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Commentary: Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources |
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Komm, du süße Todesstunde Viens , douce heure de ma mort Commentary in French |
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KANTATE ZUM 16. SONNTAG NACH TRINITATIS U. MARIAE RENIGUNG |
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CONTENU |
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Avertissement |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach |
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Incertaine. 6 octobre 1715 ou 27 septembre 1716 ? |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN Pas de sources connues COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh. Mus. ms Bach P 124. Preußicher Kulturbesitz St 469 M. Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem sous référence P 137. BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 441]: «…la principale source concernant la cantate BWV 161 est une copie anonyme de la partition ayant appartenu autrefois à Zelter [Carl Friedrich von, 1758 - 1832. Tour à tour maçon puis violoniste et chef d’orchestre il fut aussi l’ami de Goethe avec lequel il échangea une importante correspondance. Membre de la Singakademie de Berlin. Mendelssohn fut son élève]. BG: trois copies connues à la Bibliothèque royale de Berlin. Celle qui fut en possession de Zelter est la plus ancienne et remonte à l’époque de Bach. Sur la première page, un titre: α || ω Dom. 16 p. Trin. Komm, du süsse Todesstunde a 10. [idem Festo Purific. Mariae / di Bach], ces derniers mots de la main de Carl Philipp Emanuel Bach. [Les parties séparées les plus tardives [Leipzig] sont relatives à la fête de la Purification de Marie]. Autre copie figure dans le recueil Fischof, marquée « d’après une copie ». SCHMIEDER: Titre à la couverture de la main de Carl Philipp Emanuel Bach. ÉDITIONS SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG) BG Jg. XXXIII (33e année - BWV 161-170). Pages 3 - 28. Préface de Franz Wüllner (1887) NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA) KANTATEN SERIE I/ BAND 23. KANTATEN ZUM 16 UND 17 SONNTAG NACH TRINITATIS Bärenreiter Verlag BA 5054. 1982. 6 Fac-similés. BWV 161. Pages 3-32. Fassung A. Bl. 1r einer Partitura beschrift von unbekannter Hand (Berlin/West). Staatstbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms Bach P 124). Beginn des Satzes 1 BWV 161. Fassung B. Pages 33-64 Avec BWV 95, 8, 27, 148, 114, 47 Kritischer Bericht (commentaires). BA 5054 41. 1984. Helmuth Osthoff : BWV 161, 95, 8, 27, 47. La partition de la NBA est dans l’enregistrement Teldec/ Harnoncourt, 1986 [Vol. 38]. Avec l’aimable autorisation de Bärenreiter-Verlag, Kassel et VEB (ex DDR) Deutscher –Verlag für Musik, Leipzig, 1982 AUTRES ÉDITIONS BCW : Réduction voix et piano – Partition, celle de la « BG » Breitkopf & Härtel: PB 3013 = Partition – Chœur = ChB 2196. Copie « orchestre, voix, orgue et clavier » par Max Seiffert. 2008: EB 7161 = Réduction voix et piano (24 pages) – PB 4661 = Partition (28 pages) – OB 4661 (6) Parties séparées - ChB 4661 = Chœur Edition Eulenburg. N° 1005. Avec introduction. BWV 161 Kalmus Study Scores. N° 848. Volume XLIV. New York 1968. Avec les cantates BWV 157 à 162 |
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16e dimanche après la Trinité |
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Texte de Salomon Franck (Weimar, 1659-1725), bibliothécaire de la cour de Weimar. Evangelisches Andachts Opffer…Anordnung in gesitlichen Cantaten (Offrande de ferveur évangélique) publié à Weimar (sans date) mais avec une dédicace datée du 4 juin 1715. |
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BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 443]: «…La cantate s’impose à l’attention par l’unité particulière de sa conception, qui est déterminée en premier lieu par son insistant attachement à la mélodie de Hassler, en second lieu par la présence aérienne et légères des flûtes droites employées en un discours concertant de facture extrêmement fine et gracile, et en troisième lieu par un élan intérieur de purification (en analogie avec la destination liturgique de la cantate même : in festo purificationis Mariae) qui a incité Bach à intervenir directement sur le texte de Franck, non seulement en confiant au chœur (même s’il s’agit probablement d’un chœur de solistes) |
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NEUMANN Alt, Tenor. – Chor. Blockflöte I, II ; obligate Orgel ; Streicher ; B.c. |
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1] CHORALBEARBEITUNG (Élaboration de choral). ALT. BWV 161/1 |
