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Cantata BWV 82
Ich habe genug
Commentary in French

MARIAE REINIGUNG (Purification et Chandeleur)
In Festo Purificationis Mariae (et 4e dimanche après la Trinité)
Leipzig, 2 février 1727

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 82 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (1850-1899).
BGA = Bach Gesellschaft Ausgabe, ou édition d’ensemble (Gesamtausgabe) des œuvres de Bach à partir de 1851
Bj = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ».

 

DATATION BWV 82

Première exécution en l’église Saint-Nicolas de Leipzig, le matin du dimanche 2 février 1727 et -peut-être- l’après-midi du même jour à Saint-Thomas
[En fait, l’après-midi, il pourrait s’agir de l’autre cantate BWV 83, selon la chronologie d’Alfred Dürr].

BCW: Deuxième exécution (soprano, BWV 80a) 2 février 1731. Troisième exécution (soprano) probable en 1735. Une quatrième (basse) en 1746-1747 et enfin une cinquième pour basse ou mezzo soprano, vers 1747-1748
BASSO: « …Période allant du 1er décembre 1726 au 31 août 1727. [Selon Alfred. Dürr, l’année III de l’activité de Bach à Leipzig]
Autres exécutions: 2 février 1730 (ou 1731 ?). 2 février 1735 (confirmé par Werner Neumann et vers 1745-1748).
[Jean-Sébastien Bach, Volume 2, page 440]: «…on sait que le même jour, fut également exécutée une autre cantate, BWV 83, reprise de l’année précédente, mais on ignore si ces deux exécutions eurent lieu dans la même église ou dans chacune des deux églises principales …»
CANTAGREL [Le moulin et la rivière, page 405]: « La cantate BWV 84 apparaît comme une sorte de cantate-sœur de BWV 82 (exécutée le dimanche suivant)… Composée pour l’église, le soliste ne peut en être qu’un garçon de Saint-Thomas… »
HERZ: Filigrane « ICF » (couronne entre deux branches de laurier)|
HIRSCH: Classement CN 167 (Die chronologisch Nummer). Leipzig
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV 58 (5 janvier 1727) - BWV 82 (2 février 1727) - BWV 83 (2 février 1727) - BWV 157 (6 février 1727) - BWV 84 (9 février)
NYS, Carl de: « C’est pour le 2 février 1727 que la célèbre cantate BWV 82 pour basse-solo avec un hautbois et l’orchestre à cordes a été composée ; il semble que Bach l’ait ensuite adaptée deux fois pour voix de soprano, au début des années 1730 ; il l’a reprise dans les dernières années de sa vie, vers 1745-48 sous la forme originale pour basse avec de légères mises au point ».
[Cantates I, pp.232-235]: « Philip Spitta a établi, en étudiant les filigranes de la partition autographe, que la cantate BWV 82 a dû être écrite vers 1731-1732 à Leipzig ; le manuscrit porte d’ailleurs l’indication précise de sa destination liturgique Festo Purificationis Mariae, donc la fête de la Chandeleur, le 2 février. Le noyau de l’œuvre, (le deuxième récitatif et la deuxième aria), se rencontre déjà dans une version pour soprano dans le Petit Livre (Notenbüchlein, n° 34 et 38, voix de soprano) pour Anna Magdalena Bach daté de 1725. L’étude attentive de la partition et des parties séparées de la cantate permet d’établir que le compositeur a songé d’abord à une version pour alto et même pour ténor, avant de donner à l’œuvre sa forme définitive et incontestablement la plus belle, celle pour baryton. Le manuscrit porte le titre très rarement employé par Bach dans ses partitions pour le culte, de cantata ; on a interprété avec vraisemblance cette particularité comme le signe qu’elle était destinée primitivement aux dévotions privées en famille et qu’elle ne fut exécutée que plus tard à Saint-Thomas [Spitta].
SCHMIEDER: 1731 ou 1732. L’aria [2] « Schlumert ein… » et le récitatif [2] « Ich Habe genung », ont passé dans le deuxième Notenbüch für Anna Magdalena Bach (1725)
SCHWEITZER: Les Cantates de 1728 à 1734
SUZUKI: « Il semble que cette cantate ait été exécutée au moins quatre fois du vivant du compositeur dans sa version en do mineur (1727, 1735, 1747-1747/1748) et encore plus souvent si l’on tient compte de la version en mi mineur pour soprano. Il est difficile cependant d’avoir une image précise de la création du 2 février 1727…»
WHITTAKER: Qu’elle fut la première version de [2] et [3] ? Celle pour soprano ou pour basse ? Les deux morceaux du recueil d’Anna Magdalena Bach sembleraient avoir l’antériorité

 

SOURCES BWV 82

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P 114 M. Stadstbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Anciennement en dépôt à Marburg, Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem (Berlin Ouest)

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume I, page 39]: « Cette cantate fit partie du catalogue des œuvres ayant appartenues à Carl Philipp Emanuel Bach Emanuel. (86 cantates sacrées). Ce catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ».
[Volume I, page 725]: « L’un des exemples d’emploi du terme de „cantate“ (voir BWV 30, 54, 56, 84, 170, 173, 195, 197) ».
BGA: Titre sur la couverture, de la main de Carl Philipp Emanuel Bach: „Festo Purific. Mariae / Ich habe genung / Basso solo, 1 Hautb. 2 Viol. Viola e Contin. Di J. S. Bach.
SCHMIEDER: 8 feuilles et 15 pages de composition autographe, in 4°

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 54 B. Deutsche Staatsbibliothek Berlin

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BGA)

Jg. XX1, 27-50. Avec BWV 81-90. Révision et commentaires de Wilhelm Rust, 1872

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 28/1. KANTATEN ZU MARIENFESTEN 1.
Bärenreiter Verlag BA 5084. 1994. Matthias Wendt. Uwe Wolf. 6 fac-similés
A. BWV 82 (Fassung in C moll für Baß nach der autographen Partitur). Pages 77-108
B. BWV 82 (Fassung c-moll für Baß oder Mezzosopran nach Originalstimmen der 1730er und 1740 Jahre). Pages 109-152
C. BWV 82 (Fassung e-moll für Sopran (Rekonstruktion). Pages 153-186
Avec BWV 83, 125, 157, 158, 161
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5084 41. 1994. Matthias Wendt. Uwe Wolf

AUTRES ÉDITIONS
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2935. Voix, orchestre et clavier (M. Seiffert) OB 2348/49
2008. Partition. PB 4582. (BWV 82a, Diethard Hellmann: soprano PB 5016)
2008. Réduction voix et piano E 7082 (BWV 82a, soprano EB 6969)
2008. Parties séparées OB 4582 (BWV 82a OB 5016)
Peters. Réduction voix et clavier
BCW: Exemples musicaux

 

PÉRICOPE BWV 82

Purification de Marie et la Chandeleur coïncidant aussi avec le jour de la présentation de Jésus au Temple.
Au terme des festivités de Noël, c’est la fête, à date du 2 février, la Purification de la Sainte Vierge. Au début de la célébration de la messe, on procède à la bénédiction des cierges (autrement connu de nos jours sous l’appellation de la fête de la Chandeleur - ou des chandelles), bénédiction suivie d’une procession dans la nef de l’église. A la messe, lecture de l’Évangile selon saint-Luc avec la louange du vieillard Siméon. Le Nunc dimittis ou l’hymne sont plus généralement récités ou chantés à Vêpres ou le soir, office des « complies »

Épître: Malachie 3, 1-4 [PBJ 1450]. Le Seigneur se rend au Temple.
Évangile: Luc 2, 22-23 et 29-32 [PBJ 1537]. Présentation de Jésus au Temple et Cantique de Siméon.

