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Commentary: Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources |
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Es ist das Heil uns kommen her Le Salut nous est venu… Commentary in French |
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KANTATE ZUM 6. SONNTAG NACH TRINITATIS |
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CONTENU |
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Avertissement |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach |
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Leipzig, vers 1732-1735 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.Washington DC. ML 96 / B 186/case. Der autographen Partitur. Library of Congress. BASSO: « Partition autographe (avec la cantate BWV 10) conservée à la Bibliothèque du Congrès à Washington DC ». BRAATZ [BCW]. L’auteur retrace l’historique du cheminement de la partition originale : Elle fit partie de l’héritage de Wilhelm Friedmann Bach. C’est à partir d’elle que Forkel prit copie [en 1803]. Cette partition, par ventes successives semble avoir passé en France puis en Angleterre (Georg Kurtz, Liverpool) dans le courant du 19e siècle. La collection de ce dernier propriétaire fut vendue en 1895 et la partition partit aux Etats-Unis et entra finalement à la Bibliothèque du Congrès à Washington DC, le 11 juin 1931. HERZ: Filigrane "MA" . Vers 1732-1735 SCHMIEDER: Copie d’après cette partition, dans le catalogue X "Rara and early printed books", Paul Gottschalk, Berlin W 8, 1930 PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN. St Thom. Thomasschule, Bach-Archiv, Leipzig. Propriété d’Anna Magdalena Bach à la mort de son époux, elle les remit par la suite à la Thomasschule. Il existait un deuxième jeux de ces parties séparées dont Wilhelm Friedmann était propriétaire et dont il fit encore des copies supplémentaires, peut-être pour une exécution à Halle, vers 1759. Selon Thomas Braatz, des copies de ces travaux (page de titre et violon 1) se trouvent à Vienne (Gesellschaft der Musikfreund in Wien A 90) dans le temps ou des collections américaines (New York) en conservent (violon 2 et B.c) à la « Pierpont Morgan Library » et un anonyme (la traverse / Viola ?) BG: En tête des parties conservées à Leipzig: « Flauto traverso. Oboe d’amore. Violino I, II. Viola. Soprano, Alto, Tenore, Basso. Continuo in E u D » [mi majeur – ré majeur]. De la main de Bach les parties de flûte et de hautbois des deux airs, jusqu’à la fin, l’instrumentation du choral final, les parties vocales du duetto et deux versions du continuo en mi et en ré majeur. Plus les corrections autographes habituelles. . SCHMIEDER: Parties séparées partiellement autographes. Elles sont identiques à 3 de celles qui étaient en possession du collectionneur Rudorff et qui passèrent aux enchères à Berlin les 6 et 8 avril 1908. SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 2 - Annexe n° 44, pages 696-697]: « Le filigrane "M A" identifié à une période. Je donne ici la liste des cantates, d’église ou profanes, constituant un groupe de manuscrits incluant motets et messes » En cinquième position la cantate "Es ist das Heil". WOLLNY: Ce matériel fit partie de l’héritage reçu par Wilhelm Friedmann Bach, en 1750, à la mort de son père, COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh. P 46 M. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Nesitz. Ex Marburg Staatsbibliothek (dépôt). P 199 M. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Nesitz. Anciennement (avant 1989) Marburg Staatsbibliothek (dépôt). Vraisemblablement les deux copies réalisées par Johann-Nikolaus Forkel. Voir ci-dessous à « Schweitzer ». SCHMIEDER: Copie d‘une partie de soprano et de ténor de la main de W. Friedemann Bach conservées à Cologne et Berlin. Parties séparées signalées par Werner Neumann: deux à Köthen, une à Eisenach SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le musicien-poète – Les cantates écrites après 1734, page 202]: « Un cycle entier de cantates-chorals était échu en partage à Friedemann Bach. Nous savons ce détail par une lettre de Forkel, écrite de Göttingen à la date du 4 avril 1803. Il y raconte qu’un moment il eut l’idée d’acheter ces cantates à Friedemann (avant la mort de ce fils de Bach, donc avant 1784), qui se trouvait alors dans la gêne ; mais comme il ne pouvait lui payer les vingt louis d’or qu’il demandait, il acheta pour deux louis d’or la permission d’emporter chez lui le cycle entier et de le parcourir. Il en profita pour copier les deux cantates « Es ist das Heil uns kommen her (n° 9) et « Wo Gott, der Herr, nicht bei uns hält » (n° 178).». Plus tard, cemême cycle fut vendu douze thalers. Forkel ne put savoir quel en fut l’acquéreur ( [Schweitzer produit à la suite la lettre de Forkel rédigée en allemand: «…Je décidai donc de copier moi-même les morceaux les plus remarquables du volume pour les 2 L. d’or de mes droits de communication. [Ich besitze dennach jetzt nur 2 Stücke über die Chorale] =/ Je ne possède de ce fait que 2 des chorals : Chorale « Es ist das Heil aus kommen her » und « Wo Gott, der Herr nicht bei uns hält ». [Beide Stücke sind ausserordentlich schön] = Ces deux morceaux sont remarquablement beaux…» L’inventaire après décès de Forkel (20 mars 1818) fut imprimé à l’occasion de la vente aux enchères de sa bibliothèque (mai 1819)… parmi les œuvres vocales, on retrouve les chorals, l’édition des motets faite par Johann Gottfried Schicht (1803), la Messe en si mineur et une messe inauthentique [Bwv Anh. 167], les deux Choral-Kantaten copiées dans la partie d’héritage de Friedemann Bach…] Forkel en fit une nouvelle copie et ses deux partitions furent vendues aux enchères à sa mort en 1819 et firent partie de la collection de Georg Poelchau (1773-1836), qui les rétrocéda à la Deutsche Staatsbibliothek de Berlin où elles entrèrent définitivement vers 1841. VIGNAL: «… A la mort de Johann Sebastian en 1750, Wilhelm Friedemann hérite de la plus grande partie du matériel de ses cantates, « car étant donné la position qu’il occupait à Halle, il pouvait en faire le meilleur usage » (Forkel). Peter Wollny estime que sous sa direction furent entendues à Halle, intégralement ou non et plus ou moins arrangées, les cantates suivantes… » Suit la liste dans laquelle se trouve la cantate BWV 9, « exécutée probablement au printemps 1759 ». ÉDITIONS SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG) Jg. I, (1ère année - BWV 1-10). Pages 245-273. Préface du président de la BG, Moritz Hauptmann (1851) NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA) KANTATEN SERIE I/ BAND 17/2. KANTATEN ZUM 5 UND 6 SONNTAG NACH TRINITATIS |
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Sixième dimanche après la Trinité ou le cinquième dimanche après la Pentecôte dans le Missel romain ou on lit également l’évangile de Matthieu 5, 20-24. L’épître aux Romains paraît lors du 6è dimanche après la Pentecôte : « Nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés… » |
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Auteur inconnu ou compilateur si l’on préfère, avec une participation éventuelle de Bach. |
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BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 127-128]: « Une grande unité se dégage de cette cantate qui confie les trois récitatifs à la basse : le ton déclamatoire est celui du sermon, la cantate sur une forme curieuse, celle d’un motet concertant avec flûte, hautbois d’amour et violon… Cette cantate écrite tardivement retrouve le climat des années 1724-1725 mais avec une rigueur accrue ». |
