Recordings/Discussions
Background Information
Performer Bios

Poet/Composer Bios

Additional Information

Commentaries: Main Page | Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources

C. Role. Décembre 2010
CANTATE BWV 25
ES IST NICHT GESUNDES AN MEINEM LEIBE
Il n‘y a rien d‘intact en ma chair
KANTATE ZUM VIERZEHNTEN SONNTAG NACH TRINITATIS
DOMINICA 14 POST TRINITATIS

Cantate pour le 14e dimanche après la Trinité
Leipzig, 29 août 1723
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur

(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Grande Bretagne / Angleterre
(H) = si
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 25

Leipzig, dimanche 29 août 1723.
Cantate appartenant à I. Jahrgang. La datation donnée par Spitta s’appuie sur le filigrane « MA » recouvrant une période assez large 1727-1733. D’autres musicologues ont situé l’œuvre vers 1731, avant que les travaux d’Alfred Dürr, d’après l’écriture repérée d’un copiste, ne lui affecte la date du 22 août 1723.
BRAATZ [Provenance] : Le filigrane « MA » n’est pas probant pour la datation retenue par Spitta.
KB. La datation de Spitta trop tardive en dépit du filigrane « MA ». 1723 est corrobé par les cantates 119 et 194.
HERZ : 29 août 1723. Ancienne datation (celle de Spitta), vers 1731.
HIRSCH : Classement CN 50 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). Première année des cantates de Leipzig, du 30 mai 1723 au 11 juin 1724.
Chronologie (Alfred Dürr). I. Jahrgang. 1723 BWV 199 (8 août) - BWV 69a (15 août) - BWV 77 (22 août) - *BWV 25 et BWV 119 (30 août) - BWV 138 (5 septembre) - BWV 95 (12 septembre).
SCHMIEDER : Vers 1731 (entre 1728 et 1736, d’après Spitta).
SPITTA : entre 1730 et 1734.


SOURCES BWV 25

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues.

BCW [Provenance] : Cette cantate ne figure pas dans le catalogue ayant appartenu à Carl Philipp Emmanuel Bach (1790).

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
BB/SPK St. Mus. Ms. Bach St 376 M. Deutsch Staatsbibliothek. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem.

Parties séparées (18 voix / Stimmen). Papier avec filigrane « MA » ainsi que la page de garde. Les copistes, (selon Gerhard. Herz) sont : Johann Andreas Kuhnau (le neveu du prédécesseur de Bach) dans la partie médiane de son séjour à Leipzig. Christian Gottlob Meissner (1707-1760), dont le séjour à Leipzig est daté de 1723-1729, élève et familier de la famille Bach et, selon Thomas Braatz [BCW] au moins trois autres copistes.
BG. : Titre pris à la couverture des parties séparées : « Dominica 14 post Trinitatis | Es ist nichts Gesundes an meinem Leib | a 4 Voci, 4 Tromboni / 2 Hautbois, 3 Flauti, 2 Violini, Viola con continuo di Sign. J. S. Bach ».
Deux parties de continuo, la première en la mineur, la seconde en ré majeur. Peu d’interventions de la main de Bach (pas d’intervention dans la basse chiffrée) sauf le premier chœur et les parties de flûtes dans le choral final. Corrections tardives de Carl Philipp Emmanuel Bach.
HERZ : filigrane « ma », petit format du plus connu « MA ». Copistes repérés : Johann Andreas Kuhnau (né en 1703 et mort… peut-être le neveu du prédécesseur de Bach) présent à Leipzig du 7 février 1723 au 30 décembre 1725. Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760). Copiste de Bach, à Leipzig, de 1723 à 1729.
SCHMIEDER : 18 parties, in 4° classées St. 28b.

COPIE 18e Siècle.
BB/SPK P (Partitur) 1022.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 61] : « Il existe une copie manuscrite de la partition, datée du 25 août 1770. Elle est due à Christian Friedrich Penzel…»
[Penzel (novembre 1737, † mars 1801), arrivée à Leipzig vers 1749 est l’un des tous derniers élèves de Bach. Chef de chœur puis Cantor à la Thomaskirche (1756), il est vers 1765, Cantor à Merseburg, en Saxe, au sud de la grande ville de Halle, où il meurt. Cette copie, l’une des plus tardives connues lui revenant, permet -peut-être- d’envisager une nouvelle exécution de la cantate BWV 25 vers 1770 à Merseburg ou Halle…]
BRAATZ [BCW - Provenance] : Une autre partition d’un copiste inconnu vers les années 1770-1780.
SCHMIEDER (1973) : Copie de la partition de la main de Carl Philipp Emmanuel Bach conservée à la « Bibliothek des Joachimsthalschen Gymnasium in Berlin. Nr. 15 ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète", page 198] : «…Ces deux belles cantates [BWV 102 et 25] ont été revues et corrigées par Emmanuel Bach, qui semble les avoir données à Hambourg, non sans faire subir aux partitions de nombreuses ratures qui font le désespoir du lecteur moderne [texte écrit vers 1902-1904]. Sa pédanterie [Carl Philipp Emmanuel] sacrifie sans scrupule les plus beaux effets. En outre, la basse chiffrée qui se trouve jointe aux parties remaniées est inexacte du commencement à la fin. C’est ainsi défigurée par le fils même du maître que la cantate N° 102 parut pour la première fois en 1830 ».

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BGA. Jg V1 (5e année) Pages 133 à 188. Préface de Wilhelm Rust (1855). Cantates BWV 21 à 30 + Anhang 30a.
[Partition Breitkopf / BG dans l’enregistrement Das Kantatenwerk / Teldec, volume 6. 1973].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 21. KANTATEN ZUM 13 UND 14 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5013. 1958-2/1983. Werner Neumann. 5 Faksimile.
BWV 25, pages 81 à 112. Originalstimmensatz mit der Signatur Mus. Ms. Bach St 376.
Sur l’étiquette « Bach, JS / Es ist nichts Gesundes / Mus. Ms. Bach St 28B (ancienne référence). Domin 14 post Trinit. / Es ist nichts gesundes an meinem Liebe / a 4 Voci / 4 Tromboni ; / 2 Hautbois / 3 Flauti / 2 Violini / Viola / con / Continuo / di Sign. / J S Bach.
Au total 18 parties décrites à la suite. Toutes les parties séparées avec un cachet rouge PR St Bibliothek Berlin.
B) Partitur. Copie 18e siècle de la main de Penzel (von der Hand C. F. Penzel) Mus. Ms Bach P 1022.
C) Partitur. Copie P AM 15 T (anciennement à Tübingen) puis Amalienbibliothek. Berlin.
Avec les cantates BWV 77, 33, 164, 78 et 17.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5013 41. 1959. Werner Neumann. 1958-1959-1983.

BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/21 Net www. Bach-Institut.de

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER Verlag Kassel. Sämtliche Kantaten 8. TP 1288. 2007.
Kantaten zur 13 und 14 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Werner Neumann.
BWV 25. Pages 79 à 114. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1958.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2875. Réduction chant et piano EB 7025. Orchestre, chant et orgue. Révision Max Seiffert = OB 1224. Partition du chœur = ChB 1910.
2010. Partition = PB 4525. Réduction chant et piano (24 pages) = EB 7025. Partition du chœur (9 pages) = ChB 4525.
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben. Urtext. Partition = CV. 31.025. Partition d’étude 31.025/07. Réduction chant et piano = 31.025/03. Partition du chœur = 31.025/05. Parties séparées = 31.025/09, 31.025/11 à 14 et 21.025/49 (orgue). Harmonie (flûtes et trombones) = CV. 31.025/21 à 23 et 31.025/31.
KALMUS STUDY SCORES. N° 811. Volume VII. New York. 1968. Cantates BWV 23 à 26.
PETERS. Réduction chant et piano.
[Partition Breitkopf & Härtel / Wiesbaden de l’enregistrement Teldec. Harnoncourt, volume 7. 1973]


PÉRICOPE BWV 25

Quatorzième dimanche après la Trinité.
Épître : Galates 5, 16 à 24 [PBJ. 1725]. Les œuvres et les fruits de l’Esprit. Verset 16: « Or je dis : « Laissez-vous mener par l’Esprit…»
Évangile : Luc 17, 11 à 19 [PBJ. 1568]. Guérison des dix lépreux. Méditation sur le péché, sur la rédemption et sur l’amour du Christ.

