AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables
ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de
donner à lire un ensemble cohérent d’informations
et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un
panorama élargi et espéré parfois inédit
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques interventions « CR » identifiées
par des parenthèses [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= la majeur
(B)
= si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG
= Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= ut majeur. (c) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur – (d) = ré mineur
(E)
= (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= fa
(G)
= Sol majeur. (g) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne / Angleterre
(H)
= si
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
Ost
= Original Stimmen
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.
DATATION BWV 62
Leipzig,
3 décembre 1724.
GARDINER :
Reprise de la cantate pour le premier dimanche de l’Avent,
(avec une nouvelle partie de « violone »
rédigée par Anna Magdalena).
[Cette
hypothèse « précise » n’a
pu être corrobée par ailleurs].
HERZ :
Ancienne datation 1735-1744. L’auteur avance l’hypothèse
d’une nouvelle exécution de la cantate entre 1732 et
1735.
HIRSCH
: Classement CN 102 (Die chronologisch Nummer). 2. Jahrgang.
Choral-Kantaten. Deuxième cycle annuel des cantates de
Leipzig.
Chronologie
(Alfred Dürr). 1724 : BWV 26 (19 novembre) - BWV 116 (26
novembre) - *BWV 62 ( 3 décembre) - BWV 91 (25 décembre)
- BWV 121 (26 décembre) - BWV 133 (27 décembre) - BWV
122 (31 décembre, premier dimanche après Noël).
SCHMIEDER
- SCHWEITZER (d‘après Spitta) : Leipzig, entre 1735 et
1744.
WOLFF
: [Album CD Koopman, volume 13]. Selon
cet auteur, la cantate BWV 62 (comme la cantate BWV 93) aurait à
nouveau été dirigée après 1750 par
Johann Friedrich Doles, successeur de Bach au cantorat de
Saint-Thomas de Leipzig].
[Voir
ci-dessous « copie de Penzel » dans l’ouvrage
d’Alberto Basso : Jean-Sébastien
Bach, tome I, page 59
à 62] .
SOURCES BWV 62
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB.
/SPK
Mus.
ms. Bach P 877 M.
Berlin = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz. Anciennement à la Marburg, Staatsbibliothek
(dépôt) puis Berlin-Dahlem.
BRAATZ
[BCW / Provenance] : « La partition autographe fut
acquise en 1904 par la BB/SPK
/ Berlin]. Elle
provenait de la collection de manuscrits ayant appartenus au chanteur
Joseph Hauser qui en avait hérité de [son père]
Franz Hauser mort en 1870.
[Franz Hauser
(1794-1870). Musicologue, l’un des fondateurs de la BG a établi
l’un des tous premiers catalogues de l’œuvre de
Bach]. Franz Hauser l’avait lui même acquise en mai 1833
auprès du Cantor G. Schuster qui était un neveu de
Christoph Friedrich Penzel. Ce dernier durant ses dernières
années à Leipzig [vers 1750-1755] l’avait eu
[peut-être) en main auprès du Cantor Doles, un élève
de Bach [et son deuxième successeur].
A
l’origine [à la mort de Bach en 1750], son fils Wilhelm
Friedman avait eu cette partition en héritage… [il
l’emporta à Halle où il était directeur de
la musique et organiste à la Marktkirche depuis 1746.
Peut-être même la cantate BWV 62 y fut-elle de nouveau
exécutée ? C’est en juin 1761 que Penzel en
fit une copie. Voir ci-après « Copies
18e siècle ».
- Le cheminement signalée de la partition de BWV 62 est à
rapprocher de celui de la cantate BWV 92
Généralement
la partition [autographe] de Bach est lisible mais elle semble
cependant avoir été rédigée dans
l’urgence, à en juger par l’écriture
[habituelle] de Bach. Le titre sur la couverture n’est pas
autographe mais le titre pris à la première page
l’est : On lit ainsi : « J.J .
[Jesu juva]
Doica. 1 Adventy Xsti
[pour Christi] Nun komm
der Heyden Heyland.
L’instrumentation ne figure pas sur la partition mais sur la
dernière page on trouve le « classique SDG
[Soli Deo Gloria].
[A
la suite de Friedrich Smend il est intéressant de noter que la
valeur numérique des lettres de SDG
(Gematria = 18 + 4 + 7 = 29) est l’équivalent de J.S.B
[initiales de Jean-Sébastien Bach, c’est à dire 9
+ 18 + 2 = 29] valant non seulement comme signe de glorification au
Seigneur mais aussi comme une « discrète »
signature !]
BG.
Titre pris à la couverture (non autographe) : « Dom
I Advent Christi | Nun komm, der Heyden Heyland p. | a 4 Voc. 2
Hautbois, 2 Violini, Viola e Continuo di Sig. Joh. Seb. Bach. ».
Bel autographe
SCHWEITZER
[J.-S. Bach | Le
musicien-poète,
page 197] : « Cette cantate repose en partie sur la
cantate pour l’anniversaire de naissance de la princesse de
Cöthen ». [Cette proposition n’a été
retrouvée nulle part ailleurs…]
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach, volume
III, Volume
3, page 285] : «…The « Half Moon Watermark »
(filigrane représentant une demie lune) sur la première
moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est
caractéristique d’un grand nombre de cantates de la
dernière partie des oeuvres de Bach”.
[Suit
une série de 31 cantates dont la cantate BWV 62, en si
mineur].
WOLFF :
« La partition autographe de 1724 porte, de la main de
Bach, l’indication de l’ordonnance du service divin à
Leipzig - comme pour la cantate de l’Avent BWV 61. Cela renvoie
non seulement à la destination liturgique de la cantate, mais
surtout au fait que l’année ecclésiastique
commence au premier Avent ».
[Le
détail du déroulement du service liturgique, avec
quelques légères variantes par rapport à celui
qui est rédigé sur la partition de la cantate BWV 61,
figure dans l’ouvrage d’Alberto Basso, Jean-Sébastien
Bach, tome 2, page
43].
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St
Thom L. Leipzig,
Musikbibliothek der Stadt Leipzig. Thomasschule,
Bach-Archiv.
HERZ
: Les copistes seraient Johann Andreas Kuhnau (neveu -?- du
prédecesseur de Bach à Leipzig dans sa période
tardive s‘achevant le 30 décembre 1725 et Christian
Gottlob Meissner (décembre
1707 † 16 novembre 1760), copiste de Bach durant son séjour
à Leipzig (1723 à 1729).
