Recordings/Discussions
Background Information
Performer Bios
Poet/Composer Bios
Additional Information
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Cantata BWV 29
Wir danken dir, Gott, wir danken dir
Commentary in French |
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RATSWECHSEL
Élection du Conseil de la ville de Leipzig
Leipzig, 27 août 1731 |
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CONTENU |
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Avertissement
Datation
Sources
Occurrences
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 29
- Werner Neumann
- André Pirro
- Philipp Spitta
- William Gillies Whittaker |
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AVERTISSEMENT |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable. |
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DATATION BWV 29 |
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Leipzig, lundi 27 août 1731
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 590]: « 27 août 1731. Reprise attestée le 31 août 1739 et le 25 août 1749, comme en témoignent les rééditions du texte
[Renvoi à Johann Sebastian Bach, Leben und Werk in Dokumenten, n° 451-452, page 68] [BD, vol. II, n° 585] : « Den 31. Aug. Ward die so genannte Raths-Wahl-Predigt in der Kirche zu St .Nicolai, von Herrn Magister Christian Gottlob Eichlern, über 1 Reg. VIII, 57.sq. gehalten, etc. … - Le 31e d’août se tint ce qu’on appelle le prône pour l’élection du Conseil en l’église st. Nicolas, par maître Christian Gottlob Eichlern… Monsieur Joh. Sebast. Bach, Maître de Chapelle et Compositeur de la Cour Royale et Princière, fit entendre une musique aussi savante qu’agréable dont le texte était : Chœur. Wir dancken dir, GOOtt, wir dancken dir, und verkündigen Wunder (ancienne exécution en 1731). D’après la gazette « Avis aux érudits » de A. Kriegel].
CANTAGREL: «…l’intronisation religieuse ayant lieu le lundi ou le vendredi suivant l’élection fixée elle le 24 août, jour de la Saint-Barthélemy, en l’église Saint-Nicolas de Leipzig. La reprise de cette œuvre est attestée par l’impression de nouveau livret circonstanciel, les 31 août 1739 et 25 août 1749 ».
Dans Bach-Dokumente: seconde exécution de la cantate n° 29, Leipzig, 31 août 1739 : « le 31ème d’août fut tenu ce que l’on appelle le prône pour l’élection du Conseil en l’église Saint-Nicolas, par le Maître Christian Gottlob Eichler (…) ; ensuite, Monsieur Johann Sebastian Bach, Maître de Chapelle et Compositeur de la Cour Royale et Princière, fit entendre une musique aussi savante qu’agréable dont le texte était pour le chœur: "Nous Te remercions, Dieu, nous Te remercions et proclamons tes miracles".
DÜRR: «…la date « 1731 » est notés sur la partition Composée pour le service religieux célébré à l’occasion du changement de Conseil municipal, le 27 août 1731, cette cantate semble avoir particulièrement tenu à cœur au Cantor de Saint-Thomas. Non seulement l’œuvre fait partie des rares cantates dont les reprises ultérieures (à savoir 1739 et 1749) nous soient prouvées à l’appui de documents (naturellement Bach a fait rééxécuter à plusieurs reprises maintes de ses œuvres sans que cela soit vérifiable) mais encore Bach a réutilisé le chœur d’entrée dans la Messe en si mineur et cela deux fois dans la même œuvre : sur les mots « Gratias agimus tibi » du Gloria [BWV 232, n° 6] et sur les paroles « Dona nobis pacem » à la fin de l’œuvre [BWV 232, n° 25 ] ».
HIRSCH: Classement CN 190 (Die chronologisch Nummer – numéro chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV 247 Passion selon Saint-Marc (23 mars 1731) - BWV 121 (8 avril 1731) - Anh. X (musique perdue). BWV 140 (25 novembre 1731) - BWV 36 (2 décembre 1731).
NEUMANN: Reprise de la cantate le 25 août 1749 (Ratswechsel). In Bach-Dokumente, 585. Impression isolée pour l’église Saint-Nicolas. Voir note in Sämtliche von Johann Sebastian Bach, page 512 et le fac-similé page 420
NYS, Carl de: «…C’est pendant la dernière semaine d’août qu’avait lieu chaque année à Leipzig le renouvellement des conseils ; parmi les devoirs les plus éminents de sa charge, le cantor de Saint-Thomas comptait l’interprétation d’une cantate très solennelle au cours du service d’action de grâces. Bach a dû diriger 27 fois une œuvre de ce genre ; mais nous ne connaissons que six cantates ayant cette destination et trois livrets dont la musique n’a pas été retrouvée. La cantate BWV 29 porte sur la partition autographe la date de la création : 1731 ; deux livrets imprimés et datés nous apprennent qu’elle fut reprise en 1739 et en 1749, le dernier service de ce genre dont Bach eut la charge ».
SCHWEITZER: Les cantates de 1728 à 1734. Reprise en 1749.
SPITTA: Leipzig Cantatas, 1731-1734… la date de l’exécution est donnée à partir de documents émanant de la Leipzig Rathaus (l’Hôtel de ville) concernant l’élection du Conseil municipal.
WOLFF: «…La partition de Bach porte la date autographe « Bei der Raths-Wahl 1731 ». Des représentations ultérieures peuvent être établies pour 1739 et 1749, grâce à des éditions publiées du texte ». |
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SOURCES BWV 29 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P 166 B. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz. Musikabteilung [anciennement Berlin Est]
P 871. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz.
[ Fac-similé du début (Sinfonia) de la cantate (autographe) dans le coffret Das Kantatenwerk/ Harnoncourt / Teldec, volume 8. Source : P 166 ainsi que celui du début de la Partita III pour violon solo, BWV 1006. Berlin Staatsbibliotek Preußischer Kulturbesitz].
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39]: Cette cantate apparaît dans le catalogue (dont 86 cantates sacrées) des œuvres ayant appartenu, (après héritage vers 1750) à Carl Philipp Emanuel Bach et publié à Hambourg, en 1790, deux ans après sa mort Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach »
BG: Titre autographe à la couverture : « Bey der Raths-Wahl 1731, | Wir danken dir, Gott, wir danken dir | a 4 | Voci| 3 Trombe | Tamburi | 2 Hautbois | 2 Violini | Viola | e | Continuo | con Organo obligato | di | Joh. Seb : Bach ». Le texte de la reprise de 1749 est incluse dans la partition.
[le propriétaire suivant de la partition fut Georg Poelchau (1773-1836), collectionneur et bibliothécaire en 1791 à la Zelter Singakademie de Berlin. C’est lui qui acheta une grande partie des collections musicales de Carl Philipp Emmanuel Bach (mort en décembre 1788) et les rétrocéda à la Berlin, Deutsche Staatsbibliotoù elles entrèrent en 1841. La partition de la cantate BWV 29 y est depuis conservée].
BRAATZ / BCW: Deux restaurations de la partition ont eu lieu au 20e siècle, la dernière en 1984
SCHMIEDER. Dix folios, 20 pages écrites in 4°. Le fac-similé est dans l’édition de la BGA (volume XLIV)
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume 2, appendix 44, pages 697-697]: Filigrane "M A"
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 106M. Leipzig, Musikbibliothek der Stadt (Thomasschule, Bach-Archiv)
HERZ: les copistes repérés sont Johann Ludwig Krebs (élève ce Bach plus tard son gendre) et Carl Philipp Emanuel (fils de Jean-Sébastien)
SCHMIEDER: 23 parties partiellement autographes, in 4°
COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P Am 540 B. Amalienbibliothek
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BGA Jg.V1 (cinquième année) - Pages 275-320. Préface de Wihlelm Rust (1855). Avec les cantates BWV 21-30 et Anh. 30a.