MISSEL ROMAIN. 13e dimanche après la Pentecôte [pages 977 à 981] : Partage de l’Alliance avec Dieu. Mais le monde nous attire toujours de son côté ; un penchant au mal est resté en nous et nous menace continuellement. Que Dieu ait pitié de nous et ne nous abandonne pas, qu’il nous fortifie en augmentant en nous les vertus de foi, d’espérance et de charité… le miraculé de l’évangile est le type de baptisé (affranchi de la lèpre du péché).
Luc 17, 11 à 19 [PBJ. 1568] : « la Guérison des dix lépreux - Le « miraculé » de l’Évangile est le type du baptisé affranchi de la lèpre du péché : comme lui, nous ne devons pas manquer au devoir de reconnaissance ».. 14e dimanche après la Pentecôte : Épître de Saint-Paul aux Galates 5, 16 à 24 [PBJ. 1725] : « Laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle [PBJ. 1725].
14e dimanche après la Pentecôte (pages 981 et 982). Épître de saint Paul aux Galates 5, 16 à 24. La confiance en Dieu que le chrétien ne doit jamais perdre…Vivre selon l’esprit, et non pas selon la chair, qui ne peut posséder le royaume des cieux… Béatitude qu’il y a à habiter la maison du Père céleste.
Même occurrence, les cantates BWV 78 (10 septembre1724) et BWV 17 (22 septembre 1726).

EKG. 14. Sonntag nach Trinitatis.
Psaume 103, 2 [PBJ. 896] : « Bénis Yahvé, mon âme, / du fond de mon être, son saint nom... n’oublie aucun de ses bienfaits... Lui qui pardonne toutes tes offenses, / qui te guérit de toute maladie / qui rachète à la fosse ta vie...»
Épître aux Galates 5, 16 à 24 [PBJ. 1725]. Liberté et charité.
Psaume 50, 14 à 23 [PBJ. 847] : « Offre à Dieu un sacrifice d’action de grâce… A l’homme droit, je ferai voir le salut de Dieu » Appelle-moi au jour de l’angoisse, / Je t’affranchirai et tu me rendras gloire ».
EKG 283 : « Von Gott will ich nicht lassen ». Ludwig Helmbold. Erfurt 1572.
Évangile : Luc 17, 11 à 19 [PBJ. 1568].
[Pour la même occurrence, voir les cantates BWV 78 (du 10 septembre 1724) et BWV 17 du 22 septembre 1726].


TEXTE BWV 25

Auteur inconnu.
Le nom d’Henrici (Picander) a pu parfois, mais sans doute à tort évoqué. On lui prégfère de nos jours (2010) le nom du poète et théologien de Halle, Johann Jacob Rambach ( 1693-1735).


BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 837] : « Harald Streck (1971) penche dans certains cas (BWV 136, 105 et 25) pour voir en Salomon Franck, l’auteur de ces textes.
CANTAGREL : « Anonyme, comme souvent, le librettiste, selon Hans Joachim Schulze (et Martin Petzolt), pourrait être le théologien de Halle Johann Jacob Rambach (1693-1735), auteur notamment de Poèmes spirituels (Geistliche Poesien) publiés en 1720… Le livret n’offre qu’un lien ténu avec l’Évangile du jour … le style de l’auteur de ce livret s’inscrit dans l’esthétique baroque de l’époque et, renchérissant sur le verset psalmique, se montre prolixe en images de corps meurtris qui commencent à se décomposer…»
MACIA : «  la guérison miraculeuse de dix lépreux par Jésus. Bach adopte un poème de Rambach publié en 1720…»
NYS, Carl de : «…Picander ? Rhétorique quelque peu outrancière. Contexte esthétique baroque et rationaliste
»(d’autres musicologues, Spitta et Schmieder, ont également avancé ce nom) Lecture de l’Évangile : (Luc 17, 11 à 19- [PBJ. 1568]. De façon « générale : Péché = maladie ».
PETZOLDT : «…Ce travail des textes par Bach conduit sur le terrain de son propre travail théologique. Si au regard de la bibliothèque de Bach on a pu subordonner sa propre subjectivité à la fréquentation de la théologie contemporaine, les inscriptions dans la Bible de Calov ont pu être attribuées à sa culture personnelle comme lecteur biblique plutôt qu’à une culture générale ou publique, c’est qu’on a bien à faire ici à un labeur théologique propre à Bach. Le travail dans ce domaine de la recherche théologique chez Bach ne peut se restreindre à ces trois seuls textes [ceux des cantates BWV 64, 69a et 77]. Il existe suffisamment d’autres exemples qui supposent un processus comparable, pour lesquels seulement il ne peut être conclu de cette façon que c’est Bach lui-même qui s’est chargé du texte. Il s’agit de textes qui sont indubitablement proches des poésies de Johann Jacob Rambach (comme Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe) BWV 25, ou de Johann Michael Heinccius (Christen, ätzet diesen Tag), BWV 63 ; en progressant dans ce sens, il faut bien sûr débattre de l’ensemble des textes de ce qu’on appelle le cycle annuel des cantates qui glosent chaque fois un choral précis comme fondement textuel. Mais le moindre rapport à Bach comme rédacteur nous fait défaut, car il n’y a aucune référence d’auteur…»


GÉNÉRALITÉS BWV 25

BOMBA : «…Dans l’Évangile de ce dimanche, le paroissien entendait l’histoire de la guérison des dix lépreux  (Luc 17, 11 à 19. PBJ 1568). Il est compréhensible que Bach choisisse un texte qui ne lésine pas sir l’emploi d’images issues de l’hygiène publique de son temps et qui peut surprendre le lecteur d’aujourd’hui de son par son expressivité, qui pourra même par moments l’amuser. Cependant, il ne veut pas parler de la maladie en tant que telle mais de ce qui est malsain au sens figuré du terme. Le corps est le reflet de l’âme, la fièvre un signe de vanité, de la quête de l’avoir et des mauvaises convoitises. Bien sûr, Jésus est le meilleur médecin pour ces affections tout en restant uniquement un aide soignant sur le chemin vers le ciel. Le patient chantera là-haut, à qui mieux mieux, avec les anges ses chants de louanges.. Ce raisonnement décrit bien la voie qui permettra de sortir de la petitesse par trop terrestre pour arriver à la plénitude céleste, thème très courant dans la littérature des cantates de cette époque. Bach exprime ceci avec sa musique en développant un air riches en instruments, soutenus sur trois mouvements relativement lugubres, menés uniquement par le continuo (n° 2 à 4) dans le caractère délié d’un mouvement de menuet. Trois flûtes à bec répondent au chœur de cordes et de hautbois, comme un écho, comme provenant d’un monde lointain, de l’au-delà. Avec les récitatifs précédents (n°2 et 4), Bach fait une démonstration à ses contemporains de Leipzig de son art d’interpréter les textes en dirigeant les voix et les harmonies. Entre les deux, un air (n°3) dont la figuration musicale persévérante en forme d’ostinato pourrait illustrer la perplexité dont parle le texte ».
CHAILLEY : « Le choral Herzlich tut mir verlangen. On est surpris que Bach, qui a traité avec prédilection les divers cantiques issus de ce timbre dans ses cantates et ses Passions, ne les ait utilisés que cette seule fois dans son œuvre d’orgue ». Renvoi au choral BWV 727.
GEIRINGER : «…Une citation biblique dans un chœur puissant” (voir les cantates BWV 136, 105, 46, 179, 119, 148, 109, 40, 64, 90, 85, 144, 67, 104, 37 et 44 ».
WIJNEN : «…une de ces cantates profondément expressives et déchirantes, soulignant un texte qui ne l’est pas moins…»


DISTRIBUTION BWV 25

HARNONCOURT : dans le premier mouvement : « …le titre général porte ici « 4 trombones », mais la première voix est désignée avec « cornetto ».
NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Zink, Posaune I-III ; Blockflöte I-III, Oboe I, II ; Streicher, B.c.
SCHMIEDER. Soli : S,A,T,B. Chor : S,A,T,B. Instrumente : Flauto (Blockflöte) I, II, III ; Oboe I, II ; Cornetto ; Trombone I, II, III ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo.
[Le CD Rilling comporte la trompette dans 1] et 7] mais non les hautbois en 1].
WESTRUP : « Dans trois cas, Bach écrit pour trois flûtes, dans l’aria [5] de la cantate BWV 25, le récitatif [3] de la cantate BWV 122 et ;le récit [1] et l’aria suivant [2] de la cantate BWV 175 ».


