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Cantata BWV 138
Warum betrübst du dich, mein Herz?
Commentary in French

KANTATE ZUM 15. SONNTAG NACH TRINITATIS
Leipzig, 5 septembre 1723

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 138 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Sauf les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (1850-1899)
BGA = Bach Gesellschaft Ausgabe, ou édition d’ensemble (Gesamtausgabe) des œuvres de Bach à partir de 1851
Bj = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ».

 

DATATION BWV 138

Leipzig, 5 septembre 1723. 15e dimanche après la Trinité

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, page 269]: Peut-être une exécution exceptionnellement en deux parties, avant et après le sermon. Renvoi à BWV 80.
BOMBA: « Cette cantate est une cantate-choral. Cependant elle ne fait pas partie du deuxième cycle annuel de cantates-choral mais date déjà de l’année 1723… sans aucun doute, il s’agit ici d’un morceau unique en son genre en ce qui concerne le type de cantate-choral ; d’autre part, Bach utilisa les techniques acquises ici pour d’autres morceaux semblables ».
DÜRR: datation, le 5 septembre 1723, d’après l’étude du papier de la partition originale, des filigranes ainsi que des éléments de transcription dans les parties de hautbois d’amour.
HERZ: Datation pour 1723. L’auteur signale l’ancienne datation, vers 1732 ?
HIRSCH: Classement CN 52 (Die chronologisch Nummer). Leipzig. 1. Jahrgang
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV 69a (15 août 1723) - BWV 77 (22 août 1723) - BWV 25 (29 août 1723) - BWV 138 (5 septembre 1723) - BWV 95 (12 septembre 1723) - BWV 148 (19 septembre 1723)
NYS, Carl de: « …la cantate BWV 138 a été longtemps négligée et incomprise, voire critiquée par d’aussi illustres spécialistes de Bach que Spitta et Schweitzer, et ce simplement parce qu’on ne connaissait pas la date exacte de sa composition: Spitta l’avait en effet située entre 1735 et 1744 alors que les recherches les plus récentes ont pu établir qu’elle a été donnée pour la première fois le 5 septembre 1723 pour le quinzième dimanche après la Trinité, au début de son cantorat à Leipzig. Cette cantate est en réalité la première cantate « chorale » de Bach…»
SCHMIEDER: A Leipzig, avant 1737-1738 (1732 ?)
SCHWEITZER [J.-S. Bach. Les Cantates écrites après 1734, page 204]: Suivant la datation établie par Spitta, l’auteur ajoute: « D’après certains indices de la partition autographe - entre autres la notation du hautbois - cette cantate pourrait avoir été composée dès 1733…»

 

SOURCES BWV 138

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR

Mus. ms. Bach P 158. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Berlin. Anciennement à la Tübingen Universitätsbibliothek puis à Berlin-Dahlem

BGA: Titre sur la couverture: (de la main de Zelter): Warum betrübst du dich, mein Herz / (de la main de Carl Philipp Emmanuel Bach) : 15 post Trin. Von J. S. B.. Sur la partition « J. J. Concerto Dom ca 15 post Trinit. »
Zelter Carl Friedrich Zelter (1758-1832) directeur de la Singakademie de Berlin à partir de 1800).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume I, page 39]: Cette cantate fit partie du catalogue des œuvres ayant appartenues à Carl Philipp Emanuel Bach Emanuel. (86 cantates sacrées). Ce catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ».
HERZ: les filigranes sont: « MA », petit format et « IMK », principal filigrane de la première année de Leipzig ». Selon BGA, difficilement déchiffrable)
SCHMIEDER: Neuf feuilles dont 17 pages écrites, in 4°. Le titre sur la couverture est partiellement de la main de Carl Philipp Emanuel Bach.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues

ÉDITIONS

SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT (BG)
Jg. XXVIII / 28e année. Pages 199-222. BWV 131-140, anh. 134a. Révision et commentaires, Wilhelm Rust, 1881

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 22. KANTATEN ZUM 15 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5069. 1987. Matthias Wendt. 5 Fac-similés.
BWV 138. Pages 1-40. Bl.1r der Autographen Partitur: Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Berlin/West Mus. ms. Bach P 158). Beginn des Satzes 1
Avec BWV 99, 51
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5069 41. Matthias Wendt 1987

AUTRES ÉDITIONS
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume I, page 70]: Une première impression en 1847. Der evangelische Kirchengesang und sein Verhältniss zur Kunst des Tonsatzes. Carl Georg von Winterfeld, vol. III. Breitkopf & Härtel. Avec BWV 68, 140.
Carl von Winterfield sera en 1850, à Berlin, l’un des co-fondateurs de la Bach-Gesellschaft.
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2988
Voix et accompagnement ChB 2193 puis ChB 4638. Réduction voix et piano EB 7138
Parties Orch., voix, orgue et clavier (M. Seiffert)
BCW: Exemples musicaux. Réduction « Voix et piano »

 

PÉRICOPE BWV 138

15e dimanche après la Trinité
Épître: Galates 5, 25 [PBJ 1725]. Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir » et 6, 10 [PBJ 1725]. Ainsi donc, tant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien à l’égard de tous et surtout de nos frères dans la foi ».
Évangile: Matthieu 6, 24-34 [PBJ 1462-1463]. Les Béatitudes ou Le sermon sur la montagne
Même occurrence: cantates BWV 99 (17 septembre 1724) (1725 ?) - peut-être BWV 19 (aussi pour la saint-Michel, 29 septembre 1726) (1727 - 1728 - 1729 non précisé ?) - BWV 51 (17 septembre 1730)
EKG:
Entrée: I. Pierre 5, 7 [PBJ 1785]. « De toute votre inquiétude déchargez-vous sur lui, car il a soin de vous… »
Psaume 37 [PBJ 833-835]. Le sort du juste et de l’impie
Cantique. EKG 289. Auf meinen lieben Gott trau ich in Angst und Not
Épître: Galates 5, 25 et 6, 10 [PBJ 1725]
Évangile: Matthieu 6, 24-34 [PBJ 1462-1463]. Voyez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent… Cet évangile est lu également le 7e dimanche après la Trinité Voir aussi les cantates BWV 186 et 187

 

TEXTE BWV 138

Librettiste inconnu
1] Choral Warum betrübst du dich, mein Herz. Strophe 1
Romains 7, 24 [PBJ 1678]. La lutte intérieure.
« Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? »
2] Librettiste inconnu.
Psaume 42, 4 [PBJ 840]. « Je n’ai de pain que mes larmes, la nuit, le jour »
3] Choral. Warum betrübst du dich, mein Herz. Strophe 2
[Psaume 147, 9 =PBJ 938] « …qui dispense au bétail sa pâture, aux petits du corbeau qui crient ».
4] Librettiste inconnu.
5] Librettiste inconnu.
Hébreux 13, 5 [PBJ1774]. « Dieu lui-même a dit : Je ne te laisserai ni ne t’abandonnerai… » Au sens le plus général…
6] Librettiste inconnu.
7] Choral Warum betrübst du dich, mein Herz. Strophe 3

Texte et mélodie du cantique (Parution à Nuremberg ; Livre de chants d’église, 1561), sont d’un auteur inconnu et l’attribution à Hans Sachs (1494-1576 est abandonnée par la musicologie contemporaine.