EKG.
Le dimanche 2 février est lié (plus particulièrement de nos jours) à la Présentation de Jésus au Temple.
Entrée: Psaume 48 [PBJ 844-845]. Sion, montagne de Dieu…
EKG 310. « Mit Fried und Freud… »
Épître: Malachie 3, 1-4 [PBJ 1450]. Le Jour de Yahvé. Le Seigneur viendra dans son templ.e
Évangile: Luc 2, 22-32 [PBJ 1537]. Présentation de Jésus au Temple. Le Cantique du vieillard Siméon.

BOMBA: « La Réformation a rogné ces usages (la Chandeleur) au profit de la véritable destination liturgique de ce jour. On se concentra donc sur la purification de Marie [40 jours après Noël] et sur la présentation du Seigneur -raison suffisante toutefois pour continuer à célébrer le 2 février comme jour férié.
Même occurrence:
BWV 125 (2 février 1725)
BWV 83 (2 février 1727, culte du soir ?)
BWV 157 ( ? et fête funèbre, 6 février 1727)
BWV 158 (Mariae Reinigung et / ou 3e jour de Pâques)
BWV 161(Mariae Reinigung et / ou 16e dimanche après la Trinité)
BWV 200 (Fragment de cantate, ca 1740-1745)

 

TEXTE BWV 82

Auteur inconnu

1]. Pas de citation littérale de l’évangile du jour mais les allusions au cantique du vieillard Siméon (Luc 2, 29-32) sont évidentes, notamment le « Ich hab ihn erblickt ! - Je l’ai vu ! »
2] Allusion à Siméon « Du seh ich auch mit Simeon / Die Freude jenes Lebens schon - Je vois déjà comme Siméon / Les joies de cette autre vie ».
3] Et encore: « Aber dort, dort werd ich schauen / Süßen Frieden, stille Ruh - Mais là-bas, je contemplerai / La douce paix, le repos et le calme »

BASSO [Jean-Sébastien Bach, Volume 2, pages 440-441]: « …Un ton individuel (à la première personne) et intimiste, imprègne toute la partition, dans le droit fil des paroles de Siméon, « car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2, 30 [PBJ 1537]. De tout l’épisode évangélique de la présentation de Jésus au Temple (Luc 2, 22-32] donc, cette cantate ne retient et ne développe que ce seul point… l’ensemble de la composition se ramène donc à une contemplation de la mort ».
CANTAGREL [Le moulin et la rivière, page 405]: « ...c’est donc dans la cantate Ich habe genung, pour la purification de Marie, que Bach est amené à commenter au plus près le Cantique de Siméon. Or, ce n’est pas tant le récit évangélique du jour qu’il choisit de traiter ici, mais la méditation supposée de Siméon. L’auteur du texte anonyme, peut-être le musicien, s’y exprime à la première personne^pour paraphraser le Nunc dimittis et chanter le repos au soir de la vie dans l’attente de la mort... »
HÄFNER: « ...Rapprochement ou influence d’un texte de Picander [dans la section [2] sur “Da seh ich auch mit Simeon / Die Freunde jenes Lebens schon. Laßt iuns mit diesem Manne ziehn!”, texte faisant partie du premier cycle de cantates imprimés à Leipzig en 1728 ».
KUIJKEN: «…L’action se déroule au temple de Jérusalem… Le poète construit son texte sur ces faits [ceux relatés par Luc 2, 22-23]. Bach confie ce poème à un seul chanteur, une basse. Il nous décrit sans doute toute d’abord le vieux Siméon, mais peu à peu on a le sentiment qu’il place le monologue dans la bouche même de l’auditeur recueilli ».
NYS, Carl de: « A partir du cantique de Siméon « Maintenant tu peux laissé ton serviteur en paix, car mes yeux ont contemplé ton salut », le librettiste anonyme développe l’idée de la mort bienheureuse - On ignore le nom du librettiste, mais c’est un poète authentique car ses vers sont beaux en eux-mêmes et s’adaptent idéalement à une mise en œuvre musicale; c’est pourquoi certains ont suggéré que Bach aurait écrit le texte lui-même. [Cantates à Saint-Thomas, I, p. 233]: On ignore le nom du librettiste […]. Il n’est pas exclu que le musicien se soit servi d’un texte de Johann Jacob Rambach (1693-1735) dont il avait plusieurs ouvrages dans sa bibliothèque. On peut remarquer en effet qu’un texte de cantate de Rambach destiné à la fête de la Purification comprend une aria commençant par les mots « Brechet, ihr verfallnen Augen, schliesst euch sanft und selig zu », ce qui ressemble étrangement au texte de la seconde aria de cette cantate BWV 82, célèbre à juste titre comme un des sommets de la musique vocale du cantor »
[On trouve alternativement les mots « genug » (par exemple in BWV / Schmieder) ou « genung » (Handbuch der Kantaten / Werner Neumann) sans qu’il ait été possible de trancher sur ce point, les deux acceptions étant utilisées à l’époque de Bach].

 

GÉNÉRALITÉS BWV 82

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 267]: « La présence du chœur est un facteur presque constant et « obligé » des cantates de Bach. On ne connaît que sept exceptions à ce principe: 5 cantates de la période de Leipzig (BWV 35, 49, 58, 82 et 170) et 2 de la période de Weimar (BWV 54 et 152) ».
BOURGOGNE: « Obsession de la mort libératrice, sur un texte anonyme. Primitivement conçue pour basse, hautbois, cordes et continuo, la cantate adopte une forme symétrique. Bach qui devait lui porter une affection particulière, en fit plusieurs versions dont une pour alto en 1735, avec flûtes traversière – le hautbois étant préféré ici. Cet instrument qui, avec sa coloration émotionnelle exalte les deux arias introductive et conclusive, trame avec la voix (1er Aria) un dialogue d’une grande intériorité. Le climat intense de méditation évolue de la nostalgie vers la jubilation, reflet de la ferveur et de la spiritualité qui ont animé Bach durant toute son existence ».
FINSCHER: « …cette œuvre remaniée plusieurs fois après 1727, est une pure cantate pour soliste, exempte même de choral final, d’après le modèle de la cantate profane italienne. La modestie voulue de la forme et de l’effectif vocal et instrumental est, bien sûr, plus que largement compensée par l’intensité de l’interprétation des paroles, qui ne faiblit à aucun instant. Dans ces deux éléments, modestie comme intensité, se reflètent à la fois l’atmosphère introvertie et la fervente aspiration à la mort, teintée de mysticisme, qu’exprime le texte. » .
GÉROLD: «…le mauvais état du chœur de Saint-Thomas semble avoir déterminé Bach à écrire, pendant un certain temps, principalement pour des solistes…»
NYS, Carl de : « …Dominant peut-être toutes les autres illustrations de cette pensée de la mort si chère à Bach, il y a la cantate BWV 82, dont une aria se trouve déjà dans le cahier de sa femme, Anna Magdalena. C’est la berceuse (en mi bémol… « Endormez-vous, mes yeux si las… »). Cette page est trop justement célèbre pour qu’on s’y attarde…»
PIRRO [J.-S. Bach, pages 151-152]: « Dans cette cantate, domine un trait essentiel du caractère de Bach, cet amour de la vie en Dieu qui se révèle dans la plupart des ses œuvres et dont il a, dans celle-ci en particulier, chanté le poème. Une seule pensée gouverne toute sa composition qui est ainsi d’une rare unité de sentiment. Il a voulu exprimer combien il désire le ciel et combien il est las de la terre. Et il a choisi pour interprète de son cœur le vieillard Siméon, et mis en musique un texte inspiré de son cantique « Nunc dimittis ». Cette cantate semble formée d’une suite de Lieder spirituels ».

