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Cantata BWV 104
Du Hirte Israel, höre
Prête l’oreille, berger d’Israël
Commentary in French |
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AM SONNTAG [E] MISERICORDIAS DOMINI
Dimanche « Misericordia »
Leipzig, 23 avril 1724 |
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CONTENU |
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Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 104 - Philipp Spitta |
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AVERTISSEMENT |
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Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen |
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DATATION BWV 104 |
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Leipzig, le dimanche 23 avril 1724 « in der Kirche zu St. Nicolaï ». La cantate fait partie du premier cycle annuel de cantates de Leipzig [I. Jahrgang].
HIRSCH: Classement CN 72 (Die chronologisch Nummer – numérotation chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV 134 (11 avril 1724) - BWV 67 (16 avril 1724) - BWV 104 (23 avril) - BWV 12 (30 avril 1724) - BWV 166 (7 mai 1724). Le même mois d’avril, le 7, première exécution de la Passion selon St-Jean. 1ère version -I. Fassung.
[Bach achève pratiquement sa première année (I. Jahrgang) de cantorat à Leipzig]
NEUMANN: Fac-similé du texte de 1724. Voir Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. Page 431 et 512 (sources) . Avec le texte des cantates BWV 31, 66, 134, 67
SCHMIEDER: Comme Spitta et Schweitzer, les cantates de 1724 à 1727 ». Spitta appuie sa position sur le filigrane « IMK » du papier utilisé par Bach entre 1724 et 1727.
WOLFF: Eglise Saint-Nicolas (Ch. Wolff: «…On en a la preuve par le livret original datant de 1724
Renvoi au Leipziger Kirchen Musik 1731). |
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SOURCES BWV 104 |
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PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Mus. ms. Bach. St. 17. BB. SPK Staastbibliothek Preussicher Kulturbesitz Berlin. Anciennement Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem. 12 voix in 4° (3. oboe autographe ?)
Cette cantate fit partie du catalogue des œuvres ayant appartenues à Carl Philipp Emanuel Bach Emanuel. Comportant 86 cantates sacrées), il fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ».
BG. Titre de l’un des copistes de Bach sur une ancienne couverture: « Domin : Miseric : Dom : / Du Hirte Israel höre, der du Joseph pp / à / 4 Voc : / 2 Hautb d’Amour / 2 Violini / Viola é / Continuo / di Sign : J. S. Bach »
Deux parties de continuo, l’une en sol majeur, l’autre en fa majeur. Les filigrane en général peu évidents sont ici dans les voix de Viola et de Ténor, une demi-lune.
ÉDITIONS
La première édition fut faite en 1830 sous le titre "Kirchenmusik zu 4 Singstimme mit Orchester". 2 vol. (BWV 101 à 106), présentée par Adolph Bernhard Marx pour l’éditeur Simrock.
Craigh Smith / BCW, signale l’éventualité que la cantate et notamment le premier chœur aient été connus de Félix Mendelssohn par cette première édition, source d’inspiration possible de son chœur « He watching over Israel » dans l’oratorio « Elias ».
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XXIII, (23e années - BWV 101-110). Pages 97- Préface de Wilhelm Rust (1876)
[Partition dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Vol. 26]. 1980]
NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 11. KANTATEN ZU DEN SONNTAGEN QUASIMODOGENITI UND MISERICORDIAS DOMINI
Bärenreiter Verlag BA 5071. 1988. Heraugegeben von Emans, Reinmar. 6 fac-similés. Avec BWV 67, 42, 85, 112
BWV 104. Pages 115-156. BB. Mus. ms. Bach. St. 17 [1, mesure 72]
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5071 41. Emans, Reinmar 1989
AUTRES ÉDITIONS
BCW: Voix et piano, d’après B & H. Partition de la BG
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2954. - Orch. St. Orgel u. Cembalo (G. Schreck) OB 1739. - Chorstimmen. Ch B 685
2008: Partition: PB 4604 (20 pages) – Reduction voix et piano: EB 7100 (36 pages) – Parties séparées (5): OB 4684 – Chœur: ChB 4604
Eulenburg. Partition de poche. Révisions Ochs (1911) ; H. Grischkat (1962) et Hänssler (Horn 1962).
Kalmus Study Scores, n° 834, volume 30, 1968. Cantatas BWV 103-106, C’est la reproduction au format poche de la BG.
Peters KLA
SUZUKI: «…La partition complète originale de cette cantate est perdue et n’existe présentement que sous la forme de douze parties seulement (Mus. Ms. Bach St 17). L’œuvre ne présente pas de problème majeur d’exécution quoique les parties originales soient remplies d’annotations de Carl Friedrich Zelter (1758-1832), chef de la Singakademie à Berlin au début du 19e siècle. L’emploi de liaisons dans les premier, troisième et cinquième mouvements porte beaucoup à confusion. Il est impossible, à partir de la notation seule, de dire laquelle des indications dans ces partitions peut être attribuée au compositeur et la seule solution est donc d’adopter celles qui semblent les plus appropriées ». |
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PÉRICOPE BWV 104 |
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Dimanche « Misericordia »
[Le dimanche "Misericordia Domini", autrement appelé « Dimanche du Bon Pasteur » fait référence (dans l’église romaine) au IIe dimanche après Pâques, dont l’introït est précisément : « Misericordia Domini plena est terra, alleluja… » associé au premier verset du psaume 33 (Hébreu) ou 32 (Vulgate) [PBJ 829]: « Justes, acclamez Yahvé ; / aux hommes droits sied la louange. »
Le Bon Pasteur est celui qui donne sa vie pour sauver ses brebis. Le Bon Pasteur, dans l’antiquité chrétienne, cette image était celle aussi du divin « Passeur d’âmes].
MISSEL ROMAIN
Introït : Psaume 33, 5-6 [PBJ 829]. « Misericordia Domini plena est terra… »
Épître: I Pierre 2, 21-25 [PBJ 1783]. A l’égard des maîtres exigeants: «Car vous étiez égarés comme des brebis, mais à présent vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes … »
Évangile: Saint-Jean 10, 12, 16 [PBJ 1602-1603]. Le Bon Pasteur.
Renvois à Ezéchiel 34, 1-31 [PBJ 1233] et Jérémie 23, 1-3 [PBJ 1218]
Offertoire . Psaume 63, 2 et 5 [PBJ 857-858]
[Pour la même occurrence voir BWV 85 (15 avril 1725), BWV 112 (8 avril 1731]
EKG. Misericordias Domini
Entrée : Jean 10, 12, 27, 28 [PBJ 1603-1604]. « Mes brebis écoutent ma voix; je les connais et elles me suivent…»
Psaume 23 [PBJ 820-821]. Le bon pasteur. «Yahvé est mon pasteur, je ne manque de rien…»
EKG 178 « Psaume 23 [PBJ 820-821]: «Der Herr ist mein getreuer Hirt ». Attribution à Wolfgang Meuslin (?) vers 1530). Mélodie connue à Wittenberg vers1524.
