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Cantata BWV 57
Selig ist der Mann
Bienheureux est l’homme…
Commentary in French

KANTATE ZUM 2. WEINACHTSTAG
Cantate pour le deuxième jour de Noël
Leipzig, le 26 décembre 1725

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 57 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (
Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Originalpartitur = Partition autographe
Ost = Originalstimmen = Parties séparées d’origine
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Stimmen = Parties séparées (Originalstimmen = parties séparées originales)

 

DATATION BWV 57

Leipzig, lendemain de Noël, 26 décembre 1725
Cette cantate fait partie du 3e cycle des cantates (3. Jahrgang,
Leipzig) période allanr du 2 décembre 1725 au 24 novembre 1726

[BCW]: Reprise possible, compte tenu de quelques corrections autographes ajoutées dans les parties séparées, notamment dans les „vents“.

HIRSCH: Classement CN 137 (Die chronologisch Nummer - Numéro chronologique)
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1725: BWV 79 (31 octobre, Réformation) – BWV 110 (25 décembre, Noël) – BWV 57 (26 décembre) – BWV 151 (27 décembre) – BWV 28 (30 décembre).
NYS, Carl de: «…Tous les commentateurs de Bach, à la suite de Philipp Spitta, situent la composition de cette cantate aux alentours de 1740, donc au début de la dernière décade de la vie et de l’activité du cantor à
Leipzig, ce qui est assez surprenant si l’on songe que l’évolution du musicien l’a conduit - pendant ces années là exactement- vers la forme chorale la plus stricte, forme qu’il semble bien que Bach ait considérée comme définitive parce que la plus liturgique. Or la présente composition n’a rien d’une cantate chorale; elle n’utilise le cantique réformé que pour la conclusion habituelle ». [Carl de Nys a ici pressenti, au début des années 1950, les travaux et la nouvelle datation d’Alfred Dürr].
SCHMIEDER: vraisemblablement vers 1740, comme Spitta et Schweitzer (Cantate écrite après 1734)
SCHULZE: «…le deuxième jour de la fête de Noël [26 décembre 1725], les fidèles purent entendre « Selig ist der Mann », le matin à Saint-Thomas et l’après-midi à Saint-Nicolas. Parenté avec la cantate BWV 110 exécutée la veille, premier jour de Noël

 

SOURCES BWV 57

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms. Bach P 144 B. Deutsche Staatsbibliothek. Preussicher Kulturbesitz Berlin (anciennement Berlin Est)
Un seul sous-titre à la couverture „J.J. Feria 2da Nativitatis Christi “
Cantate marquée précisément « Concerto in Dialogo » comme les cantates BWV 32 et 49

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39]: Carl Philipp Emanuel: Catalogue (dont 86 cantates sacrées) publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach »
HERZ: l’auteur a reconnu l’écriture du copiste Johann Andreas Kuhnau, petit-fils (ou neveu) de l’ancien cantor de
Leipzig. Classement K4 (période finale entre 1725 et 1728) ainsi que celle de Christian Gottlob Meissner, également à Leipzig entre 1723 et 1729.
Filigrane « aux deux épées entrecroisées » (Swords II).
SCHMIEDER: 10 feuillets, 20 pages, in 4°

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 83 M. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek
Titre de la main d‘un copiste à la couverture „Feria 2da Nativitatis Christi / Seelig (sic) ist der mann p. / a 4 Voc: 3 Hautbois, 2 Violini, Viola e Continuo di Sign. J. S. Bach“

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)

BG Jg. XII2, (douzième année ) BWV 51-60. Pages 107 – 132. Préface de Wihlelm Rust (1863)
[Partition BG / Breitkopf dans l’enregistrement Teldec Das Kantatenwerk / Leonhardt [Vol. 14]. 1976]

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NB).
KANTATEN SERIE I/ BAND 31. KANTATEN ZUM 2 UND 3 WEINACHTSTAG. VOIR. Volume non présent à F-Pn 4 et 5/2005. Il n’a pas été commandé, en confusion avec les volumes KB. /
BWV 57. Partition, pages 73-94. Fac-similés
Avec BWV 64, 133, 151, 151a
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5093 41. A. Dürr, A. Glöckner, K. Hofmann, Uwe Wolf, Peter Wollny.

AUTRES ÉDITIONS
BCW. Réduction voix et piano. Partition BG
Breitkopf & Härtel: Partition PB 2907. – Reconstitution Orchestre, Voix, clavier et orgue (Max Seiffert) OB 1180. – Chœur ChB 1643 (en français ChB 2011
2008: Partition PB 4557 (28 pages) – Réduction voix et piano EB 7057 – Parties séparées (6) OB 4557 – Chœur ChB 4557
Kalmus Study Scores. N°820. Volume XVI. New York 1968. Avec les cantates BWV 51 à 56
Peters : Réduction voix et clavier (KIA)

 

PÉRICOPE BWV 57

Le deuxième jour de Noël, 26 décembre.

MISSEL ROMAIN. Le triomphe céleste du soldat du Christ
Saint Étienne, premier martyr [Protomartyr du Nouveau Testament, le premier étant Abel, dans l’Ancien Testament],.
Psaume 119, 23 [PBJ 915] et psaume 119, 86 [PBJ 917]. Éloge de la loi. Le psaume (verset 1) commence sur les mots: « Heureux ceux dont la voie est parfaite, / ceux qui marchent selon la Loi de Yahvé » dont la connotation avec le premier mouvement de la cantate semble évident.
Épître: Actes 6, 8 [PBJ 1632]: L’arrestation d’Étienne et 7, 55 [PBJ 1635]: Lapidation d’Étienne
Évangile: Matthieu 23, 35 [PBJ 1492]: «…Pour que tombe sur vous tout le sang des justes répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie…»

EKG: 2. Weihnachstag
- Psaume 94 [PBJ 890], notamment au verset 21: « Ils s’attaquent à la vie du juste [ici saint Étienne] et le sang innocent, ils le condamnent…
- Épître à Tite 3, 4-7 [PBJ 1758]: «…Mais le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes, il ne s’est pas occupé des œuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvé par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint. Et cet Esprit, il l’a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance, l’héritage de la vie éternelle ».
- Évangile : Luc 2, 15-20 [PBJ 1536]. Naissance de Jésus et visite des bergers (Hirten an der Krippe - Les bergers à la crèche)

BOMBA: « Le 26 décembre, les deux confessions chrétiennes [Luthérienne et Romaine] célèaujourd’hui encore la fête du martyr de saint Étienne. Le souvenir de la lapidation du diacre [à Jérusalem], acte n’ayant absolument aucun rapport avec Noël…n’a évidemment pas été placé sur ce jour sans dessein bien précis… après Noël, on se devait donc de commémorer dans les jours qui suivirent les « comites Christie », les compagnons de Jésus, donc Étienne, l’Évangéliste Jean le 27 ainsi que le 28 décembre les enfants de Bethlehem qui furent massacrés par [sur les ordres] Hérode…La cantate est la seule œuvre de Bach qui ait pour thème cet aspect du lendemain de Noël…»
FINSCHER: «…cantate écrite par Bach pour le second jour de la fête de Noël de l’année 1725. Ce jour étant en même temps la Saint-Étienne, l’œuvre n’est par conséquent pas une cantate de Noël, mais une cantate pour la Saint-Étienne et elle voit dans le martyre et la rédemption du saint le prétexte d’une allégorie ayant pour sujet la rédemption du Christ par la mort…»

