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Cantata BWV 139
Wohl dem, der sich auf seinen Gott
Commentary in French |
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SONNTAG ZUM 23. SONNTAG NACH TRINITATIS
Kantate am dreiundzwanzigsten Sontag nach Trinitatis
Leipzig, 12 novembre 1724 |
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CONTENU |
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Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
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AVERTISSEMENT |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Sauf les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (Leipzig 1851-1899). J. S. Bachs Werke. Gesamausgabe (édition intégrale) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
JAHRGANG = Cycle annuel
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ». |
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DATATION BWV 139 |
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Leipzig, 12 novembre 1724. (2e cycle) II Jahrgang.
DÜRR: «…Une réalisation instrumentale (partie manquante de 1724) datée des années 1744 de la main de Altnikol (VOIR) fait penser à une exécution vers ces années et, a induit Spitta en erreur chronologique…»
HALBREICH: «…La partie de violon, de la quatrième section, copiée par Altnikol vers 1744 peut faire augurer d’une reprise de la cantate vers la même époque. Cette hypothèse est celle d’Alfred Dürr et de Werner Neumann…»
HIRSCH: Classement CN 99 (Die chronologisch Nummer). 2. Jahrgang - Choral-Kantaten
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV38 (29 octobre 1724) – BWV 80 (31 octobre 1724) – BWV 115 (5 novembre 1724) – BWV 139 (12 novembre) - BWV 26 (19 novembre 1724) - BWV 116 (26 novembre 1724) – BWV 62 (3 décembre 1724)
PIRRO [J.-S. Bach, page 179]. Leipzig, entre 1735 et 1744
SCHMIEDER. SPITTA -SCHWEITZER: Leipzig, entre 1735 et 1744 |
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SOURCES BWV 139 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
La partition originale a pu faire partie de la collection de W. F. Bach mais a disparu
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thomasschule Leipzig, Thomasschule Leipzig, ohne Signatur, in Verwahrung des Bach-Archiv Leipzig
BG: Partiellement autographes, avec corrections de Bach. Elles étaient en possession d’A. M. Bach qui les a remis à l’École saint-Thomas en 1750.
HERZ: Neuf parties. Copistes Johann Andreas Kuhnau (le neveu du cantor avant Bach) dans la partie médiane de son séjour à Leipzig et Christian Gottlob Meissner.
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XXVIII (28e année - BWV 131-140 ; Anh. 134a). Pages 225 - 248. Préface de Wilhelm Rust (décembre 1881)
[Partition BG dans l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 34. 1984]
Titre à la couverture: „Dem. 23 post Trinit: / Wohl dem der sich auf seinen / a 4 Voc: / 2 Hautb: d’Amour / 2 Violini / Viola / con Continuo / d Sig. Joh. Seb. Bach“
Filigrane dans la partie (en haut) de violon de l’air de ténor [2] avec un homme en armure et lance. Dans les autres parties, le filigrane classique à la „demie lune“.
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 26. KANTATEN ZUM 22 UND 23 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5083. 1994. Andreas Glöckner. 6 fac-similés.
BWV 139. Pages 99-130. Bl. 1r der Originalstimme Violino. Thomasschule Leipzig, ohne Signatur, Thomasschule Leipzig, in Verwahrung des Bach-Archivs Leipzig. Satz 4, Takt 1-57
Avec BWV 89, 115, 55, 163, 52
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5083 41. 1994. Andreas Glöckner
AUTRES ÉDITIONS
BCW: Exemples musicaux
Breitkopf & Härtel (ca 1970). Partition PB 2989. Chor Ch B 690 - Orgel und cembalo (M. Seiffert) OB 1169
(2008). EB 7139. Voix et piano (réduction) - Chœur = ChB 4639. Partition (sur demande) |
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PÉRICOPE BWV 139 |
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Vingt-troisième dimanche après la Trinité
Épître: Philippiens 3, 17-21 [PBJ 1736]. Frères, soyez mes imitateurs…La vraie voie du salut chrétien «…car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent… qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ ».
Évangile: Matthieu 22, 15-22 [PBJ 1490]. L’impôt dû à César. Renvois à Marc 12, 13-17 [PBJ 1524] et Luc, 20, 20-26 [PBJ 1573]
MISSEL ROMAIN
22e dimanche après la Pentecôte. Dans la liturgie de ce dimanche domine la confiance en Dieu, qui, en cette fin de l’année liturgique, doit remplir tous les cœurs. L’Épître de Saint-Paul aux Philippiens était lue le 23e dimanche.
EKG. Lectures:
Annonce de l’Homme-Dieu ; annonce de sa Royauté et obligations de la vie nouvelle
Entrée.1. Timothée 6, 15-16 [PBJ 1753]. Le Roi des rois ; le Seigneur des seigneurs
Psaume 138 [PBJ 931]. Action de grâces à Yahvé. [L’esprit de ce psaume, textuellement : « tu étends la main et me sauve, ta droite aura tout fait pour moi… » se retrouve dans la 4e section (La main secourable et, dans la cantate BWV 7/7
Cantique (Lied): EKG 179 (A. Kreusner, 1533). In dich hab ich gehoffet, Herr (d’après le psaume 31)
Épître aux Philippiens 3, 17-21 [PBJ 1736]
[Suivant la date à laquelle tombe la fête de Pâques, la série des dimanches après la Trinité peut varier du 23e au 28e dimanche].
Évangile: Matthieu 22, 15-22 [PBJ 1490]. L’impôt dû à César
Même occurrence: Cantates BWV 163. 31 octobre 1723. BWV 52. 24 novembre 1726. Reprise ca 1744 (W. Neumann). |
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TEXTE BWV 139 |
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Auteur inconnu. Le texte des sections 1et 6 (cantique), revient à Johann Christoph Rüben (1665-1746).