[Partition BG dans le coffret Das Kantatenwerk/ Harnoncourt, volume. 8. 1974]
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 322. RATSWAHLKANTATEN II
Bärenreiter Verlag BA 5077. 1994. Herausgegeben von Christine Fröde. 6 Faksimiles
BWV 29. Pages 3-52. Bl. 2v der Autographen Partitur. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz. Mus. ms Bach P 166. Beginn des Satz 1
- Bl. 10r der Autographen Partitur (Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz, Mus. ms Bach P 166). Satz 8 und Skizze zu einer nicht zu BWV 29 gehörenden Arie (gestrichen)
- Bl. 8r der Autographen Partitur (Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz, Mus. ms Bach P 871). Schluß des Satzes 2, Satz 5 und dazwischen Vermerk für die Satze 3 und 6
Avec BWV 120. Pages 53-110. BWV 69. Pages 111-168. BWV Anhang 3.et BWV Anhang 193 (voir KB)
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5077 41. 1994. Christine Fröde
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/ 322 Net www. Bach-Institut.de
AUTRES ÉDITIONS
BCW: Réduction « voix et piano » et partition de la BGA
Breitkopf & Härtel (à la date de 1973). Partition PB 2879. Orgue, voix, orchestre (Max. Seiffert) OB 1373. Chœur ChB 1414
2009: Partition PB 4529 (48 pages) – Réduction Voix et piano EB 7029 (32 pages) – Parties séparées (6) OB 4529 – Chœur = ChB 4529
Kalmus Study Scores. N° 812. Volume VIII. New York 1968. Avec les cantates BWV 27 et 28.
Peters. Réduction voix et piano.
Schott (éditions) : Sinfonia d’ouverture pour orgue et orchestre (révision: Auler).
Whittaker. Sinfonia [I] pour le compte de Oxford University Press – 1928.
Partition BWV 1001-1006. Bärenreiter n° 59. Février 1959. Introduction de Günter Haußwald. |
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OCCURRENCES BWV 29 |
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RATSWECHSEL = Élection du Conseil municipal de la ville de Leipzig.
A lieu, chaque année, le 24 août, jour de la Saint-Barthélemy. Le Culte d’intronisation, a lieu le lundi ou le vendredi suivant à l’église Saint-Nicolas, principale paroisse de la ville. On félicite les conseillers sortants et on accueille les nouveaux promus. La cantate est donnée après le sermon].
[Essai de tableau de cantates liées à cette occurrence:
BWV 71 (Mühlhausen, 4 février 1708 - 30 août 1723 : BWV 119 [malgré son intérêt, Bach n’a pu la faire exécuter à nouveau, faute d’effectifs suffisant ? Il faudra attendre le 25 avril 1843]. 1724, 28 août, peut-être BWV 69 - 1725, 27 août : peut-être BWV 137 - 1726, 26 août : BWV 193 ? - 1727, 25 août : Anh.. 4 (Neumann XVI) - 1728, 30 août : BWV 120 ? - 1729, 29 août : BWV 120 ? - 1730, 28 août : Anh. 3 (Neumann XI) ou BWV 69 ? 1731, 27 août : BWV 29 - 1732, 25 août : peut-être BWV 137 - 1733, 31 août : œuvre inconnue - 1734, 1735, 1736, 1737, 1738 : œuvres inconnues. 1739, 31 août : BWV 29. 1740, 29 août : Cantate V, Neumann). 1741, 28 août : reprise Anh. IV. 1742, 27 août : œuvre inconnue - 1743, 26 août - 1744, 31 août - 1745, 30 août - 1746, 29 août (peut-être BWV 137) - 1747, 28 août - 1748, 26 août : œuvres inconnues. 1749, 25 août : BWV 29, à Saint-Nicolas.
Pour mémoire, Neumann cite BWV 71 (Mühlhausen 1708). Les cantates BWV 97, 100, 117 et 192, sans destination connue pourraient avoir été éventuellement utilisée ?] |
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TEXTE BWV 29 |
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Auteur inconnu.
Voir Neumann et Wustmann pour le texte et les modifications
DÜRR: «…Le grand nombre d’allusions bibliques permet de voir dans l’auteur inconnu du texte un théologue (théologien ?) qui s’est habilement acquitté de sa tâche et qui a conféré au texte de son invention un cadre caractéristique par la répétition finale des versets « Halleluja, Stärk und Macht ».
2]. Citation textuelle du Psaume 75/1 [PBJ. 870]: "A toi nous rendons grâce, Ô Dieu…"
3]. Psaume 135/21 [PBJ. 929]: "Béni soit Yahvé depuis Sion / Lui qui habite Jérusalem ! " Dans la cantate: "Sion est encore sa ville".
Ier Livre des Chroniques 23,25 [PBJ. 543]: "Yahvé, Dieu d’Israël, a donné le repos à son peuple et il demeure pour toujours à Jérusalem".
4] Dans la cantate: "Dieu soit loué ! Nous prospérons ! / Dieu est toujours notre espoir, / Sa tutelle, sa consolation et sa lumière / Protègent la ville et les palais, / Son aile fait régner la paix dans les murs".
Psaume 46/2 [PBJ. 843]: "Dieu est pour nous refuge et force ".
Psaume 62/6 [PBJ. 857]: "En Dieu seul repose-toi, mon âme, / de lui vient mon espoir ; / Lui seul mon rocher, mon salut, / Ma citadelle…"
Psaume 122/7 [PBJ. 922]: "Appelez la paix sur Jérusalem : paix à tes tentes ! / Advienne la paix dans tes murs : / Paix à tes châteaux !"
Psaume 36/8 [PBJ. 833]: "Ainsi les fils des hommes / à l’ombre de tes ailes ont abri".
Psaume 63/8 [PBJ. 858]: "et je jubile à l’ombre de tes ailes".
Dans la cantate: "La paix et la fidélité s’embrassent / Et doivent / Rencontrer la justice."
Psaume 85/11 [PBJ. 882]: "Amour et fidélité se rencontrent, / Justice et paix s’embrassent ; Fidélité germera de la terre…"
6] Dans la cantate: "Et que le peuple entier dise : Amen ! "
Deutéronome (Moïse), 27, 15-26 [PBJ. 269]. L’inscription de la loi: "Et tout le peuple dira : Amen".
8] Cantique en quatre strophes de douze vers [publié à Nuremberg vers 1530 1540] "Nun Lob, mein Seel, den Herren", inspiré par le psaume 103 [PBJ. 896] de Johann Gramann (alias Poliander, 1487-1541), vers 1540. Voir EKG 188/5, à la strophe supplémentaire (Publications à Königsberg 1549 et à Nuremberg, 1559) dont le texte est repris intégralement.
La mélodie attribuée à Hans Kugelmann (1490-1542) vers 1540, proviendrait d’un air profane du 15e siècle.
Voir aussi EKG 229 et 392. Voir les cantates 17/7 (mélodie et 3e strophe), 28/2 (mélodie et strophe 1), 51/4 (mélodie et la même strophe 5 de la cantate BWV 29), BWV 167/5 (mélodie et strophe 5).
