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Cantata BWV 134
Ein Herz, das seinen Jesum lebend weiß
Commentary in French

KANTATE (CONCERTO) AM DRITTEN OSTERTTAG (3e jour de Pâques)
Leipzig, 11 avril 1724

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 134 - Alfred Dürr

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (1850-1899).
BGA = Bach Gesellschaft Ausgabe, ou édition d’ensemble (Gesamtausgabe) des œuvres de Bach à partir de 1851
Bj = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ».

 

DATATION BWV 134

Leipzig, le mardi 11 avril 1724, „In derKirche zu St. Nicolaï“ (à l’église Saint Nicolas) est-il précisé sur les livrets 1724 et 1731
Premier cycle des cantates 1. Jahrgang Kantaten

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 256]: Reprise de la cantate le 27 mars 1731 [pages 327-328]: La parodie [BWV 134] a connu trois versions: la première avec une musique identique à celle de BWV 134a, la seconde avec de nouveaux récitatifs (pour une nouvelle exécution donnée le 27 mars 1731 à l’église saint-Nicolas), la troisième avec des variantes dans les arias et le choeur final (peut-être présentée le 11 avril 1735 » [signalé également par Werner Neumann].
HIRSCH: 1728 (ou 1729). Classement CN 35 (Die chronologisch Nummer)
Chronologie (d’après A. Dürr): Passion selon Saint-Jean (7 avril 1724) - BWV 4 (reprise le 9 avril 1724 et le même jour BWV 31) - BWV 66 (lundi 10 avril 1724) - BWV 134 (mardi 11 avril 1724) - BWV 67 (dimanche de « Quasimodo », 16 avril 1724) - BWV 104 (dimanche « Misericordia », 23 avril 1724) - BWV 12 (dimanche « Jubilate », 30 avril 1724).
SCHMIEDER: vers 1731
SMEND:[à propos de BWV 134a,]: « Bach aurait écrit pour la cour de Köthen au moins vingt-quatre cantates... avec réutilisation à Leipzig, soit sous forme de parodie, soit par refonte ».
SPITTA: 1735. Justifiée par le filigrane « I b D » (reproduit dans Johann Sebastian Bach, volume III, page 284) avec BWV 15, 66 et 43
ZWANG: «Une deuxième version a été exécutée vers 1731 avec de nouveaux récitatifs ».

 

SOURCES BWV 134

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB Mus. ms. Bach P 44. Avec de très nombreuses rectifications et une version autographe (même référence), cette fois au net, d’élaboration plus tardive, postérieure (1731-1735) aux parties séparées St. 18
Pour NBA la version de 1724 est la référence première, les autres révisions sont la deuxième (St. 18) et la troisième, la copie au net la plus tardive.
+ P 1138. Deux feuillets, 4 pages autographes (sans le texte) cité par BGA 1881. Début [1]

Berlin. Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz, anciennement en dépôt à Tübingen universitätsbibliothek (West Germany, avant 1989).
BGA (1881) Titre de l’autographe au net: « Feria 3 Pashatos -sic- [Paschatos] / Ein Hertz das [seinen] Jesum lebend weiss / à / 4 Voci / 2 Hautbois / 2 Violini / Viola / e / Continuo / di / Joh : Seb : / Bach ». A la fin (3e version au net) signature : « J. J. - S.D. Gl.

BASSO: Cette cantate fit partie du catalogue des œuvres ayant appartenues à Carl Philipp Emanuel Bach Emanuel. Comportant 86 cantates sacrées), il fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ».
HERZ: Filigrane partiellement „IMK“. Spitta donne „I b D“
BGA (1881): La partition autographe était en la possession de W. Kraukling, peintre d’histoire, à Dresde
SCHMIEDER: 16 folios dont 30 pages écrites, in 4°. + Deux feuillets, 4 pages autographes (sans le texte) référencés P 1138 Dénomination « Concerto »

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
BB Mus. ms St. 18 .Deutsche Staatsbibliothek Berlin (avant 1989, West Germany)
HERZ: Copistes signalés: Christoph Gottliob Meissner (1707-1760) et Johann Andreas Kuhnau (neveu, né en 1703 de l’ancien cantor Kuhnau) dans sa période médiane à Leipzig...
SCHMIEDER: 15 voix dont seulement la partie de ténor est autographe

ÉDITIONS

SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT (BG).
Jg. XXVIII, Pages 83-118. BWV 131-140, anh. 134a. Révision et commentaires par Wilhelm Rust, 1881
Page 287. BWV 134 Anhang: Sous ce titre sont effectuée les comparaisons du texte et les modifications opérées dans la musique d’après la première version qui, dans BGA 1881 est la cantate BWV 134a classée simultanéments dans les années XXVIII et XXIX de l’édition. Il y a donc quatre versions dans BGA 1881: celle de Coethen, celle de 1724, les parties séparées et la „belle“ copie au net.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I/ BAND 10. KANTATEN ZUM 2 UND 3. OSTERTAG
Bärenreiter Verlag BA 5004. 1955. Herausgegeben von A. Dürr. 5 fac-similés.
BWV 134a. Dritte Fassung und 3 Varienten der 1. Fassung. Pages 71-107 et 108-110
- [Tenor, 1] BB Mus. ms St. 18. Bach P 44,3. [1] : Bl. 2
Avec BWV 66, 6, 145, 158
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5004 41. A. Dürr 1955-1956 puis février 1974
Dans le coffret Teldec / Telefunken, Leonhardt / volume 33 (de 1984), la partition est celle de la NBA

