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C. Role. Avril  2011
CANTATE BWV 97
IN ALLEN MEINEN TATEN
Dans tous mes actes…
CANTATE OHNE BESTIMMUNG

Cantate sans destination connue
Leipzig, 1734 (cinquième dimanche après la Trinité, juillet 1734 ?)… 1742   
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur → (a moll) = la mineur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur → (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi Es = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur. (g moll) = sol mineur
GB = Grande Bretagne = Angleterre
(H) = Si → (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition autographe originale
Ost = Original Stimmen = Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident » remarquable.


DATATION BWV 97

Leipzig, vers 1734.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 595/596] : «…Opinions émises par certains spécialistes (Schering, en particulier) selon lesquelles les cantates BWV 9, 93, 97, 99, 100, et 111 pourraient avoir été utilisées lors d’un service liturgique lié à une célébration de mariage…»  [volume 2, pages 255 et 458] : L’auteur précise : novembre 1734 [?]… avant ou après 1742 pour une seconde et troisième exécution…
BCW : Première exécution à Leipzig 1734 ? 2e exécution vers 1735-1740. 3e exécution vers 1740-1747 ?
[La théorie liée aux travaux de Wilhelm Rust (1875) pour le compte de la BGA que la cantate BWV 97 pourrait avoir été conçue dès l’époque de Weimar alentours 1716 puis reprise avec de nouveaux aménagements en 1734 ne paraît pas avoir trouvé d’écho chez les musicologues contemporains…et même Spitta].
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 218/219] : « Cantate tardive sans destination connue. La cantate BWV 97 paraît être l’une de ces trois ou quatre cantates complémentaires sur MDC (mélodie de choral) qui auraient pu, dans l’esprit de Bach, terminer un « cycle théorique ». Or en 1724, année des cantates sur mélodie de choral, il n’y eut pas de vingt-sixième dimanche après la Trinité. Bach aurait-il pu écrire plus tard une cantate s’adaptant à la liturgie de ce jour ? En effet, l’Évangile de ce dimanche parle de la venue du Fils de Dieu (Parousie). Bach n’aurait-il pas eu l’idée de souligner cette venue royale par une ouverture à la française et une mélodie de choral (MDC), « O Monde, je dois te quitter ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1328] : «…l’autographe porte la mention de l’année 1734 et la copie des parties séparées prise par Penzel porte la mention « Dom :V p. Trinitat », ce qui signifie cinquième dimanche après la Trinité. Cela pourrait vouloir dire que la première exécution aurait eu lieu le dimanche 25 juillet 1734 ».
DÜRR. Chronologie pour l’année 1734.
FINSCHER : « La cantate BWV 97 porte dans l’autographe la date de l’année 1734. On a donc affaire à une cantate extrêmement tardive, dont la destination liturgique nous est entièrement inconnue…»
HIRSCH : Classement CN 196 = numérotation chronologique (Die chronologisch Nummer). Cantate-choral.
LEMAÎTRE : «  La destination de l’œuvre reste inconnue et sa date de conception relève du domaine de l’hypothèse. Certains spécialistes avancent qu’elle aurait pu voir le jour à l’époque de Weimar…»
MACIA [Tout Bach, pages 167/168] : «…Quel travail assumé par Bach pour valoriser un bien prosaïque cantique ! En tout cas, pas mécontent, il reprit l’œuvre en 1735 et 1747, avec quelques changements de détail » . 
NEUMANN : 1734, date autographe.
SCHMIEDER : Ne donne aucune date…
SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète", page 193]  : « Les cantates-choral de 1728 à 1734… Date incertaine… dans la cantate BWV 97, par exemple, on croit saisir des traces qui prouvent que cette oeuvre comme d’autres remontent en partie à des compositions de Weimar ou Cöthen…»
SPITTA [Johann Sebastian Bach. Volume 2, page 456] : « La cantate fut donnée par Bach en 1734 mais on ne sait pas pour quelle circonstance ».
[Volume 2. Appendix n° 49, pages 703 à 705] : « La partition autographe de « In allen meinen Thaten ». Publiée par la BG., XXII., n° 97, elle est la propriété du professeur Rudorff, von (de) Lichterfelde, à côté de Berlin [de quelle partition s’agit-il ? Voir ci-après Hoffman/BCW]. Elle consiste en six feuilles et le titre sur la couverture est de la main d’Anna Magdalena Bach. Le filigrane aux « Sauvage et trois sapins » est seulement visible sur la couverture et sur les deux premières feuilles, les autres étant sans filigrane. Les quatre feuilles contiennent l’ensemble de la cantate en plus de l’ouverture [1]. Non seulement le papier en est différent mais les portées ont été tracées avec une petite règle et différents types d’encre ont été utilisés. On ne peut déterminer en dépit de ces petites différences pourquoi la plus grande partie de l’ouvrage a été rédigée plus tard [séparément] que le début…Il est possible qu’à l’origine une composition différente se plaçait après le chœur d’ouverture [1], trop courte cependant pour constituer une cantate complète. La vérification des parties originales conservées à la Thomasschule montre de façon hautement probable qu’une transformation de la cantate a eu lieu, seul le chœur d’ouverture ayant été conservé. Ces parties séparées furent copiées au début de 1735, le filigrane des années 1723-1727 étant seulement visible aux parties de la basse et du ténor. Bach vraisemblablement utilisa pour elles du papier vierge provenant de celui encore disponible du manuscrit original. …Avant que l’autographe de la partition de cette cantate ne fut connu, W. Rust [de la BG.] émettait l’opinion que c’était une œuvre antérieure, peut-être de la période de Weimar. Et il se pensait justifié, en dépit de ce que la partition portait à la fin, de la propre main de Bach, les mots « Fine. S.D.Gl. 1734 »…. les remarques de Rust à propos du style [de la cantate] ne peuvent non plus convaincre. C’est précisément dans le premier mouvement [chœur 1] que j’ai constaté la nature et l’évolution de la maturité artistique de l’œuvre, par comparaison avec ce que nous connaissons de celles de Bach à Weimar, une évolution qu’il n’avait pas encore atteinte [à l’époque de Weimar]…» La date de la partition, de la main du maître [Bach], la forte ressemblance de cette œuvre avec d’autres [cantates] de la même période [1734] ainsi que les filigranes, tout concourt effectivement à assigner à la cantate « In allen meinen Thaten » l’année 1734, ce que les arguments, a contrario, de W. Rust, ne peuvent infirmer ». WOLFF : «…Sans désignation liturgique, bien que la partition originale de Bach comporte non seulement la date de 1734 mais encore, à la tête du mouvement 7, l’inscription (quoique raturée) « après un mariage ». L’œuvre doit donc originellement avoir été destinée à un mariage avant que Bach ne l’adapte pour un autre usage. Une copie issue du cercle de la Thomasschule de Leipzig assigne la cantate au cinquième dimanche après la Trinité…»