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, pages172-173]:
Fac-Similé du texte pour l’année 1739 : dans le Nützliche Nachrichten Von Denen Bemühungen derer Gelerhrten und andern Begebenheiten… Leipzig im Jahre 1739 [pages 78-80] avec la présentation: « Den 31. Aug. Ward die so genannte Raths-Wahl-Predigt in der Kirche zu St. Nicolai, von Herrn Magister Christian Gottlob Eichlern…
Fac-Similé du texte pour l’année 1749: livret de l’église Saint-Nicolas (in der Kirche zu St. Nicolai von den Choro Musico abgesungen worden. Leipzig 1749). Deutsche Staatsbibliothek Berlin.
NYS, Carl de: «…Comme il n’y avait pas de textes liturgiques imposés l’auteur anonyme du livret a écrit un vaste hymne d’action de grâces faisant des emprunts plus ou moins littéraux aux psaumes 75/2, 122/4 et 84/4. La cinquième strophe du cantique de Gramann qui sert de choral final est une très belle paraphrase de la doxologie traditionnelle...»
WOLFF: «…Le texte, d’un poète inconnu, s’inspire du Psaume 75, 2 dans le mouvement [2] et dans le mouvement conclusif il emprunte la strophe finale au Lied "Nun lob, mein Seel, den Herrn" de Johann Gramann (1548) ». |
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GÉNÉRALITÉS BWV 29 |
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BOMBA: «…Johann Sebastian Bach, quand il était à Leipzig, n’avait pas seulement à sa charge la musique des églises principales. Le « director musices » était aussi responsable de la musique à l’Université et dans tous les autres domaines de la vie publique. Bach remplissait ainsi les fonctions d’un directeur général de musique et était au service de la villeet non de l’église. Parmi les obligations les plus distinguées que devait accomplir Bach, il y avait donc le devoir de donner l’éclat musical adéquat aux quelques événements d’importance de la vie politique. Chaque année, le [premier] lundi après le jour de la Saint-Barthélemy (célébrée le 24 août) se présentait une telle occasion. A ce jour, un tiers des trente membres formant le Conseil de la ville quittait ce comité ; dix nouvelles personnes entraient en fonction après s’être assurées de la bénédiction de l’ Église ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 275]: « Bach recourt pour cette œuvre [BWV 29] à un schéma inhabituel et à une richesse d’invention très supérieure à la routine de certains cycles ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 179]: «…Après la Sinfonia, la structures des sept sections vocales qui suivent est complètement symétrique. Deux morceaux de choral [1 et 8], utilisant tout l’orchestre, entourent trois arias [n° 3, 5 et 7] relis entre eux par deux récitatifs [n° 4 et 6] ». |
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DISTRIBUTION BWV 29 |
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NEUMANN. Solo : Sopran, Alt, Tenor, Baß . Chor. Trompete I-III (en ré majeur), Pauken ; Oboe I, II ; Orgue concertant ; cordes, B.c.
SCHMIEDER. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Trompete I-III, Pauken ; Oboe I, II ; Konzertierende Orgel ; Streicher ; B.c.
BASSO: « Six cantates, les BWV 146, 170, 35, 27, 169, 49) avec l’orgue qui figure en tant qu’instrument obligé, cantates auxquelles il faut rajouter les BWV 188 et 29… »
BOMBA: «…Conforme aux besoins de circonstances, la distribution instrumentale de la cantate BWV 29 composée de trompettes, de timbales, de hautbois et de cordes, est solennelle…»
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 59]: « Ajout de parties complémentaires plus complexes. Pour treize types [de choral] de type I, Bach prévoit des ajouts plus somptueux encore [que l’ajout d’une cinquième voix supplémentaire]. Il s’agit dans tous les cas de cantates festives importantes… Dans BWV 29/8, quatre parties indépendantes, trois trompettes et timbales. Renvois aux cantates BWV 19/7, 31/9, 69/6, 70/11, 79/6, 91/6, 97/9, 105/6, 128/5, 130/6, 161/6, 195/6 ».
HARNONCOURT. «…Les hautbois sont dans toute la cantate des hautbois d’amour
SCHWEITZER [J.S. Bach, page 392]: L’auteur avance l’hypothèse que le « Rückpositiv » étant indisponible, Bach, aurait tenu personnellement la partie sur l’orgue de Saint-Nicolas… |
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APERÇU BWV 29 |
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1] SINFONIA. BWV 29/1 |
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Fac-similé du début (Sinfonia) de la cantate (autographe) dans le coffret Das Kantatenwerk/ Harnoncourt [Vol. 8]
Ré majeur (D), 138 mesures, 3/4
BG Jg. V1. Pages 275 - 287. Marqué „Sinfonia / Presto“. Tromba I. / Tromba II. / Tromba III. / Timpani. / Oboe I. Violino I. / Oboe II. Violino II. / Viola. / Organo obligato. / Continuo.
NEUMANN. Grande introduction concertante pur orgue et orchestre (ensemble des instruments)
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 413]: «…un reflet du langage du XVIIe siècle paraît affleurer dans les cantates pourvues d’introductions instrumentales… moyen d’expression personnel de Bach… à Leipzig, cette sinfonia d’ouverture se muera en de purs et simples allegros de concert avec orgue obligé (Renvoi aux cantates BWV 35, 42, 49, 52, 110, 120a, 156, 169 et 188) visant à un langage de cours ».
[Volume 2, pages 590-591]: « L’œuvre s’ouvre sur une Sinfonia qui est une stupéfiante réélaboration du Prélude de la Troisième Partita pour violon seul (BW 1006), en en conservant le même nombre de mesures et en en confiant à l’orgue la partie originairement réalisée par le violon seul ; le discours développé par l’orchestre ne fait que refléter ce qui est proposé par l’instrument soliste, et l’on retrouve donc, sur le plan formel, un schéma tout à fait analogue à celui observé dans un authentique concerto instrumental…»
DÜRR: «…Bach a donné à la composition une somptueuse introduction en la faisant précéder d’une Sinfonia pour laquelle il utilise le « preludio » de la partita en mi majeur pour violon solo (BWV 1006 ; époque de Köthen 1717-1723) qu’il transforme en concerto d’orgue ou plus exactement -toute la partie de violon étant reprise dans la voix d’orgue et la partie orchestrale composée en surcroît- en solo d’orgue avec accompagnement d’orchestre, car l’alternance de tutti et de solo caractéristique du concerto instrumental baroque n’est ici que rudimentairement esquissée dans cette répétition. Voir début de la partition autographe dans le volume 8, Teldec, 1974 ».
HÄFNER [BJ 1975, Le cycle annuel de cantates de Picander, page 100] : «…des symphonies instrumentales servant d’introduction semblent avoir été une particularité de ce cycle annuel de cantates…»
NYS, Carl de: «…Un orchestre très fourni avec trois clarini (trompettes aiguës), deux hautbois, timbales et même une partie d’orgue concertant dans la sinfonia d’ouverture indiquent clairement la solennité des circonstances. C’est sans doute encore Friedmann qui a joué sur le positif de la balustrade la partie d’orchestre concertant très brillante ; la main droite, en effet, est un arrangement du prélude de la Partita BWV 1006 pour violon seul tandis que la gauche joue de la basse continue. A cette page très savante Bach a ajouté un orchestre merveilleusement polyphonique lui aussi, ce qui donne une idée de la densité de sa pensée musicale.
