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Cantata BWV 68
Also hat Gott die Welt geliebt
Ainsi Dieu tant aimé le monde
Commentary in French

KANTATE ZUM 2. PFINGSTTAG
Leipzig, lundi 21 mai 1725

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 68 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 68

Lundi 21 mai 1725. Cantate chorale. II. Jahrgang
BCW: « …Seconde exécution dans les années 1735-1740. Alfred Dürr a daté l’exécution le 21 mai 1725. Ceci est basé sur le type de papier utilisé et sur l’identification des copistes. Le copiste 1 apparaît seulement à partir de 1725 et pas avant cette année. Il y a aussi des analogies avec des cantates utilisant d’autres textes de Mariane von Ziegler, cantates apparaissant seulement à partir de 1725 ».
DÜRR: «…La cantate « Also hat Gott die Welt geliebt - Ainsi Dieu a tant aimé le monde » fait partie de la série de neuf cantates sur des textes de la poétesse leipzigoise Christiane Mariane von Ziegler, que Bach composa et fit exécuter entre le dimanche de Jubilate et la Trinité de l’année 1725. Ces neuf cantates terminent le cycle annuel des cantates chorales. En effet, pour une raison que nous ne pouvons plus déterminer aujourd’hui, Bach a renoncé à partir de Pâques 1725, au plan qu’il s’était lui-même fixé, et selon lequel un cantique d’église déterminé servait de matériau de base à chacune des cantates. Il termina dès lors l ‘année liturgique avec des cantates de type usuel. Plus tard, il devait à nouveau écarter du cycle annuel la plupart de ces cantates non liées à un choral, remplaçant certaines d’entre elles par des cantates à base de choral nouvellement composées (BWV 112, 129). Il conserva cependant dans le cycle deux autres cantates, qui ne sont pas des cantates-choral proprement dites (le lien de l’œuvre toute entière avec un seul cantique d’église fait défaut), mais qui commencent néanmoins par un mouvement de choral élaboré symphoniquement, et sont par conséquent étroitement apparentées à la cantate-choral. Il s’agit de la cantate pour l’Ascension « Auf Christi Himmelfahrt allein « (BWV 128) et de l’œuvre enregistrée ici, BWV 68…».
HIRSCH: Classement CN 127 (Die chronologisch Nummer – Numéro chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1725: BWV 183 (13 mai 1725) - BWV 74 (jour de Pentecôte 20 mai 1725) - BWV 68 (lundi 21 mai) - BWV 175 (22 mai 1725) - BWV 176 (27 mai 1725).
NYS, Carl de: «…Datation de la cantate par Alfred Dürr pour le compte de la NBA. Examen du papier et écriture des copistes. Plan de la cantate à l’harmonie architectonique. Deux grands chœurs, le premier plus homophone évoquant l’allure d’un choral figuré, le second plus contrapunctique avec une « immense » double fugue ».
[Quelques musicologues, Schweitzer, Schmieder, Whittaker et d’autres encore, en tenaient pour la dernière période de Leipzig, c’est à dire vers 1735…]

 

SOURCES BWV 68

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
BRAATZ [Provenance]: La partition autographe a existée quelque temps après la première exécution. Il existe des partitions manuscrites du 19e siècle issues des parties séparées et non pas de la partition originale [manquante].
[Ces copies ne sont pas signalées dans l’ouvrage de Werner Neumann].

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom. Thomasschule → Bach Archiv Leipzig. En partie autographe. 17 parties
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 397-398]: «…On ne connaît que les parties originales détachées (aujourd’hui aux Archives Bach de Leipzig) et quelques copies de la partition réalisées passé l’aube du XIXe siècle sur la base de ces mêmes parties…»
HERZ: L’auteur a reconnu les copistes K4 (Johann Andreas Kuhnau, neveu ou petit-fils du prédécesseur de Bach) dans la partie finale de son séjour à Leipzig (1723-1728) ; Christian Gottlob Meissner (à Leipzig, entre 1723 et 1729) et l’écriture de Bach.
Filigrane « R S », celui signalé par Spitta mais complété dans ce cas par trois petits cercles intermédiaires.
SCHMIEDER: Parties séparées (Stimmen) en partie autographes. Avec l’exemplaire des parties conservées, figure l’esquisse du thème du chœur fugué [5] de la cantate BWV 59 [Partition P 161].

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG. Jg. XVI (16e année - BWV 61-70, Anh. 69a). Pages 249-280. Préface de Wilhelm Rust (1868).

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 14. KANTATEN ZUM 2 UND 3 PFINGSTTAG
Bärenreiter Verlag BA 5019. 1962- 2/1985. Heraugegeben von A. Dürr und Arthur Mendel. 5 fac-similés
BWV 68. Pages 33-62.
Avec BWV 173, 173a, 174, 184, 175
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5019 41. Alfred Dürr und Arthur Mendel. 1962-1963
[La partition NBA (Bärenreiter-Verlag, Kassel. 1962) est dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 17. 1977].

AUTRES ÉDITIONS
Bärenreiter. Dürr. 1963 (d‘après NBA)
BCW: Ancienne partition Breitkopf & Härtel, voix et accompagnement. Exemples musicaux
Breitkopf & Härtel Partition PB 2918. - Orch., Stimmen, Orgel und Cembalo (révision G. Schreck) OB 1833/34.
Choeur ChB 547
2008: Partition PB 4568 (32 pages) – Réduction piano et voix et piano (36 pages) EB 7068 – Parties séparées (6) OB 4568
– Chœur ChB 4568
Eulenburg et Hänssler (Partition de poche). Préface de Hans Grischkat (1963)
Kalmus Study Scores. N° 823. Volume XIX. New York 1968. Cantates BWV 66-68
Peters KIA. Réduction Clavier

SCHWEITZER [J.S. Bach, page 251, note]: Fondation de la Bachgesellschaft: les cantates BWV 68 et 138 (Alberto Basso donne en plus la cantate BWV 140) ont été publiées pour la première fois par Breitkopf & Härtel en 1847, comme supplément au troisième volume Evangelischer Kirchengesang de Karl Winterfeldt (musicologue, l’un des co-fondateurs de la Bach-Gesellschaft, né à Berlin le 28 janvier 1784 – 19 février 1852).

 

PÉRICOPE BWV 68

Lundi (2e jour) de la fête de la Pentecôte. Plénitude de du mystère pascal. Cette célébration a été instituée à partir du XIe siècle et forme dans le calendrier romain, avec les jours suivants, l’octave de la Pentecôte où se figurent le vendredi et le samedi dit des Quatre-temps de la Pentecôte.

MISSEL ROMAIN. Lundi la Pentecôte
Épître: Actes des apôtres 10, 34, 42-48 [PBJ 1640]. Fin du discours de Pierre chez Corneille et le baptême des premiers païens
Évangile: Jean 3, 16-21 [PBJ 1587-1588]. Révélation du mystère de l’Esprit. L’entretien avec Nicodème. « Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ».
Psaume 18, 14, 16 [PBJ 814-815]. Yahvé tonna des cieux / Le Très-Haut fit entendre sa voix

EKG (Pfingstmontag - lundi de Pentecôte)
Psaume 106, 1-8 et 44-48 [PBJ 901-903]. « Il eut un regard pour leur détresses alors qu’il entendait leur cri / Il se souvint pour eux de son alliance, Il s’émut selon son grand amour…»
Épître: Actes des apôtres 10, 42-48 [PBJ 1640]
Évangile: Jean 3, 16-21 [PBJ 1587]. Discours de Pierre chez Corneille.
KRAUTSCHEID: « La liturgie de la Pentecôte prévoyait à Leipzig trois jours de fête avec les offices correspondants, aussi n’est-il pas étonnant que toutes les cantates de Bach utilisent pour le deuxième jour de la Pentecôte des compositions antérieures…»

Même occurrence: les cantates BWV 173 et BWV 174

 

TEXTE BWV 68

Texte de Christiane Mariane von Ziegler. Recueil Herzlich in gebundener Schreib-Art. Volume I. Leipzig Bey John. Friedrich Brauns Sel. Erben 1728. Andachtig Gedichte. Fer. II Pentec. Née à Leipzig en Juin 1695 et morte le 1er mai 1760 à Frankfurt sur Oder, c’est la fille du maire de Leipzig, Frantz Conrad Romanus.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 258]: «…Des textes de Mariane von Ziegler ont été retenus dans les cantates BWV 103, 108, 87, 128, 183, 74, 175, 176 »
BCW: « Le fait que [BWV 68] ait été composée trois années avant l’édition fait présumer que Bach peut avoir modifié le texte de celle-ci ».
Modifications du texte (entre l’édition de Mariane von Ziegler et celui de la cantate):
1] Ligne 4: bey ihm leben / mit ihm leben
Comparaisons des textes (Braatz) entre BWV 68/2 et 208/13 (l’original) - BWV 68/4 et 208/7. Les mouvements 1, 3 et 5 de BWV 68 semblent d’une conception originale et plus adaptés entre texte et musique ».
2] Lignes 1, 2 et 4: Mein gläubiges Hertze / Getröstes Hertze frohlocke, sing, schertze / Frohlocke und schertze / Weg Jammer, weg Klagen / Weg Kummer und Plagen
3] Lignes 3-6: Daß mich mein Jesus nicht vergessen / Ist daß mein Heyland mich ohmmöglich kann vergessen / als Mittler zwischen Gott und Mensch vor dißmahl schlichten / Durch die besondre Lieb und Huld, als Mittler zwischen GOTT und Menschen, völlig schlichten
4] Ligne 2: das glaub ich / Ich glaub’es

