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C. Role. Janvier 2011
CANTATE BWV 101
NIMM VON UNS, HERR, DU TREUER GOTT
Écarte de nous, Seigneur, Dieu fidèle…
KANTATE ZUM 10. SONNTAG NACH TRINITATIS

Cantate pour le 10e dimanche après la Trinité
Leipzig, 13 août 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Angleterre / Grande Bretagne
(H) = si
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 101

Leipzig, dimanche 13 août 1724. II. Jahrgang. Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome I, page 60] : «…il est possible que d’autres cantates de Bach (BWV 101, 147, 170 et 9) aient été proposées au public de Halle par Wilhelm Friedemann Bach (vers 1746). Autre exécution envisagée : 1735-1750.
[La copie faite par Penzel (voir ci-dessous) a pu éventuellement servir à une autre exécution (Leipzig ?) en juillet 1755…] 
BRAATZ [BCW] : « Il est probable que Bach dirigea cette cantate plus qu’une fois, mais aucune preuve ne peut vérifier cette assertion, quoique certains éléments soient en faveur de cette possibilité. Bach, dans le deuxième mouvement a remplacé la flûte traversière solo [par un violon], la partie de flûte sans doute la plus redoutable de toutes les cantates de Bach, selon les musiciens professionnels qui ont essayé de la jouer. Bach a donc changé cette partie de flûte par un violon obligato en 1724 ou pour une exécution ultérieure ou bien encore par le fait qu’il n’avait pas de flûtiste en mesure de la jouer…»
HERZ : 13 août 1724. Ancienne datation : 1735-1744 (Spitta).
HIRSCH : Classement CN 86 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). 2. Jahrgang - Choral Kantaten. Deuxième cycle annuel des cantates de Bach à Leipzig. De juin 1724 à juin 1725.
Chronologie (Alfred Dürr). 1724 : BWV 178 (30 juillet) - BWV 94 (6 août ) - *BWV 101 (13 août) - BWV 113 (20 août) – BWV 33 (3 septembre) – BWV 78 (10 septembre).
HOFMANN : «…une reprise plus tardive de la cantate où la flûte solo est remplacée par un violon solo ? » 
NEUMANN : 1724 avec reprise possible ultérieurement.
SCHWEITZER : Les cantates écrites après 1734. Les cantates-chorals sont datées de cette époque par Philippe Spitta.
WHITTAKER : La plus tardive datation. L‘auteur n‘hésite pas à avancer „1745“. «…Si l‘hypothèse de Terry est correcte, la cantate Nimm von uns, Herr, du treuer Got“ pourrait être concomittante à la seconde invasion de la Saxe par Frédéric II, durant la deuxième guerre de Silésie …âgé de soixante ans, cette guerre n‘était pour Bach qu‘un épisode horrifique de plus, qu‘il avait connu durant sa vie…». L’auteur renvoie aux paroles de Jésus (Luc, 19, 43) : «…Oui, des jours vont fondre sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presserons de toutes parts…»


SOURCES BWV 101

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues.

BRAATZ [BCW] : « Il est probable que l’autographe fit partie de l’héritage attribué à Wilhelm Friedmann Bach, peu après la mort de son père. Cet autographe dut disparaître de son vivant et ne réapparut nulle part ailleurs. La NBA I/19 recense une douzaine de copies de la partition datant de la deuxième moitié du 18e siècle et du 19e siècle. Trois des copies manuscrites semblent tirées à partir de la partition autographe originale, l’une de Christian Friedrich Penzel, une autre de Johann Friedrich Agricola, une autre encore, la copie du premier chœur seulement par Wilhelm Friedmann. Toutes les autres sont des copies de copies ou tirées des parties séparées ».
DÜRR : L’héritier du deuxième cycle des cantates de Leipzig au nombre desquelles compte la BWV 101 serait Wilhelm Friedemann Bach, les parties séparées étant conservées par Anna Magdalena Bach.
VIGNAL [Les fils Bach] : « À la mort de Johann Sebastian Bach en 1750, Wilhelm Friedemann hérite de la plus grande partie du matériel de ses cantates, car « étant donné la position qu’il occupait alors à Halle il pouvait en faire le meilleur usage ». (Forkel). Peter Wollny estime que sous sa direction furent entendues à Halle, intégralement ou non et plus ou moins arrangées…», les cantates suivantes de Johann Sebastian [suit une liste de 21 cantates dont la BWV 101, peut-être exécutée vers 1761-1763. Le fait est, que sur une deuxième copie référencée BB Mus. ms. Bach P 830 [?] se trouvent des corrections de Wilhelm Friedemann…]

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom L. Thomasschule puis Bach-Archiv Leipzig. 18 parties. Partiellement autographes avec révisions. Appartenait à Anna Magdalena Bach qui les transmis à la bibliothèque de l’École Saint-Thomas. Elles sont aujourd’hui aux Archives Bach à Leipzig.
BG. (1876) : Titre pris à l‘ancienne couverture des parties séparées : „Dominica 10 post Trinit. | Nimm von uns Herr du treuer Gott | à | 4 Voc. | 4 Tromba. | Travers. | 2 Hautbois. | Taille. | 2 Violini. | Viola. | con | Continuo | di Sig |J.S. Bach
Le filigrane, une tête d‘aigle se trouve à la fin du dernier choral [7] dans la partie de Oboe I.
BRAATZ [BCW] : « 18 parties copiées par Johann Andreas Kuhnau assisté de deux autres copistes anonymes appelés copiste 1 et copiste 2. Bach lui-même copia le doublet de la partie de flûte traversière et corrigea ou annota les autres parties. Les violons I et II sont manquants et (n’existent que les doubles) ainsi que la basse continue non transposée.
HERZ : Le copiste pourrait être Johann Andreas Kuhnau [1703 – ?] (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723, dans sa période médiane :K2. Filigrane „à l‘aigle“ + la lettre „H“, retrouvé dans les cantates contemporaines BWV 113 33, 78 et 99.

COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh. (d‘après Werner Neumann).
P AM 20. Tübingen. Bibliothèque de l‘Université puis à l‘Amalienbibliothek, Berlin.
P AM 22 B. Amalienbibliothek, Berlin.
Partitur 830 M. Marburg, Staatsbibliothek puis Berlin Dahlem.
Partitur 951 M. Marburg, Staatsbibliothek puis Berlin Dahlem.
Partitur 1031 M Marburg, Staatsbibliothek puis Berlin Dahlem.
Les dates, références et lieux de conservation des différentes copies sont précisés dans l‘édition de la NBA I/19.
Énumération des cinq mêmes sources par la BG (1876) :
a) Parties séparées à Saint-Thomas.
b) Copie Amalienbibliothek et Bibliothek des Joachimsthaalschen Gymnasiums in Berlin, n° 22. Corrections de la main de C. Ph. E. Bach
P AM 20.
c) Une copie dite de Vienne conservée sous le n° 51 à la Bibliothèque royale de Berlin.
d) Copie de (ou ayant appartenu) à Friedemann Bach, en possession (ca 1876) du Professeur E. Rudorff, à Berlin. Partitur 830 M. Marburg
e) Autre copie à la Bibliothèque royale de Berlin, sous le n° P132.
f) Copie du premier chœur [1] d’après la partition P 132.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome I, page 60] : Dans la liste des cantates copiées à partir de juillet 1755, par le chef de chœur de la Thomasschule (juillet 1756) Christian Friedrich Penzel (1737-1801). La copie de la cantate BWV 101 est datée du 27 juillet 1755 ».
SCHMIEDER : Copie (P AM 20 T). Partiellement de la main d‘Agricola [Johann Friedrich, janvier 1720 1774, élève de Bach à Leipzig vers 1738-1740] et Carl Philipp Emmanuel Bach (?) 18 feuilles conservées à la Bibliothek des Joachimsthaalschen Gymnasiums in Berlin N° 22).
Deuxième copie avec annotations de Wilhelm Friedmann Bach. 6 feuillets et 11 pages de musique avec sur la couverture des annotations de Spitta. Référence BB Mus. ms. Bach P 830.
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome III, page 287] : « Dans la cantate BWV 94, nous reconnaissons un troisième filigrane, un « aigle » filigrane connu sous des formes variées mais à différentes périodes et non significatifs pour nos recherches chronologiques. Toutefois, j’ai classé ensemble les manuscrits dans lequel le filigrane est exactement de la même forme. Ce sont les cantates BWV 78, 98, 33 et 101. Elles peuvent être supposées, comme la cantate BWV 94, datées de l’année 1735…»

ÉDITIONS
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome I, page 69] : Une édition fut faite en 1830 sous le titre "Kirchenmusik zu 4 Singstimme mit Orchester". 2 vol. (avec les six cantates BWV 101 à 106), présentée par Adolph Bernhard Marx pour le compte de l’éditeur Simrock.

SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BGA).
BG Jg. XXIII (23e année). Pages 3 à 32. Préface de Wilhelm Rust (1876). Cantates 101 à 110.
[Partition de la BGA dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 25. 1980].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I / BAND 19. KANTATEN ZUM 9 UND 10 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5060. 1985. Robert L Marshall.
6 Faksimile.
BWV 101. Pages 175 à 227.
Avec les cantates BWV 105, 94, 168, 46 et 102.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5060 41. Robert L Marshall. 1986.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 7 | TP 1287. 2007.
Serie I. Band 19. Kantaten zur 9 und 10 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Robert L. Marshall.
BWV 101. Pages 173 à 227. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1985.
Anhang BWV 101/2. Version flûte traversière. Pages 101/102.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2951. Réduction chant et piano = EB 7101. Partition du chœur (Chorst) = ChB 2139. Orchestre, Orgue, chant et continuo = révision de Max Seiffert (copie).
2011. Réduction chant et piano (36 pages) = EB 7101. Partition du chœur (Chorstimmen), 8 pages = ChB 4601.
CARUS. Partition (Partitur), 100 pages = Die Bach Cantate 31.101/00. Partition d’étude (Studienpartitur) = 31.101/07. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = 31.101/03. Partition du chœur (Chorstimmen) = 31.102/05. Harmoniestimmen = 31.101/09. Parties séparées (4) = 31.101/11 à 14.
KALMUS STUDY SCORES. N° 833. Volume XXIX. New York 1968. Cantates BWV 100 à 102.
PETERS. Réduction pour chant et piano.


PÉRICOPE BWV 101

Dixième dimanche après la Trinité.
Épître : 1 Corinthiens 12, 1 à 11 [PBJ. 1701]. Les dons spirituels ou charismes.
Évangile : Luc 19, 41 à 48 [PBJ. 1572]. Jésus prédit la destruction du Temple (an 70) et chasse les marchands. Lamentations sur Jérusalem
Aucune citation littérale dans la cantate sinon des allusions comme par exemple « Jérusalem » dans le texte du deuxième mouvement.
MISSEL ROMAIN. Les lectures correspondantes sont faites le 9e dimanche après la Pentecôte :l « L’épître rappelle les pérégrinations d’Israël au désert et avertit de nouveau le peuple élu que tous ces récits ont été transmis pour son instruction. L’évangile appuie cette pensée et raconte comment le Christ a pleuré l’infidélité de Jérusalem. Il sous-entend tout l’amour avec lequel le Seigneur aime son église…»
EKG. 10. Sonntag nach Trinitatis (10e dimanche après la Trinité).
Entrée: Proverbes 14, 34 [PBJ. 959] : « La justice grandit une nation, / Le péché est la honte des peuples…»
Psaume 55 [PBJ. 850 et 851]. Prière du persécuté : « Entends, ô Dieu ma prière, / Ne te dérobe pas à ma supplique…»
Notamment au verset 20 : « Pour eux, point d’amendement : ils ne craignent pas Dieu » et verset 23: Décharge
sur Yahvé ton fardeau / et lui te subviendra…» 
Cantique 390 : « Wach auf, wach auf, du deutschtes Land ». Johann Walter, 1561.
Épître 1 Romains 12, 1 à 11 [PBJ. 1683/1684]. Le culte spirituel : « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos
personnes en hostie vivante…»
Évangile : Luc 19, 41 à 48 [PBJ. 1572]. Jésus prédit la destruction du Temple et chasse les marchands. Lamentations sur Jérusalem.
Pour la même occurrence, voir les cantates BWV 46 (1er août 1723) et BWV 102 (25 août 1726).


TEXTE BWV 101

Auteur non connu du texte des mouvements 2, 4 et 6. Le nom d’Andreas Stübel a été avancé par le musicologue Christoph Wolff.
1] Martin Moller (1547-1606). Première strophe du cantique Nimm von uns, Herr, du treuer Gott (1584) d’après un hymne profane latin -« Dieu apporte l’immensité de la colère - Aufer immensam, Deus, Aufer iram » édité à Wittenberg vers 1541 [le texte de ce poème est donné par Francis Browne in BCW].
2] Poète inconnu. Texte de Moller [?] non précisé. Pas de citation sensible du texte du cantique.
3] Martin Moller. Strophe 3 du cantique.
4] Poète inconnu. Avec paraphrase tirée du cantique.
5] Martin Moller. Strophe 5 + texte libre.
6] Poète inconnu. Deux versets du cantique.
7] Martin Moller. Strophe 7.