[Dans l’esprit des cantates chorales du deuxième cycle des cantates de l’année 1724. L’auteur inconnu a conservé la première et la cinquième strophe du cantique pour le chœur introductif [1] et le choral conclusif [6] et a repris librement les trois strophes intermédiaires [2, 4 et 5]
L’évocation de l’évangile du jour (23e dimanche) dans la section [3].
Le cantique « Wohl dem, der sich auf seinen Gott » cinq strophes (d’après le psaume 84, 13 [PBJ 881] est de la composition de Johann Christoph Rüben (1665-1746) [Hofmann donne 1665-1724] est daté de 1692. Toutefois, il ne figure pas parmi les cantiques dominicaux désignés particulièrement pour le 23e dimanche et n’offre pas de rapport avec l’évangile de ce jour. Par ailleurs, on note dans le texte de la cantate une relation sensible aux idées piétistes: « Jésus s’avère dans toutes les situations de l’existence l’ami de celui qui croit » mais il est vrai que ce livret transforme cette idée fondamentale, en quittant le domaine d’une subjectivité par trop accusé, pour celui d’une réceptivité plus générale, afin d’établir une liaison, avec l’Évangile rapportant la conversation de Jésus et Pharisiens au sujet de l’impôt dû à César ».
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 365-366]: «…un cantique relativement récent [à l’époque de Bach], œuvre de Johann Christoph Rube (ou encore Ruben, Rüben) qui était encore en vie à l’époque de Bach (il devait mourir aux environs de 1745). Le cantique, en cinq strophes, emprunte la mélodie de Mach’s mit mir, Gott, nach deiner Güt de Johann Hermann Schein que nous retrouvons dans BWV 156. En établissant le texte de cantate, le versificateur inconnu a réparti les strophes 2-4 du choral dans les n° 2, 4 et 5 [de la cantate], cependant que le n° 3 est un texte de libre invention, se rattachant à l’évangile de ce dimanche consacré à la question du tribut à César (Matthieu 22, 15-22) ».
HERZ: Texte des sections 2 à5 de Bach ?
HIRSCH: Classement B6 (poète inconnu classé par son style)
1] Johann Christoph Rüben, 1692. Strophe 1. Renvois aux psaumes 84 [85], 13 [PBJ 881]: « Yahvé Sabaot, heureux qui se fie en toi ». et le psaume 146, verset 5 [PBJ 938]: « Heureux qui pour secours a le Dieu de Jacob…»
Pour la mélodie, renvoi à EKG 321
LYON [Johann Sebastian Bach - Chorals, pages 88-89]: « Le choral et sa mélodie: Mach’s mit mir, Gott, nach deiner Güt. Cantique sur la mort (Sterbelied), texte en cinq strophes, publié à Leipzig en 1628. La mélodie originale de Bartholomäus Gesius (ca 1562-1613) reprise en 1628 par Schein ».
2] Texte d’un auteur inconnu. Connexions avec le deuxième verset du cantique de Rube
3] Texte, en vers libres, d’un auteur inconnu. Allusion à l’Évangile du jour Matthieu 22, 15-22: « La foule des impies (les Pharisiens) ?
Renvoi [Neumann] à Matthieu 10, 16 [PBJ 1468]: « Et voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups…»
BOMBA: «…Le mouvement 3 est un ajout de poésie libre…»
4] Texte d’un auteur inconnu. Citation littérale de la fin de la troisième strophe du cantique: « Da lern ich erst, daß Gott allein / Der Menschen bester Freund muß sein » ». Renvoi au psaume 138, 7 [PBJ 931]: « Tu étends ta main et me sauves…»
NEUMANN [Sämmtliche]. Renvoi à la cantate BWV 46/3, sur les deux mots identiques « von weiten » d’un sens proche dans les deux cantates. - Cantique figurant dans le livre de chant de Vopelius en usage à Leipzig au temps de Bach [en fait une édition de 1729]
5] Texte d’un auteur inconnu. Connexions avec la quatrième strophe du cantique de Rube Autre allusion à l’Évangile du jour: « Ich gebe Gott was Gottes ist - Je donne à Dieu ce qui est à Dieu… »
6] Johann Christoph Rüben, 1692. Texte de la cinquième strophe du cantique
[Mélodie du choral (au cantus firmus) Machs mit mir, Gott, nach deiner Güt. [EKG 321]. Voir BWV 156/2. Selon BG, la mélodie revient à l’ancien cantor de Saint-Thomas, Hermann Schein, 1628. Voir aussi BWV 377 (choral à quatre voix), le choeur n° 44 de la Passion selon Saint-Marc, BWV 247 et le choral pour orgue BWV 957]. Trace du psaume 146 avec la nouvelle l’affirmation : « Heureux celui qui a Dieu pour ami ! ». |
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GÉNÉRALITÉS BWV 139 |
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HALBREICH: «…La version discographique Richter constituait en 1979 un inédit mondial ». |
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DISTRIBUTION BWV 139 |
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NEUMANN. Solo : Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Oboe d’amore I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: S, A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe d’amore I, II; Viol. I, II;Vla.; Cont.
[La cantate ne nous est connue que par ses parties séparées et parfois incomplètement, comme dans les sections [2] et [4]. Chacun des ces deux mouvements possédaient deux instruments solo et l’on connaît au moins deux tentatives de reconstructions (Scheide et Radeke). La partie de violon, dans la quatrième section, copiée par Altnikol vers 1744 (H. Halbreich) peut faire augurer d’une reprise de la cantate vers la même époque].
