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Cantata BWV 39
Brich dem Hungrigen dein Brot
Partage ton pain avec ceux qui ont faim
Commentary in French

KANTATE ZUM 1. SONNTAG NACH TRINITATIS
Am ersten Sonntage nach Trinitatis
Cantate pour le premier dimanche après la Trinité
Leipzig, 23 juin 1726

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 39 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
|EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Stimmen = Parties séparées (Originalstimmen = parties séparées originales)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ».

 

DATATION BWV 39

Leipzig, 23 juin 1726, premier dimanche après la Trinité.
DÜRR [cité par Th. Braatz [BCW] : « Alfred Dürr en 1971, évoquait la légende apparut subitement sur les circonstances entourant l’exécution de cette cantate supposée avoir été composée pour le service d’un dimanche 1732 à Salzbourg en Autriche. Mais des recherches ultérieures dans ce sens ont révélé que cet ouvrage [la cantate BWV 39] avait bien connu sa première exécution le 23 juin 1726….
DÜRR [Notice de l’enregistrement de Gustav Leonhardt, volume 11] : « Il n’en demeure pas moins possible que cette cantate, spécialement appropriée à pareille circonstance, ait fait, six ans après sa composition l’objet d’une nouvelle exécution à laquelle la destinait son contenu ».
HIRSCH : Classement CN 148 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). Fait partie de l’éventuel 3e cycle de cantates, allant du 2 décembre 1725 au 24 novembre 1726.
Chronologie (Alfred Dürr). 1726 : BWV 146 (12 mai) – BWV 43 (30 mai) – BWV 194 (16 juin) et aussi BWV 129 (16 juin) - *BWV 39 (23 juin) - Le 24 juin, pour la fête de la Saint-Jean, une cantate de Johann Ludwig Bach (le Bach de Meiningen) – BWV 88 ( 21 juillet) – BWV 170 (28 juillet).
NYS, Carl de : «…On a souvent écrit de la cantate BWV 39 qu’elle avait été suscitée par une actualité particulièrement émouvante. En octobre 1731, le prince archevêque de Salzbourg avait publié un décret enjoignant à tous les citoyens de la confession protestante d’avoir à quitter le pays sous huitaine, à moins qu’ils ne fussent mariés ou établis dans la principauté depuis plusieurs générations.
Un nombre très imposant d’exilés s’en furent ainsi vers le nord par Saalfeld, Naumburg, Plauen et Zwickau : le point de convergence des émigrés était Leipzig. Le vendredi 13 et le samedi 14 juin 1732, le gros des réfugiés, près de deux mille personnes arriva dans la ville où J.- S. Bach exerçait ses fonctions de cantor. C’est pour eux que cette cantate BWV 39 aurait été écrite comme une sorte d’appel évangélique en faveur des réfugiés. Les études critiques récentes ont malheureusement démontré que cette anecdote touchante est sans fondement, car la cantate BWV 39 date en réalité du 23 juin 1726 ; il est évidemment possible que Bach l’ait réutilisée en 1732, mais il n’en existe aucune preuve documentaire.
SCHMIEDER : Bach composa cette cantate vraisemblablement pour le culte, le 15 juin 1732 à l’église Saint-Nicolas de Leipzig. Spitta ayant daté entre 1735 et 1744.
SCHWEITZER : Les cantates écrites après 1734. Spitta datait entre 1737 et 1741, avec la cantate BWV 45.
[J.S. Bach, tome 1, page 241 (note)] : « Zelter semble aussi avoir dirigé en privé quelques-unes des cantates de Bach ; Il appréciait particulièrement les cantates BWV 39, BWV 103, BWV 22 et BWV 110… Il estimait que très souvent les mots exprimaient autre chose que ce que les paroles voulaient dire. D’une façon générale, il pensait que les textes [utilisés par Bach] étaient une « abomination ». Pour cette raison il n’appréciait pas l’exécution en publique des cantates ou des Passions »
[Zelter Carl Friedrich von (1758-1832). Violoniste et chef d’orchestre. Ami de Goethe avec lequel il échangea une importante correspondance. Membre de la Singakademie de Berlin. Mendelssohn fut son élève…]
WHITTAKER : Cet auteur date la cantate de 1732.

 

SOURCES BWV 39

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB. Mus. ms. Bach P 62. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39]: « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Il comportait entre autre 86 cantates sacrées ».
BRAATZ [BCW]. Le commentaire de la nouvelle édition [NBA 1968) mentionne, parmi de nombreuses autres marques et annotations ajoutés [à l‘autographe et aux jeux des parties séparées] ainsi que les numéros de catalogage, une curieuse inscription au revers de la couverture originale renfermant la partition : „Carl u Christel“. Bien qu‘écrit de la même encre, le mot „Carl“ n‘est absolument pas de la même main que celui qui ajoute „Christel“, d‘une écriture différente. Il a été avancé que ces noms furent écrits au temps du partage de l‘héritage (incluant toutes les partitions et les parties séparées de l‘œuvre vocale de Bach) entre ses trois fils, Carl Philipp Emmanuel, Wilhelm Friedemann et Johann Christian, ce dernier appelé par sa famille sous le sobriquet de „Christel“ (le petit Christian). En comparaison avec la façon d‘écrire le nom de „Christel“ sur d‘autres documents toujours disponibles, on a pu établir avec une relative certitude que cette écriture devait être Anna Magdalena. Outre la rédaction du mot écrit d‘une autre main [„Carl“] demeurée mystérieuse (peut-être celle de celui qui a procédé à l‘exécution du partage), pourquoi ces noms inscrits à la couverture de cette seule cantate [BWV 39] et non pas sur d‘autres ? Il semble que cette couverture recouvrit la pile des cantates comprises dans un cycle annuel, non pas basé sur l‘année liturgique luthérienne débutant avec le premier jour de l‘Avent mais plutôt à partir de la date à laquelle Bach accéda à son poste de directeur musical [Cantor] à Leipzig [renvoi au musicologue Konral Küster dans le „Oxford Companion“]. Christoph Wolff dans sa biographie de Bach (2000) évoque aussi ces noms [de Carl et Christel] et ce premiers cycle des cantates [1723-1724]…»
HERZ : Avant , la partition était à Berlin-Est, parfois datée de 1732.
Copistes : Christian Gottlob Meissner et un autre, classé „C“, copiste ayant travaillé simultanément.
Filigranes : „ICF (tête couronnée entre branches de „laurier“) et au-dessus de la marque „ICF“. En plus (un calice et deux épées entrecroisées Classé Sword II par Herz : Sw. II).
SCHMIEDER : Partition autographe de 12 feuilles et 21 pages d‘écriture in 4°.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 8 M Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis. Berlin-Dahlem.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG. Jg. VII (7ème année). Pages 303 à 348. Préface de Wilhelm Rust (1857). Cantates BWV 31 à 40.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 15. KANTATEN ZUM TRINITATISFEST UND ZUM 1. SONNATAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5029. 1967. 2/1987. 6 fac-similés.
BWV 39. Pages 181 à 228. Autographe. Originalpartitur. BB. Mus. ms. Bach P 62 Bl. 1r
Avec les cantates BWV 165, 194, 176, 129, 75 et 20.
Kritischer Bericht (commentaires 1968). BA 5029 41. Alfred. Dürr : BWV 165, 194, 176. Robert Freeman : BWV 129, 75, 20176. James Webster : BWV 39
[La partition de la NBA est dans le coffret Das Kantatenwerk / Leonhardt, volume 11. 1975].

