Recordings/Discussions
Background Information
Performer Bios
Poet/Composer Bios
Additional Information
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Cantata BWV 185
Barmherziges Herze der ewigen Liebe
Cœur miséricordieux de l’amour éternel
Commentary in French |
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KANTATE ZUM 4. SONNTAG NACH TRINITATIS
DOMINICA 4 POST TRITATIS
4e dimanche après la Trinité
14 juillet 1715 - 20 juin 1723 |
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CONTENU |
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Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 185 - Philipp Spitta |
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AVERTISSEMENT |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (éditin d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900) |
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DATATION BWV 185 |
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Chapelle du château de Weimar, le dimanche 14 juillet 1715 (date autographe sur la partition).
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 408 - tome 2, pages 256 et 280]: L’auteur ajoute une exécution à Leipzig le 20 juin 1723, avec le même jour celle de la cantate BWV 24, soit le matin ou l’après-midi ou encore la première avant le sermon, la deuxième après [voir page 268 et note 9 de la page 833].
BCW: Reprise à Weimar, après 1715 [Spitta: avec trompette en ré]. Une dernière et deuxième exécution à Leipzig dans les années 1746-1747.
GARDINER: Donne la date de 1715 et ajoute « reprise de nouveau 1746-1747 ».
HIRSCH: Classement CN 22 (Die chronologisch Nummer – chronologie numérique)
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1715: BWV 165 (16 juin) – BWV 185 (14 juillet) – BWV 161 (6 octobre) - BWV 162 (3 novembre) – BWV 163 (24 novembre) – BWV 132 (22 décembre) – 1716 : BWV 155 (19 janvier). Toutes ces cantates ont en commun d’avoir utilisé des textes de Salomo Franck.
ISOYAMA: « On sait qu’il y a eu des exécutions de la cantate 185 à Leipzig en 1723 et en 1746/1747 et qu’à ces occasions, la partie de hautbois avait été confiée à une trompette (clarino) ».
NEUMANN: reprise de la cantate (en sol mineur) à Leipzig, pour la même circonstance, le dimanche 20 juin 1723]. |
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SOURCES BWV 185 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms Bach P 59 T. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz (BB/SPK) Anciennement à Tübingen Universitätsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem (ex Berlin-Ouest).
BASSO: L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié en 1790 à Hambourg par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Il comportait, entre autres oeuvres 86 cantates sacrées.
BG. Filigrane: un grand «W ». 6 feuillets, 10 pages écrites, in 4°
Titre à la première page, de la main de Bach: « Concerto. /Dominica 4 post Trinit / Barmhertziges Hertze (sic) Der ewigen Liebe / à 5 Strom. 4 Voci. / 1 Hautb : 2 Violini. 1 Viola. Violoncello / è Fagotto. S. A. T. è Basso con Cont. / Di / J S Bach. / 1715 ». Les pages 2 et 12 en blanc
ISOYAMA: « Les sources de l’œuvre sont la partition de Weimar (qui est partiellement autographe) et des parties originales ainsi que la partition des exécutions à Leipzig [référence non précisée ?]
La partition autographe est daté 1715, marquée « concerto » et spécifie les neuf voix de la cantate.
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Mus. ms Bach St 4 B. Staatstbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz.
BG. Filigrane : Une demi lune et marqué „IMK“. Version de Weimar
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XXXVII (37e année - BWV 181-190). Pages 103 - 118. Préface de Alfred Dörffel (1891)
[Partition BG in coffret de disques Teldec,[volume 43, pages 969-982]
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 17/1. KANTATEN ZUM 4. SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5080. 1993. 5 fac-similés
BWV 185. Pages 3-20. Bl. 6r der teil autographen Partitur. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms Bach P 59 [5, takt 31b und 6]
-Bl. 1r. Der Stimme Hautbois. Staatstbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms Bach St 4. Satz 1 und 3 von der hand Johann Sebastian Bach aus der Weimar Zeit. [les parties 1 et 3 sont autographes de Bach]
BWV 185. Vierter Fassung [aria et duetto]. Pages 21-46
Avec BWV 24, 177
Kritischer Bericht (K.B. = commentaires). BA 5080 41. 1993. Yoshitake Kobayashi: BWV 185
Selon Masaaki Suzuki, sur la partition autographe, annotée par Zelter (Carl Friedrich von, 1758 - 1832), le texte du choral final [6] ne figure pas [?]
AUTRES ÉDITIONS
Première publication par J. P. Schmidt: Kirche ngesänge fur solo und chor, Stimmen mit Instrumental Begleitung von Johann Sebastian Bach. Fascicule 3. Berlin, Trautwein (ca 1843-1845). Avec les cantates BWV 144, 182, 179.
Bärenreiter - Kassel. 2008: Partition BA 5080
Breitkopf & Härtel. Partition PB 3035. Choeur ChB 2207. Copie (M. Seiffert : Voix, instruments, Orgue et clavier
2008. Partition PB 4685 – Réduction Voix et piano EB 7185 – Chœur ChB 4685 – Parties séparées (6) OB 4685
BCW: Partition Voix et piano (BGA)
ROMIJN: «…L’ouvrage nous est parvenu dans deux versions différentes, étant donné que Bach la redonna maintes fois à Weimar et à Leipzig avec des orientations assez divergentes ». |
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PÉRICOPE BWV 185 |
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Quatrième dimanche après la Trinité
Épître aux Romains 8, 18-27 [PBJ 1679]. Paul: « J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous… »
Évangile: Luc 6, 36-42 [PBJ 1545]. Deux paraboles tirées du Sermon sur la montagne (Les Béatitudes):
EKG. Lecture du 4e dimanche après la Trinité.
