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C. Role. Août 2011
Cantate BWV 27
WER WEIß, WIE NAHE MIR MEIN ENDE
Qui sait combien ma fin est proche ?
KANTATE ZUM 16. SONNTAG NACH TRINITATIS

Cantate pour le 16e dimanche après la Trinité
Leipzig, 6 octobre 1726
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré »  élargi  de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » signalées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
 
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable. DATATION BWV 27

Leipzig, 6 octobre 1726.
DÜRR. Chronologie. 1726. BWV 17 (22 septembre) – BWV 19 (29 septembre) - *BWV 27 (6 octobre) – BWV 47 (13 octobre) – BWV 169 (20 octobre) – BWV 56 (27 octobre).
HERZ : 1726. Ancienne date : 1731. Cantate peut-être à nouveau exécutée en 1737 (?) Voir aussi Alberto Basso.
HIRSCH. CN 157 (CN = Die chronologisch Nummer – numérotation chronologique). Leipzig. III. Jahrgang. Fragment d’un cycle incomplet de cantates dans une période allant du 2 décembre 1725 au 24 novembre 1726.
PIRRO : on peut dater sans doute de 1731-1732.
SCHMIEDER (d’après Spitta) : 1731. SCHWEITZER : Les cantates de 1728 à 1734.


SOURCES BWV 27 

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage pas toujours aisé pour le lecteur français. Une quinzaine de références.
L‘adresse est : (http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html). 5/6 références.

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR

Mus. ms Bach P 164 T. (BB/SPK). Berlin/West Staatsbibliothek Preußicher Kulturbesitz. Ex Berlin-Ouest.
Référence gwdg.de/Bach = DB [Staatsbibliothek zu Berlin] Mus.ms Bach P 164. Titre à la couverture de C. Ph. E. Bach.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre : « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
BGA (Wihlelm Rust, 1855). Partition originale et parties séparées originales sous couverture sur laquelle Bach a écrit : « Dominica 16 post Trinitatis, | Wer weiss, wie nahe mir mein Ende ; | a Corno, 4 Voci, 2 Hautbois, 2 Violini, Viola, Organo obligato e Continuo di J.S. Bach. » Violon I et II et Continuo en double et trois autres doubles de ces parties à la Singakademie de Berlin.
BRAATZ [BCW Provenance, 20 septembre 2002] : « A la mort de Bach la partition entra en possession de Carl Philipp Emmanuel [son fils]. De là, elle fut à la Bibliothèque de la Singakademie de Berlin. En 1855 elle fut vendue à la Bibliothèque Royale de Berlin. Le titre original de la main de Bach est manquant… en haut de la première page de la partition, Bach écrivit : J.J. Concerto Doïca 16 post Trinit. Sous le choral [n° 6] : Fine SDG.
HERZ : Filigranes „GM“ et „ICF“ (tête couronnée avec au-dessus deux branches (de laurier).
SCHMIEDER : 9 feuilles (17 pages de musique), in 4°.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 105 M. Berlin Staatsbibliothek Preußicher Kulturbesitz. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem. (BB SPK).
Référence gwdg.de/Bach : DB [Staatsbibliothek zu Berlin] Mus.ms Bach St 105. Faszikel 1 (2 et 3). Copistes : Ch. G Meißner ; J. H. Bach, J. S. Bach. Anonymes classés IIIj, IIIb ; Iie ; IIf ; IIIh ; IIIc. + deux copistes inconnus. Première moitié du 18e siècle.

BRAATZ [BCW Provenance, 20 septembre 2002] : « Outre les parties séparées originales « révisées par C. Ph. E. Bach et conservées avec la partition autographe, d’autres parties séparées parvinrent à la Bibliothèque Royale de Berlin via la Singakademie, issues de la collection de manuscrits de von Voß (Carl Otto Friedrich von, 1786 † 1864). Dix copistes demeurés anonymes furent employés dans la confection des parties séparées… Bach en fit la révision, les corrigeât mais n’acheva pas la basse chiffrée. Il n’en eut probablement pas le temps…»
SCHMIEDER : 16 parties séparées, in 4°. Une partie [?] en possession de la Berliner Singakademie.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BGA. Jg.V1. 5e année. Pages 219 à 244. Préface de Wihlelm Rust (1855). Cantates BWV 21 à 30 + Anh. 30a.
[La partition Breitkopf / BGA est dans l’enregistrement Das Kantatenwerk / Harnoncourt, volume 7. 1973].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 23. KANTATEN ZUM 16 UND 17 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5054. 1982. 6 Fac-similés.
BWV 27. Pages 221 à 252. Bl. 4r (getunden als Bl. 3r) der autograph Partitur (Berlin/West Staatsbibliothek Preußicher Kulturbesitz : Mus. ms Bach P 164. Satz 2 und geliger Entwurf zum Beginn des satzes 3.
Avec les cantates BWV 161, 95, 8, 148, 114, 47 et Anh. 47/2.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5054 41. 1984. Helmuth Osthoff  1982-1984.

BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/23 Net www. Bach-Institut.de
KB: Helmuth Osthoff et Rufus Hallmark. 1982-1984.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 9 | TP 1289. 2007.
Serie I. Band 23. Kantaten zum 16 und 17 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Helmuth Osthoff.
Faksimile BWV 161, 8, 47, 27.
BWV 27. Pages 221 à 252. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1982.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2877. Réduction chant et piano = EB 7027. Partition du chœur = ChB 274 et 1985 (en français). Révision de Max Seiffert, instruments, clavecin et orgue) = OB 1993.
2011. Partition (28 pages) = PB 4527. Réduction chant et piano (44 pages) = EB 7020. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4527.
Parties séparées (Orgue, violons I, II, viola, violoncelle/contrebasse, vents = OB 4527.
CARUS. Die Kantate. Partition (Hans Grischkat, 44 pages) = CV 31.027/00. Réduction pour chant et piano = CV 31.027/03. Partition du chœur = CV 31.027/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = CV 31.027/09. Oboe I, II, III = CV 31.027/21 à 23 – Cor = CV 31.027/31.
Parties séparées (violons I, II, viola, basse continue) = CV 31.027/11 à 14. Orgue = CV 31.027/49.
EULENBURG. Taschenpartitur = Partition de poche.
HÄNSSLER. Partition de poche. Notice de Hans Grischkat, 1958.
KALMUS STUDY SCORES. N° 812. Volume VIII. New York 1968. Cantates BWV 27 à 29.
PETERS : Réduction chant et piano.


PÉRICOPE BWV 27

16e dimanche après la Trinité.
Épître : Éphésiens 3, 13 à 21 [PBJ. 1728]. Paul prie pour l’affermissement de la foi dans la communauté d’Éphèse.
Évangile : Luc 7, 11 à 17 [PBJ. 1546]. Résurrection du fils de la veuve de Naïm.

MISSEL ROMAIN. A partir du 16e dimanche [PBJ. 989]. Lecture de Saint-Paul : «Tout ce que nous avons à souffrir doit se convertir en gloire éternelle. Au fur et à mesure que l’homme -extérieur- va vers la tombe, l’homme –intérieur- doit se renouveler et s’épanouir dans l’Esprit du Christ, dans la Foi, l’Espérance et la Charité ».
XVe dimanche, dans saint Luc : « Nous sommes les ressuscités que le Christ rend à notre mère. Mais les larmes maternelles de l’Église coulent toujours pour implorer la résurrection spirituelle de ceux qui sont retombés dans le péché. Pour tous, l’Église prie comme une veuve qui prie pour son fils unique (Naïm). A tous les hommes s'adresse l'ordre du Seigneur "Lève-toi" car il s'agit de ne jamais abandonner l'effort de l'imitation du Christ. Il faut progresser et monter toujours plus haut dans la vie de l'Esprit qui est en nous, afin de pouvoir chanter le cantique nouveau à la louange de la bonté de Dieu ».

Les lectures bibliques attachées à ce dimanche sont les suivantes, sous réserve des dispositions du culte luthérien d'époque. Au fur et à mesure que l'homme extérieur s'en va vers la tombe, l'homme intérieur doit se renouveler et s'épanouir dans l'esprit du Christ. Le Christ "Maître de la mort et de la vie" est évoqué, particulièrement dans la 6e section, avec une allusion claire à l'Évangile du jour (Luc 7. 11 à 17): la résurrection du fils de la veuve de Naïm.