 

DISTRIBUTION BWV 82

NEUMANN. Baß (spätere Fassungen auch für Sopran / version plus tardive pour soprano (e-moll), mit Querflöte, Mezzosopran (c-moll). Oboe (Oboe da caccia ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Solo: Basso. Instrumentation: Oboe; Viol. I, II; Vla. Orgel; Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 440-441]: «…La cantate est une œuvre pour voix seule qui, dans sa première version, en do mineur, était confiée à une basse, mais qui lors d’une exécution en 1731 fut érée au soprano (dans la tonalité de mi mineur), puis en 1735 au mezzo-soprano (date à laquelle on situe également le remplacement du hautbois par la flûte traversière) ; la version pour voix de basse fut à nouveau reprise (avec le hautbois da caccia) entre 1735 et 1748… ».
BOMBA: « La cantate… a été exécutée au moins quatre fois, chaque fois dans des versions et tonalités modifiées, entre autres pour soprano solo et alto solo. En 1731, une flûte remplaçait le hautbois, pour des raisons d’étendue… »
DÜRR: « Bach fit manifestement exécuter cette cantate à plusieurs reprises ; aussi existe-t-il, ultérieurement à la version originale en ut mineur pour basse, une version remaniée en mi mineur pour soprano (avec flûtes au lieu du hautbois) ; plus tard Bach répéta la version en ut mineur en écrivant une partie de hautbois de chasse pour l’air « Schlummert ein, ihr matten Augen ». Il est probable que le hautboïste solo devait participer à l’exécution des trois airs et que le timbre à la fois doux et métallique du hautbois de chasse devait fournir encore plus de plénitude à la sonorité des cordes ».
NYS, Carl de: « L’orchestre ne comporte qu’un hautbois-solo en plus des cordes (dans la dernière version c’est un hautbois d’amour pour la deuxième aria souvent donnée sans hautbois selon la version de 1727 ».
SUZUKI: «…il existe d’importantes différences entre la partition complète de la main même de Bach et les parties séparées (qui datent de 1746/1747). Si l’on garde présent à l’esprit que dans le cas de la plupart des cantates, des instructions précises liées à l’interprétation n’apparaissent généralement que dans les parties séparées, celles-ci ne peuvent être ignorées même si les années d’exécution diffèrent. La partie de flauto traverso du troisième mouvement réalisée en 1735 pour la version en mi mineur pour soprano [BWV 82a], indique que la flûte devait jouer, à l’unisson avec le premier violon. On peut prouver que cette partie a été copiée d’une partie d’oboe da caccia aujourd’hui incomplète qui laisse croire que cet instrument a été très certainement utilisé pour doubler le premier violon lors de la création ».

 

APERÇU BWV 82

1] ARIE BAß. BWV 82/1

ICH HABE GENUNG. / ICH HABE DEN HEILAND, DAS HOFFEN DER FROMMEN, / AUF MEINE BEGIERIGEN ARME GENOMMEN ; / ICH HABE GENUNG ! / ICH HAB IHN ERBLICKT, / MEIN GLAUBE HAT JESUM ANS HERZE GEDRÜCKT ; / NUN WÜNSCH ICH, NOCH HEUTE MIT FREUDEN / VON HINNEN ZU SCHEIDEN. / ICH HABE GENUNG
J’ai ce qu’il me faut, / J’ai pris le Sauveur, l’espoir des croyants, / Dans mes bras avides ; / J’ai ce qu’il me faut ! / Je l’ai vu, / Ma foi a étreint Jésus ; / Je désire à présent, aujourd’hui encore, / Quitter cette vie dans la joie. / J’ai ce qu’il me faut !

Ut mineur (c). 3/8, 208 mesures
BGA. Jg. XX1 (20e année). Pages 27- 35.
NEUMANN: Ensemble instrumental, Baß. Forme ABB’. Avec ritournelles
SCHMIEDER: Basso ; Ob. ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo e Orgel. Marqué « piano sempre et forte ». Reprise instrumentale (Dal Segno)

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 441]: «… les arias [1, 3 et 5] adoptent un même appareil instrumental (un hautbois, ajouté aux cordes et au continuo, en rôle concertant), fait unique dans l’œuvre de Bach… page empreinte de tristesse que l’on a rapprochée de l’aria « Erbarme dich, mein Gott » de la Passion selon Saint-Matthieu. Schéma ABB’… »
BOMBA: «…la musique est extraordinairement expressive, le hautbois formule le matériau interprété par le chanteur - Bach écrivit sans doute le morceau pour Johann Christoph Samuel Lipsius qui faisait ses études à Leipzig, devint plus tard greffier et notaire à Mersebourg et est mentionné plusieurs fois dans les livres de comptes de Leipzig à cette époque… »
CANTAGREL [Le moulin et la rivière, page 541]: «...La longue introduction instrumentale de la cantate, en ut mineur, confie au hautbois une langoureuse mélopée, très proche de l’air «Erbarme dich » de la Passion selon Saint-Matthieu, où se reflète la nostalgie d’une mort pacifiée, le désir presque sensuel du long sommeil qui reposera l’homme des tribulations de la vie terrestre avant la nouvelle naissance pour une félicité éternelle ; c’est ce chant que reprend la basse, alors mêlée aux vibrantes arabesques du hautbois ».
DÜRR [Die Kantaten von Johann Sebastian Bach, volume 2, page 543]: L’aria débute avec un thème confié au hautbois (33 mesures)… Renvois à l’air « Erbarme dich » dans la Passion selon Saint-Matthieu et BWV 140/3. Structure d’ensemble A B B’
FINSCHER: « …le symbolisme du sommeil de la mort suggéré par de paisibles figures de cordes au-dessus desquelles le hautbois et la basse tissent leur dialogue, est presque omniprésent…»
HOFMANN: « …avec un art et une beauté inimitable, le développement se modèle sur le contenu du livret: le contentement de Siméon et l’allure élégiaque du premier air… »
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 36]: les mots « Ich habe genung » sont chantés à dix reprises. Serait-ce symboliquement les « Dix commandements » dont l’observation doit régir et combler les hommes ? »
KUIJKEN: « La cantate s’ouvre sur une aria à 3/8 ; les cordes graves et l’alto rendent en octaves un rythme au bercement régulier de trois croches respectives répétées avec douceur. En même temps, les violons accusent un léger mouvement balance de doubles croches en ligne horizontales : puis intervient le hautbois, avec le motif que nous identifions plus tard comme le « Ich habe genung » du chanteur -un trait mélodique qui nous rappelle par exemple le « Erbarme dich » de la Passion selon Saint Matthieu…»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, p. 233]: « Le premier air adopte la forme ABB’ ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte, page 259]: « Quand le vieillard Siméon chante « Ich hab den Heiland das Hoffen… auf meine begierigen Arme genommen - J’ai pris le Sauveur, l’espoir des croyants, / Dans mes bras avides », Bach resserre de même la mélodie, et y met une pareille insistance. Il semblerait que, pour Bach, à la joie du saint homme qui, enfin, a vu le Messie, attendu si longtemps, s’ajoute une sorte de fierté rude de l’avoir porté, faible, dénué de toute majesté, de l’avoir soutenu, petit enfant débile, comme si cette misère divine, confiée à ses bras, était un symbole et un gage de la possession prochaine et totale du Dieu puissant. Autant que de son espoir, Siméon s’enivre de sa propre force. Son délire ne connaît plus de nuances et son chant reste uniforme et tendu, dans la monotonie de l’exaltation ». [+ exemple musical, BGA XX1, page 30].
WHITTAKER: «…Par ailleurs, Spitta a noté que la partition autographe de la cantate montre que la ligne vocale est en clef d’alto et que, en bas de page, il est écrit: « la voix peut être transposée pour la basse ». De ceci, Spitta déduisit que Bach, dans un premier temps envisagea la voix de mezzo ou d’alto et qu’il changea d’avis. La version pour soprano [BWV 80a] débute sans la ritournelle et par la suite [3] elles sont toutes omises…la partie d’orgue est séparée de la partie de continuo ».

