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Cantata BWV 95
Christus, der ist mein Leben
Christ, toi qui est ma vie
Commentary in French

KANTATE ZUM 16. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate pour le seizième dimanche après la Trinité
Leipzig, 12 septembre 1723

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 95 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 95

Leipzig. Dimanche 12 septembre 1723.

DÜRR : Datation d’après l’étude de l’écriture comparée de Kuhnau et Meißner ainsi que du filigrane du papier des parties séparées.
HIRSCH : Classement CN 53 (Die chronologisch Nummer). Première année de Bach à Leipzig.
Chronologie (Alfred Dürr). 1723 : BWV 25 ( 29 août) – BWV 119 ( 30 août (élection du Conseil municipal de Leipzig) – BWV 138 (5 septembre) - *BWV 95 (12 septembre) – BWV 148 (19 septembre) – BWV 48 (3 octobre) – BWV 162 (10 octobre).
SCHMIEDER : Environs de 1732. SCHWEITZER : Les cantates de 1728 à 1734. WHITTAKER : Probablement avec la cantate BWV 98, l'année 1732.

 

SOURCES BWV 95

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues.
BG. : Jadis le manuscrit à pu appartenir à la collection du comte Karl Otto Friedrich von Voss (1786-1864), un collectionneur déjà rencontré avec les partitions des cantates BWV 74 et 103.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 10 M. Berlin, Deutsche Staatsbibliothek [BB/SPK St . 10 ]. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem (Neumann 1971).
BG. : Titre pris à la couverture des parties séparées [Thomas Braatz : vraisemblablement l’écriture de Johann Andreas Kuhnau et titre sans doute conforme à celui qui figurait sur la partition originale] : « Domin: 16 post Trinit : | Christus der ist mein Leben, sterben ist, p. | a | 4 Voci | Corno | 2 Hautbois d’Amour | 2 Violini |Viola | con | Continuo | di Sign : J.S.Bach. »
BG : La partie de continuo en double. Le filigrane des parties séparées n’est pas identifié.

BRAATZ | Discussions - BCW] : Seulement la plupart des parties séparées nous est parvenue, copiées principalement par Johann Andreas Kuhnau (1703 - † après 1745) d’après la partition originale ayant un temps appartenue à Carl Philipp Emanuel Bach qui l’a probablement donnée ou vendue. Kuhnau a également préparé la transposition de la partie originale du continuo (aujourd’hui perdue). Les autres copistes concernés étaient Christian Gottlob Meißner (1707-1760) qui utilisa la partie de continuo rédigée par Kuhnau pour en faire la partie d’orgue [du continuo]. Egalement des doublons de la partie de violon (copiste non identifié). Toutes ces parties ont été soigneusement révisées et corrigées par Bach qui y ajouta les indications dynamiques (forte, piano) comme par exemple « Aria senza l’organo », indication dont la NBA n’est pas sûre à 100/%, après que Kuhnau ait indiqué cette annotation dans sa copie de la partie du continuo…»
DÜRR : Filigrane « MA » petit format.
HERZ : Copistes repérés : Johann Andreas Kuhnau (neveu ou petit-fils du prédécesseur de Bach à Saint-Thomas 1707 - ?), dans la période médiane de son séjour (K2) et Christian Gottlob Meissner (1707-1760). Filigrane "ma", petit format.
SCHMIEDER : 12 parties séparées in 4° avec révisions de Bach.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG. Jg. XXII, (22e année) - Pages 131 à 154. Préface de Wilhelm Rust (1875). Cantates BWV 91 à 100.
[Partition dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 24. 1979].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 23. KANTATEN ZUM 16 UND 17 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5054. 1982. 6 Fac-similés.
BWV 95. Pages 67 à 104.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5054 41. 1984. Helmuth Osthoff : cantates BWV 161, 95, 8, 27, et 47.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER.Verlag Kassel. Sämtliche Kantaten 9. TP 1289. 2007.
BWV 95. Pages 65 à 104. BAE 1982.
Herausgegeben : Helmuth Osthoff.
BCW : Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL Partition = PB 2495. Parties séparées, orchestre, voix, clavier et orguue (Max Seiffert) = OB 2281/82. Partition du choeur, (Chorst) = ChB 848.
2010 : Partition (24 pages) = PB 4595. – Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7095. – Parties séparées (6) = OB 4595. – Partition du chœur (Chorstimmen), 8 pages = ChB 4595.
KALMUS STUDY SCORES. N° 831. Volume XXVII. New York 1968. Avec les cantates BWV 94 et 96.
Peters : Réduction chant et piano.

 

PÉRICOPE BWV 95

16e dimanche après la Trinité. Au fur et à mesure que l'homme extérieur s'en va vers la tombe, l'homme intérieur doit se renouveler et s'épanouir dans l'esprit du Christ. Le Christ "Maître de la mort et de la vie" est évoqué, particulièrement dans la 6e section, avec une allusion claire à l'Évangile du jour (Luc 7. 11-17): la résurrection du fils de la veuve de Naïm.
Épître : Éphésiens 3, 13 à 21
[PBJ. 1728]. Paul prie pour l’affermissement de la foi dans la communauté d’Éphèse.
Évangile : Luc 7, 11 à 17 [PBJ. 1546]. Résurrection du fils de la veuve de Naïm.

MISSEL ROMAIN. A partir du 16e dimanche [PBJ. 989]. Lecture de Saint-Paul: « Tout ce que nous avons à souffrir doit se convertir en gloire éternelle. Au fur et à mesure que l’homme -extérieur- va vers la tombe, l’homme –intérieur- doit se renouveler et s’épanouir dans l’Esprit du Christ, dans la Foi, l’Espérance et la Charité ».
XVe dimanche, dans saint Luc : «Nous sommes les ressuscités que le Christ rend à notre mère. Mais les larmes maternelles de l’Église coulent toujours pour implorer la résurrection spirituelle de ceux qui sont retombés dans le péché. Pour tous, l’Église prie comme une veuve qui prie pour son fils unique (Naïm). A tous les hommes s'adresse l'ordre du Seigneur "Lève-toi" car il s'agit de ne jamais abandonner l'effort de l'imitation du Christ. Il faut progresser et monter toujours plus haut dans la vie de l'Esprit qui est en nous, afin de pouvoir chanter le cantique nouveau à la louange de la bonté de Dieu.

EKG. 16. Sonntag nach Trinitatis.
Les lectures bibliques attachées à ce dimanche sont les suivantes, sous réserve des dispositions du culte luthérien d'époq.
Entrée : Timothée I, 10 [PBJ. 1754] : « Cette grâce a été maintenant manifestée par l'apparition de notre Sauveur le Christ Jésus qui a détruit la mort et fait resplendir la vie et l'immortalité par le moyen de l'Evangile ».
Psaume : Le psaume 102 [PBJ. 896]. Verset 4 : « Car mes jours s s'en vont en fumée ». Dans la cantate : « mes jours ne cessent de s'enfuir ».
Verset 12 : « Mes jours sont comme l'ombre qui décline ». Dans la cantate: Mon corps décline chaque jour ».
Verset 25 : «Fais-moi savoir mon peu de jour. Dans la cantate : O mon Dieu, quand donc viendra ma dernière heure ? »
Lied 280 : « Was mein Gott will, das gecheh allzeit ».
Epître : 3. Eph. 3, 13 à 21 [PBJ. 1728]. Verset 13 : « Ainsi, je vous en prie, ne vous laissez pas abattre par les épreuves que j'endure pour vous; elles sont votre gloire ! » Versets 14 à 21 La prière de Paul : « En présence du Père de toute paternité, au ciel et sur terre, tire son nom… pour que se fortifie en vous l'homme intérieur, que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l'amour… et vous entrerez par votre plénitude dans toute la Plénitude de Dieu ».
[Pour la même occurrence, les cantates BWV 161 (6 octobre 1715), BWV 95 (12 septembre 1723) et BWV 27, 6 octobre 1726].

