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C. Role. Mars 2011
CANTATE BWV 181
LEICHTGESINNTE FLATTERGEISTER
Les esprits volages et insouciants
SEXAGESIMAE
Cantate pour le dimanche de Sexagésime
Leipzig, 13 février 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques parfois peu accessibles aujourd’hui (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » signalées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Grande Bretagne / Angleterre
(H) = si
KB = Kritische Bericht (édition critique de la NBA)
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 181

Leipzig, le dimanche de Sexagésime, le 13 février 1724 au matin à Saint-Nicolas [W. Neumann : Livret :« In der Kirche zu St. Nicolai »] avant le sermon suivi par la cantate BWV 18 et reprise le même jour, à Vêpres, à Saint-Thomas dans le courant de l’après-midi.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 391 à 394] : « Une hypothèse voudrait que l’une [des cantates] ait été exécutée à Saint-Nicolas et l’autre à Saint-Thomas, ce qui paraît peu plausible, les cantates étant données en alternance, dimanche après dimanche, dans l’une et l’autre des deux églises de la Cité. La cantate [BWV 181] fut reprise ultérieurement. On a trace d’une exécution dans les années 1743-1746, avec des modifications d’instrumentation ».
[On pourrait aussi envisager que quatre cantates exécutées au même endroit le même jour, cela faisait beaucoup… et que l’alternance, règle prescrite entre les paroisses, pouvait, dans certaines circonstances connaître quelques transgressions…]
DÜRR. Chronologie 1724 : BWV 84 (30 janvier) – BWV 83 (2 février) – BWV 144 (6 février) - *BWV 181 (13 février) – BWV 18 (Reprise le 13 février). BWV 23 (20 février) – BWV 182 (reprise le 25 mars).
HIRSCH : Classement CN 70 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). I. Jahrgang ou « Année I ». Premier cycle des cantates de Leipzig dans la période allant du 30 mai 1723 au 4 juin 1724.
SCHMIEDER, SCHWEITZER, SPITTA : Entre 1724 et 1727.
WOLFF : « C’est plus tard pour réexécuter la cantate (1743-1746), que Bach ajoutera une flûte traversière et un hautbois. L’enregistrement de Ton Koopman propose les deux versions des mouvements extrêmes (n°1 et 5).


SOURCES BWV 181

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Partition perdue. Pas de sources connues.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St. 66 M. Staatsbibliothek zu Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem.
BGA [Alfred Dörffel,1891] : « Les parties séparées originales ainsi qu’une copie de la partition [P 458 ?] sont à la Bibliothèque Royale de Berlin. [cette copie n’a pas été identifiée ?]
Titre d’un copiste inconnu, pris à la couverture : « Domin : Sexagesim : | Leichtgesinnte Flatter Geister | à | 4 Voci: | Tromba | 2 Violini | Viola | è | Continuo | di Sign . | J S Bach »
D’après Spitta, la cantate date des débuts de la période de Leipzig, entre 1723 et 1727. Dix parties. Le continuo en deux exemplaires = E-moll (mi mineur) et d-moll (ré mineur). Filigrane à la « demie lune » + IMK. Partie de hautbois ayant un filigrane (des armoiries) et la partie de flûte le filigrane « HP ».
Paul Graf Waldersee (1831-1906), collaborateur de la Bach Gesellschaft Ausgabe « semble » avoir contribué à l’édition de cette cantate…
HERZ : Les copistes seraient Johann Andreas Kuhnau né en 1703 – mort ? (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723 dans sa période dite médiane „K2“ et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760). A Leipzig de 1723 à 1729. Filigrane « IMK ». Parties séparées partiellement révisées.
SCHMIEDER : 12 parties séparées in 4°. La flûte traversière et le hautbois peut-être autographes.
SPITTA. « Leipzig … La première période s’étend de 1723 jusqu’à octobre 1727 avec comme dernier exemple la cantate BWV 198… Le filigrane des autographes [ici les parties séparées] est d’une part, sur la première partie de la page « « IMK », et sur l’autre la « demie lune ». Ces filigranes apparaissent dans 41 cantates… » (suit la liste).
SUZUKI : «…Nous devons d’abord examiner l’état du matériel relatif à la cantate BWV 181. La partition complète de la main propre de Bach est perdue et il ne reste que douze parties individuelles utilisées par Bach lui-même. La plupart des parties ont été écrites par l’un des principaux copistes quoique la partie du premier violon soit d’une main différente. Cela suggère que la partie du premier violon était un double et ne fut pas copiée directement de la partition complète de Bach…»

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BGA. Jg. XXXVII (37e année). Pages 3 à 20. Préface de Alfred Dörffel (1891). Cantates BWV 181 à 190.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 7. KANTATEN ZUM DEN SONNTAGEN SEPTUAGESIMAE UND SEXAGESIMAE
Bärenreiter Verlag BA 5006. 1956. 3 fac-similés.
BWV 181. Pages 135 à 154.
Avec les cantates BWV 144, 84, 92, 18, 126.
KB [Kritischer Bericht]. BA 5006 41. Werner Neumann. 1956-1957.
[Partition NBA, Teldec Das Kantatenwerk, volume 42, pages 945 à 967].