2] REZITATIV BAß. BWV 82/2

ICH HABE GENUNG !/ MEIN TROST IST NUR ALLEIN, / DAß JESUS MEIN UND ICH SEIN EIGEN MÖCHTE SEIN. / IM GLAUBEN HALT ICH IHN, / DA SEH ICH AUCH MIT SIMEON / DIE FREUDE JENES LEBENS SCHON. / LAßT UNS MIT DIESEM MANNE ZIEHN ! / ACH ! MÖCHTE MICH VON MEINES LEIBES KETTEN / DER HERR ERRETTEN ! / ACH ! WÄRE DOCH MEIN ABSCHIED HIER, / MIT FREUDEN SAGT ICH, WELT, ZU DIR: / ICH HABE GENUNG !
J’ai ce qu’il me faut. / Ma seule consolation est / Que Jésus veuille être mien et que je sois sien. / Je le tiens dans la foi, / Je vois déjà comme Siméon / Les joies de cette autre vie. / Partons avec cet homme ! / Ah, que le Seigneur me délivre / Des chaînes qui oppressent mon corps ; / Ah, si je pouvais prendre congé ici, / C’est avec joie que je te dis, monde : / J’ai ce qu’il me faut
Évangile: Luc 2, 22-23 et 29-32 [PBJ 1537]. Présentation de Jésus au Temple et Cantique de Siméon

La bémol (As) - Si bémol (B), 14 mesures, C
BGA. Jg. XX1 (20e année). Page 36
NEUMANN: Récitatif secco avec éléments arioso. Klavierbüchlein für Anna Magdalena Bach (1725), n° 34 (soprano)
SCHMIEDER: Basso, Org. ; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 440]: « …ce récitatif [2] et l’aria [4] figurent dans le Notenbuchlein de 1725 d’Anna Magdalena Bach, mais Georg von Dadelsen a démontré qu’ils n’avaient pu y être insérés avant 1730… »
FINSCHER: « le récitatif reprend sous une forme abrégée le climat de l’air lui-même [1], et cela jusque dans les coloratures sur le mot « Freunden » et surtout jusque dans les mots refrain « Ich habe genung », qui reçoivent ici leur cadence définitive ».
HOFMANN: « le récitatif et l’air qui suit [3] la berceuse » ont été arrangés, manifestement à l’usage personnel de Bach, et notés dans le second Petit livre d’Anna Magdalena Bach commencé en 1725 ».
HIRSCH: [on s’étonnera, peut-être, que les 14 mesures du récitatif [14 = BACH] n’aient retenu l’attention d’Arthur Hirsch dans sa recherche du symbolisme numérique. Il pourrait passer pour vraisemblable que le texte de ce récitatif soit le reflet d’une implication « personnelle », avec son « je » répété, de Bach…]
KUIJKEN: « Le récitatif s’ouvre à nouveau sur le vers « Ich habe genung » - et se refermera aussi sur lui. Le poète parle maintenant sans équivoque au nom du croyant, du -nouveau- Siméon : comme le Siméon de l’Évangile… »

3] ARIE BAß. BWV 82/3

SCHLUMMERT EIN [Neumann, variante sur la partition autographe: „Schlummert nur“], IHR MATTEN AUGEN, / FALLET SANFT UND SELIG ZU ! / WELT, ICH BLEIBE NICHT MEHR HIER, / HAB ICH DOCH KEIN TEIL AN DIR, / DAS DER SEELE KÖNNTE TAUGEN. / HIER MUß ICH DAS ELEND BAUEN, / ABER DORT, DORT WERD ICH SCHAUEN / SÜßEN FRIEDE [BGA „Frieden“], STILLE RUH.
Endormez-vous, mes yeux épuisés, / Fermez-vous doucement et bienheureux ! / Ô monde, je ne reste plus ici, / Tu ne me donnes rien / Qui puisse profiter à mon âme. Ici-bas, je rencontre la misère / Mais là-bas, je contemplerai / La douce paix, le repos et le calme

Mi bémol majeur (Es), C, 121 mesures
BGA. Jg. XX1 (20e année). Pages 36-42. Final sur la nuance « Adagio et pianissimo » sur les mots « Süßen Friede, stille Ruh » et Da Capo
NEUMANN : Cordes et Hautbois da caccia ; B.c. Forme da capo élargi A-BAC-A
Klavierbüchlein für Anna Magdalena Bach (1725), n° 34 et 38 (soprano)
SCHMIEDER: Basso ; Ob. ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo ed Orgel

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 274]: « morceau sur un rythme de danse ».
[Jean-Sébastien Bach, volume II, page 441]: «…les arias [1, 3 et 5] adoptent un même appareil instrumental (un hautbois, ajouté aux cordes et au continuo, en rôle concertant) fait unique dans l’œuvre de Bach… Berceuse qui a fait la fortune de l’œuvre évoquant aussi les tonalités de la Passion selon Saint-Matthieu (presque contemporaine). Forme da capo élargi (A-BAC-A) ».
BOMBA: «…l’air célèbre à la forme da capo élargie, son rythme parfois berçant et son mouvement arrêté par des points d’orgue témoignant de la richesse d’invention toute particulière consacrée par Bach à ce morceau. Comme dans la cantate BWV 81, des notes tenues longuement servent à représenter l’assoupissement bienheureux… »
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 203-204]: « La cantate BWV 82 doit son succès à la berceuse en mi bémol d’une ampleur éloquente qui constitue le centre de la cantate. Les deux arias extrêmes en sont comme évincées par tant de tendresse… »
FINSCHER: « …Air stylisé en véritable berceuse qui contient en outre des éléments analogues à ceux que renferme le premier mouvement… Air final qui transpose dans un vif mouvement dansant la mesure à 3/8 du premier air et confère valeur thématique définitive aux mélismes de joie qui avaient seulement été jusque là allusifs ».
HOFMANN: « …la lassitude et le renoncement à la vie dans la « berceuse » dans une tonalité majeure ».
HIRSCH [Disque Laudate 98739]. L’auteur signale un texte de Picander (cycle des poésies 1728/1729) pour le 16e dimanche après la Trinité « Schließet euch, ihr Münden Augen » dont les paroles et la métrique sont proches de l’air de la cantate BWV 82/3. Analogie également du thème du hautbois avec la cantate BWV 55/3, BWV 140/3 et la Matthäuspassion.
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 171-173]: « démarche de la basse: forme rythmique dans l’accompagnement où est célébré avec exaltation le repos du dernier sommeil » [+ exemple musical, BGA XX1, page 37].
[Conclusion, page 453]: « …des pièces entières sont rythmées par le murmure des instruments graves, qui annoncent le sommeil. Parmi tant d’exemples, je ne citerai qu’un air admirable, plein d’un désir véhément de la paix du tombeau: « Endormez-vous, mes yeux épuisés » [BG XX1, page 36].
PIRRO [J.-S. Bach, pages 151-152]: « Bach évoque ici la paix du sommeil funèbre. La basse de l’orchestre murmure lentement, uniforme et assoupie. Mais la voix s’élève en motifs ardents. Elle demande, avec une sorte de fièvre, ce repos que les instruments graves bercent déjà de leurs cadences endormies… la sonorité pénétrante du hautbois et le timbre puissant de la voix de basse conviennent mieux à cette musique vigoureuse…que sa transposition à la voix de soprano, notée une tierce mineure plus haut… »
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 244]: «…les grandes berceuses spirituelles reposent presque toutes sur le thème idéalisé de la lassitude ». Renvoi à BWV 34/3.
WHITTAKER: « Aria en forme de rondo… avant la reprise du da capo, il y a deux mesures marquées « adagio » et l’orchestre « pianissimo »… une partie de oboe da caccia, doublant le violon 1,existe dans l’autographe de Bach quoiqu’il n’en soit pas fait mention dans la partition gravée ».