 

TEXTE BWV 95

Auteur anonyme.
|Les détails sont en en tête de chaque mouvement de la cantate].
MACIA : « Cet aller-retour entre le Nouveau Testament, la tradition luthérienne et le poème moderne marque, chez le Cantor, la volonté de ne pas se laisser enfermer dans la tradition leipzigoise ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 927] : « La cantate ne traite pas directement de l’évangile du jour mais propose une méditation sur l’aspiration à la mort…»
NEUMANN : Mouvement 1 : auteur inconnu de la partie A, vers 1609. Partie C : Martin Luther, 1524. Mouvement 3 : Valerius Herberger, 1625. Mouvement 7 : Nikolaus Herman (1560).
SMAILL, Peter [BCW 16 octobre 2005] : Ce membre du BCW s’est livré à une comparaison « serrée » entre les cantates BWV 138 et 95 et a identifié notamment de nombreuses connexions et détails du texte portant sur l’évaluation du temps exprimée par les mots utilisée dans BWV 138 : « Abend zu Morgen, Tage, Morgen, Wenn, heute, nun » et BWV 95 « Nun, schon, ewig Ende, alle stunden, sterbentag, allerletzen, nun, letzes…»
WOLLNY : « le thème de l'évangile du jour n'est pas abordé explicitement, mais fait en quelque sorte l'objet d'une paraphrase à travers pas moins de quatre strophes de choral. La forme inhabituelle du texte a incité Bach à un traitement musical pour ainsi dire expérimental...»
[le texte de la cantate BWV 95 pourrait être éventuellement à rapprocher de celui de la cantate BWV 82 ; même contemplation de la mort, aspiration au repos et au calme de l’éternité…]

 

GÉNÉRALITÉS BWV 95

BCW [Thomas Braatz citant Voigt] : « Bien que Bach ait composé nombre de cantate sur le thème de la mort, il n’a jamais aussi efficacement décrit ce sujet dans ses différents aspects comme on le trouve ici, dans cette cantate [BWV 95] ».
CANDÉ : «…Cantate pour le seizième dimanche après la Trinité, l’une des plus belles et des plus émouvantes cantates de Bach. Quatre chorals y jouent un rôle prépondérant ; mais ce n’est pas à proprement parler une cantate de chorals, puisqu’elle n’en a pas l’unité fondamentale….»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 927] : «…œuvre étonnante, originale, extrêmement inventive et variée… le musicien fait appel, cas unique dans toute son œuvre, à quatre cantiques différents…»
GARDINER : «…On ne peut qu’être frappé, dans cette cantate, par le recours très inhabituel chez Bach à quatre hymnes funèbres consécutives, piliers soutenant l’entière structure et source d’encouragement pour le croyant…»
LEMAÎTRE : «…ici le choral est maître. On en compte quatre. Tous sont en relation avec le thème du passage de la vie terrestre à la vie céleste... Luc 7, 10 à 17…»
PIRRO [J.-S. Bach, pages 144/145] : «…Bach considère la mort comme l'éveil de l'âme à la véritable vie, comme la fin bienheureuse pour laquelle l'homme a été créé…»
SCHWEITZER [J.-S. Bach |Le musicien-poète, pages 195/196] : «…Le maître se rendant compte que seuls les chorals courts et caractéristiques se prêtent à la cantate, eut l'idée de suppléer à leur rareté en composant une cantate par la réunion des plus belles strophes de différents chorals. C'est là l'origine de la cantate BWV 95... Les versets sont tirés des chorals funèbres les plus connus; tous, ils expriment l'attente joyeuse de la mort, mais avec des nuances qui donnent à chacun une individualité distincte. Ce sont précisément ces nuances dans l'expression de la nostalgie de la mort que la musique exprime d'une façon merveilleuse ».
[J.S. Bach, pages 248 à 250] : «…L'idée lui vient [à Bach] d'assembler des textes caractéristiques de différents strophes tirées de chorals et , dans la cantate BWV 95 de les employer afin de décrire différents aspects funèbres ».
[Seule cantate connue de Bach possédant quatre chorals, parlant tous de la mort, dont deux immédiatement dans le premier mouvement !]

 

DISTRIBUTION BWV 95

NEUMANN. Solo : Sopran, Tenor, Baß. – Chor. - Horn ; Oboi I, II ; Streicher ; B. c.
SCHMIEDER. Soli : S, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe I, II; Oboe d'amore I, II; Cornettino; Viol. I, II; Vla.; Continuo.
WOLFF : «…un cornet à bouquin vient renforcer le cantus firmus dans le premier et dernier numéros ».

 

APERÇU BWV 95

1] CHORALCHORSATZ. REZITATIV (TENOR). BWV 95/1

Sol majeur (G), sol mineur (g), 141 mesures. 3/4- 4/4, C et C barré
BG. Jg. XXII. Pages 131 à 141 . Corno. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano (Cantus firmus in Soprano.) | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo. [mesure 14] : (Melodie:, Christus der ist mein Leben“). Mesure 74 : (Recitativ.) C . Mesure 75 (a tempo.) 3/4 . Mesure 89 (C barré). Mesure 90 : Allegro Oboe ordinaria I. | Oboe ordinaria II.. Mesure 95. Mesure 113 „piano“ sur les mots sanft und still“ : (mélodie: „Mit Fried und Freud ich fahr dahin“) .
NEUMANN. Chor. – Tenor ; Horn ; Oboi I, I ; Streicher ; B.c. Morceau en trois parties. A : „Christus, der ist mein Leben“ : choral (au majeur) en forme de ritournelle encadrant le discours vocal – B : „Mit Freuden, ja mit Herzenslust“ Récitatif (accompagné) : Arioso, secco - C : Choral (au mineur) „ Mit Fried und Freud ich fahr dahin“ (avec citations du choral au cor et aux hautbois I et II) . Voix à l‘unisson avec le cor, excepté sur les mots „Sanft und stille“.

A : Choral : CHRISTUS, DER IST MEIN LEBEN, / STERBEN IST MEIN GEWINN ; || DEM TU ICH MICH ERGEBEN || MIT FREUD FAHR ICH DAHIN.
Christ, toi qui est ma vie, / mourir est mon gain ; / A toi je me donne corps et âme, / avec joie je pars pour l’au-delà.
Mesures 1 à 12 = Prélude instrumental. - Mesures 13 à 17 =: Choral, première ligne du choral Christus, der ist mein Leben . - Mesures 18 à 20 = interlude instrumentale. Mesures 21 à 28 = Choral, deuxième ligne. - Mesures, 29 à 39 = interlude instrumental. - Mesures 40 à 44 = choral, troisième ligne. - Mesures 45 à 48 = interlude instrumental. - Mesures 49 à 52 = choral, quatrième ligne qui reprend "opportunément" la première ligne du deuxième choral. - Mesures 53 à 63 = interlude instrumental.
Première strophe du cantique (8 strophes de 4 vers chacune) Christus, der ist mein Leben d’un auteur anonyme, avant 1509
[Jean-Luc Macia [Tout Bach, page 165] avance, sans préciser, le nom de S. Graf]. Il pourrait s’agir du pasteur Simon Graf de Schandau (aujourd’hui une ville thermale de Saxe en Allemagne), † vers 1659. D’autres littérateurs attribuent plus volontiers ce cantique à Anna zu Stolberg, une abbesse, pionnière du luthéranisme (1504-1574).
La mélodie revient à Melchior Vulpius et apparaît dans un recueil imprimé à Iéna vers 1609.
Renvoi à EKG 316.
BCW : Renvoi aux chorals BWV 281, 282 et 1112 (choral Neumeister). Autres utilisateurs de cette mélodie, Scheidt, Pachelbel, J. G. Walther, Telemann (cantate Twv 1 : 138 (1754) Christus, der ist mein Leben (Collection Danziger Choralkantaten) enregistrée par Herman Max. CD Capriccio 2000.

B
: Rezitativ tenor : - MIT FREUDEN / JA MIT HERZENSLUST / WILL ICH VON HINNEN SCHEIDEN || UND HIEß ES HEUTE NOCH : DU MÜßT ! / SO BIN ICH WILLIG UND BEREIT, || DEN ARMEN LEIB, DIE ABGEZEHRTEN GLIEDER, || DAS KLEID DER STERBLICHKEIT || DER ERDE WIEDER / I N IHREN SCHOß ZU BRIGEN. / MEIN STERBLIED IST SCHON GEMACHT ; / ACH, DÜRFT ICHS HEUTE SINGEN !
B : Récitatif ténor : C’est avec délices, / oui, c’est d’un cœur réjoui / que je veux quitter ce bas-monde. / Et si aujourd’hui même j’entendais: il le faut ! / Docile, je suis disposé / à rendre à la terre, / à remettre dans son sein / ce pauvre corps, ces membres décharnés, / vêtements de notre mortelle condition. / Mon chant funèbre est déjà prêt ; / Ah ! Puissé - je le chanter dès aujourd’hui !
Mesures 64 à 72 = début du récitatif façon arioso.. Mesure 73 = brève césure et récitatif, mesures 74 à 88 avec alternances marquées à C: [recitativo] et [a tempo à 3/4].
Auteur du texte inconnu.
Mélisme sur les mots "Freuden - délices" aux mesures 64 à 67 et "scheiden - quitter" aux mesures 70 à 72.