AUTRES ÉDITIONS
BCW. Partition BGA. + Réduction chant et piano.
Breitkopf & Härtel. Partition = PB 2889. Orchestre, voix, orgue, révision de G. Schreck et M. Seiffert et clavier par Max Seiffert = OB 1206.
Partition du chœur (Chorst) = ChB 437.
2010. Partition (48 pages) = PB 4539. Réduction voix et piano (36 pages) = EB 7039. Parties séparées (6) = OB 4539. Partition du chœur
(Chorstimmen - 16 pages) = ChB 4539.

 

PÉRICOPE BWV 39

Premier dimanche après la Trinité.
Épître : 1 Jean 4, 16 à 21 [PBJ. 1795]. Aux sources de la charité et de la foi : « Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère…»
Évangile : Luc 16, 19 à 31 [PBJ. 1567 ]. La parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare.

EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. 1. Sonntag nach Trinitatis
Entrée : Luc 10, 16 [PBJ. 1554] : « Qui vous écoute, m‘écoute, qui vous rejette me rejette et qui me rejette rejette Celui qui m‘a envoyé »
Psaume 13 [PBJ. 811]. Appel confiant.
Cantique EKG 99 « Nun bitten wir den Heiligen GeistMaintenant nous demandons à l’Esprit Saint…» (Luther. Wittenberg 1524).
Épître : 1 Jean 4, 16 à 21 [PBJ. 1795].
Évangile : Luc 16, 19 à 31 [PBJ. 1567 ].
[C’est aussi pour Bach comme l’anniversaire de sa prise de fonction de cantor à Leipzig avec la cantate BWV 75 exécutée le 30 mai 1723].
[Même occurrence avec les cantates BWV 20 et 75].

 

TEXTE BWV 39

Auteur inconnu. Walther Blankenburg a proposé (BJ 1977, page 7 à 25), le nom de Christoph Helm, pasteur à Leipzig..
D’autres musicologues ont avancé le nom d’Ernst Ludwig von Sachsen-Meiningen. Comme pour la cantate BWV 187 exécutée le 4 août 1726, il est possible que Bach ait eu eut en sa possession les textes de ce prince, textes rassemblés dans le recueil dit « de Meiningen », recueil édité en 1704 qu’avait pu lui transmettre son cousin Johann Ludwig qui les utilisa aussi mais antérieurement.

1] Citation : Isaïe 58, 7 et 8 [PBJ. 1173]. Citation textuelle : «…partager ton pain avec l’affamé, héberger les pauvres sans abri, vêtir celui que tu vois nu et ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair. Alors ta lumière poindra comme l’aurore et ta blessure sera vite cicatrisée. Et ta justice te précédera et la gloire du Seigneur t’adoptera «
2] Texte ou compilation d’un auteur inconnu.
3] Texte ou compilation d’un auteur inconnu.
4] Épître. Hébreux 13, 16 [PBJ. 1774] : « Quant à la bienfaisance et à la mise en commun des ressources, ne les oubliez pas, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir ».
5] Texte ou compilation d’un auteur inconnu.
6] Texte ou compilation d’un auteur inconnu.
7] Sixième strophe du cantique en onze strophes (de 8 vers chacune) de David Denicke (1603-1680) : Kommt, laßt euch den Herren lehrer -
Venez, laissez-vous enseigner par le Seigneur (Psautier de Genève,1648). C‘est selon toute apparence l‘unique utilisation par Bach de ce cantique dans une cantate.


[La mélodie [dans EKG 319] Freu dich sehr, o meine Seele est d‘un compositeur non identifiée, vers 1510, connue dans le recueil intitulé „Manuscrit de Bayeux“ et reprise par Louis Bourgeois (1551) pour l‘illustration musical du psaume 42.
On la retrouve dans les cantates BWV 13/3 (avec le texte de la 2e strophe du cantique Zion klagt mit Angst und Schmerzen, 1636), BWV 19/7 (avec le texte de la 9e strophe du cantique Freu dich sehr, o meine Seele, 1620 ), BWV 25/6 (avec la 12e strophe du cantique Treuer Gott, ich muß dir Klagen, Johann Heermann, 1630), BWV 30/6 (avec la 3e strophe du cantique Tröstet, tröster meine ,Lieben, Johann Olearius, 1671), BWV 32/6 (avec le texte de la 12e strophe du cantique Weg, mein Herz, mit den Gedanken, Paul Gerhardt, 1647), BWV 70/7 (avec le texte de la 5e strophe du cantique Freu dich sehr, o meine Seele), et enfin la cantate BWV 194/6 (avec les strophes 6 et 7 du cantique Treuer Gott, ich muß dir Klagen,1630].