4] REZITATIV BAß. BWV 82/4

MEIN GOTT ! WENN KOMMT DAS SCHÖNE: NUN ! / DA ICH IN FRIEDE FAHREN WERDE / UND IN DEM SANDE KÜHLER ERDE / UND DORT BEI DIR IM SCHOßE RUHN ? / DER ABSCHIED IST GEMACHT, / WELT, GUTE NACHT !
Mon Dieu ! Quand viendra le merveilleux : viens maintenant ! / Moment où j’irai en paix / Dans le sable de la froide terre / Et je reposerai là-bas en ton sein ? / J’ai fais mes adieux, / Ô monde, bonne nuit !

Ut mineur (c) - ut mineur (c). 7 mesures, 4/4. Arioso (adagio) sur les mesures 6 et 7 « Welt ! gute nacht ».].
BGA. Jg. XX1 (20e année). Page 42.
NEUMANN: Récitatif secco avec éléments arioso encastrés
SCHMIEDER: Basso, Org. Continuo.

KUIJKEN: «…Bach se laisse guider par les mots et les images : la voix descend aussi dans des tons graves à « Erde » et s’élance ensuite vers les hauteurs à « dort bei dir im Schosse », adagio et arioso sont indiqués à « Welt, gute Nacht ». La ligne mélodique de la basse continue nous dépeint l’adieu et le départ…»
[Les mots « Welt, gute nacht ! » se retrouvent dans les cantates BWV 159/4 et 161/4.

5] ARIE BAß. BWV 82/5

ICH FREUE MICH AUF MEINEM TOD, / ACH ! HÄTT ER SICH SCHON EINGEFUNDEN. / DA ENTKOMM ICH ALLER NOT, / DIE MICH NOCH AUF DER WELT GEBUNDEN.
Je me réjouis à la pensée de ma mort, / Ah ! Puisse-t-elle déjà se présenter. / J’échapperai alors toutes les misères, / Qui me lient encore à ce monde.

Ut mineur (c), 188 mesures, 3/8. Marqué « Vivace »
BGA. Jg. XX1 (20e année). Pages 43-50.
NEUMANN: Ensemble instrumental. Libre da capo
SCHMIEDER: Basso ; Ob. ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo ed Orgel.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 441]: «…les arias [1 et 3 et 5] adoptent un même appareil instrumental (un hautbois, ajouté aux cordes et au continuo, en rôle concertant) fait unique dans l’œuvre de Bach… Caractère dansant de cette section avec da capo libre…»
BOMBA: « La cantate se termine dans cette humeur sereine et dansante qui distingue tant de cantates de Bach… car elle interprète de façon différente la joie ressentie à l’idée de la mort qui sera délivrance de la vallée de larmes terrestre…»
CANTAGREL [Le moulin et la rivière, page 541]: «...Pour conclure, un accord d’ut majeur résout les tensions et apporte enfin la lumière tant désirée. En l’absence de choral dans la partition, on peut supposer que l’assemblée des fidèles entonnait le « Mit Fried und Freud » de Walter…».
HOFMANN: « …l’aspiration joyeuse à l’au-delà, dans ce mouvement animé conclusif dont les premiers mots « Ich freue mich » donnent le ton au mouvement entier avec leur colorature animée ».
KUIJKEN: « …Une musidansante et animée, d’une force et d’un élan irrésistibles, aux accents et aux interruptions abrupts ; elle aurait pu tout aussi bien trouver sans problème sa place dans une cantate purement -profane- car décidemment l’art de Bach n’est pas dominé par la séparation plutôt embarrassante entre -profane et sacré- à laquelle nous ont habitués les époques ultérieures ».
NYS, Carl de: «…Air avec une reprise manié plus librement que les deux airs précédents [Cantates à Saint-Thomas, volume I, p. 233]: « La danse finale, bondissante, transportée, c’est l’âme croyante qui va à la rencontre du Seigneur, l’épouse qui répond à l’époux. Jamais on n’a traduit en musique avec une aussi poignante profondeur le cantique de Siméon, le Nunc dimittis. On peut supposer que lorsque la cantate était donnée dans le cadre du culte, l’assistance terminait en chantant le choral Mit Fried und Freud ich fahr dahin, la paraphrase allemande composée par Martin Luther (1524) sur le Nunc dimittis ».
[Jean-Sébastien Bach, page 204]: « Le sommet de la cantate est pourtant son dernier air dans lequel la basse soliste, accompagnée par le hautbois et les cordes, chante sur un rythme de danse: « Je me réjouis de mourir, ah, si la mort était déjà là ! » Une pareille exclamation exprime le fond de la pensée de Bach chaque fois que l’idée de la mort se présente ; elle explique sa nostalgie qui n’a rien de la « morbidezza » romantique mais qui est « désir des collines éternelles…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 94]: « C’est encore par des tenues que Bach interprète l’idée de résistance. Il interrompt la suite mesurée du chant par des notes accentuées à contretemps, qui contrarient le mouvement, se dressent comme des obstacles au milieu du courant sonore, le heurtent et le détournent. Le rythme syncopé, se traîne péniblement. L’élan mélodique des motifs est brisé par des arrêts imprévus, et ils prennent une allure chancelante, à la fois incertaine et accablée, semblable à la démarche d’un homme enchaîné. Cette image autorise la représentation des mots liens, lier, par des notes liées en groupes rythmiques qui entravent la progression attendue des phrases chantées… Bach emploie cette figure maintes fois ». [+ exemple musical, BGA XX1, page 47]. Renvois à BWV 31 [BGA VII, page 35] ; BWV 80 [BGA XVIII, page 357].
[Le commentaire de l’accompagnement musical, page 161]: « Les élans d’octave de la basse continue… ajoutent souvent, aux description de la joie exultante, une sorte de rude gaîté brusque, un peu lourde, qui fait penser à la danse… il y a dans ces soubresauts, une surabondance de vigueur, un excès d’expansion, quelque chose de populaire, qu’on subit et qui entraîne…il apparaît dans l’air qui célèbre la joie du vieillard Siméon » [BG XX1, page 43]. Renvois aux cantates 129, 130, 145, 154].
WHITTAKER: « Aria marquée « vivace » avec beaucoup de signes dynamiques… le hautbois seulement indépendant dans les parties vocales est généralement doublé par le violon 1 dans les tutti (instrumentaux) … le mot « Tod » souligné par un sol majeur… … une fois encore ne peut-on se poser la question: pourquoi les chanteurs n’incluent-ils pas cette œuvre [la cantate] dans leurs récitals au lieu de se contenter de lieder archi-rabattus ? »