SOURCES BWV 97

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR  
The New York Public Library, Research Libraries, Music Division, JOG 71-6.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 34] : « La partition à New York, à la « Public Library ».
[volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
[Volume 1, pages 59 à 61] : Liste des cantates copiées par le chef de chœur de la Thomasschule (juillet 1756 puis cantor en septembre 1756, Christian Friedrich Penzel (1737-1801). La copie de la cantate BWV 97 est datée du 15 juin 1761 ». [serait-ce la référence P 1029 M. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek ?]
BGA (Wilhelm Rust. 1875).  La partition originale est en la possession de M. Locker à Londres. En 1820 elle appartenait à M. Humpff à Leipzig. Titre pris à l’ancienne couverture, de la main de Bach : N° 71 (encre noire) – 6/20 (encre rouge) – In Allen meinen Thaten p. (encre noire). | a | 4 Voci | 2 Hautb | 2 Violini | Viola | Continuo ». Texte complété par une main inconnue « 6/20 di J.S. Bach ». A la fin comme d’habitude « SDG » et l’année : « 1734 ».
D’après BCW ce fut la famille Bliss & Herter (Londres) qui fit le don de l’autographe à la Bibliothèque publique de New York.
HERZ : Date non précisée mais située par Spitta, vers 1734. Le ou les copistes sont ceux ayant ceux servi Bach dans les années 1730-1740. Plusieurs filigranes (ceux vus par Gerhard Herz à New York) = MA (taille moyenne) et celui apparu sur le papier à musique à partir de 1734 : « ZVM » (une couronne et un cor de postillon avec les lettres « ZVMILIKAV ».
HOFFMAN [BCW, Discussion : Part 2. 5 octobre 2008] : « Manuscrit autographe ayant appartenu au collectionneur Franz Hauser [1794-1870. Musicologue, l’un des fondateurs de la BG]. – Penzel effectua une copie d’après l’autographe ainsi qu’un jeu de parties séparées, à Merseberg en 1767 ]. [La date « 1767 » diffère de celle donnée par Alberto Basso].
A la suite, l’auteur propose la genèse « inédite (rédigée en 1994) de la cantate BWV 97 : « Celle-ci a pu être élaborée en trois étapes : La première : « A partir de Pâques 1725, au cours de la composition du cycle de cantates-choral. Le chœur d’ouverture [1] et l’aria de basse [2] sont les plus anciennes parties ; cycle 1724-1725, peut-être exécutés pour le dimanche Exaudi du 13 mai 1725… »
La deuxième étape, entre l’Avent 1730 et la Trinité 1731. Avec les mouvements 3, 4, 5 et 8, mouvements probablement composés après 1725 et exécutés –peut-être- entre le 26 mars et le 13 mai 1731, à Pâques… »
La troisième étape. Bach reprend et complète la cantate BWV 97 avec la révision des deux premiers mouvements, remaniement du n° 4 et composition nouvelle des n° 6 et 7 et d’un nouveau choral final [9]. C’est peut-être cette dernière version qui aurait été présentée le dimanche Exaudi, le 22 avril 1735……dans une forme définitive… 1734-1735.
Spitta a déterminé que la partition autographe avec six feuillets et le titre à la couverture étaient de la main d’Anna Maria Bach [il a souvent été noté, par ailleurs, que l’écriture d’Anna Magdalena a eu tendance, au cours des années, à s’identifier passablement avec celle de Jean-Sébastien…] …Le filigrane de 1734 ne se trouve que sur la couverture et sur les deux premiers feuillets. Le papier, l’encre et le traçage des portées sur les quatre derniers feuillets sont différents des deux premiers. Spitta a également examiné les parties séparées conservées [un temps ?] à l’Ecole Saint-Thomas. Il a conclu qu’il était hautement probable que ce travail [de composition] était un remodelage d’une cantate antérieure [ Weimar… Cöthen] avec seulement le premier chœur conservé.
Conclusion de l’auteur, Hoffman : « Mon point de vue, c’est que c’est probablement la dernière des cantates composée d’une série de 200 à 300…»
SCHMIEDER : La partition portant la date de 1734 était jadis en la possession de Mr. Locker à Londres et dernièrement connue comme celle de Miss Lillie Bliss à New York.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 64 B. Deutsche Staatsbibliothek Berlin (ex RDA).
BGA (Wilhelm Rust, 1875). Les parties séparées originales sont à la Bibliothèque Royale de Berlin.  
SCHMIEDER : 15 parties séparées partiellement autographes avec révisions, in 4°.

COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 1029 M. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem [copie de Penzel ?]
Stimmen 385 M. Deutsche Staatsbibliothek Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem [copie de Penzel ?]
WOLFF : «…Une copie issue du cercle de la Thomasschule de Leipzig assigne la cantate au cinquième dimanche après la Trinité ».

ÉDITION
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BGA. Jg. XXII (22e année). Pages 187 à 230. Préface de Wilhelm Rust (1875). Cantates BWV 91 à 100.
[La partition de la BGA est dans le coffret Teldec / Harnoncourt, volume 24. 1979].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I / BAND 34. KIRCHRNKANTATEN VERSCHIEDENER, TEILS, UNBEKANNTER BESTIMMUNG Bärenreiter Verlag BA 5062. 1986. Herausgegeben von Ryuichi Higuchi. 4 fac-similés. BWV 100 et 97.
BWV 97. Pages 199 à 238. Bl. 1r der Autographen Partitur (The New York Public Library, Research Libraries, Music Division, JOG 71-6).
Avec les cantates BWV 106, 157, 131, 192, 117, Anhang. 1, BWV 100, 244a.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5062 41. 1990. Ryuichi Higuchi.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext. Sämtliche Kantaten 14. Bärenreiter TP 1294. 2007. Serie I. Band 34. Kirchenkantaten verschiedenen (sans destination).
Herausgegeben : Ryuichi Higuchi.
Faksimile : BWV 131, 192, 117, 97, 100, 1045.
BWV 97. Pages 197 à 238. Bärenreiter-Verlag. Kassel.1986.
Anhang BWV 97. Organo d‘une reprise ultérieure. Pages 329 à 345.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 29487. Réduction chant et piano (Todt) = EB 7097.Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 2211. Copie de l’orchestre, des voix, de l’orgue et du clavier par Max Seiffert.
2011. Partition = P 4597. Réduction chant et piano (36 pages) = EB 7097. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4597.
CARUS. Die Bach Kantate (Reihen bei Carus). Partition, 80 pages (Partitur) = CV 31.097/00. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = 31.097/03. Partition d’étude (Studientpartitur) = 31.097/07. Partition du chœur (Chorpartitur) = 31.097/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = 31.097/09. Oboe I = 31.097/21. Oboe II = 31.097/22. Fagott = 31.097/23. Violon I et violon solo = 31.097/11. Violon II. = 31.097/12. Viola = 31.097/13. Violoncello et contrebasse = 31.097/14.
KALMUS STUDY SCORES. N° 832. Volume XXVIII. New York 1968. Avec les cantates BWV 98 et 99.


OCCURRENCE ou PÉRICOPE ? BWV 97

Sans destination particulière.
JORDAHN : «…La cantate acquit en outre une place fixe dans les multiples services religieux célébrés en grand nombre le dimanche et durant la semaine et notamment dans les vêpres, célébrées les jours de fête. Aux vêpres, on exécutait à nouveau la cantate qui avait été jouée le matin pendant l’office principal [A l’église Saint-Nicolas]. Précédée de plusieurs motets, elle était elle-même suivie du prêche et du Magnificat latin, celui-ci faisant appel aux instruments. Mais il pouvait aussi se produire que des cantates fussent exécutées à l’occasion de bénédictions nuptiales au cours de la « Brautmesse » (messe de mariage : cantates BWV 97, 100, 117, 192) ou encore à l’occasion de services célébrés à la mémoire d’importants personnages défunts (BWV 157)…»
WOLFF : «…Sans désignation liturgique. Les sources originales restantes montrent qu’il y a eu au moins deux représentations ultérieures de l’œuvre entre 1735 et 1747, pour lesquelles Bach exécuta plusieurs changements ».
Éventualité que cette cantate ait pu être exécutée pour le cinquième dimanche après la Trinité.
Épître : 1 Pierre 3, 8 à 15 [PBJ. 1783]. Texte invitant les fidèles à observer avec ardeur les différentes attitudes authentiquement chrétiennes, Amour, compassion, miséricorde et humilité. Le Seigneur a les yeux sur les justes... mais le Seigneur tourne sa face contre ceux qui font le mal...
Évangile : Luc 5, 1 à 11 [PBJ. 1542]. La pêche miraculeuse de Simon-Pierre. Appel pressant à s’en remettre à la toute puissante grâce céleste.
Pour le rite romain, ces lectures étaient faites respectivement les 4e et 5e dimanche après la Pentecôte. La liturgie soulignait le double aspect terrestre et céleste, de la vie de l’Église en ce monde.