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 259] : «… Walter Blankenburg a récemment (1977) pu constater que sept cantates (BWV 17, 39, 43, 45, 88, 102, 187) figurent dans un volume imprimé à Rudolstadt en 1726, réédition d’un précédent recueil de Texte zur Musik probablement dû au pasteur Christoph Helm, nom qui jusqu’à présent n’a jamais figuré nulle part dans les écrits des spécialistes de Bach »,
[Renvoi au même volume, note 1 de la page 840] : Le recueil porte le titre Sonn und Fest-Tags-Andachten über die ordentlichen Evangelia aus gewissen biblischen Texten Alt und Neuen Testament für die Hoch- Fürst. Schwartzb Hof-Kapelle zu Rudolstadt. Blankenburg avance le nom de Christoph Helm († 1748) comme auteur du texte… Helm fut également compositeur ».
BOMBA : « Le texte utilisé par Bach dans cette cantate provient d’un annuaire dans lequel puisa aussi son parent de Meiningen, Johann Ludwig Bach. Jean-Sébastien exécuta quelques cantates de ce dernier pendant la période de la Trinité 1726.. Cette certitude a ôté tout fondement à la supposition que Bach avait composé ce « Cantique des cantiques » de l’amour du prochain en 1732 pour un service religieux de protestants émigrés de Salzburg à Leipzig ».]
GARDINER : « Il semble qu’il s’agisse là d’une seconde utilisation d’un texte de la cour de Meiningen où le cousin de Bach [Johann Ludwig] était employé ».
HOFMANN : Texte imprimé dans un recueil dit « de Meiningen » en 1704 … Comme pour toutes les cantates « de Meiningen », on retrouve dans la cantate BWV 39, au premier mouvement [1], une citation biblique tiré de l’Ancien testament [ici Isaïe 58, 7 et 8], puis au milieu [début de la deuxième partie, mouvement [4] cette fois, un passage du Nouveau Testament (Hébreux 13 à 16) et finalement un choral conclusif.
NYS, Carl de : «…L. F. Tagliavini a émis l’hypothèse que le texte du livret pouvait être de Marianne von Ziegler ; là encore il s’agit dans l’état actuel de nos connaissances d’une simple hypothèse. Par contre l’œuvre révèle une parenté de structure avec les cantates de Johann Ludwig Bach, dont l’une au moins a longtemps passé pour une œuvre de Jean-Sébastien. La cantate est en deux parties : chacune commence par une citation de l’Écriture, la première traitée sous forme d’un grand chœur et la seconde sous forme d’arioso de basse. Les citations de l’Ancien Testament (Isaïe 57, 7 et8) et du Nouveau Testament (Hébreux 13 à 16) se correspondent parfaitement, montrant la continuité des deux alliances dans le domaine de la primauté de l’amour du prochain, seule preuve véritable de l’amour de Dieu. Les deux groupes de récitatif-aria développent ce thème et l’œuvre se termine par la sixième strophe du cantique Kommt, laßt euch den Herrn lehren / Venez, laissez le Seigneur vous enseigner) de David Denicke (1648). Pour bien comprendre cette thématique, il faut savoir que les deux lectures de culte dominical à Leipzig ce jour-là étaient un fragment de la première lettre de l’apôtre Jean 4, 16 à 21 « Dieu est amour » et la parabole de l’homme riche et du pauvre , telle qu’elle est rapportée par l’Évangile de Luc 16, 19 à 31 ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 39

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 248 : « Plus fréquent est l’usage du mot « concerto » (lui aussi toujours en italien) que l’on retrouve dans BWV 6, 13, 16, 17, 19, 20, 22, 23, 32, 33, 34, 36, 39, 42, etc. »
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 167 à 174] : «…Structure habituelle des cantates de Johann Ludwig Bach ».
NYS, Carl de [Diapason, 1974] : «…A la cantate BWV 39 est attachée une histoire fort belle ; elle aurait été écrite à l’occasion de l’arrivée de réfugiés pour lesquels Bach aurait plaidé, musicalement en quelque sorte, en chantant : « Romps ton pain avec celui qui a faim » ; il s’agissait de protestants chassés de Salzbourg parce qu’il n’avaient pas voulu devenir catholiques. La musicologie a démontré qu’il s’agit d’une légende, mais un rêve est quelque fois plus vrai qu’un document, et cette légende exprime bien l’émouvante beauté de la partition de Bach: cette cantate BWV 39 est un chef d’œuvre…»
PIRRO [J.-S. Bach, pages 165/166] : « la cantate BWV 39, où l’ingéniosité symbolique de Bach se manifeste par maint détail…»
WIJNEN : « On peut considérer la cantate BWV 39… comme une sorte d’ « évangile social » : les chrétiens doivent aider leurs frères dans la détresse…»
WHITTAKER [The cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 1, pages 688 à 697] : L’auteur donne des précision sur la persécution dont furent victimes trente mille protestants de Salzbourg dont 1800 parvinrent à émigrer en Saxe et furent reçus le premier dimanche de la Trinité 1732, vers le 13 ou le 14 juin à l’église Saint-Nicolas de Leipzig.

 

DISTRIBUTION BWV 39

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. - Chor. Blockflöte I, II, Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto I, II (flûte à bec) ; Oboe I, II ; Viol. Solo ; Viol. I, II ; Vla. ; Cont.
NYS, Carl de : « Le caractère du livret, centré sur la notion d’amour est parfaitement exprimé par l’orchestration de la partition : deux flûtes douces (flûtes à bec), deux hautbois, cordes et basse continue ; ces timbres apparemment peu contrastés et peu diversifiés aboutissent pourtant à de très belles couleurs sonores ».

 

APERÇU BWV 39

ERSTER TEIL

1] CHORSATZ. BWV 39/1

BRICH DEM HUNGRIGEN DEIN BROT, UND DIE, SO IM ELEND SIND, FÜHRE IN HAUS ! SO DU EINEN NÄCKET SIEHEST, SO KLEIDE IHN UND ENTZEUCH DICH NICHT VON DEINEM FLEISCH.
[départ de la fugue à 3/8] : ALSDENN WIRD DEIN LICHT HERFÜRBRECHEN WIE DIE MORGENRÖTE, UND DEINE BESSERUNG WIRD SCHNELL WACHSEN. UND DEINE GERECHTIGKEIT WIRD FÜR DIR HERGEHEN, UND DIE HERRLICHKEIT DES HERRN WIRD DICH ZU SICH NEHMEN.
Partage ton pain à ceux qui ont faim et héberge les pauvres sans abri. Vêts celui que tu vois nu et ne te dérobe pas devant celui qui est ta propre chair. Alors ta lumière poindra comme l’aurore et ta blessure sera vite cicatrisée. Et ta justice te précédera et la gloire du Seigneur t’adoptera.

Sol mineur, 220 mesures, 3/4 - 4/4 - 3/8
BG. Jg. VII. Am ersten Sonntage nach Trinitatis. Pages 303 à 334. Prima Parte. | Flauo I. | Flauto II. | Oboe I. – Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Avec partie instrumentale d‘introduction. Forme tripartie.