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 82

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
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CROUCH, Simon. Notice 1996-1998
BETHLEHEM. Notice. Carol Traupman-Car. 2002
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ORON, Aryeh. Discussions I] 31 janvier 2000 Parts 1 (juin 1999 - janvier - août 2000), 2 (novembre 2000- 2001-2002-octobre 2004), 3 (octobre 2004 - mars 2007) Discussion générale (à propos du Notenbüchlein d’Anna Magdalena Bach, BWV 508-523 (2000 - 2001 2002) et enfin Discussions 2] 12 décembre 2004 jusqu’à janvier 2008

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BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 39, 159, 725
Vol. 2 (1985): pages 248, 253, 255, 267, 274, 423, 434, 439, 440, 441-442, 593, 618, 746, 833, 843
BASSO, Alberto: Notice enregistrement Herreweghe 1991-2001
BOMBA, Andreas: Notice introductive de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 26] 1999
BOURGOGNE, Elisabeth: Notice de l’enregistrement de Chiara Banchini, 1998
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 203-204
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DERMONCOURT, Bertrand: Ecoute comparée : La cantate Ich habe genung. Comparatif dans Classica Répertoire, n° 91, avril 2007
DÜRR, Alfred: Remarques sur l’exécution dans le volume 21 Teldec / Harnoncourt
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FANTAPIÉ, Alain: Critique version Richter (Galleria). Opéra international, septembre 1990
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HELMS, Marianne: Notice de l’enregistrement d’Helmut Rilling / Laudate 98739, en collaboration avec Arthur Hirsch. 1983
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HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 144-145, 21, 36
Notice de l’enregistrement d’Helmut Rilling / Laudate 98739, en collaboration avec Marianne Helms. 1983
HOFMANN, Klaus: Notice de l’enregistrement Suzuki (volume 38). 2008
KUIJKEN, Sigiswald: Notice de son enregistrement de 2005. Accent volume 3. 2006
LACAS, Pierre-Paul: Critique version Brüggen. Diapason, n° 255. Novembre 1980
LAIZÉ, Michel: Critique version Herreweghe. CD Répertoire, mars 1992
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OPDEBEECK, Olivier: Critique version Pàl Nemeth. Diapason 1985
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 151-152
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REICHELT, Peter: Notice de l’enregistrement Müller-Brülh / Naxos 2004-2006
ROMIJN, Clemens: Notice (CD) de l’enregistrement de J. P. Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973. Pages 111, 659
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Voigt - Wustmann - Terry - Franke II - Moser - Schering - Neumann. Bj 1906,; 1912; 1914; 1934
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Pages104, 196, 197, , 244, 247
SPITTA, Philipp: Johann SebaBach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 2, pages 473, 687, 707-708
STOWEL, Robin: Notice du deuxième enregistrement de Peter Schreier / Olaf Bär. 1991
SUZUKI, Masaaki: Notes de la production. [Vol. 38]. 2008
VENTURINI, Philippe: Critique version Von der Goltz. Diapason, mai 2001
VETTER, Walther: 71] Der Kapellmeister Bach, Postdam 1950 (ensemble critique de 31 cantates)
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985. Volume 1, pages 378-384
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman [Volume 16] 2001
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 280-281
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Pages 252-253. ZK 162
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 82

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Albert (23’32). Ardal (23’17). Banchini (24’41). Bernard (25’33). Beringer (22’36). Biondi (23’02). Brüggen (20’41). Craigh (23’48). Debart (22’43). Gardiner (23’39). Geraint (23’20). Goltz (21’55). Gönnenwein (23’20). Goodman (24’42). Güttler (22’52). Harnoncourt (20’36). Herreweghe (22’24). Higbe (21’32). Hochreiter (26’16). Huguett (21’53). Kuijken (22’54 - 22’28). Kussmaul (21’21). Labadie (18’45). Lejeune (Ricercar) 21’47). Leusink (23’02). Mc. Gegan (22’26). Marriner (27’29). Menuhin (23’ - 25’48). Müller-Brühl (21’42). Neumann (23’). Nemeth (21’40). Parrot (24’19). Pommer (22’15). Ponchelet (18’35). Ponnel (23’16). Richter (24’ 34). Rifkin (22’13). Rilling (23’19). Ristenpart (21’04 et 26’39). Sarasa-Ensemble (22’08). Shalev Ad-El (20’59). Shaw (26’02). Schreier (22’12 - 21’09). Stepner (24’44). Suzuki (22’10). Thomas, Jeffrey (21’46). Thomas (26’56). Ward (23’38). Werner (24’30). Winschermann (21’57-24’39).

BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il a été possible, par [CR].
66 références (Janvier 2000 - 2007) + 6 mouvements individuels (septembre 2002 - février 2008)

ENREGISTREMENTS JUSQU’EN 1950

1] BERNARD, Anthony. Philarmonia Orchestra. Baryton: Hans Hotter. Disque EMI 1950. Reprise en deux éditions CD

ENREGISTREMENTS 1951-1960

2] RISTENPART, Karl. Kammerorchester. Baryton: Dietrich Fischer-Dieskau.
Disque DGG 14.004/ Archiv Produktion, juin 1951. Avec BWV 4, 56
3] SHAW, Robert. RCA Victor Orchestra. Baryton: Mack Harrell. Mai 1958. Disque RCA Victor (deux éditions). Avec BWV 56
4] GERAINT, Jones. The Geraint Jones Orchestra. Baryton: Gérard Souzay. Juillet 1958. Disque EMI. Avec BWV 56
Reprise CD EMI Classics 7243 5 68752 2 7. Avec BWV 80, 51, 140, 106, 147
5] RISTENPART (2e enregistrement). Orchestre de chambre de la Sarre. Bass : Jakob Stämpfli. Octobre 1958
Disque Accord 202652. Avec BWV 159, 57
6] THOMAS, Kurt. Gewandhausorchester Leipzig. Basse: Hermann Prey. Décembre 1959.
Disque Aeterna (RDA - VEB) et disque VSM C 037-30946. Avec BWV 82 (deux éditions)
Reprise en CD Leipzig Classics, volume 2. Cantatas III Avec BWV 56

ENREGISTREMENTS 1961-1970

7] WERNER, Fritz. Pforzheim Chamber Orchestra. Basse : Barry Mc Daniel. Heilbronn. Novembre 1964
Disque Erato Les Grandes Cantates. STU ERA 70239, Vol. 18. Avec BWV 56
Reprise CD Waner Classics 2564 61401-2. Volume 1/3. 2004
8] MARRINER, Neville. Academy of St Martin-in-the-Fields. Basse: John Shirley-Quirk. Avril 1964.
Disques Decca 430260 2 1963-1966-1991 et London. Reprise CD
9] WODICZKO, Bohdan. Sinfonieorchester des Polnischen Rundfunks. Baryton : Andrzei Hiolski. Vers 1965. Disque Muza ( ?)
10] KAHLÖFER. Helmut. Barmen Chamber Orchestra. Baryton : Bernard Kruysen. Milieu des années 1950
Disque Cantate puis SDG 610 120. Avec BWV 56
11] MENUHIN, Yehudi. Bath Festival Orchestra. Mezzo-soprano: Janet Baker. Juillet 1966. Disque EMI et reprise CD
12] MENUHIN, Yehudi. The Yehudi Menuhin Orchestra. Baryton: Hermann Prey. 1967. Disque EMI Classics et reprise en CD
13] HOCHREITER, Karl. Bach-Collegium Berlin. Basse : Barry Mc Daniel. 1967. Disque Europa
14] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Baryton: Dietrich Fiecher-Dieskau. Juillet 1968.
Disques: 1er tirage. Archiv Produktion 198477 et reprise 2722 005. Avec BWV 56
Réédition en coffret (6 disques). Archiv Produktion 2722.005 Bach Cantatas [Vol. I]] Advent and Christmas. (F: Juin - juillet 1971)
Avec BWV 64, 82, 124, 121, 111, 61, 63, 65, 132, 13, 28, 61, 58
Reprise CD Archiv « Galleria » 427 128-2. Avec BWV 56, 4
Reprise CD Archiv Produktion, Vol. III/2. 439373-2. 1994. Advent und Weinachten. Coffret de 26 CD. Avec BWV 111, 81
15] WINSCHERMANN, Helmut. Berliner Capella. Deutsche Bachsolisten. Basse: Gérard Souzay. Décembre 1968