1] Première strophe du cantique « Also hat Gott die Welt geliebt de Salomo Liscow (1675) citant l’Évangile, Jean 3, 16 [PBJ 1587]. Liscow (Niemitzsch, Basse-Lusace, 25 octobre 1640 - Wurzen, 5 décembre 1689. Pasteur à Otterwisch, 1664. Ce cantique en 9 strophes « Trostlied über den Spruch John. 3, 16 est publié en 1675 à Leipzig. La mélodie (ré mineur) de ce cantique est empruntée à Gottfried Vopelius (1645-1715). Impression en 1682 dans le Neu Leipziger Gesangbuch. [voir James Lyon, incipit de la mélodie 230, page 290].
2] Christiane Marianne von Ziegler
3] Christiane Marianne von Ziegler. Citations de Jean 3, 17 – Actes des Apôtres 10, 26 et 10, 42-48
4] Christiane Marianne von Ziegler
5] Christiane Marianne von Ziegler. Citation Jean 3, 18 [PBJ 1587-1588]

BOMBA: «…Bach interrompit le dimanche de Pâques son projet d’exécuter une cantate-choral pour chaque dimanche et jour de fêtes d’une année entière, en exécutant la cantate BWV 4. On suppose que la raison venait du fait qu’il lui manquait des textes appropriés ou un poète. A la recherche de l’auteur qu’on n’a pas réussi à identifier jusqu’ici, Hans Joachim Schulze (Le monde des cantates de Bach, Vol. 3, pages 116 et suivantes, Stuttgart, 1999). a attiré l’attention sur le directeur adjoint de l’époque, de l’école Saint Thomas, Andreas Stübel qui décéda le 27 janvier 1725 et qui n’était plus ainsi disponible pour produire des textes de cantates après Pâques. En tout cas, Bach exécuta encore son « Oratorio de Pâques » (BWV 249) plus trois cantates sur des textes d’origine inconnue (BWV 6,n 42 et 85) et enfin neuf cantates sur des textes de Christiane Mariane von Ziegler, la fille du maire de Leipzig, Frantz Conrad Romanus. Deux cantates parmi les neuf, à savoir les BWV 128 et 68, sont apparentées au type de cantate-choral dans la mesure où elles commencent par une strophe chorale, ce que Bach mit à profit pour faire un arrangement choral. Il conserva cependant ces deux cantates lorsqu’il compléta son cycle de cantates-chorals qu’il avait interrompu, en y ajoutant de nouvelles compositions. Trois mouvements parmi les cinq de cette cantate [BWV 68] se rapportent mot pour mot au texte de l’Évangile de ce jour [emprunt à BWV3, 23 février 1713…] Pourtant pour la cantate BWV 68, Bach devait arranger la substance musicale des deux airs [2 et 4] au niveau de la métrique ».
DÜRR: «…Le texte de la cantate s’appuie sur l’Évangile du lundi de Pentecôte (Jean 3, 16-21). Les premiers mots du texte évangélique sont d’ailleurs littéralement repris dans le Choral initial, qui est la première strophe du cantique du même nom de Salomon Liscow (1675). Le récitatif (3e mouvement) présente également un rapport étroit avec les paroles de l’Évangéliste (cf. Jean 3, 17 : « Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui »). Le chœur final cite textuellement le texte de Jean 3, 18. Les mots du récitatif « Ich bin mit Petro nicht vermessen » (« Je ne suis pas présomptueux avec Pierre) ont visiblement un rapport avec la lecture de l’Épître du jour (Actes 10, 42-48). On a certes tenté d’en déduire le sens à partir de la réponse de Pierre à Corneille au verset 26 (donc avant le texte de l’Épître !): « Relève-toi, je ne suis qu’un homme, moi aussi ». Mais on peut faire appel aussi bien aux derniers mots de l’Épître, ceux par lesquels Pierre calme le peuple indigné par la constatation du fait que l’Esprit Saint était répandu également sur les païens (verset 47): « Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit-Saint aussi bien que nous ? »). Cela signifierait: L’Esprit souffle où il veut ; moi également, qui ai péché contre la Loi de Dieu, puis en bénéficier ; pensée qui se relie aux paroles selon lesquelles « tous ceux qui croient en lui » ont droit à la vie éternelle, et qui est reprise dans l’air suivant avec les mots « Du bist geboren mir zugute / Tu es né pour mon bien ».
HOFMANN: «…Cantate composée pour le 21 mai 1725… Bach a inversé la relation habituelle entre les sections extrêmes du livret de Christine Mariane von Ziegler et utilisé un cantique dès le début et un verset de l’évangile à la fin… Il est donc possible que le librettiste ait instamment recommander d’utiliser les mêmes mots pour le chœur d’entrée que le cantique de Salomo Liskow (1675) sur une mélodie de Gottfried Vopelius (1682)…»
LEMAÎTRE: «…La première strophe d’un choral de Salomo Liscow (1675) fournit le texte du chœur d’entrée. Cela place directement la cantate en relation avec la lecture évangélique du jour : La rencontre de Nicodème et de Jésus qui explique au Pharisien que le Tout-Puissant n’a pas envoyé son fils sur terre pour juger le monde mais pour le sauver [Jean 3, 16-21] ».
NYS, Carl de: «…Le livret de cette cantate est inspiré par l’Évangile du jour, le texte de Jean 3, 16-21. D’ailleurs le premier chœur reprend les mots de Saint-Jean: « Dieu a tant aimé le monde » mais dans la forme du cantique de Salomon Liscow (1675) ».
WHITTAKER [Volume 2, page 57]: «…Dans le livret de Christiane Marianne Ziegler, le chœur final [5] est suivi d’un nouvel air non traité par Bach ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 68

BLANKENBURG: «…On ne saurait parler ici de cantate chorale car d’autres allusion [au cantique de Liscow] et à plus forte raison de strophes entières, font complètement défaut, Bach recourant ici, une fois de plus, à une autre possibilité de rattacher l’œuvre à la lecture principale du jour : il achève en effet la cantate par un chœur dont les paroles (Saint Jean 3, 18) sont empruntées littéralement à l’évangile du dimanche… »
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ]: «…Toujours sur un livret de Ziegl, au lieu de confier les paroles de Jean « Ainsi Dieu a tant aimé le monde… » à la voix de basse, il traite ce texte en chœur, et qui plus est en élaboration sur MDC. Est-il à court de MDC, alors qu’il existe quelques cinq mille mélodies de choral qui circulent à Leipzig ? Il paraît en inventer une de son cru qu’il traite par sections régulières sur un rythme de sicilienne à 12/8. Est-il à court d’arias pour le centre de sa cantate ? Il en déniche deux dans une vieille cantate profane de Weimar, la cantate de la Chasse…»
FINSCHER: «…Cette cantate fait partie du deuxième cycle annuel des cantates de Leipzig, ayant été composées pour le lundi de la Pentecôte de l’année 1725. Le texte associe en une unité extrêmement complexe, cantique d’église, citation de la Bible et poésie strophique (celle-ci due à Marianne Von Ziegler, poétesse qui était une adepte de l’écrivain leipzigois Gottsched). Les paroles des deux airs célèbrent l’œuvre rédemptrice de Jésus ; seul le récitatif qui les sépare et qui figure par là au centre même de la cantate établit un rapport direct avec l’évangile du jour (Dieu n’a pas envoyé le Christ comme juge, mais comme rédempteur). Les deux morceaux servant de cadre à l’œuvre accentuent ce rapport chacun à sa manière, le choral d’ouverture sur le ton d’une paisible foi en Dieu, le verset de l’Évangile de la conclusion avec une gravité dogmatique presque menaçante. - La diversité de contenu du texte se retrouve dans la composition qui, pour dépeindre des climats aussi différents que ceux offerts par le texte, déploie le riche effectif instrumental avec lequel Bach se plaisait à expérimenter, spécialement dans les années 1724-1725 (cor violoncelle piccolo, hautbois et hautbois de chasse, trombones et cornet à bouquin). Le chœur d’entrée est une des plus originales pages chorales de Bach: la mélodie du cantique y est agrémentée jusqu’au point d’être méconnaissable et enrobée dans un solennel, majestueux mouvement de sicilienne destiné à coup sûr de susciter une association avec la musique de Noël, sphère typiquement rattachée à la sicilienne, et donc avec le miracle de la naissance du Christ. Le ton alerte des paroles des deux airs permit à Bach de reprendre deux airs de la cantate de chasse BWV 208, l’air de soprano ayant toutefois été profondément remanié. D’une grande efficacité musicale, exprimant à merveille par leur mélodie éloquente et se gravant facilement dans la mémoire la joie « subjective » des chrétiens pris en particulier, ils contrastent de manière plein d’effet avec l’ « objectivité » des mouvements extrêmes choral et verset de la Bible. Par sa forme (fugue doublée dans la tradition des motets d’inspiration biblique) et par son instrumentation (cornet à bouquin et trombones allant de pair avec les parties vocales) le chœur final revêt une note délibérément archaïque, qui accentue encore la rigueur dogmatique du texte ».
HALBREICH: «…Cette œuvre est très célèbre, surtout à cause de ses deux airs (repris et amplifiés à partir de la cantate de la Chasse BWV 208), n’avait pas été enregistrée depuis fort longtemps ».
NYS, Carl de: « Le premier chœur [1] reprend les mots de saint Jean: « Dieu a tant aimé le monde… » mais dans la forme du cantique de Salomon Liscow (1675). [5]: Citation presque textuelle du passage de l’Évangile selon Saint Jean 3, 17-18 ». [3] : On trouve également une allusion presque littérale à la première lecture du jour, les Actes des Apôtres 10, 42-48 "Ich bin mit Petro nicht vermessen". En lisant attentivement le texte chanté de toute l’œuvre, on s’apercevra de la qualité de l’enseignement théologique qu’il transmet ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Conclusion, page 473]: «…Dans la cantate pour le lundi de la Pentecôte, le premier chœur, l’épisode instrumental qui termine l’air de soprano [2] et l’air de basse [4] accompagné de hautbois nous donnent des impressions d’été : on dirait que cette œuvre se déroule dans un paysage de prairies en fleurs, sur lesquelles descend, au crépuscule, l’ombre des bois peuplés d’échos ».
SCHWEITZER [J.S. Bach. Volume 1, page 246]:…Selon des lettres -non publiées- de Mendelssohn adressées au collectionneur et musicologue Franz Hauser (1794-1870), on apprend que le musicien appréciait particulièrement les cantates de Bach, les BWV 8, 7, 68 et 78.
ZWANG: «…Deux mouvements de cette cantate de choral proviennent de la fameuse cantate profane, dite cantate de la chasse BWV 208 ; l’aria n°2 s’inspire de l’aria n°13 et l’aria n°4 vient de l’aria n°7 ».

