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Cantata BWV 28
Gottlob! nun geht das Jahr zu Ende
Dieu soit loué ! L’année touche à sa fin
Commentary in French

KANTATE ZUM SONNTAG NACH WEIHNACHTEN
Dominica post Nativitatis Christi
Dimanche après Noël
Leipzig, 30 décembre 1725

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 28 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Originalpartitur – partition autographe
Ost = Originalstimmen - parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

 

DATATION BWV 28

Cantate choral. Leipzig, le dimanche 30 décembre 1725. Troisième cycle des cantates de Leipzig -3. Jahrgang - du 2 décembre 1725 au 24 novembre 1726. Aucune reprise connue

HERZ: 1723-1727 ou vers 1736)
HIRSCH: Classement CN 1141 (Die chronologisch Nummer – numéro chronologique)

Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV 110 (25 décembre 1725.) – BWV 57 (26 décembre 1725) – BWV 151 (27 décembre 1725) – BWV 28 (30 décembre 1725) – BWV 16 (1er janvier. 1726) – BWV 32 (13 janvier 1726.) - BWV 13 (20 janvier 1726).

 

SOURCES BWV 28

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P BB P 92. Berlin Deutsche Staatsbibliothek (anciennement Berlin –Est)

L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach (le Bach de Hambourg) dont le catalogue fut publié par Gottlieb Friedrich Schniebes, Hambourg 1790, sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Il comportait, entre autre, 86 cantates sacrées
Grâce Carl Philipp Emmanuel, la partition autographe échut dans les mains de Polchau Georg (1773-1836), Collectionneur et bibliothécaire en 1791 à la Zelter Singakademie de Berlin, c’est lui qui acheta une grande partie des collections musicales de Carl Philipp Emmanuel Bach (mort en décembre 1788) puis les fit passer (voir BG ci-après) à Carl Friedrich von Zelter (1758 - 1832). Ce dernier, directeur de la Singakademie de Berlin (vers 1800), franc-maçon notoire, violoniste, chef d’orchestre, ami de Goethe avec lequel il échangea une importante correspondance, eut Mendelssohn comme élève. Zelter remit en 1841 l’autographe et les parties séparées à la Bibliothèque royale de Berlin devenue par la suite la Deutsche Staatsbibliothek où elles se trouvent aujourd’hui.

BCW / BRAATZ: Sur la couverture Bach a ajouté 1 cornetto è Tromboni.
Sur la première page, ajouts de Bach: JJ. Doica post Nativit: Concerto. Au départ du 2e mouvement: Choral Allabreve. Le tempo original du 5e mouvement « 6/4 » est autographe. Au départ du choral final, marqué « choral ». A la fin de la partition, marqué « Fine SDG ».

BG: Titre de couverture (par J. A. Kuhnau): Marqué au début « Concerto » - « Dominica post Nativitatis Christi / Gottlob ! nun geht das Jahr etc. ; / a 4 Voci, 3 Hautbois, 2 Violini, Viola, [1 Cornetto e 3 Tromboni] e Continuo di Sign. J. S. Bach. ». Autre mention manuscrite: Zur freundschaftlichen Erinnerung für Professor Zelter an Georg Pölchau aus Riga » - En souvenir amical au professeur Zelter de la part de Georg Zelter de Riga.

HERZ: Filigrane au bouclier et deux épées croisées. (SW2). Les copistes reconnus sont Johann Andreas Kuhnau, le petit-fils (ou le neveu) du prédécesseur de Bach à Leipzig (en fin de séjour ; classement K4) ; Christian Gottlob Meissner (à Leipzig entre 1723-1729) et enfin Wilhelm Friedmann Bach.
SCHMIEDER: Autographe. 12 feuilles (22 pages) + 2 autres feuillets avec couverture in 4°. Annotations de Zelter.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 37 M. 19 voix in 4°. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem. Aujourd’hui à la Deutsche Staatsbibliothek. Ces parties furent également la propriété de Carl Philipp Emanuel Bach
On reconnaît l’écriture de Zelter, élève du Cantor, de Johann Andreas Kuhnau (vers 1723 à fin décembre 1725 à Leipzig), petit-fils (ou neveu) de Johann Kuhnau, prédécesseur de Bach à Saint-Thomas ; de Christian Gottlob Meissner (familier de la Thomasschule, 1707-1760) et Wilhelm Friedmann Bach (?) plus deux autres copistes demeurés anonymes. Bach a révisé la partie de cornetto ainsi que des parties du texte.
Ces feuillets sur lesquels on repère le filigrane "aux deux épées croisées sur fond de bouclier" ont été déposés après 1945, par souci politique de réciprocité à la Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz (aujourd’hui Berlin-Dahlem) sous référence ST 37 M (pour Marburg, l’ancien dépôt des archives). 12 folios, 22 pages 4°.
BCW / BRAATZ: Une partie des voix séparées passa en salle des ventes et achetées par un musicien du nom de Hering (ou Heering). A la mort de ce dernier elles firent partie de la collection de la famille Vos (Berlin) qui les remirent en 1851 à la Bibliothèque royale de Berlin
BG : 19 voix partiellement autographes.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)

BGA Jg.V1 (Cinquième année - BWV 21-30 et Anh. 30a). Pages 247 – 272. Préface de Wihlelm Rust (1855)
[Partition BG dans le coffret Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 8. 1974]

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 32. KANTATEN ZUM SONNTAG NACH WEINACHTEN
Bärenreiter Verlag BA 5094. Klaus Hofman. 2000. Avec BWV 152, 122, Anh.1 et 2 BWV 152.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5094. 2000 Klaus Hofman
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/32 Net www. Bach-Institut.de
KB : Klaus Hofmann. 2000 (avec BWV 152, 122).

AUTRES ÉDITIONS
BCW: Réduction voix et piano (26 pages) – Partition BG
Breitkopf & Härtel. Partition. PB 2878 - Orch. St., Orgel (G. Schreck) OB 1208. Chorst ChB 622. ;
2008. Partition PB 4528 – Réduction voix et piano EB 7028 – Parties séparées (6) OB 4528 – Chœur ChB 4528
Peters KIA
Kalmus Study Scores. N° 812. Volume VIII. New York 1968. Cantates BWV 27-29.

 

PÉRICOPE BWV 28

Octave de Noël. Premier dimanche après Noël. Le salut s’opère au cœur de la nuit dans le calme et dans la paix (Introït).
[Placé entre la douce lumière festive de Noël, temps fort de l’année liturgique et l’An neuf, la célébration du dernier dimanche de l’année emprunte à ces deux lieux sa fière et émouvante perspective faite à la fois d’action de grâce, de soulagement (comme le titre de l’œuvre le fait pressentir) et aussi de cette intrépide confiance dans les prochains bienfaits dont Dieu ne manquera pas de pourvoir le fidèle chrétien résolu dans sa foi].