Épître aux Galathes 6, 2 [PBJ 1725] Paul: « Frères, même dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté. Portez les fardeaux les uns des autres…»
Psaume 27 [PBJ 823, 824]. Lied 101 « Heiliger Geist, du Tröster mein ».
Épître aux Romains 8, 18-27 [PBJ 1679]
Évangile: Luc 6, 36-42 [PBJ 1545]
Pour la même occurrence, renvoi aux cantates BWV 24 (20 juin 1723) et 177 (6 juillet 1732) |
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TEXTE BWV 185 |
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Texte de Salomo Franck publié à Weimar en 1715 puis à Jena, sous le titre « Evangelisches Andachts Opffer.. Anordung in geistlichen Kantaten, welche auf die ordentliche Sonn und Fest… [Pages 128-130], avec un « envoi » daté du 4 juin 1715 ».
1 à 5] Texte de Salomo Franck.
Le fac-similé en est imprimé est dans l’ouvrage de Werner Neumann « Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte », pages 280-281
1] Citation de Luc 6, 36: [PBJ 1545]: La miséricorde de Dieu: « Montrez-vous miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ».
3] Citation de Luc 6, 38: Car vous serez mesurés à l’aune de votre propre mesure…»
4] Citation de Luc 6, 39: Il [Jésus] leur dit encore une parabole: « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? »
Citation de 6, 41: Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil… » Dans la cantate: …de retirer d’abord la poutre de ton œil, / Avant de t’occuper de la paille… »
6] Texte et mélodie de la première strophe du cantique Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ de Johann Agricola (avril 1492 - septembre 1566), paraphrasant le psaume 130 « Du fond de l’abîme, je crie vers toi…»
Les cinq strophes et la mélodie sont dans EKG 244. Cinq utilisations repérées dans l’œuvre de Bach: deux fois dans BWV 177, une fois dans la cantate BWV 185-6, le choral BWV 639. On ajoutera le choral BWV 1134 d’après une copie du « Thomaner » Johann Ludwig Dietel (1713-1773)
[La cantate BWV 177 (daté sur autographe du 6 juillet 1732) au titre éponyme traite en totalité le texte des cinq strophes du choral et sa mélodie in [1] et [5].
Le cantique Ich ruf zu dir, daté de 1529-1530 ou 1533-1535 Wittenberg) selon EKG 244. Ce cantique figure dans le corpus (catalogue) de Joseph Klug (1529 selon James Lyon. L’intitulé est « un cantique pour la prière, la foi, l’amour et l’espérance.
L’auteur (selon James Lyon) pourrait être aussi bien Albrecht von Prußen (1490-1568) ou Paul Speratus (1484-1551). La mélodie (dans la tradition des Meistersinger / Wittenberer Kreis) est selon BCW d’un auteur inconnu. Datée de 1529 et 1533 elle est imprimée à la même époque dans le corpus de Joseph Klug.
ISOYAMA: « Peut-être à cause de la richesse du matériau, le livret de Franck rend avec peu de changements le simple coulant [ ?] des mots de Jésus, ce qui a soulevé des commentaires comme celui de Schweitzer : « à cause du livret dont la leçon est ordinaire [la beauté de l’œuvre] est diminuée ». Nous sommes cependant forcé d’admirer la richesse d’émotion dont la musique de Bach emplit la poésie. Comme elle donne une réalité vivante à un texte qui pourrait être sec, elle peut être comptée parmi les chefs-d’œuvres de Bach…»
SUZUKI: « Dans la partition qui a survécu jusqu’à nous (une transcription des parties originales), le choral est doté de textes, or, selon Yoshitake Kobayashi du Conservatoire critique de la Nouvelle Édition Bach (NBA. Kritischer Bericht), il s’agit d’une addition d’édition de Zelter de la Singakademie à Berlin, et c’est pourquoi nous l’avons omis dans cet enregistrement » [CD Bis: ceci est peu clair puisque le choral final [6] est bien chanté avec le texte et la mélodie habituels…]
[Nombreux sont les auteurs (parmi eux Schweitzer souvent cité et Spitta qui écrit: Il n’est pas aisé de composer classiquement à partir d’un tel matériau, qui ont insisté sur la médiocrité des poèmes de Salomo Frank. Whittaker parle des « inégalités et des épines que Franck comme librettiste sème en abondance et qui obstruent le cheminement [« le projet »] du jeune compositeur » [Bach] …toutes choses que l’on peut voir dans la cantate BWV 185, notamment dans « le premier récitatif [2] dont le côté « filandreux » des paroles a été pour le musicien [Bach] une difficile source d’inspiration ». A la lecture, il n’apparaît pas évident que ce poème de Franck soit pire ou plus mauvais que ceux utilisés par Bach, à Weimar, Coethen et Leipzig]. |
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GÉNÉRALITÉS BWV 185 |
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GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, note 131 de la page 364]: « Quand il adaptait des cantates de Weimar pour des exécutions à Leipzig, Bach modernisait toujours la notation. En outre il s’arrangeait pour arriver approximativement au même diapason que celui adopté à Weimar. Comme le Cammerton de Leipzig était d’au moins un demi-ton plus haut que le tief Cammerton de Weimar, il fallait transposer d’au moins un demi-ton plus bas. Ainsi la cantate BWV 185, qui était donnée en la mineur [fa dièse ?] à Weimar, était, d’après le témoignage des partitions de Leipzig, exécutée dans cette ville en sol mineur ». Renvoi à BWV 162. Renvoi à Alfred Dürr : Studien über Fruhen Kantaten, page 64
HALBREICH: «…Tonalité peu usitée de fa dièse mineur ».