 

DISTRIBUTION BWV 68

NEUMANN. Sopran, Baß. – Chor. Horn (nur in 1) ; Zink, Posaune I-III (nur Chorstütze in 5) ; Oboe I, II, Oboe da caccia ; Violoncello piccolo ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S. B. Chor : S. A.T. B. Instrumente : Oboe I, II ; Taille (Oboe da caccia) ; Cornetto ; Corno ; Trombone I, II, III ; Viol. I, II ; Vla ; Vlc. Piccolo ; Basso ; Continuo.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 659]: «…Le Violoncello piccolo utilisé dans BWV 6/3, 41/4, 49/4, 8/2, 115/4, 175/4, 180/3 et 183/2 (période 1724-1726) ».
BRAATZ [BCW]: «...A Saint-Thomas. 1) Soprano, 2) Alto, 3) Tenore, 4) Baßo, 5) Corne, 6) Trombona I, 7) Trombona II, 8) Trombona III, 9) Hautbois Imo, 10) Hautbois 2, 11) Taille, 12) Violino Imo, 13) Violino Secondo, 14) Viola, 15) Violoncello piccolo, 16) Continuo, 17) Continuo - basse figurée). Le fait qu’il semble y avoir peu de copistes pour ces parties est trompeur car de nombreux autres ont pu recopier les « doublets » à partir de ces parties existantes. Bach lui-même à copié les parties des vents qui n’existaient probablement pas dans sa partition autographe. Trois autres copistes sont impliqués dans les autres parties, avec des corrections de Bach et ajouts des détails (d’exécution) nécessaires ».
HARNONCOURT: « Le cornet, à l’époque » de Bach, n’était plus que l’instrument de dessus des vents dans les mouvements chorals… la désignation officielle et sans équivoque, cornetto, ne figure que dans peu de cantates. Mais le terme ambigu de corno devait très souvent recouvrir cet instrument… La cantate BWV 68 comporte les deux désignations…»
WOLFF: «…L’effectif instrumental de la cantate, outre trois hautbois, un violoncelle piccolo et les cordes habituelles, inclut un cornet à bouquin et trois trombones, ces derniers étant destinés à soutenir le chœur final avec sa polyphonie très exigeante…»

 

APERÇU BWV 68

1] CHORAL CHORSATZ. BWV 68/1

[Stollen I] ALSO HAT GOTT DIE WELT GELIEBT, / DAß ER UNS SEINEN SOHN GEGEBEN. / Stollen II] WER SICH IM GLAUBEN IHM ERGIBT, / DER SOLL DORT EWIG BEI IHM LEBEN./ [Abgesang] WER GLAUBT, DAß JESUS IHM GEBOREN, / DER BLEIBET EWIG UNVERLOREN, / UND IST KEIN LEID, DAS DEN BETRÜBT, / DEN GOTT UND AUCH SEIN JESUS LIEBT.
Ainsi Dieu a tant aimé le monde [autre traduction classique : Ainsi Dieu a-t-il témoigné son amour pour le monde] / En nous faisant don de son fils [qu’il a donné son fils unique] / Celui qui se donne à lui par sa foi / Vivra auprès de lui pour l’éternité. / Celui qui croit que Jésus lui est né / Bénéficiera de son appui pour l’éternité, / Et il n’est guère de détresse qui puisse affliger / Celui qui consacre son amour à Dieu ainsi qu’à son fils Jésus.