Epître: 1. Pierre 2, 21-25 [PBJ 1782]. « Car vous étiez égarées comme des brebis…»
Évangile: Jean 10, 12-16 [PBJ 1603]. L’Évangile du Bon Pasteur. « Je suis le bon pasteur…» |
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TEXTE BWV 104 |
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L’auteur du texte inconnu.
Wolfgang Schmieder (1950), W. Gillies Whittaker, W. Wustmann (1910), F. Tagliavini (1956) avancent le nom de Christian Weise senior (1671-1737), pasteur à St-Thomas depuis 1714. Ce serait également le cas des BWV 67 (16 avril et BWV 166 (7 mai). W. Scheide en 1961 en tenait pour Henrici (Picander), ceci rejeté par Ferdinand Zander. Finalement ces positions sont globalement réfutées par Alberto Basso [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 281 et volume 2, pages 327-328] préférant citer Harald Streck (1971) et une hypothèse reconnaissant ici des tournures - à la Franck-.
1] Citation du psaume 80, 1-2 [PBJ 877]: le très célèbre « shema Israel : « Berger d’Israël, prête l’oreille, toi qui conduis Joseph comme un troupeau… » [Pour le psaume 80, c’est la traduction de Martin Luther qui a servi dans la cantate].
Renvoi au deux premiers mots du Deutéronome 6, 4 [PBJ 244]) : « Écoute, Israël ».
Renvoi au psaume 86, 1 [PBJ 882]: « Tends l’oreille, Yahvé, réponds-moi…»
Pour les « Chérubins », renvois au Psaume 18, 10 (PBJ 815]: « Il chevaucha un chérubin et vola… », ainsi que le premier livre des Rois 6, 23 [PBJ 443]: « Dans le Debir, il fit deux chérubins en bois…»
Renvoi à Jean 10, 12-19 [PBJ 1602-1603], l’Évangile du « Bon pasteur ». Renvois à Ezéchiel 34, 1-3 [PBJ 1333-1334] : Les Pasteurs d’Israël
2] Renvoi à Jérémie 3, 23 [PBJ 1274]: « Les faveurs de Yahvé ne sont pas finies… elles se renouvelles chaque matin = Es wird ja alle Morgen ». Cette citation (légèrement variée) se retrouve également dans BWV 90/2, 8/5 et10/3.
Renvoi à 1Corinthiens 10, 13 [PBJ 1698]: « Dieu est fidèle ». Dans la cantate: « Gott ist getreu »
3] [renvois à Romains 8, 15 [PBJ 1679]: «…Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba, Père » - D’après Épître Dans la cantate: « fidèle d’Abba ».
Renvoi à l’épître aux Galates 4, 6 [PBJ 1723]: «…Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père »… « l’esprit de son fils qui crie: Abba, Père ! »
Renvoi à Ezéchiel 34, 25 [PBJ 1334]: « Je conclurai avec eux une alliance de paix, je ferai disparaître du pays les bêtes féroces. Ils habiteront en sécurité dans le désert… » Dans la cantate: Et que la peur s’empare de moi dans le désert, /
4] Commentaire et compilation poétique des textes précédents, d’un auteur inconnu
5] Commentaire et compilation poétique des textes précédents, d’un auteur inconnu
6] Unique strophe connue d’un cantique (composé en1598 et imprimé à Leipzig en 1602) intitulé Der Herr ist mein getreuer Hirt de Cornelius Becker (octobre 1561- mai 1604), Théologien et pasteur luthérien de la Nikolaïkirche puis de l’Université de Leipzig). Elle cite (première ligne) et s’inspire du cantique du même titre (publié à Ausbourg vers 1530) de Wolfgang Meuslin( 1497-1563), cinq strophes de sept lignes chacune, paraphrasant le psaume 23 [PBJ 820]. La strophe de Becker est intégralement reprise dans la cantate BWV 85/3 (cantus firmus au soprano) et utilise la même mélodie « Allein Gott in der Höh sei Herr » composée par Nikolas Decius (1522).
[Dans BWV 104/6, c’est l’image classique du Bon Pasteur qui conduit son troupeau vers les eaux du repos par le juste chemin serpentant à travers des prés d’herbe fraîche]
Le texte de Wolfgang Meuslin est celui de EKG 178, (texte et mélodie) et surtout celui de la cantate 128 dont c’est le titre et qui en propose les cinq strophes.
La mélodie Allein Gott in der Höh sei Ehr" datée de 1522 est attribuée à Nikolaus Decius (1485-1546), pasteur, professeur et ami de Martin Luther. Elle a pu tirer son origine d’un Gloria du XVe siècle. Et paraît avoir été imprimée vers 1522.
Dans un premier temps elle accompagne le cantique (quatre strophes) du même nom puis est utilisée dans le cantique Der Herr ist mein getreuer Hirt de Wolfgang Meuslin. C’est le texte de ce dernier et la mélodie de Decius qui se retrouvent en totalité dans la cantate de 1731, BWV 112 (1 à 5) dont c’est le titre éponyme et la cantate 128/1 de 1725 (la mélodie seulement.
On la retrouve, d’après BG, dans un Gesangbuch à Magdebourg en 1540.
Renvoi à EKG 178 (texte et mélodie), EKG 131 (mélodie).
Chez Bach, voir choral ,à quatre voix BWV 260 (mélodie) et les œuvres pour orgue BWV 662, 663, 663a, 664, 664a, Clavier-übung = BWV 675, 676, 676a, 677, Choralbearbeitungen = BWV 711, 715, 716, 717, Variationen = BWV 771 et Choralbearbeitungen: BWV Anh. 48.
D’autres nombreuses utilisations de cette mélodie dans des œuvres de Johann Pachelbel, Johann Ludwig Bach, Telemann, Walther, Gottfried August Homilius, Johann Ludwig Krebs et même Félix Mendelssohn (harmonisation de chorals).
BASSO [Jean-Sébastien, Bach, volume 2, pages 260, 831-832]: «…Pour 1724 Texte zur Leipziger Kirchen-Music, imprimé en fascicule par Tietze Immanuel (1662-1728), contenant aussi dans un fascicule retrouvé à Leningrad en 1971 par Wolf Hobohm, les BWV 31, 66, 134, 67 et 104 ».
BCW / Thomas Braatz et Aryeh Oron. Etude très complète de ce choral.
BJ 1976. Important article de William H. Scheide (Princeton, N.J., pages 79 à 94): « Rapport entre textes et sources musicales dans les cantates d’église de Bach. « Il existe six recueils originaux de textes pour les Cantates d’église de Bach de la période de Leipzig. Ils sont importants quant à la révélation qu’il nous donne de la longue préparation de Bach concernant l’exécution des cantates ainsi que de l’emploi de deux cantates, l’une avant et l’autre après le sermon du même office divin…
Certains textes de ces recueils n’ont pas été mis en musique par Bach. Celui de la cantate BWV 104 est dans le Texdruck.II dont Werner Neumann propose le fac-similé dans le Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte, page 431.
