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C. Role. Avril  2011
CANTATE BWV 59
WER MICH LIEBET, DER WIRD MEIN WORT HALTEN I
Celui qui m’aime gardera ma parole et mon Père l’aimera
 
KANTATE ZUM 1. PFINGSTATG
VOIR Cantatate pour le premier de la Pentecôte
1716 ? Leipzig, 16 mai 1723… 29 mai 1724 ?
  
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Angleterre = Grande Bretagne
(H) = Si → h-moll = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition autographe originale
Ost = Original Stimmen. Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident » remarquable.


DATATION BWV 59

? Weimar 1716 - Leipzig, 16 mai 1723… Pentecôte 1724.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 98] : « … Bach fut –peut-être- amené à anticiper ses débuts [à Leipzig] le jour de la Pentecôte 16 mai 1723 en écrivant une cantate (BWV 59), cela afin de se confirmer à l’obligation faite au Thomaskantor de pourvoir aux besoins du service liturgique (Alt-Gottesdienst) de l’église Saint-Paul (Université).
[Volume 2, pages 602/603] : «… Sur les origines et les destinées que connut la cantate BWV 59… on a beaucoup discuté. Après que l’on eut rejeté les conclusion de Spitta (qui voulait faire remonter l’œuvre à 1716) et adopté celles de Schering (BJ 1938, page 75), fixant l’exécution de cette cantate lors d’un service liturgique célébré en l’église de l’Université, Dadelsen et Dürr ont pu établir que la partition avait été réalisée avant 1724, alors que les parties avaient été prépares pour l’exécution du 28 mai 1724, ce qui pourrait signifier que l’œuvre avait déjà été donnée à Saint-Paul le 16 mai 1723, une semaine avant que Bach ne vint s’installer définitivement à Leipzig…»
BOMBA :  [Précédant l’exécution de la cantate BWV 75 le premier dimanche après la Trinité, 30 mai 1723, le 7 février 1723, les paroissiens de Leipzig qui auraient préféré comme Cantor de Saint Thomas l’obligeant Telemann plutôt que cet intrigant de Bach, avaient entendu les deux cantates d’essai BWV 22 et BWV 23 et peut-être même à la Pentecôte de la même année, la cantate BWV 59 si Bach a joué ce morceau dans l’église de l’Université ». 
BRAATZ [BCW, 25 mai 2002] : «…Plusieurs dates exécutions : Leipzig 1731 (par Zelter). Weimar 1716 (par Spitta). Weimar, 31 mai 1716 (par Terry rejoint par Whittaker). Leipzig (Université) 1723 (Schering). 16 mai 1723 et reprise le 28 mai 1724 (Alfred Dürr – Arnold Schering, ainsi que par la NBA, compte tenu des filigranes).
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 596 à 599] : «…On est fort peu informé sur la genèse et les conditions d’exécution de la cantate. Il est depuis longtemps admis qu’elle a été exécutée le jour de la Pentecôte 1724… Mais il n’en est pas moins vrai que a partition autographe laisse supposer une exécution à Leipzig dès 1723, donc le 16 mai, dimanche de la Pentecôte…Il est possible que Bach ait préparé cette cantate pour la faire exécuter le 16 mai 1723, avant même son arrivée à Leipzig le 22 mai…on suppose… que l’exécution aurait eu lieu en l’église Saint-Paul de l’université, ou au début de son cantorat Bach avait à faire entendre une cantate pour les quatre grandes fêtes de l’année, Noël, Pâques, Pentecôte, anniversaire de la Réforme…»
DÜRR. Chronologie 1723 : *BWV 59 (16 mai) – BWV 75 (30 mai) – BWV 76 (6 juin) – BWV (reprise le 13 juin) – BWV 185 (reprise, 20 juin) - BWV 24 (20 juin).
FINSCHER : «…cette cantate fut probablement exécutée en 1724 dans l’église de l’Université de Leipzig - ce qui pourrait expliquer la distribution modeste de l’œuvre, sa forme tout à fait insolite et le fait curieux que Bach n’ait mis ici en musique que les quatre premiers morceaux du texte d’Erdmann Neumeister… Peut-être Bach lui-même ne fut-il pas satisfait de l’ouvrage, car il l’élargit plus tard pour en faire la grande cantate de la Pentecôte BWV 74… »
GARDINER : «…Alfred Dürr a formellement établi que l’autographe de cette cantate avait été rédigé pour le dimanche de Pentecôte 1723 au plus tard, bien que les parties séparées qui nous sont parvenues datent de l’année suivante. Il semble que l’œuvre ait pu être assemblée par Bach, reprenant un matériau antérieur, avant qu’il ne quitte Coethen. Bach se présenta-t-il à son nouveau public de Leipzig en ce jour important en faisant entendre cette cantate en quatre mouvements à l’église de l’Université le dimanche de Pentecôte 1723 (16 mai), deux semaines avant son arrivée, différée, dans la cité… 
HERZ : 1716 ou 1723.
HIRSCH : Classement CN 39 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). Cette cantate, si l‘on suit la chronologie d‘Alfred Dürr, aurait donc été exécutée une quinzaine de jour avant la cantate BWV 75, celle-ci généralement considérée comme la toute première, une fois Bach ayant pris officiellement son poste de Cantor…mais par ailleurs cette cantate BWV 59 semble avoir été à nouveau entendue le 29 mai 1724 , cette fois pour le lundi de Pentecôte… et figurerait alors dans le premier cycle (I. Jahrgang) des cantates de Leipzig, période allant du 30 mai 1723 au 4 juin 1724.
MACIA [Tout Bach, pages 133/134] : « Cette brève cantate, aux effectifs réduits… a suscité beaucoup de commentaires et d’hypothèses musicologiques. Elle fut créée lors de la première Pentecôte de Bach à Leipzig en tant que Cantor [donc comme l’écrit Gilles Cantagrel, à la Pentecôte 1724] et jouée probablement après une reprise de la cantate BWV 172 datant de Weimar. L’absence d’une troisième trompette et d’autres instruments à vent, ainsi que son allure tronquée (n’y sont utilisées que quatre des sept parties du poème de Neumeister et le choral final est absent) laissent penser que Bach la fit peut-être jouer un an plus tôt [mai 1723] à l’université de Leipzig, où il était présent sans être encore à son poste…»
NYS, Carl de [Mazamet 1972] : «…il y eut une expérience du même genre pour la fête de la Pentecôte. Il semble que pour la Pentecôte de 1723, la première de son cantorat, Bach ait écrit la cantate BWV 59, qui ne fait appel qu’à des moyens assez limités dans tous les domaines. Les parties autographes permettent d’établir qu’il la reprit encore l’année suivante. Mais en 1725 il estima que ses auditeurs, les fidèles de Saint-Thomas, étaient susceptibles d’apprécier une toute autre musique. C’est alors qu’il composa la cantate BWV 74 dans laquelle il reprit, en les transformant, deux mouvements de la cantate BWV 59, sur un texte nouveau de Marianne von Ziegler ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 93] : Philipp Spitta date de 1716 la cantate tirée de la quatrième année de Neumeister ».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular, page 103] : «…La cantate fut exécutée dans la chapelle du château de Weimar le 31 mai 1716 ». Neumeister en est le librettiste…
[Volume 2, pages 47/48] : la cantate BWV 74 est une adaptation partielle de la cantate BWV 59 écrite en 1716 ». 
WOLFF : « Cantate exécutée –peut-être- le 16 mai 1723 à l’office de l’Université, à la Paulinerkirche ».


