AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
élargi de cette partie de l’œuvre vocale de
Bach. Outre les quelques rares « interventions « CR »
repérées par des crochets [...] le rédacteur
précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler
sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés
dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué très
clairement, entre guillemets «…» toutes les
citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à
César...
ABRÉVIATIONS:
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Berliner Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION
BWV 30
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
268] : «…il est possible que la réélaboration
liturgique [de la cantate BWV 30a vers la cantate BWV 30] ait été
présentée le 24 juin 1738 ou peut-être quelques
années plus tard…»
BOMBA :
«…la cantate BWV 30 exécutée vers 1738
pour la fête de la saint Jean-Baptiste est une parodie de la
cantate BWV 30a…»
DÜRR.
Chronologie. Une des dernières cantates d’église
de Bach…parodie de la cantate BWV 30a composée pour le
28 septembre 1737… occasion pour Bach d’une
réutilisation ultérieure…elle ne peut donc avoir
été exécutée au plus tôt qu’à
la fête de la Saint-Jean, le 24 juin de l’année
suivante [1738].
HIRSCH
: Classement CN 208 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). Vers 1738-1742. L’une des dernières
cantates composées.
PIRRO :
Probablement écrite entre 1738 et 1741, avec les cantates BWV
30a, BWV 197 et BWV 34.
SCHMIEDER.
Vers 1738.
SCHWEITZER
[J.
S. Bach,
tome 2, page 348] : «…La
musique de la cantate BWV 30, pour « Midsummer »
le « cœur de l’été »
[la Saint-Jean-Baptiste] est dérivée de la cantate
profane Angenehmes
Wiederau, que Bach
écrivit pour fêter l’accession à la
propriété de Wiederau (Saxe) par Christian von
Hennicke, le 28 septembre 1737 ».
SCHWEITZER :
Les cantates écrites après 1734.
VIGNAL
: «…Selon le musicologue Peter Wollny, le matériel
de cette cantate fit partie de l’héritage de Wilhelm
Friedmann Bach qui la fit exécuter à Halle (Saxe), dans
une version plus ou moins altérée, probablement en 1752
ou avant ».
SOURCES
BWV 30
La
« database » du « Catalogue Bach de
l’Institut de Göttingen » en connexion avec les
« Bach Archiv », est un instrument de travail
exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage
n’étant pas toujours aisé pour le lecteur
français.
Adresse
: http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
Mus.
ms. autogr. Bach
P 44.
Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz.
Référence
bach;gwdg.de
: D B Mus.ms Bach P44, Faszikel 1. 16 feuilles. J. S. Bach. Page de
titre : G. Poelchau. Première moitié du 18e
siècle.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 1, page
39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de
l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le
catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb
Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss
des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl
Philipp Emanuel Bach ».
La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach
comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales
et instrumentales ».
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
248] : « Bach lui-même employa très rarement
le terme de cantate
(toujours en italien) ». Renvoi aux cantates BWV 30, 54,
56, 82, 84, 170 et, 173.
BGA
: Partition sous couvertiure dont Bach a écrit le titre :„
Festo S. Joannis Baptistae, | Freue dich erlöste Schaar | a | 4
Voci | 2 Flauti traversi (concordant), 2 Oboi, 2 Violini, Viola,
Continuo, e se piace a 3 trombe e Tamburi di J. S. Bach [Point
obscure : la rédaction des mots „e
se piace a 3 trombe e Tamburi“ attribués
soit à Carl Philipp ou à Wilhelm Fridemann Bach]
BRAATZ
[BCW. Discussion 19 décembre 2002] : La partition et le
matériel sont arrivés à la Bibliothèque
royale de Berlin (Königlichen Bibliothek zu Berlin] en 1841, via
Carl Philipp Emanuel Bach et Georg Poelchau (Poelchau Katalog = cité
dans son catalogue S. 14). La partition très claire (au
propre) pourrait signifier que Bach (ne la composa pas ici
directement] mais à partir d‘une autre source (BWV 30a).
Le titre est de la main de Bach : „Festo
S. Joannis Baptistae, | Freue dich erlöste Schaar | a | 4 Voci |
2 Travers | 2 Hautbois | 2 Violini | Viola | e | Continuo | di J.S.
Bach“.
En tête de la première page,Bach écrit : J.J
(Jesu juvat) Concerto.
Festo Joanis à 4 Voci. 2 Hautb. 2 Violini, Viola e Cont | di
Bach“.
HERZ.
Partition autographe à Berlin Ouest (avant 1989).
SCHMIEDER
: Partition autographe, 16 feuilles et 31 pages de musique, in 4°.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
Mus.
ms. autogr. Bach
St 31. Deutsche Staatsbibliothek Berlin.
Référence
bach;gwdg.de
: D B Mus.ms Bach St 31, Faszikel 1. [Staatsbibliothek
zu Berlin]. Première
moitié du 18e
siècle.
Référence
bach;gwdg.de
: D B Mus.ms Bach St 31, Faszikel 3. [Staatsbibliothek
zu Berlin]. W. F. Bach. Deuxième moitié
du 18e
siècle.
Référence
bach;gwdg.de
: D B Mus.ms Bach St 31, Faszikel 4. [Staatsbibliothek
zu Berlin]. J. H. Michel et anonyme/ Deuxième
moitié du 18e
siècle.
Référence
bach;gwdg.de
: B Bc 14970 (Bruxelles). Deuxième moitié du 19e
siècle.
BOMBA :
«…Bach reprend pour l’usage sacré, en
supprimant bien sûr le chœur de trompettes et de
timbales, la « substance musicale » des chœurs
d’entrée et de conclusion ainsi que celle des quatre
airs parmi les cinq du modèle profane (n° 11 excepté)
de la cantate profane BWV 30a ; il écrit de nouveaux
récitatifs et insère un mouvement choral comme n° 6
afin de créer une césure dans la cantate pour le
sermon ».
HERZ
: Matériel à Berlin Est (ex RDA) avant 1989.
COPIES
XVIIIe
et XIXe
SIÈCLES
= ABSCHRIFTEN 18. U. 19 Jh.
P
= Partition - DB =
Staatsbibliothek zu Berlin.
Référence
bach;gwdg.de
: D B Mus.ms Bach P 1159/XII, Faszikel 5. Première moitié
du 19e
siècle.
Référence
bach;gwdg.de
: B Bc 14970 (Bruxelles). Deuxième moitié du 19e
siècle.
PL
Wu RM 5915 (Breslau puis Varsovie. Copiste Schottnig. Première
moitié du 19e
siècle.
[Le
site ajoute des copies du choral et deux partition connues mais
perdues (par faits de guerre ?]
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE (BGA).
BGA.
Jg V1
(5e
année). Pages 323 à 395. Préface de Wilhelm
Rust, 1855. Cantates BWV 21 à 30 + Anhang 30a.
[La
partition de la BGA est dans le coffret Das
Kantatenwerk /
Harnoncourt, volume 8. 1974].
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 29. KANTATEN ZUM JOHANNISFEST
Bärenreiter
Verlag BA 5058. 1983.
Frieder Rempp. 6 fac-similés. Avec les cantates BWV 167 et 7.
BWV
30. Pages 61à 112. Bl. 1r
der
Autographen Partitur (Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz
Berlin/West. Mus.
ms. autogr. Bach P
44). Anfang der Satzes 1.
-
Bl. 3v
der autographen Originalstimmen Violino
1
(Deutsche Staatsbibliothek Berlin :
Mus. ms. autogr. Bach
St 31). Schluß des Satzes 8, Tacetvermerk zu Satz 9 und Anfang
des Satzes 10.
-
Bl. 4r der autographen Originalstimme Violino 1 (Deutsche
Staatsbibliothek Berlin : Mus. ms. autogr. Bach St
31. Schluß des Satzes 10, Tacetvermerk zu Satz 11 und Anfang
des geltilgten Satzes 11 der Weltliche Fassung.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5058 41. 1982-1984. Frieder Rempp.
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 12. Bärenreiter TP 1292. 2007.
Serie
I. Band 29. Zum Johannisfest.
Herausgegeben
: Frieder Rempp.
BWV
30. Pages 59 à 112. Bärenreiter-Verlag. Kassel.1982.
BCW.
Partition BGA. + Réduction voix et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2880. Réduction chant et piano
(Raphael) = EB 7030. Partition du chœur = ChB 1640. Révision
orchestre, voix, orgue et clavecin par Max Seiffert (1900) = OB 1167.
2011 :
Partition (76 pages) = PB 4530. Réduction chant et piano (60
pages) = EB 7030. Partition du chœur (16 pages) = ChB 4530.
Orgue, violons I, II, Viola, Violoncelle, Orgue et parties des vents
(32 pages) = OB 4530.
CARUS
: Ne paraît pas disponible au catalogue (2011).
KALMUS
STUDY SCORES. N° 813. Volume IX. New York. 1968. Cantates BWV 30
et 31.
PETERS.
Réduction chant et piano.
PÉRICOPE BWV 30
Fête
de la Saint-Jean-Baptiste. Le baptême du Christ par saint
Jean-Baptiste. Le 24 juin (solstice d’été).
Épître
: Isaïe 40, 1 à 5 [PBJ. 1148]. Vocation du Prophète
: « Une voix crie : Préparez dans le désert
une route pour Yahvé…».
Évangile
: Luc 1, 57 à 80 [PBJ. 1535/1536]. Naissance (et jeunesse) de
Jean le Baptiste. Cantique d’action de grâces de
Zacharie.
EKG.
Johannistag.
Entrée.
Jean 3, 30 [PBJ. 1588]. Le témoignage de Jean : « Il
faut que lui grandisse et que moi, je décroisse…»
Psaume
92 [PBJ. 888/889]. Le cantique du Juste.
Cantique
: EKG 146 : « Christ
unser Herr zum Jordan kam ».
Épître
: Isaïe 40, 1 à 5 [PBJ. 1148]. Vocation du Prophète.
Évangile
: Luc 1, 57 à 80 [PBJ. 1535 et 1536]. Naissance (et jeunesse)
de Jean le Baptiste. Chant de louanges de Zacharie.