[Dans « BCW / Discussions »: Des participants s’interrogent sur le choix des lectures se rapportant au martyre d’Étienne, lectures préférées à celles prévues pour le deuxième jour de Noël, avec l’arrivée des bergers, comme prescrit dans EKG. Il se peut que ce soit le pasteur de l’église Saint-Nicolas qui ait imposé ce choix, d’autant que les deux années précédentes, pour la même occurrence, avec les cantates BWV 40 (26 décembre 1723) et 121 (26 décembre 1724), les lectures plus « classiques » avaient été entendues…]
Renvoi à L’Oratorio de Noël, BWV 2482 (26 décembre 1734)

 

TEXTE BWV 57

Sections 1 à 7: Le texte de Christian Lehms (1684 – 15 mai 1717) tiré de son premier cycle annuel des cantates est publié d à Darmstadt en 1711 (par Johann Levin) pour le service de la chapelle princière sous le titre: Gottfälliges / Kirchen / Opffer / in einem gantzen / Jahr-Gang / Andächtiger Betrachtugen / über / die gewöhnlichen Sonn und Festags-Texte / Gott zu Ehren / und der Darmstat / tischen Schloß=Capelle / zu seiner Früh / und Mittag=Erbauung / angezündet / von / M. Georg Christian Lehms / hochfürsttl hessen. Darmstattischen / Bibliothecario / Darmstadt / Drucks Johann Levin Bachmann / Horfürsttl, hoff-Buchdrucker. … – Offrande des fidèles à la gloire de Dieu…»
Lehms fit ses études à Görlitz et à l’Université de
Leipzig. Il fut l’ami de Telemann, Graupner et Keiser. C’est un auteur dont Bach utilise les textes dès l’époque de Weimar (cantates BWV 54 et 199) puis à Leipzig (les cantates BWV 151, 16, 32, 13, 170, 35 et 110).

1] Saint Jacques 1, 12 [PBJ 1776]. Les bienfaits des épreuves: « Heureux homme, celui qui supporte l’épreuve. Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie… que le Seigneur a promise à ceux qui l’aiment ». La citation est ici pratiquement textuelle
[Cet emprunt à « Jacques » -unique dans l’œuvre Bach- n’est pas sans rappeler le tout début du psaume 4, le célèbre Beatus vir, qui non abiit in consilio impiorum – Heureux, l’homme qui ne marche pas dans le conseil des impies…]

2] Matthieu 23, 35 [PBJ 1492] et 10, 16 [PBJ 1468]: Crimes et châtiments prochains. Allusion claire « …pour que retombe sur vous tout le sang des justes répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie… Dans la cantate: «Was Abeln dort betraf - Le destin jadis connu par Abel…»

DÜRR: L’image développée dans l’évangile de Matthieu 10, 16 [PBJ 1468)] ou similaire dans Luc 10, 3 [PBJ 1554] pourrait avoir inspiré le librettiste: « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc malin comme des serpents et candides comme des colombes ». Dans la cantate: «…Il me faut vivre comme un agneau / Parmi mille loups sauvages…»

6] Citation Actes des Apôtres 7, 55 [PBJ 1635]: Lapidation d’Étienne. « Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel ; il vit alors la gloire de Dieu ». Dans la cantate: « Ach ! Jesu, mache mich doch nur, Wie Stephano, den Himmel offen - Ah, Jésus, ouvre-moi donc le ciel comme tu l’as ouvert à Étienne ! »

7] Le texte de ce mouvement pourrait être la paraphrase de la deuxième strophe du cantique de Johann Heermann Gott Lob, die Stunde ist kommen, de 1631, d’autant que le fac-similé de l’édition de 1711 du recueil de Lehms la propose comme strophe finale de son poème « Selig ist der Mann ».

8] Sixième strophe du cantique d’Ahasverus Fritsch (1629-1701) en douze strophes « Hast du denn, Jesu, dein Angesicht gänzlich verborgen – As-tu donc, Jésus, complètement caché ta face » de 1663 puis édité à Jena en 1668 et à Nuremberg en 1676,
Une cantate de Georg Philipp Telemann TWV 1: 718 utilise également le texte de ce cantique.
La mélodie « Lobe den Herren, den Mächtigen König der Ehren » d’un auteur inconnu, vers 1665 à Stralsund (Stralsunder Gesangbuch), sera utilisée à nouveau par Bach pour le choral final de la cantate 120a/8, et dans la cantate BWV 137 dont c’est par ailleurs le titre, avec le cantique (1680) de Joachim Neander (Brême, 1650-1680). Enfin la mélodie transcrite à partir de la cantate BWV 137, figure dans le choral Schübler n° 6 (BWV 650), sous le titre « Kommst du nun Jesus, vom Himmel herunter »

[Dans le fac-similé (Werner Neumann „Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte“), édition 1711, Georg Christian Lehms prescrit la deuxième strophe « Kurs ist dein irrdisch Leben » du cantique « Gott Lob, sie Stunde ist kommen » de 1631. Bach (ou le pasteur de Saint-Nicolaï) aurait donc préféré utiliser le choral d Ahasverus Fritsch peut-être mieux connu à
Leipzig qu’à Darmstadt…]

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 411-412]: «…Étudiant cette cantate (1968) avant que Elisabeth Noack eut identifié l’auteur du texte (1970), Ferdinand Zander en avait relevé l’affinité avec BWV 32, mais attribuait les deux textes à Henrici, et estimait que BWV 57, comme BWV 32 (thèse soutenue par Smend, 1950) était la parodie d’une œuvre profane (cantate de vœux) de l’époque de Köthen
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Spitta remarque à ce propos qu’il ne s’agit pas, sans doute, d’une musique que le cantor destinait à l’église, mais plutôt d’une œuvre conçue pour la prière familiale et il ajoute que si l’autographe ne portait pas l’indication Feria secunda Nativitatis Christi, on ne songerait pas davantage à l’attribuer au culte du deuxième jour de Noël, étant donné que le texte est sans rapport avec la solennité du jour. Spitta se trompe en la circonstance car le texte est en relation étroite avec les lectures du jour [2e jour de Noël], avec le récit du martyr de Saint Étienne, dont c’est la fête, dans les Actes des Apôtres, et l’Évangile selon Saint-Matthieu qui rapporte la sévère apostrophe du Christ: « Jérusalem, qui a tué les prophètes… » L’auteur du texte n’est pas identifiable ; les connaisseurs, en particulier L.-F. Tagliavini, sont cependant enclins à y voir la manière de Picander, ce Christian Friedrich Henrici qui collabora maintes fois avec Bach. Quoiqu’il ne l’ait jamais écrit formellement, Fr. Smend paraît supposer qu’il s’agit ici -comme dans la cantate BWV 30- d’une parodie, c'est-à-dire l’adaptation à un texte nouveau et religieux d’une cantate profane antérieure, qui daterait de la période de Coethen ; cette hypothèse expliquerait certaines contradictions posées par la datation traditionnelle ; il nous semble cependant que cette adaptation a dû être faite plus tôt, à la même époque qui vit naître la cantate BWV 82, avec laquelle cette partition montre plus d’une affinité ».
SCHMIEDER: Texte dans le genre d’Henrici (Picander).