Ré mineur (d), 54 mesures, 12/8
BG. Jg. XVI (16e année). Pages 249-257. Nach Evangelium St. Johannis, Cap. 3, V. 16. Oboe I. -Violino I. / Oboe II - Violino II. / Taille. – Viola. / Soprano. Corno col Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. / Continuo. L‘édition BG donne, en tête, la nuance Larghetto.
NEUMANN. Parties instrumentales (ritournelles) indépendantes et vocales encastrées. Cantus firmus au Soprano avec Cor. Imitations et accords
SCHMIEDER. Chor S (+ corno), A. T. B ; Ob. I e Viol. I (all’ unis.), Ob. II e Viol. II (all’ unis.), Taille e Vla. (all’ unis.) ; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 397]: «...La page d’introduction, comme dans une autre des cantates sur texte de Christiane Mariane von Ziegler (BWV 178) utilise la première strophe du lied du même non de Salomo Liscow (1675) « Also hat Gott… » et apparente l’œuvre dans son ensemble aux Choralkantaten, encore que l’on ne puisse tout à fait assimiler BWV 68 et 178, aux cantates d’avant Pâques (1) ; la présence ici, entre autres d’un chœur en style de motet comme page conclusive -et sur texte biblique- au lieu de l’habituel choral (cas unique au sein de cette seconde année) suffit à le prouver. Le choix du lied de Liscow s’explique par le fait que ce poème s’inspire du premier des versets constituant la lecture de l’évangile pour cette fête (Jean 3, 16-21). Sur un rythme de sicilienne -traditionnellement associé à Noël, qui est ici symboliquement rappelé au moment même où le verset néo-testamentaire réaffirme la venue du Christ - se greffe une structure de style motet, avec le cantus firmus, par endroits fortement orné, au soprano (doublé d’un cor) ; les deux premiers distiques de la stance, constitués de huit vers, jouissent du même matériel musical, cependant que les deux autres bénéficient d’une élaboration polyphonique propre et distincte (selon la Barform « variée », AABB’) ».
BOMBA: «…Dans le chœur d’introduction, la mélodie du choral est interprété par le soprano et un cor qui renforce cette voix. Bach inventa un thème libre, indépendant du choral et inséra le mouvement en entier dans un rythme de sicilienne détendu et solennel auquel il adapta la mélodie à un tel point qu’elle n’est presque plus reconnaissable ».
BOYER [: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]: «...Mélodie de choral 009. Choral incrusté de type II. La MDC porte les paroles d’un cantique qui est une simple paraphrase de Jean 3, 16-21. ..Sur le plan élaboration, il s’agit d’un choral incrusté de type II avec ritournelle instrumentale des cordes, de deux hautbois, du hautbois da caccia et de la basse continue. La MDC est incrustée verset par verset dans la trame orchestrale qui développe un rythme de sicilienne ; le cantus firmus est au soprano doublé par le cor, tandis que les trois autres parties vocales se contentent d’imitations ou d’harmonisations. Il est à remarquer que cette MDC très ornée est en fait une véritable aria avec, pour incipit, un saut de sixte mineur ascendante, fait pratiquement unique dans le répertoire des cantiques, les sauts de quarte et de quinte étant fréquents. Il n’existe nulle part, dans l’œuvre de Bach, de reprise de cette mélodie » [Voir « Lyon »: Cette mélodie revient à Vopelius et figure dans le Leipziger Gesangbuch publié en 1682, livre que Bach a certainement eut entre les mains].
DÜRR: «…Dans le monumental chœur d’entrée, Bach reprend la mélodie originale du cantique, due à Gottfried Vopelius (1682), et la confie aux soprani, renforcés par un cor, tout en la structurant d’une manière si remarquablement expressive que l’auditeur d’aujourd’hui, en particulier, qui ne connaît plus la mélodie d’origine, ne la ressentira guère comme un choral. L’introduction et l’interlude, confiés aux cordes que renforcent les hautbois, développent une mélodie au rythme de sicilienne, totalement indépendante du cantus firmus, et les parties inférieures du chœur, accompagnant en accords ou en polyphonie très libre et aérée, en sont largement autonomes elles aussi. Il en résulte un morceau joyeux et délié, d’expression animée et aimable malgré la tonalité mineure de la mélodie du choral, morceau traduisant l’allégresse devant le miracle de la Pentecôte, tout en se plaçant parmi les adaptations de choral les plus libres que Bach ait signées ».
FINSCHER: «…Le chœur d’entrée est une des plus originales pages chorales de Bach: la mélodie du cantique y est agrémentée jusqu’au point d’être méconnaissable et enrobée dans un solennel, majestueux mouvement de sicilienne destiné à coup sûr de susciter une association avec la musique de Noël, sphère typiquement rattachée à la sicilienne, et donc avec le miracle de la naissance du Christ ».
GARDINER: «…Rythme dansant de Sicilienne…»
HIRSCH [Notice du disque Laudate] : Sur « Der Bleibet ewig », les quatre voix du chœur en motet homophone
HOFMANN: «…le cantique apparaît au soprano, exprimé vers après vers et soutenu par les instruments. Les trois voix inférieures font entendre un accompagnement développé librement. L’ornementation très libre du mouvement constitue une particularité. Bach a repris la mélodie notée originellement dans une métrique binaire en la réécrivant à 12/8 avec un accompagnement orchestral indépendant sur un rythme de sicilienne qui donne à la mélodie un balancement agréable malgré sa tonalité mineure. »
KRAUTSCHEID: « La cantate, qui renonce totalement au choral habituellement de rigueur, est ouverte par un chœur qui développe l’atmosphère de l’œuvre. Un rythme pastoral de sicilienne joué par les cordes renforcées par les hautbois accompagne le chant de l’homme dont l’âme est en repos et qui se réjouit en Dieu…»
LEMAÎTRE: «…Cette page, ré mineur, 12/8, appartient au genre du motet sur cantus firmus, chanté au soprano doublé par le cor et balancé par un rythme de sicilienne ».
NYS, Carl de: «…Le premier chœur reprend les mots de saint Jean: « Dieu a tant aimé le monde… » mais dans la forme du cantique de Salomon Liscow (1675). « Le premier chœur est construit assez librement sur la mélodie de Gottfried Vopelius (Leipzig, recueil de 1682) et le cantique de Liscow; mais il faut observer la manière dont Bach adapte ce cantus firmus au point que l’auditeur actuel n’a plus l’impression d’entendre une mélodie de choral. Le thème est doublé par un cor cependant que l’orchestre comporte en dehors des cordes et de la basse continue trois parties de hautbois. La signification du texte de ce premier chœur est soulignée par le rythme pastoral de la sicilienne évoquant l’incarnation, rattachant la Pentecôte à Noël. - Motif initial ascendant à toutes les entrées du chœur symbolisant le regard de la foi qui cherche à s’élever jusqu’à la hauteur de l’amour divin- La mélodie du choral suggère -peut-être- le « Chasseur d’âme ». »
PIEL: «…Critique version Harnoncourt : Le chœur initial, sans doute l’une des pages chorales les plus originales de Bach, semble se traîner sous la baguette du chef viennois. Ce n’est pas une question de tempo - cette Sicilienne majestueuse demande une certaine lenteur solennelle - c’est plutôt que la tension rythmique n’y est pas constante ».
PIRRO [J.-S. Bach, pages 159-160]: «…rythme ondoyant de siciliano, cadencé par le quatuor à cordes renforcé de trois hautbois. Comme dans certains chœurs écrits sur un choral, un cor joue à l’unisson du soprano. Ce surcroît de sonorité affermit la voix supérieure au milieu du cortège flottant que lui forment les instruments et les autres voix. La mélodie se dégage ainsi des replis de l’accompagnement et l’on en distingue mieux la suite quand, marquée par le cor, elle domine le reste du chœur. Mais, à vrai dire, son chant ne l’emporte point sur le chant de l’orchestre. Ce dernier se répand en larges phrases sinueuses, tendres et caressantes, rehaussées d’accents expressifs et le charme de cette longue cantilène instrumentale est le plus puissant. Tour à tour elle nous berce et nous enlève d’autant plus irrésistible en ses élans qu’elle nous a captivés d’abord par son armure continu et balancé ».
SCHWEITZER [Le langage musical des cantates, page 248]: «…La quiétude plutôt joyeuse se trouve exprimée par un motif qui, le plus souvent, apparaît dans les rythmes de 12/8. Renvoi à BWV 208, 29/5 et 68/1 [+ exemple musical].
WOLFF: «…Dans le choral pour chœur [1], c’est au cornet à bouquin de doubler les sopranos chargés de la mélodie ».

2] ARIE SOPRAN. BWV 68/2

MEIN GLAUBIGES [variante:« Getrößtetest »] HERZE. / FROHLOCKE, SING, SCHERZE, / DEIN JESUS IST DA ! / WEG JAMMER [variante: « Kummer und Plagen »] , WEG KLAGEN, / ICH WILL EUCH NUR SAGEN : / MEIN JESUS IST NAH.
O toi, mon cœur fidèle, / Exulte, chante et sois en liesse, / Car Jésus est là, que tu attendais ! / Loin de moi l’affliction, loin de moi les gémissements, / Je ne peux que vous annoncer la nouvelle: / Mon Jésus est proche.

Fa (F), 79 mesures C barré
BG. Jg. XVI. Pages 258-264. Aria. Oboe I. – Oboe II. / Violino I. Soprano. / Violoncello piccolo. / Continuo. Marqué „Presto
NEUMANN. Sopr. Ob. I, Viol. I, Vcllo picc.; Cont. Presto. Libre Da-capo. Elargissement de la partie en trio avec Oboe ; Violine ; Violoncello piccolo ; B.c.
SCHMIEDER. Renvoi à BWV 208/13 et BV/5, Ratswechsel 29 août 1740].