ISOYAMA: « La cantate suit une structure de musique de chambre et, tandis qu’elle garde sa fonction comme partie du service sacré, elle partage aussi certains traits avec la cantate BWV 165 écrite peu avant cette dernière ». |
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DISTRIBUTION BWV 185 |
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NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Oboe (Trompete in Leipziger fassung) ; Streicher ; B.c. (+ fagott)
SCHMIEDER. Soli: S, A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente Oboe; Fagotto; Tromba; Viol I, II; Vla; Cont.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 441]: « un hautbois concertant dans le duo initial [1] et dans le second aria…»
BOMBA: « Effectif restreint [de la version de Weimar] et comme pour la plupart des cantates [de cette époque], Bach reprit ce morceau pour l’exécuter à Leipzig (ca 1746-1747)... où il remplaça le hautbois du duo introductif par un instrument à vent en cuivre et octavia le continuo de l’air n° 5 en utilisant l’ensemble des instruments à cordes…» |
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APERÇU BWV 185 |
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1] CHORALBEARBEITUNG, DUETT SOPRAN, TENOR. BWV 185/1 |
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BARMHERZIGES HERZE DER EWIGEN LIEBE, / ERREGE, BEWEGE MEIN HERZE DURCH DICH, / DAMIT ICH ERBARMEN UND GÜTIGKEIT ÜBE, / O FLAMME DER LIEBE, ZERSCHMELZE DU MICH !
Cœur miséricordieux de l’amour éternel, / Excite, émeus mon cœur pour toi ; / Afin que je mette en œuvre la miséricorde et la bonté, /Ô flamme de l’amour, fais-moi fondre !
Fa dièse (fis) - puis sol mineur (Leipzig), 76 mesures, 6/4
BG Jg. XXXVII. Pages 103 - 107
NEUMANN. Duo. Jeu en quatuor: Oboe (cantus firmus), Soprano, Ténor, B.c
SCHMIEDER. Sopr., Ten.; Ob. (Tromba); Cont. Choral in der Oboe
[En 1723, une trompette (clarino) aux harmoniques plus aigues, remplace le hautbois primitif pour mieux mettre en valeur la mélodie du choral d’Agricola].
ANDERS: «…Dès le premier air, Bach établit par un ingénieux façonnement mélodique tout le sens et toute la teneur affective de ce texte, la mélodie chorale « Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ » exposée instrumentalement par la trompette [dans la version Harnoncourt] créant une liaison avec le n° [6] qui est justement ce choral même. Les versets du choral reposent comme une île dans l’agitation du flot musical dont les motifs lui conférant son profil, spécialement dans le cas de la ritournelle orchestrale, renvoient à la structure mélodique et harmonique du choral. Il en résulte une tension grandiose entre musique de tradition historique (choral), encore fort vivante à Leipzig à l’époque de Bach, et une musique savante nouvelle…»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 415]. Période de Weimar: « Dans deux cas, les cantates BWV 161 et 185, le morceau d’ouverture est une élaboration de mélodie de choral - [page 418] l’élaboration du choral (Choralbearbeitung intervient dans le cadre d’un discours a due, comme dans les cantates BWV 163/5, 172/5 [^page 441]…ré-élaboration (en forme de trio-choral… duo vocal, en imitation canonique (pré-imitation sur la mélodie-choral) et partie obligée de hautbois (trompette dans la version de Leipzig) qui entonne la mélodie de ce même choral conclusif « Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ ».
BOMBA: «…La cantate commence sans cette préparation instrumentale que Bach plaçait souvent au début de ses cantates sous forme de sinfonie. Le motif du continuo anticipe sur la mélodie des premiers vers du choral final ; les trilles tapageuses jouent moins le rôle d’ornements que de représentations émotionnelles soulignant ce dont il est question dans le texte. Le soprano reprend ce motif alors que la basse continue s’élève vers les hauteurs en contrepoint comme si les deux lignes se rapprochant voulaient symboliser « l’amour éternel ». L’émotion citée dans le texte se retrouve également ensuite dans les chaînes de croches aux ébats inlassables de la basse, le hautbois jouant là-dessus le cantus firmus ornemental du choral final - une de ces devinettes théologiques célèbres que l’on peut nommer ainsi même si l’auditeur avait la possibilité de lire le texte de ce choral. »
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 308]: « Élaboration de choral (MDC) 053 de type V. La mélodie est confiée à un ou plusieurs instruments soit à l’intérieur d’un chœur, soit d’une aria ou d’un récit. Bach donne une préférence aux instruments à vent… Bach a une volonté systématique d’attirer l’attention de l’auditoire par une alldéguisée sur les mélodies de chorals qui vont suivre… [Ici le cantique d’Agricola, inspiré par le psaume 130]. La citation instrumentale de la mélodie de choral est, chez Bach, un élément très important de la cantate…»
CHAILLEY: Le choral BWV 639 (+ Anh. 73), Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ (Orgelbüchlein n° 40)
DÜRR : … le thème initial de la basse et celui par lequel commence le duo chanté sont en relation de miroir, sans doute pour signifier que la miséricorde des hommes doit refléter celle de Dieu, la basse étant traditionnellement le symbole de la voix divine. Les imitations canoniques des voix de soprano et de ténor, avec parfois de très grands écarts et des rencontres à la limite de la dissonance, doivent être interprétées dans le même sens…»
GARDINER: «…En forme de Siciliano, pour soprano et ténor avec continuo de violoncelle, le duo d’introduction est d’un éclat tout de ferveur, avec des trilles sur chacune des battues principales, pour traduire la flamme vacillante de l’amour. La mélodie du choral d’Agricola Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ est entre temps entonnée par un clarino suspendu au-dessus des deux lignes vocales amoureuses…»
ISOYAMA : «…l’œuvre tire son cadre musical de la présentation instrumentale de la mélodie du choral final… La cantate commence avec un calme duo pour soprano et ténor. Le thème de la pièce est une exposition musicale sur le concept de la « miséricorde ». Le sujet est souvent suivi de sa forme inversée et les deux voix progressent en canon, ce qui symbolise probablement que la miséricorde de Dieu est reflétée dans la pitié humaine. Le hautbois entre avec la mélodie du dernier choral et suggère, caché dans le texte, le nom de Jésus au cœur embrasé d’amour ».