AUTRES ÉDITIONS
Bärenreiter. Edition de poche n° 55 (Taschenpartituren). Kassel 1958. Avant-propos d’Alfred Dürr. Göttingen, juillet 1958
Texte d’après la Neue Ausgabe Institut Göttingen. « Directeur », parties instrumentales et vocales BA 5107 et 5107a
Breitkopf & Härtel. Partition d’orchestre. Ancienne référence PB 2984. En 2008 PB 4634
Réduction chœur et accompagnement ChB 1893. En 2008, OB 7134
BCW. Réduction voix et accompagnement.
Partition BGA
Exemples musicaux

 

PÉRICOPE BWV 134

Cantate pour le 3e jour de Pâques (Feria 3 Paschatos)
[Aucune référence biblique littérale n’a été repérée. On peut évoquer, surtout dans [1] la joie du chrétien, à Pâques, sachant « son » Christ ressuscité…]
Lectures:
Épître: Actes des Apôtres 13, 26-33 [PBJ 1644-1645]. Prédication de Paul devant les JuifsMais Dieu l’a ressuscité ; pendant de nombreux jours il est apparu… »
Évangile: Luc 24, 36-47 [PBJ 1583]. Jésus apparaît aux Apôtres. Renvoi à Jean 20, 19-23 [PBJ 1621]

Même occurrence: BWV 145 (19 avril 1729) et BWV 158 (Pour cette dernière, J. Rifkin donne le 15 avril 1727 ou le 30 mars 1728)
WOLFF: « Le livret d’un auteur inconnu demeure sans lien avec l’évangile de ce jour
[Le texte de la cantate BWV 66 exécutée la veille peut avoir eu le même auteur que BWV 134, toutes deux sont des parodies tirées de l’époque de Coethen].

 

TEXTE BWV 134

L’auteur du texte est inconnu. Il est parfois supposé (sans certitude) que Bach en est l’auteur, compte tenu des arrangements « sur mesure » qui ont été opérédans les récitatifs
« Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte (Werner Neumann): Page 430: Facsimilé du livret de 1724. Page 441: Facsimilé du livret de 1731

3] I. Corinthiens 15, 26 [PBJ 1705]. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort…
4] Luc 24, 36 [PBJ 1583]. Jésus apparaît aux apôtres. Dans la cantate: « Le Sauveur paraît et nous console de nouveau ».

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 260 et 832]: « trois fascicules conservés du temps de Bach à Leipzig contiennent le texte imprimé de cantates parmi lesquelles figure (dans le premier) celui de BWV 134 (avec ceux des cantates BWV 31, 66, 42 et 112). Six nouveaux fascicules découverts par Wolf Hobohm en 1971 à Léningrad [Basso a écrit ceci en en 1983] contiennent d’autres cantates et dans le second, les textes de BWV 31, 66, 67, 134 et 104 … »
BOMBA: « …Dans cette cantate [BWV 134] Bach se servit largement des émotions fondamentales telles que la louange, l’action de grâces et le renouveau religieux qui donnent leur caractère aux festivités du Nouvel an [voir BWV 134a] ou encore à la fête de la Résurrection à Pâques. La structure du dialogue de la cantate BWV 134 trouve donc son origine dans la cantate BWV 134a… Par conséquence, les deux cantates doivent se passer non seulement du choral d’ouverture représentatif mais aussi de toute parole biblique ainsi que du choral final… »
HERZ: Auteur inconnu... Jean-Sébastien Bach ?
HIRSCH: Classement « B4 » = Bach ?
HOFMANN: « …les faiblesses de la poésie sont néanmoins évidentes [Bach] serré comme il l’était par le matériel original [BWV 134a]… ne pouvait pas développer les idées théologiques sur une plus grande échelle. Le texte reste généralisé, en hommage au sacrifice de Jésus… ...Quoiqu’il en soit, il [Bach] resta fidèle au texte parodique de 1724 et, même au cours de la révision de l’œuvre, il ne toucha pas au texte, mais changea seulement sa propre musique. Les révisions concernèrent surtout les récitatifs qu’il finit par recomposer entièrement (dans la version de 1735) avec une déclamation améliorée et avivée… »
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach…, page 512]: facsimilé de 1721. Fascicule d’un recueil Leipziger Kirchen Music (avec les cantates BWV 31, 66, 67, 104).
NYS, Carl de: «…l’expressivité du langage musical de Bach très intimement imprégné des théories des « affections » de l’ère baroque, apparaît dans les récitatifs dont on peut suivre attentivement l’adaptation des mélodies au détail du texte chanté, ce qui est d’autant plus significatif qu’il s’agit dans les trois récitatifs, de duos… »
SCHUHMACHER: « …en 1724 Bach, réalisant une toute simple parodie, s’était contenté d’adapter, de manière parfois mécanique, un nouveau texte aux parties vocales et n’avait même pas écrit une nouvelle partition. C’est à une date ultérieure à 1731 que l’œuvre acquit sa version définitive dans laquelle on la joue aujourd’hui… Le rattachement au texte demeure-t-il superficiel en comparaison d’autres cantates… »
SPITTA: Auteur inconnu|