EKG. 5. Sonntag nach Trinitatis.
Entrée : Luc 9, 62 [PBJ. 1554]. Exigence de la vocation apostolique. Le psaume 27 [PBJ. 823]  La foi intrépide en Dieu.
EKG 206 : Prié, aimé et remercié soit le Seigneur Dieu.
Épître : I Pierre 3, 8 à 15.
Évangile : Luc 5, 1 à 11.
Pour la même occurrence, voir la cantate BWV 88 (21 juillet 1726). Alberto Basso donne également une cantate perdue identifiée XXXVII.

GARDINER : «…Certains [musicologues] seraient d’avis que cette cantate à l’instar des trois œuvres tardives de type cantate-choral, BWV 100, 117 et 192 auraient d’abord vu le jour, telle une cantate de mariage ».
MACIA [Tout Bach, page 167] : «…Une mention à la tête du septième mouvement indique « après un mariage », mais a été raturée. C’est pourquoi certains musicologues émettent l’hypothèse qu’il s’agit de l’adaptation d’une cantate de mariage plus ancienne, datant peut-être de Weimar, mais rien de solide ne vient l’étayer…».
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 242] : «…le type d’ouverture utilisé dans le chœur d’entrée de la cantate BWV 97, fait qu’il est probable qu’elle soit basée sur une cantate de Weimar ou de Cöthen…»


TEXTE BWV 97

Paul Fleming (1609 † Hambourg, 1640). Docteur en philosophie, médecin…et poète , il participe à des ambassades en Russie et en Perse.
On rencontre parfois le vocable « Flemming ».
Neuf strophes (de six vers chacune) du cantique (1633-1642) In allen meinen Taten - En toutes mes actions » publié à Lübeck en 1642.
Cinq strophes de ce cantique sont reprises intégralement dans la cantate BWV 97 ; la strophe neuvième a passé, à l’identique (texte et mélodie), dans les cantates BWV 13/7 (1726) et BWV 44/7 (1724) et BWV 367.
In BCW,Thomas Braatz (12 mars 2001) donne le texte des six strophes complémentaires.
Renvoi à EKG 292 In allen meinem Taten. Les neuf strophes de Paul Fleming, plus les six strophes ajoutées sur la mélodie O Welt ich muß dich laßen,
Dans la cantate BWV 97, la mélodie sur O Welt ich muß dich lassen n‘apparaît principalement que dans les mouvements 1 et 9 mais elle fait l‘objet de citations passagères dans les mouvements 2, 4 et 6.
Sur des textes du poète Paul Gerhardt, la mélodie est présente dans la Passion selon saint Matthieu BWV 244/10 et 37 et la Passion selon saint Jean BWV 245/11 ainsi que dans les chorals à quatre voix BWV 394 et 395..
BCW : Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : J. H. Schein; G. F. Kauffmann; G. Ph. Telemann (cantate du même titre „In allen meinen Taten, TWV 1: 928) ; J. G. Walther; J. L. Krebs; J. F. Doles,; Franz Liszt; Johannes Brahms, etc.
BOMBA : «…Tous les neuf numéros reprennent sans en avoir modifié la teneur, les strophes du choral de Paul Fleming – ce qui est inhabituel puisque Bach ne conservait d’habitude dans ses cantates-chorals le texte original que dans les mouvements extrêmes et qu’il confiait à ses librettistes le remaniement et la paraphrase des mouvements intérieurs ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1328] : «…Ce cantique se chante sur la célèbre mélodie du choral O Welt, ich muss dich lassen… empruntée à la chanson [profane] de Heinrich Isaac [vers 1450] Innsbruck, ich muss dich lassen. Ce même choral sous l’appellation donnée par la BGA « Nun ruhen, alle wälder », accompagne le plus souvent le cantique du même nom de Paul Gerhardt qui se retrouve dans la Passion selon saint Matthieu…. Ce poème est entièrement écrit à la première personne et non pas au nom de la communauté des chrétiens. C’est donc précisément un Ichlied, un chant personnel où s’exprime l’individu [c’est ce qu’on retrouve couramment dans le psautier].
FINSCHER : «…Bach a mis le cantique en musique tel quel, « per omnes versus », mais n’en a utilisé la mélodie que dans le chœur d’entrée et dans le choral final. On est frappé par le nombre réduit de récitatif (2, pour quatre airs et un duo), mais cela s’explique par la réelle impropriété du ton récitatif pour exposer des strophes de cantique. L’aridité de pensé » et la pauvreté en images du texte ont confronté Bach à des problèmes particuliers, qui trouvent leur solution dans un déploiement exceptionnel de moyens compositionnels et surtout dans un symbolisme dissimulé, qui ne se révèle qu’à une étude précise de la partition…»
HOFFMAN, W. [BCW, Discussions : Part 2, le 5 octobre 2008] : « Le sujet principal de la cantate BWV 97 est la « soumission et l’humilité ». Dans de telles circonstances, aucune joie n’est autorisée à être exprimée… Bach divise les strophes de six lignes de sorte que le chanteur répète les trois dernières lignes au lieu du da capo habituel ».
LEMAÎTRE : « La cantate s’appuie entièrement sur les neuf premières strophes de l’austère choral de Fleming qui ressemble à une profession de foi… » [l’utilisation du « Je » n’est pas étrangère à cette hypothèse].
MACIA [Tout Bach, pages 167/168] : « Beaucoup d’incertitudes persistent sur la destination de la cantate BWV 97… Certains avancent l’idée qu’il s’agissait du cinquième dimanche après la Trinité, mais le poème choisi n’a aucun rapport avec l’évangile de ce jour…»
WOLFF : «…La cantate est basée sur les neuf strophes du Lied du même nom de Paul Fleming (1642). Pourtant le contenu général du lied d’église ne se réfère pas spécifiquement à la lecture de l’Evangile du cinquième dimanche après la Trinité. Cela conduit à penser que Bach conçut cette cantate sans se référer spécifiquement au calendrier liturgique, peut-être pour un mariage particulier, mais en aucun cas avec l’intention de l’utiliser pour des occasions multiples ».


GÉNÉRALITÉS BWV 97

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 294 à 296]. «…Le texte très piétiste du cantique de Paul Fleming a pu servir des destinations fort diverses. L’importance de l’instrumentation, la solennité de l’ouverture à la française, le soin particulier confié au solo de violon au cours de l’aria n° 4, les parties indépendantes des cordes dans le choral final (n° 9) font penser que cette cantate dont l’autographe date de 1734 aurait été écrite pour une ou plusieurs solennités importantes ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1328] : «…Bach n’a utilisé la mélodie du choral que dans le premier chœur et dans le choral final [9]. Les sept autres morceaux…sont tous écrits sur une thématique originale… On peut aussi observer comment Bach procède à une amplification progressive, le premier air [1] étant écrit à deux parties, le second en trio et le troisième à cinq parties…»
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, note 178 de la page 368] : « A part ces cantates [dont BWV 51 et 34a] écrites pour des mariages, les BWV 194, 196, 197 comme BWV 120a conservé seulement en partie, avaient la même destination. Il se peut aussi que Bach ait employé dans ces occasions d’autres cantates dont le texte s’y prêtait, telles que les n° 97, 100, 9, 93, 99, 111, ou des chorals de mariage (BWV 250-252). Cf. Hudson, page 7.
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : « L’autographe de la partition… porte une date : 1734. Dans la préface de la première édition monumentale des œuvres de Bach, W. Rust avait pensé pouvoir suggérer que l’œuvre avait été composée dès l’époque de Weimar et que l’autographe était un arrangement ultérieur, mais les spécialistes actuels [écrit en 1976] ont pu démontrer que cette hypothèse n’était pas fondée. On peut donc être assuré qu’il s’agit d’une composition de la fameuse années des « oratorios » débutant avec l’Oratorio de Noël », c’est à dire d’une des étapes essentielles de l’évolution créatrice de Bach. L’ampleur de l’œuvre correspond à l’importance du cantique de Paul Fleming (1642) sur la fameuse mélodie médiévale Innsbruck ich muss dich lassen qui joue le rôle que l’on sait dans la Passion selon saint Matthieu. Dans la cantate BWV 97, cette mélodie n’est utilisée que dans la première et la dernière strophe, c’est à dire dans le premier chœur et dans le choral final » .
SMITH, Craig [BCW] : Cantate basée sur une suite de danses baroques….chaque aria, duo et chœur sont identifiés comme étant des mouvements sous la forme de suite… métriques 2/2, 6/8, 3/4, etc.
WOLFF : «…La forme musicale cantate-choral est conçue en sorte que Bach limite les apparitions de la mélodie du choral au premier et dernier mouvements, 1 et 9. Pas de référence à la mélodie du choral dans les autres mouvements…»


