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Cantata BWV 47
Wer sich selbst erhöhet, der soll erniedriget
Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé
Commentary in French

Cantate pour le 17e dimanche après la Trinité
KANTATE ZUM 17. SONNTAG NACH TRINITATIS
Am siebenzehtnen Sonntage nach Trinitatis
Leipzig, 13 octobre 1726 -1735-1740 - 1742

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 47 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 47

Leipzig, le dimanche 13 octobre 1726, Jahrgang III.
Selon les chronologies de Dürr et Dadelseen vers 1950-1957. Spitta (II, 12-15) après son étude (texte d’Helbig, papier, filigranes et écriture) situait la cantate (avec quand même quelques réserves) vers 1720, entre le voyage à Carlsbad (Monts métalliques) de juillet 1720 au voyage à Hambourg, en novembre de la même année. Toutefois Alfred Dürr n’écarte pas l’hypothèse d’une origine remontant à Coethen en 1720 même s’il assure désormais la date de 1726.
1ère exécution: Leipzig, 13 octobre 1726, avec orgue obligé dans l’air n° 2
2e exécution : entre 1735 et 1740. C’est un violon obligé qui paraît substitué à l’orgue (Werner Neumann et Alberto Basso)
3e exécution : Leipzig, vers 1742 [BCW)

ANONYME (Notice de l’enregistrement de Paul Steinitz): «...On supposait la cantate BWV 47 écrite en 1720, la maîtrise suprême qu’elle révèle témoignant d’une floraison précoce du génie de Bach. On est maintenant sûr qu’elle fut jouée pour la première fois le 13 octobre 1726 (A. Dürr), date qui correspond à une des époques les plus riches parmi les années de cantates à Leipzig ».
HIRSCH: Classement CN 158 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): 1726 : BWV 35 (8 septembre 1726) - BWV 19 (19 septembre 1726) - BWV 17 (22 septembre 1726) - BWV 27 (6 octobre 1726) - BWV 47 (13 octobre 1726) - BWV 169 (20 octobre 1726) - BWV 56 (27 octobre 1726) - BWV 49 (3 novembre 1726) - BWV 98 (10 novembre 1726) - BWV 55 (24 novembre 1726).
SCHWEITZER: « Spitta pensait que cet ouvrage avait été écrit pour Hambourg. En cette année 1720, le 17e dimanche après la Trinité - comportant l’évangile destiné à cet cantate- tombait le 22 septembre. De toute façon Bach n’alla pas à Hambourg avant novembre, son voyage ayant été différé par la mort de sa femme. Il est très douteux dans ces conditions qu’il ait alors composé cette cantate…»
TIÉNOT, Yvonne: Chronologie pour 1720 à Coethen et une exécution à Hambourg ? VOIR
[La publication du texte d’Helbig, à Eisenach, est datée de 1720]

 

SOURCES BWV 47

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms Bach P 163 B. Berlin. Deutsche Staatsbibliothek (ex RDA).
La partition autographe est conservée à Berlin, à la Deutsche Staatsbibliothek [ex Berlin Est] sous la référence P (Partitur) 163. Elle comporte 12 feuillets (soit 24 pages). Peut-être a-t-elle appartenu au collectionneur C. F. Zelter (1758-1832), le fondateur de la Singakademie en 1791, car des annotations de sa main s’y trouvent.
Gerhard Herz (page 35) a retrouvé, à la suite de Spitta, le filigrane « ICF » (une couronne et des feuillages) avec « ICF » dans la partie supérieure. De plus il a reconnu sur les parties séparées et la copie l’écriture de Christian Gottlob Meissner, élève de Bach à Leipzig entre 1723 et 1729.

COPIES du 18e siècle.
Enfin Werner Neumann signale les copies d’une exécution probable vers 1734, copies classées P AM 35B (pour Amalienbibliothek Berlin).

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Mus. ms. Bach. St 104B. Berlin Deutsche Staatsbibliothek. 16 voix, in 4° ; Annotations de Bach.
BG. Titre pris à la couverture des parties séparées : "Dominica 17 post Trinit: | Wer sich selbst erhöhet, der soll erniedriget pp | a 4 Voci, 2 Hautbois, 2 Violini, Viola e Organo obligato di Joh. Sebast. Bach"

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BG Jg. X (10e année - BWV 41-50. Pages 241 - 274. Préface de Wilhelm Rust (1860)
[Partition BG dans le volume 13 Teldec / Das Kantatenwerk, 1975

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 23. KANTATEN ZUM 16 UND 17 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5054. 1982. 6 Fac-similés.
Avec BWV 161, 95, 8, 27, 148, 114 et Anh. 47a. Page 321
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5054 41. 1984. Helmuth Osthoff : BWV 161, 95, 8, 27, 47

AUTRES ÉDITIONS
BCW. Réduction voix et piano – Partition de la BGA
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2897 (parution 1891). Chorst ChB 2208.
2009: Réduction voix et piano (28 pages) = EB 7047 - Partition du chœur = ChB 4547
Kalmus Study Scores. N° 819. Volume XV. New York 1968. Cantates BWV 47-50.
Peters. Réduction pour voix et piano 1698 (parution 1881)

 

PÉRICOPE BWV 47

Dix-septième dimanche après la Trinité
Épître: Ephésiens 4, 1-6 [PBJ. 1729]. Appel à l’unité… un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême !
Évangile: Luc 14, 1-11 [PBJ. 1563] et 18, 14 [PBJ . Guérison d’un hydropique un jour de Sabbat
Même occurrence (17e dimanche), BWV 148 (19 septembre 1723) et BWV 114 (1er octobre 1724)
Dans le Missel romain, les lectures du 18e dimanche après la Pentecôte ne correspondent pas à celles proposées dans l’EKG (décalage d’un dimanche entre les dimanches après la Pentecôte ou après la Trinité (culte luthérien). Dans le missel romain on retrouve donc l’épître aux Éphésiens le 17e dimanche, juste avant les « Quatre temps ».

