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Cantata BWV 73
Herr, wie du willt, so schick's mit mir
Seigneur, dispose de moi selon ta volonté…
Commentary in French |
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KANTATE AM 3. SONNTAG NACH EPIPHANIAS
Troisième dimanche après l‘Épiphanie
Leipzig, 23 janvier 1724 |
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CONTENU |
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Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 73 - Philipp Spitta |
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AVERTISSEMENT |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Originalpartitur – partition autographe
Ost = Originalstimmen - parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen |
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DATATION BWV 73 |
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Dimanche 23 janvier 1724, église Saint Nicolas de Leipzig. Premier cycle des cantates de Leipzig (30 mai 1723 au 4 juin 1724).
Dans le Leipziger Kirchen Music (1724) dont Werner Neumann (Op. cit.) publie de fac-similé, au droit de la cantate BWV se lit: « In der Kirche zu St. Nicolaï »
BCW: Une deuxième exécution à Leipzig, soit le 21 janvier 1748, soit le 26 janvier 1749 [Rien en fait ne vient appuyer cette assertion].
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 255]: Reprise possible (?)de la cantate (avec une nouvelle partie d’orgue obligé avec ou sans le cor) vers 1732-1735.
HIRSCH: Classement CN 66 (Die chronologisch Nummer – numéro chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1724: BWV 65 (6 janvier) – BWV 154 (9 janvier) – BWV 155 (16 janvier) – BWV 73 (23 janvier) – BWV 81 (30 janvier) – BWV 83 (2 février) – BWV 144 (6 février).
NEUMANN : Reprise vers 1732
SCHMIEDER – SCHWEITZER - SPITTA: entre 1723-1727 |
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SOURCES BWV 73 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
BASSO: « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach (le Bach de Hambourg) dont le catalogue fut publié par Gottlieb Friedrich Schniebes (Hambourg, 1790), sous le titre: « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Il comportait, entre autres œuvres, 86 cantates sacrées.
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Mus. ms. Bach St. 45 M. Stadstbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. BB/SPK 45. Anciennement en dépôt à la Marburg, Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem. [2] Geschrieben Johann Andreas Kuhnau
BG: Sur la couverture, remontant à l’époque de Bach, titre: « Domin : 3 post Epiph : / Herr, wie du willt, so schiks mit mir / à 4 Voci, Corno, 2 Hautbois, 2 Violini, Viola con Continuo di Sign : J. S. Bach »
HERZ: Entre 1723 et 1727. L’un des copistes est Johann Andreas Kuhnau, le neveu (ou le petit-fils) de Johann Kuhnau, prédécesseur de Bach à Saint-Thomas. Période médiane de son séjour, vers 1725 (K2). Filigrane « IMK ».
SCHMIEDER: 13 voix partiellement autographes (révisions de Bach).
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome 2, pages 680-681]: Le filigrane « IMK » sur une moitié de feuille, sur l’autre la « demi-lune ».
COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 664 M. Stadstbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Anciennement en dépôt à la Marburg, Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem
SCHMIEDER: Parties de la main de Carl Gotthilf Gerlachs; cinq fascicules in 4° comportant 12 voix, copie de la première moitié du XVIIIe siècle
P AM 40 B Stadstbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Anciennement en dépôt à l’Amalienbibliothek.
In BJ 1978, page 33, Hans Joachim Schulze classe le copiste « Anonymus XVII et propose Christian Gottlob Meißner.
St 381 M. Stadstbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Anciennement en dépôt à la Marburg, Staatsbibliothek, puis Berlin-Dahlem
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BG. Jg. XVIII (18e année - avec BWV 71-80). Pages 87- 104. Préface de Wihlelm Rust (juillet 1870)
Jg. XVIII, 87. BWV 71-80. Révision et commentaires de Wilhelm Rust, 1870
[Partition BG dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 18. 1977]
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 6. KANTATEN ZUM 3 UND 4 SONNTAG NACH EPIPHANIAS
Bärenreiter BA 5087. 1996. 6 fac-similés.
BWV 73. Pages 3-22. Hautbois 1. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms. Bach St. 45 [2]. Geschrieben Johann Andreas Kuhnau
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5087 41. Peter Wollny: BWV 73, 72, 14.
AUTRES ÉDITIONS
BCW: Réduction voix et piano (BGA), 18 pages
Breitkopf & Härtel Partition. PB 2923 – Chœur ChB 868 – Orgue et clavecin (révision de Max Seiffert) OB 1241
2008: Partition PB 4573 – Réduction voix et piano – Parties séparées (5) OB 4573 – Chœur ChB 4573
Kalmus Study scores n° 825. Volume XXI. New York 1968. Cantates BWV 71-73. Réduction et pagination de la partition de la BG
Peters. Réduction voix et clavier. |
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PÉRICOPE BWV 73 |
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Troisième dimanche après l’Épiphanie
MISSEL ROMAIN. IIIe dimanche après l’Épiphanie: Le Christ est venu nous enseigner le chemin du salut…
Introït. Psaume 97, 7-8 [PBJ 892]. Yahvé, maître de l’univers et vainqueur des faux dieux.
Épître. Romains 12, 17-21 [PBJ 1684]. Charité envers tous les hommes, même les ennemis.
Graduel. Psaume 102, 16-17 [PBJ 896]. Prière dans le malheur.
Évangile. Matthieu 8, 1-13 [PBJ 1464-1465]. Guérison d’un lépreux. Guérison du serviteur d’un centurion de Capharnaüm.
EKG. 3. Sonntag nach Epiphanias
Entrée. Luc 13, 29 [PBJ 1562]: « Et on viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu ».
Psaume 97, 7-8 [PBJ 892]. Yahvé, maître de l’univers et vainqueur des faux dieux.
Lied. EKG 189 « Lob Gott den Herrn…». Melchior Vulpius, 1609, d’après le psaume 117.
Épître. Romains 12, 17-21 [PBJ 1684]
Évangile. Matthieu 8, 1-13 [PBJ 1464-1465]. Guérison du serviteur d’un centurion de Capharnaüm.
Renvoi à EKG 285 dans le n° 1. Le texte de la première strophe de Kaspar Bienemann sur la mélodie du cantique Aus tiefer Not II. Strasbourg 1529.
Renvoi à EKG 283 (9e strophe) dans le n°[5].
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, I, page 120]: «…Ainsi que l’indiquent les premiers mots, cette cantate commente la soumission de l’homme au maître de toutes choses…»
[Pour la même occurrence: BWV 72 (27 janvier 1726), BWV 111 (21 janvier 1725) et BWV 156 (23 janvier 1729] |
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TEXTE BWV 73 |
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Auteur inconnu. Peut-être Bach lui-même ou Salomo Franck, ce dernier paraissant fréquemment durant la première année de Leipzig. Le nom de Picander a été avancé par Wolfgang Schmieder, Arthur Hirsch et Carl de Nys. Mais la collaboration entre Picander et Bach serait plus tardive et l’Oratorio de Pâques (BWV 249) semble en marquer le début, en mars, avril 1725.
BASSO [Jean-Sébasti, volume 2, page 281]: « Le musicologue Harald Streck, sur la base d’analyses stylistiques précises, attribue ce texte à Salomo Franck (avec celui des cantates BWV 136, 60, 83).