WHITTAKER: « Le livret, probablement du à Christian Weiss est excellent et s’adapte admirablement aux idées exprimées et convient parfaitement à l’imagerie musicale. La partition est soigneusement annotée, nous donnant un aperçu du savoir-faire de Bach…». |
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GÉNÉRALITÉS BWV 104 |
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BLANKENBURG: «…Les deux cantates, BWV 67 et 104 constituent l’incarnation même de la joie pascale. Elles se sont directement succédées…»
FINSCHER (Erato / Warner, vol.1. 1966): «…C’est la cantate la plus populaire de ton (commentant l’évangile du Bon Pasteur), celle dans laquelle cette image est transposée de la manière la plus directe et la plus détaillée dans une "Sphère pastorale" musicale, avec des accents de berceuse dus aux triolets et aux accords parfaits caractéristique de la mélodie, avec des effets de pédale imitant la cornemuse [référence à Spitta] des bergers et des sons de chalumeau aux hautbois et oboe da caccia ».
GARDINER: «…Organisation tonale [de la cantate] ascendante (dénommée Anabasis) du sol majeur du premier chœur [1] à si mineur des récitatifs et airs [récitatif et air de ténor, 2 et 3] au ré majeur [récitatif et air de basse, 4 et 5] et la majeur [choral, ». 6].
PIRRO: «…Œuvre d’un caractère pastoral et d’une beauté aimable et grave ».
PITROU: «…mais le génie spécule sur rien ; il s’accroche à un mot, un simple titre, et prend son envol. Ces seules paroles "Du Hirte Israel"
déchaînent toute une symphonie pastorale où chante le hautbois ».
SCHWEITZER [J. S. Bach, tome 2, page 461]: «…Les cantates suivantes sont assurées d’un succès auprès d’un public qui n’est pas encore familiarisé avec Bach… renvois aux cantates BWV 76, 73, 65, 23, 48, 123, 111…» |
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DISTRIBUTION BWV 104 |
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NEUMANN. Solo: Tenor, Baß. – Chor. Oboe I, II, Oboe da caccia, Oboe d’amore I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : T. B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe I, II ; Oboe d’amore I, II ; Taille (Oboe da caccia) ; Viol. I, II ; Vla. ; Cont.
HARNONCOURT: «…Bach, tant dans le chœur d’entrée que dans le choral fin désigne en fait par le terme « hautbois » des « hautbois d’amour ».
[On remarquera que "symboliquement" dans la cantate aucune voix -de tessiture féminine-, soprano et à l’alto, ne sont utilisées comme soli]. |
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APERÇU BWV 104 |
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1] CHORSATZ. BWV 104/1 |
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DU HIRTE ISRAEL, HÖRE, DER DU JOSEPH (Wustmann (variante): "Israels, Josephs") HÜTEST WIE DER SCHAFE, ERSCHEINE, DER DU SITZEST ÜBER CHERUBIM
Prête l’oreille, berger d’Iël, toi qui conduis Joseph comme un troupeau, parais dans ta splendeur, toi qui es porté par les Chérubins !
Sol majeur (G), 114 mesures, 3/4
BG Jg. XXIII. Pages 97 – 106. Oboe I. / Oboe II. / Taille. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. Continuo.
Marqué « staccato » aux Hautbois I et II et à la taille
NEUMANN. Sinfonia d’introduction. Double fugue encastrée avec partie obligée des cordes entre les sections de chœur homophones
Oboe I, II, Oboe da caccia ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Chor ; Sopr., Alto, Ten., Basso ; Ob. I, II, Taille ; Viol. I, II, Vla., Cont.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 329-330]: «…Emploi diversifié du chœur, conduit tantôt en homophonie, tantôt en polyphonie, les lignes mélodiques étant toujours simples, et il n’y a pas de solution de continuité entre les cinq épisodes : les deux interventions fuguées, de vingt mesures chacune (mes. 52-71 et 83-102), placées sur le second hémistiche du verset, se déploient sur un thème qui est une « dilatation » du thème initial, cependant que deux mots clefs "höre" et "erscheine", chacun doté d’un motif musical qui lui est propre, parcourent toute la partition avec une douce insistance ».
BLANKENBURG: «…Les chœurs d’entrée sont notamment d’une incomparable puissance expressive… dans BWV 104, l’alternance réitérée entre les implorations rythmiques sur "höre" et "erscheine" et les développements de fugue respirant la plus joyeuse confiance sur les paroles "der du Joseph hütest wie der Schafe". La mesure pastorale à 3/4 (au fond une mesure à 9/8, confirmé par Harnoncourt /Teldec (Volume 26)), dégageant la plus profonde impression de sécurité, que l’on rencontre dans ce chœur d’ouverture, avec sa distribution de bois si caractéristique et qui réapparaît dans la mesure à 12/8 [9/8] de l’air "Beglückte Herde…" montre dans cette œuvre avec particulièrement d’insistance que les textes de cantates ne visaient à rien d’autre qu’à rappeler la prédication biblique et a en graver dans la conscience des humains la signification existentielle à l’aide du revêtement musical le plus varié, en premier lieu allégorique ou symbolique ».
BOMBA: «…Une idylle pastorale dont l’évocation se retrouve au début de l’Oratorio de Noël BWV 248. Bach introduit la cantate d’une parole biblique, qui n’est pas à vrai dire tirée de l’Évangile mais du Psaume 80. Le texte contient deux piliers impératifs : « Höre » et « Erscheine ». Bach les fait ressortir grâce à de brèves remarques homophones chantées par toutes les quatre voix. Le chœur alterne à plusieurs reprises entre des passages homophones -tout d’abord il présente de cette manière la totalité du texte - et des sections fuguées et avive ainsi l’atmosphère idyllique dépeinte au début par les instruments ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,, pages 226-227]: «…Chœur chantant et pastoral, avec un double rythme superposé, triolets et notes pointées qui ont quelque chose d’une ouverture royale ».
DÜRR: «…Sinfonie - Chor (homophone) - Fuge (der du Joseph hütest) - Chor - Fuge - Chor (homophone)
FINSCHER: «…Cette musique pastorale de l’ample chœur d’introduction n’est pas seulement le fait du prélude instrumental et des appels du chœur sur "höre" et "erscheine", elle touche même les parties fuguées (les deux fugues encastrées) sur les mots "der du Joseph hütest wie der Schafe" ».
GARDINER: «…Parallèle musical entre la brebis indocile et les croyants rétifs… Il se pourrait que le chœur d’introduction ait été parodié d’après la cantate… Siehe, der Hütter Israel, BWV Anh. 15 (vraisemblablement donnée à l’église Saint-Paul , Leipzig, 27 avril 1724. Voir Werner Neumann (XXII).
