Recordings/Discussions
Background Information
Performer Bios
Poet/Composer Bios
Additional Information
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C.
Role. Octobre 2011
|
Cantate BWV
26
ACH
WIE FLÜCHTIG, ACH WIE NICHTIG
Hélas,
combien éphémère, combien vaine…
KANTATE
ZUM 24. SONNTAG NACH TRINITATIS
Dominica
24 post Trinitatis
Cantate
pour le 24e
dimanche après la Trinité
Leipzig,
19 novembre 1724
|
AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
élargi de cette partie de l’œuvre
vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR »
repérées par des crochets [...] le rédacteur
précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler
sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés
dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement,
entre guillemets «…» toutes les citations
fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à
César...
ABRÉVIATIONS:
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION
BWV 26
Leipzig,
19 novembre 1724.
BRAATZ
: «…Selon Alfred Dürr, la première exécution
eut lieu le 19 novembre 1724. C’est une œuvre originale
et non pas la parodie d’une œuvre précédente.
Ceci est d’autant plus clair par les nombreuses corrections
qu’y apporta Bach. Pas de preuve d’une autre exécution ».
DÜRR
: une seule exécution connue.
Chronologie.
1724 : BWV 80 (31 octobre) - BWV 115 (5 novembre) - BWV 139
(12 novembre) - *BWV 26 (19 novembre ) - BWV 116 (26 novembre) - BWV
62 (3 décembre). Du 10 au 21 décembre « Tempus
clausum ».
HERZ :
19 novembre 1724. Ancienne datation (celle de Spitta et des cantates
chorales) 1735-1744.
HIRSCH
: Classement CN 100 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). II. Jahrgang. Choral Kantaten. Période allant
du 11
juin 1724 au 27 mai 1725.
PIRRO
[J.-S. Bach,
page 172] : Les cantates après 1727.
SCHMIEDER
& SPITTA: Entre 1735 et 1744. Spitta dans son ouvrage Johann
Sebastian Bach, volume
III, pages 89 à 91 donne la liste de cantates chorales,
toutes selon lui, remontant à cette époque.
SCHWEITZER
(page 203) : La datation s’appuie sur celle de Spitta « les
dernières cantates de Bach ». C’est par le
filigrane « en demi lune » que Spitta a classé
cette cantate dans un groupe de 31 morceaux (la cantate BWV 26, vers
1735-1737).
SOURCES BWV 26
La
« database » du « Catalogue Bach de
l’Institut de Göttingen » en connexion avec les
« Bach Archiv », est un instrument de travail
exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui
n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse
: http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html. [DB
= Staatsbibliothek zu Berlin].
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
BB.
Mus. ms Bach P 47
Berlin. (anciennement Berlin Est).
Référence
gwdg.de/Bach : DB. Mus.ms. Bach P 47, Faszikel 1. Annotations de
Poelchau. Jean-Sébastien Bach. Première moitié
du 18e
siècle.
BGA
(Wihlelm Rust, 1855). Partition originale, sous couverture du temps
de Bach. La liste des instruments ne figure pas en tête. Le
titre [autographe] est ainsi libellé : J.
J. Dominica 24 post Trinit
Ach wie flüchtig,
ach wie flüchtig
[corrigé par la suite par Bach « flüchtig »
par « nichtig ».
A la fin les classiques « Fine
SDG ».
BRAATZ
[BCW. Provenance, 16 novembre 2002] : La partition, d’abord
l’héritage de W. F. Bach, parvient à Georg
Poelchau qui la remet en 1841 à la Deutsche Staatsbibliothek
Berlin (BB). La page de couverture a été ajoutée
par Poelchau.
Le
titre (autographe) est ainsi libellé : J.
J. Dominica 24 post Trinit
Ach wie flüchtig,
ach wie flüchtig
[corrigé par la suite par Bach « flüchtig »
par « nichtig ».
A la fin Bach a ajouté « Fine
SDG ».
SCHMIEDER
: «…Partition provenant de la succession Poelchau. 8
feuillets, 15 pages écrites. 4° BB Mus. Ms.
Autogr. Bach P 47
SPITTA
[Johann
Sebastian Bach, volume
III. Appendix 3,
page 285] : «…The « Half Moon Watermark »
(filigrane représentant une demie lune) sur la première
moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est
caractéristique d’un grand nombre de cantates de la
dernière partie des oeuvres de Bach”. [Suit une série
de 31 cantates; ldans cette série, la cantate BWV 91 a le
numéro 23].
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
St
Thom L
(puis Bach Archiv Leipzig).
Référence
gwdg.de/Bach : D Leb Thomana 26. Copistes : J. S. Bach, A.
M. Bach, J. A. Kuhnau, W. F. Bach. Première moitié du
18e
siècle.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
840] : «…Le manuscrit contenant BWV 26 comporte
également l’autographe de BWV 94 ainsi qu’une
copie effectuée par Bach lui-même d’une cantate de
Telemann « Machet
die Tore weit »,
pour le premier dimanche de l’Avent ».
BGA
[Wihlelm Rust, 1855]. Titre pris à la couverture :
Dominica 24 post
Trinitatis | Ach wie flüchtig, ach wie nichtig ; | a 4
Voci, Traverso, 3 Hautbois, 2 Violini, Viola e Continuo di Sign. J.S.
Bach. ».
BRAATZ
[BCW. Provenance, 16 novembre 2002]. Elles
sont parvenues, via Anna Magdalena Bach, à la Thomasschule :
Le titre sur la couverture est d’une main inconnue.
Le
copiste principal est Johann Andreas Kuhnau. Anna Magdalena Bach a
copié la dernière partie des pièces vocales. On
identifie deux autres copistes (IId et IIf). La copie du corno et une
partie de l’organo sont de la main de Bach.
Listes
des parties (14) : Soprano, Alto, Tenore, Basso, Corno, Traversière,
Hautbois Primo, Hautbois 2do, Hautbois 3, Violino primo, Violino 2de,
Viola, Continuo, Organo. Cette dernière partie possède
le titre « Ach
wie nichtig »
de la main de Bach (inversion). Les parties
de Violino
(doublets) et du continuo (non transposé) sont manquantes.
HERZ
: Copiste, Johann Andreas Kuhnau, Anna Magdalena Bach et
Jean-Sébastien Bach.
SCHMIEDER
: Parties séparées (Ost. = Originalstimmen)
partiellement autographes conservées à la Thomasschule
[depuis Bach Archiv].
SUZUKI
: « La
plupart des parties originales ont été copiées
du manuscrit original de Bach par Johann Kuhnau mais la partie
d’orgue au complet, à l’exception d’une très
petite section, est de la main même du compositeur. Le second
mouvement montre clairement l’indication, pour l’orgue :
« Aria
tacet ».
COPIES
XVIIIe
et XIXe
SIÈCLES
= ABSCHRIFTEN 18. U. 19 Jh.
P
= Partition - DB =
Staatsbibliothek zu Berlin.
Référence
gwdg.de/Bach : DB Mus.ms. Bach P 1159/VIII, Faszikel 3. Copiste
F. Hauser. Première moitié du 19e
siècle.