CANTAGREL: «…neuf cantates font appel au violoncelle piccolo... l’une des parties manquantes de la cantate BWV 139... pourrait elle aussi avoir été confiée au violoncelle piccolo... le violoncelliste pourrait être Georg Gottfried Wagner, élève personnel de Bach à Leipzig... nommé cantor à Plauen en décembre 1726... »
HARNONCOURT: «…La cantate 139 ne nous a malheureusement pas été transmise dans son intégralité absolue. Il ne s’est pas conservé de partition originale et, parmi les parties instrumentales, il manque selon toute vraisemblance un second violon solo dans l’air n° 2. La partie de violon de l’air n° 4 fut (suivant Dürr) écrite ultérieurement par Johann Christoph Altnikol, élève et gendre de Bach [cette partie figure dans l’enregistrement d’Harnoncourt]… En ce qui concerne l’air n° 4, la question de la forme originale qu’il put revêtir reste entièrement inéclaircie et il est sans plus concevable que la partie de violon d’Altnikol soit ressemblante ou même identique à l’originale, qui avait manifestement déjà disparu à l’époque ; on ne peut certes pas aujourd’hui offrir ici d’alternative…»
SUZUKI [Notice de la production, volume 28] 1: les parties obligées du second mouvement et leur restauration.
2]: Instrumentation du continuo dans les seconds, troisièmes et quatrièmes mouvements]: «…Le matériel existant en relation avec cette cantate n’inclut pas la partie d’orgue utilisée à la création; la partie d’orgue existante est probablement celle utilisée à l’occasion d’interprétations subséquentes entre 1732 et 1735. Cette partie indique que l’orgue doit demeurer dans les second, troisième et quatrième mouvements... comme d’habitude [enregistrement Suzuki] nous avons décidé d’utiliser le clavecin à la place de l’orgue dans ces mouvements ».
WOLFF : «…La seconde partie de violon que requiert le n° 2 faisant défaut dans les sources originales, Ton Koopman l’a reconstituée pour les besoins de son enregistrement [volume 11]…» |
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APERÇU BWV 139 |
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1] VERS 1. CHORALCHORSATZ. BWV 139/1 |
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WOHL DEM, DER SICH AUF SEINEN GOTT / RECHT KINDLICH KANN VERLASSEN ! / DEN MAG GLEICH SÜNDE, WELT UND TOD / UND ALLE TEUFEL HASSEN, / SO BLEIBT ER DENNOCH WOHLVERGNÜGT, / WENN ER NUR GOTT ZUM FREUNDE KRIEGT.
Heureux celui qui peut s’en remettre / En toute candeur à son Dieu ! / Les péchés, le monde et la mort / Et tous les diables peuvent bien le prendre en haine, / Il n’en reste pas moins joyeux / Si seulement il parvient à avoir Dieu pour ami.
[Le cantique de Rüben est habituellement chanté sur la mélodie (ici au cantus firmus) du Machs mit mir, Gott, nach deiner Güt. Autre cantique composé par un ancien cantor de Saint-Thomas, Johann Hermann Schein, 1628],
Voir [EKG 321] et BWV 156/2
Mi majeur (E), 81 mesures, C. Reprise de l’introduction instrumentale « dal segno », 10 mesures
BG XXVIII. Pages 225-233
NEUMANN. Solo: Sopran, Alt, Tenor, Baß – Chor. Oboe d‘amore I, II; Streicher; B.c. Parties instrumentales en forme de ritournelle et vocales encastrées. Cantus firmus au soprano avec imitations au chœur et aux parties instrumentales
SCHMIEDER. Sopr. Alto, Ten., Basso; Ob.oe d’amore I, II; Viol. I, II;Vla.; Org. E Cont..
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 366]: «…Le morceau d’introduction constitue à nouveau l’un de ces formidables exemples d’idéation structurale préordonné qui sont extrêmement fréquents dans la production de Bach. Sur un discours qui voit employer, avec le même matériel thématique, mais sur le mode concertant, voix et instruments (avec le cantus firmus au soprano). Bach greffe la Barform (AAB). Il s’agit de trois sections de 24 mesures chacune, mais avec une troisième section articulée de manière différente ; les deux premières sont formées de dix mesures instrumentales et de deux épisodes vocaux, de cinq mesures chacun, correspondant aux deux premiers versets du choral, avec une ritournelle instrumentale de quatre mesures entre chaque versets ; la troisième (B) instaure en revanche un principe de parité de mesures entre voix et instruments, six mesures pour chaque épisode. Il en résulte un schéma du type suivant :
BOMBA: «…Le choral est interprété vers après vers dans le chœur d’ouverture par le soprano en de longues notes, k’imitation des autres voix est basée sur des notes plus brèves. Le mouvement d’orchestre est également dérivé des motifs du cantus firmus. Bach lui accorde une pause à chaque attaque du texte, la phrase vocale en paraît ainsi plus transparente et jouit d’une augmentation à chaque fois vers la fin, grâce à l’intervention des cordes…»
Structures:
A = mesures 1-24 [10 instl. - 5 vocal I - 4 instl. - 5 vocal 2 /-/ B = mesures 25-48] 10 instl. - 5 vocal 3 - 4 instl. - 5 vocal 4 / -/ B = mesures 49-72 [4 inst. - 6 vocal 5 - 6 instl. - 6 vocal 6 - 2 inst.
Suit la reprise des dix mesures instrumentales introductives (dal segno) …»
[Le soprano développe la strophe du choral en valeurs longues, le chœur chantant même texte].