GEIRINGER: «…Quand le chœur intervient, des parties homophoniques alternent avec des fugatos animés, évoquant ainsi les moutons qui tournent sur eux-mêmes, en quête de la main rassurante du berger ». Passage en triolets et notes longuement soutenues à la basse ainsi que le son des trois hautbois suggèrent l’idée d’un berger qui garde son troupeau (in introduction)
GRISCHKAT: «…Motif de trilles qui parcourt l’ensemble du mouvement. Rentrées successives des voix…»
HALBREICH: «…La version Werner s’ouvre par une « inoubliable vision d’Acadie…».
HIRSCH: Le chiffre 29. Le mot "erscheine" est chanté 29 fois. « 29 » = la somme numérique des lettres S (oli), D (eo), G (loria) soit 18 + 4 + 7 mais aussi J (ohann) S (ebastian) B (ach), soit 9 + 18 + 2. Chacune des deux fugues et des parties chorales sont formées de 31 mesures, équivalent possible de I (n), N (omine), J (esu), à la valeur numérique INJ de 31, aussi bien que P.N.C : P (ro), N (obis), C (rucifixus). Le mot "höre" est répété 18 fois. Le sujet principal de la fugue est exposé 49 fois. Le soprano et l’alto chantent respectivement 365 et 366 notes, le ténor et la basse ensembles, 725 notes : rapport possible avec le nombre de jours de l’année.
Le soprano chante 193 notes jusqu’à la première fugue : « Du Hirste Israel, höre » a une valeur numérique de 193.
HOFMANN: «…Depuis les temps anciens, le berger était resté un thème artistique utilisé souvent et c’était un sujet populaire de musique sous le baroque. En musique, tout comme en poésie et en peinture, le monde du berger était transfiguré et décrit comme une idylle arcadienne ; des compositeurs employaient des moyens stylistiques très spéciaux pour le décrire en musique. A la mention de « une vie de berger », ils pensaient aux sons des chalumeaux et utilisaient souvent des flûtes ou hautbois comme accessoires soniques pour ainsi dire. Une formule technique populaire était le point d’orgue - des notes longuement tenues à la basse- comme allusion aux cornemuses, un instrument pastoral typique avec un bourdon qui produit une note basse constante. De telles idylles pastorales étaient écrites de préférence en 6/8 ou en mesures composées semblables ; elles étaient jouées en tempo modéré, coulant, en mouvement berçant, avec une élégance dansante et une grâce expansive. Tout cela se trouve dans la cantate de Bach […] les éléments pastoraux deviennent immédiatement apparents dans le premier chœur : l’orchestre acquiert sa sonorité spéciale grâce à l’emploi de trois hautbois. La ligne de basse est déterminée dans les huit premières mesures (et suivantes bien sûr) par de longues pédales. Le chiffrage affiche ¾ - avec les noires divisées en triolets- créant l’effet de 9/8. Tout cela cependant n’est qu’une toile de fond pour l’action réelle. Avec l’entrée des chanteurs, le mouvement gagne une sorte de qualité festive archaïque: Dieu est invoqué et conjuré d’écouter et de sa manifester. Bach commence avec le chœur au complet ; il souligne la demande des suppliants avec netteté, impériosité [ ?] même « Höre » - « Erscheine ! ». Des groupes de voix se détachent de la masse chorale et, pendant un moment, tout se déploie. Puis une fugue commence sur les paroles : « der du Joseph hütest wie der Schafe » avec un long mélisme merveilleusement étiré sur « Schafe » - et, comme du fond, en tant que contrepoint au thème, on entend l’appel « Erscheine » qui se gonfle graduellement et fait sentir sa présence avec toujours plus d’insistance dans la structure vocale et instrumentale. Cette procédure se répète, on entend un autre appel, comme au début, puis une autre fugue, incontestablement variée et intensifiée par les entrées massées sur le mot « Höre ! ». Cela a dû résonner longtemps aux oreilles des gens de Leipzig ».
NYS, Carl de: «…L’admirable premier chœur de la cantate. Le mot « erscheine » est répété avec une ferveur toujours plus intense ». Ce chœur semble annoncer la sinfonia pastorale de l’Oratorio de Noël. Couleur déterminée par le chœur des trois hautbois. De grands passages homophones alternent avec deux séquences fuguées, A plusieurs reprises les deux voix inférieures répondent aux voix supérieures dans une fonction symbolique précise ».
SCHWEITZER [J. S. Bach, tome 2, page 359]: «…Le premier chœur de la cantate BWV 104 rappelle celui de la cantate BWV 123… »
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, page 621]: « Le mouvement n° 1 est un cantique tiré du psaume 80, 1… La version luthérienne, comme on le verra, intervertit le premides deux groupes de mots. Une couleur pastorale est obtenue au moyen de deux hautbois et de la taille auxquels s’ajoutent les cordes., et aussi par des notes en valeurs longues et quelques passages, à 9/8 (alors que le mouvement est écrit à 3 /4 dérivés de la première mesure. Parfois, les anches sont indépendantes, parfois elles surlignes la mélodies des cordes en staccato… Bach ne décrit pas le troupeau des brebis suivant son Seigneur mais le monde entier criant vers lui. Après deux puissants appels « Du Hirte Israel », en surviennent deux autres plus ardents [aigus] sur « höre »…» |
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2] REZITATIV, TENOR. BWV 104/2 |
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DER HÖCHSTE HIRTE (BG = Hüter) SORGT FÜR [VOR] MICH, / WAS NÜTZEN MEINE SORGEN ? / ES WIRD JA ALLE MORGEN / DES HIRTEN GÜTE NEU. / MEIN HERZ, SO FASSE DICH. / GOTT IST GETREU.
Le berger suprême veille sur moi, / A quoi bon m’inquiéter ? / Car tous les matins se réaffirme / La bonté du berger. / Aussi, ô mon cœur, reste serein, / Car Dieu est fidèle.
Mi mineur (e) → si mineur (h), 8 mesures, C
BG XXIII. Page 107. Rezitativ. Tenore. / Continuo. Marqué « Andante » aux mesures 6 à 8 sur les mots « Gott ist getreu…»
NEUMANN. Récitatif secco avec partie arioso finale. Tenor.
SCHMIEDER.
DÜRR: «…Bref récitatif avec final en arioso… »
HOFMANN: «…Comme conclusion, se trouve la citation de la bible « Gott ist getreu » (« Dieu est fidèle », 1 Cor, 10, 13). L’aria rend hommage au thème pastoral par son instrumentation pour deux hautbois d’amour » .