C. Choral : MIT FRIED UND FREUD ICH FAHR DAHIN, || NACH [variante „in“] GOTTES WILLEN || GETROST IST MIR MEIN HERZ UND SINN, || SANFT UND STILLE. || WIE GOTT MIR VERHEIßEN HAT ; || DER TOD IST MEIN SCHLAF WORDEN. [variante „geworden“].
C : Choral : Je m’en vais dans la paix et la joie, / selon la volonté du Seigneur ; / Il apporte à mes sens la consolation / dans la douceur et la quiétude. / Ainsi que Dieu me l’a promis, / la mort est devenue mon sommeil.
Mesures 89 (marqué allegro) à 93 = prélude instrumental. - Mesures 94 à 98 = choral "Mit Fried un Freud ich fahr dahin" première ligne. - Mesures 99 à 101 = interlude instrumental. - Mesures 102 à 105 = choral, deuxième ligne. _ Mesures 106 à 108 = interlude instrumental. - Mesures 109 à 114 = choral, troisième ligne - Mesures 115 à 118 = interlude instrumental. - Mesures 119 à 121 = choral, quatrième ligne avec un "affect sur le mot "Stille - quiétude". - Mesures 122 à 126 = interlude instrumental. - Mesures 127 à 130 = choral, cinquième ligne. - Mesures 131 à 134 = interlude instrumental. - Mesures 135 à 141 = choral, sixième et dernière ligne.
Première strophe du cantique (4 strophes de 6 vers chacune) Mit Fried und Freud de Martin Luther. C’est la paraphrase en langue allemande du Nunc dimittis » du vieillard Siméon qui apparaît dans le Nouveau Testament : Luc 2, 29 à 32 [PBJ. 1537].
[BCW] : La strophe 4 dans BWV 83/5 - La strophe dans BWV l06/3b - Les strophes 1, 2, 3 et 4 dans BWV 125/1 à 6.
La mélodie et le texte sont publiés par Johann Walter en 1524 à Wittenberg.
Renvoi à EKG 310. Parmi les sources, Bach a pu connaître un « Hymnal de Gotha » (1715). Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : Praetorius, Schein, Scheidt, J. G. Walther, Buxtehude (cantate BUXWV 76), Telemann (cantate Twv 1 :1140), Brahms (op. 74/1), Reger, etc.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 304] : «… œuvre superbe et pleine de surprises que Bach lance hardiment sur les citations de deux chorals, plaçant entre l’un et l’autre un récitatif dont l’accompagnement obligé poursuit les motifs exposés dans la phrase initiale du morceau… tout l’épisode s’éclaire à la lumière d’un constant passage par analogie d’un texte à l’autre [des deux chorals]… Le sens de la mort, de la dernière heure… gouverne toute la cantate ; syncopes et points d’orgue viennent continûment bloquer une première section haletante, la musique vient s’éteindre de façon glaçante sur le mot sterbenmourir» et dans le courant du récitatif, cependant que la dernière section court, rapide avec le cor et deux hautbois d’amour… qui proposent en pré-imitation le choral Mit Fried und Freud…»
BOMBA : «… Dès le chœur d’introduction, une pièce inhabituelle composée de deux strophes de choral avec un récitatif en tant que liaison, notre attention est attirée par une modification minime du texte [du cantique], mais d’importance. Au lieu de « Mit Fried fahr ich dahindans la paix je pars pour l’au-delà », Bach écrit : « Mit Freud fahr ich dahinAvec joie je pars pour l’au-delà ». Ceci est à nouveau au service de la liaison avec le récitatif suivant le principe des mots-clefs… le choral suivant [C] , interprété vers après vers après de brefs préludes en motet, réunit ensuite les deux notions [celle de la section 1 avec le cantique de Luther] dans « Mit Fried und Freud ich fahr dahin [citation de Martin Petzoldt]…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 216/217] : «…Élaboration choral : Christus der ist mein Leben = Mélodie de choral (MDC) 019. Élaboration choral : Mit Fried und Freud ich fahr dahin = Mélodie de choral (MDC) 073 de type II.
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 131/132, 378 et 379] : Christus, der ist mein Leben Pages 131/132 (MDC 019) de type II (choral incrusté). Il s'agit d'une saisissante antithèse propre à l'esprit baroque. En effet, dès le départ la mélodie de choral se présente comme un véritable glaive coupant en deux la sensibilité religieuse : a) montée joyeuse en sol majeur sur les paroles "Christ toi qui es ma vie" - b) Longue descente résolue sur une dissonance par les paroles "Mourir est mon gain". La mélodie de choral est incrustée dans une ritournelle orchestrale... un cor est chargé de doubler le cantus firmus du soprano. Un récit de ténor sert de trope pour enchaîner sur la seconde mélodie de choral.
Mit Fried und Freud ich fahr dahin = Mélodie de choral (MDC) 073 de type II. Le cantique de Siméon (le Nunc Dimittis) dont le premier vers reprend textuellement le dernier vers du choral précédent. La ritournelle d'orchestre change alors d'allure et de tonalité. Nous avons donc, en ce début de cantate, affaire à une double élaboration de mélodie de choral tropée par un court récit de ténor.
CANDÉ : «…Le premier chœur fait entendre deux chorals avec une splendide figuration: Christus, der ist mein Leben et le choral de Luther Mit Fried und Freud ich fahr dahin ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 929] : «…chœur tripartite… La ritournelle instrumentale s’ouvre sur un motif syncopé douloureux des deux hautbois d’amour… De la sinfonia s’élèvent, en simple harmonisation verticale, les quatre période du choral, dont la mélodie, au soprano, est renforcée par le cornet… et d’emblée, l’accent est mis vigoureusement sur l’objet de la méditation, quand le temps se suspend sur le seul mot sterben… en section C, les six périodes du cantique de Luther avec jeu de pré-imitation entre le cornet et les deux hautbois… les quatre voix énoncent le choral période après période, la quatrième étant marquée « piano » et suivie d’un point d’orgue, sur les mots « Sanft und Stillecalmes et tranquilles »… Bach vient paraphraser le point d’orgue final du rappel, confié au cornet à bouquin, de l’incipit du choral « Mit Fried und Freud ».
[Le moulin et la rivière, page 549] : «…Le temps se suspend sur le seul mot sterben - mourir... qu'il [Bach] se doit de souligner: rompant l'homophonie, les voix entrent une à une, à distance d'une mesure, en valeurs longues, et chaque fois en de douloureux retards,, vaste point d'orgue de six mesures, frappé de terreur immobile et laissé en suspens sur une septième diminuée…»
FINSCHER : «…Le chœur d'ouverture (sol majeur / sol mineur) combine, en adoptant chaque fois leurs paroles et leur mélodie, les premières strophes du cantique "Christus, der ist mein Leben" et "Mit Fried und Freud ich fahr dahin" entre lesquelles intervient un solo de ténor qui se développe à partir de l'arioso du récitatif et qui est coupé de citations empruntées à la mélodie de la ritournelle de la première partie du chœur. Les deux strophes du cantique tranchent l'une sur l'autre par leur style : le cantique le plus récent, trahissant plus d'émotion, est incorporé en majeur à une ritournelle moderne rappelant de loin une sarabande et pourvue de hautbois d'amour, le mot "sterben" étant exploité à fond par la composition dans une longue cadence; le cantique de Luther, lui, se présente en mineur dans un morceau légèrement archaïsant où chaque verset fait l'objet d'une imitation anticipée confiée aux vents dans une sorte de canzone; dans les dernières mesuretenti encore une fois, pour ainsi dire en guise de deviser, la mélodie du choral "Mit Fried und Freud ich fahr dahin", jouée par le cornet à bouquin (version Harnoncourt) ».
GARDINER : «…Je n’ai jamais cessé d’être frappé par l’association fascinante et formidablement original du corno (cornetto ?) et des hautbois… nous n’avons… aucune idée précise de l’instrument auquel Bach pensait ici…lutte finale entre les forces de la vie et de la mort…
« échanges syncopés d’introduction entre une paire de hautbois et les violons vibrant d’énergie [qui] préparent la voie au premier choral sur mètre ternaire, lequel se délite sur le mot « sterbenmourir » ; une entrée par voix successives déploie alors un accord de septième diminuée, suivi d’un temps de repos, avant que la musique ne réexplose sur « ist mein Gewinc’est ma récompense »…le ténor chante, non accompagné « mein Sterblied ist schon gemachtmon chant funèbre est déjà prêt »…. Sans la moindre rupture, le dialogue entre corno et hautbois… introduit maintenant le deuxième choral… « Mit Fried und Freud » de Luther…»
LEMAÎTRE : «…Le morceau introductif se divise en trois parties. Le chœur chante d'abord la première stance du choral Christus, der ist mein Leben (1609). Du soprano à la basse, les entrées successives mettent en valeur le mot "sterben" par une dissonance. Une paraphrase en récitatif du ténor soliste occupe la place centrale. Son incessante oscillation entre un style secco et un style arioso occasionne de nombreux changements de mesures. Le troisième volet réintroduit le chœur... »
LYON : «…Le cantique sur la mort de Siméon d'après Luc 2, 29 à 32.Texte incorporé dans la collection des Begräbnisgesänge (chant pour les ensevelissements) imprimé en 1542 à Wittenberg par Joseph Klug † 1542 ». Incipit de la mélodie n° 13, page 269.
L'auteur renvoie également au psaume 90 [PBJ. 887] : Fragilité de l'homme.
Le cantique sur la mort (Sterbelied) Christus, der ist mein Leben, sept strophes publié à Iéna en 1609 dans la collection de Melchior Vulpius. Le texte a plusieurs variantes... Bach mettra ce cantique quatre fois en musique : BWV 95/1, BWV 281 et 282 (chorals à quatre voix) et BWV 1112 (Neumeister) ». Incipit de la mélodie n° 133, page 281.
MACIA : «…Cette fois [dans la section C] le choral est traité d’une manière archaïque, simplement harmonisé en sol mineur, comme s’il s’agissait d’affirmer le dogme luthérien…»
NEUMANN : «…deux chorals encadrant un récitatif. A. Parties instrumentales indépendantes intercalées avec les voix chorales (ritournelles). Choral harmonisé. B. Récitatif, secco puis arioso avec motifs issus de la partie A.
C. Choral avec imitations dans la partie instrumentale ».
NYS, Carl de : «…un bref récitatif de ténor semble rattacher le premier choral au deuxième, malgré l'opposition entre les deux mélodies. En effet, si la première est nettement tonale, la deuxième est encore modale : ici le mode dorien. L'accentuation du caractère "choral" de ce deuxième chœur vient de ce que la thématique du cantique est reprise dans les séquences instrumentales... cette insistance sur la thématique des chorals familiers à l'assemblée est assez rare chez Bach; on peut se demander si elle n'explique pas un désir de démontrer, vis-à-vis de certains détracteurs qui lui reprochaient de faire une musique inhabituelle au culte, qu'il n'utilisait en fait que le matériau le plus strictement « liturgique ».
PFENDER : « Mourir est mon profit lit-on dans le second vers du choral "Christ, tu es ma joie". Dans le chœur formé sur la mélodie de ce cantique... les voix prolongent les accords joints aux syllabes de "sterben", et la basse procède par notes égales…»
PIRRO [J.-S. Bach, pages 144/145] : «…la mort est un sommeil, et il [Bach] mêlera quelques tons amers aux voix prolongées du chœur, lorsqu'elles chanteront le mot "sterben - mourir"... le premier chœur a dans l'accompagnement, un charme de renouveau. Dès l'introduction, les hautbois d'amour dialoguent avec les violons en phrases d'un rythme et d'une harmonie tendre ou la caresse des tierces alterne avec l'ardeur plus profonde des sixtes. De grands traits lumineux fleurissent bientôt, souples et comme impondérables. Dans cette musique passe un souffle de bénédiction, qui amollit tout et dissout même la rigidité de la mesure... on dirait que Bach s'est proposé de nous donner des impressions de printemps, dans ces pages où il célèbre la naissance de l'âme à la vie mystique ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les mélodies simultanées, page 133] : «...vibre la foule complexe des accords âpres, messagers des malédictions et des douleurs, sur le mot sterben ».
[Le commentaire de l'accompagnement instrumental, page 175] : «... tandis que le chœur soutient de longs accords sur le mot sterben... la basse instrumentale l'accompagne de ses graves battements ».
SCHNEIDER : Le choral "Mit Fried und Freud ich fahr dahin". «...Musique intime, mystique, bienfaisante entre toutes... un autre chef d'œuvre de Luther.. et un des chorals que les grands organistes thuringiens semblent avoir eu en particulière estime...»
SCHWEITZER [J.S. Bach, pages 248 à 250] : «…Le premier [choral] "Christus der ist mein Leben..." parle de l'inquiétude de la mort ». L'orchestre l'accompagne d'une berceuse mélancolique et funèbre dans lequel intervient un thème expressif d'une profonde nostalgie.. [+ Exemple musical]. Un récitatif durant lequel la berceuse s'estompe au loin conduit au choral "Mit Fried und Freud ich fahr dahin" »
TADASHI : « Le premier mouvement est une série de deux chorals reliés étrangement, encadrant un récitatif (et arioso) de ténor. Il commence par une ritournelle à 3/ 4 en sol majeur, dialoguant entre le hautbois et les cordes. Ce motif rythmique de « vie » gouverne le premier choral ; d’un autre côté, il semble aussi être une simple description de la « mort ». A la fin de la présentation du choral, le ténor entre avec un « Mit Freuden » encourageant. Son chant de mort est prêt et les mots sont énergiques mais l’arrangement semble un peu forcé. Puis le cor mène à une ritournelle funèbre en passant à un affetuoso en 2/2 qui introduit le second choral (le choral luthérien de Siméon) ».
WIJNEN : «…Le premier choral [section A] entrecoupé de délicieux interludes d’orchestre, bénéficie d’une réalisation très simple, mais lorsque le texte parle de mort, la musique se déploie sur quatre longues dissonances très étonnantes…»