Pour
la même fête, renvoi aux cantates BWV167
(24 juin 1723) et BWV 7 (24 juin 1724).
BOMBA
: «…L’Évangile (Luc 1, 57 à 80) de
la Fête du saint rapporte la naissance de Jean, qui sera plus
tard Jean-Baptiste et « précurseur » de
Jésus. Il contient en outre le chant de louange de Zacharias,
son père…»
BOMBA
(Jean-Sébastien Bach,
volume 2, page 254 : «La cantate BWV
157 fait ^parties des cantates qui connurent une première
version profane, ou spirituelle, mais en dehjors du calendrier
liturgique. Ainsi les cantates BWV 157, 34, 36 et 191».
TEXTE
BWV 30
Texte
attribué généralement à Picander
(Henrici), paraphrasé (les arias et les deux chœurs
seulement) de la cantate BWV 30a. Nikolaus Harnoncourt a longuement
détaillé les connexions entre ces deux cantates (opus
cité).
6]
Texte de la 3e
strophe du cantique (Leipzig, 1671) en quatre strophes (de 8 vers
chacune) Tröstet,
tröster meine Lieben,
de Johann Olearius (1611-1684). Une méditation sur la lecture
d’Isaïe. Il apparaît que ce soit l’unique
emploi, par Bach, de ce cantique.
La
mélodie [dans EKG 319] Freu
dich sehr, o meine Seele,
d‘un compositeur non identifié (vers 1510), paraît
dans le recueil intitulé „Manuscrit de Bayeux“
(vers 1510) et est reprise par Louis Bourgeois (1551) pour
l‘illustration musical du psaume 42 (Psautier
de Genève,
n° 42 „Sicut
cervus desiderat“).
On
la retrouve dans les cantates BWV 13/3 (avec le texte de la 2e
strophe du cantique Zion
klagt mit Angst und Schmerzen,
1636, BWV 19 (avec la 9e
strophe du cantique Freu
dich sehr, o meine Seele,
mélodie et texte d’un auteur inconnu, apparue à
Freiberg (Saxe) vers 1620), BWV 25/6 (avec la 12e
strophe du cantique Treuer
Gott, ich muß dir Klagen,
Johann Heermann, 1630, BWV 32/6 (avec le texte de la 12e
strophe du cantique Weg,
mein Herz, mit den
Gedanken, Paul
Gerhardt, 1647), BWV 39/7
(avec la 6e
strophe du cantique David Denicke Kommt,
laßt euch den Herren lehrer (Genève1648),
BWV 70/7 (avec le
texte de la 5e
strophe du cantique Freu
dich sehr, o meine Seele),
et enfin la cantate BWV 194/6 (avec les strophes 6 et 7 du cantique
Treuer Gott, ich muß
dir Klagen,1630).
Renvoi
à EKG 319 pour la mélodie du cantique Freu
dich sehr, o meine Seele.
BCW
[Th. Braatz & A. Oron] : quelques autres compositeurs ayant
utilisé cette mélodie : Johann Pachelbel, Georg
Böhm, G. F. Kauffmann, Georg Philipp Telemann (cantate du même
titre que le choral = Twv 1:555), J. G. Walther… Max Reger,
opus 30, 67/11 et 135a/9 , etc.,
BLANKENBURG :
« La cantate en deux parties… se distingue par le
fait de ne renfermer aucune citation littérale d’un
verset de la Bible et de ne pas traiter l’évangile de la
naissance de saint Jean-Baptiste mais d’évoquer
seulement dans la première strophes l’hymne de louanges
de Zacharie [Évangile de Luc] par lequel se termine la lecture
de ce jour de fête. Le texte s’intéresse par
contre de manière générale à
Jean-baptiste en tant que précurseur et pionnier, en tant que
« héraut » du Seigneur [récitatif
4]… On est frappé par la longueur insolite de cette
cantate…résultant de ce que Bach a parodié dans
cette œuvre une musique d’hommage profane.. C’est
également ce qui explique l’absence de citation
littérale de versets de la Bible ainsi que l’adjonction
en conclusion de la première partie, d’un unique choral
qui garde de bout en bout un accent de simplicité mais dont
les paroles sont cependant en étroite relation avec l’épître
du jour (Isaïe 40, 1 à 56) …le ton foncier de
l’œuvre n’est pas la pénitence mais la
joie…»
BOMBA :
«…Il semble presque évident que l’auteur
des mots sacrés [BWV 30] est aussi celui qui avait tourné,
en humble et obéissant serviteur, les vers de la cantate de
flatterie, à savoir Christian Friedrich Henrici, surnommé
Picander…»
DÜRR :
La musique peut de prime abord paraître peu appropriée à
une cantate d’église, mais deux faits doivent à
cet égard pris en considération : c’est le
chant de louange de Zacharie [dans Luc 1, 57 à 80 [PBJ.
1535/1536] : « Gelobet
sei der Herr, der Gott Israels »
qui constitue le centre de la lecture de l’Évangile de
la fête de la Saint-Jean ; c’est à lui que
fait allusion (avec une netteté toute particulière dans
le mouvement 3) le texte de la cantate et c’est à lui
que correspond le caractère joyeux véritablement
allègre de la musique
HARNONCOURT
[Le dialogue musical,
pages 104 à 113. Tableau synoptique du texte des deux cantates
BWV 30 et BWV 30a : si l’on compare les textes des chœurs
et des airs, on y découvre une concordance si incroyablement
étroite qu’il est presque gênant de voir les mêmes
paroles de louange et d’hommage adressées au Christ et
au parvenu qu’était Hennicke. Dans le premier chœur
la concordance est absolue…»
[Remarques
sur le procédé de la parodie chez Bach.
Coffret Teldec, volume 8, 1974] : « Les deux versions
[BWV 30a et BWV 30] provenant normalement du même auteur
(Henrici - Picander) on est porté à en déduire
que les deux œuvres, tant la cantate profane que la cantate
religieuse, firent dès le début l’objet d’une
conception commune…»
HÄFNER
[BJ 1975, pages 95 à 97 et 165] : « Le cycle annuel
de cantates de Picander (première impression 1728,
réimpression 1732) doit être considéré
comme le livre des textes pour la musique d’église de
Leipzig à partir de la Saint-Jean 1728 jusqu’au
quatrième dimanche après la trinité de 1729.
Donc, ce cycle formait la base textuelle du quatrième des cinq
cycles de cantates de Bach. Les musiques d’une soixantaine de
cantates sont dans une large mesure perdues. Ce qui a été
gardé est juste suffisant pour en faire soupçonner la
gravité de la perte…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 30
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
268] : « Seul un nombre très modeste de cantates de Bach
sont conçues en deux parties… c’est le cas des
BWV 17, 20, 21, 35, 36, 3943, 45, 70, 75, 76, 88, 102, 147, 186,
187, 191 et 194, 34a, 20a, 19 et 197 ».
[page
473] : « cantate constituée de douze numéro
(un de moins que l’original profane [BWV 30a] et, mis à
part l’ajout d’un choral [6] en conclusion de la première
partie… les nouveaux morceaux se réduisent à
quatre récitatifs (n° 2, 4, 7 et 11)… On a avancé
l’hypothèse [Harnoncourt] que Bach avait pu travailler
en même temps sur le texte profane établi par Henrici et
sur sa variante liturgique…cette idée me paraît
toutefois dénuée de fondements : de telles
opérations n’auraient eu aucun sens, d’autant que
l’on ne voit pas pourquoi Bach aurait entrepris d’écrire
une œuvre pour la Saint-Jean Baptiste si longtemps à
l’avance… Bach transfère tel quel le discours
musical conçu et écrit pour un concitoyen de haut rang
[von Hennicke, baron puis comte et ministre,1681-1752] dans une œuvre
destinée à célébrer la Saint-Jean
Baptiste…les chœurs sont des rondos sur rythme de
bourrée et les arias sont toutes tracées sur le modèle
d’un mouvement de danse… un passepied dans le n°
3 et une gigue dans le n° 10 ».
BOMBA :
«…La cantate est en deux parties ; elle encadrait
donc le sermon. La première partie se termine par un choral
qui la résume, ce qui en fait presque une cantate
indépendante. Pour relativiser cette unité et donner à
l’ensemble un cadre évident, Bach répète
le chœur d’entrée [1]…avec un texte dont la
conclusion est modifiée, comme dans la cantate profane…
Il reste cependant étonnant que Bach ait composé une
nouvelle musique pour les récitatifs de cette cantate…
les nouveaux textes ont le même nombre de vers [que dans les
récitatif de BWV 30a… la cantate BWV 30 fait parties
des dernières cantates sacrées de Bach qui nous soient
parvenues ».
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach,
page 150] : citation de Alfred Dürr : « Une
cantate plus moderne que les composition sur motet…Le rythme
lombard (mouvement n° 8), l’accentuation généralisée
des voix supérieures qui précise la structure
relativement homophone des ensembles, donnent à cette
composition tardive un aspect extraverti, comme les compositions de
Telemann et des Graun de l’époque, mais les dimensions
grandioses sont de Bach ».
CANDÉ
: «…Soucieux sans doute qu’un ouvrage aussi réussi
[BWV 30a] ne serve pas seulement à illustrer une occasion
aussi insignifiante [que l’hommage au seigneur de Wiederau],
Bach l’adaptera quelques mois plus tard [juin 1738 ?] pour
la fête de saint Jean-Baptiste. Ce sera la cantate BWV 30,
presque identique à la cantate d’hommage dont elle est
la « parodie » : les récitatifs
sont naturellement différents et un choral très
simplement harmonisé sur la mélodie de Freu’
dich sehr, o meine Seele
est ajouté à la fin de la première partie. C’est
apparemment la seule cantate d’église nouvelle, si l’on
peut dire, que Bach ait composée pendant ces années
agitées » [la Querelle des préfets ?]
