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Cantata BWV 113
Herr Jesu Christ, du höchstes Gut

Commentary in French

KANTATE ZUM ELFTEN SONNTAG NACH TRINITATIS
(Dominica 11 post Trinitatis ou 11e dimanche après la Trinité)
Leipzig, 20 août 1724

Contenu

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Sauf les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (1850-1899).
BGA = Bach Gesellschaft Ausgabe, ou édition d’ensemble (Gesamtausgabe) des œuvres de Bach à partir de 1851
Bj = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ».

 

DATATION BWV 113

Leipzig, le dimanche 20 août 1724. 2. Jahrgang - Choral-Kantaten

DÜRR: A établi la datation de 1724. On suppose d’autres exécutions mais rien n’est venu le confirmer
HIRSCH: 20 août 1723. Classée CN 87 (Die chronologisch Nummer)
Chronologie:
BWV 107 (23 juillet 1724) - BWV 178 (30 juillet 1724) - BWV 94 (6 août 1724) - BWV 101 (13 août 1724) - BWV 113 - On ignore qu’elle fut la cantate exécutée à la suite pour la célébration traditionnelle du culte pour l’élection du nouveau Conseil municipal de la ville de Leipzig - BWV 33 (3 septembre 1724) - BWV 78 (10 septembre 1724) - BWV 99 (17 septembre 1724)
SCHMIEDER: Ancienne datation, ca 1735-1744
SCHWEITZER: Cantate écrite après 1734
SPITTA: Dans son ouvrage monumental, il ne s’est pas attardé sur cette cantate qu’il a datée pour la période allant de 1735 à 1744.

 

SOURCES BWV 113

ORIGINALPARTITUR
P Rudorff. USA. Privatbesitz (Archives privées). Cette source, empruntée à Werner Neumann, Handbuch der Kantaten, n’était visiblement pas à jour quand son ouvrage fut publié pour la première fois en 1947 et même réédité en 1971.
Trois paquets de douze feuillets séparés avec une couverture dont le titre a été rédigé par Anna Magdalena Bach (Schmieder)
La cantate faisait partie de l’héritage de Wilhelm Friedmann Bach et ce fut le conseiller de
Berlin, Carl Philipp Pistor (Berlin) qui en fit l’acquisition (après 1784). Elle passa chez le collectionneur Adolf Rudorff puis au fils de ce dernier, Ernst Ruddorf (Berlin 1840-1916), pianiste, compositeur et chef d’orchestre. A sa mort, les collections furent dispersées et l’autographe de la cantate BWV 113 échut à la Musikbibliothek Peters de Leipzig. Après la deuxième guerre mondiale, on retrouve la partition à New York (peut-être dans la succursale de Peters de cette ville ?) Selon Thomas Braatz (BCW / Provenance), elle serait depuis 1982 retournée Allemagne de l’Ouest (West Germany) et de nos jours (ca 2002-2008) elle serait « prêtée » à l’International Bachakademie de Stuttgart (D)
[Le professeur Ernst Rudorff possédait également les partitions des cantates BWV 2, 5, 20 et 114].
BGA (1876): La partition originale est en possession du professeur Ernst Rudorff à
Berlin. Filigrane = un aigle
Titre en haut de la première partie: J. J. Concerto Doica 11 post Trinit. Herr Jesu Christ du höchstes Gut
Titre de la couverture: « Domin : 11 post Trinit : Herr Jesu Christ du höchtes Guth (sic) / à 4 Vocibus / Flaut : Travers. / 2 Hautbois / 2 Violini / Viola / e / Continuo / di Segn : / J. S. Bach. »
HERZ: le filigrane représente un aigle et un cor de chasse

ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues. Elles devaient être (Braatz / BCW) à la Bibliothèque de l’École Saint-Thomas mais ont disparu. Mendelssohn l’avait constaté lors de ses recherches en 1841.

ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 961 M. Staatsbibliothek zu
Berlin Preußicher Kultur Besitz.
Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (West Germany) puis
Berlin-Dahlem
P 1034 M. Staatsbibliothek zu
Berlin Preußicher Kultur Besitz.
Anciennement à la Marburg, Staatsbibliothek (West Germany) puis
Berlin-Dahlem

BASSO [Tome I, page 60]: Copie faisant partie des 27 cantates rédigées par Christoph, Friedrich Penzel et datée du 29 juillet 1755. Christian Friedrich Penzel (1737-1801). « Thomasien » et ultérieur cantor de Mersebourg, Voir Teldec [Vol. 38, BWV 157]
Une reprise éventuelle de l’œuvre vers cette date non prouvée
BGA (1876): Deux copies sont conservées, la première à l’école Saint-Thomas de
Leipzig, la seconde est la propriété du Docteur Wilhelm Rust à Berlin [cette notice a été évidemment rédigée vers 1874-1876, date de l’édition]. Filigrane IWI ou IMI

ÉDITIONS
BACH-GESELLSCHAFT. BG.
Jg. XXIV, 51-80. Avec BWV 111-120. Révision et commentaires d’Alfred Dörffel, novembre 1876.
[On présume que la partition originale conservée par Ernst Ruddorf a pu servi à l’établissement de l’édition pour le compte de la BG.,
Philipp Spitta, ami du propriétaire de l’autographe, n’a-t-il pas servi d’intermédiaire ?]
Partition BG dans le coffret Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 28]

NEUE BACH AUSGABE. NBA.
KANTATEN SERIE I/ BAND 20. KANTATEN ZUM 11 UND 12 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5059. 1986.
BWV 113. Pages 81-116. Bl 2r der autographen Partitur. Privatbesitz USA.
Avec
BWV 199, BWV 179, BWV 69a, BWV 137, BWV 35
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5059 41. 1985. Ernest May: BWV 113

AUTRES ÉDITIONS
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2963
Orchestre, voix, orge et clavier (révision M. Seiffert) OB 2131 et
Réduction. Chœur 2065
BCW: Réduction chant et piano. 34 pages
Exemples musicaux

 

PÉRICOPE BWV 113

11e dimanche après la Trinité
Épître: I Corinthiens 15, 1-10 [PBJ 1704]. Paul. Le fait de la résurrection
Évangile: Luc 18, 9-14 [PBJ 1569]. La parabole du Pharisien et du Publicain: « Car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé ».