EKG. 16 Sonntag nach Trinitatis (16e dimanche après la Trinité).
Entrée : Timothée I, 10 [PBJ. 1754] : « Cette grâce a été maintenant manifestée par l'apparition de notre Sauveur le Christ Jésus qui a détruit la mort et fait resplendir la vie et l'immortalité par le moyen de l'Evangile ».
Psaume 102 [PBJ. 896]. Verset 4 : « Car mes jours s s'en vont en fumée ». Dans la cantate : « mes jours ne cessent de s'enfuir ».
Verset 12 : « Mes jours sont comme l'ombre qui décline ». Dans la cantate: « « Mon corps décline chaque jour ».
Verset 25 : « Fais-moi savoir mon peu de jour ». Dans la cantate : « O mon Dieu, quand donc viendra ma dernière heure ? »
Lied 280 : « Was mein Gott will, das gecheh allzeit ».
Epître : 3. Eph. 3,13 à 21 [PBJ. 1728]. Verset 13 : « Ainsi, je vous en prie, ne vous laissez pas abattre par les épreuves que j'endure pour vous; elles sont votre gloire ! » Versets 14 à 21 La prière de Paul : « En présence du Père de toute paternité, au ciel et sur terre, tire son nom… pour que se fortifie en vous l'homme intérieur, que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l'amour… et vous entrerez par votre plénitude dans toute la Plénitude de Dieu ».
Évangile : Luc 7, 11 à 17 [PBJ. 1546]. Résurrection du fils de la veuve de Naïm.

[Même occurrence avec les cantates BWV 161 (6 octobre 1715), BWV 95 (12 septembre 1723) et BWV 8 (24 septembre 1724).

BOYER [page 333] : «…BWV 27 fait partie des cantates funèbres (cantates BWV 8, 95 et 161) qui paraphrasent l’Évangile de Luc 7, 11 à 17 relatant la résurrection du fis de la veuve de Naïm ».
NYS, Carl de : «…En ce seizième dimanche après la Trinité la liturgie prévoyait deux lectures : un passage de la Lettre de Paul aux chrétiens d’Éphèse 3, 13 à 21 et le récit de Luc de la résurrection du fils de la veuve de Naïm 7, 11 à 17, le texte de la lettre confirmant en quelque sorte le récit évangélique, puisqu’il y est question de la foi et de la confortation de la foi ».


TEXTE BWV 27

Mouvements 2 à 5 d’un auteur inconnu.
1] Texte de la première strophe du cantique Wer weiß, wie nahe mir mein Ende (12 strophes de 6 vers chacune) de Ämilie Juliane von Schwarzburg Rudolstadt (1695).
Renvoi au psaume 90 [PBJ. 887]. Fragilité de l’homme, et à l’Épître aux Éphésiens 3, 13 à 21 [PBJ. 1728]. Paul, ministre du Mystère du Christ ; enfin à Luc 7, 11 à 17 [PBJ. 1546-1547] : Résurrection du fils de la veuve de Naïn]. On retrouve la strophe 12 dans la cantate BWV 44/5 et à nouveau la première strophe dans la cantate BWV 166/6.
Renvoi à EKG 298.
La mélodie est celle du célèbre choral « Wer nur den lieben Gott läßt walten ». Cette mélodie de Georg Neumark, Kiel 1642, publication en 1657 [James Lyon = Mélodie 182, DKL I/1 165719.] est dans les cantates BWV 21/9, 84/5, 88/7. BWV 93/1/2/4/5/7 (du titre du cantique), BWV 166/6, 179/6 et 197/10. Renvoi aux choral BWV 642 (Orgelbüchlein), BWV 647 (Chorals Schübler) et choral BWV 690.
Renvoi [BCW] aux autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : Georg Böhm. Georg Friedrich Kauffmann. Georg Philipp Telemann (Cantate Wer nur den lieben Gott läßt walten Twv 1 :1593). Johann Ludwig Krebs. Gottfried August Homilius… et Félix Mendelssohn avec sa cantate de 1829 Wer nur den lieben Gott läß walten, etc.
3] D’après le 1er cycle de cantates de Neumeister (Werner Neumann).
6] Première strophe du cantique (1649) sur la mort, Welt, ade, ich bin dein müde de Johann Rosenmüller (1619-1684), texte parfois attribué (Werner Neumann) à Johann Georg Albinus (1624-1679).
La mélodie, du même auteur paraît dans le recueil de Gottfried Vopelius édité à Leipzig en1682. Même texte et mélodie dans la cantate BWV 158/2. La mélodie seule dans la cantate BWV 162/6.

BASSO [Jean-Sébastien Bach. Tome 2, pages 407/408] : «…Erdmann Neumeister est l’auteur du texte de la cantate BWV 28 et peut-être également de BWV 27…»
BOMBA : «…contenu dont la teneur est très difficile à comprendre de nos jours. C’est une contemplation de la mort…»
BOYD, Malcolm : «…Le texte anonyme, qui exprime le joyeux consentement du luthérien devant la mort, prend pour point de départ la lecture de l’Évangile prescrit ce jour-là (Luc 7, 11 à 17) relatant le miracle accompli par Jésus ressuscitant le fils de la veuve, à Naïm ».
MAHLING : « Le texte [libre] de la cantate pourrait avoir été écrit par Bach lui-même ».
NYS, Carl de : «…Dans la cantate BWV 27, on ne peut pas ne pas être frappé par l’actualité du livret dû à un auteur anonyme ; la résurrection du fils de la veuve de Naïm est en effet l’occasion de ramener la pensée de l’assemblée à la mort, véritable but du cheminement terrestre, et qu’une civilisation exclusivement orientée vers un progrès technique et une plus grande consommation, cherche à évacuer par tous les moyens ».
PLATEN [BJ. 1975, pages 51, 56] : A propos du choral tiré du Neu Leipziger Gesangbuch (1682) de Vopelius : « Bach a effectué des modifications concernant la technique de composition…. au livre de cantiques de Vopelius est dû, tout au contraire de l’opinion que l’on avait eue jusqu’ici, une grande importance comme source pour la transmission des créations musicales de Bach. La méthode d’arranger ou de remanier des compositions étrangères s’applique également aux chorals simples de Bach, et cela dans une mesure beaucoup plus large qu’on ne le supposait jusqu’à présent. Il n’est pas exclu que d’autres compositions soient trouvées qui, elles aussi, représentent des remaniements de modèles donnés ».
SCHMIEDER : Renvoi à BWV Anh. 170. Choral à 5 voix : « Welt, ade, ich bin deine müde », de Johann Rosenmüller. Gottfried Vopelius : Neuem Leipziger Gesangbuch (1682), page 947.
 

