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C. Role. Janvier 2011
CANTATE BWV 48
ICH ELENDER MENSCH, WER WIRD MICH ERLÖSEN

Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?
KANTATE ZUM 19. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate pour le dix-neuvième dimanche après la Trinité
Leipzig, 3 octobre 1723
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
(A) = la majeur

(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Grande Bretagne / Angleterre
(H) = si
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen. Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 48

Leipzig, le 3 octobre 1723.
[Cantate classée au début du 20e siècle parmi les cantates « libres », conçues après 1734 (Spitta et Schweitzer), BWV 66, 108, 183, 128, 187, 17, 50 et 6. Alfred Dürr a depuis assigné à la cantate, la date du 3 octobre 1723 dans le Jahrgang I, le jour même où s’ouvre à Leipzig la grande foire annuelle de la Saint Michel].

BRAATZ [BCW] : Datation d’après le filigrane, ici celui de Weimar, ce qui n’est pas vraiment significatif mais fait envisager une réutilisation de la rame de papier par Bach avec ses copistes à Leipzig, Kuhnau et Meissner.
HERZ : Ancienne datation = vers 1732.
HIRSCH : Classement CN 54 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). I. Jahrgang. Première année des cantates de Leipzig.
Chronologie (Alfred Dürr). 1723 : BWV 95 (12 septembre); BWV 148 (19 septembre); BWB 48 et 162 (10 octobre) et BWV 109 (17 octobre 1723).
NYS, Carl de : «…C’est au début de ses fonctions de cantor à Saint-Thomas de Leipzig que Bach composa cette cantate créée le 3 octobre 1723, comme on a pu l’établir récemment [écrit en 1969] à partir du matériel et de la partition autographe conservés à la Bibliothèque d’État de Berlin ».


SOURCES BWV 48

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms P 109 B. Deutsche Staatsbibliothek Berlin (ex Berlin Est). In 4°.

BGA. Autographe à la Bibliothèque Royale de Berlin (1860). Titre pris à la couverture de la partition autographe : « Dominica : 19 post Trinit. | Ich elender Mensch, wer wird mich p. | a 4 Voci, 1 Corno, 2 Hautbois, 2 Violini, Viola col Continuo di Sign. J.S. Bach. »
Deux exemplaires des Violini I et II ; trois exemplaires du Continuo.
BRAATZ [BCW] : «…Bien que Carl Philipp Emmanuel Bach fut l’héritier de cette cantate à la mort de son père, il est vraiment inhabituel qu’elle ne figure pas dans la liste du catalogue de 86 cantates sacrées, catalogue publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Sans doute y a-t-il eu mélange entre la page de titre de la partition et les parties originales, pareillement dans la cantate BWV 169. Le premier propriétaire [connu] de celle-ci fut la Singakademie de Berlin (au 19e siècle) après acquisition par la Deutsch Staatsbibliothek de Berlin où elle est toujours localisée aujourd’hui. Elle a été restaurée le 21 février 1969.
Titre autographe sur la partition et, en tête de la page-titre : « J. J. Concerto Doica 19 post Trinitatis. »

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 53 Berlin. Deutsche Staatsbibliothek Berlin. 14 parties.
Johann Andreas Kuhnau, copiste d’une partie sauf les doubles (d’un anonyme). Christian Gottlob Meissner, copiste de 13 parties. Corrections de Bach ; il n’est pas possible de déterminer si toutes ont été corrigées par lui, exceptée la basse figurée.
Soprano. 2. Alto. 3. Tenore. 4. Basso. 5. Clarino (Charles Terry, 1932 : peut-être une tromba da tirarsi). 6. Hautbois all unisono. 7. Violino 1mo. 8. Violino 1mo (double). 9. Violino 2do. 10. Violino 2do (double). 11. Viola. 12. Continuo (Partielle. Avec basse figurée) partielle). 13. Continuo (double dont quelques mouvements seulement avec la basse figurée. 14. Continuo (transposé avec la basse figurée pour les mouvements 2, 5 et partiellement pour le 3e).
HERZ : Copistes repérés: (K2) = Johann Andreas Kuhnau (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau) à Leipzig à partir de février 1723 et Christian Gottlob Meissner à Leipzig de 1723 à 1729. Filigrane „ma“ petit format.

COPIE XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 291 M. Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BGA Jg. X (10e année). Pages 277 à 298. Préface de Wilhelm Rust (1860). Cantates BWV 41 à 50.
10e année. 5e volume des cantates. Pages XXIV et 277 à 298. Brève notice de Wilhelm. Rust. Titre autographe sur la chemise renfermant la cantate, précisions relatives à la « tromba » et corrections signalées de Bach, sur l’autographe
[Partition BG dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk , volume 13. 1975].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 24. KANTATEN ZUM 18 UND 19 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5074. 1990. Matthias Wendt. 6 fac-similés.
Avec les cantates BWV 96, 169, 5, 56 et Anhang 2.
BWV 48. Pages 107 à 132. Bl. 1r der autographen Partitur. Deutsche Staatsbibliothek Berlin. Mus. ms P 109. Beginn des satzes 1.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5074 41. 1990. Matthias Wendt.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 9 | TP 1289. 2007.
Serie I. Band 24. Kantaten zum 18 und 19 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Matthias Wendt. 2007.
Faksimile BWV 96, 169, 48, 5, 56.
BWV 48. Pages 105 à 132. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1990.
+ Preface NBA. I/24.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2898. Orch et voix : révision de Max Schneider. Réduction pour voix et piano par Max Seiffert = OB 2132. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 1854.
2011 : Réduction chant et piano (24 pages) = EB 7048. Partition du chœur (12 pages) = ChB 4548.
CARUS : Aucune information sur les partitions disponibles exceptées celles des vents. Carus CV 31.301/00. Bach for Brass. Cantates BWV 1 à 100.
KALMUS STUDY SCORES. N° 819. Volume XV. New York 1968. Cantates BWV 47 à 50.
PETERS. Réduction voix et piano.


PÉRICOPE BWV 48

19e dimanche après la Trinité.
MISSEL ROMAIN (page 1016), les « 4 temps d’automne ». De la confession et du pardon des péchés.
Épître : Ephésiens 4, 22 à 28 [PBJ. 1730]. Justification par l’Esprit. L’Homme nouveau « Paulinien » : Manifestez le nouvel homme créé selon Dieu…»
Évangile : Matthieu 9, 1 à 8. [PBJ. 1466]. Guérison d’un paralytique : Sachez que le fils de l’Homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés.

E.K.G. 19. Sonntag nach Trinitatis.
Psaume 79 [PBJ. 876]. Lamentation sur la dévastation de Jérusalem et de son Temple.
Épître : Ephésiens 4, 22 à 28 [PBJ. 1730].
Évangile : Matthieu 9, 1 à 8. [PBJ. 1466].
Lied : EKG 227 : « Disons maintenant les louanges du Seigneur ».
[Même occurrence avec les cantates BWV 5 (15 octobre 1724) BWV 56 ( et XXIX (Anhang 2, musique et texte perdus, cantate uniquement connue (selon Werner Neumann) par une mention autographe au revers de la dernière page du motet BWV 226.]


TEXTE BWV 48

Auteur inconnu avec des « emprunts » bibliques. Voir les détails dans « Aperçu ».
[Bach a traité également ces textes dans les cantates BWV 5 et 56].
1] Auteur inconnu. Citation textuelle de l’Épître aux romains 7, 24 [PBJ. 1678] + Citation du choral (instruments) : mélodie Herr Jesu Christ, du höchstes Gut affecte au choral Herr Jesu Christ, ich schrei nach dich…
2] Auteur anonyme.
3] 4e strophe (texte et mélodie)» du cantique Ach Gott und Herr… (James Lyon date du 29 mai 1604) en 10 strophes, de Martin Rutilius (1551-† Weimar 1618).
4] Auteur anonyme.
5] Auteur anonyme.
6] Auteur inconnu.
7] « Herr Jesu Christ, einiger Trost, douzième strophe du cantique Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir. cantique paru à Freiberg en 1620 et attribué, sous réserve [Lyon, page 70], à Johann Caspar Trost. 

