHORALCHORSATZ. BWV 38/1
Aus tiefer Not schrei ich zu dIR, / HERR GOTT, ERHÖR MEIN RUFEN ; | Stollen 2 : DEIN GNÄDIG OHR NEIG HER ZU MIR / UND MEINER BITT SIE ÖFFNE ! | Abgesang : DENN SO WILLST DAS SEHEN AN, / WAS SÜND UND UNRECHT IST GETAN, / WER KANN, HERR, VOR DIR BLEIBEN ?

Du fond de ma détresse je crie vers toi, / Seigneur Dieu, exauce mon imploration [Variante : Des profondeurs je crie vers toi. Seigneur, écoute mon appel]; / Prête-moi une oreille bienveillante / et accueillante à ma prière ! / Car si tu veux voir / tous les péchés et les torts qui sont commis, / qui pourrait alors, Seigneur, soutenir ta présence ?

Mi mineur (Phrygien), 140 mesures, C barré.
BGA. Jg. VII. Pages 283 à 290. Am ein und zwanzigsten Sonntage nach Trinitatis | CORO. | Soprano. / Oboe I, II. Violino I. Trombone I.col Soprano. | Alto. / Violino II. Trombone II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola. Trombone III. col Tenore. | Basso. / Trombone IV col Basso. | Continuo.
NEUMANN : Motet étendu à l‘orchestre. Cantus firmus au soprano. Parties choral en fugue de type de motet de Pachelbel.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 361] «…des contractions chromatiques parcourent la page pour culminer ensuite dans le passus duriuculus du 6e verset (contralto et basse, respectivement par mouvement descendant et ascendant)…» 
[page 371] : « adoption du stylus antiquus sur un mouvement a capella (alla breve), tandis que les instruments (parmi lesquels quatre trombones = renvoi à la cantate BWV 2/1) doublent les parties vocales…»
[volume 2, page 608] : « Il est incontestable que l’application de la technique du motet, suivant les manières propres au stylus antiquus, s’étend bien au-delà de la composition des motets au sens étroit du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des autres œuvres de musique sacrée. Renvoi à la note 8 des pages 853-854 : suit la liste des cantates [possédant ponctuellement] un style proche du motet, par exemple les BWV 2/1, 4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, 101/1, 108/4, 121/1, 144/1, 179/1 et 182/7 ».
BLANKENBURG : «…Le chœur initial est un motet en mesure alla breve, forme habituelle dans l’ancienne musique religieuse ; les instruments (dont quatre trombones) y jouent eux aussi la mélodie des parties chantées. Par son traitement des paroles, la réalisation de détail, bien loin d’être une contrefaçon stylistique, porte au contraire la marque du génie le plus spécifique de Bach…»
BOMBA : « La mélodie du cantique de Luther annonce déjà l’intention. Un saut de quinte impressionnant vers le bas sur les mots Aus tiefer Not, schrei zu dir et l’antique mode phrygien contiennent en germe l’art de traduire directement les paroles en musique… Bach traite une ligne après l’autre en forme de motet. Ce qui veut dire trois parties chantées, accompagnées colla parte par les instruments et soutenues par le continuo, énoncent et imitent la mélodie avant qu’elle soit chantée par le soprano en notes doubles lui donnant de l’importance. Il n’y a pas de prélude concertant ni de motif propre à l’orchestre. Mais l’harmonie est impressionnante. Provoquée par la voix de basse qui ne procède souvent que par demi-tons, elle se prend dans les ténèbres chromatiques sur les mots Sünd und Unrecht…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 158/159] : «…Élaboration chorale de type motet fugué sur mélodie de choral (MDC 011) de type II…. ritournelle absente ; sévère cantate de type motet ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 115/116] : «…il s’agit d’une forme motet : les voix d’alto, ténor et basse entrent en imitations bientôt surmontées par le cantus firmus confié au soprano en valeurs longues ; seul le continuo se voit confier une partie indépendante ; les quatre trombones, les deux hautbois et les cordes doublent les voix dans cette page naturellement très sombre. MDC de type II… L’incipit même de la MDC avec sa quinte descendante initiale, puis sa quinte montante, symbole de cri, s’adapte parfaitement à l’idée de détresse et de supplique présente par le texte. En enlevant la première note, on retrouve un thème célèbre qui a circulé dans toute l’histoire de la musique « O vos omnes » de Victoria, la Fugue en mi bémol mineur du Clavier bien tempéré I, etc. »
BRAATZ | BCW / Commentary] : Citation de Smend et de l’ésotérisme de Bach (Gematria) dans ce mouvement…. 140 mesures (10 x 14)… le nombre de ligne du choral [7] est signifiant…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1017 à 1021] : «…Forme Bar (AAB), sans introduction ni ritournelle… choral vocal, dont les quatre parties sont doublées par les instruments. Seule la base continue s’autonomise quelque peu pour soutenir l’harmonie, quand elle n’a pas à doubler la voix de basse… La mélodie du cantique apparaît en cantus firmus au soprano, période par période, précédée de pré-imitations, en un contrepoint rigoureux. Le mode de mi phrygien confère des couleurs changeantes, que renforcent, pour la sixième période (Was Sünd und Unrecht ist getan) des mouvements chromatiques descendants soulignant les mots « péchés » et « torts »… style archaïque de vieux motet… impression de solennité très grave…» .