Référence
gwdg.de/Bach : DB Mus.ms. P 10072-3. Copiste : J.J Maier.
Milieu du 19e
siècle.
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE
(BGA).
BGA.
Jg.V1
(5e
année). Pages 191 à 216. Préface de Wihlelm Rust
(1855). Cantates BWV 21 à 30 + Anh. 30a.
[La
partition Breitkopf / BGA est dans l’enregistrement Das
Kantatenwerk
/ Harnoncourt, volume 7. 1973].
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 27. KANTATEN ZUM 24 BIS 27 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5032. Alfred Dürr 1968-2/1987. 5 fac-similés.
BWV
26. Pages 31 à 58. Bl. 6r
der autographen Partitur (BB. Mus.
ms
Bach P 47) mit der Takten 13 bis 35 des 4 Satzes. Darunter eine
vorausskizze zur Baß partie des Taktes 36.
Avec
les cantates BWV 60, 90, 116, 70 et 140.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5032 41. Alfred Dürr 1968 -
février1987.
BACH-INSTITUT
GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten.
Série I/27 Net www. Bach-Institut.de
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten. 11. Bärenreiter TP 1291. 2007.
Serie
I. Band 27. Kantaten zum 24 bis 27 Sonntag nach Trinitatis.
Zur
Edition.
Faksimile
: BWV 26. Partition Bl. 6 – BWV 90. Partition. Bl. 1. BWV 116.
Partition. Bl. 1. - BWV 70. Violon I, Bl. 2. – Seite BWV 140.
Originalstimme des Corno.
BWV
26. Pages 31 à 58. Bärentreiter-Verlag. Kassel 1968.
BCW.
Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL.Wiesbaden. Partition = 2876. Réduction
chant et piano (Raphael. 27 pages) = EB 7026. Partition du
chœur (Chorstimmen) = ChB 1797. Révision
du clavecin, et de l‘orgue par
Max Seiffert = OB 1225.
2011
: Partition (28 pages) = PB 4526. Réduction chant et piano (28
pages) = EB 7026. Partition du chœur (8 pages) = ChB 5426.
Parties séparées (orgue, violons I, II, viola,
violoncelle/Ccontrebasse, vents) = OB 4626.
CARUS
: Stuttgarter, Bach-Ausgaben / Urtext. 2007. Partition (40 pages)
CV-Nr. 31.026/00 (+ notice en français de Till Reinighaus,
juin 2006). Partition d’étude = CV-Nr. 31.026/07.
Réduction chant et piano = CV-Nr. 31.026/03. Partition du
chœur = CV-Nr. 31.026/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = CV-Nn
31.026/09. Flûtes, oboe I, oboe II, oboe III = CV-Nr 31.026/21
à 24. Cor = CV-Nr 31.026/31.
Violine
I, violine II, viola, Basse continue = CV-Nr. 31.026/11 à 14.
Orgue = CV-Nr 31.026/049.
Bach
for Brass (cantates BWV 1 à 100) = CV-Nr. 31.305/00.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 811. Volume VII. New York. 1968. Cantates BWV 23
à 26.
PETERS.
Réduction chant et piano (Klavierauszug).
Organ
Historical Society Catalog. Bach Church Cantatas. Piano
& Vocal scores (Ach
wie flüchtig…
WEB 71).
PÉRICOPE
BWV 26
Vingt-quatrième
dimanche après la Trinité.
Colossiens
I, 9 à 14 [PBJ. 1737]. Actions de grâces et prières :
« l’espérance
qui vous est réservée dans les cieux ».
Matthieu
9, 18 à 26 [PBJ. 1467]. Guérison d’une
hémorroïsse et résurrection de la fille d’un
chef.
Voir
aussi les évangiles de Luc, 8, 40 à 56 [PBJ. 1550] et
de Marc 5, 21 à 43 [PBJ. 1511].
Voir
le psaume 90 [PBJ. 887]. Fragilité de l’homme. La
vie de l’homme, courte et misérable à cause du
péché (Prière de Moïse, homme de Dieu).
Toute la cantate paraît placée dans cette perspective.
EKG.
24. Sonntag nach Trinitatis (24e
dimanche après la Trinité).
Entrée :
Épître aux Colossiens 1, 12 [PBJ. 1737] : « Vous
remercierez le Père qui vous a mis en mesure de partager le
sort des saints dans la lumière ».
Psaume
126 (In
Convertando)
[PBJ. 924].
Lied
EKG 309 : « Mitten
wir im Leben mit dem Tod umfangen »
(Wittenberg 1524).
Epître
aux Colossiens 1, 9 à 14. [PBJ. 1737].
Evangile
Matthieu 9, 18 à 26 [PBJ. 1467].
BLANKENBURG
: «…Il est compréhensible qu’un poème
de facture aussi singulière n’ait pu se voir assigner
comme cantique à un dimanche déterminé et aussi
qu’il soit seulement possible jusqu’à un certain
point de le rattacher à l’Évangile de la
résurrection de la fille de Jaïre. Ce chant ressortit
néanmoins au domaine général des sermons de la
fin de l’année religieuse, qui mettent sous les yeux des
fidèles le contraste entre le temps éphémère
et l’immuable éternité. L’écoute de
la présente cantate suscite l’impression que Bach a fait
tout particulièrement sien le chant de Michael Franck. Il
était naturellement nécessaire d’en condenser
dans le livret de la cantate le texte fort développé ;
les références à l’évangile du
dimanche font totalement défaut... »
[Pour
la même occurrence, voir la cantate BWV 60 du 7 novembre 1723].
TEXTE
BWV 26
Le
nom du compilateur du livret est demeuré anonyme.
En
dehors des mouvements 1 et 6, il a concentré en quatre
sections les strophes restantes du cantique de Michael Franck en
s’essayant à en conserver le sens général.
Mouvement
1] : Première strophe du cantique (en 13 strophes de six
vers chacune) Ach wie
flüchtig, ach wie nichtig (1652)
de Michael Franck (Schleusingen -Thuringe, 16 mars 1609 - Cobourg,
25-27 septembre 1667).
Mouvement
6] Treizième et dernière strophe du même
cantique.
Les
autres strophes sont utilisées librement et allusivement :
strophe 2 = mouvement 2. Les strophes 3 et 9 dans le mouvement 3 ;
la strophe 10 dans le mouvement 4 ; les strophes 11 et 12 dans
le mouvement 5.
Ce
cantique s’inspire du livre de « l’Ecclésiaste »
I, 2 [PBJ. 1030 et 1031]. DKL (Deutsche
Kirchenlied) 1/1
165208.
Le
cantique (avec des variantes, en la mineur) dans le recueil de
cantiques Saint-Georg (1721 et 1731) et Vopélius (1682) avec
la même erreur dans le titre que Bach a plus tard rectifiée
sur l’autographe (deux fois « Flüchtig »).
Renvoi
à EKG 327 (8 strophes seulement).
La
mélodie (parfois attribuée à Johann Crüger)
apparaît pour la première fois dans un recueil de
musique, à Cobourg en 1652. Elle paraît à
nouveau dans Praxis
pietatis melica du
même Johann Crüger ; 10e
édition en 1661 (DKL. I/1 166111.