BLANKENBURG: «…choral intégré verset par verset à une composition orchestrale, mais, cette fois, les parties vocales inférieures ainsi que les parties instrumentales reprennent le matériel motivique du cantus firmus…»
BOYER [Les Cantates sacrées, page 363]: «…Mélodie de choral 069 comme [6]. Ritournelle orchestrale ; cantus firmus au soprano, imitations dans le chœur…»
[Les mélodies des chorals dans les cantates, pages 249-250]: «…Il s’agit d’une élaboration de type II (choral incrusté) dans une ritournelle d’orchestre constituée de deux hautbois d’amour, des cordes et du continuo. Le cantus firmus est au soprano, les trois autres parties vocales dessinent des imitations…»
DÜRR: «…Cantus firmus au soprano…avec imitation thématique…»
HOFMANN: «…Le chœur d’entrée suit un modèle qui, au cours des cinq mois précédents, revient dans vingt-cinq cantates-chorals et est devenu une sorte de standard : la conception générale fait entendre une partie orchestrale concertante dans laquelle s’insère, vers après vers, le texte du choral. Les parties vocales inférieures sont traitées de manière contrapuntique. La plupart du temps, celles-ci sont reliées entre elles de manière imitative et utilisent le matériel thématique exposé par le soprano. C’est également le cas de ce mouvement choral : altos, ténors et basses font chacun un fugato dont le thème provient de la première note de chaque vers de la mélodie avec cependant les voix inférieures qui évoluent avec agitation ; ce qui apparaît au cantus firmus à la blanche et à la ronde est repris aux voix inférieures à la croche et à la noire (quatre fois plus vite donc). La ritournelle orchestrale qui encadre le mouvement et à partir de laquelle les intermèdes sont formés établit un lien avec sa mélodie ascendante de son motif initial au cantique. En plus des cordes, on entend deux hautbois d’amour, un instrument qui comme son nom le laisse supposer, sonne de manière particulièrement gracieuse et auquel Bach a recours lorsqu’il souhaite exprimer l’amour, justement, la chaleur, la délicatesse, la tendresse et la confiance et ainsi souligne par cet affect ce que le premier et les deux derniers vers de la strophe évoquent. Aux mots de « Wohl dem - heureux » au début du mouvement et de « wohlvergnüt - tout confiant », Bach semble plus avoir ressenti le besoin de conférer à ce mouvement un certain « bien-être » sonore dans lequel le motif initial de la ritournelle et l’entrée en imitation des voix inférieures accompagnent presque continuellement l’un des deux hautbois d’amour en tierces ou en sixtes parallèles., De plus, les deux instruments à vent s’ajoutent comme cinquième et sixième voix dans la section en choral aux quatre lignes vocales et confèrent une certaine grâce à la sonorité de l’ensemble vocal…»
PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 193 ]: «…des séries de consonnes douces s’étendent dans l’orchestre comme dans les voix pour dire les louanges infinies de félicité ; le calme des cœurs que Dieu possède… ici les sixtes dans l’introduction de la cantate…» [BG XXVIII, page 225].
ROMIJN: «…Ici il est question de la confiance que les chrétiens doivent placer en Dieu: par conséquent, le pas régulier et confiant du croyant marchant côte à côte avec le Seigneur sert de métronome à tout le chœur d’ouverture, seul le mot « Sünde - péché » venant interrompre cette assurance…»
SCHUHMACHER: «…insertion des versets du choral dans une grande composition orchestrale, le matériel thématique de la partie instrumentale est lui aussi dérivé du choral ».
[Introduction mesures 1-11. Affect sur le mot «…Tod » aux mesures 39-40 |
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2] ARIE TENOR. BWV 139/2 |
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GOTT IST MEIN FREUND ; WAS HILFT DAS TOBEN, / SO WIDER MICH EIN FEIND ERHOBEN ! / ICH BIN GETROST BEI NEID UND HAß. / JA, REDET NUR DIE WAHRHEIT SPÄRLICH, / SEID IMMER FALSCH, WAS TUT MIR DAS ? / IHR SPÖTTER SEID MIR UNGEFÄHRLICH.
Dieu est mon ami ; à quoi sert le déchaînement / Qu’un ennemi peut élever contre moi ! / Je demeure confiant devant l’envie et la haine. / Oui, vous pouvez user de la vérité avec parcimonie, / Soyez toujours faux, que m’importe ? / Vous ne représentez aucun danger pour moi. [Teldec, vol. 34: Oui, vous pouvez bien dans vos paroles user parcimonieusement de la vérité, / Vous pouvez bien être faux et perfides, que m’importe ? / En dépit de vos sarcasmes, vous êtes sans danger pour moi.]
La majeur (A), 185 mesures, 3/4
BG XXVIII. Pages 234-238
NEUMANN. Tenor, 2 Violinen, B.c. Triosatz Violine (solo), Tenor, B.c. Da capo. Peut-être le vestige d’un double concerto pour violon perdu. Reconstruction par William H. Scheide, éventuellement en quatuor et également par Winfried Radeke (1972, Breitkopf Wiesbaden).
SCHMIEDER. Ten., Viol. I conc. Continuo
BLANKENBURG: «…les instruments expriment d’abord le sentiment de tranquillité ressenti par l’être aimé de Dieu ; après quoi le tumulte du monde retentit, dans la section vocale, à travers l’animation qui préside à la conduite des lignes mélodiques
BOMBA: «…L’introduction instrumentale dans l’air du ténor exprime deux affects contradictoires « Gott ist mein Freund - Dieu est mon ami » en de longues notes et interprété par les voix reliées les unes aux autres des deux violons solistes [dans la version Rilling], agitation entêtée et sauvage par contre dans la basse continue pour illustrer le « Feinde Toben - déchaînement des ennemis ». Le chanteur rejoint ces motifs en interprétant d’autres mots stimuli comme « Neid - envie », Haß - haine » et « Spötter». La partie de deuxième violon pour ce morceau n’est pas contenue dans la phrase des registres qui nous est parvenue, cet enregistrement [H. Rilling] se conforme à la reconstruction de William H. Scheide…»
DÜRR: «…opposition entre le mot « Toben » et les mots « ich bin getrost ». Voix et instruments ont le même thème. Alternance dans la ritournelle introductive entre le solo du violon (figurations) et le continuo…
HALBREICH: «...Il ne nous est parvenu qu’une des deux parties de violon solo prévue par Bach ».