MISSEL ROMAIN. Les lectures du 10e dimanche après la Pentecôte ne correspondent pas à celle faites dans EKG, le 11e dimanche après la Trinité, sauf à l’Épître.
Épître: I Corinthiens 15, 1-10 [PBJ 1704]. L’épître rla grâce pascale à laquelle nous avons eu part
Évangile: Marc 7, 31-37 [PBJ 1515]. Guérison d’un sourd-bègue… Ephphatha… ouvre-toi»

EKG. 11e dimanche après la Trinité
Entrée: 1 Pierre 5, 5 [PBJ 1785]. Dieu résiste aux orgueilleux mais c’est aux humbles qu’il donne sa grâce
Psaume 113 [PBJ 910]. Louange à Yahvé, Dieu des humbles
Cantique EKG 195. Paraphrase du psaume 130: Aus Tiefer Not schrei ich zu dir. Luther, 1524
Épître: I Corinthiens 15, 1-10 [PBJ 1704]
Évangile: Luc 18, 9-14 [PBJ 1569]
Pour la même occurrence, le 11e dimanche 1723, BWV 179 et BWV 199 (jouées le même jour), à Saint-Nicolas et à Saint-Thomas ?
Pour l’année 1725, pas de cantate connue. En 1726, le 11e dimanche tombe le 1er septembre et il semble que Bach ait fait jouer une cantate de Johann Ludwig Bach, (JLB 15), Durch sein Erkenntnist

 

TEXTE BWV 113

Auteur inconnu. Selon Thomas Braatz (BCW) relayant les travaux de Harald Streck (ca 1970), certains parallèles et le style peuvent évoquer (sans certitude) le style de Salomo Franck. Claus Hofmann avance le nom du pasteur Andreas Stübel (1653-1725)
1] Bartholomäus Ringwaldt (1588). Première strophe du cantique.
2] Bartholomäus Ringwaldt (1588). Strophe deuxième du cantique.
3] Librettiste inconnu. Citation littérale de la première ligne de la troisième strophe et paraphrase d’un librettiste inconnu..
4] Bartholomäus Ringwaldt (1588) + librettiste inconnu.
Plusieurs citations littérales des lignes du cantique (strophe 4)
5] Librettiste inconnu. Renvoi à Matthieu 9, 2 [BJ 1466]. Confiance mon enfant, tes péchés sont remis…
Luc 15, 2 [PBJ 1564]. Cependant les publicains et les pécheurs s’approchaient tous de lui [Jésus] pour l’entendre. Et les pharisiens et les scribes de murmurer...
Luc 7, 48 [PBJ 1548]. La pécheresse pardonnée: Tes péchés sont remis...
Psaume 32, 6 [PBJ 828]. Et toi, tu as absous mon péché, pardonné ma faute...
6] Librettiste inconnu.
Renvois à Matthieu 11, 28 [PBJ 1471]. Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi je vous soulagerai...
- Luc 18, 13 [PBJ 1569] - 2 Samuel 12, 13 [PBJ 412], Chroniques 33, 12-13[PBJ 591].
7] Librettiste inconnu. Citation et paraphrase du texte du choral
8] Bartholomäus Ringwaldt (1588). Verset 8 littéralement. EKG 167/8
Ringwaldt, Bartholomäus. Pasteur de l’église luthérienne né à Francfort-sur-Oder le 28 novembre 1530 (ou 1532). Mort en 1599 à Langfeld, Brandenburg. (D).

BCW: Le cantique de pénitence Herr Jesu Christ, du höchstes Gut. Huit strophes. Texte et mélodie (?) de Bartholomäus Ringwaldt (1588).
Renvois (texte et mélodie) à BWV 131/2, 131/4, 168/6 et BWV 334
BCW: « Chorale Melodies ». On retrouve ce cantique dans le Harmonia hymnorum Scholae Gorlicii (Görlitz 1585-1587), un « Hymnale, Dresde (1593) ; Gotha Hymnal (1715) que Bach a du connaître.
Utilisations variées par Samuel Scheidt (ca 1650), Johann Pachelbel (texte modifié),Johann Ludwig Krebs, Gottfried August Homilius, Georg Philipp Telemann, etc..
BOMBA: « …En ce qui concerne la cantate-choral [BWV 113], il existe une relation particulière et étroite, ayant ainsi une fonction d’exemple, entre l’Évangile, le choral et le texte de la cantate. Le 11e dimanche après la Trinité, on lisait la parabole connue du pharisien et du publicain (Luc 18, 9-14) au temple où l’on conçoit sa prière en tant que justification de sa propre personne et l’autre en tant que simple demande de grâce, Jésus demande lequel d’entre les deux [le publicain et le pharisien] devait être considéré comme le plus juste. Le choral… a été choisi là car le texte prend bien sûr parti pour le pénitent - celui qui s’abaisse-. Le rapport entre le péché et la grâce est traité en détail. Le lien avec le choral reste cependant constant. Ainsi le texte des mouvements trois et quatre commence par un vers choral… »
HIRSCH: Classement B 4 (Bach ?)
HOFMANN: «… Le texte du choral s’accorde remarquablement bien avec l’évangile dominicale: il souligne en quelque sorte les mots « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! » dit le publicain et se sert de lui pour représenter l’attitude du pécheur repentant. Le librettiste de Bach (vraisemblablement l’ancien recteur de l’École Saint-Thomas de
Leipzig, Andreas Stübel 1653-1725) a transformé les huit strophes du choral luthérien ».
LYON: « Le cantique de pénitence ou de confession « Lied von der christlichen Kirche oder Bußlied »… un bon cantique pour le pardon des péchés… »

 

GÉNÉRALITÉS BWV 113

Titre « Concerto » [Cantate choral]. Exemple « emblématique » de cantate choral
HALBREICH: « Cette partition en huit morceaux présente plusieurs aspects très originaux… »
ROMIJN: « …c’est la mélodie de base qui donne son titre à l’ouvrage et est utilisée à divers degrés, dans rien moins que quatre mouvements… »
WOLFF: « La cantate repose sur le choral homonyme de Bartholomäus Ringwaldt, publié dans un livre de chant en 1588 ». .