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : citant Nikolaus Harnoncourt : «…Il
était certainement frustrant pour un musicien du niveau de
Bach d’investir tout son génie et son travail dans une
cantate d’hommage, confinée à une circonstance
unique, et qui ne pourrait jamais être redonnée par la
suite »…Toujours est-il que cette cantate [BWV 30]
serait la toute dernière connue de Bach dans le domaine
spirituel, l’ultime composition connue étant la cantate
« des paysans », en 1742 » [BWV
212].
DÜRR :
« structure recourant à l’accentuation des
voix supérieures et relativement homophone pour Bach de la
plupart des mouvements et du caractère dansant de ceux-ci…»
HARNONCOURT :
« La cantate BWV 30a…Bach avait composé cette
cantate pour le 28 septembre 1737, comme musique d’hommage au
seigneur de Wiederau, Johann Christian von Hennicke. Puis elle fut
vraisemblablement exécutée neuf mois plus tard, le 24
juin 1738 à Leipzig, en tant que cantate sacrée,
« Freue
dich, erlöste Schar ».
Il est intéressant de noter que les dates d’exécution
des versions profane et sacrée, pour bien des œuvres,
sont très proches (c’est aussi le cas de l’Oratorio
de Noël).
Comme normalement les deux versions étaient l’œuvre
du même poète (ici Christian Friedrich
Henrici-Picander), la conclusion s’imposait : la cantate
profane et la cantate sacrée auraient été
conçues ensemble dès le départ, ce qui jette une
lumière tout autre sur le procédé et sa valeur.
Car la différence est grande, entre réutiliser
simplement, faute de temps, un matériau musical en lui
imposant de, force, plus ou moins un texte et, ayant à sa
disposition d’emblée les deux textes, concevoir dès
le départ la version sacrée définitive. Ce qui
permettrait aussi d’expliquer ce détail curieux, que
l’on a souvent remarqué : la deuxième
version sacrée -donc la parodie- paraît toujours plus
convaincante sur le plan artistique et plus achevée que la
version profane d’origine ; même si dans, certains
passages le texte original transparaît encore dans
l’interprétation musicale…il est donc pour le
moins concevable que Bach, dès la composition de l’œuvre,
ait songé en même temps à la seconde version
définitive. Ce procédé de parodie se trouve en
outre particulièrement facilité si l’on dispose
d’un auteur habile et expérimenté, connaissant
les projets et les idées du compositeur et en mesure d’y
satisfaire….il est donc tout à fait naturel que le même
chœur de jubilation ouvre la cantate d’hommage et la,
cantate pour la fête de la Saint-Jean… les deux
textes [du premier chœur] sont construits exactement de la même
façon…»
LEMAÎTRE :
«…L’esprit de danse qui animait l’œuvre
séculière [BWV 30a] se retrouve ici [dans la cantate
BWV 30].
MACIA
[Tout Bach,
pages 110/111] : «…Avec cette superbe cantate,
peut-être la dernière cantate sacrée créée
à Leipzig, Bach démontre son génie habile à
transformer un ouvrage de circonstance, au thème profane, pour
ne pas dire trivial, en un chef d’œuvre de
spiritualité ».
NEUMANN :
Les mouvements 1, 3, 5, 8, 9, 10 et 12 sont parodiés de la
cantate profane BWV 30a.
NYS,
Carl : «…Une cantate rare. A ma connaissance elle n’a
figuré que deux fois au catalogue : dans la belle version
de Fritz Werner, aujourd’hui retirée (1975), et dans un
des albums de l’intégrale en cours chez Telefunken
[Teldec]. C’est pourtant une œuvre capitale… On
sait qu’il s’agit d’une « parodie »,
c'est-à-dire de la réutilisation d’une cantate
profane, peu après la création de celle-ci ».
NYS,
Carl de [Revue Diapason,
janvier 1973] : «…Voici une importante première.
Il s’agit d’une cantate en deux parties encadrant
l’homélie du jour dont on a cru qu’elle était
l’adaptation d’un dramma
per musica dont il
semble plus probable que l’inverse soit exact. Mais il s’agit
surtout d’une œuvre de la dernière période
de Bach, vers les années 1738 dans laquelle il a repris des
pages antérieures datant probablement de l’année
de la Passion selon
Saint Matthieu –
on voit l’importance extrême de cette partition
représentant en quelque sorte l’idéal de la
grande cantate de Bach où le suprême équilibre de
la forme est associé à une grande profondeur
d’expression ; la poignante nostalgie de l’aria pour
soprano est particulièrement révélatrice à
cet égard. L’interprétation qui nous est offerte
par Fritz Werner est magnifique. Je ne songe pas aux solistes tous
excellents, surtout la soprano et l’incomparable Maurice André
entraînant ici deux collègues allemands, mais à
l’ensemble dirigé par Fritz Werner que je voudrais
vraiment considérer maintenant comme un des vieux maîtres…
L’enthousiasme et l’intensité des phrasés
et des nuances que Fritz Werner obtient de son Ensemble (le 24e
disque de cantates) demeurent aussi une référence…»
DISTRIBUTION
BWV 30
NEUMANN.
Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Trompete I-III, Pauken ;
Querflöte I, II, Oboe I, II, Oboe d’amore ;
Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S; A, T, B. Chor : S,A,T, B. Instrumente : Flauto traverso I,
II; Oboe I, II; Tromba I, II, III; Timpani; Viol. I, II; Vla.;
Organo; Continuo.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach. pages 1163 à
1169] : Il faut noter que contrairement à la cantate profane
[BWV 30a], qui, au mois de septembre [1737], quand le climat est
encore clément, dut être exécutée en plein
air, la cantate BWV 30 ne fait pas appel aux trois trompettes et aux
timbales (alors que l’ancienne édition de la
Bachgesellschaft l’avait publiée, dans son volume V/1,
de 1855). On connaît cependant dans le matériel
d’exécution des parties de trompettes, différentes
de celles de la cantate profane ; il s’agit sans doute
d’un ajout de Wilhelm Friedemann Bach, pour une exécution
ultérieure…»
[Curiosité
avec Werner Neumann qui, dans son ouvrage (opus
cité) reprend
cette distribution et le cas de l’enregistrement Teldec
reproduisant la partition de la BGA mais pour lequel Nikolaus
Harnoncourt utilise en fait celle de la NBA, sans trompettes ni
timbales. Le BCW toujours très bien informé donne
cependant la distribution de l’ancienne BGA, c’est à
dire avec timbales et trompettes…sans faire allusion à
ces ajouts tardifs [Carl Philipp Emanuel et Wilhelm Friedemann Bach]
à la partition originale… comprenne qui peut…]
HARNONCOURT
[Remarques sur le
procédé de la parodie chez Bach.
Coffret Teldec, volume 8, 1974] : «…Il est apparu
que les trompettes de cette cantate n’ont été
introduites dans cette composition que plus tard et par quelqu’un
d’autre ». [Ces trompettes auraient été
ajoutées lors d’une reprise de la cantate vers les
années 1750, à Halle par le fils de Bach, Wilhelm
Friedmann [Voir Peter Vollny et Marc Vignal].
NYS,
Carl [Revue Diapason]
: «…Critique de la version Telefunken où « je
regrette qu’on n’ait pas suivi en la circonstance les
indications précises du compositeur pour ce qui concerne les
trompettes ».
APERÇU
BWV 30
ERSTER
TEIL
1]
CHORSATZ. BWV 30/1
FREUE
DICH, ERLÖSTE SCHAR,
/ FREUE
DICH IN SIONS
HÜTTEN. | DEIN
GEDEIHEN
HAT ITZUND / EINEN
RECHTEN FESTEN GRUND,
/ DICH
MIT WOHL
ZU ÜBERSCHÜTTEN.
Réjouis-toi,
légion rachetée, / réjouis-toi dans les demeures
de Sion. / Ta prospérité est maintenant / fermement
établie, / tu es comblé d’aisance.
Ré
majeur (D dur), 160 mesures, 2/4.
BGA.
Jg. V. Pages 323 à 340 | Cantate | Am Feste Johannis des
Täufers | Festo S. Johannis Baptistae. | Prima Parte. | Tromba
I. | Tromba II. | Tromba III. | Timpani. | Flauto traverso I. / Oboe
I. | Flauto traverso II. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. |
Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Organo e Continuo. Da
Capo.
NEUMANN
: Structure ABABA. Forme Da
capo.
Ensemble des instruments. Renvoi à la cantate BWV 30a/1.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
273] : « Rythme de danse, ici une « bourrée ».
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach,
page 149] : Polyphonie libre avec double forme da capo (A .
B. A. B. A.)
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…Ce
chœur joyeux est construit en une sorte de da capo multiple,
puisque à un premier groupe ABA s’enchaîne un
second B’A, à la manière d’un rondo de
concerto italien. Aucune ritournelle introductive : le chœur
entre immédiatement sur une formule rythmique syncopée…
surabondance de vigueur, excès d’expansion, quelque
chose de populaire et qui entraîne…»
DÜRR
: « Le
Bach de la dernière manière ne se montre pas aussi
fermé qu‘on le suppose parfois aux influences
stylistiques de la jeune génération. Ce sont de telles
influences que révèle le rythme syncopé des
chœurs extrêmes, musicalement identiques [1 et 12]…»
GARDINER
: «…Les
termes du choral d’introduction et de conclusion constituent
une ode appropriée pour saluer la venue du Précurseur.
Il s’en dégage une énergie puissante,
bouillonnante, dans la manière de Bach la plus brillante et
festive…»
HARNONCOURT
: [voir à „Généralités“]. La
cantate sacrée BWV 30, une parodie de la cantate d‘hommage
[BWV 30a]… le premier chœur est écrit sous forme
d‘une bourrée en ronde stylisée… l‘affect
est la jubilation…»
LEMAÎTRE :
«…Chœur organisé en rondo structuré
A-B-A-B’-A ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 110/111] : «…L’aspect « musique
de cour » avec ses rythmes de danses, qui caractérisait
l’œuvre profane [BWV 30a] subsiste dans sa nouvelle
version [BWV 30]. Le chœur d’entrée, imposant et
lyrique, présente une structure de rondo et permet à
l’orchestre de sonner dans toute sa plénitude. Le ton en
est particulièrement joyeux ».