GÉNÉRALITÉS BWV 27

BLANKENBURG : «…la cantate… s’appuie certes sur la première strophe d’un cantique de la comtesse Ämilie Juliane von Schwarzburg-Rudolstadt mais peut difficilement être qualifiée de cantate chorale car les sections madrigalesques, d’origine inconnue, ne se rapportent que vaguement au contenu du cantique, auquel le choral conclusif n’est pas non plus emprunté ».
BOYER [page 56] : « …Par trois fois Bach a emprunté directement des chorals harmonisés à des recueils contemporains : BWV 43/11, BWV 8/6 (choral de Daniel Vetter, Leipzig 1713) et BWV 27/6 (Gesangbuch de Vopelius 1682) ».
LEMAÎTRE : « L’œuvre s’inspire de l’esprit de la cantate BWV 8… Il s’agit d’une réflexion sur la mort considérée » comme point de départ d’une nouvelle vie [thème récurrent dans l’œuvre de Bach. Voir ci après Carl de Nys et « la mort bienheureuse »].
LYON, James : Gottfried Vopelius (Herwigsdorf, Zittau, 28 janvier 1645. Leipzig, 3 février 1715, éditeur de musique et Kantor allemand… nommé le 3 juillet 1671, collaborateur ultimus à la Nikolaischule. Le 31 mars 1677, Vopelius accédait à la charge de Kantor de la Nikolaikirche [en quelque sorte un prédécesseur de Bach !]
NYS, Carl de : «…Mort et résurrection, ce thème fondamental du message évangélique est aussi un thème fondamental de la musique de Bach. On ne peut pas ne pas être frappé aujourd’hui de constater que le centre de gravité musical de l’œuvre de Bach se situe dans ce message essentiel dont l’apôtre Paul a dit que sans lui « notre foi est vaine ». Le fait est d’autant plus remarquable que les orientations de l’église réformée en cette première moitié du XVIIIe siècle, tout comme celles de la tradition romaine d’ailleurs, n’allaient guère en ce sens ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach | "Le musicien-poète", pages 190/191] : « Comme il se trouvait que le positif [de Saint-Thomas] avait des registres de première beauté, Bach songea à l’employer comme orgue solo et l’idée lui vint d’écrire des cantates pour orgue obligé ; il prenait plaisir à conduire l’orchestre, le chœur, l’orgue d’accompagnement et les solistes tout ensemble, en tenant le rôle principal sur son petit orgue. Et cependant, à les voir de près, ces cantates -nous en possédons huit [Schweitzer n’en propose en fait que sept] : les cantates BWV 188, 172, 35, 169, 49, 29 et 27] offrent moins d‘intérêt que lon croirait au premier abord. C‘est en vain qu‘on y cherche les beaux effets d‘orgue où se reconnaîtrait le Bach des grands préludes; c‘est en vain qu‘on y cherche des effets qui résulteraient d‘un contraste entre l‘individualité de l‘orgue et de celle de l‘orchestre : rien de tout cela. Ces cantates, et surtout les grandes Sinfonies qui leur servent d‘ouverture, sont quelque peu monotones; elles n‘ont ni le charme ni l‘intérêt que présentent, par exemple, les concertos pour orchestre de Haendel… La partie d‘orgue n‘est qu‘à deux voix, ou plus certainement à une voix, puisque la basse de l‘orgue marche toujours avec celle de l‘orchestre. Somme toute, l‘orgue obligé ne remplit que le rôle d‘une grande flûte au son puissant“.


DISTRIBUTION BWV 27

NEUMANN. Solo ; Sopran, Alt, Tenor Baß. – Chor. Horn (nur 1 et 6), Oboe I, II, Oboe da caccia ; obligate Orgel ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe I, II; Oboe da caccia; Corno; Organo obligato; Viol. I, II; Vla.; Continuo.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Tome 2, page 409] : « Dans six cantates, l’orgue figure en tant qu’instrument obligé : BWV 146, 170, 35, 27, 169 et 49 ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach | "Le musicien-poète", pages 190/191] : « Dans cette cantate pour alto solo, se trouve un air accompagné par un orgue à deux claviers ; Bach a donc exécuté la partie d’orgue sur le grand orgue et, non sur le clavier du Positif ».


APERÇU BWV 27

1] CHORALCHORSATZ + REZITATIV SOPRAN, ALT, TENOR. BWV 27/1
WER WEIß, WIE NAHE MIR MEIN ENDE ?
Sopran : DAS WEIß DER LIEBE GOTT ALLEIN, / OB MEINE WALLFAHRT AUF DER ERDEN / KURZ ODER LÄNGER MÖGE SEIN.
HIN GEHT DIE ZEIT, HER KÖMMT DER TOD, /
Alt : UND ENDLICH KOMMT ES DOCH SO WEIT, / DAß SIE ZUSAMMENTREFFEN WERDEN. /
ACH, WIE GESCHWINDE UND BEHÄNDE / KANN KOMMEN MEINE TODESNOT !
Tenor : WER WEIß, OB HEUTE NICHT / MEIN [W. Neumann = Ost. : „Der“] MUND DIE LETZTEN WORTE SPRICHT. / DRUM BET ICH ALLE ZEIT : /
MEIN GOTT, ICH BITT DURCH CHRISTI BLUT, MACH’S NUR MIT MEINEM ENDE GUT !

Choral : Qui sait combien ma fin est proche ? /
Sopran : Le bon Dieu seul sait / si mon pèlerinage sur la terre / sera bref oui long. /
Choral : Le temps s’enfuit, la mort approche /
Alto : Et le moment arrive enfin / où ils se rencontrent. /
Choral : Hélas, à quelle vitesse et avec quelle agilité / les tourments de ma mort peuvent arriver ! /
Tenor : Qui sait si aujourd’hui ce seront / les derniers mots que ma bouche prononcera. / C’est pour cela que j’adresse cette prière en tous temps : /
Choral : Mon Dieu, je te prie par le sang du Christ / de me réserver une bonne fin !

Texte de la première strophe du cantique Wer weiß, wie nahe mir mein Ende ?
La mélodie est celle du choral « Wer nur den lieben Gott läßt walten » de Georg Neumark, Kiel 1642,

Ut mineur (c moll), 86 mesures, 3/4
BGA. Jg. V1. Pages 219 à 227 | Cantate | Dominica 16. Post Trinitatis. | Corno. | Oboe I. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Chor, Horn (cor seulement dans les mouvements 1 et 6), 2 Oboen, Streicher, B.c. Partie instrumentale indépendante. Ritournelle. Choral „tropé“. Introduction de 12 mesures instrumentales.