SCHWEITZER [J.S. Bach, tome II, pages 375/376] : La cantate (n° 101) pour le dixième dimanche après la Trinité, est l’une de celle qui est déplorablement défigurée par la présence excessive de récitatifs incrustés dans le texte du choral. Bach lui-même fut inconscient de la pauvre qualité de ce texte mais y travailla avec beaucoup de ferveur. Heureusement Picander conserva intacte la première strophe…»
WOLFF : « Les livrets [de ce deuxième cycle annuel  - 2. Jahrgang, ici les cantates BWV 101, 2 et 20] sont manifestement de la plume d’un seul et même poète, dont le nom ne figure pas sur les originaux. Il y a tout lieu de les attribuer à Andreas Stübel, qui fut le directeur adjoint de l’École Saint-Thomas et qui mourut le 31 janvier 1725, date à laquelle s’interrompt cette production…»


GÉNÉRALITÉS BWV 101

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : « Cette cantate constitue l’un des piliers les plus sévères des cantates sur mélodie de choral (MDC). La mélodie du Vater unser im Himmelreich » est quasiment omniprésente dans tous les mouvements et la priorité est donnée à la parole, tandis que les instruments n’assument qu’un rôle secondaire, rôle assez conventionnel du violon dans le mouvement 2, rôle plus décoratif de la flûte dans le mouvement 6.
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…La présence continue de la même mélodie de choral (MDC) « Vater unser im Himmelreich » assure à la cantate une grande unité… En effet le cantique placé sur cette mélodie avait été composé à l’occasion de la funeste épidémie de peste de 1584. La prière continue et exigeante du Pater noster devait servir d’exorcisme à cette peste…»
CANTAGREL [Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. pages 126/127] : «…La cantate BWV 101 propose une méditation sur la destruction de Jérusalem, pour laquelle Bach s’en va emprunter une partie de son texte au cantique de Martin Moller, composé sous le coup de l’épidémie de peste de 1584 dont il fait la métaphore du châtiment. Le cantique ramène avec lui la mélodie du  Vater unser , qui tout naturellement, devant cette image de dévastation, de disparition de sa patrie, la cité des pères, vient sous la plume de Bach pour implorer miséricorde, réconfort et soutien ». 
HIRSCH : Symétrie de la cantate : Choral (chœur) - Aria - Choral (+ récitatif) - Choral (aria) - Choral (récitatif) - Aria (Duo) - Choral (chœur).
SCHNEIDER : Vater, unser im Himmelreich : « Tous ceux qui ont lu les deux Catéchismes de Luther savent en quels termes le Réformateur a parlé de l’Oraison dominicale…. avec quelle simplicité, quelle concision Luther traite le choral… Qu’il s’agisse des vers ou de la musique, le ton général, l’accent sont d’une pureté, d’une humilité, d’une poésie mystique fort rares dans l’histoire du chant liturgique. Une fois de plus, on peut parler ici de chef d’œuvre, et de chef-d’œuvre accessible au peuple aussi bien qu’à l’élite. Luther a si bien senti qu’un tel poème appelait la musique, qu’il s’est essayé à la composition d’une mélodie appropriée, celle-ci [+ Exemple musical] que donne l’édition de Weimar… La seconde mélodie, qui porte l’empreinte très nette de Walther, est évidemment supérieure. Elle a prévalu et n’a cessé d’inspirer les musiciens qui continuent, après quatre siècles, de l’ornementer, chacun à sa manière…»


DISTRIBUTION BWV 101

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Zink (nur Chorstütze 1, 7), Posaune I-III ; Querflöte, Oboe I, II, Oboe da caccia ;
Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav.; Oboe I, II; Oboe da caccia (Taille); Cornetto; Trombone I, II, III; Viol. Solo; Viol. I, II; Vla. Cont.


APERÇU BWV 101

1] CHORALCHORSATZ. BWV 101/1
NIMM VON UNS, HERR, DU TREUER GOTT, / DIE SCHWERE STRAF UND GROßE NOT, / DIE WIR MIT SÜNDEN OHNE ZAHL / VERDIENET HABEN ALLZUMAL. / BEHÜT FÜR KRIEG UND TEURER ZEIT, / FÜR SEUCHEN, FEUR UND GROßEM LEID.

Ecarte de nous, Seigneur, Dieu fidèle, / le sévère châtiment et le grand danger / que nous avons, tous que nous sommes, / mérités par nos péchés sans nombre. / Garde-nous de la guerre et de la disette, / de la peste, du feu et de grandes misères.

Première strophe du cantique de pénitence Nimm von uns, Herr, du treuer Gott (1584) en sept strophes (de six vers chacune) de Martin Moller (1547-1606). Il emprunte à un texte profane latin édité à Wittenberg vers 1541 « Aufer immensam, aufer iram ».
[Ecrit durant la grande peste qui ravagea une grande partie d’Allemagne, on trouve dans cette première strophe du cantique une citation précise à la peste].
La mélodie est celle du cantique Vater unser im Himmelreich de Martin Luther, issue vraisemblablement d’un chant profane du Moyen Âge, transmise selon James Lyon dans un recueil des « Böhmische Brüder » de 1519.
On la retrouve dans les cantate BWV 90/5 avec la septième strophe du même cantique utilisée dans la cantate BWV 101/7.
Renvois à la cantate BWV 102/7 ; à la Passion selon saint Jean BWV 245/9 ; aux chorals BWV 636 (Orgelbüchlein n° 37) ; aux chorals BWV 682, 683, 737, 760, 761 et 762. Œuvres de Telemann et Mendelssohn sur le texte et la mélodie du Vater unser im Himmelreich.

BG (1876) : Le compositeur de la mélodie Vater unser im Himmelreich est inconnu. Les principales sources renvoient au recueil de Valentin Schumann, année 1539.