BCW: Text and Melody of Chorale. Alfred Dürr annonce 14 strophes mais BCW précise que la strophe 11 est en faite la strophe numéro 6, celle qui sert de texte au choral final de la cantate BWV 47/5.
Sous différentes variantes mélodiques et instrumentales, ce cantique se retrouve dans l’œuvre de très nombreux compositeurs tels Schein, Scheidt ; Johann Michael Bach, Pachelbel, Zachow, Kauffmann, Telemann, Krebs, etc.
BGA. Attribution (sous réserve) à Franz Eler in Franz Eler’s Gesangbuch (1588 ?)
Mélodie présente dans la cantate BWV 47/5 (avec le texte de la strophe 6), BWV 420 et 421 (Chorals à quatre voix, la strophe 1) et. Anh. I, 209/4.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 303-304]: « Œuvres du Tempus Trinitatis… cette cantate offre une intéressante anticipation de ce que sera plus tard la Choralkantate, souveraine incontestée de la seconde « année ». Les numéros 1, 3, 7 sont construits sur les trois premières strophes d’un Lied en quatorze stances (de cinq vers chacune), publié sans nom d’auteur à Nuremberg en 1561 (et attribué par d’aucun à Hans Sachs.
ISOYAMA: « Choral anonyme « Warum betrübst du dich, mein Herz (1561). Le librettiste a choisi les trois versets initiaux du choral original à 14 versets, leur appareillant des versets libres pour créer un texte d’un drame intérieur important. Le texte parle de la souffrance de l’humanité qui ne peut pas se détourner des soucis terrestres, soulignant le choral…»
NYS, Carl d [Mazamet 1979]: « Il s’agit d’une cantate sur un choral-cantique, mais antérieure au cycle des cantates de ce type présenté au cours de l’année 1724. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une cantate-choral stricte puisque Bach utilise bien trois strophes du cantique de Hans Sachs (n° 1, 3 et 7) mais que le reste du livret est sans rapport avec celui du cantique. Le livret anonyme, tout comme le choral, commentent parfaitement l’évangile du 15e dimanche après la Trinité, extrait du « Discours sur la montagne » enjoignant aux croyants de s’en remettre totalement à la providence, Matthieu 6 , 24-34 ».
NYS, Carl de: « …On ne connaît pas l’auteur du texte (et donc de l’arrangement) des trois premières strophes du cantique ; mais comme il y a un nombre très élevé d’allusions à l’Écriture, on songe tout naturellement à un pasteur ami de Bach ou à Bach lui-même, dont on n’ignore plus l’importante culture scripturaire. Le livret utilise les trois premières strophes d’un cantique datant des débuts de la Réforme, parfois même attribué au maître-chanteur Hans Sachs. L’originalité consiste, tant du point de vue du livret que de sa mise en oeuvre musicale, à truffer le texte du choral de récitatifs ou à transformer ce texte en dialogue dramatique… »
SCHUHMACHER: « Hors les citations littérales dans les mouvements 1, 3 et 7]… les autres parties se réfèrent aux strophes restantes du cantique [et] se rapportent à des passages de la Bible de sens voisins. Dans les interventions récitatives et solistes [1] sont interpolés, dans l’esprit de la rhétorique, des idées de doute et d’inquiétude jusqu’à ce que la force plus grande de la confiance en Dieu et de la foi se voit thématisée avec le récitatif du ténor [4]… »
[Hans Sachs, auquel est attribué le cantique est le héros des Maître Chanteurs de Wagner !]

 

GÉNÉRALITÉS BWV 138

[Modification depuis la BGA (1881), NBA (1987) a fondu le mouvement [2] avec le suivant [3], celui-ci devenant le [2] et ainsi de suite, de telle manière que la cantate est aujourd’hui considérée comme ne comportant que 6 sections].

BOMBA: « …le nombre de récitatifs que contient cette cantate est remarquable. Il n’y a en réalité qu’un seul air (n°5) parmi les sept mouvements que compte cette cantate au total… »
CANDÉ: « La cantate BWV 138, pour le quinzième dimanche après la Trinité, est la première cantate de choral depuis la cantate de Pâques BWV 4, seul précédent qui nous soit connu. Elle est dans le nouveau style personnel de Bach qu’il utilisera dans le second cycle pour la majorité des cantates. L’originalité de ce style se manifeste dans la forme surprenante d’une grande efficacité dramatique, des séquences [2] et [3]: l’impressionnante tranquillité du choral, fil conducteur de la cantate (AABCBEDCB) y impose son message de confiance, en contrepoint de l’agitation intérieure qu’expriment deux doubles ariosos ».
GARDINER: « … une écriture archaïque, proche du motet dans les numéros 1 et 2, rappelant les œuvres de Mülhausen et de Weimar… mais aussi moderne par son anticipation de la forme cantate choral…. Schweitzer (1911) avait le sentiment « que Bach s’était mis au travail sans avoir de plan réellement défini… »
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 158]: « …certaines cantates comportent des chorals en arrangements divers en trois endroits. Renvois aux cantates BWV 48, 153 et 75 ».
ISOYAMA: « Cette cantate marque la première des expériences de Bach de mêler des versets de choral avec des récitatifs, arias et ariosos sur une variété de textes modernes. C’est pourquoi cette composition sert de précurseur à tout le groupe de cantates de chorals des années suivantes ».
ROMIJN: « L’une des cantates les plus extraordinaires de Bach… et de part sa structure inhabituelle ».
SEEDORF: «…Composée dès le 5 septembre 1723, cette œuvre ne fait pas partie du cycle des cantates-chorals, mais les précède comme une sorte d’essai ». Forme de choral mais dans une disposition inhabituelle… »

 

DISTRIBUTION BWV 138

NEUMANN. Solo: Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Oboe d’amore I, II ; cordes ; Basse continue (B.c)
SCHMIEDER. Soli: (S), A, T, B. Chœur: S, A, T, B. Instruments: Oboe d’amore I, II; Viol. I, II; Vla.; Continuo

 

APERÇU BWV 138

1] CHORALCHORSATZ (+ REZITATIV), ALT-TENOR. VERS 1. BWV 138/1

Ténor + choral ligne 1: WARUM BETRÜBST DU DICH, MEIN HERZ? /
Récit de Basse et choral: BEKÜMMERST DICH UND TRÄGEST SCHMERZ /
Récit de ténor et choral: NUR UM DAS ZEITLICHE GUT? –
Récitatif alto: ACH, ICH BIN ARM, / MICH DRÜCKEN SCHWERE SORGEN / VOM ABEND BIS ZUM MORGEN / WÄHRT MEINE LIEBE NOT / DAß GOTT ERBARM! / WER WIRD MICH NOCH ERLÖSEN / VOM LEIBE DIESER BÖSEN / UND ARGEN WELT? / WIE ELEND IST‘S UM MICH BESTELLT! / ACH! WÄR ICH DOCH NUR TOT! /
Choral: VERTRAU DU DEINEM HERREN GOTT, / DER ALLE DING ERSCHAFFEN HAT.