HOFMANN : «…L’air de ténor exprime le contraste contenu dans le texte : ici l’amitié de Dieu, la sécurité consolante du chrétien qui se tourne vers la protection de Dieu et là, la fureur des ennemis, leur duplicité, leur haine. Bach a vraisemblablement pu compter, comme pour les cantates voisines, sur un ténor particulièrement doué pour qui il a écrit cet air sur mesure. La fureur et les railleries sont représentées par des rapides coloratures. Le passage « Gott ist mein Freund » agit comme une opposition calme et rassurante, qui revient à plusieurs reprises, comme une sorte de maxime et qui est assurément restée dans la mémoire des premiers auditeurs. Les instruments qui accompagnent, développent le matériel thématique contrastant en un trio. Parce que la partition de Bach et une des parties originales ont été perdues, il manque la seconde partie instrumentale. On assume qu’elle se destinait à un second violon. Il est nécessaire d’avoir recours à une reconstruction lorsque l’on souhaite interpréter cette cantate…»
PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation rythmique des motifs, pages 111-112]: «…Motif rythmique sur Toben, grands traits tumultueux formés de motifs qui se répercutent et sont associés aux mots qui évoquent des idées de fracas, de tempête, d‘écroulement…». Renvois aux mots « Toben » dans BWV 107/4, 123/3, 178/1.
[L‘orchestration, page 211]: « … un solo de violon… expression de la voix fondée sur la confiance en Dieu…, voix de tendresse et de lumière… ». Renvoi à la cantate BWV 83, BG XX1, page 53.
ROMIJN: «…l’aria de ténor met en opposition la bonté de Dieu, que souligne une longue mélopée sur « Freund - ami » [ceci n’apparaît pas dans la partition ?] et la rage enflammée des ennemis. Quant au mot « Spötter - moqueurs », il se voit illustrer de quelques notes évoquant clairement un ricanement ».
SCHUHMACHER: « …la section médiane récitative est notable pour la conduite de la partie vocale « seid immer falsch, was tut mir das », qui contraste avec la paisible assurance des chrétiens. La rage (Tauben) des ennemis montre une fois de plus en Bach, le musicithéologien, dans l’interprétation du texte par des symboles sonores…»
[Le mot « Toben » se retrouve traité dans les cantates BWV 107/4, 123/3 et 178/1. Affect sur le mot « Spötter » à la mesure 92
ZWANG : «…il manque le 2e violon concertant. La partie a été reconstituée par William H. Scheide. L’enregistrement d’Helmuth Rilling comprend le 2e violon concertant ».
[Structures :
Mesures 1-24. Prélude instrumental - Mesures 25-46 = Développement musical 1: « Gott ist mein Freund…getrost bei Neid und Haß » - Pont instrumental, mesures 47-50 - Mesures 50-71= Développement vocale 2 avec reprise du même texte que le 1« Gott ist mein Freund…getrost bei Neid und Haß » avec figuration sure le mot « Toben - déchaînement », mesures 58 à 60. - Pont instrumental aux mesures 71 à 74. - Mesures 75-89 = Développement vocal 3 : « Ja, redet nur die Wahreit spärlich…was tut mir das ? - Pont instrumental aux mesures 89-92 - Mesures 92-110 = Développement vocal 4 sur « Ihr Spötter, ihr Spötter…mir ungefährlich ». Long mélismes sur le mot « Spötter » aux mesures 97 à 99. Suit le da capo (reprise intégrale). |
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3] REZITATIV ALT. BWV 139/3 |
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DER HEILAND SENDET JA DIE SEINEN / RECHT MITTEN IN DER WÖLFE WUT. / UM IHN HAT SICH DER BÖSEN ROTTE / ZUM SCHADEN UND ZUM SPOTTE / MIT LIST GESTELLT ; / DOCH DA SEIN MUND SO WEISEN AUSSPRUCH TUT, / SO SCHÜTZT ER MICH AUCH VOR DER WELT.
Le Sauveur n’envoie-t-il pas les siens / Au milieu des loups enragés ? / Autour de lui s’est rassemblé par ruse / La foule des impie / Avides de lui nuire et de le blasphémer ; / Mais sa bouche émet de si sages paroles / Qu’il me protège moi aussi du monde.
Fa dièse mineur (fis), 8 mesures, C
BG XXVIII. Page 239
NEUMANN. Récitatif secco. Alt, B.c.
SCHMIEDER. Alto ; Continuo |
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4] ARIE BAß. BWV 139/4 |
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DAS UNGLÜCK SCHLÄGT AUF ALLEN SEITEN / UM MICH EIN ZENTNERSCHWERES BAND, / DOCH PLÖTZLICH ERSCHEINET DIE HELFENDE HAND. / MIR SCHEINT DES TROSTES LICHT VON WEITEN; [BG = « weitem » ; / (fin de la 3e strophe du cantique): DA LERN ICH ERST, DAß GOTT ALLEIN / DER MENSCHEN BESTER FREUND MUß SEIN.
De tous côtés le malheur m’enserre / Dans des liens qui m’oppriment. / Mais voilà que soudain apparaît la secourable. / Voilà que brille pour moi au loin la main consolatrice ; / Alors seulement j’apprends que Dieu seul / Doit être le meilleur ami des hommes.
Fa dièse mineur (fis) 106 mesures, C et 6/8
BG XXVIII. Pages 239-246
NEUMANN. Forme de quatuor. Baß, Oboe d’amore, I + II, Violine, Baß, B.c. Tient de la forme du rondo.