 

GÉNÉRALITÉS BWV 57

BOYD: «…Le librettiste G. C. Lehms glorifie non pas la naissance du Christ, mais la fête de saint Étienne… le thème [de la cantate] se rapporte donc à ce martyr
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 244]: « Il s’agit d’une œuvre purement introspective…»
FINSCHER: « La structure de l’œuvre est nettement bipartite ; la vox Christi expose la parabole, l’âme médite sur la vie terrestre [d’ou le choral que Lehms mettait à la fin de son livret : « Kurs ist dein irrdisch Leben »]…»
GÉROLD: « Cantate de ladernière période d’activité de Bach [sans doute d’après Spitta]…la cantate BWV 57, composition dans laquelle la gravité et l’austérité s’allient à une réelle ferveur mystique ».
KRUMMACHER: « La thèse selon laquelle l’œuvre vocale de Bach tendrait souvent à offrir une structure dialoguée semble être réfutée par le fait qu’à peine cinq pour cent des cantates d’église contiennent des indications spécifiques dans ce sens. La difficulté qu’il y a à citer un nombre d’œuvre plus précis réside dans une autre difficulté, celle de la délimitation, motivée par le genre même. Il ne devrait y y avoir que cinq cantates qualifiées par Bach en personne de dialogues (BWV 32, 49, 57, 58, 60). A cela viennent s’ajouter des œuvres dont les parties individuelles portent le nom – si ce n’est pas dans l’autographe, du moins alors dans la version imprimée - [?] de partenaires de dialogue (comme les cantates BWV 66, 145, 152, 172). Et enfin il faudrait assimiler à cette catégorie un grand nombre de cantates dans lesquelles les voix se relaient analoguement en dialogue (comme dans les cas des cantates BWV 21 ou 140, mais aussi dans les Passions et les Oratorios..».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Pour la première fois nous rencontrons ici une forme assez ancienne dans le domaine de la cantate d’église et que J.-S. Bach paraît avoir beaucoup appréciée, celle du dialogue entre Dieu et l’âme fidèle. Elle fut introduite dans la musique sacrée avec la célèbre Rappresentiazione di Anima e Corpore d’Emilie de Cavalier, créée en 1600. C’est évidemment une forme qui relève davantage de la musique lyrique ou dramatique profane ; elle se prête mieux à l’expression de la dévotion individuelle qu’au culte public… Même si l’on pense que cette cantate BWV 57 a été écrite d’abord à l’intention de la prière en famille (avec une dizaine d’instruments, cela reste pourtant assez improbable) on comprend fort bien que Bach l’ait ensuite utilisée à Saint-Thomas, ne fusse que pour obtenir un effet de contraste avec le culte de la veille, grand et solennel, exactement comme le martyre de Saint-Étienne est une sorte de contrepoint individuel avec la solennité de la Nativité ».
PIRRO [J.–S. Bach - Les cantates après 1727, page 166]: « Avec la cantate BWV 32, composition d’une grande beauté de sentiment ».
SCHULZE: « En contraste avec la lumineuse atmosphère de la cantate BWV 110 [exécutée la veille], la cantate BWV 57 dégage un sentiment oppressant de profonde tristesse et exprime un désir de mort. Elle ne trouve pas son inspiration biblique dans l’Évangile du jour mais dans l’Épître où est décrit le martyr de saint Étienne
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 400, (note]: « Parmi les cantates où sont indiquées, soit en totalité, soit partiellement des indications de tempo, nous pouvons noter les cantates BWV 106, 23, 12, 151,115 et 57 ainsi que dans la Messe en si et d’autres cantates profanes ».
WIJNEN: «…Conçue en huit parties, la cantate se présente sous la forme de dialogue. Curieusement, l’ouvrage ne fait jamais référence à Noël ou à la naissance du Christ. Malgré de nombreuses références au martyre de Saint-Étienne, l’atmosphère générale dégage plutôt un optimisme serein…»
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, page 153]: L’ensemble des cantates-solo - « Il peut y avoir eu une profonde détérioration des qualités du chœur de l’église Saint-Thomas durant les six années qui suivirent l’exécution de l’Oratorio de Noël, si toutefois les dates conjoncturelles des deux cantates restantes sont correctes (Spitta pense que la cantate BWV 57 a été composée pour un usage « domestique », mais Charles Terry est en désaccord [sur ce point]
WOLFF: «…Contrairement à la pratique normale dans les cantates dialoguées, les deux voix solo ne se combinent pas pour un aria en duo, mais seulement pour les deux duos récitatifs… Parmi les formes de textes utilisés dans le troisième cycle |Jahrgang III] portant habituellement sur un dialogue entre Jésus et l’âme, BWV 57 et 58 sont des exemples typiques de ces cantates dialoguées… »
[Simple curiosité, on notera la persistance du chiffre « 18 » : le récitatif [2], 18 mesures ainsi que le récitatif [6], le choral final [18 mesures] et le récitatif [4], d’une importance « décisive » selon Finscher, de 6 mesures…

 

DISTRIBUTION BWV 57

NEUMANN. Solo ; Sopran (Seele), Baß (Jesus). – Chor (nur Schlußchoral). Oboe I-II, Oboe da caccia ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: S (L‘äme), B (Jesus). Chor: S, A, T, B. Instruments: Oboe I, II; Taille (Oboeda caccia); Viol. Solo; Viol. I, II; Vla.; Organo; Continuo

GARDINER: «…déploiement modeste des forces… deux voix solistes seulement sauf pour le chœur… fusion des cordes et des vents (trois hautbois doublant les parties des premiers et seconds violons ainsi que d‘altos), dispositions déjà rencontrée dans les cantates […] BWV 175 et 176 ».

 

APERÇU BWV 57

1] ARIE BAß. BWV 57/1

SELIG IST DER MANN, DER DIE ANFECHTUNG ERDULDET ; DENN, NACH DEM ER BEWÄHRET IST, WIRD ER DIE KRONE DES LEBENS EMPFAHEN [Werner Neumann: „Empfangen“].
Bienheureux est l’homme qui supporte la tentation car, une fois vainqueur de l’épreuve, il recevra la couronne de vie.