SOURCES BWV 59

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB/SPK. Mus. ms. Bach P 161 T. Staatsbibliothek Preußicher Kulturbesitz  (ex RFA). Anciennement Tübingen, Universitätsbibliothek

BGA : (Wihlelm Rust - 1863). Titre pris à la couverture : „Concerto, Ferria 1ma Pentecostes | „Wer mich liebet, der wird mein Wort halten“ | a 2 Tromba, Tamburi, 2 Violini, Vila, C. A. T è B.C Fond : (di J. S. Bach 1731)“.
BRAATZ [BCW, 25 mai 2002] : «…Les deux partitions autographes ainsi que les parties séparées des cantates BWV 59 et 74 faisaient partie de l’héritage de Carl Philipp Emmanuel Bach [Ceci n’a pas été ratifié par Alberto Basso, en ce qui concerne la cantate BWV 59]. La cantate BWV 59 a passé à la Singakademie de Berlin [sans doute par le biais de Carl Friedrich von Zelter (1758 - 1832) violoniste, chef d’orchestre. et membre de la Singakademie de Berlin] avant que d’être définitivement conservée à la Bibliothèque Royale de Berlin en 1854
HERZ : Le copiste serait Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760), à Leipzig de 1723 à 1729.
Filigrane : « IMK ».
SCHMIEDER : 6 feuilles et 12 pages de musique avec couverture et de la main de Zelter : « di J.S. Bach 1731 »
Ce manuscrit comporte en haut de la dernière page une esquisse du chœur fugué Wer an ihn glaubet de la cantate d’église (Kirchen Kantate)
BWV 68/5.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
BB/SPK St 102 M. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek ; Berlin-Dahlem.
Il existe deux jeux de parties séparées.
SCHMIEDER : 9 parties (in 4°), 2 parties (oblong).

COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 162 M. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek ; Berlin-Dahlem.

SCHMIEDER : marqué „1731“. Huit feuilles, in 4°. Référence : Ms P 162.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BGA. Jg. XII2 (douzième année). Pages 153 à 168. Préface de Wihlelm Rust (1863). Cantates BWV 51 à BWV 60.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 13. KANTATEN ZUM 1. PFINGSTTAG
Bärenreiter Verlag BA 5015. 1959. Heraugegeben von Dietrich Kilian. 4 fac-similés.
BWV 59. Pages 67 à 82. BB. Mus. ms. Bach P 161, Bl. 1r .
Avec les cantates BWV 172, 74 et 34.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5015 41. Dietrich Kilian.
[La partition de la NBA/ Bärenreiter-Verlag Kassel (1959) est dans l’enregistrement Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 15. 1976].

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics. | Bach | Bärenrreiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 5. Bärenreiter TP 1285. 2007. Serie I. Band 13. Kantaten zum I. Pfingsttag.
Faksimile : BWV 59. Début de la partition.
BWV 59. Pages 67 à 82. Bärenreiter-Verlag. Kassel 1979.
BÄRENREITER : Partition de poche. Kilian (NBG) 1963. BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano. BREITKOPF & Härtel. Partition PB 2909. Partition du chœur ChB 1470. Réduction pour piano (Todt) = EB 7059.
2011. Partition (16 pages) = PB 4559. Réduction chant et piano (20 pages) = EB 7059. Partition du chœur (4 pages) = ChB 4559. Parties séparés (6 - orgue, violons I, II, Viola, violoncelles et vent) = OB 4559.
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition 40 pages) (Partitur) = CV 31.059/00. Partition d’étude (Studienpartitur) = CV 31.059/07 ?. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = CV 31.059/03. Partition du chœur (Chorstimmen) = 31.059/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = CV 31.059/09 (trompettes I, II = 31.059/31 et 32) – Timbales = 31.059/41. Parties séparées = 31.059/11 à 14 (Violon I, II, alto et violoncelle).
KALMUS STUDY SCORES. N° 821. Volume XVII. New York 1968. Avec les cantates BWV 58 à 62.


PÉRICOPE BWV 59

Dimanche de Pentecôte. Même occurrence, les cantates BWV 34, 74 et 172.
Épître : Actes des Apôtres 2, 1 à 13 [PBJ. 1625]. La Pentecôte. Descente de l’Esprit Saint sur les disciples assemblés.
Évangile : Jean 14, 23 à 31 [PBJ. 1611] : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure ».
Pour la même occurrence (la Pentecôte) renvoi aux cantates BWV 34, 59, 74.

EKG. Pfingsten. Pentecôte.
Entrée : Zaccharie 4, 6.
Psaume 118, 24 à 29.
Cantique EKG 98 Komm, heiliger Geist, Herre Gott.
Épître : Actes des Apôtres 2, 1 à 13 [PBJ. 1625].
Évangile : Jean 14, 23 à 31 [PBJ. 1611].

BCW : Aryeh Oron citant l’ouvrage d’Alec Robertson : « Il est étonnant qu’aucun des quatre livrets mis en musique pour la Pentecôte ne fassent allusion à la descente du Saint Esprit, relatée dans les Actes des Apôtres 2, 1 à 13, lecture assignée à ce dimanche… Bach aurait pu décrire le « vent tumultueux et les langues de feu…». [Repris de Whittaker ?]


