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C. Role. Septembre 2011
Cantate BWV 22
JESUS NAHM ZU ZICH DIE ZWOLFE
Jésus prit avec lui les Douze et leur dit…
Cantate pour le dimanche Estomihi (Quinquagésime)

Cantate probatoire (avec la BWV 23), Leipzig, 7 février 1723 et reprise le 20 février 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré » inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...


ABRÉVIATIONS:
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 22

Contemporaine de BWV 23, la composition remonte à la dernière année de Bach à Cöthen, fin n1722, début 1723. L’exécution de BWV 22 pour le dimanche Esto mihi, (7 février 1723) comme probation au poste de cantor de St-Thomas (Thomaskantor) est attestée sur une copie due à la plume d’un élève inconnu mais contemporain qui a écrit sur la page de titre: Dies ist das Probestück in Leipzig. Une deuxième exécution (en 1ère partie avant le sermon) avec BWV 23 pour le même dimanche esto mihi a pu avoir lieu le 20 février 1724. BWV 22 figure donc dans la série appartenant au Ier cycle des cantates de Leipzig.

BRAATZ [BCW. Provenance, 6 mars 2003 + Détails 25 juin 2005] : « La cantate fut achevée juste avant son exécution le 7 février 1723. D’après Christoph Wolff, le temps imparti pour l’élaboration des cantates BWV 22 et 23 fut d’environ trois semaines. La cantate BWV 22 fut exécutée avant le sermon et la cantate BWV 23 après. Ceci s’explique par la substance des textes mis en cause… Une exécution plus tardive est connue en 1724 et une autre similaire a pu se produire vers 1735…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…7 février 1723… Bach fera exécuter à nouveau ces deux cantates [les BWV 22 et 23] l’année suivante, première de son cantorat [1724] .
DÜRR. Chronologie. 1723 : BWV 23 (7 février). *BWV 22 (le 7 février, même jour que la cantate BWV 23 mais après le sermon).. BWV 59 (16 mai). BWV 75 (30 mai). BWV 76 (6 juin). BWV 21 (13 juin).
1724 : BWV 181 (13 février). BWV 18 (Reprise, 13 février). *BWV 22 (20 février). BWV 182 (25 mars). BWV 4 (Reprise 9 avril).
GARDINER : «…deux œuvres « test » que Bach fit entendre lorsqu’il se présenta au poste de cantor de Saint-Thomas de Leipzig, les cantates BWV 22 et 23, conçues pour être exécutées lors d’un même office, avant et après le sermon, le 7 février 1723 ». 
HIRSCH : Classement CN 37 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique).
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas. I, pages 166 à 172] : « Les registres de l’église Saint-Thomas à Leipzig l’attestent : la cantate BWV fut donnée le 7 février 1723, donc comme échantillon de son art au jury qui devait décider du successeur au défunt cantor Kuhnau. Nous avons dit déjà que Bach avait d’abord écrit la cantate BWV 23 ; il donna finalement la cantate BWV 22 qui n’est certainement pas d’une envergure comparable…» SCHMIEDER : Leipzig 1723. Bach dirigea cette cantate le 7 février 1723 comme morceau probatoire pour son élection au poste de Cantor de Saint-Thomas [Leipzig]. [Texte de la cantate BWV 22 dans le fascicule du Leipziger Kirchen-Music 1724, avec la précision “In der Kirche zu S. Thom”. Source : Werner Neumann : Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte].


SOURCES BWV 22

Partition autographe originale (1723). Les parties séparées originales sont perdues.

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse : http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Deux copies de la partition, toutes deux à la Bibliothèque de Berlin.
P 119 B. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek.
bach;gwdg.de/bach = DB Mus.ms. Bach P 119. Copie au propre de Bach, d‘après l‘originale perdue.
Difficile de statuer sur le filigrane, un bouclier et deux épées croisées, qui peut laisser présumer qu’il s’agit de la période de Cöthen.

Mus. ms. Bach. P 46
bach;gwdg.de/bach = DB Mus. Ms. Bach P 46. Faszikel 1. Copistes : J.A. Kuhnau; C. G. Meißner. Bach (corrections). Annotations (titre) de G. Polchau.
Copie au propre. Titre : Concerto et non pas cantata. - Spitta (op. cit. pages 679 à 681). Elle est attribuée aujourd’hui à Johann Andreas Kuhnau (et avec quelques modifications de la main de Gottlob Meißner et de Jean-Sébastien Bach).
Les copistes, Johann Friedrich Agricola (le copiste du cantor Kuhnau) et à Anna Magdalena Bach furent autrefois cités et depuis Hans-Joachim Schulze a avancé que ce manuscrit était de Samuel Gottlieb Heder… qui un temps [à Leipzig], fut une sorte de secrétaire privé de Bach…
Elle ne comporte pratiquement pas de corrections. Bach a seulement annoté dans un ou deux passages, une ligne de texte à la page 7 et l’indication soignée de la basse qui va jusqu’à la mesure 42 du premier aria). Le compte des mesures dans le premier chœur démontre qu’il s’agit d’une copie. D’après le filigrane, cette partition date de la première période de Leipzig 1724.
En tête de cette copie figurent les mots Dies ist das Probestück in Leipzig - Ceci est le morceau probatoire à Leipzig.
Les filigranes (pour la période de 1723 jusqu’en octobre 1727) sur une même feuille sont « IMK » et au bas la « demi-lune ».

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
BGA : Titre autographe pris à la partition : « J.J. Concerto, Dominica Esto mihi ; | a 4 Voci, 1 Hautbois, 2 Violini, 1 Viola, Violoncello e Continuo di J. S. Bach. »
BRAATZ [BCW. Provenance, 6 mars 2003 + Détails, 25 juin 2005 ] : « A la mort de Bach, Carl Philipp Emanuel hérita de cette cantate. qu’il garda et qui figure dans son catalogue [posthume] de 1790. A partir de là, il y a un trou dans la liste des propriétaires. Il est probable que Georg Poelchau [1773-1836), collectionneur et bibliothécaire en 1791 à la Zelter Singakademie de Berlin] en fut le propriétaire « momentané » et qu’il envisageait de la remettre à la « Berliner Singakademie ». Ce fut Abraham Mendelssohn (1776-1835) qui l’acheta en 1811 à Poelchau à la condition de se soumettre à cette condition. La date de la remise de cette partition par A. Mendelssohn à la Singakademie n’est pas établie. [finalement] la Bibliothèque royale de Berlin, l’acquit de la Berliner Singakademie en 1854 ».
« Les initiales JSB figurant dans le titre autographe sont en forme de monogramme…» Indication « Chorale » en tête du mouvement 5 et le [classique] fine à la dernière mesure. La partition est « au propre » ce qui signifie qu’il y en eut auparavant une « originale » perdue avec les parties séparées.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…sur une copie [DB Mus. Ms. Bach P 46. Faszikel 1] figure, de la part du copiste Johann Andreas Kuhnau…la mention « Dies ist das Probestück in LeipzigCeci est le morceau probatoire à Leipzig »
GARDINER : «…La cantate BWV 22, œuvre qui a en juger par la partition autographe, semble avoir été composée très rapidement, à Leipzig même…» [Comme l’a relevé un intervenant du BCW (Ed. Myskowski, 20 avril 2010), cette affirmation est étonnante puisque la partition originale autographe est perdue… et que l’on en connaît qu’une copie au propre…]
HERZ : Filigrane « IMK ».
ISOYAMA : «…on peut voir dans le manuscrit que la cantate BWV 22 fut composée après l’arrivée de Bach à Leipzig (non seulement le papier sur lequel est écrit fut-il manufacturé à Leipzig mais il y a aussi des copies de la main d’élèves de l’école Saint-Thomas ». 
MACIA [Tout Bach, page 105] : « La cantate BWV 23 a sûrement été composée à Köthen par Bach qui l’a emportée dans ses bagages, mais il a décidé au dernier moment d’en composer une nouvelle –celle-ci – qu’il devait juger plus susceptible de séduire les conseillers municipaux leipzigois que la précédente trop originale…»
SCHMIEDER : Partition de 10 feuilles (20 pages de musique), in 4°.


PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues. Ces parties ont sans doute suivi le sort de la partition originale de 1723.

COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 46 M . Anciennement Marburg, Staatsbibliothek, Berlin-Dahlem.
bach;gwdg.de/bach = DB AM. B 44. Faszikel I. Deuxième moitié du 18e siècle. Copistes anonymes et copiste Breitkopf.

P AM 44, 1 B. Anciennement Amalienbibliothek / Berlin Deutsche Staatsbibliothek.
Copistes non identifiés.
Catalogue Gottlieb Friedrich Schneibes: Verzeichniss des musikalischen Nachlass des verstorbenen Capellmeisters Carl Philipp Emmanuel Bach, Hambourg 1790. Liste des 86 cantates ayant été en possession de Carl Philipp Emmanuel Bach.
bach;gwdg.de/bach : DB Mus.ms. Bach P 1159/XIII. Faszikel 9. Copiste inconnu. Vers 1800.
bach;gwdg.de/bach = D Bhm H 985 (Berlin, fin du 18e siècle). Copiste inconnu.


ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BGA).
Jg. V1 (5e année). Pages 67 à 92. Préface de Wilhelm Rust, 1855. Cantates BWV 21 à 30 + Anh. 30a.
[la partition Breitkopf / BGA est dans l’enregistrement Das Kantatenwerk / Teldec / Leonhardt, volume 6. 1973].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I / BAND 8/1. KANTATEN ZUM SONNTAG ESTO MIHI
Bärenreiter Verlag BA 5078. 1992. Herausgegeben von Wolff, Christoph. 1998. 6 fac-similés.
BWV 22.Version en ut mineur. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms Bach. P 119. Pages 3 à 32. [fin 1, début 2].
BWV 22.Version en si mineur. Pages 33 à 68. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms. Bach. P 46.
Avec les cantates BWV 23, 127 et 159.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5078 41. Wolff, Christoph. 1998.

BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/81 Net www. Bach-Institut.de
KB: Christoph Wolff. 1992-1998.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics. | Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 3. Bärenreiter TP 1283. 2007. Serie I. Band 8. Kantaten für Sonntag « Estomihi ». Faksimile : BWV 22, 23, 127 et 159.
Herausgegeben : Christoph Wolf. 1998.
BWV 22. Pages 3 à 32. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1992.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2872. Partition du chœur = Chor ChB 1892. Réduction chant et piano = EB 7022.
2011: Partition (28 pages) = PB 4522. Réduction chant et piano (24 pages) = EB 7022. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4522. Parties séparées (6) : violons I, II; Viola, Violoncelle, Oboe, Orgue = OB 4522.
CARUS : Stuttgarter Bach Ausgaben /Carus-Ausgaben. Partition (32 pages) = CV 31.022/00. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = 31.022/03. Partition du chœur (Chorpartitur) = 31.022/05. Parties séparées :Violine I, II = Viola Violoncello/Contrebasse = 31.022/11 à 14. Oboe = 31.022/21; Orgue = 31.022/49.
KALMUS STUDY SCORES. N° 810. Volume VI. New York 1968. Cantates BWV 20 à 22.
PETERS. Réduction chant et piano.

BOMBA : «…La première cantate que Bach exécuta à Leipzig a été écoutée avec grande attention de la part du public. C’est ainsi que nous pouvons lire dans la chronique « Acta Lipsiensum Academica » que Monsieur Joh. Sebastian Bach, venu ici de la cour princière de Cöthen, a exécuté sa première musique avec beaucoup d’applaudissements. C’était le 30 mai, le premier dimanche après la Trinité de l’année 1723, à l’église Saint Nicolas. Auparavant, le 7 février, les paroissiens de Leipzig qui auraient préféré comme cantor de Saint Thomas l’obligeant Telemann plutôt que cet intrigant de Bach, avaient entendu les deux cantates d’essai BWV 22 et BWV 23. Peut-être même à la Pentecôte de la même année, la cantate BWV 59, si Bach a joué ce morceau dans l’église de l’Université ». 


PÉRICOPE BWV 22

Dimanche « Estomihi » ou Quinquagésime.
Épître : 1 Corinthiens 13, 1 à 13 [PBJ. 1702]. La hiérarchie des charismes. Hymne à la charité.
Évangile : Luc 18, 31 à 43 [PBJ. 1570]. Troisième annonce de la Passion : « Puis prenant avec lui les Douze, il leur dit : Voici que npis montons à Jérusalem…»
Renvoi à Matthieu 20, 17 à 19 [PBJ. 1486] : « Devant monter à Jérusalem, Jésus pris avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route : « Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l’homme va être livré aux grands prêtres et aux scribes…»
Renvoi à Marc 10, 32 à 34 [PBJ. 1521] : « Ils étaient en route montant à JérusalemPrenant de nouveau les Douze auprès de lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver: « Voici que nous montons à Jérusalem…»
C’est très exactement le titre de la cantate BWV 22 : « Jesu nahm zu sich die Zwölfe ».
MISSEL ROMAIN : Pour le dimanche de la Quinquagésime (50 jours avant Pâques), fête de 2e classe dans l’église romaine (violet) : L’économie du salut repose sur l’amour dont Dieu nous a aimés et sur celui qu’en retour nous mettons en œuvre dans notre comportement chrétien. C’est à la veille du Carême comme l’annonce de l’accomplissement du mystère pascale et le fait que Jésus rassemble autour de lui les douze apôtres n’est pas sans évoquer la situation au soir de la Cène. A Leipzig, comme dans l’Église romaine, ce dimanche est appelé « dimanche Esto mihi » en rappelle du psaume 31, In Te Domine speravi, au verset 4, lu à l’Introït [PBJ. 827] : « Esto mihi in Deum protectorem, et in locum refugii, ut salvum me facias / Mon Dieu, soyez mon protecteur, mon refuge et mon sauveur. ». Dans les psaumes 21, 37, 68 et 87, et plus particulièrement 31, psaume messianique sur la souffrance, l’église primitive a reconnu la voix du Christ Toutefois il ne semble pas y en avoir d’écho littéral dans le texte de la cantate. Psaume 31 : Confiance en Dieu dans un péril extrême… un malheureux, malade et voué à la mort, en butte à la méchanceté de ses ennemis, expose à Yahvé sa détresse et implore son secours.
C’est aussi le dernier dimanche avant le « tempus closus » du Carême à Leipzig. Le vendredi Saint 15 avril suivant sera donnée la Passion selon saint Matthieu BWV 244].

EKG. Esto mihi. Egalement le dimanche des Cendres dans le culte réformé.
Introït : Luc 18, 31 [PBJ. 1570] : « Puis, prenant avec lui les Douze, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem et que s’accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes au sujet du Fis de l’homme…»
Psaume 31.
Cantique EKG 252 Laßet uns mit Jesu ziehen Texte de Siegmund von Birten - 1653). Mélodie de Johann Schop: « Sollt ich meinem nicht singen ». 1641.
Épître : I Corinthiens 13, 1 à 13 [PBJ. 1702]. La hiérarchie des charismes. Hymne à la charité.
Évangile : Luc 18, 31 à 43 [PBJ. 1570]. Troisième annonce de la Passion. Renvoi à Matthieu 20, 17 à 19 [PBJ. 1486].
Pour la même occurrence les cantates BWV BWV 23 (7 février 1723), BWV 127 (11 février 1725) et BWV 159 (27 février 1729).


TEXTE BWV 22

Mouvements 2, 3 et 4 : Texte d’un poète non identifié. NEUMANN [ Sämtliche von J. S. Bach vertonte Text, pages 422, 427 et 512]. Fac-similé tiré du Leipziger Kirchen Music | Zweiter Sonntag nach Epiphanias bis Estomihi sowie Mariae Reinigung und Mariae Verkündigung, (du 2e dimanche après l‘Épiphanie jusqu‘au dimanche „estomihi“). Leipzig 1724. Contient le texte des cantates BWV 155, 81, 83, 144, 181 et 73.
BWV 22 : Recueil pages 14 et 15 : Am Sonn. Quinquages. Oder Esto Mihi / In der Kirche zu S. Thom. / Luc XVIII, v. 31 & 34. « Neu Leipziger Gesangbuch » von Gottfried Vopelio, Leipzig 1682.
« Andächtiger Seelen geistliches Brand-und-Gantz Opfer ». Wagner. Leipzig 1697.
Bach-Jahrbuch 1976, William Scheide : « On note certaines contradictions entre les textes de cantates publiés dans les six recueils originaux de la période de Leipzig et les sources musicales, c’est à dire les partitions (autographes ou copies) ».

Mouvement 1 : Luc 18, 31 et 34. Jésus part à Jérusalem et annonce sa Passion [PBJ. 1570]. La citation textuelle biblique est tronquée mais classique. Elle se retrouve dans Matthieu 20 17/18 [PBJ. 1486] ainsi que dans Marc 10, 32 [PBJ. 1521]. Mouvement 5 : cinquième strophe du cantique Herr Christ, der einge Gottesohn - Seigneur, Christ, l’unique fils de Dieu, d’Elisabeth Kreuziger (tiré du recueil Geystlich Gesangk Buchleyne) édité à Nurembert en 1524 par Johann Walter). Une relation peut être faite avec saint Paul : Extirpe en nous le vieil homme de la cantate et Vous vous êtes dépouilles du vieil homme avec ses agissements et vous avez revêtu le nouveau… dans l’Épître aux Colossiens 3, 9 [PBJ. 1740] ainsi que l’Epître aux Ephésiens 4, 24 [PBJ. 1730] : ... dépouiller le vieil homme qui va se corrompant … et revêtir l’Homme Nouveau, citations dont l’esprit se retrouve quelque peu dans la section 4 précédente. Renvoi pour le texte à la cantate BWV 96 portant le titre de ce cantique et en reprenant toutes les strophes.
La cinquième strophe paraît également dans les cantates BWV 132 (bien que ce choral soit manquant dans la partition autographe ; d’après Alfred Dürr, il se pourrait que Bach n’ait intentionnellement pas prévu d’exécuter un choral final…) et dans la cantate BWV 164/6.
Renvoi à EKG 46.