DUFOURCQ : «…puissance du chœur qui ouvre la cantate : ensemble vocal fugué qui tire ses assises monumentales d’un thème taillé dans le marbre et qui, pour cette raison sans doute, a pris des proportions cyclopéennes 
DÜRR : « un homme riche doit à sa foi de voir son fils malade guéri par Jésus. Son cri de détresse à Jésus et sa foi ont déterminé le choix du cantique… Pour la mélodie [du choral] dans le mode ecclésiastique (phrygien) du cantique de Luther, Bach choisit dans le chœur d’entrée la paraphrase chorale à la manière du motet : chaque verset du cantique est préparé en imitation aux voix inférieures avant d’être exposé en valeurs de notes longues au soprano ; les instruments, à l’exception du continuo, suivent les parties vocales. Cette écriture archaïsante, objectivante, revêt certes de temps à autres une modernisation par des formations mélodiques se rattachant au texte, comme cela apparaît de manière particulièrement distincte dans le chromatisme du verset « Was Sünd und Unrecht ist getan ».
GARDINER : «…Bach… offre une puissante évocation de ce « cri depuis les profondeurs » luthérien et de la clameur des voix implorante. Il opte pour le sévère stilo antico, façon motet… Bach semble vouloir pousser les limites de ce mouvement de forme motet presque hors de portée stylistique via les distorsions chromatiques abruptes de cette mélodie en mode phrygien ». 
HALBREICH : «…Le premier chœur est basé sur le vieux cantique de Luther de 1524 « Aus tiefer Not schrei ich zu dir », paraphrase du De Profundis, et Bach a réservé à cette austère mélodie de mode phrygien - mi mineur sans dièse- un traitement bien en rapport avec son caractère, celui d’un chœur-motet archaïque avec quatre trombones doublant les voix colla parte, en forme de choral figuré avec cantus firmus au soprano, de sublimes chromatismes en rehaussant l’expression. Il est intéressant de comparer cette pièce avec le traitement du même cantique dans la troisième partie du Clavierübung. Cette page étend son ombre sur l’ensemble de cette cantate austère, mais magnifique ».
HIRSCH : Mouvement en 7 parties et 140 mesures = symbolisme de cette structure… renvoi également au psaume 88 [PBJ. 883] : « Yahvé mon Dieu, je crie le jour, je gémis la nuit devant toi ; que ma prière vienne jusqu’à toi, prête l’oreille à mes sanglots…» [voir le mouvement 4].
HIRSCH : «…Depuis toujours le chiffre « 7 » était symbole de la foi, la vertu et les sacrements dans la pensée judéo-chrétienne par la sanctification du septième jour dans la création du monde… Dans des compositions, Bach fait répéter les mêmes mots 7 fois … Dans BWV 38/2 le mot « Trost - consolation » est répété 7 fois… » » Renvoi aux cantates BWV 144/5, 113/5, 125/2, 79/2 et 49/6.
HOFMANN : «…Un cantus firmus de motet dans le style ancien et austère avec, encore une fois, les instruments qui s’en tiennent exclusivement au doublement des voix…avec un quatuor de trombones [colla parte]…la mélodie se trouve au soprano…»
LEMAÎTRE : « Cette puissante page tourne le dos au style concertant et se réfère à l’ancien motet austère dans lequel les instruments doublent les voix. Le cantus firmus qui sonne au soprano est à l’origine d’un contrepoint riche dans lequel les formules chromatiques extériorisent la douleur ».
MACIA [Tout Bach, pages 117/118] : « Bach en revient à un premier chœur de type motet du XVIe siècle avec les instruments, notamment les trombones colla parte ; le cantus firmus en valeurs longues aux sopranos, les autres voix intervenant en un contrepoint imitatif. Les multiples chromatismes de ce mouvement évoquent évidemment les tourments du pécheurs ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 171] : « Le premier chœur est conçu d’après le même plan que le premier chœur de la cantate BWV 2. Mais dans BWV 38, la mélodie du choral est exposée par le soprano…»
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. – Les mélodies simultanées, page 139] : « Des formules chromatiques paraissent aussi dans l’accompagnement vocal du choral « Aus tiefer Not schrei ich zu dir »… quand le texte parle de péché et d’injustice… » [renvoi à BG. VII, page 288].
[L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, page 240] : « Les chœurs de quelques cantates sont accompagnés de plusieurs parties de trombone ». Quatre dans la cantate BWV 38/1 – BG. VII, page 285. Quatre trombones également dans la cantate BWV 2. BG. I, page 55 et 285.
ROBERT : « Quand on arrive à la traduction du passage « Was Sünd und unrecht ist getan …- tous les péchés et les torts qui sont commis…» il paraît très vraisemblable que c’est à cause des mots « Sünd und unrecht » que Bach fait intervenir des dessins chromatiques » [+ Exemple musical XXXIX].
SCHWEITZER [J.S. BachMotets et chants, pages 298/299 (note)] : « Dans les cantates, il y a un grand nombre de mouvements qui ne sont rien d’autres que des motets… ils n’ont pas de parties orchestrales indépendantes, les instruments doublant les parties vocales ». Renvois aux cantates BWV 108/4, BWV 14/1, BWV 121/1 et BWV 2/1 [et à Forkel].