2] REZITATIV SOPRAN. BWV 95/2

NUN, FALSCHE WELT !/ NUN HAB ICH WEITER NICHTS MIT DIR ZU TUN ; / MEIN HAUS IST SCHON BESTELLT, / ICH KANN WEIT SANFTER RUHN, / ALS DA ICH SONST BEI DIR, / AN DEINES BABELS FLÜSSEN, / DAS WOLLUSTSALZ VERSCHLUCKEN MÜSSEN, / WENN ICH AN DEINEM LUSTREVIER / NUR SODOMSÄPFEL KONNTE BRECHEN. / NEIN, NEIN ! NUN KANN ICH MIT GELAßNERM MUTE SPRECHEN :
Voilà, monde perfide ! Désormais je n’ai plus rien à faire avec toi ; / Ma demeure est déjà prête, / je peux jouir d’un repos infiniment plus doux / que lorsque je devais chez toi, / sur les rives des fleuves de ton Babel, / avaler le sel de la luxure, / n’ayant rien d’autre à me mettre sous la dent, / dans ton antre de débauche, / que les pommes de Sodome. / Non, c’en est fini ! je peux maintenant déclarer avec un courage plus confiant :
Auteur du texte inconnu. Les mots « Mein Haus ist schon bestelltma maison est en ordre » pourrait renvoyer à une citation tirée du Livre d’Isaïe 38, 1 [PBJ. 1146] : « Mets ordre à ta maison car tu vas mourir », Conseil du prophète Isaïe à Ézéchias dont on retrouve une autre utilisation dans la cantate BWV 106/2b. Quant à la citation des « Sodomsäpfel les pommes de Sodome » elle se retrouve précisément dans le récitatif de la cantate BWV 54/2.

Ré mineur (d), si mineur (h), 12 mesures, C
BG. Jg. XXII. Page 142. RECITATIV UND CHORAL (Melodie „Valet will ich dir geben.“) | RECITATIV. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif Secco. Soprano, B.c.