MARCHAND :
«…un grand da capo (ABABA) systématiquement
divisé en cinq parties égales de 32 mesures, chaque
section A étant elle-même divisée en 4 périodes
de 8 mesures chacune. Bach a pris la peine de répéter
ce chœur à la fin de la cantate…dans tout le
corpus des cantates, c’est le seul mouvement d’ouverture
que Bach ramène ainsi à la fin et le seul qui soit
parfaitement symétrique…»
PIRRO
[Le commentaire de
l’accompagnement instrumental,
pages 160/161] : « Les élans d’octave de
la basse continue… ajoutent souvent aux descriptions de la
joie exaltante, une sorte de rude gaieté brusque, un peu
lourde.. il y a des soubresauts, une surabondance de vigueur, un
excès d’expansion, quelque chose de populaire, qu’on
subit et qui entraîne. L’usage en est fréquent
dans les grands chœurs où ces motifs violents semblent
stimuler l’orchestre et les voix, et dans les airs de
jubilation ». Renvoi aux cantates BWV 11/1 et BWV 128/3.
SCHWEITZER
[J. S. Bach,
volume 2, page 348] : « Seul le chœur
d’introduction de la cantate sacrée [1] - réapparaissant
à la fin [12] - peut de nos jours être exécuté
[?]
WHITTAKER
: «…La
partition est pour trois trompettes, timpani, deux flûtes
traversières, deux hautbois et les cordes. Il n‘y a pas
d‘introduction, ce qui est inhabituel. Vents et cordes doublent
les voix; trompettes et percussions entrent à la fin de la
deuxième mesure. Le tutti des voix, sur huit mesures est
repris par l‘orchestre tandis qu‘à l‘unisson
et à l‘octave inférieure, trompettes et
percussion (timpani) jouent le motif suivant [+ Exemple musical].
Suit un autre tutti de huit mesures avec le même matériau
dans lequel les sopranos s‘élèvent au sol2,
sur les mots „freue
dich“,
avec reprise par les instruments, vents et percussions… etc.
[le texte de Whittaker tend à imbriquer constamment les
cantates BWV 30 et BWV 30a, ce qui n‘en rend pas toujours la
lecture aisée].
WIJNEN :
«...Le mouvement d’entrée, d’ailleurs
répétés en fin d’ouvrage avec un texte
différent, ne manquera pas d’impressionner l’auditeur
par son aspect grandiose et joyeux. Le chœur, qui entre
immédiatement sur la toute première note, chante
bientôt des passages en fugato sur « dich mit « Wohl
zu überschütten - te couvrir de bienfait »,
tandis que les violons survolent le discours de leurs commentaires ».
[Les
« huttes de Sion » dans BWV 30/1, les
« huttes de Kédar », toujours
dans BWV 30/10 (un « classique » de l’Ancien
Testament) peuvent renvoyer à la cantate BWV 158/2
avec les « huttes de Salem »].
2]
REZITATIV BAß. BWV 30/2
WIR
HABEN RAST,
UND DES GESETZES
LAST
/ IST
ABGETAN ? NICHTS SOLL UNS DIESE RUHE
STÖREN, / DIE
UNSRE LIEBE‘ [W. Neumann : BG. = „lieben“] VÄTER
OFT / GEWÜNSCHT,
VERLANGET UND GEHOFFT. / WOHLAN,
ES FREUE SICH, WER IMMER KANN, / UND
STIMME SEINEM GOTT
ZU EHREN
/ EIN
LOBLIED
AN, / UND
DAS IM HÖHERN CHOR,
/ JA
SINGT EINANDER VOR !
Nous
avons une trêve / et le fardeau de la loi / est rejeté.
Que rien ne vienne troubler ce repos / que nos chers pères ont
souvent / désiré, réclamé et espéré.
/ Allons, que chacun se réjouisse / et entonne en l’honneur
de son Dieu / un chant de louange, / et que ce chant se réponde
/ de l’un à l’autre dans un chœur
suprême.
Si
mineur (h) → Sol majeur (G dur), 13 mesures, C.
BGA.
V. Page 341 | Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN
: Rezitativ Secco.
3]
ARIE BAß. BWV 30/3
GELOBET
SEI GOTT,
GELOBET
SEIN NAME,
/ DER
TREULICH GEHALTEN VERSPRDECHEN
UND EID !
| SEIN
TREUER DIENER
IST GEBOREN, / DER
LÄNGTENS DARZU AUSERKOREN, / DASS
ER DEN WEG
DEM HERRN
BEREIT’.
Loué
soit Dieu, loué soit son nom, / loué soit Dieu qui a
fidèlement tenu promesse et serment ! / Son fidèle
serviteur est né, / depuis longtemps élu / pour
préparer la voie au Seigneur.
Sol
majeur (G dur), 196 mesures, 3/8.
BGA.
Jg. V. Pages 341 à 351 | ARIA. | Violino I. | Violino II. |
Viola. | Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN
: Partie de cordes (Streichersatz). Libre da capo. Renvoi à la
cantate BWV 30a/3.
BLANKENBURG :
«…joyeuse animation de l’air à 3/8
s’inspirant du Benedictus…[de
Zacharie [PBJ. 1535 et 1536].
qui se déroule en grandes partie en triolets à 9/16 ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…Coupe
ABA’ avec ritournelle… écrit dans le mètre
ternaire d’un passepied….la louange s’épand
en longues vocalises de triolets, de doubles croches, qui culminent
dans une extraordinaire cadence pour conclure la section (B)…»
… Il faut attendre l’aria de basse n° 3 pour
entendre [enfin] évoquer la naissance de celui qui prépare
les voies du Seigneur [saint Jean le Baptiste].
DÜRR.
Renvoi au chant de louange de Zacharie « Gelobet
sei der Herr, der Gott Israels »
qui constitue le centre de la lecture de l’Évangile de
la fête de la Saint-Jean. … caractère
dansant…type de danse, ici un passepied ».
GARDINER
: «…Le
Loblied
annoncé par la basse est stimulant et robuste, un passepied
avec des guirlandes de triolets qui passent d’une ligne des
cordes à une autre avec, pour bonne mesure, avant le da capo,
une cadence vocalisée entièrement écrite pour la
basse solo ».
HIRSCH
: aux mesures 38 à 41, mélisme chanté par la
basse, 25 notes sur le mot Ge-lo-bet.
LEMAÎTRE :
«…L’air ressemble à un passepied de forme
A-B-A’ ».
WIJNEN :
«...un très long chant de louange à Dieu…de
la sorte, l’aria dure plus de cinq minutes de musique douce et
calme, avec une insistance particulière sur le mot « Name
- nom ».
4]
REZITATIV ALT. BWV 30/4
DER
HEROLD
KOMMT UND MELDT DEN KÖNIG
AN, / ER RUFT ; DRUM SÄUMET NICHT / UND
MACHT EUCH AUF / MIT
EINEM
SCHNELLEN LAUF,
/ EILT
DIESER STIMME
NACH ! / SIE
ZEIGT DEN WEG,
SIE ZEIGT DAS LICHT,
/ WODURCH
WIR JENE SELGE [W. Neumann : BG = „seel‘gen“] AUEN
/ DEREINST
GEWIßLICH KÖNEN SCHAUEN.
Le
héraut vient annoncer le roi, / il appelle ; aussi ne
tardez pas / et mettez-vous en route / d’un pas rapide, /
hâtez-vous de suivre cette voix ! / Elle montre le chemin,
elle montre la lumière / qui un jour, nous feront voir avec
certitude / les prairies bienheureuses.
„Le
héraut“. Allusion à Jean le Baptiste et par là,
à l‘Évangile de Luc et au Benedictus
de Zacharie [PBJ. 1535 et 1536].
Ré
majeur (D dur) → ut mineur (cis), 9 mesures, C.
BGA.
Jg. V. Page 352 | RECITATIVO. | Alto. | Organo e Continuo.
NEUMANN
: Rezitativ Secco.
[Affect
sur les mots „einem
schnellen Lauf
- d’un pas
rapide »].
5]
ARIE ALT. BWV 30/5
KOMMT,
IHR ANGEFOCHTNEN SÜNDER,
/ EILT
UND LAUFT, IHR ADAMSKINDER,
/ EUER
HEILAND
RUFT UND SCHREIT ! | KOMMET,
IHR VERIRRTEN SCHAFE,
/ STEHET
AUF VOM SÜNDENSCHLAFE,
/ DENN
ITZT IST DIE GNADENZEIT !
Venez,
pécheurs / pressez-vous, accourez, fils d’Adam, / votre
Sauveur vous appelle à grands cris ! / Venez, brebis
égarées, / sortez du sommeil du péché, /
car c’est maintenant l’heure de la grâce !
La
majeur (A dur), 126 mesures, C.
BGA
Jg. V. Pages 352 à 359 | ARIA. | Flauto traverso. | Violino I.
col Sordino. | Violino II. (pizzicato sempre )| Viola. | Alto. |
Organo (Organo staccato) e Continuo. (pizzicato) | Dal
Segno.
NEUMANN
: Orchestersatz : Querflöte; Streicher; B. c. Alt.; Libre da
capo. Caractère de danse. Renvoi à la cantate BWV
30a/5.
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach,
page 150] : « Un petit détail montre
l’esprit inventif de Bach… avec les flûtes et
cordes en pizzicati.
Or, ces pizzicati n’ont
rien d’un glas funèbre ou d’une porte frappée
comme en BWV 61. Ils illustrent certainement le tic-tac d’une
horloge au moment des paroles « Venez,
brebis égarées,
/ sortez du sommeil du
péché, /
car c’est
maintenant l’heure de la grâce ! »
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…La
première section de cette aria (A) est précédée
d’une ritournelle instrumentale en deux parties, chaque partie
avec reprises (aabb)… une belle fantaisie prévaut ici,
rythme syncopé des dessus, dont la ligne s’orne de
triolets et de valeurs pointées, dans un caractère
délicieusement dansant… cette rythmique voudrait-elle
figurer la hâte des brebis ? »
DÜRR
: rythme syncopé [voir le premier chœur avec ses
influences styllistiques „modernes].