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NEUMANN. Solo : Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Querflöte, Oboe d’amore, ; Streicher ; B.c. |
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1] CHORALCHORSATZ. BWV 9/1 |
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E S IST DAS HEIL UNS KOMMEN HER / VON GNAD UND LAUTER GÜTE. / DIE WERK, DIE HELFEN NIMMERMEHR, / SIE MÖGEN NICHT BEHÜTEN. / DER GLAUB SIEHT JESUM CHRISTUM AN, / DER HAT GNUG FÜR UNS ALL GETAN, / ER IST DER MITTLER WORDEN.Le salut nous est venu / de la grâce et de la bonté. / Les actions n’ont plus le pouvoir / de nous aider, ni de nous protéger. / La foi ne veut contempler que Jésus, / qui a tant fait pour nous, / qui est devenu le médiateur. Mi majeur (E), 147 mesures, 3/ 4. Cantus firmus au soprano BG. Jg. I. Pages 245-259. Flauto traverso. | Oboe d‘amore. |Violono I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo. NEUMANN. Parties instrumentales indépendantes. Ritournelles et parties vocales encastrées. Cantus firmus au soprano avec imitations. BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 467-468]: « Le motet concerté sur cantus firmus qui ouvre la composition ne se limite pas )à prendre en considération ce qu’expose le Lied de Speratus (« le salut nous est venu de la grâce et de la bonté ») mais y insinue subtilement deux figurations tirées des incipit de deux autres chorals, ici, coordonnés de manière à ce que l’un apparaisse comme une réponse à l’autre : Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ (l’appel du fidèle) à la flûte, et Von Himmel hoch, da komm ich her (la venue du Sauveur) au continuo…» BOMBA: « Les motifs du mouvement d’entrée [1] ne semblent pas être concernés par la mélodie ni par les questions de principe de la lecture. Des fûtes et des hautbois et à l’ocles premiers violons offrent le fondement fortement concertant au cantus firmus exécuté en soprano en forme de vers ainsi qu’aux autres voix tissant ingénieusement les thèmes auxiliaires…» BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 127-128]: «Elaboration de choral sur MDC 030 avec ritournelle orchestrale indépendante. Cantus firmus au soprano ave imitations sous-jacentes ». [Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 156-157]: « Mélodie de choral 030 de type II b, le cantus firmus confié au soprano, les trois autres voix en polyphonie lâche avec imitations très rapide plutôt issues de la thématique instrumentale,, les instruments exécutant des parties indépendantes…» DÜRR: « Le chœur d’entrée repose sur une forme typique de la cantate chorale de Bach : la mélodie du cantique, exposée sous forme de versets par le soprano est soulignée par un mouvement imitatif des trois voix inférieures en même temps qu’encastrée dans un mouvement instrumental pourvu d’une thématique propre. L’attrait sonore de l’instrumentation réside dans l’emploi d’une flûte traversière et d’un hautbois d’amour qui tantôt s’opposent de manière concertante à l’orchestre à cordes et tantôt intègrent le premier violon à leur concertino ». GARDINER: « …La fantaisie de choral initiale est en mi majeur, la tonalité la plus diésée de toute la musique vocale de Bach… elle fait appel à une flûte et un hautbois d’amour concertants ; les cordes en ripieno se trouvent quasiment confinées à un rôle d’accompagnement, bien que le premier violon puisse, à l’occasion également s’arroger un rôle de type concertant… les parties, alto, ténor et basse entrant en imitation reposent sur un matériau n’ayant absolument rien à voir avec la mélodie du choral…» KUIJKEN: «…Des parties concertantes instrumentales