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. page 132] : «... tout l'attirail de la rhétorique baroque. Le récit accumule les images hétéroclites ("fleuves de ton Babel", "sel de la luxure", antre de la débauche", "pommes de discordes » [ce "mafruit" apparaissant aussi dans la cantate BWV 54/2].
BCW : Hautbois à l‘unisson. Adieu au monde avec les paroles « Désormais je n’ai plus rien à faire avec toi ».
[Enchaînement du récitatif sans transition avec le choral. La partition BGA relie les mouvements 2 (récitatif) et 3 (le choral) sous le même numéro [2].

3] [BG = 2]. CHORALBEARBEITUNG. SOPRAN (C. f). BWV 95/2 [3]

VALET WILL ICH DIR GEBEN, / DU ARGE, FALSCHE WELT, / DEIN SÜNDLICH BÖSES LEBEN / DURCHAUS MIR NICHT GEFÄLLT, / IM HIMMEL IST GUT WOHNEN, / HINAUF STEHT MEIN BEGIER. / DA WIRD GOTT EWIG LOHNEN / DEM, DER IHM DIENT ALLHIER.
Je veux prendre congé de toi, / monde néfaste et perfide, / une vie exécrable dans le péché n’est pas pour me plaire. / Il fait bon demeurer dans les cieux / et c’est à cela que j’aspire. / Dieu y récompensera pour l’éternité / celui qui le sert ici bas.
Première strophe du cantique (5 strophes de 8 vers) Valet will ich dir geben, du arge, falsche Welt de Valerius Herberger (Leipzig, 1613).
On trouve la troisième strophe dans le numéro 26 de la Passion selon saint Jean. (BWV 245/52).
La mélodie revient à Melchior Teschner (vers 1613). Renvoi à BWV 245/26 et le choral BWV 415.

Ré majeur (D), 48 mesures, ¾
BG. Jg. XXII. Pages 142 à 144. CHORAL. | Oboe d’amore I. II. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Elaboration de choral. En forme trio (Triosatz) : Oboe d’amore I Sopran (Cantus firmus), Oboe d’amore I + II. B.c.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 216/217] : …Élaboration choral : Valet ich dir geben = Mélodie de choral (MDC) 095 de type VI (choral de soliste).
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 304/305] : «...Mélodie de choral 095... elle apparaît dans la passion selon saint Jean mais n'a connu qu'une seule élaboration dans le cycle des cantates...L'élaboration confie, après les douze mesures de récit, le choral au soprano solo entouré par les voix protectrices de deux hautbois d'amour et de la basse continue. Ce choral soliste de type VI est en fait une belle aria dépouillée, ponctuée par le bercement rêveur des hautbois et les arpèges alternativement montants et descendants de la basse continue. Emprunt à une pavane du XVIe siècle intitulée : "Belle qui tient ma vie", publiée par Thoinot Arbeau... »
CANDÉ : «…Après un récit où elle renonce au « monde perfide » et aux « pommes de Sodome », la soprano chante le choral Valet will ich dir geben, accompagnée par deux hautbois d’amour à l’unisson ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 931] : «…traitement très particulier du choral, puisque sur le continuo, la ritournelle des deux hautbois d’amour à l’unisson suit le cantique au lieu de le précéder…la basse continue répète obstinément un petit motif de quatre notes qui paraît vouloir insister sur la ferme résolution du chrétien…»
CHAILLEY [Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach, pages 218 à 221] : Fantaisie de choral BWV 735, BWV 735a (époque d'Arnstadt) et BWV 736 (époque de Weimar).
FINSCHER : «…le soprano chante la première strophe de "Valet will ich dir geben" (en ré majeur) accompagnée par les hautbois d'amour dont les figures illustrent le "courage plus confiant" dont il était question dans le récitatif [2]. Il s'agit donc d'un choral, mais possédant le caractère d'un air ».
ISOYAMA : « La citation de ce troisième choral est accompagnée d’un motif animé au continuo et d'un hautbois d’amour obbligato lui donnant un caractère d’aria (ré majeur, 3/ 4) ».
LEMAÎTRE : «…Le choral, qui revient au soprano solo, s'appuie sur un motif obstiné de la basse. Les deux hautbois d'amour à l'unisson développent une élégante mélodie qui possède également un caractère ostinato et qui transforme quelque peu ce choral en air ».
LYON : «…Valerius Herberger (1562-1627) : Le cantique sur la mort ou sur l'Éternité Valet will ich dir geben, cinq strophes (1613) publié en 1614 à Leipzig... Bach traitera ce cantique six fois avec une mélodie (1614) en ut majeur du Cantor Melchior Teschner (1584-1635). Renvois à BWV 245/246, BWV 415, BWV 735, 735a et 736. Voir l'incipit de la mélodie N° 120, page 279 ».
NYS, Carl de : «…Si les deux premiers chorals [1] sont traités en chœur ainsi que celui qui termine la cantate [7] le troisième [3] est transformé en aria pour soprano... La mélodie du cantique est ornée, mais elle est d'abord exposée aussi clairement que possible au-dessus de la seule basse continue; ce n'est qu'à partir du deuxième vers du cantique que les deux hautbois d'amour s'associent à une page qui, du fait de leurs motifs originaux, prend un caractère d'aria...»
SCHWEITZER [J.S. Bach, pages 248 à 250] : «…Le soprano chante l'hymne joyeux "Je veux prendre congé de toi, monde néfaste", accompagnée du motif de la joie des hautbois d'une totale exubérance » [+ Exemple musical]. Les figurations des basses symbolisent les mots "et c’est à cela que j’aspire / [ou variante] : "C'est là-haut que réside mon désir".

4] REZITATIV TENOR. BWV 95/4 [3]

ACH KÖNNTE MIT DOCH BALD SO WOHL GESCHEHN, / DAß ICH DEN TOD, / DAS ENDE ALLER NOT, / IN MEINEN GLIEDERN KÖNNTE SEHN ; / ICH WOLLTE IHN ZU MEINEM LEIBGEDINGE WÄHLEN / UND ALLE STUNDEN NACH IHM ZÄHLEN.
Ah ! Puisse venir sans tarder le moment / où je verrai la mort, / terme de toute misère, / s’emparer de mes membres ; / D’elle j’ai voulu faire mon apanage / et en fonction d’elle compter toutes les heures.
Auteur du texte inconnu.

Si mineur (h) – la majeur (A), 8 mesures, C
BG. Jg . XXII. Page 144. RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco. Ténor, B.c.

TADASHI : « Le ténor chante avec calme son désir de sentir la mort, la fin de la souffrance « in meinen Gliedern »

5] ARIE TENOR. BWV 95/5 [4]

ACH, SCHLAGE DOCH BALD, SELGE STUNDE, / DEN ALLERLETZTEN GLOCKENSCHLAG ! / KOMM, KOMM, ICH REICHE DIR DIE HÄNDE, / KOMM, MACHE MEINER NOT EIN ENDE, / DU LÄNGST ERSEUFZTER STERBENSTAG !
Ah ! Ne tarde pas à sonner, heure bénie, / l’ultime glas ! / Viens, viens donc, je te tends les mains, / viens, mets un terme à ma misère, / Jour tant espéré de la mort !
Auteur du texte inconnu.