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics . | Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 3. Bärenreiter TP 1283. 2007. Serie I. Band 7. Kantaten Septuagesime u. Sexagesime. Herausgegeben : Werner Neumann 1956-1957
BWV 181. Pages 133 à 154. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1992
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 3031. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 2213. Orgue, chant, et clavier, copie de Max Seiffert.
2011 : Partition = PB 4681. Réduction chant et piano (20 pages) = EB 7181. Partition du chœur (4 pages) = ChB 4681.
CARUS. Stuttgarter Ausgaben (Urtext). Herausgegeben : Reinhold Kubik. Partition (Partitur), 56 pages = Carus CV 31.181/00 – Partition d’étude (Studienpartitur) = 31.181/07 – Réduction chant et piano (Klavierauszug) = 31.181/03. Partition du chœur (Chorstimmen) = 31.181/05. Bach for Brass, volume II. Cantates 100 à 200 = 31.302/00. Harmonie (Harmoniestimmen) = 31.181/09 (Flûte, hautbois, trompette). Parties séparées (5) = 31.181/11 à 15.
KALMUS STUDY SCORES. N° 853. Volume XLIX. New York 1968. Avec les cantates BWV 180 à 183.


PÉRICOPE BWV 181


Dimanche de la Sexagésime.
Festivité en violet. 60 jours avant Pâques, le dimanche précédant « Esto mihi ». Poursuite de la préparation du Carême mais aussi l’idée du renouveau printanier. Parabole du semeur et de la moisson de la parole divine (saint Luc 8, 4 à 15 [PBJ. 1548].

Épître : II. Corinthiens 11, 19 à 22 et 12, 9 [PBJ. 1717 et 1718]. Paul se voit contraint de faire son propre éloge : « Vous qui supportez volontiers les insensés, puisque vous-mêmes vous êtes sages…mais il m’a déclaré [Le Seigneur] : ma grâce te suffit : car ma puissance se déploie dans la faiblesse. C’est donc de grand cœur que je me vanterai surtout de mes faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ ».
Évangile : saint Luc 8, 4 à 15 [PBJ. 1548]. La parabole du semeur [renvoi à Matthieu 13, 4 à 9 [PBJ. 1474] et Marc 4, 1 à 9 [PBJ. 1508].

MISSEL ROMAIN (Pages 366/367).
Introït. Psaume. 43, 23 à 26 [PBJ. 842] : « Exsurge / Réveillez-vous ! ».
Épître : II Corinthiens 11. 19 à 33 [PBJ. 1717 et1718]. Cette lecture se retrouve dans les cantates BWV 126 et 181.
Graduel : Psaume. 82. 19 et 14 [PBJ. 880].
Évangile : saint Luc 8. 4 à 15 [PBJ. 1548]. La parabole du semeur.
Offertoire : Psaume. 16. 6 et 7 [PBJ. 813].
Communion : psaume. 42. 4.[PBJ. 841].

EKG. Sexagesima.
Entrée. Psaume 95, 7/8 [PBJ. 891] : « Aujourd’hui puissiez-vous écoutez sa voix N’endurcissez pas vos cœur comme à Meriba ».
Psaume 44 [PBJ. 841]. Lamentations. Les malheurs présents ; protestation d’innocence et appel à l’intervention divine. « O Dieu, nous avons ouï de nos oreilles, / Nos pères nous ont raconté / L’œuvre que tu fis de leurs jours…»
Cantique. EKG 182. Es wolle Gott uns Gnädig seine (Martin Luther, 1524) : « Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse. Tiré du psaume 67 [PBJ. 861].
Épître : II Corinthiens 12. 1 à 10 [PBJ. 1718] « La puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse ».
Evangile : saint Luc 8. 4 à 15 [PBJ. 1548].
EKG 243/8 « Durch Adams Fall ».

[Même occurrence avec les cantates BWV 126 (4 février 1725) et BWV 18].
Cette dernière cantate aurait donc été exécutée le même jour que BWV 18 (13 février 1724) et en ce cas on présume que deux cultes auraient eu lieu à Saint-Nicolas le matin et à Saint-Thomas l’après-midi...ou avant et après le sermon [ce qui paraît « beaucoup de musique dans ce dernier cas En 1726, le 24 février, est jouée une cantate de Johann Ludwig Bach (JLB 4] « Darum saët euch Gerechtigkeit ». Aucune indication pour les autres années de Leipzig].