Ténor + Choral: Pourquoi t’affliges-tu, mon cœur ? /
Récit de Basse et choral: Ne te soucies-tu et ne te chagrines-tu /
Récit de ténor et choral: Que des biens temporels ? /
Récit d’alto: Hélas, je suis pauvre, / De lourds soucis m’accablent. / Du soir jusqu’au matin / Durent mes maux. / Miséricorde ! / Qui donc me délivrera / Du corps de ce monde [Romains 7, 24 PBJ 1678] / Perfide et méchant ? / En quelle piteuse posture je me trouve ! / Ah, si seulement je pouvais être mort !
Choral: Aie confiance en Dieu, ton Seigneur, / Qui a créé toutes choses

Si mineur (h-moll), 49 mesures, 4/4
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Pages 199-204
NEUMANN. Ensemble instrumental. Sinfonia introductive et parties vocales encastrées dans le discours instrumental. Le cantus firmus est au soprano avec le. Oboe d’amore I (Lamento-Thema). Le choral est tropé par les sections des récitatifs ténor (arioso) ou alto (secco).
SCHMIEDER. Chor (Vers. 1) Sopr., Alto, Ten., Basso ; Oboe d’amore I, II ; Viol. I, II ; Viola, Continuo. Cantus firmus im Sopr.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 303-304]: « Les strophes du lied sont entremêlées, comme des tropes, de récitatifs inspirés de passage du « Sermon sur la montagne » prévus pour ce 15e dimanche (Matthieu 6, 24-34)… et rappelant des images tirées d’autres versets des Saintes Écritures. Les trois premiers numéros de la cantate constituent, pratiquement, un moment unitaire, un bloc homogène qui, au lieu de recourir à un verset biblique jouant le rôle de motif conducteur, exploite une élaboration poétique,madrigalesque, rapprochant un Lied ancien (dont la mélodie est confiée aux sopranos), mais également en union avec ceux-ci ou en « intermezzos » et une paraphrase moderne. La singularité du développement saute aux yeux au vu du schéma récapitulatif proposé par Dürr: ABA’ / B/A’’ B’’ A’’’ B’’’ A’’’.
Renvoi à BWV 109/6 avec son choral final élaboré, par souci de symétrie comme ici dans BWV 138 ».
BOMBA: « … les hautbois d’amour jouent la mélodie du premier vers dans le mouvement d’ouverture dont les voix en chute signalent le souci et la douleur. Ensuite le ténor présente le texte correspondant, le chœur lui répond par le mouvement à quatre voix du même vers. Et ceci à trois reprises. Après le troisième vers, Bach y glisse un récitatif d’alto dont le caractère interrogatif accentue en harmonies intenses le poids des soucis et le désir ardent de mourir dans la phrase d’accompagnement des cordes. Le chœur clôture cette section par le mouvement élargi en polyphonie libre des deux vers chorals restants ».
BOYER [Les Cantates sacrées, page 262]: « …l’une des œuvres les plus dramatiques de Bach. Élaboration de choral et mélodie de choral 102, de type II, avec tropes de récit de l’alto et ouverture instrumentale ».
[Les Mélodies des chorals, pages 319-320]: « Élaboration fort complexe (type II). Le chœur n’est introduit qu’après une sinfonia instrumentale dont la ritournelle est confiée à deux hautbois d’amour, les cordes et le continuo. Dans ce mouvement, le choral harmonisé et incrusté n’intervient qu’après une interrogation quasi récitée du ténor

DÜRR: Structure générale: 9 sections en comptant les mouvements 1, 2 et 3 pour un seul.

[Structure du Verset. 1: [1 = ABA’. Première strophe]
A
1 - Sinfonia instrumentale avec exposition du thème par le oboe d’amore I ; le oboe d’amore II =, motif du « lamento ». Mesures 1-6
2 - Ténor (arioso) anticipant la ligne 1 du choral (Warum betrübst du dich, mein Herz) avec cantus firmus au soprano. Mesures 6-10
3 - Ténor (arioso) anticipant la ligne 2 du choral (Bekümmerst dich und trägest Schmerz). Mesures 15 - 21
4 - Ténor (arioso) anticipant la ligne 3 du choral (Nur um das zeitliche Gut ?). Mesures 25 à 31

B
5 - Récitatif d’alto (secco). Texte madrigalesque d’un auteur inconnu. Mesures 31 à 42

A’
6 - Choral. Ligne 4 (Vertrau du deinem Herren Gott) et ligne 5 (Der alle Ding erschaffen hat). Sans thématique du « Lamento »
Figuration sur le dernier mot « er- schafen - a créé toutes choses». Mesures 43 à 49