APERÇU BWV 25

1] CHORALCHORSATZ. BWV 25/1
ES IST NICHTS GESUNDES AN MEINEM LEIBE VOR [variante “für”] DEINEM DRÄUEN, | UND IST KEIN FRIEDE IN MEINEIM GEBEINEM VOR MEINER SÜNDE

Il n‘y a rien d‘intact en ma chair sous ta colère, / et il n’est pas de paix dans mes membres après mes péchés.


Citation précise du psaume 38, 4 à 6 [Domine ne in furore… PBJ. 835] : Rien d’intact en ma chair sous ta colère ; rien de sain dans mes os, après ma faute. Ce même sens se retrouve dans le psaume 32, 5, le psaume 41, 5 (Yahvé guérit mon âme) et aussi dans Saint-Jean 9, 2 [PBJ. 1601], guérison de l’aveugle né. De même l’allusion au psaume 6 sur la mélodie du choral Herzlich tut mich verlangen = EKG 483.

Mi mineur (es, phrygien), 74 mesures, C
BG. Jg. V1. Pages 133 à 175. Dominica 14 post Trinitatis. | Flauto I. / Flauto II. | Flauto III [all’unis]. | Trombone I. | Trombone II. | Trombone III. | Oboe I. /Violino I. | Oboe II. / Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 300 à 302] : «…à l’intense activité polyphonique à laquelle sont soumises les quatre voix du chœur, articulées à la manière d’une double fugue, mais traitées avec une certaine liberté, se superpose la mélodie la mélodie d’un choral , Herzlich tut mich verlangen, laquelle toutefois –selon l’opinion de Dürr- ne se rapporterait pas ici au texte devenu ensuite célèbre, de Paul Gerhardt (O Haupt voll Blut und Wunden) qui utilise cette fameuse mélodie d’Hassler (1601), mais à une adaptation du Psaume 6… Bach… use de l’harmonisation àc4 parties, avec le superius réalisé par un cornet (et redoublé à l’octave par trois flûtes douces) et les trois parties d’harmonies confiées à autant de trombones… la structure de cette page est conditionnée par la structure même du choral, qui est d’ailleurs celle typique, des Lieder médiévaux dans ce que l’on appelle la Barform, ici conçue suivant le schéma AA/BA’ (AA indiquant les deux Stollen avec mélodie identique, B étant l’Abgesang, sur mélodie différente, et A’ la reprise variée du Stollen)… Barform AAB :
Mesures 1-4. Introduction instrumentale. 4 mesures
Mesures 5-20. Fugue I. 16 mesures A. Stollen I. Chorfugue A1 « Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe”… dräuen ».
Choral. Stollen I. Choral en valeurs longues.
Mesures 21-24. Interlude instrumentale. 4 mesures “

Mesures 25-40. Fugue I, reprise. 16 mesures B. Stollen II. Chorfuge A2
Choral. Stollen II
Mesures 41-58. Fugue II. 18 mesures Abgesang Chorfugue B « Und ist keine FriedeMeiner Sünde ».
Choral. Abgesang 1/2
Mesures 59-74. Fugues I et II. 16 mesures Reprise A’ Combinaison des deux fugues
Choral. Abgesang
NEUMANN. Chœur à 4 voix, 3 flûtes à bec, trompette, 3 trombones, cordes et B.c.
La mélodie du choral « Herzlich tut mich verlangen » réalisé par les vents, flûtes, trombones, cornetto, au-dessus de la polyphonie du chœur en double fugue avec le motif d’entrée aux cordes (+ les deux Hautbois). Cantus firmus au chœur. Solochor = Tuttichor
Structure du choral = Barform selon le schéma A + A’ / B + A’. Elaboration en style motet. Fugue à deux thèmes distincts VOIR apparentée à l’incipit de la mélodie choral. Cette mélodie l’une des plus prisée par Bach trouve place dans les cantates BWV 127/1 , 135/1-3, 5 et 6, 153/5, 159/2, 161/6, et dans l’Oratorio de Noël BWV 2481 et 2486.
Sur le plan construction en forme de motet concertant à quatre voix, avec une “Quinta pars” confiée à un cor et deux hautbois (choral). Renvoi aux cantates BWV 48, 77 et 80.