 

DISTRIBUTION BWV 113

NEUMANN: Sopran, Alt, Tenor, Baß. Chor. Querflöte, Oboe (d’amore) I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instruments : Flauto trav. Oboe [d’amore] I, II; Viol. I, II; Vla.; Cont.

 

APERÇU BWV 113

1] CHORALCHORSATZ. BWV 113/1

HERR JESU CHRIST, DU HÖCHSTES GUT, / DU BRUNNQUELL ALLER GNADEN, / SIEH DOCH, WIE ICH IN MEINEM MUT / MIT SCHMERZEN BIN BELADEN / UND IN MIR HAB DER PFEILE VIEL, / DIE IM GEWISSEN OHNE ZIEL / MICH ARMEN SÜNDER DRÜCKEN.
Seigneur Jésus-Christ, bien suprême, / Source de toutes grâces / Vois donc comme dans mon courage / Je suis accablé de douleurs / Et combien j’ai en moi de flèches / Qui oppriment le pauvre pécheur / Qu’en conscience je suis sans le vouloir.

BGA, pages 51-58. Si mineur (h), 3/4, 87 mesures
NEUMANN: Chor, Oboe I, II, cordes, Basso continuo. Parties instrumentales indépendantes avec violon I concertant et ritournelles instrumentales encastrées
SCHMIEDER. Chor: Sopr., Alto, Ten., Basso; Ob. I, II; Viol. I, II.; Cont. Cantus firmus au Soprano

BASSO [Tome II, page 351] : « …Un certain ton humble, reflétant pénitence et modestie, semble se dégager des deux premiers morceaux de la cantate, dont le premier voit le choral entonné en style simple, ne concédant ni ornements ni imitations dans le jeu des parties vocales, cependant qu’un solide discours instrumental se décante également avec l’intervention, en tant qu’instrument concertant, du violon I… »
BOMBA: «… des mouvements gestiques semblables [comme dans les sections 6 et 7], moins dans la partie vocale homophone tenue vers après vers par le choral, que dans le mouvement instrumental. Certes le motif des hautbois d’amour imite le premier vers du choral, mais ne devrait-on pas percevoir dans les motifs de gémissement, qui se plaint constamment vers le bas, et dans l’agitation continuelle des violons, le comportement du pécheur qui prie Dieu de lui accorder sa grâce ? »
BOYER [Les Cantates sacrées, pages 236-237]: Mélodie de choral 042. « La cantate sur Mélodie de choral (MDC) est intéressante car il n’est guère de morceau en elle qui ne cite l’incipit de la mélodie de choral ; il en résulte une grande unité qui fait un peu oublier le texte même de la cantate peu propice aux affects ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates. Pages 190-194]. Dans le premier mouvement, Mélodie de choral 042 de type II = choral incrusté. Placé généralement en début de cantate, le cantus firmus est confié à l’une des voix du chœur [ici le soprano], les trois autres parties vocales sont en situations harmoniques imitatives ou libres. L’orchestre déroule une ritournelle continue tandis que les versets sont exposés de manière discontinue, entrecoupés par des pauses où seul intervient l’orchestre ».
HALBREICH: « Un premier chœur bref, purement lyrique et mélodique, le cantus firmus assez orné aux sopranos étant simplement harmonisé par les autres voix, tandis que l’orchestre possède son matériau propre, doubles-croches constantes des violons, rythmes pointés des hautbois et basses ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 64]: Le chiffre 87 (ici le mouvement possède 87 mesures), correspond à la somme numérique du mot « Trost » la foi (19 + 17 + 14 + 18 + 19].
HOFMANN: «…le mouvement initiest empreint dès la première mesure d’une atmosphère de tristesse plaintive évoquée dès la première strophe du livret. Les deux hautbois d’amour « soupirent » une mélodie qui semble faite de reproches, reprenant la tête du cantus firmus du choral. De leur côté, les cordes jouent avec retenue des motifs vifs, une allusion à l’espoir. Le chœur est ici très sobrement présente, de façon homophonique et simple, un peu comme les chorals conclusifs des autres cantates, et ce n’est qu’à la fin que la mélodie est ornée. Mentionnons une particularité: le choral est présenté ici non pas dans une mesure à quatre noires, comme c’est l’habitude mais plutôt dans une mesure à trois noires ce qui lui confère, malgré le sérieux de l’atmosphère, une certaine souplesse et un soupçon de gaieté, une allusion à l’espoir de consolation et de pardon ».
LABIE [pages 584]: A propos de l’Ode funèbre de Haendel (ca 1737) dont le premier thème, repose sur le même cantique que celui utilisé par Bach dans sa cantate BWV 113, ressemblance ne posant aucun problème puisque la mélodie fait bien partie de la tradition luthérienne connue par les deux musiciens.
LEMAÎTRE : « …le chœur d’ouverture fait entendre les sept section du choral de façon homophone… »
SCHREIER: « …les développements des lignes du choral ne sont accompagnés que par les violons, sauf dans la 7e ligne… »
WHITTAKER: « A la 5e ligne, un saut d’octave de la basse sur le mot « Pfeile / flèches ».

2] CHORALBEARBEUTUNG ALT. BWV 113/2

ERBARM DICH MEIN IN SOLCHER LAST, / NIMM SIE AUS MEINEM HERZEN, / DIEWEIL DU SIE GEBÜßET HAST / AM HOLZ MIT TODESSCHMERZEN, / AUF DAß ICH NICHT FÜR GROßEM WEH / IN MEINEM SÜNDEN UNTERGEH, / NOCH EWIGLICH VERZAGE.
Aie pitié de moi, qu’écrase un tel fardeau, / Retire-le de mon cœur / Puisque tu l’as expié / Sur la croix par ton agonie / Afin que je ne périsse pas d’extrême douleur / Dans mes péchés / Et que je ne désespère pas non plus éternellement.