[Dans l’état actuel des connaissances, en ce qui concerne les récitatifs que Bach aurait modifiés, il ne paraît pas y avoir de certitudes établies Le fait est que, dans son « Sämtliche von Johann Sebastian Bach », Werner Neumann publie en facsimilés les textes contenus dans les livrets de 1724 et 1731… ils sont identiques. Quid de la version de 1735?]

 

GÉNÉRALITÉS BWV 134

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 618]: Comme BWV 134, treize cantates ne présentent pas de choral. Voir BWV 34, 35, 64, 63, 82, 150, 152, 170, 173, 181, 191, 193, 196… »
BOMBA: « …Parodie d’une cantate profane [BWV 134a] « Die Zeit, die Tag und Jahre macht / Le temps qui fait les jours et les années », en l’honneur du prince Léopold von Anhalt Coethen, le 1er janvier 1719, sur un texte de Christian Friedrich Hunold (1681-1721) alias Menantes) . … lors de la transformation de la cantate BWV 134a en cantate BWV 134, Bach a renoncé à un récitatif (n° 5) et à une aria (n° 6). Pour le reste de la musique, il l’a laissé plutôt dans son état original… Toutefois, pour une exécution ultérieure en 1731, il recomposa entièrement les trois récitatifs n° 1, 3 et 5, même s’il s’est inspiré des récitatifs existants et y recouvrit les voix de feuilles rectificatives. Ce n’est qu’en suite qu’il attaqua la copie au net d’une nouvelle partition, au cours de laquelle il apporta d’autres modifications…»
GARDINER [Bach Cantatas Pilgrimage]: « …musique née de la danse, débordante de vie et de séduction, comme il sied aux festivités faisant suite à la Résurrection… Coethen, période heureuse de la vie de Bach…»
HALBREICH: « La cantate BWV 134 provient d’une cantate profane écrite pour souhaiter une bonne année 1719 aux Princes d’Anhalt-Coethen, et Bach s’est contenté d’en changer hâtivement les paroles pour la faire entendre à Leipzig le troisième jour de Pâques 1724. Sept ans plus tard, il écrivit tout de même de nouveaux récitatifs [ceci ne semble pas se vérifier dans les livrets publiés par Werner Neumann], mais la partition conserve son caractère profane d’origine: ni paroles bibliques, ni choral, ni rapports du texte avec les lectures du jour… C’est une œuvre qui s’écoute avec beaucoup d’agrément, et qui possède même une page de premier ordre: le duo pour contralto et ténor [4], avec ses deux violons et son alto brillamment concertants. »
HOFMANN: « …cantate jumelle avec BWV 66 également d’origine profane à Coethen, jouée la veille le 10 avril 1724 mais reprise également en 1731… les deux furent considérablement révisées vers Pâques1735... »
NYS, Carl de: « …Il semble bien que Bach ait songé d’abord à réécrire toute la partition, mais que cette entreprise fut abandonnée, faute de temps, après la première page. Il a donc utilisé les parties instrumentales de la cantate destinée au duc d’Anhalt-Coethen: il suffisait de supprimer les parties non utilisées et de recopier des doubles pour un plus grand nombre d’exécutants. Pour les parties chantées, Bach a fait recopier la musique de la cantate profane sans les paroles; il a ensuite écrit le nouveau texte sous la musique antérieure en opérant à cette occasion les légères modifications devenues nécessaires ».
«…Cette première adaptation de la cantate profane [1724] au culte n’est pas la forme définitive. Bach a repris l’œuvre par la suite, très probablement pour le culte après 1731, puisqu’on a retrouvé un livret de cette œuvre avec de nouveau récitatif imprimé en 1731 [en fait l’examen des livrets proposés en facsimilés par Werner Neumann (Sämtliche von Johann Sébastian Bach…) années 1724 et 1731 ne montre pas de différences]. Cette nouvelle composition a dû être fort simplement adaptée au matériel existant, à savoir en intercalant de nouvelles feuilles dans les parties, recouvrant l’ancien texte et sa musique. Sous cette forme entièrement satisfaisante, il semble bien que le cantor ait repris plusieurs fois cette œuvre qu’il aimait beaucoup - et on le comprend d’autant mieux que cette musique nous séduit encore par une alacrité rythmique et une force joyeuse qui convient admirablement à la traduction musicale de la joie pascale, et qui est d’ailleurs très proche de certains mouvements des fameux « concerts » dédiés au margrave Chrétien Louis de Brandebourg… La version enregistrée ici [Erato / H. Rilling] est celle avec les nouveaux récitatifs, donc la forme définitive de l’œuvre. La partition autographe intitule cette version définitive concerto, mais nous savons que cette qualification est l’une de celles que Bach utilise le plus souvent… La provenance de la musique d’une composition originale profane est soulignée par le caractère nettement dansant des rythmes des arias…»