FINSCHER : «…Texte anonyme… nettement divisé en plainte sur la nature peccable de l’homme et consolation tirée du secours du Rédempteur ; au point de commande [?] du contenu une strophe chorale est insérée dans le texte poétique de la cantate. Bach a transposé le potentiel affectif et imagé des paroles en une langue musicale qui vise, bien davantage que dans la cantate BWV 47, à l’effet immédiat et se présente par suite dans une facture plus simple… La parole de Saint Paul que la cantate prend comme point de départ est exposée en un mouvement choral dont le contrepoint -marqué par un emphatique saut de sixième et par un traitement mélodique en soupirs- devient de plus en plus dense vers la conclusion ; le mouvement est articulé par une ritournelle des cordes s’élevant comme une main cherchant secours tandis que trompette et hautbois exposent en canon, verset par verset, la mélodie chorale « Herr Jesu Christ, ich schrei zu dich ».
HIRSCH : …Texte classé « 2 » ce qui donnerait une parenté avec les cantates BWV 136, 105, 69a, 77, 25, 109, 89 et 104.
NYS, Carl de [Mazamet 1969] : «…On ne connaît pas l’auteur du livret de cette œuvre directement inspirée par les deux lectures de la liturgie de ce dimanche: un passage de l’épître aux Éphésiens 4, 22 à 28 sur la justification par l’Esprit et l’Évangile selon saint Matthieu 9, 1 à 8, relatant la guérison du paralytique. Il est probable que Bach dont nous savons qu’il collaborait étroitement avec le pasteur chargé de la liturgie, a eu l’idée de mettre en tête du livret le verset de l’épître aux Romains 7, 24, qui est devenu le premier chœur et qui était sans doute le thème de la prédication de ce jour : “Malheureux homme que je suis, qui me délivrera de ce corps de mort?” Car c’est aussi un thème cher à Bach, que nous connaissons bien, celui de la mort libératrice, de la mort tant désirée parce que, baignée dans une atmosphère très “préromantique” de sol mineur: le premier chœur, l’aria de ténor et le choral final sont écrits dans cette tonalité. La structure est curieuse et on peut se demander s’il ne s’agit pas de ces cantates que Bach affectionnera plus tard, conçues en deux parties chargées d’encadrer l’homélie après la lecture de l’Évangile. La première serait alors constituée par un chœur d’entrée, le récitatif d’alto et le choral [3], la quatrième strophe du cantique “Ach Gott und Herr” de Martin Rutilius imprimé en 1604. La seconde partie comprendrait les deux arias encadrant un récitatif et suivies du choral final. Le verset de l’Épître aux romains est traduit musicalement par une mélodie très originale et chromatique; mais elle prend toute sa valeur lorsqu’on relève dans la partie instrumentale la mélodie d’un choral que les fidèles de Saint-Thomas connaissaient bien : “Was Gott tut, das ist wohlgetan ».
SCHREIER : [exemple remarquable de notice !] : « L’intérêt des textes dont Bach s’est servi pour composer ses cantates réside dans leur arrière-fond théologique. Il est probable, et on peut d’ailleurs le vérifier, que les corrections que Bach a apportées à certains textes que nous connaissons par ailleurs, que le musicien a collationné ses textes en fonction de ses propres vues théologiques, fortement influencées par le luthéranisme orthodoxe. Il semble donc que la bibliothèque de Bach, dont nous connaissons bien le contenu par de la tradition théologique et linguistique… qui le relevé détaillé de ce qu’il a laissé au moment de sa mort, et qui représente un courant très complet de la pensée théologique depuis l’époque de Luther, il semble donc que cette bibliothèque soit la bonne source pour l’étude des textes de cantates de Bach au point de vue de la tradition théologique et linguistique. [Suivent les noms de Luther, Johann Gerhard, Johan Anrdt, Nikolaus Stenger, Valentin Löscher, Johan Olearius, Abraham Calovisius, Auguste Pfeiffer, Martin Schamellius].
L’évangile dominical qui est à la base de la cantate étudiée [BWV 48] et les « lieux dogmatiques » qui peuvent en être déduits, constituent le point de départ pour l’identification de citations théologiques et littéraires qui situent le livret de la cantate à un endroit bien précis de la tradition. Cette insertion constituait pour le compositeur le moyen de créer des associations musico-théologiques ; ces associations sont aussi importantes pour la compréhension des œuvres par l’auditeur d’aujourd’hui que le sont par exemple les circonstances historiques dans lesquelles se situent les œuvres du classicisme viennois ou de l’Ecole viennoise du XXe siècle ». [Suivent les citations de textes de prédications de Martin Luther pour le 19e dimanche après la Trinité (1526, 1544, 1522, 1529), Johann Gerhard, postille de l’année 1613. August Pfeiffer, 1710, Johann Arndt, 1735 ».
SCHULZE : «…Le texte de la cantate interprète la guérison [objet de l’Évangile du jour) dans le sens traditionnel, soit en voyant la maladie comme un péché et la guérison comme la rédemption, Le conflit entre l’esprit et la chair [dans 1] auquel la citation (Romains) fait allusion prend comme thème central l’auto-accusation du premier récitatif [2]. A l’intensification intellectuelle qui peut être perçue à la fin, qui se réfère à l’affirmation du début et rappelle le calice amer de la croix, répond non pas un aria -ce qui aurait été habituel- mais un choral [3] ».


GÉNÉRALITÉS BWV 48

LEMAÎTRE : «…Sentiment de la mort et consolation apportée par le Christ donnent à cette cantate une coloration en demi-teintes ».
[Pas de vraie structure générale remarquable, [4] pouvant, peut-être, servir d’axe. Tonalité instable et inquiète du sol mineur].
SCHREIER : «…Les interprétations du texte ou l’interprétation théologique par des symboles est supprimée par une immanence musicale très stricte. C’est une volonté d’unification de la musique, de l’intelligibilité de la pensée musicale, qui se dépasse pour suggérer ce que Webern appelle « la voix pour composer avec 12 sons reliés entre eux »… Bach n’a plus besoin de symbole pour interpréter le texte, il reprend simplement une réalité musicale. La structure formelle confirme la chose. Les chiffres des mesures, qui contiennent habituellement des indication de symbolisme numérique, notamment concernant les psaumes, ont ici une vie arithmétiquement indépendante : la qualité des rapports numériques est perçue comme telle, en elle-même, par le musicien de cette époque ».


DISTRIBUTION BWV 48

NEUMANN. Solo Alt, Tenor. – Chor. Trompete ; Oboe I-II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: Alto, Tenor. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe solo ; Oboe I, II; Tromba; Viol. I, Viol. II; Vla ; Cont. Cantus firmus in Tromba und Ob. I, II.