2] REZITATIV ALT. BWV 38/2
In Jesu Gnade wird allein / DER TROST VOR UNS UND DIE VERGEBUNG SEIN, / WEIL DURCH DES SATANS TRUG UND LIST / DER MENSCHEN GANZES LEBEN / VOR GOTT EIN SÜNDENGREUEL IST. / WAS KÖNNTE NUN / DIE GEITESFREUDIGKEIT ZU [Neumann = BG = bei] UNSERM BETEN GEBEN, / WO JESU GEIST UND WORT NICHT NEUE WUNDER TUN ?

La grâce de Jésus seule / saura nous apporter réconfort et pardon / car la fourberie et la ruse de Satan / font de toute la vie humaine / Un abominable péché / au regard de Dieu. / Qu’est-ce qui pourrait alors / nous donner dans nos prières la joie spirituelle / si l’esprit et la parole de Jésus n’accomplissent pas de nouveaux miracles ?

Ut majeur (C dur) → la mineur (a moll), 10 mesures, C.
BGA. Jg. VII. Page 290 | RECITATIVO. | Alto. | Continuo.
NEUMANN : Récitatif „Secco“.

[« la fourberie et la ruse de Satan » un lieu classique, retrouvé par exemple avec « la ruse du diable » dans la cantate BWV 101/6 ou BWV 18/3 « Que la malice du diable ne nous égare…»]


3] ARIE TENOR. BWV 38/3
Ich höre mitten in deN Neumann = BG = dem] Leiden / EIN TROSTWORT SO MEIN JESUS SPRICHT. | DRUM, O GEÄNGSTIGTES GEMÜTE, / VERTRAUE DEINES GOTTES GÜTE, / SEIN WORT BESTEHT UND FEHLET NICHT, / SEIN TROST WIRD NIEMALS VON DIR SCHEIDEN !
Plongé au cœur de la géhenne, la voix de Jésus me console [Variante : J’entends mon Jésus prononcer une parole de consolation.] / C’est pourquoi, âme angoissée, / tu dois faire confiance à la bonté de ton Dieu, / le soutien de sa parole ne fait pas défaut, / sa consolation ne te sera jamais refusée.

La mineur (a moll), 117 mesures [69 notes, plus la reprise da capo, jusqu‘à la mesure 48], C.
BGA. Jg. VII. Pages 291 à 295 | ARIA. | Oboe I. | Oboe II. | Tenore. | Continuo. | Da capo.
NEUMANN : Forme Quaterttsatz. Oboe I, II, Tenor, B.c. Da capo.

BOMBA : « Bach utilise ici adroitement le rythme syncopé pour animer la phrase et accentuer en même temps le texte « Ich höre, Trost Wort »
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1017 à 1021] : «…air en ABA et ritournelle, presque un air d’opéra… un merveilleux quatuor pour ténor, deux hautbois et basse… multiples syncopes qui parcourent les parties supérieures…elles confèrent à tout le morceau une ferveur et un extraordinaire élan… vocalises sur les deux mots les plus importants « Trostconsolation » puis « scheidenabandonnera ».
GARDINER : «…la manière dont Bach met en musique les vers « j’entends au milieu de la souffrance / un mot de réconfort… » trouve de nouveau sa source dans le commentaire de Luther mettant en exergue la « bénédiction » de « choses contradictoires et disharmonieuses, car espoir et désespoir sont à l’opposé l’un de l’autre ». Nous devons « espérer dans le désespoir » car « l’espoir qui forme l’homme nouveau croît au milieu de la peur qui abat le vieil Adam [Saint Paul n’est pas loin…] Il est rare que Bach écrive de telles lignes chromatiques de hautbois, si continûment imbriquées et sans presque d’endroits pour respirer…»
HALBREICH : «…Seul morceau de style moderne, le grand air de ténor, avec deux hautbois, conserve une expression âpre et tendue, avec ses longues dissonances de secondes soulignées par les anches térébrantes [?] ».
HIRSCH : Symbolisme : les mots « Trostwort » et « Trost » sont chantés à sept reprises…
HOFMANN : «…l’air commence comme une pièce de musique de chambre du meilleur niveau pour deux hautbois et continuo dans laquelle la voix reprend le matériau thématique des instruments à vent en s’y insérant de manière homogène. Le ton, tout de retenue, mélange des affects associés à la plainte et à l’assurance…»
MACIA [Tout Bach, pages 117/118] : « Souffrance et consolation sont les deux éléments qui s’opposent dans l’aria de ténor – trio délicat pour voix et deux hautbois, qui alterne affects apaisés et accents douloureux ».
ROMIJN : «…aria de ténor, flanqué de ses deux fidèles hautbois qui apporte du baume au cœur malgré les syncopes assez déroutantes ».
SCHWEITZER [J. S. Bach, volume 2, page 371] : « La déclamation fautive de cette aria semble prouver que la musique est issue d’une autre œuvre …»
SEEDORF : «…Rigueur : harmonisation en motet ».
SEEDORF : «…La rigueur qui prolonge le chromatisme du mouvement initial…»
WHITTAKER [Tome I, page 236 et tome II, page 115] : Possibilité pour cette aria de la réutilisation d’une œuvre perdue.
[Mélismes et (ou) saut d’octave (mesures 20, 30/31 et 50) sur le mot « Trostwort »… « Leiden », aux mesures 34 et 35…« besteht » (mesures 51/52 et 61/62) et tenue sur « scheiden » (mesures 67 à 69 avec 28 notes].