AUDUS : « Organisation en trois parties, dans le vieux style du motet. Au début de l’œuvre, un motif fragment (le partage du pain) précède un passage chromatique d’une grande expressivité évoquant les tribulations de « ceux qui sont dans la misères ». La seconde section « So du einen näcket siehest, joue le rôle de transition formelle et musicale avant la section finale, une fugue étonnante reprise avec les mots « und die Herrlichkeit des Herrn ».
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 421] : « Le texte, dans l’élaboration de Helm, prévoit en premier lieu une large citation biblique (Isaïe 58, 7 et 8 ) qui contraint Bach à concevoir un plan atypique qu’il mène non seulement avec une incomparable élégance, un incomparable profondeur de lignes, mais encore avec une ahurissante précision en matière de symétrie et de correspondance entre les divers plans… Sections A et B (105 mesures) – C (105 mesures) – Coda (mesures 211 à 218 = 8 mesures) = 218 mesures ».
BOMBA : « Le chef-d’œuvre de cette cantate magistrale, c’est le chœur d’entrée. Bach l’introduit par un petit concert entre flûtes à bec, hautbois et cordes et le divise en trois ;parties, conformément à la pensée développée par le texte. Le chœur intervient d’abord en accord avec la sinfonie avant de s’émanciper en contrepoint sur ses propres motifs. Une partie centrale, mise également en accord et dont les motifs sont ceux aussi énoncés et imités à l’avance, insiste sur le commandement d’aimer le prochain. Le jaillissement de la lumière “Alsdenn wird dein Licht herfürbrechen…“ inspire ensuite à Bach une fugue virtuose articulée elle aussi avec grand art“
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 159/160] : « Le chœur initial, par sa fermeté et son intensité, approche des pages tardives de la « Passion selon Saint Matthieu » et de la « Messe en si »…»
BRAATZ [BCW] : Trois sections majeurs dans ce mouvement :
Parties A à 3/4, mesures 1 à 94 sur les mots « Brich dem Hungrigen dein Brot - Partage ton pain à ceux qui ont faim ». Introduction par une Sinfonia (mesures 1 à 22), introduction prolongée par le chœur (mesures 23 à 47). A la mesure 41 entrée des voix dans l’ordre Soprano, Alto, Ténor, Basse.
Mesures 47 à 70. Exposition de la fugue avec entrées des Ténors, alti, soprani et basses pendant que l’orchestre répète le motif de deux notes du début. Mesures 70 à 94. Transposition à la dominante.
Section B à C. Mesures 94 à 106, sur le texte « So du einen näcket siehst - Vêts celui que tu vois nu ».
Section C [la plus longue], Mesures 106 à 220 à 3/8, sur les paroles « Aldsenn wird dein Licht herfürbrechenAlors ta lumière poindra »., de ut mineur à sol mineur. Exposition de la fugue, certains instruments colla parte, d’autres avec un nouveau matériau thématique ».
DÜRR : « Le chœur d’entrée ressort par l’ampleur de sa conception. La disposition en plusieurs parties propre au motet ainsi que le traitement instrumental indépendant du concerto et l’interprétation imagé du texte ressortissant à la théorie des figues entrent dans sa construction… Il est en plusieurs parties ; chaque section des paroles est soumise à une interprétation musicale individuelle, avec toutefois une exception, l’épisode fugué « Alsdenn wird dein Licht herfürbrechen » qui introduit la troisième et dernière grande section est thématiquement semblable à la section finale… Bach parvient de la sorte à arrondir la forme de la partie de conclusion, comme il y était parvenu dans la partie initiale par la reprise identique des paroles du début… la cantate de Bach est parvenue à son apogée ».
GARDINER : « une conclusion homophonique grésillante sur « Und deine Besserung wird schnell wachsen - et ta blessure sera vite cicatrisée »… Après tant de pathos, la coda finale conduite par les sopranos « und die Herrlichkeit des Herrn wird dich zu sich nehmen », libère une énergie longtemps contenue dans une explosion de joie ».
HALBREICH : «…Prophétique « préwebernisme » des timbres, véritable « Klangfarbenmelodie » avant la lettre ».
HOFMANN : « Le long texte en plusieurs parties de l’Ancien Testament sur lequel le chœur introductif repose constitue un défi pour tous les compositeurs. L’architecte musical expérimentée qu’était Bach crée magistralement une structure de grande dimension – plus de deux cents mesures – qui est cependant perceptible par l’auditeur comme un tout harmoniquement structuré et clair malgré sa grande taille. Bach suit d’une part la forme de l’ancien motet alors qu’il attribue à chaque unité significative du texte une représentation musicale caractéristique et les sections ainsi créées se suivent pour construire un tout. D’un autre côté, il parvient avec la répétition des sections du texte et de passages musicaux par des rétroactions thématiques, des allusions et des variations à créer un réseau supérieur de relations enles diverses parties souvent fort éloignées dans lesquelles la partie instrumentale joue le rôle important de porteur d’un matériau thématique qui lui est propre et d’un déroulement instrumental indépendant. Cela peut suffire à la division en trois parties indiquées par le début du texte « Partage ton pain avec ceux qui ont faimVêts celui que tu voies nuAlors ta lumière poindra ». L’art tour de maturité de Bach de l’organisation de la forme et de la composition est relié à sa manière habituelle de souligner les interprétations du texte. Il représente de manière hautement originale, au début de l’introduction instrumentale, puis lors de longs passages dans l’accompagnement instrumental, le découpage du pain comme représentation du partage par une alternance constante des fragments mélodiques et thématiques entre les différents groupes instrumentaux.. [Cette représentation de la découpe du pain (Spitta) paraît quelque peu « triviale » ; d’autres commentateurs ont préféré voir ici, dans cet affect, les pas affaiblis, les soupirs ou les larmes de chrétiens « affamés » . Schweitzer].
« Le mot riche en affects de « Elend - pauvres » est également souligné de manière efficace par des perturbations harmoniques et un déroulement mélodique expressif…»
LEMAÎTRE : « Le n° 1 est marqué par l’idée du partage du pain qui se traduit dès le départ par un émiettement de la phrase musicale entre flûtes, hautbois et cordes [+ Exemple musical]. Le même procédé régit l’entrée du chœur. Après avoir travaillé en imitation, il expose, dans la troisième et dernière section, une fugue (en 3/8) sur « Alsdenn wird dein Licht herfürbrechenAlors ta lumière poindra », l’amplification sonore réalisée par les entrées successives suffisamment distantes (environ huit mesures) correspondant à l’amplification de l’intensité lumineuse caractéristique de l’aurore ».
NYS, Carl de : « Le premier chœur montre Bach dans la grande maturité, en pleine possession de ses moyens. A défaut d’une analyse détaillée il faut signaler au moins le raffinement de la structure de cette grande page en sol mineur. Après une sinfonia ou introduction instrumentale, ce chœur comporte trois grande sections, mais la troisième n’est pas une réplique de la première et l’ensemble de cette page est dominé par le style motet, c'est-à-dire la mise en œuvre précise de chacune des phrases, voir de chacun des mots essentiels du texte. La première partie est constituée par une fugue encadrée par deux ensembles choraux plus homophones ; dans cette première section les instruments dominent. La partie B (ou centrale) est plus brève, plus directement homophone et constitue une sorte de repos ou de lien entre les deux parties plus travaillées. La troisième partie est composée de deux blocs vocaux plutôt verticaux encadrés par deux fugues sur le même thème. Il faut aussi souligner comment Bach exprime musicalement l’aurore dont il est question dans le texte du prophète Isaïe. Le thème est d’abord exposé par les trois voix supérieures sans accompagnement, puis la basse s’ajoute avec tous les autres instruments en un système harmonique que l’on ne peut qualifier que de « lumineux » : c’est l’aurore qui monte ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach – La formation rythmique des motifs, page 95] : « Hésitation du rythme… Bach adapte une formule de pareille coupe aux mots qui expriment la misère ou la douleur… sur le mot « Elend ». [+ Exemple musical sur « E-lend », BG. VII, page 312]. Renvoi à la cantate BWV 10 [BG. I, page 293 sur le mot « E-len-den »]
[Les mélodies simultanées, pages 126/127] : «… de nombreuses allusions se réalisent encore par la simple combinaison de différentes voix. C’est ainsi que le contraste entre le chant d’une voix seule et le chant de toutes suffit pour donner naissance à d’ingénieuses métaphores. Dans la cantate BWV 39, Bach figure, par la réciprocité d’images musicales bien choisies, l’opposition des deux idées exprimées dans cette phrase : « Si tu vois quelqu’un qui est nu, habille-le ». La basse seule chante à découvert les premiers mots, comme pour évoquer, par un équivalent musical, l’idée de nudité. Le chœur, au contraire, accompagné du continuo et des instruments, se déploie en larges draperies, pour convier à l’œuvre de miséricorde, désignée par ces paroles : « Habille-le ». Renvoi à BG. VII, page 319].
[Le commentaire de l’accompagnement musical, page 156] : « Bach interrompt de même la basse continue, pour laisser déclamer au ténor le mot blossnu, à découvert, éloigné même par des soupirs, des notes qui précèdent, pour que l’indigence en soit plus manifeste » [Renvoi à BG. VVII, page 319]. [Mais curieusement dans cette proposition de Pirro, ce n’est pas le mot « bloss » qui est utilisé mais celui de Näcket »].
SCHWEITZER : « Les motifs de la démarche… Description évoquant le tableau de toute une bande de malheureux qui vont se traînant dans la rue. Spitta s’est mépris sur la signification de cette illustration musicale, croyant qu’elle traduisait le mot « rompre ». C’est là un de ces cas où, seul, le rapprochement de motifs analogues nous permet de préciser les intentions du maître ». Renvoi au cantates BWV n° 97 et BWV 109, BWV 95, etc.
[J. S. Bach, volume 2, page 92] : « Le motif de l’épuisement… le chœur est dominé par l’image d’un homme se traînant…»
WIJNEN : « Le pain rompu, naturellement, est représenté – presque graphiquement – par les enchaînements d’accords d’orchestre constamment détachés… La seule ligne continue est celle du chœur… Schweitzer y voit non pas le morcellement des denrées mais les expressions disloquées des hommes affaiblis par la faim… intense tristesse sur le mot « Elendmisère », la fugue sur « Brich dem Hungrigen dein Brot » dont le long sujet contredit le morcellement du début, et les voix enfin réunis sur « führe in Hausmène dans la maison », sans parler de deux fugues encore à venir .
WOLFF : « La cantate BWV 39 se présente comme une pièce particulièrement élaborée , fournissant un bel exemple pour une imbrication différenciée des parties vocales et instrumentales dans le vaste chœur d’introduction tripartie ».
[La cantate BWV 75 (datée du 30 mai 1723) qui débute sur les mots « Les pauvres mangeront et seront rassasiés » tirés du psaume 22 au verset 27 [PBJ 820] est comme une réponse anticipée aux exhortations du premier chœur de cette cantate BWV 39, de 1726]