EKG: (17. Sonntag nach Trinitatis)
17e dimanche après la Trinité. Incipit : Michée 6, 8 [PBJ. 1420] « On t’a fait savoir, homme, ce qui est bon… ».
Renvoi au titre de BWV 45/1
Psaume 119, 1-10 [PBJ. 914]. Eloge de la loi divine (le psaume de Pascal !). Voir aussi le psaume 124 [PBJ. 923] et psaume144 [PBJ. 935]
Cantique (Lied) 193 « Wo Gott der Herr ni bei uns halt », la paraphrase du psaume 124 par J. Jonas, Wittenberg, 1524
Épître aux Éphésiens 4, 1-6 [PBJ. 1729]. Appel à l’unité, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême !
Évangile : Luc 14, 1-11 [PBJ. 1563]. La guérison d’un hydropique. Sur le choix d’une place… » car tout homme qui s’élève… »
Ce cantique chanté généralement le 17e dimanche après la Triné et renvoie aux cantates BWV 114 et 148. Il est essentiellement à la base de la cantate BWV 178.
Même occurrence : Cantates BWV 114 1er octobre 1724) et BWV 148 (19 septembre 1723)

 

TEXTE BWV 47

Auteur du livret: Johann Friedrich Helbig. Publication à Eisenach en 1720 (voir fac-similé dans Werner Neumann). Helbig est mort en 1722
Texte de Johann Friedrich Helbig (1680-1722). Pour une fois, tout est clair. La note 8, de la page 843 (Alberto Basso, volume II) fait clairement le point. Consulter le texte correspondant publié dans l’ouvrage de Werner Neumann: « Sämtliche von Johann Sebastian Bach… (Pages 304-305 et n° 9, page 509) tiré du recueil édité par Johann Adolph Boëtio (1720), aux pages 114-116, à Eisenach: « Auffmunterung / Zur / Andacht, / oder : / Musicalische / Texte / über / Die gewöhnlichen Sonn / und Fest-Tags Evangelien durchs ganze Jahr / Gott zu Ehren » - de la Chapelle princière d’Eisenach).
Renvoi [Werner Neumann] : Vop = Neu Leipziger Gesangbuch (Gottfried Vopelio, Leipzig 1682. LVopelius I et II = Plusieurs rééditions : 1729-1730-1735-1739-1740) ; Gg = Geistreiches Gesang-Buch, Leipzig 1721
Telemann a puisé dans l’œuvre d’Helbig quelques 174 textes de cantates !. La disposition du texte est identique dans Telemann et chez Bach (dictum-aria-récitatif-aria-choral). Le texte de BWV 141 (faussement attribué à Bach) est également d’Helbig.

1] Helbig. Citation (dictum) Luc XIV, 11 [PBJ. 1563] « Car tout homme qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé », citation reprise à l’identique et plus loin, toujours dans Luc XVIII, 14 [PBJ 1569].
2] Johann Friedrich Helbig
3] Johann Friedrich Helbig.
4] Johann Friedrich Helbig

5] Texte et mélodie de la 11e strophe du cantique (en 14 strophes, de cinq vers chacune), selon Alfred Dürr): « Warum betrübst du dich, mein Herz » d’un auteur anonyme (édité à Nuremberg en 1561). Attribution, sous réserve, à Hans Sachs (1496-1576) mais Henri Boyer donne Bartholomäus Monoetius (1565), en fait une variante utilisée dans BWV 420 et 421
La mélodie du cantique « Warum betrübst du dich, mein Herz » se retrouve dans BWV 138/1-2-7 avec les strophes 1, 2, 3.
Renvoi aux chorals à quatre voix, avec la première strophe dans BWV 420, 421 et BWV Anh. 209/4
[Sources: Lyon, page 41, avec BWV 138, 420-421 – BCW donne le texte (en allemand et anglais) des strophes 1 à 9 et 11]
Ce cantique n’est pas repris dans EKG.
BCW donne une longue liste des compositeurs ayant utilisé le textes et la mélodie de ce cantique. Parmi eux sont cités S. Scheidt (Görlitz (D) vers 1611-1650), J.H. Schein, F. W. Zachow, J. L. Krebs, Telemann (cantates Twv 1:1500 et TWV 1:1117), etc.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. II, page 430]: « Pour 1726, deux cantates avec un emploi très restreint de passages bibliques, BWV 47/1 et BWV 49/6
BASSO [Jean-Sébastien Bach, vol. II, page 843: « Né le 19 avril 1680 probablement à Neustrien /Sachsen) et mort à Eisenach le 18 avril 1722, Helbig avait fait partie du Collegium musicum de Leipzig (celui fondé par Telemann) à l’époque où Melchior Hoffmann en assurait la direction (après 1705) en qualité de ténor… A Eisenach à partir de Pâques 1709. Secrétaire, chanteur (ténor), poète et compositeur… »
WITTAKER:« [3]. Rappelle certains psaumes par une violence d’expression qui peut se relier à un luthéranisme combatif renvoyant par exemple au psaume 59 [PBJ. 854].

 

GÉNÉRALITÉS BWV 47

228 + 189 + 20 + 79 + 10 mesures = 526 mesures au total. Pas de symétrie apparente. Tonalité de sol mineur…
WHITTAKER: « Les cantates avec orgue obligé: BWV 47, 73, 29, 146, 172, 170, 35, 27, 169, 49, 189 ».

 

DISTRIBUTION BWV 47

NEUMANN. Solo : Sopran, Baß. – Chor. Oboe I-II ; obligate Orgel ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S. B. Chor : S, A, T, B.. Instrumente : Oboe I, II ; Viol. I, II ; Vla. ; Organo obligato ; Cont.

Selon certain auteurs, dont Albert Schweitzer, l’orgue obligé du n° 2 aurait été remplacé par un violon obligée lors d’une reprise ultérieure de la cantate ».

 

APERÇU BWV 47

1] CHORSATZ. BWV 47/1

WER SICH SELBST ERHÖHET, DER SOLL ERNIEDRIGET WERDEN, UND WER SICH SELBST ERNIEDRIGET, DER SOLL ERHÖHET WERDEN.
Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

Sol mineur (g), 228 mesures, C Barré. Entrée du chœur à la mesure 45
BG Jg. X. Pages 241-259. Marqué "Allegro". Oboe I. | Oboe II.| Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Introduction sous forme d’une Sinfonia instrumentale. Chœur avec triple fugue et sections instrumentales encastrées.
Chœur : Sopr., Alto, Ten., Basso. Solo Chor - tutti Chor Oboe I, II ; Viol. I, II ; Vla. ; Cont