4] REZITATIV + CHORAL (Choralbearbeitung) SOPRAN. BWV 38/4
Ach ! daß mein Glaube noch so schwacH, / UND DAß ICH MEIN VERTRAUEN / AUF FEUCHTEM [Neumann = BG = seichtem] GRUNDE MUß ERBAUEN ! / WIE OFTE [R. Wustmann : oft nicht] MÜSSEN NEUE ZEICHEN / MEIN HERZ ERWEICHEN ! / WIE ? KENNST DU DEINEN HELFER NICHT, / DER NUR EIN EINZIG TROSTWORT SPRICHT, / UND GLEICH ERSCHEINT, / EH DEINE SCHWACHHEIT ES VERMEINT, / DIE RETTUNGSTUNDE. / VERTRAUE NUR DER ALLMACHTSHAND UND SEINER WAHRHEIT MUNDE !

Hélas ! Ma foi est encore si fragile ! Pour ce qui est de ma confiance / je dois l’édifier sur le sable [Variante : Et sur quel terrain fragile] / Je bâtis ma confiance ! / Combien souvent mon cœur / doit-il se laisser toucher de nouveaux signes ! / Comment ? ne connais-tu pas ton Sauveur, / qui n’a besoin de prononcer qu’une seule parole de consolation / pour que survienne, / avant même que ta faiblesse l’imagine, / L’heure du salut. / Ne te fie qu’à la toute-puissance de sa main et à la vérité de sa parole ! 

Ré mineur (d moll) → ré mineur (d moll), 16 mesures, C.
BGA Jg. VII. Page 295 | RECITATIVO a battuta. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN : Cantus firmus in B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 361] «…la mélodie du choral apparaît à l’intérieur de la composition, mais de manière tout à fait anomale [sic] et surprenante : le récitativo a battuta » (il est indiqué en ces termes), le n° 4, impose au soprano de se tenir en périlleux équilibre tonal sur une basse harmonique prédéterminée où se trouve gravée la mélodie de Walter, et qui est confiée au continuo ».
[page 269]: «…Aria avec élaboration de la mélodie-choral. Voir BWV 6, 10, 13, 19, 37, 38, 44, 85, 86, 92, 93, 95, 114, 122, 137, 140, 166, 178, 180, 199 ».
BLANKENBURG : «…ce récitatif est seul à refléter, sans réminiscence du cantique, la situation dépeinte dans l’évangile…. A cet effet le continuo fait entendre, de manière saisissante, la mélodie du cantique luthérien sans toutefois se référer ici à une strophe précise mais, d’une façon générale, au ton de pénitence du cantique…»
BOMBA : « Dans le récitatif, le poète faisant allusion à un miracle, établit sans doute le lien au passage de l’Évangile lu ce jour-là (guérison d’un fils d’un officier royal, Jean 4, 47 [PBJ. 1590]…Bach fait exposer la mélodie du choral comme un rappel par le continuo…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 158/159] : «…Citation de la mélodie de choral (MDC) 011, de type V. dans la basse continue (citation instrumentale).
BRAATZ [BCW. / Commentary] : Seul le texte de ce récitatif n’a pas de connexion directe avec celui du choral [de Luther].
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1017 à 1021] : «…Récitatif très expressif , ici encore dans une écriture digne de l’opéra… double interrogation sur « kennst » et sur « nicht »… la libre déclamation du soprano est soutenue de bout en bout par la basse continue sur la mélodie même du choral. C’est la raison pour laquelle Bach a noté en tête a battuta, signifiant que la mesure doit être fermement marquée… »
DÜRR : «  Bach donne pour fondement, comme basse continue, la mélodie du cantique luthérien (d’abord en la phrygien, à partir de la mesure 5 en phrygien), de sorte que la partie vocale doit être chantée « a battuta », c’est à dire sur un rythme ferme ».
GARDINER : « du mot « Zeichen  - signes » émane une dimension expressive et symbolique – ce mot est sous-tendu d’un accord de septième diminué…»
HARNONCOURT : « Le récitatif doit être exécuté en mesure « a battuta » car il est construit sur le choral joué comme basse…»
HIRSCH : Dans ce récitatif, le soprano chante 88 notes principales [ ?] Renvoi possible au psaume 88 [PBJ. 883] : « Yahvé mon Dieu, je crie le jour, je gémis la nuit devant toi ; que ma prière vienne jusqu’à toi, prête l’oreille à mes sanglots…»
HOFMANN : «…le mouvement ayant le moins recours au cantique de Luther et qui, pour l’essentiel, présente un développement mélodique par développement séquentiel libre issu de la plume du librettiste leipzigois…»
MACIA [Tout Bach, pages 117/118] : « Dans le récitatif… la basse continue cite la mélodie du choral de Luther… alors que le livret fait surtout allusion à l’Évangile selon saint Jean et aux réflexions du fonctionnaire dont le fils a été guéri par le Christ ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 171] : « la mélodie du choral est jouée par la basse continue…»
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. – La traduction du texte, pages 268/269] : Formule interrogative : « Dans le langage ordinaire, la voix monte généralement à la fin d’une interrogation… dans le récit de soprano [4] se déploie une admirable formule interrogative, jointe à ces paroles : « Comment ? Ne reconnais-tu pas ton Sauveur ? [+ Exemple musical sur : « Wie ? Kennst du deinen Helfer nicht ? »  BG. VII, page 295]. 
SEEDORF: «…L’emploi de la mélodie initiale (du cantique luthérien), dans le récitatif secco avec le choral est encore plus hardi que dans le premier mouvement ».
WOLFF : « Dans le récitatif, la mélodie du choral est utilisée de manière inhabituelle comme continuo ».
[Mélisme sur le mot « Rettungstunde - l’heure du Salut »].