HARNONCOURT: « Du point de vue formel, la cantate appartient aux compositions de Bach les plus étrangement structurées. Le texte est une sorte de dialogue entre l’Âme anxieuse et la Foi. De manière entièrement opposée à tout conformisme, la Foi est d’abord chantée par le chœur - avec intonation préalable, en antienne par le ténor - et plus tard par la basse solo. L’Angoisse est répartie entre toutes les voix en soli récitatifs… »
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 98]: 49 mesures = (7 x 7 ?)
ISOYAMA: « Le premier verset est un choral et récitatif. L’arrangement choral du premier verset est entrecoupé du récitatif de l’alto et du ténor. La musique en si mineur utilise plusieurs dissonances et une ligne chromatique descendante à la basse (lamento) pour refléter l’ « anxiété » de ce monde et le hautbois d’amour est actif avec une présentation de la mélodie du choral précédent et de motifs caractéristiques…»
LEMAÎTRE: « Dans les numéros 1 et 3, des vers libres, rappelant le Sermon sur la montagne, s’enchevêtrent dans les versets du cantique ».
NYS, Carl de [Mazamet 1979]: « Il faudrait, ici encore, analyser en détail ce chef d’œuvre peu connu et que nous entendons pour la première fois comme la plupart des œuvres du festival non seulement à Mazamet, mais sans doute en France. Comme cela est impossible dans l’espace dont nous disposons, il faut au moins signaler la structure très originale des n° 1 et 3 qui présente une élaboration riche et savante du choral pour le chœur, mais avec des interjections libres, dans le style du récitatif, pour les voix solistes, établissant ainsi un dialogue très animé qui tient de la scène dramatique …
… Les trois premiers mouvements donnent en réalité un grand ensemble étonnamment riche et dramatique, directement lié à l’Évangile du jour (Matthieu 6, 24-34), péricope dans laquelle le Seigneur rappelle qu’il faut s’en remettre à Dieu, qui a un souci paternel de toute la création et tout particulièrement des hommes…»
PIRRO [J.-S. Bach, page 167]: « …mélodie du choral traitée de manière inaccoutumée… ainsi les deux premières strophes sont chantées successivement, mais entremêlées de récitatifs. Le chrétien se lamente, pleure sur sa pauvreté, sur l’amertume de sa vie, il souhaite la mort. A toutes ses plaintes, la parole grave du choral répond par une phrase de consolation. On ne saurait exprimer avec plus de justesse les gémissements de la douleur individuelle, que la prière commune absorbe et apaise…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach. La Formation des motifs, pages 75, 79]: « …le thème chromatique descendant… Même formule expressive dans la partie de basse sur les mots « Warum betrübst du dich…» [+ exemple musical, (BGA XXVIII, page 200. Renvoi à la cantate BWV 78/1 (BGA XVIII, page 258).
[La Formation rythmique des motifs des motifs, pages 91-92]: « sur les mots « Ach ! Wir’ ich doch nur Todt »…la mélodie semble s’assoupir, s’attarder en large épanouissement de la voix, quand le texte parle au compositeur du repos infini de la tombe… il termine la phrase musicale qui l’accompagne par une note sombre qui résonne longuement. Bach déploie avec complaisance une vocalise lente, au rythme qui berce, et la fait suivre d’une tenue de durée considérable, lorsqu’il veut peindre la longue paix du sommeil de la mort…»
[+ exemple musical (BGA XXVIII, page 203). Renvoi à la cantate BWV 104/5…
[Les mélodies simultanées, page 136]: « Dans mainte harmonisation des chorals, nous pouvons étudier, mieux peut-être que partout ailleurs, la signification que Bach prétend donner aux accords dissonants. L’accompagnement est, d’ailleurs, le seul moyen qu’il ait de commenter le texte de ces cantiques revêtus déjà d’une mélodie presque invariable… les paroles de l’affliction y reçoivent la parure sombre des sonorités douteuses ou mordantes, symboles de trouble d’amertume, de supplice, de douleur, de péché [+ exemple musical sur les mots « und trägest Schmerz » (BGA XXVIII, page 201). Renvoi à la cantate BWV 40.
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 190-191]: « Bach accompagne de motifs entrecoupés, soutient à peine la voix quand les paroles expriment l’incertitude, l’angoisse de l’attente, les soupirs, les gémissements… dans le premier chœur, la basse est sans cesse interrompue ». Renvois aux cantates BWV 102/6 et 46/2.
[La musique instrumentale, page 362]: « Dans le choral Warum betrübst du dich, mein Herz », Johann Christoph Bach (1643-1703), le fils de Heinrich, répète avec acharnement le thème chromatique descendant que Jean Sébastien, dans le premier chœur de la cantate écrite sur le même choral, mêle aux harmonies des voix, comme une plainte obstinée [BGA XXVIII, page 199].
ROBERT: « Le début du célèbre cantique de Hans Sachs a certainement commandé la forme chromatiquement éplorée de la basse donnée par Bach aux trois premiers vers du choral [renvoi à André Pirro, page 79].
SCHUHMACHER: (Rhétorique) : …à l’exposition de la thématique (narratio) appartient le chœur d’ouverture avec les interventions solistes, l’explication y est déjà contenue en partie et se voit poursuivie dans les mouvements 2 et 3…»
SCHWEITZER [J.-S. Bach. Le langage musical des cantates, page 251]: « Pour exprimer la douleur, Bach emploie le motif chromatique… citons la basse obstinée du premier verset de la cantate » [+ exemple musical pris aux mesures 9 et 10].
SEEDORF: « Après l’ouverture orchestrale, le ténor chante sur le texte du premier vers du cantique une mélodie intermédiaire entre le récitatif et l’arioso, mélodie reprise immédiatement par le chœur. Les deux vers suivants sont traités de la même façon, puis Bach intercale un récitatif de l’alto, que suivent, sur une harmonisasans fioriture, les deux derniers vers du cantique ».
WOLFF: « le chœur d’entrée incorpore un récitatif, à l’inverse du récitatif [2] qui lui incorpore un choral… »

2] REZITATIV BAß. BWV 138/2

[Après l’édition de la BGA (1881), NBA (1987) a fondu le mouvement [2] avec le suivant [3], celui-ci devenant le [2] et ainsi de suite, de telle manière que la cantate est aujourd’hui considérée comme ne comportant plus que 6 sections].

ICH BIN VERACHT! / DER HERR HAT MICH ZUM LEIDEN / AM TAGE SEINES ZORNS GEMACHT; / DER VORRAT, HAUS ZU HALTEN, / IST ZIEMLICH KLEIN; / MAN SCHENKT MIR FÜR DEN WEIN / DER FREUDEN / DEN BITTERN KELCH DER TRÄNEN EIN. / WIE KANN ICH NUN MEIN AMT MIT RUH VERWALTEN, / WENN SEUFZER MEINE SPEISE UND TRÄNEN DAS GETRÄNKE SEIN? [Attaca]. [Wustmann. Variante: „mein“].
Je suis méprisé. / Le Seigneur m’a voué à la souffrance / Au jour de son courroux ; / Les provisions pour tenir le ménage / Sont bien maigres ; / On m’a versé au lieu du vin / Des délices / Le calice amer des larmes. / Comment puis-je faire tranquillement mon devoir / Lorsque les soupirs sont ma nourriture et les larmes ma boisson ? Psaume 42, 4 [PBJ 840]

Mi mineur - mi mineur (e-moll - e-moll), 11 mesures, e-Moll, 4/4
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Page 204
NEUMANN. Récitatif secco
SCHMIEDER. Basso ; Continuo

BOMBA: « Bach renforce les mots « Leiden - souffrir », Tage seines Zorns - le jour de son courroux », et « bittern Kelche der Tränen - le calice amère des larmes » avec les moyens de l’harmonie et de la conduite des voix… »
ISOYAMA: « …le poids quotidien de soupirs et de larmes est transcrit au moyen d’harmonies aux dissonances rudes. A ce point, le choral réapparaît (si mineur, 4/4) ». …Récitatif tressé dans le choral sur la bénédiction de Dieu qui remplit le ciel et la terre… dans la seconde moitié, le chœur renforce l’activité polyphonique…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach. Direction des motifs, page 33-34]: « …Les sentiments qui dépriment ou qui abaissent, les mots qui désignent l’abjection, le mépris, la faiblesse, la fatigue, sont rendus de même par un affaissement de la ligne mélodique… ainsi, nous trouvons dans différentes cantates les motifs suivants joints à des mots qui expriment l’idée du mépris » [+ exemple musical sur les mots « Ich bin verach’t » BGA, XXVIII, page 138]. Renvois à BWV 123 (page 57) et BWV 65 (XVI, page 158).
SEEDORF: « …récitatif de basse, d’où se détache une nouvelle phrase du choral, cette fois les vers 1 et 3 de la deuxième strophe, séparés par de brefs interludes… »