HARNONCOURT [remarques sur l’exécution] : «…La distribution de la partie de « tromba » pose de nouveau des problèmes considérables. L’état des sources est déjà extrêmement embrouillé. Sur la couverture autographe figure la mention « corno », dans la partition. Ni la partie de l’instrument ni la partition ne contiennent d’armure… le vocable de « tromba » inclut toutes sortes de trompettes naturelles et à coulisse ; « clarino » est essentiellement une désignation de tessiture… il ne peut donc s’agir que d’une trompette à coulisse exceptionnellement aiguë (clarino) ».
[Le Dialogue musical. page 89] : «… dans la cantate 48, la partition originale requiert une « tromba », la partie originale un « clarino », et le titre autographe de la couverture un « corno » : trois désignations différentes de Bach lui-même pour le même instrument ! Les considérations musicales montrent qu’il doit s’agir d’une trompette à coulisse, car les notes que comporte la partie ne sont jouables sur aucun instrument naturel (trompette ou cor). Manifestement, tromba, même sans la précision da tirarsi pouvait désigner une trompette à coulisse ; clarino signifie… non pas un instrument, mais le registre de l’instrument… clarino peut désigner aussi l’instrumentiste qui joue dans ce registre, c’est à dire le premier trompette, lequel, en l’absence d’autres précisions, peut même jouer d’un autre instrument, tel que le violon (cantates BWV 31 et 43, par exemple, dans les chorals finals). Corno, enfin, était sans doute un terme général pour un grand nombre d’instruments à vent, sans plus de précision…»  


APERÇU BWV 48

1] CHORALCHORSATZ. BWV 48/1
ICH ELENDER MENSCH, WER WIRD MICH ERLÖSEN VOM LEIBE DIESES TODES ?

Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?


Citation textuelle : Épître aux romains 7, 24 [PBJ. 1678] : « Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort… » C’est peut-être le thème de la prédication du jour (Carl de Nys).
Citation instrumentale (trompette et hautbois) de la mélodie Herr Jesu Christ, du höchstes Gut du choral Herr Jesu Christ, ich schrei nach dich que l’on retrouve dans les cantates BWV 113/1, 131/2, 166/3 et 168/6.
Renvoi à EKG 167 : Gorlitz 1587 / Dresden 1593, de Bartholomäus Ringwalt,1588. Bach a pu connaître la version du recueil de Gotha 1715. Le renvoi au psaume 39 (Prière pour une juste connaissance de la mort) proposé par James Lyon, ne paraît pas clairement en rapport avec le texte de ce cantique.

Sol mineur (g-moll), 138 mesures, 3/4
BGA. Jg. X. Pages 277 à 285. | Épître aux Romains, chapitre 7, verset 24. | Tromba. | Oboe I. II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Prélude instrumental - Parties vocales encastrées. Cantus firmus instrumental en canon à la quarte inférieure = choral. Structures AB - AB - C.D.E. - conclusion.