TEXTE BWV 59

[Première cantate à porter le titre de “Wer mich liebet, der wird mein Wort halten” (1723-1724…). La cantate BWV 74, même titre, (le 20 mai 1725) en reprend les mouvements 1 et 2].
Texte d’Erdmann Neumeister, pasteur et poète (Üchtritz / Weissenfels, 12 mai 1761 - Hambourg, 18 août 1756).
Plusieurs recueils des poèmes de cet auteur, imprimés entre 1714 et 1717, sont connus. Werner Neumann, dans son ouvrage Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte (page 509) en donne (en fac-similé) quelques exemples. Ils contiennent en totalité ou partiellement le texte des cantates BWV 61, 28, 18, 59 (page 296) et BWV 24.
Recueil (4e année) Geistliche Poesien mit untermischten Biblischen Sprüchen und Choralen (Francfort 1714).
Neumeister. Recueil de la IVe année sous le titre « Fünffache Kirchenandachten, Jg. 4 » publié à Eisenach en 1714 et réédité en 1716 à Leipzig.
5e édition : Titt |Herrn | Erdman Neumeisters | Fünfffache | Kirchen Andachten | bestehend | In theils einzeln, theils niemahls | gedrukten | ; Arien, Cantaten und Oden |Auf alle |Sonn und Fest-Tage |des ganzen Jahres…Leipzig… Anno 1717.
Le texte de la cantate BWV 59 est à la partie IV du recueil, pages 279/280 « « Erster Pfingst-Tenertag. N° 4 ».
Pour le cinquième mouvement de sa cantate, Bach n’indique pas le choral proposé par Neumeister dans son recueil qui est la troisième strophe du cantique « Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort » : Gott, heilger Geist, du Tröster wert… Gott der Hoffnung erfülle euch mit aller Freude. Renvoi à la cantate BWV 6/6. Le texte du choral proposé par Neumeister cite Romains XV, 13 [PBJ. 1686] : « Que le Dieu de l’espérance vous donne en plénitude dans votre acte de foi la joie et la paix, afin que l’espérance surabonde en vous par la vertu de l’Esprit Saint ».
1] Citation de saint Jean 14, 23 : « Celui qui m’aime gardera ma parole…» [PBJ. 1611].
3] Martin Luther : Le cantique “Komm, heiliger Geist, herre Gott” . Renvoi à EKG 98.

SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète", page 65] : « Cantates sur des textes de Neumeister composées à Weimar : BWV 142, 160, 18, et 61 ».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular, page 103] : « Neumeister est le librettiste… excepté la citation dun cantique il n’est pas de référence à la péricope. Il est étonnant aussi qu’il ne soit pas fait allusion ici au « miracle » des langues de feu présent dans les autres cantates (de Pentecôte) avec les cantates BWV 74 et 172…»


GÉNÉRALITÉS BWV 59

BOMBA : «…La cantate commence solennellement, construite comme si elle était destinée à un chœur double entre les cordes et les trompettes. Bach n’avait cependant pas pourvu la cantate d’instruments à vent en bois (hautbois et flûtes), la troisième trompette habituelle manque également, et avant tout, il n’y a pas de chœur mais « uniquement » une parole biblique mise en musique sous la forme d’un dialogue… Sous sa forme présente, la cantate est probablement un fragment. Il se peut aussi que cette partie de la cantate ait été jouée comme pièce, placée avant le sermon, avec une autre cantate qui fut jouée après le sermon, à savoir la cantate de Weimar BWV 172 :Bach avait l’habitude de faire ces exécutions doubles surtout dans les années 1723 et 1724, années d’où proviennent la notation conservée de cette cantate : la partition datant de 1723, les voix de l’année suivante. Il se peut également, à en croire Friedrich Smend en 1938, que ce fragment ne fut pas exécuté à Saint-Thomas ni à Saint-Nicolas mais avec un effectif moins qualifié, à l’église Saint-Paul, l’église de l’Université, donc.
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ] : «…la cantate présente aurait pu se présenter dans son état idéal… »Cantate très intéressante malgré sa brièveté et son incomplétude [?], tout au moins pour les musicologues. Elle fait connaître une première mouture de deux numéros de la cantate BWV 74, elle permet de savoir quel type de musique pouvait des jouer à Saint-Paul (Pauliner-Kirche, Leipzig ?], si elle y fut exécutée ; elle permet enfin un débat sur le choral à rajouter qui portait Choral segue sans le préciser…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 596 à 599] : «…La structure de l’œuvre est pour le moins inhabituelle, sans choral final (quoique une copie ancienne, qui ne fait cependant pas autorité, présente le choral n° 3 pour finir [il semble s’agir de la copie P 162 M., voir ci-dessus], respectant ainsi l’ordre du livret de Neumeister… le fait est d’autant plus curieux que le livret présente sept morceaux, alors que Bach n’a traité que les quatre premiers. Mais on ignore pourquoi l’œuvre est apparemment incomplète, au moins telle qu’elle nous est parvenue… Une seconde partie aujourd’hui disparue, ce n’est pas impossible…» HALASZ : « L’histoire de la composition de la cantate BWV 59 est assez obscure. La partition était probablement prête plus tôt déjà, mais les parties instrumentales qui en prouvent l’exécution datent de 1724. Non seulement la date, mais aussi le lieu est discuté par les spécialistes. C’est ainsi qu’Arnold Schering supposait que la cantate avait été écrite non pas pour Saint-Thomas, mais pour le service religieux de l’Université, ce qui en expliquerait les limitations de structure et d’instrumentation. Bach n’a en effet mis en musique que quatre strophes des sept que comporte la composition du poète réputé qu’était Erdmann Neumeister… les bois ont été purement et simplement supprimés…»
HALBREICH, Harry : « Œuvre de moindre intérêt, sorte de premier état de la grande Cantate pour la Pentecôte BWV 74, cette page n’en est ici qu’à sa troisième gravure mondiale. La précédente (version), la meilleure était due au même éditeur (Telefunken/Schroeder) mais avec des interprètes hollandais. L’œuvre avait été présentée à cette occasion (harmonie 84, page 68). Ici, l’excellence de Peter Jelosits se confirme, mais aussi, hélas, l’aigreur des violons d’époque et la raucité des vieilles trompettes. Il faut aimer…»
LEMAÎTRE [La Musique sacrée et chorale profane, pages 54/55] : «…Malgré l’importance de sa destination, la cantate BWV 59 est une œuvre économique. Utilisation parcimonieuse du chœur et brièveté la caractérise. Sur les sept numéros que comporte le livret de Neumeister, la partition ne retient que les quatre premières parties. De plus ses modestes proportions ne font que souligner l’originalité de son architecture… » 
MAHLING : « La cantate BWV 59 n’est pas consistante ni dans sa forme ni dans sa structure. Parmi d’autres raisons c’est peut-être parce que Bach n’a utilisé ici qu’une partie du poème de Neumeister publié pour la première fois en 1714, poème qui ne lui apparut pas très adapté pour une composition. Il y a aussi le fait que Bach en 1725 en composa une seconde, révisée et élargie, la cantate BWV 74. Ceci pourrait indiquer qu’il n’était pas satisfait de la première version de Leipzig en 1723/1724…»

MINCHAM [BCW] : réutilisation de deux mouvements de la cantate BWV 59 un an plus tard avec la BWV 74…aussi doit-on lire la notice de la cantate BWV 59 en relation avec celle de la cantate BWV 74.