3] CHORALCHORSATZ + REZITATIV, SOPRAN, ALT. Vers. 2. BWV 138/3

Choral: ER KANN UND WILL DICH LASSEN NICHT, / ER WEIß GAR WOHL, WAS DIR GEBRICHT, / HIMMEL UND ERD IST SEIN!
Récit de soprano: ACH, WIE ? / GOTT SORGET FREILICH FÜR DAS VIEH, / ER GIBT DEN [Neumann: in partition originale: „den’n“] VÖLGEN SEINE SPEISE, [Wustmann. Variante: „ihre“] / ER SÄTTIGET DIE JUNGEN RABEN, / NUR ICH, ICH WEIß NICHT, AUF WAS WEISE / ICH ARMES KIND / MEIN BIßCHEN BROT SOLL HABEN; / WO IST JEMAND, DER SICH ZU MEINER RETTUNG FINDT? /
Choral: DEIN VATER UND DEIN HERRE GOTT, / DER DIR BEISTEHT IN ALLER NOT. /
Récit d’alto: ICH BIN VERLASSEN, / ES SCHEINT, / ALS WOLLTE MICH AUCH GOTT BEI MEINER ARMUT HASSEN, / DA ER‘S DOCH IMMER GUT MIT MIR GEMEINT. / ACH SORGEN. / WERDET IHR DENN ALLE MORGEN / UND ALLE TAGE WIEDER NEU ? / SO KLAG ICH IMMERFORT; / ACH! ARMUT! HARTES WORT, / WER STEHT MIR DENN IN MEINEM KUMMER BEI ?
Choral: DEIN VATER UND DEIN HERRE GOTT, / DER STEHT DIR BEI IN ALLER NOT.

Choral: Il ne peut ni ne veut t’abandonner, / Il sait fort bien ce qui te manque, / Le ciel et la terre sont les siens !
Récit de soprano: Hélas, comment ? / Dieu prend soin du bétail, / Il donne aux oiseaux leur pâture, / Il rassasie les petits du corbeau [Psaume 147, 9 =PBJ 938]. / Moi seul, je ne sais comment, / Pauvre enfant que je suis / Me procurer mon peu de pain ; / Où y-t-il quelqu’un prêt à mon salut ? [Qui saura me sauver ?]
Choral: Dieu, ton Père et ton Seigneur, / Qui t’assiste dans toutes détresses.
Récit d’alto: Je suis délaissé. / Il semble / Que Dieu lui aussi veuille me haïr dans ma pauvreté, / Lui qui jusqu’à présent m’a voulu du bien. / Hélas, soucis, / Vous renouvelez-vous tous les matins et tous les jours ? / Aussi ne puis-je que gémir continuellement ; / Hélas ! Pauvreté, mot impitoyable, / Qui m’assistera dans ma misère ?
Choral: Dieu, ton Père et ton Seigneur, / Qui t’assiste dans toutes détresses.

Si mineur (h-moll), 43 mesures, 4/4
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Pages 205-210
NEUMANN. Ensemble instrumental [comme dans [1]. Forme de choral tropé. Choral harmonisé avec parties instrumentales encastrées. Cantus firmus au soprano. Section récitatif alto traitées en secco
SCHMIEDER. Chor (vers. 2) Sopr., Alto, Ten., Basso ; Oboe d’amore I, II, Viol. I, II ; Viola ; Continuo

BOMBA: « Trois vers chorals de la strophe 2, à quatre voix, ...deux récitatifs forment son centre...de soprano avec cordes et alto en secco... Bach sépare ces deux récitatifs par les deux vers chorals encore restants et élargis à présent en une phrase de motet. Une reprise de cette section achève ce mouvement inhabituel qui incita Alfred Dürr a y trouver une sorte de structure en dialogue, un dialogue entre la crainte et l’espérance. Certes dans le cas présent, ce ne sont pas les voix solistes qui dialogueraient les unes avec les autres, comme dans des cas semblables (BWV 62 et 66) mais les solistes avec le chœur choral ».
BOYER [Les Cantates sacrées, page 262] : « …Tropes de récit de soprano et d’alto. Mélodie de choral 102, type II ».
[Les Mélodies des chorals, pages 319-320]: « Le n° 3 élabore une forme encore plus surprenante [que 1]. La mélodie de choral est reprise incrustée dans les figurations de l’orchestre mais très vite interrompue par un long récit de soprano. La seconde entrée de la mélodie de choral se fera par un incipit fugué, le cantus firmus non modifié entre enfin au soprano (doublé par les hautbois). Nouvelle interruption par un second récit de soprano. La troisième entrée de la mélodie de choral est dans le même style que la seconde. Le schéma serait le suivant :
1) Choral incrusté et harmonisé, - 2) récit de soprano, - 3) choral en imitations avec cantus firmus au soprano, - 4) récit de soprano, - 5) choral en imitations avec cantus firmus au soprano

DÜRR:
Structures [Verset 2, choeur] A’’ B’’ A’’’ B’’’ A’’’. Deuxième strophe
A’’. 1 - Choral. Lignes 1 (Er kann und will dich lassen nicht), 2 (Er weiß gar wohl, was dir gebricht) et 3 (Himmel und Erd ist sein !) Mesures 1 à 7
B’’.2 - Récit de soprano (secco) sur un texte d’auteur inconnu. Mesures 8 à 16
A’’’. 3 - Anticipation (mesures 16 et 17) de la ligne 4 du cantique, aux ténors et basses (Dein Vater und deine Herre Gott) puis choral à quatre voix sur les lignes 4 et 5 ((Dein Vater und deine Herre Gott / Der dir beisteht in aller Not.) Mesures 17 à 23
B’’’. 4 - Long récit d’alto (secco) + continuo sur un texte d’auteur inconnu (Ich bin verlassenmeinem Kümmer bei ?) Mesures23 à 35
A’’’. 5 - Choral. Reprise (basses, ténors, altos, sopran) des lignes 4 et 5 (Dein Vater und dein Herre Gott… aller Not). Mesures 35 à 43

PIRRO [Jean-Sébastien. Bach, page 167]: «…l’alto à la fin, soupire comme le dit très bien M. Arnold Schering (Bach’s Textbehandlung (1900), le « Lied de la pauvreté que nul, avant Bach, n’avait chanté d’une manière aussi touchante… »
ROMIJN: « Le morceau ne se termine pas sur le choral habituel mais un mouvement où les bribes du thème choral alternent avec des phrases instrumentales confiées aux deux hautbois et aux deux violons traités de manière particulièrement virtuose ».