BG.
: doubles des violons et trois exemplaires du continuo, avec parties
autographes, notamment dans le choral final…+ des copies :
BRAATZ
[BCW / Provenance] : « Quinze parties séparées :
Soprano, Alto, Ténor, Basse - Violino primo (+ double),
Violino secundo (+ double), Viola, Hautbois I, Hautbois II, Violone,
Corno, Continuo (un exemplaire non transposé et un exemplaire
avec la basse chiffrée.
COPIES
XVIIIe
SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P
Am 44, 10
Berlin.
P
1027 M.
Berlin Staatsbibliothek Anciennement Marburg, Staatsbibliothek (dépôt
de Berlin) puis Berlin-Dahlem.
(St
397) M.
Berlin Staatsbibliothek. Anciennement
Marburg, Staatsbibliothek (dépôt de Berlin) puis
Berlin-Dahlem avec, selon W. Schmieder une partie
de violon I incomplète.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome I, pages 59
à 62] : « Le 9 juillet 1755, à la mort
de Gottlob Harrer (Kantor à Saint-Thomas de 1750 à
1755) le chef de chœur de la Thomasschule était
précisément Christian Friedrich Penzel (1737-1801),
directeur provisoire la musique sacrée. De juillet 1755, à
février 1756 (avant la nomination du nouveau Cantor, Doles),
Penzel recopia au moins treize cantates de Bach… il ne fait
pas de doute qu’il s’agit là d’un travail
effectué en vue d’exécutions qui eurent lieu
d’abord sous la direction de Penzel puis sous celle de Doles.
Mais Penzel continua ensuite pour son propre compte ce travail de
copiste : quatorze autres cantates de Bach nous sont parvenues,
en effet, sous forme de copies… en partie datées ».
[suit la liste des vingt-sept cantates recopiées. La copie de
la cantate BWV 62 est datée du 15 juin 1761.
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
(BG)
BG.
Jg. XVI (16e
année). Pages 21 à 50. Préface de Wilhelm Rust
(1868). Cantates BWV 61 à 70 et Anh. 69a.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I/ BAND 1. ADVENSKANTATEN
Bärenreiter
Verlag BA 5002. 1961. 5 fac-similés.
Avec
les cantates BWV 61, 36, 36a, 70a et 132.
BWV
62. [1]. Pages 77 à 98. BB. Mus.
ms.
Bach P 877. Rückzeite
der Title Blatter : dos, page de titre. Satz 1.
Kritische
Berichte (commentaires). BA 5002 41. Alfred Dürr.
[Partition
de l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 16. 1976,
à
partir de l‘édition Bärenreiter-Verlg. Kassel 1954
].
AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics. | Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 1.
Bärenreiter TP 1281. 2007.
Serie
I. Band 1. Advent
Kantaten.
Herausgegeben :
Alfred Dürr.
BWV
62. Pages 75 à 98. Bärenreiter –Verlag. Kassel
1954.
BÄRENREITER.
Partition de poche = Bärenreiter. TP
52. Introduction de Werner Neumann. 1956
BCW.
Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2912. Réduction chant et
piano EB 7062. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 1644.
2010 :
Partition (32 pages) = PB 4582. Réduction chant et piano (36
pages) = EB 7062. Parties séparées (5) = OB 4562.
Partition de l’orgue = OB 4562. Partition du chœur
(Chorstimmen), 8 pages = ChB 4562.
CARUS.
Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition (56 pages). Partitur Carus CV
31.062/00. Partition d’étude (Studienpartitur) =
31.062/07. Réduction chant et piano (Klavierauszug) =
31.062/03. Partition du chœur (Chorstimmen) = 31.062/05.
Harmoniestimmen = 31.062/09. Parties séparées =
31.062/11 à 14. Partition de l’orgue (Orgel) =
31.062/493
EULENBURG
/ HÄNSSLER. Introduction de Hans Grischkat, 1958.
KALMUS
STUSY SCORES. N°
821. Volume XVII. New York 1968. Cantates BWV
58 à 62.
PÉRICOPE BWV 62
Premier
dimanche de l’Avent..
Début
de l’année liturgique. Appelé aussi le 4e
dimanche avant Noël. Même occurrence, les cantates BWV 36
et 61.
Épître
: Romains 13, 11 à 14 [PBJ. 1685].
Le
chrétien est enfant de lumière : « C’est
l’heure désormais de vous arracher au sommeil ;
le
salut est maintenant plus près de nous qu’au temps
où
nous avons cru. La nuit est
avancée.
Le jour est tout proche…».
Évangile
: Matthieu 21, 1 à 9 [PBJ. 1487].
Entrée messianique de Jésus à Jérusalem.
Renvois à Marc 11, 1 à 11
[PBJ. 1522] – Luc 19, 28 à 38 [PBJ. 1571-1572] et Jean
12, 12 à 16 [PBJ. 1607].
MISSEL
ROMAIN
Fête
de première classe, en violet: « Pour bien saisir
la liturgie de l’Avent et en particulier celle de ce dimanche,
il importe de se rappeler qu’il existe un lien profond, une
véritable continuité entre l’année
liturgique qui s’achève et celle qui commence.
L’avènement majeur auquel tend l’Avent n’est
pas l’anniversaire de la naissance de Jésus, mais bien
son retour glorieux tel que l’Eglise l’espère
depuis le jour de l’Ascension… toute notre liturgie
terrestre peut se résumer dans le mot « Avent ».
Car elle se célèbre dans une grande attente, jusqu’à
ce que le Seigneur vienne… ».
Lecture
du 1er
dimanche dans le Missel : Introït « Ad
te levavi
animam »
Psaume 24, 1 à 4 - Épître de saint Paul aux
Romains 13, 11 à 14 [PBJ. 1685]. Évangile selon saint
Luc 21, 25 à 33 [PBJ. 1575]. Les catastrophes cosmiques et la
venue du Fils de l’homme.
Communion :
Psaume 84, 13 [PBJ. 881]. Le Seigneur donne sa grâce. Hymne :
« Crator
alme siderum Aeterna /
Divin Créateur des étoiles, indéfectible lumière
des croyants »
[Renvoi éventuel au cantique « Wie
schön leuchtet…]
EKG.