DISTRIBUTION BWV 59

NEUMANN. Solo ; Sopran, Baß. Chor (nur Choral -seulement le choral). Trompete I-II ; Pauken ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Tromba I, II ; Timpani ; Viol. I, II ;Vla. ; Continuo

GARDINER : «…On peut voir dans l’instrumentation restreinte (ni vents ni troisième trompette), le recours limité aux voix soliste (soprano et basse) et l’absence de choral final, une adaptation concrète aux forces musicales modestes dont l’Université {de Leipzig] disposait ».


APERÇU BWV 59

1] ARIE (DUETT), SOPRAN, BAß. BWV 59/1
WER MICH LIEBET, DER WIRD MEIN WORT HALTEN, UND MEIN VATER WIRD IHN LIEBEN, UND WIRD WERDEN ZU IHM KOMMEN UND WOHNUNG BEI IHM MACHEN.

Celui qui m’aime gardera ma parole et mon Père l’aimera. Nous viendrons à lui et nous établiront chez lui notre demeure.

Citation textuelle de Jean 14, 23 [PBJ. 1611] : « Si quelqu’un m’aime, | il gardera ma parole, | et mon Père l’aimera | et nous viendrons à lui, | et nous ferons chez lui notre demeure ».

Ut majeur (C-Dur), 61 mesures, C
BGA. Jg. XII2. Pages 153 à 161 | Première composition | Evangelium St . Johannis Cap. 14. V. 23. | Feria 1 Pentecostes. | DUETTO. | Tromba I. | Tromba II. | Timpani. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Basso. | Continuo
NEUMANN. Duett. Ensemble des instruments. En forme de canon. Mouvement repris dans la cantate BWV 74/1.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 98] : «…le premier morceau est réalisé de manière pluripartite ; introduction instrumentale, quatre expositions en canon du texte (de 8 mesures chacune) – exposition homophone conjointe par sixtes parallèles (de 6 mesures) – épilogue instrumental…
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 596 à 599] : «…le style de cette page évoque la « manière » de Bach à l’époque de Coethen, et confirme l’hypothèse d’une composition antérieure à Leipzig. Une introduction instrumentale présente la tête du motif chanté… aux premiers violons, accompagnés des autres instruments à cordes, et soulignée par de petites fanfares des deux trompettes. ..deux solistes vont énoncer à cinq reprises le texte dans son intégralité, quatre fois en exposition canonique et la dernière en mouvement de sixtes parallèles…»
FINSCHER : «…inhabituel… est déjà le premier morceau. Le texte - une citation de l’évangile du dimanche - est exposé quatre fois de suite en canon jusqu’à ce que les deux solistes finissent par se réunir en traits parallèles de sixte ; instruments à cordes et trompettes (cette fois seulement au nombre de deux au lieu des trois habituelles) entourent ce noyau d’une délicate texture de musique de chambre ne cessant de reprendre les deux motifs essentiels des parties chantées. Le contraste entre la rigueur symbolique de l’écriture vocale et la liberté concertante laissée aux instruments semble relever de quelque intention symbolique…»
GARDINER : «…Mêlant duo de chambre à l’italienne et l’instrumentation festive, d’une retenue toutefois pleine de tact, le mouvement d’introduction est un enchantement. Le motif biblique est repris quatre fois en canon par les deux chanteurs, puis une cinquième et dernière fois, homophoniques et en sixtes parallèles, signal à l’adresse des instruments qui font enfin leur entrée et rehaussent majestueusement les paroles du Sauveur d’un exubérant postlude…»
HALASZ : « Le duo initial illustre l’art du contrepoint de Bach ; un même incipit y donne naissance à un canon mettant en jeu quatre intervalles différents et pour finir, les deux parties vocales se retrouvent à la dixième [?] Bien entendu , les fragments de motifs du canon font également leur apparition à différents endroits des parties d’accompagnement…»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs., page 45] : « les mots « Wer mich liebet » sont chantés à 14 reprises…»
LEMAÎTRE [La musique sacrée et chorale profane, pages 54/55] : «…la tête du thème du court prélude instrumental inonde le duo… les voix, qui lors des quatre premières présentations du texte travaillent en canon, concertent avec les deux groupes instrumentaux (trompettes et cordes). Bach transformera cette page en un chœur qui ouvrira la cantate BWV 74…»
MACIA [Tout Bach, pages 133/134] : «…duo pour soprano et basse, accompagnés par deux trompettes et les timbales… Les chanteurs exposent quatre fois le verset de Jean 14, 23, en canon avec une rigueur expressive qui tranche sur l’écriture concertante flamboyante des trompettes…»  
NYS, Carl de : «…Musicalement il est passionnant de voir comment Bach transforme le duo primitif de la cantate BWV 59 (avec deux trompettes et cordes) en un chœur à quatre voix (BWV 74) avec trois trompettes, trois hautbois et cordes. Il fait passer certaines parties instrumentales aux voix, il fait passer à l’alto certaines parties de la basse primitive, celles-ci doublant la basse continue, enfin il ajoute des parties entièrement neuves, sans toucher à l’essentiel de l’original, sans même changer le nombre des mesures ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 93] : «…Le premier duo est un travail remarquable de polyphonie… mais la partie la plus inspirée de l’œuvre est l’air de basse avec violon qui la termine ».
[Renvoi pour la réutilisation de ce duo au premier chœur de la cantate BWV 74/1 (Pentecôte 1725),  mouvement associé à un texte nouveau de Mariane von Ziegler].
PITROU : « Qu’elles soient écrites pour l’Avent, la nativité, pour la Sexagésime, pour Pâques ou Pentecôte, ces cantates (BWV 18, 61, 59), révèlent l’éclatante supériorité avec laquelle le musicien traite désormais cette forme élargie. En principe, il [Bach] prend le soin d’exposer , dès l’orée et par une fusion audacieuse le choral avec l’ouverture à la française… »
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 138] : « Pour les cantates de Pentecôte de la période de Weimar, nous en possédons une seule, BWV 59, texte de Neumeister et seulement dans une révision plus tardive. L’instrumentation du duo d’ouverture est curieuse - deux trompettes, timbales et cordes…»
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular, page 104] : «…au début de la dernière section vocale, les deux voix s’unissent de nouveau chantant parallèlement… en canon ou librement… il y a quelque chose de joyeux dans la vocalise sur « kommen - viendrons » … timbales et trompettes ajoutent à la majesté de la voix du Seigneur qui parle non seulement en tant que Fils de Dieu mais aussi comme Roi du ciel… »