Mélodie : Elle se trouve dans les cantates BWV 22/5, 96/1 et 96/6, BWV 132/6 et 164/6.
BCW [Th . Braatz et A. Oron] : Cette mélodie apparaît dans un chant profane « Mein Freud möcht sich wohl mehren » se trouvant dans un recueil de Wolflin Lochamer, imprimé à Nuremberg vers 1455. Bach a pu la connaître par le recueil de cantiques, publié à Gotha en 1715. Ce cantique, sans texte se retrouve dans les chorals BWV 601 (Orgelbüchlein n° 3), peut être parfois chanté avec un texte différent tiré du cantique « Herr Gott nun sei gepreiset » de 1553) et la fugue pour orgue BWV 698. Autres compositeurs ayant utilisé cette même mélodie : H.L. Hassler, H. Schein, S. Scheidt, D. Buxtehude (BUXWV 191 et 192), J. Pachelbel, J.G. Walther, G. Ph. Telemann (cantate Twv1 : 732 et 733), etc.
BRAATZ [BCW. Provenance, 6 mars 2003 + Détails, 25 juin 2005] : « Malgré que l’auteur en soit inconnu (aucune information possible), le texte révèle des similitudes avec celui de la cantate probatoire de Graupner (présentée quelques semaines avant le test de Bach, le 19 janvier 1723) et ceux des cantates BWV 75 et 76. Ces textes paraissent tous avoir le même auteur. Ceux des cantates BWV 22 et 23 se ressemblent vraiment…En 1985, Hans-Joachim Schulze avança le nom d’un possible librettiste : Dr. Gottfried Lange (1672-1748), principal de l’église Saint-Thomas et maire de Leipzig en 1723 »… Apparemment Bach composa les deux cantates (BWV 22 et 23) à Cöthen après avoir reçu les textes imposés des autorités de Leipzig ».
LYON : ce cantique de la Réforme, en cinq strophes, se réfère à la mystique médiévale… un chant de louange au Christ… et à la doctrine trinitaire…le texte renvoie à l’hymne Corde natus ex parentis d’Aurelius Clemens Prudentius (vers 348-405). Publication en 1524 à Erfurt et à Wittenberg… ce cantique est considéré comme le premier Jesuslied (cantique pour Jésus) protestant ».
Mélodie du choral. Renvoi à la cantate BWV 96/1 (E.K.G. 46/1), BWV 132/6 (E.K.G. 46/5) et BWV 164/6 (E.K.G. 46/5). Voir BWV 601 (Orgelbüchlein, n° 3, avec la première strophe du même cantique) ; BWV 698 (Recueil Kirnberger) ; BWV anhang 156/1 (de Telemann) ; anhang 55 (choralbearbeitung, authenticité est peu probable) ; anhang 75 (copie du XIXe siècle) ; anhang 77. Variations sur le choral ; l’authenticité est peu probable. SCHNEIDER : « On retrouve dans ce choral [Herr Christ, der einige Gottes Sohn] le meilleur de Luther : le plus riche de foi, de poésie et de musique. Le plus direct aussi et le plus concis. En tout, cinq petits versets et la plus délicieuse des mélodies. Un modèle du genre… Exemple-type de chant populaire luthérien, cette mélodie a connu un succès rare. Non seulement elle fait partie du répertoire de Noël le plus primesautier, mais la famille, en Allemagne, en a fait un de ses joyaux préférés. De leur côté, la plupart des maîtres thuringiens - avec J.-S. Bach au centre - se sont servis de ce chef-d’œuvre de Luther pour l’ornementer à leur manière (chœurs ou préludes de chorals pour orgue)…»
SCHWEITZER [J.S. Bach, tome 1, note de la page 241] : « Zelter semble aussi avoir dirigé en privé quelques-unes des cantates de Bach ; Il appréciait particulièrement les cantates BWV 39, BWV 103, *BWV 22 et BWV 110… Il estimait que très souvent les mots exprimaient autre chose que les paroles voulaient dire. D’une façon générale, il pensait que les textes [utilisés par Bach] étaient une « abomination ». Pour cette raison il n’appréciait pas l’exécution en publique des cantates ou des Passions » [pourtant il participa activement au côté de Félix Mendelssohn à la re-création de la Passion selon saint Matthieu].


GÉNÉRALITÉS BWV 22

[la première cantate de Bach sans doute connue et exécutée à Leipzig].
Carl de Nys : « Avant de s’installer à Leipzig, le séjour de Bach à la Cour de Köthen (ville située à une trentaine de kilomètres au nord de Halle) où il était arrivé en août 1717 en qualité de Kapellmeister, fut l’un des plus heureux de sa vie. Le prince Léopold d’Anhalt-Köthen dont il était le « Kapellmeister » était musicien mais une certaine rigueur calviniste locale ne lui permettait pas d’autoriser l’exécution à sa chapelle de cantates, seuls les motets y étant admis. A cet égard nous n’en connaissons pratiquement aucune même si le chiffre d’une douzaine est envisagé, celles que nous connaissons ayant été exclusivement composées pour des circonstances profanes mais en partie réutilisées au temps de Leipzig (cantates BWV 66, 134, 173, 184 et 194).
La fin de son séjour fut assombrie par deux évènements: d’une part la mort le 5 juillet 1720 de sa première femme, Maria Barbara, et puis, juste après son remariage avec Anna Magdalena (3 décembre 1722), l’arrivée à la cours de la cousine du prince Léopold, Frederica Henrietta d’Anhalt-Bernburg, la nouvelle épouse du prince, femme autoritaire et qualifiée par Bach lui-même d’amusa, c’est à dire étrangère sinon hostile aux muses et par-là à toutes les formes d’art. A ceci il fallait ajouter le souci de fonder et de loger au mieux sa nouvelle famille, de faciliter l’étude de ses 4 enfants à l’Université, donc dans une grande ville ainsi que de prévoir leur futur établissement et enfin d’anticiper sur d’éventuelles intrigues de cour prévisibles à son encontre. En fait celle qui le faisait quitter le prince Léopold devait mourir peu après, le 4 avril 1723, alors que Bach n’avait pas encore pris ses fonctions à Leipzig !
Mais avant d’obtenir le poste convoité de «Thomaskantor » laissé vacant par la mort de son titulaire Johann Kuhnau le 5 juin 1722, Bach devait se soumettre à un concours organisé par les autorités de la ville (candidatures ouvertes en décembre 1722). Postulaient de redoutables concurrents dont le plus célèbre pratiquement désigné sur titres, le fameux Georg Philipp Telemann, qui finalement dédaigna le poste. Cinq autres musiciens de bien moindre renom étaient aussi sur les rangs, dont Johann Friedrich Fasch (1688-1758), Johann Christoph Graupner (1683-1760) ainsi que le Kantor de Magdebourg, un certain Christian  Friedrich Rolle (1681-1751) presque l’exact contemporain de Jean-Sébastien. Graupner ne pouvant obtenir son congé en tant que Kapellmeister à la cour de Darmstadt déclinait le poste et se retirait. Restait donc Bach. Ce n’était pas la première fois que ce dernier était venu à Leipzig et récemment, sa décision prise de se présenter au poste de ThomasKantor, comme probation, le premier dimanche de l’Avent 1722 (le 29 novembre), il avait fait entendre à l’église Saint-Thomas sa cantate de 1714 « Nun Komm, der Heiden Heiland (BWV 61).
Le 7 février 1723 Bach se présentait cette fois pour l’épreuve décisive (Kantorasprobe) devant les autorités municipales et religieuses de Leipzig avec une nouvelle cantate “Jesus nahm zu sich die Zwölfe” (Jésus réunit les Douze (Apôtres) autour de lui…). Selon Arnold Schering (op. cit.), Bach dirigeait lui-même sa cantate et peut-être même chanta-t-il la partie de basse…
Composée à Köthen fin 1722, début 1723, cette œuvre d’une durée de dix-huit à vingt minutes n’est évidemment pas très célèbre mais est la première d’une nouvelle et longue série leipzicoise qui emmènera Bach jusque vers les années 1745. Sauf le chœur d’entrée où après une introduction strictement instrumentale on entre abruptement dans un duo entre l’Evangéliste et la Vox Christi  puis un chœur (formule peu classique et innovante), cette cantate reproduit la forme générale et les ambitions spirituelles du genre « Hauptmusik » exigé par le Consistoire de Leipzig. Peut-être aussi, par opportunité, Bach est-il finalement resté prudent, traditionnel, prenant soins de ne point « accabler » les oreilles de ses examinateurs par une composition trop théâtrale. Par ailleurs, dans le choral final, il évoque allusivement et habilement la manière de son prédécesseur Kuhnau en enrobant le cantique à quatre voix dans un tissu instrumental très présent. Il semble qu’il ait été fait un effort pour la circonstance car il n’y avait ordinairement pour l’exécution, en tout et pour tout ,qu’une dizaine de musiciens municipaux et les jeunes chanteurs de l’école de Saint-Thomas les plus aptes. Voici une perspective peu connue mais il est le temps de dire que Bach n’eut pratiquement jamais, sauf exception (pour la Passion et les solennités exceptionnelles) les grandes masses chorales et instrumentales revendiquées généralement aujourd’hui.
Quoiqu’il en soit, l’accueil fut favorable et même si l’enthousiasme du maire et des autorités demeura toujours mitigé (l’une d’elles [une autorité], le conseiller Platz, alla jusqu’à confier dans le procès-verbal des délibérations du 9 avril 1723 : « Puisque nous n’avons pu obtenir le meilleur (Telemann), nous devons nous contenter d’un médiocre », le poste de cantor lui échut. Bach signa son contrat le 5 mai et le 22 suivant il s’installait dans le petit appartement [?] de la vieille Thomasschule fondée en 1213 et qui jouxtait l’église Saint-Thomas, école pour les pauvres et orphelins, à laquelle fut ajouté un étage en 1732, ce qui permit à Bach de pouvoir disposer d’un plus grand espace pour une famille dont le nombre d’enfant croissait d’année en année… il en eut 13 de sa seconde femme ! La Thomasschule par trop vétuste devait disparaître au début du XXe siècle. Elle se trouvait sensiblement devant l’actuelle statue de Bach, c’est à dire à la façade méridionale de l’église et de son entrée actuelle.
Bach installé officiellement le 1er juin obtenait ainsi un poste stable et plus sûr pour un père de famille nombreuse, le préférant, après quelques tardives hésitations, à celui très vulnérable de Kapellmeister souvent en but aux intrigues et aléas des petites cours princières. Mais à Leipzig, en tant que maître de chœur, il dépendait du Consistoire de l’église et comme professeur, relevait de la juridiction du recteur et du Conseil de l’Ecole. Cette dualité inconfortable dans laquelle il allait demeurer quelques vingt-sept années ne l’empêchât pas de composer ses plus grands chefs-d’œuvres mais il regretta parfois cette situation où il fut fréquemment exposé à des rebuffades et autres « querelles » accompagnées aussi de vexations auxquelles son tempérament entier et un sens aigu de la justice l’exposaient…»
BASSO : «…Bach aurait pu se présenter à Leipzig avec deux cantates BWV 22 et BWV 23 (cette dernière modifiée et reprise en 1724 pour le même dimanche Esto mihi). BWV 22 serait musicalement plus séduisante et refléterait le goût de la bourgeoisie de Leipzig mais se situerait dans une veine plus commune et plus traditionnelle, celle-là même exploitée par Graupner, lequel, en ouverture de cantate avait placé un verset de l’Evangile, pour mieux souligner sa relation avec la liturgie du jour, ce que l’on trouve précisément dans BWV 22. En fait BWV 22 et 23 sont jumelles, d’égale intensité d’expression. Dans un premier temps, il semble que Bach ait eu l’intention de présenter sa cantate BWV 23 et qu’en final il lui ait substitué la BWV 22 ».
CANTAGREL [[Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…Bach [à Leipzig] présentait exactement ce que l’on attendait de lui… et devait assurer dans la continuité une brillante succession au style de Kuhnau [le cantor qui précéda Bach, mort le 5 juin 1722]… Bach ordonne ces morceaux [mouvements] dans le magnifique équilibre d’une composition en arche. Un récitatif central (3) relie deux arias (2 et 4), le tout étant encadré par deux morceaux extrêmes (1 et 5) faisant appel aux tutti…»
GEIRINGER : « Cantate probatoire… C’était la cantate BWV 22… dans laquelle les soli de la basse sont d’un hauteur inhabituelle, en conformité avec la propre voix du compositeur ». Renvoi à Arnold Schering : J.S. Bach und das Musikleben Leipzigs im 18 Jahrhundert. Leipzig 1941, pages 30 et suivantes.
NYS, Carl de : « Nous avons dit déjà que Bach avait d’abord écrit à cette intention la cantate BWV 23 ; il donna finalement la cantate BWV 22 qui n’est certainement pas d’une envergure comparable. N’était la partie instrumentale du duo qui en forme le premier mouvement (pour ténor et baryton), d’une écriture dense et fort originale, on serait tenté de la confondre avec une des meilleures cantates de G. -Ph. Telemann ou de Kuhnau, - œuvres non négligeables mais dont la qualité est évidemment moins géniale que celles de Bach ».
PIRRO [J.-S. Bach, pages 111/112] : «…Bach s’efforça de séduire ses auditeurs et ses juges, en se rendant accessible à eux. Il eut été dangereux de les effaroucher par un art trop sévère. Leur goût s’était formé à l’opéra [peu ou guère connu à Leipzig à l’époque] et même à l’église. Ils avaient été habitués par Kuhnau à une musique sérieuse certes, mais de contexture assez simple, sans étalage de technique. Aussi Bach usa-t-il avec modération de ses richesses qui l’eussent condamné. Dans l’air d’alto et dans l’air de ténor se manifeste encore le parti pris de clarté que l’on observe dans le chœur. La cantate entière se distingue ainsi par une recherche de facilité. On s’en aperçoit au caractère même des images musicales. Il est évident que le musicien redoute de n’être pas compris, et il exagère un peu, insiste même sur les allusions les plus communes, de peur qu’elles n’aient pas d’effet ».
SCHWEITZER : «…Le dimanche Estomihi, c’est à dire le 7 février 1723, Bach vint de Cöthen pour faire exécuter sa cantate d’épreuve. Il en avait écrit deux : Du wahrer Gott und Davidssohn, n° 23 et Jesus nahm zu sich die Zwölfe, n° 22. Sans doute, ses amis lui avaient conseillé de ne pas faire entendre la première : le public habitué aux cantates de Kuhnau ne l’eut pas comprise. Il se décida alors à en écrire une seconde, plus simple et d’intelligence plus facile, dans le style de Kuhnau. Un Bach même qui ne dédaignait pas de faire, à l’occasion, des concessions au goût du public ».
WOLFF : «…La partition autographe et le matériel d’exécution ont été conservés. Une copie de la partition, réalisée dès 1723 sous les yeux de Bach, porte la remarque : Ceci est la pièce composée pour l’audition à Leipzig. Un texte original imprimé [livret] atteste que l’œuvre a été exécutée l’année suivante (le 20 février 1724) et d’autres exécutions ultérieures ne sont pas à exclure. Bach n’a manifestement rien modifié ».
WHITTAKER : «…Le texte des sections 2 et 3 est peut-être de Bach ».