Avec le choral pour orgue BWV 644 (Orgelbüchlein),
c’est, sauf erreur l’unique utilisation par Bach dans une
cantate.
Dans
le choral pour orgue (BWV 644), le titre autographe de Bach est :
Ach wie nichtig, ach
wie flüchtig.
De
même le texte de 8 strophes sur le site
www.gesangbuch.org/lyrics
(Lutheran Hymns lyrics 31/7). Chaque
strophe en alternance, commence par « Ach
wie flüchtig »
- « Ach
wie nichtig ».
BCW :
Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie :
Peter Cornelius, op. 9 n° 1 (Soli et chœur). Georg
Böhm. Choral Partita (9 variations). Telemann, cantate
Ach wie flüchtig, ach wie nichtig
(Trauer-Actus),
Twv 1:37 ».
Graupner :
Cantate « Ach
wie nichtig, ach wie flüchtig »
, etc. Telemann, cantates Twv 1:37 et Twv 4: 2 et 6.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 1071 à
1075] : «…choral en treize strophes de Michael
Franck…inspiré par le célèbre début
du Livre de l’Ecclésiaste « Vanité
des vanités…»
GARDINER :
« A l’instar de plusieurs cantates de Bach pour la
fin du cycle après la Trinité, la cantate arbore comme
thème central la brièveté de la vie humaine et
la futilité des espoirs nourris ici-bas ».
HOFMANN
: «…L’Évangile du jour qui raconte la
résurrection de la fille de Jaïrus (Matthieu 9, 18 à
26) a manifestement avec sa thématique de la mort donné
l’impulsion au choix du choral qui ne sera cependant plus pris
en compte dans le texte de la cantate. Le texte imagé a
inspiré Bach dans la réalisation d’une musique
tout aussi évocatrice ».
En
dehors des pensées générales sur la mort, il n’y
a pas de point commun entre l’épître et
l’Évangile du jour et le texte de la cantate.
DÜRR
: «…Jésus règne en maître sur la vie
et la mort ressuscitera également le chrétien croyant.
Voir la cantate BWV 8/6 : Evangile : Luc 7. 11 à 17 [PBJ
1546] : La résurrection du jeune homme de Naïm.
L'allusion à ce texte biblique est sensible : Herrscher
über Tod und Leben -
Maître de la mort
et de la vie" ».
Renvoi
à L’Ecclésiaste 11, verset 5 [PBJ. 104] : « Ne
sois pas fière des vêtements que tu portes / Ne
t’enorgueillis pas lorsqu’on t’honore…
Souvent des souverains ont été mis sur le pavé /
Et un inconnu a reçu le diadème = Ne pas se fier aux
apparences ».
GÉNÉRALITÉS
BWV 26
1
CHOR – 2 ARIA, Ten. – 3 RÉCITATIF, Alt. – 4
ARIA, Baß – 5 RÉCITATIF, Sopran. - 6 CHORAL. On
remarque que les quatre voix ont chacune leur morceau, Tenor, Alt,
Baß, Sopran.
BLANKENBURG
: «…Sermon de fin de l’année religieuse qui
met sous les yeux des fidèles le contraste entre le temps
éphémère et l’immuable éternité ».
BOMBA
: «…Albert Schweitzer décrivit en premier dans
son fameux « Livre sur Bach » (1904, en
allemand) le langage musical de Johann Sebastian Bach sous une
perspective contemporaine et non historique. Il trouva dans son
« Étude
esthétique et pratique »
d’innombrables motifs du caractère imagé, une
technique que Bach emploie pour donner une expression particulière
et pressante au langage. Au-delà, l’élève
organiste qui était à l’époque à
Paris, essayait de découvrir dans la musique baroque la
technique de l’emploi de motifs musicaux qui était
virulente depuis Richard Wagner. Aussi aberrant peut-il paraître
aujourd’hui pour beaucoup, car l’on connaît la
doctrine des émotions baroques... […] La cantate est la
preuve que le caractère musical imagé peut aussi avoir
un effet immédiat sur l’auditeur d’aujourd’hui.
Effet qui fait parvenir à l’épanouissement le
sens du texte, créé à partir de mots isolés,
par le truchement direct du son. Ce n’est pas sans raison que
Schweitzer fait, dans son œuvre, à de nombreuses
reprises allusion à cette cantate […] Même dans
les récitatifs, Bach savoure le contraste entre la joie et la
tristesse, la force et la faiblesse (n° 3) ainsi qu’entre
la splendeur et la mort (n° 5) en se servant des moyens modestes
qui lui offrent le contrepoint et l’harmonie. La langue imagée
du texte qui est très attaché à la pensée
contemporaine, a tellement préoccupé Bach qu’il
laissa de côté d’autres possibilités qu’il
avait également à disposition dans l’Évangile
du dimanche, pour imprégner le thème du caractère
éphémère de la vie d’une manière
musicale et théologique. Au lieu de renvoyer à la
résurrection des morts et à l’œuvre de
Rédemption du Christ décrite dans l’Évangile
(Matthieu 9, 18 à 26), Bach persiste dans la description de la
cause bien trop humaine de la mort ».
BOYER
: «…Cantate sobre et sombre, une rareté dans la
vision sereine que Bach oppose d’habitude à la mort ».
BRATZ
[BCW] : Citations de Voigt, Schweitzer, Smend, Dürr, Chafe.
CHAILLEY
: «…A propos de BWV 644. « C’est par un
chef-d’œuvre que se clôt l’Orgelbüchlein.
Le français rend mal la force expressive du mot « nichtig »,
adjectivation de la négation, image pure et simple de
l’absence, de la non-existence ? La musique de Bach, elle,
la traduit de manière frappante… […] La vie
humaine… « Flüchtig »,
fugitive comme un courant d’eau qui sans cesse s’écoule,
comme un nuage qui se forme et se dissipe. En gammes fluides et
légères qui tantôt se rejoignent pour de brèves
rencontres de tierces-sixtes parallèles, tantôt se
défont et s’éloignent l’une de l’autre
en leurs mouvements contraires, tantôt se chevauchent
capricieusement…»
[Selon
les versions, flüchtig
est tantôt après nichtig,
tantôt avant].
DÜRR
: «…Cette cantate sur un choral datant de la deuxième
année de Bach à Leipzig. Le librettiste anonyme a comme
de coutume transformé les strophes intermédiaires
en récitatifs et en airs. les strophes 2 et 10 ont chacune
donné lieu à un air, tandis que les strophes 3 à
9 et 11-12 étaient condensées en deux récitatifs
afin que le texte n’ait pas des proportions exagérées.