obligées de flûte traversière et de hautbois d’amour se dégage un charme particulier dès le premier mouvement. L’écriture en imitation des autres parties vocales se subordonne à la mélodie du choral confiée à la voix de soprano. L’insertion des parties vocales dans le tissus instrumental des cordes (concertant avec les deux instruments solistes) fait naître un mouvement très énergique. Un travail très différencié sur les motifs ajoute encore à sa riche diversité ». PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La formation rythmique des motifs, page 114]: «…les adverbes « genug » sont fréquemment isolés du reste de la ligne mélodique comme pour marquer ce qu’il y a de définitif dans leur signification ». [Les Mélodies simultanées, page 140]: «…Bien qu’interdite à la mélodie principale, donnée d’avance et quasi intangible, la traduction musicale du texte poétique est ainsi sauvegardée puisque le compositeur la fait passer dans l’accompagnement des voix. Il dispose librement de ce moyen d’expression et s’ingénie à le rendre significatif. Parfois il le forme de notes détachées, dont l’isolement semble montrer qu’elles se suffisent à elles mêmes pour interpréter le mot g’nug (assez) ». [Renvoi à BG 9, vol. I page 255]. ROMIJN: «…après 24 mesures d’une délicieuse introduction orchestrale, le thème du choral au soprano. Les autres voix imitent les parties instrumentales tandis que la flûte, le hautbois d’amour et le violon entrelacent leur douce mélopée ». WOLFF: «…Présentation de la mélodie du choral avec un haut degré d’habileté où un mouvement orchestral moderne dans un style de concerto libre est combiné de façon surprenante et élégante avec un ton d’église démodé du début du 16e siècle ». |
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2] REZITATIV BAß. BWV 9/2 |
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G OTT GAB UNS EIN GESETZ, DOCH WAREN WIR ZU SCHWACH, / DAS WIR ES HÄTTEN HALTEN KÖNNEN. / WIR GINGEN NUR DEN SÜNDEN NACH, / KEIN MENSCH WAR FROMM ZU NENNEN ; / DER GEIST BLIEB AN DEM FLEISCHE KLEBEN / UND WAGTE NICHT ZU WIDERSTREBEN. / WIR SOLLTEN IN GESETZE GEHN / UND DORT ALS WIE IN EINEM SPIEGEL SEHN, / WIE UNSRE NATUR UNARTIG SEI ; / UND DENNOCH BLIEBEN WIR DABEI. / AUS EIGNER KRAFT WAR NIEMAND FÄHIG, / DER SÜNDEN UNART ZU VERLASSEN, / ER MÖCHT AUCH ALLE KRAFT ZUSAMMENFASSENDieu nous a donné une loi, cependant nous étions trop faibles / pour qu’il nous fut possible de l’observer. / Nous n’avons fait que nous abandonner aux péchés, / aucun être ne mériterait la qualification de pieux ; / L’esprit restait collé à la chair / contre laquelle il n’osait pas lutter. / Nous devions nous régler sur des lois / qui nous faisaient voir, comme dans un miroir, / la méchanceté de notre nature / Et pourtant nous ne pouvions pas changer. / Personne n’était de soi-même capable / de renoncer au mal lié aux péchés, / bien qu’il l’ait voulu de toutes ses forces. Ut dièse (cis) – si mineur (h), 18 mesures, C BG. Jg. I. Page 260. Recitativo. | Basso. | Continuo. NEUMANN. Récitatif secco. Baß BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 467-468]: « A noter une caractéristique franchement anormale : la présence de trois récitatifs tous confiés à la voix de basse, qui, sur un ton déclamatoire, expose des principes dignes d’un sermon, en en observant même le style, tout à la fois explication et exhortation ». DÜRR: « Les trois récitatifs [n° 24 et 6] sont exclusivement assignés à la basse et mis en musique sous la forme d’un secco sobrement déclamatoire… PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La direction des motifs, pages 33- 34]: «…Les sentiments qui dépriment ou qui abaissent, les mots qui désignent l’abjection, le mépris, la faiblesse, la fatigue, sont rendus par un affaissement de la ligne mélodique » [+ Exemple musical sur les mots « zu schwach / nous étions trop faibles », BG, page 260]. |