BASSO [Jean-Sébastien Bach] : «…Sur la structure contrapuntique développée par le chœur, Bach greffe la mélodie du choral confiée en canon, à la quarte inférieure, à une trompette et à deux hautbois à l’unisson. Le sentiment de la mort plane sur toute la cantate, qui garde tout du long des teintes délicates et plaintives, mais aussi celui d’une poignante douceur traduisant le réconfort qu’apporte le Christ ».
BOMBA : «…Dans la cantate BWV 48, il semble que Bach voudrait répondre dans une certaine direction, dès le premier instant, à la question posée dans la lettre aux Romains. C’est ainsi que l’on peut comprendre la composition singulière du chœur d’introduction. Il est divisé en trois niveaux musicaux. Tout d’abord, ce sont les violons qui commencent. Bach développe le matériel musical de leur mouvement en partant d’un mouvement mélodique ascendant et d’un saut de sixte qui retombe sous le point de départ du mouvement ascendant et forme une sorte d’appoggiature pour marquer le point final et le point principal du thème. Cette idée musicale réapparaît toujours un peu modifiée et forme le prélude, focalisé en douze mesures. A présent le chœur vient s’y joindre. Lui aussi commence avec une sixte, l’intervalle augmente cependant. Chaque attaque nouvelle est chantée par une autre voix, le tout est élaboré de manière extrêmement différenciée en contrepoint. Une mélodie de choral vient se joindre au troisième niveau, jouée en un canon de trompette et de deux hautbois. Cette mélodie a été chantée à Leipzig sur deux cantiques à la fois « Herr Jesu Christ, ich schrei nach dich » -Bach place la douzième strophe de ce cantique à la fin de la cantate pour l’encadrer- et dans [1] : Herr Jesu Christ, du höchstes Gut » …»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…Élaboration de choral sur mélodie (MDC) 042 de type V (Choral confié aux instruments) ; ici le cantus firmus (trompette ou hautbois)… opposition entre la plainte du chœur (un intervalle de sixte ascendante) : « moi, homme misérable » et le cantus firmus confié à, la trompette et énonçant la mélodie pénitentielle « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page 68] : «…La cantate expose aux quatre parties vocales une technique contrapuntique serrée tandis que la trompette et le hautbois entonnent immédiatement une mélodie de chorale liée à la pénitence (MDC 042)… mélodie également funèbre (la relation péché/mort) étant évidente… Ici la mélodie de choral aux instruments est une réponse directe aux craintes du chœur…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…poignant lamento qui ouvre la cantate, mouvement continu d’une sinfonia pour cordes et continuo, toute en motifs de soupirs, en tensions harmoniques, en chromatismes douloureux, en respirations haletantes… Les quatre voix, procédant en imitations sur une thématique différente… interviennent pour répéter sans cesse les mots de Paul…. Mais le rôle le plus important revient à la trompette qui énonce, bien séparées, les sept périodes du choral « Herr Jesu Christ, ich schrei nach dich », mélodie du XVIe siècle sur laquelle se chantent plusieurs cantiques… Les deux hautbois à l’unisson lui répondent en canon à la quarte inférieure…»
FINSCHER : «…La parole de Saint Paul que la cantate prend comme point de départ est exposée en un mouvement choral dont le contrepoint -marqué par un emphatique saut de sixième et par un traitement mélodique en soupirs- devient de plus en plus dense vers la conclusion ; le mouvement est articulé par une ritournelle des cordes s’élevant comme une main cherchant secours tandis que trompette et hautbois exposent en canon, verset par verset, la mélodie chorale « Herr Jesu Christ, ich schrei zu dich »
GARDINER : « Chœur pensé tel un menuet lent au parfum d’un poème symphonique pré-romantique… Les 12 mesures du prélude orchestral initial proposent une formulation sans parole du cri d’angoisse de Paul… elles donnent sa structure au mouvement tout entier en reliant ses diverses interjections vocales… Sopranos et altos commencent un canon strict… Bach superpose simultanément un second canon pour trompette et deux hautbois… plus l’hymne de Johann Heermann [Plus souvent est citée la mélodie du cantique Herr Jesu Christ, du höchstes Gut » de Bartholomäus Ringwalt ?] riche en connotations de réconfort associé par le Dresdner Gesangbuch de 1725-1736 à ce même dimanche » [le 19e après la Trinité].
HALBREICH : «…Le choral est exceptionnellement exposé en canon à la quarte inférieure à la trompette et au hautbois, voix et cordes conservant chacune leur thématique indépendante. Ce morceau au rythme obsédant, à la démarche tonale tourmentée et instable, d’une âpre grandeur dans l’expression de l’inquiétude, constitue une prière anxieuse pour le salut de l’âme »… Chœur initial émaillé de dissonances douloureuses, un tempo lourd, traînant, haché… comme accablé sous le poids du péché ».
HIRSCH [Symbolisme numérique] : La somme numérique de « Ich elender Mensch » donne 139, le chœur a 138 mesures.
: « Le thème instrumental est de 48-49 notes = 7 x 7 = 49 (le pardon). Le thème vocal est de 29 notes = J.S.B. (9 + 18 + 2) mais aussi S.D.G (Soli Deo Gloria 18 + 4 + 7. La ritournelle instrumentale donnée à cinq reprises…
LEMAÎTRE : «…Dans le premier chœur (3/4, sol mineur), le librettiste inconnu se réfère à Saint Paul et cite le 24e verset de l’épître aux Romains… Sur le contrepoint développé par les voix, la trompette et les deux hautbois à l’unisson traitent la mélodie du choral Herr Jesu Christ, du höchstes Gut en canon à la quarte. Par ce biais, Bach réalise une double anticipation car ce thème est connu le support du cantique Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir. Non seulement il évoque le verset suivant de Saint Paul qui fait allusion au réconfort salvateur du Christ, mais il établit un lien thématique et textuel avec le dernier numéro de l’œuvre qui expose la douzième strophe de ce dernier cantique paru à Freiberg en 1620 ».
MACIA [Collectif] : «…rythme de lamentation, orchestre triste, invocations sans fin du chœur qui procèdent par imitation à 2 ou 4 voix et se déroulent dans une atmosphère lugubre en sol mineur… Dans le même temps retentit à la trompette et au hautbois… la mélodie du choral Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir… Les fidèles devaient bien connaître la signification de ce cantique : ainsi, tout en laissant s’exprimer la désolation du mortel, Bach semble affirmer qu’appeler Dieu à son secours apportera sans doute le salut. Voici un exemple typique de l’utilisation pédagogique d’une mélodie de choral…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les formes, page 325] : «…Trompette et hautbois se renvoient en canon les fragments du choral. Tout le premier chœur est dominé par cette figure, doublement allégorique. Les voix chantent : « Qui me délivrera, moi, homme misérable, de ce corps de mort ? » L’enchaînement rigoureux des phrases du cantique, présentées en canon, éveille des idées de sujétion, de dépendance absolue… La mélodie du choral évoque le souvenir des paroles absentes mais connues de chaque fidèle : «  Seigneur Jésus-Christ, bien suprême, source de toute grâce, vois comme je suis accablé de douleur en mon âme.
[Musique instrumentale, page 370] : L’idée d’une stricte obligation, par la forme contrainte du canon… pour rendre plus vif le désir de la délivrance ».
[J.-S. Bach, pages 168/169] : « Le premier chœur est fondé sur le thème du choral. Ce chœur tient à la fois du motet purement vocal et du prélude au choral écrit pour l’orgue. Par la disposition des voix que les instruments ne font que soutenir, il se rapporte à la première forme tandis que le procédé suivant lequel chacun des fragments de la mélodie exposée est annoncé par des entrées des voix en « imitations » le rattache à la seconde.. Le chant inflexible du choral gouverne ainsi, dès le seuil, l’œuvre que Bach lui a consacré. Mais, comme si l’essor des voix avait besoin, pour s’élancer, d’une base aussi ferme, elles montent avec une liberté surprenante. Le soprano s’épanouit progressivement, arrache pour ainsi dire les autres parties à l’obsession de la mélodie imposée et les entraîne, préparant un superbe déploiement de sonorités vocales dont la splendeur soudaine va illuminer tout le chaos de plaintes que le texte du choral a évoquées jusque-là ».
SCHREIER : «…La facture de cette page est inhabituelle, en particulier la citation de la mélodie du choral dans la trompette et le hautbois (ces deux instruments font un canon à la quarte inférieure) ; la mélodie du choral n’est pas reprise dans les parties chantées. La structure du choral dont les lignes interviennent dans les développements des parties vocales (les deux premières lignes du choral sont reprises une fois encore, sous forme de coda- a directement influencé la forme de ce mouvement). La structure de la mélodie du choral c’est (ab) (ab (cde)… l’apparente mosaïque arbitraire constituée par l’orchestre et les chœurs se révèle être en réalité une unité profonde… La mélodie du cantique révèle de nombreuses interdépendances à l’intérieur même de sa structure… Au début du deuxième développement des parties vocales on trouve dans la basse le mouvement en écrevisse des notes b-a-c-h (si bémol-la-do-si), motif chromatique…» … L’important dans cette cantate, c’est la voix conductrice (Hauptstimme), la partie conductrice. Le matériau musical du prélude est d’un caractère fortement mélodique qui se répète à travers toute la pièce, littéralement ou sous une forme transposée ou partielle, répartie dans les voix et les instruments. Parenté étroite de ces différents éléments chorals. L’interprétation théologique par des symboles est supprimée à cause d’une immanence musicale très stricte. Renversements, démarche en écrevisse, notamment à la basse, mesure 30, effet d’enharmonie ».
[extrait de 3]: « Dans le premier chœur on peut se poser la question de savoir si les techniques musicales de la variation, du renversement, de l’écrevisse, etc. ont été suggérées par le choral ou si c’est l’inverse qui s’est produit. Il parait vraisemblable que c’est l’intervalle de demi-ton, symbole du plus grand éloignement de l’ordre, de la misère, qui a été la raison de l’association des deux chorals… suite dans [3].
SCHULZE : «…Dans la composition de Bach, la lamentation éloquente renfermée dans l’affirmation du Nouveau Testament prend une forme inhabituelle, vraiment unique : au sein d’un mouvement instrumental dominé par la lamentation et les motifs de soupir, les parties vocales s’abandonnent à des invocations qui semblent sans fin, alternant d’abord entre une écriture à deux et quatre voix, puis exclusivement à quatre voix. On trouve partout des imitations et une émulation canonique : elles montrent clairement la signification et la pertinence universelle de la question de lamentation. Ces évènements musicaux sont commentés par une mélodie de choral présentée instrumentalement, ligne par ligne. La chanson du 16e siècle « Wenn mein Stündlein vorhanden ist » est énoncée par la trompette et imitée par les hautbois à la distance d’une ou deux mesures, chaque fois une quarte plus bas. La multiplicité d’inférence [?] textuelle occasionnée par cette citation musicale associe l’affirmation à l’épître avec une strophe de choral qui doit être entendue dans nos pensées -soit à partir de la vieille chanson Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir », l’une des « Kreuz  und Trostliedern- Chanson de la Croix et de consolation » insérée à la fin du livret de la cantate ».  
SCHWEITZER [J.S. Bach, tome 2, page 258] : « Le thème des violons est destiné à illustrer la douloureuse question posée dans le premier chœur de la cantate [BWV 48] où l’accompagnement de l’orchestre est construit sur un thème globalement similaire à celui de la cantate BWV 89 « Was soll ich aus dir machen, Ephräim ? » [une autre question !] … [pages 341/342] : « Bach écrivit la cantate [BWV 48] pour le 19e dimanche après la Trinité (Matthieu 9, 1 à 9) dans lequel Jésus guéris le paralytique et lui pardonne ses péchés. Tandis que le chœur chante les paroles remplies de désespoir de « Romains, chapitre 7 » donnant son titre à la cantate, l’accompagnement instrumental ne cesse de répéter inlassablement la douloureuse question [+ Exemple musical], pendant que trompettes et hautbois jouent en canon le choral « Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir ». 
WHITTAKER [volume 2, page 299] : «…Le violon I est employé la plupart du temps dans la figure interrogative ; le violon II et la Vla. accompagnent simplement les deux thèmes du choral joué sans les paroles (le thème principal et son contre sujet), tous ces instruments indépendamment de la ligne vocal, avec un canon entre la tromba et les deux hautbois à l’unisson et gagnant en intensité…»
WIJNEN : «…ce chœur exprime la peine infinie devant le « corps de la mort ». Ce « Leib des Todes » s’enfonce sur une note grave tandis que les violons jouent une mélodie remplie de nostalgie et que la trompette double la ligne du choral… Les entrées du choral sont exposées avec une parfaite irrégularité, comme pour ajouter encore au désarroi de la musique…»  


2] REZITATIV ALT. BWV 48/2
O SCHMERZ, O ELEND, SO MICH TRIFFT, / INDEM DER SÜNDEN GIFT / BEI MIR IN BRUST UND ADERN WÜTET ; / DIE WELT WIRD MIR EIN SIECH UND STERBEHAUS, / DER LEIB MUß SEINE PLAGEN / BIS ZU DEM GRABE MIT SICH TRAGEN. / ALLEIN DIE SEELE FÜHLET DAS STÄRKSTE GIFT,[variante : den stärksten Gift] / DAMIT SIE ANGESTECKET ; / DRUM, WENN DER SCHMERZ DEN LEIB DES TODES TRIFFT, / WENN IHR DER KREUZKELCH BITTER SCHMECKET, / SO TREIBT ER IHR EIN BRÜNSTIG SEUFZEN AUS.