Le choix de ce texte de choral avait pour prétexte la lecture
de l’évangile du dimanche relatant la résurrection
de la petite fille de Jaïrus, mais en dehors des pensées
générales sur la mort, on ne voit guère de
points communs. L’idée de base est manifestement que
Jésus, qui se révèle maître sur la vie et
sur la mort, ressuscitera aussi le vrai chrétien… La
composition de Bach est toute au service de la mise en lumière
du texte […] »
HOFMANN
: « La cantate provient du choral, encore régulièrement
chanté de nos jours, du poète et compositeur Michael
Franck (1609-1667), également professeur à Cobourg, et
est une méditation sur le caractère éphémère
de la vie humaine et de tous les biens terrestres. Comme d’habitude,
les strophes extrêmes du choral sont conservées telles
quelles alors que les autres stances sont arrangées en une
succession de récitatifs et d’airs ».
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
tome 3, page 106] : « La fidélité de
Bach pour les chorals : Dans la cantate chorale nous
rencontrons le dernier et le plus achevé développement
possible du choral pour orgue. La petite pièce de dix mesures
sur la mélodie « Ach
wie flüchtig, ach wie nichtig »,
germe de la cantate du même titre, avec sa grande fantaisie
chorale, son simple choral conclusif, ses récitatifs et
l’élaborations de ses airs, est le fruit ultime ».
WOLFF
: «…La cantate est construite sur le chant homonyme de
Michael Franck (1652), mais avec une mélodie propre ».
WURSTEN
[BCW. Discussion] : «…A mon humble avis il y a
certainement une connexion entre l’évangile et le choix
de ce cantique ; cette connexion n’est pas légère
mais au contraire appuyée. L’évangile propose le
thème de la vie et de la mort, dans lequel Jésus vainc
la mort en rappelant à la vie la fille du prêtre de la
synagogue. On peut donc lire ce récit sur ce plan, Jésus
à vaincu la mort. Pendant dix-neuf siècles, le peuple a
pu lire ce type de récit, même sur d’autres
niveaux, simplement l’histoire mais aussi en essayant dans
tirer quelques chose pour eux. […]. La dernière ligne
du cantique est la plus importante et contient la base des 64 autres
lignes précédentes » [ !]
DISTRIBUTION
BWV 26
NEUMANN.
Solo: Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor.[1], [6].
Querflöte,
Oboe I-III ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S, A, T, B. Chor S, A, T, B. Instrumente : Flauto
trav.; Oboe I, II, III ; Corno ; Viol. Solo ; Viol. I,
II ; Vla ; Cont.
HARNONCOURT
: Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Corno (Zink), Flauto
traverso (Querflöte) ; Oboe I-III ; Streicher ;
B.c. (Fagotto,
Violoncello,
Violone, Organo)
PIRRO
[J.-S. Bach,
page 172] : « Dans la cantate BWV 26, les gammes des
instruments dépeignent le cour fugitif de la vie humaine ».
APERÇU
BWV 26
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 26/1
ACH
WIE FLÜCHTIG, ACH WIE NICHTIG / IST
DER MENSCHEN
LEBEN !
/ WIE
EIN NEBEL
BALD ENTSEHET / UND
AUCH WIEDER BALD VERGEHET, / SO
IST UNSER LEBEN,
SEHET !
Hélas,
combien éphémère, combien vaine / est la vie
humaine ! / Naissant comme le brouillard / qui bientôt se
dissipe, / voyez, ainsi va notre vie !
Première
strophe du cantique Ach
wie nichtig, ach wie flüchtig, (1652)
de Michael Franck. Dans le texte de la cantate, ces deux termes
nichtig et
flüchtig
ont été inversés.
La
mineur (a moll), 65 mesures, C.
BGA.
Jg. V1.
Pages 191 à 199 | Dominica 24 post Trinitatis. | Flauto
traverso / Oboe I. | Oboe II. | Oboe III. | Violino I. | Violino II.
| Viola. | Soprano. / Corno col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. |
Organo e Continuo.
NEUMANN. Parties
instrumentales indépendantes (en forme de ritournelle)
encadrant les versets. Chor, C.f. Sopran (+ Horn), Ensemble
instrumental = Gesamtinstrumentarium.
BLANKENBURG
: «…Brefs traits décousus de doubles croches
suggérant dans les parties instrumentales la fuite du temps
tandis que le chœur incorporé à la composition
orchestrale fait entendre au-dessous du cantus
firmus, exposé
en blanches et renforcé par un cor, les trois autres voix qui
déclament sans relâche des phrases en croches souvent
fort brèves, censées dépeindre l’écoulement
fugace de l’existence. »
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 145/146] : «…Élaboration
de choral sur mélodie (MDC) 005 de type IIb. Le cantus
firmus est au soprano
avec cor colla parte,
les autres voix sont lapidaires [?], tandis que des fragments
orchestraux ascendants et descendants illustrent la vanité de
la vie ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
pages 105/106] : «…Élaboration
de choral de type IIb… comme pour le choral d’orgue BWV
644, ce sont des gammes ascendantes et descendantes, tantôt
mêlées, tantôt séparées qui
illustrent à l’orchestre le texte de la première
strophe…»… Choral de type IIb : Le Cantus
firmus est confié à l’une des voix, les autres
parties vocales sont indépendantes, l’orchestre et la
basse continue sont dotés d’une thématique
également indépendante ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 1071 à
1075] : « première strophe du choral…
traitée en un chœur éclair. Analogie :
l’image du nuage qui se forme puis disparaît fait penser
aux « Pensées
édifiantes d’un fumeur
BWV 515 »…la brièveté dans une
violence presque désespérée, caractérise
ce morceau destiné à frapper d’un coup
l’auditoire. C’est une superbe page concertante autonome,
sans relation thématique avec le choral… dans ce climat
tendu…vont s’insérer, au sein même du tissu
de la sinfonia qui se poursuit, les six lignes du choral, et cela
d’une manière particulière. C’est en effet
le soprano qui, à chaque fois, entonne le cantique en cantus
firmus, renforcé
par le cor. Les trois autres voix, toujours en homophonie, commentent
avec une véhémence farouche le texte, en en répétant
les mots de façon obsessionnelle. De plus, leurs interventions
concluent chaque période par les huit premières notes
du cantique à l’unisson et à l’octave…»
[page
341] : «…le début de la ritournelle de la
cantate BWV 111 évoque grandement le début de la
cantate BWV 26 dans la même tonalité de la mineur…
dans les deux cantates [BWV 111 et 26] le chœur d’entrée
est construit de façon semblable…»
DÜRR
: «…Dans le chœur d’introduction, la mélodie
du choral (au soprano + corno, partie tenus par le cornet à
bouquin (dans notre enregistrement - Erato) s’insère
verset par verset dans une partie concertante pour l’orchestre,
dont le thème distinct reflète le caractère
éphémère de la vie par les fugitifs glissements,
ascendants et descendants, de doubles croches en mouvements
parallèles. L’image est la même dans les parties
vocales qui font contrepoint à la mélodie du choral
pour s’unir à la fin de chaque verset dans une citation
du début de cette mélodie à l’unisson ».
GARDINER :
« Le ritornello
instrumental de la fantaisie de choral initiale est un stupéfiant
spécimen de friandise [?] musicale. Bien avant la première
exposition de l’hymne de Franck (sopranos doublées par
le cornetto), Bach établit une comparaison entre la vie de
l’homme et l’apparition d’une brume appelée
à bientôt se dissiper. Gammes enlevées,
croisements successifs, jonctions et ruptures, finissent par créer
un climat de vapeur fantasmatique – brillante réélaboration
d’une idée qui lui était initialement venue à
Weimar [1714-1716], une version simplifiée de l’hymne de
Franck » (BWV 644).