DISTRIBUTION BWV 97

NEUMANN. Solo : Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Oboe I, II ; Streicher ; B.c. (+ Fagot).
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe I, II; Viol. Solo; Viol. I, II; Vla.; Fagotti; Vcl e Violone; Organo e Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 463/464] : « les quatre arias sont disposées suivant la progression des registres vocaux, en allant du plus grave au plus aigu (basse-ténor-contralto-soprano) ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 59] : « Ajout de parties complémentaires plus complexes. Pour treize types [de choral] de type I, Bach prévoit des ajouts plus somptueux encore [que l’ajout d’une cinquième voix supplémentaire]. Il s’agit dans tous les cas de cantates festives importantes… Dans BWV 97/9, parties indépendantes pour deux violons et alti. Renvois aux cantates BWV 19/7, 29/8, 31/9, 69/6, 70/11, 91/6, , 105/6, 128/5, 130/6, 161/6, 195/6.
FINSCHER : «…Les airs se présentent dans un ordre ascendant de tessiture vocale (basse - ténor- alto-soprano et basse-soprano), les quatre premiers étant en outre conçus pour former deux groupes de tonalités opposés (sol mineur - si bémol majeur - ut mineur - mi bémol majeur)…. L’instrumentation, la technique compositionnelle et les modulations sont diversifiées avec extrêmement de soin et un grand souci du texte (encore que les rapports avec le texte soient souvent difficilement déchiffrables) ».
GARDINER : «…Il [Bach] spécifie de façon inhabituelle que l’orgue devra s’abstenir dans les mouvements 3, 4 et 7…»
HARNONCOURT : « Ici, comme dans d’autres cantates datant des années 1732 à 1734, l’orgue avait (du moins temporairement) à se taire. Cette mesure avait manifestement des raisons d’ordre pratique ou technique et on substituait alors à l’orgue un autre instrument polyphonique, par exemple le clavecin. Il ressort de révisions ultérieures des œuvres en question qu’on renonçait à ce procédé dès que le problème ne se présentait plus, c’est à dire qu’on avait de nouveau recours à l’orgue de bout en bout ; aussi est-on autorisé à voir dans le continuo d’orgue la solution correspondant à l’intention véritable de Bach…»
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 448] : «…le terme « tacet » dans nombre de mouvement de cantate (BWV 97, 99, 129, 139 et 177) ne signifie pas que l’orgue était silencieux mais que sa partie était réalisée au Grand orgue, comme une autre partie que celle de l’accompagnement ».


APERÇU BWV 97

1] CHORALCHORSATZ. BWV 97/1
Vers 1. IN ALLEN MEINEN TATEN / LAß ICH DEN HÖCHSTEN RATEN, / DER ALLES KANN UND HAT ; / ER MUß ZU ALLEN DINGEN, / SOLL’S ANDERS WOHL GELINGEN, / SELBST GEBEN RAT UND TAT.

Dans tous mes actes / je me laisse guider par le Très-Haut, / qui sait tout et possède tout ; / En toutes choses, / sinon elles tourneraient autrement, / lui seul doit nous fournir conseil et aide.

Strophe 1 du Cantique « In allen meinen Taten » de Paul Fleming (1642). Renvoi à EKG 292 
A l‘origine, la mélodie remonte au 15e siècle et fut adaptée par Heinrich Isaac (1450-1517) sous le titre d’une chanson profane Innsbruck, ich muß dich lassen. Sa version associée au nouveau texte (anonyme ?) « O Welt, ich muß dich lassen est publiée à Nuremberg vers 1555
Sous cette forme, la mélodie est présente dans la Passion selon saint Matthieu BWV 244, n°10 et 37, la Passion selon saint Jean, BWV 245/11. Renvoi également aux cantates BWV 13/5 et BWV 44/7 ainsi qu’aux chorals à quatre voix BWV 392 à 395.

Si bémol majeur (B-Dur), 95 mesures, C
BGA. Jg. XXII. Pages 187 à 209 | Cantate sur le cantique « in allen meinen Thaten (sic) du Dr. Paul Flemming (sic). | VERS I. | Cantate. | CHOR « grave ». | Oboe I. | Oboe II. | Fagotti. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano (NB. Der Cantus firmus « Nun ruhen alle Wälder »] | Alto. | Tenore. | Basso. | Organo. | Violoncello e Violone. Marqué « Vivace » à la mesure 14.
NEUMANN. Partie instrumentale indépendante avec ritournelle encastrée en forme d’ouverture à la française. Début marqué « Grave » [ouverture à la française] puis « vivace » [fugué] avec l’entrée du chœur (S-A-T-B) à la mesure 18.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 463/464] : « La page d’introduction est conçue comme une spectaculaire fusion entre « ouverture à la française » (grave instrumental), répétée deux fois, et vivace en style fugué avec intervention des voix)et motet sur cantus firmus, suivant un modèle déjà expérimenté dans BWV 75… la série des versets, au nombre de six, est revêtue de brefs autant que périlleux jeux en imitations, qui ne s’apaisent que dans le dernier d’entre eux, entonné homophoniquement ».
BOMBA : «…Un morceau aussi magnifique qu’énigmatique ! Bach ouvre cette cantate par une somptueuse ouverture à la française dans la deuxième partie de laquelle il introduit la première strophe du choral chantée par le soprano…» 
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 218/219] : « Élaboration de choral sur mélodie de choral (MDC) 090 de type II. Ritournelle d’orchestre indépendante en forme d’ouverture à la française, grave, allegro. Cantus firmus au soprano, imitations des autres voix, tous les instruments ». 
Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 294 à 296] : «…élaboration somptueuse où la mélodie de choral va être incrustée dans une ouverture à la française en deux parties seulement : grave et allegro (le grave initial n’est pas repris). Après l’introduction « grave » purement instrumentale, le cantus firmus s’immisce dans l’allegro par la voix du soprano, tandis que les trois autres voix du chœur s’appliquent à des imitations…[pages 380/381] : « L’ouverture à la française, avec ses rythmes pointés de marche solennelle et le souvenir de ce monde à quitter [O Welt…] paraît s’adapter aux péricopes de cette fête (du 26e dimanche après la Trinité) ».  
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1329] : «…façon d’une ouverture à la française… Ici, c’est apparemment, par les rythmes pointés du Grave initial, la majesté divine qu’il [Bach] veut évoquer…Cette introduction instrumentale est répétée, avant que n’éclate le mouvement rapide, Vivace, en style fugué. Entrée en fugato à trois parties, des hautbois avec les violons, d’abord, puis des altos…C’est ensuite le tour des voix, les trois voix d’accompagnement entrant de même, toujours en imitations, doublées par les instruments, tandis que, comme dans un motet, le soprano énonce la mélodie du choral en un cantus firmus très étiré… Après une reprise de la ritournelle, la seconde section de ce vivace, pour les périodes 4 à 6 [ligne 4 à 6 du choral], commence de façon semblable à la première… mais s’élargit peu à peu sur la dernière période et conclut en homophonie, avant la ritournelle conclusive ».
FINSCHER : «…Le chœur d’entrée est -fait absolument inhabituel - une ouverture française (Grave en rythmes pointés - vivace fugué), dont la forme, l’éclat vocal, instrumental et contrapuntique sont peut-être destinés à symboliser la majesté du « Très-Haut » qui « sait tout et possède tout »…»
MARCHAND [Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien, pages 327] : Mouvement d’ouverture correspondant exactement au nombre d’or (nombre des mesures divisé par 1, 618
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : «…ouverture à la française pour le premier chœur - deux séquences lentes et solennelles sur le rythme pointé caractéristique encadrant un mouvement central rapide dans le style fugué - mais cette fois - sans les attributs « royaux » de ce type musical, c’est à dire sans les trompettes et les timbales, mais avec deux hautbois ; on peut même souligner que par endroit les deux hautbois et la basse forment un trio « à la française ». La mélodie est chantée en valeurs longues par les sopranos ; les autres voix présentent des imitations dont le matériel thématique est emprunté aux parties instrumentales, de libre invention, sans rapport avec la mélodie. Cette partie chorale insérée dans le vivace central de l’ouverture se termine par une partie homophone, c’est à dire des accords verticaux…»
WOLFF : «…Le chœur à quatre voix, dont toutes les voix sont également utilisées en solo, est seulement accompagné de deux hautbois, cordes et continuo, ce qui renforce encore la possibilité d’une utilisation à plusieurs occasions plutôt qu’à une occasion particulière ».
[Ouverture dite « à la française. On la retrouve dans plusieurs cantates ; renvois aux cantates BWV 20, 110 et 119, par exemple].