TEXTE BWV 181

Auteur inconnu.
Le texte de cette cantate [BWV 181] pourrait avoir été emprunté à une cantate profane antérieure et perdue.
HOFMANN : «…On ne peut que spéculer aujourd’hui sur quelle sorte de texte pourrait bien avoir fait partie d’un original profane…»
LEONARD, James [BCW] : «…texte « indigent » d’un auteur inconnu ».
MACIA [Tout Bach, pages 243/244] : «…Le librettiste suit d‘assez près la parabole du semeur… en cherchant à démontrer que seules les âmes qui se tiennent dans le droit chemin défini par Dieu seront fertilisés…» 
NEUMANN [ Sämtliche von J. S. Bach vertonte Text, pages 422, 426, 512]. Fac-similé du Leipziger Kirchen Music (du 2e dimanche après l’Épiphanie jusqu‘au dimanche „Estomihi“). Leipzig 1724. Contient le texte des cantates BWV 155, 81, 83, 144, 73, 22.
NYS, Carl de : « Le librettiste qui n’a pas été identifié, suit de très près le texte de Luc 8, 4 à 15 [la parabole du semeur] dont ils rappelle toutes les images, tous les symboles. Alfred Dürr, l’un des spécialistes qui travaillent depuis plusieurs décades à la nouvelle édition monumentale des œuvres de Bach [la NBA], a émis l’hypothèse que ce texte aurait pu être adapté à une partition musicale antérieure, celle d’une cantate profane, mais il n’apporte pas d’arguments précis en faveur de cette thèse en dehors de la particularité du chœur final. Il faut cependant reconnaître que c’est bien le type de musique qui se prête aux parodies …il s’agit effectivement d’une réutilisation musicale ».
WIJNEN : «…La cantate évoque la parabole du semeur plus ou moins à chaque page de la partition…»
NEUMANN : « Outre le texte de la cantate BWV 181, l’imprimé original comporte également celui de la cantate BWV 144…»


GÉNÉRALITÉS BWV 181

BASSO [Jean-Sébastien Bach, page 618] : « Le choral est une composante quasi obligée de la Kirchen-musik de Bach. Si l’on considère tout ensemble, tant le choral harmonisé à quatre parties que son élaboration contrapuntique (Choralbearbeitung), quatorze seulement, parmi toutes les cantates que nous connaissons, se trouvent privées de l’apport de cet élément : BWV 34, 35, 54, 63, 82, 134, 150, 152, 170, 172, 181, 191, 193, 196…»
HOFMANN : «…Bach estimait tant cette cantate sacrée qu’il la répété d’autres années. Il ne semble pas avoir été satisfait de la forme qu’elle avait en 1724 cependant et, pour l’exécution en 1745, il ajouta une flûte à bec et un hautbois pour enrichir l’écriture pour cordes de nouvelles couleurs tonales ».
LEMAÎTRE : « Pas de choral, suite de couples récitatif-air se terminant par un chœur sur un texte de libre invention. C’est là une structure que l’on relève dans les cantates BWV 134, 173 et 184 qui sont trois cantates parodies ».
WHITTAKER : La source est possiblement tirée d’une cantate profane perdue.


DISTRIBUTION BWV 181

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Hohe Trompete (D) ; Querflöte, Oboe ; Streicher, B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto tra.;Oboe; Tromba; Viol. I, II; Vla.; Continuo.

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 391 à 394] : « Dans la version de 1724, l’effectif ne comprend ni la flûte ni le hautbois. Ceux-ci ont été ajoutés par Bach pour des exécutions ultérieures…Dans cinq numéros de la partition, trois ne requièrent que le continuo dans l’état actuel [2011] des connaissances, mais l’aria de ténor n° 3 n’est assurément parvenue que fragmentairement, et il y manque sans doute une partie instrumentale, celle du violon ou d’un hautbois concertant. Ajoutés ultérieurement pour colorer le premier et le dernier morceau , le traverso [flûte] et le hautbois doublent la plupart du temps la partie de premier violon…»
WOLFF : «…plus tard, pour réexécuter la cantate (1743-1746) que Bach ajoutera une flûte traversière et un hautbois. La version de Ton Koopman propose les deux versions des mouvements [1] et [5] ».


APERÇU BWV 181

1] ARIE BAß. BWV 181/1
LEICHTGESINNTE FLATTERGEISTER / RAUBEN SICH DES WORTES KRAFT. | BELIAL MIT SEINEN KINDERN / SUCHET OHNEDEM ZU HINDERN, / DAß ES KEINEN NUTZEN SCHAFFT.

Les esprits volages et insouciants / se privent de la force du Verbe. / Bélial et ses enfants / essaient en outre à empêcher / qu’il soit utile.

Luc 8, 15 [PBJ. 1548] : La parabole du semeur… «  Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; on l’a foulé aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé…»