O souffrance, ô détresse qui m’accable, / tandis que le poison des péchés / fait ses ravages dans ma poitrine et dans mes veines : / le monde m’apparaît tel un hospice et une maison mortuaire, / le corps doit porter le fardeau de ses plaies / jusqu’à la tombe. / Cependant c’est l’âme que corrompt le plus violent poison / dont elle est infectée ; / Voilà pourquoi la souffrance lui arrache un soupir de ferveur / lorsqu’elle accable le corps de la mort / et que le calice de la croix lui dispense son amère saveur.

Auteur inconnu.
Mi bémol majeur (Es-Dur) - Si bémol majeur (B-Dur), 16 mesures, 4/4
BGA. Jg. X. Pages 286/287. RECITATIVO. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Récit accompagné. Alt, Sreicher, B.c.

BOMBA : «…Il [Bach] habille d’un son de cordes s’éloignant le récitatif qui parle, après tout, de poison, de calamités, de calice de la croix amer et de soupir de ferveur ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…Arioso davantage que récitatif… traversé de modulations lointaines et de rudes dissonances…»
FINSCHER : «…Accompagnato extrêmement expressif ».
GARDINER : « Sombre récitatif pour alto… harmonies chromatiques instables et tonalité allant de mi bémol à si bémol… présence soudaine de dièses qui, dans le symbolisme luthérien représentent la Croix (Kreuz)…»
HALBREICH : «…Récitatif pour contralto où Bach se surpasse une fois encore en fait d’harmonies et de modulations hardies et pathétiques ».
PIRRO [LEsthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation des motifs, page 63] : «…Abattement, amertume, détresse irrémédiable. Trouble de la tonalité et conflit dans l’harmonie font le pathétique de cette déclamation tourmentée [BGA. 48, page 286]. Déclamation tourmentée. Voir les cantates BWV 78/5 et 47/3 (+ exemples musicaux).
[La traduction du texte, page 265] : « …Bach isole de même dans les récits, les mots qui préviennent d’une transformation d’idée qui vient d’être énoncée  ici le mot « allein ». Voir BGA. 48, page 286.
[Les formes, page 286] : Nous voyons dans ce récitatif, une de ces surprises de modulation que Mattheson conseille au compositeur de préméditer avec une habileté cachée. Le début de ce récitatif n’est qu’une longue lamentation sur la misère de la vie en ce monde, sur les ravages que fait le « poison du péché »… Aussi, quand la douleur atteint ce corps de mort, si le calice des douleurs lui semble amer, l’âme soupire profondément [+ exemple musical BGA. 48, page 286]… l’accompagnement instrumental reste ici d’une grande sobriété, et cette simplicité rend plus apparent encore l’audacieux enchaînement des accords. Voir aussi la cantate BWV 78/3. [Conclusion, page 452] : Le poison du péché : Opposition à la basse apaisante les gémissements de l’orchestre ; trouvailles de modulation, chocs d’harmonie. Modulations extrêmes entre le sol mineur [1] et le mi bémol majeur ».
PIRRO [J.-S. Bach, pages 170] : «…Un miséricordieux récitatif sert de contrepartie à [1]. Bach écrit une sorte d’arioso, où se succèdent des phrases musicales organisées et des passages simplement déclamés ».
SCHREIER : «…Cette page est caractérisée par la dissonance, le désordre harmonique. Il semble que les quatre parties de cordes soient nécessaires pour que l’auditeur puisse percevoir le plan très compliqué des modulations de cette page. La modulation la plus extrême est celle entre les accords de si bémol mineur et mi majeur sur le texte « mais l’âme sent le poison le plus fort dont elle est contaminée ». Les 22 notes de la basse comportent sept accords de septième diminuée (1 « Gift bei mir in Brust und Adern » - 2) Plagen - 3) Grabe - 4) fühlet das stärkste - 5) Schmerz - 6) Krezukelch - 7) brünstig), les 2, 4e et 5e sont d’ailleurs développés en dissonance. Il est naturel que la voix, la partie chantée, ne peut utiliser que des intervalles compliqués et dissonants sur un pareil fond sonore... le moyen musical le plus inhabituel employé dans toute cette page « le poison le plus violent », comme dit le texte, c’est l’enharmonie : sol bémol - la bémol - si bémol -do bémol - la bémol - sol dièse - fa dièse. Cet endroit est remarquable à un autre point de vue. Les mots du texte « le poison le plus fort » (das stärkste Gift) ne formulent pas seulement une donnée théologique mais encore une réalité musicale. Cette association n’est certainement pas accidentelle si l’on songe aux exigences formulées à l’endroit des livrets de cantates : on demandait aux auteurs d’offrir des occasions de ce genre d’association au musicien…. On peut se demander si ce n’est pas Bach lui-même qui a écrit ce texte… Le matériau mélodique de cette page, plus précisément la partie des cordes qui permet de saisir la marche harmonique révèle des contours très nettement régulier… la conduite de la basse continue est également remplie de dissonances ; ce sont surtout les tritons qui dérangent la fonction ordonnatrice de la basse continue ».
WIJNEN : « Récitatif d’alto caractérisé par d’étonnants sauts mélodiques, sensés exprimer graphiquement le mot « Schmerz - douleur ».


3] CHORAL. BWV 48/3
SOLL’S JA SO SEIN, / DSTRAF UND PEIN / AUF SÜNDE [Variante : comme B.G. et Leipzig 1682 : „Sünden“] FOLGEN MÜSSEN, / SO FAHR HIER FORT / UND SCHONE DORT / UND LAß MICH HIER WOHL BÜßEN.

Puisqu’il est écrit / que le châtiment et les tourments / succèdent inéluctablement aux péchés, / quitte donc notre monde, / sois indulgent dans l’au-delà / et laisse-moi faire vraie pénitence ici-bas.

Quatrième strophe du cantique (1604) Ach Gott und Herr wie groß und schwer en 10 strophes (de six vers chacune) de Martin Rutilius (1551 † Weimar 1618) daté (Lyon) du 29 mai 1604., Ach Gott und Herr… ou Johann Major (1613) selon Francis Browne [BCW],
Mélodie d’un anonyme. Francis Browne [BCW] et Henri Boyer donne comme origine le recueil As hymnodus sacer (Leipzig, 1625) et James Lyon avance le nom de Johann Gottfried Walther).
[BCW : Choral Melody] : Plusieurs versions dont celle paru dans le « Colmariches Gesangbuch ». Enfin une autre éditée à Gotha en 1715 a été peut-être connue par Bach dans le livre de chant utilisé à Leipzig.
La mélodie se trouve également dans l’œuvre de Johann Hermann Schein (1627); Samuel Scheidt (SSWV 524 (1650), SSWV 236. Buxtehude BUXWV 177 ; Johann Schelle (cantate) ; Christian Andreas Schulze (cantate) ; Andreas Nikolaus Vetter (prélude pour orgue) ; Christoph Graupner (cantate, 1711) ; Georg Friedrich Kauffmann (choral prélude pour orgue, 1733). Johann Gottfried Walter (choral prélude pour orgue). Gustav Flügel (1812-1900) (choral pour orgue), etc.
EKG 168 donne : Leipzig 1625 et Freiberg (Saxe) 1656. / Martin Rutilius (1604) oder (ou et) Johannes Major (1613).
Renvoi au choral BWV 255 (ut majeur. (James Lyon, mélodie 112, page 269, Freiberg 1655).
Renvoi aux chorals (Kirnberger) BWV 692, 692a, 693 et choral BWV 714.