ANONYME (Enregistrement de Paul Steinitz): «…Le choral d’entrée est un des édifices musicaux les plus colossaux parmi les cantates. Il contient deux idées très distinctes : d’une part un concerto-ritornello d’ouverture, pour l’orchestre (très proche du thème du prélude pour orgue en do mineur BWV 546, et d’autre part une triple fugue pour les voix, qui suit fidèlement les idées du texte. Musicalement, les instruments et les voix sont très liés, et d’égale importance (un hautbois introduit de façon remarquable le thème transposé en majeur). »
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1]: «…Le « dictum », Luc XIV, et XVIII, 14 offre opportunément l’occasion de bâtir sur cette opposition une puissante architecture en motet. Une basse instrumentale très articulée (44 mesures d’introduction) fournit la substance thématique permettant de mettre sur pied une page complexe, rapprochant symboliquement deux expositions différentes de la même fugue (mesures 45-88 et mesures 104-151, dont la première est de même longueur que l’introduction) peut-être confiées à deux blocs chorals distincts, soli d’une part et tutti de l’autre, et en inversant la position des voix. Au terme de chaque exposition figure un épisode dans lequel alternent instruments et voix (du double de longueur dans le second cas) ; le morceau se conclut ensuite sur une reprise littérale de l’introduction (mesures 184-228), mais à l’intérieur de laquelle vient se greffer une élaboration de type motet, en style principalement homophone. Il est à noter qu’en présence des deux mots clefs, le motif mélodique est ascendant lorsqu’il s’agit de erhöhet (exalté) et descendant dans le cas de erniedriget (humilié) ».
BOMBA: «…Élever - abaisser, humilité - Vanité : l’imagination de Bach s’enflamme à des contrastes textuels comme ceux-ci. Ici aussi, mais avant tout dans les deux premiers volumineux mouvements. Le chœur d’introduction est une fugue de chœur de grande envergure que Bach intègre dans un mouvement d’orchestre qui commence comme un antiphonaire. Le sujet de la fugue se fait remarquer par sa longueur coulant apparemment sans fin. Le mouvement vertical de ce mélisme reflète les paroles du texte ; des éléments et des thèmes ascendants et descendants établissent entre eux un dialogue vivace et en contrepoint. Les passages intercalés homophones ont fonction d’articulation mais aussi de renforcement »
BOYER: «…Première partie. Vaste chœur fugué dont le thème par un mouvement ascendant puis une chute brutale, doit signifier le premier volet de la phrase de Luc. Dans un second volet, le chœur pour signifier « celui qui s’abaisse sera élevé » va présenter un thème descendant d’un octave puis remontant par trois quartes successives ».
BRAATZ (BCW): «…Structure, celles de A. Dürr ci-dessous mais complétées… »
CANTAGREL [Le Moulin et la rivière, page 256]: «…Le motif de fugato du prélude s’élève en effet en blanches pour redescendre en noires, selon le figuralisme développé par la cantate [+ Exemple musical] ».
DÜRR: Structures:
A. Introduction instrumentale (Ritournelle). 1er thème avec alternance homophone cordes, hautbois. Mesures 1-45
B. Chorfugue. Mesures 45 à 89. Motif ; parties homophones. Entrée au ténor
Brève section chorale homophonique, après un bref interlude instrumentale (pont). Mesures 89 à 103
B’ Chorfugue (reprise symétrique) (tutti). Entrée au soprano. Mesures 104 à 152.
Section chorale homophonique (pont) après un bref interlude instrumentale (pont). Mesures 152 à 183
A’. Répétition de la sinfonia avec Chorei. Reprise instrumentale (Choreinbau). Mesures 184 à 199 et 200 à 228
FINSCHER: «…Elle (la cantate) partage aux moins deux particularités avec toute une série de cantates destinées aux dimanches après la Trinité de l’année 1726: l’utilisation de l’orgue comme instrument concertant (joué par Bach en personne) et la disposition du premier mouvement choral en une forme de fugue longue et compliquée. Dans la cantate BWV 47 il est spécialement compréhensible que la concentration ait porté sur ce mouvement mettant en musique un passage de l’Écriture, d’abord parce que l’expressive antithèse de la sentence choisie (Saint-Luc 14, 11) offrait la meilleure donnée à une composition puissamment imagée et ensuite parce que le texte qu’y avait rattaché Johann Friedrich Helbig, secrétaire d’état d’Eisenach, n’avait tiré de cette parole de la Bible qu’une paraphrase étrangement médiocre. Bach mit en musique la sentence de Saint-Luc comme une grande fugue chorale, se déroulant par deux fois symétriquement encadrée par un mouvement instrumental et la répétition variée de celui-ci avec chœur incorporé. De même que les thèmes de la fugue chorale reproduisent de manière directement imagée, les idées centrales du texte « erhöhet - erniedriget » - erniedriget -erhöhet », la forme du mouvement entier vise à refléter allégoriquement la dichotomie du texte : thème de fugue et contrepoint obligé, double déroulement de la fugue, double symétrie des parties extrêmes et de l’ensemble. La puissance figurative de la thématique et l’allégorie de la forme constituent une magnifique unité conceptuelle, également pourvue d’un pouvoir direct d’efficacité musicale ».
GARDINER: « Le chœur commence telle une variante, sur un tempo plus rapide, du Prélude en ut mineur BWV 546 pour orgue, transposé une quinte plus haut… à la mesure 12 (hautbois), noyau d’un sujet de fugue s’élevant… tandis que la poitrine de « qui s’élève lui-même » se gonfle de suffisance, avant de redescendre au moment ou celui qui sa juste « récompense ». La seconde section du texte –les humbles- sert de contre-sujet, se referme sur sa propre incise descendante « qu’il soit élevé ».
HALBREICH: «…Gigantesque chœur initial, fait d’une grande introduction orchestrale de 44 mesures précédant une fugue libre sur un sujet de non moins de 10 mesures. C’est une page extrêmement imposante, mais peut-être plus intellectuelle que sensible, ce qui convient fort bien à l’approche toujours inexorablement objective de Harnoncourt ».
HIRSCH: «…Pour la même année, voir les chœurs de BWV 39/1, 187/1, 45/1, 102/1, 17/1. Opposition humilité / Orgueil. Grand chœur fugué en sol mineur. Sans substance instrumentale propre (renvoi à BWV 198). Double exposition de la fugue. Chromatisme sur « erniedriget ».
Le thème de la fugue a 43 notes. 43 = « Credo ». La somme numérique de l’ensemble du texte chanté est de 1017. La basse chante 1023 notes. Les périodes de la fugues par succession de 9 mesures dans les trois sections ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La direction des motifs, page 24] «…Bach exprime les idées d’élévation et d’abaissement. Voici me début de la partie de ténor du premier chœur [+ Exemple musical, BG X, page 244].
[page 31]: L’idée de prosternation, motif s’inclinant (voir aussi BWV 17/4 et dans la Passion selon Saint Matthieu [BG, pages 77-78].
[Traduction du texte, p. 266. BG 47, X, page 258]: « A la fin de ce chœur Bach divise le texte de façon à souligner chaque mot avec l’insistance détaillée d’un orateur populaire et il arrête les voix après le mot « und » qui relie la première proposition. Interruption du discours. Opposition marquée entre deux membres de phrase. Voir par exemple BWV 21/1 ».
ROBERTSON: «…Analogie avec le prélude BWV 546 [Whittaker]. La vertu d’humilité est le thème majeur du texte d’Helbig ».
ROMIJN: «…Monumental mouvement choral complexe et diversifié avec une introduction orchestrale de 45 mesures… débouchant sur une ample fugue chorale… »
SCHWEITZER: «…Analogie avec BWV 9/3, la chute de l’humanité « déjà trop bas nous étions tombés ». [+ Exemple musical]
Les deux thèmes par lesquels Bach exprime l’idée « Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » ont été cités comme typiques de sa méthode de représentation. C’est évident dans l’introduction instrumentale avec par exemple la démarche de la basse dans les mesures 5 à 7. . mais ceci ne constitue pas seulement la splendeur de ce chœur… »
WHITTAKER: «…Analogie avec le prélude BWV 546 de la période de Weimar. 7 sections :
1] Introduction instrumentale avec dialogue entre les cordes et les hautbois, sans allusion a la fugue vocale qui suit. 2]. Fugue. Le sujet de la fugue, 9 mesures, est annoncé par le ténor. 3]. Intermède. Instruments en alternance. 4]. Deuxième réexposition. Avec entrées des voix dans un ordre différent, excepté pour les basses. 5]. Reprise de la section 3. Sujet, contre-sujet avec instruments colla parte doublant les voix.
6]. Conclusion: les voix chantent les mesures de l’introduction après son exposition instrumentale. 7]. Reprise et développement de 6 jusqu’à la fin d’un effet considérable. Accentuation (effet) sur « und ». Bach a écrit rarement un chœur aussi puissant et magnifique…»