NYS: [Outre « l’interprétation de Dürr ci-dessus], il peut y avoir ici une allusion cachée de Bach à la première lecture du jour, le fragment de la lettre de Paul aux Romains (8, 18-23) dans lequel il est question du désir de toute créature de connaître enfin la révélation des enfants de Dieu ».
ROMIJN: «…Le chœur d’ouverture qui se base sur un choral, offre également un duo pour Soprano et Ténor sur lequel le hautbois joue la ligne mélodique du choral Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ…» |
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2] REZITATIV ALT. BWV 185/2 |
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IHR HERZEN, DIE IHR EUCH / IN STEIN UND FELS VERKEHRET, / ZERFLIEßT UND WERDET WEICH ! / ERWÄGT, WAS EUCH DER HEILAND LEHRET; / ÜBT, ÜBT BARMHERZIGKEIT / UND SUCHT NOCH AUF DER ERDEN / DEM VATER GLEICH ZU WERDEN ! / ACH ! GREIFET NICHT / DURCH DAS VERBOTNE RICHTEN / DEM ALLERHÖCHSTEN INS GERICHT, / SONNST WIRD SEIN EIFER EUCH ZERNICHTEN ! [Neumann donne: „vernichten“/ VERGEBT, SO WIRD EUCH AUCH VERGEBEN ! / GEBT, GEBT IN DIESEM LEBEN ! / MACHT EUCH EIN KAPITAL, / DAS DORT EINMAL / GOTT WIEDERZAHLT MIT REICHEN INTERESSEN / [arioso] DENN WIE IHR MEßT, WIRD MAN EUCH WIEDER MESSEN !
Cœurs, vous qui vous transformez / En pierre et rocher, / Fondez et attendrissez-vous, / Pesez ce que le Seigneur vous enseigne, / Exercez, exercez la miséricorde / Et essayez sur la terre encore / A devenir semblable au Père ! / Ah ! Ne jugez pas le Tout-Puissant / En donnant un jugement qui ne vous est pas licite, / Sinon, son ardeur vous anéantira. / Pardonnez, et à vous aussi il sera pardonné; / Faites des dons, donnez durant cette vie; / Constituez-vous un capital / Qu’un jour là-haut / Dieu vous remboursera avec beaucoup d’intérêts ; / Car vous serez mesuré à l’aune de votre propre mesure.
La majeur (A) – Mi majeur (E), 29 mesures, C
BG Jg. XXXVII. Pages 108 - 109. Avec Violons I, II, Vla, Alto, Basson, B.c.
NEUMANN. Alto. Récitatif + arioso avec continuo avec figuration de canon
SCHMIEDER. Alto; Viol. I, II; Vla; Fag.; Cont.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 441]: Récitatif accompagné
BOMBA: «…Dans le récitatif, accompagné de cordes, Bach souligne les paroles telles « Zerfließt - fondez » et « den Vater gleich zu werden - à devenir semblable au Père » en arioso. Bach illustre la parole de l’Évangile « Car vous serez mesurés à l’aune de votre propre mesure » (Luc 6, 38) en composant une phrase en imitation: la basse instrumentale suit la voix chantée à courtes distances, « bien mesurées »
GARDINER: «…Sur l’accompagnement le plus merveilleux que l’on puisse imaginer, le récitatif de l’alto avec cordes loue les vertus de la charité…»
ISOYAMA: «…récitatif complexe. Le concept central de « La mesure dont vous vous servez pour les autres, servira aussi pour vous », est souligné en canon ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, page 36-37]: «…Par un artifice, procédé indiqué dans les traités de contrepoint sous le nom de renversement, Bach obtient une image musicale adéquate à l’idée de réciprocité. Dans le récit d’alto se rencontrent ces paroles: « De même que vous mesurez, ainsi l’on vous mesurera ». Cette phrase est chantée deux fois, et le motif sur lequel la voix la répète est formé exactement des mêmes figures que le motif joint à la première exposition du texte, mais elles le présentent en ordre inverse. Bach produit ainsi deux dessins rigoureusement identiques… La même symétrie se reflète dans la partie de basse qui accompagne ce passage » [+ Exemples musical, BG XXXVII, page 108].
