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C. Role. Octobre 2011
Cantate BWV 154
MEIN LIEBSTER JESUS IST VERLOREN
Mon Jésus bien-aimé et perdu… 
KANTATE ZUM 1. SONNTAG NACH EPIPHANIAS

Cantate pour le premier dimanche après l‘Épiphanie
Leipzig, 9 janvier 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré » inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 154

Leipzig, 9 janvier 1724.


BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 318] : «…d’après divers travaux d’exégèse, on serait fondé à croire que la cantate [BWV 154] pourrait avoir déjà été composée à Weimar. Au-delà des résultats auxquels ont peut parvenir grâce à l’analyse des filigranes des parties originales et autres éléments techniques, l’argument est étayé par le fait que Bach utilisa le dimanche suivant [16 janvier 1724] une cantate de Weimar (BWV 155). Il est raisonnable d’accorder au compositeur [Bach] quelque pause… On est porté à croire que BWV 154 est une cantate parodie, avec des arias déjà composées précédemment et ici simplement nantis d’un nouveau texte…» 
BRAATZ [BCW. Provenance, 15 janvier 2002] : « Une exécution plus tardive de la cantate (ceci basé sur l’étude des filigranes) a pu être faite, soit le 8 janvier 1736 ou l’année suivante, le 13 janvier 1737 ».
CANTAGREL[Les cantates de J.-S. Bach. pages 305 à 310] : «…Il est vraisemblable que la composition de la cantate remonte aux années de Weimar, dans un état aujourd’hui perdu…Bach aurait donc repris une œuvre ancienne, comme il le fera le dimanche suivant en faisant rejouer la cantate BWVV 155 remontant à 1716…. Le musicien fera rejouer cette cantate [BWV 154] ultérieurement, au moins une fois, après 1735 ».
DÜRR. Chronologie. 1723 : BWV 63 (Noël 1723). BWV 40 (26 décembre). BWV 64 (27 décembre).
1724 : BWV 190 (1er janvier). BWV 153 (2 janvier). BWV 65 (6 janvier). *BWV 154 (9 janvier).
BWV 155 (16 janvier). BWV 73 (23 janvier).
Reprise possible dans les années ultérieures, vers 1735, mais la composition d‘une allure plus „primitive“ pourrait remonter aux années de Bach à Weimar.
HERZ : 9 janvier 1724. Révision d‘une cantate de l‘époque de Weimar ?
HIRSCH : Classement CN 65 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). I. Jahrgang ou « Année I » et Premier cycle des cantates de Leipzig dans la période allant du 30 mai 1723 au 4 juin 1724.
MACIA [Tout Bach, pages 219/220] : «…après la magnifique cantate BWV 65 (le six janvier 1724)… qui fait appel à des forces importantes, sans doute Bach a-t-il donc décidé à nouveau de laisser ses troupes se reposer. Le chœur n’a ainsi à assumer que deux chorals harmonisés. Certains pensent que plusieurs morceaux de l’ouvrage date de l’époque de Weimar, mais rien ne vient étayer cette hypothèse…»
NEUMANN : 1724, vers 1738. Semble basée sur une parodie de cantate de l’époque de Weimar. … Cantate que Bach a sans doute donnée à plusieurs reprises, assurément vers 1737 ».
PITROU [J.-S. Bach, page 119] : Les cantates de 1704 à 1725.
ROMIJN : «…Selon toute évidence, l’ouvrage fut écrit pour Weimar puis repris ; adapté et augmenté pour Leipzig ».
SPITTA - SCHWEITZER : Cantate composée durant la première année de Leipzig.


SOURCES BWV 154

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse :http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
Preußicher Staatsbibliothek, Berlin West. Mus. ms. Bach P 130.
Référence gwdg.de/Bach : D B Mus.ms. Bach P 130 [Staatsbibliothek zu Berlin]. Titre de la couverture autographe : J.-S. Bach. Première moitié du 18e siècle.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié par Gottlieb Friedrich Schniebes, à Hambourg en 1790, sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
BGA [Ernst Naumann, 1886] Les parties séparées originales et la partition originale incomplète sont à la Königlichen Bibliothek zu Berlin. Sur leur couverture, le titre : « Dominica 1. Post Epiph. | Mein liebster Jesus ist verloren | a 4 Voci, 2 Hautb. D’Amour, 2 Violini, Viola e Continuo di J.S. Bach. ». En plus sur la partition : « Concerto. Dominica 1. Post Epiphan. Di Joh. Seb. Bach. ao [ = année] 1724. »
L’aria d’alto [4] s’achève (à l’encre noire) à la mesure la mesure 31…Zelter a complété [la partition] à l’encre rouge pour le premier récitatif [2] et ajouté le texte du choral [3] « Jesu, mein Hort und Erretter » ainsi que le choral final [8] et ajouté : fait à partir des parties du chant, Berlin, le 20. Mai 1815. Z. [pour Zelter] . Manque en totalité [à la partition] l’arioso de basse [5], le récitatif de ténor [6] et le duo d’alto et ténor [7] »…. Les filigranes du papier sont comme ceux de la cantate précédente [BWV 153] : « IMK » sur la première moitié de la page et la « demie lune » sur le bas de la même page. Ce filigrane apparaît dans 41 cantates…» [suit la liste, dans l’ordre alphabétique des titres].
BRAATZ [BCW. Provenance, 15 janvier 2002] : « La partition autographe provenant de C. Ph. E. Bach a plusieurs mouvements manquants. Quand Zelter en fit l’acquisition, il utilisa alors les parties séparées pour rétablir les mouvements 1, 4 et 8 et compléta le texte du troisième mouvement. Le titre en tête de la première page est de la main de Bach : « JJ Concerto Dominica 1. Post Epiphan. Di Joh Seb. Bach. ».
Trois hypothèses : 1] La partie du continuo, la seule comportant un filigrane de l’époque de Weimar semble indiquer qu’elle fut intégrée dans la nouvelle composition de la cantate de 1724. 2]. Les arias 1, 4 et 7 composés sans doute antérieurement ont pu recevoir un nouveau texte pour l’exécution de 1724. 3]. La cantate est une toute nouvelle composition sans rapport avec une composition antérieure ».
HERZ : Filigrane « IMK ».
SCHMIEDER : autographe incomplet : l’aria d’alto va jusqu’à la mesure 31…
BGA : […Zelter d’après les parties séparées, à l’encre rouge pour le premier récitatif ainsi que le texte du choral .
SPITTA [Johann Sebastian Bach. Appendix, tome 2, page 691, note 34] : La partition originale et les parties séparées sont à la Bibliothèque d’État de Berlin [Königlichen Bibliothek zu Berlin / Deutsche Staasbibliothek Berlin ]. La partition n’est pas complète ; elle comporte l’ensemble du premier mouvement, seulement un fragment du second ; le troisième est sans texte ; le quatrième n’est qu’en fragment ; le restant est manquant. Sur toutes les parties de la basse figurée sont les mots « senza basso » mais il existe un autographe de la basse figurée pour le clavecin en la majeur. Ce clavecin durant toute l’œuvre collabore avec le continuo de la partition mais à l’octave inférieure…»

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
Mus. ms. Bach St 70. Preußicher Staatsbibliothek, Berlin/West.
Référence gwdg.de/Bach : D B Mus.ms Bach St 70. Copiste, J. A. Kuhnau. Ch. G. Meißner. J.-S. Bach. C. G Gerlach. Première moitié du 18e siècle.