MISSEL ROMAIN
Introït. Livre de la Sagesse 18, 14-15 [PBJ 1025] et Psa93 [PBJ 889]: « Dominus regnavit – Le Seigneur est roi »
Psaume 93 (Dominus regnavit), chanté à laudes le dimanche [PBJ 889]
Épître aux Galates, 4, 1-7 [PBJ 1723]. De la filiation divine.
Psaume 45, 2 et 3 [PBJ 842-843]. Épithalame royal.
Évangile: Saint-Luc, 2, 33-40 [PBJ 1537]. Suite du Nunc dimitis et prophétie d’Anne.

EKG. Dimanche après Noël (Sonntag nach Weihnachten)
Entrée : Luc 2, 29-30 [PBJ 1537]. Le « Nunc Dimittis ». Maintenant, Ô Maître, tu peux selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix…»
Psaume 93 [PBJ 889]. Le Dieu de majesté.
Cantique EKG 17: « Vom Himmel kam der Engel Schar ». Martin Luther 1539-1543.
Épître (Saint-Paul) Épîtres aux Galates, 4, 1-7 [PBJ 1723]. De la filiation divine. Renvoi aux cantates BWV 122 et 152.
Évangile: Saint-Luc, 2, 33-40 [PBJ 1537]. Suite du Nunc dimitis et prophétie d’Anne.

[Dans une production globale estimée à quelques trois cents cantates, le nombre de celles écrites pour la célébration du dimanche dans l’octave de Noël est modeste, pas plus de trois. Ce sont les cantates BWV 152 (Weimar, 1714), BWV 122 (Jahrgang II), du 31 décembre 1724 et BWV 28 (Jahrgang III) du 30 décembre 1725, soit à l’église Saint-Thomas, soit à celle de Saint-Nicolas, les deux plus importantes paroisses de Leipzig, où la Kirchenmusik était donnée en alternance].

 

TEXTE BWV 28

Texte du pasteur Erdmann Neumeister (Üchtritz / Weissenfels, 12 mai 1761 - Hambourg, 18 août 1756), aux mouvements 1, 4 et 5.
Il ne fait pas référence aux lectures entendues ordinairement ce premier dimanche après Noël.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 411]: «…Le texte de la cantate est puisé dans la 4e année du cycle de cantates de 1714 (pour la cour d’Eisenach et nouvelle édition 1717): Geistliche Poesien mit untermischten Biblischen Sprüchen und Choralen auf alle Sonn und Festtage durch gantze Jahr.
[on y trouve le texte des cantates BWV 24 - BWV 59 et BWV 61] -

DÜRR: «…La seule des cantates de Bach que nous connaissions à avoir été composée par le musicien, alors encore en fonctions à Leipzig, sur un texte d’Erdmann Neumeister, créateur de la forme moderne de la cantate. Dans la rédaction de son texte Neumeister renonce à établir un rapport étroit avec les lectures de l’Evangile du dimanche après Noël et le caractère opportunément didactique qui nous rends si étrangers maints textes de Neumeister s’efface également dans cette œuvre derrière l’expression des actions de grâces et des louanges adressées à Dieu pour la bonté qu’il a prodiguée au cours de l’année révolue et derrière la prière implorant de lui la dispense future de sa grâce. A cette division absolument parallèle en rétrospective et perspective correspond la disposition des paroles, qui groupent chaque fois symétriquement autour d’un verset de la Bible occupant la position centrale une partie de l’action de grâces ou de l’adoration :
1 = Texte littéraire. 2 = Choral. 3 = Jérémie 32, 41. 4 et 5 = Texte littéraire. 6 = Choral.
L’auteur du livret est identifié. C’est Erdmann Neumeister (1671-1756, Hamburg), théologien et poète (ce n’est pas incompatible) auquel Bach emprunte à l’occasion quelques textes comme ceux des cantates BWV 18, 24, 59 et 61. Ce poète a écrit nombre de cycles annuels de poésies spirituelles dont la coupe est tout à fait adaptée à la Confession évangélique et à la nouvelle sensibilité luthérienne de l’époque des Lumières. C’est dans le recueil IV, intitulé Funffache Kirchen Andachten, publié à Leipzig en 1717 que se trouve puisé la substance poétique et didactique de la cantate de Bach (où figurent les cantates BWV 61, 18, 59 et 24) que Bach utilisera également »..
HOFMANN: « Le livret du poète et théologien bien connu Erdmann Neumeister (1671-1756) n’a pas tenu compte de l’évangile du jour et est rempli de pensées associées au changement d’année, regarde le passé avec reconnaissance et envisage le début de l’année rempli de confiance en Dieu à qui il demande une année de paix et de le préserver de l’affliction ».
NEUMANN. La page de titre Fünffache Kirchen Andachten… Arien, Kantaten uns Oden… de l’édition Leipzig 1717 ainsi que le texte (pages 45 à 47) de la cantate BWV 28 sont reproduits dans l’ouvrage de Werner Neumann « Sämtlich von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, pages 292-294
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 201-202]: « L’agréable texte de la cantate pour le dimanche après Noël revient à Neumesiter. La musique montre que Bach le travailla avec plaisir. Il accompagne les mots qui parlent de quitter la vieille année et l’approche de la nouvelle avec une joyeuse forme dansante au mineur » [+ Exemple musical tiré de [1].
WHITTAKER [The cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, pages 190-194]: « Il est curieux que Bach retourne à Neumesiter avec un livret publié en 1716… Terry suggère que la cantate pour le dimanche d’après Noël date des environs de 1736 parce que le chœur [2] est une forme d’appel à la paix pour la nouvelle année et peut être associée à la guerre d’Election (ou de Succession) de Pologne [Cet argument de la paix ne paraît que médiocrement dans le texte d’Eber invoqué…[6]: Accorde-nous une année paisible, / Garde-nous de toutes les peines…

[1]: Neumeister. IVe cycle. Premier poète a avoir introduit un modèle de cantate qui s’impose comme le mieux adapté à l’esprit de la Confession évangélique des Lumières. Telemann, vers 1714, à utilisé le même texte de Neumeister dans sa cantate Twv 671 portant le même titre que celle de Bach.