Mi mineur (e-moll), 71 mesures, C
BGA. Jg. XXXVII. Pages 3 à 8 | Cantate am Sonntage Sexagesimae. | ARIE. (Vivace). | Flauto traverso; | Oboe. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo. (staccato).
NEUMANN.Forme A B A‘ B‘ (avec ritournelle). Flûte à bec, hautbois, cordes, Basse et basse continue.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 323/324] : «…L’œuvre débute par une brillante aria de basse, avec les instruments « détachés » (mais, en 1724, l’effectif instrumental ne comprenait ni flûte traversière ni hautbois, rajoutés par la suite pour une autre exécution de cette œuvre) et à la forme insolite (ABA’ B’) ; mais chacun des quatre membres est calculé de manière à donner des longueurs uniformes, 12 mesures pour chacun des trois derniers, cependant que le premier est de 18 mesures (soit une fois et demie), avec une introduction et un épilogue de 8 mesures…» 
BOMBA : «…La figuration légère, pétillante, rhétorique convertit en musique presque mot pour mot le vers introductif ; on pourrait être ici en présence d’un air bouffon d’un opéra comique du début du XIXème siècle ! … Il est conseillé de suivre le texte biblique en écoutant cette cantate, car les mouvements suivants ont aussi recours aux images choisies dans l’évangile ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 391 à 394] : «…La structure de ce premier air n’est pas tripartite, mais compte quatre sections parfaitement équilibrées, avec reprises variées des deux premières, selon un schéma ABA’ B’ avec ritournelle ».
GARDINER : «…On ne peut que s’émerveiller devant la manière dont Bach restitue les détails de la parabole… ligne mélodique fragmentée et rehaussée de trilles, articulation légère et staccato sur tempo « vivace »… tout cela les mouvements nerveux, par à coup, des oiseaux voleurs de graines… Unique air… en terme de technique…ce qui commence tel un da capo adapté à la première section, bifurque seulement après quatre mesures, transformé en une reprise modifiée de la section B … sur « Belial mit seinen Kindern », en lieu et place des paroles d’introduction…»  
HOFMANN : « L’aria d’ouverture où les « Leichtgesinnte Flattergeister - Les esprits volages » sont caractérisés avec tant d’effet et de vivacité par des gestes musicaux fugaces, semblerait devoir son emploi de métaphores… à une sorte de parodie originale de la période de Köthen…»
LEMAÎTRE : « Forme A-B-A’B’. Le staccato des instruments traduit la légèreté. Il faut noter que la flûte traversière ou le hautbois que l’on peut entendre, ici [1] ,comme dans le chœur final [6], n’appartenaient pas à la création. Ils ont rejoint les violons lors d’une reprise de l’ouvrage ».
MACIA [Tout Bach, pages 243/244] : « le morceau, sur un rythme allègre combiné avec un constant staccato instrumental, de forme quadripartite (A-B-A’-B’) traduit parfaitement ce caractère volage et ce, dès la ritournelle d’entrée…»
MARCHAND : « L’une des 44 cantates dont le mouvement d’ouverture [1] correspond exactement au nombre d’or (1, 618).
NYS, Carl de [Manfred Schreier]  : «…Il est évident que les « esprits volages et légers » du livret sont admirablement représentés en musique par la structure et la sonorité de la première aria… les staccati rapides des instruments sont particulièrement représentatifs… c’est d’ailleurs le motif initial en doubles croches et croches lourées qui domine toute cette aria. Manfred Schreier relève même que c’est sans doute un des mouvements monothématiques les plus concentrés de toute l’œuvre de Bach… Il est intéressant aussi d’observer les moyens musicaux par lesquels le compositeur traduit Bélial, les puissances du mal : il n’y a que superpositions inattendues ou détournements des principes de structure ».
SCHWEITZER [J. S. Bach | Le musicien-poète. Page 163 : «…Intensité d’imagination de Bach… Le sujet [de la cantate] est la parabole du semeur, laquelle nous montre les oiseaux du ciel venant picorer la semence. Bach évoque la vision d’une bande de corbeaux qui s’abattent sur le champ ensemencé ; on croit voir un oiseau qui bat des ailes en touchant le sol de ses pattes allongées » [+ Exemple musical].
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome II, pages 416/417] : L’aria de basse du début montre la total folie des semeurs qui laissent s’envoler au vent la parole divine est une composition tout à fait caractéristique et originale…»
SUZUKI : « …gardant en mémoire que les parties de flûtes et de hautbois sont de la main même de Bach et que l’image propre de Bach de l’œuvre incluait ces deux instruments, il semble justifiable de les inclure dans toute exécution de cette œuvre ».
WIJNEN : «…La musique semble aussi légère que les mots « Leichtgesinnte Flattergeister – esprits volages …Bach souhaitait-il figurer les oiseaux dont parle la parabole ; toujours est-il que le discours volette dans tous les sens… accents sombres sur le mot « Belial»


2] REZITATIV ALT. BWV 181/2
O UNGLÜCKSELGER STAND VERKEHRTER SEELEN, / SO GLEICHSAM AN DEM WEGE SIND ; / UND WER WILL DOCH / DES SATANS LIST ERZÄHLEN, / WENN ER DAS WORT DEM HERZEN RAUBT, / DAS, AM VERSTANDE BLIND, / DEN SCHADEN NICHT VERSTEHT NOCH GLAUBT. | Arioso : ES WERDEN FELSENHERZEN, / SO BOSHAFT WIDERSTEHN, / IHR EIGEN HEIL VERSCHERZEN / UND EINST ZUGRUNDE GEHN. / ES WIRKT JA CHRISTI LEZTES WORT, / DFELSEN SELBST ZERSPRINGEN; / DES ENGELS HAND BEWEGT DES GRABES STEIN, / JA, MOSIS STAB KANN DORT / AUS EINEM BERGE WASSER BRINGEN. / WILLST DU, O HERZ, NOCH HÄRTER SEIN ?