BRAATZ [BCW. Provenance, 15 janvier 2002] : « Le « set » des parties séparées provient de C. Ph. E. Bach. Par la suite elles furent acquises par Zelter qui en fit dépôt à la Singakademie de Berlin. En 1854 ces parties furent acquises par la Deutsche Staatsbibliothek de Berlin ».
HERZ : les copistes seraient Johann Andreas Kuhnau né en 1703 – mort ? (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723 dans sa période dite médiane K2 et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760). A Leipzig de 1723 à 1729 .

COPIES XVIIIe et 19e SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18 u. 19. Jh.
P Am 44,5 Preußicher Staatsbibliothek, Berlin.
Référence gwdg.de/Bach : DB Am. B 44, Faszikel 5 [anciennement à l’Amalienbibliothek]. Copie suscitée par la maison Breitkopf (copiste inconnu) d’après le manuscrit DB Mus.ms P 1124 [Staatsbibliothek zu Berlin]. Deuxième moitié du 18e siècle.
D B Mus.ms Bach P 1159/XVI, Faszikel 4 [Staatsbibliothek zu Berlin]. Berlin, début du 19e siècle.
D B Mus.ms Bach P459, Faszikel 6. Copiste inconnu. Milieu du 19e siècle.
D Bhm H 895. Copiste inconnu. Fin du 18e siècle. (Berlin, Staaliche Hochschule für Musik).
PL Wru 60008.5031 ; B.217 (Wroclaw (Breslau). Bibliothèque universitaire.. Copiste : C. Bagans. Berlin. 19e siècle.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BGA).
BGA. Jg. XXXII (32e année). Pages 61 à 82. Préface d’Ernst Naumann (1886). Cantates BWV151 à 160.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I/ BAND 5. KANTATEN ZUM EPIPHANIASFEST BIS ZUM 2 SONNTAG NACH EPIPHANIAS
Bärenreiter Verlag BA 5043. 1975. 5 fac-similés.
BWV 154. Pages 91 à 114.
Avec BWV 65, 124, 32, 155, 3
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5043 41. Marianne Helms. 1978 = KB 1976.
[La partition NBA est dans le coffret Teldec / Harnoncourt, volume 37. 1985].

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics. | Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 2. Bärenreiter TP 1282. 2007. Pagination 1 à 648. Serie I. Band 5. Kantaten Zum Epiphaniasfest an zum 2 Sonntag nach Epiphanias.
Herausgegeben : Marianne Helms. 2007. = NBA I/5.
BWV 154. Pages 89 à 114. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1975.
BCW. Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 3004. Réduction chant et piano (Todt) = EB 7154. Partition du chœur = ChB t 1858.
Orgue et clavecin révisés par Max Seiffert = OB 1992.
2011 : Partition = OB 4654. Réduction chant et piano (24 pages) = EB 7154. Partition du chœur = ChB 4654
CARUS. En 2011, partition absente du catalogue Carus.
KALMUS STUDY SCORES. N° 847. Volume XL. New York 1968. Avec les cantates BWV 151 à 156


PÉRICOPE BWV 154

Premier dimanche après l’Épiphanie.
Épître : Romains 12, 1 à 6 [PBJ. 1683]. Le culte spirituel - Humilité et charité dans la communauté.
Évangile : Luc 2, 41 à 52 [PBJ. 1537 et 1538]. Jésus parmi les docteurs (ses parents le cherchent dans le Temple). La vie cachée à Nazareth.

EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. I. Sonntag nach Epiphanias.
Entrée: Jean 1, 14 [PBJ. 1584] : « Et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ».
Psaume 100 [PBJ. 894].
Cantique = EKG 47 : « O süßer Jesu Christ » (Les frères de Bohème, 1531).
Épître : Romains XII, 1 à 6 [PBJ. 1683]. Le culte spirituel.
Évangile : Luc 2, 41 à 52 [PBJ. 1537 et 1538]. Jésus, âgé de 12 ans, au Temple.

[Pour la même occurrence, renvoi aux cantates BWV 124 (7 janvier 1725) et BWV 32 (13 janvier 1726].


TEXTE BWV 154

Auteur du livret inconnu. Le nom du pasteur de l’église Saint-Thomas de 1714 à 1737, Christian Weiss Senior (1671-1737 est proposé par G. Herz, R. Wustmann et W. Neumann.
3] Seconde strophe du cantique (en 19 strophes de 8 vers chacune) Jesu, meiner Seelen Wonne (Görlitz 1661 ou 1668-1671), de Martin Jahn (vers 1620 -† 1682) .
Les strophes six et seize se trouvent dans la cantate BWV 147/6 et l47/10.
5] Luc 2, 49 [PBJ. 1538]. Jésus retrouvé au temple de Jérusalem.
8] Sixième et dernière strophe (de six vers chacune) du cantique « Meinen Jesum laß ich nicht » de Christian Keymann publié à Dresde en 1658-1659 dans le livre de cantique d’Andreas Hammerschmidt avec mélodie de ce dernier (1611 - † Zittau, octobre 1675).
La strophe 1 est dans la cantate BWV 124/1 ; La strophe 5 dans les cantates BWV 70/11 et BWV 70a/6 ; la strophe 6 est aussi dans la cantate BWV 157/5 et dans la Passion selon saint Matthieu, BWV 244b/29.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 281] : «…Enfin, l’attribution (par Wustmann) des textes de BWV 37, 44, 67, 75, 76, 81, 86, 104, *154, 166, 179 au théologien Christian Weiss senior est fort discutable, pour ne pas dire inconsistante ».
[note 5, page 837] : « Selon Rudolf Wustmann (1910) – et cette affirmation a été reprise, entre autres, par Luigi Ferdinando Tagliavini (1959) – l’auteur des textes de ces cantates, et bien d’autres encore (BWV 154, 81, 104, 67, 166, 86, 37, 44) pourraient être le pasteur de la Thomaskirche, Christian Weiss senior, compte tenu également du caractère typiquement « théologique » de ces textes. William H. Scheide (1961) avait avancé le nom de Henrici, possibilité rejetée, par contre, par Ferdinand Zander (1968)… »
HOFMANN : « La cantate actualise le récit [de l’Évangile] ; elle reprend motifs et atmosphère, mais transporte les évènements dans le monde personnel de l’expérience du croyant. Les trois arias représentent trois phases du récit : la perte – la recherche – les retrouvailles ».
KUIJKEN : «…Ce texte de cantate d’origine inconnue succède à l’Évangile du dimanche (Luc 2, 41-52) qui relate comment Jésus, âgé de douze ans reste sans qu’on le remarque au milieu des docteurs à Jérusalem tandis que ses parents ne se doutant de rien, s’en retournent de la fête de la pâque à Nazareth… Le poète considère cet épisode célèbre de Jésus de la perspective de sa propre vie spirituelle, personnifiant pour ainsi dire toute la communauté des chrétiens et parlant en son nom…»
MACIA [Tout Bach, pages 219/220] : «…Symboliquement, le poème commente la perte cruelle que représente la perte de Jésus pour le pécheur et la joie de le retrouver dans la Maison du Père ».
SCHMIEDER : propose le nom de Christian Weiss ?
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 175] : « Nous sommes tenté de dire que le sensible poète inconnu de la Passion selon saint Jean est le même qui a fourni le texte des cantates BWV 23, 64 et 154 ».
 