I. Advent (premier jour de l’Avent).
I.
Advent. Zacharie 9, 9 [PBJ. 1443]. Le Messie : « Pousse
des cris de joie, fille de Jérusalem. Voici que ton roi vient
à toi…»
Psaume
24 [PBJ. 821]. Liturgie d’entrée au sanctuaire, avec le
verset 9 en particulier : « Portes,
levez vos frontons / Élevez-vous, portes
éternelles,
/ Qu’il entre, le
roi de gloire ».
Lied
(cantique) = EKG I. Nun
komm, der Heiden Heiland.
Épître
aux Romains 13, 11 à 14 [PBJ. 1685].
Évangile:
Matthieu 21, 1 à 9 [PBJ. 1487]. Entrée messianique
à Jérusalem «…Béni
soit celui qui vient au nom du Seigneur ».
BOYER
[Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
page 60] : «…Le premier dimanche de l’Avent à
Leipzig était d’une solennité particulière
puisqu’il annonçait la venue de Noël, les trois
dimanches suivants ne devaient pas comporter de musique figurée,
l’Avent étant considéré comme un « petit
carême, une traversée du désert… Il y a
dans la liturgie de l’Avent une relation évidente entre
l’annonce de la venue du Christ et l’entrée de ce
dernier dans Jérusalem la veille de sa Passion, le dimanche
des Rameaux ».
Pour
la même occurrence, renvoi aux cantates BWV 61 (2 décembre
1714 et 28 novembre 1723) et BWV 36 (2 décembre 1731).
TEXTE BWV 62
Mouvements
1 et 6. Cantique de Martin Luther avec les strophes 1 et 8 du
cantique "Nun
komm, der Heiden Heiland"
(1523)
Mouvements
2 à 5, lointaine adaptation du cantique de Luther par un
auteur inconnu…les relations avec le texte du cantique
paraissent assez floues. Comme auteur, on a proposé ou
« supposé » le nom d’Henrici, dit
Picander [Werner Neumann, Alberto Basso, Braatz ? etc et Gerhard
Herz à « risqué celui de Bach lui-même.
BOMBA :
« Bach écrivit sa deuxième cantate sur le
lied de l’Avent de Martin Luther dix ans après la
première, BWV 61 [2 décembre 1714 - 28 novembre 1723].
Ce lied, forme allemande de l’hymne latin (de saint Ambroise, à
Milan, fin du IVe
siècle) Veni
Redemptor gentium était
le cantique principal en quelque sorte sur lequel les chorals étaient
chantés lors du service religieux du premier dimanche de
l’Avent…les cantates -chorals en 1724… les
mouvements extrêmes, en général un chœur
d’introduction de grand format et un mouvement choral modeste
comme conclusion, restituent mot pour mot le texte [du cantique]…»
BRAATZ
[BCW ] : « Bach a pu connaître ce cantique par
le biais de l’édition contemporaine du « Weißenfels
Hymnal » (1714).
CANTAGREL
[Le moulin et la
rivière. Air et variations sur Bach] :
« …en bon théologien,, le prédicateur
tient-il, quand bien même les mots du cantique n’y font
pas allusion, à profiler le Golgotha au-delà de
Bethléem, à lier le drame du calvaire à la
naissance dans la crèche…»
SCHNEIDER
[Luther poète et
musicien et les Enchiridien de 1524
] : Texte de Luther (Enchiridion, n° 21, 1524), musique de
Johann Walter, Wittenberg 1524. Pages 39/40 et 88 : mélodie
notée, empruntée à une source grégorienne.
GÉNÉRALITÉS
BWV 62
FINSCHER :
« La composition fait partie du cycle annuel des cantates
chorales que Bach entreprit lors de sa seconde année de
fonctions à Leipzig ; liturgiquement, elle fut donc
prévue pour le 1er
dimanche de l’Avent de l’année 1724. La forme
littéraire et musicale de l’œuvre suit exactement
les normes de ce cycle annuel : la première et la
dernière strophes du cantique luthérien sont reprises
et respectivement mises en musique comme vaste paraphrase chorale et
simple choral final. Les autres strophes font l’objet de
paraphrases poétiques et sont reparties en récitatifs
et airs…»
WHITTAKER :
« La délicieuse et rafraîchissante cantate
primitive portant le titre Nun
komm, der Heiden Heiland,
n° 61, quoique qu’elle ait obtenu plus que toutes autres
nos suffrages, ne peut retenir toute notre attention… et même
s’il serait vain de prétendre que la cantate BWV 62
possède des qualités égales, elle ne saurait
être négligée. C’est une œuvre
intéressante à étudier…»
DISTRIBUTION BWV 62
NEUMANN.
Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Horn ;
Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S,A,T,B. Chor : S,A,T, B. Instrumente : Oboe I, II; Corno;
Viol. I, II. Vla.; Vcl., Basso; Continuo.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : « La
partie de cornet qui se borne à doubler la mélodie du
choral dans les numéros 1 à 6, ne figure pas dans
l’autographe, mais seulement sous forme de partie séparée ».
HARNONCOURT
[Remarques sur l‘exécution, Teldec, volume 16, page 13]
: La partie de corno ne figurant pas dans la partition autographe,
mais apparaissant par contre dans les voix originales, a été
exécutée sur un cornet à bouquin…»
WOLFF
[enregistrement de Ton Koopman, volume 13] : « Nous
présentons une version alternative du mouvement 4 dans
laquelle la basse n’est pas octaviée par les violons et
altos ainsi qu’il est indiqué dans les parties
originales et dont la partie de continuo est harmonisée (en
accord avec la partition autographe) ».
APERÇU BWV 62
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 62/1
NUN
KOMM, DER HEIDEN
HEILAND,
| DER
JUNGFRAUEN
KIND
ERKANNT, | DES
SICH WUNDERT ALLE WELT
[R. Wustmann, variante : „Daß
sich wundre alle Wellt“]
| GOTT
SOLCH GEBURT
IHM BESTELT.
Viens
maintenant, Sauveur des païens, / enfant reconnu issu de la
Vierge, / tel que le monde entier s’étonne / que Dieu
lui envoie pareille naissance.
Martin
Luther. Noël
1523 (mélodie : Altkirchlichen
Hymnus, Gesangbüchlein, Wittenberg 1524).