GARDINER
: «…délicieuse
gavotte pour alto, flûte et violons en sourdine, avec cordes
graves pizzicato. Tout dans ce morceau a un air de fraîcheur et
de nouveauté, depuis l’inhabituelle construction de ses
deux strophes instrumentales de huit mesures, toutes deux répétées,
jusqu’à son thème syncopé et ses
triolets… »
LEMAÎTRE :
«…page la plus marquante de l’ouvrage. L’appareil
instrumental réalise un travail qui se divise en trois plans.
A la flûte traversière, alliée à la
sonorité feutrée des violons I munis de sourdine,
revient une joyeuse mélodie fondée sur un rythme
syncopé ; les cordes intermédiaires jouent
toujours pizzicato
et l’orgue est prié d’interpréter sa partie
staccato ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 110/111] : «…l’aria d’alto en la
majeur… est
remarquable par le travail complexe effectué sur
l’accompagnement instrumental : une mélodie enlevée
est réservée à la flûte, alliée aux
premiers violons munis de sourdines ; les autres cordes sont
cantonnées à un subtil pizzicato,
tandis que l’orgue du continuo doit jouer en staccato…»
SCHWEITZER
[J.-
S. Bach | Le musicien-poète.
page 241] : «
Les motifs de la démarche (Schrittmotive) :
Bach emploie communément un procédé qui consiste
à représenter par les sons des mots tels que
« marcher »
ou « courir »
[ici le verbe « venez »].
WIJNEN :
«...L’alto offre un de ces bijoux dont Bach a le secret ;
une aria accompagnée aux premiers violons en sourdine
soulignés par les merveilleux pizzicatos des seconds violons
et des altos. La musique illustre à merveille le propos :
un pas rapide et infiniment joyeux…»
6]
CHORAL. BWV 30/6
EINE
STIMME LÄßT SICH HÖREN / IN
DER WÜSTE
WEIT UND BREIT, / ALTE
MENSCHEN
ZU BEKEHREN : / MACHT DEM HERRN
DEN WEG
BEREIT. / MACHET
GOTT
EINE EBNE BAHN,
/ ALLE
WELT
SOLL HEBEN AN, / ALLE
TÄLER
ZU ERHÖHEN, / DAß
DIE BERGE
NIEDRIG STEHEN.
Une
voix se fait entendre / ample et large dans le désert, / pour
convertir tous les hommes : / Préparez la voie au
Seigneur, / faites à Dieu un chemin égal, / que le
monde entier s’élève, / que toutes les vallées
se haussent, / que les montagnes s’abaissent.
Allusion
claire à Jean I, 23 [PBJ. 1585] : « Une
voix qui crie dans le désert »
] et Isaïe 40, 1
à 5 [PBJ. 1148] : « Une
voix crie : Préparez dans
le désert une
route pour Yahvé ».
Troisième
strophe du cantique Tröstet,
tröster meine Lieben,
de Johann Olearius, 1671.
La
majeur (A dur), 19 mesures, C.
BGA.
Jg. V. Page 360 | CHORAL. | Soprano. / Flauto traverso I. II. in 8a.
Oboe I. II. Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll‘
Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN
: Simple choral harmonisé. Mélodie „Freu
dich sehr, o meine Seele“.
Renvoi aux cantates BWV 13, 19, 25, 32, 39, 71 et 194.
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach.
pages 149/150] : « Choral harmonisé sur mélodie
(MDC) 034 de type I.
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,
page 169] : «
simple harmonisation mais richement soutenue par l’orchestre…
la basse est doublée à l’octave inférieure
par la basse continue et l’orgue, ce qui donne à
l’ensemble une verticalité surprenante… La
strophe adaptée à la mélodie est-elle empruntée
à un cantique de Johann Olearius « Trostet,
trostet meine Leben »
(1671) ? La strophe fait référence directe à
la prédication de Jean-Baptiste : « Une
voix se fait entendre – Ample et large dans le désert…
[Jean I, 23 = PBJ. 1585] et Isaïe 40,
1 à 5 [PBJ. 1148].
SECONDA
PARTE. BWV 30
7]
REZITATIV BAß. BWV 30/7
SO
BIST DU DENN, MEIN HEIL,
BEDACHT, / DEN
BUND,
DEN DU GEMACHT / MIT
UNSERM VÄTERN,
TREU ZU HALTEN / UND
IN GENADEN
[R. Wustmann : „Auch
in Gnaden“]
ÜBER UNS ZU WALTEN ; / DRUM
WILL ICH MICH MIT ALLEM FLEIß
/ DAHIN
BESTREBEN, / DIR,
TREUER GOTT,
AUF DEIN GEHEIß
/ IN
HEILIGKEIT
UND GOTTESFURCHT
ZU LEBEN.
Ainsi
donc, mon Sauveur, tu es soucieux / de respecter fidèlement le
pacte / que tu as fait avec nos pères / et de régner
sur nous dans la grâce ; / C’est pourquoi je veux de
tout mon zèle / m’appliquer, Dieu fidèle, / à
vivre sur ton ordre / dans la sainteté et la crainte de Dieu.
Mi
mineur (e moll) → fa dièse (fis), 11 mesures, C.
BGA.
Jg. V. Page 361 | RECITATIVO. | Oboe I. | Oboe II. | Basso. | Organo
e Continuo.
NEUMANN
: Rezitativ accompagnato.
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…Récitatif
en style d’arioso ponctué par les deux hautbois ».
WIJNEN :
«...un récitatif pour basse offre l’occasion aux
hautbois de mêler leurs tendres motifs à la voix
chantant deux octaves plus bas ».
8]
ARIE BAß. BWV 30/8
ICH
WILL NUN HASSEN / UNS
ALLES LASSEN, / WAS
DIR, MEIN GOTT,
ZUWIDER IST. | ICH
WILL DICH NICHT BETRÜBEN, / HINGEGEN
HERZLICH LIEBEN, / WEIL
DU MIR SO GNÄDIG BIST[R. Wustmann : „Ja
so gnädig bist“].
Je
veux désormais haïr / et abandonner tout / ce qui te
répugne, mon Dieu, / je ne veux pas t’affliger / mais au
contraire t’aimer de tout mon cœur / car tu me prodigues
ta grâce.
Si
mineur (h moll), 241 mesures, 2/4.
BGA.
Jg; V. Pages 362 à 373 | ARIA. | Oboe d‘amore. | Violino
solo. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Organo e
Continuo. | Dal
Segno.
NEUMANN
: Forme da capo. Renvoi à la cantate BWV 30a/7.
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…Air
à da capo,
en ABA avec ritournelle, selon un schéma simple et
symétrique : ritournelle / A ritournelle / B /
ritournelle / A / ritournelle… un air d’opéra
passionné… Dès la ritournelle s’affirme le
rythme lombard qui sous-tend tout l’air… le mot genädig
- plein de grâce »
se prête naturellement à d’amples vocalises ».
DÜRR
: «
influences
styllistiques de la jeune génération…le rythme
lombard de cette aria ».
HERZ
[BJ 1974, pages 96]
: Rytme
lombard. Renvoi aux cantates BWV 30a/8 et BWV 195/3.
[BJ
1978 : Le
rythme lombard dans la musique de Bach,
page
257] : « Le
rythme lombard présent dès 1723, a pris une place
prédominante dans les œuvres vocales de Bach après
1732. Le style était apparemment très en faveur à
Dresde, car on le trouve surtout dans les cantates dédiées
à la cour de Saxe…Dans les années 1730, cet
élément gagna une place importante dans sa technique de
composition ».
WIJNEN :
«...l’aria témoigne, si besoin était, qu’il
s’agit d’une parodie (dans le sens historique et
musicologique du terme) : le texte profane du modèle
annonce : « Je
te tiendrai et irai avec toi »
là où on entend maintenant :
Je veux désormais haïr et abandonner tout ce qui te
répugne, mon Dieu ».
9)
REZITATIV SOPRAN. BWV 30/9
UND
OBWOHL SONST DER UNBESTAND
/ DEN
[W. Neumann : BG = „dem“] SCHWACHEN MENSCHEN
IST WERWANDT, / SO
SEI HIERMIT DOCH ZUGESAGT : / SOOFT
DIE MORGENRÖTE
TAGT,
/ SOLANG
EIN TAG
DEN ANDERN FOLGEN LÄßT, / SO
LANGE WILL ICH STEIF UND FEST, / MEIN
GOTT,
DURCH DEINEN GEIST
/ DIR GANZ UND GAR ZU EHREN
LEBEN. / DICH
SOLL SOWOHL MEIN HERZ
ALS MUND
/ NACH
DEM MIT DIR GEMACHTEN BUND
/ MIT
WOHLVERDIENTEM [R. Wustmann : „Adankerfülltem“]
LOB
ERHEBEN.
Et
bien que l’inconstance / soit le propre des faibles humains, /
je l’affirme pourtant ici : / Aussi souvent que l’aurore
pointe, / aussi longtemps qu’un jour succède à
l’autre, / aussi longtemps je veux avec constance et fermeté,
/ vivre par ton esprit, mon Dieu, entièrement pour ta gloire.
/ Mon cœur aussi bien que ma bouche / doivent te célébrer
avec une louange bien méritée / en vertu du pacte passé
avec toi.
Fa
dièse (fis) → Sol majeur (G dur), 13 mesures, C.
BGA.
Jg. V. Page 373 | RECITATIVO. | Soprano. | Organo e Continuo.
NEUMANN
: Rezitativ Secco. Renvoi à la cantate BWV 30a/8.
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…Une
nouvelle fois, le texte fait allusion précise à la
paraphrase du Notre
Père
par Luther… »
10]
ARIE SOPRAN. BWV 30/10
EILT,
IHR STUNDEN,
KOMMT HERBEI, / BRINGT
MICH BALD IN JENE AUEN !
| ICH
WILL MIT DER HEILGEN SCHAR
/ MEINEM
GOTTNEIN’
DANKALTAR
/ IN
DEN HÜTTEN
KEDAR
BAUEN, / BIS
ICH EWIG DANKBAR
SEI.