HOFMANN: «… thème théologique tiré de l’évangile du jour, Matthieu 8, 1-13 ou, pour être exact, des premiers versets du récit de la guérison d’un lépreux. Les mots du malade fournissent un point de référence : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ». Le thème de ce sermon musical » de Bach et du poème [poète] inconnu est la soumission confiante du chrétien à la volonté de Dieu…»
… « l’auteur du texte ajoute aussi deux voix subjectives : d’abord une addition surprenante et angoissée entre les lignes du choral « Ach ! aber ach !… » un récitatif de ténor dans l’arrangement de Bach) ; et plus loin, avec plus de confiance « Du bist mein Helfer… » (récitatif de basse)…»
NEUMANN [Sämtliche von J. S. Bach vertonte Text, pages 422, 424-425, 512]. Fac-similé tiré du Leipziger Kirchen Music (du 2e dimanche après l‘Épiphanie jusqu‘au dimanche „estomihi“), Leipzig 1724. Contient les cantates BWV 155, 81, 83, 144, 181, 22.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, I pages 120-121]: «…Quoique la chose ne puisse pas être établie de façon tout à fait certaine, on pense que le texte est de Picander. Il faut reconnaître que cette fois il n’est pas seulement inspiré par de bons sentiments (ce qui est trop souvent le cas chez le directeur des postes leipzicoises), mais encore d’une forme très bien venue. La construction de la cantate et son langage montre que le monde sonore de Bach est d’une variété presque inépuisable. Elle ne ressemble à aucune autre et parvient, en usant pourtant de formules plus que répandues dans la musique du temps, à créer une composition très originale et d’une beauté intense ».
1] Texte de la première strophe du cantique (en trois strophes, Leipzig, 1582), « Herr, wie du willt , so schick’s mit mir», de Kaspar Bienemann dit « Melissander (Nuremberg 1540 - Altenburg 1591).
Le texte de la première strophe de Bienemann se trouve également dans la cantate BWV 156/6 sur une mélodie différente
Renvoi au choral à quatre voix BWV 339 et Anh. 71 (à l’authenticité non établie)
Mélodie d’un compositeur anonyme (Wittenberg, vers 1529), peut-être Johann Gigas (1514-1581)) titrée Wo Gott, der Herr, nicht bei uns hält, retrouvée dans la cantate BWV 114/1 (mélodie) et la cantate au titre éponyme, BWV 178/1, 2, 5 et 7 (texte de Justus Jonas, 1524 et mélodie).
Selon Manfred Schreier, les 73 mesures sont -peut-être- une allusion symbolique, comme une commentaire, du psaume 73, 23-26, proche dans l’esprit du texte de la cantate… Dieu n’est jamais loin du fidèle.
[Renvoi à EKG 285 avec le texte des trois strophes mais sur une mélodie différente, celle de Aus tiefer Not II, Strasbourg 1524].
2] Auteur inconnu
Citation biblique avancée par Manfred Schreier: Psaume 33, 9 [PBJ 829]: « Lui parle, ceci est. Lui commande, ceci existe » ainsi que Matthieu 8, 8 [PBJ 1465].
3] Auteur inconnu
Citation de Jérémie 17, 9 [PBJ 1211]. Ceci est plutôt une « allusion qu’une citation littérale bien que citée par Alfred Dürr: Le cœur est compliqué plus que tout et pervers ! Qui peut le pénétrer ? Moi, Yahvé, je scrute le cœur, je sonde les reins… »
4] Auteur inconnu. Allusion sensible au contexte de la cantate avec Matthieu 8, 2 [PBJ 1464]: « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir…» et plus loin, toujours dans Matthieu 8, 8 [PBJ 1465]: « Mais dis seulement un mot et mon serviteur sera guéri…»
5] Dernière strophe du cantique (9 strophes) « Von Gott will ich nicht lassen » (Erfurt, Kreuz und Trostlied, 1563) de Ludwig Hembold (Mühlhausen 13 janvier 1532 † 8 avril 1598).
Voir le Psaume 73, 23 [PBJ 869]: Mais je suis constamment près de toi, tu m’as saisi par ma main droite. Et le choral conclut: pour nous conduire au royaume céleste…
Le texte de ce cantique figurait dans le Leipziger Gesang Buch en usage à Leipzig à l’époque de Bach, Auparavant, dans un recueil Vopelius ; une nouvelle édition à Leipzig en 1729 ; une deuxième en 1730.
Dans EKG 283, le texte de neuf strophes avec quelques variantes, notamment dans la neuvième. La mélodie émanerait d’un chant sacré publié à Erfurt en 1572 [Cette mélodie « Von Gott will ich nicht lassen » se retrouve dans BWV 11/11, 107/1, 186a/6 et BWV 658]. |
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GÉNÉRALITÉS BWV 73 |
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FINSCHER: « La cantate BWV 73… est étroitement apparentée par les paroles, sur certains points seulement par la musique, avec la cantate BWV 72 [L’auteur présumé du livret pourrait être le même, Salomon Franck] …contraste rendu en couleurs vigoureuses, entre l’arrêt irrévocable de Dieu et la faiblesse des hommes face à la mort. La composition tire de ce contraste une tension qui s’exprime en formes et en procédés d’écriture au plus haut degré inhabituels.
HALBREICH: «…Page sublime d’une rare concentration de pensée, d’une exceptionnelle intensité expressive ». |
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DISTRIBUTION BWV 73 |
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NEUMANN. Solo : Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Horn (oder obligate Orgel) ; Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: S, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe I, II; Corno; Viol. I, II; Vla.; Organo obl.; Continuo.
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, page 120]: « Les parties autographes de l’œuvre qui se trouvent à la Bibliothèque de Berlin, présentent un grand intérêt, car elles portent (contrairement à la règle générale) d’abondantes indications sur l’interprétation et ce de la main de Bach. La partie de cor est écrite sur la même feuille que celle d’orgue obligé, ce qui permet de supposer que ces deux parties étaient interchangeables selon les circonstances. Dans la partie d’orgue on trouve la mention Rückpositif, ce qui indique qu’elle devait être exécutée sur le petit positif que l’on pouvait à volonté accoupler avec le grand instrument ou utiliser séparément comme une deuxième partie. Il est fort vraisemblable que le cantor ait joué lui-même l’orgue tout en dirigeant l’ensemble. Gessner rapporte le fait à propos des cantates écrites au début du séjour de Bach à Leipzig ».
[Version Leonhardt /Teldec, volume 19. Remarques sur l’exécution: « Pour le premier chœur on a choisi, en suivant l’exemple de la reprise de l’œuvre donnée par Bach vers 1732/1735, la version avec l’orgue obligé »]. |
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APERÇU BWV 73 |
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1] CHORALCHORSATZ + REZITATIV, TENOR, BAß, SOPRAN. BWV 73/1 |
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Chœur. HERR, WIE DU WILLT, SO SCHICK’S MIT MIR / IM LEBEN UND IM STERBEN!
Tenor: Ach ! Aber ach ! Wievel / Läßt mich dein Wille leiden ! / Mein Leben ist des Unglücks Ziel, / da Jammer und Verdruß / mich lebend foltern muß, / und kaum will meine Not im Sterben von mir scheiden.
Chœur. ALLEIN ZU DIR STEHT MEIN BEGIER, / HERR, LAß MICH NICHT VERDERBEN !