NYS, Carl de: «…Récitatif secco débouchant sur quelques mesures arioso (si mineur) sur « Gott ist getreu » et qui sonne comme un choral qui musicalement est une variations du choral final. Répétitions des mots « Gott ist getreu ».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, page 622]: «…Dans un bref récitatif secco puis arioso, le ténor trahit ses inquiétudes, malgré qu’il sache que le « berger » prend soin de son âme troublée: « Le berger suprême veille sur moi, / A quoi bon m’inquiéter ? »
[Figuration classique sur le mot „Höchste – suprême“ |
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3] ARIE, TENOR. BWV 104/3 |
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VERBIRGT MEIN HIRTE SICH ZU LANGE, / MACHT MIR DIE WÜSTE ALLZU BANGE, / MEIN SCHWACHER SCHRITT EILT DENNOCH FORT. / MEIN MUND SCHREIT, MEIN MUND SCHREIT NACH DIR, / UND DU, MEIN HIRTE, WIRKST IN MIR / EIN GLÄUBIG ABBA DURCH DEIN WORT.
Quand mon berger trop longtemps se dérobe à mes yeux, / Et que la peur s’empare de moi dans le désert, / Je poursuis néanmoins mon chemin de mon pas chancelant. / Ma bouche te réclame à grands cris, / Et toi, mon berger, tu fais résonner en moi / Par ta parole, exclamation fidèle d’Abba.
Si mineur (h), 63 mesures, C
BG XXIII. Pages 107 - 111 Arie. Oboe d’amore I. / Oboe d’amore II. / Tenore. / Continuo
NEUMANN. Forme quatuor : Oboe d’amore I, II, Tenor ; B .c. Da capo libre
SCHMIEDER. Ten., Ob. d’amore I, II, Cont.
[Prélude instrumental / vocal / instrumental / vocal (sur Schreit, avec chromatisme) / instrumental / da capo et postlude instrumental]
BOMBA: «…L’air est mené par deux hautbois d’amour. Cependant il reste inaccessible au caractère pastoral : le berger se cache comme le précise le texte, la peur exige une coloration chromatique, le pas chancelant « schwache Schritt » attend un rythme régulier ».
FINSCHER: «…Le premier air (en si mineur) est de toute l’œuvre le seul en mineur, ce qui correspond symboliquement est utilisées à l’anxiété mêlée d’un espoir encore bien faible de salut ; son savant quatuor (avec trois parties supérieures en imitation, les deux hautbois d’amour et le chanteur soliste, évoluant au-dessus de la basse continue) constitue une page sévère bien que gracieuse par ses sonorités instrumentales. Les procédés thématiques et d’imitations de la partie principale représentent le pas du croyant qui se hâte malgré l’anxiété qui l’assaille ainsi que l’assurance, encore voilée il est vrai, d’être conduit par le Bon Pasteur. »
GEIRNGER: «…La paix d’esprit n’est rétablie que dans l’aria de basse en ré majeur, une ravissante sicilienne à 12/8. La première et la troisième partie de cette pastorale expriment le bonheur du troupeau qui retrouve son guide, et la partie médiane, le bonheur qui attend le croyant après la mort ».
HIRSCH: thème vocal de 34 notes. Le principal thème instrumental est de 11 notes, donné à 11 reprises dans la partie principale, 11 fois dans la partie centrale et à nouveau 11 fois dans le da Capo.
HOFMANN: «…Situation du fidèle qui aurait perdu le pasteur de vue… L’auditeur sera aussi ravi de la flexibilité d’interprétation -par exemple avec des notes longues sur le mot « lange » (longtemps) ou des irritations [?] harmonique sur « allzu bange - trop apeuré ».».
NYS, Carl de: «…Modulations par le ténor très expressives, en particulier sur"lange", empreintes d’une profonde nostalgie. Rappel des pages du Clavecin bien tempéré. Élan de l’âme fidèle vers son Seigneur et tension de tout l’être vers cette union définitive [sentiment d’anxiété à la base de l’aria. Crainte qu’éprouve toute créature de se perdre dans le désert ? »
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La formation rythmique des motifs, page 88]: «…Pratique de la déclamation naturelle. Le mot « lange » sur une ample vocalise mêlée de notes tenues sur deux mesures [+ Exemple musical, BG XXIII, page 108].
[L’Orchestration, pages 234-235]: « Le hautbois d’amour, au temps de Bach était un instrument nouvellement en usage (vers 1720), plus doux que le hautbois ordinaire et descendant d’une tierce plus bas. Son utilisation dans BWV 163, 75, 64, 76, 157, 36, 49, 205 et 154. …
Dans l’air de ténor de la cantate… deux oboi d’amore entrelacent leurs motifs las, et leurs vocalises mélancoliques, au chant de ces paroles : « Si mon pasteur se cache trop longtemps, le désert de la solitude me remplit d’effroi ».
SCHWEITZER [J. S. Bach, tome 2, page 201]: «…Les hautbois jouent une délicieuse image de « démarche » hâtive…»
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach]: « …L’aria est alors une occasion de méditer. Il débute par la démarche « languissante » des deux hautbois. Les gémissements du chanteur sur « Quand mon berger trop longtemps se dérobe à mes yeux…» débutent par une imitation au continuo et le mot lange » est joué en figuration « ondulante ». Avec la phrase « Macht mir die Wüste allzu bange - Et que la peur s’empare de moi dans le désert » nous avons la description de la peur du voyageur égaré dans le désert avec d’étranges passages chromatiques de la voix et la démarche douloureuse du hautbois d’amore et les trébuchements de la basse, Mein schwacher Schritt eilt dennoch fort - Je poursuis néanmoins mon chemin de mon pas chancelant » plus loin décrit le motif de la marche… [623] « und du mein Hirte mein Hirte wirkst in mir ein gläubig Abba durch dein Wort - Et toi, mon berger, tu fais résonner en moi / Par ta parole, l’exclamation fidèle d’Abba [renvois à Romains 8, 15 [PBJ 1679]: «…Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba, Père » ainsi qu’à Galates 4, 6 [PBJ 1723]: «…Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie: Abba, Père »
[Mélismes et figurations répétés sur les mots « lange – longtemps » - « alllzu bange – s’emparer » - « eilt – poursuivre » (exemple signalé par André Pirro). |
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4] REZITATIV, BAß. BWV 104/4 |
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JA, DIESES WORT IST MEINER SEELE SPEISE, / EIN LABSAL MEINER BRUST, / DIE WEIDE, DIE ICH MEINE LUST, / DES HIMMELS VORSCHMACK, JA MEIN ALLES HEIßE, / ACH ! SAMMLE NUR, O GUTER HIRTE, / UNS ARME UND VERIRRTE (BG = Verwirrte) ; / ACH LAß DEN WEG NUR BALD GEENDET SEIN / UND FÜHRE UNS IN DEINEN SCHAFSTALL EIN ! (Wustmann (Variante): "deine Hürden")
En vérité ce mot est l’aliment de mon âme, / La source de réconfort en mon cœur, / Le pâturage que j’appelle et mes délices / Et l’avant-goût du ciel, enfin tout ce que je connais des plus précieux. / Continue donc de nous rassembler, ô berger charitable, / Nous les pauvres et les égarés ; / Fais-nous donc bientôt déboucher à l’issue du chemin / Pour nous conduire dans ton bercail !