BGA, pages 59-61. Fa dièse (fis), C, 84 mesures
NEUMANN: en forme de trio Violons, Alto (cantus firmus) et B.C. Le thème du choral est dans les instruments
SCHMIEDER: Alto, Viol. All’ unis. Cont.

BASSO [Tome II, page 351]: « …le morceau [2] présente lui aussi [comme dans 1] le choral sous son aspect mélodique original, confié ici au contralto et contenu entre les violons à l’unisson et le continuo… »
BOMBA: « …la communauté des auditeurs demande grâce et miséricorde dans une deuxième strophe du choral... Bach attribue ici l’interprétation du choral à la voix d’alto et complète le mouvement en trio que l’on pourrait également se représenter sous forme de choral d’orgue, en réunissant les violons à l’unisson qui jouent des motifs montrant toujours vers les profondeurs « In meiner Sünden untergeh / Que je ne périsse pas
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates. Pages 190-194]: « En numéro 2, la seconde strophe est une élaboration bien différente [de I]. Le choral en valeurs longues est confié à l’alto (ou aux alti seules) inséré dans une double partie instrumentale, violons à l’unisson au superius, continuo dans la basse. Il s’agit donc d’une élaboration de type VI, l’écriture est du type trio et pourrait, comme dans le cas des six chorals Schübler, être facilement transcrite pour l’orgue ».
DÜRR: Manière de trio-choral dans le style des chorals Schübler
HALBREICH: « Choral en trio (mélodie aux contraltos du chœur, contrepoints aux violons à l’unisson et à la basse) tout à fait semblable aux pièces transcrites dans le recueil des Schübler, où il aurait pu fort bien figurer. Les dessins descendants des violons symbolisent l’accablement du pécheur ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 63]: le chiffre « 84 » (ici le nombre de mesures du mouvement). C’est le produit de « la foi que multiplie l’Eglise », soit 7 x 12 ».
HOFMANN: «…Ce mouvement suit le modèle d’un choral pour orgue à trois voix, pour deux manuels et pédalier, un peu à la manière des chorals Schübler: le cantus firmus se trouve à l’alto, une ligne thématiquement indépendante se trouve au-dessus jouée par les violons alors que la basse appropriée accompagne et encadre le choral récité ligne par ligne. Ces trois voix forment un mouvement thématiquement indépendant. Son motif principal, un intervalle de quarte descendant progressivement n’est pas aussi détaché de la mélodie du chœur qu’on pourrait le croire à une première écoute… »
ROMIJN: «…La même mélodie [que dans 1] passe à l’alto, sans aucune transformation, même si elle est fréquemment interrompue par des refrains instrumentaux présentant des motifs descendants. Certains commentateurs ont vu dans ces gammes descendantes l’illustration quasiment visuelle des mots « wer sich selbst erniedrigt » « il s’est abaissé lui-même [citation de l’Évangile mais un texte qui n’est pas littéralement dans celui de la cantate].
WHITTAKER: « la mélodie est à l’alto. Forme de trio… »

3] ARIE BAß. BWV 113/3

FÜRWAHR, WENN MIR DAS KÖMMET EIN [citation du début de la 3e strophe du cantique], / DAß ICH NICHT RECHT VOR GOTT GEWANDELT / UND TÄGLICH WIDER IHM MIßHANDELT, / SO QUÄLT MICH ZITTERN FURCHT UND PEIN. / ICH WEIß, DAß MIR DAS HERZE BRÄCHE [W. Neumann, partition originale « Herz zerbräche »], / WENN MIR DEIN WORT NICHT TROST VERSPRÄCHE.
Certes, lorsque je m’avise / Que je ne me comporte pas comme il faut aux yeux de Dieu / Et que chaque jour je commets à son égard de graves manquements, / Angoisse, crainte et tourments alors me torturent / Je sais que mon cœur se briserait / Si ta parole ne me promettait pas consolation.

BGA, pages 62-66. La majeur (A), 12/8, 48 mesures. Forme « Trio sonate »
NEUMANN: forme quatuor. Oboe d’amore I, II, Baß, B.c. Air bipartite avec ritournelles instrumentales
SCHMIEDER: Basso, Oboe d’amore I, II ; Cont.

BASSO [Tome II, page 351]: «…superbe est l’aria de basse, bipartite avec deux hautbois d’amour qui exploitent l’ondulante mesure à 12/8… »
DÜRR: « chromatisme sur les mots « das Herze » et « gewandelt ».
HOFMANN: «… Consolation est le mot-clé de l’air de basse. Une douce gaîté transparaît dès l’introduction jouée par les deux hautbois d’amour, interrompue cependant par des assombrissements chromatiques apparaissant dans la partie vocale aux mots « Zittern Furchte / tremblant de peur » et à la phrase « Ich weiß, daß mir das Herz bräche / Je sais que mon cœur se briserait » qui représentent l’inquiétude face à l’espoir de consolation ».
LEMAÎTRE: « le début du motif sonne d’abord aux hautbois d’amour accompagnateurs. La voix donne dans le figuralisme : mélismes interprétant les fautes commises vis-à-vis de Dieu et chromatisme sur « bräche »
SCHREIER: « Il semble que cette aria n’ait pas de rapport avec la mélodie du cantique, sauf pour la première ligne. Coloratures sur « nicht recht vor Gott gewandelt / Que je ne me comporte pas comme il faut aux yeux de Dieu »
WHITTAKER: « chromatisme sur le mot « Zittern / angoisse ».