BOMBA : «…Bach avait commencé son morceau avec un mouvement choral fait avec beaucoup d’art, un arrangement du choral « Herzlich tut mit verlangen (Exige volontiers de moi ? » sur la mélodie duquel, il est vrai, était chanté à l’époque de Bach une adaptation du Psaume 6 « Ach Herr, mich armen Sünder = Ô Seigneur, moi pauvre pêcheur ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 144/145] : « Élaboration chorale avec mélodie (MDC) 046 de type V (citation instrumentale) joué par les trombones, cornet, flûtes à bec ».  
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach] : « C’est le chœur initial… qui présente l’élément essentiel de l’œuvre. En effet, la citation biblique (psaume 38/4) est fondée sur une triple architecture d’éléments indépendants :
a) une ritournelle d’orchestre confiée aux cordes et à deux hautbois.
b) un chœur bâti sur le principe d’une double fugue.
c) une partie instrumentale confiée à trois flûtes, cornet, trois trombones, exposant en quatre versets séparés la mélodie « Herzlich tut mich verlangen ». D’ailleurs, dès l’entrée, le continuo a présenté cette mélodie en valeurs longues. Il s’agit là d’un tour de force assez sensationnel…»
CANTAGREL : « … chœur ample et magistral… tout empreint d’une désolation qu’expriment la tonalité de mi mineur et les motifs de pleurs et de gémissements que répètent dès le début les trois pupitres de cordes, les deux violons doublés par les deux hautbois, figures de trois croches précédées d’un demi-soupir formant de nombreux accords de septième [+ Exemple musical]. Or ce motif se déploie sur les valeurs longues du continuo, qui énoncent une première fois, à la basse, donc, la première période de la très célèbre mélodie du cantique Herzlich tut mich verlangen. A cette mélodie, issue d’une chanson d’amour de Hans Leo Hassler, on a adapté ensuite bien des textes… en particulier le cantique de la Passion O Haupt voll Blut und Wunden de Paul Gerhardt… Le choral va sous-tendre tout le chœur, lequel suivra la forme Bar (AAB) [Barform]. C’est à dire que sur la mélodie du choral, le chœur s’articule lui aussi en trois sections , toutes trois de style fugué. En toute logique, la deuxième section A, n’est autre que la reprise de la première section A, sur les mêmes paroles puisque le texte n’est pas de forme Bar, mais avec une permutation des voix, l’alto et le soprano passant à la basse et au ténor, et inversement…. Quant à la section B, à compter de la mesure 41, elle introduit de nouveaux motifs… Sous le texte du troisième vers « Und ist keine FriedeMeiner Sünde -  et il n’est pas de paix dans mes membres » la basse déroule une douce ondulation de doubles croches,, presque de berceuse, que Schweitzer nomme le motif de la quiétude…»
DÜRR : «…Bach mélange ici la parole biblique à un commentaire luthérien ». Intense activité polyphonique des quatre voix du chœur à laquelle se superpose le choral sur la mélodie « Herzlich tut mich Verlangen ».
GARDINER : «…superposition du second thème « und ist kein Friede in meinem Gebeinen » à une ligne de base continue sans cesse en mouvement et présentant un enchaînement de doubles croches allant par deux, tel le symbole particulièrement éloquent d’un esprit perturbé… si le trombone basse qui assume la partie de basse du choral, coïncide parfois avec la basse continue, il lui arrive à d’autres moments d’aller son propre chemin. Il apparaît tel le roc sur lequel douze parties séparées seront édifiées et développées, authentique tour de force sur le plan de la maîtrise contrapuntique… l’une des rares occasions où Bach recourt de la sorte aux trombones en toute indépendance par rapport aux lignes vocales…»
GLÖCKNER : « le verset 4 du psaume 38 comme dictum avec une double fugue développée sur une écriture de cordes motiviquement en partie indépendante… + mélodie du choral « Ach Herr, mich armen Sünder straft mich nicht in deinem Zorn » présenté ligne par ligne en contrepoint à quatre voix… mouvement habilement construit et au contrepoint très compliqué…»
HARNONCOURT [Teldec, volume 14, page 13 et Le dialogue musical, page 93] : « - l’emploi des instruments à vent chez Bach : …Les trombones étaient employés par Bach suivant la manière traditionnelle comme élément de renforcement et de coloration de l’écriture à quatre voix en style de motet, donc dans les mouvements pour chœur ne comportant pas d’instruments obligés. Une exception est fournie par la cantate 25, dans laquelle les trombones exécutent conjointement avec flûtes à bec et cornet à bouquin, à la manière d’un cantus firmus, un mouvement choral à quatre voix au sein d’un grand chœur figuré
HIRSCH : «…“Superius” (ou C. f.) au cornet. Symbolisme de parties bien séparées: 13 + 13 + 13 + 13 = Le péché. Cornets dédoublés à l’octave par trois flûtes = côté pratique ecclésiastique du début du baroque. Symbolisme au début de la 2e fugue (mesures 41 à 53), 2e hémistiche: “Rien de sain en mes os”. L’idée est exprimée et rendue par un mouvement de doubles croches = Syntaxe musicale dogmatique
Riemenschneider : Une fugue dans laquelle le thème principal est entendu 25 fois. Il contient 74 mesures, la valeur numérique de « Christ ».
LEMAÎTRE :  Par l’organisation de son premier chœur, cette courte cantate s’apparente à la cantate BWV 77, créé la semaine précédente. Dans la page initiale de ces deux œuvres, Bach superpose un verset du psaume et la mélodie d’un choral…»
MACIA [Collectif] : «…un chœur impressionnant à l’appareil instrumental plutôt rare… en outre [Bach] fait entendre, au gré d’une structure complexe, le thème du choral Herzlich tut mich verlangen (1601) de Hassler, présenté à quatre voix par une formation peu banale de vents (cornet, trois flûtes à bec, trois trombones), tandis que le chœur développe une double fugue, soutenu par les cordes qui elles-mêmes présentent parfois des motifs indépendants, le tout en huit sections soigneusement agencées…»
NYS, Carl : « le texte de ce cantique revient à Cyriakus Schneegass (1546-1597) mais n’est pas chanté dans cette cantate]. la mélodie du premier vers chante tout d’abord en continuo (?) ; le chœur y supplante alors une fugue sur le texte du Psaume 36, verset 4. Les trombones et les flûtes à bec jouant un octave plus haut exécutent en partie le choral en un mouvement à quatre voix. La partie chorale comprime et varie la structure contrapuntique de telle sorte que l’auditeur sera préparé à l’intensification dramatique et au raisonnement de toute la cantate ».
Mélodie modale de ce cantique (Phrygienne). Construction fort complexe d’une page hautement expressive et tourmentée. Trois sections fuguées suivent une brève sinfonia instrumentale et précèdent une élaboration contrapuntique des deux thèmes des fugues précédentes, la mélodie du cantique étant confiée aux trombones… »
PIRRO [J.-S. Bach] : « Dans la cantate BWV 25, un verset du psaume 38 donne la substance de l’œuvre. Mais ici Bach mélange à la parole biblique un commentaire luthérien. Dès le début de l’introduction, la basse accompagnée des lamentations entrecoupées des violons et des hautbois, énonce le thème du choral Ach Herr mich armen Sünder et, quand les quatre voix du chœurs sont réunies, un chœur mystérieux d’instruments à vent redit la plainte du cantique »….. opposition entre la basse apaisante et les dissonances du chœur. Mais à partir du moment où dans le texte apparaît le mot “Friede”, les gémissements (violons et hautbois) cessent et le chœur continue, comme bercé par les vagues calmes de la basse  ».
ROBERTSON : «…Groupe désespéré de trois croches aux instruments dans les 40 premières mesures…»
SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète", page 198] : « Pendant que le chœur fait entendre cette plainte “Mon cœur tout entier est meurtri”, les quatre [?] trompettes [?] formant un chœur séparé, exécutent le choral de contrition… les violons et le hautbois se lamentent [+ Exemple musical]. Mais à partir du moment où, dans le texte, a surgi le mot “Friede - paix”, les gémissements cessent et les chœur continue comme bercé par les vagues calmes de la basse [+ Exemple musical].… …Motif de la sérénité, à la basse, sur le mot « Friede ». Renvoi à la cantate BWV 102.
SCHWEITZER [J.S. Bach, page 101] : Le rythme de la félicité, ici l’illustration du mot « Friede - paix » [+ Exemple musical].
WHITTAKER : «…Évocation du psaume 6 renvoyant par analogie à la cantate BWV 77. La référence au psaume 6, peut-être à partir d’un Lied de Cyriakus Schneegass (1546-1597) de 1597. Le sens de ce psaume est proche de l’esprit de la cantate BWV 25 « Guéris moi, O Yahvé, mes os sont effrayés ». Renvois à BWV 135 et 122 ».
WIJNEN : «…Cordes et hautbois sanglotent un motif de trois notes répétées de bout en bout. Le continuo est incapable de trouver la paix, les dissonances viennent illustrer le terme tel « Gebeinmembres, os ». La première ligne chorale, initialement confiée aux altos et aux sopranos, passe ensuite aux ténors et basses, avant de se trouver combinée avec un second thème sur « Und ist kein Friede ».


2] REZITATIV TENOR. BWV 25/2
DIE GANZE WELT IST NUR EIN HOSPITAL, / WO MENSCHEN VON UNZÄHLBAR GROßER ZAHL / UND AUCH DIE KINDER IN DER WIEGEN / AN KRANKHEIT HART DARNIEDERLIEGEN. / DEN EINEN QUÄLET IN DER BRUST / EIN HITZGES FIEBER BÖSER LUST; / DER ANDRE LIEGET KRANK / AN EIGNER EHRE HÄßLICHEM GESTANK; / DEN DRITTEN ZEHRT DIE GELDSUCHT AB / UND STÜRTZ IHN VOR DER ZEIT INS GRAB. / DER ERSTE FALL HAT JEDERMANN BEFLECKET / UND MIT DEM SÜNDENAUSSATZ ANGESTECKET. / ACH! DIESES GIFT DURCHWÜHLT AUCH MEINE GLIEDER; / WO FIND ICH ARMER ARZENEI? / WER STEHET MIR IN MEINEM ELEND BEI? / WER IST MEIN ARZT, WER HILFT MIR WIEDER?

Le monde entier n‘est qu‘un hôpital / où une multitude de gens / et aussi d‘enfants au berceau / sont alités durement éprouvés par la maladie./ L’un est tourmenté dans sa poitrine / par la maligne ardeur d’une brûlante fièvre; / L’autre gît malade / de l’immonde puanteur de son propre honneur; / Le troisième est dévoré par la cupidité / qui le précipite avant l’heure dans la tombe. / Le péché originel a souillé / et contaminé tout le monde avec la lêpre du péché./ Hélas ! Ce poison ronge aussi mes membres; / Pauvre de moi, où trouver remède ? / Qui m’assiste dans ma misère ? / Qui est mon médecin qui veut encore m’aider ?

Psaume 41, 8 [PBJ. 839] : « C’est une plaie d’enfer qui gagne en lui maintenant qu’il s’est couché ». Renvoi à Jérémie 8, 22 (PBJ. 1199) : « N’y a-t-il plus de baume en Galaad ? N’y a-t-il là aucun médecin ? ». Egalement Jérémie 46, 11 [PBJ. 1252] : « Monte en Galaad et cherche du baume , vierge, fille de l’Égypte ! En vain tu multiplies les remèdes : rien ne pourra te guérir ! »:
[On pourrait évoquer ici une citation de Baudelaire (ou à peu près) prise dans le « Spleen de Paris »  : « Le monde est un hôpital où les malades passent leur temps à changer de chambre ». 

Ré mineur (a = la mineur et d = ré mineur), 20 mesures, C
BG. Jg. V1. Page176. RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Rezitativ Secco. Ténor et B.c.