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3] ARIE TENOR. BWV 9/3 |
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W IR WAREN SCHON ZU TIEF GESUNKEN, / DER ABGRUND SCHLUCKT UNS VÖLLIG EIN, / DIE TIEFE DROHTE SCHON DEN TOD, / UND DENNOCH KONNT IN SOLCHER NOT / UNS KEINE HAND BEHILFLICH SEIN.Nous étions déjà tombés trop bas, / l’abîme nous engloutissait, / Les profondeurs laissaient déjà sentir la menace de la mort./ et cependant dans ce danger extrême, / aucune main ne pouvait nous être secourable. Mi mineur (e), 88 mesures, 12/16 BG Jg. I. Pages 260-265. Aria. | Violino. | Tenore. | Continuo. NEUMANN. Triosatz. Violine, Tenor, B.c. Libre Da-capo BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: «…aria pour ténor, avec un violon en fonction concertante exploite, avec de savantes syncopes, le rythme inhabituel de 12/16…» BOMBA: «…Le premier air commence avec la conscience d’être « déjà tombé trop bas »… En alternance avec le soliste ténor, le violon décrit cette chute en répétant inlassablement les figures correspondantes…» BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 127-128]: « Aria de ténor avec violon concertant… exploite avec de savantes syncopes le rythme rare de 12/16 ». DÜRR: « Le premier air fournit un exemple d’interprétation illustrative des paroles, des figures de violon descendantes et les rythmes syncopés dépeignant le vertigineux engloutissement dans l’abîme du péché ». GARDINER: «…la page la plus saisissante reste néanmoins l’air central pour ténor en mi mineur avec une mesure inhabituelle à 12/16… le glas de la mort aux violons en double corde sur une harmonie de 7ème de dominante…» KUIJKEN: « Le premier air chanté par le ténor, est accompagné par le violon et le continuo. Bach interprète à nouveau le texte d’une manière "musico-littérale" en utilisant des éléments chromatiques chargés d’affekt ». LEMAÎTRE: « C‘est dans un plan tripartite et dans une écriture en trio… que le chanteur développe l‘idée d‘une peccabilité irrémdiable…» PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La direction des motifs, pages 28- 29]: «…Bach s’attache avec autant de soin à former des motifs descendants quand le sens des paroles évoque des idées d’inclinaison, de chute, de profondeur…Afin que l’image soit plus forte, il emploie des notes extrêmement basses pour la voix de ténor [renvoi à la cantate BWV 21/5]… dans la cantate BWV 9 Bach nous présente une description toute semblable ». [+ Exemple musical BG 1, page 261, sur les mots « zu tief gesunken »]. [Le commentaire de l‘accompagnement instrumental, page 148]: «…C’est encore la basse d’accompagnement qui accentue par de soudaines chutes ou par de profonds mugissements,l’expression des mots qui suscitent des visions de l’enfer ou du gouffre sans fond dans la cantate BWV 3 (BG I, page 86) ». ROMIJN: «…cette chute sur « Wir waren schon zu tief » n’est interrompue que brièvement lorsque quelques notes plus longues freinent le déluge incessant de doubles-croches…» SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le musicien-poète – Le langage musical des cantates, page 238]: « Les thèmes imagés: … expressions et les images susceptibles de se traduire par un mouvement caractéristique que Bach fait ressortir en musique… c’est de cette façon qu’il décrit dans l’air [n° 3] la chute de l’humanité et ses vains efforts pour se relever à l’aide de ses seules forces » [+ Exemple musical et renvois aux cantates BWV 126/4 sur les mots « Fais que l’abîme soudain l’engloutisse »]. |
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4] REZITATIV BAß. BWV 9/4 |