GÉNÉRALITÉS BWV 154

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…Une cantate de soliste sans chœur initial…»
HOFMANN : «…La cantate fut probablement chantée à plusieurs occasions au cours du quart de siècle qui suivit [après 1724] à partir d’additions supplémentaires dans les parties. Nous savons avec certitude qu’il y eut au moins une autre exécution vers 1737. Après l’exécution trois jours auparavant de la cantate BWV 65 à l’instrumentation très complète]… Bach prêcha encore une fois la modération : il se passa encore de soprano solo et il se limita encore à un petit orchestre –quoique cette fois avec deux hautbois d’amour en plus des cordes – et, encore une fois, il ménagea son chœur, lui demandant de ne chanter que les chorals ( qui étaient probablement lus à vue – quand aurait-il eu le temps de répéter ? »
LEMAÎTRE : «…Il n’est pas impossible que BWV 154 découle d’une cantate composée à Weimar dont elle serait une parodie. Il faut remarquer que la semaine suivante Bach réutilisa une œuvre weimaroise, BWV 155 ».


DISTRIBUTION BWV 154

NEUMANN. Alt, Tenor, Baß. – Chor (nur Choral). Oboe d’amore I, II (nur C. f. Vertsärkanden oboenstimmen, 3. und 8.) ; Streicher ; B.c ;
SCHMIEDER. Soli: A,T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe I, II; Oboe d‘amore. I, II; Viol. I, II; Vla.; Continuo.
BOMBA : «…Pour une exécution ultérieure, Bach a ajouté une basse continue pour clavecin ; d’autres parties de la cantate semblent provenir par contre, des années de Bach à Weimar ».


APERÇU BWV 154

1] ARIE TENOR. BWV 154/1
MEIN LIEBSTER JESUS IST VERLOREN : / O WORT, DAS MIR VERZWEIFLUNG BRINGT || O SCHWERT, DAS DURCH DIE SEELE DRINGT, / O DONNERWORT IN MEINEM OHREN.

Mon Jésus bien-aimé et perdu : / O paroles qui me réduisent au désespoir, / O glaive qui transperce mon âme, / O paroles d’effroi à mon oreille

Si mineur (h), 62 mesures, 3/4.
BGA. Jg. XXXII. Pages 61 à 64 | Am ersten Sonntage nach Epiphanias : | Cantate | für Alt, Tenor und Baß. | Concerto | ARIE. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Forme de trio: Cordes, Tenor, B.c. Da capo et sorte de « lamento ».

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 318] : «…prodigieux lamento initial qui dans la partie du continuo présente une figuration « obstinée » (répétée quatre fois et débouchant sur un tremolo des cordes, pour être ensuite reprise deux autres fois…»
BOMBA : «…l’air d’introduction… est tout au service du texte. Les instruments à archet jouent un ostinato. Par sa ligne chromatique descendante, la basse ressemble à une basse lamento, comme celle que Bach prend pour base du « Crucifixus » de la Messe en si mineur, par exemple. Cependant ici, elle ne progresse pas régulièrement, mais saute en tous sens dans l’espace sonore, symbolisant peut-être l’hésitation et la recherche inhérentes à l’attitude plaintive. Des mots tels que « perdu » et « désespoir » génèrent des pauses général. Les cordes jouent ensuite des accords tremblants à la progression harmonique hardie, image bien entendu de l’épouvante ressentie par l’âme qui se croit perdue ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 277] : «…le curieusement tintement des cordes pour illustre la parole foudroyante « O Donnerwort ». Soutien instrumental colla parte ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…épisode qui devait toucher particulièrement la sensibilité piétiste…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach. pages 305 à 310] : «…La construction de l’œuvre est très originale. Elle s’ouvre par un étonnant et poignant lamento de ténor (Jésus perdu) aux riches figuralismes…c’est tout l’air qui est fondé sur un ostinato (et ses intervalles diminués), de huit mesures, sept fois entendu, à ceci près que la cinquième itération se brise et se transforme pour traiter les deux derniers vers du texte, avant la reprise abrégée du début, selon une coupe ABA’. Dans cette partie centrale (B), les cordes frémissent de trémolos de doubles croches, sur une montée chromatique, pour figurer « le mot de tonnerre - Donnerwort ». Ce traitement est très comparable à celui dont Bach use dans la cantate BWV 60… L’ostinato, en deux sections de quatre mesures, est labouré de silences, comme hagards. Suivant un profil descendant sur un large ambitus, il est constitué d’intervalles chromatiques et de quintes diminuées, figuralisme du doute et du désespoir…»
DÜRR : «…sur les paroles « O glaive qui transperce mon âme…» à trois reprises une manière de fanfare et un trémolo des cordes, traduisent la crainte de l’homme qui se croit abandonné de Dieu…»
GARDINER : «…Le premier mouvement est un air exalté en si mineur…à un moment donné, il offre une évocation quasi-picturale de comment vibre l’oreille : « Ô parole qui à mes oreilles retentit »
HIRSCH : Le texte pourrait renvoyer au psaume 40 |PBJ. 871] : « Toi, toi, le terrible ! Qui tiendra devant ta face, sous le coup de ta fureur ? Des cieux tu fais entendre ta sentence, la terre a peur et se tait…»
HOFMANN : « L’aria d’ouverture… est une lamentation désespérée sur la perte, remplie de retards plaintivement soupirants au premier violon puis dans la ligne vocale qui renferme aussi d’expressives sixtes ascendantes et est perforée de silences lourds d’émotion. Tout cela prend place sur le fil insistant d’un basso ostinato fortement chromatique…»
KUIJKEN : «…On commence « ex abrupto » avec la plainte « Mon cher Jésus est perdu ». Logiquement, ce texte n’est pas chanté par l’ensemble vocal à quatre voix mais par un soliste (aria pour ténor et cordes) comme un lamento passionné personnel. La composition de Bach nous évoque une passacaille, la figure de basse à répétition est fortement chromatique, ses nombreuses pauses lui confèrent un caractère « hésitant » (on pourrait déjà y voir la recherche vaine). Le premier violon introduit le motif principal fortement pointé et chargé d’appoggiatures plaintives ; le ténor le répète ensuite, interrompu par d’inquiètes figures isolées des 1er violons. A O Schwert, das durch die Seele dringt, Bach dépeint le mouvement de frappe et de coupe aux violons et à l’alto : Donnerwort est illustré par la répétition du ton…»  
NEUMANN : « Donnerwort : allusion au Cantique de Johann Rist et à l’évangile de Luc 2, 35 [un glaive te transpercera l’âme - PBJ. 1537].
REVOIR NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas, page 107] : « la musique n’a rien de piétiste chez Bach [renvoi à la cantate BWV 32/1] ; elle serait plutôt un pressentiment du romantisme. L’atmosphère assez particulière de cette cantate s’explique par le sujet qu’elle traite : Jésus perdu et retrouver au temple : elle n’est pas entièrement nouvelle, car on la trouve dans l’aria de ténor de la cantate BWV 154/1 Mein liebster Jesu ist verloren
MACIA [Tout Bach, pages 219/220] : «…un lamento pour ténor et cordes en si mineur où le soliste épanche sa détresse face à lz disparition de Jésus – ce qu’illustrent les soupirs et les retards aux cordes, le chromatisme de la basse obstinée qui se répète sept fois ou encore le grondement des cordes sur le mot « Donnerwort ».
MARCHAND [page 327] : « Mouvement d’ouverture dont les proportions correspondent exactement au nombre d’or… division du nombre de mesures par 1, 618 »
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachFormation des motifs, page 55] :  « Même quand le texte ne lui permet [à Bach] que de les dire en passant, sans insister… il déplore les angoisses de l’âme incertaine par une musique tourmentée, aux intonations difficiles… Ainsi dans les cantates [BWV 108/2, BWV 154/1 et BWV 109/3 [BG. XXIII, page 61], il associe des quintes diminuées descendantes dans la mélodie, aux paroles qui se rapportent à l’état de doute [ici le mot « zweiflung »].
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 189] : « Pour reproduire la terrible résonance des paroles qui bouleversent l’âme, comme d’un coup de tonnerre, Bach fait mugir la basse dans l’air de ténor ». Renvoi à BG. XXXII, page 63.
ROBERT : « Après l’imitation des gémissements et le soulignement de l’idée de faute, nous trouvons une troisième idée que Bach tente de traduire au moyen du thème chromatique…il est placé à la basse qui marche par doubles croches et monte ou descend d’un demi-ton à chaque groupe de doubles croche. Bach use de ce procédé lorsqu’il veut donner une solennité particulière aux paroles ou en marquer la signification…le continuo monte par demi-tons…il n’y a donc pas lieu de s’étonner de retrouver ce procédé dans le premier air de la cantate BWV 154 sur « Donnerwort »
ROMIJN : «…l’aria de ténor tient lieu d’ouverture est chargé de lourdes lamentations et chromatisme sur un rythme de chaconne » .
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome 2, pages 401 à 403] : « les lignes suivantes ; « O Schwert, das durch die Seele dringt » sont à l’évidence suggérées par le cantique de Joh. Rist : « O Ewigkeit du Donnerwort ». Bach composa deux cantates avec ce choral…»  [BWV 20 et 60].
WHITTAKER : « Le superbe air de ténor qui ouvre la cantate BWV 154 ressemble, par son caractère, au n° 19 de la Passion selon saint Jean [Ach, mein Sinn…]…quand le chanteur répète les mots Mein liebster Jesus ist verloren…, le violon I pousse à quatre reprises un bref cri de lamentation… su « Donnerwort », les cordes s’agitent en doubles croches répétées, un motif toujours retrouvé sur ce mot dans d’autres cantates…» [voir les deux cantates BWV 20/1 et BWV 60/1].