2] ARIE, BAß. BWV 97/2
Vers 2. NICHTS IST ES SPÄT UND FRÜHE / UM ALLE MEINE MÜHE, / MEIN SORGEN IST UMSONST. / ER MAGS MIT MEINEM SACHEN / NACH SEINEM WILLEN MACHEN, / ICH STELLS IN SEINE GUNST.

Il n’est jamais trop tard ou trop tôt / pour tous mes efforts, / mes soucis sont inutiles. Il gouverne mes affaires / selon sa volonté, / Je bénéficie [variante : « je demeure en sa faveur »] de sa faveur.

Cantique de Paul Fleming. Vers 2.

Sol mineur (g moll), 96 mesures, 6/8
BGA. Jg. XXII. Pages 210 à 212 | VERS 2. | ARIE. | Solo. | Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Continuo manière d‘ostinato. Baß, B.c. Forme bipartite avec ritournelle.

BCW [Braatz – Oron] : Citation de la mélodie du choral dans la B.c  (mesures 18 à 21).
BOMBA : «…air revenant à la basse traitant un motif plein d’élan, tout en mettant le texte en relief…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1330] : «…simple duo entre le continuo qui énonce le motif, et la basse qui lui répond… Chacune des deux sections du texte fait l’objet de nombreuses répétitions …cheminement de la ligne vocale traduisant les efforts du fidèle… longue tenue sur « Ich stells – je demeure ».
GARDINER : «…La deuxième strophe est un lied proto-schubertien sur d’élégants rythmes à 6/8…» 
[figuralisme sur le mot „Sorgen – soucis“].
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : «…Les difficultés et les soucis de cheminement sur la terre dont parle le texte sont symbolisés par les intervalles inhabituels…les retards et les notes alternées altérant la tonalité pourtant déjà « sombre » de sol mineur…»


3] REZITATIV TENOR. BWV 97/3
Vers 3. ES KANN MIR NICHTS GESCHEHEN, / ALS WAS ER HAT ERSEHEN, / UND WAS MIT SELIG IST: / ICH NEHM ES, WIE ERS GIBET ; / WAS IHM VON MIR BELIEBET, / DAS HAB ICH AUCH ERKIEST.

Il ne peut rien m’arriver d’autre / Que ce qu’il a prévu / Et qui fait ma félicité : / Je prends tout comme il le donne ; / Ce qu’il daigne me destiner, / C’est aussi ce que j’ai choisi.

Cantique de Paul Fleming. Verset 3.

Mi bémol (Es dur) → ré mineur (d moll), 8 mesures, C
BGA. Jg. XXII. Page 212 | VERS 3. | RECITATIV. | Tenore. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Récitativ secco. Tenor, B.c.


4] ARIE TENOR. BWV 97/4
Vers 4. ICH TRAUE SEINER GNADEN, / DIE MICH VOR ALLEM SCHADEN, / VOR ALLEM ÜBEL SCHÜTZT. / LEB ICH NACH SEINEN GESETZEN [W. Neumann : 1642 = Sätzen. Recueil Vopelius = „seinn“], / SO WIRD MICH NICHTS VERLETZEN, / NICHTS FEHLEN, WAS MIR NÜTZT.

Je me fie à sa grâce, / qui me protège de tout dommage, / de tout mal. / Si je vis selon ses lois, / rien ne pourra me blesser, / rien ne me manquera de ce dont j’ai besoin.

Cantique de Paul Fleming. Vers 4.

Si bémol (B dur), 61 mesures, C
BGA. Jg. XXII. Pages 213 à 217 | VERS 4. | ARIE. « Largo ». | Violino solo. | Tenore. | Organo e Continuo. Dal Segno (reprises des mesures 2 à 9 du prélude instrumental).
NEUMANN. Tenor, Violine, B.c. Ritournelle.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 464] : «…aria qui confie à un violon solo un rôle insolite, en l’employant non seulement en de fantasques séries de notes en valeurs réduites, mais encore sur des passages rythmiques fortement syncopés, mouchetant tout le discours de passages polyphoniques (pour la plupart bicordes) suivant une technique propre aux sonates pour violon seul [+ Exemple musical pris aux mesures 34 à 36].
BCW [Braatz – Oron] : Citation de la mélodie du choral dans la partie de violino solo (mesures 1 et 2) et de ténor (mesures 13 et 14).
BOMBA : «…air de ténor, une voix menée en virtuose par le violon soliste dont le motif de départ ressemble au début, transformé en tonalité majeure, de « Erbarme dich » de la Passion selon saint Matthieu. Les mots comme « Schaden – préjudices » et « Übel - mal » sont interprétés par des harmonies, l’attribut globalisant « allemtous », par de larges vocalises, « Lebenla vie » par un ton tenu. Y avait-il une raison particulière pour distinguer de la sorte un violoniste ? »
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1330] : «…une joie irradiante, céleste… dans un tempo marqué largo, se manifestant en d’interminables volutes, aussi bien au violon solo qu’au soliste ténor…l’expression est très intense, dans les écarts de la ligne vocale contrastant avec des tenues extatiques, des affirmations répétées, comme « nichts, nichts », ou la suspension dans le silence sur « verletzen –me blesser ».
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : «…violon solo très virtuose… l’exubérance du violon soliste peut s’expliquer par le texte chanté louant la surabondance de la grâce divine ; la tonalité claire de si bémol rend bien l’accent de confiance « J’ai confiance en ta grâce ».
GARDINER : «…La quatrième strophe est un air étonnant pour ténor, pourvu de l’un des obbligato de violon parmi les plus élaborés de toutes les cantates, avec la panoplie de rigueur : figurations virtuoses, jeu en doubles-cordes largement déployé, triples et quadruples accords… exclamations syncopées sur le mot « nichts ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bachla formation des motifs, page 114] : «…les adverbes « genug », [et ici dans la cantate BWV 97] « nichts – rien » sont fréquemment isolés du reste de la ligne mélodique, comme pour marquer ce qu’il y a de définitif dans leur signification « . [+ Exemple musical, BG. XXII, page 215].
[L’orchestration, page 214] : Le violon : «…Le solo de violon exprime… le rayonnement de la grâce de Dieu, qui protège contre tout dommage. On y trouve une ressource particulière de virtuosité, l’emploi de la double corde qui ajoute, ici, aussi bien à la sonorité qu’à l’expression ».
ROMIJN : «…Le violon solo joue un rôle primordial, dans « Ich traue seiner Gnaden », Bach lui confie une partie puissamment expressive et pourtant virtuose, chargée de doubles-cordes et de traits rapides ». [+ Exemple musical sur la partie de violon solo, début du Largo, BG. XXII, page 213].
SCHWEITZER [J.-S. Bach | Le musicien-poète, pages 255/256] : « Le langage musical des cantates : Pour traduire la joie-extase, Bach, renonçant à tout thème précis, s’exprime par des espèces d’arabesques qui planent rêveuses au-dessus des harmonies… L’accompagnement du violon-solo… C’est un violon solo qui traduit la belle strophe « C’est à sa bonté que je me fie…» Renvoi à la cantate BWV 86/2.
[Mélismes sur les mots traue –je me fie“ et „allem shaden – de tout mal“].