4] CHORAL + REZITATIV BAß. BWV 113/4

Choral: JEDOCH [W. Neumann donne « Aber » d’après le recueil de Vopelius 1588] DEIN HEILSAM WORT, DAS MACHT / MIT SEINEM SÜßEN SINGEN, /
Récit: DAß MEIN BRUST, / DER VORMALS LAUTER ANGST BEWUßT, / SICH WIEDER KRÄFTIG KANN ERQUICKEN. / DAS JAMMERVOLLE HERZ / EMPFINDET NUN NACH TRÄNENREICHEM SCHMERZ / DEN HELLEN SCHEIN VON JESU GNADENBLICKEN ; / SEIN WORT HAT MIR SO VIELEN TROST GEBRACHT, /
Choral: DAß MIR DAS HERZE WIEDER LACHT, / ALS WENNS BEGINNT [Wustmann, variante: „begünnt“] ZU SPRINGEN. /
Récit: WIE WOHL IST MEINER SEELEN! / DAS ZAGENDE GEWISSEN KANN MICH NICHT LÄNGER QUÄLEN, /
Choral: DIEWEIL GOTT ALLE GNAD VERHEIßT, /
Récit: HIERNÄCHST DIE GLÄUBIGEN UND FROMMEN / MIT HIMMELSMANNA SPEIST, /
Choral: WENN WIR NUR MIT ZERKNISCHTEM GEIST / ZU UNSERM JESU KOMMEN.
Pourtant ta parole salutaire / Fait par ses doux accents / Que mon âme auparavant / Envahie de peur dans sa conscience du péché / Puisse retrouver un vigoureux réconfort. / Le cœur affligé / Reçoit maintenant après la douleur et ses flots de larmes / La lumineuse clarté des regards miséricordieux de Jésus ; / Sa parole m’apporté tant de consolation / Que mon cœur s’emplit de nouveau d’allégresse, / Comme s’il se remettait à battre. / Quelle sensation d’aise règne mon âme ! / Ma conscience pusillanime ne peut plus me tourmenter, / Puisque Dieu promet toutes grâces / Et bientôt nourrira de la manne céleste / Ceux qui croient et qui sont pieux. / Si seulement nous venons, dans un esprit de contrition, / A notre Jésus.
[Strophe 4 du cantique]

BGA, pages 67-68. Mi mineur, (e), C, 32 mesures
NEUMANN: Choral-arioso avec parties vocales « secco » ? Forme de choral tropé
SCHMIEDER: Basso, Cont.

BASSO [Tome II, page 351] : « …insertion de tropes ».
BOMBA: « …au numéro quatre, la basse solo doit même chanter la mélodie choral avant de se plonger dans les méditations sur la crainte et le réconfort alors sous forme d’un récitatif… »
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates. Pages 190-194]: « L’élaboration est un récit tropé de choral [MDC 042 de type III], confié à la basse solo, accompagné du seul continuo. Les cinq premières mesures exposent la mélodie de choral mais tout à coup, dans un contexte dramatique, la voix de basse exprime son doute, son tourment (saut d’octave) par un trope récité. Le déroulement de ces tropes successifs est le suivant: Mélodie de choral -récit - mélodie de choral - récit - mélodie de choral - récit - mélodie de choral. La mélodie de choral est légèrement ornée dans sa conclusion… on remarquera les formules d’accompagnement fortement opposé, figures de doubles croches pour les calmes noires du choral et au contraire accords plaqués et secco pour les croches et les doubles croches du récit… »
DÜRR: « Accompagnement ostinato du continuo. La mélodie du choral est presque sans ornements
HOFMANN: «…dans le quatrième mouvement [Bach] reprend même les sept vers de la strophe issue du choral original mais ceux-ci sont cachés pour ainsi dire dans l’abondance de vers librement écrits du récitatif …mélange des vers du choral et des vers libres, chaque vers du choral étant souligné par un continuo vif fait de coloratures qui soutient le sens des mots « optimistes » de la strophe comme « süßen Singen / douce chanson » ou lorsqu’il est question du cœur souriant et frémissant ».
SCHREIER: « Le texte libre commente le contenu du choral. Mouvement en doubles croches par opposition aux notes calmes du cantique ».
SCHWEITZER [Le langage musical des cantates, page 206, 234]: « Dans ce récitatif figure le mot « Lacht / rire ». C’est pour le maître une occasion de développer tout le récitatif sur une basse obstinée qui fait entendre un rire puissant » [+ exemple musical]. Renvoi à BWV 110, 166, 205.

5] ARIE TENOR. BWV 113/5

JESUS NIMMT DIE SÜNDER AN SÜßES WORT VOLL TROST UND LEBEN ! / ER SCHENKT DIE WAHRE SEELENRUH / UND RUFET JEDEM TRÖSTLICH ZU : / DEIN SÜND IST DIR VERGEBEN.
Jésus accueille à lui les pécheurs / Douce parole pleine de consolation et de vie ! / Il dispense la vraie paix de l’âme / Et réconforte chacun en lui rappelant : / Tes péchés te sont remis.

DÜRR: Luc 15, 2 [PBJ 1564]: Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et
mange avec eux…
»
Voir aussi le psaume 32, 6 [PBJ 828]. Et toi, tu as absous mon péché, pardonné ma faute...
BGA, pages 69-73. Ré majeur (D), 4/4, 88 mesures
NEUMANN: En forme de trio. Flûte traversière, ténor, basse continue. Avec da capo
SCHMIEDER: Tenor ; Flauto traverso, Continuo.