Sol mineur (g), 115 mesures, 3/4.
BG Jg. XII2. Pages 107-111. Concerto in Dialogo für Sopran und Baß. Oboe I / Violino I – Oboe II / Violino II – Taille / Viola / Jesus / Organo é Continuo
NEUMANN.Cordes (+ Oboe I, II, Oboe da caccia) ; B.c. Baß. Forme bipartite
SCHMIEDER. Basso (Jesus) ; Ob. I e Viol. I (all’ unis.), Ob. II e Viol. II (all’ unis.), Taille e Viola (all’ unis.) ; Org. e Cont

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 411]: « L’aria d’ouverture est sur le verset « Heureux homme, celui qui supporte l’épreuve… (Jacques 1, 12). Le mot couronne (Krone), traduit le grec stephanos et le mot arrive juste à point pour célébrer la fête de ce saint (saint Étienne – le premier martyr chrétien), précisément le 26 décembre. Mais toute l’œuvre est une allégorie sur le couronnement que représente la mort pour le fidèle ».
BOMBA: « La cantate commence par un mot tiré de l’Épître de Jacques que Félix Mendelssohn Bartholdy… thématise dans la grande cavatine de ténor de son oratorio « Paulus », qui lui commence par la lapidation d’Étienne. Bach insiste en de longs sons prometteurs tenus sur le mot « Selig – bienheureux ».
DÜRR: Morceau entre arioso et aria… Texte 1 = Musique A – Texte 2 = Musique A’ – Texte 2 = Musique B
FINSCHER: « Les deux premiers airs [1 et 3] produisent une impression d’archaïsme délibérément voulu par leur forme ainsi que par leur sombre polyphonie à cinq voix enveloppant entièrement la partie vocale ».
GARDINER: «…l‘air à 3/4 débute, après une batterie à vide, sur un motif entrelacé de croches passant de l‘une à l‘autre des trois lignes instrumentales supérieures, avant de ressurgir sous une forme renversée au continuo… bouleversante figure chromaique tombante, puissante évocation de l‘affliction physique du martyr… à un moment, Bach fait taire ses instruments pour révéler le martyr poursuivant sa course solitaire en une gamme ascendante mesurée…»
HARNONCOURT: « Dans les parties originales des hautbois, les passages „piano“ sont mis entre parenthèses. Encore qu‘il ne soit pas absolument clair si cette inscription a été apporté après coup, il n‘en résulterait pas moins pour l‘exécution pratique qu‘ne gradation dynamique distincte, incontestablment requise ici par Bach, ne pouvait être obtenue autrement. Les hautbois et la taille font donc alors une pause dans les passages piano ».
KRUMMACHER: «…Le premier air montre un da capo varié [par opposition à l’air de basse n° 5 avec le schéma da capo régulier …] Articulé de ritournelles instrumentales dont les motifs unissent les différentes parties du texte, le premier air de basse se rapproche plutôt d’un arioso…»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Le premier air confié à la basse (parce qu’il s’agit d’un texte de l’Écriture : Épître de Saint-Jacques 1, 12) est accompagné par l’ensemble des instruments et composé dans la forme du style récitatif ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page 38]: « S’il est question dans le texte de couronnes ou de guirl, les notes se groupent en arabesques enveloppantes, dont l’ordonnance fait image » [+ Exemple musical, BG XII, page 111]. Renvois sur le même mot « Kröne » aux cantates BWV 16/3, 158/2 et 186/9.
SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le Musicien –poète, page 201]: «…Ce retour aux textes de l’Écriture devait entraîner tout naturellement le rétablissement du récitatif arioso… Le morceau le plus admirable en l’espèce sur le verset de l’Épître de saint Jacques…»
[J.-. Bach, tome 2, page 28]: « La déclamation de Bach dans les récitatifs [et ici, ponctuellement], le style « récitatif dans le premier air de la cantate BWV 57 »
[J.-. Bach, tome 2, page 349]: « Dans la cantate BWV 57, il y a un dialogue entre Jésus (basse) et l’âme croyante (soprano). Le premier arioso de basse possède une musique très expressive sur les mots « Selig ist der Mann… »
WHITTAKER: «… l’exemple de saint Étienne est présenté à l’âme dans la première aria de Jésus (basse).. de longues notes soutenues sont associées au mot « Selig » qui dans la première section sont répétées à trois reprises [symbole trinitaire ?]
[Mélismes et affects sur les mots « Selig - heureux », « Bewähret - prouver », « Kröne – couronne », notamment ici aux mesures 92 à 100

2] REZITATIV SOPRAN. BWV 57/2

L‘âme: ACH ! DIESER SÜßE TROST ERQUICKT AUCH MIR MEIN HERZ, / DAS SONST IN ACH UND SCHMERZ / SEIN EWIGS [Neumann: OP – Ost: „ewig“] LEIDEN FINDET / UND SICH ALS WIE EIN WURM IN SEINEM BLUTE WINDET. / ICH MUß ALS WIE EIN SCHAF / BEI TAUSEND RAUHEN WÖLFEN LEBEN ; / ICH BIN EIN RECHT VERLAßNES LAMM UND MUß MICH IHRER WUT / UND GRAUSAMKEIT ERGEBEN. / WAS ABELN DORT BETRAF, / ERPRESSET MIR AUCH DIESE TRÄNENFLUT. / ACH ! JESU, WÜßT ICH HIER / NICHT TROST VON DIR, / SO MÜßTE MUT UND HERZE BRECHEN, / UND VOLLER TRAUREN [Werner: in BG = „Trauer“] [Wustmann: „Leid ich“] SPRECHEN :
Ah, que cette douce consolation est aussi réconfortante pour mon cœur / Qui sans cela, trouve dans les gémissements et les souffrances / Une peine sans fin / Et se tord comme un ver dans son sang. / Il me faut vivre comme un agneau / Parmi mille loups sauvages ; / L’agneau bien abandonné que je suis / Doit se résigner à subir / Leur fureur et leur cruauté. / Le destin jadis connu par Abel / m’arrache aussi ces flots de larmes. / Ah, Jésus, si je ne savais pas / Recevoir de toi consolation, / Mon courage et mon cœur se briseraient / Et il me faudrait dire, envahi de tristesse:

Mi bémol (Es) – ut mineur (c), 18 mesures, C
BG Jg. XII2. Page 112. Die Seele / Soprano, Organo e Continuo
NEUMANN. Récitatif secco. Soprano
SCHMIEDER. Sopr. (die Seele) ; Org. e Cont.

NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Après l’évocation des luttes qui sont le sort du juste mais qui doivent lui rapporter la couronne de gloire, le soprano (l’âme) répond dans la seconde aria accompagnée par les seules cordes en appelant la mort plutôt que de céder aux instances de ceux qui voudraient la perdre et lui faire renier son Seigneur ».
WHITTAKER: «…ce morceau est vraiment chromatique et il y a de nombreux « accidents » dans la progression de la basse continue…[voir notamment la démarche de celle-ci sur le mot « wurm – ver »

3] ARIE SOPRAN. BWV 57/3

ICH WÜNSCHTE MIR DEN TOD, / WENN DU, MEIN JESU, MICH NICHT LIEBTEST. // JA WENN DU MICH ANNOCH [Neumann - Wustmann: „auch noch“] BETRÜBTEST, / SO HÄTT ICH MEHR ALS HÖLLENNOT.
Je me souhaiterais la mort / Si toi mon Jésus, tu ne m’aimais pas. / Oui, si tu m’affligeais encore, / Je souffrirais tourment plus grand que l’enfer.