Baß: Du bist mein Helfer, Trost und Hort, / so der Betrübten Tränen zählet / und ihre Zuversicht, / das schwache Rohr, nicht gar zerbricht ; / und weil du mich erwählet, / so sprich ein Trost und Freudenwort !
Chœur. ERHALT MICH NUR IN DEINER HULD, / SONST WIE DU WILLT, GIB MIR GEDULD, / DENN DEIN WILL IST DER BESTE.
Sopran: Dein wille zwar ist ein versiegelt Buch, / da Menschenweisheit nichts vernimmt ; / der Segen scheint uns oft ein Fluch, / die Züchtigung ergrimmte Strafe, / die Ruhe, so du in dem Todeschlafe / uns einst bestimmt, / ein Eingang zu der Hölle. / Doch macht dein Geist uns dieses Irrtums frei / und zeigt, daß uns dein Wille heilsam sei.
Chœur. HERR, WIE DU WILLT !
Chœur : Seigneur, dispose de moi selon ta volonté pendant ma vie et à l’heure de ma mort !
Ténor : Hélas, quelles souffrances / M’impose ta volonté ! / Mon existence est la cible de l’adversité, / La détresse et le chagrin / Me torturent tant que je vis / Et c’est tout juste si ma disgrâce consent à / m’abandonner à l’approche de la mort. /
Chœur : Seigneur, je n’aspire qu’à toi, Seigneur, ne permets pas ma perdition !
Basse : Tu es mon secours, ma consolation et mon refuge, / Tu es celui qui compte les larmes des affligés / Et qui fais que le frêle roseau de leur confiance / ne rompe pas ; / Et puisque tu m’as élu, / prononce une parole de réconfort et de joie ! /
Chœur : Garde-moi seulement dans ta grâce, / Et pour le reste dispose selon ta volonté, donne-moi la patience / Car ce qutu veux est pour le mieux.
Soprano : Ta volonté est certes un livre scellé / Dans lequel la sagesse des hommes ne sait rien lire / La bénédiction nous semble souvent malédiction, / le châtiment, punition dictée par ton courroux, / Le repos que tu nous destines un jour / Dans le sommeil de la mort / Nous semble le seuil de l’enfer. / Mais ton esprit nous libère de cette erreur / Et nous montre que ta volonté vise à notre salut. / Seigneur, qu’il en soit selon ta volonté !
Chœur : Seigneur, dispose de moi selon ta volonté…
Sol mineur (g), 73 mesures, C
BGA XVIII. Pages 87-97. Oboe I. / Oboe II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. / Corno ossia Organo obligato (Rück-Positiv“) e Continuo
NEUMANN.Tenor, Baß, Chor. Gesamtinstrumentarium
SCHMIEDER. Chor: Sopr., Alto, Ten., Basso ; Ob. I, II ; Viol. I, II, Vla. ; Corno (marqué staccato), ossia Org. obl. E Cont.
AUDUS: « Le mouvement d’ouverture de la cantate constitue un autre exemple montrant une composition de choral interpolée. Ici, l’échelle est cependant plus ambitieuse [que BWV 105] ; il en résulte un chœur dont la construction est une des plus originales que Bach ait utilisées… Le chœur d’ouverture se laisse pénétrer par la musique du ritornello orchestral et particulièrement par un motif à quatre notes se fondant sur l’ouverture de la mélodie du choral. Bien que le cor soit à l’origine intervenu pour renforcer ce motif, Bach le transfèrera à l’orgue pour les besoins des exécutions ultérieures. Les phrases du choral sont interrompues par des récitatifs en solo qui en expliquent et étoffent le texte. Après la section finale du récitatif, le ritornello revient en compagnie du chœur qui chante maintenant le motif à quatre notes « Herr, wie du willt »..
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 319-320]: « Aucun verset biblique ne figure dans la cantate pour le 3e dimanche après l’Épiphanie… toutefois [le cantique] « Herr, wie du willt, so schick’s mir » supplée à cette absence par un morceau initial qui en assure en quelque sorte la fonction tant sur le plan du texte que sur celui de l’orientation musicale… un choral de Kaspar Bienemann (1582) brisé en quatre segments, entre chacun desquels Bach insère, en manière de trope, trois interventions des voix solistes (T,B,S) en style récitatif ; en soutien ou en complément de ces interventions, les instruments proposent deux incises thématiques qui sont utilisées comme de véritables figures « obstinées ». L’une de celles-ci, en particulier, n’est autre que la préfiguration de l’incipit du Kirchenlied, que Bach s’applique à faire circuler avec insistance, le plus souvent isolé, souvent confié à un cor (mais pour une exécution suivante, il prescrivit également l’orgue comme solution de rechange). Tout le développement musical s’avère fortement influencé par de continuels rappels à la structure mélodique du choral, de sorte que les deux éléments porteurs du discours, la mélodie du Lied et l’habillage contrapuntique, se fondent en une seule unité tenace et substantielle… Bach traduit ce sentiment (de résignation) sur un mode dramatique, en brisant la continuité du choral par les suppliques des récitatifs, et en soulignant le verset conclusif « Seigneur, comme Tu veux », répété trois fois ».
|BOMBA: « L’idée musicale du chœur d’introduction est tout aussi simple que géniale dans son exécution. Elle est basée sur la première strophe du choral de Kaspar Bienemann « Herr, wie du willt » chantée en partie par le chœur. Bach prend comme source pour ses motifs les quatre premiers tons de la mélodie (ici ; si bémol, si bémol, sol, si bémol). Les deux hautbois développent à partir de celle-ci une ligne mélodique à partir de laquelle les cors et les cordes répondent en un mouvement que le motif même quasiment en accords. Avant que le chœur vienne s’y adjoindre, le cor auquel tous les instruments viennent se joindre, parachève le vers choral. Après le mouvement de chœur, les instruments enchaînent au récitatif au prix de nets assombrissements. Des intervalles, l’harmonie et l’accompagnato continu soulignent à nouveau musicalement le texte avec la clarté habituelle. Bach répète ce même procédé une fois encore avant de terminer ce mouvement raffiné par la ritournelle et l’appel répété « Herr, wie du willt » chanté par le chœur».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 193-194]: « Élaboration chorale tropée de récit. Mélodie de choral (MdC) 112. Ritournelle instrumentale indépendante. Le cantus firmus est au soprano + orgue. Trois tropes de récit, ténor, basse, soprano. … opération thématique sur « motif du destin… ce chœur avec ses dramatiques interventions de récit est à assimiler aux cantates BWV 95 et 138 »
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 353-356]: « La mélodie de choral confiée au soprano, avec harmonisations et imitations des trois autres voix, est incrustée dans une ritournelle orchestrale (deux hautbois, cordes, continuo), un cor ou l’orgue devant doubler la voix de soprano (élaboration de type II). Cependant, cette élaboration chorale est tropée trois fois par des récits de ténor, de basse et de soprano. Il s’agit d’un procédé assez rare (renvois à BWV 27/1, 138/1) mais d’un effet dramatique certain ».
CANDÉ: « La cantate commence par un chœur fascinant par sa diversité, sa liberté, son caractère énigmatique dès la brève introduction avec les deux hautbois. Plusieurs éléments reviennent de façon obsédante: le Herr, wie du willt, la ritournelle des hautbois et une cellule de quatre notes du cor qui forment une insolite cadence plagale. Non moins surprenant est le récitatif (ténor, basse, soprano) qui interrompt cette construction troublante. La mélodie principale est celle du choral Wo Gott, der Herr, nicht bei uns hält (CCABCDEDDC) »..