[Le commentaire de l’accompagnement musical, page 150]: « Dans la cantate [BWV 185], la basse continue imite la phrase déjà imagée que Bach joint à ces paroles pour traduire l’idée de retour qu’elles expriment « Ainsi que vous mesurez, ainsi l’on mesurera » [+ Exemple musical, BG XXXVII, page109].
[Figuration et tenue sur les mots « Zerfließt - fondez et « Messen - mesurer »] |
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3] ARIE ALT. BWV 185/3 |
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SEI BEMÜHT IN DIESER ZEIT, / SEELE, REICHLICH AUSZUSTREUEN, / SOLL DIE ERNTE DICH ERFREUE N / IN DER REICHEN EWIGKEIT, / WO, VER GUTES AUSGESÄET, / FRÖHLICH NACH DEN GARBEN GEHET.
Efforce-toi en ce temps / âme, de semer à profusion, / Afin que tu jouisses de la moisson / Dans la riche éternité, / Où celui qui a semé le bien / Le mettra joyeusement en gerbes.
La majeur (A), 40 mesures, C
BG Jg. XXXVII. Pages 110 - 114. Marqué « Adagio »
NEUMANN. Partie instrumentale en forme de trio. Hautbois, cordes, B. c. (+ basson), Alto. Partie vocale et ritournelles
SCHMIEDER. Alto; Ob.; Viol. I, II; Vla; Fag.; Cont.
ANDERS: «…on renonce dans l’air n° 3 à un da capo en faveur de la répétition du prélude instrumental…»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 417]: « aria accompagnée par l’ensemble des voix et des instruments (tutti) [page 441]: adagio. Aria fortement mélismatique et ornée de passages de virtuosité en agilité » [?]
BOMBA: «…Les riches semailles inspirèrent Bach à l’emploi de l’ensemble « enrichi » de l’effectif instrumental. Bien sûr, des termes tels « auszustreuen - semer », « erfreuen - jouisses », et « Ewigkeit - éternité » sont également illustrés avec toute la clarté nécessaire ».
GARDINER: «…L’opulente texture instrumentale de l’air, unique mouvement de la cantate en tonalité majeure et pour lequel Bach grave dans la ligne mélodique les gestes du semeur tout en faisant indirectement allusion à la riche moisson future…»
HALBREICH: «...Très bel air pour alto, aux riches vocalises dont les parties instrumentales atteignent à une rare plénitude de l’harmonie et du contrepoint ».
ISOYAMA: «…Mouvement « Adagio », avec accompagnement au son riche exprimant la joie de « l’abondante moisson… on dirait presque que les instruments jouent une phrase tirée d’un concerto pour hautbois. »
NYS: «…dans la joyeuse aria pour alto en la majeur, avec l’ensemble des instruments, c’est évidemment l’image des gerbes que l’on récolte qui a suscité l’atmosphère de ce trio… musicalement on trouve ici une polyphonie et une simplicité transparentes qui feraient songer déjà aux classiques viennois…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 92]: «…Enfin Bach a coutume de retenir le chanteur sur la syllabe accentuée qui exprime l’idée d’éternité » [+ Exemple musical, BG XXXVII, page 112]. Renvois aux cantates BWV 20, 66, 108 sur les mots « ewige et Ewigkeit ».
ROMIJN: «…L’Alto se lance dans une lente aria présentant d’étonnantes imitations entre la voix et la basse continue sur les mots « Sei bemüth idieser Zeit, Seele reichlich auszustreuen, avec une insistance mélodique particulière sur « auszustreuen – semer ».
[Figurations classiques sur les mots « erfreuen - réjouir », « Auszustreuen - semer » et « Ewigkeit - éternité »] |
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4] REZITATIV BAß. BWV 185/4 |
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DIE EIGENLIEBE SCHMEICHELT SICH ! / BESTREBE DICH, / ERST DEINEN BALKEN AUSZUZIEHEN ; / DENN MAGST DU DICH UM SPLITTER AUCH BEMÜHEN, / DIE IN DES NÄCHSTEN AUGEN SEIN ! [Wustmann = „sind“] / IST GLEICH DEIN NÄCHSTER NICHT VOLKOMMEN REIN, / SO WISSE, DAß AUCH DU KEIN ENGEL, / VERBEßRE DEINE MÄNGEL ! / WIE KANN EIN BLINDER MIT DEM ANDERN / DOCH RECHT UND RICHTIG WANDERN ? / WIE, FALLEN SIE ZU IHREM LEIDE / NICHT IN DIE GRUBEN ALLE BEIDE ?
L’amour propre se flatte soi-même ! / Efforce-toi / De retirer d’abord la poutre de ton œil, / Avant de t’occuper de la paille / Qui se trouve dans celui d’autrui. / Si ton prochain n’est pas parfaitement pur ? / Sache que tu n’es pas non plus un ange, / Corrige tes défauts ! / Comment un aveugle avec un autre / Peut-il marcher d’un pied sûr ? / Comment, ne tombent-ils pas par malheur / Tous les deux dans le fossé ?
Ré majeur (D) – si mineur (h), 15 mesures, C
BG Jg. XXXVII. Page 115. Basse, basson, B.c.
NEUMANN. Récitatif secco. Baß, B. c. (+ basson)
SCHMIEDER. Basso; Fag.; Cont.
BOMBA: «…La voix de basse, « Vox Christi » ? |
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5] ARIE BAß. BWV 185/5 |
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DAS IST DER CHRISTEN KUNST ! / NUR GOTT UND SICH ERKENNEN, / VON WAHRER LIEBE BRENNEN, / NICHT UNZULÄSSIG RICHTEN, / NOCH FREMDES TUN VERNICHTEN, / DES NÄCHSTEN NICHT VERGESSEN, / MIT REICHEM MAßE MESSEN ! / DAS MACHT BEI GOTT UND MENSCHEN GUNST, / DAS IST DER CHRISTEN KUNST !