[2]: Première strophe (de 12 vers) du cantique en quatre strophes (de 12 vers) de Johann Gramann (juillet 1487- Königsberg, avril 1541), Nun lob, mein Seel, den Herren (E.K.G. 188) écrit vers 1530, d’après le psaume 103 [PBJ 896-897] publié à Nuremberg puis réédité à Augsbourg vers 1540 avec la mélodie de Kugelmann.
La lecture de ce chœur [2] démontre de réelles similitudes, voire des emprunts au psaume 103… les louanges, les bienfaits, le pardon des péchés, la justice et particulièrement une citation quasi littérale: «…qui rassasie de biens tes années et comme l’aigle se renouvelle ta jeunesse », à comparer dans la cantate avec : « …te rajeunit et te rend semblable à l’aigle…»
La mélodie attribuée à Hans Kugelmann (publication vers 1540) serait tirée d’un air profane du XVe siècle. Ce cantique figure dans le livre de chant de Vopélius, utilisé à Leipzig au temps de Bach. La mélodie et la 5e strophe du cantique se retrouvent dans le motet BWV 231 et la cantate BWV 29/8, sans que l’antériorité des œuvres, BWV 28 par rapport à BWV 231, puisse être démontrée. Autre problème, celui de la fausse attribution à Bach d’un motet du même nom (à double chœur, classé Anh. 160) dont l’auteur est Telemann, avec un arrangement conclusif dû au successeur de J.-S. Bach, en août1750, le Thomaskantor J. G. Harrer.
Voir pour ce même cantique les cantates BWV 17/7 (mélodie et 3e strophe), BWV 29/8 (mélodie et strophe 5), BWV 51/4 (mélodie et strophe 5), BWV 167/5 (mélodie et strophe 5), BWV 225/2 (texte à partir de la 3e strophe), BWV 231 (mélodie et 5e strophe), BWV 389 et 390 (chorals à quatre voix). Texte de la première strophe.

[3]: Neumeister. IVe cycle avec inclusion d’une citation du prophète Jérémie, 32, 41 [PBJ 1235] : Je trouverai ma joie à leur faire du bien et je les planterai solidement en ce pays… (Addition au Livre de Consolation).

[4]: Neumeister. IVe cycle. Énumération des différents attributs de Dieu qui trouve une relative correspondance dans le psaume 93 (le psaume du règne de Yahvé, ordonnateur, législateur et Roi du monde).

[5]: Neumeister. IVe cycle. D’une facture assez convenue, on y trouve les remerciements pour l’année passée et la prière pour l’année nouvelle.

[6]: Sixième et dernière strophe (de huit vers) du cantique de Paul Eber (1511-Wittenberg 1569).) Helft mir Gotts Güte preisen (E. K. G. 37), pour le Nouvel An. Écrit en 1569, il est publié en 1570 à Wittenberg l’année suivante.
Ce texte paraît aussi dans une édition de 1697 à Leipzig Wagner / Andächtiger Seelen geistliches Brand und Gantz-Opfer (8 volumes)
La mélodie anonyme venue du Moyen age - Ich gang einmal spazieren… est aussi attribuée à Wolfgang Figulius (1525 - Meißen, 1589) imprimée avec letexte en 1575 à Francfort-sur-Oder
Bach la réutilisa avec le même texte (cas peu courant) dans sa cantate BWV 16/6 Herr Gott, dich loben wir exécutée deux jours après BWV 28, le 1er janvier 1726.
La même mélodie, celle du cantique « Helft mit Gotts Güte preisen » mais cette fois sur un texte de Paul Gerhardt (1653) entendue aussi dans la cantate BWV 183/5, quelque mois plus tôt, le 13 mai 1725, sera encore utilisée dans le choral BWV 613, le n° 15 de l’Orgelbüchlein,

 

GÉNÉRALITÉS BWV 28

Analogie avec BWV 120 (26 août 1728) s’ouvrant pareillement par une aria suivi d’un choeur
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 608] : « Il est incontestable que l’application de la technique du motet, suivant les manières propres au stylus antiquus, s’étend bien au-delà de la composition des motets au sens étroit du terme, et concerne également le domaine des cantates ou des autres œuvres de musique sacrée. Renvoi à la note 8 des pages 853-854 : suit la liste des cantates [possédant ponctuellement] un style proche du motet, par exemple BWV 2/1, 4/5, 21/9, 29/2, 38/1, 64/1, 68/5, 71/3, 101/1, 108/4, 121/1, 144/1, 179/1, 182/7,
BOMBA: «…L’année commence par le 1er janvier et se termine le 31 décembre. Nous sommes aujourd’hui peu conscients du fait que de mémoire d’homme, il y a et il y a eu des manières tout à fait différentes de diviser le temps. Il était, par exemple, d’usage de s’orienter aux cycles de la nature. Une autre manière consistait à transposer le cycle périodique des saisons à l’histoire sacrée. Cette année [1725] commence avec l’Attente de la naissance de Jésus, continue avec la naissance elle-même, la Passion et la Résurrection pour arriver à l’Ascension du Christ. L’été et l’automne se consacrent alors aux manifestations de l’arrivée à maturité à l’approche de la mort au vu de la nature de l’homme. L’année ainsi décrite est l’année ecclésiastique. Cette vue se renforça lorsque l’usage qui consistait à commencer la lecture des livres contenant les textes destinés à la messe le premier dimanche de l’Avent, se répandit au Moyen Âge. Plus tard, au XVIIe et au XVIIIeme siècles, les recueils de texte pour cantates suivent également cette division ou d’autres divisions de l’année. Le pasteur Erdmann Neumeister, originaire de la région de Weißenfels et qui remplissait ses fonctions de pasteur à St-Jacobi de Hambourg de 1715 à 1756, avait publié depuis 1704 (« Cantates religieuses au lieu d’une musique d’église ») au total dix recueils de textes semblables. La forme de ces textes révolutionna la composition des cantates en Allemagne, pour l’essentiel du fait que Neumeister, se servant du modèle de l’opéra italien, revendiqua l’alternance entre le récitatif et l’air. Bach prit l’un de ces textes pour la cantate qu’il joua au cours du dernier service religieux dominical de l’année 1725 ».

 

DISTRIBUTION BWV 28

NEUMANN. Soprano, Alto, Tenor, Basso. Chor. Oboe I, Oboe II; Taille (Oboe da caccia). Cornetto; Trombone I, II, III (seulement dans les mouvements 2 et 6). Streicher (Violino I et II). B.c. Vla (Continuo)
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, , T, B. Instruments : Oboe I, II ; Taille (Oboe da caccia) ; Cornetto ; Trombone I, II, III ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo

 

APERÇU BWV 28

1] ARIE SOPRAN. BWV 28/1

GOTTLOB ! NUN GEHT DAS JAHR ZU ENDE. / DAS NEUE RÜCKET SCHON HERAN. / GEDENKE, MEINE SEELE, DRAN, / WIEVEL DIR DEINES GOTTES HÄNDE / IM ALTEN JAHRE GUTS GETAN ! / STIMM IHM EIN FROHES DANKLIED AN; / SO WIRD ER FERNER DEIN GEDENKEN / UND MEHR ZUM NEUEN JAHRE SCHENKEN.
Dieu soit loué ! L’année touche à sa fin / La nouvelle s’approche déjà. / Souviens-toi, mon âme, / Combien de bienfaits te sont venus / De la main de ton Dieu / Dans l’année révolue ! / Entonne un joyeux cantique de grâces ; / Il se souviendra ainsi de toi / Et t’offrira davantage pour l’année nouvelle.