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D OCH MUßTE DS GESETZ ERFÜLLET WERDEN; / DESWEGEN KAM DAS HEIL DER ERDEN, / DES HÖCHSTEN SOHN, DER HAT ES SELBST ERFÜLLT / UND SEINES VATERS ZORN GESTILLT. / DURCH SEIN UNSCHULDIG STERBEN / LIEß ER UNS HILF ERWERBEN. / WER NUN DEMSELBEN TRAUT, / WER AUF SEIN LEIDEN BAUT, / DER GEHET NICHT VERLOREN. / DER HIMMEL IST FÜR [BG: „vor dem“] DEN ERKOREN, / DER WAHREN GLAUBEN MIT SICH BRINGT / UND FEST UM JESU ARME SCHLINGT.Mais il fallait que la loi s’accomplît; / C’est pourquoi vint le salut du monde, / Le fils du Très-Haut, qui l’a accomplie lui-même / et qui a apaisé le courroux de son Père. / Par sa mort innocente / Il nous a donné d’être secourus. / Celui qui met maintenant sa confiance en lui / et qui bâtit sur sa souffrance / ne risque pas de se perdre. / Le Ciel est acquis / à celui qui possède la foi véritable / et se tient étroitement enlacé aux bras de Jésus. Si mineur (h), la majeur (A), 16 mesures, C BG Jg. I. Page 265. Recitativo. | Basso. | Continuo. NEUMANN. Récitatif secco avec éléments arioso encastrés DÜRR: « Les trois récitatifs [n° 24 et 6] sont exclusivement assignés à la basse et mis en musique sous la forme d’un secco sobrement déclamatoire… le final seul du quatrième mouvement s’affermissant en arioso. Il en découle presque l’impression d’un prêche continu, interrompu à deux reprises par un air contemplatif ». |
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5] ARIE. DUETT SOPRAN & ALT. BWV 9/5 |
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H ERR, DU SIEHST STATT GUTER WERKE / AUF DES HERZENS GLAUBENSSTÄRKE, / NUR DEN GLAUBEN NIMMST DU AN. / NUR DER GLAUBE MACHT GERECHT, / ALLES ANDRE SCHEINT ZU SCHLECHT, / ALS DAß ES UNS HELFEN KANN.Seigneur, ce ne sont pas nos actions bonnes ou mauvaises / mais la profondeur de la foi en notre cœur que tu prends en considération, / Tu ne reconnais que la croyance. / La foi seule rend équitable / et tout le reste semble trop mauvais / pour pouvoir nous aider. La majeur (A), 229 mesures, 2/4 BG Jg. I. Pages 266-272. Duetto. | Flauto traverso. | Oboe d’amore. | Soprano. | Alto. | Continuo. NEUMANN. Quintettsatz : Querflöte, Oboe d’amore, Sopran, Alt., B.c. Da-capo. En forme de canon BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: « Duo (soprano-contralto) avec flûte traversière et hautbois d’amour en canon ; la réalisation vocale est également placée sous le signe du canon, de sorte que cette page se présente sous l’aspect d’un double canon qui, même dans la rigueur de l’expression contrapuntique, conserve inaltérées les qualités nettement mélodiques du discours ». BCW / F. Smend : « Le thème principal de ce mouvement serait dérivé d’un autre choral basé sur l’incipit du fameux choral Komm, heiligen Geist. Ce thème apparaît à douze reprise, peut-être en relation avec les « douze tribus d’Israël, les douze disciples, etc. BOMBA: «…la musique qui sous-tend le texte semble enjouée, concertante : d’abord la flûte et le hautbois d’amour, ensuite les deux voix soprano et contralto, puis à nouveau les instruments et les voix dans des combinaisons des plus diverses forment avec le continuo un quintette structuré apparemment en souplesse. Mais en réalité nous avons là un canon rigoureusement organisé autour d’un thème qui, lui, apparaît sous des formes de complexité diverse. Une organisation contrapuntique de la sorte à la structure solide, faiblement audible, reste en même temps enveloppée dans une apparence enjouée et plaisante ; ici aussi l’on peut y voir le reflet du texte ». DÜRR: « Tout autre [que le n° 3] est le second air, un duo pour soprano et alto avec flûte traversière, hautbois d’amour et continuo. Tandis que le continuo se borne au rôle de soutien harmonique, les voix supérieures