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K OMM, DU SÜßE TODESSTUNDE, / DA MEIN GEIST / HONIG SPEIST / AUS DES LÖWEN MUNDE ; / MACHE MEINEN ABSCHIED SÜßE. / SÄUME NICHT / LETZTES LICHT, / DAß ICH MEINEM HEILAND KÜSSE.Viens, douce heure de la mort, / Afin que mon âme / Se nourrisse du miel / De la bouche du lion ; / Adoucis mon départ, / Ne tarde pas, / Ultime lumière, / Afin que je puisse embrasser mon Sauveur. Choral: Herzlich tut mich verlangen nach einem selgen End - Weil ich hie bin unfangen mit Trübsal und Elend - Ich hab Lust, abzu scheiden von dieser bösen Welt - sehn mich nach himmlschen Freuden / O Jesu, komm nur bald ! ». Ut majeur (C), « ton de chœur », 57 mesures, 4/4. Marqué « Andante ». BG Jg. XXXIII. Pages 3-8. Aria. Flauto I. / Flauto II. / Alto. / Organo e Continuo, marqué Sesquialtera ad Organo, mention unique ne se retrouvant pas par ailleurs dans cette cantate [Whittaker]. NEUMANN. Arie + Cantus firmus instrumental. Orgue obligé avec la mélodie du choral Herzlich tut mich verlangen. Parties en quintette : Flûte à bec I, II, Alto, orgue obligé (cantus firmus), B. c. BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, pages 415, 418, 419]: Période de Weimar. « Dans deux cas, les cantates BWV 161 et 185, le morceau d’ouverture est une élaboration de mélodie de choral dans un contexte de solo… dans trois cas (ceux des cantates BWV 31, 161 et 185), il y a un lien étroit entre le choral conclusif harmonisé à quatre voix et la citation du choral à l’intérieur d’un aria : la mélodie, somme toute, est la même ». [tome 1, pages 441-442]: «…Le morceau d’ouverture entonné par le contralto fait apparaître à l’orgue (à partir de la mesure 13) la citation du choral « Herzlich tut mich verlangen » qui reviendra ensuite, dans l’habituelle harmonisation à quatre voix, (mais avec deux parties obligées de flûte droites) en conclusion de la cantate…» BOMBA: «…Bach encadre cette cantate d’une sorte de condensation théologique. Il fait en effet jouer dans le mouvement d’introduction la mélodie du choral final par l’orgue ; il résout lui-même cette devinette théologique (Petzold) plus tard à Leipzig par suite d’un remaniement, en attribuant la première strophe du lied « Herzlich tut mich verlangen » au soprano. Lors de cette nouvelle exécution, il substitue en outre, les flûtes à bec démodées par des flûtes traversières qui étaient alors modernes. En écoutant avec plus d’attention ce morceau, on remarque que les motifs du mouvement d’introduction proviennent entièrement de la mélodie choral ; les flûtes jouées la plupart du temps en parallèle, les voix chantées, l’orgue et la basse génèrent un caractère intime, aus sons de musique de chambre dont l’esprit rappelle l’Actus tragicus (BWV 106) et qui semble bien s’adapter au thème de cette cantate. Pour sa part, le thème se nourrit de l’histoire de la résurrection du fils de la veuve de Naïm que l’on retrouve dans l’Évangile, Luc 7, 11-17 ». BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 283-284] : « …élaboration de choral sur mélodie (MDC) 46 ». [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 205-205]: « MDC (Mélodie de choral) 46 de type 5. Choralbearbeitung : Citation instrumentale de chorale (ici confiée à l’orgue). BUKOFZER: «…C’est une ardente aspiration vers la mort et un mysticisme profond qui imprègnent la cantate [BWV 161], peut-être la plus subjective de toutes les cantates de Bach (texte de Franck). Elle débute de façon très paisible âr une tendre aria pour alto, deux flûtes et continuo d’orgue. Puis, en référence symbolique aux premiers mots de l’aria, l’orgue entonne soudain la mélodie du choral funèbre Herzlich tut mich verlangen. Ce choral était l’un des préférés de Bach, témoin ses nombreuses occurrences dans la Passion selon saint Matthieu…» CANDÉ: «…Sur un livret de Franck, l’œuvre commence par un air d’alto accompagné par deux flûtes à bec, où l’orgue fait entendre en contrepoint l’émouvante mélodie Passion selon saint-Matthieu du choral de la Passion Herzlich tut mich verlangen (ou O Haupt voll Blut), que Bach introduira cinq fois dans la [EAGFEDE). L’origine de cette mélodie est une chanson de Hassler, « Mein Gemut ist verwiret ». Il faut signaler ici –j’y reviendrai plusieurs fois- que ces mélodies de choral, parfaitement connues du moindre auditeur, étaient porteuses pour lui de riches significations et pouvaient libérer de son inconscient un cortège d’images et de souvenir…» CANTAGREL [Bach. Le Moulin et la rivière, page 552]: « …stimulé par la poésie de caractère piétiste de Salomo Franck [Bach] donne à son discours des accents d’une grande douceur, un peu de cette tendresse intime et confiante qui nimbait le début de l’Actus tragicus [BWV 106]. Dès le premier air… on retrouve sur le continuo les entrelacs de deux flûtes à bec, progressant le plus souvent en tierces et sixtes parallèles…» GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 156-157]: «…L’hymne Herzlich tut mich verlangen… qui allait jouer un rôle si important comme