FINSCHER: « Le chœur d’entrée (sol mineur / sol majeur) situe l’idée fondamentale de l’évangile du dimanche (la guérison d’un lépreux) et du texte de la cantate sur trois plans différents : dans la ritournelle orchestrale bâtie sur le motif initial, sorte de devise, du choral (« Herr, wie du willt », si bémol – si bémol – sol – si bémol), dans le choral exposé verset par verset au moyen d’un chœur relativement simple et compact, enfin dans les interventions récitatives anxieuses et timorées des voix solistes, auxquelles le motif de la ritournelle et les versets du choral répondent à la fois sur un ton de consolation et d’exhortation. La répartition des « rôles » au sein de ce morceau sortant de l’ordinaire témoigne d’autant d’évidence dramatique que la conclusion de la même page dans laquelle le chœur énonce à trois reprises la signification de la ritournelle orchestrale « Herr, wie du willt ».
HALBREICH: « La version Harnoncourt choisit pour le premier chœur la version avec orgue obligé dans le temps ou Rilling (et Ramin) offre le cor obligé d’abord prévu par Bach.
HIRSCH: « Structures de la section: Ritournelle (10 mesures) + Chor (7 mesures) + Récit (7 mesures) - Interlude (VOIR) + Chor (7 mesures) + Recit (7 mesures) + Chor (10 mesures) + Récit (12 mesures) + Ritournelle + Chor (12 mesures) = 73 mesures. Prédominance du chiffre « 7 ». 73 = la somme numérique de Zebaoth [?]
HOFMANN: « Le chœur d’ouverture est une œuvre d’art parfaite sans ^précédent ; Bach allie la tradition des arrangements de chorals au mouvement concertant thématiquement lié, intégrant les deux sections récitatives dans les structures thématiques (ici, les instruments développent les thèmes du mouvement), . Le résultat est une sorte de « Leitmotiv » technique qui unit tout, même les éléments les plus éloignés, en un « lien spirituel ». Ce « Leitmotiv » présenté par le cor, ne compte que quatre notes, un motif d’une tierce, d’abord en si bémol – sol – si bémol (ensuite transposé). C’est le début de la mélodie du choral et le motif devrait être compris en conjonction avec son texte « Herr, wie du willt ». En un certain sens, ces quatre notes contiennent l’enseignement au complet du sermon musical de Bach et elles ont dû résonner longtemps aux oreilles des membres de la paroisse de Leipzig qui les avaient entendues ».
MACIA: « La cantate débute un étonnant mouvement où un chœur d’une polyphonie foisonnante alterne avec des chorals interpolés et des récitatifs solistes. Le cor concertant primitivement prévu par le Cantor fut remplacé pour des exécutions plus tardives par un orgue obligé, option adoptée par Herreweghe. Les affirmations du chœur « Herr, wie du willt » scandés avec une conviction bouleversante, achèvent ce somptueux portique… »
NEUMANN: Mélodie: « Wo Gott, der Herr, nicht bei uns hält » Egalement in BWV 114/1 (mélodie et texte), VOIR : 114/4 (texte), BWV 114/7 (texte) et BWV 178/1 (dont c’est le titre). VOIR. Sections instrumentales encastrées (ritournelles). Cantus firmus au soprano (motif thématique également à l’orgue). Introduction successive des trois récitatifs « tropée » avec base mélodique d’accompagnement sur la thématique du choral. Dans la ritournelle finale trois brèves citations chorales « Herr, wie du willt » (même motif).
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, pages 121-122]: « Le premier chœur (dont le motif initial a quelque parenté avec le célèbre « Bist du bei mir » adopte une forme particulière et très rare. Les quatre parties chantent la première strophe du cantique de Kaspar Bienemann écrit en 1582 sur la mélodie Wo Gott der Herr nicht bei uns hält mais ce chant est interrompu trois fois par des récitatifs ; c’est donc un choral tropé. Les récitatifs sont reliés au chœur par une sorte de ritournelle instrumentale ; ce court prélude situe déjà l’atmosphère en commençant par un accord de septième. Le cor répète avec acharnement un motif saccadé et rigide qui représente - ainsi que l’a remarqué Pirro- par sa rudesse monotone et ses apparitions imprévues, la rectitude inflexible et saisissante de la volonté divine. Pour répondre à cette sollicitation violente qui a longtemps retenti, les voix le redisent vers la fin en deux grandes exclamations espacées : « Dieu, comme tu le veux ». Les récitatifs intercalés sont une sorte de paraphrase du verset chanté par le chœur entier. Une dernière fois le chœur reprend le thème auquel il s’est enfin soumis. Il le chante sur un ton plus élevé, plus résolument. Mais dans ce suprême serment d’obéissance se révèle toute l’angoisse de l’homme toujours terrifié par l’avenir inconnu. Puis les voix s’arrêtent sur un autre accord « dissonant » de septième et ne concluent point. Le chrétien s’est abandonné à la main de Dieu. Mais sa soumission ne l’a pas guéri de la crainte. Par cette terminaison dont la cadence d’orchestre n’a pas effacé le souvenir, Jean-Sébastien Bach prépare avec un remarquable instinct de psychologie -ainsi que le remarque encore Pirro - à l’air de ténor ».
PIRRO: [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, page 61]: «…On rencontre fréquemment chez Bach des thèmes issus de ce grand motif de détresse… L’âpre motif surgit, toujours reconnaissable ; quand le texte fait allusion aux douleurs de la vie… » [+ Exemple musical, BG XVIII, page 89, sur les mots « Mein Leben ist des Unglücks Ziel, da Jammer und Verdruss…- Mon existence est la cible de l’adversité, / La détresse et le chagrin / Me torturent…]
[L’orchestration, page 240]: « Le cor: Dans le premier chœur de la cantate [BWV 73], en notes saccadées (Bach a marqué staccato sur la partie). Le cor propose un inflexible motif de 4 notes emprunté à la mélodie du choral que les voix chantent, et il le redit sans cesse, avec une impérieuse obstination qui fait penser à l’immuable accomplissement de la volonté divine. BG XVIII, page 87.
[La traduction du texte, page 267]: « A la fin du premier chœur, les quatre voix terminent sur une dissonance, comme pour exprimer l’impuissance à se résoudre, et l’incertitude de l’homme, à l’égard de la volonté de Dieu ». BG XVIII, page 97..
WOLFF: « Le vaste mouvement initial annonce… en quelque sorte la naissance du cycle voué aux cantates de choral… La mélodie de « Wo Gott der Herr nicht bei uns hält » , choral de la Réforme, apparaît en quatre sections, entre lesquelles se déploient de longs récitatifs confiés tour à tour au ténor, à la basse et au soprano…» |
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2] ARIA TENOR. BWV 73/2 |
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ACH SENKE DOCH DEN GEIST DER FREUDEN / DEM HERZEN EIN ! / ES WILL OFT BEI MIR GEISTLICH KRANKEN / DIE FREUDIGKEIT UND HOFFNUNG WANKEN / UND ZAGHAFT SEIN.
Ah, verse donc l’esprit de joie / Dans mon cœur / Et moi, dont l’âme est infirme, / Chancèlent souvent la joie et l’espérance, / Surgit le découragement.