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 397]: «...Les deux arias sont des parodies de pages extraites de la « Cantate de chasse » BWV 208/13 et 7, mais avec de notables changements. Ainsi dans l’aria pour soprano [2] la partie qui était originellement confiée au continuo sous forme de figuration obstinée est à présent proposé comme élément concertant, par un violoncelle piccolo, cependant qu’une nouvelle basse continue intervient en soutien de la page, qui est dotée de plus d’ampleur ; en outre la partie vocale apparaît plus complexe (l’original étant très simple sur le plan mélodique) et vient s’ajouter dans la phase conclusive, une ritournelle instrumentale supplémentaire (mesures 53-79) comportant l’apport, auparavant exclu d’un hautbois et d’une partie de violon, cela en utilisant une petite page qui figurait déjà en appendice [BWV 1040) de la Jagdkantate (BWV 208) ».
BLANKENBURG: «…Cette cantate est surtout devenue célèbre pour l’air « Mein Glaubiges Herze », provenant, après avoir été soumis à un profond remaniement de la cantate BWV 208… Dans sa forme nouvelle, l’air fait partie des plus belles inspirations de Bach. »
BOMBA: « [emprunt à BWV 208…] »…Pourtant, pour la cantate BWV 68, Bach devait arranger la substance musicale des deux airs [2 et 4] au niveau de la métrique. Bach y transforma [aussi] la mélodie et revalorisa la basse continue en lui donnant une sorte de voix solo. Certes ce qui est conservé c’est la ritournelle instrumentale complétant l’air -un morceau qui est inhabituel chez Bach dans ses créations de cantates d’église et qui était déjà très apprécié en raison de son rythme joyeux et léger. Si le son des hautbois dans BWV 208 annonçait une certaine ambiance courtoise, il est devenu l’expression de la solennité dans la cantate BWV 68 ».
CANTAGREL: «…emprunt des éléments de l’air n°13 de la cantate profane BWV 208…mais entièrement refondus en un nouveau morceau… Bach a élaboré une nouvelle partie de basse, la basse ostinato d’origine passant à présent au violoncelle piccolo concertant : à lui de ressasser cet insistant motif de quatre mesures qui reparaît à dix reprises, chantant et exultant, enlacé au soprano de l’âme chrétienne… l’air s’achève sur la ritournelle d’un joyeux trio instrumental, lui aussi issu de la cantate de chasse en traitant en fugato le motif ostinato…»
DÜRR: «…Dès les premières années de la renaissance de l’œuvre de J.-S. Bach, l’air qui suit, « Meine gläubiges Herze - Mon cœur croyant » a bénéficié d’une popularité toute particulière. Il est le fruit d’un remaniement de l’air « Weil die wollenreichen Herden » (Car les troupeaux laineux) de la « Cantate de la Chasse », BWV 208. Le thème d’ostinato, confié à l’origine à la basse continue, est exposé désormais par le violoncelle piccolo (un instrument à cordes que l’on tenait sur le bras à la manière d’un alto de grande taille). Le continuo, récrit en conséquence, suit une nouvelle ligne de basse fondamentale, formé principalement de notes d’appui. Mais les transformations les plus considérables affectent la partie chantée : une mélodie toute simple, presque une chanson, s’est métamorphosée en un chant plein de vie, rehaussé de larges sauts d'intervalles, ornées de nombreux petits mélismes. Enfin, Bach a fait l’air d’une « ritournelle » instrumentale, à laquelle participent les hautbois et le violon, élaborant le matériau thématique de la précédente partie instrumentale pour en faire un allègre trio, s’appuyant sur la basse continue. On trouve déjà ce morceau comme interlude indépendant de la cantate de la Chasse ».
GARDINER: «…Basse bondissante et représentant la danse. Le continuo est confié au violoncello piccolo à cinq cordes… ».
GEIRINGER [Bach, page 188]: «…L’aria de soprano modifié (par rapport à BWV 208) employait la basse obstinée [Ex. musical n°19, page 187] pour laquelle fut écrite une mélodie pratiquement nouvelle, surpassant de loin l’original par la chaleur d’expression et la beauté. Chose assez intéressante à noter, cette séduisante ligne mélodique de la basse apparaît une fois de plus comme mélodie d’une œuvre instrumentale pour violon, hautbois et continuo (Bwv 1040) ».
HIRSCH: «…Le thème « ostinato » revient dix fois. Symbolisme [?]: Les dix plaies de l’Egypte ? = affliction ; gémissements ?). La somme numérique de Mein gläubiges Herze est 202 et la 5e et dernière ligne Ich will euch nur sagen, 202. La soprano chante jusqu’au début du da capo 201 notes avec la structure des mesures 8-12-4-12-4-8-8 soit un total de 52 mesures. Symbolisme numérique de 52 = Jésus = l’église des fidèles… - Analogie du thème avec celui trouvé dans l’opéra d’Antonio Lotti: « Giove in Argo », produit en 1717 à Dresde [voir aussi Whittaker, II, page 53]. Structures A - B- A varié). 2 mesures au soprano et 27 mesures instrumentales (ritournelle) ».
HOFMANN: «…Le compositeur [Bach] confie au violoncelle piccolo une partie importante. Cet instrument dont l’invention est attribuée à Bach qui l’expérimentera dans ses cantates composées en 1724 et 1725 exige une technique de jeu particulière… L’épilogue [du mouvement] est complètement inhabituel et constitue une autre réminiscence de la cantate de « la chasse » avec l’apparition surprise du hautbois et le violon qui développent le thème du mouvement et le conclut dans un climat serein. »
KRAUTSCHEID: «…Bach a varié la forme stéréotype de l’air en faisant suivre le solo du soprano accompagné par le violoncello piccolo et la basse continue d’un ample « concerto-postlude » avec le concours du hautbois et du violon…»
LEMAÎTRE: «…L’aria est dominé par les figurations du violoncelle piccolo qui concerte avec la voix ».
NYS, Carl de: «…Particularité de la cantate, [2]; une partie de violoncello piccolo appelé aussi viola pomposa, qui est une sorte d’alto amplifié - Reprise et amplification de BWV 208/13 : une instrumentation modifiée et améliorée par le texte tout de grâce. Joie de l’âme avec les traits jubilants du violoncello piccolo (appelé aussi Viola pomposa, une sorte d’alto simplifié avec une sonorité plus chaude et plus puissante que l’alto ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - l’orchestration, pages 223 et 233]: «…Dans l’air de soprano, comme dans BWV 49, il semble que Bach ait voulu tirer parti de la sonorité claire et un peu mordante du violoncello piccolo, pour donner à l’orchestration une saveur particulière, où l’on goûte l’âpreté délicieuse d’un fruit printanier. [BG XVI, page 258 + Renvoi à BWV 175 et 180 ]
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - la traduction du texte, page 279]: « Bach se sert au contraire [de l’alto] du soprano dans les airs animés, dans les airs brillants au lyrisme clair et volubile… Les airs de Bach les plus populaires, et c’est tout dire, sont les airs de soprano ».
[Conclusion, - la musique ancienne - la musique étrangère, page 413]: « On peut remarquer enfin une certaine ressemblance entre le début de l’air de soprano de la cantate BWV 68 et ce motif (+ exemple musical) et ce motif, employé par Vivaldi dans l’allegro du quatrième concerto de son œuvre septième (Libro secondo) ».
PIRRO [J.-S. Bach, page 160]: «...L’air est un des airs les plus populaires de Bach. Dans la partie de violoncello piccolo (accordé à l’octave grave du violon) reparaît la basse de l’air pour soprano de Pales (BWV 208). M. Richard Buchmayer a fait entendre dans ses concerts des dernières années un air de Christian Ritter qu’il a découvert à la bibliothèque de la ville de Lüneburg et dans le thème duquel il reconnaît le présage du thème de cet air fameux de la Pentecôte. Ce thème d’allure spontanée s’est d’ailleurs offert à l’imagination de plusieurs maîtres au commencement du XVIIIe siècle. Observons cependant que Bach l’énonce par deux fois, comme Ritter [écrit vers 1918]. A cet air est jointe une sorte de péroraison instrumentale basée sur le motif du violoncello piccolo. Le violon et le hautbois qui n’ont pas figuré dans l’accompagnement, reprennent ce motif en imitations. C’est un prolongement où le lyrisme contenu dans la poésie s’épanouit librement, allégé du fardeau des mots ».
SCHMIEDER: «…Le thème du violoncelle renvoie, comme dans[4] à la pièce instrumentale BWV 1040 (Vl., Hbt et Klavier), Weimar, 1716 ? »
SCHWEITZER: «…L’air de Pan et de Palès (BWV 208) se retrouve dans la cantate pour la pentecôte de l’an 1731 [ ?]. En effet, le célèbre air de la cantate BWV 68 n’est autre chose que le remaniement de l’air pastoral. La mélodie du chant est nouvelle et l’air entier a été porté de trente-six à soixante-dix-huit [79] mesures. Mais la basse obstinée (+ Exemple musical] est d’origine ancienne. Certes, l’air de la cantate est admirable. Mais, à y regarder de près, on s’aperçoit cependant qu’il est d’une autre conception que la basse sur laquelle il repose. L’étage surajouté écrase le bâtiment primitif. En tant que d’œuvre d’art pure, le petit air de la cantate de la chasse, avec sa modeste mélodie, lui est certainement supérieur ».

3] REZITATIV BAß. BWV 68/3

ICH BIN MIT PETRO NICHT VERMESSEN ; / WAS MICH GETROST UND FREUDIG MACHT: / DAß MICH MEIN JESUS NICHT VERGESSEN ! [Variante: Daß mein Heiland mich obsmöglich vergeßen] / ER KAM NICHT NUR DIE WELT ZU RICHTEN, / NEIN, NEIN, ER WOLLTE SÜND UND SCHULD / [variante: « Durch die beßondre Lieb und huld »] ALS MITTLER ZWISCHEN GOTT UND MENSCH VOR [„für“] DIESMAL [variante: völlig] SCHLICHTEN.
Tel Pierre, je bannis de moi la présomption ; Toute ma confiance et ma joie viennent de ce que / Mon Jésus ne m’a point oublié ! / Il n’est pas seulement venu pour juger le monde, / Non, c’est comme intercesseur entre Dieu et l’homme / Qu’il se veut cette fois l’arbitre des péchés et des fautes.

Ré mineur d) → sol majeur (G), 10 mesures, C. Basso ; Cont. Rezitativ secco
BG. Jg. XVI. Page 264. Recitativo. Basso. / Continuo.
NEUMANN.. Recitativo. Basso. / Continuo

BLANKENBURG: « …L’unique récitatif situé au milieu de l’œuvre et commençant par les paroles hermétiques « Ich bin mit Petro nicht vermessen – Tel Pierre, je bannis de moi la présomption », se rapporte de l’avis de maints spécialistes à l’épître du dimanche, tirée des Actes des Apôtres 10, 42-48), où il est question du premier baptême de païens ordonné par Pierre. Mais peut-être serait-il encore plus pertinent d’attirer l’attention sur la foi radieuse de l’apôtre qui, ayant jadis renié son Maître, subit du fait de la Pentecôte un revirement complet…»
HIRSCH: «...Affects (dissonances) sur les mots Sünd et Schuld. Imitations du chant au continuo sur les mots « daß mein Jesus nicht vergessen ».
NYS, Carl de: «...On trouve également une allusion presque littérale à la première lecture du jour, les Actes des Apôtres 10, 42-48 : Ich bin mit Petro nicht vergessen ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 52]: «…Thèmes limpides et forts. Nombreux passages ou Bach associe des thèmes fondés sur l’accord parfait aux mots qui expriment la consolation ».

4] REZITATIV BAß. BWV 68/4

DU BIST GEBOREN MIR ZUGUTE, / DAS [variante: « Ich » GLAUB ICH, MIR IST WOHL ZUMUTE [variante: Ich glaube es mir ist], / WEIL DU VOR [„für“] MICH GENUNG GETAN. / (fin D.c.)/ DAS RUND DER ERDE [variante: « Erden »] MAG GLEICH BRECHEN, / WILL MIR DER SATAN WIDERSPRECHEN, / SO BET ICH DICH, MEIN HEILAND, AN.
C’est pour accomplir mon bonheur que tu es né. / Telle est ma foi qui me rend radieux, / Car tu ne m’as point ménagé tes bienfaits. / Même si la sphère de la terre vient à se rompre / Et que Satan me veuille porter la contradiction, / C’est toi ô mon Sauveur, que j’adore.