DISTRIBUTION BWV 22

NEUMANN. Solo : Alt., tenor, bass. – Chor. Oboe solo, oboe ; violons I et II (vla : cordes) ; B. c.
SCHMIEDER. Soli : A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe solo ; Oboe ; Viol. I, II ; Vla. Continuo.
BRAATZ [BCW. Détails, 25 juin 2005] : «… il est raisonnable de penser que la partie de continuo (perdue) de la cantate BWV 22 était identique à celle de la cantate BWV 23 : « Organo, Cemballo, Violoncello ». 


APERÇU BWV 22

1] ARIE Baß - Tenor + CHOR. BWV 22/1
[Évangéliste] : JESUS NAHM ZU SICH DIE ZWÖLFE UND SPRACH : [Jésus] : SEHET WIR GEHN HINAUF GEN JERUSALEM, UND ES WIRD ALLES VOLLENDET WERDEN, DAS GESCHRIEBEN IST VON DES MENSCHEN SOHN. | [chœur… les apôtres ?] : SIE ABER VERNAHMEN DER KEINES UND WUßTEN NICHT, WAS DAS GESAGET WAR.

Jésus prit avec lui les Douze et leur dit : voici que nous montons à Jérusalem et tout ce qui est écrit s’accomplira pour le fils et l‘homme. / Mais ils ne comprirent rien et ne saisirent pas le sens de ces paroles.

Évangile : Luc 18, 31 à 34
Les paroles du Christ, Sehet, wir gehn hinauf gen Jerusalem, sont celles du titre de la cantate BWV 159 (Esto mihi 1729).

Sol mineur (g moll), 92 mesures, C
BGA. Jg. V1. Pages 67 à 78 | Cantate. | Am Sonntage Esto mihi . | Dominica Esto mihi. | Oboe. | Violino I. | Violino II. |Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Hautbois, cordes B.c. Forme arioso-chœur. Ténor, basse, chœur à 4 voix. Prélude = six mesures instrumentales. Allegro (fugue) sur les paroles « Sie aber vernahmen der keines und wußten nicht, was das gesaget war ».
A : (Arie). Partie purement instrumentale, Oboe, cordes, B. c. Entrée Bass + Tenor –Arioso.
B : (Allegro). Chœur fugué, en forme de motet avec parties instrumentales. Solochor - tuttichor (?)