Mi bémol (Es), 67 mesures, C
BG Jg. XVIII. Pages 98-100. Oboe I. / Tenore. / Continuo
NEUMANN Triosatz forme trio-sonate): Oboe, Tenor, B.c. Da capo.
SCHMIEDER. Ten., Ob. I, Continuo
L’aria est centrée sur le fait que nous sommes des hommes spirituellement malade, ce qui renvoie à Matthieu 8, 8 [PBJ 1465]: Seigneur, reprit le centurion, je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri ! »
AUDUS: « Dans cet aria [cette], le ténor demande à l’esprit de joie de descendre en son cœur plein de souffrance ».
BOMBA: « Le caractère de l’air se base sur « Geist der Freuden » auquel le ténor prie de descendre sur lui en motifs descendant et qu’il reconduit plus tard en lignes ascendantes. Dès qu’il est question de l’hésitation, la musique se tait ».
HOFMANN: «…la ravissante aria de hautbois demande que, malgré toutes les « hésitations » ‘qui sont aussi décrites dans la musique), l’ « esprit de joie » descende du ciel dans le cœur du fidèle ; elle décrit cette descente avec une ligne mélodique doucement descendante…»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, page 122]: « Air écrit en trio pour le hautbois, la voix et le continuo et se conforme au schéma du da capo habituel ; le chanteur y supplie le Seigneur de mettre en lui cet esprit de joie qui réconfortera son âme découragée et privée d’espoir. On relèvera dans cet ait les vocalises montantes et jubilantes lorsqu’est la joie et celles, descendantes chromatiques et mal assurées, sur le mot wanken, témoignant du réalisme imagé des moyens d’expression de Bach. Mais la sérénité appelée par le ténor ne peut être que le fait du fidèle détaché de la vie terrestre ».
SCHREIER: Arrière plan théologique de la cantate. Symbolisme numérique sur un point d’orgue à la mesure 33 pouvant renvoyer au psaume 33, 9 [PBJ 829]: « Lui parle, ceci est. Lui commande, ceci existe » ainsi qu’à Matthieu 8, 8 [PBJ 1465] |
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3] REZITATIV BAß. BWV 73/3 |
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ACH, UNSER WILLE BLEIBT VERKEHRT, / BALD TROTZIG, BALD VERZAGT, / DES STERBENS WILL ER NIE GEDENKEN ; / ALLEIN EIN CHRIST, IN GOTTES GEIST GELEHRT / LERNT SICH IN GOTTES WILLEN SENKEN / UND SAGT: [suit immédiatement l’aria [4].
Hélas, notre volonté demeure dans le faux, / Tantôt rétive, tantôt pusillanime, / Et se refuse toujours à penser à la mort ; / Seul un chrétien instruit dans l’esprit de Dieu / Apprend à s’incliner devant la volonté de Dieu et dit:
Ut mineur (c) – ut mineur (c), 8 mesures, C
BG Jg. XVIII. Page 100. Recitativo. Basso. / Continuo. A la fin « attaca : »
NEUMANN Récitatif secco. Baß, B.c.
SCHMIEDER. Basso, Continuo
SCHREIER: [Les sections [3] et [4] marquent une forme d’incertitude et d’inquiétude, traduisant la volonté vacillante de l’homme devant la constance divine…Motif descendant sur « senken – s’incliner »]
BOMBA: «…Dans le récitatif ce mot associé à « trotzig » appelle les voix chantées à faire des sauts audacieux sur une basse descendante chromatique ».
DÜRR: «…Alfred Dürr voit dans ce récitatif une allusion au verset 9 du chapitre 17 du prophète Jérémie. Les mots « perverti (faux) », obstiné (rétive), et « pusillanime, ont a nouveau donné l’occasion à Bach de choisir une expression musicale appropriée à la signification du texte ».
SCHREIER: «…Harmonies extrêmes. Accord de 7e diminuée. Les mots «verkehrte », « Trotzig » sont exprimés par des intervalles ascendants ensuite inversés sur le mot « verzagt ». Sur la 2e mesure signifiant l’image du péché, une relation non harmonique, symbole baroque de la séparation d’avec l’ordre divin ».
WHITTAKER: Ce récitatif contient sur « Allein unser Wille bleibt verkehrt - Hélas, notre volonté demeure dans le faux, / Tantôt rétive, tantôt pusillanime » des harmonies chromatiques mais devient plus harmonieux sur les paroles « Allein ein Christ, in Gottes Geist gelehrt - / Seul un chrétien instruit dans l’esprit de Dieu », préparant le début de l’aria suivante sur Herr, so du willt…» |
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4] ARIA BAß. BWV 73/4 |
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HERR, SO DU WILLT, / SO PREßT, IHR TODESSCHMERZEN, / DIE SEUFZER AUS DEM HERZEN, / WENN MEIN GEBET NUR VOR DIR GILT. - / - HERR, SO DU WILLT, / SO LEGE MEINE GLIEDER / IN STAUB UND ASCHE NIEDER, / DIES HÖCHST VERDEBTE SÜNDENBILD, - / HERR, SO DU WILLT, / SO SCHLAGT, IHR LEICHENGLOCKEN, / ICH FOLGE UNERSCHROCKEN, / MEIN JAMMER IST NUNMEHR GESTILLT.
Seigneur, si telle est ta volonté, / Que les tourments de l’agonie / Arrachent les derniers soupirs à mon cœur, / Pourvu que ma prière ne s’adresse qu’à toi. / Seigneur, si telle est ta volonté, / Dépose mes membres / Dans la poussière et de la cendre, / Dépose mes membres / Dans la poussière et la cendre, / Déposes-y ma dépouille, image corrompue du péché. / Seigneur, si telle est ta volonté, / Que retentisse le glas mortuaire, / Je m’y rends, impavide, à son appel, / Mon affliction ayant enfin trouvé l’apaisement.
Ut mineur (c), 75 mesures, 3/4
BG Jg. XVIII. Pages 101-103. Violino I. / Violino II. / Viola. / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Streichersatz, B.c. Baß
SCHMIEDER. Partie de cordes. Baß, B.c. Sans strophes vraiment marquées
AUDUS: «…Une des arias les plus imposantes de Bach, dont la forme est encore ici inhabituelle car elle se constitue de trois strophes de quatre lignes commençant chacune par les paroles « Herr, wie du willt » et étant suivies d’une coda répétant ce motif. Chacune de ces trois strophes offre un exemple de l’attention que Bach apportait aux détails du texte (dans la troisième strophe, le pizzicato des cordes symbolise une fois encore le glas), tandis que l’élément répétitif du texte lui inspire une construction musicale quasiment identique au leitmotiv ».
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 305]: «… le pizzicato des cordes scande le temps (Renvoi aux cantates BWV 95/5 et BWV 127/3) …extraordinaire aria de la basse à la singulière structure formelle strophique (que l’on peut représenter par le schéma A A’ A’’ – a étant une coda) mais conçue avec une assez grande liberté. Cette page qui reprend l’idée exprimée dans le dernier verset du choral [1] et le répète au début de chacune des strophes et de la coda, est d’une exceptionnelle beauté, particulièrement dans la troisième strophe (notez le pizzicato qui imite la cloche des morts, la Leichenglocke, avec un effet semblable à celui déjà du dans BWV 95/5, le tintement de la dernière heure et dans les précieuses broderies de la coda ».