Ut majeur (C), 81 mesures, C
BG. Jg. XVI. Pages 265-272. Aria. Oboe I. / Oboe II. / Taille. / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Basso; Ob. I, II; Taille; Cont. Parties de vents (Ob. I, II ; Ob. da caccia). Libre Da-capo avec Ostinatoperioden. Renvoi à la cantate BWV 208/7

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 398]: «...De même [qu’en 2] l’aria pour la basse est élargir par rapport au modèle original mais l’instrumental demeure sans changement ».
DÜRR: « …Le second air de la cantate, auquel mène un court récitatif, provient lui aussi de la « Cantate de la Chasse », où il était confié à Pan, Dieu des forêts et des bergers, ce à quoi fait encore allusion l’instrumentation particulière pour trois hautbois (dont le troisième est un « oboe da caccia » ou cor anglais). Pas plus que dans l’air précédent, le texte ne présente ici la moindre analogie structurelle avec celui du modèle originel. Bach fut donc amené à une profonde transformation de la ligne vocale qui demeure cependant moins décisive que dans le cas de l’air pour soprano ».
HIRSCH: structure Ritournelle - A - B1 - B2 - A (variée et abrégée) - ritournelle
HOFMANN: «…L’écriture somptueuse pour les vents donne une idée du pathos dans lequel Bach a fait baigner la scène avec Pan…»
LEMAÎTRE: «…L’aria requiert la participation du trio d’anches doubles (deux hautbois et la taille des hautbois, équivalent du cor anglais ».
NYS, Carl de: «…Difficile de découvrir une relation entre les paroles chantées dans BWV 208/7 et 68/4. Apparemment c’est une utilisation indifférente entre profane et sacré ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, page 232]: «…Les hautbois sont d’un ton chaud et intense. « Bien qu’ils semblent rudes, ils ont une gaieté qui les fait préférer » dit Mersenne (Harmonie universelle). Cette sonorité flamboyante est mise à profit par Bach, surtout dans les airs où il réunit plusieurs parties de hautbois. Une telle orchestration se rencontre assez fréquemment dans les airs où il veut déployer une harmonie somptueuse sans avoir recours au fracas des trompettes. Renvoi à BWV 208. Le même air que BWV 208 est employé, dans BWV 68, avec des paroles de sentiment analogue »
PIRRO [J.-S. Bach, page 161]: «...L’air de basse avec trois hautbois est entièrement tiré de la cantate de la chasse. Cette instrumentation déjà SCHMIEDER: «…Le thème du violoncelle renvoie, comme dans [4], à la pièce instrumentale BWV 1040 (Vl., Hbt et Klavier), Weimar, 1716 ?

5] CHORALSATZ. BWV 68/5

WER AN IHN GLÄUBET, DER WIRD NICHT GERICHTET, WER ABER NICHT GLÄUBET, DER IST SCHON GERICHTET, DENN ER GLÄUBET NICHT AN DEN NAMEN DES EINGEBORNEN SOHNES GOTTES.
Celui qui croit en lui ne sera point jugé mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
[Dans le fac-similé reproduit par Werner Neumann (Op. cit.), ce mouvement [5] est titré « Dictum »].

La mineur (a) → ré mineur (d), 56 mesures, C.
BG. Jg. XVI. Pages 273-280. Coro. Evangelium St. Johannis, Cap. 3, V. 18. Oboe I. – Violino I. / Oboe II. – Violino II. / Taille. – Viola. / Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. / Continuo.
La NBA donne: Cornetto – Oboe I – Violino I. / Trombone I – Oboe II – Violino II – Trombone II – Taille – Viola. / Trombone III / Soprano / Alto / Tenore / Basso / Continuo (Organo)
NEUMANN.
SCHMIEDER. Chor : Sopr., Alto, Ten, Basso ; Ob. I e Viol. I (all’ unis.), Ob. II e Viol. II (all’ unis.), Taille e Vla. (all’ unis.) ; Cont. (Cornetto col Sopr., Tromb. I coll’ Alto, Tromb. II col Ten. Instrumentation comme [1]
Tromb III coll Basso)
En forme motet étendu à la partie instrumentale. Double fugue avec entrée successive des deux thèmes (façon choral encastré) et combinaison des thèmes.[La mention « piano » porté de la main même de Bach aux dernières mesures du mouvement est exceptionnelle].

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 398]: «...Le morceau conclusif n’est pas un choral mais un motet de style archaïque, dans lequel les instruments -et parmi eux figurent également un cornet pour le superius et trois trombones - doublent les parties vocales, suivant un modèle déjà expérimenté plusieurs fois à Leipzig (dans BWV 2, 38, 64, 101 et 121). Le texte est tiré de Jean 3, 18 et est ordonné selon une structure qui prévoit pour le premier hémistiche - que l’on peut décomposer en deux propositions_ une double fugue, et pour le second une reprise du premier thème ; pratiquement, la structure est la suivante (notons les proportions numériques adoptées) :
Chorus : 1er thème (mesures 1-16) 1a « Qui croit en lui n’est pas condamné »
2e thème (mesures 17-32) 1b « Qui ne croit pas est déjà condamné »
1er + 2e thèmes (mesures 33-40). Rassemblés a + 1b rassemblés »
1er thème (mesures 41-56) 2 « parce qu’il n’a pas cru au nom du Fiunique de Dieu »


BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 608]: « Il est incontestable que l’application de la technique du motet, suivant les manières propres au stylus antiquus, s’étend bien au-delà de la composition des motets au sens étroit du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des autres œuvres de musique sacrée. Renvoi à la note 8 des pages 853-854 : suit la liste des cantates [possédant ponctuellement] un style proche du motet, par exemple BWV 2/1, 4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, 101/1, 108/4, 121/1, 144/1, 179/1, 182/7. On notera en outre que tous les morceaux cités sont développés sur des passages de l’Ancien ou du Nouveau Testament…
BLANKENBURG: «…Avec sa coupe de motet (les instruments, au nombre desquels figurent un cornet –exécuté ici à la trompette [il s’agit de l’enregistrement de Karl Richter]– et trois trombones, jouent également les parties vocales) ce chœur constitue le véritable pendant du chœur initial… de sorte que la cantate entière se voit conférer un encadrement particulièrement solennel…»
BOMBA: «…Une forme plus sévère met l’accent sur le chœur final qui met en musique cette parole de l’Évangile qui se consacre à la foi. Comme cela fut le cas si souvent, Bach se sert de la fugue. Ses deux sujets qui se rapportent aux trois phrases du texte se rassemblent après un affrontement. Le texte final de la troisième « profession de foi » est attribué au premier sujet… la cantate se termine explicitement en « piano » dans une sorte d’écho donc. L’auditeur moderne qui est habitué à des escalades dramatiques et des effets finaux ne pourra probablement pas résister aux intentions de Bach s’il comprend ce que celui-ci a entendu comme signal avisant à la médiation [ ?] »
CANTAGREL [pages 320-321]: Bach choisit donc de composer un grand chœur, dont il va faire une sorte de portique symétrique du choral d’entrée, ces deux piliers, fondés sur les paroles de l’Apôtre, supportant l’arche du commentaire… il a analysé la structure tripartite de la phrase (celui qui croit / celui qui ne croit pas / parce qu’il n’a pas cru), et imaginé son organisation sonore. C’est par une fugue au sujet ascendant qu’il soutient et sertit les paroles essentielles de la première affirmation, « celui qui croit en lui ne sera pas jugé » ; puis, pour mieux souligner l’opposition antithétique de « mais celui qui ne croit pas est déjà jugé », il enchaîne avec une nouvelle fugue, dont le sujet descendant, n’est autre que le contre-sujet de la première. …Cette section s’achève par l énoncé complet des deux parties de l’affirmation évangélique, tandis que peu à peu, par-dessous, naît et s’épanouit une troisième section fuguée sur un nouveau motif, évidemment combiné aux deux précédents puisque cette conclusion apporte aux deux propositions le commentaire explicatif attendu : « parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ».
DÜRR: «…Un chœur écrit dans le style du motet constitue la conclusion de l’œuvre. Les voix y sont renforcées, non seulement par les cordes et les hautbois, utilisés jusqu’ici mais également par l’ensemble des trombones, y compris son instrument aigu, le cornet (Zink). La structure est celle d’une double fugue. Elle débute par le premier thème (« Wer an ihn gläubet, der wird nicht gerichtet - Celui qui croit en lui ne sera point condamné »). Au bout de seize mesures, le thème qui servait jusque là de contresujet apparaît à présent comme second thème indépendant (sur les mots « Wer aber nicht gläubet, der ist schon gerichtet », Mais celui qui ne croit pas est déjà condamné »). Ensuite, les deux thèmes sont combinés entre eux. Dans les dernières mesures du morceau, le premier thème illustre d’autres mots encore, à savoir « denn er gläubet an den Namen den eingebornen Sohnes Gottes » (car il ne croit pas en le nom du Fils incarné de Dieu) - [Kantaten I, 310]: Style du motet avec sa double fugue. Le premier thème sur Wer an hin gläubet et entrée du deuxième thème sur Wer aber nicht gläubet… à la seizième mesure…Les dernières mesures [53 à 56] marquées « piano » donnent un effet d’écho que l’on retrouvera plus tard chez Beethoven Bruckner et Reger mais toutefois sans plus de charme ».
GARDINER: «…une double fugue dont les deux sujets décrivent les deux possibilités [celui croit… : Celui qui ne croit pas] avec doublure des voix par les cuivres archaïques (un cornetto et trois trombones)… Brusquement et affecté au premier sujet, un nouveau texte « car il n’a pas cru dans le nom du Fils unique de Dieu » ; [ce texte] une fois forte, l’autre piano…»
HOFMANN: «…Le chœur final qui reprend un passage de l’évangile surprend tant au niveau du contenu qu’au niveau de la musique, d’une part par le succession brusque d’une promesse et d’une menace, d’autre part par la forme du motet qui prend la forme d’une fugue stricte à deux thèmes marquants qui resteront gravés dans la mémoire de l’auditeur avec l’alternance des déclamations: « Wer an ihn gläubet Celui qui croit en lui… » et « wer aber nicht gläubetmais celui qui ne croit pas…» La régularité de l’entrée progressive des thèmes des basses jusqu’aux soprano puis des sopranos vers les basses souligne le caractère dogmatique des déclamations. L’entrée du cornet à bouquin et des trombone confère au mouvement final le climat de sérieux solennel d’une cérémonie liturgique ».…
HIRSCH: « …En 1725, trois types de chœurs fugués sur des textes bibliques en forme de motet. Renvoi à BWV 108/4, 176/1 et 68/5
KRAUTSCHEID: «…La cantate s’achève par une fugue pour chœur austère à la manière d’un motet qui transforme l’id »e du début en une exhortation sérieuse…»
LEMAÎTRE: «…L’œuvre ne se termine non pas sur un choral mais sur une page archaïque de type motet. Deux thèmes s’affronteront puis se rassembleront. Chacun d’entre eux illustre un hémistiche du dix-huitième verset du passage de saint Jean cité plus haut [1] « Qui croit en lui n’est pas condamné [Jean 3, 18] - 2e thème [Jean 3, 18]: Qui ne croit pas en lui est déjà condamné ».
NYS, Carl de: «…Citation presque textuelle du passage de l’Évangile selon Saint Jean 3, 17-18 ». Double fugue symbolisant ceux qui ne sont pas jugés en raison de leur foi et ceux qui sont déjà jugés à cause de leur manque de foi. Chose fort rare dans les cantates et qui a visiblement été faite pour souligner le texte. Bach a fait appel dans ce dernier chœur à des instruments qui n’étaient pas intervenus jusque là : un Zink (sorte de clarino en bois) et trois trombones soutenant les parties chantées ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - l’orchestration, page 240]: «…l’usage du cor et des trombones chez Bach. Renvoi à la cantate BWV 38, 2: avec trois trombones jouant avec les voix graves du dernier chœur, tandis que le cornetto est joint au soprano » [renvoi BG. XVI, page 273].
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, page 55]: « Le chœur final est tiré du verset 18 de l’évangile. C’est un motet en forme de fugue débutant en la mineur et s’achevant de façon non traditionnelle en ré majeur… [?]