SCHMIEDER. Basso ; Oboe d’amore I, II ; Viol. ; Continuo
Structures. Construction en forme de rondo. A, B, C, c, a, b, a, b
Prélude instrumental. Mesures 1-13
A. Développement vocal, mesures 13-26 sur « Das unglück schlägt…zentnerschweres Band ». Pocco allégro en rythme pointé
B. B. Développement vocal, mesures 27 à 37, vivace à 6/8, « Doch plötzlich erschienet… Hand ».
C. Long mélisme (52 notes) sur le mot « Helfende - secourable » aux mesures 32 à 35
D. Interlude instrumental aux mesures 37 à 39, à C
E. C. Développement vocal, andante, aux mesures 40 à 45 sur « Mir scheint…muß sein »
F. Interlude instrumental, vivace, aux mesures 46 à 51
G. Développement vocal c, andante, aux mesures 51 à 57 sur « Mir scheint…Da lern ich erst, daß Gott allein / Der Menschen bester Freund muß sein »
Interlude instrumental, vivace, mesures 58 à 69
Développement vocal a, mesures 70 à 84 sur « Das Unglück schlägt …zentnerschweres Band »
Développement vocal b, vivace à 6/8, aux mesures 84 à 88 sur « Doch plötzlich… die helfende Hand ! »
Développement vocal a, poco allegro, aux mesures 89 à 92 sur « Das unglück schlägt… ein zetnerschweres Band »
Développement vocal b, vivace, 6/8, aux mesures 93 à 103, sur « Doch plötzlich… die helfende Hand »
Long mélisme (tenue de 51 notes en 5 mesures sur « Helfende ».
Postlude instrumental, poco allegro, mesures 103 à 106, mesures à C
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 366]: «…Mérite également une particulière attention l’aria de la basse, qui se présente sous la forme d’un rondeau, avec une dizaine de changement de tempo (en alternant en général andante et vivace) et quelques changements de mesure (passant du 4/4 au 6/8 et réciproquement. [Page 839, note 2]: « l’utilisation d’un violoncello piccolo est probable dans BWV 139/4 ».
BLANKENBURG: «…distribution en quatuor dont les nombreuses subdivisions tiennent compte du texte ».
BOMBA: «…Cet air contient également des images musicales claires. Le malheur « unglück » et les liens accablants « Zentnerschweres » frappent et renferment sous forme d’un rythme de base pointé et chargé jusqu’à ce que des motifs en triples accords et des rythmes triples laissent paraître soudainement la main secourable « helfende Hand » ; « Des Trostes Licht -la lumière du réconfort » est caractérisée par une mélodie cantabile. Le deuxième registre instrumental contraint est repris ici par les hautbois »..
DÜRR: «…figuration en symétrie avec le mouvement [2]. Un da capo de forme complexe avec opposition contrastée entre les sections A (allegro), B (vivace sur « helfende Hand »), C (andante)
GOJOWY : «…Le langage dans les cantates de Bach. [Citation de l’ouvrage d’Arthur Henkel et Albrecht Schöne : Emblématique et drame à l’époque baroque. Stuttgart 1967]…Le genre de l’emblème : …Bien des éléments qui nous paraissent obscurs, alambiqués et énigmatiques dans les images poétiques des textes des cantates de Bach peuvent s’expliquer de la sorte, comme allusion à des emblèmes qui ne sont plus connues de nous…Exemple dans la section 4: « Le malheur m’enveloppe de toutes parts / Des fers les plus lourds. / Mais soudain surgit la main secourable, / M’apparaît de loin la lumière de la consolation ». Qu’est-ce qui a pu pousser l’adaptateur du texte à une image aussi concrète que les fers très lourds (littéralement: pesant des quintaux) qui enserrent de toutes parts, qu’est-ce qui l’a incité à faire surgir une main secourable « …Die helfende Hand » dans le troisième vers, spécialement mis en valeur par le changement métrique ? Que l’on compare à cet effet l’estampe (illustration 1) [reproduite à la page 12 de la notice du volume Teldec 11] de Michael Heer, emblème lui aussi destiné au 23e dimanche après la Trinité et provenant de la collection « Sacra Emblemata » [livre d’emblèmes]du prédicateur Johann Mannich, Nuremberg 1624… cette collection (classée dans l’ordre de l’année liturgique) offre pour chacun des dimanches ou jour de fête une de ces estampes présentant avec l’Évangile du jour en question des rapports symboliques plus ou moins directs… la poésie d’accompagnement de Mannich jette un pont entre l’image et l’Évangile, en recourant une fois de plus à des commentaires renvoyant à des passages de l’Écriture de sens voisin [l’estampe renvoie ici au psaume 129/5 [PBJ 925] : « Qu’ils soient tous confondus, repoussés, les ennemis de Sion »].
HALBREICH: «…La partie de violon telle que nous la possédons est de la plume d’Altnikol (vers 1744), Bach ayant probablement prévu un violoncelle piccolo. Cet air de basse, d’une forme imbriquée particulièrement complexe, avec ses changements de mesures et de tempo reflétant de brusques contrastes psychologiques des paroles (les coups du malheur…), constitue assurément le moment essentiel de cette œuvre ».
HOFMANN : «…L’air de basse est malheureusement également touché [comme l’air n° 2] par cette perte [partie originale] dans une mesure différente. Ici aussi, la ligne vocale est accompagnée, à l’exception du continuo, par deux parties instrumentales. L’une d’elle est tenue par les hautbois d’amour I et II, l’autre étant, selon les sources existantes, tenue par le violon bien que ces parties ne datent non pas de la création de 1724 mais d’une reprise qui a eu lieu vingt ans plus tard. C’est pourquoi le violon remplace ici manifestement un instrument qui n’est plus disponible, probablement un violoncelle piccolo, un instrument au registre médium et qui devait sonner en 1724 une octave plus bas que la partie notée plus tard pour le violon. D’un point de vue compositionnel, l’air présente un aspect inhabituel, tant dans l’invention thématique qu’au niveau formel. L’aménagement thématique de chacune dtrois parties instrumentales est particulièrement frappant : manifestement, il s’agit ici d’une image musicale représentant comment « le malheur frappe les humains de tous côtés ». Le hautbois dévide sa « chaîne - Band » dans une alternance de notes en valeur longue avec d’autres très rapides pendant que la seconde partie instrumentale joue en revanche des accords brisés bien étendus et que le continuo expose un rythme en valeurs pointées. La construction formelle de l’air est caractérisée par de multiples changements de tempos et d’expressions qui suivent le contenu du texte et le changements d’affects aux mots-clés de « unglück - malheur », « plötzliche Hilfe - secours soudain » et de « Trost - consolation ».
PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l‘accompagnement instrumental, pages 150]: «…le compositeur représente cet enlacement des liens autour du captif, par deux figures d’orchestre qui se combinent et dont chacune correspond déjà, à elle seule, à l’image d’enveloppement qu’elle concourt à exprimer ». [+ Exemple musical, BG XXVIII, page 239].
[Les formes, page 310]: « Dans l’air de basse, à l’idée du secours divin, correspond, après la mélodie accablée du commencement, une phrase rapide mêlée d’arpèges clairs [BG XXVIII, page 239]. Renvoi à la cantate BWV 127 [BG XXVI, page 154].
ROMIJN: «…aria de basse d’une rare imagination. Les lourds liens que l’infortune noue autour des hommes sont représentés de rythmes pesants, donnés autant à la voix qu’aux instruments, tandis que la lumière distante apparaît dans les longs passages virtuoses et joyeux, subitement plus rapides ».
SCHUHMACHER: «…effet frappant découlant des figures pointées (battements) aux instruments et de l’éloquente mélodie de la basse, qui se voient alors remplacés par « la main secourable » apparaissant soudain « vivace ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach - Le musicien-poète- Le langage musical des cantates, page 258]: «...La hardiesse avec laquelle il [Bach] oppose deux thèmes estimant qu’ils s’expliqueront mutuellement, va parfois jusqu’à l’extrême… Dans la cantate BWV 139 où il s’agit de représenter le texte suivant : « Le malheur m’enveloppe de toutes parts, comme d’une pesante ceinture ; mais tout à coup paraît la main qui me délivre », la première phrase est traduite par un thème qui décrit le mot « envelopper »n, la seconde par un autre qui illustre le mot « délivrer ». [+ Exemple musical] ». |
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5] REZITATIV SOPRAN. BWV 139/5 |
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JA, TRAG ICH GLEICH DEN GRÖßTEN FEIND IN MIR, / DIE SCHWERE LAST DER SÜNDEN, / MEIN HEILAND LÄßT MICH RUHE FINDEN, / ICH GEBE GOTT, WAS GOTTES IST, / DAS INNERSTE DER SEELEN, / WILL ER SIE NUN ERWÄHLEN / SO WEICHT DER SÜNDEN SCHULD, SO FÄLLT DES SATANS LIST.
Oui, même si j’abrite en moi le plus grand des ennemis, / Le lourd fardeau des péchés, / Mon Sauveur me fait trouver le repos. / Je donne à Dieu ce qui est à Dieu, / Le plus profond de l’âme. / S’il consent à faire d’elle son élue, / L’offense des péchés s’évanouit, la ruse de Satan est vaincue.
Ut dièse mineur (cis) – Mi majeur (E), 10 mesures, 4/4
BG XXVIII. Page 247
NEUMANN. Sopran, Streicher, B.c. Instrumenté et secco.
SCHMIEDER. Sopr.; Viol. I, II; Vla.; Cont.
BLANKENBURG: «…ce n’est pas ici un pur « secco » mais un « accompagnato » entièrement instrumenté ».
BOMBA: «…accompagnement festif des cordes…»
PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, page 61]: «…On rencontre fréquemment chez Bach des thèmes issus de ce grand motif de détresse. Des mouvements ascendants de septième… l’âpre motif surgit, toujours reconnaissable quand le texte fait allusion aux douleurs de la vie… quand, « le fardeau pesant de nos fautes » nous est rappelé (sur « Die schwere Last der Sünden – le lourd fardeau des péchés »… tendance au réalisme et modulation irrégulière d’une voix que l’émotion désaccorde soudain…» [+ Exemple musical, BG XXVIII, page 247]. Renvois aux cantates BWV 73 et 130.
ROMIJN: «…Dieu fera échouer les sombres machinations de Satan, par la voix de la soprano… Comme l’on peut le deviner, les noirs desseins du malin sont représentés par de sombres lignes descendantes…» |
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6] Vers 5. CHORAL. BWV 139/6 |
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Stollen I : DAHERO TROTZ DER HÖLLEN HEER ! / TROTZ AUCH DES TODES RACHEN ! // Stollen 2 : TROTZ ALLER WELT ! MICH KANN NICHT MEHR / IHR POCHEN TRAURIG MACHEN ! // Abgesang : GOTT IST MEIN SCHUTZ, MEIN HILF UND RAT ; / WOHL DEM, DER GOTT ZUM FREUNDE HAT !
C’est pourquoi il faut défier l’armée infernale ! / Défier aussi l’autre de la mort ! / Défier le monde entier ! Ses coups / Ne peuvent plus m’attrister ! / Dieu est mon refuge, mon secours et mon conseil ; / Heureux celui qui a Dieu pour ami !
Mi majeur (E), 12 mesures, 4/4
BG XXVIII. Page 248
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Ensemble instrumental
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Cont. (Oboe d’amore I, II, Viol. I col Soprr. ; Viol. II coll’ Alto ; Vla. Col Ten.
BLANKENBURG: «…sobre choral dont la mélodie est exécutée par l’ensemble des instruments ».
BOYER [Les mélodies des chorals dans les cantates... pages 249-250]: «…Mélodie de choral 069, de type I, simplement harmonisée avec instruments colla parte...»