BOMBA : «…Le début inhabituel de la cantate a certainement fait sensation à Leipzig. Dans une introduction orchestrale, l’Evangéliste et la Voix du Christ entrent tout d’abord en scène. Bach a donc mis en musique le texte de l’Evangile sous sa forme naturelle. A partir de là, alors qu’il est question de tous les apôtres, le chœur entre au premier plan et transfère les pensées de l’Evangile pour ainsi dire à l’auditoire des fidèles ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 141/142] : « A = aria de basse – B = mouvement fugué de chœur (allegro) type motet avec doublures instrumentales…»
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 182/183] : «…l’opposition d’un chœur libre montrant dans un certain désordre l’incompréhension des disciples et d’un chœur élaboré sur cantus firmus en final [5], participant à la future Passion, montre un souci de grouper l’assentiment des fidèles autour d’un MDC (039) ici richement élaborée…» 
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…l’atmosphère est désolée, nourrie de chromatismes douloureux, dans la tonalité de sol mineur…»
DÜRR : «…Citation de l’Evangile. Imploration du Chrétien auprès de Jésus de bien vouloir le prendre aussi à sa suite. Forme arioso-chœur qui est moins justifiée par le texte que par le dessein de pouvoir également utiliser le chœur de Saint-Thomas ».
GARDINER : «…la cantate s’ouvre sur un arioso fluide pour ténor (faisant office d’évangéliste) et basse (dans le rôle de la vox Christi) avec hautbois et cordes, avant de basculer dans un chœur fugué et ombrageux mettant en relief l’incompréhension des disciples à travers ces paroles mémorables : « Or ils ne comprirent aucune de ces choses et ne surent davantage ce qui avait été dit ».
GEIRINGER : «…Les solos de basse sont insolitement hauts, en accord avec la voix du compositeur (Bach). Cf. Schering : J. S. Bach und das Musikleben Leipzigs im 18. Jahrhundert. Leipzig 1941 ».  
HIRSCH : «…Dans la 1ère section Arthur Hirsch a noté que le motif instrumental à 11 notes et est répété 11 fois, de même que l’arioso de basse s’étend sur 11 mesures. ». N. B. : Là où l’on serait attendu que Bach illustre gématriquement le chiffre 12, c’est le « 11 » qui est retenu car ce ne sont que les 11 disciples fidèles (et non pas 12 avec Judas) qui méritent de monter à Jérusalem ».
- La somme numérique de Sehet, wir gehn hinauf gen Jerusalem donne 315 dans le temps où le hautbois joue 316 notes… Enfin 41 mesures
précèdent l’entrée du chœur = 41 pour J. S. Bach (9 + 18 + 2 + 1 +3 + 8) ou encore le renversement de 41 en 14 : B.A.C. H ? »
« Dans la tradition, le chiffre 11 représente l’excès, le refus de la loi qui est symbolisée par le chiffre 10. Chez Bach pourtant, il semble être choisi comme symbole des disciples fidèles au Christ…. Le choral « Qui espère en Dieu et lui fait confiance » a la structure 11 – 11 – 11 – 11 –7 – 11 – 5 - 11 – 11 (89 mesures). Renvoi au récitatif de la cantate BWV 80/7 : « alors sois fidèle au Christ » a 11 mesures avant l’arioso de BWV 22/1 « Jésus se fit accompagner par les 12 disciples a également 11 mesures. Renvoi à la structure de BWV 109/6.
ISOYAMA : « Le premier mouvement qui illustre le point crucial de l’évangile, est écrit « Arioso et chœur » (sol mineur) et est divisé en deux sections. L’arioso transmet les mots de Jésus et, selon la tradition, le ténor a la narration tandis que la basse chante le rôle de Jésus. La ritournelle continuellement ascendante pour hautbois et cordes évoque l’image du chemin de souffrance concrétisé par « la montée à Jérusalem ». L’état de ses disciples, qui étaient incapables de comprendre la signification directe des mots, est illustré dans la fugue chorale (allegro) de la seconde section ».  
LEMAÎTRE : «…Le texte légitime la distribution du premier morceau : le ténor solo joue le rôle de l’évangéliste, la basse représente le Christ et le chœur (allegro)les apôtres qui durent être effectivement douze ; trois choristes par parties…»
MACIA [Tout Bach, page 105] : « Dans l’arioso, le ténor ouvre le jeu avec un récitatif à la manière d’un évangéliste des Passions, tandis que la basse interprète les paroles de Jésus… puis le chœur exprime l’incompréhension des disciples en une fugue vive. Le futur cantor poussa-t-il le raffinement jusqu’à confier à douze choristes (trois par voix) pour symboliser le nombre des apôtres ? Une figure ascendante du hautbois y représente sans doute la difficile montée vers Jérusalem…»
MARCHAND [tableau 10.21, page 327] : « Mouvement d’ouverture [de la cantate] correspondant exactement au nombre d’or… » (c’est à dire le nombre de mesures divisé par 1,618…)
NYS, Carl de : «…Le premier mouvement de la cantate est un rare chef-d’œuvre… preuve confondante de son génie, Le récit de l’Evangile est introduit par le ténor (l’évangéliste traditionnel). Son récit se transforme en duo lorsque le Christ (la basse, la voix de Dieu) parle à son tour. Mais la suite du texte évangélique n’est pas reprise par le récitant, elle est confiée à un chœur qui se présente d’abord sous forme de quatuor avec basse continue et qui s’amplifie ensuite en chœur véritable avec l’accompagnement du hautbois, des cordes et de la basse continue. Cette partie chorale est fuguée mais les voix de la fugue ne suivent pas l’ordre caractéristique dans les fugues vocales de Bach dites « en permutation » : elles sont présentées en désordre par rapport à ce schéma, sans doute pour signifier la confusion et l’incompréhension des disciples devant les déclarations choquantes du Christ ».
- In Cantates à Saint-Thomas : «…N’était la partie instrumentale du duo qui en forme le premier mouvement (pour ténor et baryton), d’une écriture dense et fort originale, on serait tenté de la confondre avec une des meilleures cantates de G.-Ph. Telemann ou de Kuhnau, - œuvres non négligeables mais dont la qualité est évidemment moins géniale que celles de Bach. Le chœur qui suit ce duo est particulièrement significatif à cet égard. Il n’y a sans doute aucune autre page de J.-S. Bach où le contrepoint apparaisse aussi schématique et d’aussi courte haleine ».
PIRRO [ J.-S. Bach, pages 111/112] : «…Ce début est d’une grande noblesse : il ne pouvait en être autrement, puisque c’est le Christ lui-même dont le musicien devait reproduire le langage. Mais la musique ajoute ici un commentaire pathétique à cette déclamation qu’il aurait suffi de rendre solennelle, et elle complète les mots dont le sens, pris en lui-même est presque indifférent. Tandis que le texte ne semble annoncer que le voyage du Christ vers la ville, la musique prophétise les douleurs qui l’accableront. Le chant garde, il est vrai, une majesté dédaigneuse de toute plainte, mais l’accompagnement gémit, le hautbois se lamente et les gammes par lesquelles Bach décrit la marche des apôtres vers la ville, cheminent parmi des harmonies légères ».
ROMIJN : «…L’arioso qui tient lieu d’introduction reprend un texte des Écritures, le ténor tenant le rôle de l’évangéliste et la basse celui du Christ…»
WITTAKER : « Le hautbois et le violon 1 chantent alternativement une phrase pleine de pathos, en référence au voyage à Jérusalem et aux souffrances qu’il va y endurer mais qui ici sont omis par le texte. La voix de basse se signale par « le motif de la marche » en des formes variées sur wir gehen hinauf. La fugue vocale exprime la confusion et le manque de compréhension des apôtres ».
WOLFF : « Sur la partition autographe de Bach, concertistes et ripienistes (chanteurs solo et tutti) se distinguent au sein de l’ensemble vocal. La première exposition de la fugue reste soliste avant l’entrée du tutti ».


2] ARIE ALTO. BWV 22/2
MEIN JESU, ZIEHE MICH NACH DICH, / ICH BIN BEREIT, ICH WILL VON HIER / UND NACH JERUSALEM ZU DEINEN LEIDEN GEHN. | WOHL MIR, WENN ICH DIE WICHTIGKEIT / VON DIESER LEID UND STERBENZEIT / ZU MEINEM TROSTE KANN DURCHGEHENDS WOHL VERSTEHN!

Mon Jésus, attire-moi, / je suis prêt, je veux partir d’ici / et me rendre à Jérusalem, lieu de tes souffrances. / Bienheureux si, pour ma consolation, / je comprends à tout moment la signification / de ces moments de souffrance et d’agonie!

Ut mineur (c-moll), 84 mesures, 9/8
BGA. Jg. V1. Pages 78 à 81 | ARIA. | Oboe Solo. | Alto. | Continuo. Dal Segno.
NEUMANN. Oboe obligé, B.c. Partie en forme de trio. Reprise du prélude instrumental (mesures 2 à 12).

BOMBA : «…Aspect de prière grâce à la figuration des hautbois solistes. Il met en relief les pensées exprimées « se rendre à Jérusalem » et « souffrance » en traçant une ligne ascendante et en assombrissant les harmonies en utilisant le ut bémol majeur inusité ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…Structure en da capo varié. Le hautbois entonne une ritournelle très émouvante. Souvent dévolu à l’évocation de la mort, le hautbois est ici en situation pour indiquer à l’auditeur que c’est la mort qui attend le Christ au terme des souffrances qu’il annonce… L’alto, la voix de l’âme, dans l’affliction… Une fois (seulement), modulation inattendue et étrange sur « deinen Leidentes souffrances ».
DÜRR : «…Gestique expressive du hautbois solo ».
GARDINER : «…une gigue à 9/8…»
ISOYAMA : « Dans la musique, un mouvement « légèrement ascendant » est dominant. Le rythme est une danse en 9/8 et un obbligato chargé d’émotion est donné au hautbois ».
LEMAÎTRE : «…Rythme berceur de 9/8, structuré A-B + reprise de l’introduction ».
MARCHAND [tableau 10.29, page 332] : « Mouvement correspondant exactement au nombre d’or…» (c’est à dire le nombre de mesures divisé par 1,618…)
NYS, Carl de : «…Si c’est la voix d’alto et non pas de soprano, c’est qu’il est question d’aller vers la souffrance et l’aria exprime bien en ut mineur (cette tonalité deviendra chez Mozart symbolique de la mort), les souffrances et les angoisses de la Passion qui s’approche. Lorsque le texte dit : Je veux aller avec toi en ce chemin de souffrance, Alfred Dürr fait remarquer que Bach utilise d’abord des gammes montantes (on « monte » à Jérusalem) sur le mot Leiden (souffrance, passion) c’est une curieuse harmonie en do bémol qui arrête le déroulement de la mélodie… De temps à autre il faut souligner un détail de cet ordre pour rappeler à quel point ce langage musical apparemment schématique, soumis à la théorie « des affects » baroques, est en réalité libre et jaillissant dans le domaine de l’invention étroitement liée au texte ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach. L’orchestration, page 234] : «…lorsque l’alto supplie Jésus, le hautbois se joint à sa prière passionnée, …ton pénétrant plus intense que la voix et presque aussi intelligible qu’elle. C’est avec justesse que Mattheson dit que le hautbois est pour ainsi dire un instrument parlant ».
ROMIJN : «…l’alto et le hautbois se lancent dans un merveilleux dialogue…»
WITTAKER : «...Le motif de la marche dans la partie d’alto sur  Ich will von hier und nach Jerusalem ».


3] REZITATIV BAß. BWV 22/3
MEIN JESU, ZIEHE MICH, SO WERD ICH LAUFEN, / DENN FLEISCH UND BLUT VERSTEHET GANZ UND GAR, / NEBST DEINEN JÜNGERN NICHT, WAS DAS GESAGET WAR, ES SEHNT SICH NACH DER WELT UND NACH DEM GRÖßTEN HAUFEN; / SIE WOLLEN BEIDERSEITS, WENN DU VERKLÄRET BIST, / Zwar ein feste Burg auf Tabors Berge bauen; / HINGEGEN GOLGATHA, SO VOLLER LEIDEN IST, / IN DEINER NIEDRIGKEIT MIT KEINEM AUGE SCHAUEN. / ACH ! KREUZIGE BEI MIR IN DER VERDERBTEN BRUST / ZUVÖRDERST DIESE WELT UND DIE VERBOTNE LUST, / SO WERD ICH, WAS DU SAGST, VOLLKOMMEN WOHL VERSTEHEN / UND NACH JERUSALEM MIT TAUSEND FREUDEN GEHEN.