BASSO [Jean-Sébastien Bach. Tome 2, page 431] : «…le lamento sur la mort se résout en fait en une suave appréciation du moment qui conduit à la nouvelle vie. La page s’ouvre sur un choral… exposé en style homophone, et dont les versets sont entrecoupés de trois récitatifs en poésie libre madrigalesque, sur un « plafond » concertant (ouvert et clos par douze mesures purement instrumentales) qui demeure continuellement présent et poursuit un discours autonome…»
BOYD : «…Les proportions du chœur d’ouverture …une strophe d’un hymne funèbre d’Ämilie Juliane, comtesse de Schwarzburg Rudolstadt (1637-1706) reprenant l’une des mélodies de choral préférée de Bach, « Wer nur den lieben Gott läßt walten »- trouvent une ampleur supplémentaire dans les « annotations » en style récitatif des solistes - soprano, alto et ténor -, et dans le commentaire orchestral (cordes et hautbois) qui accentue la tonalité élégiaque de ce mouvement ».
BOYER, Henri [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 146/147] : «…Ritournelle d’orchestre indépendante, choral sous forme de motet avec trois tropes de récit : soprano, alto, ténor sur mélodie de choral (MDC) 108, de type II ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 61, 62, 337 à 342] : «…Mélodie de choral (MDC) 108, de type III (liée au récit). « La cantate commence par un sombre chœur motet « Wer weiß, wie nahe… ». La mélodie du choral « Wer nur den lieben Gott… » est élaborée en motet tropé de récits. Interventions successives du soprano, de l’alto et du ténor ».
BOYER pages 353 à 356] : «…Cependant, cette élaboration chorale est tropée trois fois par des récits de ténor, de basse et de soprano. Il s’agit d’un procédé assez rare (renvois à la cantate 138/1) mais d’un effet dramatique certain ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 939 à 943] : «…Bach sertit le sombre chœur initial dans le tissu d’une sinfonia pour cordes, cornet et deux hautbois, d’où émane la première strophe en harmonisation homophonique du célèbre choral de la comtesse de Schwarzburg Rudolstadt (1686). Mais entre chaque période, et sans solution de continuité, un récitatif apporte un premier commentaire : « Qui sait si ma bouche ne prononce pas aujourd’hui ses dernières paroles ? » … «…les deux hautbois s’affligent dans une ligne mélodique chantournée, gorgée de chromatismes très expressifs. Dans cette sinfonia viennent s’insérer les périodes du choral, en harmonisation homophone…»
DÜRR : «…la mélodie du cantique est insérée verset par verset dans un mouvement instrumental méditatif, doté de sa propre thématique (bien qu’apparenté de loin au choral) ; mais Bach transforme cette écriture, que nous connaissons des cantates chorales, par l’intégration d’épisodes intercalaires récitatifs dans lesquels le mouvement motivique orchestral et par là également la mesure ferme du texte sont conservées… c’est le seul cas chez Bach d’un récitatif dans une mesure à trois temps ! »
GARDINER : « L’écoulement du temps est ici suggéré par des mouvements lents de balancier dans le grave de l’orchestre ; par-dessus se greffent un motif descendant des cordes dans leur registre supérieur ainsi qu’un poignant thème brisé aux hautbois, lesquels tiennent lieu de toile de fond à l’envoûtante mélodie du choral, entremêlée d’un récitatif contemplatif…»
HOFMANN : «…Dès le chœur initial, Bach adopte un ton grave. Des accords mineurs et des dissonances au-dessus d’un point d’orgue prolongé établissent une image sonore dans laquelle s’élèvent les voix plaintives doublées en imitation serrée des hautbois… le chœur est traité homophoniquement et est interrompu à l’occasion par des répétitions solennelles du texte par les trois voix inférieure qui s’opposent à la note finale tenue par les sopranos alors que seul le dernier vers est exposé gracieusement avec les imitations strictes par anticipation des voix inférieures…»
KUIJKEN : «…La composition s’ouvre sur une brève introduction instrumentale par les deux hautbois, les cordes et la bc… douze mesures… qui constituent l’un des plus beaux modèles du « bon » usage du caractère sombre de la tonalité d’ut mineur. La basse continue donne le tempo de trois-quatre [3/4] calme, les autres cordes esquissent un mouvement de croches descendant hésitant à plusieurs reprises ; en haut de cette construction, les deux hautbois s’imitant successivement apportent un motif au lyrisme plaintif. Là où le mouvement de croches descendant des cordes aiguës s’arrête, la basse continue reprend cette figure mais inversée : ascendante et non descendante. Les deux versions du motif de croches symbolisent sans aucun doute la mort (mise au tombeau ?)… Au bout de deux mesures du mouvement ascendant, les violons entrent eux aussi dans le jeu sur une figure ascendante (cette fois en doubles croches). Lorsque enfin à la treizième mesure, l’ensemble vocal entonne sur le premier vers du chant… (un corno da tirarsi, doublant la mélodie chorale), les figures descendantes des cordes aiguës réapparaissent. Après, ce premier vers choral s’élève la voix de soprano (tandis que les figures des cordes et le dialogue des hautbois se poursuivent) : dans un récitatif mesuré, elle apporte la réponse du poète à la question du premier vers du chant… vers choral et nouveau texte alternent (chantés de manière récitative mais cependant a tempo par l’alto, puis par le ténor) jusqu’à la fin de la strophe. L’introduction instrumentale revient enfin en guise d’épilogue ».  
LEMAÎTRE : «…thème du choral au soprano doublé par le cor. Ce choral d’écriture homophone sera, par trois fois, entrecoupé par une phrase arioso revenant successivement au soprano, à l’alto puis au ténor. Il s’agit d’un lamento sur la mort matérialisé par le glas d e l’ultime heure que le continuo illustre en sauts d’octave ».
MACIA [Tout Bach, pages 108/109] : «…Bach fait intervenir les solistes sous la forme d’un récitatif arioso, où le croyant exprime la crainte d’une mort prochaine…» 
NYS, Carl de : «…Le premier chœur (tonalité d’ut mineur) adopte une forme originale, mais très chère à Bach, dans laquelle il nous a laissé plus d’un chef-d’œuvre : une mélodie de choral est combinée avec des récitatifs qui « tropent », c'est-à-dire qui s’insèrent dans le chœur et qui le commentent en quelque sorte. Le choral emprunte la première strophe d’un cantique d’Émilie Julienne de Schwarzenburg-Rudolstadt (1688) ; mais ce cantique tout récent utilisait une mélodie beaucoup plus ancienne, le célèbre choral de Neumark Wer nun den lieben Gott lässt walten, mélodie très chère à Bach et qu’il a souvent utilisée dans ses cantates. On remarque d’ailleurs que tout le matériau sonore est emprunté à cette mélodie ; même le hautbois qui contrepointe la mélodie du cantique la rappelle. La mélodie du cantique est soulignée par un cor renforçant la partie de soprano ; on remarquera aussi que les récitatifs accompagnés intercalés sont écrits dans un rythme de danse (3/4) ; fait unique et révélateur de la mentalité de Bach : la perspective de la mort le fait danser de joie ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page 35] : «…La distance qui sépare deux sons consécutifs d’inégale hauteur a pour Bach une signification générale et suffit pour générer, dans tous les sens, la notion d’étendue. C’est ainsi que pour accompagner les mots « weitloin » [BWV 27/1 et BWV 78/3]… il donne au chant de larges intervalles mélodiques [+ Exemple musical sur les mots …kommt es doch so weit. BG. V1, page 222]. Renvoi à la cantate BWV 73/2.
[Le commentaire de l’accompagnement musical, pages 148/149] : « motif de l’arpège descendant ; relation de ce motif avec des paroles qui évoquent des images de mort et particulièrement de sépulture… dans la cantate BWV 27… les arpèges lents… allusion certaine à la déposition du corps dans la tombe…» [+ Exemple musical pris aux violons et alto. BG. V1, page 219]. Renvoi aux cantates BWV 105 et 82.
ROMIJN : «…choral interrompu par de nombreux récitatifs…le ton est donné, ne serait-ce que par le curieux continuo évoquant un mouvement de balancier, et la longue note plaintive sur le mot « bet prie ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach | "Le musicien-poète"] : «…En général, les cantates pour orgue obligé ne produisent guère d’effet ; on a beau les étudier, on ne peut se défendre d’un certain mécontentement. C’est que cette façon modeste de traiter l’orgue comme un instrument de musique de chambre nous est devenue entièrement étrangère, grâce à Bach même…Aussi Bach se lassa-t-il vite de ce genre de cantate [pour orgue obligé]. Citons, toutefois, parmi les cantates pour orgue obligé, la cantate choral BWV 27, pour son grand chœur, qui est d’une rare beauté… pour dépeindre la fuite du temps, l’orchestre, pendant le chant du choral, fait entendre un tic-tac mystérieux [+ Exemple musical pris aux premières mesures]. Le silence des violons sur le troisième temps est angoissant : on dirait un homme qui, retient son haleine pour écouter si le balancier continue sa marche ou s’il s’est arrêté pour toujours ».
[ J.- S. Bach, volume 2, page 240] : «…chœur très expressif. Les cordes et la Bc. illustrent les mots « Hin geht die Zeit - Le temps s’enfuit », signifiant le rythme inexorable d’une horloge ».
WHITTAKER : «…La mélodie [du choral] renforcée par un cor est celle du cantique de Georg Neumark : “Wer nun den lieben Gott läßt walten”. L’ inexorable écoulement du temps est esquissé par la figuration comme d’un pendule, au continuo, tandis que les cordes aiguës s’abîment en arpèges [+ Exemple musical], le naufrage dans la mort et, combinés avec elles, les deux hautbois forment un duo de lamentation [+ Exemple musical]. La description est profondément émouvante…»


 2] REZITATIV. TENOR. BWV 27/2
MEIN LEBEN HAT KEIN ANDER ZIEL, / ALS DAß ICH MÖGE SELIG STERBEN / UND MEINES GLAUBENS ANTEIL ERBEN; / DRUM LEB ICH ALLZEIT / ZUM GRABE FERTIG UND BEREIT, / UND WAS DAS WERK DER HÄNDE TUT, / IST GLEICHSAM, OB ICH SICHER WÜSSTE, / DAß ICH NOCH HEUTE STERBEN MÜßTE ; / DENN ENDE GUT, MACHT ALLES GUT !

Ma vie ne connaît d’autre but / que de mourir dans la félicité / et d’hériter de la part de ma foi ; / C’est pourquoi je vis toujours / prêt et disposé à descendre dans la tombe. / Et mes mains accomplissent leur ouvrage / comme si je savais en toute sûreté / que je devais mourir aujourd’hui : / Car tout est bien qui finit bien !

Sol mineur (g moll) → ut mineur (c-moll), 11 mesures, C
BGA. Jg ; V1. Page 228 | RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Tenor, B.c. Récitatif secco.


3] ARIE. ALT. BWV 27/3
WILLKOMMEN ! WILL ICH SAGEN, / WEN DER TOD ANS BETTE TRITT. / FRÖLICH WILL ICH FOLGEN, WENN ER RUFT, / IN DIE GRUFT / ALLE MEINE PLAGEN / NEHM ICH MIT.

Bienvenue ! Dirai-je alors / lorsque la mort surgira à mon chevet. / A son appel je veux la suivre joyeusement / au tombeau, / tous mes tourments, / je les emporte avec moi.…

Lignes 1 et 2 tirées d’un texte appartenant au 1er cycle de cantates (cantate pour le 1er dimanche après la Trinité) de Neumeister (Werner Neumann).