DÜRR : «…Récitatif secco et déclamation syllabique ».
MACIA : «…écriture harmonique tourmentée, peu fréquente ches le compositeur, avec d’innombrables modulations ».
NYS, Carl de : «…Mouvement uniquement accompagné par la seule basse continue, en contraste avec 1] et tonalité mineure comme en 3]. La mort est un désordre contre nature qui ne s’explique que par le péché. Ici des lignes musicales particulièrement tourmentées. Le monde y est comparé à un immense hôpital dont mle médecin, Jésus, ne guérit que dans l’éternité. La puissance du péché, du mal, a été détruite sur la croix d’où les innombrables symbolismes musicaux dans ce sens ». - Pour Bach la mort est un désordre contre nature qui ne s'explique que par le péché... en des lignes musicales particulièrement tourmentées, le monde entier y est comparé à vun immense hôîtal dont le médecin, Jésus, ne guérit que dans l'éternité. La puissance du péché, du mal, a été détruite sur la croix; d'où les innoùmbrables symbolismes musicaux dans ce sens ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien BachDirection des motifs, pages 30/31] : «…De même que pour interpréter les idées d’ascension, Bach ne fait point de distinction entre le sens propre et le sens figuré, de même il exprime par des moyens mélodiques les idées de descente, d’inclinaison ou de chute, que le sens de la phrase soit positif ou qu’il soit imagé. Nous trouvons toute une série de passage où Bach accompagne les mots « prosterner, adorer » par un motif qui s’incline, comme s’il n’avait d’autre dessein que de peindre l’action corporelle, laissant au chanteur le soin d’en manifester la signification au point de vue du sentiment. [Ici [BG. V2, page 176], l’idée de chute sur le texte « Le troisième est dévoré par la cupidité qui le précipite avant l’heure dans la tombe ». L’idée également de tomber, de prosternation, de porter en terre renvoie aux cantates BWV 49 [BG. X, page 320] et BWV 26 [BG. V1, page 215] et BWV 25
RILLING : «…Le début du premier récitatif n’irrite qu’à première vue car ces paroles décrivent une situation aussi angoissante de nos jours qu’au temps de Bach ».
ROBERTSON: «…Catalogue des tourments occasionnés par la chute d’Adam ».
WIJNEN : «…un récitatif très élaboré, commentant les paroles du chœur [1]… « Le monde est un hospice pour les pécheurs… » ce que semble questionner le dernier motif du continuo qui reste en suspens…»
[Mélismes sur “Krankheit “ (mesure 5 ), “Krank “(mesure 9); “Den dritten” (mesure 10) et “Grabe” (mesure 12].
[On pourrait rappeler ici une citation de Baudelaire (ou à peu près) : « Le monde est un hôpital où les malades passent leur temps à changer de chambre / »Le Spleen de Paris », 1862.]


3] ARIE BAß. BWV 25/3
ACH, WO HOL ICH ARMER RAT ? / MEINEN AUSSATZ, MEINE BEULEN / KANN KEIT KRAUT NOCH PFLASTER HEILEN / ALS DIE SALB AUS GILEAD./ DU MEIN ARZT, HERR JESU NUR / WEIßT DIE BESTE SEELENKUR.

Hélas, pauvre de moi, où prendre conseil ? / Ma lèpre, mes tumeurs / ne peuvent être guéries par d’autres simples ou emplâtres / que le baume de Galaad. / Toi, Seigneur Jésus, mon médecin, toi seul / sais la meilleure cure de mon âme.

Le pays de Galaad, région montagneuse de Jordanie, ainsi que son célèbre baume sont cités dans le Livre de la Genèse 37, 25 [PBJ. 61] - l’histoire de Joseph - : « Comme ils levaient les yeux, voici qu’ils (Joseph et ses frères) aperçurent une caravane d’Ismaélites qui venaient de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés de gomme adragante, de baume, de ladanum, qu’ils allaient livrer en Egypte…» . Nombreuses citations du pays de Galaad dans l’Ancien Testament…Cantique des cantiques 4, 1 [PBJ. 996] , 1er Livre des Chroniques 7, 17 [PBJ. 524], etc.
Psaume 41, 8 [PBJ. 839] : « C’est une plaie d’enfer qui gagne en lui maintenant qu’il s’est couché ».
Renvoi à Jérémie 8, 22 (PBJ. 1199) : « N’y a-t-il plus de baume en Galaad ? N’y a-t-il là aucun médecin ? ».
Egalement Jérémie 46, 11 [PBJ. 1252] : « Monte en Galaad et cherche du baume , vierge, fille de l’Égypte ! En vain tu multiplies les remèdes : rien ne pourra te guérir ! »:

Ré mineur (d), 48 mesures, C
BG. Jg. V1. Pages 177 à 179. ARIA. Basso. | Continuo.
NEUMANN. Forme bipartite et ostinato au continuo. Basse et B.c.

SCHÉMA:
Mesures 1 à 4. Prélude.
Mesures 5 à 22. 1er développement vocal “Ach, wo hol ich… Gilead”, avec une ritournelle sur “Wo hol”.
Mesures 23 à 25. Interlude instrumental.
Mesures 26 à 44. Deuxième développement vocal “Du mein Herz… Seelenkur”. Ritournelle.
Mesures 45 à 48. Postlude.

BASSO : «…Aria bi-partite. VOIR
CANTAGREL : «…le continuo, seul à dialoguer avec le ténor, ne cesse de répéter sa formule introductive, comme l’obsession qui habite le pécheur. Douce vocalise sur le mot “Arztmédecin”.
DÜRR : «…Motifs obstinés, syncopes, dépeignant l’impuissance du pécheur ».
HIRSCH : «…Mélisme de 41 notes sur “Artz”. Renvoi au psaume 41 [PBJ. 839] : prière dans la maladie et l’abandon (Yahvé, le médecin
de l’âme) ».
: Riemenschneider: proportions symétriques : 4 (Rit.) – 17 (Vocal) – 4 (Rit.) – 18 (Vocal) –4 (Rit.).
NYS, Carl de : «…Uniquement un accompagnement par la B.c. Tonalité mineure, comme 2]
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La formation rythmique des motifs, page 103] : «…Bach associe volontiers un motif rythmique ainsi déterminé par des notes accélérées qui éveillent une idée de béatitude souriante» [ + Exemple musical sur les mots « Du mein Artz». BG. V1, page 178].
ROBERTSON : «…Ce texte ne paraît pas avoir tellement inspiré Bach, sauf à la dernière ligne ».
SCHWEITZER [J.S. Bach, page 101] : Au continuo, le motif d’une démarche mal assurée et agitée…qui renvoie à l’aria de la Passion selon saint Matthieu « Ach nun ist mein Jesus hin » [N° 36, air pour contralto].
WHITTAKER : «…Faible intérêt de ce numéro dont le texte est de peu de saveur. Mélismes sur « Beste” et “Artz ».
[colorature sur le mot « beste - meilleure » [mesure 31 et long mélisme sur le mot « Arzt - médecin » [mesures 33 à 35].


4] REZITATIV SOPRAN. BWV 25/4
O JESU, LIEBER MEISTER, / ZU DIR FLIEH ICH, / ACH STÄRKE DIE GESCHWÄCHTEN LEBENSGEISTER. / ERBARME DICH, / DU ARZT UND HELFER ALLER KRANKEN, | VERSTOß MICH NICHT / VON DEINEM ANGESICHT! / MEIN HEILAND, MACHE MICH VOM SÜNDENAUSSATZ REIN. / SO WILL ICH DIR / MEIN GANZES HERZ DAFÜR / ZUM STETEN OPFER WEIH’N / UND LEBENSLANG VOR DEINE LFE DANKEN.

O Jésus, mon cher maître, / je me réfugie auprès de toi, / ah, fortifie mes esprits vitaux affaiblis. / Aie pitié, / Toi qui es le médecin et le sauveur de tous les malades / ne me repousse pas / de ta face! / Mon Sauveur, purifie-moi de la lèpre du péché, /je veux pour cela / te faire le sacrifice constant / de tout mon cœur / et te remercier ma vie entière de ton aide.

Psaume 27, 9 [PBJ. 824] : « De toi mon cœur a dit : Cherche sa face. C’est ta face, Yahvé, que je cherche, ne me cache point ta face / N’écarte pas ton serviteur avec colère. On pourra lire, assez proche Psaume 24, 6 [PBJ. 821], Psaume 51, 11 et 13 : ne me repousse pas loin de ta face [PBJ. 848]. Renvoi au psaume 27, [PBJ. 1877]. Voir aussi la cantate BWV 105/1 avec le psaume 143/2 [PBJ. 935] : « N’entre pas en jugement avec ton serviteur » et le deuxième mouvement (105/2) : « Mein Gott, verwirf mich nicht von deinem Angesicht ».