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 68

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG. Commentaire de John Keillor
BRAATZ, Thomas. Provenance
CRAIGH, Smith Commentaires (Spitta, Voigt, Schweitzer, Dürr, Little & Jane, Chafe, etc.)
CROUCH, Simon. Commentaires
ORON, Aryeh: Discussions 1] 30 mars 2003 – 2] 10 juin 2007 – Prévision 20 février 2011

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Vol. 2 (1985): pages 253, 258, 337, 392, 395, 396, 397-398, 412, 618, 835, 839, 853
BLANKENBURG, Walter: Notice de l’enregistrement de Karl Richter. Volume IV, Himmelfahrt, Pfingsten, Trinitatis…1975
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: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 112-113. MDC 009
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CANTAGREL, Gilles: Lemoulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Pages 320-321
: Notice de l’enregistrement de Christophe Coin. 1996
DUFOURCQ, Norbert: Jean-Sébastien Bach / Génie allemand ? Génie latin ? La Colombe 1947. Discographie ancienne, page 240
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HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 36 [2] 130
: Notice en collaboration avec Marianne Helms dans l’enregistrement d’Helmuth Rilling / Laudate 98725, 1982
HOFMANN, Klaus: Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki [Volume 39]. 2008
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: Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 90-91. Pages 358 (reproduction de
la couverture du recueil intitulé „Christianen Marianen von Ziegler : Herzlich in Gebundener Schreib-Art. Leipzig 1728 (surchargé). Page 363: fac-similé des pages intitulées Andächtige Gedichte. Pages 262 et 263 du recueil. Page 510: Cantates contenues dans le tome I du recueil: BWV 103, 108, 87, 128, 183, 74, 68, 175 et 176
NYS, Carl de: Notice du livret du 6e Festival de Mazamet 1971
: Notice de l’enregistrement de Fritz Werner [Vol. 14]. 1963
PBJ : Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
PIEL, Jean-Marie: Critique version Harnoncourt. Diapason n° 219, juillet et août 1977
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Pages 159-161, 198
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PITROU, Robert: Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 91
RICHTER, Bernhard Friedrich: 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs.
In BJ. 1906, S. 43-73
SCHERING, Arnold: 55] Johann Sebastian Bach und das Musikleben Leipzigs im 18. Jahrhundert. Musigeschichte Leipzigs, Bd. III, Leipzig 1941.
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SUZUKI, Masaaki: [Volume 39]. La partie de violoncelle piccolo - L’instrument à vent dans le premier mouvement de la cantate BWV 68
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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ». Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Tome 3, pages 69 et 281
TIÉNOT, Yvonne: J.-S. Bach. (H. Lemoine 1951). Chronologie pour 1735 (d’après Spitta)
VETTER, Walther: 71] Der Kapellmeister Bach, Postdam 1950 (ensemble critique de 31 cantates)
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Tome I: pages 131, 236, 313, 321 - Tome II: pages 38, 47, 51-57, 306, 510, 514
WIJNEN, Dingeman van: Notice (sur CD) de l’enregistrement de J. P. Leusink. 2006
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. 2001
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte, Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Page 144
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 125, pages 207-208
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 68

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Coin (16’14). Gardiner (13’45). Harnoncourt (16’49). Koopman (14’58).Leusink (16’53). Neumann (20’). Richter (17’52). Rilling (17’06). Rotzsch (16’13).Thomas (20’30 et 18‘58). Suzuki (14’05).Werner (19’32). Ziegler (17’45)
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible par [CR, mars 2009].
13 références (octobre 2002-septembre 2008) + 35 mouvements individuels (octobre 2002 - février 2009)
Exemples musicaux (Aryeh Oron – janvier 2003-2005)

9] COIN. Chœur de chambre Accentus. Ensemble baroque de Limoges. Barbara Schlick. Ponitz (D). Octobre 1995
CD Astrée Audivis E 8555. 1996. Avec les cantates BWV 6, 41
10] GARDINER [Vol. 26]. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Cantata Pilgrimage
Long Melford (GB) 11 et 12 , juin 2000. 2006
CD SDG 121. Avec les cantates BWV 59, 74, 34, 172, 68, 174
6] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Peter Jelosits. 6e enregistrement mondial (H. Halbreich). 1977
Disque Teldec 4509-91758. Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 4. 1977. Cantates BWV 61 à 78
Disque Teldec Das Kantatenwerk, [Vol. 17] 6.35335-00-501-503 (SKW 17/ 1-2-BR 2). 1977
CD Teldec 2292-42571-2 Das Kantatenwerk [Vol. 17]. 1988
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 2007 (volume 21). CD 8573-81194-5
12] KOOPMAN [Vol. 14]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Amsterdam, mars 2001
CD Challenge Classics Antoine Marchand 72214. 2001
11] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Juin et juillet 2000
CD Brilliant Classics. Bach Edition, Vol. 21 – Cantatas Vol. 12
Reprise CD Brilliant Classics. Bach edition 2006. IV-27- 93102/103. Avec les cantates BWV 148, 174
5] RICHTER. Münchener Bach-Chor & Orchester. E. Mathis. Herkules-Saal Munich, 19-21 mai 1974 et 24-26 janvier 1975
Partition de la BG (Bach-Gesamtausgabe, Vol. XVI)
Disque ArchivProduktion 2722 025. Volume 3
Disque Archiv Produktion 2533 306. Avec la cantate BWV 34
Disque Archiv Produktion (Coffret IV Himmelfahrt – Pfingsten –Trinitis. Six disques). Disque 2564 157 (1975)
Reprise en coffret Archiv Produktion 30 2722 019 [Vol. IV]. Himmelfahrt (Coffret de 11 disques. Avec BWV 175, 129, 39, 76, 31, 93, 51, 106, 56, 55, 60, 189 + Cantates BWV 211, 212, 201 (K. Thomas) ; BWV 205, 206 (H. Koch)
CD Archiv Produktion, Vol. III/2. 439382-2. 1994. Himmelfahrt; Pfingsten. Trinitatis. Coffret de 26 CD. Avec BWV 175, 129
7] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Décembre 1980 - mars-avril 1981
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98725. 1982. Avec BWV 175
CD. Die Bach Kantate [Vol. 37]. Hänssler Classic. Laudate 98888. Avec les cantates BWV 173, 184
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 22]. Hänssler-Verlag 92.022. 1999
8] ROTZSCH. Thomanerchor Leipzig. Neues Bachisches Collegium Musicum. Arleen Auger. Philippe. Huttenlocher.
Leipzig, janvier, février et avril 1981
CD Leipzig Classics et Berlin Classics 00215023C. Bach made in Germany. Vol. 4 - Cantatas II
13] SUZUKI [Volume 39]. Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women’s University Chapel. Japan. Février 2007
CD BIS-SACD 1641. Avec les cantates BWV 175, 28, 183, 85
1] THOMAS, Kurt. Kantorei der Dreikönigskirche Frankfurt. Orchestra of the Collegium Musicum. Vers 1952
Disque L’Oiseau-Lyre. 1er enregistrement par Kurt Thomas
2] Deuxième enregistrement. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Mai-juin 1960
Disque Eterna 820210 (RDA), vers 1960
Disque Electrola STE 80609. Avec les cantates BWV 4 et BWV 111
CD Leipzig Classics puis Berlin Classics. Bach made in Germany, vol. 2 - Cantatas I
3] WERNER. Heinrich Schütz-Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Ilsfeld (D). Juin 1963
Disque Erato STU 70181 [Vol. 14] Les Grandes Cantates (2 éditions). Avec les cantates BWV 98, 53
CD Warner Classics. 2564 61401-2 [Volume 1]. 2004
4] ZIEGLER, Klaus Martin. Kassel Vocal Ensemble. Deutsche Bachsolisten. Ursula Bückel. Theo Altmeyer. Jakob Stämpfli.
Milieu des années 1960
Disque Cantate Bach-Studio 651220. Mid 1960’s. Avec la cantate BWV 172
Reprise disque (reprise) SDG 610 114
Reprise disque Nonesuch (1971 USA) avec notice de Joshua Rifkin
Selon Harry Halbreich cet enregistrement avait l’objet d’une réédition éphémère en 1970 (Harmonie, n°55, page 76)