La mineur (a), 109 mesures + postlude instrumental = 121 mesures, 3/4
BG Jg. V1. Pages 247-257. Aria. Oboe I. / Oboe II. / Taille. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Continuo
NEUMANN. Structure tripartite. Oboe I, II, Oboe da caccia, B.c. Sopran
SCHMIEDER. Sopr ; Ob I, II, Taille (oboe da caccia) ; Viol I, II, Vla. ; Cont.
[Association instrumentale pour célébrer les chants d’action de grâces (les 3 hautbois). Renvoi à BWV 41, 91]

BASSO: «…Rythme de danse… aria joyeuse au rythme dansant et à la structure tripartite ».
BOMBA: «…Diversité de formes qu’offrent les différents mouvements. Dans l’air du début, un chant de grâces méditatif, Bach divise l’orchestre en deux chœurs d’instruments à vent et d’instruments à cordes qui entrent en dialogue ».
DÜRR: «…L’air initial a été voulu tout entier dans un ton de joyeuse gratitude. La clarté de la structure règne aussi bien par le traitement homorythmique du groupe des cordes et des bois que par la forme en deux demi-périodes inspirées de la musique de danse, avec une alternance ludique entre les motifs stimulée par l’invitation du texte à entonner un « joyeux chant de grâce ».
HIRSCH: «…Gématrie: le soprano chante (un long mélisme) de 65 notes (lignes 7 et 8 aux mesures 113 et 114) correspondant à la somme numérique du mot « Gedencken ». Ce mot est ainsi orthographié dans le recueil de 1717 et non pas « Gedenken » comme on le trouve usuellement de nos jours, Wustmann, Neumann. [Cet exemple précis paraît légitimer les recherches et la méthode d’Arthur Hirsch].
HOFMANN: « Un air de soprano plein d’allant dans lequel un trio de hautbois s’oppose aux cordes, demande d’entonner un « joyeux cantique de reconnaissance ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – L’orchestration, page 232]: « Opposés aux flûtes pâles, les hautbois sont d’un ton chaud et intense… Dans l’air, Bach assemble les trois hautbois, pour les chants d’action de grâces solennelles et de souhaits que le soprano exprime ». Renvoi à BWV 41/2.
WIJNEN: «…joyeux chant de gratitude sur « frohes danklied ».

2] CHORALCHORSATZ. BWV 28/2

NUN LOB, MEIN SEEL, DEN HERREN, / WAS IN MIR IST, DEN NAMEN SEIN ! / SEIN WOHLTAT TUT ER MEHREN, / VERGIß ES NICHT, O HERZE MEIN ! / HAT DIR DEIN SÜND VERGEBEN / UND HEILT DEIN SCHWACHEIT GROß, / ERRETT DEIN ARMES LEBEN, / NIMMT DICH IN SEINEM SCHOß, / MIT REICHEM TROST BESCHÜTTET / VERJÜNGT, DEM ADLER GLEICH. / DER KÖN’G [Wustmann: variante: Der Herr] SCHAFFT RECHT, BEHÜTET, / DIE LEIDN IN SEINEM REICH.
Mon âme, loue à présent le Seigneur, / Tout ce que je possède, glorifie son nom ! / Il multiplie ses bienfaits, / Ne l’oublie pas, ô mon cœur ! / Il a pardonné tous tes péchés / Et guérit ta grande faiblesse, / Il sauve ta misérable vie, / Il te prend en son sein. / Il te comble de son riche réconfort ; / Te rajeunit et te rend semblable à l’aigle. / Le roi fait régner la justice et protège / Ceux qui souffrent dans son royaume.
[La mélodie de ce cantique se trouve dans EKG 188 ainsi que EKG 229 et 392. Voir le psaume 103]

Ut majeur (D), 174 mesures (comptées par Bach !) C barré
BG Jg. V1. Pages 258-265. Marqué „Alla breve“. Soprano: Cornetto. Violino I. Oboe I. col soprano. / Alto: Trombone I. Violino II. Oboe II coll‘ Alto. Tenore: Trombone II. Viola. / Taille col Tenore / Basso: Trombone III col Basso. / Continuo.
NEUMANN. Partie en forme motet avec extension orchestrale. Le Cantus firmus est au soprano [chantant en valeurs longues les 12 vers de la strophe du cantique tandis, qu’en imitation les trois autres voix tirent leur thématique, tour a tour de la mélodie du choral ou de motif indépendant]. Ensemble instrumental
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Cont. (Cornetto, Ob I, Viol. I col Sopr. ; Tromb. I, Ob. II, Viol. II coll’ Alto ; Tromb. II, Taille, Vla. Col Ten. ; Tromb. III col basso)