choral de la Passion selon saint Matthieu, constitue la charpente de toute la composition [de BWV 161]. Dans le premier aria pour contralto, dans lequel le son désincarné des flageolets [?] semble exprimer une promesse de vie éternelle, l’orgue entonne le choral, repris à la fin par le chœur entier dans une vision de bonheur…» HALBREICH: «…La tendresse des deux flûtes à bec évoluant en tierces s’y marie à miracle à la chaude consolation émanant des voix de femmes. Le choral parcourant toute l’œuvre est le célèbre Herzlich tut mich verlangen qui transfigurera la Passion selon Saint-Matthieu. Tout est sublime ici et il n’est pas jusqu’au chœur qui, abandonnant sa polyphonie coutumière, n’unisse ses voix en une sorte de Lied vespéral de la plus céleste lumière ». ISOYAMA: «… L’alto entre en premier, reprenant la mélodie paisible des flûtes à bec pour chanter l’attente de la mort… De temps à autres, la sesquialtera de l’orgue (un jeu de mutation avec quinte et tierce) joue le choral. Lors de l’exécutide la cantate à Leipzig [vers 1735 ?] le premier verset du texte du choral fut chanté par un soprano…» NYS, Carl de: «…Dès le premier mouvement écrit en quintette pour deux flûtes à bec, la voix, l’orgue obligé et la basse continue, n a l’atmosphère si prenante de berceuse spirituelle connue par le début de l’Actus tragicus ; on remarquera que la mélodie du choral Herzlich tut mich verlangen de Christoph Knoll (1611) apparaît dans la partie d’orgue obligé et dans toutes parties instrumentales ; il semble que lors d’une reprise à Leipzig, Bach ait confié cette partie à un groupe de petits chanteurs de la maîtrise… le choral commence à l’orgue (Weimar) sur le mot « Todesstunde ». PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – L’orchestration, pages 243-244]: «…l’orgue obligé: Dans le premier chœur de la Passion selon saint Matthieu, il [Bach] fait donner à la mélodie du choral O Lamm Gottes, la sonorité claire de la sesquialtera. Le même jeu est indiqué pour jouer le choral dans le premier air de la cantate Komm, du süsse Todesstunde…» [La Traduction du texte, pages 278-279]: «…Comme le dit excellemment M. Arnold Schering, « chaque fois qu’une situation atteint le plus haut point, que ce soit dans la douleur ou dans la joie calme, Bach a recours à la voix d’alto et obtient des effets saisissants. C’est la voix qui pousse avec le plus d’insistance l’appel à la pitié, ses tons sombres expriment avec le plus de vérité les défaillances humaines…» Renvois à la Passion selon saint Matthieu, Passion selon saint Jean, les cantates BWV 116, 169][ SCHUHMACHER: «…Comme dans l’Actus tragicus (BWV 106), les flûtes à bec, souvent conduites en parallèles jouent les « sons doux » et l’air d’alto a comme solo d’orgue la mélodie « O Haupt voll Blut und Wunden ». Avec l’entrée de l’alto et du choral, le mouvement en trio des flûtes et du continuo s’élargit à cinq voix…» WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, pages 270-271]: Chorals dans des arias. Renvois à BWV 19/5, BWV 31/8, BWV 101/4 BWV 137/4, BWV 143/6, WOLFF: «…les flûtes à bec concourent à exprimer l’ Affekt positif intériorisé, qui est celui de l’appel initial « Viens, douce heure de la mort, en même temps qua évoquer de manière descriptive la dernière heure qui sonne…» WOLLNY: « La cantate débute par un air pur alto d’une grande suavité, dans lequel la voix soliste, accompagnée par deux flûtes à bec ainsi que par le continuo, présente d’un ton mélancolique la mort comme un accomplissement de la vie. Bach développe un savant quatuor qu’il élargit, par l’introduction d’un cantus firmus à l’orgue, pour en faire une polyphonie à cinq voix, suggérant par la même par ses auditeurs un second texte présent en quelque sorte en filigrane ». [Affect sur le mot Löwen – lion » et « Küsse - embrasser]. |
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2] REZITATIV TENOR. BWV 161/2 |
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W ELT, DEINE LUST IST LAST, / DEIN ZUCKER IST MIR ALS EIN GIFT VERHAßT, / DEIN FREUDENLICHT / IST MEIN KOMETE, / UND WO MAN DEINE ROSEN BRICHT, / SIND DORNEN OHNE ZAHL / ZU MEINER SEELE QUAL. / DER BLASSE TOD IST MEINE MORGENRÖTE, / MIT SOLCHER GEHT MIR AUF DIE SONNE / DER HERRLICHKEIT UND HIMMELSWONNE. / DRUM SEUFZ ICH RECHT VON HERZENSGRUNDE / NUR NACH DER LETZTEN TODESSTUNDE. / ICH HABE LUST, BEI CHRISTO BALD ZU WEIDEN. / ICH HABE LUST, VON DIESER WELT ZU SCHEIDEN.Monde, / tes plaisirs sont un fardeau, / Je hais tes douceurs, comme le poison, / Ta joyeuse lumière / Est ma comète, / Et lorsqu’on cueille tes roses, / Leurs innombrables épines / Font le tourment de mon âme. / La mort livide est mon aurore / D’où se lève pour moi le soleil / De la gloire et des félicités célestes. / C’est pourquoi je soupire du fond de mon cœur / Après la dernière heure, l’heure de la mort. / J’ai le désir de me délecter