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 68
M-1. Mvt. 2]. Ernestine Schumann-Heink. Victor Orchestra. Disque Romophone 1913 [ !] Report CD
M-2. Mvt. 2]. Charles Panzéra (baryton) - Magdeleine¨Panzéra-Baillot : piano. Disque Pearl. 1926. Report CD
M-3. Mvt. 2]. Elsie Suddaby (soprano) - Madame Adami (piano). Disque Amphion Classical. 1927. Report CD
M-4. Mvt. 2]. Germaine Lubin (chanté en français). Disque Club 99. 1930. Report CD
M-5. Mvt. 2]. Lotte Leonard (soprano) German Opera Arias. Disque Parlophon P 9414. Vers 1930
M-6. Mvt. 2]. Basil Cameron. Isobel Baillie (sopran).. Birmingham Symphony Orchestra. Disque Columbia DX 1022. et Dutton. Juin 1941.
Report CD (discographie Dufourcq)
M-7. Mvt. 2]. Elisabeth Schwarzkopf. Geraint Jones (Organ). Disque EMI. Octobre 1950. Report CD
M-8. Mvt. 2]. Max Rudolf. Eleanor Seber (Soprano).. Columbia Symphony Orchestra. Disque ( ?). Septembre 1951.
Report CD Sony Classical
M-9. Mvt. 2]. William H. Scheide. Jean Carlton (soprano). Bach Aria Group. Disque MGM. Début des années 1950
M-10. Mvt. 2]. Eileen Farrell (Soprano). Bach Aria Group. Disque Decca. Milieu des années 1950
M-11. Mvt. 2]. Bach Aria Group. Ritournelle suivant [2]. Maurice Wilk (Vl. Vlc. Piano, Hautbois). Disque Boston Records. Février 1956
M-12. Mvt. 2].Elisabeth Schwartzkopf. Thurston Dart. Philarmonia Orchestra. Disque Testament. Juin 1957. Report CD
M-13. Mvt. 2]. Mezzo soprano: Zara Dolukhanova. Disque Melodya. 1958. Il s’agirait, en fait de BWV 169/3 [?]
M-14. Mvt. 2]. Joan Sutherland (Soprano). André Navarra. London Harpsicord Ensemble. Disque Bella Voce. 1958. Report CD
M-15. Mvt. 2].Victoria de Los Angeles (Soprano). Yehudi Menuhin. Bath Festival Orchestra.. Juin 1964. Disque puis CD Testament
M-16. Mvts 1 et 5]. Karl Richter. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Début des années 1970. Report CD Baroque Music Club
M-17. Mvt. 2]. Kate Hurney (Soprano). Piano Bruce Eberle. Disque Music Minus One. Laureate Series. 1975
M-18. Mvt. 2].Gaelin Gabora (Soprano). Vladimir Spivakov. Disque Melodiya. Vers 1975
M-19. Mvt. 2]. Arrangement pour trompette et orgue. Maurice André et Jane Parker-Smith (Orgue). Mai 1977. Disque puis CD EMI
M-20. Mvt. 2]. Tatiana Sterling (Soprano). Olgerts Cintins (Orgue). Disque Melodiya, 1981
M-21. Mvt. 2]. Richard Kapp. Arrangement pour trompette. Edward Caroll. Philarmonia Virtuosi of New York.
CD Sony Classical. Janvier 1984
M-22. Mvt. 2]. Arrangement pour ensemble de Vents. Canadian Brass. CD RCA, 1993
M-23. Mvt. 2]. The Aulos Ensemble Julian Baird (Soprano).. CD Music Masters Classics. 1993 ?
M-24. Mvt. 2]. Arrangement pour trompette et orgue. Stuart Langthon - William O’ Meara. CD Opening Day, 1994
M-25. Mvt. 2]. Robert Sadin Kathleen Battle (Soprano). + Vl., Hautbois, Violoncelle, Double basse et Orgue. CD Sony Classical. Nov. 1995
M-26. Mvt. 2]. Derek Holman Ténor Nicholas Donnelly.. St-Simon Men & Boys Choir. Toronto. CD IBS, 1996
M-27. Mvt. 2]. Arrangement pour trompette et orgue. Thierry Caens - Vincent Warnier. CD Pierre Verany, février 1998
M-28. Mvts. 1 et 5]. Rolf Schweizer. Motettenchor Pforzheim. Barockorchester L’Arpa festante. CD Amati, juin 1999
M-29. Mvt. 2]. Arrangement pour harpe. Julia Shaw & Nora Bumanis. CD CBC, juin 1999
M-30. Mvt; 2]. Dorothee Mields. Leipziger Concert Ensemble. CD Raum Klang (Leipzig), février 2000
M-31. Mvt. 2]. Transcription pour piano. Petronel Malan. CD Hänssler, janvier 2001
M-32. Mvt. 2]. Antony Walker. Sara Macliver (Soprano).. Orchestra of the Antipodes. CD ABC Classics. Octobre, décembre 2003
M-33. Mvt. 2]. Kevin Fox. Julian Abelskamp (Boy Soprano). Troubadors of the Pacific Boychoir. Oakland. CD Titanic, juin 2004
M-34. Mvt. 2]. Julia Schechtman Pabst (soprano). Saul Schechtman (piano). CD 2004
M-35. Mvt. 2]. Transcription pour piano. Jonathan Plowright. CD Hyperion, juillet 2005

DISCOGRAPHIE (Norbert Dufourcq avant 1947)
M-1. 2]. Ernestine (Elisabeth ?) Schumann-Heink et piano. Victor Orchestra. Disque Victor 7388 et Romophone 1913 [ !] Report CD
M-4. 2]. Germaine Lubin (chanté en français). Disque Odéon 123641 et disque Club 99. 1930. Report CD
M-5. 2]. Isobel Baillie (sopran. Basil Cameron. Birmingham Symphony Orchestra. Disque Columbia DX 1022 et Dutton. Juin 1941.
Report CD +
- [2] Malnory-Marseillac (soprano et piano (en français). Disque Lumen 32005
- [2] Margherita Perras (soprano) (+ orgue) Suisse. Disque G. DB 10093
- [2] Mark Hambourg (en anglais). Disque HMV B. 4180
- [2] Kinsey, G. Disque C ( ?) 2571
- [2] Lotte, Leonard (soprano) et piano (en allemand) Disque PAR 9414 et 59103

 

ANNEXE BWV 68
Philipp Spitta

Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889-1951. Trois volumes. Volume 3, pages 69-70 et 281

« Deux cantates pour la Pentecôte, Les cantates BWV 74 et BWV 68 n’existent seulement qu’en parties séparées tirées de compositions antérieures… Pour les arias dans la cantate Also hat Gott die Welt geliebt, le matériau provient d’une composition profane Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd [BWV 208]. L’habileté de cette réutilisation, avec la belle aria pour soprano « Mein gläubiges Herze » a été étudiée par ailleurs [renvoi à l’étude de la cantate BWV 208, volume 1, page 568]…Chacune des arias [avec celle de la cantate BWV 74] est agrandie par un chœur qui y puise son caractère. Par ailleurs, l’air de basse [4 dans BWV 68] débouche sur une puissante fugue conclusive renforcée de passages pour trombones…
Page 281: un nouveau filigrane (« R o S ») particulier caractérise les cantates suivantes: BWV 103, 108, 87, 128, 44, 59, 68, 175 et. Au dos du manuscrit autographe de la première cantate [BWV 103], on découvre le thème du chœur conclusif [5] de la cantate BWV 68…
[John Eliot Gardiner avoir noté ce détail car il écrit dans sa notice à propos du cinquième mouvement : « Sur la dernière page du manuscrit [lequel ?] Bach a ajouté une coda instrumentale, le violoncello et son continuo étant augmenté d’un hautbois et d’un violon »…]
Ces huit cantates montrent aussi une affinité générale tant dans la forme que par la structure et dans plusieurs d’entre elles on trouve un instrument inhabituel, le Violoncello piccolo ».

 

Contributed by Claude Role (April 2009)

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Last update: ýApril 22, 2009 ý10:20:08