BOMBA: «…L’air se développe à partir d’un motif que la voix de basse impose immédiatement. Bach oppose au texte de cet air qui a une forme inhabituelle en trois strophes, une structure en trois parties. Cette section est dominée par différentes figures rhétoriques, à nouveau en conformité avec le texte des soupirs, des lignes descendantes et, à la fin, le « glas mortuaire » pincé. Les paroles « Herr, wie du willt » et le motif de base complètent le morceau revenant avec insistance avant que le choral n’achève la cantate ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 193-194]: « l’aria de basse et cordes est un véritable morceau de musique de chambre qu’on pourrait transcrire pour quintettes à deux violoncelles, la voix de basse confiée à un premier alto, le continuo au second. Quelques mots en pizzicati sur les mots « So schlagt, ihr Leichenglocke » dans cette aria la mettent dans la catégorie des thèmes de glas funèbre ».
DÜRR: ...Structures. Devise « Herr, so du willt ». Strophe 1 (ligne 1) : Motif principal avec motif des soupirs et partie instrumentale encastrée. - Strophe 2 (ligne 2) Variations du motif principal avec ligne mélodique descendante et partie instrumentale encastrée. - Strophe 3 (ligne 3). Motif principal en variation. Pizzicati et motif du glas. - Coda « Herr, so du willt ». Motif principal varié et parties instrumentale encastrée
FINSCHER: «…Bach dépeint une fois de plus, en couleurs sonores plus sombres, les épouvantes de la mort, bien que le texte de l’air, de nouveau concentré sur la devise « Herr, wie du willt » parle de soumission « impavide » au décret de Dieu. La cantate atteint son apogée, dans un climat funèbre, avec cet air qui enlace de manière extrêmement serrée la déclamation puissamment expressive de la partie vocale et le contrepoint chromatique de la musique jouée par les cordes, où retentit en onomatopée musicale le glas mortuaire ».
HIRSCH: « Le thème principal de cette section est entendu à quatorze reprises à la basse et sept fois dans les cordes = symbolique ? ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, I, pages 122-123]: « Dans l’air de basse, Bach nous enseigne le secret de la paix véritable que la peur de la mort corporelle ne saurait troubler. Ce n’est nullement le mépris ou le dédain de la mort que prêche cet air accompagné par les cordes ; au contraire l’âme de Bach s’exalte à la pensée de l’union définitive qu’elle signifie. C’est assurément un de ses plus beaux airs que Bach a écrit ici. Comme le premier chœur, il est en trois grandes séquences ponctuées chacune par le cri : « Dieu, comme tu le veux ! » Et lorsque le texte fait allusion aux cloches funèbres, les pizzicati des cordes les symbolisent, mais sans rien de macabre, ils font songer plutôt à l’air du cahier pour Anna Magdalena « Schlumert ein, ihr matten Augen » et prennent l’allure d’une berceuse spirituelle. On peut remarquer aussi que le motif de ces cloches n’est guère différent de celui qui accompagne au piano le Ständchen bien connu de Franz Schubert… »
PIRRO: [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, page 73]: «…Bach a toujours usé avec intention des motifs formés ainsi de sons voisin. Il les associe constamment à des paroles de signification douloureuse… Nous trouvons le même motif précédé d’un grand intervalle montant, semblable à une effusion plaintive de la voix. Bach le fait entendre quand le texte évoque l’idée de tristesse … » [+ Exemple musical, BG XVIII, page 102, sur les mots « Dies höchst verderbte Sündenbild - image corrompue du péché »]. Renvois aux cantates BWV72/ et 181/2.
[La Formation rythmique des motifs, page 117]: «… le dessein de Bach est en effet d’imiter par le chant discontinu la prière entrecoupé de sanglots, l’imploration haletante… La même intention se révèle dans sa coutume de rompre par un silence la déclamation des mots « Seufzer – soupir » et « seufzen – soupirer » . Représentation des soupirs [+ Exemple musical, BG XVIII, page132]. Renvois aux cantates BWV 186, 135 et Oratorio de Pâques.
[Le Commentaire de l’accompagnement instrumental, page 174] : « Formule rythmique… démarche de la basse… ondulation morne, quand le chanteur en vient à ces paroles « Alors, douleurs de mort, arrachez à mon cœur des soupirs », BG XVIII, page 101…. [page 191] : « Bach accompagne de motifs entrecoupés, soutient à peine la voix, quand les paroles expriment l’incertitude, l’angoisse de l’attente, les soupirs, les gémissements…les violons chantent une mélodie entrecoupée, à l’imitation de la voix sur les mots « Douleurs de la mort, arrachez les soupirs à mon cœur ». BG XVIII, page 101.
[L’orchestration, page 202]: « Dans le bel air de basse, le chanteur s’écrie: « Sonnez, cloches funèbres », le bourdonnement des notes détachées et vibrantes enveloppe la mélodie. BG XVIII, page 102. Renvois aux cantates BWV 8, 95, 127, etc.
[Les Formes, pages 304-308]: « Quant au conseil donné par Hunold de changer de mélodie pour chaque groupe de vers, Bach le met aussi en principe. Dans la cantate BWV 73, il écrit un chant différent pour chacune des trois propositions que l’air de basse comprend… Bach récite phrase par phrase ce poème de la soumission chrétienne. Il n’en passe aucun détail : toutes les images du texte rayonnent dans la musique, non point d’ailleurs avec éclat, avec cette vanité d’expansion que l’on remarque dans certains airs trop riches…Bach en reste ici à la déclamation, complétée par le discours de l’orchestre… thème que Bach a coutume d’employer pour évoquer l’idée de sépulture, que les violons font entendre… la pensée de la mort se présentainsi tout d’abord… Un autre motif s’y joint, le motif de la volonté, motif droit et vigoureux, formé d’un grand intervalle consonant, suivi de notes répétées dont le rythme est énergique [+ Exemple musical, BG XVIII, page 101]. Ces deux motifs se mêlent, dans l’accompagnement de la première phrase du chant, et cette phrase elle-même est basée sur un des thèmes de la douleur et de la mort. Il est facile de découvrir, dans cette progression descendante que le compositeur organise en répétant les paroles, la suite chromatique si fréquemment usitée au XVIIe siècle dans les scènes funèbres [+ Exemple musical sur les mots « Herr, so du willt. ». Dans l’accompagnement des mesures suivantes, parait le motif uniforme de l’assoupissement. Ici, il a presque le monotone ronflement d’un râle d’agonie. D’autre part, le violon redit les plaintes entrecoupées de la voix. Mais, au