2] ARIE SOPRAN. BWV 47/2

WER EIN WAHRER CHRIST WILL HEIßEN, / MUß DER DEMUT SICH BEFLEIßEN ; / DEMUT STAMMT AUS JESU REICH. / HOFFAHRT IST DEM TEUFEL GLEICH. / GOTT PFLEGT ALLE DIE ZU HASSEN, / SO DEN STOLZ NICHT FAHREN LASSEN.
Qui veut pouvoir être qualifié d’authentique chrétien / Doit redoubler d’humilité ; / L’humilité procède du royaume de Jésus. / La vanité est pareille au démon ; / Dieu conçoit de la haine pour tous ceux / Qui ne bannissent point leur orgueil.
Werner Neumann / fac-similé : Wer ein wahrer Christ will heissen, / Muß der Demuth sich besleissen

Ré mineur (d), 189 mesures, 3/8
BG Jg. X. Pages 260-265. Aria. Organo obligato. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Forme trio, avec orgue ou violon obligés. Soprano et Bc. Da-capo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1]: «…L’aria présente une partie d’orgue obligé (remplacé par un violon lors d’une reprise de l’œuvre aux environs de 1734) et est surtout remarquable dans sa section centrale, faisant ressortir l’idée d’orgueil (Hoffahrt par le biais d’une réalisation musicale plus élaborée formant opposition avec l’écriture plus simple et plus linéaire de la première section exaltant l’ humilité- Demut ».
BOMBA: «…Bach fait accompagner l’air par un orgue concertant ; il a transcrit ce registre pour violon solo à l’occasion d’une nouvelle exécution à partir de 1734. Les deux parties de l’air (dans le da capo, Bach retourne naturellement à la vertu positive) illustrent l’humilité et la vanité en employant des caractéristiques musicales différentes coulant doucement, artificiel ici, là-bas plutôt encombrant et au rythme rude ».
DÜRR: «…Analogie avec BWV 49/2 en ce qui concerne l’utilisation de l’orgue obligé ». Opposition (Haupteil /- Mittel Teil) sur les mots « Demut » et « Hoffahrt ».
FINSCHER: «…Structure musicale plus modeste [que 1] dans la première version avec orgue concertant qui fut remplacé par un violon pour une exécution dans les années trente. La partie centrale représente en un fluide traitement mélodique l’ »humilité é », la partie centrale exprime à la voix et par le « fier » rythme instrumental la « présomption » tandis que le continuo, en continuant à traiter la thématique de la partie principale, veille à ce qu’aucun doute ne s’élève au sujet de la hiérarchie : l’ »humilité » n’a pas seulement la préséance théologique et morale mais aussi thématique et musicale ».
GARDINER : «…figure planante du violon obligé, comme un battement d’aile. Dans la section B du mouvement, la partie de violon, est en double corde pour évoquer les diaboliques "Hoffahrtla vanité" et "Stolz - orgueil"
HALBREICH: «…Harnoncourt a choisi un violon solo pour accompagner le très long air de soprano… Bach semble avoir prévu tout d’abord un orgue obligé (comme dans la version Steinitz) ».
HARNONCOURT: «…le principal problème posé par cette cantate est la distribution instrumentale. Le texte de la partition est ici incomplet, il indique en effet « AriaOrgano è… Il existe en outre une voix écrite par Bach lui-même à l’occasion d’une exécution ultérieure et ne portant pas d’en-tête. Une main inconnue inscrivit plus tard au-dessus la mention « organo ». Dans sa biographie de Bach, Spitta déclare qu’il s’agirait d’une partie de violon. On s’est décidé en faveur d’un solo de violon, version la plus probable en définitive. Pour ce qui est de la musique attribuée à cette voix [in enregistrement « Teldec »], on s’en est également tenu à la partie autographe et non à la partition [voir l’enregistrement Leusink avec la partie d’orgue obligé tout à fait bien venue aussi]
HIRSCH: «… Forme da capo. Affects sur les mots « humilité - Demut ». Ritournelle au continuo en doubles croches ».
ROMIJN: «…Contraste saisissant avec les proportions symphoniques de ce qui précède [1]…La partie assez volontaire et énergique de l’orgue semble symboliser les mots "Qui veut pouvoir être qualifié d’authentique chrétien / Doit redoubler d’humilité"…».
SCHWEITZER: « Dans le premier air, l’édition de la BG stipule à tort un orgue obligé ; ce doit être un violon »
WHITTAKER: «…Nécessité de l’humilité pour un vrai chrétien. Le violon est la bonne solution. La technique des cordes est mieux adaptée au texte. Illustration sur le mot « Stammt ». Dans la deuxième partie, « Gott pflegt » illustration du mot « hassen » et staccato sur « Fahren - bannir ».