Hâtez-vous,
accourez heures désirées, / ne tardez pas à
m’amener dans ces prairies ! / Je veux avec la légion
sacrée / élever à mon Dieu un autel de grâce
/ dans les demeures de Qédar / jusqu’à ce que je
te sois éternellement reconnaissant.
NEUMANN
: renvoi au psaume 120, 5 [PBJ. 921] : «…Malheur
à moi de vivre chez les Mosques,
/ de
camper en Qédar…»
:
renvoi également possible au prophète Isaïe 60, 7
[PBJ. 1176] : «
Tous
les troupeaux de Qédar se rassembleront chez toi…»
Mi
mineur (e moll), 147 mesures, 9/8.
BGA.
Jg. V. Pages 374 à 377 | ARIA. | Violini unisoni. | Soprano. |
Organo e Continuo. | Da
Capo.
NEUMANN
: Trio. Violinen, Sopran, B.c. Forme da capo.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
274] : « Rythme de danse, ici une « gigue ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.
pages 1163 à 1169] : «…Thème
spirituel récurrent, que cette attente désirée
de la mort. On le retrouve dans la cantate… BWV 161. Aria en
ABA’ avec ritournelle, un trio pour deux dessus et basse. La
métrique est à nouveau marquée par l’esprit
de la danse, ici une sorte de gigue stylisée… la basse
progresse par moments en sauts d’octaves où Pirro entend
« une sorte
de tic-tac
en balancements d’octaves…»
DÜRR
: Caractère de danse, ici une gigue.
LEMAÎTRE :
«…air dans lequel la voix se mêle aux violons I à
l’unisson pour former une pseudo « sonata a tre »
prend l’allure d’une gigue…»
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach. L’orchestration, page
203] : « Dans l’air de soprano « Heures,
hâtez-vous…»
les instruments font une sorte de tic-tac en balancements
d’octaves ».
WIJNEN :
«...illustration de la hâte en musique : « eilt,
eilt - hâtez-vous »
reste un moment inoubliable ».
11]
REZITATIV TENOR. BWV 30/11
GEDULD,
DER ANGENEHME TAG
/ KANN
NICHT MEHR WEIT UND LANGE SEIN, / DA
DU VON ALLER
PLAG
/ DER
UNVOLLKOMMENHEIT
DER ERDEN,
/ DIE
DICH, MEIN HERZ, GEFANGEN HÄLT, / VOLLKOMMEN
WIRST BEFREIET
WERDEN. / DER
WUNSCH
TRIFFT ENDLICH EIN, / DA
DU MIT DEN ERLÖSTEN SEELEN
/ IN
DER VOLLKOMMENHEIT
/ VON
DIESEM TOD
DES LEIBES
BIST BEFREIT, / DA
WIRD DICH KEINE | Adagio : NOT
MEHR QUÄLEN.
Patience,
le jour bienvenu / où tu seras complètement délivré
/ de tout le tourment / de l’imperfection du monde / qui te
tient prisonnier, mon cœur, / ce jour-là ne peut plus
tarder à arriver. / Le souhait se réalise enfin, / avec
les âmes rachetées / dans la perfection de cette mort /
tu es libéré de ton corps, / aucune détresse ne
te tourmentera plus.
Si
mineur (h moll) → Ré majeur (D dur), 14 mesures, C.
BGA.
Jg. V. Page 377 | RECITATIVO. | Tenore. | Organo e Continuo.
NEUMANN
: Rezitatif -Secco- avec arioso. Adagio, mesures 12 à 14.
BOMBA
: « Bach
tient par des harmonies réduites les mots « Plag
der Unvollkommenheit -
tourments de
l’imperfection »
12]
CHORSATZ. BWV 30/12
FREUE
DICH, GEHEILGTE SCHAR,
/ FREUE
DICH IN SIONS
AUEN !
/ DEINER
FREUDE
HERRLICHKEIT,
/ DEINER
SELBSTZUFRIEDENHEIT
/ WIRD
DIE ZEIT
KEIN ENDE
SCHAUEN.
Réjouis-toi,
légion sacrée, / réjouis-toi dans les prairies
de Sion ! / Le temps ne verra pas de fin / à la
magnificence de ta joie / et de ton contentement.
Ré
majeur (D dur), 160 mesures, 2/4.
BGA.
Jg. V. Pages 378 à 395 | Tromba I. | Tromba II. | Tromba III.
| Timpani. | Flauto traverso I. / Oboe I. | Flauto traverso II. |
Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. |
Tenore. | Basso. | Organo e Continuo. | Da
Capo.
| Fine.
NEUMANN
: Renvoi au premier chœur avec un nouveau texte.
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach,
page 150] : Chœur identique au premier mais avec un
nouveau texte.
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BJ
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Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
N°
29 (et 63, 67, 76 282, 254, 256 sous d’autres titres).
Breitkopf
n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
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allemande complète, en deux volumes. 1911.
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Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 30
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Onze
références (septembre 2002 – juin 2011) + neuf
mouvements isolés (septembre 2002 – septembre 2010).
Exemples
musicaux (Audio) : Aryeh Oron (janvier 2003- avril 2008).
6]
BERINGER, Karl Friedrich. Windsbacher Knabenchor. Münchener
Bachsolisten. Soprano : Edith Mathis. Alto : Cornelia Kalisch.
Ténor
: Hans Peter Blochwitz. Basse : Thomas Quasthoff. Heilsbronn (D),
18-20 juillet 1990. Durée : 36’24
CD
Bayer Records BR 100162. Avec la cantate BWV 19
8]
GARDINER (volume 1). Monteverdi Choir. English Baroque Orchestra.
Soprano : Joanne Lunn. Alto : Wilke te Brummelstroete.
Ténor :
Paul Agnew. Basse : Dietrich Henschel. Bach Cantata Pilgrimage.
Église : St Giles Cripplegate . Londres, 24 juin 2000.
Durée :
32’42. Coffret de deux CD SDG (Soli Deo Gloria) 101.
Distribution en France, avril 2005
3]
HARNONCOURT (volume 8). Wiener Sängerknaben. Chorus Viennensis.
Concentus
Musicus Wien. Soprano Herbert Böck (jeune soliste
du
Wiener Sänfgerknaben). Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt
Equiluz. Basse : Max van Egmond. Vienne (Autriche), juin 1972.
Durée
: 37’37. Coffret de deux disques Teldec SKW 8/1-2 BR 2. Das
Kantatenwerk, volume
8. 1974
CD
Teldec 8-35034 ZL 242504-2. 1985.
Das Kantatenwerk, volume
8
CD
Teldec 4509-91756 2. Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas.
Volume 2. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
Reprise
Bach
2000.
Volume 1. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à
14 et BWV 16 à 47
Reprise
CD Warner Classics 8573-81205-5. Intégrale en CD séparés,
volume 10. 2006
9]
KOOPMAN (volume 22). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir.
Soprano : Sandrine Piau. Alto : Bogna Bartosz. Ténor : James
Gilchrist.
Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Mai, septembre et
octobre 2002. Durée : 31’09
Coffret
de 3 CD Antoine Marchand, Challenge Classics CC 72222. 2006. Avec la
cantate BWV 80 et la Messe
en sol majeur
BWV 236
Dernier
coffret de l’enregistrement de l’intégrale des
cantates par Ton Koopman.
7]
LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Soprano :
Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meet.
Basse
: Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL).
Janvier et février 2000. Durée 32’19
Bach
Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume15. Cantates VIII/4
99374/104
Bach
Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV- 93102 9/85. Avec les
cantates BWV 84 et BWV 40
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une
nouvelle édition „augmentée“: 157 CD
comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les
Passions
de saint Jean et saint Matthieu.
11]
MILNES, Eric. Montréal baroque. Un par voix = Soprano : Suzie
Leblanc. Alto : Daniel Taylor. Ténor : Charles Daniels.
Basse
: Stephan MacLeod. Église de la Nativité, La Prairie
(Québec). Canada. Juin 2004. Durée : 34’07
CD
Atma SACD2 2400. 2005. Avec les cantates BWV 7 et 167
2]
MOYSE (HONEGGER), Blanche. Brattleboro Bach Festival Chorus &
Orchestra.. Soprano : Benita Valente. Alto : Mary Burgess.
Ténor
: Seth McCoy. Basse : Leslie Guinn. Brattleboro. Vermont (USA). 1971.
Disque Ars Nova / Ars Antiquad
10]
OHMURA, Emiko.
Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. CD Bach-Chor Tokyo
(Japan). Live : 10 mai 2003.
Durée :
38’45. CD BACHCD 04. Chanté en japonais. Avec la cantate
BWV 29
4]
RICHTER. Münchener Bach-Chor & Orchester. Soprano : Edith
Mathis. Alto ; Anna Reynolds. Ténor : Peter Schreier. Basse :
Dietrich
Fischer-Dieskau.
Munich. Herkules-Saal : 2 mars, 25 mai 1974 et 4, 5, 24 et 25
janvier 1975. Durée : 40‘25
Disque
Archiv Production ARC 2533 330. 1976
Reprise
en coffret de six disques Archiv Produktion 2722.025. / 2564
160. Volume
III. Ascension - Pentecôte - Trinité. Vers 1980
Reprise
en coffret de 5 CD Archiv Production 439385-2. Avec la cantate BWV
93
Reprise
en coffret de 26 CD
Archiv Produktion. 1998-2000. Intégrale des cantates
enregistrées par Karl Richter de 1959
à1979.
5]
RILLING. Bach-Collegium Stuttgart. Württembergisches
Kammerorchester Heilbronn. Soprano : Costanza Cuccaro. Alto :
Mechthild
Georg.
Ténor : Aldo Baldin. Basse : Philippe Huttenlocher.
Gedächtniskirche Stuttgart (D). Février 1984. Durée
: 35‘30
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98750. 1985
CD.