Ré mineur (d-Moll), 262 mesures, C. Alla breve
BG. Jg. XXIII. Pages 3 à 15. | (Choral „Nimm von uns, Herr du treuer Gott“). | Flauto traverso. | Oboe I. | Oboe II. | Taille. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. / Cornetto col Soprano. | (NB : Der cantus fiermus „Vater unser Herr, in Himmelreich“ in Soprano). | Alto. / Trombone I. coll‘ Alto. | Tenore. / Trombone II. col Tenore. | Basso; / Trombone III. col Basso. | Continuo.
NEUMANN. Parties instrumentale indépandante avec ritournelles et texte encastré. Citation chorale aux instruments.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 608] : «…Il est incontestable que l’application de la technique du motet, suivant les manières propres au stylus antiquus, s’étend bien au-delà de la composition des motets au sens étroit du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des autres œuvres de musique sacrée. Renvoi à la note 8 des pages 853/854 : suit la liste des cantates [possédant ponctuellement] un style proche du motet, par exemple BWV 2/1, 4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, *101/1, 108/4, 121/1, 144/1, 179/1 et 182/7.
BOMBA : «…Ce qui frappe dans ce morceau, c’est l’indétermination harmonique évoquant la grande détresse (große Not) et les péchés sans nombre (Sünden ohne Zahl).
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : « Élabor ation de choral sur mélodie Vater unser im Himmelreich (MDC) 096 de type IIb, avec ritournelle autonome (indépendante) de l’orchestre. Type de choral « incrusté »
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…l’élaboration de choral se fait à l’intérieur d’un vaste chœur inséré dans un contexte orchestral très sombre (ré mineur). Le cantus firmus est exposé en valeurs longues, tandis qu’une fugue s’intègre aux autres parties vocales donnant à l’ensemble l’aspect austère du motet, malgré l’apport instrumental non négligeable [de la mélodie de choral) de type II »
BRAATZ [BCW] : Exemples tirés de la partition. Mouvements 1 avec le motif descendant du continuo aux mesures 10 et 241. Autre illustration : le choral de Martin Luther : Dies sind die heilgen Gebot (1524) dont la mélodie est comparée à celle du Vater unser im Himmelreich.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…puissant chœur introductif en style antico… Sinfonia : …longues phrases descendantes, notes répétées et surtout des motifs de soupirs…trois notes haletantes suivies de silences qui finissent par se répandre dans tout le tissu instrumental. Chromatismes et accords dissonants confèrent à tout le morceau une très grande tension dramatique… Les six périodes du choral [correspondants aux six vers de la strophe] avec pré-imitations suivies par le soprano en cantus firmus doublée à l’octave par la flûte.
DÜRR : «…vaste motet à cantus firmus ». 
FINSCHER : «…Le chœur d’ouverture est une vaste composition sur le choral, dans une écriture de motet, presque archaïsante dans sa rigueur et sa complexité stylistiques, à laquelle l’orchestre fournit pour ainsi dire un commentaire affectif avec un traitement mélodique et harmonique recourant au chromatisme et avec des motifs de soupirs peu s’en faut excessifs…»
GARDINER : «…L’œuvre commence de manière sombrement méditative sur une ligne de basse indépendante qui soutient un trio de hautbois échangeant le thème des 10 Commandements [ ?] avec les cordes supérieures… extraordinaire poème en musique avec une texture orchestrale à sept parties que Bach élargit jusqu’à onze parties réelles… figure de trois notes en forme de « plainte » ballottée entre les instruments…»
HIRSCH : Chœur-choral renvoyant au motet BWV 118. Les 262 mesures peuvent renvoyer à la somme numérique des mots « Dies sind die heiligen zehn Gebot - ce sont les Dix Commandements » (renvoi à Friedrich Smend et à Manfred Schreyer), hypothèse réfutée par Alfred Dürr et Marianne Helms…
HOFMANN : « Le mouvement initial est mis en relief par une écriture « archaïque… l’amplification à l’ancienne du chœur par un quatuor composé d’un cornetto et de trois trombones lui confère un caractère spécifique…. contrepoint strict des anciens motets… motet à cantus firmus à l’ancienne…les parties des trois hautbois, des cordes et du continuo jouent un rôle inhabituel : elles sont indépendantes des voix… et reprennent leur propre matériau thématique. La répétition d’une note (comme si l’on frappait à la porte) jouée par le premier violon au début… et revenant à plusieurs reprises… est particulièrement évocatrice. Il en va de même pour le motif du soupir, fait de trois notes et revenant vers la fin de l’introduction instrumentale pour ensuite accompagner le premier vers du choral. C’est surtout ce motif qui confère au mouvement son empreinte de tristesse profonde…»
MACIA [Collectif « Tout Bach « ] : «… admirable grand motet à l’ancienne avec cantus firmus aux sopranos doublées par un cornet, tandis que les trombones renforcent les autres voix du chœur procédant en imitation, ce qui accuse le caractère archaïque du mouvement… une note répétée aux premiers violons (comme un coup frappé à la porte) revient ainsi durant tout le morceau, à l’instar du motif de soupir de trois notes qui intervient à la fin de l’introduction instrumentale et qui ponctue le premier vers du choral…» 
WIJNEN : «…comme le premier mouvement d‘une grande Passion… un motif de trois notes qui en est le fil conducteur… les voix entrent en canon… les péchés humains sont décrits avec une puissance effrayante…»


2] ARIE TENOR. BWV 101/2
HANDLE NICHT NACH DEINEN RECHTEN / MIT UNS BÖSEN SÜNDENKNECHTEN, / LAß DAS SCHWERT DER FEINDE RUHN ! / HÖCHSTER, HÖRE UNSER FLEHEN, / DAß WIR NICHT DURCH SÜNDLICH TUN / WIE JERUSALEM VERGEHEN !

N’agis pas selon tes droits / avec nous vils esclaves du péché, / laisse reposer le glaive [l’épée] des ennemis ! / Très-Haut, exauce notre supplication / afin que notre comportement coupable / ne nous fasse pas périr comme Jérusalem !

Saint Luc 19, 41 à 48 [PBJ. 1572]. Jésus prédit la destruction du Temple de Jérusalem.

Sol mineur (g-Moll), 90 mesures, 3/4
BG. Jg. XXIII. Pages 16 à 19. | ARIE. | Violino solo. | Tenore. | Continuo. (Violoncello e Violone pizzicato). Reprise „Dal segno de la ritournelle aux mesures 2 à 17.
NEUMANN. Forme trio (Violine (solo), Tenor u. B.c. [instrument obligé, ou flûte à bec]. Mouvement bipartie avec ritournelle.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome II, pages 349/350] : «…choral apparaissant dans chacun des morceaux, excepté dans le n° 2… qui est tout à fait indépendant du contexte mélodique généralement dominant tout au long de la cantate ».
[Jean-Sébastien Bach, tome II, page 350] : «… l’aria de ténor que nous connaissons aujourd’hui dans la version avec violon concertant, avait été conçue à l’origine pour le Querflöte, instrument que Bach ne semble avoir employé à Leipzig qu’à partir de la seconde moitié de 1724 (la première cantate à l’utiliser, en couple, est la BWV 107)…»  
BOMBA : «…rappel de l’air numéro 42 de la Passion selon saint Matthieu…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « …en style concertant à l’italienne… écriture en trio pour violon soliste [existe une partie de flûte solo dans le matériel d’orchestre produite par la NBA en annexe], ténor et basse continue… air de détresse… et supplication adressée à Dieu revient tout naturellement à la voix de ténor. Sa ligne mélodique n’entretient aucun rapport thématique avec la partie de violon solo… figuralisme très marqué, longues tenues sur « ruhn - s’apaiser » et plongée abyssale d’une octave et demie sur « vergehen - périr », gémissements sur « Flehen - plaintes ».
[Le moulin et la rivière. pages 126/127] : «…Structurés de façon semblable avec le n° 5, les récitatifs font entendre une à une les périodes du cantique de Moller, en arioso, interpolées d’un commentaire en recitativo…»
FINSCHER : «…l’air de ténor [par comparaison au premier chœur] est comparativement conventionnel (c’est également le seul mouvement de la cantate qui ne s’attache pas à la mélodie du choral)…»
HOFMANN : « …une partie instrumentale virtuose s’associe à la séduisante ligne vocale…»
LEMAÎTRE : «…La partie de violon solo qui relève l’air du ténor (n° 2) fut auparavant destinée à la flûte traversière. Cette pièce est la seule qui soit thématiquement indépendante du choral qui s’infiltre peu ou prou partout ailleurs...»
MACIA [Collectif « Tout Bach « ] : « Le cantique et la mélodie innerve toute la cantate à l’exception du deuxième mouvement… Aria indépendante du choral… fait allusion à l ‘Évangile selon saint Luc. Le chanteur est accompagné par les figures alambiquées d’une flûte traversière, remplacée lors d’une reprise ultérieure par un violon solo ».
SUZUKI : « Le matériau de base [de la cantate] se compose de dix-huit partes séparées qui sont conservées aux Archives Bach de Leipzig. C’est sur la base de celles-ci que nous devons considérer le deuxième mouvement. [Suit la description d’une partie isolée de flûte traversière… pour Hofmann, le deuxième mouvement a été joué par la flûte à la création mais en raison de l’absence d’un musicien doué au traverso, a été confié au violon lors d’une reprise de l’œuvre…»]
WIJNEN : Motifs ascendants sur les mots „ruhn, flehen et vergehen“.