Ô situation funeste des âmes égarées / qui se trouvent en quelque sorte au long du chemin ; / Qui pourra parler de la ruse de Satan / s’il lui dérobe le verbe de son cœur / qu’il ne comprend plus ni ne croît le préjudice dont il est victime, / sa raison étant aveuglée. / Ces cœurs se transforment en pierre, / opposent une résistance acharnée, / perdent leur propre salut / et courent à leur perte un jour. / L’ultime parole du Christ n’a-t-elle pas la force / de faire éclater même les rochers, / la main de l’ange roula la pierre du tombeau, / oui, le bâton de Moïse fut en mesure de / faire jaillir l’eau de la montagne. / Veux-tu, ô cœur, être encore plus dur ?

Exode 17, 5 et 6 [PBJ. 103] . L’eau jaillie du rocher. Dans la cantate : « Le bâton de Moïse fut en mesure de / faire jaillir l’eau de la montagne ». Varia avec « Les « Nombres 20, 1 à 6 [PBJ. 210]. Les eaux de Meriba.

Mi mineur (e-moll) si mineur (h-moll), 22 mesures, C
BGA. Jg. XXXVII. Page 9 | RECITATIV. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Secco. Mesure 9 à 22, arioso (andante) sur les paroles « Es werden Felsenherzen…»

BOMBA : «…Dans le récitatif, les mots comme « acharnée » ou « éclater les rochers » ont incité Bach à les illustrer en arioso…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 381 à 394] : « Commençant secco, ce récitatif se poursuit en arioso à partir de l’évocation des cœurs de pierre… C’est à l’aide de son bâton que Moïse fit jaillir une source d’un rocher durant la marche au désert … le continuo s’anime en petites figures de triples croches descendant sur deux octaves par bonds saccadés, sans doute figuration du rocher qui se brise pour faire jaillir l’eau de la montagne. Conclusion très endolorie de chromatismes ».
CROUCH : «…Ce récitatif possède une ressemblance dans son thème avec celui de la fugue pour orgue BWV 541…»
GARDINER : «…l’arioso s’achève sur une descente délicieusement enjouée du continuo pour décrire avec quelle aisance l’ange fait rouler la pierre qui refermait le tombeau du Christ…» [ ?]
PIRRO : [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, pages 59/60] : « Le motif paraît lorsque Bach veut appuyer sur un mot qui contient quelque chose d’excessif. Ainsi, quand il parle d’un désir ardent (Renvoi à BWB 154/2) , quand il parle d’un fait extraordinaire, comme de la rupture subite des rochers eux-mêmes [+ Exemple musical sur les mots « Das Felsen selbst zerspringen »,, BG. XXXVII, page 9]. 
page 73] : «…Bach a toujours usé avec intention des motifs formés ainsi de sons voisin. Il les associe constamment à des paroles de signification douloureuse… Nous trouvons le même motif précédé d’un grand intervalle montant, semblable à une effusion plaintive de la voix. Bach le fait entendre quand le texte évoque l’idée de tristesse … » [+ Exemple musical BGA. XXXII, page 64, sur les mots « den Schaden nicht versteht »]. Renvois aux cantates BWV 73/4 et 72/1.
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 184/185] : « La basse continue : figure pour traduire des idées de violence [renvois aux cantate BWV 90, 57 et 20], une image analogue représente l’éclatement et la chute des rochers [+ Exemple musical, BG XXXVII, page 9].
SCHWEITZER [J. S. Bach | Le musicien-poète. Page 163 : «…le thème de l’air représente, par les staccati de la basse, les épines et les ronces dont parle cette parabole… » [du semeur]. 
WIJNEN : «…Beau récit d’alto chargé de dissonances et d’enchaînements harmoniques délibérément incongrus, représentant les nombreux obstacles semés sur le chemin vers le Christ
[La fin du texte du récitatif montre Moïse faisant jaillir l’eau depuis le rocher et ceci est représenté par la ligne fluide de la partie vocale, à la mesure 20


3] ARIE TENOR. BWV 181/3
DER SCHÄDLICHEN DORNEN UNENDLICHE ZAHL, / DIE SORGEN DER WOLLUST, DIE SCHÄTZE ZU MEHREN, / DIE WERDEN DAS FEUER DER HÖLLISCHEN QUAL / IN EWIGKEIT NÄHREN.

Les innombrables épines malfaisantes, / les soucis de la luxure, les efforts réalisés pour multiplier les richesses / nourriront éternellement / les flammes du supplice des enfers [Variante Teldec: « le feu du supplice infernal »].

Peut-être une référence à la deuxième Épître de Paul au Corinthiens 12, 7 [PBJ. 1718] : «…il m’a été mis une écharde en la chair, un ange de Satan chargé de me souffleter… »]
 