Si bémol majeur (B-Dur), 10 mesures, C
BG. Jg. X. Pages 288. CHORAL. | Soprano. / Tromba, Oboe I. II., Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Trompete, Oboe, Streicher, B.c.

BOMBA : «…Les deux airs [3 et 5] doivent plutôt illustrer le caractère dansant, scrupuleux plutôt que les « membres pécheurs de Sodome ». Vu ainsi, l’alternance constante entre les mesures en 3/4 et en 3/2 de rapport hémiole dans le numéro [6] pourrait être ressentie comme une sorte de prise de conscience rythmique de la certitude de la foi : Jésus peut « rendre à la vie les morts ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…Mélodie de choral (MDC 02)  de type I. Simple choral harmonisé avec le soutien colla parte des instruments (trompette, deux hautbois, cordes et continuo. Liaison fatidique entre le péché (tétracorde descendant) et le châtiment et plus loin le tétracorde montant (rédemption).
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page 92] : «…une seule élaboration vocale existe du cantique Ach Gott und Herr, wie groß und schwer. Renvoi aux chorals du même titre du recueil Kirnberger BWV 693, 694 et au choral BWV 714. Choral harmonisé avec le soutien colla parte des instruments.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…passage de la contrition à l’espoir… le choral se chante sur une mélodie anonyme de la fin du XVIe siècle…harmonisation homophone mais lourdement chargée de chromatisme soulignant les souffrances exprimées… les voix sont doublées par les instruments à cordes…»
DÜRR : «…Bref choral artistiquement harmonisé mais aussi d’une expression puissante ».
FINSCHER : «…Choral dans lequel le « soupir de la foi vibre, notamment au dernier vers ». 
GARDINER : «…le choral à quatre voix …reprend cet ardent soupir (brünstig Seufzer) sur lequel l’alto avait refermé la page précédente » [2].
HALBREICH : «…Concision de la cantate bien qu’il y ait ici un morceau en « surnombre », ce bref choral harmonisé en troisième position ».
NYS, Carl de : «…La strophe du choral de Martin Rutilius offre une audace de modulations qui fait songer aux hardiesses madrigalesques d’un Gesualdo di Venosa ».
LEMAÎTRE : «…Quatrième strophe du cantique Ach Gott und Herr, wie groß und schwer… de Martin Rutilius (1604) ».
SCHREIER : «…On remarque fréquemment dans les cantates de Bach que le compositeur établit un lien entre deux mouvements en faisant reprendre au début du second un motif de la fin du premier, ou son renversement… la fin du texte du choral indique que l’alto qui, dans le n°2 avait dû chanter le péché, doit chanter maintenant la pénitence… nous avons expliqué ce symbolisme dans un commentaire de la série précédente [Erato, volume 3] « …Ce choral [comme 1] commence lui aussi avec un intervalle d’un demi-ton, ses quartes descendantes et montantes ayant elles aussi une parenté avec la structure du premier cantique : deuxième ligne du choral…La parenté entre la mélodie de ce cantique et les citations du choral dans le n° 1 résident surtout dans les quartes et leur renversement. La pénitence est traduite musicalement par le cheminement chromatique de la basse continue sur les mots « und lass mich hier wohl büssen ».  
SCHWEITZER [J.S. Bach, tome 2, page 342] : « le comble de la peine est atteint avec les sinistres harmonies du choral « Soll’s ja so sein, dass Straf » et culmine sur le mot Bußen qui en conclut la strophe ».


4] ARIA ALT. BWV 48/4
ACH, LEGE DAS SODOM DER SÜNDLICHEN GLIEDER, / WOFERN ES DEIN WILLE, ZERTÖRET DARNIEDER ! / NUR SCHONE DER SEELE UND MACHE SIE REIN, / UM VOR DIR [vor dich in OP et Ost.] EIN HEILIGES ZION ZU SEIN.

Anéantis donc la Sodome des membres pécheurs, / si telle est ta volonté ! / Mais épargne l’âme et purifie-la / afin qu’elle acquière la sainteté de Sion par-devers toi.

Auteur inconnu.
Mi bémol majeur (Es-Dur), 95 mesures, 3/8
BGA. Jg. X. Pages 289 à 291. | ARIA. | Oboe solo. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Trio : Alt, Oboe solo, B.c.. Forme bipartite avec ritournelle.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…Le livret oppose ici les deux villes de Sodome et de Sion… afin de personnifier en les opposant le mal et le bien…… et c’est en un air tendre et fervent que s’élève cette méditation intérieure… Délicat trio pour hautbois et voix d’alto sur basse continue, en deux parties, la ritournelle y expose une phrase joliment balancée en mètre ternaire que reprend l’alto…»
DÜRR : «…Un duo avec une mélodie d’un caractère presque dansant, rempli de charme et finalement assez surprenant, compte tenu du texte ».
FINSCHER : «…Air d’alto intime, à la manière d’un cantique, avec hautbois concertant. Ton confiant de prière émanant du texte ; formes et accents musicaux étonnamment simples mais gradués ».
GARDINER : «…air pour ténor et cordes de forme da capo modifiée, c’est l’un de ces airs sur mètre ternaire à la foi délicat et périlleux que Bach goûtait particulièrement…»
LEMAÎTRE : «…Par son active participation, le hautbois solo transforme cette page en duo sur basse continue ».
MACIA [Collectif] : «…contraste étonnant avec le choral précédent… vivacité rythmique, grâce mélodique et la verve du hautbois solo…»
SCHREIER : «…Conformément au texte décrivant dans le récitatif n° 2 la destruction complète de l’ordre dans la vie du pécheur et dans la réaction du choral sa disponibilité à faire pénitence, l’aria devrait reconstituer cet ordre à partir de disponibilité à faire pénitence… la tranquillisation de l’ordre qui avait été totalement perturbé apparaît dans le déroulement formel de cette page dans son unité, dans l’absence des contrastes et d’agitation, dans l’accent qui est mis sur son caractère mélodique : tout le mouvement est déduit de la mélodie du prélude. Cette intention est confirmée par la basse qui semble être déduite du mouvement précédent par des citations de la mélodie du choral ; on peut se référer notamment à la structure en quartes des lignes une et deux ou quatre et cinq du cantique ».
SCHULZE : «…  Aria annoncé par un « ardent soupir ». Elle compare le destin du corps du pécheur à la destruction de la ville de Sodome mais son souci véritable est le salut de l’âme ». Aria d’alto étonnamment enjouée, aux transports de joie même ; c’est pourquoi il est difficile de relier sa musique à l’articulation claire à la métaphore de Sodome des « membres pécheurs ».


5] REZITATIV TENOR. BWV 48/5
HIER ABER TUT DES HEILANDS HAND / AUCH UNTER [allen] DENEN TOTEN WUNDER. / SCHEINT DEINE SEELE GLEICH ESTORBEN, / DER LEIB GESCHWÄCHT UND GANZ VERDORBEN, / DOCH WIRD UNS JESU KRAFT BEKANNT [variante: so wird uns Jesu Kraft erst kund]; / ER WEIß IM GEISTLICH SCHWACHEN / DEN LEIB GESUND, DIE SEELE STARK ZU MACHEN.

Mais ici-bas, la main de Notre Sauveur / accomplit ses miracles aussi parmi les morts, / même quand ton âme paraît éteinte, / que ton corps amoindri est tout dépéri, / la puissance de Jésus se révèle encore à nous ; / De celui dont la foi est faible / il guérit le corps et il revigore l’âme.

Auteur anonyme.
[Ici l’allusion à l’évangile du jour est perceptible. La guérison d’un paralytique à comparer avec le texte « Il guérit le corps et il revigore l’âme ». Voir aussi le psaume 88, 11 [PBJ. 834] : « Pour les morts fais-tu des merveilles » à comparer avec le texte de la cantate : « Mais ici-bas, la main de Notre Sauveur / Accomplit ses miracles aussi parmi les morts ».