Ut mineur (c), 132 mesures, 3/4
BG Jg. XII2. Pages 113 – 118. Violino I / Violino II / Viola / Die Seele / Organo e Continuo
NEUMANN. Cordes, B.C. Soprano. Avec libre da capo
SCHMIEDER. Sopr. (die Seele); Viol. I, II, Vla.; Org. e Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 411]: «…de caractère archaïque est le dictum de l’exorde, de forme bipartite et en style arioso, et sans fioritures l’aria de soprano (n° 3) qui semble en poursuivre le fil, soit en maintenant une tonalité de base en mineur, soit en utilisant la mesure identique à 3/4, cela, qui plus est, suivant une figuration thématique qui les apparente tous deux [avec le n° 7] au mouvement de menuet
BOMBA: «…le premier air met l‘accent sur l‘envie de mourir de l‘âme non seulement par la gestique calme de base mais aussi par des sauts d‘intervalles spectaculaires dans les basses (je désirerais la mort).
KRUMMACHER: «…il existe […] entre les mouvements des rapports qui ne résultent pas seulement des paroles, mais que Bach a créés au moyen de la composition musicale. Ainsi les deux premiers airs [1 et 3] sont en mineur, en mesure à3/4, ils offrent un mouvement de croches analogues, la même intensité sonore, sont saturés de points d’orgue et de dissonances et la partie vocale commence à chaque fois sans dépendre de la thématique de la ritournelle pour y recourir de manière croissante par la suite. Les deux airs présentes, de par leur structure et leur teneur affective, des relations réciproques. Les airs n+ et n° 5 ont beau avoir en commun leur sonorité de cordes, ils contrastent par leur traitement rythmiques et tonal… »
LEMAÎTRE: «…Le premier air de soprano repose sur deux formules thématiques énoncées par le premier violon. La première, composée d’une succession de tierces ascendantes close par une chute de neuvième, est en relation avec la mort. La seconde s’aapparente à une figure de menuet et se rapporte à l’amour de Jésus ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 175-176]: «… le maître renouvelle ainsi dans sa musique, une image chère aux cœurs lassés de vivre… alliance de pensée familière à l’esprit de Bach [multiples exemples].. dans l’air de soprano [n° 3], la même uniformité de mouvement régit la basse continue quand le texte parle de mourir » [+ Exemple musical sur les mots « Ich wünschte mir den Tod » BG XII, page 113]. Renvoi aux cantates BWV 114, 133 .
[page 179]: « Le motif rythmique troublé et alourdi de notes répétées…se trouve aussi dans l’accompagnement, avec une signification bien déterminée de faiblesse, d’accablement, de fatigue écrasante… Dans la cantate BWV 57, le chant des violons a la même nature hésitante, quand ils accompagnent l’air de soprano [+ Exemple musical, BG XII, page 113],
[La traduction du texte, page 263]: « Parfois, la progression du chant indique l’intensité croissante du sentiment, sans qu’il y ait répétition de paroles… des redites… donnent une tendresse pénétrante à la mélodie jointe à ces paroles mêlées d’amour et d’angoisse… » [+ Exemple musical sur les mots « Wenn du, mein Jesu, mich nicht liebtest », BG XII, page 117].
SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le Musicien –poète - le langage musical des cantates, page 252]: «…les motifs de la douleur… Pour exprimer la douleur, Bach emploie le motif chromatique et le thème des soupirs…» [+ Exemple musical].
[J.-. Bach, tome 2, pages 108, 349]: Le motif de la peine… en forme de style arioso libre.
[Le mot „Tod - mort“ est prononcé pas moins de quinze fois dans la première partie de l‘air (mesures 22 à 56) et neuf fois encore avec la reprise aux mesures 98 à 120. Affect sur „Höllennot – tourment de l‘enfer“
Structures: Prélude instrumental, mesures 1 à 20 – Développement vocal 1, mesures 21 à 60 – Intermède instrumental aux mesures 61 à 68 – Développement vocal 2, aux mesures 69 à 88 - Intermède instrumental aux mesures 88 à 96 – Développement vocal 3 (reprise sur ich wünschte mir den Tod) aux mesures 97 à 120. Postlude instrumental de la mesure 120 à la mesures 132].

4] REZITATIV (DIALOG) BAß, SOPRAN. BWV 57/4

Jésus: ICH REICHE DIR DIE HAND / UND AUCH DAMI DAS HERZE. / L‘âme: ACH ! SÜßES LIEBESPFAND [Neumann: OP = „Liebes-Pfand“ – Ost et BG = „liebzs-Pfand“] , / DU KANNST DIE FEINDE STÜRZEN / UND IHREN GRIMM VERKÜRZEN.
Je te tends la main / Et, par là, également mon cœur. / Ah, doux gage d’amour, / Tu peux terrasser les ennemis / Et mettre un terme à leur rage.

Sol mineur (g) – Si bémol majeur (B), 6 mesures, C
BG Jg. XII2. Page 118. Recitativo / Jesus - Dee Seele / – Organo e Continuo
NEUMANN. Récitatif secco dialogué
SCHMIEDER. Sopr., Basso; Org. e Cont.

FINSCHER: « Le duo-récitatif, d’une importance décisive, conduit de sol mineur à si bémol majeur qui est la tonalité de l’air du Christ…»
HIRSCH : Affect sur les mots « du kannst die Feinde stürzen ».

5] ARIE BAß. BWV 57/5

JA, JA, ICH KANN DIE FEINDE SCHLAGEN, / DIE DICH NUR STETS BEI MIR VERKLAGEN, / DRUM FASSE DICH, BEDRÄNGTER GEIST. / BEDRÄNGTER GEIST, HÖR AUF ZU WEINEN, / DIE SONNE WIRD NOCH HELLE SCHEINEN, / DIE DIR JETZT KUMMERWOLKEN WEIST.
Oui, oui, je puis battre les ennemis / Qui ne cessent de se mettre en accusation auprès de moi, / Ressaisit-toi donc, esprit harcelé d’inquiétude. / Esprit affligé, cesse de pleurer, / Le soleil reluira dans toute sa clarté, / Lui qui te cachent maintenant les nuages des soucis.