 

DISTRIBUTION BWV 134

NEUMANN: Alto, Tenor. – Chor. Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: A, T. Chor: S, A, T, B. Instruments: Oboe I, II; Viol. I, II; Vla.; Continuo

 

APERÇU BWV 134

1] REZITATIV TENOR. BWV 134/1

Tenor: EIN HERZ, DAS SEINEN JESUM LEBEND WEIß, / EMPFINDET JESU NEUE GÜTE / UND DICHTET NUR AUF SEINES HEILANDS PREIS.
Alt : WIE FREUET SICH EIN GLÄUBIGES GEMÜTE !
Ténor: Un cœur qui sait son Jésus vivant / Ressent la bonté renouvelée de Jésus / Et ne rend gloire qu’à sonSauveur.
Alto: Quelle joie est celle d’une âme croyante !

BGA. 1881. Page 83. Récitatif secco. Si bémol majeur → Si bémol majeur, C, 9 mesures,
NEUMANN. Récitatif de ténor suivi d’un arioso à l’Alto
SCHMIEDER. Ténor ; Alto (arioso) ; Continuo

BOMBA [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 327-328]: « Comme dans BWV 173 et 184, l’œuvre s’ouvre sur un récitatif qui ici, quoique très court, est réparti entre deux voix…d’ailleurs, on retrouve une structure en dialogue dans les numéros 3-4 et 5 suivant le plan d’origine [BWV 134a]…»

2] ARIE TENOR. BWV 134/2

AUF, GLÄUBIGE, SINGET DIE LIEBLICHEN LIEDER, / EUCH SCHEINET EIN HERRLICH VERNEUETES [Wustmann et Neumann: variante „erneuetes“] LICHT ! / DER LEBENDE HEILAND GIBT SELIGE ZEITEN, / AUF! SEELEN, IHR MÜSSET EIN OPFER BEREITEN, / BEZAHLET DEM HÖCHSTEN MIT DANKEN DIE PFLICHT !
Allons, croyants, chantez les suaves cantiques, / Une magnifique lumière brille de nouveau à vos yeux ! / Le Sauveur vivant donne des temps heureux, / Ames, allons, il faut que vous lui, offriez un sacrifice, / Le devoir est de payer d’actions de grâces le Très-Haut !

BGA. 1881. Pages 83-90. Si bémol majeur, 3/8, 328 mesures. Da capo. Rythme ternaire
[Avec le mouvement 6], l’une des plus longs mouvements connus parmi les cantates de Bach]
NEUMANN : Ténor ; ensemble instrumental. Da capo. Repris de BWV 134a/2
SCHMIEDER. Ténor ; Ob. I, II, Viol. I, II, Vla. ; Continuo

HOFMANN: « …La première aria suit immanquablement le modèle de danse du passepied de cour… »
PIRRO [L’Esthétique. La direction des motifs, pages 25-26]: « Les verbes composés avec la préposition « auf / sur » inspirent à Bach, le plus souvent des thèmes montants… motif analogue dans BWV 134/2 sur les mots « Debout, debout fidèles » [+ exemple musical ; BG XXVIII, page 184]
SCHUHMACHER: « …l’air de ténor tire son impulsion de l’interjection « Auf, auf » et contient des figures d’ordre général sur les mots « Lieder /chants » et « scheinet / brille », mais pas sur les paroles « Licht / lumière » ou « der lebende Heiland / Le Sauveur vivant », ce qui n’empêche pas l’air d’éblouir par sa sonore écriture orchestrale alliant les hautbois aux violons ».
WHITTAKER [tome I, 330] : Sauts d’octave sur « Auf ! auf »
WIJNEN: « Étonnante aria, profondément joyeuse, dans laquelle, l’appel « Auf » conditionne tout le discours musical… le mot « Höchsten » bénéficie naturellement de la note la plus aiguë ».