Ré majeur (D), 177 mesures (103 mesures + da capo), 3/4
BG. Jg. XXII. Pages 145 à 152. ARIE. | Oboe d’amore I. | Oboe d’amore II. | Violino I. / pizzicato | Violino II. / pizzicato | Viola. / pizzicato | Tenore. | Continuo. / pizzicato.
NEUMANN. Parties instrumentales et da capo Tenor, Oboe d’amore I, II ; Streicher, B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 305] : «…Par une imprévue et éloquente déviation des lois du symbolisme, Bach s’emploie à mettre sur pied une page (confiée à un ténor) dans laquelle l’atout maître est le style descriptif, instrument docile de la poésie. Le pizzicato des cordes scande le temps (Renvoi aux cantates BWV 73/4 et BWV 127/3), qui est arrêté par un artifice d’une extrême élégance, un effet d’écho entre les deux hautbois d’amour…le pizzicato qui imite la cloche des morts, la Leichenglocke… Renvoi aux cantates BWV 73/4, 8/1 et 127/3 ».
CANDÉ : «…Dans un air d’une sublime intensité, le ténor appelle « l’heure bienheureuse » (Schlage doch bald, selge Stunde) tandis que les pizzicati des cordes évoquent les cloches des morts ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 929/930] : «…Le texte renvoi à la cantate BWV 127/3 « O glas funèbre, ne tarde pas à sonner pour moi » et BWV 161/4 « Arrive donc, joyeux jour de la mort, / sonne donc, ô dernière heure ! ». Réseau de pizzicatos de cordes figurant le tintement du glas, effets d’écho dans le lointain entre les deux hautbois d’amour semblant fredonner une berceuse…»
FINSCHER : «…l'air de ténor, avec les récitatifs, le seul morceau de l'œuvre dont les paroles ne se rattachent pas au choral, intensifie le ton de renoncement au monde jusqu'à atteindre celui d'une aspiration peu s'en faut extatique à la mort. Les hautbois fournissent comme accompagnement une mélodie faisant penser à une berceuse tandis que le glas retentit en pizzicato aux cordes ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 54] : « Ach, schlage doch bald, selge Stunde : le thème instrumental avec l'écho comporte 24 notes et sonne 12 fois = les heures du jour... minuit ? »
LEMAÎTRE : «…allusion glas de la dernière heure... Les hautbois d'amour conduisent mélodiquement la pièce tandis que le pizzicato des cordes illustre la sonnerie des cloches, rythmiquement étagée sur trois paliers : noires au continuo, croches aux violons II et alto à l'unisson, doubles croches aux violons I ».
MACIA : «…mysticisme exacerbé que Bach souligne de l’évocation des cloches funèbres par les cordes en pizzzicati sur trois niveaux : doubles croches pour les premiers violons, croches pour les seconds violons et les altos, noires pour le continuo » [citation de Isoyama Tadashi ?]
NYS, Carl de : «…de cette aria Bach fait un véritable petit tableau de genre : les pizzicatos des cordes évoquent les sonneries des cloches mortuaires, cependant que la mélodie legato à intervalles parallèles, des hautbois et des effets d'écho dépeignent bien la douceur de la mort bienheureuse, puisqu'elle est la découverte définitive et réelle de celui que "nous aimons sans le voir encore" comme dit l'Apôtre ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach - L'orchestrations, page 202] : «...l'imitation des cloches... le procédé est enrichi d'une façon ingénieuse : les hautbois d'amour qui soutiennent le battement des violons et de la basse s'attardent en des tenues dissonantes semblables à cet écho d'harmonies fêlées qui traînent parfois dans l'air, quand les cloches se sont tues ». Renvoi aux cantates 73, 107, 20, 53, 172...
TADASHI : «…l’aria de ténor est colorée de la sonorité surprenante d’une symphonie de cloches. Les premiers violons sont en doubles croches, les seconds et les altos en croches, le continuo en noires, tout pizzicato, imitant le son de diverses grandeurs de cloches. Au dessus de cela, deux hautbois d’amour développent un joyeux duo ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach |Le musicien-poète, le langage musical des cantates, page 234] : «…un des sujets de prédilection de Bach, c'est le glas funèbre : si vague que soit l'association d'idées que le texte offre au maître, elle suffit pour qu'il fasse intervenir les pizzicati caractéristiques » [+ Exemple musical]. Renvoi aux cantates BWV 198 et 8.
SCHWEITZER [J.S. Bach, pages 248 à 250] : «…La même heureuse ambiance [que dans le mouvement 3] s'exprime dans le splendide air de ténor, le pizzicato des cordes produisant le merveilleux effet d'écho de cloches lointaines. Le soin que prit Bach pour marquer ces nuances doit être particulièrement noté ».
WIJNEN : «…l’aria de ténor est l’une des plus sublimes créations de Bach… Sur des accords ondulants des trois hautbois –un des procédés préférés de Bach – les pizzicatos d’une beauté irréelle sonnent doucement les cloches de la mort…»
[Le glas renvoie aux cantates BWV 161, 8 et 27 (et pour mémoire, bien que non composée par Bach à l'air BWV 53 avec son fameux "Schlage doch gewunschte Stunde").

6] REZITATIV BAß. BWV 95/6 [5]

DENN ICH WEIß DIES / UND GLAUB ES GANZ GEWIß, / DAß ICH AUS MEINEM GRABE / GANZ EINEN SICHERN ZUGANG ZU DEM VATER HABE. / MEIN TOD IST NUR EIN SCHLAF, / DADUCH DER LEIB, DER HIER VON SORGEN ABGENOMMEN, / ZUR RUHE KOMMEN [Wustmann donne la variante : "zur Ruh wird kommen"]. / SUCHT NUN EIN HIRTE SEIN VERLORNES SCHAF / WIE SOLLTE JESUS MICH NICHT WIEDER FINDEN, / DA ER MEIN HAUPT UND ICH EIN GLIEDMAß BIN ! / SO KANN ICH NUN MIT FROHEN SINNEN / MEIN SELIG AUFERSTEHEN AUF MEINEM HEILAND GRÜNDEN.
Car je sais / et je crois fermement / que de mon tombeau / j’aurai un accès assuré au Père. / Ma mort n’est qu’un sommeil / grâce auquel le corps, délivré des tourments de cette terre, / est parvenu au repos. / Et si un berger cherche sa brebis perdue, / comment Jésus ne saurait-il pas me retrouver, / puisqu’il est mon chef et que je suis un de ses membres ! / C’est pourquoi je puis d’un cœur réjoui, / fonder sur mon Sauveur ma bienheureuse résurrection.
Auteur du texte inconnu.

Si mineur (h moll), Sol majeur (G), 17 mesures, C
BG. Jg. XXII. Pages 152/153. RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN : Récitatif secco. Basse avec partie finale en arioso.

MACIA : «…on notera l’ascension mélodique sur le vers « sichern Zugang zu dem Vater - j’aurai un accès assuré au Père »
TADASHI : «… La ligne « selig Auferstehenjoyeux retour à la vie » est accompagnée d’une grande ligne de continuo ascendante qui fait une forte impression…»
[affect sur le mot "Auferstehen - Résurrection" et sur le mot final « Gründenfonder » aux mesures 16 et 17.

7] CHORAL. BWV 95/7 [6]

WEIL DU VOM TOD ERSTANDEN BIST, / WERD ICH IM GRAB NICHT BLEIBEN ; / DEIN LETZTES WORT MEIN AUFFAHRT IST, / TODSFURCHT KANNST DU VERTREIBEN. / DENN WO DU BIST, DA KOMM ICH BIN ; / DAß ICH STETS BEI DIR LEB UND BIN ; / DRUM FAHR ICH HIN MIT FREUDEN.
Comme tu es ressuscité de la mort, / je ne demeurerai pas au tombeau ; / Ta dernière parole signifie ma montée au ciel, / tu sais dissiper la crainte de la mort. / Aussi vais-je là où tu es, / afin de vivre et de rester à jamais près de toi ; / Et c’est dans la joie que je quitte ce monde.
Quatrième strophe (et la mélodie) du cantique en cinq strophes de sept vers, Wenn mein Stündlein vorhanden ist, de Nikolaus Herman (1560). La cinquième strophe et la mélodie se retrouvent dans la cantate BWV 31/9. Renvoi à EKG 313 et les chorals BWV 428, 429 et 430
[BCW] : La mélodie figure dans un recueil de Kirchen Gesang publié à Francfort-sur-le-Main en 1569. Sources possibles : Hans Leo Haßler (1607). Elle figure (sans paroles) dans la cantate BWV 31/8. Renvoi aux choral 428 à 430.
Autres utilisateurs : Haßler, Praetorius, Pachelbel, G.F. Kaufmann, J. L. Krebs et transcription de Robert Schumann, etc.