Si mineur (h-moll), 154 mesures, 3/8
BGA. Jg. XXXVII. Pages 10 à 12 | ARIE. | Tenore. | Continuo. (piano e staccato per tutti).
NEUMANN. Partie en trio . Violine, Tenor, B.c. (Violine perdu). Forme bipartite.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 323/324] : «…l’aria portant dans le continuo l’indication « piano e staccato per tutti », nous est parvenue mutilée : non seulement cette page devait comporter 33 mesures initiales manquantes mais encore prévoyait-elle – comme l’a démontré Dürr qui l’a reconstitué (1960) – une partie de violon concertant…»
BOMBA : «… Les épines malfaisantes, dont leur nombre infini pique dans le continuo, pour la résistance opiniâtre de la voix chantée qui exprime les « flammes des supplices de l’enfer… en vocalises virtuoses et pour la nourriture « éternellement » en notes tenues. La voix instrumentale solo absente, qui était probablement un violon, sera remplacée dans cet enregistrement [Helmuth Rilling] par une partie de continuo richement figurée ».
BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. Page 304] : « Dans sa version de la cantate BWV 181, Ton Koopman a reconstitué une partie de hautbois pour l’aria de ténor ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 381 à 394] : « La cantate n’est connue que par ses parties séparées… or il manque manifestement l’une de ces parties séparées, au moins pour cet air dont la longue introduction de trente-trois mesures n’est assurée que par la basse continue… Selon Alfred Dürr… cette partie pourrait être celle d’un violon solo (reconstitution de ce mouvement également par Alfred Dürr et Ton Koopman…) 
HOFMANN : «…Il se pourrait que l’aria de ténor qui se trouve au milieu de la cantate provienne aussi de quelque pièce inconnue de musique cérémonielle de Köthen. Différents mots dans le texte sont nettement soulignés dans la partie vocale, soit par du chant virtuose de coloratura (« mehren », « Feuer »), soit par leur immédiateté picturale (la longue note pour « ewigkeit »), soit par leurs harmonies expressives (« Qual »)…» « …Il est regrettable que la partie originale du violon solo de cette aria n’ait pas survécu et nous devons nous contenter d’une reconstruction…»
LEMAÎTRE : « L’air de ténor… est a priori incomplet puisque manquent une partie de violon obligé ainsi qu’une introduction. Cette page fut néanmoins reconstituée par Alfred Dürr en 1960 ».
MACIA [Tout Bach, pages 243/244] : «…l’aria était prévue avec une partie de violon solo concertant, hélas perdue. Les interprètes modernes la reconstituent souvent à partir d’une basse continue très active. Dans ce morceau vivace en si mineur, le ténor décrit les ronces des bas-côtés du chemin…»
MINCHAM [BCW] : « Il est clairement apparent que la partie d’obbligato est manquante. Alfred Dürr [pour qui le manque de la partie obligée est un problème majeur] a suggéré que ce pourrait être un violon alors que Ton Koopman dans sa révision et dans l’enregistrement de cette aria a utilisé le hautbois. Pour une exécution ultérieure [1743-1746 ?] Bach a ajouté les instruments à vent et Koopman a enregistré ainsi les deux versions… »
NYS, Carl de [Manfred Schreier]  : «…Alfred Dürr a pu démontrer avec une très grande vraisemblance que la conception originale comportait encore un violon soliste : les indications qui permettent d’en avoir la certitude sont cependant trop vagues pour que cette partie puisse être reconstruite d’une manière que l’on peut honnêtement considérer comme proche de la réalité…[cette hypothèse n’a pas prévalu dans l’enregistrement d’Helmuth Rilling qui s’en est tenu à la simple basse continue]… richesse symbolique du langage musical avec les mots « Ewigkeit », « unendliche Zahl ».
SUZUKI : «…La partie de continuo qui a survécu consiste d’abord en figures d’accompagnement avec un grand nombre de silences et presque pas d’éléments mélodiques. Il semble ainsi possible qu’une partie obligée ait existé. Considérant les instruments requis dans cette cantate, la flûte, le hautbois et la trompette sont des candidats pour ce rôle… cependant les parties de flûte et de hautbois ont été ajoutées plus tard et il est très exceptionnel que la trompette soit employée comme instrument obligé dans une aria. Il est ainsi presque certain que le violon était la partie obligée dans cette pièce. Cela voudrait dire que la partie de premier violon renfermant l’obbligato aurait été perdue. Les figures écrites dans la partie de continuo fournissent un indice important pour la restauration de la partie obligée de violon…»
WOLFF : « …La partition originale ayant été perdue, reconstitution [ton Koopman] de la partie instrumentale obbligato ».
[Longs mélismes aux mesures 117 à 122 sur le mot « Feuer » et aux mesures 131 à 139 sur « nähren »].


4] REZITATIV SOPRAN. BWV 18/4
VON DIESEN WIRD DIE KRAFT ERSTICKT, / DER EDLE SAME LIEGT VERGEBENS, / WER SICH NICHT RECHT IM GEISTE SCHICKT, / SEIN HERZ BEZEITEN / ZUM GUTEN LANDE ZU BEREITEN, / DAß UNSER HERZ DIE SÜßIGKEITEN SCHMECKET, / SO UNS DIES WORT ENTDECKET, / DIE KRÄFTE DIESES UND DES KÜNFTGEN LEBENS.

La force de ces flammes sera ainsi étouffée [Variante Teldec: « la force en est jugulée »], / la noble semence est semée en pure perte / si en pensée on ne se dispose pas à temps, / la noble semence reposera en vain. / Celui qui ne prépare pas à temps en esprit / son cœur / à la bonne terre / afin que notre cœur goûte les douceurs, / que cette parole nous fait découvrir / les forces de cette vie actuelle et de la vie future.

Ré majeur (D-Dur) – Ré majeur (D-Dur), 9 mesures, C
BGA. Jg. XXXVII. Page 12 | RECITATIV. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Rezitativ secco. Sopran.