La mineur (a) - ut majeur (C), 15 mesures, C
BG. Jg. V1. Page 179. RECITATIVO. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Rezitativ secco. Soprano et B.c.

CANTAGREL : «…petit mouvement ascendant de doubles croches sur le mot “flieh”, la supplication de “Erbarme dich” ou l’étirement de la ligne de chant sur lebenslang -ma vie durant”.
DÜRR : …Quelques mélismes sur les mots “ Flieh ich” [mesure 2] et “Lebenslang”[mesure 13].
NYS, Carl de : «…accompagnement uniquement par la B.c ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 107] : « le motif de la fuite et de la prompte disparition”. Motifs “flûtés et agiles » [+ Exemple musical sur les mots « zu dir flieh ich ». BG. V1, page 179]. Renvoi aux cantates BWV 70/3, BG. XVI, page 346, sur le mot « fliehen » et BWV 94/2, BG. XXII, page 105 et BWV 56/3 et BWV 87/6.
WHITTAKER : «… Texte plus intéressant qu’en 3]. Mélismes sur “Flieh”, “Erbarme”; “Liebenslang” ».


5] ARIE SOPRAN. BWV 25/5
ÖFFNE MEINEM SCHLECHTEN LIEDERN, / JESU, DEIN GENADENOHR! / WENN ICH DORT IM HÖHERN CHOR / WERDE MIT DEN ENGELN SINGEN, / SOLL MEIN DANKLIED BESSER KLINGEN.

Jésus, prête à mes pauvres chants / l‘oreille de ta grâce! / Lorsque je chanterai avec les anges / dans le chœur suprême, / mon chant de louanges revêtira de plus beaux accents.


Ut majeur (C), 147 mesures, 3/8
BG. Jg. V1. Pages 180 à 187. ARIA. | Flauto I. | Flauto II. | Flauto III | Oboe I. / Violino I. | Oboe II. / Violino II. | Viola. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Soprano, 3 flûtes à bec, 2 hautbois, basson, cordes et B.c. Forme bipartite avec ritournelle introductive et conclusive.


Mesures 1 à 25. Prélude instrumental.
Mesures 25 à 51. Premier développement vocal « Öffne meinem… genadenohr ! ».
Mesures 51à 72. Interlude instrumental.
Mesures 75 à 101. Deuxième développement vocal. « Wenn ich dort… klingen ».
Mesures 101à 104. Interlude instrumental (avec les flûtes).
Mesures 104 à 123. Reprise du deuxième développement vocal « Wenn ich dort… klingen ».
Mesures 123 à 147. Postlude instrumental avec la reprise de la ritournelle.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 274] : « Rythme de danse, ici le menuet ».
[page 302] : «…Totalité de l’orchestre moins les cuivres [cornet et trombones] dans une atmosphère dominée par l’esprit de la danse, ici un menuet en harmonie avec un texte tout aussi charmant et délicat “Prête ta gracieuse oreille, Jésus à mes pauvres chants”. Renvoi aux cantates BWV 75/5, 88/3 et 93/3 ».
CR: Au plan symbolique, les 147 mesures de cet air pourraient renvoyer au psaume 147/7 : « Entonnez pour Yahvé l’action de grâces, / Jouez pour notre Dieu sur la harpe » [PBJ. 938].
CANTAGREL : «…tous les tourments paraissent dissipés… le soprano s’élance sur un mètre de joyeux menuet pour chanter, déjà, avec les anges, en un ut majeur rayonnant de félicité ».

DÜRR : «…Effet de contraste avec le rythme affermi et dansant. Claire division périodique et distribution entièrement harmonisée répartie entre les flûtes à bec, les cordes et le les hautbois en écho. Caractère dansant du menuet ». Un concert des anges baroque (d’ailleurs suggéré par le texte ».
GARDINER : «…un tour particulier à cette cantate découle du rôle donné à la musique dans le processus curatif. Le deuxième air énonce l’espoir que le pécheur/compositeur verra ses « pauvres mélodies » favorablement accueillies, et il y a peut-être ici, sous-jacente, quelque association d’idées personnelles pour Bach, lequel choisit de juxtaposer deux « chœurs instrumentaux », l’un terrestre (hautbois et cordes), l’autre céleste (trois flûtes à bec) dans l’attente du moment où « mon chant d’action de grâces » sera à même de mieux retentir… joyeuse danse sur un mètre ternaire ».
MACIA : «…aria richement orchestrée… sur un rythme très dansant et ludique (un menuet ?) qui contraste azvec l’univers morbide des mouvements précédents ».
NYS, Carl de : «…Retour de l’orchestre et rythme dansant ».
ROBERTSON : «…Un merveilleux aria précédé d’une longue ritournelle instrumentale. Les trois flûtes jouent en écho des autres instruments…»
SCHWEITZER [J.S. Bach, page 260] : « La dernière aria est dominé par le superbe dialogue entre cordes et hautbois d’une part et les trois flûtes d’autre part ».
WHITTAKER: «…Aria intéressante. Utilisation des flûtes dans “prête à mes pauvres chants”».
[colorature sur le mot « höhern - suprême »].

6] CHORAL. BWV 25/6
ICH WILL ALLE MEINE TAGE / RÜHMEN DEINE STARKE HAND, / DAß DU MEINE PLAG UND KLAGE / HAST SO HERZLICH ABGEWANDT. / NICHT NUR IN DER STERBLICHKEIT / SOLL DEIN RUHM SEIN AUSGEBREIT: / ICH WILLS AUCH HERNACH ERWEISEN / UND DORT EWIGLICH DICH PREISEN.

Je veux consacrer tous les jours de mon existence / à célébrer le pouvoir de ta main, / puisque tu as avec tant d’amour / écarté mes tourments et mes plaintes. / Ce n’est pas seulement parmi les mortels / que doit être propagé ta gloire:/ Je veux aussi en témoigner dans l’au-delà / et t’y glorifier éternellement.

Le texte est celle de la 12e et dernière strophe (de 8 vers chacune) du cantique de Johann Heermann (pasteur à Rôben près de Globau - Silésie) Treuer Gott, ich muß dir klagen (1630) . Non reprise dans EKG. Ce cantique a également été traité par Telemann.
La mélodie [dans EKG 319] : Freu dich sehr, o meine Seele est d‘un compositeur non identifiée, vers 1510, connue dans le recueil intitulé „Manuscrit de Bayeux“ et reprise par Louis Bourgeois („Ainsi qu’on ouit le cerf…”1551) pour l‘illustration musical du psaume 42.
On la retrouve dans les cantates BWV 13/3 (avec le texte de la 2e strophe du cantique Zion klagt mit Angst und Schmerzen, 1636, BWV 19 (avec la 9e strophe du cantique Freu dich sehr, o meine Seele, 1620), BWV 30/6 (avec la 3e strophe du cantique Tröstet, tröster meine ,Lieben, Johann Olearius, 1671), BWV 32/6 (avec le texte de la 12e strophe du cantique Weg, mein Herz, mit den Gedanken, Paul Gerhardt, 1647), BWV 39/7 (avec la 6e strophe du cantique David Denicke Kommt, laßt euch den Herren lehrer (Genève1648), BWV 70/7 (avec le texte de la 5e strophe du cantique Freu dich sehr, o meine Seele), et enfin la cantate BWV 194/6 (avec les strophes 6 et 7 du cantique Treuer Gott, ich muß dir Klagen,1630).

Renvoi également à EKG 400.
Deux strophes (6 et 7
e) de ce cantique sont dans la cantate BWV 194/6, avec la mélodie. KB. Donne les différentes éditions de ce cantique.
1) Il figure (sans le texte) dans le recueil « Vopelius » (1672), « Wagner » (1697 et 1710). Sans parole, uniquement la mélodie dans Johann Sebastian Bach vierstimmige Choragesänge. Dritter Teil Leipzig bey Johann Gottlob Immanuel Breitkopf 1786. Seite 147/254 et 163/282.
2) 371 Vierstimmige Choralgesänge von Johann Sebastian Bach. Dritte Auflag. Leipzig, bei Breitkopf (1831). Seite 147/254 et 163/282
371 Vierstimmige Choralgesänge von Johann Sebastian Bach. Dritte Auflag. Leipzig, bei Breitkopf (1831).
Avec le texte.