4] REZITATIV TENOR. BWV 138/4

ACH SÜßER TROST! WENN GOTT MICH NICHT VERLASSEN / UND NICHT VERSÄUMEN WILL, / SO KANN ICH IN DER STILL / UND IN GEDULD MICH FASSEN. / DIE WELT MAG IMMERHIN MICH HASSEN, / SO WERF ICH MEINE SORGEN / MIT FREUDEN AUF DEN HERRN, / UND HILFT ER HEUTE NICHT, SO HILFT ER MIR DOCH MORGEN. / NUN LEG ICH HERZLICH GERN / DIE SORGEN UNTERS KISSEN / UND MAG NICHTS MEHR ALS DIES ZU / MEINEM TROSTE WISSEN: (attacca)
Ah, doux réconfort ! / SI Dieu ne me délaisse pas / Et ne m’oublie pas, / Je puis dans la té / Et avec patience me rassurer. / Peu importe que le monde me haïsse. / Je m’en remets avec joie / Au Seigneur de mes soucis. / Et s’il ne me secourt pas aujourd’hui, il me secourra demain. / C’est bien volontiers que je mets / Désormais mes soucis sous l’oreiller, / [Teldec vol. 34 : N’ayant rien de plus cher que de savoir, pour ma consolation:
[Traduction plus heureuse dans Hänssler, vol. 43: « Je dépose à présent de tout cœur / Les soucis sous ce coussin / Et je ne veux plus savoir rien d’autre que cela comme consolation »

Sol majeur - Ré majeur (G-dur - D-dur), 14 mesures, 4/4
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Page 210
NEUMANN. Récitatif secco
SCHMIEDER. Ten. ; Continuo

BOMBA : « …le ténor soliste interprète de manière très figurée « die Sorgen unters Kissen - Désormais mes soucis sous l’oreiller ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 98]: Symbolisme du chiffre « 14 » = BACH ?
ISOYAMA: « ...la foi en Dieu change l’anxiété en réconfort… »
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach. La Formation des motifs, pages 51-52]: « …motif tiré de l’arpège de l’accord parfait = bonheur, calme, la guérison, la consolation, la jouissance profonde [+ exemple musical sur les mots « Ach süßer Trost », BGA XXVIII, page 210]. Renvoi aux cantates BWV 17/4 (BGA II, page 218) - BWV 153/7 [BGA XXXII, page 52] - BWV 133/2 [BGAXXVIII, page 67] - BWV 169/4 [BGA XXXIII, page 185].
SCHUHMACHER: (Rhétorique): « L’argumentatio (argumentation contraire [à 1] commence avec le récitatif de ténor ».

5] ARIE BAß. BWV 138/5

AUF GOTT STEHT MEINE ZUVERSICHT, / MEIN GLAUBE LÄßT IHN WALTEN. / NUN KANN MICH KEINE SORGE NAGEN, / NUN KANN MICH AUCH KEIN ARMUT PLAGEN. / AUCH MITTEN IN DEM GRÖßTEN LEIDE / BLEIBT ER MEIN VATER, MEINE FREUDE, / ER WILL MICH WUNDERLICH ERHALTEN.
Mon ferme espoir repose en Dieu, / Ma foi le laisse faire. / Maintenant nul souci ne peut me ronger, / Nulle indigence ne peut non plus me tracasser. / Au milieu même de la plus grande souffrance, / Il demeure mon Père, ma joie, / Il veut, ô miracle, subvenir à ma vie [subvenir à mes besoins par des miracles]

Ré majeur (D-dur), 165 mesures, 3/4
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Pages 210-216
NEUMANN. Partie de cordes avec da capo (forme rondo). Parodie dans le „Gratias agimus“ de la Messe BWV 236
SCHMIEDER. Basso ; Viol. I, II ; Vla., Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 303-304]: «…Aria pour basse avec cordes obligées (plus tard parodiée dans le Gratias de la Messe BWV 236), marquée d’un rythme de menuet…»
BOMBA: « …cet air est une magnifique pièce au flux calme qui permet de conserver la confiance citée dans le texte malgré les affects illustrant les soucis et les douleurs au grondement sous-jacents. Bach trouve un motif qui se modifie légèrement au cours de la cantate en élargissant la quarte en octave au début sur le texte « Auf Gott steht meine Zuversicht - Mon ferme espoir repose en Dieu ». Mais de ce fait il devient identique au motif du « Quoniam tu solus sanctus » de la Messe en sol mineur (1733) …»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 98]: « Mélisme sur le mot « Glaube - Foi », dont la valeur numérique est « 46 », renvoyant ( ?) au mot suivant « walten » que la basse chante sur 46 notes ».
ISOYAMA: « …menuet ponctué du motif de la joie [Citation de Schweitzer]… Révision de cette musique plus tard pour la messe en sol BWV 236… »
NYS, Carl de [Mazamet 1979]: « Il faut signaler aussi que Bach a considéré l’aria de basse accompagnée par les cordes comme une de ses réussites, puisqu’il l’a réutilisée à la fin de sa vie dans le Gratias agimus du Gloria de la messe brève en sol majeur BWV 236 ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach. La Formation rythmique des motifs des motifs, pages 91-92]: « sur les mots « Ach ! Wir’ ich doch nur Todt »… la mélodie semble s’assoupir, s’attarder en large épanouissement de la voix, quand le texte parle au compositeur du repos infini de la tombe… il termine la phrase musicale qui l’accompagne par une note sombre qui résonne longuement Bach déploie avec complaisance une vocalise lente, au rythme qui berce, et la fait suivre d’une tenue de durée considérable, lorsqu’il veut peindre la longue paix du sommeil de la mort… » [+ exemple musicale [BGA XXVIII, page 203]. Renvoi à la cantate BWV 104…
[La Formation rythmique des motifs des motifs, page 108]. « Les mots qui expriment la force reçoivent une parure musicale à la fois violente et carrément rythmée… ce type de vocalise se retrouve maintes fois. Citons celle que Bach écrit sur le mot « walten » [+ exemple musical (BGA XXVIII, page 212]. Renvoi à la cantate BWV 57/5].
SCHUHMACHER: « Air de basse avec accompagnement de cordes et da capo composé de bout en bout renforcé ensuite par un traitement mélodique autonome -le vers introductif commence et finit sur la même note - et par une écriture figurative tombant sous le sens « walten » l’argumentation contraire, plus concluante, après quoi le récitatif suivant assure la transition avec le chœur final…»

[Structures:
Introduction instrumentale, mesures 1 à 20
Air de basse. Figurations sur le mot « walten - le laisse faire », sur cinq mesures (mesures 32 à 36) et encore cinq mesures (mesures 42 à 46)
Interlude instrumental sur les mesures 46 à 57
Reprise de l’aria. Mesures 58 à 74. Longue figuration sur le mot « Plagen = tourmenter », sept mesures (mesures 68 à 74).
Interlude instrumental sur les mesures 74 à 81
Reprise de l’aria. Mesures 82 à 145. Figurations sur le mot « Freude = joie », mesures 99 à 102 ; « er halten = subvenir », mesures 109 à 114 ; un long mélisme (10 mesures) à nouveau sur le mot « walten - le laisse faire » aux mesures 130 à 139 et encore aux mesures 140 à 145.
Postlude instrumental aux mesures 145 à 165]

6] REZITATIV ALT. BWV 138/6

EIN NUN! / SO WILL ICH AUCH RECHT SANFTE RUHN. / EUCH, SORGEN! SEI DER SCHEIDEBRIEF GEGEBEN! / NUN KANN ICH WIE IM HIMMEL LEBEN.