bientôt auprès de Jésus-Christ, / J’ai le désir de quitter ce monde. La mineur (a moll) – Ut majeur 21 mesures, C BG Jg ; XXXIII. Page 9. Recitativ. Tenore. / Continuo NEUMANN. Récitatif secco avec arioso. Ténor BOMBA: «…Le récitatif débouche sur un arioso. Ainsi Bach met également l’accent sur l’espérance mystique de l’union prochaine avec le Christ ». BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 283-284]: «…récitatif secco finissant arioso…» BUKOFZER: «…Le célèbre récitatif-arioso accompagné de cette cantate dépeint, au moyen des pizzicati de cordes et des dessins de flûtes, le glas de la mort, si ardemment désiré par la voix d’alto…» CANDÉ: «…Admirable récitatif arioso, où les pizzicati des cordes et les flûtes évoquent naïvement le glas de la mort (Schlage doch, gewünschte Stunde). Renvoi à BWV 53. NYS, Carl de: «…le récitatif de ténor se transforme en arioso sur la citation de la lettre aux Philippiens (1, 23). On remarquera la brusque modulation d‘ut mineur à ut majeur lorsqu‘il est question de passer de la mort (Tod) à l‘aurore de la vie (Morgenröte)…» PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page 33]: «…Bach traduit par un mouvement descendant l’idée contenue dans ces mots: « Welt, deine Lust ist Last - Monde, / tes plaisirs sont un fardeau». Renvoi à BG XXXIII, page 9. [Le Commentaire de l’accompagnement instrumental, page 146]: « A la fin du récit de ténor,… après ces paroles « C’est ma joie de quitter ce monde », la basse instrumentale représente, par une grande période retombante, le déclin de la vie, qui prépare doucement la libération de l’âme, affranche peu à peu du corps affaibli, entraîné vers la terre [BG XXXIII, page 9]. [Dans le coffret 38 de la version « Harnoncourt », la traduction du texte « Dein Freudenlicht ist mein Komete » en français par « ta joyeuse lumière est le signe de ma perte » paraît quand même douteuse… on lui préféra celui de « ta joyeuse lumière est ma comète ». Dans BCW / Discussions Part 1, allusion à la célèbre « Comète de Halley » parut dans le ciel en décembre 1680, comète que Salomo Franck (1659-1725), l’auteur du texte de la cantate a pu voir de ses propres yeux…] |
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3] ARIE TENOR. BWV 161/3 |
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M EIN VERLANGEN / IST, DEN HEILAND ZU UMFANGEN / UND BEI CHRISTO BALD ZU SEIN. / OB ICH STERBLICH’ ASCH [Neumann (Stimmen): „schon zu Asch“] UND ERDE / DURCH DEN TOD ZERMALMET WERDE, / WIRD DER SEELE REINER SCHEIN / DENNOCH GLEICH DEN ENGELN PRANGEN.Mon désir / Est d’embrasser le Sauveur / Et a être bientôt auprès de Jésus-Christ. / Si la mort me réduit, mortelle créature que je suis, / Et cendre et poussière, / Le pur éclat de mon âme / Resplendira pareil à celui des anges. La mineur (a moll), 169 mesures (avec le da capo), 3/4 BG Jg ; XXXIII. Pages 10 – 15. Aria. Violino I. / Violino II. / Viola. / Tenore. / Continuo. NEUMANN. Parties de cordes, Ténor, B.c. Citation du choral Herzlich tut mir verlangen. Forme Da-capo BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 442]: «…Selon Alfred Dürr, la mélodie du choral « Herzlich tut mich verlangen » imprègne, presqu’à la manière d’une libre variation, toute la composition…» [ici dans le mouvement 3]. BOMBA: «…Le vers « Meinen Heiland zu umfangen » lui a sans doute fourni le matériel d’inspiration pour son illustration musicale de l’air composé de vocalises enveloppées par les cordes ». HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 25] : Mélisme de 7 mesures sur le mot « prangen - resplendira » NYS, Carl de: «… On retrouve la mélodie du choral Herzlich tut mir verlangen de [1] ainsi que dans [5], de sorte que la cantate est en réalité une sorte de fantaisie sur un cantique, comme on en avait écrit jadis pour l’orgue et même pour des voix chez les compositeurs du nord de l’Allemagne … L’aria confiée au ténor exprime bien le sentiment de saisir enfin le Sauveur lorsque les croches rapides succèdent aux syncopes du début exprimant évidemment le désir (verlangen) ». Cette aria da capo en la mineur montre bien la maîtrise de Bach par la concision de l’écriture et la conduite très expressive des parties de violon…» ISOYAMA: «…aria en la mineur sur un accompagnement coulant…» SCHUHMACHER: «…L’émouvant air pour ténor… est dans sa mélodie, comme le premier air [1] développé à partir de la mélodie du chant, sans pour autant le faire ressortir ; elle renforce le désir de mort comme désir de résurrection ». [Affects sur les mots « verlangen – désir » - « z – réduire » - prangen – resplendir ». |
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4] REZITATIV ALT. BWV 161/4 |