5] REZITATIV ALT. BWV 97/5
Vers 5. ER WOLLE MEINER SÜNDEN / IN GNADEN MICH ENTBINDEN, / DURCHSTREICHEN MEINE SCHULD ! / ER WIRD AUF MEIN VERBRECHEN / NICHT STRACKS DAS URTEIL SPRECHEN / UND HABEN NOCH GEDULD.

Qu’il veuille dans sa grâce / me décharger de mes péchés, / effacer ma faute ! / Il ne rendra pas sur le champ / le verdict pour mon crime / et se montra encore patient.

Cantique de Paul Fleming. Verset 5.

Sol mineur (g moll) → ut mineur (c moll), 8 mesures, C
BGA. Jg. XXII. Page 217 | VERS 5. | RECITATIV. | Violino I. | Violino II. | Viola; | Alto. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Recitativ „Accompagnato“. Alt, Streicher, B.c.

MINCHAM [BCW] : «…Les cordes accompagnent [la voix] avec des accords soutenus, bien qu’à deux reprises, au milieu et à la fin de ce récitatif, elles jouent en croches « staccato ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien BachLe commentaire de l’accompagnement instrumental, page 192] : «…quand il est question de péché…[ici le mot « Sünden »] l’orchestre ou la basse continue accentuent, d’un accord dissonant, la parole émouvante ».


6] ARIE ALT. BWV 97/6
Vers 6. LEG ICH MICH SPÄTE NIEDER, / ERWACHE FRÜHE WIEDER, / LIEG UND (Oder) ZIEHE FORT, / IN SCHWACHHEIT UND IN BANDEN, / UND WAS MIR STÖßT ZUHANDEN, / SO TRÖSTET MICH SEIN WORT.
Aussi bien à l’heure tardive où je me couche : Qu’à mon réveil matinal, / que je repose ou que je sois en demeure de partir, / en proie à la faiblesse et dans les chaînes, / quoiqu’il puisse m’advenir, / sa parole me réconforte.

Cantique de Paul Fleming. Verset 6.
[Ce texte n‘est pas sans rappeler celui du psaume 4, 9 : « En paix, sitôt couché, je m‘endors; car toi seul, ô Yahvé, m‘établis en sécurité»

Ut mineur (c moll), 65 mesures, C
BGA. Jg. XXII. Pages 218 à 221 | VERS 6. | ARIE. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Alto. Marqué « solo » | Organo e Continuo. Marqué « Organo piano sempre »
NEUMANN. Alt, Streicher, B.c. Forme bipartite avec ritournelles.

BCW [Braatz – Oron] : Citation (incipit) de la mélodie du choral au violino I (mesures 1 à 4).
Les même auteurs [BCW : exemples tirés de la partition] montre les deux brefs motifs instrumentaux (notamment aux Vl. I et Vl. II, préfigurant les situations sur « où je me couche, motif descendant, l’autre, s’enchaînant en montant sur « mon réveil matinal », deux motifs qui se retrouvent par la suite dans la partie d’alto (par exemple aux mesures 9 et 10).
BOMBA : «…L’air d’alto…. trouve des motifs très parlants pour les mots « Niederme couche » ou « Erwacheme réveille ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1330] : «…écriture à cinq parties… Le texte provoque… des images simples : une phrase descendante sur une octave pour le sommeil tardif, à laquelle en répond une autre prenant son essor pour le réveil matinal, double image déjà présente dans la ritournelle. De même , « lieg – que je repose » et « ziehe fort – que j’aille »…»
FINSCHER : «…air d’alto avec tutti de cordes (ton typique de l’air du sommeil, pourvu d’images antithétiques -sommeil et réveil , repos et départ, faiblesse et réconfort)…»
GARDINER : «…pathos affirmé, rythme haletant répondant aux différentes actions de se coucher, se réveiller, s’allonger, se mettre en chemin…»
MACIA [Tout Bach, pages 167/168] : «…Le tutti des cordes accompagne le récitatif [5] et l’aria d’alto [6] qu’on peut assimiler à un « air de sommeil » d’opéra, car le texte évoque les moments du coucher et du lever, où la parole de Dieu réconforte le chrétien ». 
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 65] : «…Pour un accent mélodie émouvant, il [Bach] sacrifie de bon gré l’élément descriptif, et il renonce au jeu familier des démonstration. Ainsi, dans l’air d’alto, ce n’est pas seulement l’épuisement de l’âme lasse qu’il imite en une suite de notes défaillantes, c’est aussi le regret de sa vigueur évanouie qu’il exhale en gémissements. Et nous y trouvons ainsi, pour le mot « Schwachheit – faiblesse », trois motifs différents, qui n’ont de commun que leur amertume [+ Exemple musical sur « Schwachheit ». BG. XXII, page 218].
PIRRO [J.-S. Bach, page 143/144] : « La cantate BWV 97 où le premier chœur est en forme d’ouverture française et où l’on trouve un admirable air d’alto…»
SCHWEITZER [J.-S. Bach | Le musicien-poète, page 244] : « Les motifs de l’apaisement…Bach traduit par un thème tellement caractéristique les mots « se coucher », « se relever », qu’il semble qu’il ait voulu faire violence aux moyens d’expression de son art » [+ Exemple musical]. Renvoi aux cantates BWV n° 39/1 et BWV 109, BWV 95, etc.
SCHWEITZER [J. S. Bach, pages 244/245] : «…Le texte de l’aria dans la cantate BWV 97 est exprimé par un suggestif motif de plongée et de remontée [coucher - lever] ». [+ Exemple musical].


7] ARIE (DUETT), SOPRAN, BAß. BWV 97/7
Vers 7. HAT ER ES DENN BESCHLOSSEN, / SO WILL ICH UNVERDROSSEN / AN MEIN VERHÄNGNIS GEHN ! / KEIN UNFALL UNTER ALLEN / SOLL MIR [W. Neumann - R. Wustmann : Ost = „wird“ ou „soll“. Recueil de Vopelius = „wird“] “] ZU HARTE FALLEN, / ICH WILL IHN ÜBERSTEHN.

S’il en a ainsi décidé, / je veux sans dire mot / courir à un sort néfaste ! [ma perte] / Nulle épreuve, parmi toutes les vicissitudes, / ne me sera trop dure, / j’en réchapperai.

Cantique de Paul Fleming. Vers 7.

Mi bémol (Es-dur), 101 mesures, 3/4
BGA. Jg. XXII. Pages 222 à 225 | VERS 7. | DUETT. | Soprano. | Basso. | Organo e Continuo. Dal Segno (reprise du prélude instrumental aux mesures 2 à 8).
NEUMANN. Sopran, Baß, B.c. Libre da capo (reprise instrumentale). Partie B : „kein unfall unter allen – nulle épreuve parmi toutes…“

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 463/464] : «…la même forme bipartite (AA) est appliquée dans toutes les arias, cependant que le duo est le seul à adopter la forme plus habituelle, avec da capo, encore que librement conçue (ABA’) ».
BOMBA : «…Le duo semble vouloir poursuivre l’opposition entre « er il » et « ichje » en transcrivant le texte à deux personnes différentes…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1331] : «…Le duo revient à une écriture simple, épurée, puisque les deux solistes n’y sont accompagnés que du seul continuo qui se contente de marquer la pulsation du discours en croches, tous les demi temps… Cette basse est dotée d’une articulation bien spécifiée par Bach, notes liées et notes piquées en opposition…vive animation de ce contrepoint, dans une régularité rythmique obsessionnelle ».
FINSCHER : «…Duo avec accompagnement de la seule basse générale…(les parties chantées y sont traitées dans une large mesure en canon : le décret de Dieu est considéré comme la loi du comportement humain) ».
MACIA [Tout Bach, page 168] : «…Seul le duetto est de forme da capo… Le duo n’est accompagné que par le continuo, les voix étant traitées en canon pour symboliser l’opposition entre de décret divin et le comportement humain ».
[figuralisme sur les mots « mein Verhängnis gehn – courir à ma perte ».
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : «…un duo pour soprano et basse qui n’adopte pas la division bipartite des mouvements précédents : c’est un libre da capo ABA en mi bémol dont la partie centrale plus énergique et mouvementée exprime bien l’idée du texte… on voit… que la partie de soprano (l’âme) suit la voix de Dieu par la foi (basse)…»
 