Eh bien ! Je veux doucement reposer, / A vous, soucis, que soit signifié congé ! / Je puis vivre désormais comme au ciel
Si mineur (h-moll), 5 mesures, 4/4
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Page 216
NEUMANN. Récitatif secco
SCHMIEDER. Alto ; Continuo

7] CHORAL. Vers. 3. BWV 138/7

WEIL DU MEIN GOTT UND VATER BIST, / DEIN KIND WIRST DU VERLASSEN NICHT, / DU VÄTERLICHES HERZ! / ICH BIN EIN ARMER ERDENKLOß, / AUF ERDEN WEIß ICH KEINEN TROST [Wustmann. Variante: „armes Erdenkind, Auf Erden keinen Trost ich find“]
Puisque tu es mon Dieu et mon Père, / Tu n’abandonneras pas, cœur paternel, / Ton enfant ! / Je ne suis qu’une infime motte de terre, / Je ne connais pas de salut en ce monde. [Hänssler, vol. 43: Sur la terre, je ne connais pas de consolation].
Choral, strophe 3

Si mineur (h-moll), 46 mesures, 6/8
BGA. Jg XXVIII / 28e année. Pages 217-222
NEUMANN. Parties instrumentales indépendantes, avec ritournelles et parties vocales encastrées
Ensemble instrumental comme dans [1]
SCHMIEDER. Choral (Vers. 3) Sopr., Alto, Ten., Basso ; Oboe d’amore I, II ; Viol. I, II ; Viola; Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume II, pages 303-304]: « La troisième strophe du Lied est ici utilisée comme choral conclusif, prise telle quelle…à la différence des sections 1 et 3… Le versus 3 du Lied est revêtu d’un appareil instrumental dans lequel les hautbois d’amour et les violons alternent régulièrement en valeurs de temps différentes (le plus souvent doubles-croches aux premiers et triples croches aux seconds), brodant somptueusement l’étoffe mélodique du choral ».
BOMBA: « Bach entoure le mouvement choral final, enrichi de polyphonies, d’une phrase orchestrale contrainte, répandant une certitude victorieuse ».
BOYER [Les Cantates sacrées, page 262]: « …Choral final incrusté dans de longs « ponts instrumentaux… Mélodie de choral 102 de type II ».
[Les Mélodies des chorals, page 319]: « La dernière élaboration, tout en étant somptueuse, est plus classique [que 1 et 3]. Il s’agit d’une mélodie de choral incrustée, verset par verset, dans une fort belle ritournelle instrumentale (hautbois et violons aux figurations rapides). Le cantus firmus est toujours au soprano mais aucune intervention de récit ne vient troubler l’exposition du cantique…»
CANDÉ: « l’impressionnante tranquillié du choral, fil conducteur de la cantate y impose son message de confiance, en contrepoint de l’agitation intérieure qu’expriment deux doubles ariosos ».
ISOYAMA: « …riche accompagnement orchestral = foi inébranlable en Dieu ».
NYS, Carl de: « la strophe du cantique qui sert de choral final évoque déjà les chœurs sur des chorals du futur cycle « choral », notamment par l’importance de la partie d’orchestre : ce n’est plus un choral avec des intermèdes instrumentaux, mais un choral avec orchestre de même importance que le chœur ».
SCHUHMACHER: « …Au lieu de la simple écriture chorale habituelle, les versets du choral sont intégrés, dans ce choeur conclusif, à une composition orchestrale riche en figurations et pourvue d’une introduction. C’est là un type auquel Bach accorde autrement sa prédilection pour le choeur d’entrée. Cette disposition, constituant une expérimentation du point de vue formel, correspond cependant à la structure du discours (sermon) (Rhétorique): la conclusio, c'est-à-dire le chœur final dont la configuration met le sens en évidence. La mélodie du choral est à cet égard l’élément constituant le ressort, la liaison et la teneur de ce discours musical ».
SEEDORF: « Bach reprend encore une fois le choral, non pas, toutefois, sous la forme de cette simple harmonisation à quatre voix, signe distinctif des cantates-chorals, mais intégré à une ample ritournelle caractéristique des mouvements initiaux…»

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 138

BACH CANTATAS WEBSITE:
AMG. Notice de James Leonard
CROUCH, Simon. Notice 1996-1998
ORON, Aryeh : Discussions. I] 1er octobre 2000 - 2] 9 octobre 2005 (avec interventions et commentaires de Thomas Braatz)
Exemples musicaux présentés par Thomas Braatz, notamment BWV 138/4
Texte et mélodie du cantique Warum betrübst du dich, mein Herz

ALLIHN, Ingeborg : Brève notice de l’enregistrement Ramin / Berlin Classics. 1997 (anglais-allemand)
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984), pages 34, 39, 70, 159
Vol. 2 (1985), pages 253, 269, 303-304, 307, 618, 851
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 43]. 1999
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 262
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 318-320
*BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 94, 1545, 299
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C, n° 331, 332, 333
CANDÉ, Roland de: Jean-Sébastien Bach. Seuil 1984. Page 140
CANTAGREL, Gilles: Critique volume 10, Rilling / Erato STU 71371 (coffret 3 disques) « Les Grandes cantates ». Diapason, août 1981.
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Deux volumes. Volume 2, pages 439-442
FANTAPIÉ, Alain: Critique version Ramin (Eurodisc). Diapason, n° 222, novembre 1977
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GEIRINGER, Karl: Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 158 avec renvoi à la note 152
HARNONCOURT, Nikolaus: Remarques sur l’exécution. Teldec, coffret n° 34. 1984
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Number Symbolism in Bach’s First Cantate cycle: 1723-1724 – part II. Volume VI, n° 4. Octobre 1975. [1 et 6]
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LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Pages 90-91
LYON, James: Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Pages 41, 276 (Mélodie)
NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs.VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Pages 156-157
Literaturverzeichnis: sans référence
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PIRRO, André: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973 Pages 34, 52, 79, 92, 108, 136, 191, 362
ROBERT, Gustave: Le descriptif chez Bach. Librairie Fischaber. Paris. 1909. Page 47
ROMIJN, Clemens: Notice (CD) de l’enregistrement de Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973. Pages 186-187. Page 398. Incipit BWV 420 et 421 (Bartholomaüs Monœstius 1565)
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Wustmann - Wolff - Terry - Neumann - Smend Bj 1914 - 1928 - 1932 - 1940
SCHUHMACHER, Gerhard: Notice du coffret Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Volume 34]. 1983
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Pages 183, 204, 251
SEEDORF, Thomas: Notice de l’enregistrement Herreweghe. 1998
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 88-89
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume I, page 234. Volume II, pages 30, 263-267, 280, 290, 301
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de T. Koopman (volume 9). 1999
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel. Wiesbaden. 1913-1967 Pages 224-225
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 43, pages 105-106 Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 138