3] REZITATIV BAß. BWV 47/3

DER MENSCH IST KOT, STANK (Wustmann (Ost): staub, Luft, Asch und Erde), ASCH UND ERDE ; / IST MÖGLICH, DAß VOM ÜBERMUT, / ALS EINER TEUFELSBRUST, / ER NOCH BEZAUBERT WERDE ? / ACH JESUS, GOTTES SOHN, / DER SCHÖPFER ALLER DINGUE, / WARD UNSRETWEGEN NIEDRIG UND GERINGE, / ER DULDTE SCHMACH UND HOHN ; / UND DU, DU ARMER WURM, SUCHST DICH ZU BRÜSTEN ? / GEHÖRT SICH DAS VOR EINEN CHRISTEN ? / GEH, SCHÄME DICH, DU STOLZE KREATUR, / TU BUß UND FOLGE CHRISTI SPUR ; / WIRF DICH VOR GOTT IM GEISTE GLÄUBIG NIEDER ! / ZU SEINER ZEIT ERHÖHT ER DICH AUCH WIEDER.
L’homme est fange, pestilence, poussière et glèbe ; / Peut-il encore subir le maléfice de la présomption, / cette engeance diabolique ? / C’est donc Jésus, le Fils de Dieu, / Le Créateur de toutes choses, / Qui pour nous s’abaissa en toute humilité / Et endura l’ignominie et les sarcasmes ; / Est-ce le fait d’un chrétien ? / Va, que la honte t’oppresse, créature orgueilleuse, / Fais pénitence et suit les traces du Christ ; / Sois croyant en ton âme et prosterne-toi devant Dieu / Et il te relèvera en temps utile.

Sol mineur (g) → mi bémol majeur (Es), 20 mesures, 4/4
BG Jg. X. Pages 266-267. Recitativo. Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo
NEUMANN. Récitatif accompagné (cordes). Basso ; Viol. I, II, Vla.; Cont

BOMBA: «…Le texte du récitatif accompagné des cordes n’utilise pas seulement un langage éloquent pour montrer au chrétien le droit chemin. Son caractère simpliste et que les cordes ne réussissent à apaiser que péniblement, semble aussi être la raison pour laquelle Bach n’a adapté que ce seul et unique morceau issu de la plume de l’adjoint administratif d’Eisenach, Johann Friedrich Helbig. Il ne connaissait probablement pas le texte lui-même issu du recueil « Encouragement à la méditation » mais n’en connaissait que l’adaptation musicale de Georg Philipp Telemann
CANTAGREL [Le Moulin et la rivière, page 256]: «…Dans l’unique récitatif de la cantate, la basse proclame sur un ton voisin du pathétique « L’homme n’est que boue, poussière et cendre », adaptation de la formule latine d’épitaphe: Hic jacet pulvis, cinis et nihil / Ci-gît poussière, cendre, néant ».
FINSCHER: «…L’accompagnato traite avec une simplicité relative les mots excessivement « marquants » du texte ».
GARDINER: «…Sonore récitatif en forme d’accompagnato…»
LEHMANN: «…Expressivité (et contraste) du récitatif avec ses grands intervalles… sur « Ist kot, stank » »
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 63]: «…Abattement, amertume, un sentiment de détresse irrémédiable. Trouble de la tonalité et les conflits del ’harmonie. Déclamation tourmentée. Voir les cantates BWV 78/5 et 48/2 et 186/7 [+ Exemples musicaux, BG 47, X, page 266].
[Conclusion, page 461]: «…Certains passages sont d’une rudesse inoubliable… j’ai déjà cité des fragments de récitatif où il déclame avec fureur les paroles violentes dont le langage biblique est si riche pour rappeler les bassesses de la nature créée ».
SCHWEITZER: « Si l’on joue aujourd’hui cette cantate, le texte de ce récitatif gagner à être modifié…»
WHITTAKER: «…Langage « extravagant » et texture « wagnérienne » des cordes. Ouverture agitée. Exemple de la virulence du langage de la religion de Luther. Analogie avec les verset 7 et 15 du psaume 59 « Ils reviennent le soir, hurlant comme des chiens » [PBJ. 854-855].

4] ARIE BAß. BWV 47/4

JESU, BEUGE DOCH MEIN HERZE / UNTER DEINE STARKE HAND, / DAß ICH NICHT MEIN HEIL VERSCHERZE / WIE DER ERSTE HÖLLENBRAND (Wustmann, Ost: Und zur Hölle sei verbannt). / LAß MICH DEINE DEMUT SUCHEN, / UND DEN HOCHMUT GANZ VERFLUCHEN. / GIB MIR EINEN NIEDERN (Niedren) SINN, / DAß ICH DIR GEFÄLLIG BIN.
Jésus, fléchis donc mon cœur / De ta main puissante, / Que je ne porte point préjudice à mon salut / Comme les premiers tisons de l’enfer. / Laisse-moi quérir ton humilité / Et maudire à jamais l’orgueil ; / Donne à mon cœur la modestie / Et que je sois à ton service !

Mi bémol majeur (Es), 79 mesures, 4/4
BG Jg. X. Pages 268-273. Aria. Oboe (I et II) | Violino. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Forme quatuor. Hautbois, violon, basse et Bc. Section vocale en trois séquences, forme de ritournelle