Si bémol (B), 3/4, 191 mesures (avec le da capo 111 + 80 mesures)
BG Jg. XII2. Pages 119-126. Aria. Marqué « Vivace ». Violino I – Violino II – Viola – Jesus – Organo e Continuo
NEUMANN. Cordes, B.c. Baß. Avec da capo
SCHMIEDER. Basso (Jesu) ; Viol. I, II, Vla. ; Org. e Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 412]: «…Modernes, revêtant presque des caractéristiques d’airs d’opéra, apparaissent par contre [par rapport au N° 3] les deux autres arias, en tempo vivace [n° 5] et allegro [n° 7]. [5]: Une aria di battaglia entonnée par Jésus, à notes répétées…»
BOMBA: « …l’air n° 5 par contre [par rapport à l’air n° 3] montre le Christ triomphant. Bach utilise les répétitions de figures des cordes comme dans la Passion selon Saint-Jean (n° 16 ou 30)... ».
FINSCHER: « Les deux airs se situant après le dialogue récitatif [n° 5 et 7]… sont par contre des morceaux da capo de conception moderne, l’air du Christ offrant avec ses appels guerriers une énergie proche du ton de l’opéra tandis que l’air de l’Anima [7]…voir ci-après :
GARDINER: «…Ce fut sans doute un soulagement pour les bourgeois de
Leipzig venus célébrer Noël que d’entendre la musique changer aussi radicalement d’atmosphère… l’effet d’un mémorable cri de bataille… les doubles croches rejetées des premiers violons projetant l’action… avec des sixtes et des septièmes acérées et descendantes… accords ascendants et cinglants pour la ligne de basse ».
HIRSCH: « Un nombre surprenant de compositions dans les cantates à 111 mesures: BWV 67/6, 123/3 :205/1, 137/3 et 57/5 (dans la partition) et BWV 32/5. Dans le choral final de la cantate pour le Nouvel An BWV 190 chante 111:/222 sons (111 deux fois)
KRUMMACHER: «…En dépit de toutes les divergences qu’ils manifestent, les deux derniers airs (n° 5 et n° 7) partagent – analogues en cela au premier couple d’airs [1 et 3] - la vivacité rythmique…»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…La voix de Jésus. Air écrite dans la coupe da capo apportant l’assurance que Dieu saura vaincre les ennemis de l’âme fidèle ; ici encore l’accompagnement est confié aux cordes ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page 53]: « Thèmes limpides et forts sont si étroitement liés dans son esprit [de Bach] aux mots qui parlent de justice, de secours puissant, de salut… qu’il leur obéit soudain.. Et c’est en organisant un thème de même sorte qu’il traduit: « Oui, je veux battre les ennemis…Quand les fiers ennemis sont haletants de rage… »[+ Exemple musical sur les mots « Ja, ja, ich kann die Feinde schlagen », BG XII, page 119].
La Formation rythmique des motifs, page 108] : « Les mots qui expriment la force reçoivent une parure musicale à la fois violente et carrément rythmée, ainsi dans le début de l’air n° 5 » [+ Exemple musical sur le mot « schlagen », BG XII, page 119].
[page 118]: « Parmi les motifs où les syllabes sont disjointes, les vocalises associées aux mot « verklagen – accuser », et « schlagen – frapper ».
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 185]: « cadence vivifiante dans la basse continue,…rythme de joie mais aussi pour traduire des idées de violence…»
[L’orchestration, page 216 : « Bach écrit assez volontiers des accompagnements de violon en motifs de fanfare, dans les airs où il est question de combats, de héros, de puissance victorieuse. Ainsi dans la cantate BWV 57..les violons font un tumulte de bataille, tandis que le chanteur dit: « Oui, je puis battre mes ennemis ».
SCHULZE: « l’aria fait résonner ses accents victorieux par de nombreux motifs basés sur l’accord parfait ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 349]: Dans le « vivace » suivant…Jésus réconforte l’âme par un chant de triomphe…»
WIJNEN: «…la basse très vivante et la partie de violon particulièrement saillante…»
WHITTAKER: « Il est inhabituelle de trouver deux arias dans la même cantate, particulièrement avec un seul récitatif entre, exécutées avec la même combinaison instrumentale, bien que ceci apparaisse parfois à l’époque [de la cantate BWV 57]… Un air merveilleux, avec des cordes débute, faisant allusion à la partie finale du récitatif précédent [4] et alors nous sommes transportés en pleine bataille…un « torrent de doubles croches, chaque fois répétées se poursuit durant plusieurs mesures ».
[Mélismes sur « schlagen – battre », « Klagen – calomnier », « Kummerwolken – nuages de douleur »

6] REZITATIV (DIALOG) BAß, SOPRAN. BWV 57/6

Jésus: IN MEINEM [Wustmann: “in meinem Schoß“] SCHOß LIEGT RUH UND LEBEN, / DIES WILL ICH DIR EINST EWIG GEBEN. /
L‘âme: ACH ! JESU, WÄR ICH SCHON BEI DIR, / ACH STRICHE MIR / DER WIND SCHON ÜBER GRUFT UND GRAB, / SO KÖNNT ICH ALLE NOT BESIEGEN. / WOHL DENNEN, DIE IM SARGE LIEGEN / UND AUF DEN SCHALL DER ENGEL HOFFEN ! / ACH ! JESU, MACHE MIR DOCH NUR, WIE STEPHANO, DEN HIMMEL OFFEN ! / MEIN HERZ IST SCHON BEREIT, / ZU DIR HINAUF ZU STEIGEN. / KOMM, KOMM, VERGNÜGTE ZEIT ! / DU MAGST MIR GRUFT UND GRAB / UND MEINEM JESUM ZEIGEN.
En mon sein résident le repos et la vie / Et c’est eux que je te donnerai un jour pour l’éternité. / Ah Jésus, si j’étais déjà à tes côtés, / Si déjà le vent pouvait caresser mon tombeau. / Alors je saurais vaincre toute angoisse. / Heureux ceux qui reposent déjà dans le cercueil / Et espèrent entendre résonner les trompettes des anges ! / Ah, Jésus, ouvre-moi donc le ciel comme tu l’as ouvert à Étienne ! / Mon cœur est déjà prêt / A s ‘élever vers toi. / Viens donc, temps de joie ! / Tu peux me montrer le caveau et la tombe / Et mon Jésus.

Mi bémol (Es) – ré mineur (d), 18 mesures, C
BG Jg. XII2. Page 126. Recitativo. Jesus. Die Seele/Jesus – Organo e Continuo
NEUMANN. Récitatif secco dialogué
SCHMIEDER.Sopr.,Basso ; Org. e Cont.

NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Le récitatif assure que le vrai repos et le seul bonheur sont dans le Seigneur ».
[Affect classique sur le mot « Grabe – tombe » à la mesure 16

7] ARIE SOPRAN. BWV 57/7

ICH ENDE BEHENDE MEIN IRDISCHES LEBEN, / MIT FREUDEN ZU SCHEIDEN VERLANG ICH ITZT EBEN. // MEIN HEILAND, ICH STERBE MIT HÖCHSTER BEGIER, // HIER HAST DU DIE SEELE, WAS SCHENKEST DU MIR ?
J’achève promptement mon existence terrestre, / C’est avec joie que j’aspire à quitter dès maintenant ce monde./ Mon sauveur, je meurs avec le plus ardent désir, / Voici mon, âme, que me donnes-tu ?