3] REZITATIV (DIALOG), TENOR, ALT. BWV 134/3

Tenor: WOHL DIR, GOTT HAT AN DICH GEDACHT, / O GOTT GEWEIHTES EIGENTUM ; / DER HEILAND LEBT UND SIEGT MIT MACHT, / ZU DEINEM HEIL, ZU SEINEM RUHM / MUß HIER DER SATAN FURCHTSAM ZITTERN / UND SICH DIE HÖLLE SELBST ERSCHÜTTERN. / ES STIRBT DER HEILAND DIR ZU GUT / UND FÄHRET VOR [Wustmann: variante 1731 „für“] DICH ZU DER HÖLLEN, / SOGAR VERGIEßET ER SEIN KOSTBAR BLUT, / DAß DU IN SEINEM BLUTE SIEGST ; / DENN DIESES KANN DIE FEINDE FÄLLEN, / UND WENN DER STREIT DIR AN DIE SEELE DRINGT, / DAß DU ALSDANN NICHT ÜBERWUNDEN LIEGST.
Alt: DER LIEBE KRAFT IST VOR [Wustmann: variante „für“] MICH EIN PANIER / ZUM HELDENMUT, ZUR STÄRKE IN DEM STREITEN ; / MIR SIEGESKRONEN ZU BEREITEN / NAHMST DU DIE DORNENKRONE DIR, / MEIN HERR, MEIN GOTT, MEIN AUFERSTANDNES HEIL, / SO HAT KEIN FEIND AN MIR ZUM SCHADEN TEIL.
Tenor: DIE FEINDE ZWAR SIND NICHT ZU ZÄHLEN !
Alt: GOTT SCHÜTZT DIE IHM GETREUEN SEELEN.
Ten: DER LETZTE FEIND IST GRAB UND TOD !
Alt: GOTT MACHT AUCH DEN ZUM ENDE UNSRER NOT.
Ténor: Heureux que tu es, Dieu a pensé à toi, / Etre voué à Dieu et lui appartenant ; / Le Sauveur vit et vainc par sa puissance ; / Pour ton salut, pour sa gloire, / Satan est ici-bas condamné à trembler craintivement / Et les enfers eux-mêmes à être ébranlés. / Le Sauveur meurt pour ton bien / Et se rend pour toi aux enfers ; / Il répand même son sang précieux / Afin que tu vainques par son sang / Car celui-ci peut abattre les ennemis / Et afin que, lorsque l’altercation menace ta vie, / Tu ne gises pas vaincu.
Alto: La vertu de l’amour m’est une bannière / D’héroïsme, de force dans les combats ; / C’est pour me ceindre de couronnes de triomphe / Que tu as revêtu la couronne d’épines, / Mon Seigneur, mon Dieu, mon Sauveur ressuscité ; / Aucun nul ennemi ne peut-il me nuire.
Ténor: Les ennemis sont certes en nombre incalculable/
Alto: Dieu protège les âmes qui lui sont fidèles.
Tenor: Le dernier ennemi est le tombeau, avec la mort !
Alto: D’eux aussi Dieu fait la fin de notre misère.
Citation de I Corinthiens 15, 26 [PBJ 1705]. Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort pour, dans la cantate: « Le dernier ennemi est le tombeau, avec la mort ! »

BGA. 1881. Pages 91-92 Sol mineur Mi bémol majeur, C, 32 mesures.
NEUMANN: Ténor, Alto. Récitatif secco
SCHMIEDER. Ténor, Alto, Continuo

PIRRO [L’Esthétique. Formation des motifs, pages 48-49]: « …Bach emploie également des sixtes mélodiques pour exprimer des souhaits de bonheur, et pour traduire la résignation souriante… ici sur les mots « Wohl dir [+ Exemple musical, BGA XXVIII, page 91].

4] ARIE (DUETT), ALT, TENOR. BWV 134/4

WIR DANKEN UND [Variante, Neumann: „wir“] PREISEN DEIN BRÜNSTIGES LIEBEN / UND BRINGEN EIN OPFER DER LIPPEN VOR DICH. / DER SIEGER ERWECKET DIE FREUDIGEN LIEDER, / DER HEILAND ERSCHEINET UND TRÖSTET UNS WIEDER / UND STÄRKET DIE STREITENDE KIRCHE DURCH SICH.
En remerciement et glorification de ton amour fervent, / Nos lèvres te font une offrande. / Le vainqueur fait naître les joyeux cantiques, / Le Sauveur paraît et nous console de nouveau. / Fortifiant ainsi l’Eglise militante.
Citation (allusion à) Luc 24, 36 [PBJ 1583]. Jésus apparaît aux apôtres.

BGA. 1881. Pages 91-102. Mi bémol majeur, C barré, 196 mesures. Da capo.
NEUMANN: Alto, Ténor. Ensemble instrumental. Forme Da capo. Reprise de BWV 134/4
SCHMIEDER: Alto, Ténor ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo

GARDINER: « Air empreint d’une assurance et d’un élan rythmique véritablement digne d’un « Brandebourgeois ».
HOFMANN: « …l’aria pour deux voix…, où le premier violon ressort constamment comme un soliste de concerto, repose sur les paroles « Es streiten, es siegen » [de BWV 134a/4] …Dans la version parodique [BWV 134] ce mot-clé [streiten] passe presque inaperçu dans la phrase « die streitende Kirche / l’église militante ».
NYS, Carl de: « …le duo en mi bémol est un mouvement les plus longs de toute l’ouvre que Bach destina à l’église: près de deux cents mesures avec un important da capo ; il semble que Bach ait conçu la cantate originale à 4/4 et que lors de l’adaptation au mardi de Pâques, il ait accéléré le tempo en indiquant le mouvement alla breve avec C barré… »
ORON (BCW): «...Nous trouvons ici la seule référence de Bach à l’évangile du jour... »
PIRRO [L’Esthétique. Les mélodies simultanées, page 132]: « L’union parfaite des âmes qu’un même sentiment occupe tout entières se manifeste encore par le symbole des consonances »… Renvois aux cantates BWV 79 et, 155.
SCHUHMACHER: « ...Duo avec son premier violon conduit en soliste et ses voix solistes conduites la plupart du temps parallèlement, tandis que le continuo est savamment fondu à la partie vocale ».
[Mélismes sur les mots „danken (alto et ténor, mesures 20-24 puis 33-36, à l’alto, mesures 56-57) - „Opfer“, (ténor, mesures 29-31) - et „trostet“ (alto, mesures 103-106)]
WIJNEN: « … fantastique duo débordant de louanges et d’amour : tantôt [Alto et Ténor] chantent ensemble, tantôt ils semblent jouer à cache-cache…»