3] CHORAL + REZITATIV SOPRAN. BWV 101/3
Choral, sopran : ACH ! HERR GOTT, DURCH DIE TREUE DEIN /
Sopran, Rezitativ : WIRD UNSER LAND IN FRIED UND RUHE SEIN. / WENN UNS EIN UNGLÜCKSWETTER DROHT, / SO RUFEN WIR. / BARMHERZIGER GOTT, ZU DIR / IN SOLCHER NOT: /
Choral sopran: MIT TROST UND RETTUNG UNS ERSCHEIN !
Sopran, Rezitativ : DU KANNST DEM FEINDLICHEN ZERSTÖREN / DURCH DEINE MACHT UND HILFE WEHREN /
CHORAL, sopran: BEWEIS AN UNS DEINE [W. Neumann/Gesangbücher“ : dein“] GROßE GNAD / UND STRAF UNS NICHT AUF FRISCHER TAT, /
Sopran Rezitativ : WENN UNSRE FÜßE WANKEN WOLTEN / UND WIR AUS SCHWACHHEIT STRAUCHELN SOLLTEN
CHORAL Sopran : WOHN UNS MIT DEINER GÜTE BEI /
Sopran Rezitativ: UND GIB, DAß WIR / NUR NACH DEM GUTEN STREBEN, / DAMIT ALLHIER / UND AUCH IN JENEM LEBEN / Sopran Choral : DEIN ZORN UND GRIMM FERN VON UNS SEI.

Ah ! Seigneur, grâce à ta fidélité / notre pays vivra dans la paix et la tranquillité. / Si une tempête nous menace, / nous t’implorons, / Dieu miséricordieux, / dans un tel péril : / Apparais-nous en nous apportant réconfort et salut ! / tu peux par ta puissance et ton secours t’opposer à l’hostile [ ?] destruction. / Prouve-nous ta grâce infinie / et ne nous châtie pas quand tu nous prends en flagrant délit, / si nos jambes sont sur le point de chanceler. / Et s’il devait arriver que nous trébuchions / assiste-nous de ta bonté / et fais que nous / n’aspirions qu’au bien, / afin qu’ici-bas / ainsi que dans l’autre vie / ta colère et ton courroux demeurent loin de nous.

Martin Moller. Strophe 3 du cantique.
Nouvelle allusion à la destruction annoncée du temple de Jérusalem : « l’hostile destruction… » [Saint Luc 19, 41 à 48 [PBJ. 1572].

Ré mineur- ré mineur (d-Moll - d-Moll), 46 mesures, 3/4 (a Tempo) et C (Récitatif)
BG. Jg. XXIII. Pages 19/20. RECITATIV UND CHORAL. | (Melodie „Vater unser Herr, in Himmelreich“.) | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. „Choralarioso“ et continuo „ostinato“. Secco et citations du choral tropées ( a tempo). Motif du choral au continuo.

BOMBA : «…mouvement pensif, rendu très étrange par sa mesure à trois temps, ses figures de continuo en ostinato et ses passages récitatifs intercalés…»
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…La mélodie de choral est présentée par le soprano solo mais largement transformée en arioso et tropée de récit. Le continuo seul dessine des figures obstinées. Mélodie de choral (MDC) 096 de type III. Ce type associe le choral à la forme du récit ». Renvoi à Werner Neumann : Choral + Récitatif, forme particulière du Choralbearbeitung.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…choral entendu en arioso, dans une légère ornementation, mais entrecoupé de commentaires en récitatif secco très expressifs… »
FINSCHER : «…arioso de soprano et choral fortement orné…»
HOFMANN : «…les vers du choral apparaissent sous forme d’ariosos avec une mélodie chorale libre, accompagnée des motifs en ostinato au continuo alors que les nouveaux vers prennent la forme d’un recitativo secco ».
LEMAÎTRE : «…les mouvements 3 et 5… ont une architecture similaire : alternance de périodes issues du choral fondées sur un motif de type ostinato à la basse continue et de phrases en récitatif secco…»
MACIA [Tout Bach ] : « Bach mélange citations du choral traité en , et vers libres conçus en récitatif secco…» 
ORON [BCW - Discussion I] : « Bach pouvait-il imaginer que la ville de jérusalem a rarement connu la paix et le calme durant sa longue histoire, jusqu‘à nos jour ? »
SCHWEIZTER [J.-S. Bach |Le musicien-poète, pages 246/247 & J.S. Bach, volume II, page 100] : « Le motif de la quiétude.. Souvent, au lieu de le renforcer, Bach atténue le motif de la quiétude (triples croches, croche, croche, soupir, triple croches, etc). Dans la cantate le récitatif „O, Seigneur Dieu par ta fidélité, notre pays jouira de la paix… est accompagné par la basse suivante [+ Exemple musical, triple croches, croche, triples croches, etc.]. Renvoi pour un motif analogue à la cantate BWV 173/2 ».
SPITTA : « Le prélude instrumental agité avec le hautbois décrit la colère. Puis la voix de basse attaque l’andante avec la première ligne du cantique et sa mélodie…»
WIJNEN : « La strophe [3] du cantique est énoncée en entier et le choral est cité à la basse continue ».
WHITTAKER : « Toute la ligne de chant du soprano est tellement ornée, qu‘il est parfois difficile de reconnaître la mélodie [du choral]


4] CHORALBEARBEITUNG. BAß. BWV 101/4
CHORAL Baß : WARUM WILLST DU SO ZORNIG SEIN ?
ARIE Baß : ES SCLAGEN DEINES EIFERS FLAMMEN / SCHON ÜBER UNSERM HAUPT ZUSAMMEN. / ACH, STELLE DOCH DIE STRAFEN EIN / UND TRAG AUS VÄTERLICHER HULD / MIT UNSERM SCHWACHEN FLEISCH GEDULD !

Pourquoi veux-tu te montrer si courroucé ? / Déjà les flammes de ton zèle / s’abattent sur notre tête. / Ah ! suspends donc les châtiments / et, dans ta bienveillance paternelle, fais preuve / d’indulgence et de patience à l’égard de notre chair sujette à la faiblesse !