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1]: «…L’aria s’articule comme un duo instrumental (hautbois et violon) en imitation suivant une structure tripartite qui relie l’un à l’autre trois épisodes (mesures 13-30, 34-45 et 54-67) encadrés par deux ritournelles instrumentales identiques (mesures 1-12 et 68-80)…… »»
BOMBA: «…Mouvement en quatuor composé du violon obligé et du hautbois avec la basse continue et enfin la voix de basse, quatuor qui renonce au da capo habituel en raison de l’ampleur du texte ».
BRAATZ (BCW): «…Comme une sonate en trio étendue à quatre parties quand entre la basse. Connexion avec le motif descendant de 16 notes sur « Demut » aux cordes, similaire à celui qui se trouve dans BWV 1060 (Concerto pour hautbois, violon et deux claviers)
FINSCHER: «…Le deuxième air, à la manière du premier, traite de nouveau en détail l’opposition centrale humilité-présomption mais accentue une fois de plus, conformément au caractère de prière du texte, la préséance de l’humilité sur plusieurs plans musicaux : par la tonalité de mi bémol majeur (alors que sol mineur est la tonalité fondamentale de la cantate), par le timbre du hautbois et par la réunion du hautbois, du violon, de la partie vocale en trio d’un ambitieux contrepoint ».
HIRSCH: «…Trois parties A, B, C. En quatuor ; oboe en imitation et saut de 7e à la basse continue. Accentuation des mots « beuge », « starke », « verscherze », « Demut ».
ROMIJN: « La texture de l’aria de basse, à 4, ressemble curieusement à celle d’un quatuor classique…»
WHITTAKER: «…Ici également se fait jour la « pensée » luthérienne avec « Höllenbrand - tisons de l’enfer » (chromatisme) ; Laß mich deine Demut suchen » ; « Hochmut » ; « verfluchen » ; « mein Herze » à la mesure 9 ; « Gib mir einen niedern… » au début de la dernière section vocale.. Canon entre le hautbois et le violon en doubles croches ».

5] CHORAL. BWV 47/5

DER ZEITLICHEN EHRN WILL ICH GERN ENTBÄHRN / DU WOLLST MIR NUR DAS EWGE GEWÄHRN, / DAS DU ERWORBEN HAST / DURCH DEINEN HERBEN, BITTERN TOD. / DAS BITT’ ICH DICH, / MEIN HERR UND GOTT.
Je renonce volontiers aux honneurs de ce monde, / Tu ne voulais m’accorder que le bien éternel / Que tu as conquis / par ton rude et dolent trépas. / Telle est donc ma prière, ô mon Seigneur et mon Dieu.
Texte et mélodie de la 11e strophe du cantique « Warum betrübst du dich, mein Herz », d’un auteur anonyme (édité à Nuremberg en 1561). Les strophes 1, 2 et 3 et la mélodie sont traitées dans la cantate BWV 138 [1-3 et 7e mouvements].

Sol mineur (g), 10 mesures, 4/4
BG Jg. X. Page 274. Choral. So. Oboe I. II., Violino I. col Soprano. | Alto. (Violino II. Coll‘ Alto. | Tenore. Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Instrumentation comme dans le mouvementr [1]

ANONYME (Enregistrement de Paul Steinitz):«...Choral très simple mais très coloré dont texte et mélodie remontent à l’époque des Meistersingers ».
BCW: «…Text and Melody of Chorale Warum betrübst du dich, mein Herz. Alfred Dürr annonce 14 strophes mais BCW précise que la strophe 11 est en faite la strophe numéro 6, celle servant de texte au choral de la cantate BWV 47/5. Les strophes 1, 2 et 3 du cantique sont utilisées dans la cantate BWV 138/1, 138/3 et 138/7…»
BOMBA: «…Un choral final « dépouillé » ne signifie pas que Bach renonce aux moyens d’interprétations du texte dont il dispose. C’est surtout les voix moyennes qu’il mène en rapports harmoniques audacieux et qu’il signale ainsi une prise de position nette vis-à-vis de notions comme « das Ewige » et la « herben, bittern Tod ».
BOYER: «…Mélodie de choral (MDC 102). Ce choral est de type I avec doublures colla parte des instruments. Simple harmonisation. La mélodie de choral est confiée au superius (soprano), les autres voix (alto, ténor et basse) harmonisant le cantus firmus ».
FINSCHER: «…Le choral final oppose à ce déploiement d’art un mouvement de cantique d’une extrême simplicité, en parfaite conformité avec la vénérable sobriété de son texte ».
HIRSCH: «…Cadence et chromatisme sur « Bittern Tod ».
ROBERT: «…Curieusement le chromatisme n’est pas sur « bittern Tod » mais sur la phrase par laquelle le fidèle demande que ses biens lui soient accordés « Du wollst mir nur das ewge gewährn ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 47

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG (All Music Guide). Notice de James Leonard
BRAATZ, Thomas: Commentaires, 9 octobre 2001
CROUCH, Simon: Notice 1996-1998
EMMANUEL MUSIC (Boston). Notice de Craig Smith
ORON, Aryeh : Discussions. 1] 7octobre 2001 – 2] 30 décembre 2007 – Prévision : 22 avril 2012
Renvoi à Alec Robertson « The Church Cantatas of J. S. Bach »
Texte (allemand et anglais, préparés par Pamela Dellal), 11 strophes du cantique Warum betrübst du dich, mein Herz

BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 96, 159
Vol. 2 (1985): pages 253, 255, 259, 407, 408, 423, 429, 430, 432, 843 (notice sur Helbig)
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 16]. 1999
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 167-168
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 318-320,
BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 94
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 331-332-333
BUCHET, Edmond : Jean-Sébastien Bach (après deux siècles d’études et de témoignages). Buchet / Chastel. 1968. Page 85 (Spitta, 1720)
CANTAGREL, Gilles: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Page 256
: Article dans le numéro spécial de La Revue Musicale, n° 381-382. 1985 « Jean-Sébastien Bach ». Page 103
(Questions sur l’œuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach: analogie avec BWV 546
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume II, pages 464-467
FINSCHER, Ludwig: Notice du coffret Teldec / Harnoncourt /Das Kantatenwerk [Vol. 13] 1975
GARDINER, Sir John Eliot: Notice de son enregistrement, volume 9. 2009. Traduction française de Michel Roubinet
HALBREICH, Harry: Critique du volume 13 de l’édition discographique Teldec/ Harnoncourt. Harmonie, n° 113, janvier 1976
HARNONCOURT, Nikolaus: Remarques sur l’exécution de BWV 47. Coffret Teldec, volume 13. 1975
HELMS, Marianne: Notice de l’enregistrement Laudate 98735 / Rilling. En collaboration avec Arthur Hirsch 1983
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3-50. Norton Critical Scores. Page 35
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972
HIRSCH, Arthur: Notice de l’enregistrement Laudate 98735 / Rilling. En collaboration avec Marianne Helms 1983
: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 9, 141-142. CN 158
LEHMANN, Claude: Histoire de la musique (sous la direction de Roland Manuel. La Pléiade. 1960. Vol. I, page 1937
LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les Indispensables de la musique. 1992. Pages 50-51
LYON, James: Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Page 41
NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig. 1971. Page 75
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: Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 137, 304-305, 509, n° 9
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 31 (1726)
PBJ : Petite Bible de Jérusalem. Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 110
: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 24, 31, 63, 266, 451
PITROU, Robert: Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. (1941). 1955. Page 102
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ROBERTSON, Alec: The Church Cantatas & J. S. Bach. Cassel & Cy Ltd. London 1972 [1]
ROMIJ N, Clemens: Notice (sur CD) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
SCHLŒZER, Boris de: Introduction à J.-S. Bach. Idées/Gallimard 475. 1947-1979. Pages 315-316
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Pages (édition 1973): 65-66
Literatur: Spitta ; Schweitzer ; Wolfrum II ; Pirro ; Parry ; Wustmann ; Wolff ; Terry ; Moser ; Thiele ; Neumann.
BJ 1904 ; 1918 ; 1920 ; 1934 ;. Bach Fest (BG) 1925
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, pages 12-15, 649-650
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le Musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Pages 35, 65, 238.
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966 Volume 2, pages 84, 146, 380, 383, 385
TIÉNOT, Yvonne: J.-S. Bach. H. Lemoine 1951. Chronologie pour 1720 à Coethen et surtout une exécution à Hambourg ?
VETTER, Walther: 71] Der Kapellmeister Bach, Postdam 1950 (ensemble critique de 31 cantates)
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume I, pages 12, 162-172. Pas d’autres citations.
WOLFF, Christoph: L’orgue dans les cantates de Bach. Coffret Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 13], pages 11-12
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman [Vol. 18]. 2003
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 235-236
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 154, pages 242-243
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 47