5] ARIE (TERZETT), SOPRAN, ALT, BAß. BWV 38/5
Wenn meine Trübsal als mit Ketten / EIN UNGLÜCK AN DEM ANDERN HÄLT, / SO WIRD MICH DOCH MEIN HEIL ERRETTEN, DAß ALLES PLÖTZLICH VON MIR FÄLLT. | WIE BALD ERSCHEINT DES TROSTES MORGEN / AUF DIESE NACHT DER NOT UND SORGEN !
Je suis dans les tribulations, / un malheur à l’autre s’enchaîne [Variante : se succèdent] / comme liés par des chaînes, / mon Sauveur m’en délivrera pourtant / en les détachant soudain de moi. / Avec quelle rapidité l’aube consolatrice / succède à cette nuit d’angoisse et de tourments ! 

Ré mineur (d moll), 124 mesures, C barré.
BGA. Jg. VII. Pages 296 à 299 | TERZETTO. | Soprano. | Alto. | Basso. | Continuo.
NEUMANN : Forme bipartite AB et ritournelle.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 361] «…trio [renvoi aux cantates BWV 116/4 et 122/4], en forme bipartite, dont les deux sections sont d’égale longueur (62 mesures chacune), quoique le texte de l’une contienne 4 versets et l’autre 2 ; le principe adopté est celui de l’imitation, avec deux thèmes différents pour les deux parties, mais un même motif dans l’accompagnement, qui est mené presque dans le style d’une passacaille, avec une « scansion » du passage « obstiné » de deux en deux mesures ».
BLANKENBURG : « …un trio vocale bipartite, accompagné du seul continuo. Il n’y a pas ici d’instruments jouant aussi la musique du trio, alors que c’était le cas dans le chœur-motet d’ouverture [1], avec lequel le trio offre d’ailleurs une certaine parenté…»
BOMBA : «  La dernière grande pièce de la cantate, un trio dont les voix s’entrelacent, peut-être pour symboliser les chaînes de l’affliction qui noue un malheur à l’autre. Le matin consolateur - Trostes Morgen est une image aussi apaisante que porteuse d’espoir…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 158/159] : « rare trio vocal écrit en imitations serrées pour illustrer les chaînes « Ketten » qui enserrent l’âme dans le doute…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1017 à 1021] : «…Alerte trio vocal sur le continuo, tout en imitations qui renoue avec le style du motet. La première partie de l’air (A) abonde en mouvements chromatiques insistant sur les mots « Kettenchaînes » et « errettendélivrera »…la seconde partie (B), plus chantante se déroule dans un climat de confiance et de paix, avec l’accent final mis sur le mot « Morgenl’aube ».
DÜRR : «…un trio, qui, en dépit de la plus grande souplesse de son traitement mélodique, montre cependant la plupart du temps d’évidentes ressemblances avec le style du motet du mouvement d’entrée…»
GARDINER : « Une série de suspensions précipite un cycle descendant des quintes par les tons mineurs (ré, sol, do, fa – puis si bémol majeur) tandis que « l’aube de la foi - Trostes Morgen » renverse la direction, ascendante jusqu’à ce que l’idée de la « nuit » de doute et de tourment ne l’inverse à nouveau…»  
HALBREICH : «…Cet air est en réalité un trio polyphonique dans le style « antico » du chœur initial ».
HOFMANN : «…ce deuxième air a été composé -fait rarissime dans l’ensemble des cantates de Bach - pour un trio vocal. [voir la cantate BWV 116/4]… une allure opératique…ce ton est notamment perceptible aux mots « das alles plötzlich von mir fällt…» dans lesquels la phrase polyphonique passe soudainement dans un effet de surprise à l’homophonie ».
LEMAÎTRE : «…le contraste offert par les deux parties qui le composent [ce terzetto] est engendré par les deux mots-clefs du texte : Trübsalaffliction dans la partie A, et « Trostréconfort » dans la partie B. Les deux volets reposent sur un même motif de deux mesures dont la répétition apparente cette pièce à une passacaille ».
MACIA [Tout Bach, pages 117/118] : «…Morceaux composés de deux parties, où les malheurs et les nuits d’angoisse s’opposent à l’aube consolatrice, chaque thème étant accompagné de motifs de deux mesures donnant au trio une allure de passacaille ». 
PIRRO [J.-S. Bach, page 171] : «…l’opposition entre les craintes du pécheur et sa confiance en Jésus est symbolisée par le contraste entre les deux motifs principaux dont l’un est traînant et chromatique, et l’autre bien cadencé et orné de vocalises ». 
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. – La formation rythmique des motifs, page 94] : Les mots « chaîne, enchaîné, liens… » L’élan mélodique des motifs est brisé par des arrêts imprévus et ils prennent une allure chancelante, à la fois incertaine et accablée, semblable à la démarche d’un homme enchaîné… Bach emploie cette figure maintes fois avec intention. Renvoi aux cantates BWV 31, 80, 168… et BWV 38 (BGA, page 296).
ROMIJN : « un extraordinaire trio… qui cache modestement ses très habiles variations de choral sous des accents presque empruntés à Johann Hermann Schein » [mais où est donc ici le choral…. Ne serait-ce pas dans le mouvement 4 ?]
SCHWEITZER [J. S. Bach, volume 2, pages 371 et 466] : « …Le trio final a aussi un caractère de motet ; il pourrait être effectivement exécuté par un petit chœur et non par des solistes ».
SEEDORF : «…Rigueur : harmonisation en motet ».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume II, page117] : «…il n’y a seulement que cinq trios dans les cantates de Bach, les BWV 15, 38, 116, 122 et 150 ». Le terzetto de la cantate BWV 38 est un mouvement splendide et une joie pour les chanteurs [Whittaker parle d’expérience].
[Tenue sur « Ketten - s’enchaîne  » (à la basse mesures 15 à 20) ; «  Morgen - aube » (mesures 73 à 75, au soprano) ; « Sorgen - tourments » (mesures 84 à 89, au soprano et mesures 88 à 93 à la basse).