5] REZITATIV TENOR, ALT. BWV 134/5

Tenor: DOCH WIRKE SELBST DEN DANK IN UNSERM MUNDE, / INDEM ER ALLZU IRDISCH IST ; / JA SCHAFFE, DAß ZU KEINER STUNDE / DICH UND DEINE WERK KEIN MENSCHLICH HERZ VERGIßT ; / JA, LAß IN DIR DAS LABSAL UNSRER BRUST / UND ALLER HERZEN TROST UND LUST, / DIE UNTER DEINER GNADE TRAUEN [Wustmann et Neumann: variante „deiner Gnade sich vertrauzen“], / VOLKOMMEN UND UNENDLICH SEIN. / ES SCHLIEßE DEINE HAND UNS EIN, / DAß WIR DIE WIRKUNG (würkung) KRÄFTIG SCHAUEN, / WAS UNS DEIN TOD UND SIEG ERWIRBT, / UND DAß MAN NUN NACH DEINEM AUFERSTEHEN / NICHT STIRBT WENN MAN GLEICH ZEITLICH STIRBT, / UND WIR DADURCH ZU DEINER HERRLICHKEIT EINGEHEN.
Alt: WAS IN UNS IST, ERHEBT DICH, GROßER GOTT, / UND PREISET DEINE HULD UND TREU ; / DEIN AUFERSTEHMACH SIE WIEDER NEU, / DEIN GROßER SIEG MACHT UNS VON FEINDEN LOS / UND BRINGET UNS ZUM LEBEN, / DRUM SEI DIR PREIS UND DANK GEGEBEN.
Ténor: Mets toi-même nos paroles de grâces en valeur dans notre bouche, / Où elles ne paraissent que trop temporelles ; / Oui, fais qu’à aucun moment, / Un cœur humain ne t’oublie, toi et ton œuvre ; / Oui, fais que la délectation de notre poitrine / Et que la consolation et le plaisir de tous les cœurs / Qui ont confiance en ta grâce, / Soient parfaits et infinis. / Que ta main nous enveloppe / Afin que nous ressentions puissamment ses effets, / Que nous valent ta mort et ta victoire, / Et afin qu’après ta résurrection / On ne meurt pas même si on meurt temporellement, / Et que nous puissions ainsi accéder à ta gloire.
Alto: Ce qui est en nous t’élève, Dieu puissant, / Et glorifie ta grâce et ta fidélité ; / Ta résurrection les renouvelle, / Ta grande victoire nous libère de nos ennemis / Et nous redonne la vie ; / C’est pourquoi nous te glorifions et te remercions.

BGA. 1881. Page 103. Ut mineur → Si bémol majeur, C, 27 mesures
NEUMANN: Ténor, puis Alto avec ici des éléments arioso encastrés. Récitatif Secco
SCHMIEDER: Ténor, Alto ; Continuo

6] CHORSATZ. BWV 134/6

ERSCHALLET, IHR HIMMEL, ERFREUE DICH, ERDE, / LOBSINGE DEM HÖCHSTEN, DU GLAUBENDE SCHAR ! / ES SCHAUET UND SCHMECKET EIN JEDES GEMÜTE / DES LEBENDEN HEILANDS UNENDLICHE GÜTE, / ER TRÖSTET UND STELLET ALS SIEGER SICH DAR.
Que les cieux retentissent, que la terre se réjouisse, / Que la légion des croyants chante des louanges au Très-Haut ! / Toute âme contemple et goûte / L’infinie bonté du Sauveur vivant, / Lui qui réconforte et qui s’affirme le vainqueur.