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il a été possible, par [CR, 1/2007]. Sept références (octobre 2001 –août 2009) + cinq mouvements individuels (octobre 2001 - juillet 2006)
Exemples musicaux. Aryeh Oron, février 2003 – janvier 2005

*2] BARSHAI, Rudolf. Chor der Russischen Republik (Yurlow Choir). Moscow Chamber Orchestra. 1965-1966. (25‘ 55)
Disque Melodiya (URSS)
6] GARDINER, Sir John Eliot [Volume 9] . Monteverdi Choir. English Baroque Orchestra. Version du 2e mouvement avec violon obligé
14 octobre 2000 Allhelgonakyrian Lund. Suède. CD SDG 159 (F = à paraître en octobre 2000)
Avec les cant148, 114, 96, 169, 116, le motet BWV 226 et la pièce pour orgue orgue BWV 668.
3] HARNONCOURT. Wiener Sängerknaben. Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. 1975. (22‘ 04)
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol.13] 6.35284-00-501-503 (SKW 13/1-2 BR 2). 1975
CD Teldec (D) (coffret de 6 CD). Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 3
CD Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 13] 8-35284-2 ZL 242560-2. 1987. Avec la cantate BWV 48
Reprise CD Bach Edition 2000 Teldec 4509-91752-2, [volume 3. Coffret de 6 CD]
Reprise en CD individuel, volume 15 8573 81193-5. 2006. Avec les cantates BWV 45 à 47
7] KOOPMAN [Vol. 18]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Mvts 2 et 4 : mai 2002. Mvt. 3 : octobre 2002. Mvts 1 et 5 : février 2003
CD Antoine Marchand CC 72218. 2003. (19’ 27).Avec les cantates BWV 45, 55, 157. Version du 2e mouvement avec orgue obligé
CD 1311.
Ce même CD contient en appendix la variante de [2] avec accompagnement du violon obligé
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Janvier – février 2000 (22’ 32)
CD Brilliant Classics. 2000. Bach Edition Vol. 14 - Cantatas Vol. 7
Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics IV- 93102 /79 - 3. Avec les cantates BWV 9, 91
4] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Février, octobre 1982 (23’ 32)
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag Classic. Laudate 98735. 1983. Avec la cantate BWV 27
CD Die Bach Kantate. [Vol. 53]. Hänssler Classic. Laudate 98815. 1982-1984. Avec les cantates BWV 149, 169
CD Hänssler edition bachakademie ([Vol. 16]. Hänssler-Verlag 92.016. 1999
1] STEINITZ. London Bach Society. The English Chamber Orchestra. 1965 (25‘ 30). Orgue dans le numéro [2]. Notice anonyme
Trois éditions:
Disque Origine IMP 94007, Oryx/ Electrola. Harmonia HMG 30702. – Disque Da Camera Magna 34007
Disque Lyricord Early Music Series. Avec les cantates BWV 10, 241. La reprise en CD de ce disque ne comporte par le Sanctus BWV 241

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 47
M-1. Mvt. 4]. William H. Scheide. Bach Aria Group. 1953-1954. In coffret de deux disques RCA Victor A 60279
M-2. Mvts. 1 et 5]. Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin années 1950, début des années 1960.
Disque Baroque Music (volume 5) Club, puis report CD
M-3. Mvt. 1]. Paul Steinitz. Bach on Sunday. London Bach Society & English Chamber Orchestra. 1968.
Disque Baroque Music Club et reprise en CD
M-4. Mvt. 5]. Nicol Matt. Nordic Chamber Orchestra. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999.
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Bach Edition Vol. 17 - Vocal Works II.
Reprise Bach Edition 2006. Chamber Choir of Europe (nouvelle appellation) CD Brilliant Classics V-93102 /26-132.
M-5. Mvt. 4]. Aria pour basse. Old Friends Concert Artists. Painesville (Ohio). Novembre 2001. CD Centaur
BWV 420. Choralsatz Bach Edition 2006. Choral. Chamber Choir of Europe V-26/132. 2006

 

ANNEXE BWV 47
Philipp Spitta

Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889-1951. Trois volumes. Volume 2, pages 12-15 et note page 649