6] CHORAL. BWV 38/6
Ob bei, uns ist der Sünden viel, / BEI GOTT IST VIEL MEHR GNADE ; || Stollen 2 : SEIN HAND ZU HELFEN HAT KEIN ZIEL, / WIE GROß AUCH SEI DER SCHADE. ||| Abgesang : ER IST ALLEIN DER GUTE HIRT, | DER ISRAEL ERLÖSEN WIRD / AUS SEINEN SÜNDEN ALLEN.

Si nombreux qui soient nos péchés, / la grâce de Dieu les surpasse [Variante : Il y a en Dieu bien plus de grâce] ; / Sa main dispense le secours sans discrimination, / aussi grave que soit le tort. / Lui seul est le bon berger / qui délivrera Israël / De tous ses péchés.

Cinquième et dernière strophe du cantique de Luther.
Mi mineur (Phrygien), 18 mesures, C.
BGA. Jg. VII. Page 300 | CHORAL. | Soprano. / Oboe I, II. Violino I. Trombone I col Soprano. | Alto. / Violino II. Trombone II. coll‘ Alto. | Tenore. /Viola. Trombone III. col Tenore. | Basso. /Trombone IV col Basso. | Continuo.
NEUMANN : Simple choral harmonisé avec l’ensemble instrumental.

BOMBA : « Dans le mouvement de choral final, à quatre voix simplement, Bach s’applique à ce mode d’expression, [comme dans 1], cette fois encore dans la partie de basse avant tout, qui est la voix soutenant l’ensemble du mouvement ».
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 158/159] : « Simple choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 011 de type I ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. page116] : «…mélodie de choral simplement harmonisée, de type I avec doublures colla parte des instruments, notamment répartition des quatre trombones au quatre parties vocales ».
GARDINER : « Le ré grave final de l’air [5] se maintient dans le choral de conclusion, lequel débute sur un saisissant accord à 6/4 reposant sur cette note avant d’instaurer la nouvelle tonalité de mi – « le ré, qui symbolise Trübsal et Nacht trouve une signification renouvelée par ce changement » [citation de Chafe] … Avec toutes les voix doublées par l’orchestre au complet (de nouveau les quatre trombones !), ce choral en impose jusqu’à sembler terrifiant de zèle luthérien, en particulier son ultime cadence, en mode phrygien, tandis que le trombone basse se laisse tomber sur le mi grave ».
HALBREICH : «…Indicible parfum d’éternité propre au mode phrygien qui domine toute cette cantate exceptionnelle ».
HIRSCH : A la cadence finale, sur les mots « Sünden allen » chromatisme dans la partie de basse vocale. HOFMANN : «…Le choral conclusif débute par une audace : un accord de seconde oppressant qui demande une résolution. L’accord dissonant a peu à voir avec le texte mais articule plutôt d’une manière qu’on pourrait qualifier de romantique ce qui reste non-dit, c’est à dire une manière personnelle d’exprimer la gêne de celui qui prie et son aspiration à la délivrance … de tous ses péchés ». MACIA [Tout Bach, pages 117/118] : « Le choral s’ouvre sur un surprenant accord dissonant, exprimant les dernières terreurs des croyants…» WOLFF : «…Le choral débute par un accord dissonant…» [Reprise colla parte des quatre trombones rencontrés dans le premier mouvement [1].