Die Bach Kantate (volume
9). Hänssler Classic Laudate 98860. 1985. Avec la cantate BWV
112
CD.
Hänssler edition Bachakademie
(volume
10). Hänssler-Verlag CD 92.010. 1999
1]
WERNER. Chorale Heinrich Schütz et Orchestre de chambre de
Heilbronn. Soprano : Emiko Liyama. Alto : Barbara Scherler.
Ténor
: Theo Altmeyer. Basse : Bruce Abel. Schwaigern (D), 24 avril 1971.
Durée : 41‘17
Disque
Erato STU 70665. Les
Grandes Cantate. Volume
26. 1972
Reprise
en coffret de 2 CD Erato. Avec les cantates BWV 7, 11, 30, 68 et 104.
Vers 1995
Reprise
en coffret de 10 CD Warner
Classics 2564 61401-2 ADD LC04281. Volume 1. 2004
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 30
M-1.
Mvt. 1] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir / Bach-Orchester
Berlin. Fin es années 1950-1960. Report CD Baroque Music
Club
(Soli Deo Gloria, volume 4).
M-2.
Mvt. 5] Aria pour alto. John Beckett. New Irish Chamber Orchestra.
Alto : Bernadette Greevy. 1976. Disque Claddag Records Limited
M-3.
Mvt ?] Bach To The Beattles. Aria de la cantate BWV 30. Violon :
Stephan Grappeli (+ flûte, piano ). 1991. CD ASV White Line.
M-
Mvt. 4]
Craigh Smith. Lorraine Hunt Lieberson. The Orchestra of Emmanuel
Music. Enregistré le décembre 1992.
CD
Emmanuel Music AV 2130. 2008. Avec le mouvement de cantate BWV 33/3
et Haendel
M-5.
Mvt .] Ordinateur (Computer). Kathy Geisler. Aria „Was die
Seele kanner görtzen“ . Concerne la cantate BWV 30a/5.
M-6.
Mvt. 6] Marek Stryncl. Musica Florea. Mezzo-Soprano : Magdalena
Kozena. Juillet – septembre 1996. CD Archiv Prouktion.
M-7.
Mvt. 5] Antony Walker. Orchestra of the Antipodes. Alto : Sally-Anne
Russel. Octobre et décembre 2003. CD ABC Classics 476118-3.
M-8.
Mvts 5 et 6] Dale Higbee. Carolina Baroque. Soprano : Teresa
Radomski. 18 mars 2007. CD Carolina Baroque.
M-9.
Mvt. 5] Lars Ulrik Mortensen. Concerto Copenhagen. Mezzo-soprano :
Anne Sofie von Otter. Juin 2008.CD Archiv Produktion 477467
ANNEXE
BWV 30a
[Bien
qu’il s’agisse d’une cantate profane, il a paru
opportun d’inclure en annexe de la cantate BWV 30, la cantate
BWV 30a. Tous les commentateurs ont souligné les étroites
connexions existant entre les deux œuvres, certains, notamment
Nikolaus Harnoncourt, ayant avancé l’hypothèse
d’une élaboration simultanée des deux œuvres,
l’une profane, la cantate BWV 30a ayant engendré la
cantate sacrée BWV 30 à l’été 1737…
et pourquoi pas inversement ?
Suivent
sur le même schéma utilisé pour les cantates BWV
1 à 200 mais de façon succincte, quelques informations
qui seront complétées brillamment, as
usual,
par le Bach Cantata Website].
CANTATE
BWV 30a
ANGENEHMES WIEDERAU, FREUE DICH
IN DEINEN AUEN !
Agréable
Wiederau, / Réjouis-toi dans tes prairies !
DRAMMA
PER MUSICA
28
septembre 1737
DATATION
BWV 30a
Wiederau,
le 28 septembre 1737.
[Bach
traverse à la même époque la polémique
avec le recteur de Saint-Thomas, Johann August Ernesti, polémique
appelée « Querelle des préfets »
… sans doute une échappée dans la campagne de
Wiederau a-t-elle pu momentanément lui changer les idées…
PIRRO :
Probablement écrite entre 1738 et 1741, avec les cantates BWV
30, BWV 197 et BWV 34.
SOURCES BWV 30a
La
« database » du « Catalogue Bach de
l’Institut de Göttingen » en connexion avec les
« Bach Archiv », est un instrument de travail
exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui
n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse
: (http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html)
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
Mus.
ms. autogr. Bach
P 43.
Référence
gwdg.de/Bach : D B Mus. ms. Bach P 43, Faszikel 1.
[Staatsbibliothek zu Berlin]. J.S. Bach (autographe). Première
moitié du 18e
siècle.
BOMBA :
« La partition autographe de cette cantate a été
conservée. Elle indique le 28 septembre 1737 comme date
d’exécution. Elle est accompagnée du texte
imprimé dû à la plume de Picander. La cantate
exécutée vers 1738 pour la fête de la saint
Jean-Baptiste [BWV 30] est donc une parodie de ce morceau.
HERZ
: La partition était conservée à Berlin Est,
antérieurement à 1989.
SCHMIEDER :
Partition autographe Bach P 43. 17 feuilles, 34 pages de musique, in
4°.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
Référence
gwdg.de/Bach : D B Mus. ms. Bach St. 31, Faszikel 2. J.S. Bach
(autographe). Première moitié du 18e
siècle.
ÉDITION BWV 30a
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE (BGA).
BGA.
Jg V1
Anhang.(5e
année). Préface de Wilhelm Rust, 1855. Cantates BWV 21
à 30 + Anh. 30a.
BGA :
Anhang. | I. | Dramma per Musica. | Schicksal, Glücke, Zeit und
der Elster-Fluss. | « Angenehmes Wiederau » |
(Siehe Jahrgang V1, pages 328, 399.)
Pages
325 à 345. Partition complète.
Page
399 à 408. Réduction chant et piano.
BGA
XXXIV. Anhang. Waldersee 1887.
BCW
: Partition de la
BGA et réduction chant et piano.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 39. BC : G 31
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext der Neuen Bach-Ausgabe..
LEIPZIGER
RATSWAHLKANTATEN UND SCHULFEIERN
Sämtliche
Kantaten 16. Bärenreiter TP 1296. 2007.
Festmusiken
zu Leipziger Universitäts Feiern.
Herausgegeben
: Werner Neumann.
BWV
30a. Pages 51 à 140. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1975.
Autres
éditions :
Breitkopf
& Härtel : sur demande. Carus : partition non
disponible.
TEXTE BWV 30a
Henrici
(dit Picander). Leipzig 1737.
Le
fac-similé du texte édité à Leipzig en
1737 par Johann Christian Langenheim, ainsi que la page de titre sont
reproduits dans l’ouvrage de Werner Neumann : Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte.
pages 416/417.
HÄFNER
[BJ 1975, pages 95 à 97 et 165] : « Le cycle annuel
de cantates de Picander (première impression 1728,
réimpression 1732) doit être considéré
comme le livre des textes pour la musique d’église de
Leipzig à partir de la Saint-Jean 1728 jusqu’au
quatrième dimanche après la trinité de 1729.
Donc, ce cycle formait la base textuelle du quatrième des cinq
cycles de cantates de Bach. Les musiques d’une soixantaine de
cantates sont dans une large mesure perdues. Ce qui a été
gardé est juste suffisant pour en faire soupçonner la
gravité de la perte…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 30a
BOMBA :
« Quatre allégories entrent en scène (le
Temps, le Bonheur, le Destin ainsi que la rivière Elster qui
traverse le domaine de Wiederau…»… Cette musique
au caractère tantôt solennel, tantôt populaire et
dansant (trait que Bach a repris aussi dans la cantate sacrée
BWV 30) a sans doute tellement plu au Conseiller (Hennicke) qu’il
commanda une autre pièce à Bach six mois plus tard (BWV
Anhang 1, 13 - la musique est perdue) pour la messe de Pâques à
laquelle le Prince électeur de Saxe participa… »
Werner Neumann a prouvé dans l’annuaire Bach (page 76 et
suivantes) que si le Dramma
per musica BWV 30a n’a
pas été admis dans l’ancienne édition des
œuvres de Bach (BG.) ni rangé dans le corpus des
cantates profanes du catalogue BWV, c’est uniquement parce
qu’il avait un pendant sacré et que les pièces
profanes de Bach faisaient l’objet du dédain si
précisément nommé par Spitta. Et pourtant, des
sources aussi complètes et claires que pour ce morceau
seraient bien souhaitables pour mainte cantate sacrée ».
CANDÉ
: «…Septembre 1737. Hommage au comte Johann Christian
Von Hennicke, seigneur de Wiederau. Ce gentilhomme, ancien inspecteur
des taxes, est devenu ministre d’État grâce à
la protection du comte von Brühl. Il fut ensuite anobli et
devint seigneur héréditaire de Wiederau [petit village,
à une vingtaine de kilomètres sud de Leipzig, dépendant
de la ville de Pegau. Le château est toujours visible]. La
cantate est destinée à la cérémonie
d’entrée en possession du domaine le 28 septembre
[1737]. Le livret de Picander est un tissu de plates flagorneries ;
mais la musique est splendide. Soucieux sans doute qu’un
ouvrage aussi réussi ne serve pas seulement à illustrer
une occasion aussi insignifiante, Bach l’adaptera quelques mois
plus tard pour la fête de saint Jean-Baptiste. Ce sera la
cantate BWV 30, presque identique à la cantate d’hommage
dont elle est la « parodie » : les
récitatifs sont naturellement différents et un choral
très simplement harmonisé, sur la mélodie de
Freu’ dich sehr,
o meine Seele est
ajouté à la fin de la première partie. C’est
apparemment la seule cantate d’église nouvelle, si l’on
peut dire, que Bach ait composée pendant ces années
agitées ».
SCHWEITZER
[J.-
S. Bach | Le musicien-poète,
- Les
cantates profanes,
page 150] : «…le
28 septembre 1737, Johann-Christian Hennicke, un ancien laquais
devenu comte par la faveur du tout-puissant ministre, le comte Brühl,
prit possession de la terre de Wiederau. Et c’est pour ce
parvenu que Bach, probablement à l’instigation de
Picander, car le texte est de sa plume, écrivit une cantate.