8] ARIE SOPRAN. BWV 97/8
Vers 8. ICH [variante BGA : Ihm] HAB ihm [variante BGA : ich] ICH MICH ERGEBEN / ZU STERBEN UND ZU LEBEN, / SOBALD ER MIR GEBEUT. / ES SEI HEUT ODER MORGEN, / DAFÜR LAß ICH IHN SORGEN ; ER WEIß DIE RECHTE ZEIT.
A lui je me suis livré / pour la mort et pour la vie, / en toute soumission. / Que ce soit aujourd’hui ou demain, / je lui en laisse le souci ; / Il connaît l’heure opportune.

Cantique de Paul Fleming. Verset 8.

Fa (F Dur), 100 mesures, 2/4
BGA. Jg. XXII. Pages 225 à 229 | VERS 8. | ARIE. | Oboe I. | Oboe II. | Soprano. | Organo e Continuo. (avec reprise des mesures instrumentales 2 à 17).
NEUMANN. Forme de quatuor : Sopran, 2 Oboen, B.c. Forme bipartite, avec ritournelle (hautbois).

BRAATZ [BCW : exemples tirés de la partition] : l‘illustration contrastée entre les mots « sterben – mourir » (notes tenues) et « Leben – vivre » (quadruples croches).
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1332] : «…La charmante ritournelle des deux hautbois révèle rapidement son ambiguïté et sa complexité, avec le heurt de figures rythmiques en doubles croches, en triolets de doubles croches et en triples croches, additionnées d’échos, trahissant une instabilité confinant par moments à l’angoisse. La longue tenue dans le grave de la tessiture sur le mot « sterben – mourir » n’en ressort qu’avec plus de force, et plus encore la phrase qui soutient le mot « sorgen – prendre souci », tenue entrecoupée de petites vocalises en sextolets avant de retomber…»
FINSCHER : «…air de soprano avec hautbois concertants (ton et structure) d’une sensibilité étonnement modernes, si l’on fait abstraction du symbolisme modal et des détails picturaux - faut-il comprendre « ihm hab’ ich ergeben - comme un chant d’amour à Jésus ? 
MARCHAND [Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien, pages 336] : Analyse de ce morceau ABA’…. nombre d’or approximatif …
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : «…La huitième strophe, un quatuor pour les deux hautbois, le soprano et la basse continue en fa majeur est empreinte d’une simplicité rappelant le lied : ‘Je m’en suis remis à lui ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - La traduction du texte, pages 271/272 ] : «…D’ailleurs, bien des vocalises peuvent se dérouler sur les voyelles favorables… qui ne reconnaîtrait la justesse de ton, la mélancolie monotone, pesante de ces vocalises sur « Sorgen » ? La voyelle « o », sur laquelle elles flottent ou s’abattent, en facilite certes le sombre épanouissement, mais elle ne les aurait sûrement pas suscitées, si le sens du mot, et sa place dans la phrase n’avaient permis à Bach d’offrir, non un exercice pour le chanteur, mais une image dans le chant… : [+ Exemple musical, BG. XXII, page 229 et renvoi à la cantate BWV 3/5]… L’intention expressive de Bach est admirablement révélée par le trouble rythmique du motif, et par l’uniformité du dessin qui en est obscurci d’une modulation mineure, et se termine avec lassitude. Et cet exemple trahit d’autant mieux la volonté de Bach de chercher ici un effet de sentiment que cette interprétation du verbe « sorgen – se préoccuper » est en somme exagérée, le texte disant simplement « en prendre souci ». 
[figuralisme sur les mots „sterben“ et „leben“ et très classiquement sur „Sorgen - souci“].


9] CHORAL. BWV 97/9
Vers 9. SO SEI NUN, SEELE, DEINE / UND TRAUE DEM ALLEINE, / DER DICH ERSCHAFFEN HAT ; | ES GEHE, WIE ES GEHE, / DEIN [W. Neumann : BG: = „Mein“] VATER IN DER HÖHE | WEIß ALLEN SACHEN RAT.

Que mon âme donc t’appartienne / et s’en remette à celui, et à lui seul, / qui l’a créée ; / Advienne que pourra, / ton père, au plus haut des cieux, / sait prodiguer conseil en toute occasion.

Cantique de Paul Fleming (1609+-1640. Neuvième strophe (de six vers chacune) du cantique (1633 et Lübeck -1642) In allen meinen Taten - En toutes mes actions » publié à Lübeck en 1642 et accompagnée de la mélodie O Welt, ich muß dich lassen.
La mélodie (comme dans le premier mouvement) revient à Heinrich Isaac, vers 1495 ; elle est issue de sa chanson profane Innsbruck, ich muß dich lassen et est publiée à Nuremberg en 1555, associée aux paroles nouvelles d‘un anonyme, O Welt, ich muß dich lassen ».

Si bémol majeur (B dur), 12 mesures, C
BGA. Jg. XXII. Page 230 | VERS 9. | CHORAL. | (Melodie „Nun ruhen, alle Wälder“ [également connue sous le titre O Welt, ich muß dich lassen…] Siebenstimmig (= à sept voix). | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. / Oboe I. II col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Organo e continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec cordes indépendantes obligées. + Oboe I, II, et B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 464] : «…Le complexe système des emblemata dont est émaillée toute la partition de cette cantate trouve son couronnement dans le choral conclusif, qui, à l’habituel bloc en accords des quatre voix, ajoute trois parties confiées aux cordes, donnant ainsi naissance à un discours « à 7 », placé, autrement dit, sous le signe de la perfectio que la symbolique des nombres avait codifiée depuis des temps immémoriaux ».
BOMBA : «…Dans le choral final, la mélodie choral est noyée au cœur des parties qui sont au nombre de sept… les violons couronnant le mouvement au lieu de le conduire ».
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 218/219] : « Choral harmonisé avec trois parties de cordes obligées (+ 2 hautbois et B.c. de type I ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 294 à 296. Le choral se présente sous forme d’une simple harmonisation avec instruments colla parte, le soprano étant soutenu par les deux hautbois. Cependant les deux violons et l’alto se voient attribuer des parties indépendantes, ce qui enrichit nettement le contexte. Le texte très piétiste du cantique de Paul Fleming a pu servir des destinations fort diverses. L’importance de l’instrumentation, la solennité de l’ouverture à la française, le soin particulier confié au solo de violon au cours de l’aria n° 4, les parties indépendantes des cordes dans le choral final (n° 9) font penser que cette cantate dont l’autographe date de 1734 aurait été écrite pour une ou plusieurs solennités importantes ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 1332] : «…Le choral final est à sept parties réelles [marqué : Siebenstimmig]. Sept est toujours le chiffre de la divine création : le symbole est-il voulu ? » [page 1332] : «…cantique traité de façon traditionnelle, en harmonisation homophone. Mais ce qui est particulier ici, c’est que les voix ne sont pas doublées par les instruments à cordes, à qui sont ménagées trois voix indépendantes, ce qui porte à sept le nombre des parties réelles de la polyphonie… »
FINSCHER : «…Le choral final s’écarte de la norme du fait que les cordes conduites indépendamment, élargissent le mouvement à quatre voix en une somptueuse polyphonie sonore à sept voix, la valeur symbolique du chiffre 7 (représentant la perfection) ayant certainement été prise en considération ».
NYS, Carl de [Manfred Schreier] : «…le choral final comporte sept voix - chiffre assez inhabituel pour un choral - c’est que le musicien a voulu représenter symboliquement par le chiffre sacré la perfection de l’ordre de la création, de l’univers, œuvre d’amour ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 97

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
BRAATZ, Thomas : Exemples tirés de la partition. 13 mars 2001.
CROUCH, Simon : Notice.1996 & 1998.
EMMANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian [BCW + NET jsbachcantatas.com] : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 59 . 2010
ORON, Aryeh : Discussion 1] 11 mars 2001 – 2] 5 octobre 2010 - Prévision : 14 juillet 2013.
: Commentaires 2001.
Mélodie du choral “O Welt, ich muß dich lassen”. Thomas Braatz & Aryeh Oron (avril 2006 – janvier 2009).
Texte du choral “In allen meinem Taten”. Francis Browne, avril 2006.