2] REZITATIV SOPRAN. BWV 59/2
O, WAS SIND DAS VOR (Für) EHREN, / WORZU UNS JESUS SETZT ? / DER UNS SO WÜRDIG SCHÄTZ, / DAß ER VERHEIßT, / SAMT VATER UND DEM HEILGEN GEIST / IN UNSERN HERZEN EINZUKEHREN. / O ! WAS SIND DAS VOR EHREN ! / DER MENSCH IST STAUB, / DER EITELKEIT IHR RAUB, / DER MÜH UND ARBEIT TRAUERSPIEL / UND ALLES ELENDS ZWECK UND ZIEL. / WIE NUN ! DER ALLERHÖCHSTE SPRICHT, / ER WILL IN UNSERN SEELEN / DIE WOHNUNG SICH ERWÄHLEN. / ACH, WAS TUT GOTTES LIEBE NICHT ? / Arioso : ACH, DAß DOCH, WIE ER WOLLTE, / IHN AUCH EIN JEDER LIEBEN SOLLTE.

O quels immenses honneurs / Jésus nous accorde / lorsqu’il nous estime assez dignes / pour nous promettre / de s’établir en nos cœurs / en compagnie du Père et du Saint-Esprit ! / Oh, que ces honneurs sont immenses ! / L’homme est poussière, / la proie de la vanité, / son travail et sa peine sont un triste spectacle, / la misère le but final de ses efforts. / Comment donc ? Le Très-Haut parle, / il veut élire demeure / en nos âmes. / Ah, de quoi l’amour de Dieu n’est-il pas capable ? / Ah, qu’il en soit donc comme il le veut / et que chacun l’aime en retour ! dire.

La mineur (a moll) → Sol majeur (G Dur), 23 mesures, C
BGA. Jg. XII2. Pages 162/163 | RECITATIVO. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif „accompagnato“. Avec Arioso.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 596 à 599] : «…le récitatif… accompagné… s’achève en arioso sur le seul soutien de la basse continue, pour énoncer solennellement à trois reprises… le dernier segment de phrase du texte « Et que chacun l’aime aussi ».
FINSCHER : «…Le récitatif même de la mineur au sol major du choral qui s’enchaîne… L’accompagnement richement harmonique des cordes, les exclamations extatiques et les rapides vocalises de l’arioso donnent à ce mouvement un soupçon d’exubérance extasiée…»
GARDINER : «…Relevant d’un style propre à maintes pages composées par Bach durant ses années de Weimar, le récitatif de soprano, accompagné des cordes, culmine dans une prière de type arioso sur « aussi tout un chacun devrait l’aimer ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 102] : « Bach associe volontiers un motif rythmique ainsi déterminé par des notes accélérées aux paroles qui éveillent une idée de béatitude souriante, aux mots d’accueil, de félicitation,… de tendresse…; il l’écrit pour traduire ces exclamations qui semblent jaillir d’un cœur épanoui ». [+ Exemple musical sur le mot « lieben - aime », BG. 59, XII2, page 163]. Renvois plus particulièrement, sur le même mot aux cantates BWV 32 et 155.


3] CHORAL. BWV 59/3
KOMM, HEILIGER GEIST, HERRE GOTT ! / ERFÜLL MIT DEINER GNADEN GUT | DEINER GLÄUBIGEN HERZ, MUT UND SINN. / DEIN BRÜNSTIG LIEB ENTZÜND IN IHN’N / O HERR, DURCH DEINES LICHTES GLANZ [R. Wustmann : Luther écrit „Glast“] / ZU DEM GLAUBEN VERSAMMLET HAST / DAS VOLK AUS ALLER WELT ZUNGEN ; || DAS SEI DIR, HERR, ZU LOB GESUNGEN. / ALLELUJA ! ALLELUJA.
Viens, Esprit saint, Seigneur Dieu ! / Emplis du bien qu’est ta grâce / le cœur, l’esprit de tes fidèles. / Enflamme en eux un amour fervent pour Toi. / O Seigneur tu as rassemblé en une seule foi, / par l’éclat de ta lumière, / un peuple parlant toutes les langues du monde. / que ta louange en soit chantée, Seigneur ! / Alleluia ! Alleluia !

Première strophe du cantique (trois strophes de neuf vers chacune) de Martin Luther „Komm, Heiliger Geist, Herre Gott“ (Wittenberg,1524). Adaptation et paraphrase du Veni sancte spiritu. (XIe siècle).
La mélodie (issue du XVe siècle ?] d‘un anonyme, paraît en 1524, harmonisée à quatre voix, dans le recueil de Johann Walter „Geystliche Gesangk Buchleyn“.
La mélodie [BCW] a également été utilisée par d‘autres compositeurs tels, Schein, Scheidt, Hasse, Buxtehude (BUXWV 199 et 200), Kaufmann, Telemann, Krebs et jusqu‘à nos jours par Rudolf Petzold (1908-1991).
Renvoi à EKG 98 : Komm, heiliger Geist, Herre Gott. 15e siècle / Erfurt 1524. Strophe 1 = Veni Sanctus Spiritus, 15e siècle. Strophes 2 et 3, Martin Luther, 1524. Sol majeur (G Dur), 28 mesures, C
BGA. Jg. XII2. Pages 164/165 | CHORAL. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral. Violons II et cordes sont conduits en partiesq indépendantes. Renvoi à la cantate BWV 175/7 pour la mélodie du choral.