2] REZITATIV TENOR. BWV 154/2
WO TREFF ICH MEINEN JESUM AN, / WER ZEIGET MIR DIE BAHN, / WO MEINER SEELE BRÜNSTIGES VERLANGEN, / MEIN HEILAND, HINGEGANGEN ? / KEIN UNGLÜCK KANN MICH SO EMPFINDLICH RÜRHEN, / ALS WENN ICH JESUM SOLL VERLIEREN.
Où trouverai-je mon Jésus, / qui me montrera la voie / sur laquelle est parti mon Sauveur, / désir fervent de mon âme ? / Nul malheur ne saurait me toucher plus vivement / que celui de devoir perdre Jésus.

Fa dièse (fis)→ La majeur (A dur), 8 mesures, C.
BGA. Jg. XXXII. Pages 64 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Forme de trio: Cordes, Tenor, B.c. Da capo et manière de « lamento ».

CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach. pages 305 à 310] : «…même registre affectif [que l’air précédant] sui finit par s’apaiser dans la résignation avant que le choral n’apporte sa lumière… Saut d’intervalle outrepassant l’octave pour le mot « brünstigardent ».
KUIJKEN : «…Le ténor chante ce passage presque comme une prolongation de son air [1] ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachFormation des motifs, page 55] :  « Même quand le texte ne lui permet [à Bach] que de les dire en passant, sans insister… il déplore les angoisses de l’âme incertaine par une musique tourmentée, aux intonations difficiles… Ainsi dans les cantates [BWV 108/2, BWV 154/1 et BWV 109/3 [BG. XXXII, page 61], il associe des quintes diminuées descendantes dans la mélodie, aux paroles qui se rapportent à l’état de doute ».
[pages 59/60] : « Le motif paraît lorsque Bach veut appuyer sur un mot qui contient quelque chose d’excessif. Ainsi, quand il parle d’un désir ardent [+ Exemple musical sur les mots « meiner Seelen brünstiges Verlangen », BG. XXXII, page 64] Renvoi à la cantate BWB 181/2.


3] CHORAL. BWV 154/3
JESU, MEIN HORT UND ERRETTER, / JESU, MEINE ZUVERSICHT, / JESU, STARKER SCHLANGENTRETER, / JESU, MEINES LEBENS LICHT ! // WIE VERLANGET MEINEM HERZEN, [R. Wustmann ; „mich im“] / JESULEIN, [R. Wustmann ; „Jesu mein“] NACH DIR MIT SCHMERZEN ! // KOMM, ACH KOMM, ICH WARTE DEIN, / KOMM, O LIEBSTES JESULEIN ! [R. Wustmann ; „liebster Jesu mein“].

Jésus, mon rempart et mon sauveur, / Jésus, mon espoir, / puissant Jésus [toi] qui foules les serpents à tes pieds, / Jésus, lumière de ma vie ! / Avec quelles douleurs [variante Hänssler : « Mon cœur te désire, / Petit Jésus, ressentant tant de douleurs !] / mon cœur aspire à Toi, petit Jésus ! / Viens, ah viens, je t’attends, / viens, ô bien-aimé petit Jésus !

Texte de Martin Jahn, 1661, tiré du cantique Jesu, meiner Seelen Wonne. La mélodie Werde munter, mein Gemüte – sois enjoué, mon cœur (Abenlied de Johann Schop l’Ancien, publié à Lunebourg en 1642), se retrouve dans les cantates BWV 55/5, BWV 146/8 (sans le texte) et BWV 147/6 de type II). Renvoi aux chorals à quatre voix BWV 359 et 360.

Deuxième strophe du cantique de Martin Jahn : Jesu, meiner Seelen Wonne (1661) sur la mélodie Werde munter, mein Gemüte.