Strophe
1 du cantique (huit strophes de quatre vers chacune) "Nun
komm, der Heiden Heiland"
(Incarnation du Christ). Musique parfois attribuée à
Luther lui-même ou à Johann Walter (Enchiridion
oder Handbüchlein),
Erfurt 1524 (Erfurter
Enchiridien) et
Wittenberg 1524) et enfin à Melchior Vulpius. C’est en
fait la transcription en allemand avec sa mélodie de l’hymne
ambrosien (vers 386) à Milan, de l’évêque
Saint Ambroise (vers 333-397) : « Veni
[Creator] redemptor
gentium, ostende partum
virginis, »
Genèse
49, 18 [PBJ 78]: "En
ton salut j’espère, ô Yahvé".
Les
versets 1 et 4 du cantique sont identiques
Renvoi
à EKG 1 "Nun
Komm, der Heiden Heiland".
BCW
[mélodie du cantique], renvoie, entres autres à des
œuvres utilisant le même cantique et sa mélodie,
Buxtehude (Prélude de choral BUXWV 211) et des cantates de
Telemann TWV1: 1155 et 1174 à 1178 (années 1711 et
1720/1722).
Si
mineur (h), 82 mesures, 6/4
BG.
Jg. XVI. Pages 21 à 36.
NUN KOMM, DER HEIDEN HEILAND.|
Zweiter
Komposition.
| Dominica
I. Adventus Christi..
| Oboe I. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. /
Corno col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Partie d‘orchestre indépendante avec ritournelles
encastrées. Citations du choral aux instruments. Ensemble des
instruments.
Reprise
„dal Segno“ de la rirournelle aux mesures 2 à 17.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, page
369] : «…Le morceau d’ouverture de style
concertant, présente des citations de la mélodie [du
choral] confiée aux sopranos avec le soutien du cor, également
dans les parties instrumentales (continuo et hautbois). La structure
architectonique est calculée sur la base de précises
combinaison symétriques… Chaque verset [ils sont
quatre] est élaboré polyphoniquement de façon
différente : ainsi, l’imitation anticipe la mélodie
dans les versets I et IV, alors que dans les versets centraux le jeu
contrapuntique est indépendant du cantus firmus…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]
: «
Élaboration
choral sur mélodie (MDC) 077 de type IIb. Ritourelle
orchestrale indépendante. Cantus firmus au soprano + cor ».
Le type IIb = choral “incrusté”… désigne
une mélodie de choral élaborée à
l’intérieur d’un ensemble vocal et instrumental
indépendant. Ce terme correspond à la terminologie
allemande de “Choralchorsatz”.Le type IIb “incrusté”
dans une forme “concerto”… avec exposé du
cantus firmus à l’une des voix…»
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach]
: Mélodie du choral Nun
komm, der Heiden Heiland
: Répertoire d’Erfurt (1524). L’entrée des
trois voix de basses (Basse,Ténor ,Alto) se fait en mouvement
fugué… puis vient planer le cantus firmus au soprano
(doublé par le cor). Cette dsiposition vocale est très
satisfaisante pour l’oreille car la préparation est
exécutée dans le médium et le grave et l’oreille
peut enfin se fixer dans l’aigu sur la mélodie de choral
(MDC)
».
BOMBA :
«…la mélodie… se compose pour l’essentiel
de successions de notes en intervalles de secondes. Cet intervalle
s’élargit à des tierces à trois endroits.
Et à un seul endroit, à savoir de la troisième à
la quatrième note du premier et du dernier (identique) vers du
choral, il s’étend à une quarte… dans
l’ensemble, les tons de la mélodie se trouvent très
proches les uns des autres, ce qui est inhabituel… le cantus
firmus suit… joué par les hautbois avant que les voix
du chœur n’attaquent. Elles préimitent le vers du
choral qui retentit finalement au soprano en valeurs longues et
soutenues par les cuivres. Les trois vers restants du choral sont
exécutés de la même manière, alors que les
intermèdes instrumentaux persévèrent pour
l’essentiel dans la reproductions des motifs développés
dans le premier vers ».
BRAATZ
[BCW] : « Le motif principal du choral apparaît
au début, dès la mesure 2 et réapparaît à
la mesure 15 avant l’entrée des voix ».
[Exemples
tirés de la partition] : Illustration du « motif
de la joie », lignes des hautbois un et deux (d’après
Albert Schweitzer).
… arpèges
descendants (Viola) pouvant « figurer la descente du
Christ sur la terre » ainsi que des figurations sur « le
vol des anges dans le ciel…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : «
De caractère concertant, dans l’éclat
instrumental de son ample ritournelle fondée sur la première
période du cantique, ritournelle reprise pour conclure, ce
morceau est balisé par les quatre blocs vocaux qui énoncent
l’un après l’autre les quatre périodes du
choral. Pour chacune, c’est le soprano qui proclame
l’injonction liminaire en cantus
firmus doublé
par le cornet, tandis que les trois autres voix tissent au-dessous un
contrepoint jubilatoire à partir d’imitations de la
mélodie ou d’éléments de la ritournelle.
Bach a choisi la tonalité alors peu usitée de si
mineur, propre, dans son œuvre, à l’expression de
la souffrance intérieure. »
CHAILLEY :
« Choral Nun
komm der Heiden Heiland.
Cycle de Noël. L’image directrice est évidemment la
descente sur terre du Sauveur. Elle traverse tout le choral sous
forme d’un dessin schématique, tantôt linéaire
à l’une des parties intermédiaires, tantôt
réparti entre les voix…»
FINSCHER :
« Le morceau d’entrée donne à
l’exposition du choral verset par verset la forme d’une
vaste ritournelle ; le ton de concerto et l’éclat
instrumental de la ritournelle ainsi que le coloris sonore des voix
de cantus firmus (soprano et cornet) superposent à la gravité
des paroles du choral la jubilante allégresse de l’Avent. »
HOFMANN
: «…Le
chœur initial suit le modèle courant dans lequel le
choral est exprimé un vers après l’autre au sein
d’un orchestre traité de manière concertante. La
mélodie, utilisée en cantus
firmus, se retrouve à
la ligne de soprano, doublée par un cor. Ici, Bach exprime la
mélodie sur un rythme ternaire de 6/4 ce qui lui confère
une plus grande souplesse. Les altos, ténors et basses
constituent une partie vocale autonome dont le matériau
thématique se retrouve en majeure partie dans la mélodie
du cantique (vers 1, 2 et 4) mais également dans la
ritournelle orchestrale (vers 3). Celle-ci est thématiquement
indépendante de la structure en vers mais cite le vers initial
dans ses premières mesures au continuo et, à la fin, au
hautbois ».