se développent en canons multiples, d’abord aux instruments et même, avec l’entrée des parties chantées en canon double. L’épisode central est aussi traité en canon mais les instruments s’y mêlent aux voix dont ils ornementent parfois la mélodie. Ce mouvement stupéfie par l’aisance exempte d’efforts avec laquelle Bach résout tous les problèmes contrapuntiques sans rendre l’auditeur conscient de la rigueur de la composition ». KUIJKEN: « Le second air, un duo soprano - alto, est en fait un quintette, grâce à la participation de la flûte traversière, du hautbois d’amour et du continuo. Tout le mouvement bénéficie d’une adroite structure canonique. Remarquons au début de la partie médiane de cet air da capo, l’association d’un instrument et d’une voix ». WOLFF: «…Le raffinement de la texture et de la sonorité est particulièrement évident dans ce duo pour soprano et alto, sur le texte dogmatique "Herr, du siehst statt guter Werke auf des Herzens Glaubensstärke " ; ici les voix s’allient avec la flûte traversière, le hautbois d’amour et le continuo pour former un quintette transparent ». |
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6] REZITATIV BAß. BWV 9/6 |
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W ENN WIR DIE SÜND AUS DEM GESETZ ERKENENN; / SO SCHLÄGT ES DAS GEWISSEN NIEDER; / DOCH IST DAS UNSER TROST ZU NENNEN, / DAß WIR IM EVANGELIO / GLEICH WIEDER FROH / UND FREUDIG WERDEN ; / DIES STÄRKET UNSENR GLAUBEN WIEDER. / DRAUF HOFFEN WIE DER ZEIT, / DIE GOTTES GÜTIGKEIT / UNS ZUGESAGET HAT, / DOCH ABER AUCH AUS WEISEM RAT / DIE STUNDE UNS VERSCHWIEGEN. / JEDOCH, WIR LASSEN UNS BEGNÜGEN, / ER WEIß ES, WENN ES NÖTIG IST, / UND BRAUCHET KEINE LIST / AN UNS ; WIR DÜRFEN AUF IHN BAUEN / UND IHM ALLEIN VERTRAUEN.Quand la loi nous fait prendre la mesure de nos péchés, / notre conscience en est accablée; / Mais c’est notre consolation / que de retrouver immédiatement dans l‘Evangile / la sérénité et la joie ; / Et cette certitude renforce notre foi. / Là-dessus nous espérons l’heure / que Dieu, dans sa bonté, nous annoncé / mais, qui dans sa sagesse, / Il nous laisse ignorer. / Cependant nous nous contentons / à la pensée qu’il sait quand elle doit venir / et qu’il n’a pas besoin d’user de ruse avec nous ; / Il nous est permis de bâtir sur lui / et d’avoir confiance en lui seul. Fa dièse (fis), Mi majeur (E), 19 mesures, C BG Jg. I. Page 273. Recitativo. | Basso. | Continuo. NEUMANN. Récitatif secco. Baß BCW/ Commentaires par Th. Braatz (2001) et F. Smend (1958) [avec exemples]. Bach aurait rédigé ou corrigé trois version de ce récitatif. La troisième version a été publiée par la NBA. PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, pages 33- 34]: «…Les sentiments qui dépriment ou qui abaissent, les mots qui désignent l’abjection, le mépris, la faiblesse, la fatigue, sont rendus par un affaissement de la ligne mélodique [+ Exemple musical sur les mots « di Sünd /des péchés», BG, page 273. Renvoi à la cantate BWV 135/2 sur « sehr krank und schwach »]. |
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7] CHORAL. BWV 9/7 |
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OB SICHS ANLIEß, ALS WOLLT ER NICHT, / LAß DICH ES NICHT ERSCHREKKEN; / DENN WO ER IST AM BESTEN MIT, / DA WILL ERS NICHT ENTDECKEN. / SEIN WORT LAß DIR GEWISSER SEIN, / UND OB DEIN HERZ SPRÄCH LAUTER NEIN, / SO LAß DOCH DIR NICHT GRAUEN. |
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BACH CANTATAS WEBSITE (BCW): |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographie établie par Aryeh Oron (BCW). |
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Contributed by Claude Role (August 2009) |
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Last update: ýAugust 19, 2009 ý22:14:14