GÉROLD
: «…Pour décrire la vie fugitive de l’homme
dans le choral Ach wie
flüchtig, Bach
fait glisser sans relâche dans la mélodie des motifs
légers en doubles croches ».
HIRSCH
: Die Zahl.
Le chiffre 80. Le chœur chante successivement 80- 80 –
81 – 80 – 80 notes, soit un total de 402 notes réparties
en 5 interventions. Signification non connue
HOFMANN
: «…L’introduction
instrumentale au chœur d’ouverture illustre dès la
première mesure avec de courts accents en accords séparés
par des silences et des motifs rapides à l’allure de
gammes au caractère éphémère et fugace
évoqué par le texte ; on entend ensuite un
passage tout à fait enjoué aux bois et aux cordes qui
font entendre les différents motifs dans une rapide
alternance. Au niveau formel, Bach suit en majeure partie son modèle
favori de mouvement initial de cantate-choral : un choral,
encadré par une ritournelle à l’orchestre à
la thématique indépendante d’où
proviennent les intermède, expose chaque vers, l’un
après l’autre. La mélodie du choral est reprise
en cantus firmus
dans de longues valeurs de notes par les sopranos qui, comme dans
plusieurs autres cantates de l’année, sont ici doublés
par un cor. Les voix inférieures font un contrepoint au cantus
firmus mais, cette
fois, ne procèdent pas de manière imitative mais plutôt
de manière homophonique entre elles. Un passage
particulièrement frappant se situe à la fin de chaque
section chorale où les trois voix inférieures déclament
les vers isolés à l’unisson sous la forme
mélodique du début du choral ».
LEONARD
: «…Une cantate sombre avec tonalité de la
mineur. Premier mouvement rapide et furieux comme un motet avec
l’ensemble instrumental ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 107/108] : «…Les figures enjouées des
violons et des hautbois qui tiennent lieu de ritournelle et
d’intermèdes dans le chœur d’ouverture
dessinent bien cette fugacité de l’existence. La
première strophe du choral est scandée en valeurs
longues par les soprano accompagnées d’un cor colla
parte, tandis que les autres voix bâtissent un contrepoint
subtil où chaque pupitre intervient de manière
homophonique…»
MARCHAND
[page 340] : « Exemple de mouvement d’ouverture dont
les proportions correspondent à des divisions simples 1/2, 1/3
et / ou 1/4.
Proportions :
A = 32 mesures.
A1
= 16 mesures. Ritournelle = 16 mesures, la
A2
= 16 mesures. Vers 1 à 3 = 12 mesures, la
Ritournelle
= 4 mesures, ré
B
= 33 mesures.
B1
= 16 mesures. Vers 4 à 6 = 16 mesures, la
B2
= 17 mesures. Ritournelle = 17 mesures, la. La 17e
mesure correspond à l’accord tenu à la fin du
morceau
Rapports :
A et B = 1/2
A1, A2, B1
et B2 = 1/4
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- Les mélodies
simultanées, page
124] : L’emploi des voix à l’octave – une
mélodie qui est chantée à la fois par des voix
élevées et des voix basses (in
Unisono, ou all’
Ottava) reste toujours
perceptible et se distingue au milieu de la plus forte rumeur des
instruments (Johann Adolphe Scheibe, 1739).
ROMIJN :
« …d’entrée, des lignes vocales
fuyantes, errantes, brutales, nuageuses, envahissent le discours
musical de l’orchestre…»
SCHWEITZER
: «…Le texte du choral « Ach
wie flüchtig, ach wie nichtig »,
compare la vanité des choses d’ici-bas au brouillard que
nous voyons se former et disparaître aussitôt. Cette fois
encore, c’est par un ingénieux mouvement de gammes que
le maître traduit cette image ; vingt ans plus tard, il
écrira sur ce même choral (la cantate n° 26), un
chœur qui ne sera qu’une sorte d’agrandissement de
ce petit tableau musical. Le même dessin, en plus vigoureux, se
retrouve dans le premier chœur d’Eole satisfait (BWV
205), où les vents impétueux chassent devant eux les
nuages d’automne » » [+ Exemples
musicaux].
Page
233 : Le mouvement des nuages = gammes parallèles
contraires.
2]
ARIE TENOR. BWV 26/2
SO
SCHNELL
EIN RAUSCHEND WASSER
SCHIEßT,
/ SO
EILEN
UNSERS LEBENSTAGE.
| DIE
ZEIT
VERGEHT,
DIE
STUNDEN
EILEN,
/ WIE
SICH DIE TROPFEN
PLÖTZLICH TEILEN,
/ WENN
ALLES
IN DEN ABGRUND
SCHIEßT
(ou
Wustmann :
Fließt).
Aussi
hâtivement que les eaux mugissantes / s’écoulent
les jours de notre vie. / Le temps passe, les heures s’enfuient
/ semblables aux gouttes qui soudain se fractionnent / lorsque tout
descend à l’abîme.
Paraphrase
de la strophe deuxième du cantique de Franck.
Ut
majeur (C dur), 198 mesures, 6/8.
BGA.
Jg. V1. Pages 200 à 207 | ARIA. | Flauto traverso
Solo. | Violino Solo. | Tenore. | Continuo. | Dal Segno.
NEUMANN. en
forme quatuor : Querflöte, Violine (solo), Tenor, B.c. Da
capo.
BLANKENBURG
: «…Le premier air vise entièrement à
suggérer l’image de la course éperdue des eaux au
moyen de longues chaînes de doubles croches tant aux deux
instruments obligés (flûte et violon) que dans la partie
de chant ».
BOMBA:
« la vitesse à laquelle les jours de la vie
s’écoulent comme de l’eau est symbolisée
musicalement par les flûtes, les violons et la voix du ténor…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 145/146] : «…figures
rapides des instruments, vocalise du ténor sur « eilen,
schnell, Tage, teilen »
BRAATZ
[BCW. Provenance, 16 novembre 2002] : « Bach sur
l’autographe a écrit « unis
de Violini unis
[ono]
mais la pièce [2] n’a qu’un seul violon (Violino
1) ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1071 à 1075] :
« Cet air est à lui seul presque aussi long que les cinq
autres morceaux de la cantate réunis… la ritournelle
impose un long ruban de doubles croches figurant l’eau
courante… Les quatre instruments de ce quatuor se partagent
sans cesse ce motif ondulant que dès son entrée reprend
le ténor. So Schnell, disent les premiers mots :
l’indication est claire. schnell (vite), eilen
(s’enfuient), Tage (les jours), les mots
ne manquent pas pour susciter d’abondantes vocalises à
partir du motif d’ondulation…Passant en mineur, la
section médiane de l’air (B) poursuit les images, et en
ajoutent une tout aussi frappante, « montrant »
les gouttes d’eau qui se dispersent comme se délité
toute chose, en faisant littéralement éclater la
phrase, Wie sich die / Tropfen /plötzlich /
teilen ».