Sol mineur (g) – Si bémol (B), 230 mesures, 3/8
BG Jg. XII2. Pages 127-131. Aria. Marqué « Allegro ». Violino solo – Die Seele – Organo e Continuo (marqué « staccato ».
NEUMANN. Trio: Violon (solo), Soprano, B.c. Forme bipartite. Rythme de danse
SCHMIEDER. Sopr. (Die Seele), Viol. Solo, Org. e Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 412]: «…Cette aria (l’âme) a un caractère pathétique souligné par l’emploi fréquent de la syncope dans un contexte rythmique agité ».
BOMBA: « …Bach équipe d’un solo de violon le dernier air [N° 7] représentant à nouveau l’âme incarnée par le solo de soprano, et il dote sa musique de nouveau d’un motif agité qui se déplace en une drôle rotation sur lui-même, faisant saillie en bout de mesure ; Alfred Dürr a interprété ce motif « comme si elle (l’âme) se laisse tomber frénétiquement dans les bras de Jésus…»
DUFOURCQ: «…A la joie guerrière du Dieu victorieux [5] – et qui commande de mettre un terme aux larmes (deux parties différentes en ce troisième tempo )– fait suite la joie légère du chrétien qui a décidé de tout quitter pour monter vers le ciel. Que citer ? Il faudrait détailler chacunde ces mouvements, insister sur l’équilibre de ce poème [Lehms], de ces airs, sur la parfaite harmonie et concordance entre les textes musicaux et les textes littéraires ».
FINSCHER: « Le dernier air de l’Anima (Seele) mène encore une fois [comme le récitatif [4] de sol mineur à si bémol majeur et, par là, à la tonalité du choral final … l’air se. distingue par la subtilité avec lequel il rend l’aspiration à la mort exprimée dans les paroles. Et l’effet est grandiose lorsqu’à la question restée en suspens [Voici mon, âme, que me donnes-tu ?] –véritablement demeurée irrésolue du point de vue de la forme – le choral final [8] apporte avec une solennelle simplicité la réponse si ardemment désirée ».
GARDINER: « le merveilleux airs qui termine cette remarquable cantate, requiert une chanteuse douée d’une extrême et acrobatique agilité…. Triples chutes d’octaves, syncopes, invention mélodique prodigues… l’air s’achève brusquement sans préavis –ni da capo, ni ritournelle finale- avec une simple question s’élevant sur un intervalle de sixte…»
HIRSCH: Avec les mots « Was schenke »st du mir ? que me donnes-tu ? », l’auteur semblerait voir ici une implication personnelle de Bach lui-même…»
KRUMMACHER: «…Le soprano et le violon solo sont caractérisés par une figuration dansante parsemée d’accents syncopés et par des phrases brièvement interrompues. Si l’air commençant en sol mineur ne renonce pas seulement au da capo, mais aussi, chose exceptionnelle, à l’unité tonale, cela est dû à la disposition du texte, dont Bach a pourtant tiré avec la conclusion en si bémol majeur restant pour ainsi dire en suspens un effet particulièrement original ».
LEMAÎTRE: «…l’air n° 7 se pare d’une partie de violon solo qui engage la voix vers des rythmes syncopés…»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Le soprano (l’âme) s’exalte à l’idée de la mort proche qui marquera son entrée dans le bonheur et dans le royaume de gloire ; cette fois Bach revient à la formule du premier air en écrivant un trio pour le violon-solo, la voix et le continuo ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La Formation rythmique des motifs, page 93]: « Bach a coutume de retenir le chanteur sur la syllabe accentuée des mots qui expriment l’idée d’éternité [ou d’attente], ici le mot « verlang - aspirer ».
[La traduction du texte, pages 267-268]: « Souvent, Bach laisse la voix et l’orchestre soutenir un accord dissonant au milieu d’un air… Dans quelques airs qui finissent par une interrogation, la voix ne revient pas pour conclure, à la note du ton. Renvoi à la cantate BWV 102/4 »
WHITTAKER: l’auteur insiste sur l’agilité que doit avoir le soprano voletant de branche en branche, tel un petit oiseau [poésie !] avec les sauts de quartes, quintes, sixième et d’octaves... l’aria s’interrompt brutalement à la fin sur « Was schenkest du mir » avec une double croche et le staccato des notes de l’orchestre. Les indications de nuances « forte » et « piano » sont [ici] exceptionnellement nombreuses »
[Affects classiques (coloratures) sur le mot « Freuden – avec joie », aux mesures 63 à 70 ; sur le mot « Ver-lang – désirer » aux mesures 88 à 93, ainsi qu’aux reprises du texte (mesures 104 à 127).

8] CHORAL. BWV 57/8

RICHTE DICH, LIEBSTE, NACH MEINEM GEFALLEN UND GLÄUBE, // DAß ICH DEIN SEELENFREUN IMMER UND EWIG VERBLEIBE, // DER DICH ERGÖTZT / UND IN DEN HIMMEL VERSETZT // AUS DEM GEMARTERTEN LEIBE.
Règle-toi, ô bien-aimée, sur mon bon plaisir et sois assuré / Que je demeurerai pour l’éternité l’ami de ton âme, / Celui qui fait ta joie / Et qui te transporte au ciel / Après t’avoir délivrée de ton corps torturé.

Si bémol (B), 18 mesures, 3/4
BG Jg. XII2. Page 132. Choral-Jesus. Soprano / Oboe I ; Violino I col Sopran – Alto / Oboe II, Violino II coll’ Alto – Tenore. Taille, Viola col’ Tenore. Basso – Organo e Continuo
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec l’ensemble des instruments colla parte
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten ., Basso ; Org e Continuo (Ob. I, Viol. I, col Sopr. ; Oboe II, Viol. II coll’ Alto ; Taille, Vla col Ten.)

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 411]: «…le choral conclusif est une réponse explicite à la question sur laquelle s’achève l’aria qui précède ».
BOMBA: «…Mais seule la foi est le chemin qui sauvera de la mort , Étienne vit le ciel s’ouvrir, et Jésus, interprété par le choral de fin, confirmant, délivre l’âme –geste explicité une fois de plus par l’harmonie grossière des vers finaux – de ce corps torturé pour l’emporter vers l’éternité ».
BOYD: «…Le moment le plus dramatique se situe peut-être au moment où le chœur à quatre voix intervient pour la première (et unique) fois pour répondre à la question finale de l’Âme ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 176]: Mélodie de choral (MdC) 067 simplement harmonisé de type I
GARDINER: «…Choral simplement harmonisé… lui aussi sur un mètre ternaire…se pourrait-il que Bach ait voulu marteler le symbolisme trinitaire dans cette cantate ? »
KRUMMACHER: «…Le choral final poursuit textuellement […] en dépit de l’écriture pour chœur, la partie de Jésus: ce qui dans ce procédé peut sembler illogique ne fait que mettre davantage l’intention en évidence ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…La cantate s’achève par la sixième strophe du cantique Hast du denn, Jesu, dein Angesicht d’Ahasverus Fritsch, composé en 1668 ; elle est chantée symboliquement sur l’air du magnifique choral Lobe den Herren, den mächtigen König der Ehren, les instruments doublant les quatre voix du chœur ».
WIJNEN: «…la cantate s’achève dans une atmosphère de douce résignation…»

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 57

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DISCOGRAPHIE BWV 57

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
Durée: Auberson (28’07). Gardiner (22’56). Harnoncourt (22’23). Herreweghe (23’04). Koopman (21’57). Kussmal (20’59). Leusink (25’). Nemeth (20’50). Ramin (25’31). Rilling (27’14). Ristenpart (25’03). Werner (26’43). Winschermann (22’25).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR].
(16 références (décembre 1999 – mai 2008) + 6 mouvements individuels (décembre 1999 – avril 2008).
Exemples musicaux: Aryeh Oron

6] AUBERSON, Jean-Marie. Chœur et Orchestre de l’Opéra d’état de Vienne. Maria Stader ; Heinz Rehfuss. 1964
Disque Festival FC 486. 1964. Avec BWV 243. Reprises en CD Fnac / Éditions Atlas, SACD / 004