KUIJKEN :
« …brillant caractère concertant…
longue introduction instrumentale de 16 mesures à 6/4…
à la troisième mesure s’ouvre le thème
choral à la basse chiffrée, aisément
reconnaissable à ses longues valeurs de notes… repris
par les hautbois puis les chanteurs entrent en jeu : tout
d’abord les trois voix de dessous avec des interventions en
imitations d’un motif dérivé du thème sur
choral et enfin le soprano (soutenu par le cornet) avec la mélodie
originale de la première ligne du texte… intermèdes
de 8 et 7 mesures…… rapide vocalise sur « des
sich wundert alle Wellt
(image de l’émerveillement ?)… sonne enfin
le dernier vers du cantique, dont la mélodie est identique à
celle du premier vers... Toute l’introduction instrumentale
recommence du début sur la syllabe finale en postlude.
MACIA [Collectif] :
«…Le premier chœur en si mineur, associe un
concert instrumental agité à un chœur plus sobre,
où le cantus firmus est assuré par les sopranos
doublées par le cor, tandis que les autres parties brodent sur
la même mélodie ainsi que, pour le troisième
vers, sur la ritournelle instrumentale…»
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement
instrumental, page
184] : « Motif rythmique formé de croches
et de doubles croches, rythme bondissant des deux hautbois »
[+ Exemple musical, BG. XVI, début de la page 21]. Renvois aux
cantates BWV 10, BG. I, page 277 et BWV 103, BG. XXIII, page 69.
SCHWEITZER
[J.S. Bach,
tome2, page 111] : « Les motifs de la joie [+ Exemple
musical tiré de la basse continue].
2]
ARIE TENOR. BWV 62/2
BEWUNDERT,
O MENSCHEN,
DIES GROßE GEHEIMNIS:/
DER
HÖCHSTE
BEHERRSCHER
ERSCHEINET DER WELT.
| HIER
WERDEN DIE SCHÄTZE
DES HIMMELS
ENTDECKET, / HIER
WIRD UNS EIN GÖTTLICHES MANNA
BESTELLT, / O
WUNDER !
DIE KEUSCHHEIT
WIRD GAR NICHT BEFLECKET.
Emerveillez-vous,
ô êtres humains, de ce grand mystère. / Voici que
les trésors du ciel se dévoilent, / voici qu’une
manne divine nous est attribuée, / O miracle ! la
chasteté n’est même pas entachée.
Paraphrase
ou inspiration empruntées aux versets 2/3 et 4/5 du cantique
de Luther dans les numéros 2 et 3 de la cantate.
Sol
majeur (G), 318 mesures, 3/8
BG.
Jg. XVI. Pags 37 à 44. ARIA. | Oboe I. / Violino I. | Oboe II.
/ Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Partie de cordes (avec hautbois I et II). Ténor. Avec da capo
(mesures 2 à 139).
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, page
274] : Rythme de danse, ici une sicilienne.
BOMBA :
«air encourageant se balance sur un rythme de sicilienne, joué
par tout l’effectif…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : «
Le doux balancement du mètre de sicilienne diffuse une grande
tendresse, que confirme la tonalité paisible de sol majeur,
génialement associée chez Bach à la Nativité…
Le musicien a pris soin de noter la nuance piano
lorsque les seules cordes interviennent (par exemple après,
le, mot Geheimnis -
mystère, et
forte
lorsque s’y ajoutent les hautbois ».
HIRSCH
[Die
Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs]
: Mélisme sur le mot „höch
(ste)
de 39 notes.
HOFMANN
: «…air…
joyeusement animé sur un rythme de danse. Les passages
dansants ont une origine concrète : Bach reprend ici le
modèle d’une danse contemporaine qu’il utilise
volontiers dans sa musique instrumentale. Considéré sur
un plan purement musical, il s’agit ici d’un passepied ».
KUIJKEN :
«…Aria da capo sous la forme de rondo empreinte de joie
dansante. Le ténor chante de manière caractéristique
de longues vocalises sur les termes majeurs « höchster »
et « Beherrscher »… »
MACIA [Collectif] :
«…Rythme de passepied en sol majeur, soulignant ainsi
l’exhortation « Émerveillez-vous,
humains, de ce grand mystère »,
avec des figures joyeuses aux cordes et aux hautbois ».
SCHULZE :
« L’aria du ténor, chantante et cadencée
tient à la fois du menuet et du passe-pied ; elle débute
par une partie instrumentale de 24 mesures, bien close sur elle-même,
qui met en valeur son caractère dansant…»
3]
REZITATIV BAß. BWV 62/3
SO
GEHT AUS GOTTES
HERRLICHKEIT
UND THRON / SEIN
EINGEBORNER SOHN.
/ DER
HELD
AUS JUDA
BRICHT HEREIN, / DEN
WEG
MIT FREUDIGKEIT
ZU LAUFEN
/ UND
UNS GEFFALNE
ZU ERKAUFEN. / O
HELLER
GLANZ,
O WUNDERBARER
SEGENSSCHEIN !
Ainsi
le fils né de Dieu / descend de la gloire et du trône du
Très Haut. / Le héros de Juda arrive, / [Varia :
sur le chemin avec joie, pour venir racheter nos âmes déchues]
prêt à courir joyeusement sa carrière / et à
nous procurer des bienfaits. / O lumineux éclat, ô
merveilleuse lumière de bénédiction !
Paraphrase
ou inspiration empruntées aux versets 2/3 et 4/5 du cantique
de Luther dans les numéros 2 et 3 de la cantate.
Psaume
19, 6, le célèbre „Caeli
enarrant“
[PBJ. 817] : Yahvé, Soleil de Justice : «…
et lui, comme un époux qui sort de son pavillon, se réjouit,
vaillant, de courir sa carrière…»
Ré
majeur (D) - La majeur (A), 9 mesures, C
BG.
Jg. XVI. Page 44. RECITATIVO. | Basso. | Continuo
NEUMANN.