Ré majeur (D) → ré majeur (D), 12 mesures, C
BG XXIII. Page 112. Recitativ. Basso. /Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco. Baß
SCHMIEDER. Basso, Cont.
[Deux bien distinctes: jusqu’à Heiße (ré majeur) puis sur « Ach » -ré mineur].
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach]: « …La basse dans le récitatif secco [4] a trouvé apaisement, verts pâturages et l’avant-goût du ciel dans le verbe de Dieu: « En vérité ce mot est l’aliment de mon âme, / La source de réconfort en mon cœur, / Le pâturage que j’appelle et mes délices / Et l’avant-goût du ciel…» |
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5] ARIE, Baß. BWV 104/5 |
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BEGLÜCKTE HERDE, JESU SCHAFE, / DIE WELT IST EUCH EIN HIMMELREICH. / HIER SCHMECKT IHR JESU GÜTE SCHON / UND HOFFET NOCH DES GLAUBENS LOHN / NACH EINEM SANFTEN TODESSCHLAFE.
O Heureux troupeau, Ô brebis de Jésus, / Le monde est pour vous un royaume des cieux ! / Vous y goûtez déjà la bonté de Jésus / Et espérez encore la récompense qui gratifiera votre foi / Après le doux sommeil de la mort.
Ré majeur (D), 82 mesures, 12/8
BG XXIII. Pages 112 - 115. Violino I. / Violino II. / Viola. / Basso. / Continuo (Oboe d’amore I col Violino I.).
NEUMANN. Partie de cordes (avec Oboe d’amore) ; B.c. Baß. Forme Da capo. Prélude instrumental / développements vocaux, intermèdes instrumentaux, da capo et postlude instrumental.
SCHMIEDER. Basso ; Ob. d’amore I e Viol. I (all’ unis.), Viol. I, II, Vla. ; Cont.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 273]: «…Morceau sur tempo de danse ; ici une "Pastorale". Caractère pastorale affirmée ici avec dans son épisode central, l’image du sommeil de la mort ».
BOMBA: «…Modèle rythmique de la Pastorale, de type berçant en mesures à 12/8. La basse comme ce qu’imposent la première personne du texte et le caractère annonciateur du récitatif précédant, personnifie la « Vox Christi ». C’est un morceau touchant d’harmonies célestes ; Bach noie le salaire de la foi « Glaubens Lohn » en de longs tons graves, tenus en un doux sommeil de la mort ‘Sanften Todesschlafe » et la première fois qu’il est question de ce sommeil, Bach éloigne la musique dans le monde des harmonies lointaines d’un « accord de sixte napolitain. »
FINSCHER: «…Le second air -en ré majeur, homorythmique, dansant et exploitant toute la sonorité des cordes et des bois- représente une fois de plus le but atteint comme une scène pastorale idéalisée, où mélodie et timbre sont d’une ferveur et d’une chaleur qu’on ne rencontre pas souvent à un tel degré chez Bach. »
GARDINER: «… l’air de basse ; enchaînement des quatre phrases initiales sur un mètre de 12/8, les trois premières d’une mesure seulement ; la quatrième, de trois mesures et d’une riche écriture pour les voix intérieures…Description du doux sommeil de la mort… mélodie d’une petite danse pastorale…»
GEIRINGER: «…Ravissante sicilienne. La première et troisième partie évoquent le bonheur du troupeau qui retrouve son guide, la partie médiane, celle annonçant le bonheur qui attend le croyant après la mort. »
GRISCHKAT: «…Mélodie merveilleuse. Le thème n’apparaît qu’à l’orchestre tandis que la voix soliste use d’un contrepoint en contre-voix libre ».
HIRSCH: « Le motif instrumental possède 11 notes… le nombre des disciples du Christ, 12, auquel est retranché le nom de Judas, soit 11.
HOFMANN: «…l’aria est une pastorale en règle en mesures à 12/8 et encore une fois avec un thème basé sur une pédale. Dans la section du milieu, Bach travaille avec des images musicales et sa mise en musique des mots « sanften Todesschlafe » est vraiment unique ».
NYS, Carl de: «…L’aria de basse en ré majeur, évoquant aussi bien le choral figuré de la cantate BWV 147, montre que la terre peut devenir une anticipation du ciel par la présence du Seigneur, et l’on entend aussi bien des formules mélodiques de l’air BWV 208: « Schafe kônnen sicher weiden », ce qui montre une fois de plus la précision du langage musical de Bach ». Page en ré majeur. Le climat de douceur nostalgique s’accentue encore. Citation de la mort qui réunira l’âme au Seigneur. Cette atmosphère n’est pas sans évoquer les textes de Saint-Paul ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 92]: «…les mots qui expriment le sommeil sont prolongés. Sur le mot « Tod », tenue de durée considérable, lorsqu’il [Bach] veut peindre la longue paix du sommeil de la mort [+ Exemple musical, BG XXIII, sur les mots Nach einem sanften To…des Schlafe].
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 173-174]: « Démarche de la basse sur les mots Nach einem sanften Todes. Ondulations mornes et infinies rappelant BWV 153, 6, 120… Le maître renouvelle ainsi, dans sa musique, une image chère aux cœurs lassés de vivre… Le motif cadencé du sommeil berce bien souvent, à l’orchestre, les chants de la mort… » [+ Exemple musical, BG XXIII, page 115].
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach]: « …Est alors chanté l’un des plus beaux parmi les arias pastorales de Bach, une heureuse et dansante gigue avec le violon I doublé par un hautbois d’amour débutant sur une belle mélodie ondulante… [624] : figurations sur les mots « Himmelreich », « Schafe » , « hoffet » et la voix plonge sur un inattendu (do naturel) « Tod » pendant que les deux supérieures sont pianissimo et la Viola silencieuse sur quatre mesures. Plus loin [« également] sur « Glaubens Lohn - qui gratifiera votre foi », « sanften Tod », « schlafen »… Peu d’arias de Bach sont aussi éloquents que celui-ci à chaque section, caractérisant la foi chrétienne…»
[Longue tenue sur le mot Todesschlafen, mesures 37 à 39 et 46 à 49]. |
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6] CHORAL. BWV 104/6 |
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DER HERR IST MEIN GETREUER HIRT, / DEM ICH MICH GANZ VERTRAUE, / ZUR WEID ER MICH, SEIN SCHÄFLEIN, FÜHRT, / AUF SCHÖNER GRÜNEN [BG = grüner] AUE: / ZUM FRISCHEN WASSER LEIT’ ER MICH, / MEIN SEEL ZU LABEN KRÄFTIGLICH / DURCHS SELIG (Wustmann (Variante) : "selge") WORT DER GNADEN.
Le Seigneur est mon berger fidèle, / Auquel je me confie tout entier, / Il la mène au pacage, moi qui suis sa brebis / Dans la belle plaine verdoyante et fertile ; / Il me conduit à la source d’eau fraîche / Pour y désaltérer mon âme vigoureusement / De la Parole sainte de la grâce.