ENREGISTREMENTS 1971-1980

16] PONCHELET, Réné. Heidelberger Kammerorchester. Baryton: Fernand Koenig. Novembre 1972. Disque Impromptu. Avec BWV 56
17] BRÜGGEN. Barock Ensemble. Baryton: Max van Egmond. Disque RCA-SEON RL 30387. Juin 1977. Avec BWV 56
18] ARDAL, Alf. Canticum Chamber Orchestra. Basse: Knut Skram. Juin 1977. Disque BIS (Oslo)
19] HARNONCOURT. [Vol. 21]. Concentus Musicus Wien. Basse: Philippe Huttenlocher. [Vol. 21]. 1978
Disque Teldec 6.35363-00-501 (SKW 21/1-2) / Das Kantatenwerk]. 1978
CD (D). Teldec Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 5
CD Teldec 8-353-63 ZL 24257702. 1989
Reprises CD Teldec Bach Edition 2000 (coffret) et intégrale (disques séparés) 2007 (Warner)

ENREGISTREMENTS 1981-1990

20] PARROT, Andrew. Taverner Players. Basse: David Thomas. Mars 1981. CD Hyperion
21] RILLING.. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Basse: Dietrich Fischer-Dieskau. Juillet 1983
Disque (D) Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98739. 1983. Avec BWV 157
CD. Die Bach Kantate [Vol. 4]. Hänssler Classic. Laudate 98855. 1983. Avec BWV 51, 56
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 26] Hänssler-Verlag 92.026. 1999
22] POMMER, Max. Neues Bachisches Collegium Musicum. Basse: Siegfried Lorenz. CD Capriccio (Ed. Bach Leipzig). 1984
23] NEMETH, Pàl. Capella Savaria. Basse:Laszlo Polgar. 1985
Disque SLPD 12.650 et CD Hungaroton SLPD 12650-2. 1985. Avec BWV 56
24] PONNELLE, Pierre-Dominique. Münchener Bachsolisten. Baryton: Martin Egel. Milieu des années 1980. CD FSM
25] DEBART, Dominique. Ensemble instrumental de Basse Normandie. Soprano Teresa Zvlis-Gara. Octobre 1986. CD Rudolphe
26] BANCHINI. Ensemble 415. Alto : René Jacobs. Septembre 1987
CD Harmonia Mundi France HMT 7901273 et réédition dans la collection (1998, Musique d’abord) 1951273 1998-2003 Avec BWV 35, 53
27] WINSCHERMANN, Helmut (2e enregistrement). Deutsche Bachsolisten. Basse: Hermann Prey. Décembre 1987
CD Intercord (deux éditions)
28] ALBERT, Thomas. Fiori Musicali. Basse: Harry van der Kamp. Vers 1988. CD MDG
29] RIFKIN, Joshua. The Bach Ensemble. Basse: Jan Opalach. Avril 1989. CD Decca. Avec BWV 106
30] SCHREIER, Peter. Kammerorchester Carl Philipp Emanuel Bach. Soprano: Barbara Hendricks. Juillet 1989.
CD EMI Classics C 7 54453-2. Avec BWV 56, 158.
31] THOMAS, Jeffrey.. American Bach Soloists. Basse: William Sharp. Avril et octobre 1990
CD Koch International 3-7 138- 2 H1. 1990. Avec BWV 51, 54, 55
32] LEJEUNE, Jérôme. Ricercar Consort. Basse: Max van Egmond. Mai 1989. CD Ricercar RIC 061041. Avec BWV 152, 202

ENREGISTREMENTS 1991-2000

33] HERREWEGHE. Chœur et orchestre de la Chapelle Royale. Basse:Peter Kooy. Janvier 1991
CD Harmonia Mundi HMC 901365. 1991 et HMA 1951365 (Musique d’abord)
Reprise CD Harmonia Mundi HMX 295 1363 (1991-2000). « » 2001. Avec BWV 56, 158
34] SCHREIER, Peter. Scottish Chamber Orchestra. Baryton: Olaf Bär. Mai 1991
CD EMI Classics CDC 754 453-2. Avec BWV 56, 158
35] BERINGER, Karl Friedrich. Collegium Musicum. Baryton: Siegmund Nimsgern. Juin 1991. CD Bayer Records
36] Mc GEGAN, Nicholas. Members of the Arcadian Academy. Baryton: William Parker. Octobre 1991. CD Harmonia Mundi (F)
37] HUGUETT, Monica. Ensemble Sonnerie. Soprano: Nancy Argenta. Février 1993
CD Virgin Veritas (deux éditions) avec BWV 51, 199
38] SI, Kenneth. Academy of St. Martin-in-the-Fields. Alto: Johen Kowalski. Février 1993
CD Caprioccio. Avec BWV 53, 171, 200
39] KUIJKEN, Sigiswald (1er enregistrement). La Petite Bande. Basse: Klaus Mertens. Juin 1993. CD Accent 9395. Avec BWV 49, 58
40] WARD, Nicholas. Northern Chamber Orchestra, Manchester. Basse : Nicholas Gedge. Décembre 1993 - mars 1994.
CD Naxos 8 550763. Avec BWV 242. 1994-2004
41] GOODMAN, Roy. The Hanover Band. Contralto: Nathalis Stutzmann. Janvier et février 1994
CD RCA Victor Red Seal 74 321 42534-2. 1994. Avec BWV 54, 82
42] WATSON, Ian. English Chamber Orchestra. Baryton: Ralph Kohn. Janvier et mars 1994. CD Capriole
43] HIGBEE, Dale. Carolina Baroque (USA). Soprano: Teresa Radomski. Avril 1996. CD Carolina Baroque (Salisbury, NC)
44] GOLTZ, Gottfried von der. Freiburger Barockorchester. Soprano: Emma Kirkby. Mars et avril 1999
CD Carus - Verlag 83.302. 1999
45] LEUSINK. Netherlands Bach Collegium. Basse: Ramselaar. Avril et septembre 1999
CD Brilliant Classics. 2000. Bach Edition, vol. 4. Cantatas, vol. 1
Reprise CD Bach edition 2006. CD Brilliant Classics III/ 93102/ 1/47. Avec BWV 80, 61
46] NORRINGTON. Camerata Academica Salzburg. Baryton: Matthias Goerne. Juin 1999. CD Decca. Avec BWV 56, 158
47] GÜTTLER, Ludwig. Virtuosi saxoniae. Basse: Andreas Scheibner. Septembre 1999
CD Dresden Classics et Belin Classics 0017242 BC. 1999. Avec BWV 51, 64, 169
48] LEUSINK. Netherlands Bach Collegium. BWV 82a. Soprano: Marjon Strijk. Novembre 1999 - janvier 2000
CD Brilliant Classics, Bach Edition Vol. 17- Vocal Works 2. Sauf erreur, cette version de la cantate BWV 82a ne paraît pas avoir été
reprise dans Bach Edition 2006
49] GARDINER, John Eliot. English Baroque Soloists. Basse: Peter Harvey. Février 2000
CD Archiv Produktion, Vol. 3. 463585-2 (2000). Avec BWV 83, 125, 200
50] BIONDI, Fabio. Europa Galante. Ténor: Ian Bostridge. Mars 2000
CD Virgin Classics Veritas 545420 (F novembre 2000)
51] KOOPMAN, Ton. Amsterdam Baroque Orchestra. Basse: Klaus Mertens. DVD. Vidéo. Leipzig, janvier 2000. Euroarts / Naxos