Rezitatif secco. Baß.
BOMBA :
« les mots « Freudigkeit -
joie
- » et « heller
glanz - éclat
lumineux »
utilisent le contrepoint et des éléments arioso ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : « Le
héros de Juda (et non de Judas, ni de Judée…)
désigne le Christ, issu de la puissante tribu de Juda…»
KUIJKEN :
«…Des mélismes sur « lauf »
et « heller
Glanz »
ornent ce récitatif ».
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs,
page 106] : « Les vocalises fuyantes sont
associées aux mots « schnell
- rapidement- laufen, lauf - courir course ».
[+ Exemple musical. BG. XVI, page 44 aux mesures 5 et 6]. Renvois aux
cantates BWV 26/2, BWV 70/3 et 22/3.
4]
ARIE BAß. BWV 62/4
STREITE,
SIEGE, STARKER HELD !
SEI
VOR UNS IM
FLEISCHE
KRÄFTIG.
| SEI
GESCHÄFTIG, / DAS
VERMÖGEN
IN UNS SCHWACHEN /
STARK
ZU MACHEN !
Combats,
vaincs [remporte la victoire], valeureux héros ! / Sois
pour nous vigoureux dans ton incarnation charnelle. / Occupe-toi / à
fortifier l’esprit / des faibles humains que nous sommes !
Paraphrase
ou inspiration empruntées à la sixième strophe
du cantique de Luther.
Ré
majeur (D), 126 mesures, C
BG.
Jg. XVI. Pages 45 à 48. ARIA. | Violino I. II e Viola. |
Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Partie du continuo (forme ostinato). Avec da capo.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, page
369] : « l’ aria est un véritable hymne
de guerre… dans le style habituel du « drame
héroïque », plein d’élan et de
fougue ».
BOMBA :
«…Bach souligne à l’aide d’un moment
retardé, l’ombre au tableau que représente la «
Fleische
- chair »…
il s’agit en fait d’un simple air de basse continue. Bach
laisse cependant les autres cordes jouer à l’unisson et
doubler la voix de basse à l’octave supérieure…»
BRAATZ
[Exemples tirés de la partition /BCW] : Illustration du
« motif du tumulte (A. Schweitzer).
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] :
« tonalité éclatante de ré majeur…
cet air évoque le Christ triomphant… vigoureux
mélismes, dès le premier sur le mot « Streite
- les combats »..
Bach fait jouer tous les instruments à cordes à
l’unisson ou à l’octave…»
FINSCHER :
« célébration du héros de Judée
dans une véritable musique guerrière avec énergique
accompagnement à l’unisson…»
HIRSCH
[Die
Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page
35] : Le thème instrumental comportant dix notes est repris
six fois. Permanence du nombre 10 dans la ritournelle du
continuo.chiffre
HOFMANN
: «…le
caractère héroïque revient, l’accord parfait
joué par les parties instrumentales évoque une sonorité
de fanfare et l’unisson continuel de l’orchestre exprime
la force. Bach s’approche ici sans équivoque de
l’opéra ».
KUIJKEN :
«…aria pour basse et cordes all’unisono…»
MACIA [Collectif] :
«…la basse chante une aria héroïque (d’où
la tonalité de ré majeur) soutenue par les tutti
virulents des cordes en forme de fanfares rapides…»
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement
instrumental, pages
187/188] : « L’accompagnement instrumental
décrit aussi, avec une véhémence plus soutenue
cet excès d’énergie que traduisent déjà
les motifs longuement épanouis du chant. La rude agitation,
l’acharnement de la lutte, le fracas des batailles retentissent
alors dans l’orchestre emporté. C’est un
débordement de motifs envahissants, de gammes tumultueuses,
une musique de chevauchée, qui se déploie dans un
cliquetis furieux… une même audace prompte caractérise
l’accompagnement de l’air de basse dans la cantate n°
62. Les paroles en sont : « Combats,
sois vainqueur, héros puissant…».
Renvois aux cantates BWV 123 (BG. XXVI, page 55) et BWV 127 (BG.
XXVI, page 155) et BWV 153 (BG. XXXII, page 47).
[L’orchestration,
page 219] : « Quelques fois, Bach ne joint les altos
aux violons que pour renforcer le son de ces derniers…exemples
de ce procédé dans les airs de tumulte ou de bataille…
Dans l’air [BWV 62/4], les paroles font allusion aux combats et
à la victoire du Christ « héros puissant ».
SCHULZE :
«…vigoureuse aria de la basse, avec ses motifs de
fanfare et ses passages retentissants, relève du genre des
« arias aux accents héroïques »…»
SCHWEITZER
[J.-S. Bach | Le
musicien-poète -,
pages 240 à 242 et 254] : « Le
langage musical des cantates, page
254] : « Les motifs de la démarche (Schrittmotive)…
Sous une forme un peu modifiée, ce motif reparaît dans
l’air de la cantate de l’Avent [BWV 62] Nous le
retrouvons sous une autre forme encore dans les cantates BWV 79/5 et
BWV 70/11…»
SCHWEITZER
[J.S. Bach,
page 90] : « le motif du tumulte apparaît sous
une forme légèrement différente dans la cantate
n° 62/4 ». [+ Exemple musical de la démarche de
la basse aux mesures 1 à 5 et renvois aux cantates BWV 79 et
70].
[page
457 (note) : « Dans cette aria, Bach écrit :
« violini e
viola sempre col continuo…»
WOLFF
[enregistrement de Ton Koopman, volume 13] : « Nous
présentons une version alternative du mouvement 4 dans
laquelle la basse n’est pas octaviée par les violons et
altos ainsi qu’il est indiqué dans les parties
originales et dont la partie de continuo est harmonisée (en
accord avec la partition autographe) ».
5]
REZITATIV (DUETT), SOPRAN, ALT. BWV 62/5
WIR
EHREN DIESE HERRLICHKEIT
/ UND
NAHEN NUN ZU DEINER KRIPPEN
/ UND
PREISEN MIT ERFREUTEN LIPPEN,
/ WAS
DU UNS ZUBEREIT ; / DIE
DUNKELHEIT
VERSTÖRT UNS NICHT / UND
SAHEN WELT
[W. Neumann et R. Wustmann proposent „wir
sehen“]
DEIN UNENDLICH LICHT.