La majeur (A), 14 mesures, C
BG XXIII. Page 116. Choral. Mélodie « allein Gott in der Höh sei Ehr ». Soprano. (Oboe I., Violino I. col Soprano) /Alto. (Oboe II., Violino II. Coll’ Alto) / Tenore. (Taille e Viola col Tenore.) / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Choral harmonisé et ensemble instrumentale comme [1].
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Cont. (Ob. I, Viol. I col Sopr. ; Ob. II, Viol. II coll’ Alto ; Taille, Vla. Col Ten.
BOMBA: «…Dans le choral final, Bach déploie l’image des belles plaines verdoyantes « Schöne, grunde Aue » sur un départ d’octave de la voix de basse qui trouve la source fraîche « frische Wasser » par un chemin tout à fait audacieux de nouvelles harmonies ;la majeur, fa dièse majeur avec la dièse en tant que note sensible sur si mineur ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 107-108]: « Mélodie de choral (MDC) 007 de type Ia. Simple harmonisation à quatre voix avec instruments colla parte doublant les parties vocales ».
FINSCHER: «…Le choral est un simple cantique homophone en la majeur, plus lumineux et plus haut d’un ton -symbole du passage à un autre ordre- que le sol majeur du chœur initial ».
GEIRINGER: «…Pour garder l’atmosphère générale de cette cantate, Bach emploie dans cette section les instruments à anche, donnant ainsi même à la simple harmonisation de la mélodie de l’hymne une qualité pastorale. »
HOFMANN: «…Strophe terminal du choral, basée sur le psaume 23 qui confesse encore une fois sa confiance en Dieu et poursuit cela avec l’idée que "Wort der Gnaden" (la parole de grâce) de Dieu fournit la vraie nourriture et la vraie boisson de l’âme ». Comme c’est si souvent le cas, le choral final généralise la signification du texte de la cantate. L’air sur lequel la strophe est chantée est une mélodie bien connue (1522-1523) du théologien réformateur Nikolaus Decius pour « Allein Gott in der Höh sei Ehr » basée sur un ancien « Gloria ».
NYS, Carl de: «…Lorsque dans le choral final de cette cantate il est question de "cette fin, où un jour, dans ta demeure, je pourrai te louer éternellement", Bach abandonne brusquement son écriture traditionnelle pour orner les troivoix d’accompagnement par des figurations jubilantes ». |
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BIBLIOGRAPHIE BWV 104 |
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BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG. Notice par James Leonard
BRAATZ, Thomas (3 mai 2001). Exemples tirés de la partition. Commentaires (2 mai 2001)
CRAIGH, Smith. Notice BWV 104 in « Emmanuel Music - Boston ». 2005-2006
CROUCH, Simon. Commentary. 1996, 1998
DELLAL, Pamela: Texte de la cantate in « Emmanuel Music - Boston ». 2005-2006
EMMANUEL MUSIC. Craigh Smith
ORON, Aryeh: Discussions 1] 29 avril 2001 – 2] 9 avril 2006 – Prévision 29 août 2010.
En collaboration (avril 2006) avec Thomas Braatz, étude de la mélodie du choral “Allein Gott in der Höh sei Ehr”.
Commentaires (Aryeh Oron, 29 avril 2001)
BACH-JAHRBUCH
BJ 1976, pages 79-94. William, H.. Scheide. Rapports entre textes et sources musicales dans les cantates d’église de Bach.
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 39, 69, 158
Vol. 2 (1985): pages 253, 274, 279, 281, 327, 328, 329-330, 832, 837
BLANKENBURG, Walter: Notice du coffret Archiv Produktion. Easter (II)
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition Bachakademie [Vol. 33]. 1999
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 226-227
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. (MDC 007), page 107
BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 125, 249, 312, 325 et 352 (ce dernier sous le titre " Der herr ist mein getreur Hirt"
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 12, 13, 14, 15
CANTAGREL, Gilles: Tempéraments, Tonalités, Affects. Un exemple : si mineur. In Jean-Sébastien Bach. Ostinato rigore Revue internationale d’études musicales. N° 16. Jean Michel Place.2001. Pages 43
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Pages 50-68. Analyse musicale du choral pour orgue "Allein Gott in der Höh’ sei Ehr". BWV 771 est d’une authenticité peu probable
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von Johann Sebastian Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 1, pages 256-258
EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
EKG 178, Cantique avec le texte et la musique) de W. Meuslin
BEIHEFT 83 (Zum Evangelischen Kirchengesangbuch). Supplément. EKG 644 et 645 „Allein Gott in derHöh…“
FINSCHER, Ludwig: Notice de l’enregistrement Das Kantatenwerk / Harnoncourt [Vol. 26]. 1980
: Notice du coffret Warner Classics / Erato [Vol. 2/10]. 2004 et [Vol. 1/6]. 2004
GARDINER, John Eliot: Notice de son enregistrement Bach Cantata Pilgrimage. [Volume 23] 2007
GEIRINGER, Karl: Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Page 163-164. Note 151 (de page 158), chronologie
GRISCHKAT, Hans: Notice de son enregistrement HM 1111
HALBREICH, Harry: Critique du coffret Archiv Produktion. 1975. Avec BWV 61, 121, 64, 171, 65, 182, 111, 1, 4, 6, 158, 67, 12, 11, 44
+ Oratorio de Noël et Magnificat.. Harmonie, n° 112, page 96
HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 37, 56, 106.
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Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling / Laudate 98 703. 1980
HOFMANN, Klaus: Notice de l’enregistrement Suzuki (volume 19). 2001
LYON, James: Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Pages 34, 40, 75, 100 et 274 : incipit de la mélodie M 65
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MISSEL QUOTIDIEN, Vesperal et rituel. Éditions Brepols. Turnhout (Belgique). 1958. Pages 817-818. Le 2e dimanche après Pâques
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PBJ: Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
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PITROU, Robert: Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 173
ROMIJN, Clemens: Notice (sur CD)de l’enregistrement de P. J.Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs. Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 139-140
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Voigt - Wustmann - Wolff - Terry Francke - Whittaker - Moser - Thiele - Neumann - BJ 1906. 1912. 1914. 1915. 1931. 1934. Bach Fest 1908 (Heuß).
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 162
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966 Volume 1, page 250; volume 2, pages 201, 359, 420, 461, 463 (note)
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Vol. II, page 418
SUZUKI, Masaaki: Notes sur la production. Enregistrement BIS, volume 19. 2002
TIÉNOT, Yvonne: J.-S. Bach. (H. Lemoine 1951). Chronologie pour 1723. Cantate signalée comme étant la première version [?]
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume 1, pages 434, 436, 619-625. Volume 2, page 132
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de T. Koopman (6)
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte, Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 111-112
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 67, pages 136-137
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005 |
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DISCOGRAPHIE BWV 104 |
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Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Grischkat (20’ 04). Harnoncourt (18’18). Koopman (18’38). Leusink (17’03). Neumann (23’). Richter (19’39). Rilling 16’45. Suzuki (17’53). Werner (version 1957): 24’11. (version 1966): 21’51). Vandernoot (21’30).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR 2009].