Mon Jésus, attire-moi et j’accourrai, / car la chair et le sang ne comprennent que trop difficilement, / comme tes disciples, les paroles que tu as prononcées, / ils sont attirés par le monde et la plus grande multitude; / Ils veulent certes de part et d’autre, quand tu seras transfiguré, / élever une citadelle sur le mont Tabor, / mais ils ne veulent par contre jeter aucun regard / sur Golgotha, rempli de toute la souffrance de ton avilissement. / Ah ! crucifie en moi, dans mon cœur corrompu, / tout d’abord le monde et l’envie interdite / et ainsi je comprendrai parfaitement tes paroles / et je me rendrai à Jérusalem animé de mille allégresses.

Mi bémol majeur (Es) - Si bémol majeur (B), 26 mesures, C
BGA. Jg. V1 . Pages 82/83 | RECITATIVO. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Basse, Cordes, B.c. Accompagnato (ausinstrumentiertes).

BOMBA : «…Un récitatif accompagné de cordes accentue les notions et idées centrales correspondantes comme « marche », « Golgatha », « souffrance », « avilissement » et « joie immense ». CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…Ce récitatif est accompagné par l’ensemble des cordes, en longues tenues… Figuralismes : traits de triples croches sur laufen je courrai , chromatismes sur Golgatha et à nouveau sur l’expression des souffrances « voller Leiden », vocalises jubilatoires sur Freuden…»
ISOYAMA : «…Un récitatif de basse sur un accompagnement de cordes, il est rempli de descriptions de mouvements physiques. La basse interprète le manque de compréhension des disciples comme un péché de leur nature charnelle…»
MACIA [Tout Bach, page 105] : « Le récitatif de basse doublé des cordes décrit avec ironie et forces traits imitatifs le désarroi et l’incompréhension des disciples…»
NEUMANN : «…Sie wollen beiderseits, wenn du verkläret bist / Zwar eine feste Burg auf tabors Berge bauen. / Ils veulent certes de part et d’autre, quand tu seras transfiguré, / Elever une citadelle sur le Mont Tabor. Renvoie à Matthieu 17, 4 [PBJ. 1481] ».
NYS, Carl de : «…Ce récitatif est si fortement expressif qu’on a souvent l’impression d’un véritable arioso alors qu’il s’agit pourtant d’un authentique récitatif secco. Pour préparer l’aria suivante, mais aussi pour exprimer les nuances du texte, la fin de ce récitatif module en si bémol majeur ». PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 106] : «…Motif en grandes vocalises fuyantes associées aux mots « schnell - rapidement », « laufencourir », « Lauf course ». [+ Exemple musical, BG 22, V1, page 82]. Renvoi aux cantates BWV 26/2, BWV 62/3 et BWV 70/9.
ROMIJN : «…Bach recourt encore une fois à l’illustration musical du propos textuel… soulignant le mot « courirlaufen » de motifs empressés…»
WITTHAKER : «…Motif de la marche sur laufen et nach Jerusalem. Ch. Terry a noté que les deux premières phrases vocales ont pu être inspirées par la mélodie du choral O Gott, du frommer Gott  (BWV 24, 398, 399, 767) ».


4] ARIE TENOR. BWV 22/4
MEIN ALLES IN ALLEM, MEIN EWIGES GUT, / VERBESSRE DAS HERZE, VERÄNDRE DEN MUT; / SCHLAG ALLES DARNIEDER, / WAS DIESER ENTSAGUNG DES FLEICHES ZUWIDER! | DOCH WENN ICH NUN GEISTLICH ERTÖTET DA BIN, / SO ZIEHE MICH NACH DIR IN FRIEDE DAHIN!

Mon tout suprême, mon bien éternel,/ rends mon cœur meilleur, anime le courage ; / Abats tout / Ce qui s’oppose à la renonciation à la chair ! / mais maintenant que je suis mortifié dans mon esprit, / attire-moi vers toi dans la paix.

Si bémol majeur ( B), 124 mesures, 3/8
BGA. Jg. V1. Pages 84 à 88 | ARIA. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo. Dal Segno. Reprise du prélude instrumental.
NEUMANN. Ténor, violon, cordes, B.c. Libre Da capo.

BASSO : «…Rigoureux contrepoint mais parfois allégé jusqu’à une grâce aérienne par des passages dansants ».
BOMBA : «… L’air de ténor insiste sur des notions comme « éternel », et « paix » en des tons tenus. Le mouvement ascendant du « Entraîne-moi dans tes pas vers la paix » trouve également son interprétation évidente ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 401 à 405] : «…caractère dansant de l’aria, à trois temps. Noter l’arrêt (rêverie ?) sur in Friede ».
DÜRR : «…Le caractère dansant rappelle que Bach est encore à cette époque-là, Kapellmeister de la Cour princière de Cöthen ».
GARDINER : «…un passepied…»
HIRSCH : «…Le mot « Friede - paix » est chanté la première fois à la mesure 59 et la valeur numérique de Frieden  est de 59 ? »
ISOYAMA : «…aria animée pour ténor en rythme de passe-pied…»
LEMAÎTRE : «…Page de caractère dansant (3/8).
NYS, Carl de : «…Cet aria a un authentique rythme de danse. Ce 3/8 fait même songer au passe pied bien connu par les suites de Bach. Ce qui s’explique aisément lorsqu’on lit le texte : il s’agit de chanter « mon tout en tout », l’amour de l’âme pour Dieu comme la toute-puissance de l’amour divin capable de transformer cette âme jusqu’à l’identifier à lui ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte, page 267] : «…Souvent, Bach laisse la voix et l’orchestre soutenir un accord dissonant, au milieu d’un air, comme s’il voulait, en arrêtant la suite logique du chant, inviter l’auditeur à la rêverie sans forme et sans limite. Il en est ainsi dans l’air de ténor de la cantate (BWV 22/4), à ces mots in Friede (en paix) ». Renvoi au mot "Ruh" dans la cantate BWV 153/6 ».
WITTAKER : «…Motif de la joie, violon 1 ».


5] CHORALCHORSATZ. BWV 22/5
ERTÖT UNS DURCH DEIN GÜTE, / ERWECK UNS DURCH DEIN GNAD; / DEN ALTEN MENSCHEN KRÄNKE, / DAß DER NEU‘ LEBEN MAG / WOHL HIE AUF DIESER ERDEN, / DEN SINN UND ALL BEGEHREN / UND G’DANKEN HAB’N ZU DIR.

Mortifie-nous par ta bonté, / éveille-nous par ta grâce; / extirpe en nous le vieil homme, / afin que le nouveau puisse vivre / bienheureux sur cette terre / et que nos sens, nos désirs / et nos pensées soient avec toi.

Mélodie et texte de la 5e strophe du cantique Herr Christ, der einig Gotts Sohn d’Elisabeth Kreutziger (vers 1500/1504-1535) de 1524 (Erfurt). Chœur et l’ensemble des instruments en parties encastrées (forme de ritournelle) avec figurations instrumentales.
La mélodie et la strophe de ce choral apparaissent également dans les cantates BWV 96/6, BWV 132/6 qui ne figure pas dans la partition autographe et BWV 164/6 identique à 96/6.