WIJNEN: «…immense mouvement de concerto pour orgue, accompagné d’un orchestre au grand complet…»
WOLFF: «…La cantate commence avec une sinfonia instrumentale de grande dimension, un mouvement concerto pour orgue obligato et orchestre. Ce mouvement virtuose s’appuie sur le prélude de la Partita pour violon solo n° 3 de Bach. A la ligne solo sans accompagnement Bach ajouta un accompagnement d’une grande finesse. Durant les représentations de la cantate, le compositeur jouait fort probablement de l’orgue en solo et déléguait le battement de la mesure au senior du chœur du chœur qui représentait officiellement le cantor ».
[Gématrie ? 138 mesures, c’est la somme numérique des lettres composant les mots "Liebster Jesu…"]
[Moins richement orchestrée, Bach avait auparavant (ca 1730) utilisé cette sinfonia dans la cantate pour un mariage "Herr Gott, Beherrscher aller Dinge" BWV 120a/4 (elle-même issue de la cantate BWV 120 (1728-1729) sans la Sinfonia]. |
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2] CHORSATZ. BWV 29/2 |
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W IR DANKEN DIR, GOTT, WIR DANKEN DIR, UND VERKÜNDIGEN DEINE WUNDER.
Nous te rendons grâce, Ô Dieu, nous te rendons grâce et proclamons tes miracles.
Ré majeur (D), 91 mesure, à C barré
BG Jg. V1. Pages 288 - 300. Tromba I. / Tromba II. / Tromba III. / Oboe I. / Oboe II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. / Organo. / Continuo.
NEUMANN. Type fugué. En canon avec deux thèmes et variantes (A‘ B’ A’’ A’ B’’A’ A’ B’’’). Trompettes I , II et III ; Timbales ; Oboe I, II ; Cordes et basse continue (B.c.)
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 591]: «…un motet de style ancien élabore le verset 2 du Psaume 75 et caractérise les deux hémistiches qui le constituent de thèmes différents, traités en canon, d’abord séparément, puis conjointement ; ce morceau deviendra fameux de par la double utilisation qu’en fera Bach dans la Messe en si mineur BWV 232 (dans le Gratias agimus tibi et dans le Dona nobis pacem)
volume 2, page 608]: « Il est incontestable que l’application de la technique du motet, suivant les manières propres au stylus antiquus, s’étend bien au-delà de la composition des motets au sens étroit du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des autres œuvres de musique sacrée. [Renvoi à la note 8 des pages 853-854 : suit la liste des cantates [possédant ponctuellement] un style proche du motet, par exemple BWV 2/1, 4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, 101/1, 108/4, 121/1, 144/1, 179/1, 182/7
BOMBA: « le chœur donne une impression d’archaïsme…»
DÜRR: «…Le lapidaire chœur d’entrée incarne le principe du motet. Une progression grandiose est atteinte par le fait que les parties vocales ne soient pas d’abord renforcées que par les cordes et les bois puis par une trompette et qu’enfin le chœur des trompettes fasse éclater et élargisse en conclusion, pune conduite indépendante des voix et des strettes thématiques, la polyphonie initiale à quatre voix de ce mouvement ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 179]: «…morceau fugué exprimant les sentiments de gratitude envers le Seigneur…»
LEMAÎTRE: « un motet canonique basé sur deux thèmes principaux engendrés par le verbe de chaque hémistiche : "danken –louer" et "verkündigen – proclamer"».
NYS, Carl de: «…Le premier chœur de la cantate BWV 29 existe aussi sur les mots Gratias agimus et Dona nobis de la messe en si, ce qui montre le jugement que le musicien lui-même portait sur ces pages puisqu’il l’offrit au roi de Pologne dans le but d’obtenir le titre et la fonction de maître de chapelle royale et qu’il l’inclut deux fois ( !) dans la somme de la fin de sa vie, sorte de chef-d’œuvre au sens plein et artisanal. [..]. Le grand chœur monumental du début est une combinaison très savante des formes en canon où les trompettes sont souvent « obligées », c'est-à-dire réellement concertantes ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – L’orchestration, pages 237-238]: « Rôle des trompettes dans l’orchestre de Bach [Renvois aux cantates BWV 130, 120, 110, 129, 41, 34 et 71…»
[La musique instrumentale, page 359]: « Chœur de joie et d’actions de grâces…»
WIJNEN: «…style du motet ancien, les instruments doublant les lignes vocales fuguées avec deux sujets… Seules les trompettes ont une ligne indépendante des parties chantées…» |
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3] ARIE TENOR. BWV 29/3 |
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H ALLELUJA, STÄRK UND MACHT / SEI DES ALLERHÖCHSTEN NAMEN ! / ZION IST NOCH SEINE STADT, / DA ER SEINE WOHNUNG HAT, / DA ER NOCH BEI UNSERM SAMEN /AN VER VÄTER BUND GEDACHT. [le texte imprimé de 1749 reprend la phrase "Halleluja, Stärk und Macht… Nahmen"].
Alleluia, force et puissance / Au nom du Très-Haut ! / Sion est encore sa ville, / Il y a sa demeure, / Il a dans notre semence / Encore pensé à l’alliance des Pères.
La majeur, 232 mesures, à C barré
BG Jg; V1. Pages 301 - 305. Violino Solo. / Tenore. / Organo e Continuo.
NEUMANN. Violon soliste. Forme de trio avec da capo
NYS, Carl de: «...Aria comportant des parties concertantes, le violon et l’orgue ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Les formes, pages 314-315]: « Dans la cantate Wir danken dir, Gott, l’air de ténor avec violon solo qui commence par alleluja a le même contenu d’idées et, en somme, la même forme que les psaumes… Bach parle dans cet air, au nom de Leipzig, et son œuvre a un caractère à demi politique, en ce sens qu’elle est faite pour une cérémonie officielle, le service divin pour l’élection du conseil de la ville (1731). Il convient que la jubilation, la force et l’éclat s’y étalent. Or, dans la forme de l’aria, le compositeur est libre de se déployer, de chanter haut et longuement… Dans les premiers coups d’aile du violon, Bach nous fait regarder dans l’infini [+ Exemple musical]. L’accompagnement est limpide, plein de motifs arpégés de gammes unies, ou de fragments de gammes. Le violon déroule ses tirades, dans une atmosphère pure, et la voix s’étend sans effort. Tout évolue en longues courbes, tracés d’un seul mouvement, jetées presque sans arrêt, mais calmes, semblables aux lignes de lumière que dessinent, par un jour de soleil, sur un fond de forêts et de collines, des vols de ramiers au plumage luisant [BG. 29 , V1, page 301]. |
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4] REZITATIV BAß. BWV 29/4 |
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G OTTLOB ! ES GEHT UNS WOHL ! / GOTT IST NOCH UNSRE ZUVERSICHT, / SEIN SCHUTZ, SEIN TROST UND [BG: "sein"] LICHT / BECHIRMT DIE STADT UND DIE PALÄSTE, / SEIN FLÜGEL HÄLT DIE MAUERN FESTE. / ER LÄßT UNS ALLERORTEN SEGNEN, / DER TREUE, DIE DEN FRIEDEN KÜßT, / MUß FÜR UND FÜR / GERECHTIGKEIT BEGEGNEN. / WO IST EIN SOLCHES VOLK WIE WIR, / DEM GOTT SO NAH UND GNÄDIG IST !
Dieu soit loué ! Nous prospérons ! / Dieu est toujours notre espoir, / Sa tutelle, sa consolation et sa lumière / Protègent la ville et les palais, / Son aile fait régner la paix dans les murs. / Il nous fait bénir en tous lieux, / La paix et la fidélité s’embrassent / Et doivent / Rencontrer la justice. / Où y a-t-il un peuple comme le nôtre / Dont Dieu soit si près et auquel il accorde tant de grâce !