2] REZITATIV BAß. BWV 39/2

DER REICHE GOTT WIRFT SEINEN ÜBERFLUß / AUF UNS, DIE WIR OHN IHN AUS NICHT DEN ODEM HABEN. / SEIN IST ES, WAS WIR SIND ; ER GIBT NUR DEN GENUß, / DOCH NICHT, DAß UNS ALLEIN / NUR SEINE SCHÄTZE LABEN. / SIE SIND DER PROBESTEIN, / WODURCH ER MACHT BEKANNT, / DAß ER DER ARMUT AUCH DIE NOTDURFT AUSGESPENDET, / ALS ER MIT MILDER HAND, / WAS JENER NÖTIG IST, UNS REICHLICH ZUGEWANDET. / WIR SOLLEN IHM FÜHR SEIN GELEHNTES GUT / DIE ZINSE NICHT IN SEINE SCHEUREN BRINGEN ; / BARMHERZIGKEIT DIE AUF DEM NÄCHSTEN RUHT, / KANN MEHR ALS ALLE GAB IHM DAS HERZE DRINGEN.
Le Dieu généreux nous prodigue son abondance, / à nous qui lui devons jusqu’à notre propre souffle. / Ce que nous sommes est sien ; il ne fait que dispenser les biens, / mais ce n’est pas pour que ses trésors / ne réconfortent que nous seuls./ Ils sont la pierre de touche / par laquelle il nous fait savoir / qu’ils dispensent également aux pauvres de quoi suffire à leurs besoins / Lorsque sa main clémente nous distribue à profusion / ce qui leur est nécessaire. / Pour le bien qu’il nous a prêté, / nous n’avons pas à lui rapporter de redevance dans ses granges ; / Plus que toute offrande, la charité pratiquée / à l’égard du prochain sait toucher son cœur.