Si bémol majeur (B), 35 mesures, C
BGA. Jg. V1. Page 89 à 92 | Oboe. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Chœur, hautbois, cordes, B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 618] : «…La formule de composition de la strophe de choral placée en conclusion d’une cantate est presque toujours in simplice stylo, à quatre parties en homophonie. Font exception à ce principe les cantates BWV 22, 23, 24, 27, 61, 75, 100, 106, 107, 109, 117, 129, 138, 143, 147, 186 et 192. »
BOMBA : «…Bach retourne au début de la cantate. Il intègre le mouvement du chœur à quatre voix, vers après vers, à l’intérieur du mouvement orchestral obligé. La voix chantée par les violons et les hautbois semblant pour ainsi dire coulée indéfiniment du début à la fin, semble vouloir se ranger du côté du deuxième élément de ses couples antagonistes dont parle le texte : Mort et résurrection, maladie et vie nouvelle ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 141/142] : « Incrustation du choral harmonisé dans une ritournelle de tous les instruments, de type II, sur mélodie de choral (MDC) 039. Technique des « ponts instrumentaux ». Ce procédé est utilisé fréquemment par Bach au début de la première année de Leipzig…il n’est pas une invention de Bach mais avait été assez souvent utilisé par son prédécesseur à Leipzig, Kuhnau ou par le cousin de Meiningen, Johann Ludwig Bach. Cette forme disparaît pratiquement à partir de 1724…»
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 182/183] : « Vaste composition de type II, incrusté, avec cantus firmus au soprano ; le hautbois et les cordes dessinent une ritournelle assez italienne de caractère… La strophe chantée est de type purement méditatif…… cette mélodie de choral consacré au Fils unique de Dieu peut être classée parmi les mélodies de choral destinées au Dogme. Elle appartient au répertoire de « L’Erfurter Enchiridion, c’est à dire aux tous premiers temps du luthéranisme ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 405] : «…On considère ce choral comme le premier Jesulied… du répertoire de l’Église luthérienne. Ce bref choral [quand même de 35 mesures] est accompagné d’un mouvement dansant très animé et joyeux ».
EKG 46 : Herr Christ, der einig Gottes Sohn. 15 Jahrhundert / Geistlich Erfurt 1524. Elisabeth Kreuziger (vers 1500-1535).
GARDINER : «…Renfermant différents rythmes de danse, la cantate BWV 22 rend hommage dans son dernier mouvement - choral en forme de moto perpetuo à l’élégante progression – au style de Johann Kuhnau…»… «… la cantate se referme sur un choral piacevole reposant sur une basse « marchante » symbolisant la pérégrination des disciples vers l’accomplissement…»
ISOYAMA : «…Le pieux choral terminal qui implore la vie nouvelle, requiert un chœur à quatre voix, riche d’expression aux instruments et à l’obbligato coulant avec élégance au hautbois et premier violon…»
LEMAÎTRE : «…La 5e strophe du lied d’Elisabeth Kreuziger (1524) retentit de façon homophone dans un environnement orchestral agréable : violon et continuo varient leur propre motif de deux mesures ; c’est donc une passacaille ».
MACIA [Tout Bach, page 105] : « Le choral final harmonise un cantique sobre de Kreuziger (1524) sur un unisson alerte des cordes qui imite une sorte de passacaille ».
NYS, Carl de : «…L’accompagnement instrumental est d’une richesse inhabituelle, puisque le hautbois et le premier violon ont des lignes indépendantes, richement ornées qui font songer à un choral figuré, mais qui expriment aussi par la marche rapide de leurs figures la prière insistante du texte : celui ci est une simple harmonisation verticale à quatre voix...»
[Cantates à Saint-Thomas, I] : Les figurations presque timides des violons dans le choral final sont du même ordre. Essai d’adaptation au goût du jour des auditeurs ? Peut-être. Désir de ne pas les choquer sans profit ? Sûrement ».
WITTAKER : «…Mélodie du choral anonyme. Figurations du violon en demi croches et la basse pleine de rigueur du début à la fin, en croches régulières, référence au voyage des apôtres ? »
WOLFF : «…Dans le choral conclusif, le hautbois s’unit aux premiers violons pour former une même partie supérieure figurée, en contrepoint des quatre voix du chœur ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 22

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par Brian Robins.
BRAATZ, Thomas : Texte et mélodie du choral Herr Christ, der einge Gottessohn.
en collaboration avec Aryeh Oron (mai 2006 – mars 2008).
: Commentaire (8 mars 2003) citant Spitta, Schweitzer, Whittaker, Dürr, Wolff, Little & Jenne.
: Provenance (6 mars 2003). – Détails (25 juin 2005).
BROWNE, Francis : Texte du choral Herr Christ, der einige Gottes Sohn (avril 2009). Les cinq strophes (allemand et anglais).
: Texte, en latin, de l’hymne de Noël Corde natus ex parentis d’Aurelius Prudentius.
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANUEL MUSIC : Notice par Craig Smith.
MINCHAM, Julian [BCW + NET jsbachcantatas.com] : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 44. 2010.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 2 mars 2003. 2] 19 juin 2005. 3] 18 avril 2010.
: Texte et mélodie du choral Herr Christ, der einge Gottessohn, en collaboration avec Thomas Braatz (mai 2006 – mars 2008).

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont) : The new translation of Cantata Texts. Hänssler/ Rilling. Les grandes cantates
Voir aussi le NET : Classics/faculty/bach/BWV
BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 22 = BC A 48.
BACH-DOKUMENTE (Johann Sebastian) : Leben und Werk in Dokumenten (ex Bach Dokumente). Bärenreiter-Verlag. VEB Leipzig. 1975.
Page 34 : Volume II /119 et 124. Épreuve, probatoire à Leipzig 9 février 1723.
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/81 Net www. Bach-Institut.de
BACH-JAHRBUCH
BJ 1976. pages 79, 83, 87 et 91. William H. Scheide : Rapport entre textes et sources musicales dans les cantates d’église de Bach.
BJ 1978. Pages 80, 83, 84, 85, 86. Christoph Wolff : L’épreuve d’entrée de Bach pour sa candidature de cantor à Leipzig, et l’histoire de
l’exécution de la cantate BWV 23…»
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 39, 157, 570 et 591/592
Volume 2, pages 248, 255, 279, 280, 283, 324, 618 et 833
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 7. 1998
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 141/142
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 182 à 184, 378
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 302 (101)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 128 (127)
CANTAGREL, Gilles : Bach en son temps. Pluriel 8360 / Hachette 1982. Pages 83, note 93, pages 469 et 87 à 92
: Le moulin et la rivière. Air et variation sur Bach. Fayard 1998. Page 261
: Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 60, 401 à 405
CHAILLEY, Jacques : Les Chorals pour orgues de J.-S. Bach. Le Duc 1974. Chorals pour orgue 78 à 82, pages 129 à 131
: Les Passions de J.-S. Bach. P.U.F. 1963. Page 72
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Page 105
DRIJVERS, P. : Les Psaumes / Genres littéraires et thèmes doctrinaux. Les Editions du Cerf 1958. Psaume 30, pages 92, 123, 195, 211
DUFOURCQ, Norbert : Jean-Sébastien Bach / Génie allemand ? Génie latin ? La Colombe 1947. Discographie, page 241
DÜRR, Alfred : Notice du coffret Das Kantatenwerk / Teldec / Leonhardt, volume 6. 1973
: Die Kantaten von J.S. Bach. Bärenreiter - Kassel 1951-1971. Volume 1, pages 44, 219 à 221.
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». Renvoi à EKG 46.
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement, volume 19. 2006. Traduction françazise de Michel Roubinet.
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Editions du Seuil, Paris 1970. Page 157 et note 62 de la page 358
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GÉROLD,Theodore : Les Musiciens célèbres / J.-S Bach. Henri Laurens, Editeur, Paris 1925. Pages 26 et 59.
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98691). En collaboration avec Arthur Hirsch. 1980.
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 15
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler Verlag 1986. CN 118, pages 37 et 92
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98691). En collaboration avec Marianne Helms. 1980.
: Interprétation symbolique des chiffres dans les cantates de Bach. La Revue musicale « Jean-Sébastien Bach /
contribution au Tricentenaire 1985. Pages 43 à 51
ISOYAMA, Tadashi : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 8. 1998
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard 1992. Pages 39/40
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 21 et 41. Incipit de la mélodie Herr Christ, der einig Gotts Sohn = M 36, page 271
MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d‘or). L‘Harmattan 2003. Page 327
MISSEL QUOTIDIEN / VESPERAL ET RITUEL, page 373 et suivantes. Editions Brepols. Turnhout 1951
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. V.E.B Breitkopf & Härtel 1971. Pages 22, 274 et 303
Littérature : 44 (Richter). 55 (Schering). 69 (Smend).
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv. Leipzig, 20 novembre 1970. Pages 19
Bach-Dokumente. Publication Bach-Archiv Leipzig 1969
: Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974.
Pages 64/65. Page 422 : Fac-similé de la couverture du fascicule Texte | zur Leipziger | Kirchen-Music | auf
Andern, dritten, vierten Sontage | nach der Erscheinung Christi… 1724.
Page 427 : fac-similé du texte “In der Kirche zu S. Thom. “ Page 512 : source du fascicule, Leipzig 1724 (Leningrad)
NYS, Carl de : Notice de l’enregistrement Rilling « Les grandes cantates », volume 9. 1978-1979 : Cantates à Saint-Thomas (I). Collection « Les Grands Musiciens ». Pierre Horay 1957. Pages 166 à 172
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955.
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PSAUTIER MONASTIQUE. Desclée & Cie Tournai 1938. Pages 85 à 89
PIRRO, André : J.-S Bach. Félix Alcan. 5e édition 1919. Pages 111/112
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PITROU, Robert : Jean-Sébastien Bach. Albin Michel 1941. Page 140
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ROMIJN, Clemens : Notice (sur CD, page 52) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
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Musikgeschichte, Bd. III. Leipzig 1941, page 30 et suivantes
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 28/29.
Literatur : Spitta, Schweitzer, Pirro, Parry, Wustmann, Wolff, Terry, Moser, Thiele, Schering, Neumann, Smend,
Bj 1904, 1905, 1906, 1913 à 1915, 1920, 1928 et 1932.
SCHNEIDER, Charles : Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942. Pages 78/79
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach |Le musicien-poète. Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 153
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 1, pages 112, 241. Volume 2, pages 149, 160, 189 (note), 202, 462 (note) et 465
SMEND, Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 69] Bach in Köthen. Berlin 1951.
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and Influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 350 à 353 et 679
SUZUKI, Masaaki : Notice de son enregistrement volume 8. 1998.
WESTRUP, J.A. : Bach Cantatas. BBC Music Guides 1966-1975. Page 23
WHITTAKER, W.G. : The Cantatas of Johann Sebastian Bach (Sacred & Secular). Oxford UP. 1959-1985
Volume 1, pages 171, 173 à177, 181, 421. Volume II, page 284
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 3. 1996
WOLLNY, Peter : Notice de l’enregistrement de Philippe Herreweghe. 2008
WUSTMANN, Rudolph: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentext. Breitkopf & Härtel.Wiesbaden (1913- 1967). Pages 85/86
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. Robert Laffont 1982. ZK 27, pages 82/83.
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 22

BACH CANTATAS WEBSITE
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent la discographie chronologique établie par Aryeh Oron.
9 références (octobre 2002 – mars 2011) + 18 mouvements individuels (octobre 2002 – août 2010).
Exemples musicaux (Audio). Février 2003 – janvier 2005).