Fa dièse (fis) – mi mineur (e), 13 mesures, C
BG Jg; V1. Page 306. Recitativo. Basso. / Organo e Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco |
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5] ARIE SOPRAN. BWV 29/5 |
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G EDENK AN UNS MIT DEINER LIEBE, / SCHLEUß UNS IN DEIN ERBARMEN EIN ! / SEGNE DIE, SO UNS REGIEREN, / DIE UNS LEITEN, SCHÜTZEN, FÜHREN, / SEGNE, DIE GEHORSAM SEIN ! [le texte imprimé de 1749 reprend la phrase "Gedenk an uns…Erbarmen ein"]
Souviens-toi de nous dans ton amour, / Englobe-nous dans ta miséricorde ! / Bénis ceux qui nous gouvernent, / Nous conduisent, nous protègent, nous dirigent, / Bénis ceux qui sont obéissants !
Si mineur (h), 102 mesures, 6/8
BG Jg; V1. Pages 307 - 311. Aria. Oboe. Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Organo. / Continuo.
NEUMANN. Caractère de Sicilienne. Avec da capo. Hautbois, cordes, Soprano et B.c.
BASSO: « …intime et suave Sicilienne avec hautbois et cordes…»
CANTAGREL: «…Un cinquième seulement des cantates d’église présente un aria en si mineur (suit une liste de 38 cantates)… dans l’affliction qui saisit le chrétien dans sa condition… il manifeste sa confiance en la miséricorde divine… et son espérance dans le rachat du péché… D’où ses implorerions renouvelées… et que ressassent les cantates BWV 29, 69a, 79, 80, 104, 108, 115, 125, 182…»
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 180]: «…le tendre aria du soprano [n° 5], le centre de toute la cantate, il a la forme d’une gracieuse sicilienne décrivant la douce miséricorde de Dieu dans un tableau tout pénétré de paix pastorale ».
DÜRR: «…l’air –Siciliano- profondément sensible ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le Musicien-poète, page 248]: «…une autre nuance de la quiétude, la quiétude plutôt joyeuse, se trouve exprimée par un motif qui, le plus souvent, apparaît dans les rythme de 12/8 et de 3 /4 [ici à 6/8]… Ce sont des grandes phrases, admirablement souples, dont le rythme rappelle celui des motifs des anges et qui traduisent cette sérénité naturelle qui naît de la grande douleur » [+ Exemple musical]
WIJNEN: «…La mélodie d’une beauté bouleversante retentit d’abord au hautbois et aux cordes, avant d’être reprise par le soprano. La seconde phrase est exposée de la même manière après quoi la seconde moitié de cette seconde partie est répétée à l’orchestre, un procédé hautement inhabituel qui ajoute encore à la paix céleste du mouvement ».
WOLFF: «...L’air en si mineur est composé dans un délicat et expressif style siciliano ». |
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6] REZITATIV ALT. BWV 29/6 |
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V ERGIß ES FERNER NICHT, MIT DEINER HAND / UNS GUTES ZU ERWEISEN ; / SO SOLL DICH UNSRE STADT UND UNSER LAND, / DAS DEINER EHRE VOLL, / MIT OPFERN UND MIT DANKEN PREISEN, / UND ALLES VOLK SAGEN : AMEN !
N’oublie pas non plus de nous prodiguer / Des bienfaits par ta main ; / Ainsi / Que notre ville et notre pays, / Remplis de ta gloire, / Te célèbrent par des sacrifices et des actions de grâces / Et que le peuple entier dise : Amen !
Ré majeur (D) – Ré majeur (D), 8 mesures, C
BG Jg. V1 (5e année). Page 312. Recitativo. Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. Organo e Continuo.
NEUMANN. Récitatif avec unisson (les quatre voix) conclusif sur le mot "Amen"
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 591]: «…le second récitatif se clôt, exceptionnellement, sur un motif du chœur (Amen) ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 180]: «…Il y a un épisode émouvant à la fin du récitatif secco… quand le contralto est interrompu par un « Amen » jailli du cœur, chanté par toutes les voix…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – les mélodies simultanées, page 122]: «…Les sentiments collectifs…Rien n’est plus commun que d’entendre, dans les églises luthériennes, l’assemblée toute entière participer au chant des chorals… En entendant ces fermes paroles qui, de leur unisson irrésistible, dominent le tumulte de l’orchestre, on croit assister à la solennelle déclaration de constance que publie, quand elle est déjà menacée de toutes parts, une foule étroitement groupée, forte des mêmes espoirs et de la même foi [Renvoi à BG. 80 XVIII, page 361]. Une semblable unanimité reparaît dans la cantate pour l’édu Conseil Wir danken dir, Gott (1731). C’est l’action de grâces de tout un peuple, un Amen puissant que les voix du chœur profèrent sur le même ton, répondant à l’invitation du récitant qui rappelle les bienfaits de Dieu, et engage ses fidèles à le louer. La communauté des sentiments est ainsi manifestée par la communauté des chants ». |
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7] ARIE ALT. BWV 29/7 |
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H ALLELUJA, STÄRK UND MACHT / SEI DES ALLERHÖCHSTEN NAMEN !
Alleluia, force et puissance / Au nom du Très Haut !
[le texte imprimé de 1749 n‘indique pas s‘il s‘agit d‘un aria… le texte du N° 7 se trouve, sans transition, à la suite du récit n° 6].
Ré majeur (D), 72 mesures, C
BG Jg. V1. Pages 313 - 315. Aria. Marqué « Allegro ». Alto. / Organo obligato. / Continuo.
NEUMANN. Forme trio avec partie d’orgue obligé. Alto et Basse continue.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 591]: «…la troisième aria recourt à l’orgue et reprend la section A de la première aria [3] (mais dans la tonalité de ré majeur au lieu de la majeur et en éliminant la partie d’introduction, purement instrumentale), comme pour souligner l’unité du triptyque qui, d’ailleurs, est suggéré par le texte : en effet, les deux vers constituant la troisième aria sont les mêmes que ceux sur lesquels s’ouvre la première aria « Hallelujah, Stärk und Macht ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 179]: «…le premier [n° 3] et le 3e aria [n° 7], pleins de jubilations, sont écrits sur le texte Halleluja, Stärk und Macht ». Par leur contenu musical aussi, ils sont presque identiques ; toutefois, le troisième [n° 7] est beaucoup plus court ; il est transposé une quarte au-dessus et Bach a remplacé la voix de ténor originelle par une voix de contralto. En outre, le compositeur a remplacé le solo de violon de l’aria du ténor [n° 3] ,par un solo d’orgue dans le morceau du contralto…»
LEMAÎTRE: «…Le texte de l’alto, accompagné par l’orgue obligé, reprend les deux vers initiaux du premier air [3] avec la musique transposée de la majeur à ré majeur ».
NYS, Carl de: «…Aria comportant des parties concertantes, le violon et l’orgue ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, page 47]: «…Pour représenter une marche aisée et directe, et pour figurer le chemin aplani, Bach a recours, comme on le voit ici, à des images de même structure, où agissent les propriétés signifiantes des progressions mélodiques uniformes, faciles et certaines. Il compose des thèmes analogues quand il veut exprimer des sentiments enthousiastes, de grands élans de l’âme, des expansions irrésistibles de joie, de reconnaissance, de louanges, sur des paroles telles que celles-ci … Alléluia » [+ Exemple musical, BG. 29, V1, page 301]. Renvois aux cantates 66, XVI, page 191 et BWV 34, VII, page 160].