Telle est la règle de vie du chrétien: / Ne connaître que Dieu et soi-même, / Brûler d’un amour véritable, / ne pas juger sans y avoir été légitimé, / Ne pas condamner les actes des autres, / ne pas oublier son prochain, / Mesurer avec une aune généreuse: / Cela nous vaut la faveur de Dieu et des hommes, / Telle est la règle de vie du chrétien.
Si mineur (h), 47 mesures, C
BG Jg. XXXVII. Pages 116 - 117 Marqué « Vivace »
NEUMANN. Continuo (+ Basson), Baß.
SCHMIEDER. Basso; Cont. (Fag. Col Cont.)
ANDERS: «…la devise « Das ist der Christen Kunst » est reprise comme une sorte de rondo dans le style d’une maxime dogmatique ».
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 441]: « Aria pour basse et continuo (mais complétée dans la version de Leipzig par une partie des cordes à l’octave) a un caractère concertant ».
BOMBA: «…Bach utilise ici un procédé intéressant qui consiste à faire répéter le premier vers « Das ist der Christen Kunst - telle est la règle de vie du chrétien » comme une devise structurant la section et faisant appel à la conscience des fidèles avec insistance mais aussi dans la consécration renforçant les auditeurs dans la grâce ».
GARDINER: «…l’air de conclusion réunissant toutes les cordes à l’octave… la manière gentiment parodique dont [Bach] brosse l’emphase rhétorique d’un pompeux prédicateur…»
HIRSCH: Un exemple de « Gematria : Sur les mots « Das ist der Christen Kunst », le continuo joue 31 notes. Le chiffre « 31 » correspond à la somme numérique INJ (9 + 13 + 9) = « In Nomine Jesu ».
ISOYAMA: «…vivace. Bach utilise le motif caractéristique de la première ligne du texte comme devise et sa répétition ne sert pas seulement à assurer la cohésion musicale du mouvement mais encore à mettre en valeur le poids des mots ».
LEMAÎTRE: « Aria uniquement soutenue par le continuo dans la version de Weimar alors que la version de Leipzig bénéficie du soutien des cordes pour doubler la basse continue à l’octave ».
NYS: « Aria accompagnée par la seule basse continue, mais dans la version pour Saint-Thomas, Bach la renforcera par les cordes à l’octave… les mots Das ist der Christen Kunst, repris comme une sorte de devise au début de chacune des sections, un artifice de composition dont on peut relever d’autre part l’efficacité pastorale…»
ROMIJN: «…Bach propose l’un de ses exercices de sculpture musicale autour des mots « Christen Kunst – règle de vie chrétienne », ciselés de notes staccato ». |
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6] CHORAL. BWV 185/6 |
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ICH RUF ZU DIR, HERR JESU CHRIST, / ICH BITT, ERHÖR MEIN KLAGEN, // VERLEIH MIR GNAD ZU DIESER FRIST, / LAß MICH DOCH NICHT VERZAGEN; // DEN RECHTEN WEG [Wustmann = „Glauben, Herr, ich mein“], O HERR, ICH MEIN, // DEN VOLLEST DU MIR GEBEN, / DIR ZU LEBEN, // MEINM NÄCHSTEN NÜTZ ZU SEIN, / DEIN WORT ZU HALTEN EBEN.
Je crie vers toi, Seigneur Jésus-Christ, / Je t’en prie, exauce ma plainte, / Accorde-moi grâce à ce terme [à présent], / Ne me laisse pas perdre courage; / Seigneur, tu voulais, je crois / Me montrer la vraie voie / Pour que je vive pour toi, / Que je sois utile à mon prochain, / Que je garde donc ta parole.
Fa dièse (fis), 17 mesures, C
BG Jg. XXXVII. Page 118
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Ensemble des instruments,
SCHMIEDER. Sopr., Alto; Ten., Basso; Viol. I, Cont. (Ob. Tromba col Sopr.; Viol. II coll ‚ Alto; Vla col Ten.; Fag. Col Basso).
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 419]. Période de Weimar. « Dans trois cas (ceux des cantates BWV 31, 61 et 185) il y a un lien étroit entre le choral conclusif harmonisé à quatre voix et la citation du choral à l’intérieur d’une aria ; la mélodie, somme toute, est la même - page 441: « partie obligée de violon sur la première strophe du choral de Johann Agricola. Ce morceau trouve son pendant dans la ré-élaboration (en forme de trio-choral) adoptée dans le morceau d’ouverture [1] ».
BOMBA: «…Bach relève le choral final d’une voix de violon obligé, souvenir de l’ancienne structure en cinq parties, à présent surmontée suivant laquelle Bach avait composé ses cantates jusqu’à Pâques 1715 ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 308]: « Choral simplement harmonisé avec soutien colla parte. Élaboration de choral (MDC) 053) de type V:
ISOYAMA: «…ligne solo donnée au premier violon ».
ROMIJN: «…la cantate se termine par un choral à quatre voix, employant le même thème que le duo d’entrée [1] auquel Bach ajoute une guirlande de violons entièrement libre et fantasque ».