milieu de cette description réaliste des soupirs, et tandis que le chanteur accentue douloureusement le mot qui évoque les affres de la mort. Bach rappelle, par quelques notes qui dominent, le thème de la volonté de Dieu [+ Exemple musical]. Ce motif insistant a, dans cet air, la même importance expressive que le bref refrain du cor dans le premier chœur de la même cantate. Il y résonne avec une violence toujours inattendue. On l’attend sans cesse, et pourtant il ne frappe qu’à l’improviste. C’est un étrange symbole de la fatalité… L’orchestre est entièrement consacré aux descriptions, à partir du moment où le texte suggère des images précises d’ensevelissement. Nous y retrouvons alors des signes que Bach nous a rendus familiers : des gammes descendantes et des accords lentement répétés, figures de ruine, de chute, d’évanouissement. Enfin, les cloches tintent sourdement. Les motifs distincts de l’orchestre sont remplacés par un bourdonnement grave de notes jouées pizzicato… C’est une quiète prière de cloches, qui berce le repos de l’âme élue. Le chant, d’ailleurs, a des passages unis, pour dire la marche confiante du chrétien vers les régions sereines… une reprise des paroles « Seigneur, si tu veux » forme la conclusion, où reparaissent les dessins d’orchestre tracés, précédemment… L’équilibre de cette composition est ainsi assuré par l’intervention du quatuor… on pourrait presque dire que cet air, dans la partie vocale, n’est qu’un long arioso, accompagné par les instruments, d’un air à la manière italienne, avec une exposition, une sorte de développement, un second motif, et enfin une reprise…»
PIRRO [J.-S. Bach – Les cantates de 1704 à 1725, pages 122-123]: « La basse déclame avec amour le poème de l’anéantissement, rythmé par le glas de l’orchestre, et entrecoupé de ces apostrophes enflammées: « Seigneur, si tu le veux…»
SCHREIER: « Trois groupes de motifs. Le principal revient à 16 reprises. 2) le motif des parties instrumentales. - 3 : un motif de trois notes répété de manière variée avec le thème des soupirs (retrouvé dans BWV 105. Ils déterminent le caractère inconditionnel de la volonté divine qui ne saurait être soumise à aucune exigence humaine ; Ce serait [éventuellement] le symbole « Trinitaire », les trois « personnes » de la Trinité
SCHWEITZER [J. –S.. Bach. Le Musicien-poète- Le langage musical des cantates, page 259]: «…Il n’est pas rare de rencontrer trois thèmes dans le même morceau . On se souvient que dans l’air « Herr, so wie du willt… » interviennent trois motifs: le premier pour exprimer les soupirs, le second pour décrire l’anéantissement, et le troisième qui imite le glas funèbre…»
WHITTAKER: Forme d’un libre rondo …ce morceau étant globalement de caractère « dramatique » … Motif de la démarche sur « Ich folge unerschrocken - Je m’y rends, impavide, à son appel »… sur une superbe image pacifiée… mais le retour du glas indique que cette paix ne peut être atteinte que dans la tombe… de même que le retour à la forme modifiée du rondo est remarquable
ZWANG: « L’aria s’inspire de Bist du bei mir de Gottfried Heinrich Stölzel (1690-1749), compositeur de la Cour de Gotha et collègue de Bach à la Société savante Mitzler. Cet air se trouve dans le Klavierbüchlein pour Anna Magdalena Bach ».
[Le thème du glas funèbre dans BWV 8/2, 161/4 (1714), BWV 31/8 (1715), BWV 95/4 (1723), BWV 105/4 (1723), BWV 127/3 (1723), BWV 198/4 (1727) et "éventuellement" BWV 53]. |
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5] CHORAL. BWV 73/6 |
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DAS IST MEINES VATERS WILLE, / DER UNS ERSCHAFFEN HAT ; / SEIN SOHN HAT GUTS DIE FÜLLE / ERWORBEN UNS AUS GNAD ; / AUCH GOTT DER HEILGE GEIST / IM GLAUBEN UNS REGIERET, / ZUM REICH DES HIMMELS FÜHRET, / IHM SEI LOB, EHR UND PREIS!
Telle est la volonté du Père, / Qui nous a créés ; / Son fils nous a dispensé à profusion / Bienfaits et grâce ; / Et Dieu, l’Esprit Saint, / Nous gouverne lui aussi dans la foi / Pour nous conduire au royaume céleste. / Qu’il soit loué, honoré et glorifié !
-Texte de la dernière strophe du cantique de Ludwig Helmbold (1563) sur la mélodie (anonyme?) Von Gott will ich nicht lassen »
Ut mineur (c), 16 mesures, C.
BG Jg. XVIII. Page 104. (Mélodie : « Helft mir Gotts’ güte preisen – Von Gott will ich nicht lassen).
Soprano (Corno. Oboe I. Violino I col Soprano) / Alto (Oboe II. Violino II Coll Alto) / Tenore. ( iola col Tenore) / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Chor ; Ensemble instrumental (Horn ; Oboe I, II, cordes; B.c.). Simple choral harmonisé.
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Cont. (Cor, Ob. I, Viol. I col Sopr. ; Ob. II, Viol. II coll’ Alto ; Vla. Col Tenor
AUDUS: « Le motif d’ouverture de l’aria [4] est évoqué par les premières notes du choral final - une mise en musique de la dernière strophe du cantique Von Gott will ich nicht lassen de Ludwig Helmbold (1563) ».
BOMBA: « Des lignes remarquables, tracées dans la basse (descendantes sur « Das ist des Vaters Wille » et ascendantes sur « Zum Reich des Himmels führet » ainsi que la fin en ut mineur prouvent à nouveau que Bach possédait la faculté de relier également et précisément dans la petite structure un message individuel et d’exégèse avec le texte ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 193-194]: «Choral harmonisé de type I, mélodie de choral (MdC) 099
FINSCHER: «…C’est seulement avec la modulation vers la tonalité d’ut majeur, à la toute dernière mesure du choral final que l’œuvre conduit au bilan théologique proprement dit : « Lob, Ehr und Preis - Qu’il soit loué, honoré et glorifié ! »
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, page 122]: « La cantate se termine par le choral traditionnel dans lequel les voix sont soutenues par l’ensemble des instruments: c’est ici la dernière strophe du cantique Von Gott will ich nicht lassen de Ludwig Helmbold composé en 1563, et chanté sur la mélodie de ce même cantique. C’est la doxologie trinitaire unissant volonté, grâce rédemptrice et esprit de joie, les trois idées de base de la cantate et aussi en quelque manière les fonctions des trois personnes de la Trinité dans l’économie du salut. On peut imaginer l’effet que dut produire cette grande fresque expressive aux formes si variées et si neuves, surtout après les années du cantorat de Kuhnau, musicien point indifférent sans doute, mais dont les plus belles inspirations sont loin d’atteindre à l’envergure de celles de Bach ».