ENREGISTREMENTS 2001…

52] KOOPMAN, Ton [Vol. 16]. Amsterdam Baroque Orchestra. Basse: Klaus Mertens. Juin 2001
CD Erato et réédition Antoine Marchand Challenge CC 72216. 2001-2003.
53] CRAIGH, Smith. Orchestra of Emmanuel Music. Mezzo-soprano: Lorraine Hunt Lieberson. Mai 2002
CD Nonesuch. 7539 79692-2. 2002. Avec BWV 199
54] STEPNER, Daniel. Music from Aston Magna (Waltham Mss. USA). Basse: David Ripley. Juillet et août 2002. CD Centaur Records
55] LES VOIX BAROQUES / Elegia. Contre-ténor: Matthiew White. Septembre 2002. CD Analekta (Canada)
56] SHALEV Ad-El. Dorian Consort. Soprano: Barbara Schlick. 2003? CD Cavalli Records
57] KUSSMAUL, Rainer. Members of the Rias Kammerchor. Berliner Barock Solisten. Baryton: Thomas Quasthoff Janvier 2004
CD DGG 06289 474 5052 Avec BWV 158, 56
58] LABADIE, Bernard. Les Violons du Roy. Soprano : Karina Gauvin. Avril 2004. CD Atma Classique SACD 2 2342. Québec 2005.
Avec Ps. 51, Höchster, mein Sünden. CD HM. D GD 77150 [2 et 3]
59] MÜLLER-BRÜHL. Cologne Chamber Orchestra. Collegium Vocale Siegen. Basse: Hanno Müller Brachmann. Mai-juin 2004
CD Naxos 8.557616. Avec BWV 56, 158
60] SARASA ENSEMBLE. Baryton: Sanford Sylvan. 2004. CD Saras (USA)
61] KUIJKEN, Sigiswald. La Petite Bande. Basse : Jan van der Crabben. Louvain (B). Septembre 2005
CD Accent 25303. SACD Volume 3 (2006). Avec BWV 178, 102
62] MILNES, Eric. Montreal Baroque. Basse: Stephan Mc. Leod. 18 au 21 juin 2006
CD Atma DSD 2 2402. SACD. Avec BWV 147 et BWV 1
63] FAVORITES. Arrangement synthétique pour cor? Août - novembre 2006. CD I Ching Music (Canada)
64] SCHNEIDER, Michael. La Stagione Frankfurt. Basse Gotthold Schwarz. 27-28 septembre 2006. CD Capriccio
65] SUZUKI [Volume 38]. Bach Collegium Japan. Kobe. Septembre 2006
CD BIS SACD -1631. 2008 Avec BWV 52, 55 et 58.
66] FLORILEGIUM. Soprano Johannette Zomer. 2007? CD Channel Classics

 

ANNEXE BWV 82
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes
Volume II, page 473-474:

« La musique liée à la [fête] de la « Purification » est essentiellement basée sur le Cantique de Siméon. Il est intéressant de la comparer avec la cantate antérieure « Erfreute Zeit im neuen Bunde » [BWV 83] qui nous montre comment Bach pouvait, pour une même circonstance, concevoir deux approches différentes. Dans la plus ancienne, le sentiment est joyeux et rempli d’espérance ; dans la cantate BWV 82, il est tout de lassitude, seulement heureux à la contemplation de l’approche de la mort. L’air « Schlummert ein, ihr matten Augen » exprime ce sentiment avec une indescriptible beauté. A l’origine, la cantate fut composée pour Anna Magdalena Bach ; puis Bach la transposa pour les voix de mezzo-soprano ou d’alto puis finalement pour celle de basse. Pour un usage liturgique, cette dernière [version] peut être considérée comme la plus appropriée puisque le texte est la paraphrase des paroles de Siméon, et la connexion avec l’évangile du jour plus conforme au point de vue musical [renvoi à la note 53 des pages 707-708], mais il ne fait aucun doute qu’elle fut primitivement conçue comme une musique de chambre «spirituelle » ou profane. Il est vraiment significatif que Bach l’ait expressément désignée par le mot « cantate », ce qu’il n’avait pas encore fait avec sa musique d’église ou ainsi dénommée.
Page 687. Cantates pour la Purification. La cantate BWV 82, comme il l’a été prouvé doit avoir été écrite vers 1730
Pages 699. Ayant subit une subséquente révision, en conséquence, les nouvelles parties possèdent pour la plupart le filigrane avec « un aigle et d’autre part HR / H I R ». Ces deux marques n’apparaissant que rarement simultanément dans les manuscrits de Bach, se retrouvent assemblées dans le texte rédigé de la main même de Bach (ajouté à la partition) d’une cantate antérieure « Preise dein Glücke, gesegnetes Sachsen [BWV 215]. Elle fut exécutée le 5 octobre 1734 mais la cantate BWV 82 fut écrite bien avant ».
Pages 707-708. « Cantates pour la Purification « Ich habe genung ». Je ne peux considérer comme tout à fait correcte les remarques de la préface à l’édition de la BG, [remarques] relatives à la partition originale. La partie de mezzo-soprano dont il est question, a été, à l’évidence en clef de mi mineur comme celle de soprano…. L’autographe de la cantate en ut mineur fut d’abord conçu par Bach dans l’intention de confier la partie vocale à la mezzo-soprano et la première aria fut composée à cet effet. Puis Bach changea d’idée et écrivit la suite de sa cantate pour la voix de basse, écrivant au bas de la première page une note faisant référence à l’aria [1] : « cette partie vocale peut-être transposée pour la basse ». Cependant l’ensemble de la cantate est écrit pour la voix de mezzo-soprano. De ceci il est clair que la partie en mi mineur pour soprano fut rédigée la première, de même qu’existe une partie complète pour la flûte en mi mineur (par la suite destinée au hautbois en ut mineur). L’exécution en ut mineur par l’alto ou une mezzo-soprano revint finalement à la basse substituée à l’alto Par ailleurs une partition pour soprano apparaît dans le recueil d’Anna Magdalena rendant compte du plan original. Dans la préface à l’édition de la BG, il n’est pas mentionné que la partition recèle la note autographe « Festo Purificationis Mariæ. Cantata », Cette précision n’est pas indifférente à la signification de l’ouvrage ».

 

Contributed by Claude Role (March 2008)

Cantata BWV 82: Details
Recordings:
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Articles:
Text, music and performative interpretation in Bach’s cantata Ich habe genug [U. Golomb] | Sellars Staging [U. Golomb] | The Need for Bach: A discussion of his life, Jauchzet Gott in Allen Landen, BWV 51 and Ich habe genung, BWV 82 [S. Burton]

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Last update: ýMarch 30, 2008 ý14:35:31