La mineur (a-Moll), 74 mesures, 4/4. Vivace - Andante…Adagio, Vivace - Andante, etc.
BG. Jg. XXIII. Pages 21 à 25. ARIE. | (mit Benutzung (utilisation) der Choral-Melodie Vater unser Herr, in Himmelreich“.) | Oboe I. | Oboe II. | Taille. | Basso. | Continuo .
NEUMANN. Citation chorale à la voix de basse.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome II, pages 349/350] : « …De caractère extraordinaire est également l’aria de basse, avec trois hautbois, dont un da caccia (taille), portant deux citations (andante) de la mélodie du choral dans la partie vocale, cependant que dans la section médiane le choral est confié au trio instrumental (plus le continuo). 
BOMBA : «…la citation du choral se répète, suivie, toujours sur le même texte d’un ritardando en récitatif libre - interruption étonnante…»
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…la mélodie de choral est confiée aux instruments pendant une aria de basse qui elle-même emprunte certains motifs à la mélodie 096. Il s’agit donc d’une présentation instrumentale du cantus firmus de type V. Dans ce type la mélodie est confiée d’une façon exclusive, à un ou plusieurs instruments sous forme de citation discontinue ou continue, à l’intérieur d’un contexte toujours complexe…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…voici l’une des plus étonnâtes arias de toutes les cantates, opposant de façon spectaculaire la prière du fidèle à la colère divine. Ritournelle flamboyante vivace, des trois hautbois sur le continuo… Mais avant d’entrer dans le tourbillon infernal des flammes sonores de l’introduction [renvoi à André Pirro, « Esthétique », page 327], la basse énonce ces premiers mots : « Pourquoi te montrer si courroucé ? », tout doucement, dans une tendre confiance, sur la première période du choral, dans un mouvement dûment marqué par Bach andante et la nuance piano. puis vivace à nouveau, la basse interpelle Dieu, toujours sur les mêmes mots, mais avec une vigueur… Cette section introductive se referme comme elle avait commencé, sur la mélodie de la première période du choral, andante et piano, suivie, adagio et pianissimo, d’un ultime questionnement… Dans une première partie, traitant les deux premiers vers duc commentaire, en ut majeur et vivace, les diverses images liées aux flammes suscitent… de véhéments figuralismes… dans la seconde partie de l’aria… épisode marqué andante et piano, la ligne de chant de la basse est devenue un souple arioso… tandis qu’au-dessus, le chœur des hautbois énonce paisiblement période après période, tout le choral… donc sans paroles. Une troisième partie revient à l’agitation initiale, pour répéter les deux dernières lignes du commentaire, en s’appesantissant sur le mot « Geduld - patience ». Reprise de la ritournelle initiale…»
FINSCHER : «…apocalyptique air de basse au sein duquel les versets du choral sont tantôt chantés, tantôt joués instrumentalement…»
GARDINER : «…Le plus saisissant des airs de la cantate… un air de fureur. Le mot « warum » passant de façon « malhérienne » de mi mineur vers ut mineur…»
HOFMANN : « …pièce tout à fait inhabituelle. L’ « unité des affects » typique de l’époque baroque est interrompue par un changement à la sphère des affects, perceptible en apparence par le changement de tempi (vivace - andante, adagio) : après la rage violente apparaissent les gestes d’imploration humble. Le chœur est également mis en exergue. Bach reprend du texte original les premiers vers de l’air de la mélodie chorale et les fait entendre au complet par les bois…»
LEMAÎTRE : «…dans l’aria de basse, la voix et l’étonnant trio de hautbois (2 hautbois + la taille de hautbois) citent successivement le choral lorsque le tempo vivace cède la place à une andante…»
MACIA [Collectif « Tout Bach « ] : «…Bach varie d’une manière étonnante les atmosphères : la rage violente d’un vivace aux trois hautbois alterne avec des motifs adagio-andante, où la basse reprend des vers du cantique et évoque la « bienveillance paternelle » de Dieu, tandis que les hautbois égrènent la mélodie de Luther…»
PIRRO [ L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - l’orchestration, page 232] : « assemblage de trois hautbois… ici l’excès d’éclat devient menaçant… Dans la cantate BWV 101, trois hautbois crépitent en tourbillon embrasés pour symboliser les flammes de la colère divine, prêtes à fondre sur tous…» [BGXXIII, page 21]. 
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, pages 270-271]: Chorals dans des arias. Renvois aux cantates BWV 4/6, BWV 19/5, BWV 31/8, BWV 137/4, BWV 143/6, BWV 161/1.
[ Noter le mot „warum“, très interrogatif, à la mesure 19 ainsi que la longue tenue sur „Geduld“ aux mesures 59 à 62 - „Vivace, mesures 1à 8 - „Andante“, mesures 9 et 10 - „Vivace“, mesures 11 à 16 - „Andante“, mesures 19 à 20 - „Vivace“, mesures 21 à 37 -„Andante“, mesures 38 à 58 - „Adagio“, mesure 58 - „Vivace“, mesures 59 à 66 - Reprise de la ritournelle instrumentale aux mesures 67 à 74].


5] CHORAL + REZITATIV TENOR. BWV 101/5
CHORAL BAß : DIE SÜND HAT UNS VERDERBET SEHR. /
Rezitativ: SO MÜSSEN AUCH DIE FRÖMMENSTEN SAGEN / UND MIT BETRÄNTEN AUGEN KLAGEN ; /
CHORAL Baß : DER TEUFEL PLAGT UNS NOCH VIEL MEHR. /
Rezitativ Baß : JA, DIESER BÖSE GEIST, / DER SCHON VON ANBEGINN EIN MÖRDER HEIßT, / SUCHT UNS UM UNSER HEIL ZU BRINGEN / UND ALS SEI N LÖWE ZU VERSCHLINGEN. /
CHORAL Baß: DIE WELT, AUCH UNSER FLEISCH UND BLUT / UNS ALLEZEIT VERFÜHREN TUT. /
Baß Rezitativ: WIR TREFFEN HIER AUF DIESER SCHMALEN BAHN / SEHR VIELE [R. Wustmann : „vieles“] HINDERNIS IM GUTEN AN. /
CHORAL Baß: SOLCH ELEND KENNST DU, HERR, ALLEIN : /
Baß Rezitativ: HILF, HELFER, HILF UNS SCHWACHEN, / DU KANNST UNS STÄRKER MACHEN ! /
CHORAL Baß: ACH, LAß UNS DIR BEFOHLEN SEIN.

Le péché nous a profondément corrompus. / A tel point que les plus dévots doivent eux aussi / gémir, les yeux pleins de larmes ; / Le diable nous tourmente encore bien davantage. / Oui, cet esprit malin / qui, dès l’origine, était homicide, / cherche à nous faire perdre notre salut / et à nous dévorer comme un lion. / Le monde, lui aussi, ne cesse à tout propos / de tenter notre chair et notre sang. / Ici-bas, sur cette étroite voie, nous rencontrons / tant d’obstacles au bien. / Tu es le seul, Seigneur, à savoir ce qu’est une telle misère : / Aide-nous, Dieu secourable, aide-nous dans notre faiblesse, / tu peux nous rendre plus forts. / Ah, rends-nous obéissants à tes commandements.

Martin Moller. Strophe 5 et texte libre.
Renvoi à l’Évangile de Jean 8, 44 [PBJ. 1600] : «…Vous avez pour père le diable…Dès l’origine, ce fut un homicide…». Dans la cantate : «…Oui, cet esprit malin / qui, dès l’origine, était homicide…» 
Renvoi à la première Épître de Pierre 5, 8 [PBJ. 1785] : « …Votre partie adverse, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer…» Dans la cantate : «… cherche à nous faire perdre notre salut / et à nous dévorer comme un lion…».