SCHREIER: « La ligne mélodique des versets 1, 3 et 6 est modifiée. Harmonisation parfois homophone. Cadences (élaborées dans les voix inférieures) sur « wille », ligne 1: « Fülle », ligne 3 et « regieret » ligne 6. La partie d’alto souligne les mots uns erschaffen hat », à la ligne 2, par des mélismes ainsi que sur les mots « und genad ». Des mélismes également sur les mots « Lob, Ehr und preis »]. |
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BIBLIOGRAPHIE BWV 73 |
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Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). [1]. MdC 112 = B n° 335
.[5]. MdC 99 = B n° 191 (114, 331, 363)
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). [1]. MdC 112 = C n°386 (383-385 – 377-388)
[5]. MdC 99 = C 328 (324-327=
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NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Page 98
Literaturverzeichnis : (renvois). Pas de référence
Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bach. Bach-Archiv 20 novembre 1970. Page 23 (1724)
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages page 55, 422, 424 (fac-similé) et 512
NYS, Carl de: Cantates à Saint-Thomas (I). Collection « Les Grands Musiciens ». Pierre Horay 1957. Pages 120-127
PBJ : Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
PFENDER, Marcel: Jean-Sébastien Bach / Chantre de Dieu. Editions « Je sers ». Paris.1943. Page 101
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages122-123
L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973 Pages 61 [1] - 73 [4] - 117 [4] - 174 [4] - 191 [4] - 202 [4] - 240 [1] - 267 [1] - 304-306 [4]
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Pages (édition 1973): 97-98, 393
Literatur: Spitta - Schweitzer - Pirro - Parry - Voigt - Wustmann - Wolff - Terry - Moser - Neumann - BJ 1904 ; 1906 ; 1914 ; 1932. Bach Fest (BFB A. Heuß (1933)
SCHREIER, Manfred: Notice de l’enregistrement Erato / Rilling. Traduction de Carl de Nys. Août 1972
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 162, 167, 259
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Volume 2, pages 117, 193, 382, 461, 463 (note)
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ». Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Tome 2, pages 413-415, 435, 680-681
TIÉNOT, Yvonne: J.-S. Bach. Henri Lemoine, 1951. Chronologie. La citation Luc 55, 42 [PBJ 1578] Revoir
WESTRUP, Jack. A., Sir: Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975 VOIR
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Tome 2, pages 518-529
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman [Vol. 10]
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 67-68
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 59, pages 126-127
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005 |
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DISCOGRAPHIE BWV 73 |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (12’01). Herreweghe (13’49). Koopman (11’32). Leonhardt (14’55). Leusink 13’29). Ramin (15’29). Rilling (16’27). Suzuki (12’42).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron, complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR, février 2009]
8 références (janvier 2001 - décembre 2005) + 3 mouvements individuels (janvier 2001 - juillet 2006)
Exemples musicaux: Aryeh Oron
6] GARDINER. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Janvier 2000
CD Archiv- Produktion. 463582-2. 2000
4] HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Décembre 1990. Avec BWV 131, 105
CD Virgin Classics VC 7 59237 2 D 567 (1992)
Reprise coffret Virgin Classics (1999-2003) 7243 5 61721 28. Avec 131, 105, 39, 93, 107 et Messes
5] KOOPMAN [Volume 10] The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1998
CD Erato 8573 80320-2. 2000. Reprise Antoine Marchand (ca 2003)
3] LEONHARDT. Knabenchor Hannover. Collegium Vocale, Gent. Leonhardt-Consort. 1977. Version avec l’orgue au lieu du Cor
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 19] 6.35341-00-501-503 (SKW 19/1-2 BR 1). 1977
CD (D). Teldec 4509-91758-2 Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 4. (coffret avec les cantates BWV 61 à 78)
CD Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 19] 8-44279 ZK (242573-2) 1977-1989..
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics [Vol. 22] 8573 81188-5. 2007. BWV 70-73
7] LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Bach Edition. Kantaten. Janvier, février 2000
CD Brilliant Classics. Vol.14 - Cantatas Vol. 7
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics 93102 - IV/2/78. Avec BWV 125, 157
1] RAMIN. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Enregistrement, février 1954.
Disque Corona RDA VEB, 1963 ?
Disque Eurodisc 89814 XGK. Volume 1. 1976. Avec 36, 42, 43, 57, 67, 106, 111, 128, 131
CD Berlin Classics 090922BC. Historische Aufahmen mit Günther Ramin. Coffret de 9 CD. 1997. Avec BWV 41, 111
CD « Cantatas II – Bach in Germany ». Vol. I/2. A Leipzig Classics 001802 2BC. 1999. Avec BWV 41, 111
2] RILLING. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart [1]. Bach-Collegium Stuttgart. Février 1971. Octobre 1982 (mvt. 5)
[BWV 73/5 = Gächinger Kantorei Stuttgart]
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98664 et CLV 71914. Avec BWV 178
Disque (F). Erato Les grandes cantates [Vol. 3] STU 70784. 1973. Avec BWV 178 [ex D. 379
CD. Die Bach Kantate [Vol. 23]. Hänssler Classic Laudate, 98.8. 1981. Avec BWV 13 et 111
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 23]. Hänssler-Verlag 92.023. 1999
8] SUZUKI [Vol.17] Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women’s University. Première quinzaine de mars 2001
CD BIS 1221. (F = 2002). Avec les cantates BWV 153, 154 et 181
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 73
M-1. Mvt. 4]. Karl Forster. Berliner Philarmoniker. D. F. Dieskau. Disque EM, mai, juillet 1958. Reprise en CD
M-2. Mvt. 1]. Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin des années 50 ou 60
Disque Baroque Music Club puis reprise CD
M-3. 5]. Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
Bach Edition 2000. CD Brilliant Classics: Bayer Record. Volume 17. Œuvres vocales, volume II.
Reprise Bach Edition 2006. Brilliant Classics V-93102/26-132 |
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ANNEXE BWV 73
Philipp Spitta |
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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes
Tome 2, pages 413-415
« Le Choralchorsatz du début faisant incidemment allusion à un passage de l’Évangile, révèle une forme nouvelle. Le fait que des parties récitatives y soient intercalées fait repousser l’idée d’une cantate due à Melissander. Par contre nous retrouvons semblable façon dans les textes spirituels de Picander. Le dernier air de la cantate « Ich lass dich nicht » (BWV 157/4) est similaire sur ce point à celui écrit pour le 3e dimanche après l’Épiphanie 1729. Aussi pouvons-nous conclure que le livret de cette cantate [BWV 73] est bien de lui. Le choral est à quatre parties et aussi peu homophone que les voix développant des imitations indépendantes. De même, le discours instrumental est indépendant. Avant et entre chaque ligne du choral, une ritournelle vient, toujours la même mais modifiée en tonalité à chaque reprise, pouvant être ainsi considérée comme un « accompagnato » récitatif. Une utilisation particulière est aussi faite de l’un des sujets du choral : Un cor en « cantus firmus » (remplacé plus tard par un positif à l’église Saint-Thomas, prélude et fait valoir, accompagné par les cordes le début de la mélodie en forme altérée puis diminuée. C’est notamment le cas sur les mots « Herr wie du willt » à chaque fois [+ exemple musical]. A la fin, après l’intervention du chœur, on se rend compte que l’idée de Bach a été conçue pour les instruments. Trois fois et à nouveau coupé de longs intervalles, nous entendons le bref cri jaculatoire « Herr, wie du willt » s’arrêtant à la fin sur une « septième » dominante au moment où les instruments concluent eux-mêmes sur une cadence. Mais l’ensemble de la teneur de cette singulière coloration tonale ne se révèle que quand nous arrivons à l’air de basse [4] précédant le choral final [5]. Le texte est constitué par trois versets de quatre lignes chaque, tous commençant sur les paroles « Herr, wie du willt ». Bach a désigné ce mouvement comme étant un air alors qu’il s’agit assurément d’une forme de sa propre invention. Il travaille alors avec le souci de rappeler le premier chœur [1] et de montrer combien il était pénétré de ce cantique quand il l’a élaboré. Le thème en est donné sans préambule instrumental [exemple musical] mais thème repris successivement en diminution et rythmé avec obstination. L’accompagnement en doubles croches est également emprunté au premier chœur [1]. L’état d’âme d’un homme s’inclinant humblement devant le « jugement inéluctable » du Tout-Puissant est ainsi exprimé avec une profonde ferveur. A partir du moment où les cordes en « pizzicati » imitent le battement du glas, une vision pacifiée paraît se faire jour à travers la porte lugubre de la mort. » |
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Contributed by Claude Role (February 2009) |
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