La majeur (A dur), 16 mesures, C.
BGA. Jg. XXXII. Page 65 | CHORAL. | Soprano. / Oboe I . II., Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Forme de trio: Simple choral (+ Oboe I, II, cordes et B.c. Cordes, Tenor, B.c. Da-capo et sorte de « lamento »

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 277] : « Choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 109, de type 1. Instruments colla parte ».
KUIJKEN: «…Transition directe à l’aria [4] ».
WHITTAKER : « Jesulein », un diminutif en terme d’affection ».
[Renvoi possible rencontré dans la cantate BWV 41/5 avec les litanies de Martin Luther :, Den Satan unter unsere Füsse treten – fouler Satan sous nos pieds]. 


4] ARIE ALT. BWV 154/4
JESUS, LAß DICH FINDEN, / LAß DOCH MEINE SÜNDEN / KEINE DICKE WOLKEN SEIN, / WO DU DICH ZUM SCHRECKEN / WILLST [W. Neumann : „vor mir“] FÜR MICH VERSTECKEN, / STELLE DICH BALD WIEDER EIN !
Jésus, laisse-toi trouver, / ne laisse pas mes péchés / s’épaissir jusqu’à obscurcir ma vie ; / Où que tu puisse te cacher, / pour me faire peur, / ne tarde pas à réapparaître !

La majeur (A dur), 43 mesures, 12/8.
BGA. Jg. XXXII. Pages 66 à 72 | ARIE. | Oboe d’amore I. | Oboe d’amore II. | Alto. | Violino I. II., e Viola. | Cembalo.
NEUMANN. Forme de trio: Cordes, Tenor, B.c. Da capo et sorte de « lamento ».

BOMBA : «…Bach dessine des hauteurs éthérées et renonce aux fondements terrestres en faisant jouer la basse des violons et des violes à l’unisson à l’octave inférieure (demi-basse). Les voix chantées et les hautbois d’amour planent par dessus dans une atmosphère pastorale et sereine…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach. pages 305 à 310] : «…une sicilienne douce et triste, de caractère pastoral… la longue ritournelle d’introduction est confiée aux deux hautbois d’amour, progressant en tierces parallèles ou dialoguant en imitations, sans soutien du continuo. La basse de l’harmonie est en effet assurée par les violons et les altos à l’unisson, renforcée à l’octave grave par le clavecin, ici expressément désigné [dans la partition]. Les répétitions lancinantes du premier vers, dans le balancement régulier des cordes et la ligne languide de la voix… traduisent une sorte de lassitude dans cette recherche…»
GARDINER : «…air touchant et mélodieux…Le registre aigu du continuo d’accompagnement, connu sous l’appellation « bassettchen » confié aux violons à l’unisson avec l’alto et le clavecin du continuo, représente symboliquement Jesu perdu ou caché au pénitent, dont il est séparé par « les épais nuages » de ses péchés représentés par les roulades qu s’échangent les deux hautbois d’amour (qui peut-être représentent également la recherche angoissé de Jésus par ses parents ».
HOFMANN : « Une aria chaude et chantante avec beaucoup de charme et de sincérité…Les forces originales instrumentales utilisées pour le basso continuo sont également importantes. Bach l’a donné aux violons et alto et ajouta plus tard une partie pour clavecin (il n’est pas sûr que ceci fût fait en 1724 ou pour une exécution ultérieure, mais violoncelles, violone, bassons et orgue se taisent…»
KUIJKEN : «…Presque Une berceuse. Le beau texte est chanté par l’altus accompagné de deux hautbois d’amour et (au lieu de la basse continue) d’un « Bassetto » à l’octave supérieure des violons et de l’alto à l’unisson. Le tout respire une atmosphère de Noël. Seulement sur les mots Schrecken et verstecken survient brièvement une abrupte dissonance » ?
MACIA [Tout Bach, pages 219/220] : «…superbe aria en la majeur adoptant l’esprit du Lied allemand, avec deux hautbois d’amour et les cordes à l’unisson qui remplacent de fait la basse continue. Une lumière de Noël baigne ce mouvement , auquel Bach ajoutera néanmoins, pour une reprise ultérieure, une partie de clavecin ».
MARCHAND [page 197] : «…Selon Schweitzer, lorsqu’il s’agit d’exprimer un chant d’allégresse, souvent pour souligner la joie des fidèles après la Résurrection, le flot des doubles croches se cristallise en une structure rythmique dansante… l’air n° 4, célébrant la dissolution du péché par la Résurrection, est soutenu par un motif de joie, joué en grand unisson aux cordes [+ Exemple musical pris aux mesures 7 à 10 (violons I, II et Viola]…»
[page 332] : « Mouvement d’ouverture dont les proportions correspondent exactement au nombre d’or… division du nombre de mesures par 1, 618 »
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachL’orchestration, page 225] : « Les premiers et les seconds violons joints à l’alto, et soutenus à l’octave inférieure par le clavecin, jouent la partie de basse de l’air d’alto… L’auteur inconnu des paroles y demande à Jésus de se laisser trouver…les motifs des instruments à cordes se déroulent en larges volutes, et le chant en est quelquefois environné, mais ce brouillard bien que continu, reste léger ». BG. XXXII, page 66.
[L’orchestration, page 243] : « Rappelons que le cembalo est désigné formellement dans l’air d’alto ». BG. XXXII, page 66.
ROMIJN : «…doux mouvement de balancier. L’absence de partie de basse rajoute à la magie du moment…»
SCHWEITZER [ J.- S. Bach | Le musicien-poète. page 234] : « Les nuages épais de nos péchés dont il est question dans l’air n° 4, sont figurés par le motif que voici : [+ Exemple musical aux violons I, violon II et Viola]... Cet effet de monotonie angoissante, nous l’avons déjà rencontré dans le duo de la Passion selon saint Matthieu qui dépeint la venue de l’orage après l’arrestation du Seigneur [Fin de la première partie, le duo n° 33 pour soprano et alto]. »
[J. S. Bach, page 77] : « les sombres nuages de nos péchés[+ Exemple musical aux violons I, violon II et Viola]...
WESTRUP (56) : «…le clavecin peut avoir été nécessaire pour l’exécution de cantates d’église comme cela parait le cas dans la partie figurée de clavier de BWV 154 [4] qui aurait pu être utilisée…»


5] ARIOSO BAß. BWV 154/5
WISSET IHR NICHT, DAß ICH SEIN MUß IN DEM, DAS MEINES VATER IST ?

Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ?

Luc 2, 49 [PBJ. 1538] : « Et pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ? Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire ».