BOMBA : «…Dans ce cantique de la Pentecôte de Martin Luther qui fut beaucoup chanté, non seulement le chœur est requis mais aussi une conduite en partie obligée de cordes. Elle confère une opulence solennelle à ce mouvement…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 178] : Simple choral harmonisé de type 1, sur mélodie (MDC 063). Instruments colla parte.
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach] : Renvoi au motet BWV 226/2, aux chorals [dits de Leipzig] BWV 651, 651a, 652 et 652a, aux cantates BWV 172/5 et BWV 175/7 et enfin ce serait le sujet de la fugue de la sonate pour violon seul, BWV 1005.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 596 à 599] : «…Première strophe du cantique harmonisée à quatre voix, accompagnées par les instruments à cordes. Mais si les premiers violons doublent le soprano, seconds violons et altos sont dotés de parties autonomes…»
GARDINER : «…Il s’agit de l’hymne de Pentecôte composée [le texte] par Luther en 1524, laquelle, compte tenu des parties indépendantes confiées à l’alto et au second violon, donne l’impression de sonner de façon particulièrement riche et fournie ». 
LYON [Johann Sebastian Bach Chorals, page 12] : «…Cantique de Pentecôte en trois strophes (mai-juin 1524) provient pour la première strophe de la traduction allemande (Ebersberg, ca 1480) de l’antienne Veni sancte Spiritu… Luther ajoute deux strophes en 1524 ». Renvoi à la cantate BWV 120b/6 (strophe 3), la mélodie (autre texte) BWV 175/7, le motet BWV 226 (strophe 3) et aux chorals pour orgue BWV 651, 651a, 652 et 652a.
MACIA [Tout Bach, pages 133/134] : « Le choral central [3] devint le 22 mai 1725 le choral final de la cantate BWV 175/7 [en ce qui concerne la mélodie mais non pas le texte qui revient à Johann Rist de 1651…]


4] ARIE BAß. BWV 59/4
DIE WELT MIT ALLEN KÖNIGREICHEN, / DIE WELT MIT ALLER HERRLICHKEIT / KANN DIESER HERRLICHKEIT NICHT GLEICHEN, / WOMIT UNS UNSER GOTT ERFREUT : / DAß ER UNSERN HERZEN THRONET / UND WIR IN EINEM HIMMEL WOHNET. / ACH, ACH, GOTT, WIE SELIG SIND WIR DOCH ! / WIE SELIG WERDEN WIR ERST NOCH, / WENN WIR NACH DIESER ZEIT AUF ERDEN / BEI DIR IM HIMMEL WOHNEN WERDEN.

L’univers avec tous ses royaumes, / l’univers avec toute sa gloire / ne peut égaler la gloire / dont notre Dieu nous délecte : / Celle de trôner en nos cœurs / et de s’y établir comme en une demeure céleste. / Ah Dieu, qu’elle n’est pas notre félicité ! / Et quelle ne sera pas à plus forte raison notre félicité / lorsque après ce temps passé sur la terre, / nous établirons demeure au ciel à tes côtés !

Ut majeur (C Dur), 42 mesures, C
BGA. Jg. XII2. Pages 166 à 168 | ARIA. | Violino I. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Trio Violine, Baß et B.c. Forme bipartite avec ritournelle. Renvoi à la cantate BWV 74/2.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 98] : «…Étant donné que la partition autographe porte dans la partie vocale de la basse, au terme de l’aria l’indication « choral suit », on suppose que Bach avait également prescrit l’exécution du n° 5 de Neumeister, le choral Gott Heil’ger Geist, du Tröster (troisième strophe de Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort »
[Renvoi pour la réutilisation de cette aria à la cantate BWV 74/2 de 1724  mais cette fois avec un texte de Marianne von Ziegler.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 596 à 599] : «…Exquis trio pour violon solo, base et continuo…»
FINSCHER : «…l’air de basse avec violon obligé allie une concise structure de ritournelle… à une présentation faisant ressortir de manière prononcée l’opposition des deux parties du texte : mélodie accessible, suivant de près les versets, pour l’établissement du contraste entre la gloire profane et céleste, mélismes d’une affectivité prolixe pour la description des félicités de la vie éternelle ».
HALASZ : « une aria de basse accompagnée par le violon solo qui est représentatif du style le plus transparent -presque de type italien - de Bach…On reste surpris de voir l’œuvre finir ainsi, mais les interprètes consciencieux ne la « compléteront » pas en ajoutant un morceau quelconque à la partition interrompue brusquement après l’aria » [Pal Nemeth a suivi ce conseil].
LEMAÎTRE [La Musique sacrée et chorale profane, pages 54/55] : «…Toute la saveur de l’air de basse provient de la magnifique partie de violon solo. Cette conclusion bipartite fut également exploité dans la cantate BWV 74 qui troque la basse contre le soprano et le violon contre un oboe da caccia…»
MACIA [Tout Bach, pages 133/134] : « Aria de basse avec une partie raffinée de violon solo qui met bien en valeur l’opposition entre la gloire profane de notre monde terrestre et celle sacrée et inégalable, du monde céleste…»
NYS, Carl de : « La deuxième aria de la cantate BWV 59 devient la première dans la nouvelle cantate BWV 74. Le trio original était confié au violon-solo, à la voix de basse et à la basse continue. Par le moyen d’une transposition (d’ut en fa majeur) il devient un trio pour soprano, oboe da caccia et basse continue ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 93] : «…la partie la plus inspirée de l’œuvre est l’air de basse avec violon qui la termine ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach -Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 183] : « Dans l’air de basse de la cantate BWV 59, qui fut sans doute composée pour le dimanche de la Pentecôte de 1716, la basse continue se déploie avec aisance et splendeur, sous ces paroles « Le monde, avec tous les royaumes, ne peut égaler cette magnificence… » [+ Exemple musical. BG XII2, page 166].
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 138] : «  Dans l’aria finale nous rencontrons l’un des « motifs de la joie » les plus extravagants de Bach sur le texte « Die Welt mit allem Königreichen » [+ Exemple musical, mesures 1 et 2 du continuo]. « Le choral final ne nous est pas parvenu ».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular, page 106] : «…Ici s’achève le manuscrit ; on peut seulement en conclure qu’il est incomplet du fait que l’aria n’est pas une conclusion satisfaisante. La cantate qui débutait de façon aussi solennelle ne peut trouver sa fin de façon aussi banale… Ch. Terry suggère que la répétition du choral [3] avec la troisième strophe du cantique de Luther fait une bonne conclusion… »


5 ?] CHORAL : Pas de choral Troisième et dernière strophe du cantique Komm, Heiliger Geist, Herre Gott“ de Martin Luther (Wittenberg,1524).
DU HEILIGE BRUNST, SÜßER TROST, / NUN HILF UNS FRÖHLICH UND GETYROST. / IN DEINEM DIENST BESTÄNDIG BLEIBEN, / DIE TRÜBSAL UNS NICHT ABTREIBEN. / O HERR, DURCH DEIN KRAFT UNS BEREIT / UND STÄRK DES FLEICHES BLÖDIGKEUT, / DAß WIR HIE RITTERLICH RINGEN / DURCH TOD UND LEBEN ZU DIR DRINGEN. / HALLELUJA ! HALLELUJA !