Sol majeur (G), 16 mesures, C
BG. Jg. XXII. Pages 153/154. CHORAL. (Melodie : « Wenn mein Stündlein vorhanden ist ». Fünfstimmig.). | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. / Corno. Oboe d’amore I. II. col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec colla parte et le violon I obligé. Instrumentation comme [1] : Chor - Horn ; Oboe d’amore I, II ; Streicher, B.c. Le choral provient d’un cantique latin intitulé « Turbabor, sed non perturbabor ». La mélodie se trouve dans le Frankfurter Gesangbuch, année 1569.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 305] : «…Et c’est encore sur un choral, naturellement, que s’achèvera cette méditation sur la mort, et sur la chance qui s’offre au fidèle de s’en libérer ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 216/217] : Choral simplement harmonisé. Élaboration choral : Wenn mein Stündlein vorhanden ist = Mélodie de choral (MDC) 107 de type I.
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. pages 58, 62 et 335/336] : «...Mélodie de choral 107 de type I. Le choral est harmonisé et doublé colla parte mais le premier violon se voit confié une partie indépendante ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 933] : « Le musicien met fortement l’accent sur la mélodie du choral… sur les mots « puisque tu es ressuscité de la mort » en la renforçant par le cornet et les deux hautbois d’amour tandis que s’élève par dessus la polyphonie en cinquième voix, la sereine arabesque du premier violon dans l’extrême aigu … Renvoi au cantus firmus de la cantate BWV 31/8
CONDÉ : «…Le choral final est la quatrième strophe du cantique de Herman : Wenn mein Stündlein vorhanden ist. Toute cette cantate est vouée à l’un des thèmes préférés de Bach, celui de la mort libératrice, qui introduit le chrétien dans la vraie vie ».
LYON : «…Le cantique sur la mort « Wenn mein Stündlein… » Cinq strophes (1560), est publié pour la première fois, post mortem, à Wittenberg en 1562 [DKI. I/1 156203) dans la seconde collection de Nikolaus Herman « Historien von der Sintflut ».
Bach mettra cinq fois ce texte en musique avec une mélodie en mode de do [Mélodie 92 ; Z III, 4482a DDK Em6], éditée une première fois en 1569 [DKL. I/1 1569], à Francfort-sur-le-Main, par l’imprimeur Wolff († 1573 ?). Figure (sans les paroles) dans la cantate BWV 31/8 et dans le mouvement suivant, BWV 31/9 avec la avec la cinquième et dernière strophe 5. Voir les chorals harmonisés à quatre voix BWV 428, 429 et 430. James Lyon donne aussi comme référence pour ce dimanche Job 19, 26 [PBJ. 776].
MACIA : «…envolée des violons au-dedes choristes…»
MINCHAM [BCW] : Il y a, comme d’habitude deux points importants à noter : D’abord le premier violon solo flottant par dessus l’ensemble [de toutes les voix], comme l’interprète de l’ardant désir de Jésus…pouvant aussi suggérer l’affranchissement de la mort [humaine] et la montée vers la montée au ciel et l’éternité…Le second est « l’étirement » de la phrase finale et inattendue l’intervention des voix, représentation des « mortels » se préparant à partir vivre avec le Christ ».
[Effectivement, les dernières paroles de ce choral sont comme « la conclusion heureuse » du souhait du vieillard Siméon].

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 95

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
ORON, Aryeh: Discussions 1] 30 septembre 2001 – 2] 16 octobre 2005 – Prévision : 11 mars 2012.
AMG (All Music Guide). Notice par Erik Erikson.
BCW. Commentaire (Aryeh Oron, 2 octobre 2001 et Thomas Braatz, 3 octobre 2001) avec une pénétrante analyse tirée du livre d’Eric Chafe “Tonal Allegory in J.S. Bach” à propos de l’usage des tonalités majeurs et mineurs ainsi que des mouvements descendants et ascendants (catabase et anabase). Renvois aux textes de Spitta, Schweitzer, Voigt, Finscher…
CROUCH, Simon : Notice 1996, 1998.
EMMANUEL MUSIC. Craig Smith.
MINCHAM, Julian. Notice, 2010. Notice tirée de son ouvrage The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 19.

Mélodie du choral Christus, der ist mein Leben [1].
Mélodie du choral Mit Fried und Freud ich fahr dahin [1].
Mélodie du choral Valet will ich dir geben [3].
Mélodie du choral Wenn mein Stündlein vorhanden ist [7].
Texte du choral Christus, der ist mein Leben [1].
Texte du choral Mit Fried und Freud ich fahr dahin [1].
Texte du choral Valet will ich dir geben [3].
Texte du choral Wenn mein Stündlein vorhanden ist [7].

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont) : The new Translation of cantata texts. Hänssler/ Rilling. Série verte. 1991
BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 95 = BC A 136.
BACH-JAHRBUCH. BJ 1975, Klaus Häfner, page 106
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979. Fayard 1984-1985.
Volume 1, pages 96 et 159
Volume 2, pages 253, 269, 279, 303, 304/305, 320, 357, 384
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 30. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 216/217
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
I] Christus, der ist mein Leben. N° 316 (7)
I] Mit Fried un Freud ich fahr dahin. N° 324 (49 et 325)
III] Valet will ich dir Geben. N° 108 (24)
VII] Wenn mein Stündlein vorhanden ist. N° 321 (322, 350 et 351).
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique.
I] Christus, der ist mein Leben. N° 47 (46)
I] Mit Fried un Freud ich fahr dahin. N° 250 (249 et 251)
III] Valet will ich dir Geben. N° 315 (314)
VII] Wenn mein Stündlein vorhanden ist. N° 356 (353, 354, 355 er 357)
CANDÉ, Roland de : Jean-Sébastien Bach. Seuil 1984. Page 140
CANTAGREL, Gilles : Critique du volume 11, Rilling / Erato « Les Grandes cantates ». Diapason, août 1981
: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Page 183, 548 à 550
: Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 38, 927 à 933
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Pages 218 à 221. Le choral Valet will ich dir geben.
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 165/166
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume II, pages 450 à 452
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
FANTAPIÉ, Alain : Critique version Ramin (Eurodisc). Diapason, n° 222, novembre 1977
FINSCHER, Ludwig : Notice de l’enregistrement Das Kantatenwerk / Leonhardt, volume 24. 1979
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling / Laudate 98696. 1978. En collaboration avec Arthur Hirsch.
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 17
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986 CN 53 : pages 19, 26, 34, 40, 54, 99
: Riemenschneider Bach Institute. The Quarterly Journal of the. Baldwin-Wallace College. Berea, Ohio.
Number Symbolism in Bach’s First Cantate cycle : 1723-1724 – part II. Volume VI, n° 4. Octobre 1975.
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling / Laudate 98696. 1978. En collaboration avec Marianne Helms.
ISOYAMA, Tadashi : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki. 1999
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Pages 71/72
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Pages 10, 46, 72, 78, 82 et 83. Incipit [1], n° 13, page 269. Incipit [3], n°120, page 279
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971 Pages 118/119
Literaturverzeichnis : aucune référence
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 21
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 133 et 134
NYS, Carl de : Notice de l’enregistrement Rilling / Erato, volume 11. 1978-1982
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ. »
PFENDER, Marcel : Jean-Sébastien Bach / Chantre de Dieu. Editions « Je sers ». Paris.1943. Page 82
PIEL, Jean-Marie : Critique des albums Teldec, volumes 22, 23 et 24. Cantates BWV 84 à 98. Excellente analyse comparée non pas des cantates, des moyens et du style en générale des versions Harnoncourt et Leonhardt. Diapason 245, décembre 1979.
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 144/145
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 133, 175, 202, 452 et 454
PITROU, Robert : Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 208
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 126/127
Literatur : Spitta; Schweitzer; Wolfrum II; Pirro; Parry; Voigt; Wustmann; Wolf; Terry; Moser; Schering; Neumann; AfMf (Archives Leipzig 1937)
BJ 1914; 1918; 1920; 1931; 1932. Bachfest 1924
SCHNEIDER, Charles : Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942. Pages 104 et 105
SCHUMACHER, Gerhard : BWV 95-98. L’évolution musicale dans les cantates de Bach. Notice in volume 24 Teldec
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 196, 234 et 244
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.Pages 196, 234, 244
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966
Volume 1, pages 170 (note).
Volume 2, pages 77, 94, 242 (note), 248 à 250, 355; 379 (note), 380, 409, 425, 460, pages 463 (notes) et 465
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 462 et 705/706 (Appendix)
WESTRUP, Jack. A., Sir : Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 55
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.. 1959-1985
Volume 1, pages 434, 543 à 548.
Volume 2, pages 270, 301 et 302
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD, page 94 et sur le Net) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. Volume 7. 1998
WOLLNY, Peter : Notice de l’enregistrement de Philippe Herreweghe. 2007
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Page 233 à 235
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 44, pages 106/107
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 95

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Recension de dix enregistrements (septembre 2001 à juin 2010) + 5 mouvements individuels (septembre 2001 à octobre 2008).
Exemples musicaux Christus, der ist mein Leben [1]. Aryeh Oron, avril 2003 à janvier 2005.