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont) : The new translation of cantata texts. Hänssler/ Rilling. Die Bach Kantate (volume 67). 1992
Voir aussi le NET : Classics/faculty/bach/BWV
BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 97 = BC A 189 (volume I, partie 1).
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 39 et 61
Volume 2, pages 253, 255, 261, 341, 410, 458, 459, 463/464, 596, 604 et 618 594
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 31. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 218/219
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 59, 294 à 296, 380/381
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
N° 103 (sous le titre de „Nun ruhen alle Walden“) et n° 50 sous le titre „In alle meinen Taten“ et n° 275, 363 et 366
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 297 (289 à 296 et 298).
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 1328 à 1332
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 167 à 168
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 636 à 638
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation  « EKG ».
FINSCHER, Ludwig : Notice de l’enregistrement Das Kantatenwerk / Leonhardt, volume 24. 1979
GARDINER, John Eliot : Notice (et sur le net) de son enregistrement. 2008. Traduction française de Michel Roubinet.
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Pages 154 et 368 (note)
HARNONCOURT, Nikolaus : Remarques sur l’exécution, Teldec, volume 24. 1979
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HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
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HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 196, pages 41, 49, 63, 157,
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98672). En collaboration avec Marianne Helms.
: Interprétation symbolique des chiffres dans les cantates de Bach. La Revue musicale : Jean-Sébastien Bach /
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LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
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MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d’or). L‘Harmattan 2003. Page 336
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971
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PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIEL, Jean-Marie : Critique des albums Teldec, volumes 22, 23 et 24. Cantates BWV 84 à 98. Excellente analyse comparée non pas des cantates, des moyens et du style en générale des versions Harnoncourt / Leonhardt. Revue Diapason 245, décembre 1979. PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 143/144
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973.
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RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann : Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
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ROMIJN, Clemens : Notice (sur CD) de l‘enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
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J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911. Pages 193, 244, 255 et 256
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966
Volume 2, pages 93, 114, 242 (note), 245, 385 et 448 (note)
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 456 (renvoi à Appendix n° 49, pages 703 à 705).
Volume 3, pages 79 et 85
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 1, pages 236, 433, 434, 465 à 472. Volume 2, page 307
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman,, volume 21. 2006
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 326/327
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982 ZK 189, pages 286/287
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 97

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Sept références (mars 2001 – juin 2010) + neuf mouvements individuels (mars 2001 – juillet 2006).
Exemples musicaux : Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).

4] GARDINER (volume 25). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano = Katharin Fuge. Alto = Robin Tyson. Ténor =
Steve Davisilim. Basse = Stephan Loges. Bach Cantata Pilgrimage. Abbaye de Sherborne. Dorset (GB), les 27 et 28 mai 2000.
Durée : 24’36. CD SDG 144. 2008. Distribution en France, mai 2008. Avec les cantates BWV 86 et 87
2] HARNONCOURT (volume 24). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Garçon soprano = Wilhelm Wield. Alto = Paul Esswood.
Ténor = Kurt Equiluz. Basse : mouvement 2 = Philipppe Huttenlocher – Mouvement 7 = Rund van der Meere
Vienne 1979. Durée : 26’17
Disque Teldec Das Kantatenwerk 6.35442-00-501 (SKW 24/1-2). Volume 24. 1979
CD Teldec 8-44280 242 583-2 (volume 24)
CD Teldec 4509-91759 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 5. Coffret de six CD avec les cantates BWV 79 à 99
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à 52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise Warner Classics 8573 81180-5. Intégrale en CD séparés, volume 30. 2007
5] KOOPMAN (volume 21). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano = Sandrine Piau. Alto = Bogna Bartosz. Ténor = James
Gilchrist. Basse = Klaus Mertens. Durée : 26’51. Mouvements 3, 4, 7 et 8 = mai 2002. Mouvements 1, 5, 6 et 9 = septembre et octobre
2002. CD Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72221/3. Das Kantatenwerk . Avec les cantates BWV 197, 118 et 191
3] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Soprano : Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Knut Schoch.
. Basse : Bas Ramselaar.
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 4 Cantates volume 1
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 3/49. Avec les cantates BWV 132 et 72
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle édition „augmentée“: 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les Passions de saint Jean et saint Matthieu.
1] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Helen Donath . Alto : Helrun Gardow. Ténor : Adalbert
Kraus. Basse : Philippe Huttenlocher. Stuttgart, janvier, février 1974. Durée : 29‘50
Disque (D) Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98672. Avec la cantate BWV 192
Disque (F). Erato STU 70937. Les grandes cantates. (volume 5). 1976. Avec la cantate BWV 192
CD. Die Bach Kantate (volume 69). Hänssler Classic. Laudate 98.835. 1992. Avec les cantates BWV 150 et 157
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 31). Hänssler-Verlag 92.031. 1999
*6] SANTOS, Ottavio. Orchestre baroque du 14e festival Brésilien de musique ancienne. Orchestre ? Date : 2003 ?
CD Centro Pro Musica Cuturel. Brasil.
*7] Sans nom du dirigent. Pas de chœur (un par voix). Soprano = Sally Bruce Payrie. Ténor = Michael Mulray. Basse = Peter Harvey.
Londres 30 novembre au 2 décembre 2009. Report CD Musique HMP3 ?


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 97

M-1. Mvt. 4] William H. Scheide. Bach Aria Group. 1947-1948.Disque Vox
M-2. Mvt. 8] William H. Scheide. Bach Aria Group. 1947-1948.Disque Vox
M-3. Mvt. 2] William H. Scheide. Bach Aria Group. Début des années 1950.Disque MGM
M-4. Mvt. 4] Bach Aria Groupe. Ténor Jan Peerce.. Début des années 1970. Disque Decca
M-5. Mvt. 2] Bach Aria Group. Baryton Basse : Norman Farrow + Violoncelle. Milieu des années 1950. Disque Gold Label Decca
M-6. Mvts. 4 et 9] Hans Pflufgbeil. Bach Chor Tage Greifswalde. Bach-Orchester Berlin. Disque fin des années 1950
Reprise sur CD Baroque Music Club
M-7. Mvt. 4] John Nelson. Orchestra of St Luke’s. Soprano = Kathleen Battle. New York, août-décembre 1989 et août 1990
CD Deutsche Gramophone
M-8. Mvt. 1] Rampe Siegbert. Direction et clavecin. Nouvelle Stravaganza. Köthen, septembre 2001.
Coffret de deux CD OMD Gold 341 113-2
M-9. Mvt. 2] Old Amis Concert Artists. Baryton-Basse : Daniel Lichite. Painsville (Ohio – USA). Novembre 2001. CD Centaure

DISCOGRAPHIE. Norbert Dufourcq :
M- Mvt. 8] "Ihm hab' ich mich ergeben"
Fanny Malnory-Marseillac. Soprano. 78 tours, avant 1930
Disque Lumen 32005. Excerpt from BWV 97/8 For Sopran & Piano. Song in French.


EN CONCERT

GARDINER. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Le 25 mai 2000. Lukaskirche de Dresde. Concert retransmis en différé sur France Musique le 27 juin 2000. *C 1108


C. Role, avril 2011

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Last update: May 27, 2011 17:30:00