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D ER SCHLUß IST SCHON Neumann (Stimmen): „nun“] GEMACHT, / WELT, GUTE NACHT ! / UND KANN ICH NUR DEN TROST ERWERBEN, / IN JESU ARMEN BALD ZU STERBEN ; / ER IST MEIN SANFTER SCHLAF. Neumann (Partition): „sanfter Tod“] / DAS KÜLHE GRAB WIRD MICH MIT ROSEN DECKEN, / BIS JESUS MICH WIRD AUFERWECKEN, / BIS ER SEIN SCHAH / FÜHRT AUF DIE SÜßE LEBENSWEIDE, [Neumann (Partition et BG: „Himmelsweide“] / DAß MICH DER TOD VON IHM NICHT SCHEIDE. / SO BRICH HEREIN, DU FROHER TODESTAG, / SO SCHLAGE DOCH, DU LETZRER STUNDEN SCHLAG !J’en ai déjà fini ; / Bonne nuit, ô monde ! / Et puissé-je seulement obtenir la consolation / De mourir bientôt dans les bras de Jésus ; / Il est mon doux repos. / La froide tombe me couvrira de roses / Jusqu’à ce que Jésus me ressuscite, / Jusqu’à ce qu’il conduise sa brebis / Au riant pâturage de vie, / Afin que la mort ne me sépare pas de lui. / Arrive donc, joyeux jour de la mort, / Sonne donc, ô dernière heure ! Ut majeur (C) – Ut majeur (C), 28 mesures, C BG XXXIII. Pages 16-18. Recitativo . Flauto I. / Flauto II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Alto. / Continuo. NEUMANN. Récitatif accompagné avec les flûtes à bec I et II BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 442]: «…Tagliavini a bien souligné la substitution dans le second récitatif (n° 4) des paroles originales de Franck : « Ich will im Leben täglich sterben, so bringt der Tod mir kein Verderben – Je veux mourir à la vie chaque jour, afin que la mort ne me soit pas funeste », par ces autres mots intentionnellement introduits par Bach: « Und kann ich nur den Trost erwerben, in Jesu Armen bald zu sterben – Et je ne peux avoir que la consolation de bientôt mourir dans les bras de Jésus », exaltant de la sorte la présence du Christ…» BOMBA: «…Récitatif accompagné de tous les instruments. Bach traduit le doux repos « Sanfter Schlaf » par des notes basses, longuement retenues et l’idée de la résurrection par les figurations ascendantes des cordes ». BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 283-284]: «…récitatif secco puis accompagnato…» CANDÉ: «…Ce superbe récitatif évoque le sommeil de la mort et le réveil de la Résurrection. Une très intéressante écriture instrumentale, avec des ut aigus répétés aux flûtes à bec et des pizzicati des cordes crée le sentiment d’un « ailleurs » résonnant de carillons étranges. Ce récitatif d’alto, comme l’air d’introduction sont très difficiles. Ils ont été écrits pour le haute-contre Christian Gerhard Bernhardi, chanteur à la chapelle de Weimar, de même que les airs d’altos des cantates BWV 132 et 185 ». GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 156-157]: «…Dans la partie du chanteur, l’aspiration à la délivrance des chaînes terrestres atteint au sommet de l’extase, tandis que les flageolets [?], avec des notes hautes vivement répétées, les cordes avec leurs sombres pizzicati et les basses avec de majestueux sauts d’une octave, font entendre un chœur fantastique de cloches sonnant le glas. » HIRSCH [Interprétation symbolique de chiffres…Jean-Sébastien Bach. Contribution au Tricentenaire, page 49] : « l’alto chante 151 notes dans le récitatif, ce qui correspond aux mots « Welte, gute Nach » chanté dans ce morceau ». ISOYAMA: «…Énergique récitatif pour alto utilisant tous les instruments… pathos frisant l’obsession ». MAHLING: «…Illustration de „Sanfter Schlaf – doux repos„ par des croches descendantes et de „wir auferwecken – me ressucite“) par des doubles croches ascendantes avec suggestion de la „dernière heure“ par le glas des cloches…» PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page 27]: « Les mots suggérant l’idée d’éveil [le mot « auferwecken - réveiller »] avec son thème dirigé vers le haut…» [L’orchestration, page 203] : «…Bach avait déjà donné un tableau d’un coloris descriptif tout semblable [renvoi à BWV 127/3) dans la cantate Komm, du süsse Todesstunde que Spitta date de 1715. Le texte ne parle point, à la vérité, des cloches de la mort, mais seulement du « dernier tintement des heures ». Cependant Bach, dans sa description dépasse de beaucoup, en ampleur, l’image qui lui est proposée, et va jusqu’à une représentation du glas uniforme sonné par une cloche [page 204]…Spitta cite ce fragment de récitatif, volume 1, page 549) mais il considère comme l’imitation du son de plusieurs cloches, de volume différent, ce passage d’orchestre qui, à mon avis [Pirro] représente plutôt la vibration d’une grosse cloche, accompagnée de ses harmoniques ». [+ Exemple musical. BG XXXIII, page 17 ; les flûtes]. Renvoi également à la cantate BWV 30/10 « Eilt, ihr Stunden…». [L’orchestration, pages 227-228]: «…La flûte à bec, ou flûte douce, est la plus anciennement usitée dans l’orchestre. Mersenne dit que les flûtes douces « représentent le charme et la douceur des voix (In Harmonie universelle, page 237)… Pour Bach, les flûtes à bec s’apparentent merveilleusement aux cantilènes de la mort, aux airs dont les paroles annoncent l’évanouissement délicieux où l’âme s’affranchit. Deux flûtes à bec accompagnent en motifs d’accords tendres et de rythme alangui, le chant de l’alto « Viens, ô douce heure de la mort » [BG XXXIII, page 3]. PIRRO [J.