Mi bémol majeur (Es dur), 80 mesures, C
BGA. Jg ; V1. Pages 228 à 236 | ARIA. | Oboe da caccia. | Alto. | Organo obligato (main droite et main gauche, cette dernière doublant le continuo) . | Continuo.
NEUMANN. Forme quatuor : Oboe da caccia. Alt, obligate Orgel, B.c. Libre da capo. Introduction de 17 mesures instrumentales.

BASSO [Jean-Sébastien Bach. Tome 2, page 431] : « Le texte du mouvement 3 est en partie (les deux premiers vers) repris d’une aria de Neumeister (première année de cantates – 1700) ». BOYD : «…La première des deux arias, dans laquelle l’alto anticipe les joies du paradis, est remarquable par son accompagnement inhabituel d’oboe da caccia et orgue, avec basse continue ». CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 939 à 943] : «…duo pour voix d’alto et hautbois da caccia, accompagné par la basse continue, dont la partie de clavier est entièrement notée… on pense que cette partie était destinée au jeune Wilhelm Friedemann Bach, fils aîné du compositeur… La ritournelle instrumentale déploie un souple motif très lyrique, que reprend l’alto… Dans la partie médiane de l’air (B), l’évocation des peines de la vie que l’homme emportera dans la tombe suscite des mouvements chromatiques descendants ».
DÜRR : « …Un attrait insolite émane du premier air qui exige comme instruments obligés un hautbois da caccia ainsi qu’un clavecin obligé qui fut apparemment remplacé par un orgue obligé lors d’une nouvelle exécution. Avec sa mélodie évoquant le lied, Bach a touché avec bonheur d’inspiration le caractère du texte de l’air ainsi que celui de toute la cantate » .
GARDINER : « Même le clavecin obbligato et la ligne de continuo de l’air enjoué d’alto semblent pénétrés de cette esprit de temps mesuré (ici perçu à travers l’articulation percussive des touches du clavecin), trait récurrent de ces cantates évoquant le glas de la dernière heure…»
HIRSCH [ Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs., page 31] : Le thème a 8 notes, le mot „Willkommen“ est chanté à huit + huit + 1 reprises, soit 17 fois. Le mouvement a 80 mesures et avec le récitatif suivant de 8 mesures constitue un ensemble de 88 mesures. [renvoi au psaume 88 [PBJ. 883/884]. Prière du fond de la détresse…. Image de l‘humanité pécheresse…?]
HOFMANN : «…Bach a recours, pour son instrumentation au oboe da caccia, bien de son époque, et un instrument à clavier. La partie confiée à cet instrument selon la partition de Bach, se destinait initialement au clavecin mais dans les parties originales on ne retrouve qu’une partie pour orgue qui provient vraisemblablement d’une exécution ultérieure. On ne sait donc pas, si, en 1726, cet air fut accompagné par le clavecin ou par l’orgue… Bach imite ici l’écriture pour le luth qui n’est pas très loin de l’arioso de basse dans la même tonalité que l’on retrouve dans la Passion selon saint Jean « Betrachte, meine Seel » [N° 31]… peut-être une allusion dans la symbolique sonore de l’ancienne tradition picturale à la mort représentée par un luthiste ». 
KUIJKEN : «…instrumentation des plus inhabituelles… Pourquoi dans ce morceau, Bach a-t-il recherché une instrumentation aussi curieuse ? J’ose donner une réponse : l’orgue ne pourrait-il être ici le symbole de la musique céleste et l’oboe da caccia peut-être un instrument angélique ?… L’introduction (avant l’entrée du chanteur) est très détaillée et contient tout le matériau de composition du morceau ».
LEMAÎTRE : «…en plus du continuo… un oboe da caccia et, cas rare, un « cembalo obligato », dont la partie de main gauche se voit doublée par la basse continue. Ce troisième numéro commence d’ailleurs comme une sonate pour cor anglais et clavecin. Signalons que, lors d’une révision postérieure de l’ouvrage, ce clavecin fut remplacé par l’orgue obligé ».
MACIA [Tout Bach, pages 108/109] : « Un hautbois et, fait assez rare, un clavecin concertant dialoguent avec la soliste… dans une atmosphère de sérénité fervente…»
MAHLING : «…le clavecin obligato d’origine a pu être remplacé par un orgue obligé probablement en 1737 » [?]
NYS, Carl de : «…L’aria d’alto, dans le ton « heureux », voire triomphal de mi bémol appelle de toutes ses forces cette mort bienheureuse, le livret faisant allusion à la lettre de Paul aux chrétiens de Philippes, toute remplie de cette nostalgie de la mort, qui n’est rien d’autre qu’un ardent désir de la vraie vie, de celle qui n’est plus soumise aux aléas d’ici-bas et à une fin douloureuse. Les trois mouvements qui suivent cette aria-charnière ne font que varier un seul et même thème : l’adieu au monde, adieu qui n’a rien de morbide et de romantique mais qui est l’affirmation glorieuse de la vraie vie. La résurrection du fils de la veuve est comprise comme la garantie de la résurrection de tous ceux qui ont la foi. Aria dans la tonalité lumineuse de mi bémol majeur ; l’orchestration est originale, puisqu’elle prévoit deux instruments obligés rarement conjoints : le hautbois et le clavecin qui fut ultérieurement remplacé par un orgue. Cette aria avec son da capo libre frappe par une certaine simplicité presque populaire ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – Direction des motifs, page 29] : «…Bach s’attache avec autant de soin à former des motifs descendants quand le sens des paroles évoque des idées d’inclinaison, de chute, de profondeur…Il interprète scrupuleusement, quand ils se présente les mots "« ruft tombe, fosse » [cantate BWV 27/3. BG V1, page 232] ou « Grabtombeau » [BWV 66/2 BG. XVI, page 205 ].
ROMIJN : «…l’alto chante la bienvenue à la mort… une musique qui semble « suivre » sur le mot « folgen – suivre »… et des dessins chromatiques pour « Plagen » et « Tod ».
SUZUKI : « Le problème posé par le troisième mouvement… concerne le choix du clavecin ou de l’orgue pour la partie obligée. Dans la partition autographe, le mouvement existe sous la forme d’un brouillon ainsi qu’une copie au propre. Le brouillon contient la mention : « Aria à Haub da caccia e Cembalo obligato » (sic) alors que la copie au propre ne contient aucune indication. La partie obligée n’apparaît cependant pas dans la partie d’orgue [le clavecin a été choisi par Masaaki Suzuki].
WHITTAKER : Aria peut-être basée sur une sonate perdue pour viole de gambe qui aurait été ici préférable au hautbois da caccia… » [tome 1, page 241] : Bach n’écrivit jamais une basse figurée dédiée à l’orgue, excepté une quinzaine de mesures dans l’aria de basse de la cantate BWV 27, vraisemblablement comme exemple pour un élève ou un assistant ».


4] REZITATIV. SOPRAN. BWV 27/4
ACH, WER DOCH SCHON IM HIMMEL WÄR ! / ICH HABE LUST ZU SCHEIDEN / UND MIT DEM LAMM, / DAS ALLER FROMMEN BRÄUTIGAM, / MICH IN DER SELIGKEIT ZU WEIDEN. / FLÜGEL HER ! / ACH, WER DOCH SCHON IM HIMMEL WÄR !

Ah, si l’on pouvait déjà être au ciel ! / J’ai envie de quitter cette vie / et avec l’agneau, / ce fiancé de tous les fidèles, / d’aller goûter la félicité. / Qu’on me donne des ailes ! / Ah, si je pouvais être déjà au ciel !

L’épître aux Philippiens 1, 23 [PBJ. 1733] pourrait être évoquée : « Je me sens pris dans cette alternative : d’une part, j’ai le désir de m’en aller et d’être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, bien préférable ; mais de l’autre, demeurer dans la chair est plus urgent pour votre bien…»

BGA. Jg ; V1. Page 237 | RECITATIVO. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Continuo.
Ut mineur (c moll) Ut mineur (c moll), 8 mesures, C
NEUMANN. Récitatif accompagné.Sopran, Streicher, B.c.