[Le
moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. , pages
15/16] : Figuralisme de l’eau courante, bondissante, qui
entraîne en un long ruban la ritournelle instrumentale et la
ligne de chant de la première aria. [+ Exemple musical de la
ritournelle].
CANTAGREL
[Bach en son temps / Le moulin et la rivière,
pages 15/16] : «…Le musicien (Bach) aime ces
figuralismes (sonores, de l’eau), mais ici ou là, leur
emploi montre bien souvent qu’il n’en attache pas moins
des connotations, voire des significations plus vastes, plus riches,
plus profondes aux emblèmes de ce cours d’eau dont il
porte le nom (Bach). L’eau courante, bondissante, qui entraîne
en un long ruban la ritournelle instrumentale et la ligne de chant de
(cet aria), sert d’une image simple : « Aussi
vite que s’écoule une onde murmurante, ainsi s’enfuient
les jours de notre vie. Le temps s’en va, les heures fuient… »
[+ Exemple musical de la ritournelle]…»
DÜRR
: «…Expressivité limpide dans cet air marqué
par l’image du torrent s’écoulant précipitamment,
figuré par des gammes rapides aux instruments et aux voix.
C’est seulement dans la partie centrale qu’apparaissent,
sur les mots « wie
sich die Tropfen plötzlich teilen »,
au lieu des gammes, des arpèges sur accords parfaits (ruptures
d’accords parfaits à la place des gammes), à peu
près comme la représentation des « gouttes
de mes larmes »
dans l’air « Buß
und Reu »
de la Passion selon
saint Matthieu…»
[« l’air des larmes », le numéro 10 de
la première partie].
GARDINER :
« Bach met en musique les vers de Franck pour ténor,
flûte, violon et continuo, chaque musicien devant
alternativement assumer différentes fonctions –
répondre, imiter, faire écho ou encore doubler tel
autre – tout en contribuant, chacun à sa façon, à
l’insistante fuite en avant du torrent dans sa chute
[illustration du texte « Aussi
hâtivement que les eaux mugissantes /
s’écoulent
les jours de notre vie »].
GOJOWY
: « …Dans le volume 11 Teldec des cantates par
Harnoncourt, série de vignette emblématiques dont l’une
pour le 24e
dimanche après la Trinité, dont le texte est proche de
« l’Ecclésiaste (Syra), XI, 5 ».
Les fruits de la vie sont ici comparés au travail du jardinier
entrain de bêcher. « Une forme historique, encore
extrêmement efficace à l’ère baroque, de
l’union d’art plastique et de poésie –tout à
fait au sens moderne des « multimédias »
- est représentée par le genre de l’emblème,
la réunion sous une devise d’un motif plastique riche de
symbole et d’un texte en vers de teneur moralisatrice ou
philosophique, atteignant son point culminant dans une sentence
récapitulatrice ».
HIRSCH
: Citation du choral, strophe 2. Mélismes
sur «Schnell »,
« Eilen »,
« Lebens
Tage ».
Colorature sur
« Alles »,
« Teilen »,
suivis de pause = « Hoquetus-Technik ».
Remarquer la construction de l’aria : partie A1 avec 32
mesures, A2 + 34 mesures, B1 + B2 + 34 mesures avant le da
capo. Die Zahl :
Dans la première partie « A », la flûte
joue 650 notes. La somme numérique des lettres depuis So
schnell… unsers
Lebens Tage donne
« 647 ». [page 72 : Mélisme :
Le ténor chante 43 notes (aux mesures 25 à 28 et 66 à
69) sur le mot « eilen
– s’enfuient »
HOFMANN
: « L’air pour ténor décrit avec les
parties instrumentales de flûte et de violon, puis avec la
voix, l’image d’un torrent, vu ici comme le symbole de
notre vie qui fuit ou les heures qui défilent sont comme des
gouttes d’eau ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 107/108] : «…Le ténor déplore
que « les
jours de notre vie s’écoulent aussi hâtivement que
les eaux mugissantes »,
d’où le tumulte d’un torrent dépeint par la
flûte et le violon sur un rythme vif, tandis que le chanteur
adopte le même débit précipité, avec des
vocalises acrobatiques sur les mots « schnell »
ou « eilen »,
ou encore lorsqu’il évoque les heures qui passent,
semblable à des gouttes d’eau… »
PIRRO
[L’esthétique
de Jean-Sébastien Bach -
La formation rythmique
des motifs, page
106] : «…Motif en grandes vocalises fuyantes
associées aux mots « schnell
- rapidement »,
« laufen
– courir »,
« Lauf –
course ».
[+ Exemple musical, BG. 26, V1,
page 200]. Renvoi aux cantates BWV 22/3, BWV 62/3 et BWV 70/9.
ROMIJN :
« L’aria de ténor la plus longue que Bach ait
écrite [?] joue sur l’alternance entre passages de flûte
et passage de violon entrelacés autour de la voix ;
peut-être la fluidité ondulante des lignes
instrumentales est-elle censée représenter les eaux
vives qu’évoque le texte, en particulier le mot
« schnell
– vite »
et « eilen
– se presser ».
SMITH
[BCW] : « L’une des arias les plus virtuoses dans
tout Bach »
SUZUKI
: « La plupart des parties originales ont été
copiées du manuscrit original de Bach par Johann Kuhnau, mais
la partie d’orgue au complet, à l’exception d’une
très petite section, sont de la main même du
compositeur. Le second mouvement montre clairement l’indication
« Aria
tacet ».
Nous avons donc décidé de recourir au clavecin plutôt
qu’à l’orgue dans ce mouvement ».
WHITTAKER
[volume 2, page 360] : «… De loin par son nombre de
mesures, le plus long air de Bach et l’un des plus exigeants.
Peu de chanteurs possèdent la flexibilité de la voix et
le contrôle de la respiration pour maintenir sa vélocité
et ses notes répétées dans la seconde partie :
« Die Zeit
vergeht… » ;
la couleur, l’impétuosité combinées à
la virtuosité de l’interprétation ».
[Importance
des verbes d’action : Elen,
Vergeht. Schießt, Teilen.
Vocalises et image madrigalesque sur Alles.
Ruissellement
en doubles croches sur Schießt].
3]
REZITATIV ALT. BWV 26/3
DIE
FREUDE
WIRD ZUR TRAURIGKEIT,
/ DER
SCHÖNHEIT
FÄLLT ALS EINE BLUME,
/ DIE
GRÖßTE STÄRKE
WIRD GESCHWÄCHT, / ES
ÄNDERT SICH DAS GLÜCKE
MIT DER ZEIT,
/ BALD
IST ES AUS MIT EHR
UND RUHME,
/ DIE
WISSENSCHAFT,
UND
WAS EIN MENSCHE
DICHTET (ou Mensch
erdichtet,
Wustmann), / WIRD
ENDLICH DURCH DAS GRAB
VERNICHTET.
La
joie se transforme en tristesse, / la beauté se flétrit
comme une fleur, / la plus grande force devient faiblesse, / la
fortune change avec le cours du temps, / c’en est bientôt
fait de l’honneur et de la renommée. / La science et
toutes les créations de l’esprit humain / sont
finalement anéanties par la tombe.