Johann Sebastian Bach’s vierstimmige Choralgesänge. J. P. Kirnberger & C. Ph. E. Bach. Leipzig 1784-1787. Breitkopf

Ut majeur (C), 17 mesures, 4/4
BG. Jg. V1. Page 188. CHORAL. | Soprano. / Flauto I. /II. III. Oboe I. Cornetti. Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe II. Trombone I. Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Trombone II. Viola. Col Tenore. | Basso . / Trombone III. col Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec ensemble des instruments « colla parte ».


[Toujours au plan symbolique, les 17 mesures de ce choral semble renvoyer au psaume 17/13 : « Lève-toi, Yahvé, va droit sur lui, renverse-le, / par ton épée délivre mon âme de l’impie, / des mortels, par ta main, Yahvé, / des mortels de ce monde : en cette vie soit leur part ! » . La mélodie de ce choral justement célèbre dans l’œuvre de Bach ne paraît pas attribuée avec certitude. Selon EKG 319, elle apparaît à Genève vers 1541. Jacques Chailley analysant rapidement les BWV Anhang 52 et 53 « Freu dich sehr, o meine Seele » - attribués à Bach - rapproche cette mélodie du célèbre psaume français « Ainsi qu’on oit le cerf bruire… » (le Sicut cervus du célèbre psaume 42) l’attribue à Loys Bourgeois (vers1510-1557). La paternité de cette mélodie (malgré les travaux de Dürr) n’est toujours pas évidente].

BOMBA : «…Le choral final en ut majeur exigeant des registres vocaux clairs et élevés renforce la perspective d’avoir trouvé le chemin pour sortir de la maladie par le salut de l’âme ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 144/145] : Choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 034 de type I.
Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 167 à 172] : « Harmonisation de type I relativement simple, puisqu’elle se fait colla parte mais avec une certaine richesse instrumentale ».
CANTAGREL : «…Harmonisation homophone, les cordes et les cuivres doublant les voix, le soprano étant de plus renforcé par trois flûtes à bec et le premier hautbois, l’alto par le second hautbois ».
DÜRR : «…Action de grâces qui constitue un thème éventuel du récit de l’Évangile » ?
NYS, Carl de : «…La cantate s’achève dans un climat serein presque transfigurée par la dernière strophe (la 12
e) du cantique de Johann Heermann (1630) ».
ROBERT : «…Réfutation des thèses de Pirro. Ici, la montée chromatique de la basse n’est pas justifiée littéralement sur “Hernach erweisen”.
WHITTAKER : «…Mélodie profane de L. Bourgeois (12
e strophe du cantique de Johann Heermann…»


BIBLIOGRAPHIE BWV 25

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ, Thomas : BCW. Renvois aux textes de Spitta, Voigt, Schweitzer, Alfred Dürr et Eric Chafe.
: Provenance : 8 septembre 2002.
CROUCH, Simon : Notice. 1996 & 1998.
EMMANUEL MUSIC : Notice par Craig Smith.
MINCHAM, Julian. The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 17. 2010.
ORON, Aryeh : Discussions, 1] 1er septembre 2002 - 2] 25 septembre 2005. Prévision : 22 janvier 2012.
Texte du choral Treuer Gott, ich muß dir klagen (1630). Les douze strophes (allemand et anglais).
Mélodie Freu dich sehr, o meine Seele.

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 25 = BC A 129.
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/21 Net www. Bach-Institut.de
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 61 et 159
Volume 2, pages 253, 274, 279, 300 à 302, 468 et 837
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 8 1998
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 144/145
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 201 à 205
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
« Herzlich tut mich verlangen » : N° 21.
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique.
« Herzlich tut mich verlangen » : N° 156 à 165.
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 29
« Freu dich sehr, o meine Seele ». N° 29 (et 63, 67, 76 et 282).
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique.
« Freu dich sehr, o meine Seele ». N° 102 (et 98 à 101 et 103, 104).
BUCHET, Edmond : Jean-Sébastien Bach (après deux siècles d’études et de témoignages). Buchet / Chastel. 1968. Chronologie 1731
CANTAGREL, Gilles : Critique de l’enregistrement d’Helmuth Rilling, volume 10. Revue Diapason, août 1981
: Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 885 à 890
CHAILLEY, Jacques : Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Choral n° 93, pages 142/143
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Page 107
DÜRR, Alfred : Notice du coffret Das Kantatenwerk / Teldec / Harnoncourt, volume 8. 1973
: Die Kantaten von J.S. Bach. Bärenreiter - Kassel 1951-1971. Volume 2, pages 430 à 432
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». 14e dimanche après la Trinité
GALLOIS, Jean : Critique version Harnoncourt (7). Revue Diapason, n° 185, mars 1974
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement. 2006. Traduction française de Michel Roubinet.
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Editions du Seuil, 1966. Page 158, note 151

: Bach et sa famille. Corrêa / Buchet Chastel 1955. Page 193
GLÖCKNER, Andreas : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 13. 2000
HARNONCOURT, Nikolaus : Le Dialogue musical. Monteverdi, Bach et Mozart. Arcades / Gallimard / NRF. 1985. Pages 92/93
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98695). En collaboration avec Arthur Hirsch. 1982
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 164, pages 30, 73 et 143
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling ((Laudate 98695). En collaboration avec Marianne Helms. 1982
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 17
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. CN 50, pages 50, 67 et 98
La Revue musicale : Jean-Sébastien Bach / Contribution au Tricentenaire 1985"
Interprétation symbolique des chiffres dans les cantates de Bach. Pages 48 et 50
The Quarterly Journal of the Riemenschneider Bach Institute. Volume VI, N°4. Octobre 1975, page 17
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Pages 40/41
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 43, 95, 97, 113, 129 et 147/148
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Pages 49/50
Literaturverzeichnis : 44 (Richter).
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 21

: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Page 127
NYS, Carl de : Notice de l’enregistrement Rilling / Erato (volume 11). 1978-1979
: Notice du disque d’Helmuth Rilling “Les Grandes cantates”. 1982

: Jean-Sébastien Bach. Collection « Génies et Réalités ». Hachette 1963. Page 202
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ. ».
PETZOLDT, Martin : Prélude à une théologie - État des réflexions théologiques sur Bach.
Silence 32. Bach. Éditions de la Différence. 1985. Page 110. Bach et l’élaboration de certains textes de cantates.
PIRRO. André : J.-S Bach. Félix Alcan. 5e édition 1919. Page 150
: L’esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Reprint Minkoff 1973. Pages 31 [2], 103 [3], 107 [4], 452 [1],
454 [1]
RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. In BJ 1906, pages 43 à 73
RILLING, Helmuth : Tricentenaire de Bach. La Revue musicale, 1985, page 82
ROBERT, Gustave : Le descriptif chez Bach. Paris. Librairie Fischbacher 1909. Page 38 [6]
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 32/33
Literatur : Spitta. Schweitzer. Wolfrum II. Pirro. Parry. Voigt. Wustmann. Wolff. Terry. Francke I. Moser.
Thiele. Schering. Neumann.
BJ : 1906. 1911. 1914. 1920. 1929. 1932. Bachfest 1914. 1929
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 198, 214, 247
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 2, pages 101, 224, 259, 260, 392, 429, 460 et 462(note)
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Novello 1889 / Dover reprint 1951-1952. Volume II, pages 466/467
Page 696, note 44 « The Watermark « MA ».
WESTRUP, Jack. A., Sir : Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 54
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of J. S. Bach. Deux volumes. Oxford U.P. 1959-1985
Volume 1 : pages 112, 434, 666, 676 à 681.
Volume 2 : pages 299 et 521
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 7. 1998
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentext. Breitkopf & Härtel.Wiesbaden (1913- 1967). Pages 217/218
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 41, page 102.
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 25

BACH CANTATAS WEBSITE :
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Neuf références (août 2002 à juin 2010). Pas de mouvements individuels.

Aryeh Oron : Exemples musicaux, janvier 2003 à avril 2010.