Fa dièse (fis), 22 mesures, C.
BGA. Jg. XXXII. Page 73 | ARIOSO. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Forme de trio: Cordes, Tenor, B.c. Partie de continuo en imitations.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 318/319] : «…L’arioso n° 5 est, sans conteste [?] une œuvre nouvelle, constituant une sorte de pendant de l’arioso de BWV 153/3 [6 janvier 1724]. Ici aussi, c’est à la voix de basse qu’est confié le soin d’entonner un texte biblique (Luc 2, 49)… ce texte est réitéré avec insistance, comme si la question (« Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ?) était conçue comme devant s’associer à une attitude de reproche jointe à un état de tension et d’agitation fébrile…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 277] : «…le grand arioso dévolu à la parole christique est de toute beauté…»
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…l’arioso fait intervenir l’enfant Jésus lui-même (malencontreusement, il faut le dire par le truchement d’une voix de basse » [Ce propos peut être discutable…]
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach. pages 305 à 310] : «…Seul l’arioso de basse serait [dans cette cantate remontant peut-être à l’époque de Weimar) une composition nouvelle [de Leipzig]. La basse « vox Christi ».
DÜRR : «…un arioso destiné à la basse (der vox Christi)….déclamation avec imitation de la voix chantée par le continuo ». 
GARDINER : «…Ici le continuo reste en imitation avec la voix…tandis que les répétitions de la question se prolongeant sur vingt-deux mesures renforcent le climat de reproche et de tension. Ce numéro fut ajouté pour la première exécution de cette cantate à Leipzig, en 1724, alors que les trois autres mouvements (n° , 4 et 7) semblent avoir pour origine une œuvre plus ancienne remontant à ses années de Weimar ».
HIRSCH : le mouvement compte 22 mesures…le thème vocale a 22 notes… renvoi possible à la vie du Christ et au psaume 22 le psaume dit du « Christ en croix ».
HOFMANN : «…partie principale de la cantate…mouvement strictement imitatif, souvent canonique…» 
KUIJKEN : «…Inattendue et directe vient dans l’arioso la réponse dégrisante de Jésus à cette prière car le poète cite littéralement l’Évangile de saint Luc 2, 49. Ce morceau est un duo purement monothématique dans lequel la basse continue et le chanteur sont étroitement liés dans un style d’imitation. Une annonce du message du texte ? A cette réponse de Jésus, le croyant saute de joie [6] ».
LEMAÎTRE : «…le point central de l’œuvre, celui autour duquel tournent les autres numéros ».
MACIA [Tout Bach, pages 219/220] : «…L’arioso de basse est le cœur de l’ouvrage [citation de l’Évangile]… La voix et le continuo sont liés dans un style d’imitation, métaphore probable du sens des paroles de Jésus ».


6] REZITATIV TENOR. BWV 154/6
DIES IST DIE STIMME MEINES FREUNDES, / GOTT LOB UND DANK ! / MEIN JESU, MEIN GRETREUER HORT. / LÄßT DURCH SEIN WORT / SICH WIEDER TRÖSTLICH HÖREN ; / ICH WAR VOR SCHMERZEN KRANK, / DER JAMMER WOLLTE MIR DAS MARK / IN BEINEN FAST VERZEHREN ; / NUN ABER WIRD MEIN GLAUBE WIEDER STARK, / NUN BIN ICH HÖCHST ERFREUT ; | DENN ICH ERBLICKE MEINER SEELE WONNE, / DEN HEILAND, MEINE SONNE, / DER NACH BETRÜBTER TRAUERNACHT / DURCH SEINEN GLANZ MEIN HERZE FRÖLICH MACHT. / AUF, SEELE, MACHE DICH BEREIT ! / DU MUßT ZU IHM / I N SEINES VATERS HAUS, HIN IN DEN TEMPEL ZIEHN ; / DA LÄßT ER SICH IN SEINEM WORT ERBLICKEN, / DA WILL ER DICH IM SAKRAMENT ERQUICKEN ; | DOCH, WILLST DU WÜRDIGLICH SEIN FLEICH UND BLUT GENIEßEN, / SO MUßT DU JESUM AUCH IN BUß UND GLAUBEN KÜSSEN.

C’est la voix de mon ami, / louanges et grâces soient rendues à Dieu ! / Mon Jésus, mon fidèle gardien / fait de nouveau entendre / sa parole consolatrice ; / J’étais malade de douleur, / la désolation me rongeait / presque la moelle des os ; / Mais à présent ma foi est raffermie, / à présent je suis au comble de la joie, / car j’aperçois les délices de mon âme, / le Sauveur, mon soleil, / qui après une accablante nuit de tristesse, / réjouit mon cœur de son éclat. / Allons, mon âme, prépare-toi ! / Il te faut / aller trouver dans la demeure de son Père, dans le Temple ; / Là se fait voir à travers sa parole, / là il te réconfortera dans le sacrement ; / Mais si tu veux consommer dans un noble recueillement sa chair et son sang, / il te faut embrasser Jésus dans la contrition et la foi.

BRAATZ [BCW. Provenance], Alfred Dürr et Werner Neumann : Ici est proposé un renvoi au Cantiques des Cantiques (Salomon), 2, 8 [PBJ.994] : « J’entends la voix de mon Bien-aimé ». Dans la cantate : « C’est la voix de mon ami ».

Ré majeur (D dur) → fa dièse (fis), 25 mesures, C.
BGA. Jg. XXXII. Page 74 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif « secco ».

PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien BachFormation des motifs, pages 47/48] : « des progressions mélodiques uniformes, faciles et certaines…des thèmes analogues quand il [Bach] veut exprimer des sentiments enthousiastes, de grands élans de l’âme, des expansions irrésistibles de joie, de reconnaissances, de louanges…Ces amples figures mélodiques, formées de quintes, de sixtes ou d’octaves paraissent d’ailleurs bien souvent dans la musique de Bach, et l’usage en est significatif.. Ces motifs font passer un souffle d’allégresse dans les airs heureux où il célèbre la délivrance d’un chœur oppressé, ou l’affranchissement d’une âme contraintes … » [+ Exemple musical sur « Nun bin ich… », BG. XXXII, page 76. Renvoi aux cantates BWV 180/2 BG. XXXV, page 306 et BWV 32, BG. VII, page 70.


7] ARIE (DUETT), ALT, TENOR. BWV 154/7
WOHL MIR, JESUS IST GEFUNDEN, / NUN BIN ICH NICHT MEHR BETRÜBT. / DER, DEN MEINE SEELE LIEBT, / ZEIGT SICH MIR ZUR FROHEN STUNDEN. / |mesure à 6/8] : ICH WILL DICH, MEIN JESU, NUN NIMMERMEHR LASSEN, / ICH WILL DICH IM GLAUBEN BESTÄNDIG UMFASSEN.

C’est un bonheur pour moi, Jésus est trouvé, / maintenant je ne suis plus affligé. / Lui, qui aime mon âme, / se montre à moi aux heures de joie. / Mon Jésus, je ne veux plus jamais t’abandonner, / je veux constamment t’étreindre, de toute la force de la foi.

Ré majeur (D dur), 96 mesures, C.
BGA. Jg. XXXII. Pages 75 à 82 | ARIE. (Duett). | Violino I. / Oboe d’amore I. | Violino II. / Oboe d’amore II. | Viola. | Alto. | Tenore. | Continuo
NEUMANN Structure A, B, c, C (à 3/8). Avec ritournelles et passage en canon ». Parties de cordes (+ Oboe d’amore I, II), B.c., Tenor. [Mesure à 6/8, en ut majeur, sur les paroles « Ich will dich, mein Jesu…standig umfassen ». En conclusion, reprise à C du prélude instrumental].