Si bémol majeur (B Dur) - si bémol majeur (B Dur), 9 mesures, C
BGA. Jg. X. Page 291. | RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco. Tenor, B.c.

SCHREIER : «…Le caractère en quelque sorte « pathologique », de l’harmonie sert à traduire le contenu du texte dans les structures musicales… les formations d’accords de septième, des notes étrangères à la gamme, correspondent par ailleurs aux énoncés existentiels du texte chanté ».
«… Le caractère de l’harmonie sert à traduire le contenu du texte dans les structures musicales. Avec accords de 7».
SCHULZE : «…Le second récitatif est également relié à l’évangile et à un verset approprié du psaume 88, une prière à Jésus [dans le psautier ?] en temps de tentation sévère et de danger mortel immédiat ».


6] ARIE TENOR. BWV 48/6
VERGIBT (Original-Partitur: Vergib) MIR JESUS MEINE SÜNDEN, / SO WIRD MIR LEIB UND SEEL [Originalpartitur et Ost.: Geist] GESUND. / ER KANN DIE TOTEN LEBEND MACHEN / UND ZEIGT SICH KRÄFTIG IN DEN SCHWACHEN, / ER HÄLT DER LÄNGST GESCHLOßNEN BUND, / DAß WIR IM GLAUBEN HILFE FINDEN.

Si Jésus me pardonne mes péchés, / mon corps et mon âme renaîtront à la santé. / Il peut rendre à la vie les morts / et accomplit sa puissance dans les faibles, / il maintient l’alliance depuis si longtemps contractée, / afin que nous trouvions secours dans la foi.

Auteur anonyme.
[Autre allusion à l’évangile avec le texte : « Mon corps et mon âme renaîtront à la santé ».
Renvoi aussi avec 2 Corinthiens 12, 10 [PBJ. 1718] : « Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » à comparer avec dans le texte de la cantate : « Il peut rendre à la vie les morts / Et accomplit sa puissance dans les faibles »,

Sol mineur (g-moll), 124 mesures, 3/4,
BGA. Jg. X. Pages 292 à 297. ARIA. | Violino I. / Oboe col Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Parties de cordes + Hautbois. Libre da capo.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…Accédant à l’espérance de la guérison, le chrétien se trouve à présent réconforté… allure presque dansante de la mesure à 3/4 et la déclamation résolue du soliste. Et cependant, la tonalité tragique du sol mineur… Bach a soigneusement mentionné les oppositions de nuances piano et forte…»
DÜRR : «…Balancement rythmique 3/2 et 3/4. La combinaison des cordes et du hautbois confie au texte un caractère de confiance certain sans pour autant en atténuer la délicatesse ».
HALBREICH : «…Air de ténor dont l’étrange agogique, entretenant l’équivoque entre le 3/4 et le 3/2, efface l’impression de la barre de mesure… le morceau exprime une confiance totale…»
FINSCHER : «…Air d’un ample écoulement mélodique ».
HIRSCH [Symbolisme numérique] : Structure des mesures : 19 - 19 - 19 - 19 + -3 - 19 -19. Peut-être le chiffre « 19 » : l’église + les croyants
NYS, Carl de : «…L’aria avec les premiers violons et les hautbois à l’unisson, en un sol mineur très pathétique, exprime avec une très grande intensité la prière du texte : imploration d’être délivré du péché, cause du mal et de la mort, mais aussi la nostalgie de la mort libératrice ».
SCHREIER : «…On peut vérifier le principe de la « voix conductrice » dans la structure formelle de cette page… toute la page ne contient aucun élément qui n’ait pas été présenté dans le prélude…» 
SCHULZE : «…Dans la seconde aria où le ténor est accompagné par les cordes et deux hautbois, le lien entre le texte et la musique est plus convaincant. Ici aussi pourtant, des éléments dansants exercent une certaine influence, comme le fait une figure intrigante où, de temps à autres, le mètre à 3/4 est transformé en 3/2 ».


7] CHORAL. BWV 48/7
HERR JESU CHRIST, EINIGER TROST, / ZU DIR WILL ICH MICH WENDEN ; / MEIN HERZLEID IST DIR WOHL BEWUßT, / DU KANNST UND WIRST ES ENDEN, / IN DEINEN WILLEN SEI’S GESTELLT, / MACH’S, LIEBER GOTT, WIE DIR’S GEFÄLLT ; / DEIN BIN UND WILL ICH BLEIBEN.

Seigneur Jésus Christ, ô mon seul réconfort, / je me tourne vers Toi ; / Tu connais bien mon affliction, / tu peux y mettre un terme, oui, tu y mettras fin. / Qu’il en advienne suivant Ta volonté ; / Tien je suis et tien je veux demeurer.

Douzième strophe du cantique Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir, un cantique paru à Freiberg en 1620. Attribution douteuse [selon James Lyon page 114] à Johann Caspar Trost, organiste de la Martinkirche d’Halberstadt… voire aussi à Johan Schindler Publication en 1627 à Altenburg.
La mélodie du choral (ici identique au premier mouvement) est celle du lied « Herr Jesu Christ, du Höchstes Gut », retrouvée dans les cantates BWV 113/1, 131/2, 166/3 et 168/6.

Sol mineur (g-moll), 15 mesures, C
BGA. Jg. X. Pages 298 . | CHORAL. | Soprano. / Tromba, Oboe I. II., Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Deux phrases mélodiques parallèles (lignes 12 et 3 et 4, Stollen) et une phrase conclusive (lignes 5, 6 et 7, Abgesang).

BOMBA : «…Le thème du ténor, octave ascendante sur les mots « Christ einiger Trost » souligne le message décidément théologique de cette cantate, remarquable malgré sa simplicité extérieure ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : Simple choral harmonisé de type I. sur mélodie de choral (MDC) 042.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…Harmonisation homophone, doublures semblables au mouvement 4… Une tierce picarde apporte, in fine, un rayon de lumière ».
MACIA [Collectif] : «…nouveau petit coup de théâtre avec comme choral final un autre verset du cantique anonyme scandé par la trompette et les hautbois dans le chœur d’entrée [1]
NEUMANN: «…Citation instrumentale du choral déjà entendu dans [1]. Sources : LVopf  = Leipziger Gesangbuch von Gottfried Vopelio, Leipzig, 1682 »
SCHULZE : «…Le choral final à quatre voix n’est pas juste la fin de cette œuvre unique ; il forme aussi un pont retournant au mouvement d’ouverture et nous rappelle l’importance de la citation du choral sans texte qui apparaît là et qui est intensifié par la technique du canon ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 48

BCW (BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice de James Leonard.
BRAATZ, Thomas [BCW / Provenance]. (Commentary - Part I & Part II (Whittaker. Schweitzer, dans l’édition complète chez Dover 1966.
Stephen A ; Christ « Oxford Composer Companions).
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 21. 2010.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 6 octobre 2000 – 2] 6 novembre 2005. Prévision : 13 mai 2012
Texte du choral Ach Gott und Herr (Francis Browne, octobre 2005).
Texte du choral Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir (N’est pas sur le BCW en 2010).
Mélodie du choral Herr Jesu Christ, ich schrei zu dir (Aryeh Oron et Thomas Braatz, septembre et novembre 2005).
Mélodie du choral Ach Gott und Herr (Aryeh Oron et Thomas Braatz, septembre 2005).