[La traduction du texte, page 273]: « Parmi les vocalises lyriques, on peut citer encore les vocalises de l’air de soprano Alleluja dans la cantate Jauchzet Gott » [BG. 51, XII2, page 20] et BG. 29, V1, page 313].
WIJNEN: «…Réexposition sous forme abrégée de l’aria de ténor [3] ». |
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8] CHORAL. BWV 29/8 |
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S EI LOB, MEIN SEEL, DEN HERREN [Wustmann (le texte imprimé de 1749: "Sei Lob und Preis mit Ehren"] / GOTT VATER, SOHN, HEILIGEM GEIST, / DER WOLL IN UNS VERMEHREN, / WAS ER UNS AUS GNADEN VERHEIßT, // DAß WIR IHM FEST VERTRAUEN, / GÄNZLICH VERLASSN AUF IHN [Wustmann (texte imprimé de 1749): "Uns lassen ganz auf ihn"], / VON HERZEN AUF IHN BAUEN, / DAß UNSR HERZ, MUT UND SINN [Wustmann: "Daß Herz und Mut und Sinn“]/ IHM TRÖSTLICH SOLLN ANHANGEN [Wustmann (texte imprimé de 1749): "Ihm festiglich anhangen"] ; / DRAUF SINGEN WIR ZUR STUND, // AMEN, WIR WERDENS ERLANGEN, / GLAUBEN WIR AUS HERZENS GRUND.
Sois loué et célébré avec honneurs /Dieu le Père, Fils, Saint-Esprit / Qui veut multiplier en nous / Ce qu’il nous promet dans sa grâce / Afin que nous ayons ferme confiance en lui, / Que nous nous reposions entièrement sur lui, / Que nos cœurs se fient à lui, / Que notre âme, notre courage et nos sentiments / S’attachent à lui pour obtenir consolation ; / C’est cela que nous chantons en cette heure , / Amen, c’est cela que nous obtiendrons, / Nous y croyons du fond du cœur.
Ré majeur (D), 44 mesures, 3/4
BG Jg; V1. Pages 316 - 320. Choral. Tromba I. / Tromba II. / Tromba III. / Timpani. / Oboe I. / Oboe II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. / Organo e Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec partie de trompettes obligée. Ensemble des instruments comme dans le numéro [2].
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 591]: « Le choral final est sur la cinquième strophe de Nun lob, mein Seel, den Herren de Johann Gramann (1548) et emploie l’ensemble des trois trompettes et timbales à titre « autonome » comme cadence conclusive sur les deux premiers et les deux derniers versets ».
BOYER [Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. Pages 148-149]: Mélodie de choral de type I. [MDC 079].
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 275]: «…nous avons à faire à un choral harmonisé de type (I) sur MDC 079, , mais les trois trompettes, les timbales brodent des fragments mélodiques indépendants tandis que les hautbois, cordes et continuo soutiennent ce puissant choral conclusif ».
DÜRR: «…Le rayonnant tutti du choral final rejoint le style des mouvements d’entrée entièrement harmonisés ».
NYS, Carl de: «…Dans le choral final de Johann Gramann (1540) les trompettes ont encore des figurations « obligées » à la fin de chaque vers ». |
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BIBLIOGRAPHIE BWV 29 |
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VETTER, Walther: 71] Der Kapellmeister Bach, Postdam 1950 (ensemble critique de 31 cantates)
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
VOIR Volume 1, pages 234, 235, 238, 254-257, 264. Volume 2, page 74
WIJNEN, Dingeman van: Notice (sur CD) de l’enregistrement de J. P. Leusink. 2006
WOLFF, Christoph: Notice enregistrement Koopman (20). 2005
WUSTMANN, Rudolf.: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 314-316
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 183, pages 278-279
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005 |
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DISCOGRAPHIE BWV 29 |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Harnoncourt (23’35). Herreweghe (21’ 50). Koopman (20’40). Leusink (22’46). Neumann (ca 28’). Rilling (21’20). Rotzsch (25’19). Woeldike (24’ 46).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR, juin 2009]
9 versions (décembre 2001 – avril 2009) + 55 Mouvements individuels avant 1960 –2007 ( décembre 2001 – mai 2007)
9] BETTELS, Christian. Kammerchor St.-Lamberti. Barockorchester Münster. Enregistrement "Live", 5 septembre 2006
CD Musicom 010912
2] GÖNNENWEIN. Süddeutscher Madrigalchor. Deutsche Bachsolisten. Stuttgart, juin 1963
Disques Cantate Bach-Studio 641216 (mono) et 651216 (stéréo).. Avec BWV 135
Reprise disque SDG 610112 et MHS. Avec BWV 135 (enregistrée CR, XIV-3 le 17 janvier 1972)
3] HARNONCOURT. Wiener Sängerknaben – Chorus Viennensis (direction Hans Gillesberger). Concentus Musicus Wien. 1974
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 8] SKW 8/1-2 BR 2. 1974
CD (D). Teldec 4509 97756-2. Coffret de six CD Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 2. Avec les cantates BWV 20 à 36
CD Teldec 8-350034 ZL 242 504. (F) 1985 Das Kantatenwerk [Vol. 8]. Avec la cantate BWV 28
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 2006 (volume 10). 8573-81206-5. Avec cantate BWV 30
6] HERREWEGHE. Collegium Vocale. Harlem (H), janvier 1999
CD HM 2981690 HM 65. 200-2001. Avec les cantates BWV 119 et 120
8] KOOPMAN [Vol. 20]. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Amsterdam, 2 au 6 août 2003
CD Antoine Marchand CC 72220. (F) 2005
7] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Juin et juillet 2000
CD Brilliant Classics. Bach Edition vol. 21 - Cantatas Volume 12
CD Bach Edition 2006 (reprise). CD Brilliant Classics. IV 93102/30-106. Avec les cantates BWV 41, 29, 120
5] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Württembergisches Kammerorchester Heilbronn. Février 1984
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98746. 1984. Avec BWV 140
CD. Die Bach Kantate [Vol. 6] Hänssler Classic Laudate Nr. 98857. 1983-1984. Avec BWV 50, 140
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 9]. Hänssler-Verlag 92.009. 1999. Avec BWV 27, 28.
4] ROTZSCH. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Février et novembre 1974. VEB 1975
Disque Eterna (ex RDA). Reprise CD Berlin Classics 0090552BC. Bach made in Germany, volume 4; Cantatas vol. VI 1995
Avec la cantate BWV 119
1] WOELDIKE, Mogens. Chœur de chambre de Vienne. Orchestre de chambre de l‘opéra de Vien. Vienne, mai 1960
Disque Amadeo-Vanguard AVRS 6212 (deux éditions). Avec la cantate BWV 12
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 29
Discographie (avant 1947) puisée dans le livre de Norbert Dufourcq: Jean-Sébastien Bach / Génie allemand ? Génie latin ? Page 242:
Ouverture [n° 1]. Marcel Dupré (orgues de l’Alexandra Palace à Londres). Disque (78 tours) Gramophon 4002.
Willem Kempf (piano). Disque (78 tours) Polydor 90189 et DDE 7010 (D)
Wiener et Doucet (pianos). Disque (78 tours) Columbia 15228 (F)
Ouverture (Sinfonia). Stravaganza Köln CD Brilliant Classics 2006
Aryeh Oron a recensé 55/57 de ces mouvements [M-1 à M-55]. Ce sont essentiellement, sous différentes formes et transcriptions, une cinquantaine de fois la Sinfonia [I], depuis 1930 (Marcel Dupré à l’orgue) jusqu’à 2005, exceptionnellement le chœur [2], le choral [8], et enfin, une seule fois, la Sicilienne [5].