BIBLIOGRAHIE BWV 38

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ, Thomas : BCW. Commentaires (8 novembres 2001). Voigt, Schweitzer, Smend, Chafe, etc.
: Exemples tirés de la partition (18 et 19 octobre 2006). Trois exemples.
: Mélodie du choral « Aus Tiefer Not schrei ich zu Dir ». En collaboration avec Aryeh Oron (janvier 2006).
: Provenance (8 novembre 2001). Exceptionnellement, cette rubrique n’a pas été complétée depuis 2001.
BROWNE, Francis (février 2006) : texte du choral  « Aus Tiefer Not schrei ich zu Dir ». 
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 22. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 4 novembre 2001 – 2] 15 octobre 2006. - Prévision : 8 juillet 2012.
: Mélodie du choral « Aus Tiefer Not schrei ich zu Dir ». En collaboration avec Thomas Braatz (janvier 2006).

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 38 = BC A 152.
BACH-JAHRBUCH
BJ 1906 : Richter Bernhard Friedrich : Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34 et 159
Volume 2, pages 253, 269, 337, 342, 351, 361/362, 371, 398, 412/413 et 853
BLANKENBURG, Walter : Notice enregistrement Karl Richter. 1977-1978-1979
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition Bachakademie, volume13. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 158/159
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 66, 72, 115/116
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 10
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 31
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 1017 à 1021
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. N° 29 et 30, pages 75 à 80
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009.
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 117/118
DUFOURCQ, Norbert : Jean-Sébastien Bach / Génie allemand ? Génie latin ? La Colombe 1947. Page 79
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Pages 494 à 497
: Notice de l’enregistrement de Nikolaus Harnoncourt, Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 10. 1974
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». Renvoi à EKG 195.
FORKEL, Johann Nikolaus : Über Johann Sebastian Bachs Leben, Kunst und Kunswerke -Vie de Johann Sebastian Bach. 1802.
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GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement (volume 11), 2010. Traduction en français de Michel Roubinet.
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 183 et note 181 de la page 368
HALBREICH, Harry : Critique de l’enregistrement de Karl Richter. Revue Harmonie, n° 148, juin 1979.
HARNONCOURT : Remarques sur l’exécution. Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 10. 1974
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HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 25. 29 octobre 1724; anciennement 1735/1744
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986.
CN 97, pages 28 [1 et 3], 43 [5], 69 [1 et 4], 118
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98712). En collaboration avec Marianne Helms. 1980
: Interprétation symbolique des chiffres dans les cantates de Bach. La Revue musicale : Jean-Sébastien Bach /
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HOFMANN, Klaus : Notice de l‘enregistrement de Masaaki Suzuk, volume 29. 2005.
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les Indispensables de la musique
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LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
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MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d’or). L‘Harmattan 2003. Page 335
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Literaturverzeichnis: 44 (Richter). 66IV.
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PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ. »
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PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 94, 139, 240 et 268
RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
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ROBERT, Gustave : Le descriptif chez Bach. Librairie Fischbacher. Paris. 1909. Pages 49 et 59
ROMIJN, Clemens : Notice (sur CD, page 87) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
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Literatur : Spitta. Schweitzer. Wolfrum II (Leipzig 1910). Pirro. Parry. Voigt. Wustmann. Wolff. Terry.
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SCHNEIDER, Charles : Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942. Pages 29 et 112
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach | Le musicien-poète. Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 5, 32, 203, 271
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 2, pages 299 (note), 371, 421 (note), 461, 465 et 466
SEEDORF, Thomas : Notice de l‘enregistrement de Philippe Herreweghe. 2005
SMEND, Friedrich : Literaturverzeichnis. W. Neumann 66IV] Kirchen-Kantaten (IV). Ende des Kirchenjahres, Berlin 1947.
Kantaten BWV 26, 38, 56, 70, 79, 140, 177, 180
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, pages 298. Volume III, pages 89, 93, 285
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume I, pages 236 et 548. Volume II, page 115 à 120, 274 et 295
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 13. 2003
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 255/256
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 94, pages 169/170
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 38

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Dix références (novembre 2001 – mai 2011) + huit mouvements individuels (novembre 2001 – octobre 2010).
Exemples musicaux (Audio). Aryeh Oron (janvier 2003 – janvier 2005).