Si bémol majeur (B) – la mineur (a), 21 mesures, C
BG. Jg. VII. Page 335 RECITATIVO. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Recitatif secco.

3] ARIE ALTO. BWV 39/3

SEINEM SCHÖPFER NOCH AUF ERDEN / NUR IM SCHATTEN ÄHNLICH WERDEN, / IST IM VORSCHMACK SELIG SEIN. / SEIN ERBARMEN NACHZUAHMEN, / STREUET HIER DES SEGENS SAMEN, / DEN WIR DORTEN BRINGEN EIN.
Etre déjà sur cette terre, dans ses faibles mesures, / semblable à son Créateur, / cela revient à connaître un avant-goût de la félicité céleste, / imiter sa miséricorde, / c’est disperser ici-la semence de bénédiction / dont nous ferons la moisson dan l’au-delà.

Fa majeur (F), 149 mesures, 3/8
BG Jg. VII. Pages 336 à 339. ARIA. | Violino Solo. | Oboe I. | Alto. | Continuo. | Fine della prima parte.
NEUMANN. Forme du quatuor. Violine (solo), Oboe, Alto, B.c. Deux parties avec ritournelle introductive, médiane et finale.

HOFMANN : « L’air d’alto se présente comme un mouvement de quatuor fort du jeu des hautbois et violon solos… »
LEMAÎTRE : «…le hautbois et le violon solo tissent un contrepoint imitatif dans une structure A-A’-A’’ ».
NYS, Carl de : «…L’alto chante une aria en quatuor avec le violon solo, le hautbois solo et la basse continue. Le texte de cette aria n’est parfaitement compréhensible que si l’on se souvient que la cantate encadrait le sermon mais que l’homélie elle-même était une préparation de la Cène, du repas eucharistique, tant l’office matinal de Saint-Nicolas qu’aux Vêpres à Saint-Thomas ; même si la Cène n’avait pas lieu effectivement, l’office était conçu dans cette perspective ».
WHITTAKER : « Cette aria qui parle des bonté du créateur et le devoir de disperser la semence de bénédiction est un peu « sec » et amène à penser que Bach dans sa hâte de produire cette cantate à emprunté quelques mouvements d’un ouvrage préexistant [c’est effectivement le cas puisque la cantate BWV 39 est tirée d’une cantate profane…]
WIJNEN : « Merveilleux duo hautbois – violon, véritable avant-goût du ciel, dans lequel la voix d’alto sème les bienfaits autours d’elle ».

ZWEITER TEIL (vraisemblablement, elle prenait place après le sermon).

4] ARIE BAß (Arioso). BWV 39/4

WOHLZUTUN UND MITZUTEILEN VERGESSET NICHT ; DENN SOLCHE OPFER GEFALLEN GOTT WOHL.
N’oubliez pas la bienfaisance et l’aumône, car c’est en de pareils sacrifices que Dieu se complaît.

Ré mineur (d), 54 mesures, ₡ (C barré)
BG. Jg. VII. Pages 340 à 341. Seconda Parte. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Partie de continuo (Ostinato).

HOFMANN : « La voix de basse, traditionnellement attribuée à la transmission de la parole du Seigneur [la Vox Christi]. La partie vocale se développe librement au-dessus d’un thème instrumental de basse obstinée dont la répétition entêtée confère de l’expression aux paroles d’exhortation…»
LEMAÎTRE : « …le centre de la composition… La voix, qui représente le Christ, interprète quelque chose qui se tient entre l’arioso et l’air sure une basse continue obstinée ».
NYS, Carl de : «… L’arioso de la basse qui chante le texte de la lettre aux Hébreux au début de la seconde partie est une merveille de mise en œuvre des moindres inflexions prosodiques ou spirituelles du texte. Le terme d’arioso n’est peut-être pas tout à fait adéquat : il s’agit d’une forme située entre l’arioso et l’aria ».

5] ARIE SOPRAN. BWV 39/5

HÖCHSTER, WAS ICH HABE, / IST NUR DEINE GABE. / WENN VOR DEINEM ANGESICHT / ICH SCHON MIT DEM MEINEN / DANKBAR WOLLT ERSCHEINEN, / WILLST DU DOCH KEIN OPFER NICHT.
Très-Haut, ce que je possède / n’est qu’un don reçu de toi. / Si je voulais me présenter / devant ta face, rempli de reconnaissance / et apportant mon bien, / ce serait vain puisque tu ne veux pas d’offrande.

Si bémol majeur (B), 67 mesures, 6/8
BG. Jg. VII. Pages 342 à 345. ARIA. | Flauto I. II. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Forme du trio. Flûte à bec I et II, Soprano et B.c. Mouvement bipartie avec ritournelle.

HOFMANN : «…la voix de soprano… finit par s’unir –dans le registre aigu à partir du mot « HöchsterTrès haut » - à la mélodie thématiquement indépendante et idiomatique jouée par la flûte à bec ».
NYS, Carl de : «…Aria écrite en trio pour les deux flûtes à bec à l’unisson, la voix et la basse continue. La tonalité de si bémol (comme celle de fa dans la première aria) accentue le caractère pastoral, expression de l’amour et référence au mystère de l’Incarnation par l’allusion du style des musiques destinées à Noël ».
WHITTAKER : « Le plus bel air des trois que contient la cantate avec ses flûtes obligées à l’unisson…»
WIJNEN : «…merveilleuse aria où Bach fait appel aux célestes flûtes à bec, qui soulignent une merveilleuse mélodie de soprano ».