16] COHEN-OKENINE, Patrick. Chœur régional d’Auvergne. Les Folies Françoises. « Concerto in dialoga ». France, juin 2007
CD Cypres 1652. Avec BWV 32, 49
13] GARDINER [Vol. 15]. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Église Saint-Barthélemy. New York 27 Décembre 2000
CD. SDG 127. 12/2006. Bach Cantata Pilgrimage. Avec les cantates BWV 151, 64, 133
8] HARNONCOURT Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Peter Jelosits. 6e version mondiale d’après Harry Halbreich. 1976
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 15]. 6.35305-00-501-503. SKW 15/1-2 BR 2. 1976
CD (D). Teldec 4509-91757. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 3. Cantates BWV 37 à BWV 60
CD Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 15]
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics, volume 18, CD 8573-81197-5. 2006
11] HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Décembre 1995
CD Harmonia Mundi (France) HMC 901954. 1996, 1999 - 2001
14] KOOPMAN [Vol. 17]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Mouvements 1-7, juin 2001 – Mouvement 8, octobre et novembre 2002
CD Antoine Marchand CC 72217. (F) = Avril 2005
15] KUSSMAL, Rainer. RIAS Kammerchor. Berliner barock Solisten. Mai et juin 2007
CD DG 477659. 2007. Avec BWV 49, 152
12] LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Avril et septembre 1999
CD Bach Edition. Kantaten, volume 5 – Cantatas, volume 2
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics III-93102. Disque 8/54
1] MENGELBERG, Willem. Concertgebouw Amsterdam.
Disque Mengelberg Edition, novembre 1940
10] NEMETH, Pál. Savaria Vocal Ensemble. Capella Savaria. Mars et novembre 1988
CD Hungaroton. 1989
2] RAMIN. Soli & Thomanerchor. Orchestre du Gewandhaus, Leipzig. Agnes Giebel ; Johannes Oettel. Enregistrement décembre 1951
Disque Corona RDA VEB, 1966-1965 ?
Eurodisc 89.814 XGK. Reprise. 1976. BWV 42, 43, 57, 67, 73, 106, 111,128, 131. Notice par Jean Gallois (avant 1980, Diapason)
CD Berlin Classics 090912BC. Historische Aufahmen mit Günther Ramin. Coffret de 9 CD. 1997. Avec BWV 36, 65
CD « Cantatas II – Bach in Germany ». Vol. I/1. A Leipzig Classics 001801 2BC. 1999. Avec BWV 36, 65
3] REINHARDT, Rolf. Pro Musica Chorus & Orchestra Stuttgart. Agnes Giebel; Bruno Müller. Disque Vox, début des années 1950
9] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Février 1982
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98729. 1982. Avec BWV 28
CD. Die Bach Cantate [Vol. 63]. Hänssler Classic. Laudate 98825. 1982. Avec BWV 64, 151
CD Hänssler edition bachakademie [Vol. 18]. Hänssler-Verlag 92.018. 1999
4] RISTENPART.Chœur du Conservatoire de Sarrebruck. Ursula Buckel. Jakob Stämpfli. Orchestre de chambre de la Sarre. Juin 1962
Disque Club français du Disque et Nonesuch (USA). CD Accord 202651
5] WERNER, Fritz [Volume13].Heinrich Schütz Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Agnes Giebel ; Barry Mc. Daniel Juin 1963
Disque Erato « Les Grandes Cantates ». Volume 13, STU 70120. Avec la cantate BWV 32
Reprise en CD Erato Warner Classic 2664 61401-2. Coffret 1 (10 CD). 2004
7] WINSCHERMANN. Deutsche Barocksolisten & Chor. Elly Ameling ; Hermann Prey. Mars 1970
Disque Philips 6770 019
Reprise CD. Coffret de cinq CD. Philips 454 346-2. 1996

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 57
M-1. Mvt. 8]. Herman Kreutz. Bachchor Gütersloh. Disque Cantate 1968 et report CD
M-2. Mvts. 2 et 3, 6 et 7]. Vladimir Spivakov. Disque Melodiya (URSS). Vers 1975
M-3. Mvts. 2 et 3]. Soprano et orgue. Disque Melodiya C 10-30497-003 (URSS). 1987
M-4. Mvt. 8]. Ton Koopman à l’orgue. Leeuwarden (H). CD Teldec, septembre 1984
M-5. Mvt. 8]. Bohumil Kulinsky. Chœur d’enfants de Prague + orgue. CD Supraphon. Avril 1997
M-6. Mvt. 8]. Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Solistes du Freiburger Barockorchester. Juin 1999.
Bach Edition 2006. CD Brilliant ClassicsV-93102. 28-134

 

ANNEXE BWV 57
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952.
Volume II, page 685. Appendix, note 25 : Cantates pour le jour de la saint Étienne. / il n’y a seulement que quatre cantates pour le second jour de Noël, jour de la Saint-Étienne / Les cantates BWV 121, 40, 57 et 2482.

Cantate BWV 57. Filigrane: un bouclier avec deux épées entrecroisées ; si aucune datation ne peutêtre établie par rapport à lui, il ne peut de toute façon prouver qu’il pourrait remonter aux tous débuts [de Bach] à
Leipzig, comme nous le montrerons dans la note 41 de ce [même] Appendix
Volume II, Appendix, note 41, page 695.. Le filigrane au bouclier et aux deux épées entrecroisées : « Ce type de papier est très courant à l’époque [première moitié du 18e siècle, tout au moins en Saxe] et il apparaît durant différentes périodes de la vie de Bach. Si la forme bien connue de ce bouclier saxon peut varier considérablement, s’il n’est pas vraiment identique, cela n’a pas d’importance. Ce « filigrane » apparaît sur les manuscrits dès l’époque de Cöthen,, comme [par exemple] dans la Partita en si bémol, puis partiellement dans la Passion selon Saint-Jean, à nouveau dans la cantate Gott, wie deine Name [BWV 171] écrite pour le Nouvel An 1729 ainsi que dans les révisions autographes de Vergnügte Pleissenstadt (BWV 216) écrite en 1728 ; en partie dans la Passion selon Saint-Luc, dans les cantates BWV 103 et 43 de 1735 ainsi que dans le rapport remis le 12 août 1736 par Bach au Conseil de la ville de
Leipzig, pendant la querelle avec Ernesti,. Mais ceci n’exclut pas la possibilité que Bach ait utilisé ce papier, avec le même filigrane, au début de son établissement à Leipzig, cependant, d’autre part, rien ne permet d’assurer qu’il le fit….les cantates qui possèdent ce filigrane, sans date de leur composition, sont… BWV 28, 110, 32…
Volume III, page 83. Cantates pour voix solo.
« Il reste vraiment très peu de cantates solo pour la période tardive de
Leipzig. Un Dialogus entre le Christ et l’Âme pour le second jour de Noël (« Selig ist der Mann… ») procède de ce type de composition représentant plus une musique sacrée de type domestique qu’une musique d’église. Elle ne contient aucune trace de forme particulière et si le l’intention même de cette œuvre ne nous était expressément donnée [par le titre], personne ne pourrait se douter qu elle fut affectée à Noël ».

 

Contributed by Claude Role (January 2009)

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