BGA. 1881. Pages 104-118. Si bémol majeur, 3/8, 416 mesures. Rythme de danse, un « Passepied » Da capo
[Avec le mouvement 2], l’un des plus longs mouvements connus dans les cantates de Bach. Voix solistes en duo encastrées dans un choeur].
NEUMANN. Forme da capo. Partie A: homophone avec instruments en imitations alternées.
Partie B: Extension du chœur par un duo Alto et Ténor avec éléments vocaux fugués et parties imitatives de la section A. Ensemble instrumental.
SCHMIEDER. Chor: Soprano, Alto, Ténor, Basse ; Ob. I, II ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo

BOMBA [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 327]: « …l’œuvre se clôt sur un ample chœur avec da capo, à l’intérieur duquel la section B se joue entre des structures à deux et à quatre parties, clair écho d’une écriture originairement pour voix « seules », et non pour un tutti confié au chœur ».
GARDINER: « Affinité de ce chœur final avec le premier chœur de BWV 66, avec ses alternances des voix solistes et du chœur ».
HOFMANN: « …Le chœur final est une transformation spirituelle de l’optimisme de nouvelle année de la cantate originale encore une fois dans le rythme de danse « profane » de passepied… »
ORON (BCW): «...Ce choeur semble plus un duo pour deux choeurs de sopranos et de basses qu’un choeur au sens habituel. Les ritournelle de l’orchestre, avant et après les sections vocales, paraissent vraiment longues... »
NYS, Carl de: « C’est le chœur final -en fait une alternance entre le duo des voix solistes et les quatre voix du chœur avec tous les instruments - qui est le plus évidemment une danse joyeuse à 3/8 dans la tonalité presque agreste et pastorale de si bémol majeur, ce qui correspond au symbolisme de la saison. Le plus étonnant, comme c’est souvent le cas chez Bach, est qu’une forme aussi puissamment unifiée que ce dernier chœur (avec même des fugatos) puisse toute de même faire un sort à tel ou tel mot caractéristique du texte ». [Le mot « Schar / légion » n’est pas cité par Carl de Nys].
WHITTAKER [tome I, page 332]: « figurations sur les mots « stellet », sur huit mesures et « Als », six mesures homophoniques, mis dramatiquement en valeur ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 134

BACH CANTATAS WEBSITE:
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CROUCH, Simon (1996-1998): Notice
EMMANUEL MUSIC: Notice de Craig Smith.
ORON : Discussions I]: 17 mars 2002. Discussions II: 26 mars 2006 Commentary

BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 39, 95, 158, 584, 585, 588
Vol. 2 (1985): pages 248, 254, 256, 268, 279, 280, 323, 325, 326, 327, 332, 618, 831 (note 4), 832, 835, 844
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Page 430: Facsimilé du livret de 1724. Page 441: Facsimilé du texte 1731
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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, page 620 (BWV 134a). Volume III, pages 68, 284.
SUZUKI, Masaaki: Notice de production de son enregistrement. 2001
WESTRUP, Jack. A., Sir: Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 19. Parodie de la cantate BWV 134a
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume I, pages 162, 237, 305, 328-336. Tome II, pages 518, 520
WIJNEN, Dingeman van: Notice (CD) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman [volume 10]
WORBS, H. C.: Notice de l’enregistrement Winschermann. 1971
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 106-108
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Pages. ZK 65. Pages 134-135 Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 134

DURÉE: Gardiner (23’57). Koopman (25’16). Leonhardt (26’30). Leusink (27’36). Neumann (29‘). Rilling (31’20). Rotzsch (31’07). Suzuki (26’35). Winschermann (28’55).

BACH CANTATAS WEBSITE:Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il a été possible par [CR].
8 références (mars 2002 - avril 2007) + 2 mouvements individuels (mars 2002 - juillet 2006)

6] GARDINER. Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Eisenach, 24 et 25 avril 2000 Bach Cantatas Pilgrimage
CD SDG 128 [Vol. 22] 2007.
5] KOOPMAN [Vol. (10]. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. 1998
Deux éditions. CD Erato / Warner Music 8573-80220-2. 1998 puis Antoine Marchand. Avec BWV 119, 44 et 73
3] LEONHARDT. Knabenchor Hannover. Collegium Vocale. Leonhardt-Consort. 1983
Disque (F) Teldec [Vol. 33] Das Kantatenwerk. 6.35607-00-501-503 (SKW 33/1-2). 1984
CD (D). Teldec. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 7
CD. Teldec 242618-2 ZL [Vol. 33]. 1984.
Voir aussi CD Edition Bach 2000 et reprise en disques séparés (Warner), Bach Edition 2006
7] LEUSINK : Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Juin – juillet 2000
CD Bach Edition. CD Brilliant Classics Vol. 20. Cantatas Vol. 11
Reprise CD Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics IV. 93102/24-100. Avec BWV 64, 134, 105100
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Septembre 1976 /Janvier et avril 1977
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98690. Avec BWV 59
Disque (F) Erato Les grandes cantates. STU 71192 [Vol. 9]. 1979. Avec BWV 23
CD. Die Bach Kantate [Vol.30]. Hänssler Classic. Laudate 98881. Avec BWV 31.
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 42]. Hänssler-Verlag 92042. 1999
4] ROTZSCH. Thomanerchor Leipzig. Neues Bachisches Collegium Musicum. Avril-mai 1984
Trois éditions: CD Bach Kantaten. Berlin Classics BC 2067-2 1978-1983. 1993.
CD Leipzig Classics Bach made in Germany. Volume 4 - Cantatas III
8] SUZUKI [Vol. 18]. Bach Collegium Japan. Mai 2001. [C’est la troisième version, la copie au net, qui a servi]
CD BIS CD 1251 Digital. 2002. Avec BWV 66, 67
1] WINSCHERMANN. Kantorei Barmen-Gemarke. Deutsche Bachsolisten. Alto Julia Hamari. Ténor : Kurt Equiluz. Février 1971
Coffret de deux disques Philips 6770 049
Reprise CD. Coffret Philips de 5CD. 454 346-351-2. 1996