BASSO [volume 2, pages 412-413]: «…large chœur, qui, selon une formule souvent appliquée à Leipzig (BWV 1/1, 38/1, 64/1, 68/5, 121/1) se présente comme un motet en stylus vetus… avec des instruments qui doublent les parties vocales et sur une mesure alla breve). .. les douze vers [qui composent la strophe] sont entonnés en style imitatif par les trois voix inférieures, cependant que le soprano, qui intervient ensuite, introduit le cantus firmus en valeurs larges. Cet ample morceau pourrait n’être pas originamais avoir été conçu, de même que les pages analogues de BWV 2 et 38, comme un motet autonome ; en tant que telle, cette page a connu un « réemploi » sur le texte Sei Lob und Preis mit Ehren (BWV 231), inséré, peut-être par Carl Philipp Emanuel, dans le plus vaste ensemble d’un motet de Telemann Anh. 160…»
…Le chœur représentant l’assemblée des fidèles attaque le chant de grâces. Composition en motet archaïque avec le renfort de instruments à vent et des cordes, dans laquelle chaque verset du cantique est préparé par les trois voix inférieures en composition imitative, avant de retentir en valeurs longues au soprano. C’est peut-être la réutilisation d’un mouvement déjà existant. C’est le seul mouvement sur la partition conservée qui ne comporte pas de correction.
BOMBA: «…Le mouvement le plus important de la cantate. Le cantus firmus an soprano soutenu par le cornet, un instrument voisin de la trompette, est préparé vers après vers par les autres voix et par cela le raffinement du mouvement ne fait qu’augmenter continuellement. Bach transforma la musique de ce mouvement deux années plus tard pour pouvoir l’exécuter alors sur la strophe finale du cantique de Johann Gramann en même temps qu’un mouvement de Georg Philipp Telemann (Exaltez le Seigneur dans le monde entier) qu’il avait lui-même arrangé sous cette forme (motet), voir BWV annexe 160 –peut-être à l’occasion de l’anniversaire [à Dresde]du Prince Electeur Auguste le Fort. »
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 147-148]: « Élaboration de choral avec mélodie de choral [MdC 079]. Motet avec doublures instrumentales. Le cantus firmus est au soprano… chœur motet d’une gravité impressionnante. Renvoi à BWV 231 ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 179-181]: « Mélodie de Johann Kugelmann. Vaste structure motet sur laquelle va surnager, au soprano, le cantus firmus en valeurs longues. Les trois autres parties vocales sont largement doublées instrumentalement. Choral de type II b : Groupe « technique motet »: le cantus firmus est confié à l’une des voix, les trois autres en polyphonie lâche ou stricte, les instrument doublant colla parte chaque partie vocale …»
DÜRR: «…chœur représentant l’assemblée des fidèles. Bach adopte la forme motet (renforcée par les cordes et les vents) d’effet archaïque, avec imitations à toutes les voix, augmentative au soprano en dernier lieu, ceci pour chaque verset. Il se peut que Bach ait réutilisé ici une de ses propres compositions ».
« Chœur se présentant en forme de motet (« stylus vetus »). Renvois aux cantates BWV 52/1 ; 38/1 ; 64/1 ; 68/5). Action de grâces. Le fait que la partition originale ne parait pas comporter de correction fait augurer d’un éventuel réemploi dans BWV 28, d’après le motet BWV 231 ».
GRISCHKAT: «…Cantus firmus au soprano entrant en dernier. Les trois parties vocales inférieures étayent chaque vers, tantôt en s’appuyant étroitement sur la mélodie du choral, tantôt en utilisant en fugue des motifs propres. L’orchestre au complet n’a pas de partie propre dans ce mouvement de motet ; il soutient les voix. Force expressive sur «Was ist in mir ; sur « Vergiß es nicht, O Herze mein ! ». Chromatisme sur « Hat dir dein Sünd ». Accord de ré majeur plein de grandeur mystique sur « Nimmt dich in seinem Schoß », l’ensemble dans une grande montée en un éclaircissement, vers la fin du choral. Elan de la basse aux mots « Verjüngt, dem Adler gleich » puis sur « Der Kön’g… par les pesantes blanches des trois voix inférieures su chœur et le soutien orchestral en puissantes noires, jusqu’à la dernière ligne « Die leidn in seinem Reich » où s’instaure sur l’entrée à cinq voix, un point d’orgue sur lequel l’ensemble de la masse sonore se fige…»
HIRSCH: « A la fin de la deuxième section (Choralchorsatz), le chiffre 174 expressément souligné par Bach lui-même sur la partition, n’est pas, selon toute probabilité un unique motif de satisfaction mais sans doute un symbole dont l’hermétisme n’a pas été violé (Hirsch, Carl de Nys). Le produit de 1 + 7 + 4 donne 12 qui peut passer pour la totalité des mois de l’année entière écoulée. Hirsch propose aussi « 29 Soli Deo Gloria que multiplie « 6 » [?] ou « 87 », l’équivalent du mot « Trost « que multiplie « 2 » = 174 [ ?]-
HOFMANN: « Le chœur… représente l’assemblée, avec la strophe du choral « Nun lob, mein Seel, den Herren » de Johann Gramann, 1530, sur une mélodie du 15e siècle. La composition de Bach rappelle encore une fois les vastes chorals du cycle inachevé des cantates-choral. Le mouvement reprend le type du motet dans le « style ancien (Stylus antiquus), suivant l’exemple de la technique» d’écriture polyphonique stricte du 16e et du début du 17e siècle. Le cantus firmus est au soprano alors que les trois autres voix du chœur tissent un entrelacement imitatif extrêmement inventif fait de thèmes tantôt libres tantôt dérivés de chacune des strophes du choral. L’orchestre procède à la manière d’un motet pour les voix et comme dans le choral final de la cantate BWV 68 est augmenté d’un quatuor fait d’un cornet à bouquin et de trois trombones qui, combinés avec le « style ancien », confèrent une allure archaïque au mouvement ».
NYS, Carl de [Mazamet 1979]: «…Comme nous ne possédons pas de manuscrit autographe du motet Anh. 160 « Jauchzet dem Herrn alle Welt », nous ignorons si l’arrangement présenté ce soir [Mazamet, 9 septembre 1979] est bien de Bach. Ce qui est certain, c’est que le premier et le troisième mouvement du motet sont de Telemann et que le deuxième figure comme numéro 2 dans la cantate BWV 28 que Bach écrivit pour le dimanche dans l’octave de Noël à Weimar [il semble que depuis ces lignes écrites en 1978, on ait avec A. Dürr pour le dimanche après Noël 1725, à Leipzig], avec un orchestre assez important doublant les voix : cornetto, trois trombones, deux hautbois, hautbois de chasse, cordes et basse continue de l’orgue . Cette mise en œuvre du choral de Johann Gramann est une admirable réussite ; la confrontation des styles de Bach et de son grand contemporain est excitante ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – La Formation des motifs, page 84]: « Motif chromatique ascendant ; au lieu de dépeindre l’affaissement dans le mal, la mélodie symbolise la rédemption, l’ascension ardue vers le bien…Dans la cantate BWV 28, quand [Bach] compose sur ces mots: « Le Seigneur t’a pardonné ta faute », il traduit de même l’idée de rémission » [+ Exemple musical, BG V, page 260. Hat der dein Sünd… », aux mesures 52-58].
REMY-RUESS: «…Le motet à quatre voix avec basse continue BWV 231 est proche (sauf le texte et l’instrumentation au second mouvement de la cantate BWV 28. On retrouve aussi ce chœur dans le motet Jauchzet dem Herrn alle Welt de Georg Philipp Telemann, où figure également un chœur de Gottlob Harrer (1703-1755), successeur de Bach comme Thomascantor. Nous avons affaire à un arrangement polyphonique du choral célèbre de Johann Gramann (1487-1541): Nun lob, meine Seele, den Herrn ; Bach traite la cinquième strophe du cantique. La cantate BWV 28, jouée pour la première fois le 30 décembre 1725 , en utilise, elle, la première strophe, dont les quatre parties sont doublées par le cornet, les trombones, les hautbois, le basson, les cordes et le continuo. Il est vraisemblable que la version en forme de motet servit pour une autre cérémonie. Son authenticité a été contestée ».
ROBERT: « …Bach se conformant en cela à la tradition, souligne fréquemment les mots de péché, de faute. Dans le chœur sur le choral de Kugelmann (Cantate 28, citée par P… [Pirro]… page 84 il est assez probable en effet que les dessins chromatiques ne viennent qu’à un endroit déterminé à cause des paroles « le Seigneur t’a pardonné ta faute » [un rare exemple ou Gustave Robert abandonnant sa réfutation quasi systématique, rejoint enfin une proposition d’André Pirro !]
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 201-202]: « Vient un chœur-motet sur « Nun lob meine Seel, den Herren » dans lequel les instruments renforcent heureusement les voix. A la fin de ce mouvement Bach a écrit « 174 »… mesures ! »
WHITTAKER: «…Pathétique intervalle de quarte diminuée sur « dein Sgroß », fa dièse, si bécarre ».
WIJNEN: «…Riche motet sur le thème choral « Nun lob mein Seel, den Herren » accompagné des trombones soulignant chaque ligne et surtout les infinies variations que Bach leur fait subir ».
ZWANG: «…Le choral n°2 avait été publié à part, sans raison valable, par les éditions Breitkopf, comme motet a capella sur un texte différent (Sei lob und Preis mit Ehren) ; BWV Sup. 160, avec un double chœur de Telemann (Jauchzet dem Herrn alle Welt) et un chœur conclusif de J.G Harrer (Amen, Lob und Ehre) ».