De cette liste (dont l’élaboration sans doute longue et fastidieuse doit être saluée) sont extraites les deux références suivantes:
M-1. Mvt 1]. Marcel Dupré (orgues de l’Alexandra Palace [Londres, GB 1930] Disque (78 tours) Gramophon 4002. Report CD Pearl
M-7. Mvt.1]. H. Winschermann. Westfälische Kantorei Herford. Deutsche Bachsolisten. Sinfonia
Disque Philips 836.958 (coffret, cantates et 13 sinfonia. Juin 1968
Mark Lubottski. Sonate e Partite per Violino solo. BWV 1004, 1005, 1006. Enregistrement novembre 1987
CD Brilliant Classics 2006. CD Challenge I. 93102/11 |
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ANNEXE BWV 29 |
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Werner Neumann |
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Notice de l’enregistrement Cantate Bach-Studio 641216 (Mono) et 651216 (Stéréo). Juin 1963. Traduction de Carl de Nys
Chaque année dans la deuxième semaine du mois d’août, le cantor de Saint-Thomas avait à composer une cantate pour l’installation solennelle du nouveau conseil municipal de Leipzig. Bach a donc dirigé vingt-sept cantates de cette espèce pendant son cantorat. Nous en connaissons six, nous possédons les livrets de trois autres: quelques-unes ont pu être perdues, mais il est certain qu’il n’a pas composé vingt-sept partitions différentes, qu’il a repris les mêmes plusieurs fois.
La date autographe sur la partition nous apprend que la cantate BWV 29 « Wir danken dir, Gott, wir danken dir - Nous vous rendons grâces, Dieu, nous vous rendons grâce » a été composée en 1731 ; des impressions datées du même livret nous montrent qu’elle fut reprise en 1739 et 1749.
Le grand orchestre correspond à la solennité de l’office: l’orchestre à cordes habituel est augmenté de trois trompettes, timbales et deux hautbois. La sinfonia d’ouverture en ré majeur, le premier des huit mouvements de l’œuvre, offre l’allure la plus particulière ; c’est un véritable mouvement de concerto pour orgue et orchestre. L’ami de la musique de Bach reconnaît dans les figures brillantes de l’orgue le prélude de la suite en mi majeur pour violon seul [BWV 1006] ; il peut s’étonner de la manière naturelle dont Bach transporte à l’église cette page de musique de chambre profane. C’est la main droite de l’organiste qui joue la partie soliste ; la partie d’orgue est complétée par une basse continue originale. L’orchestre pourtant très riche n’a que des fonctions d’accompagnement et d’accent ; il ne participe pas à la structure de l’ensemble, puisque la partie soliste ne s’interrompt jamais et ne permet donc aucune alternance concertante, ce qui s’explique par sa provenance. Bach a employé ce même arrangement dans une cantate de mariage BWV 120a « Herr Gott, Beherrscher aller Dinge – Seigneur Dieu, dominateur de toutes chose » ; elle y fait fonction d’ouverture pour la seconde partie.
Le deuxième mouvement est une page purement chorale commençant sans introduction instrumentale et n’utilisant l’orchestre que pour soutenir les voix. A deux endroits seulement les trompettes aiguës exposent le thème musical. On a l’impression que ce mouvement est une fugue mais il s’agit en réalité d’une forme assez complexe de canon ; deux sections thématiques, nettement différenciées par le texte sur lequel elles sont composées, y alternent à plusieurs reprises. On sait que Bach a repris deux fois cette page dans sa messe en si mineur, pour le Gratias du Gloria et pour le Dona nobis de l’Agnus Dei, ce qui ouvre des horizons sur la manière dont Bach parodiait ses propres compositions.
Les deux mouvements extrêmes de ceux qui sont confiés à des solistes révèlent une parenté dans le texte, dans les thèmes et dans la forme du trio. En effet Bach reprend la partie principale de la première aria, la transpose de la majeur en ré majeur, ce qui transforme le ténor en alto et violon obligé en solo d’orgue ; ce faisant il suit la structure du livret. La provenance instrumentale de l’aria centrale est évidente par la seule étude de la conduite de la voix ; le soprano est accompagné par des hautbois et des cordes en une aria da capo dans le style de la sicilienne.
La conclusion est constituée par le choral à quatre voix « Sei Lob und Preis mit Ehren – sois loué et invoqué avec honneur » dont l’éclat naturel est rehaussé par le chœur des trompettes obligées soulignant la fin de chaque vers du cantique. |
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André Pirro |
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PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 141-143.
« Les Cantates après 1727 - : Bach se sert encore de l’orgue obligé dans la cantate Wir danken dir, Gott (I. BG., 29). Cette œuvre fut écrite pour le service religieux célébré le 27 août 1731, pour rendre grâces à Dieu après l’élection du conseil de la ville de Leipzig. Dans l’orchestre résonnent déjà les trompettes et les timbales. Ces instruments sont comme les inévitables hérauts de la joie publique, et les cortèges officiels ne sauraient se passer de ces guides éclatants et compassés. Mais, sous la main de Bach, les fanfares surannées des « musiciens de ville « se parent d’une grandeur inaccoutumée, et le maître fait rayonner d’une splendeur extraordinaire le spectacle de ce défilé d’hommes graves que la musique semble accompagner. La procession bourgeoise qu’on imagine prend l’allure épique d’un triomphe. Dans l’enchantement des sons clairs, et par la persistance des rythmes lourdement ordonnés s’organise, peu à peu, pour l’esprit, cette vision d’une « suite magnifique de gens richement vêtus, évoluant sur les degrés d’un escalier monumental », image suggérée à Goethe par une ouverture de Bach où, comme dans la sinfonie de cette cantate, les trompettes chantent, allègres et somptueuses (note 1 : Mendelssohn lui en avait joué une transcription au piano. Voyez sa lettre à Zelter, datée de Munich, le 22 juin 1830). Ici, toutefois, le tumulte argentin de leurs appels n’a pas suffi à Bach, et leur souffle saccadé lui a paru trop bref. A ces fortes clameurs espacées, il a joint une voix continue qui les domine et qui les relie. Les marches de la montée superbe que Goethe a rêvée conduisent à un temple, et la harangue inlassable de l’orgue y évoque et y prêche le seul pouvoir qui n’ait pas de limites. Nulle part Bach n’a donné pareil empire à l’orgue, en face de l’orchestre.. ….Car dans ce préambule , l’orgue prend le pas sur le reste de l’orchestre. Il l’emporte sur les timbales, les trois trompettes, les deux hautbois et toutes les cordes. Ainsi, cette musique que l’on croirait alourdie par le conflit des instruments, reste claire et, comme disaient les anciens maîtres, « aérée ». La vigueur de l’orgue réduit l’accompagnement instrumental à n’être qu’une manière de réalisation colorée de la basse continue, pas beaucoup plus que les résonances harmoniques éveillées par les vocalises du soliste colossal ; cette introduction est un arrangement du prélude de la Partita en mi majeur, que Bach a écrit pour violon seul. (Note 1 : de la même époque date apparemment la cantate Man singet mit Freuden vom Sieg, BG., 149). » |
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Philipp Spitta |