Nous
rendons gloire à ta majesté / et nous approchons
maintenant de ta crèche / pour louer de paroles d’allégresse
/ ce que tu as apprêté à notre intention. /
L’obscurité ne nous effarouche pas / car nous
voyons ta lumière infinie.
Paraphrase
ou inspiration empruntées à la strophe septième
du cantique de Luther.
La
majeur (A) et si (h), 8 mesures, C
BG.
Jg. XVI. Pages 49. RECITATIVO (Sechsstimmig)
[à six voix]. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. |
Alto. | Continuo.
NEUMANN.
Rezitativ (Duett). Secco. Cordes, B.c. Soprano, Alto
(Parallelgeführte / homophone).
BOMBA :
« Le récitatif suivant, accompagné des
cordes menées à nouveau en accords, vient apaiser la
scène [mouvement 5]. Bach place deux voix en duo sans leur
accorder un rôle de dialogue dramatique, ce qui est inhabituel
chez lui…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] : «
Les deux voix cheminent en tierces ou en sixtes parallèles,
sur une très délicate harmonie des cordes ».
FINSCHER :
« Le duo en récitatif, ramène avec son
accompagnement de cordes extrêmement délicat mais riche
de formules harmoniques à la méditation de Noël ».
GARDINER :
« Parfaite euphonie du duo soprano et alto…»
HALBREICH
: «…Singulier récitatif accompagné pour
soprano et alto chantant en homophonie ».
KUIJKEN :
«…récitatif pour soprano, alto et cordes chantant
dans une prosodie en parfaite harmonie…»
SCHULZE :
«…récitatif accompagné très
intériorisé des deux voix hautes : sa musique
lumineuse, lointaine, quasiment surnaturelle, évoque le
miracle de la naissance de Jésus et le chemin vers la
crèche ».
WHITTAKER :
«…le petit duo-récitatif, d’à peine
sept [huit] mesures à tout le charme piquant d’un chant
de Noël… avec deux enfants, devant la crèche, main
dans la main, ouvrant des yeux émerveillés et chantant
une comptine innocente au « petit » [Babe,
terme d’affection correspondant par exemple au « petit
Jésus] ».
6]
CHORAL. BWV 62/6
LOB
SEI GOTT,
DEM VATER,
G’TON [„getan“],
/ LOB
SEI GOTT,
SEINEM EIN’GEN SOHN,
/ LOB
SEI GOTT,
DEM HEILGEN GEIST,
/ IMMER
UND IN EWIGKEIT.
Gloire
à Dieu, le père, / Gloire à Dieu, le père
/ gloire à Dieu, son fils unique, / gloire à Dieu, le
Saint-Esprit, / à jamais et dans les siècles des
siècles.
Martin
Luther. Strophe huitième et dernière du cantique "Nun
komm, der Heiden Heiland".
Voir
aussi dans la cantate BWV 36/8, la même strophe 8 du cantique.
Si
(h äolisch / Éolien), 8 mesures, C
BG.
Jg. XVI. Page 50. CHORAL. Melodie : „Nun
komm, der Heiden Heiland“.
| Soprano. / Corno, Oboe I. Oboe II.. Violino I col soprano. | Alto.
/ Violino II. coll‘ Alto. | Tenore / Vla col Tenore. | Basso. |
Continuo.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé avec l‘ensemble instrumental.
BOMBA :
« …question de savoir pourquoi Bach attribue au
dernier vers du choral final (à
jamais et aux siècles des siècles)
un nombre spectaculaire de tons en dièse et pénètre
ainsi dans des zones lointaines du spectre sonore ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]
: choral harmonisé
sur mélodie (MDC) 077.
BRAATZ
[BCW + Peter Smaill : Exemples tiré de la partition] :
Gematria = « 14 » aux voix du soprano et de
l’alto.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach] :
«…doxologie finale… choral en simple
harmonisation. Les instruments à cordes doublent les parties
vocales et la mélodie du cantique, au soprano, est soutenue
par le cornet et les deux hautbois. On pourrait en conclure que ce
renforcement important serait destiné à entraîner
l’assemblée des fidèles à chanter en même
temps que le soprano…»
BIBLIOGRAPHIE BWV 62
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n° 10 : 371 Vierstimmige
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Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 100, pages 177/178
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 62
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
13
références (‘septembre 2002 à octobre
2010) + 14 mouvements individuels (septembre 2002 à octobre
2010).
Exemples
musicaux (audios) : Aryeh Oron, février 2003 à
janvier 2005.
12]
FOLAN, Thomas. Publick Music Orchestra and Choir. Max van Egmond,
basse. Rochester. New York., novembre 2005. Durée : 16’14
CD
Musica Omnia Mo0204. 2007. Avec les cantates BWV 45, 192 et 140
5]
GARDINER. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists ; Londres,
janvier 1992. Durée : 18’17
CD
Archiv Produktion, 437 327-2. 1992. Reprise CD Archiv Produktion
463588.2 « Bach
Cantatas ».
Avec les cantates BWV 36 et 61
9]
GARDINER (volume 13). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists.
Bach Cantata Pilgrimage. Sainte-Marie du Capitole, Cologne, 3
décembre
2000. Durée : 19’33. CD SDG 162. Distribution en
France, décembre 2009 Avec les cantates BWV 36 et 61
1]
GOETSCHE, Heinz Markus. Der Mannheim Bach Choir. Heidelberger
Kammerorchester. Christuskirche, Mannheim, octobre 1966
Durée
: 22’46. Disque Da Camera SM 94015. Reprise disque Oryx (USA).
Avec la cantate BWV 142
3]
HARNONCOURT (volume 16). Tölzer Knabenchor. Concentus
Musicus Wien. Sopran : Peter Jelosits. Durée : 19’37
Disque
Teldec
6.35306-00-501-503
(SKW 16/1-2 BR 2). Das
Kantatenwerk,
volume 16. 1976
CD
(D): Das
Kantatenwerk -
Sacred Cantatas. Volume
4. 1976
CD.
Teldec 8.35306-1. 1976-1988
Das Kantatenwerk, volume
16. 1988.