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 48 = BC A 144.
BACH-JAHRBUCH. Bj. 1975 (K. Häfner), page 99. Bj. 1978 (G. Herz), page 150
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34 et 159
Volume 2, pages 253, 268, 279, 305 et 306, 469
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 16. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 168/169
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003.
Pages 92/93 [Mouvement 3 = MDC 02] . Pages 68, 190/191 [Mouvements 1 et 7 = MDC 042].
Dans [1] choral de type V, citation instrumentale du choral ici confié aux instruments. En [7], choral de type I
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach –h. Kirnberger (sans date). Dans [3]. N° 40 (279)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 4
Dans [1 et 7]. N° 141 (142, 143,144)
BUCHET, Edmond : Jean-Sébastien Bach (après deux siècles d’études et de témoignages). Buchet / Chastel. 1968. Page 154 (Cf. Spitta)
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 975 à 979
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 125/126
CHAILLEY, Jacques : Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Choral Ach Gott und Herr. Pages 43 à 45
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Tome 2, pages 473/474
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». 10e dimanche après la Trinité. EKG 167 [1 et 7]. EKG 168 [3]
FANTAPIÉ, Alain: Critique de la version Rilling/ Erato, volume 4. Revue Diapason, n°195, mars 1975
FESTIVAL J.-S. BACH DE MAZAMET. 1969, 4e année. Grand temple de Mazamet. 7 septembre 1969. Orchestre du Festival.
Société des Chanteurs de Saint-Eustache. Direction R.P. Émile Martin de l’Oratoire.
FINSCHER, Ludwig : Introduction à la cantate. Coffret Teldec Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 13. 1975
GARDINER, John Eliot, Sir : Notice de son enregistrement, SDG, volume 10. 2005. Traduction française par Michel Roubinet.
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 366, notes 148, 152
HALBREICH, Harry : Critique de la version H. Rilling, Harmonie, n° 105, mars 1975
: Critique Teldec/ Harnoncourt, volume 13. Revue Harmonie, n° 113, janvier 1976
HARNONCOURT, Nikolaus : Remarques sur l’exécution. Teldec, volume 13
: Le Dialogue musical. Monteverdi, Bach et Mozart. Arcades / Gallimard / NRF. 1985. Page 89
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 18
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. CN 55, pages 52, 100
: Riemenschneider Bach Institute. The Quarterly Journal of the. Baldwin-Wallace College. Berea, Ohio.
Number Symbolism in Bach’s First Cantate cycle : 1723-1724 – part II. Volume VI, n° 4. Octobre 1975. [1 et 6], page 19
LEHMANN, Claude : Histoire de la musique (sous la direction de Roland Manuel. La Pléiade. 1960. Volume 1, page 1947
De l’utilisation du choral luthérien.
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. Fayard. Les Indispensables de la musique. 1992. Page 51
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 64, 70, 114, 279 [3 - BWV 714, ca 1700-1717 ; mélodie 111.
Leipzig : As hymnodus sacer, 1625]
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig. 1971 Pages 75/76
: Literaturverzeichnis : pas de référence.
: Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Page 139
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 21
NYS, Carl de : Notice du livret du Festival J.-S. Bach de Mazamet, 1969. 4e année.
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 169/170. Chronologie, après 1727
: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973
Pages 63 [2], 265 [2], 286 [2], 324 [1], 370 [1], 452 [2]
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 66/67. BWV 692, 693, page 455 et BWV 714, page 458
Literatur : Spitta ; Schweitzer; Wolfrum II; Pirro ; Parry; Wustmann; Wolff ; Terry; Steiglich; Thiele; Neumann.
BJ 1910, 1914, 1932
SCHREIER, Manfred : Notice (très complète) de l’enregistrement Rilling / Erato. Juillet 1973-1975
SCHULZE, Hans Joachim : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki. Volume 14. 2000
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume III, pages 87/88. [une cantate peu étudiée par Spitta !]
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 214
Édition américaine augmentée (traduction de E. Neumann). D’après l’édition allemande de 1911
Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Tome 2, pages 31, 258, 341/342, 410, 461 et 462 (note)
TIÉNOT, Yvonne : J.-S. Bach. H. Lemoine 1951. Chronologie 1737 
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Tome II, pages 199 à 203 et 299
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD, page 88) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement Erato puis Antoine Marchand, volume 9, 1998.
[On ne peut que regretter de voir une notice aussi brève extraite des travaux d’un musicologue réputé comme Ch.
Wolff, dans une série d’enregistrements parus sous le vocable de Complete Cantatas !] 
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 244/245
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 46, page 109
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 48

BACH CANTATAS WEBSITE :
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
6 références (août 2002 à juin 2010) + 2 mouvements individuels (août 2002 à juillet 2006).

Exemples musicaux (Aryeh Oron, février 2003 à janvier 2005).

6] GARDINER (volume 10). Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Contre-Ténor : William Towers. Ténor : James
Gilchrist. Octobre 2000. Durée : 15’56
CD Soli Deo Gloria (SDG) 110. 2005. Avec les cantates BWV 5, 90 et 56
2] HARNONCOURT (volume 13). Wiener Sängerknaben. Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. 1975
Disque Teldec 6. 35284-00-501 (SKW 13/1-2 BR 2). Das Kantatenwerk (volume 13)
CD Teldec (D) 4502-91757 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 3. Coffret de six CD avec les cantates BWV 37 à 60
CD Teldec 8 35284 ZL 242560-2 Das Kantatenwerk (volume 13). 1987
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à 52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise Warner Classics 8573 81194-5 (en CD séparés, volume 16). 2006, Avec les cantates BWV 48 à 51
3] KOOPMAN (volume 9). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1998. Durée : 14’40
CD Erato 3984 27315-2. 1999. Reprise sous label Antoine Marchand (vers 2004). Avec les cantates BWV 154, 158 et 173a
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Printemps 2000. Durée : 14’56
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 19 – Cantates, volume 10
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 16/92. Avec les cantates BWV 28 et 146
*7] LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola Seconda Pratica. Église évangélique de Trogen (CH)
DVD Live, 20 octobre 2006. Gallus Media A 315
Reprise en coffret Bach Erlebt. 2007. J.S. Bach Stiftung. St. Gallen. Zurich 2007. Avec les cantates BWV 33, 36, 38, 60, 132, 172, 182
et 185
1] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Mars et avril 1973. Durée : 15’01
Première mondiale selon Harry Halbreich (1975). Communiqué par Arthur Hirsch le 22 décembre 1973
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98669. Avec la cantate BWV 113
Disque (F). Erato STU 70859. Les grandes cantates (volume 4). Coffret de 5 disques. 1975. Avec la cantate BWV 113
CD Die Bach Kantate.(volume 51). Hänssler Classic. Laudate 98813. Mars-avril 1973. 1991. Avec les cantates BWV 99, 8 et 27
CD Hänssler edition bachakademie (volume 16). Hänssler-Verlag 92.016. 1999
4] SUZUKI (volume 14). Bach Collegium Japan. Contre-Ténor : Robin Blaze. Ténor : Gerd Türk. alKobe Shoin Women‘s University
Chapel. Japon. 22 au 25 février 2000. Durée : 14’33.
CD BIS 1081 Digital. Avec les cantates BWV 89, 109 et 148


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 48

M-1. Mvts. 1 & 7] Hans Pflugbeil. Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950, début des années 1960.
Disque Baroque Music Club puis CD
M-2. Mvt. 7] Nicol Matt. Nordic Chamber Orchestra. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Bach Edition. 2006 Volume 23. Chorals.
Bach Edition (intégrale). CD Brilliant Classics. 93102-138. V/32


DIVERS

BGA. CD ROM. Voir BGABA 11. 10e année. 5e volume des cantates. Pages XXIV et 277 à 298. Brève notice de Wilhelm. Rust. Titre autographe sur la chemise renfermant la cantate et précisions relatives à la « tromba » et enfin corrections autographes de Bach signalées.


C. Role. Janvier 2011
 

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Last update: January 16, 2011 12:00:00