-S. Bach, pages 102-103]: «…un récitatif d’une admirable ampleur de déclamation et d’une parfaite justesse de sentiment, les flûtes paraissent de nouveau [après le premier mouvement], argentines et murmurantes, et leurs notes répétées forment comme un brouillard de sons perlés et lointains, qui s’étend au-dessus du lourd tintement des basses de l’orchestre. Ces menues résonances flottent ainsi qu’un nuage d’harmoniques autour d’un clocher, tandis que les instruments à cordes balancent gravement les notes sourdes du glas. Au milieu de leur bourdonnement, l’alto invoque avec passion ces voix de la « dernière heure ». SCHUHMACHER: «…Le récitatif accompagné est composé avec le plus grand soin en vue de l’interprétation textuelle: « Schlaf – sommeil » en lignes descendantes, « auferwecken – éveiller » en mouvements animés, « letzer Stundenschlag – dernière heure » avec un glas dans la première flûte et un grand carillon dans la seconde flûte et les pizzicati des cordes sur les graves, inévitablement libres ». [Le thème du glas funèbre dans BWV 8/2, BWV 30/10 (1738), BWV 31/8 (1715), BWV 95/4 (1723), BWV 105/4 (1723), BWV 127/3 (1723), BWV 198/4 (1727) et "éventuellement" BWV 53]. [La même formule « Welt, gute Nacht » se retrouve dans les cantates BWV 82/4 et 159/4]. |
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5] CHORALSATZ. BWV 161/5 |
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W ENN ES MEINE GOTTES WILLE, / WÜNSCH ICH, DAß DES LEIBES LAST / HEUTE NOCH DIE ERDE FÜLLE, / UND DER GEIST, DES LEIBES GAST, / MIT UNTERBLICHKEIT SICH KLEIDE / IN DER SÜßEN HIMMELSFREUDE / JESU KOMM, UND NIMM MICH FORT ! / DIESES SEI MEIN LETZTES WORT.Si c’est la volonté de mon Dieu, / Je souhaite que ma dépouille mortelle / Soit aujourd’hui même mise en terre, / Et que mon esprit, hôte de mon corps, / Révère l’immortalité / Dans les suaves joies célestes. / O Jésus, viens et emmène-moi ! / Que cela soit ma dernière parole ! Ut majeur (C), 112 mesures, 3/8 BG Jg. XXXIII. Pages 18-26. Chor. Flauto I. / Flauto II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto . / Tenore. / Basso. / Continuo. NEUMANN. Ritournelle. Instrumentation comme [6] BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 442]: «…page confiée au chœur en style simple, avec quelques timides interventions en imitation et intermèdes instrumentaux de brève haleine, avec des broderies d’une extrême légèreté en doubles-croches et triples-croches des deux flûtes droites ». BOMBA: «…A la fin de l’œuvre, Bach fait sonner le glas -comme un peu plus tard dans l’Ode funèbre BWV 198/4- par un jeu instrumental délicat et des directives en conséquence. Bach remplace l’air qui prend alors la relève chez Franck par un ensemble vocal à quatre voix. Le mouvement aux allures pastorales au départ se concentre dans les instruments et correspond ainsi à l’esprit de plus en plus visionnaire du texte ». BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 283-284]: «…chœur homophone…» HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, pages 85]: Le morccomporte 112 mesures équivalent de « Christus » NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, page 284]. Le fac-similé de l’édition du recueil Andachts Opffer, Weimar 1715 montre qu’à l’origine Salomon Franck écrivit une aria et non le chœur composé par Bach. NYS, Carl de: «…On retrouve la mélodie du choral Herzlich tut mir verlangen de [1] ainsi que dans [5]. La succession des deux chœurs [5 et 6] est, en fait, un contraste entre le quatuor vocal avec flûtes et cordes et le chœur véritable… Dans son livret, Franck avait intitulé le n° 5 aria ; Bach la confie pourtant aux quatre voix et en fait un admirable lied pour le chœur dont il faut sans doute confier l’interprétation à un quatuor de solistes ou à un tout petit ensemble vocal… un rythme de danse à 3/8 ; impression renforcée par les triples croches des instruments, en l’occurrence des flûtes à bec, dans lesquels il ne faut sans doute pas chercher la représentation sonore de l’âme croyante qui s’envole au ciel mais tout simplement… celle de la joie du compositeur songeant à l’union définitive et bienheureuse… on peut signaler aussi qu’il n’y a pas la reprise attendue dans ce numéro en raison de ces mots, et que la forme adoptée, assez rare, est celle de ABB’A’ ». ISOYAMA: «…le chœur en do majeur traduit les douces joies du ciel avec une ritournelle aiguë et des parties vocales d’écriture très simple. » SCHUHMACHER: «…L’ambiance de Weimar a décidé Bach de noter les flûtes en mi bémol, le reste étant noté en do… La solution trouvée [et décrite par Nikolaus Harnoncourt dans son enregistrement] renforce l’anticipation de la joie de mourir, à tel point que le contrepoint animé des flûtes à bec (unisono) est modifié par rapport à son expression habituellement assourdie. » [Ce chœur peut être réalisé par quatre solistes…] |