6] GARDINER (volume 11). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor : William Towers.
Ténor : Paul Agnew. Basse : Gotthold Schwartz. Bach Cantata Pilgrimage. Collège naval de Greenwich les 11 et 12 novembre 2000.
Durée : 16’29. Distribution en Grande Bretagne, juin 2010, en Allemagne 16 juillet 2010 et en France, en juillet 2010
CD Soli Deo Gloria (SDG) 168. 2000. Avec les cantates BWV 109, 98 et 188
1] HARNONCOURT (volume 10). Wiener Sängerknaben - Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. Soprano : jeune chanteur du
Wiener Sängerknaben. Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Ruud van der Meer.
Première mondiale selon Harry Halbreich. 1974.
Durée : 18’30. Disque Teldec 6.35036-00-501 (SKW 10/1-2 BR 2). Das Kantatenwerk (volume 10). 1974
CD Teldec 242506-2 ZL. 1986. Das Kantatenwerk, volume 10
CD (D). Teldec 4509-91757-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 3. Coffret de six CD avec les cantates BWV 37 à 60.
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 1. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à 14 et BWV 16 à 47
Reprise CD Warner Classics 8573-81202-5. Intégrale des cantates en CD séparés, volume 13. 2006
8] HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Soprano : Carolyn Sampson. Alto Daniel Taylor. Ténor : Mark Padmore. Basse : Peter Kooy.
Bruxelles. Décembre 2003. Durée : 16’43
CD Harmonia Mundi HMC 901843 “Weinen, Klagen”. 2005. Avec cantates BWV 12 et 75
7] KOOPMAN (volume 13). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Deborah York. Alto : Franziska Gottwald. Ténor : Paul
Agnew (voir aussi la version Gardiner). Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). 25 novembre - 2 décembre 2000.
Durée 18’35. Coffret de trois CD Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72213. 2003
5] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Soprano : Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meel.
Basse : Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL). Printemps 2000. Durée : 18’16
[mais où sont donc passé les quatre trombones ?]
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics 99377/5. Kantaten, volume18. Cantates IX
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 15/91. Avec les cantates BWV 5 et 20
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘un nouveau tirage –augmenté- (157 CD) + les partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon saint Jean et selon saint Matthieu.
10] LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola Seconda Pratica. Église évangélique de Trogen (CH)
DVD Live, 26 octobre 2007. Coffret Gallus Media. Bach A 369. Anthologie 2007. J.S. Bach-Stiftung. St. Gallen. Zurich 2010
4] NEVEL, Erik van. Capella Sancti Michaelis Vocal Ensemble. Ricercar Consort. Soprano : Greta de Reyghere. Alto : James Bowman.
Ténor : Guy de Mey. Basse : Max van Egmond. Mai 1991. Durée : 16’27
CD Ricercar 103086 « Deutsche Barock Kantaten (VIII). Avec la cantate BWV 131
2] RICHTER. Chœur et orchestre Bach de Munich. Soprano : Edith Mathis. Alto : Trudeliese Schmidt. Ténor : Peter Schreier.
Basse : Dietrich Fischer-Dieskau. München, Hercules-Saal 15 octobre 1977 - 26 février, 2 et 5 mars et 7 mai 1978. Durée : 16’58.
Coffret de six disques Archiv Produktion 2722 030 / 2564 175
Reprise en coffret de onze disques Archiv Produktion 30 2722 019. Volume IV. 1979
Avec les cantates BWV 96, 5, 180, 38, 115, 139, 26, 116, 70, 80, 140 et 130.
Reprise en coffret de cinq CD Archiv Produktion 439396-2. Volume V : Sonntage nach Trinitatis II.
Reprise en coffret de 26 CD Archiv Produktion ( Intégrale des cantates enregistrées par Karl Richter de 1959-1979).
3] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor : Lutz-Michael
Harder. Basse : Philippe Huttenlocher. Gedächtniskirche Stuttgart (D). Février et avril 1980. Durée : 18‘40
Disque (D) Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98712. Avec la cantate BWV 115
CD Die Bach Kantate (volume 56). Hänssler Classic Laudate 98818. Avec les cantates BWV 109 et 89
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 13). Hänssler-Verlag 92.013. 1999
9] SUZUKI (volume 29). Bach Collegium Japan & Concerto Palatino Brass Ensemble. Soprano : Dorothee Mields. Contre-ténor : Pascal
Bertin. Ténor : Gerd Turk. Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. 25 - 29 juin 2004. Durée : 16‘53
BIS-SACD 1461. 2005. Distribution en France, janvier 2006. Avec les cantates BWV 2, 3 et 135


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 38

M-1. Mvt. 1] Soprano : Lotte Lehmann. Orgue : Paul Mania. 1929. Report sur CD Hänssler Classic « Living Voices. 2004
M-2. Mvt. 5] Paul Steinitz. London Bach Society & English Chamber Orchestra. 1968. Disque puis CD Baroque Music Club
M-3. Mvts. 1 et 6] Karl Richter; Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Début des années 1970. Report CD Baroque Music Club. Soli
Deo Gloria, volume 2.
M-4. Mvt. 6] P. Urban Stillard. Concentus Vocalis Grienienxis. Clavierübung III. 1998. CD Stradivarius 2001.
M-5. Mvt. 6]] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999.
Bach Edition 2000. CD Brilliant Classics /: Bayer Record. Volume 23.
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics - 93102 31-137.
Le Nordic Chamber Choir est devenu le Chamber Choir of Europe.
M-6. Mvt. 6] Masaaki Suzuki. Orgue. Clavierübung III. Tokyo (Japon), mars – avril 2000. Coffret de deux CD Bis. 2001.
M-7. Mvt. 1 et 6] Timothy Roberts. His Majesty Consort of Voices. 29 et 30 novembre et 1er décembre 2000. CD Hyperion A67247.
M-8. Mvt. 1] Jörg Straube. Norddeutscher Figuralchor. Bach Orchestra-Hannover. Coffret de deux CD Thorofon CTH 248 1/2


DIVERS BWV 38

Dans le coffret Archiv Produktion 2722 030, volume V, page 9, belle gravure de Matthäus Merian (1593-1650) représentant une(gravure sur cuivre, XVIIe siècle) « le Fils d’un officier du roi de Capernaum [sic] pour le 21e dimanche après la Trinité.
HARNONCOURT : [La cantate BWV 38, « version Harnoncourt » est accessible -partiellement- (mouvements 1 à 3 ) sur « You Tube », avec l’opportune illustration du «  Cri » de Edward Munch !]


C. Role. Octobre 2011

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Last update: October 25, 2011 19:30:00