BOMBA : « …Dans ce mouvement, un air joyeux, tout à fait soulagé, accompagné d’un solo virtuose de la flûte, le ténor chante, après avoir dispensé la paix de l’âme « Seelenruh » en un ton longtemps tenu -également un vers de la mélodie choral néanmoins sur un texte n’existant pas dans ce choral: Dein Sünd ist dir vergeben / Ton péché t’a été pardonné » - est-ce la réponse à la demande du publicain composée également de cinq mots ? [Cinq mots également dans la section 7, Gott, sei mir Sünder gnädig].
DÜRR: « Atmosphère plus joyeuse liée à la tonalité de ré majeur ».
HIRSCH: « L’association du chiffre « 5 » avec des textes concernant Jésus nous fait identifier ce chiffre avec le Christ. « 5 » fut depuis toujours le symbole de l’homme par les cinq sens, les cinq doigts et pour Jésus les cinq blessures sur la croix. Jesu nimmt die Sünder est répété cinq fois dans la partie A ainsi que dans le da capo ».
HOFMANN: «…l’air constitue le sommet de la cantate, non seulement au point de vue du message mais également au point de vue musical. La promesse fondamentale a procuré à Bach le motif pour écrire une pièce de choix, inhabituellement virtuose pour flûte et ténor. Il est possible que les deux musiciens, le chanteur et le flûtiste, aient été les deux meilleurs solistes que Bach ait eu à sa disposition, car parmi les cantates créées entre le 20 août et le 22 octobre 1724, on en retrouve six autres avec des airs similaires. On ne connaît cependant l’identité de ces deux musiciens, notamment le flûtiste exceptionnellement virtuose pour l’époque, sur lequel Bach n’a pu compter que pendant un certain temps… »
LABIE [pages 572]: - L’auteur offre une comparaison entre Haendel et Bach à propos d’un air de danse tiré de Theodora et l’air de ténor de BWV 113 - « … une ressemblance trop nette pouvant faire croire à un emprunt, cache ici en réalité une source commune, emprunt à un tiers musicien [le nom de Zachow a été cité plus haut dans le texte de Labie, à propos de la cantate BWV 21] ou utilisation d’une musique non savante… la cantate BWV 113 présente en accompagnement de l’aria de ténor un charmant petit mouvement de danse confié à la flûte, au dessin mélodique très caractérisé. On en retrouve comme un écho épaissi dans le chœur final de la cantate profane BWV 207a, écrite pour fêter l’anniversaire d’Auguste de Saxe (et de Pologne). La première des deux cantates est de 1724, la seconde de 1725. Ni l’une ni l’autre n’ont dû tomber dans les mains de Haendel, dont nous savons à quel point il est resté ignorant des activités de son grand jumeau. Or, nous retrouvons, point par point, rythme et mélodie, le même petit thème de danse dans la Theodora, le chef d’œuvre ignoré de la vieillesse de Haendel. Il est devenu le grand chœur des païens « Venus, laughing from the skies ».
LEMAÎTRE: « le ténor entonne le seul air de l’œuvre, à la fois joyeux et moderne. Bach dote cette pièce d’une partie de flûte traversière qui se partage entre un motif d’allure galante et de grands traits conjoints en triples croches d’une virtuosité extraordinaire ».
PIRRO [L’Esthétique. L’orchestration, page 229]: « La flûte traversière a le même coloris [que la flûte à bec] avec plus de nuances, toutefois…Dans l’air de ténor [de BWV 113], elle rayonne en arpèges [BG XXIV, page 69]). Renvoi à BWV 151/1.
SCHREIER: « Relation nette avec les lignes du choral « Dein Sünd ist dir vergeben ». Page de virtuosité exceptionnelle en relation avec la tâche exigée par la flûte traversière...
WHITTAKER: « L’une des plus belles mélodies pour flûte, de Bach. Tenue (3 mesures) sur le mot « Seelenruh / paix de l’âme ».
ZWANG: « …formule agogique réutilisée par Bach pour BWV 207/9 et BWV 207a… »

6] REZITATIV TENOR. BWV 113/6

DER HEILAND NIMMT DIE SÜNDER AN : / WIE LIEBLICH KLINGT DAS WORT IN MEINEN OHREN ! / ER [BG: „Es“] RUFT : KOMMT HER ZU MIR. / DIE IHR MÜHSZELIG UND BELADEN, / KOMMT HER ZUM BRUNNQUELL ALLER GNADEN, / ICH HAB EUCH MIT ZU [W. Neumann: „zum“ dans la partition originale] FREUNDEN AUSERKOREN ! / AUF DIESES WORT WILL ICH ZU DIR / WIE DER BUßFERTGE ZÖLLNER TRETEN / UND MIT DEMÜRGEN GEIST « GOTT SEI MIR GNÄDIG » BETEN. / ACH TRÖSTE MEINEN BLÖDEN MUT / UND MACHT MICH DURCH DEIN VERGOSSNES BLUT / VON ALLEN SÜNDEN REIN, / SO WERD ICH AUCH WIE DAVID UND MANASSE, / WENN ICH DABEI / DICH STETS IN LIEB UND TREU / MIT MEINEM GLAUBENSARM UMFASSE, / HINFORT EIN KIND DES HIMMELS SEIN.
Le Sauveur accueille à lui les pécheurs / Que cette parole rend de doux accents à mon oreille ! / Il appelle : Venez à moi, / Vous qui êtes accablez et ployez sous le fardeau, / Venez ici à la source de toutes grâces : / Je vous ai élus pour amis ! / A ces paroles je veux m’avancer vers toi : Comme le publicain repentant / Et prier, en toute humilité, « Dieu, sois-moi propice ! » / Ah ! Réconforte mon courage débile / Et purifie-moi par le sang que tu as versé / De tous les péchés / Aje serai désormais moi aussi / Comme David et Manassé, / En t’étreignant constamment avec amour et fidélité / Dans mes bras armés de la foi, / Un enfant du ciel.

NEUMANN, Werner: Matthieu 11, 28 [PBJ 1471]. Kommt her zum Brunnquell aller Gnaden / Venez ici à la source de toutes grâces = Matthieu: « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai »
NEUMANN, Werner: Luc 18, 13 [PBJ 1569]. « Gott, sei mir gnädig / Dieu, sois-moi propice » = Luc: « Le publicain, se tenant à distance…en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis »
NEUMANN, Werner: 2 Samuel 12, 13 [PBJ 412]. So werd ich auch wie David und Manasse / Ainsi je serai désormais moi aussi / Comme David et Manassé = Samuel: « David dit à Nathan: « j’ai péché contre Yahvé… »
NEUMANN, Werner: Chroniques 33, 12-13 [PBJ 591]. « Manassé reconnut que c’est Yahvé qui est Dieu… »
[On trouvera dans BWV 131/4 la même citation: « Je voudrais tant être lavé / Dans ton sang de tous péchés, / Comme David et Manassé.]

BGA, pages 74-76. Sol majeur (G) → mi mineur (e), 4/4, 23 mesures
NEUMANN: Récitatif accompagné avec sections « secco ». [Voir ci-dessus les emprunts bibliques]
SCHMIEDER: Tenor, Viol. I, II, Vla., Cont.