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6] CHORAL. BWV 161/6 |
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D ER LEIB ZWAR IN DER ERDEN / VON WÜRMERN WIRD VERZEHRT [Wustmann: „Zu Ende wird verzehrt“], / DOCH AUFERWECKT SOLL WERDEN, / DURCH CHRISTUM SCHÖN VERKLÄRT, / WIRD LEUCHTEN ALS DIE SONNE / UND LEBEN OHNE NOT / IN HIMML’SCHER FREUD [Wustmann: „In Himmels Freud“] UND WONNE, / WAS SCHADT MIR DANN DER TOD ?Rendu à la terre, le corps / Sera certes rongé par les vers, / Mais il est destiné à ressusciter ; / Splendidement transfiguré par le Christ, / Il brillera comme le soleil / Et vivra sans tourment / Dans les joies et les délices célestes. / Que m’importe donc la mort ? Mi mineur (e, phrygien), 16 mesures, Moll (phrygisch), C. Les cordes doublent le chœur BG Jg. XXXIII. Pages 27-28. Choral. Flauto I. / Flauto II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto . / Tenore. / Basso. / Continuo. NEUMANN. BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 419]: Période de Weimar. « Dans trois cas (ceux des cantates BWV 31, 61 et 185) il y a un lien étroit entre le choral conclusif harmonisé à quatre voix et la citation du choral à l’intérieur d’une aria ; la mélodie, somme toute, est la même ». BOMBA: «…Dans le choral terminal Bach relève cet état visionnaire en attribuant aux flûtes un registre obligé, éclipsant pour ainsi dire la phrase vocale ». BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 283-284]: «…instrumentation comme [1] mais avec deux parties de flûtes obligées. MDC (mélodie de choral) 46 ». [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 205-205]: « MDC (Mélodie de choral) 46 de type 1. Choral simplement harmonisé ». BUKOFZER: «…le choral réapparaît entièrement harmonisé avec un merveilleux obbligato de flûte qui plane au-dessus de la mélodie, comme l’âme délivrée de la servitude humaine, symbole de l’idée centrale de cette cantate ». CANDÉ: «…Le choral final, sur la même mélodie du choral de la Passion est harmonisé note contre note et enrichi d’une importante figuration de la flûte : d’une légèreté angélique, cette figuration peut évoquer l’âme libérée. Il se dégage de l’ensemble de cette cantate une impression d’extase mystique : la mort, source du bonheur parfait, est un thème prépondérant dans les années de Weimar ». ISOYAMA: «… Le choral qui est apparu à plusieurs reprises dans la pièce se montre dans sa forme complète pour la première fois… Bach donne aux flûtes à bec un déchant élancé au-dessus d’un chœur à quatre voix, créant une image de la chair transfigurée ». MAHLING: «…le choral entendu dans le premier mouvement avec les deux flûtes à l’unisson élaborant la mélodie de la pratique bien connue de Bach, celle du prélude-choral…» PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Conclusion, page 453]: «…A la fin de la cantate, Bach illustre d’un motif tortueux et presque ironique de la flûte, le choral « A la vérité, le corps sera, dans la terre, la proie des vers ». Sans doute, il a considéré avec complaisance l’image odieuse…» Renvoi aux « ondulations du serpent, BWV 40/4. |
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BACH CANTATAS WEBSITE (BCW): |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW). |
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La Drêche, 1er novembre 2006 |
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Johann Sebastian Bach . Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »Novello & Cy 1889-1951. Trois volumes Tome I, pages 548-552 Tome. II, page 315 Tome III, pages 68, 284/285 [Note 260: Une partition ancienne est conservée à la Bibliothèque royale de Berlin. Elle ne fut sans doute pas rédigée à Leipzig, par un copiste inconnu, mais on y reconnaît la supervision de Bach, datée du 2 février 1735 (Voir aussi dans le volume III, l’Appendix A, n°2, près de la fin). Le titre complet est: « Dom : 16 p. Trin : Komm, du süsse Todes Stunde », sur la droite le signe α / ω, et sur la gauche α . ω, et au-dessous, d’une autre main, « item Festo Purific. Mariae (Festo Purificationis Mariae) » et à droite dans un coin, « di Bach ». Le fait que la cantate a été écrite à l’époque de Weimar est évident par sa conformité avec d’autres. Cantate pour le seizième dimanche après la Trinité (16 octobre 1715). L’Évangile du jour narre la résurrection du fils de la veuve de Naïn (Luc, 7, 11-17) qui donne au librettiste l’opportunité de traiter un thème favoris, celui de la mort sanctifiée et de la vie éternelle, ceci à travers trois arias et deux récitatifs. Une fois encore, Bach introduit le choral conclusif « Herzlich tut mich verlangen, strophe 4 » dans la première section [1] confiant une place prépondérante