9] GARDINER (volume 7). Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. 2000. Bach Cantata Pilgrimage. Abbaye d'Ambronay, le 24
septembre 2000. Durée : 17'42. CD SDG 124. Distribution en France = novembre 2006. Avec les cantates BWV 78 et 17
2] GEISER, Walther. Basler Bach Chor. Orchester der Basler. Orchestergesellschaft & Bläser der Basler. Stadtposaunenchores (Ch).
Disque CIBA Geigy. Mono et stéréo LM 30/390. Beethoven : Heiliger Dankgesang, opus 132
Dans les « exemples musicaux, Aryeh propose à l’écoute intégrale (communiquée par une correspondante du BCW) cette version. (15’40). Elle est apparemment « hors commerce », et paraît avoir été réalisée (début des années l950), sous l’égide d’un groupe pharmaceutique [aujourd’hui Novartis].
1] GRAULICH. Mottentenchor Stuttgart. Heidelberger Kammerorchester. Durée : 16’42
Disques Carus 33138 et Oryx, avec la cantate BWV103
Disque DAC 94010 (et BWV 103) GB /RFA janvier 1967
Reprise CD Baroque Music Club Bach 722 "The Bach Collection". Avec les cantates BWV 46, 105 et 103
3] HARNONCOURT (volume 7). Wiener Sängerknaben & Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. soprano : soliste des petits
chanteurs de Vienne. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Max van Egmond. 1973. Durée : 15’17
Disque Teldec SKW 7/1-2 Das Kantatenwerk (volume 7) 1973
CD. Teldec 4509-91756 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 2. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
CD Teldec 8.35033 ZL – 242 503-2. Das Kantatenwerke, volume 7. 1985
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 1. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à 14 et BWV 16 à 47
Reprise Warner Classics 8573-81206-5 (en CD séparés, volume 8). 2006
6] KOOPMAN (volume 7). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Waalse Kerk. Amsterdam (NL) Septembre – octobre 1997
CD Erato 3984-23141-2 (1998). Reprise Antoine Marchand / Challenge CC 72207 (2005)
8] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Durée : 15’17
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics 99378. Volume 19 – Cantates, volume 10. Printemps 2000
Reprise Bach Édition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 19/95. Avec les cantates BWV 137, 25, 119 et 43
4] RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Enregistré en septembre 1977 et janvier 1978. Durée : 15’58
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98695. Avec la cantate BWV119
Disque Erato STU 71376. Les grandes cantates (volume 11). Coffret, 3 disques. 1982. Avec les cantates BWV 119 et 89
CD. Die Bach Kantate (volume 48). Hänssler Classic. Laudate 98810 1976-1981
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 8). Hänssler-Verlag 92.008. 1999. Avec les cantates BWV 23, 24 et 26
7] SUZUKI (volume 13). Bach Collegium Japan & Concerto Palatino Brass Ensemble. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan
Juin 1999. Durée : 15’23. CD BIS 1041 Digital
5] VANHERENTHALS, Jacques. La Chapelle des Minimes. Bruxelles
CD La Chapelle des Minimes CM-003. En concert, 28 septembre 1997. Durée : 15’18


ANNEXE BWV 25
NYS, Carl de

Notice « Les grandes cantates ». Rilling. Erato STU 71376. 1978.

«…La rhétorique quelque peu outrancière –qui est peut-être l’œuvre de Picander- est aujourd’hui peu compréhensible. Il faut la (cantate) dans le contexte esthétique baroque et retinaliste ; il faut surtout se souvenir des lectures du jour que la cantate commentait obligatoirement : l’évangile de Luc (XVII, 11 à 19) relatant la guérison des dix lépreux, dont un seul revient rendre grâces, ainsi que la lettre de Paul aux Galates (V, 16 à 24) où il est question des œuvres périssables de la chair et des fruits impérissables de l’esprit. Il ne fait aucun doute que ce texte et en particulier le verset du psaume 38 -qui est mis en œuvre dans le chœur initial, a profondément sollicité le génie du musicien. Ce premier chœur met en œuvre la mélodire d’un choral-cantique sur des paroles de Cyriakus Schneegass (1597) Ach, Herr, mich armen Sünder ; le cantor tire un partie étonnant de la mélodie modale (phrygienne) du cantique : une construction fort complexe aboutit en fin de compte à une page hautement expressive, tourmentée et douloureuse. Trois sections fuguées suivent une brève sinfonia instrumentale et précèdent une élabioration contrapuntique des deux thèmes de fugues précédents, la mélodie du cantique étant confiée aux trombones et aux flûtes à bec en plus des voix. Un effet dramatique et expressif très caractéristique vient de ce que cette grande page chorale est suivie de trois mouvements accompagnés par la seule basse continue et demeurant dans les tonalités mineures. Avec le changement d’atmosphère de l’aria pour soprano, on retrouve le mode majeur mais aussi l’orchrestre et un rythme presque dansant : il y a là, remarque Alfred Dürr, u,ne musique qui fait songer à un « concert des anges » baroque, ce qui est d’ailleurs suggéré par le texte. La cantate s’achève dans un climat serein, preque transfiguré, par la dernière strophe du cantique Treuer Gott, ich muss dir klagen de Johann Heermann (1630) ».


ANNEXE BWV 25
SPITTA

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, pages 466/467.
Note 523 : BG. VI, n° 25. Note appendice A, n° 44 (page 696) : le filigrane est seulement visible sur la couverture et les parties originales « MA ».

«…l’autre cantate que je considère comme l’égale de celle-ci (BWV 102), est basée sur le psaume 38/3. Sa teneur ressemble beaucoup à la précédente par le fait que le repentir ici prêché avec tant de ferveur a maintenant totalement rempli l’âme du pécheur : Il n’y a rien d’intact dans ma chair, en ta colère, rien de sain en mes os, après ma faute. Telle est son exhortation – note 524 : Aucun autre hymne ne peut se concevoir. La mélodie est ici bien connue : O Haupt voll blut und wunden (c’est le choral de la Passion selon Saint Matthieu).
Le chœur est lui-même une double fugue, tout rempli d’une intense expression de contrition. A partir de la 15e mesure, le choral à quatre parties Ach ! Herr mich armen Sünder revient à intervalles réguliers, joué aux flûtes, cor et trois trombones, est entendu durant tout la fugue, laquelle est accompagnée en partie par de particulières interventions des cordes. Le sujet à quatre parties est également complet en lui-même et comme la fugue peut être exécutée indépendamment avec un effet très satisfaisant. Néanmoins, ces deux éléments sont si bien amalgamés qu’ils paraissent n’être qu’un, de même origine.
La profondeur de l’effet produit quand le chant de pénitence s’élève derrière et par delà, l’ensemble est indescriptible. Il apparaît augmenté à la basse continue avant chaque couplet de la première section de l’air. Mais ce n’est pas tout : les deux thèmes de la fugue dérivent des deux lignes du choral, le 1er du 2e et le dernier du premier. Le cheminement qu’ils suivent permet de concevoir la construction de la mélodie de la cantate qui trouve son fondement dans le texte de l’hymne. Pour cette raison, il m’apparaît comme probable que cette cantate est très proche de la cantate BWV 102 de la même période. La manière dont la composition se déroule avec des motifs poétiques et musicaux est chose remarquable et unique dans le genre.
Le mouvement Es ist der alte Bunde de la cantate BWV 106/2 ne peut lui être comparé parce que les motifs du chœur apparaissent systématiquement comme de simples interludes chorals ; Mais ici, nous voyons les formes empruntées à la fantaisie-choral, transférées au chœur et à l’orchestre en position intervertie. Le chœur exécute la partie instrumentale que les instruments repassent au chœur. Il ne s’agit donc pas d’un libre choral sur un texte biblique, pas plus qu’un chœur choral. C’est quelque chose qui les contient tout deux mais qui leur est supérieur et qu’il nous est difficile de comprendre radicalement.
Un merveilleux air de basse avec accompagnement de basse continue indépendant s’ensuit, plein de caractère, rappelant à l’auditeur l’impression d’ensemble du premier mouvement ? Cet air s’attarde doucement dans le même domaine de sensation puis passe graduellement à une humeur consolatrice dans laquelle l’ouvrage demeurera jusqu’à la fin ».


C. Role. Décembre 2010

Commentaries: Main Page | Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources

Introduction | Cantatas | Other Vocal | Instrumental | Performers | General Topics | Articles | Books | Movies | New
Biographies | Texts & Translations | Scores | References | Commentaries | Music | Concerts | Festivals | Tour | Art & Memorabilia
Chorale Texts | Chorale Melodies | Lutheran Church Year | Readings | Poets & Composers | Arrangements & Transcriptions
Search Website | Search Works/Movements | Terms & Abbreviations | Copyright | How to contribute | Sitemap | Links



 

Back to the Top




Last update: December 13, 2010 15:00:00