12 références (Avril 2001 – avril 2007) + 3 mouvements individuels
Exemples musicaux (Aryeh Oron avril 2003 – janvier 2005)
11] GARDINER, John Eliot [Vol. 23]. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage.
Basilique St. Willibrord, Echternach. Luxembourg, le 7 mai 2000. Avec les cantates 85 et 112
CD SDG (131. 2007 Avec les cantates BWV 85 et 112
5] GRISCHKAT. Schwäbischer Singkreis. Bach Orchester Stuttgart. Eglise Martin Luther de Böblingen. Octobre 1971
Disque Harmonia Mundi HM 1111. Avec la cantate BWV 43
Disque Carus 43101. Avec la cantate BWV 43
Plusieurs éditions dont: FSM, Candide. Octobre 1971. Avec la cantate BWV 172
8] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. 1980
Disque (D et F). Das Kantatenwerk. [Vol. 26]. 6.35558-00-501. 1980. Avec la cantate BWV 105
CD (D). Teldec 4509 – 91760-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 6. Avec les cantates BWV 100 à 117
CD Teldec Das Kantatenwerk [Vol.26]. 242602-2 ZK. 1989
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 8573 81178-5. 2007. Volume 32
9] KOOPMAN [Vol.6]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Avril, 1997. 1998
CD Erato / Antoine Marchand 3984-21629-2. Avec les cantates BWV 50, 186, 69a
10] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium.
CD Bach Edition. Brilliant Classics 2000. 99377/4 .Volume 18 -Cantatas IX
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics IV-93102 –14-90. Avec les cantates BWV 83, 50, 183
6] RICHTER. Chœur et orchestre Bach de Munich. E. Mathis. Mai, juin, octobre 1973
Disque Archiv Produktion [Vol. II] 2722 022
Reprise (coffret de six disques) 2564-147. 1973. Avec la cantate BWV 12
Reprise en Coffret de 11 disques ( Vol. II] 30 2722 018
Reprise CD. Easter. Coffret de 26 CD (1959-1979). Archiv Produktion. 439378-2
7] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Septembre 1979 - février 1980
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98703. Avec la cantate BW 166
CD. Die Bach Kantate [Vol. 18]. Hänssler Classic. Laudate 98869. Avec les cantates BWV 19, 76
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 33]. Hänssler-Verlag 92.033. 1999
1] STERNBERG. Wiener Kammerchor / Wiener Symphoniker. 1950
Deux éditions, avec BWV 46. Disque Bach Guild
Disque Artemis Classics Avec les cantates BWV 21, 34, 46, 56 et 104
12] SUZUKI [Vol. 19]. Bach Collegium Japan. 30 juin – 4 juillet 2001. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan
CD BIS 1261. Juin, juillet 2001 - 2002
4] VANDERNOOT. Bach Chorus « Orchestra of the Amsterdam Philarmonic Society. 1966
Disque Cantate et. Disque Vanguard. Avec la cantate BWV 80
2] WERNER. Heinrich Schütz-Chor Heilbronn / Südwestfunk-Orchester Baden-Baden. H. Krebs. Mars 1957
Disque. 1er enregistrement. Erato LDE 3059. Avec la cantate BWV 51
Reprise disque Erato 70341 (stéréo). Volume 2. Juillet 1966. Avec la cantate BWV 11
Reprise (10 CD en coffret) Warner Classics / Erato 2564 61402-2. Volume 2. 2004. Avec les cantates BWV 140, 85
3] WERNER. Heinrich Schütz-Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Kurt Huber. Jakob Stämpfli. Juillet 1966
Disque: 2e enregistrement. Bach / Fritz Werner Disque Erato. Volume 2
Reprise (10 CD en coffret) Warner Classics / Erato [Vol. 1]. Avec les cantates BWV 31, 6
MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 104
M-1. Mvt. 1] Schuricht, Carl. Berliner Philarmoniker Chor / Berliner Philarmoniker. Disque Capitol L 8077. Dante Lys. 1938 (3’58).
Report CD
M-2. Mvt. 6] David Willcocks. King’s College Choir Cambridge. Orgue (D. Willcocks). Disque EMI Classics. Juin-juillet 1967. Report CD
M-3. Mvt 1] Richter, Karl. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Disque Baroque Music Club. Début des années 70. (4’55)
Choral EKG 131 (Gloria), mélodie et texte: « Allein Gott in der Höh sei Ehr » = NET/ Hymnus 2000 Volkslieder page 1/5, en passant par "Der Herr ist mein getreuer Hirt".
ENREGISTTREMENT AVANT 1950:
Signalé par Norbert Dufourcq, page 240: « Carl Schuricht. Orchestre philharmonique de Berlin et chœur. Disque (D) Tel E 1709 (avant 1947) |
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ANNEXE BWV 104
Philipp Spitta |
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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, page 418
« C’est une pastorale sacrée qui nous fait découvrir une merveilleuse combinaison de tendresse et de gravité, de grâce et de profondeur. Le rythme du premier chœur [1] est à proprement parler non pas un 3/4 mais un 9/8 puisque la mesure est à la triple croche et la figuration rythmique « croche pointée - double croche, qui, selon l’habitude de l’époque devait se lire « noire - croche. Pour cette raison, la lourde démarche de la basse comme celle d’une « cornemuse », le timbre d’une musique pastorale s’imprime délicatement dans cette composition. Outre son merveilleux charme mélodique, ce chœur est en même temps un chef-d’œuvre de structure artistique. Dans les parties vocales, les sections homophones alternent avec des sections fuguées. Trois hautbois sont affectés aux voix supérieures et leur donnent support et couleur. Durant ce temps les cordes interviennent en de scintillantes figurations ascendantes et descendantes parfaitement indépendantes. Bach n’avait jamais encore composé semblable œuvre. C’est la ravissante évidence de son inépuisable imagination. Nous pouvons comparer la pastorale de l’Oratorio de Noël BWV 248/II/1 comme le seul pendant de ce mouvement aussi bien dans la splendeur de ses merveilleux développements que dans sa construction et sa tonalité. L’air de basse [5] a d’une certaine manière un caractère semblable, pendant que par ailleurs l’air de ténor [3] qui s’intercale, exprime ce sentiment d’abattement suggéré par certains passages de psaume, comme par exemple : « Passerais-je des ténèbres [ou ravin], je ne crains aucun mal » (Psaume 23/4) et, plus loin « Comme la biche aspire après les eaux courantes » (Psaume 42/1). Il est certain que Bach songeait à ces passages car le texte est ici trop plein de semblables affects et qu’une strophe paraphrasée du psaume 23 sert de conclusion à la cantate ».
Appendix: Volume II, page 680. Les filigranes 1724-1727: « Watermark IMK » |
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Contributed by Claude Role (February 2009) |
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