Ré mineur - ré mineur (d-Moll - d-Moll), 31 mesures, 4/4. Alternance du choral (a Tempo) et de la ligne du récitatif.
BG. Jg. XXIII. Pages 25/26. RECITATIV UND CHORAL. | (Melodie „Vater unser Herr, in Himmelreich“.) | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. « Choralarioso » et continuo « ostinato », avec secco et citations tropées du choral.

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…Mélodie de choral 096 de type III. Volet symétrique au mouvement numéro 3 mais cette fois ci le choral tropé de récit est confié au ténor, avec toujours un continuo présentant des figures obstinées ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…interpolations de commentaires avec périodes du choral énoncé en très légères ornementation ».
[Le moulin et la rivière. pages 126/127] : «…Structurés de façon semblable avec le n° 3… [voir ci-dessus].
HOFMANN : « …la mélodie du choral apparaît ici dans son aspect original…»
LEMAÎTRE : «…les mouvements 3 et 5… ont une architecture similaire…» [voir le mouvement n° 3]. 
MACIA [Collectif « Tout Bach « ] : « récitatif mélangeant vers du choral en arioso et texte libre… vers du choral soutenus par la mélodie luthérienne originale…»


6] ARIE DUETT SOPRAN, ALT. BWV 101/6
Duett, Alt, Choralzeilzitate + Sopran : GEDENK AN JESU BITTERN TOD ! / NIMM, VATER, DEINES SOHNES SCHMERZEN / UND SEINER WUNDEN PEIN ZU HERZEN.
Duett, Alt + Sopran, Choralzeilzitate : DIE SIND JA FÜR DIE GANZE WELT / DIE ZAHLUNG UND DAS LÖSEGELD ; /
Duett Alt + Sopran: ERZEIG AUCH MIR ZU ALLER ZEIT, / BARMHERZGER GOTT, BARMHERZIGKEIT ! / ICH SEUFZE STETS IN MEINER NOT ! /

Duett, Alt + Sopran Choralzeilzitate: GEDENK AN JESU BITTERN TOD !

Souviens-toi de la mort amère de Jésus ! / Prends à cœur, ô Père, les douleurs de ton fils / et les souffrances de ses blessures, / Elles sont en effet pour le monde entier / Le paiement et la rançon ; / Témoigne-moi en tout temps, / Dieu miséricordieux, miséricorde ! / Je ne cesse de soupirer dans ma détresse: / Souviens-toi de la mort amère de Jésus !

Ré mineur (d-Moll), 67 mesures, 12/8
BG. Jg. XXIII. Pages 27 à 31. ARIE (DUETT). | (mit Benutzung (utilisation) der Choral-Melodie Vater unser Herr, in Himmelreich“.) | Flauto traverso. | Oboe da caccia. | Soprano. | Alto. | Continuo. Reprise Dal segno du prélude instrumental.
NEUMANN. Citations du choral aux instruments et parties vocales menées en canon. Forme de quintette : Querflöte (flûte à bec), Oboe da caccia, Sopran, Alt, B.c. Da-capo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome II, page 350] : « …Dans l’admirable duo soprano et alto… au rythme de sicilienne, auquel s’opposent flûte traversière et hautbois da caccia, les deux instruments comme les voix, ne s’abandonnent que par instants à l’ornementation, entonnant alternativement la mélodie du choral…»
BOMBA : «…le comble de l’art de Bach a harmoniser un choral est offert dans le duo n° 6. Le cantus firmus transparaît encore et toujours dans l’entrelacement du dialogue instrumental entre flûte et oboe da caccia et des parties chantées ; le caractère pastoral de ce mouvement élève la mémoire et les soupirs terrestres vers l’idylle espérée de l’Acadie céleste ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…c’est dans le duo n° 6 que l’intensité spirituelle de Bach culmine sur les mots « souviens-toi de la mort de Jésus »…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «… avec oboe da caccia dont c’est la seule intervention dans toute la cantate…. Rythme de sicilienne, soupirs, sanglots étouffés, discours en imitations pour chanter la mélodie du choral, longues inflexions chromatiques descendantes… Bach traite toutes ces figures en un mouvement concertant très subtilement agencé, parcouru régulièrement par quelques périodes du choral … deux parties séparées de flûte traversière nous sont parvenues… La Neue Bach-Ausgabe laisse le choix entre les deux…»
FINSCHER : «…duo dans lequel une mélodie de sicilienne saturée de soupir, le développement du choral et un mouvement concertant écrit pour bois se trouvent unis dans une extraordinaire combinaison…»
HOFMANN : « …un quintette sur un rythme de sicilienne de caractère méditatif… tout ce qui apparaît dans les trois mesures et demie est développé dans la citation du cantique par le hautbois da caccia et le contrepoint à la flûte…»
MACIA [Collectif « Tout Bach « ] : «…lent rythme de sicilienne gorgé de syncopes… s’engage alors un duo entre la soprano et l’alto, avec,
en parallèle, un duo entre oboe da caccia et flûte… véritable quintette, avec le continuo…» 
WIJNEN : « Le mot « Barmherzger - miséricordieux » est sous-tendu d’un motif suppliant ».
[Figuration sur le mot „Pein“ aux mesures 20 à 22].


7] CHORAL. BWV 101/7
LEIT UNS MIT DEINER RECHTEN HAND / UND SEGNE UNSRE STADT UND LAND ; / GIB UNS ALLZEIT DEIN HEILGES WORT, / BEHÜT FÜRS TEUFELS LIST UND MORD ; | VERLEIH EIN SELGES STÜNDELEIN, / AUF DAß WIR EWIG BEI DIR SEIN.

Guide-nous de ta dextre / et bénis notre ville et notre pays ; / Prodigue-nous toujours ta sainte parole, / garde-nous des ruses et des atteintes meurtrières du diable, / accorde-nous une brève félicité terrestre / avant que nous ne te rejoignons pour l’éternité.

Septième strophe du cantique Nimm von uns, Herr, du treuer Gott de Martin Moller, texte et mélodie retrouvées également dans la cantate BWV 90/5. Le texte n’est pas sans évoquer ici celui de la cantate BWV 29/4 sur les mots «…protègent la ville et les palais…»

Ré mineur (d-Moll), 12 mesures, 4/4,
BG. Jg. XXIII. Page 32. CHORAL. (Melodie « Vater unser im Himmelreich »). Soprano. / Flauto traverso in 8va., Oboe I., Cornetto. Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe II., Trombone I., Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Taille, Trombone II., Viola. col Tenore. | Basso. / Trombone III. col Basso.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec l’ensemble instrumental.