BOMBA : «…Les violons accompagnant le récitatif, en montant vers les hauteurs, renforcent le désir « d’aller goûter la félicité »…» 
BOYD : «…Un récitatif de soprano accompagné par les cordes avec de rapides gammes de violon soulignant les mots « Flügel her ! - [Que l’on me donne des ailes » conduit à l’aria finale ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 939 à 943] : «…à la fin de ce récitatif accompagné, le souhait enthousiaste d’avoir des ailes pour s’élever au ciel est figuré par deux traits de violon en fusées…»
KUIJKEN : «…A l’exclamation par deux fois « « Flügel her ! »… les violons jouent deux figures de gamme à l’ascension rapide. La description ne saurait être plus naïve et plus simple…» 
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement musical, page149] : «…Les motifs ascendants instrumentaux possèdent aussi, à la ressemblance des motifs vocaux de même structure, une signification formelle… De rapides traits joués par les violons dans la cantate BWV 27 prennent l’essor à ces mots « Des ailes, des ailes ! » [+ Exemple musical. BG. V1, page 237]. 
ROMIJN : «…illustration du mot « Himmel » sur une note aiguë et une vertigineuse phrase montante sur « Flügel her ».


5] ARIE. BAß. BWV 27/5
GUTE NACHT, DU WELTGETÜMMEL! | ITZT (Jetzt) MACH ICH MIT DIR BESCHLUß; / ICH STEH SCHON MIT EINEM F / BEI DEM LIEBEN GOTT IM HIMMEL.
Adieu [bonne nuit], tumulte d’ici bas ! / J’en finis maintenant avec toi ; / J’ai déjà un pied / Dans le ciel auprès du bon Dieu.

Sol mineur (g moll), 96 mesures, 3/4
BGA. Jg. V1. Pages 238 à 243| ARIA. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Baß, partie de cordes (Streichersatz), B.c. Libre da capo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach. Tome 2, page 431] : «…aria de basse, avec les cordes, qui joue sur l’alternance dynamique des deux expressions « Gute Nacht ! » et du « Weltgetümmel » : d’un côté un rythme de sarabande, de l’autre un tumultueux motif à notes répétées rythmiquement bien soutenu » [par tous les instruments et le continuo].
BLANKENBURG : «…expression répétée du contraste entre le tumulte du monde (trémolo des cordes) et le sentiment de paix radieuse surnaturelle qui impose son caractère au commencement, au milieu et à la conclusion de cet air ».
BOYD : «…Aria finale confiée à la basse. Il s’agit d’une sorte de sarabande qui préfigure le chœur final de la Passion selon saint Matthieu, mais avec des passages plus agités reflétant le « Weltgetümmel ».
CANTAGREL : «…La danse elle-même qui, au premier coup d’œil, ne paraît qu’un plaisir, cache aussi d’utiles leçons […]. Chaque fois qu’il s’agit d’un texte évoquant le miracle d’une guérison et surtout d’une résurrection, Bach, sans doute avec le prédicateur, saisit le prétexte pour développer une méditation sereine sur l’adieu au monde ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 939 à 943] : «…air de basse… extrêmement expressif à la façon d’un air d’opéra, s’ouvrant sur une ritournelle paisible d’abord, sur un mètre de sarabande, et qui subitement s’enflamme en véhéments trémolos de doubles croches…»
DÜRR : « …Le deuxième air… se développe musicalement, en contrastes permanents à partir de l’opposition des termes « Gute Nacht - Welgetümmel ». Le rythme de sarabande initial a beau se maintenir au fond à travers tout le mouvement, il n’en est pas moins rempli dès la seconde moitié de la ritournelle et dans la partie principale de l’air par une vive figuration de doubles croches dont ne demeurent épargnés que l’épisode médian et la dernière conclusion de la ritournelle
HIRSCH [ Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs., page 51] : Les mots „Gute Nacht“ sont chantés à 17 reprises…
KUIJKEN : «…au début, le morceau est d’une certaine dignité dansante (polonaise , menuet lent ?)… la description de la cohue ne tarde pas à arriver en de rapides et violentes figures de doubles croches…»
LEMAÎTRE : «…deux idées que les cordes exposent dès le début s’y affrontent : 1) rythme de sarabande se rapportant à « Gute Nacht » ; 2) motif énergique en notes répétées relatif à « Weltgetümmel monde tumultueux ».
MACIA [Tout Bach, pages 108/109] : «…aria de basse à structure bipartite…»
NYS, Carl de : «…Aria confiée à la basse avec un accompagnement de cordes dans la tonalité de sol mineur qui n’a rien, en l’occurrence, du caractère pathétique et sombre qu’elle prendra quelques décades plus tard, lorsque le jeune Werther sera passé par là et que Mozart -après bien d’autres- écrira ses bouleversantes symphonies dans cette tonalité là. On a l’impression que Bach a cherché dans cette aria à écrire une musique aussi simple et sereine que possible pour faire contraste avec la perspective considérée généralement comme sombre de la mort et faire passer son message sur la « mort bienheureuse ».
ROMIJN : «…contrastes dépeints dans l’aria de basse… dans laquelle le doux « gute Nacht » vient heurter la confusion rageuse qui envahit le monde entier…»
SCHWEITZER [J.- S. Bach | "Le musicien-poète". Le langage musical des cantates, page 243] : «…le thème du « tumulte ». [Les thèmes composés, page 257] : « l’air « Bonsoir, tumulte mondain » [traduction approximative ?] repose sur le conflit de deux thèmes : le thème de la paix et le thème du tumulte. » Renvoi à la cantate BWV 67/6.

[C‘est ici, un lieu classique et récurrent : Le Gute Nacht, du Weltgetümmel ! de la cantate BWV 27/5 n‘est pas sans rappeler le Nun gute Nach, o Welt de la cantate BWV 60/5 (1723), ou le falsche Welt ! de la cantate BWV 95/3 (1723) ou, plus tard encore, le Welt, gute Nacht de la cantate BWV 82/4].


6] CHORAL. BWV 27 
WELT, ADE, ICH BIN DEIN MÜDE, / ICH WILL NACH DEM HIMMEL ZU, | DA WIRD SEIN DER RECHTE FRIEDE / UND DIE EWGE, STOLZE [variante donnée par R. Wustmann : „ewig stolze“] RUH. | WELT, BEI DIR IST KRIEG UND STREIT, / NICHTS DENN LAUTER EITELKEIT, / IN DEM HIMMEL ALLEZEIT / FRIEDE, FREUDE UND SELIGKEIT.

Monde, adieu ! Je suis las de toi. / Je veux monter au ciel / où seront la paix véritable / et le repos éternel et suprême, / monde, tu n’offres que guerre et querelle, / rien que vanité, / dans le ciel règne à jamais / paix, joie et félicité.

Première strophe du cantique (1649) sur la mort, Welt, ade, ich bin dein müde, ainsi que sa mélodie, de Johann Rosenmüller (1649).
[Les mots « Ich will nach dem Himmel zu » se retrouvent précisément en tête de l’air d’alto de la cantate BWV 146/3].