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (17’03). Harnoncourt (17’45). Herreweghe (17’11). Koopman (16’27). Leusink (18’05). Neumann (20‘). Ramin (22’30). Rilling (19‘). Suzuki (16’02).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il a été possible, par [CR].
9 références (octobre 2000 - décembre 2006) + 1 mouvement individuel (octobre 2000 - juillet 2006)

BCW: Exemples musicaux (audios)
9] GARDINER [Volume 8]. Choir Monteverdi. English Baroque Soloists
Unser Lieben Frauen. Concert diffusé sur France Musiques, en l’église Notre-Dame de Brême le 28 septembre 2000
CD SDG 104 (Soli Deo Gloria). 2005. BWV 138, 99, 51, 100 - 161, 27, 8, 95
2] HELLMANN, Diethard. A. Giebel. M. Gilles. A. Young. Muller. Mainz Christuskirche. Orch. Bach de Mayence
Disque Cantate. 1960
4] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Leitung: Schmitt-Gaden. Concentus Musicus Wien. 1983
[Coffret paru en France avant le volume. 33, 1984]
Disque (F) Teldec Das Kantatenwerk [Vol.34] 6.35608-00-501-503 (SKW 34/1-2)
CD (D). Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 8. 1983
CD. Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 34]
Voir aussi CD Edition Bach 2000 et la reprise de l’intégrale par Warner Classics 2007
5] HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Haarlem, février 1998
CD Harmonia Mundi HMX 2951659 (deux éditions). 1999. Avec BWV8, 125
Cantate donnée en concert le 13 septembre 1996, à Ambronay.
7] KOOPMAN [Vol. 9]. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir
CD Erato 3984-27315-2 volume 9. 1999. Deuxième édition chez Antoine Marchand (2004)
8] LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. CD Brilliant Classics
CD Bach Edition. CD Brilliant Classics Vol. 9 - Cantatas Vol. 4
Reprise CD Bach Edition 2006. CD Brilliant ClasIII / 93102/16-62. Kantaten BWV 130, 138, 81
1] RAMIN. Soli & Thomanerchor. Orch. Gewandhaus Leipzig. Enregistrement de juin 1953
Disque Corona RDA VEB, 1965 ?
Disque Eurodisc 89.827 XGK (Vol. 2). Enregistrement s 1950-1956. Avec BWV 24, 65, 72, 78, 92, 95, 119, 144, 177
CD Berlin Classics 090962BC. Historische Aufahmen mit Günther Ramin. Coffret de 9 CD. 1997. Avec BWV 137, 179
CD « Cantatas II – Bach in Germany ». Vol. I/7. A Leipzig Classics 001807 2BC. 1999. Avec BWV 179, 137
3] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Septembre et décembre 1977. Stuttgart
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98696. Avec BWV 95
Disque (F) Erato. Les grandes cantates. STU 71374 [Vol. 10]. Coffret de 3 disques. 1982. Avec BWV 60 et 90
CD. Die Bach Kantate ([Vol. 50]. Hänssler Classic. Laudate 98. 812. 9/1977-1/1978-1991. Avec BWV 161, 95
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 43] Hänssler-Verlag
6] SUZUKI [Vol.11]. Bach Collegium Japan. Septembre 1998
CD BIS CD 991. 1999. Avec BWV 136, 95, 46

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 138

M-1. Mvt. 1] Brian Priestmann. Bach Aria Group. Chœur et Orchestre. Maureen Forrester - Richard Lewis. Fin des années 1960. Disque Vox puis CD

 

ANNEXE BWV 138
Philipp SPITTA

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes (rédigés entre 1873 et 1880)

Tome 3. Pages 88 et 89:
« …Une autre cantate pour le quinzième dimanche après la Trinité est bâtie sur les premiers versets du cantique de Hans Sachs Warum betrübst du dich, mein Herz. [Note en bas de page: « La partition autographe est à la bibliothèque royale de Berlin. Elle a été publiée dans le Evangelische Kirchengesang, vol. III de Winterfeld].
Les deux premiers versets qui se suivent presque immédiatement, sont séparés par des récitatifs aux textes madrigalesques, textes déjà repérés dans les cantates BWV 27 et 73 et d’autres encore. Chacune des trois premières lignes du premier verset [1] est introduite par un bref arioso de ténor sur les mots du cantique lui-même et nous voyons dans ce procédé un type déjà vu dans les cantates ci-dessus mentionnées. Le texte de l’arioso procède du sujet principal sur lequel le mouvement instrumental est construit, mouvement qui parcourt l’ensemble de la section [1], en affectant la forme d’une fantaisie chorale. Mais ce n’est pas tout, parce que, à chaque fois que le chœur fait son entrée, les instruments jouant en retrait deviennent de simples accompagnateurs. C’est contraire à l’esprit d’une fantaisie chorale, car chacune des trois premières lignes du choral pourrait être aussi bien jouée par les hautbois avant que les voix ne fassent leur entrée.
La seconde strophe du cantique [3] se caractérise par une certaine volonté d’apaisement. Elle paraît d’abord comme une simple section à quatre parties, alors que les deux dernières lignes [du cantique] sont d’un riche contrepoint, et, ce qui est le plus remarquable (après l’insertion d’un récitatif,), elles sont reprises exactement comme les précédentes.
La troisième strophe [7] sert de conclusion à la cantate. C’est réellement une fantaisie chorale, bien que la partie instrumentale ne soit pas aussi simple, comme il s’en rencontre souvent d’exemple chez Bach. Elle est par son caractère simple en accord avec l’évangile du jour dans lequel, le chrétien rempli de foi est exhorté à délaisser toute anxiété matérielle, ceci dans une confiance enfantine au Père du Ciel, à la façon de l’oiseau ou de la fleur des champs [Renvoi à Matthieu 6, 24-34 [PBJ 1462-1463].
Ce qui donne manifestement à la cantate son caractère déséquilibré, réside dans le traitement particulier de la première strophe du cantique et par suite dans l’organisation globale de l’œuvre. Un mouvement choral au début et à la fin avec, au milieu, des mouvements madrigalesques, ou trois différents traitements de choral, au début, au milieu et à la fin, avec chaque fois des interludes madrigalesques, voici qui est compréhensible, mais non pas, la façon différente avec laquelle les deux mouvements pour chœur sont traités, chœurs suivis par une aria de basse avec, en conclusion une fantaisie chorale.
La datation de cette cantate [BWV 138] n’a pu être fixée avec certitude [comme la précédente décrite, la cantate BWV 48]. La première [BWV 48], a du être écrite avant la Messe en sol majeur et l’aria de basse de la cantate BWV 138 fut tirée de cette messe ». [L’allusion, en tête de cette notice, aux cantates BWV 27 et 73 et les hypothèses émises par Spitta sur la cantate BWV 48 et la Messe en sol majeur, apparaissent, après les travaux d’Alfred Dürr, comme fautives].

 

Contributed by Claude Role (February 2008)

 

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Last update: ýMarch 4, 2008 ý23:06:08