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 2. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates 48 à
52. 54 à 69. BWV 69a. BWV 70 à 99
Reprise
CD Warner Classics 8573-81196-5 (en CD séparés, volume
19). 2006
6]
HERREWEGHE. Collegium Vocale, Gent. Soprano : Sibylla Rubens. Alto :
Sarah Conolly. Ténor : Christoph Prégardien. Basse :
Peter
Kooy.
Durée : 18’39. CD Harmonia Mundi. HMC 901605. 1997. Avec
les cantates BWV 36 et 61
Reprise
en coffret de 3 CD HML 5908369.71 « Christmas Cantatas »
. 2010. Avec les cantates BWV 36, 61, 91, 121, 133, 57, 110, 125
8]
KOOPMAN (volume 13). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir.
Soprano : Deborah York. Alto : Franziska Gottwald. Ténor :
Paul
Agnew.
Basse : Klaus Mertens. Amsterdam (NL) : Walsee Kerk, 25 novembre et 2
décembre 2000. Durée : 19’09
CD
Antoine Marchand. Challenge Classic CC 72213. + en appendix, une
variante du n° 4. Avec vec les cantates BWV 1 et, 96
13]
KUIJKEN (volume 9). La Petite Bande. Un par voix. Liege, 11 et 12
décembre 2008. Durée : 19’
CD
AAC 25309 Accent. 2009. Distribution en France, octobre 2009. Avec
les cantates BWV 61, 36 et 132
7]
LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Brilliant
Classics. Nikolauschurch, Elburg (NL).Novembre et décembre
1999.
Durée : 19’55. Bach Edition. 2000. CD Brilliant
Classic. Volume 12 - Cantates, volume VI.
Reprise
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 28/74. Avec la
cantate BWV 128 et BWV 154
2]
MAUESBERGER. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester
Disque
Archiv Produktion ARC 198 441. Avec les cantates BWV 18 et la cantate
BWV 142 dirigée par Göttsche .
CD
Leipzig Classics. Bach made in Germany. Volume III/ Cantatas I. 001
1820BC VEB 1971-1999. Avec BWV 62 et 78
10]
MÜRMANN, Guido. Messaiskantorei Hannover. Barockorchester
Hannover. Barocktrompeten Ensemble Edward Tarr.
Enregistrement
live, Markuskirche, Hanovre, les 6 et 7 décembre 2003
Coffret
de 2 CD Messaiskantorei Hannover. Avec l’Oratorio
de Noël BWV 248
4]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart.
Soprano : Inga Nielsen. Alto : Helen Watts. Ténor :
Aldo Baldin.
Basse :
Philippe, Huttenlocher. Gedächtniskirche, Stuttgart (D). Octobre
1979, février et avril 1980. Durée : 19’34
Disque
(D). Die Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98714. Avec la cantate BWV
116
CD.
Die Bach Kantate
(volume 60). Hänssler Classic. Laudate 98822. 1984. Avec les
cantates BWV 132 et 91
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 20). Hänssler-Verlag 92.020. 1999
Reprise
2009 en coffret Hänssler Classics 93581 (6 CD) sous le titre
Advent & Christmas
Cantata. Avec la ces
cantates 61 et 36.
11]
SUZUKI (volume 28). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women’s
University Chapel, Japan, 16 et 19 mars 1964. Durée : 17‘42
Soprano :
Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor :
Makoto Sakurada. Basse : Peter Kooy
CD
BIS-SACD-1451. 2005. Parution RFA, septembre et distribution en
France, octobre 2005.
Avec
les cantates BWV 139, 26 et 116
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 62
M-1.
Mvt. 6] Edward Guthbert Bairstow. Royal Choral Society. Royal Albert
Hall Orchestra. Albert Hall. 1927. Report CD HMV Amphion.
M-2.
Mvt. 6] Transcription pour piano (Bronislaw Huberman) et violon
(Siegfried Schultze. 1935. Report CD Bidduloph.
M-3.
Mvt. 6] Transcription pour piano (John Browning. Disque EMI Classics
, juillet et août 1958. Report CD EMI.
M-4.
Mvt. 1] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach Orchester
Berlin. Disque fin des années 1950-1960.
Report
CD Baroque Music Club
M-5.
Mvt. 6] Arrangement pour orchestre. Leopold Stokowski. Philadelphia
Orchestra. Philadelphie (USA), février 1960.
Disque
puis reprise en coffret de 2 CD Sony.
M-6.
Mvt. 1-6] Helmuth Rilling. Figuralchor der Gedächtniskirche
Stuttgart, mars 1965. Disque Bärenreiter Musicaphon,
Orgelchoräle
und Chorsatz zu Advent und Weinachten (volume I). Reprise en CD
Cantate - Musicaphon C 57607. 1994
M-7.
Mvt. 4] Arrangement pour trompette et orgue. Jean-François
Michel. Septembre 1985. CD Audite 95406.
M-8.
Mvt. 6] Gregorian Chants. Monastère des moines de Ganagobie
France. (83). CD Milan. 1993.
M-9.
Mvt. 6] Ton Koopman. Bach Organ Works, volume 2. Grote Kerk.
Leeuwarden (NL). Septembre 1994. CD Teldec.
M-10.
Mvt. 1] Miklos Spanvi (orgue). CD Point Classics. 1994.
M-11.
Mvt. 6] Hans-Erik Westberg et ensemble vocal. Cathédrale de
Lulea (SV). Octobre 1995, avril 1996. CD Opus 3.
M-12.
Mvt. 4] Arrangement pour trompette et orgue. Thierry Caens et Vincent
Warnier. Février 1998. CD Pierre Verany
M-13.
Mvt. 6] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of Freiburger
barockorchester. Juin 1999.
CD
Brilliant Classics, Bayer Records. Bach Edition. 2000. Volume 23.
Reprise
Chamber Choir of Europe. Nicol Matt. Bach Edition. 2006. CD 93102
29-135
M-14.
Mvt. 6] Timothy Roberts. His Majesty Consort of Voices. Londres, 29,
30 novembre, 1er
décembre 2000. CD Hyperion A67247
DIVERS
ZWANG.
ZK 100 : « La partition autographie d’orchestre
de cette cantate de choral n’a pas de partie de cor ; mais
elle figure sur une partie séparée. La cantate ZK 16
(BWV 61) porte le même titre et utilise le même cantique.
L’Avent était un temps clos à Leipzig ; la
musique figurée (les cantates) n’y était
autorisée que pour le 1er dimanche ».
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