9] GARDINER (volume 8). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage. Saint-Jacques de Compostelle, le 7 octobre 2000. Durée 18’05.
CD Soli Deo Gloria 104. 2005. Avec les cantates 161, 27 et 8
5] HARNONCOURT (volume 24). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. 1979. Durée : 14’29
Disque Teldec 6.35442-00-501-503 (SKW 24/1-2). Das Kantatenwerk, volume 24
CD. Teldec 4509-91759 2. Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Volume 5. Coffret de six CD. Avec les cantates BWV 79 à 99
CD Teldec 8-44280 ZK 242583-2 (volume 24). 1989
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et reprise en disque individuel Warner Classics 8573 81181-5 (volume 29). 2007
2] HEINTZE. Domchor u. Bremer Bach Orchester. Christuskirche Vahn-Bremen (D), septembre 1962. Durée : 21’53
Disque Cantate "Bach Studio" 651215. Avec la cantate BWV 33
Reprise en disque SDG 610104 (D) et Vanguard (USA)
Reprise en coffret de 5disques Parnass HF 74033 « Bach-Kantaten-Zyklus » 0651 505 B / 74043. Avec la cantate BWV 175
10] HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Anvers (B), novembre 2006 - février 2007. Durée : 17’57
CD Harmonia Mundi. HMC 901969. 2008. Avec les cantates BWV 84, 27 et 161
6] KOOPMAN (volume 7). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Lisa Larson. Ténor : Gerd Türk. Basse : Klaus Mertens. Durée : 18’50. Waalse Kerk, Amsterdam (ND). Septembre et octobre 1997
CD Erato 3984-23141-2 (1998). Reprise Antoine Marchand Challenge, vers 2002
8] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium Eglise Saint-Nicolas, Elburg (NL), Juin et juillet 2000. Durée : 17’27
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classic. Volume 20 – Cantates, volume 11
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV 93102 21/97 Avec les cantates BWV 101, 127 et 124
1] RAMIN. Soli & Thomanerchor. Orch. Gewandhaus Leipzig. Enregistrement, septembre 1952. Durée : 20’38
Disque Eterna 8 20 457. Kantaten, volume 6. Avec la cantate 106
Disque Corona RDA VEB, 1966-1965 ?
Disque Eurodisc 71-606
Reprise, coffret Eurodisc 89.827. 5 disques. Vers 1975. Avec les cantates BWV 24, 65, 72, 78, 95, 119, 138, 144 et 177
CD Berlin Classics 090982BC. Historische Aufahmen mit Günther Ramin. Coffret de 9 CD. 1997. Avec les cantates BWV 51 et 79
CD Leipzig Classics 001808 2BC. 1999. « Cantatas II – Bach in Germany ». Vol. I. Cantates volume 8 Avec les cantates BWV 51 et 79
Reprise en coffret de 12 CD Leipzig Classics 001000 29C. Vers 1999. CD 8
*3] RICHTER (alias Kurt Bauer). Chœur de la cathédrale de Dresde et orchestre (Orchestre Bach de Munich ?). Soprano : Antonia Fahberg. Alto : Hertha Töpper. Ténor : Ernst Haefliger. Basse Kieth Engen. En concert début des années 1960. Durée : 20’20
Disque Baroque records
4] RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Enregistré en septembre 1977 et janvier 1978. Durée : 21’48
Disque (D) Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98696. Avec la cantate BWV 131
Disque (F) Erato Les grandes cantates. STU 71378 (volume 11). Coffret de 3 disques. 1982. Avec la cantate BWV 105
CD. Die Bach Kantate (volume 50). Hänssler Classic. Laudate. 98.812. Septembre 1977 – janvier/1978 et 1991 Avec les cantates BWV 138 et 161
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 30). Hänssler-Verlag 92.030. 1999
7] SUZUKI (volume11). Bach Collegium Japon. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Septembre 1998. Durée : 17’57
CD BIS 991 Digital 1999. Avec les cantates BWV 136, 138 et 46

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 95
M-1. Mvt. 1 et 7] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950 ou 1960
Disque Baroque Music Club et reprise CD « J.S. Bach : Soli Deo Gloria. Volume 6
M-2. Mvts. 3 et 7] Paul Steinitz. London Bach Society. English Chamber Orchestra. Disque Baroque Music Club, vers 1968 et reprise CD « Bach on Sunday » (compilation de différentes cantates).
M-3. Mvt. 5] Greg Funfgeld. Bethlehem Bach Festival Orchestra. Aria pour ténor : David Gordon (et flûte). New York, église Saint-Michel. New York (USA). CD Newport Classic
M-4. Mvt. 3] Transcription pour orgue, Helge Gramstrup. Orgue d’Arhus (NL), octobre 2004
M-5. Mvt. 5] Arias pour ténor : Christoph Genz. Direction Albrecht Winter. Neue Bachisches Collegium Musicum Leipzig, église Paul. Gerhardt, septembre 2004. CD AVI Music 55

 

ANNEXE BWV 95
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume II, pages 462/463. Leipzig Cantatas 1731-1734 :

«…Une nouvelle composition d'une profonde inspiration pour le seizième dimanche après la Trinité (probablement le 28 septembre 1732 [ancienne datation reprise avant les travaux d'Alfred Dürr] Christus der ist mein Leben, doit être mentionnée ici... Elle commence par un chœur sur ce cantique mais trois autres chorals y sont utilisés aussi, tous connus parmi les plus beaux et les plus familiers des chants funéraires de l'église réformée. Ceci signifie que le sentiment de cette cantate, aussi bien poétique que musical s'en trouve rehaussé d'une puissante intensité. Cependant nous ne manquerons pas de faire remarquer son absence d'unité. L'importance du choral dans les cantates de Bach est essentiel et plus grand que ce qui pourrait simplement naître d'un poème combinant une grande inspiration et une bonne musique. Il [le choral] doit servir de point de repère pour les arias et les récitatifs plus expressifs. Il est alors justifié d'introduire à la fin un choral différent de celui par lequel la cantate a débuté. Dans de tels cas, l'atmosphère [de la cantate] se développe depuis le point de départ par une stricte observance religieuse, de telle sorte qu'elle revienne [à la fin] de nouveau à l'orthodoxie de l'art religieux. Il peut survenir parfois des éléments perturbateurs quand, à la place d'un seul [choral, on en utilise deux ou trois. Nous savons comment Bach pouvait se complaire à la représentation de la mortalité et de la mort. Il a ici, a nouveau, laisser les rênes [libres] à ce sombre sentiment et s'il s'éloigne du premier choral a quatre parties, comme pour en détruire les proportions, il insiste longuement sur le mot "Sterben". La façon dont le chœur laisse place au solo sans transition est vraiment raffiné et imaginative; d'abord un arioso puis un récitatif suivi immédiatement d'un "rafraîchissant" choral dans le style simple de Pachelbel, sur les mots "Mit Fried und Freud ich fahr dahin". Le troisième choral "Valet will ich dir geben" [mouvement 2] est traité comme un trio et il est impossible de s'apercevoir de sa relation avec le choral trio dans "Wachet auf" [BWV 147 ?] A la fin [mouvement 7], survient la quatrième strophe du cantique Wenn mein Stündlein vorhanden ist ».
Volume II, Appendix n° 50, pages 705/706 : « Dans les parties séparées originales de la cantate Christus der ist mein Leben, il n'y a aucun filigrane qui permette de dater la composition. Mais la méthode de notation utilisée pour le Oboi d'amore nous conduit à avancer la date de 1732. A trdifférentes périodes Bach adopta trois différentes et inusuelles manières de notation musicale pour cet instrument et je suis entièrement d'accord avec W. Rust en ce qui concerne une date chronologique indiscutable [Renvoi à BG.XXIII, pages XVI]. On peut aussi ajouter que durant toute la période de Bach à Leipzig, il utilisa pour cet instrument la même notation comme pour le hautbois ordinaire [renvois aux cantates BWV 19, BWV 198, Passion selon saint Matthieu (1729), cantate BWV 9 (vers 1731), Oratorio de Noël (1734), BWV 30 (après 1737) et BWV 116 (1744). De cela il est établi que ce fut seulement occasionnellement que Bach s'efforça d'écrire pour oboi d'amore une tierce plus bas que le ton de chambre [Kammerton] et nous avons donc toutes les meilleures raisons pour assigner à toutes les compositions ayant cette particularité, une étroite période de temps, sauf autres circonstances prouvant le contraire... "

 

Contributed by Claude Role (September 2010)

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