BOMBA: «…Le texte de la cantate cite à partir de l’Évangile, la demande du publicain en la conservant mot pour mot. Bach entoura ce mouvement d’un chœur de cordes solennel qui intervient dès que le ténor a annoncé l’acceptation du pécheur par le Sauveur. Bach peut élever pour ainsi dire le morceau, conforté de la sorte, dans d’autres sphères. Et il se sert d’outils supplémentaires pour illustrer les passages particulièrement importants du texte en usant de la technique de l’harmonisation et de la direction des voix: assombrissement chromatique sur « Mühselig und belladen / accablés et ployés sous le fardeau », direction des voix vers l’avant sur « will ich zu dir… treten / je veux m’avancer vers toi », répétitions de tons en palpitation sur l’aveu de repentance… »
MARTIN, Père: « …La musique d’église de Bach… [Les textes de cantates utilisés par Bach]: « Ils présupposent une connaissance très complexe de la Bible en raison des allusions toujours nouvelles et des associations imprévues. En voici un exemple emprunté à un récitatif de la cantate BWV 113, qui établit quatre rapports avec différents textes de la Bible (qui n’ont aucun rapport entre eux). [A la suite le Père Martin cite le texte du récitatif 113/6 dont les sources ont été données ci-dessus par Werner Neumann].
WHITTAKER: « Pas d’allusions au choral ou seulement très brèves. Noter la première phrase du texte « Le Sauveur accueille à lui les pécheurs » avec la première du mouvement précédent [5] : « Jésus accueille à lui les pécheurs »

7] ARIE (DUETT), SOPRAN, ALT. BWV 113/7

ACH HERR, MEIN GOTT, VERGIB MIRS DOCH [citation de la première ligne de la 7e strophe du cantique], / WOMIT ICH DEINEN ZORN ERREGET, / ZERBRICH DAS SCHWERE SÜNDENJOCH, / DAS MIR DER SATAN AUFERLEGET, / DAß SICH MEIN HERZ ZUFRIEDEN GEBE / UND DIR ZUM PREIS UND RUHM HINFORT / NACH DEINEM WORT / IN KINDLICHEM GEHORSAM LEBE.
Ah ! Seigneur, mon Dieu, pardonne-moi / Ce par quoi je suscite ton courroux, / Brise le joug pesant du péché / Que Satan m’impose / Afin que mon cœur connaisse le contentement / Et que, pour ta louange et ta gloire, / Je vive désormais / Selon ta parole / Dans une obéissance d’enfant.
Citation littérale et paraphrase de la 7e strophe du cantique

BGA, pages 76-79. Mi mineur (e), 3/4, 70 mesures.
NEUMANN: Forme A, A, B. Parties vocales sans ritournelles intercalaires, citant partiellement la mélodie du choral en forme de canon
SCHMIEDER: Soprano, Alto; Cont.

BASSO [Tome II, page 351] : « …voix en figurations en canon ou en exténuantes vocalises a due ».
BOMBA: «L’air contient également des citations choral: tout d’abord le texte et la mélodie (ornementée) du premier vers, plus tard la mélodie seule mais à nouveau sur un texte libre. Dans le style d’un Kleines Gestliches Konzert / (Petit Concert d’église), la voix du soprano soutend celle de l’alto en de vifs mouvements quand il s’agit d’avouer avoir suscité le courroux de Dieu… »
HALBREICH: « Fort curieux duo, sans ritournelle instrumentale, dont la matière thématique dérive librement du choral. »
HOFMANN: «…contraste entre le calme sentimental du choral et les coloratures en doubles-croches extrêmement vives qui se terminent ensuite abruptement par des tierces parallèles aux deux voix solistes afin d’exprimer en quelque sorte de manière musicale les mots conclusifs de « kindlichen Gehorsam / avec la docilité de l’enfant ».
ROMIJN: «…Bach évoque le thème choral, de manière certes moins visible, avec plus d’ornements… »
SCHREIER: « Entrées dans le style du motet. Affect sur les mots « Womit ich deinen Zorn erreget » en notes rapides et développement homophone sur « Im kindlichem Gehorsam lebe »
WHITTAKER: « Affect sur « Satan auferleget ». Structure de l’air inhabituelle ici en trois parties ».

8] CHORAL. BWV 113/8

STÄRK MICH MIT DEINEM FREUDENGEIST, / HEIL MICH MIT DEINEN WUNDEN, / WASCH MICH MIT DEINEM TODESSSCHWEIß / I N MEINER LETZREN STUNDEN ; / UND NIMM MICH EINST, WENN DIRS GEFÄLLT, / IN WAHREM GLÄUBEN VON DER WELT / ZU DEINEN AUSERWÄHLEN !
Fortifie-moi de ton esprit de joie, / Guéris-moi par tes blessures, / Lave-moi, lorsque sera venue ma dernière heure, / Avec la sueur de ton agonie ; / Et un jour, quand il te plaira, / Arrache-moi à ce monde, moi qu’anime une foi véritable, / Pour me faire rejoindre tes élus.
Texte des sept lignes la 8e strophe du cantique

BGA, page 80. Si mineur (h), C, 15 mesures.
NEUMANN: Simple choral sans instrumentation précisée [sur la partition autographe].
SCHMIEDER: Soprano, Alto, Tenor, Basso. L’instrumentation n’est pas notée

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates. Pages 190-194]: « en numéro 8 le choral [MDC 042 de type I] apparaît dans son intégralité mélodique simplement harmonisé à quatre voix sans indication de doublures instrumentales ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 113

BACH CANTATAS WEBSITE:
BCW : Le choral Herr Jesu Christ, du höchstes Gut.
AMG: James Leonard.
BRAATZ, Thomas. Discussions Part - Provenance (18 août 2002)
CROUCH, Simon: Commentary 1996-1998
ORON, Aryeh: Discussions 11 août 2002. Commentary

BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): page 34, 60, 158
Vol. 2 (1985): pages 248, 253, 268, 269, 336, 350-351, 371, 372
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 36]. 1999
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 236-237
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 61, 190-194
*BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 73, 92, 266, 293
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date).
Classement alphabétique. N° 141, 142, 143, 144
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Tome II, pages 412-414
EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger
Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
EKG 167 (Görlitz 1587 -
Dresden 1593)
FINSCHER, Ludwig: Notice de l’enregistrement Das Kantatenwerk / Leonhardt. Teldec [Vol. 28]. 1981
GEIRINGER, Karl: Jean-Sébastien Bach. Le Seuil. 1966. Pages 366, note 161. Simple citation
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3-50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page24
HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Page 114
: Interprétation symbolique des chiffres dans les cantates de Bach. La Revue musicale : Jean-Sébastien Bach /
Contribution au Tricentenaire 1985". Page 47
HOFMANN, Klaus: Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 24. 2004
LABIE, Jean-François: George Frederic Haendel. Robert Laffont, 1980. Pages 572, 584
LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacréet chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Page 80
LYON, James: Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Pages 70, 114, 279 (mélodie 118)
MARTIN, Émile: Remarques sur l’expression liturgique dans la Passion selon Saint-Matthieu.
La Revue musicale: Jean-Sébastien Bach / Contribution au Tricentenaire 1985. Page 81
MISSEL ROMAIN: Éditions Brepols. 1958. 10e dimanche après la Pentecôte.
NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB Breitkopf & Härtel Musikverlag
Leipzig 1971 Page 134
Literaturverzeichnis: 44 (Richter)
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: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB
Leipzig 1974. Pages 122-123
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Simple chronologie 1735-1744
L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Page 229
*RICHTER, Bernhard Friedrich: 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu
Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs.
In BJ 1906, S. 43-73
ROMIJN, Clemens: Notice des enregistrements de Peter Leusink. 2006. Page 3/49 du chapitre III
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Pages (édition 1973): Pages 151-152, 393 (BWV 334, choral à 4 voix
Literatur: Spitta ; Schweitzer ; Wolfrum II ; Wolff ; Terry ; Neumann ; Pirro ; Parry ; Wustmann ; Terry ; Heuß
(1933). Bj 1906, 1914, 1917, 1931, 1932. Jahrbuch Peters 1919
SCHREIER, Manfred: Notice de l’enregistrement Erato / Rilling / Vol. 4. Traduction de Carl de Nys. Juillet 1973
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Pages 204, 205, 206, 234
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Tome 3, page 90, note 16.
Uniquement cité dans la liste et page 94
TIÉNOT, Yvonne: J.-S. Bach. H. Lemoine. 1951. Chronologie 1735-1745
WESTRUP, Jack. A., Sir: Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Pages 49-50
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985.
Tome II, pages 270, 275, 278, 288, 107, 414
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement Koopman. 2000
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 206-208
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982 ZK 84, pages 157-158
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 113

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (24’16). Koopman (23’10). Leonhardt (25’41). Leusink (24’53).Neumann (30’). Rilling (26’11). Suzuki (24’19).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron (août 2002 - décembre 2005) et complétée, autant qu’il a été possible
par [CR]. Sept références + 4 mouvements individuels (août 2002- juillet 2006)

5] GARDINER. Monteverdi Choir / English Baroque Soloists. Cathédrale de Pembrockeshire (GB). Septembre 2000
CD Archiv 463591-2 (200), vol 13. Avec BWV 179 & 199
6] GARDINER. Monteverdi Choir / English Baroque Soloists
BBC Opus Arte. 2000. DVD. Bach Cantata Pilgrimage. Même lieu d’enregistrement que ci-dessus ?
4] KOOPMAN [Vol. 11]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1999
CD Erato Warner Music 8573-80215-2. 2001. Reprise Antoine Marchand 2005. Avec BWV 115 et 10
2] LEONHARDT. Knabenchor Hannover. Collegium Vocale (Herreweghe). Leonhardt-Consort. 1981
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol.28] 6.35573-00-501-503
CD (D). Teldec. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 6
CD Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 28].
Voir aussi CD Edition Bach 2000 et 2007
3] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Avril et septembre 1999
Bach Edition Vol. IV. Cantatas Vol. 1. CD Brilliant Classics. 2000.
Bach Edition 2006. Volume III / 93102/4-50. CD Brilliant Classics. 2006. Avec BWV 42
1] RILLING. Frankfurter Kantorei Bach-Collegium Stuttgart. Mars 1973.
Reprise du mouvement 7, mai 1981 (pour l’édition Bachakademi)
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98669. Avec BWV 48
Disque Erato (F). Les grandes cantates. STU 70859 [Vol. 4]. Coffret de 5 disques. 1975. Avec BWV 48
CD. Die Bach Kantate [Vol. 48]. Hänssler Classic. Laudate 98810. Avec BWV 199, 25
CD. Hänssler edition bachakademie (36). Hänssler-Verlag 92.036. 1999
7] SUZUKI [Vol.24]. Bach Collegium Japan. Kobe, septembre 2002
CD Bis CD-1351 Digital. 2004. Avec BWV 8 et 33

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 113
M-1. Mvt. 5]. William H. Scheide. Bach Aria Group. Ténor Robert Harmon. Disque MGM et Oxford. 1942. Report CD
M-2. Mvt. 5]. Bach Aria Group. Ténor Jan Peerce. Disque Decca. Milieu des années 1950
M-3. Mvts. 1 et 8]. Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Disque Baroque Music Club.
Fin des années 1950, début des années 1960. Reprise CD
M-4. Mvt. 2]. Transcription pour orgue. Peter Baekgaard. CD Classic O. Octobre 2004 et mai - août 2005
Mvt 1. ]. Schmidt. Transcription pour orgue. Disque da camera 93206 (Hirsch août 1972). Milieu des années 1960
Mvt. 5.]. K. Redel. D. Darlow. Toonford Bach Festival (GB). Provenance BBC (Hirsch, mai 1973, courant des années 1950

 

Contributed by Claude Role (January 2008)

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Last update: ýJanuary 22, 2008 ý09:51:30