Si bémol majeur (B dur), 22 mesures, C, 3/4 et C
BGA. Jg. V1. Page 244 | CHORAL. | Soprano I. / Corno. Oboe I. II col Soprano I. | Soprano II. / Violino I. col Soprano II. | Alto. / Violoino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. / Continuo col Basso.
NEUMANN. Chœur à cinq voix. Instrumentation comme le premier mouvement.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 431] : la réalisation musicale n’est pas de Bach, mais – comme l’a établi récemment Emil Platen
(1975) publiée dans le Neu Leipziger Gesangbuch de Vopelius (1682), et c’est à ce recueil que Bach dut probablement l’emprunter ».
Renvoi au même cas avec la cantate BWV 43.
BLANKENBURG : «…le choral final… produisant déjà l’impression de détachement des choses de ce monde, que Bach a repris dans un arrangement à cinq voix du génial Rosenmüller qui figurait dans le « Neu Leipziger Gesangbuch…mit 4, 5 bis 6 Stimmen ».
BOYD : «…Cas unique parmi les cantates de Bach (en fait on connaît trois cas, voir ci-après Henri Boyer), le choral final est en cinq parties et son harmonisation n’est pas de Bach lui-même mais de Johann Rosenmüller (vers 1619-1684), jadis professeur à la Thomasschule et lui-même prolifique compositeur de musique liturgique. Le texte est de Johann Albinus 1649 ».
BOYER, Henri [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 146/147] : «…quatre étoile pour le choral final de Johann Rosenmüller … avec son chœur à cinq voix et son décalage rythmique étonnant…»
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 333/334] : «…Mélodie de choral 106, de type I (page 58) avec ajout d’une cinquième voix supplémentaire et indépendante (idem les cantates BWV 1/6, 12/7, 61/6, 95/7, 112/5, 136/6, 172/6, 149/7). Le choral final est une harmonisation du beau cantique funèbre de Johann Georg Albinus. La mélodie en est attribuée à Johann Rosenmüller. Ici, l’élaboration est à cinq voix (deux sopranos), les instruments doublent colla parte les parties vocales, notamment un cor et deux hautbois pour la partie de soprano I (superius). On remarquera que la mélodie assez vive au début change brutalement de rythme passant de C à 3/4 et s’étire en longues tenues sur la doxologie rayonnante… Cette très belle harmonisation conclusive avec son caractère archaïque et austère est, malgré sa brièveté et sa modestie une page qui résonne longtemps dans la mémoire du temps. [Suit l’étude de la MDC 106 dans BWV 158/2]. La MDC « Welt, ade !... » fait l’objet chez Bach de deux élaborations opposées mais tout à fait exceptionnelles, l’harmonisation sous forme de choral archaïque en BWV 27/6 et l’élaboration en duo, aria plus choral en BWV 158/2. Ce choral est à classer parmi les plus beaux « Sterbelieder » et sa destination au 16e dimanche après la Trinité ne fait pas d’équivoque puisque tous les chorals destinés à cette fête sont des Sterbelieder…»
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. page 56] : « Par trois fois, Bach a emprunté directement des chorals harmonisés à des recueils contemporains. Ces trois emprunts ont été identifiés BWV 43/11 (Christoph Peter. Gesangbuch de Vopelius 1682), la cantate BWV 27/6 (Johann Rosenmüller) et la cantate BWV 8/6 (Daniel Vetter ; Leipzig 1713).
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 939 à 943] : «…choral final de Johann Rosenmüller, paroles et musique, que l’on attribuait naguère encore à Johann Georg Albinus, et déjà traité par Kuhnau…»
GARDINER : «…pour le choral de conclusion, de manière très inhabituelle, il [Bach] cite presque sans la modifier une composition à cinq parties de l’un de ses prédécesseurs à Saint-Thomas, Johann Rosenmüller… cette page semble parfaitement en situation…»  
HOFMANN : «…Bach fait quelque chose de tout à fait inhabituel dans le choral conclusif : la strophe Welt ade n’est pas entonnée sur une musique originale mais est plutôt une harmonisation à cinq voix de l’ancien professeur de Saint-Thomas et organiste de Saint-Nicolas, Johann Rosenmüller (1620-1684), une musique funèbre composée en 1649, publiée en 1652 et reprise par Gottfried Vopelius en 1692 sous le tire de Valet und Trost-Lied eines Sterbenden, harmonisée à plusieurs voix dans le Neu Leipziger Gesangbuch. Ce recueil a pu servir de modèle à Bach ».
KUIJKEN : «…« Welt Ade » de J. G. Albinus… Bach insère exceptionnellement une composition existante à plusieurs voix de la mélodie chorale à savoir une harmonisation à cinq voix de Johann Rosenmüller de l’an 1652. On ne saura sans doute jamais la raison de ce fait curieux mais il est sûr que cette composition archaïsante convient ici à la perfection…»
LEMAÎTRE : «…Il ne s’agit pas d’une page de J.-S. Bach mais d’un motet de Johann Rosenmüller inclus dans le Gesangbuch de Vopelius (1682)…»
LYON [page 162] : «…Rosenmüller est respectivement le poète et le mélodiste pour deux cantiques traités par Johann Sebastian Bach. Son cantique « SterbeliedWelt, ade, ich bin deine müde », en 9 strophes (EKG 329) jadis attribué au recteur Johann Georg Albinus (Unter-Nessa (Saxe), 6 mars 1624- Naumburg 25 mai 1679), Leipzig 1649. Ce cantique figure dans le recueil de cantiques de Vopelius (1645-1715) – (Deutsche Kirchenlied I/1 168211). Voir mélodie M 239 (page 291).
Renvoi à la cantate BWV 158/2 (texte et mélodie), BWV 162/6 (mélodie) et Anhang 170 ; choral de Johann Rosenmüller se trouvant dans « Gottfried Vopelius » Neuem Leipziger Gesangbuch von 1682 ».
NYS, Carl de : «…La cantate se termine par la première strophe du cantique de Georg Albinus (1649) dans l’harmonisation de Johann Rosenmüller ».
ROMIJN : «…L’ouvrage se termine par un magnifique choral à cinq voix.. une rareté…»
SCHMIEDER [BWV Anhang 170a, pages 642/643]. Literatur : Carl von Winterfield, Der evangelische Kirchengesang, Teil 2, S 247f.u. Notenbeisp. Nr. 110. Leipzig 1845) ». 
WHITTAKER : Choral de Rosenmüller avec harmonisation légèrement « altérée » par Bach.  


BIBLIOGRAPHIE BWV 27


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BRAATZ, Thomas : Provenance (20 septembre 2002).
Commentaires du BCW (20 septembre 2002) proposant l’analyse de Eric Chafe.
Mélodie « Wer nur den lieben Gott läß waltet » en collaboration avec Aryeh Oron (septembre 2005 – mai 2009).
BROWNE, Francis (février 2006) : Texte du cantique Wer weiß, wie nahe mir mein Ende [les 12 strophes en allemand et anglais].
(avril 2009) : Texte du cantique Alle Menschen müßen sterben [les 7 strophes en allemand et anglais].
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MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 26. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 15 septembre 2002 -- 2] 23 décembre 2007 - Prévision : 25 mars 2012.
Mélodie « Wer nur den lieben Gott läß waltet » (en collaboration avec Thomas Braatz - septembre 2005 – mai 2009).

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Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date).
N° 104 (+ 66, 112, 146 et 338) = Mouvement 1] MDC 108 : “Wer nur den lieben Gott lässt walten
N° 150 = Mouvement 6] MDC 106 : Choral “Welt, ade! Ich bin dein müde
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique.
N° 368 (+ 367 et 369 à 373) = Mouvement 1] MDC 108 : Wer nur den lieben Gott lässt walten
N° 350 = Mouvement 6] MDC 106 : Choral “Welt, ade! Ich bin dein müde
CANTAGREL, Gilles : Bach en son temps / Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Pages 183 et 542
: Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 939 à 943
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HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki. Volume 47. 2009.
KUIJKEN, Sigiswald : Notice de son enregistrement. Volume 12. 2010
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Berlin 1947
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 2, pages 451 à 453
SUZUKI, Masaaki : Note de la production. Volume 47 2010
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 1, pages 121, 235, 241, 257 à 261. Volume 2, page 280 WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 16. 2000 WUSTMANN, Rudolf. : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 232/233
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 153, pages 241/242
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 27


BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Douze références (août 2002 – mai 2011). Pas de mouvements individuels.
Exemples musicaux (Audio) : Aryeh Oron (février 2003 – janvier 2005).