O Toi sainte ferveur, douce consolation, / aide-nous dans la joie et le réconfort / à demeurer constamment à ton service, / à ne pas nous laisser emporter à la dérive par l’affliction. / O Seigneur, prépare-nous par ta force / et affermis la pusillanimité de la chair / afin que nous luttions vaillamment à travers la mort et la vie / pour parvenir jusqu’à Toi. / Alleluia ! Alleluia !

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ] : « La partition portait chorale segue. Or le choral absent, on peut admettre de faire chanter le choral « Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort » sur la mélodie de choral (MDC 027). Renvoi à la cantate BWV 6/6 pour la mélodie.
On peut [aussi] opter pour la simple reprise de la dernière strophe du choral Komme, heiliger Geist »
CHAILLEY : «…Une paraphrase du Veni creator de la Pentecôte. Renvoi aux chorals BWV 651 et BWV 652 ».
GARDINER : «…Une reprise du choral précédent [3], sur la troisième strophe de l’hymne de Luther, semble une solution plausible ». Ce que fait également Nikolaus Harnoncourt…
HARNONCOURT : «  On est frappé par le fait que cette cantate ne possède pas de choral final. Il existait trois possibilités de conclusion :1) laisser la cantate sans choral final ; 2) répéter la phrase du choral (3) sur les paroles du « heilige Brunst » contenues dans la strophe ; 3) Selon ma proposition figurant dans le manuel de Neumann, exécuter la strophe « Gott, heilger Geist, du Tröster wert » contenue dans le texte de Neumeister, sur la musique du choral final de la cantate BWV 6 ? Nous nous sommes décidés en faveur de la deuxième solution, vraisemblablement la bonne, car la première laisserait une impression trop fragmentaire de l’œuvre et la troisième ne peut se justifier que du point de vue du texte, ne présentant pas la moindre évidence musicale ».
LEONARD [BCW] : Le cinquième mouvement est un choral final, la répétition du mouvement 3 avec le texte de Neumeister à la place de celui de Luther. [Ce pourrait être la troisième strophe du cantique de Neumeister « Erhalt uns , Herr, bei deinem Wort » : Gott, heilger Geist, du Tröster wert ».
MACIA [Tout Bach, pages 133/134] : « Il est pour le moins inhabituel chez Bach qu’une cantate s’achève ainsi [sans choral]. D’ailleurs, sur certaines parties originales ayant servi à l’exécution de 1724, figure de la main de Bach, la mention de « choral segue - choral suit ». On peut donc penser qu’une partie de l’œuvre a disparu, au moins cet ultime choral mais peut-être aussi les autres parties du poème de Neumeister. C’est pourquoi la plupart des interprètes concluent l’œuvre par un choral emprunté aux textes de Neumeister ».
NEUMANN : « Il n’y a pas de choral final, seulement la note « Chorale segue » dans la partie de basse vocale. On peut substituer la troisième strophe du cantique de Neumeister « Erhalt uns , Herr, bei deinem Wort » (Gott, heilger Geist, du Tröster wert). Renvoi à la cantate BWV 6/6. Le texte du choral proposé par Neumeister est emprunté à Romains XV, « Gott der Hoffnung erfülle euch mit aller Freude…»
WOLFF : « L’enregistrement de Ton Koopman propose une solution d’ordre hypothétique mais qui musicalement fait sens, au problème de l’ordre des numéros dans la partition d’orchestre de 1723, en répétant le choral n° 3 à la fin (en n° 5) sur le texte de la dernière strophe du chant luthérien. Cette solution pourrait bien correspondre à une indication donnée oralement par Bach avant l’exécution ».
[La cinquième strophe de l’hymne de Martin Luther est chantée régulièrement dans les enregistrements, Harnoncourt, Koopman, par exemple…]


BIBLIOGRAPHIE BWV 59

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BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 69
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 220 (221)
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CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 596 à 599
CHAILLEY, Jacques : Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. N° 121 et 122,n pages 171 à 173
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». Voir EKG 98
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GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Note 345 de la page 381
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HARNONCOURT, Nikolaus : Remarques sur l’exécution. Coffret Teldec, volume 15, page 13. 1976
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WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 134/135
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 28, pages 83 à 85
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 59

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Dix références (avril 2002 – janvier 2011) + Cinq mouvements individuels (avril 2003 – novembre 2010).
Exemples musicaux : Aryeh Oron (février 2003 – janvier 2005).