6] GARDINER (volume 21) The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Alto : Claudia Schubert. Ténor : James Oxley.
Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. King’s College, Cambridge (GB). 5 mars 2000. Durée : 16’04
CD SDG 118. 2000-2006. Avec les cantates BWV 23, 127, 159
7] HERREWEGHE: Collegium Vocale Gent. Cologne. Alto : Matthew White. Ténor : Jan Kobow. Basse : Peter Kooy.
Cologne (D), novembre 2007. Durée : 16’18
CD HM 901998. 2009. Distribution en France, février 2009. Avec les cantates BWV 23, 127 et 159
*8] HIGBEE, Dale. Carolina Baroque. Soprano : Teresa Radomski. Contralto : Lee Morgan. Ténor : Richard Heard. Basse-baryton : Doug
Crawley. Chapelle luthérienne Saint-Jean de Salisbury (North Carolina). USA. Live, 10 octobre 2008. Durée : 16’33
CD Carolina Baroque 128. Avec les cantates BWV 131, 159, 18 et 61
3] KOOPMAN (volume 3). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Alto : Elisabeth von Magnus. Ténor : Paul Agnew. Basse : Klaus
Mertens. Durée : 16’24. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Septembre 1995
CD Erato 0630-14336-2. 1996. Reprise CD Antoine Marchand CC-72203. 2004
1] LEONHARDT (volume 6). King’s College Choir Cambridge. Leonhardt-Consort. Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse :
Max van Egmond. 1973. Durée : 17’47
Disque Teldec SWV 6 35032 SKW 6/1-2. Das Kantatenwerk, volume 6. 1973.
CD. Teldec 4509-91756 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 2. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
CD. Teldec Das Kantatenwerk 8 35032 ZL. Volume 6. 1985
Reprise CD Bach 2000. Teldec, volume 1. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à 14 et BWV 16 à 47
Reprise CD Warner Classics 8573-81206-5. Intégrale en CD séparés, volume 8. 2006.
5] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nici van der Meel. Basse : Bas Ramselaar.
Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL). Avril, septembre 1999. Durée : 17’29
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 5 - Cantates volume 2.
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 7/53. Avec les cantates BWV 111, 165 et 159
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle édition „augmentée“ (157 CD) + les partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon saint Jean et saint Matthieu.
9] LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola Seconda Pratica. Eglise évangélique de Trogen (CH)
DVD Live, 19 février 2010. Coffret Gallus Media. Bach Anthologie 2010. J.S. Bach Stiftung (association). St. Gallen. Zurich 2010
2] RILLING. Bach-Ensemble. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Alto : Helen Watts. Ténor : Adalbert Kraus. Basse :
Wolfgang Schöne. Gedächtniskirche, Stuttgart (D). Janvier 1977 et avril 1977. Durée : 18’30
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98691. 1977
Disque (F). Erato STU 71191. Les grandes cantates, volume 9. 1979. Avec la cantate BWV 132
CD. Die Bach Kantate (volume 28). Hänssler Classic. Laudate 98879. Vers 1989. Avec les cantates BWV 23 et159
CD. Hänssler edition bachakademie, volume 7. Hänssler-Verlag 92.007. 1998
4] SUZUKI (volume 8). Bach Collegium Japon. Contre-ténor : Yoshikazu Mera. Ténor : Gerd Türk. Basse : Peter Kooy.
Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Mai 1998. Durée : 16‘17
CD BIS 901. Distribution en France : 1998. Avec les cantates BWV 23 et 75


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 22

M-1. Mvt. 5] Transcription pour piano. Harriet Cohen. Avril 1928. Report CD Naxos Historical
M-2. Mvt. 5] Boyd Neel. Boyd Neel Strings Orchestra. Contralto Kathleen Ferrier. 3 septembre 1946.
Disque 78 tours Decca K 1543 AR 10546. Report CD (cité par Norbert Dufourcq. Voir ci-dessous).
M-3. Mvt. 5] David Willcocks. King’s College Choir Cambridge. Cambridge, juin-juillet 1967. Report en coffret de 2 CD EMI Classics
M-4. Mvt. 5] Jan Walkestijn. Boy’s Choir of Bavo’s Cathédral. Haarlem (GB ?). Disque MS SP 152. 1975
M-5. Mvt. 5] Alicia de Larrocha (transcription pour piano). Londres, juin 1977. Disque Decca et report en coffret de deux CD Philips
M-6. Mvt. 5] Raymond Leppard. Scottish Philarmonic Singers & Orchestra. 1984 CD Erato
M-7. Mvt. 5] Transcription pour deux guitares. Christopher Parkening & David Brandon. CD EMI Digital. 1990
M-8. Mvt. 5] Trompette (Maurice André) ; Orgue (Hedwig Bilgram. Montélimar (F). Avril 1991. CD EMI Classics
M-9. Mvt. ?] Mouvement tiré de la cantate BWV 22. Czech Philarmonic Brass (trombone, orgue et trompette). Prague (Tch.) 1992.
CD Koch Discover International
M-10. Mvt. 5] Orgue Jermey Filsel. Lancing College. Sussex (GB). Juin 1995. CD Guild
M-11. Mvt. 5] Orgue : Kevin Bowyer. Chichester Cathedral (GB). Août 1995. CD Nimbus (for Weddings).
M-12. Mvt. 5] Ton Koopman. Amsterdam Baroque Orchestra + Violoncelle (Yo-yo Ma. Août 1998. CD « Simply Baroque » Sony Classics
M-13. Mvt. 5] Rick Erickson. The Holy Trinity Bach Choir. Église luthérienne de la Sainte Trinité. New York. USA.
CD Ausburg Fortress. Mars 1999
M-14. Mvt. 5] Stephen Cleobury. King’s College Choir & Academy of Ancient Music. Juin et juillet 1999 – janvier 2000. CD EMI Classics
M-15. Mvt. 5] Bach-Cohen. Transcription pour piano : Angela Hewitt. Londres (GB). 1 au 4 avril 2011. CD Hyperion 67309
M-16. Mvt. 5] Transcription pour orgue. Olivier Latry. Notre-Dame de Paris (F). Novembre et décembre 2003. CD DGG
M-17. Mvt. 5] Transcription pour orgue. Helge Gramstrup. Octobre 2004, mai-août 2005. Arhus (DK). CD Classic O
M-18. Mvt. 5] Transcription pour piano. Jonathan Plowright. 7 au 10 juillet 2005. CD Hyperion 64481/1.

Discographie de Norbert Dufourcq (disques 78 tours, avant 1947) :
Choral [5] « Ertöt’ uns durch deine Güte » : Harriet Cohen (transcription pour piano). Grande Bretagne : Columbia LB 21 - Columbia 4740 - Columbia DB 1533. USA Columbia 17053 D
Choral [5] « Ertöt’ uns durch deine Güte » : Suisse : Dorothea Salmon (transcription pour piano) : Disque G. JK.31

Choral « Herr Christ der ein’ge Gottes Sohn » : Orchestre à cordes Boyd Neel, direction Boyd Neel..
Grande Bretagne Disque Decca K. 1543
M-1. Mvt. 5] Une transcription pour orgue par Maurice Duruflé. Source inconnue. Avant les années 1970. 

Orgelchoräle und Choralsätze zu Advent und Weihnachten. Orgelbüchlein, n° 3 (BWV 601).
Première strophe du cantique Herr Christ, der einige Gottes Sohn . Helmuth Rilling, Orgel. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart.
Disque Bärenreiter 1965 et report CD Cantate - Musicaphon C 57607. 1984


ANNEXE BWV 22
SPITTA, Philipp


SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and Influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes

Volume II, pages 350 à 353 : «…Le morceau d’épreuve de Bach fut exécuté le dimanche juste avant le carême (7 février 1723). C’était la cantate «Jesus nahm zu sich die Zwölfe ». La cantate « Du wahrer Gott und Davidssohn » semble avoir été initialement prévue car il est reconnaissable que toutes deux ont été composées à la même période alors qu’il était encore à Cöthen. [BWV 23 était d’un style trop grave et élaboré par rapport au style de Kuhnau, doux et mélodieux]. Dans la cantate Jesus nahm zu sich die Zwölfe, (Bach) s’adapte plus à ce style. Le chœur fugué du premier mouvement, montre une simplicité dans le contrepoint qui se retrouve ordinairement dans les ouvrages de Telemann et qui nous étonne chez Bach. Un agréable air de ténor [4] est suivi d’un simple choral dans lequel le chœur à quatre parties est accompagné par les instruments supérieurs en contrepoint de doubles croches prolongés durant les interludes. C’était une forme très prisée à l’époque. Bach lui-même l’a bien utilisé mais ici enrichie dans plusieurs passages (second violons et viola). Les autres numéros sont très intéressants, spécialement le début du premier, avec un unisson pour ténor et basse. La partie instrumentale la plus développée est cependant plus un accompagnement qu’une pièce indépendante. Ce seul morceau nous prouve combien Bach connaissait son art. L’ouvrage en entier est bien conçu mais il ne peut être considérer d’un mérite égal [à BWV 23] qui semble avoir été exécuté le dimanche avant carême 1724 ».
Volume 2, Appendix n° 19, page 679. « Cantate probatoire de Bach et cantates écrites entre 1723 et 1724. [porte essentiellement sur la cantate BWV 23] : « le texte de cette cantate (BWV 23) et celui de la cantate finalement utilisée (BWV 22) comme test de compétence sont à l’évidence du même poète et nous en connaissons parfaitement la datation ».


C. Role. Septembre 2011

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Last update: October 7, 2011 19:30:00