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 277] : « Duo de forme AB avec ritournelle, style en canon à 4/4…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach. pages 305 à 310] : «…Air de joie, brillant, avec sauts d’octaves, ses grands intervalles bondissant à la basse, signes récurrents de la délivrance.. des figures caractéristiques de la joie. Les deux hautbois d’amour, comme ensuite les deux voix, progressent en tierces et sixtes parallèles, signe de l’union retrouvée avec le Christ, ou en imitations canoniques, à l’imitation de Jésus-Christ. Un bref épisode central est animé d’une métrique ternaire, à 3/8, dont la rythmique bien affirmée, presque martelée, se fait le signe de la forte décision…»
DÜRR : «  type de duo « à la française ».
GARDINER : «…la joie d’avoir trouvé Jésus emplit le duo en ré majeur… proche de la danse…lequel s’engage tel un canon tout d’agilité à 3/8 avec une claire réminiscence thématique de la figure de type roulade employée précédemment dans le n° 4, avant une reprise du ritornello d’introduction ».
KUIJKEN : «…Maintenant que Jésus est retrouvé et que son message est perçu, le chrétien peut respirer à nouveau et désormais, par la force de sa foi, il veut « ne plus jamais laisser échapper et tenir solidement Jésus. Il faut peut-être comprendre à partir du récitatif [6] le fait que Bach ait conçu ce texte comme un duo : nous y avons vu (dans le langage imagé baroque) comment le croyant parle à son âme comme à une deuxième personne. Ce duo n’est-il pas la continuation du « dialogue intérieur » dans lequel tous deux se sont mis d’accord et chantent leur décision d’une même voix ?  Ce duo sonne pour nous comme une Gavotte, gai mais maîtrisée. Dans les quatre premiers vers, Bach a converti pratiquement « en binaire » le pied trochaïque (long-bref): Whol mir, Jesus ist gefunden. Au moment où le poète passe dans les deux derniers vers du trochée au dactyle (long/ bref / bref) Ich will dich, mein Jesu, nun nimmermehr lassen, Bach passe à une mesure à 3/8 pleine d’élan (passepied ?). La ritournelle de début des instruments (cordes et 2 hautbois d’amour) conclut enfin l’air dans le tempo de Gavotte initial ».
MACIA [Tout Bach, pages 219/220] : «…La joie nourrit le duetto alto-ténor avec cordes doublées par les hautbois d’amour, en ré majeur et sur un rythme de gavotte. Bach l’a peut-être conçu comme un dialogue entre le croyant et son âme… La seconde partie de l’air, à partir de « Ich will dich mein Jesu nun nimmermehr lassen » traitée en imitation sur la seule basse continue, est d’une émotion intense ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, page 43] : «…quand Bach veut exprimer des sentiments de décision, de volonté inébranlable, il représente cette fermeté au moyen d’un thème rigide et martelé » [+ Exemple musical sur les paroles « Ich will dich, mein Jesu ». BG. XXII, page 80]. Renvoi à la cantate BWV 146/ 7 .
[pages 48 ] : « Ces amples figures mélodiques, formées de quinte, de sixtes ou d’octaves paraissent d’ailleurs bien souvent dans la musique de Bach, et l’usage en est significatif. Ces motifs font passer un souffle d’allégresse dans les airs heureux où il célèbre la délivrance d’un cœur oppressé, ou l’affranchissement d’une âme contrainte. Ils apportent à la fois des idées de force joyeuse et de force élégante … » [+ Exemple musical sur les mots « Nun bin ich nicht mehr betrübt - maintenant je ne suis plus affligé ». BG. XXII, page 76]. Renvoi aux cantates BWV 32/5 et BWV 180/2.
[Les mélodies simultanées, page 132] : «…idées de bénédiction ou de béatitude…tierces et sixtes mêlées indifféremment…»
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 160/161] : « Les élans d’octave de la basse continue… ajoutent souvent , aux description de la joie exaltante, une sorte de rude gaieté brusque, un peu lourde.. il y a des soubresauts, une surabondance de vigueur, un excès d’expansion, quelque chose de populaire, qu’on subit et qui entraîne ». [+ Exemple musical sur les mots « Wohl mir, Jesus ist gefunden - C’est un bonheur pour moi, Jésus est trouvé…BG. XXXII, page 75]. Renvoi à la cantate BWV 82/5… 129, 130 et 145.
ROMIJN : «…Le duo présente un saisissant contraste avec l’aria d’ouverture : l’éclatante tonalité de ré majeur et le joyeux discours musical illustrent radieusement les mots « Wohl mir, Jesu ist gefunden - C’est un bonheur pour moi, Jésus est trouvé ».
SCHWEITZER [ J.- S. Bach | Le musicien-poète. page 253/254] : « Les motifs de la joie… une certaine animation joyeuse… motif de la basse joyeuse » [+ Exemple musical].


8] CHORAL. BWV 154/8
MEINEN JESUM LAß ICH NICHT, / GEH IHM EWIG AN DER SEITEN ; | CHRISTUS LÄßT MICH FÜR UND FÜR / ZU DEN [Neumann : livre de chant de l‘époque : „dem“] LEBENSBÄCHLEIN LEITEN. || SELIG, WER MIT MIR SO SPRICHT ; / MEINEN JESUM LAß ICH NICHT.

Je ne laisse pas mon Jésus s’écarter de moi, / Je marcherai à jamais à ses côtés. / Jésus-Christ me guide jour après jour / Vers la source de vie. / Bienheureux celui qui dit avec moi : / Je n’abandonne pas mon Jésus.

Sixième strophe du cantique de C. Keymann « Meinem Jesum lass ich nicht » (1658). La mélodie de Andreas Hammerschmidt se retrouvent dans les cantates BWV 70, 70a ; 124, 157 et 163/5, et également dans le choral à quatre voix BWV 380.

Ré majeur (D dur), 13 mesures, C.
BGA. Jg. XXXII. Page 82 | CHORAL. | Soprano. / Oboe I . II., Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé (+ Oboe I, II ; cordes et B.c.).

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 377] : « Choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 072 , de type 1. Instruments colla parte. Simple harmonisation de la même strophe dans la cantate BWV 124/6 ».
GARDINER : «…Sur une basse roulante, le choral final fait entendre la sixième strophe de l’hymne de Christian Keymann (et sur la même mélodie qui avait servi de base à la cantate BWV 124) ».
KUIJKEN : «...Choral de conclusion de Chr. Keymann (1658) ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 154

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BROWNE, Francis (novembre 2009) : Texte du choral : Jesu, meiner Seelen Wonne.
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CROUCH, Simon : Commentary.
MINCHAM, Julian : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 36. 2010.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 13 janvier 2002. 2] 5 février 2006. 3] 8 novembre 2009.
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Volume 2, pages253, 256, 268, 279,280, 281, 318/319, 594 et 837
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BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 277
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BREITKOPF. Recueils :
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Choral « Werde munter, mein Gemüte ». N° 95 (121 et 233). Recueil Ludwig Christian Erk (1807-1883). In Erk’s Sammlung = n° 138
Choral « Meinen Jesum laß ich nicht ».N° 347 (152, 298, 299 et 348). Recueil Ludwig Christian Erk (Erk’s Sammlung) = n° 89

Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique.
Choral « Werde munter, mein Gemüte ». N° 95 (362 (360 et 361).
Choral « Meinen Jesum laß ich nicht »..N° 243 (242 et 244 à 246).
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 305 à 310
: Tempéraments, Tonalités, Affects. Un exemple : si mineur. In Jean-Sébastien Bach. Ostinato rigore
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COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 219/220
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Pages 174 à 176
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement. Volume 18. 2000-2010. Traduction française de Michel Roubinet.
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CN 65, pages 34 [1], 57 [1] =, permanence du nombre 40 dans le violon I ], pages 53 [5 et 7] 104
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98666). En collaboration avec Marianne Helms. 1978.
: Riemenschneider Bach Institute. The Quarterly Journal of the. Baldwin-Wallace College. Berea, Ohio. Volume 7, n° 1,
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HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 17. 2001
KUIJKEN, Sigiswald : Notice de son enregistrement. Accent 2006.
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Beauchesne. Octobre 2005. Pages 104, 141, 164 et 166.
[3] Incipit de la mélodie « Werde munter, mein Gemüte » = M 162, page 284.
[8] Incipit de la mélodie « Meinen Jesum laß ich nichtJe n’abandonne pas mon Jésus » = M 205, page 288.
MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d’or). L‘Harmattan 2003. Pages 197, 327 et 332
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bach. VEB Breitkopf & Härtel Musikverlag. Leipzig 1971
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ. »
PFENDER, Marcel : Jean-Sébastien Bach / Chantre de Dieu. Editions « Je sers ». Paris.1943
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 119
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973
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PITROU, Robert : Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 119
RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis. 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig angehörenden
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ROBERT, Gustave : Le descriptif chez Bach. Librairie Fischbacher. Paris. 1909. Page 50
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SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 206/207
Literatur : Spitta. Schweitzer. Wolfrum (Leipzig, 1910). Pirro. Parry. Voigt. Wustmann. Wolff.Terry. Moser.
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BJ 1906. 1910. 1912. 1914. 1928. 1931. Bachfest 1908.
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach | Le musicien-poète. Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 153, 234 et 254
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 2, pages 77, 112, 157, 175, 409, 448 (note) et 461
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume II, pages 401 à 403 et Appendix du volume II, note 34, page 691
VETTER, Walther : W. Neumann. Literaturverzeichnis 71] Der Kapellmeister Bach, Postdam 1950 (ensemble critique de 31 cantates)
VERSTRAETE, Diederik : Notice de l’enregistrement de Marcel Ponseel. CD Passacaille 2010
WESTRUP, Jack. A., Sir : Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 56
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume I. Pages 392 à 397 et 400
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 9. 2000
WUSTMANN, Rudolf : J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 54 à 56
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 58, pages 125/126
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 154

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Neuf références (janvier 2002 – mai 2011) + Deux mouvements individuels (janvier 2002 – août 2006).
Exemples musicaux (Audio) : (avril 2003 – janvier 2005).

6] GARDINER (volume 18). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Contre-ténor : Michael Chance. Ténor : James Gilchrist.
Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. Hauptkirche St. Jacobi. Hamburg (D), le 9 janvier 2000. Durée 16’01
CD SDG 174. 2010. Distribution en France en novembre 2010. Avec les cantates BWV 124 et 32. Il s’agit de la dernière livraison des
enregistrement des cantates par J. E. Gardiner.
1] GRISCHKAT. Schwäbischer Singkreis Stuttgart. Bach Orchester Stuttgart. Alto : Elisabeth Wacker. Ténor : Karl Markus.
Basse : Michael Schopper. Martin-Luther-Kirche. Böblingen (D), novembre 1972. Durée : 18’15
Disque Corona (ex VEB RDA). Reprise disque Carus FSM 43104. Das Kantatenwerk, volume 4.
Reprise MHS/ FSM / Candide (USA).
3] HARNONCOURT (volume 37).Concentus Musicus Vienne. Tölzer Knabenchor. Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz.
Basse : Thomas Hampson. 1985. Durée : 15’52
Disque Teldec 6.35656-00-501-503 (SKW 37/1-2). Das Kantatenwerk, volume 37. 1985
CD Teldec 2292-42632-2. Das Kantatenwerk, volume 37. 1985
CD Teldec 4509-91762-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 8. Coffret de six CD avec les cantates BWV 138 à 162
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 4. Coffret , 15 CD Teldec. Sept. 1999. Cantates BWV 150-159. BWV 161-188. BWV 192 et 194-199
Reprise CD Warner Classics 8573 81163-5. Intégrale en CD séparés, volume 47. 2007.
4] KOOPMAN (volume 9). Amsterdam Barioque Orchestra & Choir. Alto : Bernhard Landauer. Ténor : Christoph Prégardien.
Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Octobre 1998. Durée : 14’51
Coffret de CD Erato 3984-27315-2. 2000. Reprise label Antoine Marchand. Challenge Classics CC 72209. 2006
*8] KUIJKEN (volume 4). La Petite Bande . Sans le chœur. Soprano : Elisabeth Hermans. Alto : Petra Noskaiova. Ténor : Jan Kobow.
Basse : Jan van der Crabben. Église des Minimes, Bruxelles, janvier 2006. Durée : 15’13
CD Accent ACC 25304. 2006-2007. Avec les cantates BWV 153, 16 et 65
6] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Alto : Sytse Burwalda. Ténor : Marcel Beckman. Basse : Bas Ramselaar.
Église Saint-Nicolas. Elburg (NL), Novembre et décembre 1999. Durée : 14’53
CD Bach Edition. 2000. Brilliant Classics. Volume 12. Cantates Volume 6.
Reprise Bach Edition .2006. CD Brilliant Classics III - 93102 28/74. Avec les cantates BWV 128 et 62
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle édition „augmentée“ : 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les Passions de saint Jean et saint Matthieu.
9] PONSEELE, Marcel. Il Gardellino. Soprano : Caroline Weynants. Alto : Patrick Van Goethem. Ténor : Marcus Ullman.
Baryton : Lieven Termon. Anvers (B), du14 au17 janvier 2008. Durée : 21’19
CD Passacaille 956. 2010. Avec les cantates BWV 32 et 154 et une cantate de Johann Christoph Bach.
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Alto : Ann Murray. Ténor : Aldo Baldin. Basse : Walter Heldwein.
Gedächtniskirche Stuttgart (D), septembre 1978. Durée : 15’49
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98701. Avec la cantate BWV 83
CD. Die Bach Kantate (volume 21). Hänssler Classic. Laudate 91872. Avec les cantates BWV 65, 123 et 124
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 47). Hänssler-Verlag 92.047. 2000
7] SUZUKI (volume 17). Bach Collegium Japan. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Gerd Türk. Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s
University Chapel. Japan. 10 et 11 et 13 au 15 mars 2001
CD BIS 1221. 2002. Distribution en France en février mars 2002


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 154

M-1. Mvt. 4] : John Beckett. New Irish Chamber Orchestra. Mezzo soprano Bernadette Greevy. Disque Claddagh Records Limited. 1976.
M-2. Mvt. 3] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
Bach Edition 2000. CD Brilliant Classics: Bayer Record. Volume 17. Œuvres vocales, volume II.
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics. CHORALS V-93102 26/132.
Le Nordic Chamber Choir est devenu le Chamber Choir of Europe. CD 1576


C. Role. Octobre 2011

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Last update: October 25, 2011 19:30:00