[Voir le chœur (motet a capella) BWV 231 « Sei Lob und Preis mit Ehren » (avec le double choeur de Telemann) dont c’était la 5e strophe du cantique de Gramann utilisée ici dans BWV 28].

3] REZITATIV (Arioso). BAß. BWV 28/3

SO SPRICHT DER HERR : ES SOLL MIR EINE LUST SEIN, DAß ICH IHNEN GUTES TUN SOLL, UND ICH WILL SIE IN DIESEM LANDE PFLANZEN TREULICH, VON GANZEM HERZEN UND VON GANZER SEELE.
Ainsi parle le Seigneur: « Ce sera avec plaisir que le leur ferai du bien et je veux les installer solidement dans ce pays, de tout mon cœur et de toute mon âme.

Mi mineur (e) - mi mineur (e), 26 mesures, C
BG Jg. V1. Page 266. Recitativo. Marqué: « Arioso ma un poco allegro ». Basso. / Continuo.
NEUMANN. Arioso. Basso (en trois parties), Cont.
SCHMIEDER. Basso, continuo

BASSO [volume 2, pages 412-413]: «…Arioso, ma non poco allegro », dit l’indication d’origine… il est à noter que le mouvement « arioso » est précédé d’une très brève intervention en récitatif secco sur les mots « So spricht der Herr - Ainsi parle le Seigneur »…. que Bach caractérise dans le style approprié à la vox Christi ».
BOMBA: «…La basse représente la « Vox Christi » - la parole écrite est rapportée sous la forme d’un arioso ».
DÜRR: «...Récitatif (secco) sur « So spricht der Herr » = « Vox Christi ». Affirmation « arioso » avec force sur « Es soll mir eine Lust sein… Expression des actions de grâces au cours de l’année révolue (rétrospectives et perspectives). Verset tiré de la Bible, ici « Jérémie » en position centrale. L’arioso est composé comme un mouvement de continuo ».
HIRSCH: Les 26 mesures de la 3e section peuvent correspondre à la moitié de 52, donc d’une année, l’axe de la cantate ; son centre symbolique en quelque sorte constitué par la citation biblique de Jérémie. 26 mesures, c’est aussi (I. N. D = In Nomine Domini).
HOFMANN: « Dans l’arioso de basse […] d’après Jérémie 32, 41, le regard change de direction et se porte sur l’année à venir ».

4] REZITATIV TENOR. BWV 28/4

GOTT IST EIN QUELL, WO LAUTER GÜTE FLEUßT. / GOTT IST EIN LICHT, WO LAUTER GNADE SCHEINET. / GOTT IST EIN SCHATZ, DER LAUTER SEGEN HEIßT. / GOTT IST EIN HERR, DER’S TREU UND HERZLICH MEINET. / WER IHN IM GLAUBEN LIEBT, IN LIEBE KINDLICH EHRT, / SEIN WORT VON HERZEN HÖRT / UND SICH VON BÖSEN WEGEN KEHRT, / DEM GIBT ER SICH MIT ALLEN GABEN. / WER GOTT HAT, DER MUß ALLES HABEN.
Dieu est une source d’où se déverse tant de bonté ; / Dieu est une lumière de laquelle luit tant de grâces ; / Dieu est un trésor qui présage tant de bienfaits / Dieu est un Seigneur qui est fidèle et affectueux. / Celui qui l’aime dans la foi, qui l’honore comme un enfant, / Qui écoute sa parole par le cœur / Et qui se détourne du mauvais chemin / Il se donne à lui avec toutes ses richesses. / Celui qui a Dieu, a tout.

Sol majeur (G) ut majeur (C) 13 mesures, C
BG Jg. V1. Pages 267-268. Recitativo. Violino I. / Violino. II / Viola. / Tenore. / Continuo.
NEUMANN. Cordes, B.c. Ténor
SCHMIEDER. Ten. ; Viol. I, II, Vla., Cont.

BOMBA: «…Les sons brillants des cordes enveloppent le récitatif qui énonce les différentes qualités de Dieu ».
DÜRR: «…Dissonance classique sur « Bösen Wegen » (mauvais chemins). »
HIRSCH: «...Saut de 7e sur « alles »
WIJNEN: «…Les mots « tant de bonté, tant de grâces, tant de bienfaits » se trouvent soulignés comme pour insister sur l’infinité des dons divins…»

5] ARIE. DUETT, ALT, TENOR. BWV 28/5

GOTT HAT UNS IM HEURIGEN JAHRE GESEGNET, / DAß WOHLTUN UND WOHLSEIN EINANDER BEGEGNET. / WIR LOBEN IHN HERZLICH UND BITTEN DARNEBEN, / ER WOLL AUCH EIN GLÜCKLICHES NEUES JAHR GEBEN. / WIR HOFFENS VON SEINER BEHARRLICHEN GÜTE / UND PREISENS IM VORAUS MIT DANKBARM GEMÜTE
Dieu nous a bénis cette année / En réunissant la prospérité et le bien-être. / Nous le glorifions de tout notre cœur et le prions / De nous donner une nouvelle année de bonheur. / Nous espérons l’obtenir de par son imperturbable bonté / Et nous le louons dès maintenant avec reconnaissance.

Ut majeur (C ), 66 mesures, 6/8 (forme de la gigue)
BG Jg. V1. Pages 268-271. Duetto. Alto. / Tenore. / Continuo.
NEUMANN. Forme tripartite (trio Sonate). Alto, Ténor ; Forme tripartite. Continuo en forme d’ostinato
SCHMIEDER. Alt, Ten., Cont.