6] REZITATIV ALT. BWV 39/6

WIE SOLL ICH DIR, O HERR, DENN SATTSAMLICH VERGELTEN, / WAS DU AN LEIB UND SEEL MIR HAST ZUGUT GETAN ? / JA, WAS ICH NOCH EMPFANG, UND SOLCHES GAR NICHT SELTEN, / WEIL ICH MICH JEDE STUND NOCH DEINER RÜHMEN KANN ? / ICH HAB NICHTS ALS DEN GEIST, DIR EIGEN ZU ERGEBEN, / DEM NÄCHSTEN DIE BEGIERD, DAß ICH IHM DIENSTBAR WERD, / DER ARMUT, WAS DU MIR GEGÖNNT IN DIESEM LEBEN, / UND, WENN ES DIR GEFÄLLT, DEN SCHWACHEN LEIB DER ERD. / ICH BRINGE, WAS ICH KANN, HERR, LAß ES DIR BEHAGEN, / DAß ICH, WAS DU VERSPRICHT, AUCH EINST DAVON MÖG TRAGEN.
Comment te revaloir pleinement, Ô Seigneur, / le bien que tu as apporté à ma chair et à mon âme ? / Et celui que je recevrai encore, et cela plus que rarement / puisque je continuerai à toute heure à te glorifier ? / A Toi-même je n’ai que mon âme à offrir, / au prochain, ma soif de lui être serviable, / aux pauvres, le partage de ce que tu m’as accordé en cette vie / et à la terre, quand il te plaira, ma faible dépouille. / J’accomplis ce que je peux, Seigneur, qu’il te plaise / que je reçoive aussi un jour ce que tu promets.

Mi bémol majeur (Es) – sol mineur (g), 21 mesures, C
BG. Jg. VII. Pages 346 et 347. RECITATIVO. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Accompagnato; cordes, B.c. et Alto.

WIJNEN : « Les harmonies du récitatif font partie des plus extraordinaires créations de Bach, de quoi faire taire quiconque affirme ne plus aimer les récitatifs… Celui-ci, après un cheminement harmonique extraordinaire, mène au beau choral final…»
[Effectivement, c’est l’un des plus remarquables récitatifs composés par Bach, sur lequel, sauf exception, les commentateurs ne s’arrêtent pas, comme par exemple Gilles Cantagrel dans son monumental ouvrage sur les cantates ou Jean-Luc Macia, pour ne citer que deux exemples contemporains…]

7] CHORAL. BWV 39/7

SELIG SIND DIE AUS ERBARMEN / SICH ANNEHMEN FREMDER NOT, // SIND MITLEIDIG MIT DEN ARMEN, / BITTEN TREULICH FÜR SIE GOTT. /// DIE BEHÜLFLICH SIND MIT RAT, / AUCH, WOMÖGLICH, MIT DER TAT, //// WERDEN WIEDER HÜLF EMPFANGEN / UND BARMHERZIGKEIT ERLANGEN.
Bienheureux ceux qui par charité / prennent sur eux la misère d’autrui, / sont complaisants aux pauvres / et prient Dieu fidèlement pour eux. / Ceux qui aident de leurs conseils / et aussi, quand ils peuvent, de leurs actes, / recevront à leur tour le secours qu’ils ont rendu / et connaîtront ma miséricorde.
Sixième strophe du cantique de David Denicke (1603-1680) Kommt, laßt euch den Herren lehrer (1648).

Si bémol majeur (B), 17 mesures, C
BG. Jg. VII. Page 348. CHORAL. | Soprano. / Flauto I. II. in 8°. Oboe I. II. Violino I. col Soprano. | Alto / Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Choral simplement harmonisé. Ensemble des instruments. Mélodie Freu dich sehr, o meine Seele.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 159/160] : « Mélodie de choral [MDC] 034 de type 1 »
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 167 à 174] : «…deux flûtes douces jouent à l’octave du soprano et doublures colla parte ».
NYS, Carl de : «…La belle mélodie du choral final apporte un symbolisme supplémentaire : la vraie joie se trouve dans le don et « Jésus est ma joie ». L’ensemble des instruments accompagne les voix du chœur ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 39

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW)
AMG (All Music Guide) : Notice de John Keillor.
BRAATZ, Thomas : Commentaires, 20 juin 2001. L’auteur cite Spitta, Schweitzer, Voigt, Dürr, Audus, Küster et Wijnen
CROUCH, Simon: Notice 1996 , 1998.
EMMANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
ORON, Aryeh : Discussions 1] : 17 juin 2001 – 2]21 octobre 2007 – Prévision : 1er mai 2011.
Texte du choral Kommt, laßt euch den Herren lehren.

AUDUS, Mark: Notice de l’enregistrement Ph. Herreweghe. 1993
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BJ 1977, pages 7 à 25. Walter Blankenburg : „Une nouvelle source pour les textes de sept cantates de Jrean-S&ébastien Bach et dix-huit cantates de Johann Ludwig Bach
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Volume 1, pages 34, 39, 96, 158, 338
Volume 2, pages 248, 253, 255, 259, 268, 269, 407, 408, 413, 417, 418, 419, 421, 428, 842
BLANKENBURG, Walter : BJ 1977, pages 7 à 25 : Eine neue Textquelle zu sieben Kantaten Johann Sebastian Bachs… On y trouvera notamment la page de titre de l’édition de Rudolstadt (Thuringe), 1726, sans nom d’éditeur.
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BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 29 (63, 67, 76 et 282)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date).
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CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 666 à 671
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Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 39

BACH CANTATAS WEBSITE
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique des enregistrements.
Dix-sept références (Aryeh Oron, juin 2001 à février 2010) + 2 mouvements individuels (juin 2001 à avril 2005).
Exemples musicaux. Aryeh Oron.