Ut
majeur (C dur), 10 mesures, → mi mineur (e-moll), C.
BGA.
Jg. V1.
Page 207 | RECITATIVO. | Alto. | Organo e Continuo.
NEUMANN.
Récitatif secco.
BLANKENBURG
: «…Le récitatif suivant à beau être
traité en secco, une figure de triples croches attire d’emblée
l’attention de l’auditeur…sur le mot « Freude ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 1071 à
1075] : « Ce bref récitatif s’ouvre par une
extraordinaire vocalise de triples croches sur le mot Freude…»
[+ citation d’André
Pirro. Voir ci-dessous].
HIRSCH
: «…Texte empruntant aux strophes 3, 4, 5, 6 et 7 du
cantique de Franck. Mélisme sur « Freude ».
Accord de 7e
sur « Traurigkeit »
HOFMANN
: «…Le récitatif évoque comment la joie se
transforme en tristesse –une vocalise d’une extrême
étendue débouche sur une dissonance inquiétante
–Telle la beauté qui se flétrit et la mort qui
anéantit tout ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 107/108] : «…la joie se transforme en
tristesse… au fil d’une vocalise très étendue
qui débouche sur une dissonance inattendue…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- La formation
rythmique des motifs, pages
109 à 111] : «…Les thèmes de la joie se
développent avec ampleur, d’un mouvement vif et uni,
sans heurt ni précipitation. Il n’est pas de traduction
rythmique plus fréquemment employée par Bach que
celle-là…Le thème de la joie, longues vocalises
de jubilation. [+ Exemple musical sur le mot « Freude »,
BG. V1, page 207]. Nombreux renvois aux cantates BWV 71/7, 150/7,
162/5, 155/7, 83/1, 156/4, 15, 80/6, 180/4 et 170/3 ».
[page
192] : Le
commentaire de l’accompagnement instrumental
: L’opposition entre la joie exubérante, qui se
manifeste largement et la douleur concentrée, âpre, qui
déchire le cœur en secret, est marquée avec une
merveilleuse vérité dans le récit d’alto…
Une vocalise redondante se déploie sur les premiers mots,
accompagnée d’une ample harmonie de sixte, mais les
dernières paroles ont une déclamation brève qui
pénètre, supportée par un accord passionné.
[+ Exemple musical] ».
SCHLOEZER
: « Il arrive cependant que la référence à
la structure de l’espace sonore s’avère
insuffisante. Tel est le cas entres autres des grandes vocalises de
jubilation. Leur tradition, on le sait, remonte aux polyphonistes du
XVIe
siècle [Exemple musical n° 99). l’allégresse
que respirent ces vastes arabesques tient pour une certaine part à
la simplicité, à la solidité de l’harmonie,
car elles se déroulent dans les limites d’une série
diatonique déterminée. Que l’on apporte à
cette harmonie le moindre trouble par quelques chromatismes, par
l’introduction, soit au chant, soit à l’accompagnement,
de sons étrangers à la gamme mise en jeu, et la
vocalise modifiée apparaîtra chargée d’un
sens psychologique différent. On trouve un exemple frappant
d’un tel procédé dans le récit d’alto
de la cantate Ach wie
flüchtig, ach wie nichtig,
où précisément sur les paroles « la
joie se change en tristesse »
[Exemple musical n° 100]). Mais la principale raison de
l’impression spécifique qui se dégage des
vocalises de jubilation, c’est leur caractère charnel,
réaliste : elles composent en effet et organisent en
utilisant le matériau de la musique ces modulations de la
voix, ces exclamations qu’arrache l’émotion à
une âme débordante d’enthousiasme et qui dans ses
efforts pour se délivrer, pour exprimer son ravissement ne
peut et ne veut s’arrêter mais accumule les répétitions,
les amplifications jusqu’à en perdre le souffle. Il
s’agit donc ici de l’incorporation à l’œuvre
des signes dits organiques de la joie. Il s’agit de symboles,
de signes expressifs esthétiques ».
SMITH
[BCW] : «…Ce récitatif secco pour alto débute
sur un mélisme élaboré : Freude ».
WESTRUP
: «…Exemple musical 23. Le contraste très
expressif par une « coloratura »
sur « Freude »
suivie d’une 7e
diminuée sur « Traurigkeit ».
WOLFF
: «…Ample mélisme sur le mot Freude,
en triples croches ».
Transition
dans le discours. Les verbes utilisés sont plus statiques que
dans (2 verbes d’action], tels « Wird
zur/ se transforme –
Fällt
/
se
flétrit
– Wird
/ devient –
Ändert
/ change – Wird
endlich
/ sont finalement, etc.]
4]
ARIE BAß. BWV 26/4
AN
IRDISCHE SCHÄTZE
DAS HERZE
ZU HÄNGEN, / IST
EINE VERFÜHRUNG
DER TÖRICHTEN WELT.
| WIE
LEICHTLICH ENTSTEHEN VERZEHRENDE
GLUTEN,
/ WIE
RAUSCHEN UND REIßEN DIE WALLENDEN
FLUTEN,
/ BIS
ALLES ZERSCHMETTERT
IN
TRÜMMERN
ZERFÄLLT.…
Attacher
son cœur aux trésors terrestres / c’est là
une tentation de ce monde insensé. / Que les flammes
dévorantes naissent avec facilité, / que les flots
bouillonnants mugissent et se brisent / jusqu’à ce que
tout retombe anéanti, en ruines !
Mi
mineur (e moll), 119 mesures, C.
BGA.
Jg. V1.
Pages 208 à 215 | ARIA. | Oboe I. | Oboe II. | Oboe III. |
Basso. | Organo e Continuo.
NEUMANN. Bläsersatz :
Oboe I-III ; B.c. Baß. Libre
Da-capo (reprise prélude instrumental, mesures 2 à 17).
Exposition
instrumentale, versets 1-2 – motif – versets 3-4-5, motif
– reprise versets 1-2. Postlude.