Sans doute c’était de la musique bien payée ;
il [Bach] en fit plus tard la cantate pour la saint Jean, BWV 30 ».
DISTRIBUTION BWV
30a.
SCHMIEDER :
Soli : Sopran (Zeit). Alto (Glück). Tenor (Elster).
Baß (Schicksal). Chor : S,A, T, B. Instrumente :
Flauto traverso I, II ; Oboe I, II ; Oboe d’amore ;
Tromba I, II, III ; Timpani ; Viol. I, II ; Vla. ;
Continuo.
BWV
30a/1. CHOR.
160 mesures, 2/4.
Angenehmes
Wiederau,
/ FREUE
DICH IN DEINEM AUEN !
/ DAS
GEDEIHEN
LEGT ITZUND / EINEN
NEUEN, FESTEB GRUND,
/ WIE
EIN EDEN
DICH ZU BAUEEN.
Agréable
Wiederau, / Réjouis-toi dans tes prairies ! / La
prospérité apporte à présent / un nouveau
fondement solide / Qui te transformera en jardin d’Eden.
BWV
30a/2.
13 mesures, C.
REZITATIV.
Baß. Schicksal - Chor - Schiksal.
SCHICKSAL
: SO
ZIEHEN WIR / IN
DIESEM HAUSE
HIER / MIT
FREUDEN
EIN… Destin
(basse) : Nous entrons ainsi / dans cette maison / remplis de joie…,
A
quatre voix S, A, T, B.
DEIN NAME SOLL GRÄNDERT SEIN, / DU SOLLST NUN HENNICKES-RUHE
HEIFEN !
Ton
nom doit être modifié, / Tu t’appelleras Repos de
Hennicke…
BWV
30a/3. ARIA. Baß.
196 mesures, 3/8.
SCHICKSAL
: Willkommen
im Heil,
willkommen in Freuden
/ Wir
segnen Ankunft
das Haus…
Le
destin : Bienvenue dans le salut, bienvenues dans les joies.
Nous bénissons ta venue, nous bénissons ta maison
HIRSCH :
Mélisme [bien classique] sur le mot « Freuden »
avec 49 notes.
BWV
30a/4. REZITATIV.
Alto. 9 mesures, C.
GLÜCK :
DA
HEUTE DIR GEPRIESNER HENNICKE,
/ DEIN
WIEDRAU
SICH VERPFLICHT…
Le
Bonheur : Puisque aujourd’hui, très estimé
Hennicke / ta Wiederau s’engage envers toi…
BWV
30a/5. ARIA.
Alto. 128 mesures, C barré.
GLÜCK :
WAS
DIE SEELE
KANN ERGÖTZEN, /WAS
VERGNIGT UND HOCH ZU SCHÄTZEN…
Le
bonheur : Tout ce qui peut divertir l’âme , / tout
ce qui fait plaisir et qui est très appréciable…
BWV
30a/6. REZITATIV
(Baß). 10
mesures, C.
SCHICKSAL
: UND
WIE ICH JEDERZEIT BEDACHT / MIT
ALLER SORG
UND MACHT…
Destin
(basse) : Et comme je suis à tout moment soucieux / de te
protéger avec tous les soins et la force…
BWV
30a/7. ARIA. Baß.
241 mesures, 3/4.
SCHICKSAL
: ICH
WILL DICH HALTEN / UND
MIT DIR WALTEN…
Destin
(basse) : Je veux te tenir / et agir avec toi…
BWV
30a/8.
REZITATIV
Sopran. 13 mesures, C.
ZEIT
: UND OBWOHL SONST DER UNBESTAND / MIT MIR VERSCHWISTERT UND
VERWANDT…
Le
Temps (soprano) : Et bien que par ailleurs, l‘instabilité
/ soit mon intime et ma parente…
DÜRR
: «
influences
styllistiques de la jeune génration…le rythme lombard
de cette aria ».
Renvoi à Gerhard Herz, BJ 1974.
HERZ
[BJ 1978 : Le
rythme lombard dans la musique de Bach,
page
257] : « Le
rythme lombard présent dès 1723, a pris une place
prédominante dans les œuvres vocales de Bach après
1732. Le style était apparemment très en faveur à
Dresde, car on le trouve surtout dans les cantates dédiées
à la cour de Saxe…Dans les années 1730, cet
élément gagna une place importante dans sa technique de
composition ».
BWV
30a/9 : ARIA
soprano. 147 mesures,
9/8.
ZEIT :
EILT, IHR STUNDE, WIE IHR VOLLT, / ROTTET AUS UND STOßTB
ZURÜCKE !
Le
Temps (soprano) : Hâtez-vous, ô heures, comme vous
le souhaitez, / exterminez et repoussez avec force…
BWV
30a/10.
REZITATIV.
Tenor. 11 mesures, C.
ELSTER
: SO
RECHT IHR SEID MIR WERTE GÄSTE.
/ ICH
RÄUM AU
UND UFER
EIN.
L’Elster
(ténor) : Il en est très bien ainsi. Je vous concède
les prés et les rives.
BWV
30a/11. ARIA. Tenor.
74 mesures, 3/4.
ELSTER
: SO WIE ICH DIE TROPFEN ZOLLE, / DAß MEIN WIEDRAU GRÜNEN
SOLLE…
L’Elster
(ténor) : Comme j’applaudis les gouttes / pour que ma
Wiederau reverdisse…
BOMBA
: «L‘air
n° 11 remonte probablement peut-être avec les mouvements 5
et 13 ainsi que l‘air n° 8 des cantates BWV 210 et BWV
210a, à un protype disparu…L‘aria de BWV 30a/11 a
passé avec les paroles „Grosser
Gönner, dein Vergnügen“
dans la cantate BWV 210/8.
NEUMANN
: Renvoi possible à l’aria de la cantate BWV 210/8.
WOLFF
: «…Mouvement original qui ne se retrouve nulle part
ailleurs [dans les cantates et particulièrement dans BWV 30]…»
WV
30a/12.
REZITATIV
Sopran
(Zeit). Baß (Schicksal). Alt (Glück). 14 mesures, C.
DRUM,
ANGENEHMES WIEDERAU…
C’est
pourquoi, agréable Wiederau…
BWV
30a/13. CHOR. ALLE
(tous) = S, A, T, B. 160 mesures, 3/4.
TOUS :
UND BEIDER LUST, / DEIN EINIGEN UND LIEBSTEN STAMM, AUGUST…
Et
au plaisir des deux, / je veux porter en mon sein / la lignée
commune et bien-aimée, Auguste…
BIBLIOGRAPHIE BWV 30a
*Ouvrage
non possédé.
BACH
CANTATAS WEBSITE (BCW) :
CROUCH,
Simon : Notice 1996 & 1998.
ORON,
Aryeh : Discussion 1] 15 décembre 2002. - 2] 23 novembre 2008.
- Prévision : 27 janvier 2013.
BACH
COMPENDIUM ou Répertoire
analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien
Bach. Hans Joachim
Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium
: analytisch-Bibliographisches
Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach.
Editions Peters. Francfort sur le Main. 1985. BWV 30a = BC, G 31. NBA
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:
BJ
1974 : page 96. Gerhard Herz : Le
rythme lombard de la Messe en si mineur.
Renvoi à la cantate BWV 30/8 et BWV 30a/8
BJ
1978 : pages 158/159 et 168, 172 et 257. Gerhard Herz : Le
rythme lombard dans la musique de Bach.
BASSO,
Alberto : Jean-Sébastien
Bach. Edizioni di
Torino 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 35 et 97
Volume 2,
pages 446, 472, 598, 679, 680, 703/704, 710, 834, 835, 857 à
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BOMBA,
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CANDÉ,
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Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt.
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SMEND,
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Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
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Oxford U.P. 1959-1985
Volume
I, pages 235 et 342. Volume II, pages 88 à 98 et 686 à
688
WUSTMANN,
Rudolf : J.S.
Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte.
Breitkopf &
Härtel, 1913-1967. Pages 405 à 408
DISCOGRAPHIE
BWV 30a
BACH
CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron.
Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée
avec, parfois, quelques précisions relatives aux références
et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Quatre
références (septembre 2002 – mai 2011).
3]
KOOPMAN (volume 22). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir.
Soprano : Sandrine Piau. Alto : Bogna Bartosz. Ténor :
Christoph
Prégardien.
Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Mai, septembre et
octobre 2003. Durée : 32’54
Coffret
de 3 CD Antoine Marchand, Challenge Classics CC 72222. 2006. Avec la
Messe
en sol mineur
BWV 235
4]
LEONHARDT. Café Zimmermann. Les Chantres du CMBV. Soprano :
Monika Frimmer. Alto : Robin Blaze. Ténor : Markus
Schäfer.
Basse :
Stephan MacLeod. Saint-Michel en Thiérache (02 France), mai
2007. Durée : 38’15
CD
Alpha 118. Distribution en France, octobre 2007. Avec la cantate BWV
207
1]
POMMER. Leipziger Universität/ Neues Bachisches Collegium
Musicum. Soprano : Ursula Teinhardt-Kiss. Alto : Gertrud Lahusen-
Oertel.
Ténor : Eberhard Büchner. Basse : Gothart Stier. Leipzig
1980. Disque Eterna Edition. + Reprise en CD Berlin Classics „Preise
Dein
Glücke Gesegnestes Sachsen“
de différents fragments de messe et de cantates BWV 140, 202,
215.
2]
RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano :
Christianne Oelze. Alto : Ingeborg Danz. Ténor : Marcus
Ullman.
Basse
: Andreas Schmidt. Stadthalle Leonberg (D). 16 au 22 mars 2000. Durée
: 34‘20
CD
Hänssler editon bachakademie
92139.
Volume
139. 2000
MOUVEMENT ISOLÉ BWV 30a
Rien
au catalogue (2011).
C.
Role. Novembre 2011
|