…La cruelle épreuve de la mort de sa femme, Maria Barbara, le 7 mai 1720, n’abattit pas l’énergie de Bach et il la supporta courageusement. Peut-être faut-il voir là la raison pour laquelle il repoussa de plusieurs semaines le voyage d’automne prévu à Hambourg. La cantate Wer sich selbst erhöhet, en serait alors une conséquence. Son texte emprunté à un cycle de poésie imprimé en 1720 et est dû à Johann Friedrich Helbig, secrétaire de la ville d’Eisenach. Comme il n’y avait aucune musique figurée exécutée à Coethen et par là pas de livret disponible, Bach désirant composer une cantate, chercha des textes poétiques, surtout auprès des auteurs de textes de piété. Il sélectionna celui d’Helbig pour le 17e dimanche après la Trinité, Helbig par ailleurs auteur très secondaire mais ayant cette fois le mérite d’être le compatriote de la ville natale de Bach, c’est à dire Eisenach.
Peut-être Bach eut-il l’intention d’exécuter cette œuvre à Hambourg lors de sa visite prévue en cette ville. Mais il est plus probable qu’elle fut produite en définitive lors de son passage à Carlsbad, n’ayant pu mener à bien son projet de se rendre à Hambourg, projet repoussé au mois de novembre. En résumé, il n’est pas possible de savoir de façon précise quand et où cette cantate fut exécutée, sans doute lors d’une occasion particulière mal connue [Alfred Dürr a daté du 13 octobre 1726].
Du début à la fin, c’est l’expression la plus complète de puissance, puissance dépassant, et de loin les productions antérieures. La mise en œuvre d’un grand chœur d’introduction [1] basé sur les paroles finales de l’Évangile du jour (Celui qui s’élève sera abaissé…), mais ici non pas dans un choral, s’accorde totalement avec le texte, en une double fugue dont le deuxième thème ne subit aucun développement indépendant. Ceci est remarquable quand on le compare avec les œuvres vocales et instrumentales précédentes. Ici non seulement les instruments prennent part à la fugue, mais ils possèdent leur propre thématique, en formant la construction d’un « palais sonore » basé sur trois idées différentes. Le début est en sol mineur à 4/4, marqué allegro, à la manière d’un concerto italien, avec ses cordes, ses bois et son orgue. Après un tutti qui mène à la mesure 45, c’est l’entrée inattendue des ténors sur huit mesures. Dans le même temps, les instruments poursuivent le thème du tutti, piano, à la manière d’un interlude avec la cadence en si mineur. Suit un bref intermède dérivé du chœur et des parties instrumentales, et, à nouveau, c’est la grande fugue, le chœur reprenant le thème instrumental du début sur 44 mesures, dont l’effet grandiose conclut magnifiquement. C’est l’exemple parfait de l’amalgame entre parties vocales et instrumentales.
Succède le premier air [2] sur des paroles moralisatrices mais peu poétiques, édifié sur un ingénieux trio entre le soprano, l’orgue ou le violon obligé et la basse continue. Le deuxième air [5] est non moins riche sur le plan polyphonique et dénote lui un réel sens poétique.
Telemann qui fut Kapelmeister à Eisenach, composa également sur le même texte. Le manuscrit est conservé à la Gotthold Bibliothek de Königsberg, en Prusse (sous la référence 250/862 du catalogue général). La citation biblique forme également le commencement en une double fugue, et c’est une singulière coïncidence qu’ait été choisie la même tonalité que Bach. De toute façon, la différence, on pourrait dire « l’abîme » entre eux est très sensible dans le traitement de l’œuvre. Telemann conçoit une fugue sur trente huit brèves mesures dans le temps où Bach en fournit 228. Les instruments accompagnent simplement les voix et, sur le reste du texte, il compose un air de facture très ordinaire et non pas à « l’italienne », plus un choral. Bach n’utilisera guère d’autres textes d’Helbig et même pas du tout si l’on ne tient pas compte de la cantate BWV 141, Das ist gewisslich, dont l’attribution à Bach est refusée par la musicologie des années 1850-1860.

APPENDIX A. Volume II, page 649.
La préface à la série poétique d’Helbig est datée du 22 mars 1720. Ces textes peuvent donc avoir été conçus vers 1719. Imprimés séparément, ils ont ensuite été reliés en un petit volume, avec une préface, selon l’usage de l’époque. De sorte que Bach ne peut avoir composé cette cantate avant 1720 mais pas plus tard que 1722, puisqu’il ira vivre à Leipzig et composera alors pour le 17e dimanche sur d’autres textes les BWV 114 et 148. A la vérité, il n’y a pas de raison d’écarter la possibilité que la cantate BWV 47 ait été exécutée les deux années précédant son installation à Leipzig. On peut aussi observer que ce type de texte [d’Helbig] se développait comme des champignons pour disparaître aussi rapidement dans l’année où ils avaient été rédigés. L’autographe en dépôt à la Bibliothèque royal de Berlin est associé au temps du voyage à Carlsbad. D’ailleurs la différence d’écriture s’impose par rapport aux écrits de la période de Weimar et de Leipzig, ainsi que la qualité du papier dont les dernières demies pages ne sont pas de la même origine que les précé. Il y a aussi le filigrane. On peut en déduire que le papier original venant à manquer durant la copie, il fallut en utiliser un d’une autre sorte.
Les filigranes de la première partie ne peuvent être assurément datés de Coethen; cette sorte de papier est reconnaissable par le « Harzmann » (un homme vêtu de peaux de bête) et brandissant un sapin dans sa main. Par exemple ce type de papier fut utilisé par Bach pour une cantate d’anniversaire (la Sérénade pour le Prince Léopold, BWV 244 (1729 ?) Sur l’une des feuilles de l’autographe, il y a un aigle, sur d’autres feuillets, toutes sortes de silhouettes et un D majuscule, cela tout à fait inhabituel. Quant au dernier feuillet, on trouve dessus dans la partie supérieure un bouclier et deux épées entrecroisées, apparemment de provenance saxonne. Ceci prouve que dans son ensemble, l’autographe fut rédigé dans des conditions exceptionnelles.
Je dois encore ajouter une autre observation en ce qui concerne l’édition de cette cantate par la Bach-Gesellschaft. Le premier air [2] dans la partition est accompagné seulement par un orgue obligé, mais cette partie n’et pas pour orgue mais très certainement destiné à un violon; le mot « organo » fut ajouté postérieurement à la main. Se pose la question de la basse, des notes liées et staccatos, n’ayant que peu de sens s’ils sont appliqués à l’orgue. Il en va de même dans la deuxième partie de l’aria avec les nombreuses doubles notes altérées, plus adaptées au violon, comme par exemple aux mesures 128 et 129. De même pour les parties notées en ré mineur et celles pour la basse de l’orgue en ut mineur. Dans le cas d’une exécution de cette cantate avec orgue, on peut envisager que c’est Bach lui-même qui tint cette partie et la transposa à vue. Personnellement, je pense que c’est une erreur de délaisser la partie autographe originale au profit des parties séparées. Les précisions portées dans la préface de la Bach-Gesellschaft (X, page 24), sont alors inutiles ».

 

Contributed by Claude Role (September 2009)

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Last update: ýOctober 6, 2009 ý22:54:05