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.] : «…La mélodie de choral 096 refait son apparition intégrale dans un choral harmonisé avec présence colla parte de tous les instruments… »
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « … simple harmonisation homophone, les voix étant doublées par les instruments ».
LEONARD [BCW] : « La tierce picarde finale allège le côté angoissé de la musique ».
WIJNEN : « Le mot « ewig » souligné dans la partie du ténor ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 101

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ, Thomas : Provenance.
Exemples tirés de la partition. Mouvements 1 (motif descendant au continuo, mesures 10 et 241). 6 août 2006.
Commentaires (9 août 2002) en anglais tirés des ouvrages de Spitta, Voigt, Dürr et Smend.
BROWNE, Francis : Novembre 2005. Texte des sept strophes du cantique Nimm von uns, Herr, du treuer Gott.
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith (ca 2000).
MINCHAM, Julian : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 11. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 4 août 2002 - 2] 30 juillet 2006 - Prévision : 23 octobre 2011.
Avec Thomas Braatz : Mélodie du choral Vater unser im Himmelreich. Août 2006 à mai-juin 2009.

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 101 = BC A 118.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985.
Volume 1, pages 34, 60, 62, 69 et 158

Volume 2, pages 253, 255, 268, 269, 336, 349/350, 398 et 853
BLANKENBURG, Walter : La signification des chorals dans les œuvres vocales spirituelles de Bach.
Coffret Teldec /Harnoncourt, volume 25. 1980
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling (volume 32). 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 223/224
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 61, 72, 306 à 308 et 383
*BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 110, 47 et 267
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N°320 et 316 à 319
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 818 à 823
: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Pages 126/127
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Chorals n° 169 à 175 aux pages 221 à 228
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 171/172.
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 400 à 404
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
FINSCHER, Ludwig : Notice de l’enregistrement Das Kantatenwerk / Leonhardt, volume 25. 1980
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 24
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98708). 1980. En collaboration avec Arthur Hirsch.
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 86 : pages 28, 35, 68 et 113
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 898708). 1980. En collaboration avec Marianne Helms.
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement Suzuki, volume 31. 2006.
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique, 1992. Page 74
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 15, 65/66 et 95. Incipit de la mélodie „Vater unser im Himmelreich“, M 30, page 270
MISSEL ROMAIN : Éditions Brepols. 1958. 9e dimanche après la Pentecôte. Pages 960 à 963.
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Pages 123/124
Literaturverzeichnis : 44 (Richter).
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 25
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 118/119
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 179 (datation de Spitta)
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 232 et 241
*RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann : Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. In BJ 1906, pages 43 à 73
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs. Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 134 à 136
: Literatur : Spitta; Schweitzer; Wolfrum II; Pirro; Parry; Voigt; Wustmqann; Wolff; Terry; Franke II; Moser; Neumann.
 
BJ 1906, 1914, 1915, 1928, 1931, 1932. Bachfest 1914 et 1934 SCHNEIDER, Charles : Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève  1942. Pages 119/120
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 204, 246
Édition américaine (traduction de E. Neumann). D’après l’édition allemande de 1911
Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. V
olume I, page 250. Volume II, pages 100, 375, 380, 385 et 465 SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume III, pages 97 et 287
SUZUKI, Masaaki : Notes de la production. Notice dans le volume 31 de l’enregistrement Suzuki. 2006. VIGNAL, Marc : Les Fils de Bach. Les chemins de la musique. Fayard. 1997. Pages 67/68
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WHITTAKER , W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, pages 271, 275, 277/278, 298, 478 et 484 à 497
[Cette notice est parmi les plus longues que Whittaker a consacré aux cantates de Bach…14 pages !]
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. volume 10. 2000
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 200 à 202
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 83, pages 156/157
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 101

BACH CANTATAS WEBSITE :
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Sept références (Aryeh Oron, février 2002 à novembre 2010) + 3 références de mouvements individuels (avril 2002 à novembre 2010).

Exemples musicaux : Aryeh Oron (avril 2003 à janvier 2005).
BRAATZ (6 août 2002) : « C’est une honte qu’avec quatre enregistrements disponibles, aucun chef n’ait choisi de produire la version originale du deuxième mouvement avec flûte traversière au lieu du violon ». Thomas Braatz a été entendu puisque en 2004, Masaaki Suzuki a utilisé la flûte traversière dans son enregistrement (volume 31).

6] GARDINER (volume 5). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Dom Braunschweig (D), 27 août 2000
CD SDG 147. 2008. Avec cantates BWV 178, 45, 46, 136 et 102
L’enregistrement vidéo de cette cantate a été assuré par la NDR et diffusé sur la chaîne franco-allemande « Arte » en novembre 2000
*1] HARBISON, John. Cantata Singers & Ensemble. Enregistré (une première mondiale ?) à l’Emmanuel Church de Boston (USA) en 1973. Durée : 29’53.
Disque Advent Corporation RD-1015 et reprise CD, ca ? Avec les cantate BWV 7 et 44

3] HARNONCOURT (volume 25). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. 1980. Durée : 24’01
Disque Teldec 6.35443-00-501-503 (SKW 25/1-2). Volume 25
CD Teldec 4509-91760 2. Das Kantatenwerk -Sacred Cantatas. Volume 6. Coffret de six CD. Cantates BWV 100 à 117
CD. Teldec 8 35443 - 242 584-2. volume 25. 1980-1989
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprises CD Warner Classics 8573 81179-5 (en CD séparés, volume 31). 2007. Avec les cantates BWV 100 à 102
4] KOOPMAN (volume 10). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Durée : 27’30
CD Erato 8573-80220-2. 2000. Reprise CD Antoine Marchand. Challenge Classics. Avec les cantates BWV 20 et 2
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Juin et juillet 2000. Durée : 25’33
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics – Bayer Records. Volume 20 - cantates, volume 11. Eglise Saint-Nicolas, Elburg (NL).
Avec les cantates BWV 127, 95 et 124
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 21/97. Avec les cantates BWV 127, 95 et 124
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Octobre, novembre 1979. Durée : 24‘
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98708. 1980. Avec la cantate BW 107
CD.
Die Bach Kantate. (volume 47). Laudate. Hänssler Classic. 98.809. 1979-1991. Avec les cantates BWV 102 et 77

CD. Hänssler Edition bachakademie (volume 32). Hänssler-Verlag 92.032. 1999
7] SUZUKI (volume 31). Bach Collegium Japan. Concerto Palatino. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Septembre 2004. Durée: 26’15.
CD BIS-SACD-1481.
2006. Distribution en France, juin 2006. Avec les cantates BWV 91, 121 et 133



MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 101
M-1. Mvt. 2] William H. Scheide. Bach Aria Group. Disque MGM. Début des années 1950
M-2. Mvts. 1 et 7] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Début des années 1950 ou 1960. Disque puis CD
Baroque Music Club « Soli Deo Gloria », volume 7
M-3.Mvts 1, 5 et 7] Ernest Ansermet. Chœur Pro Arte de Lausanne. Orchestre de la Suisse Romande. Genève, 30 août 1968.
Disque Decca London OS 26098. Reprise en coffret de deux CD Decca « Eloquence 480027


DIVERS 
DUFOURQ : pas d’enregistrements anciens de la cantate. Le choral Vater unser im Himmelreich, page 247. 78 tours, Victor 17333, sans nom de l’interprète ?


C . Role. Janvier 2011

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Last update: January 7, 2011 17:30:00