BASSO [volume 2, page 413]: «…Duo soutenu par le seul continuo et divisé en trois section ».
BOMBA: «…Les deux voix chantées trouvent toujours un nouveau chemin pour s’adonner au dialogue qui passe de la forme d’une opposition contrapuntique à celle d’une communion renforcée ».
DÜRR: «…duo accompagné en continuo de style polyphonique, selon le modèle italien
HIRSCH: Persistance du chiffre 14 (Bach), le thème principal revient à 14 reprises aux mesures 1, 7, 8, 10, 17, 23, 28, 30, 33, 41, 47, 49, 54 et 60
HOFMANN: « Le duo d’alto et de ténor […] constitue le centre de cette partie de la cantate… A la manière d’un duo de chambre italien, les voix sont traitées en imitation dans les sections isolées et s’unissent dans la cadence conclusive. Une ritournelle caractéristique au continuo forme le prélude, le postlude et les interludes et revient dans les parties vocales sous la forme d’une basse obstinée libre ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Les Mélodies simultanées, page 128]: «…Bach transpose en musique le verbe « se rencontrer – wohltun » dans la cantate, Bach se sert d’un procédé dont la valeur symbolique demeure cachée à quiconque est incapable de reconnaître ce qu’on appelle en contrepoint, un mouvement contraire et un croisement des parties. Venus de deux points opposés, le ténor et l’alto se rejoignent sur la même note, la dépassent en sens contraire, y reviennent encore, et enfin se séparent. Pour distinguer ce va et vient et ces rencontres, il faut savoir écouter, démêler ce qu’on entend. Sinon, la figure passe inaperçue ». Renvoi à BWV 182/5.
[Le Commentaire de l’accompagnement instrumental, page 158] : « Arpèges rayonnants de la basse continue ».
WIJNEN: «…coloratures sur les mots « gesegnet – bénir » et « begegnet – rejoindre ».
[Quiétude des cœurs purifiés et bénis. Coloratures sur « Begegnet - se rejoignent illustrées par un mouvement ascendant et descendant des parties « Alto et ténor », se rejoignant sur la même note aux mesures 20 et 22.].

6] CHORAL. BWV 28/6

ALL SOLCH DEIN GÜT WIR PREISEN, / VATER INS HIMMELS THRON, // DIE DU UNS TUST BEWEISEN / DURCH CHRISTUM, DEINEN SOHN, // UND BITTEN FERNER DICH: / GIB UNS EIN FRIEDSAM JAHRE [Wustmann: variantes sur Ost.: ein friedlichs (ou Friedlich) Jahre/ ou Gib Fried im neuen Jahre], / FÜR [Wustmann: „Vor allem“] ALLEM LEID BEWAHRE /// UND NÄHR UNS MILDIGLICH.
Nous te louons de ta grande bonté, / Ô Père sur ton trône au ciel, / Dont tu nous fais preuve / Par le Christ ton Fils, / Et nous te demandons encore ; / Accorde-nous une année paisible, / Garde-nous de toutes les peines / Et donne-nous une douce nourriture.
- Texte de la 6e et dernière strophe du cantique Helft mir Gotts Güte preisen (EKG 37/6) de Paul Eber 1511-1569.

La mineur (a), 19 mesures, C

BG Jg. V1. Page 272. Choral. Soprano. Oboe I. Violino I. Cornetto col Soprano. / Alto. Oboe II. Violino II. Trombone I. coll ‘Alto. / Tenore. Taille. Viola. Trombone II. Col Tenore. / Basso. / Continuo e Trombone III.
NEUMANN. Simple choral harmonisé à quatre voix avec l’ensemble instrumental.
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Cont. (Cornetto, Ob. I, Viol. I col Sopr. ; Tromb. I, Ob. II, Viol. II coll’ Alto ; Tromb. II, Taille, Vla. Col Ten., Tromb. III col Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 413]: «…Le même texte du choral [Eber, vers 1580] et une harmonisation différente de la mélodie se trouve dans la cantate BWV 16/6 ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 147-148]: « Choral harmonisé sur mélodie [MdC] 038 ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 179-181]: Incipit assez voisin de « Von Gott will ich lassen [retrouvé dans BWV 11/11, 73/5, 107/1 et 186a/6]. Mélodie de choral [MdC 038] de type I. Harmonisation colla parte avec un grand renfort de cornet et de trois trombones qui ont été utilisés eux aussi colla parte dans le grand chœur-motet n° 2
CHAILLEY: « Le cantique Helf mir Gottes Güte preisen dans l’Orgelbüchlein (n° 15) BWV 613 forme avec le BWV 614 [Das Alte Jahr vergangen ist] le cycle de la nouvelle année de l’Orgelbüchlein ».
DÜRR: «…Retour à la tonalité initiale de la mineur ».
HOFMANN: « Bach conclut le cycle de cantate de l’année 1725 par une strophe de chorale (Paul Eber, 1580) sur une mélodie de Wolfgang Figulus, 1575) exprimé sobrement ».
WUSTMANN: «…quelques variantes du texte signalées « Gib Fried im neuen Jahre ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 28

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BRAATZ, Thomas. Provenance (source), 1er janvier 2008
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ORON, Aryeh: Discussions 1] 29 décembre 2002 – 2] 6 août 2007 – Prévision: 5 juillet 2010
Texte du choral Helft mir Gotts Güte preisen
Texte du choral Nun lob, mein Seel, den Herren
Mélodie du choral Helft mir Gotts Güte preisen

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SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, pages 433, 445, 695
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WIJNEN, Dingeman: Notice (sur CD) de l‘enregistrement de P. J. Leusink. 2006
WUSTMANN, Rudolf.: J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 30/31
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982 ZK 135, pages 219-220
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 28

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (14’05). Harnoncourt (15’51). Koopman (12’05). Leusink (15’38). Richter (15’32). Rilling (16’48). Suzuki (13’16). Werner (16’59).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il a été possible, par [CR, janvier 2009]
9 références (septembre 2002 – mai 2008) + 2 mouvements individuels (sept. 2002 – mai 2007)
Exemples musicaux par Aryeh Oron (& The Bach Chorales)