7] GARDINER. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Magdalena Kozena. Basse : Peter Harvey Durée : 11’35
Londres, avril 1999. CD Archiv Produktion 463 584 2 AY. 2000 Bach Cantatas. Avec les cantates BWV 172, 24 et 74
9] GARDINER (volume 26). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Lisa Larsson. Basse : Panajotis Iconomou.
Bach Cantata Pilgrimage. Église de la Sainte Trinité. Long Melford (GB). 11 juin 2000. Durée : 11’34
CD SDG 121. Distribution en France, juillet-septembre 2006. Avec les cantates BWV 173, 74, 34, 172, 68 et 174
3] HARNONCOURT (volume 15). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Garçon soprano : Peter Jelosits. Basse Ruud van der
Meer. 1976. Durée : 12’15
Disque Teldec 6.35305-00-501-503. SKW 15/1-2 BR 2. Das Kantatenwerk (volume 15)
CD (D). Teldec 4509-91757 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 3. Coffret de six CD avec les cantates BWV 37 à 60
CD Teldec 8.35306 ZL. Das Kantatenwerk (volume 15) Novembre 1988
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à 52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise Warner Classics 8573-81197-5. Intégrale en CD séparés, volume 18. 2006. Cantates BWV 55 à 59
6] KOOPMAN (volume 6). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Ruth Ziesak. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk,
Amsterdam. Avril, septembre 1997. Durée 10’48
CD Erato 3984-21629-2. Reprise CD Antoine Marchand. Challenge
8] LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Soprano : Ruth Holton. Basse : Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas
d’Elburg (NL). Printemps 2000. Durée : 9’44
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 19. Cantates, volume 10. Avec les cantates BWV 75 et 21
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 20/96. Avec les cantates BWV 75, 59 et 21
5] NEMETH. Savaria Vocal Ensemble. Capella Savaria. Soprano : Maria Zàdori. Basse : Laszlo Polgar. Mars et novembre 1988
CD Hungaroton Antiqua HCD 12897. Distribution en France, 1989. Avec les cantates BWV 57, 58 et 152
4] RILLING. Bach-Ensemble. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger.
Basse : Niklaus Tüller. Septembre 1976 -janvier 1977. Durée : 10‘48
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98690. Avec la cantate BWV 134
Disque (F). Erato STU 71190. Les grandes cantates, volume 9. 1979. Avec la cantate BWV 194
CD. Die Bach Kantate (volume 35). Hänssler Classic. Laudate 98.886. 1982-1989. Avec les cantates BWV 128, 37 et 44
CD. Hänssler edition bachakademie (volume19). Hänssler-Verlag 92.019. 1999. Avec les cantates BWV58, 60 et 61
2] SCHROEDER, Jaap. Concerto Amsterdam. Choir Monteverdi de Hambourg. Soprano : Rotraud Hansmann. Basse : Max Van Egmond
Bennebroek (NL), 11 décembre 1967. Durée : 10’35. Pas de choral final.
Disque Telefunken SAWT 9.489 B. Avec les cantates BWV 27, 118 et 158 par Jürgen Jürgens
Reprise en coffret de deux CD Teldec Das Alte Werk 2564-69599-2. 2009. Avec les cantates BWV 89, 90 et 161 et les cantates 18, 106,
118, 152 et 182 dirigées par Jürgen Jürgens
10] SUZUKI (volume 20). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women’s University
Chapel. 21 au 24 septembre 2001
CD BIS 1271 Digital. Avec les cantates BWV 44, 173 et 184
1] THOMAS, Kurt. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Soprano : Agnes Giebel. Basse : Theo Adam. Église Saint-
Thomas. Juin, décembre 1959. Durée : 12’56.
Disque Eterna (ex Allemagne de l’Est). Reprise disque EMI / Da Capo C 047 28587. Avec le Magnificat BWV 243 et les cantates
BWV 4 et 54
Reprise CD Berlin Classics 0092012 BC (1961-1996) avec la cantate BWV 51 et le Magnificat BWV 243
Reprise CD Leipzig Classics. Cantatas II, volume 2 avec la cantate BWV 51 et le Magnificat BWV 243
Reprise en coffret de 8 CD Leipziger Classics (volume 8) 00 1812 2 BC 2000. Avec les cantates BWV 11, 68, 59, 51, 243, 111, 140, 71


MOUVEMENT INDIVIDUEL BWV 59

M-1. Mvt. 3] Ton Koopman. Orgue. Coffret de deux CD Teldec Bach Organ Works, volume 2). 1994
M-2. Mvt. 3] Gianluca Cesana. Orgue. CD Stradivarius « Preludi ». Avril et mai 1998
M-3. Mvt. 3] Transcription de Enrique Granados, pour quatuor à cordes. Quartet Glinka. CD Columna Musica. Novembre 2001
M-4. Mvt. 4] Bach Aria Group. Baryton : Jonathan Frodella, et violon. North Carolina School. NCSA Audio Collection. RG-39. 2004
M-5. Mvt. ] Aria pour basse. Alexander Liebreich. Münchener Kammerorchester. Décembre 2008 et avril 2009. CD DGG 4778092


ANNEXE BWV 59
SPITTA

SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume I, pages 511 à 513.

: « Wer mich liebet ». Première production : « Il reste une seconde cantate tirée du Fünffache Kirche-Andachten [de E. Neumeister]. Elle est destinée au dimanche de Pentecôte, le 31 mai 1716. Bach n’utilisa pas l’ensemble du poème de Neumeister, mais en conserva une partie pour sa musique révisée et étendue neuf années plus tard [Version de Leipzig]. Le premier mouvement consiste en un duo pour soprano et basse, témoignage intéressant de son art de la science de la polyphonique, quoique qu’il ne soit pas marqué d’une exceptionnelle qualité mélodique. Parmi les instruments, orgue, quatuor à cordes, deux trompettes et timbales, ce sont avec ces dernières et la viola, les seuls [instruments] qui ne développent pas leur propres parties indépendantes. La forme s’inspire du concerto italien auquel nous sommes habitués, reprises récurrentes du même motif, étrange et peu satisfaisant. La relation avec le texte biblique dans la forme da capo est difficile, ce qui offre alors l’opportunité de varier le thème général par une succession de combinaisons et d’harmonies les plus riches jusqu’à la fin [du mouvement] ; c’est indubitablement la meilleure méthode. Suit un récitatif accompagné par les cordes ainsi que l’orgue en longs accords. Cette façon de faire que nous avons déjà, rencontré dans la cantate pour la Sexagésime [BWV 18] est typique des récitatifs de Bach… Le récitatif débouche sur le choral pour la Pentecôte « Komm, heiliger Geist, Herre Gott », un mouvement superbe et aussi l’unique chœur de tout l’ouvrage. A la suite vient une aria de basse avec violon d’un caractère mélodieux et chaleureux et qui est, dans cette forme de trio, préférable avec son style à l’air de ténor vu dans la cantate pour l’Avent [sans doute la cantate BWV 61, version de Weimar]… Un effet très heureux se produit quand la mélodie des deux premières lignes est répétée avec d’autres paroles… c’est un délicieux amalgame avec un air à l’italienne. La cantate de Bach s’achève ici bien que Neumeister ait prévu le texte de trois autres mouvements supplémentaires ainsi qu’une strophe chorale, un verset de la Bible : Romains 15, 13. Il ne me semble pas douteux que Bach ait souhaité conclure ici avec la troisième strophe [du cantique] « Erhalt uns, Herr bei deinem Wort » ou quelque autre intention. Il existe dans le manuscrit original quelque signes de cette intention. La raison pour laquelle il laissa la suite incomplète est dans son moindre intérêt pour ce genre de production [d’un choral]. Ce qui est constaté dans l’autographe ne fait pas présumer qu’un autre mouvement a été perdu ».

Appendix n° 22 (volume 1), pages 631 à 633  : «  Outre de la partition autographe et les parties séparées aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Berlin, existe aussi une ancienne copie portant, au début, à droite, la date de 1731. Ceci autorisa Zelter a écrire en marge de l’autographe cette note : « di | J. S. Bach. | 1731 »…. Il y a beaucoup d’évidence pour que la cantate fut composée à Weimar, notamment avec les lignes laissées en blanc à la fin de l’autographe où nous trouvons une rapide indication des premières mesures du choral final de la cantate pour le second jour de la Pentecôte « Also hat Gott die Welt geliebt » - BWV 68…»


C. Role. Avril 2011

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Last update: April 24, 2011 22:00:00