*12] CRAIG, Simon. Orchestre et chœur d‘Emmanuel Music. Boston (USA), septembre 2001. Durée : 24’31. CD Koch International Classics, novembre 2001. Coffret de deux CD, avec les cantates BWV 75, 76, 2 et 20.
10] GARDINER (volume 1). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage Londres, juin 2000 Durée : 21‘. CD SDG 101. Distribution en France, avril 2005. Avec les cantates BWV 75 et 20
*14] GESSENEY, Christophe. Ensemble vocal Euterpe. Ensemble baroque du Léman. Lausanne, novembre 2002. CD Artlab. Avec les cantates BWV 36 et 106
2] GÖNNENWEIN.. Consortium Musicum. Süddeutscher Madrigalchor. Soprano : Edith Mathis. Contralto : Sybil Michelow. Basse : Franz Crass. Fin des années 1960. Durée : 23’30. Disque EMI Electrola C 063-28510. Avec la cantate BWV 32
7] HERREWEGHE. Chœur et orchestre du Collegium Vocale de Gand. Octobre 1991. Durée : 23’15
CD Virgin Classics. 07777 59320 2 7. 1993. Deux rééditions sous présentation différente. Avec les cantates BWV 93 et 107
*15] HIGBEE, Dale. Ensemble Carolina Baroque. Live à l’église luthérienne Saint-Jean. Salisbury (North Carolina). Seulement la deuxième partie de la cantate, 11 mars 2005. CD CBaroque 120
13] KOOPMAN (volume 16). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Waalse Kerk. Amsterdam (NL), février et mars 2002.
Durée : 20’19. CD Antoine Marchand – Challenge CC 72216. Distribution en France, janvier 2005. Avec les cantates BWV 49 et 43
*1] LEHMANN, Fritz. Berliner Motettenchor. Berliner Philarmoniker. Christus Church, Berlin, juin 1952. Durée : 21‘30
Disque Archive Production (avec la cantate BWV 105 )et reprise American Decca. Avec la cantate BWV 79
5] LEONHARDT (volume 11). Solist des Knabenbchors Hannover. Knabenchor Hannover. Leonhardt-Consort. 1975. Durée : 24’46
Disque Teldec 6.35269-00-501-503. Das Kantatenwerk, volume 11. 1975
CD Teldec 4509-91757 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 3. Coffret de 6 CD avec les cantates BWV 37 à 60
CD. Teldec 2292-42556-2 ZL. Das Kantatenwerk, (volume 11). 1987
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 et « Intégrale » Warner Classics 2006 (volume 13) 8573-81202-5
9] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL), printemps 2000. Durée : 21’35
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics, volume 19. Cantates, volume 10
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV-93102 17/93. Avec les cantates BWV 143, 175 et 65
*16] LUNDERGAN, Edward. Kairos : A Consort of Singers + Orchestre. Concert, New York, 8 juin 2008.
Report MP 3 Kairos A Concert of Singers
*11] MÜHLENWEG, Carola. St. Johannes-Kantorei Arsten-Habbenhausen. Norddeutches Barock-Collegium. Eglise Saint-Jean. Brême-Arsten,(D), 26 novembre 2000 ? . CD Camerata- Music CMD 20-21126. Avec la cantate BWV 1401 et le concerto BWV 1060
*8] OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. Tokyo, en concert, 8 mai 1993. Chant en japonais dans le cadre d’une série « 50 Bach Kantaten », volume 5. CD Bach-Chor Tokyo Bach CD 05. Non distribué dans la Communauté européenne.
4] RICHTER. Chœur et orchestre Bach de Munich. Soprano : Edith Mathis. Contralto : Anna Reynolds. Basse : Friedrich Fischer-Dieskau. Herkules Saal, Munich, janvier, mars 1974 et janvier 1975. Durée : 24’39
Disque Archiv-Produktion 30 2722 019 et reprise en coffret de 11 disques. Volume IV
Reprise en CD. Coffret de 26 CD. Archiv 439383-2. « Ascension, Pentecôte - Trinité ». Bach Cantatas volume 3
6] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Février 1982. Durée : 21‘19
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98732. 1983. Avec la cantate BWV 129
CD. Die Bach Kantate (volume 40). Hänssler Classic. Laudate 98893. 1982. Avec les cantates BWV 135 et 7
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 13). Hänssler-Verlag 92.013. 1999
17] SUZUKI (volume 45). Bach Collegium, Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Basse : Peter Koy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Février 2009. Durée : 20‘20
CD BIS SACD-1801. Distribution en France, janvier 2010. Avec les cantates BWV 129, 187 et la sinfonia BWV 1045
3] WERNER, Fritz (volume 28). Chorale Heinrich Schütz de Heilbronn. Orchestre de chambre du Wurtemberg. Schwaigern (D), octobre 1972. Octobre 1972. Durée : 24’20. Disque Erato STU 70774. Les Grandes Cantates, volume 28. 1974. Avec la cantate BWV 150. Reprise coffret Warner Classics 2564 61401-2 (coffret n° 1, CD 9).

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 39
M-1. Mvt. 1 ] Karl Richter. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Début des années 1970 (?) Disque puis report sur CD Baroque Music Club « Soli Deo Gloria », volume 1
M-2. Mvt. 7] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soliste de l’orchestre baroque de Fribourg (D). CD Brilliant Classics et Bayer Records. Bach. Edition. 2000. CD volume 23. Chorals.
Reprise Bach Edition. 2006. Le chœur désormais s’appelle le Chamber Choir of Europe.
CD Brilliant Classics 93102/137. V/31. →CD 1580

AUTRES ENREGISTREMENTS.
Norbert Dufourcq : Jean-Sébastien Bach / Génie allemand ? Génie latin ?, avant 1947. Disque 78 tours.
Aria n° 5 « Höchster, was ich habe ».
Soprano : Noordewier-Reddingius, avec orgue et flûte, en allemand (NL) Disque Columbia D 15842 DHX 37
Soprano : Margherita Perras avec flûte et orgue (Suisse). Disque Gramophone DB. 10094.

 

ANNEXE BWV 39
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume 3, pages 81/82 :

« Nous trouvons un texte de l’Ecriture au milieu [de la cantate] comme au début, pratique fréquente dans les cantates composées à l’époque…1737-1741. Le chœur de la première cantate [par comparaison avec la cantate BWV 45 dont il est aussi question dans le paragraphe] est basé sur deux beaux versets d’Isaïe 58, 7 et 8 [PBJ. 1173] développés dans le cadre du Sermon sur la montagne : « Heureux sont les miséricordieux car ils auront aussi miséricorde ». C’est un exemple émouvant de l’amour fraternel, montrant comment un cœur ardent participant aux souffrances de ses autres frères humains, se verra assuré de la plus belle récompense que la vie puisse offrir. L’accompagnement instrument spécifique est divisé entre flûtes, hautbois et violons, évoquant pour Bach la fraction du pain. Le fait qu’il n’avait pas encore songé à cette idée comme un simple exercice, nous devient alors clair si nous considérons les paroles qu’il développe plus loin et auxquelles il se réfère. Cela se poursuit aussi quand ces paroles sont entrain d’être chantées. Cela donne au mouvement entier cette tendre et lumineuse touche. C’est tout à fait ce que Bach désirait. Au début de la seconde partie est la citation tirée d’Hébreux 13, 16 « La bienfaisance » chantée par la basse de façon traditionnelle [Spitta évoque sans doute la Vox Christi]. Les deux arias sont tendus mais d’une expression plus souple. L’évangile de ce dimanche a pour sujet [la parabole] de l’homme riche et du pauvre Lazare » .

 

Contributed by Claude Role (May 2010)

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