7] GARDINER, John Eliot [Vol. 16]. Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists
Bach Cantata Pilgrimage. Église saint Barthélemy. New York 31 décembre 2000
CD SDG 137 (F = 10/2007)
3] GRISCHKAT, Hans. Stuttgater Bach Orchester. Schwäbischer Singkreis. Mai 1972
Disque FSM / Candide - HMU 1113 (parution 1974)
Disque CORONA 30050 (RFA). Avec BWV 153
4] HARNONCOURT. Wiener Sängerknaben – Chorus Viennensis (direction Hans Gillesberger). Concentus Musicus Wien. 1974
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 8] SKW 8/1 1-2 BR 2. 1974. Tel 6. 35034. Vers 1974. Avec BWV 29 et 30
CD (D). Teldec 91756-2 Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 2. Avec les cantates BWV 20 à 36
CD. Teldec 8 350034 ZL 242504-2. (F = 1985). Das Kantatenwerk [Vol. 8]
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 2006 (volume 9). 8573-81207-5. Avec BWV 26 et 27
8] KOOPMAN [Vol. 15]. Amsterdam Baroque orchestra & Choir. Mars 2001
CD Antoine Marchand. Challenge (F = avril 2004). Avec les cantates BWV 110 et 146
6] LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Bach Edition. Printemps 2000
CD Brilliant Classics. Bach Edition 2000. Vol. 19. Cantatas, volume 10
Reprise CD Bach Edition. Brilliant Classics 2006. IV 93102. 16-92. Avec les cantates BWV 146, 28, 48
2] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Juin - juillet 1970 et 1971
Disque. Bach Cantatas, vol. 1 Advent and Christmas. Archiv Produktion 2722 005
Coffret de 6 disques (F = novembre, décembre 1972. Avec BWV 65, 82, 124, 121, 111, 61, 132, 13, 58, 171, 64
CD Archiv Produktion Vol. I /2 439371-2. 1993. Avec BWV 121, 64, 171
5] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Novembre 1981 et février 1982
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98729. Avec BWV 57. 1982
CD. Die Bach Kantate [Vol. 65]. Hänssler Classic. Laudate. Nr. 98827. 1992. Avec BWV
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 9]. Hänssler-Verlag 92.009. 1999. Avec BWV 27, 29
9] SUZUKI [Volume 39]. Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women’s University Chapel. Japan. Février 2007
CD BIS-SACD 1641. (F = juin 2008). Avec BWV 175, 68, 183, 85
1] WERNER, Fritz. [Vol. 21]. Heinrich Schütz-Chor Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Vers 1965
Disque Erato STU 70285. [Les Grandes Cantates]. Avec la cantate BWV 119
Reprise au disque (coffret Erato) avec les cantates BWV 140, 119, 90, 147, 85, 28
Reprise en CD Warner Classics / Erato 2564 61401-2. 2004

MOUVEMENTS INDIVIDUELS
M-1. Mvt. 2] Jam Valkestijn. Chœur de garçon de la cathédrale Saint Bavon. Haarlem (H). Disque MS SP 152. 1975
M-2. Mvt. 6] Rolf Schweizer. Bachorchester & Motetten Choir Pforzheim. CD Mediaphon. Juin 1990
RILLING, Helmuth. Orgelchoräle und Choralsätze zu Advent und Weihnachten. Orgelbüchlein, n°15 (BWV 613). Première et dernière strophe du cantique d’Eber. Helmuth Rilling, Orgel. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart
Disque Bärenreiter 1965 et report CD Cantate - Musicaphon C 57607. 1984

 

ANNEXE BWV 28
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952

Volume I, page 433:
« Cantates du temps de Leipzig 1724-1737. Dimanche après Noël. C’est la dernière des cantates que nous mentionnons parmi celles composées sur des textes de Neumeister [Note 463 renvoyant au volume 1, page 487] et aussi en considération d’un chœur qui est parmi les meilleurs. Ce chœur bien qu’en n° 2 est aussi important que le superbe air de soprano [1] le revendique, car tout ce qui vient après sombre dans l’insignifiance. Bach a entrepris la composition du chœur avant le reste de l’œuvre, l’a esquissé séparément car, dans la partition complète qui a toute l’apparence d’une « copie au net », on ne voit aucune correction. Au terme de ce très important travail, le maître lui-même regarde en arrière avec fierté et, comptant les « 174 » mesures, le note à la fin. C’est un choral dans le chœur sur « Nun lob mein Seel den Herren » façon motet, pour autant que les instruments – cordes, trois hautbois, cornet et trois trombones- accompagnent les voix avec seulement la basse figurée, jouissant, elle, d’une ligne indépendante. Le type est celui d’un choral pour orgue de Pachelbel élaboré au plus haut degré qui soit possible mais sans les limites de la forme du motet. En particulier, nous pouvons noter, comme dérivée de cette forme, la réalisation musicale pittoresque de chaque ligne des versets par l’utilisation de contrepoint exprimant le pardon de « nous » « misérables pécheurs » avec de vifs passages chromatiques… Bach par la suite écrira d’autres œuvres dans ce registre ; elles sont dignes de ce « premier-né- mais aucune ne le dépasse ».
Volume II, page 445: « Bach était souvent pressé dans la rédaction des récitatifs et des ariosos ; nous pouvons en trouver un exemple significatif dans l’arioso de la cantate « Gottlob, nun geth das Jahr zu Ende » [Note 482 renvoyant à BG, V, page 266]. Ici il écrivait les mots sous une portée complète et sans répétition. Quand cela était fait mais n’était pas suffisamment clair comme cela aurait du l’être, il biffait et soulignait les paroles, ajoutait des repères jusqu’à ce que le texte soit ajusté à la musique ».

Volume II, Appendix, note 41 page 695:
« Le filigrane au bouclier et aux deux épées entrecroisées. …Ce type de papier est très courant à l’époque [première moitié du 18e siècle, tout au moins en Saxe] et il apparaît durant la plupart des périodes de la vie de Bach. Si la forme bien connue de ce bouclier saxon peut varier considérablement, s’il n’est pas vraiment identique, cela n’a pas d’importance. Ce « filigrane » apparaît sur les manuscrits dès l’époque de Cöthen, comme –par exemple- dans la Partita en si bémol, puis dans la Passion selon Saint-Jean, à nouveau dans la cantate Gott, wie deine Name [BWV 171] écrite pour le Nouvel An 1729 ainsi que dans les révisions autographe de Vergnügte Pleissenstadt (BWV 216) écrite en 1728 ; en partie dans la Passion selon Saint-Luc, dans les cantates BWV 103 et 43 de 1735 ainsi que dans le rapport remis le 12 août 1736 par Bach au Conseil de la ville de Leipzig, pendant la querelle avec Ernesti,. Mais ceci n’exclut pas la possibilité que Bach ait utilisé ce papier, avec le même filigrane, au début de son établissement à Leipzig, mais d’autre part, rien ne permet d’assurer qu’il le fit….les cantates qui possèdent ce filigrane et sans date de leur composition sont… BWV 28, 110, 32… »

 

Contributed by Claude Role (January 2009)

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Last update: ýFebruary 10, 2009 ý17:21:33