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 134
M-1. Mvt. 2] R. Mauesberger. Gewandhausorchester Leipzig. Ténor : Peter Schreier. Disque decca Eclipse. Fin des années 1960
M-2. Mvt. 4] Arrangement pour deux trompettes et orgue. Barbara Butler. CD Gasparo. 1999

 

ANNEXE BWV 134
Alfred Dürr

- Préface de la partition « Taschenpartitur / Miniatures Scores / Bärenreiter / 55 » / 1958.

« La cantate BWV 134 procède de ces œuvres dans lesquelles nous pouvons reconnaître clairement l’habitude qu’avait Bach de modifier et d’approfondir ses travaux, d’exécution en exécution. Pour la première année de son cantorat de Leipzig, le troisième jour de Pâques 1724, Bach trouva l’opportunité d’exécuter dans le culte, sa cantate du Nouvel An (Coethen 1719), avec un texte spirituel. Les modifications furent alors peu importantes et résidaient essentiellement dans l’insertion de textes nouveaux dans les parties vocales de l’œuvre profane. Sans doute Bach retira-t-il d’abord les textes profanes (excluant les numéros 5 et 6), inséra son nouveau texte et en profita pour procéder aux modifications nécessaires dans la musique [correspondante, c'est-à-dire BWV 134]. De toutes façons, les parties instrumentales de la cantate profane [BWV 134a] pouvaient être de nouveau utilisées et la partition [BWV 134] ne nécessitait guère plus de révision. Avec quelques coupures, la partition du Nouvel An pouvait donner au compositeur la possibilité d’exécuter aisément sa [nouvelle] composition (seulement la première feuille [2 pages] de la partition furent rédigées à nouveau mais sans comporter de texte et également sans correction).
Le fait que la transformation d’une œuvre profane en une cantate sacrée n’ait pu satisfaire pleinement le compositeur nous paraît évident. En particulier, les récitatifs d’origine, écrits note pour note, ne pouvait vraiment lui convenir. Dans une exécution postérieure qui vraisemblablement eut lieu en 1731, il retravailla les mouvements 1, 3 et 5. Pour ce faire il utilisa simplement des collettes sur les anciennes parties. Mais finalement, il souhaita pour son oeuvre une copie au net, avec les différentes modifications qu’il avait effectuées, Ainsi apparut la nouvelle partition autographe, laquelle désormais ne contenait plus seulement les récitatifs dans leur version nouvelle, mais aussi les modifications qu’il avait apportées dans le même temps aux airs et au chœur final, généralement de peu d’importance mais faisant de l’ensemble une version neuve. Malheureusement les parties séparées de cette précédente version ne sont plus accessibles. Et, comme le pense W. Rust, elles n’avaient peut-être jamais été préparées ou furent-elles perdues, ce qui ne peut être établi aujourd’hui. Mais bien qu’au cours de son histoire, la cantate, fut devenue vraiment une cantate d’église, elle ne peut renier ses origines profanes. L’absence complète de sources bibliques et de choral est manifeste. A la place de l’habituel choral final à quatre parties, nous avons ici un grand chœur développé, dans lequel le duo nous rappelle les figures allégoriques du « temps » et de « la divine Providence » de la cantate du Nouvel An. De plus les titres de la partition de référence [la troisième] sont toujours rédigés « Ein Herz, das Jesum lebend weiss » (le mot « seinen » est omis), la première version modifiée du texte à la même métrique que la cantate du Nouvel An Die Zeit, die Tag und Jahre macht ». Un examen des sources établit définitivement que ce texte ne fut jamais chanté dans cette version, alors que le début de la cantate d’église contient bien le mot « seinen » de la première version [1724].
Dans l’état actuel des connaissances de l’histoire de la cantate, nous admirons la façon dont Bach, apparemment sans difficulté, transforma le texte de la cantate de Coethen en une musique jubilatoire d’église, pour Pâques, sans que les auditeurs n’aient discerné de faille dans son style. Ceci était vraisemblablement possible en une période ou l’expression du profane et du sacré était proche.
La troisième version de cette œuvre s’appuyant sur l’autographe au net est la source de la présente édition [pour le compte de Bärenreiter]. En même temps les indications contenues dans les parties séparées primitives ont été utilisées. Une comparaison détaillée des trois versions [P 1144, St. 18 et la copie au net P 1144 bis] se trouve dans la notice critique [KB] du Volume 10, Série I de la nouvelle édition Bach » [NBA]. Alfred Dürr. Göttingen, juillet 1958.

 

Contributed by Claude Role (February 2008)

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