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Johann Sebastian Bach . Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume 2, page 450 + note : Leipzig Cantatas 1731-1734. « la cantate [BWV 29]… fut exécutée à nouveau à deux reprises, le 31 août 1739 et en 1749 à l’église Saint-Nicolas, durant le service divin à l’occasion du renouvellement du Conseil [de la ville de Leipzig]… La Sinfonia a uncaractère festif et vivant et conduit directement à la cantate, laquelle exprime la gratitude envers le Seigneur par des explosions de chants de triomphe et un chœur majestueux et solennel qui s’accorde parfaitement au caractère de ce type de composition occasionnelle. Le chœur principal est basé sur les paroles du psaume 75 [PBJ. 870-871] et nous devons ajouter ce verset [Ps. 75, 10]: «…et moi, j’annoncerai à jamais, je jouerai pour le Dieu de Jacob », point de départ du sentiment de la totalité de l’œuvre. Bach enchaîne deux thèmes de fugue, l’un après l’autre, sans pour autant qu’ils ne s’unissent en forme de double fugue…» |
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William Gillies Whittaker |
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THE CANTATAS OF JOHANN SEBASTIAN BACH . Sacred & Secular. Oxford University Press. Editions 1959-1985
Tome 1, pages 254-256 :
« Le 27 août de cette année [1731], seulement 15 jours après la cantate BWV 35 fut composée la cantate qui était nécessaire pour l’élection du Conseil de la Ville. Avec sa rapidité de composition, il [Bach] élabora un important ouvrage par la méthode de reprise : [de travaux anciens - on dirait aujourd’hui en 2009 du « copier-coller »] Wir danken dir, Gott, wir danken dir ». Le texte du premier chœur [2] est celui du psaume 75/1 [PBJ. 870].Le reste des paroles est « und verkündigen deine Wunder - et proclamons tes miracles ». Il est possible que quelques mouvements, exceptés les deux brefs récitatifs avec le continuo [n° IV et n° VI] sont issus d’un ouvrage antérieur, bien que, uniquement dans le cas de la Sinfonia, nous en possédions la première forme. Ce numéro [1] est un remarquable développement du premier mouvement de la Suite pour violon seul en mi majeur [BWV 1006] transposé en ré majeur et qui, à partir d’une seule portée, est transformé comme un mouvement de concerto pour « orgue obligé, deux claviers, trois trompettes, timbales, deux hautbois (le plus souvent doublant les violons) et les cordes.. Le registre aigu et détaché des trompettes ajoute à l’éclat de l’instrument solo [l’orgue]. L’urgence de fournir cette cantate n’a pas empêché Bach de composer ici dix portées à la pages sur 138 mesures . On ne peut qu’imaginer combien majestueux aurait été le résultat si [Bach] avait aussi orchestré la chaconne de la même suite pour violon solo. Peut-être le fit-il mais c’est perdu pour nous ! A une date plus tardive, cette Sinfonia fut insérée dans la cantate de mariage, incomplète et sans numéro, Herr Gott, Beherrscher aller Dinge - Seigneur Dieu, Maître de toutes choses… » [La cantate BWV 120a, en fait vers 1729 selon Werner Neumann].
Quoique aucune version antérieure ne soit connue [de ce mouvement] on ne peut pas ressentir ici un style archaïque et une rigueur différente de ce qui est habituellement rencontré dans les cantates d’église ou emprunté à quelqu’autre ouvrage. Les trompettes sont utilisées avec une certaine modération, la première note n’entrant qu’à la mesure 30 et encore avec quinze mesures de pause entre sa première et sa seconde intervention. Trompettes et timbales sont seulement entendues pour dix-sept mesures. Il est possible que les vents et les percussions furent ajoutés à la partition originale pour tenir compte de la majesté ce « festival » municipal. Sa puissance et son caractère très digne s’ajustent à ce qui pourra devenir le « Gratias agimus » et le « Dona nobis pacem » de la Messe en si mineur en dépit de quelque chose d’archaïque (gothique = ancien) dans l’élaboration. Une comparaison des deux versions montre le procédé de transcription de Bach, qui rarement réutilise un ouvrage pour le reproduire non modifié.
Le n° III est un brillante aria de ténor avec violon solo obligé. A l’évidence, Bach n’a pas trop bonne opinion sur le goût des « importants conseillers » [municipaux] et en déduit que dans cette adaptation (ce n’est certainement pas une aria originale, possiblement dérivée du mouvement d’une sonate pour violon et clavier) ils ne remarqueront rien. On notera qu’il ne la rectifia pas [cette aria] quand la cantate fut reprise en 1739 et 1749, sachant [cependant] qu’il révisait ses propres compositions, et qu’il en était lui même le librettiste [ceci paraît une hypothèse…]
Les figurations ondulantes et la basse marquée la rendent [l’aria] attrayante. Une claire indication de l’arrangement est le fait de l’exposition du thème du violon [+ Exemple musical] sensiblement altéré quand s’annonce le début du texte: « Halleluja, Stärk’, und Macht sei des Allerhöchsten Namen !’ - Alleluia, force et puissance / Au nom du Très-Haut ! ». Ceci disparaît totalement dans la deuxième partie instrumentale [de l’aria] basée entièrement sur les trois motifs de la seconde section de l’introduction, avec des croches se déroulant en de ravissantes figurations [+ Exemple musical] et un motif sautillant. [+ Exemple musical]. L’essentiel de la première partie se déroule ainsi. Avec des figurations ornant les Halleluja, mais cependant la section vocale de la deuxième partie « Zion ist noch seine Stadt, de er seine Wohnung hat, , da er noch bei unserm Saamen an der Vater Bund gedacht - Sion est encore sa ville, / Il y a sa demeure, / Il a dans notre semence / Encore pensé à l’alliance des Pères » devient à la fin plus ornée.[la ville de Sion, ici, n’est autre que la bonne ville de Leipzig !]
L’aria de soprano [V] est manifestement une « sicilienne » issue de quelque composition perdue pour le violon…
Un bref récitatif [6] d’alto s’achève sur un « Amen » et alors, sans transition [en 7e mouvement], la première aria est réintroduite, ou plutôt sa première partie sans la ritournelle. Elle est transposée de la majeur à ré majeur, la ligne vocale est confiée à l’alto et chose singulière, un orgue obligé est substitué au violon solo… Le cantor-librettiste [Bach ?] assure les dirigeants de Leipzig, dans le récitatif de basse [IV] que leurs concitoyens sont heureux (et fortunés). Dans la cantate : « Sa tutelle, sa consolation et sa lumière / Protègent la ville et les palais, / Son aile fait régner la paix dans les murs…/ La paix et la fidélité s’embrassent / Et doivent rencontrer la justice ». Renvoi au psaume 85, 10 et 11 [PBJ. 882]: « Proche est son salut pour ceux qui le craignent, et la Gloire habitera notre terre. Amour et fidélité se rencontrent, Justice et paix s’embrassent ; Fidélité germera de la terre…»
Un choral [8] termine la cantate ; l’orchestre réapparaît au complet, hautbois et cordes doublant les voix, trompettes et timbales marquant la cadence des deux premières et deux dernières lignes, la trompette I et parfois les [2] autres indépendamment. La strophe est une addition anonyme au cantique en quatre strophes de Johann Gramann « Nun lob, mein Seel, den Herren » (Voir le choral de la cantate BWV 51/4) associée à une mélodie attribuée à J. Kugelmann ». |
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Contributed by Claude Role (August 2009) |
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