à l’orgue [Note 261: L’autographe original est utilisé ici. Dans une copie plus tardive, le cantique est confié à la voix de soprano sur les paroles de Gerhard [Paul Gerhardt, 1607-1676]: « Wenn ich einmal soll scheiden, etc. » [EKG 63/9: O Haupt voll Blut und Wunden]. Le fait que cette distribution est considérée comme proche de l’original est confirmé par ce qui a été avancé plus haut.] ainsi que dans l’air pour alto [1] (C major -ut majeur-, common time = C /4/4) accompagné de deux flûtes et de la basse figurée. Le caractère d’ensemble de cette cantate est si céleste et hors du commun, que parfois nous pensons que ce n’est plus de la musique terrestre que nous entendons mais que nous nous mouvons dans un état totalement spirituel. Les passages « aériens » des flûtes, en demies croches anticipent clairement sur le choral de la première partie de la Passion selon Saint-Matthieu. Elles flottent dans le ciel, par dessus nous et les nuages, dans l’éther et, entre elles planent une douce mélodie [Ex. musical: « Komm, du süsse Todes Stunde, da mein Geist… »]. [Note 262: Quelque chose dans ce texte fait pressentir l’Histoire de Samson ». Voir le livre des « Juges », au chapitre 14 [PBJ 339]. Tout ceci est écrit d’une forte plume, sur la mélodie (sans paroles) du vieux cantique funèbre. Le deuxième aria [3] A minor - la mineur-, ¾, séparé du premier par un récitatif est d’un caractère plus sombre, les flûtes étant remplacées par le quatuor à cordes plus expressif accompagné par le ténor. Cette voix illustre complètement un esprit comme « béatifié » mais son esprit demeure cependant humain, quoique aspirant à la mort, douleur et félicité étant intimement liées. Après un long récitatif [4] qui réunit ces deux sujets, le dernier aria [5] C major - ut majeur -, 3/8, se développe à nouveau dans un profond ravissement. Il est en quatre parties nous rappelant les anciennes cantates d’église, excepté une simple imitation canonique entre les voix supérieures et inférieures totalement homophones. Cet air est accompagné par les cordes et les flûtes combinées, avec notamment les doubles croches des flûtes d’un curieux effet et qui sonnent comme un esprit murmurant. Le couronnement de l’œuvre est le choral [6] qui suit immédiatement. Au-dessus des quatre parties, la flûte sinue dans d’étranges et mystérieux passages produisant de superbes harmonies, l’ensemble sonnant comme dans un rêve. En définitif, les deux récitatifs figurent parmi les plus beaux que Bach ait écrits. Ils sont aussi caractéristiques de sa propre façon de procéder, toujours remplis d’un profond sens musical et de forts accents déclamatoires. Le premier [2] est uniquement accompagné de la basse figurée et le second [4] par l’ensemble instrumental avec des sections d’une grande intensité pathétique et expressive, ne comportant ni prélude ni postlude mais enrichies par la manière dont Bach traite les sujets secondaires [Note 263, page 550: Aux mesures 4 - 14, le texte de la partition diffère légèrement du poème imprimé ; Bach semble l’avoir modifié intentionnellement à cause de la déclamation musicale qui ne pouvait s’accorder avec les paroles originales]. L’ensemble est tout à fait remarquable. Le sujet est ici l’évocation de la dernière heure de la vie humaine et tous les instruments sonnent comme un carillon (funèbre) ; les basses, solennellement sont dans la, dans la tonalité d’ut à ut ; les violons, dans la partie médiane, ressemblent à une prière vespérale et au-dessus, les deux flûtes, dans l’aigu, couronnent le tout [Note 264, pages 551-552: Dans l’Allemagne du nord, une cloche appelée « glas d’adieu » sonnait le soir à six heures pour annoncer la fin du travail de l’homme et l’invitait à prier. Auparavant il y avait une brève sonnerie de la cloche, représentée dans la partition [BWV 161/4] par les flûtes.]. Le soliste intervient comme le pèlerin de ce bien triste voyage [exemple musical: « So schlage doch, so schlage doch »]. Suit le texte intitulé « imitation des cloches en musique [chez Bach], avec des exemples puisés dans BWV 8, 53, 73. - Volume II, page 315: Accent expressif [2] sur les mots « Zu meiner Seelen Qual ». - Volume III, page 68: Reprise de la cantate, non modifiée, cette fois pour la fête de la Purification de la Vierge, le 2 février 1735. - Volume III, pages 284-285: La cantate a été reprise à la même époque (1735) et la probable hypothèse est que ce fut le 2 février 1735, parce que le papier de la partition encore existant est exactement le même que celui de l’autographe de la Passion selon saint Luc, un petit aigle et les lettres (accolées) « HIR » |
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Contributed by Claude Role (March 2009) |
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Commentary: Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources |
Last update: ýApril 16, 2009 ý08:55:39