DÜRR : «…Simple choral à quatre parties ». |
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BIBLIOGRAPHIE BWV 139 |
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*Ouvrage non consulté
BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG. Notice de James Leonhard
Braatz, Thomas. Provenance & Commentary. 11 novembre 2002
Crouch, Simon (1996-1998). Notice
Leonard, James. Notice dans “AMG”
Oron, Aryeh: Discussions 1] 3 novembre 2002 - 2] 29 octobre 2006. Discographie comparée
Texte du choral Wohl dem, der sich auf seinen Gott
Mélodie du choral Machs mit mir, Gott, nach deiner Güt
AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont): The new translation of cantata texts. Hänssler/ Rilling. Série verte (volume 58).Ca 1980
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 159
Vol. 2 (1985): pages 253, 337, 351, 365-366, 839
BLANKENBURG, Walter: Notice du coffret V. K. Richter. 1979
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 43]. 1999
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 363
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 249-251
*BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 44- 309, 310
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 237, 238, 239
CANTAGREL, Gilles: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Page 280
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 511-514
*DÜRR, Alfred: 20] Verstümmelt überlieferte Arien aus Kantaten J. S. Bachs., in BJ 1960, pages 28-42
EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg.
EKG n° 321. Le cantique Machs mit mir, Gott, nach deiner Gut
GOJOWY, Detlef: Le langage dans les cantates de Bach (planches emblématiques). Teldec, volume 11, page 6. 24e dimanche après la Trinité
HALBREICH, Harry : Critique de la version Karl Richter. 1979. Harmonie n° 148, juin 1979 (1er enregistrement mondial)
HARNONCOURT, Nikolaus: Notice in volume 34
HELMS, Marianne: Notice de l’enregistrement Hänssler Verlag Laudate 98713. 1980. En collaboration avec Arthur Hirsch
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HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 33, 57, 118
Notice de l’enregistrement Hänssler Verlag Laudate 98713. 1980. En collaboration avec Marianne Helms
HOFMANN, Klaus: Notice de l’enregistrement Suzuki (volume 28). 2005
LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Page 91
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NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs.VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Page 157
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PBJ = Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 179
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*RICHTER, Bernhard Friedrich 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. BJ 1906
ROMIJN, Clemens: Notice (CD), III, page 67. Enregistrement de J. P. Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973: pages 187-188. Page 364 (Markuspassion BWV 247) - Page 395 (BWV 377)
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Wustmann - Wolf - Terry - Schering - Neumann
BJ: 1904, 1906, 1915, 1932. Bach Fest (programme 1937)
SCHUHMACHER, Gerhard: Notice du coffret Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Vol. 34]. 1983
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Pages 204, 258
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 90-92
(Datation entre 1735-1744 et très brèves citations)
SUZUKI, Masaaki: Note de la production. Voir ice CD, volume 28. 2005
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985. Volume 2, pages 310, 461-466
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. CD Erato et Challenge Classics"
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages265-266
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 97, page 174
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005 |
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DISCOGRAPHIE BWV 139 |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (16’40). Harnoncourt (18’39). Koopman (17’11).Leusink (18’24). Neumann (23‘). Richter (19’30). Rilling (19’21). Suzuki (17’42)
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR].
7 références (septembre 2002 - octobre 2006) + 3 mouvements individuels (septembre 2002 - juillet 2006)
4] GARDINER. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Décembre 1998
Dans la 2e section partie du 2e violon réalisée par Robert Levin
CD Archiv, vol. 7. 463586-2 (AH). (1998- 2000), avec BWV 16 et 98
3] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Leitung Schmitt-Gaden. Concentus Musicus Wien. 1983 [disque paru avant le vol. 33 de 1984]
Disque (F) Teldec 6.35608-00-501-503 (SKW 34/1-2). Das Kantatenwerk.Volume 34
CD (D). Das Kantatenwerk - Sacred cantatas. Volume 8. 1983
CD (F). Teldec 242619-2 ZL Das Kantatenwerk. Volume 34. 1983
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et l’intégrale (en disques séparés), par Warner Classics 2007
5] KOOPMAN [Vol. 11]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1999
CD Erato 8573 80215-2 et reprise CD Challenge. Antoine Marchand 2003. Avec BWV 47 et 7
6] LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Novembre- décembre 1999.
CD Bach Edition 2000. CD Brilliant Classics Vol. 11 - Cantatas Vol. 5
Reprise CD Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics III / 93102/25-71. Avec les cantates BWV 26, 164
1] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. E. Mathis. München, Herkules-Saal, 22/10/1977 –3/4 et 5/3 – 4/5/ 1978
Disque Archiv Produktion [Vol. V] 2722 030/2564 176. Coffret de 6 disques
CD Archiv Produktion, Vol. V. 439397-2. 1994. Sonntage nach Trinitatis II. Coffret de 26 CD. Avec BWV 115, 60, 26
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Octobre 1979 – avril 1980
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98713. Avec BWV 26.
CD. Die Bach Kantate [Vol. 58]. Hänssler Classic. Laudate 98.820. 1992. Avec BWV 163, 116
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 43] Hänssler-Verlag 92.043. 1999
7] SUZUKI [Vol. 28]. Bach Collegium Japan. Mars 2004
CD BIS-SACD-1451. En France, septembre 2005. Avec BWV 62, 26, 116
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 139
M-1. Mvts. 1 et 6]. Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950, début des années 1960
Disque Baroque Music Club. Reprise en CD
M-2. Mvt. 2]. Fabio Biondi (direction et violon). Ténor : Ian Bostridge. Parme (I), mars 2000. CD Virgin Veritas
M-3. Mvt. 6]. Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Solistes des Freiburger Barockorchester
CD Brilliant Classics Bach Edition 2000. Vol. 17. Vocal Works vol. II. / Bayer Records. Juin 1999
Reprise CD Bach Edition 2006 (Nordic Chamber Choir devenu Chamber Choir of Europe).
Brilliant Classics. Vocal Works, IV / 93102/28-134 CD 1577 |
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Contributed by Claude Role (April 2008) |
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