WHITTAKER : Le texte de ce récitatif secco pour soprano est une possible référence à la Seconde Épître aux Corinthien 11, 19 [PBJ. 1717] et 12, 9 [PBJ. XI
WIJNEN : «…comme souvent des triolets figurent les flammes…»


5] CHORSATZ. BWV 181/5
LAß, HÖCHSTER, UNS ZU ALLEN ZEITEN / DES HERZENS TROST, DEIN HEILIG WORT. | DU KANNST NACH DEINER ALLMACHTSHAND / ALLEIN EIN FRUCHTBAR GUTES LAND / IN UNSERN HERZEN ZUBEREITEN.

Dieu suprême, qui console / en tout temps notre cœur, laisse agir ta sainte parole » [variante : accorde-nous en tout temps / le réconfort du cœur, ta parole sainte]. / Toi seul, tu peux de ta main toute puissante / prépare une bonne terre fertile / dans nos cœurs.

Ré majeur (D-Dur), 106 mesures, C
BGA. Jg. XXXVII. Pages 13 à 20 | CHOR. | Tromba | Flauto. | Oboe. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Ensemble des instrument. Forme da capo (avec reprise jusqu’à « dein heilig Wort). A : Chœur fugué, Solochor – Tuttichor » B : Duo soprano et alto (avec la basse continue).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 323/324] : «…une formule que nous retrouverons dans trois autres exemples qui se rapportent tous à des cantates-parodies (BWV, 134, 173, 184) et sont tous relatifs à la dernière phase de la première « année. Cette formule consiste à placer en conclusion de la cantate un large chœur (et non pas un choral) sur un texte libre (et non pas basé sur des versets bibliques… large chorus, c’est le terme latin, employé par Bach) dans la forme avec da capo, une section initiale (et terminale) dans le style d’une fugue, avec un effectif instrumental enrichi d’une trompette et une section centrale confiée en manière de duo aux seules voix féminines avec le soutien du continuo »). »
BOMBA : «…un chœur final exubérant et rempli de cris d’allégresse prend la relève. L’effectif au complet, solennel (à noter la présence de la trompette) donne à croire que cette cantate était destinée à une occasion profane tout comme l’alternance entre les tutti et soli ainsi que l’ensemble du caractère de ce morceau rappelant plutôt une sérénade de Nouvel An ou d’anniversaire… évoquant aussi la Cantate du café BWV 211… »
BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. Page 304] : « Forme da capo. A : Type de fugue avec doublures instrumentales - B : Duo soprano et alto avec accompagnement de tous les instruments ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 391 à 394] : «… morceau de conclusion, le plus développé de toute l’œuvre. En style concertant, dans le ton de ré majeur, avec une importante partie de trompette qui ne cesse de jubiler, il contraste tant avec ce qui précède… qu’il paraît bien une pièce rapportée… La structure suit une coupe ABA avec ritournelle. Les quatre voix interviennent dans la première section A, en style fugué, tandis que la section médiane (B) d’un caractère intime et effusif, n’est dévolue qu’au soprano et à l’alto, procédant en imitations sur le seul soutien du continuo ».
GARDINER : «…la parole de Dieu qui prépare le terrain fécond dans le cœur du croyant est célébrée dans le mouvement final par toutes les forces [instrumentales et vocales] réunies ».
HOFMANN : «  Il est bien évident que le dernier mouvement de cette cantate est une parodie. La frappante structure de duo – surtout de la section du milieu du chœur final, mais jusqu’à un certain point aussi les sections extérieures – rappelle beaucoup les cantates de cour « de félicitation » pour anniversaire de naissance de princes et autres choses semblables, datant de sa période de Kapellmeister de la cour à Köthen (1717-1723), qui avait tendance à se terminer par un duo. De même l’emploi d’une trompette –comme instrument de majesté – pointe dans la même direction…»
LEMAÎTRE : «… Deux épisodes fugués entourent la section médiane de ce da capo qui délaisse les instruments hormis le continuo et s’organise comme un duo pour les registres de soprano et d’alto ». 
MACIA [Tout Bach, pages 243/244] : « Plusieurs indices laissent penser que cette Kirchenmusik parodie une cantate ou plusieurs morceaux de diverses cantates profanes. Le fait qu’il n’y est pas de choral en est un… De plus, le chœur final a bien l’allure d’une musique de félicitations ou d’anniversaire, avec sa trompette et sa partie centrale en forme de duo. Le style des deux arias [1] et [3] peut aussi indiquer une origine profane…chœur final avec tout l’orchestre rehaussé d’une trompette… La partie centrale est un duo pour les sopranos et les altos accompagnées simplement par la basse continue. Lors de la création, en 1724, Bach n’avait prévu dans son orchestre que les cordes ainsi que la trompette du chœur final. C’est lors d’une reprise de la cantate dans les années 1740 qu’il y jouta flûte et hautbois, version adoptée aujourd’hui par les interprètes ».
NYS, Carl de [Manfred Schreier]  : «…La cantate ne se termine pas par le choral traditionnel mais par un grand chœur avec trompette aiguë, flûte, hautbois et orchestre à cordes, composé d’une séquence fuguée et d’un duo pour les deux parties supérieures du chœur ; s’il est certain que l’atmosphère éclatante convient parfaitement au texte chanté, à son climat général, on se rend compte pourtant que la structure précise de cette page a dû être inspirée par un texte différent ».
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome II, pages 416/417] : « Un chœur dans la manière d’une aria « à l’Italienne » Une fugue, au sujet simple et classique, vraisemblablement issu d’une œuvre profane ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 18.