8] GARDINER (volume 8) . Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Soprano : Katharine Fuge. Contre-ténor : Robin Tyson. Ténor :
Mark Padmore. Basse : Thomas Guthrie. Bach cantata Pilgrimage Santo Domingo de Bonaval. Saint-Jacques-de-Compostel (E).
Live, 7 octobre 2000. Durée : 14’21. CD Soli Deo Gloria (SDG) 104. 2005. Avec les cantates BWV 161, 8 et 95
2] HARNONCOURT (volume 7). Wiener Sängerknaben & Chorus Viennensis. Concentus Musicus Wien. Soprano ? Alto : Paul Esswood.
Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Siegmund Nimsgern. Vienne 1973.
Disque Teldec SKW 7/1-2 BR 2. Das Kantatenwerk, volume 7. 1973
CD Teldec 4509-91756 2. Das Kantatenwerk - Sacred cantatas. Volume 2. 1994. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
CD Teldec 8-35035 242 503-2 Das Kantatenwerk, volume 7. 1985
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 1. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à 14 et BWV 16 à 47
Reprise CD Warner Classics 8573 81207-5, volume 9. 2006. Cantates BWV 26 à 28
10] HERREWEGHE. Collegium Vocale Gent. Soprano : Dorothee Mields. Alto : Matthew White. Ténor : Hans Jörg Mammel.
Basse : Thomas E. Bauer. Anvers, novembre 2006 et février 2007. Durée : 13’32
CD Harmonia Mundi. HMC 901969. 2008. Avec les cantates BWV 84, 95 et 161
*1] JÜRGENS, Jürgen. Monteverdi Chor Hamburg. Concerto Amsterdam (J. Schröder). Soprano : Rotraud Hansmann. Contralto : Helen
Watts. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Max van Egmond. Hervormde Kerk, Bennebroek (NL). 8 juin 1966.
Disque Telefunken SAWT 9.489. Avec les cantates BWV 59, 118 et 158 Reprise CD Teldec 93687. Avec les cantates BWV 198 et 158
9] KOOPMAN (volume16). AmsterdamBaroque Orchestra & Choir. Soprano : Johannette Zomer. Alto : Annette Markert. Ténor : James
Gilchrist. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Février 2003. Durée : 15’32
CD Antoine Marchand CC 72216. 2004 et 2006. Avec les cantates BWV 82 et 16
11] KUIJKEN, Sigiswald (volume 12). La Petite Bande. Pas de chœur. Soprano : Gerlinde Sämann. Alto : Petra Noskaiova. Ténor :
Christoph Genz. basse : Jan Van der Crabben. Sint-Truiden (B), 20 et 21 septembre 2009. Durée : 14’50
CD Accent ACC 25312. Distribution en France, janvier 2011. Avec les cantates BWV 96, 47 et 138
5] LEONHARDT. Tölzer Knabenchor. Baroque Orchestra. Soprano Johannes Pohl (soliste du Tölzer Knabenchor). Alto : Jonas Will (soliste
du Tölzer Knabenchor). Ténor : Markus Schäfer. Basse ; Harry van der Kamp. Haarlem (NL). Juin 1995. Durée : 17’16
CD Sony Classical 2 BR 2. Avec les cantates BWV 34 et 41
7] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Soprano : Marjon Strijk. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Knut Schoch.
Basse : Bas Rameselaar. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Novembre et décembre 1999. Durée : 15’10
CD Bach Edition. 2000. Brilliant Classics, Volume 11 – Cantates, volume 5.
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 23/69. Avec les cantates BWV 156 et 27
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘un nouveau tirage –augmenté- (157 CD) + les partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon saint Jean et saint Matthieu.
*6] NICKOLL, Harald. Kammerchor Carmina Mundi e. V Azchen. Coll‘ arco. Église Saint-Nicolas. Aix-la-Chapelle (D). Live. Mars 1998
CD Kammerchor Carmina Mundi. Avec le Dixit Dominus de G. F. Haendel.
3] RICHTER. Münchener Bach Chor & Orchester. Soprano : Edith Mathis. Contralto : Julia Hamari. Ténor : Peter Schreier. Basse : Dietrich
Fischer Dieskau. Herkules-Saal. München (D). Mars et octobre 1976 – juin 1977. Durée : 17’19
Disque. Archiv Produktion 2723.058. Volume II.
Reprise en coffret de six disques Archiv-Produktion. Volume IV 2722-028. Dimanches après la Trinité. I.
Reprise CD Archiv Produktion, Volume IV / 5. 439392-2. 1994. Sonntage nach Trinitatis I. Coffret de 26 CD
4] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Edith Wiens. Alto : Gabriele Schreckenbach. Ténor : Lutz-
Michael Harder. Basse : Walter Helwein. Gedächtniskirche Stuttgart (D). Février et octobre 1982. Durée : 17‘05
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic (Laudate 98735). 1983. Avec la cantate BWV 47
Reprise CD. Die Bach Kantate (volume 51). Hänssler Classic (Laudate 98.813). 1991. Avec les cantates BWV 99, 8, 48
Reprise CD. Hänssler edition bachakademie (volume 9). Hänssler-Verlag 92.009. 1999. Avec les cantates BWV 28, 29
12] SUZUKI (volume 47). Bach Collegium Japan. Soprano : Hana Blazkova. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Satoshi Mizukoshi. Basse :
Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Février 2010.
Durée : 28’15. CD BIS SACD -1861. 2010. Avec les cantates BWV 36 et 47


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 27

Exceptionnellement, aucune référence ?


ANNEXE BWV 27
PHILIPP SPITTA


SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and Influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952.
Volume 2, pages 451 à 453 : « A peine deux semaines plus tard, le 9 septembre 1731 [après la cantate BWV 29 dont il a été question précédemment], Bach a pu diriger la cantate pour le 16e dimanche après la Trinité « Wer weiss, wie nahe mir mein Ende ». En elle nous trouvons pratiquement une sorte de composition de chambre. L’aria d’alto [3] accompagnée d’un orgue obligé et d’un hautbois da caccia est un modèle de la plus rafraîchissante inventivité [renvoi à l’Appendix, note 48, aux pages 701 à 703.] Nous ne serons pas non plus déçus par la main de Bach reconnaissable dans un texte qui est une version remaniée d’un poème Neumeister…. La déclamation métrique est maladroite et l’expression assez gauche puisque, si le tombeau est considéré comme une aspiration au repos, les douleurs du trépas ne peuvent se situer sur le même terrain ; il est évident que le poète, en alternant les versets [du cantique] a seulement visé à l’équilibre de la rime, avec les mots « wen der Tod ans bette tritt - lorsque la mort surgira à mon chevet ». Picander, même avec sa connaissance technique n’aurait pu le faire. Nous trouvons aussi dans cette composition une expression propre à Bach, l’aspiration fervente à la mort, atteignant ici un sommet tellement élevé qu’a ma connaissance il n’a jamais pu se retrouver dans aucune autre œuvre [de Bach], que ce soit antérieurement ou après [la cantate BWV 27]. L’évangile du jour fait référence au jeune fils de Naïm et on pourra se souvenir que nous en parlâmes précédemment à propos d’un cantate sur ce thème, pour le même 16e dimanche : « Liebster Gott, wann werd ich sterben » [BWV 8]. Mais peu de comparaison entre les deux cantates n’est envisageable. La plus ancienne [la cantate BWV 8] est animée par un sentiment juvénile rempli de suavité, tandis qu’avec la composition plus tardive [la cantate BWV 27] nous avons le sentiment de quelqu’un qui, faisant ces adieux à un monde faux [Falsche Welt] aspire au [grand] départ. Il n’y a aucun doute que Bach ait envisagé ce fort contraste intentionnellement et qu’en somme il démontre parfaitement dans ces cantates que quand il écrivit la dernière [BWV 27], il avait gardé en mémoire la première [BWV 8]. Le final de la première cantate était un emprunté à une mélodie de Daniel Vetter ; ici [dans la cantate BWV 27] nous avons une composition à cinq voix de Johann Rosenmüller « Welt ade ! ich bin dein müde ». Il y avait à Leipzig des musiciens auxquels Bach, dans cet esprit rendait une forme d’hommage [Note 501 : La composition de Rosenmüller est dans le recueil de Vopelius, page 947. Bach l'a reproduite sans altération aucune... une légère différence à la sixième mesure peut-être liée à un problème de plume ou de tache…] L’ensemble de l’ouvrage [BWV 27] est composé avec la même ardeur que l’air [n° 3]. Dans cet état d’esprit Bach est bien chez lui, nul mieux que partout ailleurs…» [Suivent trois comparaisons : entre le chœur final de la Passion selon saint Matthieu et le premier chœur de BWV 27/1 ainsi qu’avec la mesure 66 de l’aria de Basse [5] ; le motif des deux flûtes du premier chœur de l’Ode funèbre [BWV 198] avec le premier chœur de la cantate BWV 27/1, à la mesure 13 ; la première mesure de l’air « Es ist vollbracht » de la Passion selon saint Jean avec les mesures 35 et 78 de l’aria de basse [5]. Volume 2, Appendix 48, pages 701 à 703 : Les filigranes de 1731 à 1733. Dans une série de 11 cantates (les BWV 58, 187, 129, 169,,55, 56, *88, 207, 170, 98 et 7) on trouve un bouclier entouré par des palmes et un chevron. Deux filigranes différents (reproduit par Spitta) se trouvent aussi dans la partie d’orgue obligé, de la main même de Bach.


C. Role. Août 2011.
 

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Last update: August 3, 2011 17:30:00