WOLFF: «…le choral de conclusion est travaillé en contrepoint par une voix instrumentale obligée » [ici un violon]. Renvoi à la cantate BWV 31/9 |
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BIBLIOGRAPHIE BWV 185 |
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BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG: Notice de Joseph Stevenson
CROUCH, Simon: Notice, 1996, 1998
ORON, Aryeh: Discussions 1] 16 juillet 2000 - 2] 8 mai 2005
Exemples musicaux
ANDERS, Nele: Notice du coffret Teldec Das Kantatenwerk [43]. 1989
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 39, 70, 158, 406, 408, 409, 412, 415 à 419, 421, 441, 445
Vol. 2 (1985): pages 248, 256, 280, 282, 285, 833
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 56]. 2000
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 308-309
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 69, 216-217
BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 71
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 183-184
CANTAGREL, Gilles: Tempéraments, tonalités, affects, un exemple, si mineur. [Section 5]. In Ostinato rigore. Revue internationale d’études musicales. N° 16. Jean Michel Place.2001. Pages 44, 54
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HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 25, 56, 85
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LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Page 110
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Literaturverzeichnis: 15
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PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 101-102
PIRRO, André: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973 Pages 36, 92, 150
ROMIJN, Clemens: Notice (sur CD). Bach Edition 2006
SCHLŒZER, Boris de: Introduction à J.-S. Bach. Idées/Gallimard 475. 1947-1979
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
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Literatur: Spitta - Schwzitzer - Pirro - Parry - Wustmann - Wolff - Terry - Schering - Neumann - Smend. BJ 1928
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Vol. I, pages 545-548
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 65
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966
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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume I, pages 545-548
*STRECK, Harald: Die Verkunst in den poestichen Texten zu den Kantaten J. S. Bachs. Hamburg 1971
SUZUKI, Masaaki: Notice « La hauteur de son » dans son enregistrement, volume 4, 1996
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Tome 1, page 11, 79-84 - Tome 2, pages 273-274
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. CD Erato et Challenge Classics".
WUSTMANN, Rudolf: J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Page 168-169
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Pages. ZK 20, pages 73-74
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005 |
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DISCOGRAPHIE BWV 185 |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
Durée: Gardiner (14’41). Grischkat (15’58). Harnoncourt (14’10). Koopman (14’30). Leusink (15’09). Rilling (15’45). Suzuki (14’12).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR].
7 références (juillet 2000 – avril 2008) + 2 mouvements individuels (juillet 2000 – juillet 2006)
7] GARDINER [3]. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloist.
Bach Cantata Pilgrimage. Tewkesbury Abbey (GB), 16 juillet 2000
CD SDG 141. 2008. Avec BWV 24 et 177
1] GRISCHKAT. Orchestre Bach de Stuttgart. Solistes et chanteurs de Souabe. Juillet 1951
Disque Renaissance (USA) X 36. Avec BWV 112 et disque Baroque / Joker
3] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien.
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 43] 6. 35836-00-501-503 (SKW 43/1-2). 1989
CD (D) Teldec 91764-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Vol. 10
CD Teldec 8. 35836 ZL 244179-2. Das Kantatenwerk [Vol. 43]
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 2007 (volume 55). CD 8573-81155-5
4] KOOPMAN [Vol. 1]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Novembre et décembre 1994
CD Erato 4509-98536-2. Reprise CD Antoine Marchand
[Dans la section 1, le cantus firmus n’est pas instrumental mais confié à un soprano].
6] LEUSINK. Netherland Bach Collegium. Holland Boys Choir. Novembre et décembre 1999
CD Brilliant Classic. Bach Edition 2000. Volume 12 - Cantatas Vol. VI.
CD. Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics 93102/72 – III/26. Avec BWV 103 et 2
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart (6e ou 7e version). Mars, avril, mai 1976
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98683. Avec BWV 31
Disque (F). Erato Les grandes cantates. STU 71073 [Vol. 7]. 1977. Avec BWV 31
CD Die Bach Kantate [Vol. 42]. Hänssler Classic. Laudate 98885. Avec BWV 88, 170
CD Hänssler edition bachakademie [Vol. 56]. Hänssler-Verlag 92.056. 2000
5] SUZUKI [Vol. 4]. Bach Collegium Japan. Juillet 1996
CD BIS 801 Avec BWV 163, 165 et 199
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 185
M-1. Mvt. 3]. Aria. William Scheide. Bach Aria Group. Margaret Tobias. Disque MGM, début des années 1950.
M-2. Mvt. 6]. Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach Orchestra Berlin. Fin des années 1950, début des années 1960.
Disque Baroque Music Club. Reprise en CD |
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ANNEXE BWV 185
Philipp Spitta |
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Johann Sebastian Bach . Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889-1951. Trois volumes. Vol. I, pages 545-548
« Cantate pour le quatrième dimanche après la Trinité (14 juillet 1715). Publication par J. P. Schmidt: Kirchengesänge fur solo und chor, Stimmen mit Instrumental Begleitung von Johann Sebastian Bach. Fascicule 3. Berlin, Trautwein (ca 1845). D’après l’autographe conservé à la Bibliothèque royale de Berlin..
La cantate s’achève avec le cantique « Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ ». [546]. Bach l’utilise aussi dans [1], fa mineur, 6/4, accompagné par la trompette ou le hautbois (duo), la basse figurée étant en croches. [Note 259: Le fait que la trompette fut utilisée à Weimar est démontré par l’existence d’une partie de trompette (G minor) correspondant au ton de l’orgue de la Weimar où elle était régulièrement utilisée]. Cette cantate est intitulée « Duetto ». Ceci est corrigé dans l’édition Schmidt, fautive par ailleurs dans d’autres endroits]. Par ce type neuf d’utilisation [de la trompette] dont nous avons déjà parlé, elle se trouve, comme une arche dans toute la cantate, choral y compris.