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AMG (All Music Guide) : Notice de James Leonard.
CROUCH, Simon : 1996 & 1998.
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MINCHAM, Julian : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 42. 2010.
ORON, Aryeh : Discussions : 1] 27 février 2000 – 2] 12 mars 2006 – 3] 21 mars 2010.

ANDERS, Nele : Notice du coffret Teldec, volume 42. 1988
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Volume 2, pages 253, 256, 279, 280, 287, 323/324, 327, 618 et 833
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 54. 2000
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 304
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 391 à 394
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement, volume 20. 2009
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 158
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores. W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 20
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. CN 70, pages 42, 55, 59, 71, 106
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HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 17. 2001
LEAVER, RVD, Robin, A : Riemenschneider VI. 4. Citation 2. Corinthiens. 11/12, in BWV 18, 126 et 181
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Pages 108/109
MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d‘or). L‘Harmattan 2003. Page 327
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs.VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Page 190
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SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905
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Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966
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SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952.
Volume II, pages 416 et 681

SUZUKI, Masaaki : Note de la production (volume 17). La partie obbligato du troisième mouvement, l’aria du BWV 181. 2001
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 1, pages 238, 434, 712 à 717
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD, page 100) de l‘enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006.
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. Volume 7. 1998
WUSTMANN, Rudolf : J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 81/82
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 63. Pages 131/132.
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 181

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Six références (Aryeh Oron, février 2001 - juin 2010).
Exemples musicaux. Aryeh Oron (avril 2003 - janvier 2005).

4] GARDINER (volume 20). Monteverdi Choir / English Baroque Soloists. Soprano : Angharad Gruffydd, Jones. Alto : Tyson, Robin. Ténor : James Gilchrist. Basse : Stephan Loges. Bach Cantata Pilgrimage, Southern Minster (GB), 27 février 2000. Durée : 11’54.
 CD Soli Deo Gloria (SDG) 153. Distribution en France, mars 2009. Avec les cantates BWV 18 et 126

3] KOOPMAN. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Lisa Larson. Alto : Elisabeth Magnus. Ténor : Gerd Türk. Basse : Klaus Mertens. Walsee Kerk, Amsterdam (NL), Septembre et octobre 1997. Durée : 13’43
CD Erato 3984 - 23141-2. 1998. Reprise Antoine Marchand Challenge Classic.
En appendix, la variante primitive sans la flûte traversière et le hautbois. Avec les cantates BWV 147 et 173
2] LEONHARDT. Knabenchor Hannover. Collegium Vocale (Ph. Herreweghe). Leonhardt-Consort.1988. Durée: 13’35
Disque Teldec 6.35799-00-501-503 (SKW 42/1-2). Das Kantatenwerk, volume 42
CD Teldec (D). 450991763 2. Das Kantatenwerk, volume 42. Coffret de six CD avec les cantates BWV 163 à 182
CD Teldec 242 738-2 8.35799 ZK. Das Kantatenwerk, volume 42. 1988
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 4. Coffret, 15 CD Teldec. Sept. 1999. Cantates BWV 150-159. BWV 161-188. BWV 192 et 194-199
Reprise CD Warner Classics 8573-81156-5. Intégrale en CD séparés, volume 54. 2007. Avec les cantates BWV 180 et BWV 182
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Eglise Saint-Nicolas. Elburg (NL). Juin et juillet 2000
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics, volume 21. Cantates, volume 12. Durée : 14’40
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 26/102. Avec les cantates BWV 147 et 66
1] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Altos : Gabriele Schnaut [mvt. 2] et Gabriele Schreckenbach [mvt. 5] Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Niklaus Tüller. Stuttgart, janvier, février 1972, février 1982. Durée : 17’46
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag Classic. Laudate 98673. Avec la cantate BWV 94
Disque Erato STU 70938. Les grandes cantates. Volume 5. 1976. Avec la cantate BWV 94
CD Die Bach Kantate (volume 27). Hänssler Classic. Laudate 98878. 1982. Avec les cantates BWV 126, 127
[Sauf erreur, le cinquième mouvement [5] a connu un nouvel enregistrement en février 1982].
CD Hänssler edition bachakademie (volume 54). Hänssler-Verlag 92.054. 200.0 Avec les cantates BWV 126, 127
6] SUZUKI (volume17). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Gerd Türck. Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women’s University Chapel. Japan. 10 et 11 puis 13 et 15 mars 2001. Durée : 12’38
CD BIS 1221. Avec les cantates BWV 153, 154, 73 et 144
Masaaki Suzuki a reconstruit personnellement, la partie de violon « obbligato »


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 181

Aucun enregistrement.


C. Role. Mars 2011

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Last update: March 17, 2011 12:00:00