L’idée fondamentale de l’œuvre est l’amer constat de la fragilité humaine, idée d’ou en est tirée une seconde, celle qu’en demandant l’aide du Christ, celui-ci nous exhortant à une vie plus agréable à Dieu. L’introduction de la mélodie (du choral) dans [1] affirme ce caractère qui, à la vérité, est tout à fait différent de ce qui est énoncé par la première strophe du cantique: « Barmherziges Herze der ewigen Liebe, / Errege, bewege mein Herze durch dich… » . L’idée de l’amour divin enflammant le cœur froid de l’homme et requérant une vie plus chrétienne, accordée indubitablement à l’intention du poète, est exprimée brillamment et chaleureusement par la musique. Mais l’émotion pourrait être aussi suggérée par les tonalités retrouvées dans le choral. Ceci n’est pas éloigné de la pensée de Bach qui y voit la forme supérieure de la musique d’église. Si Franck [le poète] commet une erreur en ayant choisi ce cantique, il donne cependant à Bach l’opportunité de déployer cette manière de faire qui nous apparaît une nouvelle fois évidente dans le domaine de la poésie dramatique musicale. Et ici cette cantate est un véritable chef d’œuvre parfaitement au point. Le duo [1] se développe en imitations canoniques peque les voix, soprano et ténor se détachent indépendamment dans l’aigu et le grave. [547] Si quelques passages sont confiés à des cordes parfois rugueuses, quoique ajoutés intentionnellement, les mélodies en sont cependant toujours belles.
Pour la matière même du texte des récitatifs, le poète a adhéré à l’enseignement de l’évangile du jour avec quelques atténuations. De toute façon, Bach y a pourvu aussi par son traitement musical. Le premier récitatif [2] pour alto, se développe en arioso accompagné par la basse en canon. Le même procédé se retrouve dans l’Oratorio de Pâques ainsi que dans les cantates de l’Avent et Oculi (le 3e dimanche de carême), dans la cantate du dimanche d’après Noël, toutes œuvres de la même année [1715], bien représentatives du style de l’époque.
Un air pour alto (A major, 2-4) dépeint l’intense espérance du chrétien qui par sa vie espère une éternelle récompense. Cette idée présente dans le texte – l’attente de la vie future et la réalisation des paroles semées en ce monde comme des graines - sont le sujet même de du texte. Une douce sérénité – dont l’effet (par contraste) s’oppose à ce qui régnait auparavant- anime alors cette charmante composition, même dans les plus petits détails ; La stricte polyphonie est ici conduite avec une beauté toute mozartienne. Le cours de la mélodie est à la fois plein et joyeux, la plupart du temps, d’un style fleuri et aisé.
Un nouvel exemple du génie de Bach pour réaliser de nouvelles formes est donné dans l’air [5] qui suit – B minor, common time [si mineur, C] – toujours composé sur des paroles de Franck: « Das ist der Christen Kunst ; / Nur Gott und sich erkennen, / Von wahrer Liebe brennen… »
Il n’est pas aisé de composer classiquement à partir d’un tel matériau. La forme de l’air à l’italienne ne saurait être utilisée, d’autant que la signification de l’idée principale du poème ne se trouve pas dans les premières lignes du texte, même si elle est répétée à la fin. Aussi est-il est impossible de définir le principal sujet musical de cette première ligne. [548]. Pas plus ne pourrait être prise en compte cette strophe du chant ; au mieux ce serait un arioso mais qui ne pourrait vraiment trouver sa place. Il n’y a rien ici qui aurait autorisé au compositeur [Bach] une forme nouvelle. Il a donc utilisé chaque paires des lignes 2 à 7 en y incluant la première, répétée jusqu’à la fin, en faisant trois strophes de 4 lignes chacune. Et afin de garder la teneur sereine du texte et ne pouvant utiliser la même musique, il prit le cantique. Ainsi se trouvent traitées successivement et complètement les lignes 2 à 7 avec répétition de la première ligne. Toutefois les deux dernières sont traduites par deux phrases de chacune quatre mesures avec répétition du texte. Nous voyons aussi que la structure [de ce morceau] est réalisée par une ornementation musicale dans le style du « concerto italien ». Voici le motif principal (concerto tutti) [Ex. musical: « Das ist der Christen Kunst »] et son thème conséquent (concerto solo). [Ex. musical: « Nur Gott und sich erkennen… »] Le développement contrasté de ces deux thèmes se poursuit dès lors de manière régulière et calme dans des tonalités relatives. Après le si mineur (b) le ré majeur (D), le la majeur (A), puis, pour un long passage dans lequel le deuxième thème est prolongé et amplifié, mi mineur (e) et ce, jusqu’au retour à la tonalité de si mineur (b). Le premier thème est confié, sans instruments, exclusivement et indépendamment à la basse. Ainsi cette forme instrumentale italienne sert à Bach de traitement « solo ». De ce point de vue, l’aria exprime donc un caractère chaleureux et religieux, d’une expressive robustesse, typique de Bach. Le choral final [5] exprimant émotion et lamentation, d’une grande vigueur harmonique, est accompagné de l’ensemble instrumental jouant indépendamment, du plus bel effet ». |
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Contributed by Claude Role (August 2008) |
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