BASSO
: «…Il s’agit en effet d’une danse macabre,
d’une condamnation de ce monde insensé traduite par le
biais de l’hallucinante symbolique qu’avait imaginée
la culture médiévale pour donner au sens de la mort un
caractère plus sombre et plus pervers ; mais retournant
complètement les termes du drame, Bach nous dépeint
cette mort dans le style d’une galanterie, comme s’il eut
décelé en elle des traits de douceur. »
BLANKENBURG
: «…Une bourrée, une danse en mesure alla
breve que son inexorable progression tout au long des 119
mesures a fait comparer à une danse macabre ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 145/146] : «…Aria
de forme A, B, C…»… C’est l’aria de
basse avec trois hautbois sur un rythme de bourrée qui
constitue l’acmé de la cantate, sorte de danse macabre
et grotesque avec des traits rapides et chromatiques en son centre
pour évoquer encore des « flots
bouillonnants ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 1071 à
1075] : « Dans la tonalité sombre de mi mineur, cet
air aux paroles terribles se déploie sur le rythme d’une
joyeuse bourrée en mesure alla
breve ; c’est
bien d’une danse qu’il s’agit ici, mais d’une
danse macabre. Le chœur des trois hautbois qui l’escortent
dès la ritournelle lui confère en effet l’allure
d’une danse populaire, mais aux accents grinçants,
grimaçants…mais c’est dans la section médiane
que prolifèrent les images d’une catastrophe sans
précédent : l’effroyable grondement de la
basse continue…les traits de doubles croches…les
vocalises affolées sur Zerschmerttert…»
DÜRR
: «…Le rapport au texte est instauré différemment
dans le deuxième air (par rapport à [2], dont le rythme
de danse –il s’agit d’une authentique bourrée
- Chafe [BCW] parle de « Gavotte. [En fait d’après
Braatz, les spécialistes de la danse disent que ce mouvement
n’entre dans aucune de ces catégories !] se
fait l’illustration de ce « monde insensé »
(Übricht Welt)
et de ses séductions. La tonalité mineure, la sonorité
du hautbois et, dans la partie centrale, la réapparitions des
gammes qui se précipitent dans les profondeurs viennent
rappeler à l’auditeur le véritable caractère
de ce monde en faisant de la danse non un joyeux agrément,
mais une macabre danse des morts ».
GARDINER :
«…voici Bach confronté à l’évocation
du fracas des éléments, à ce moment précis
où « tout se précipite et se brise en mille
morceaux [dans le texte : «…que
les flots bouillonnants mugissent et se brisent…»
Il fait appel dans sa « Totentanz »
à trois hautbois et au continuo pour soutenir la basse
soliste dans une railleuse bourrée. Alors que l’on
attendrait de cette trinité de hautbois qu’elle instaure
un climat de faste terrestre… leur rôle, à partir
de la vibrante entrée du chanteur, devient progressivement
plus subversif et pictural, d’abord dans l’accompagnement
lancinant qui semble saper l’élaboration de ces
« trésors
terrestres »…puis
par les figures déchiquetées censées représenter
les langues de feu qui bientôt les réduiront en cendres,
enfin par des gammes en doubles croches précipitées et
des accords à 6/4, à l’image de ces « flots
jaillissants »…»
HIRSCH
: Texte tiré de la 10e
strophe du cantique de Franck. « Totentanzstimmung
charakterisiert »
= citation d‘Alfred Dürr. Arthur Hirsch
évoque Breughel et J. Bosch. Mélisme sur
« Zerschmettert.»
La somme numérique de « An
irdische Schätze … zu Hängen »
est 368 ; la basse chante 368 notes »… [page
72 : la basse et le continuo sur 171 notes (mesures 44 à
52), depuis le début de la section B jusqu’au mot
« Zerschmettert »
dont la valeur numérique est précisément le
nombre «171 ».
HOFMANN
: «…L’air pour basse écrit pour un effectif
inhabituel de trois hautbois constitue un véritable bijou
comme on ne s’y attend que dans une cantate profane. Le refus
« Törichte
Welt »
opposé au vers « An
irdiche Schätze das Herze zu hängen…est
traduit musicalement dans le langage terrestre, c'est-à-dire
dans la forme d’une danse de cour, la bourrée ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 107/108] : «…une aria très lyrique…sur
un rythme de bourrée sarcastique avec les ponctuations
staccato
des trois hautbois…»
ROMIJN :
«…une fascinante aria de basse dans laquelle les bois
jouent une sorte de danse macabre assez sarcastique : la
tentation des choses matérielle mènera irrémédiablement
à la ruine ».
WOLFF
: «…Inhabituel trio de hautbois ».
WHITTAKER
[page 363] : «…Le côté pompeux de la
première phrase rappelle un peu le côté
« opératic » de Haendel…»
[Opposition
des mots : « Gluten
– Fluten :
Flammes / Eau. Vocalises sur et Zerschmettert ;
Torichten.
Rythme martelé au caractère pompeux. Opposition forte –
piano suivant les paroles des versets à l’instrumentation] ».
5]
REZITATIV SOPRAN. BWV 26/5
DIE
HÖCHSTE
HERRLICHKEIT
UND PRACHT
/ UMHÜLLT
ZULETZT DES TODES
NACHT
/ WER
GLEICHSAM ALS EIN GOTT
GESESSEN, / ENTGEHT
DEM STAUB
UND ASCHE
NICHT, / UND
WENN DIE LETZTE
STUNDE
SCHLÄGET,
/ DAß MAN IHN ZU
DER ERDE
TRÄGET,
/ UND SEINER HOHEIT
GRUND
ZERBTRICHT, / WIRD
SEINER GANZ VERGESSEN.
La
plus haute splendeur et magnificence / est finalement recouverte par
la nuit de la mort. / Celui qui trôna semblable à un
Dieu / n’échappe pas à la poussière et à
la cendre, / et lorsque sonne sa dernière heure / et qu’on
le porte en terre / et que s’écroulent les assises de sa
grandeur, / il sombre entièrement dans l’oubli.
Sol
majeur (G dur) →
mi mineur (e moll), 9 mesures, C.
BGA.
Jg. V1.
Page 215 | RECITATIVO. | Soprano. | Organo e Continuo.
NEUMANN.
Récitatif secco. Sopran,
B.c.
HIRSCH
: Texte tiré des 10e
et 11e
strophes du cantique de Franck.
HOFMANN
: «…Le récitatif nous ramène à une
méditation sur la fugacité de la vie et de l’agitation
humaine ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- Direction des motifs,
page 31] : Motif descendant sur « Zu
der Erde träget »
[+ Exemple. musical].
SMITH
[BCW] : «…Ce bref récitatif pour soprano tente
d’apporter une note de « bénédiction »
que le choral suivant ne confirme qu’à peine ».
[« Letzte
Stunde Schläget - sonne sa dernière heure».
Une expression souvent illustrée par Bach ; par exemple
dans la cantate BWV 73…]
6]
CHORAL. BWV 26/6
ACH
WIE FLÜCHTIG, ACH WIE NICHTIG / SIND
DER MENSCHEN
SACHEN !
/ ALLES,
ALLES, WAS WIR SEHEN, / DAS
MUß FALLEN UND VERGEHEN ; / WER
GOTT
FÜRCHT’, BLEIBT EWIG STEHEN
Hélas,
combien éphémère, combien vaine / sont les
choses humaines / tout, absolument tout ce que nous voyons / doit
s’abîmer et disparaître ; / Mais celui qui
craint Dieu demeure éternel.
Treizième
et dernière du cantique Ach
wie flüchtig, ach wie nichtig (1652)
de Michael Franck.
[Cantique
« inhabituel » selon Smith, Craig...
Effectivement et à part BWV 644, unique citation dans l’œuvre
de Bach].
BGA.
Jg. V1.
Page 216 | CHORAL. | Soprano. /Corno. Flauto traverso. Oboe I. II.
Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe III. Violino II. coll’
Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Organo e Continuo.
La
mineur (a moll), 10 mesures, C.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé ; ensemble instrumental.
SCHMIEDER.
Sopr., Alto, Ten., Basso ; Instrumente : Corno,
Flauto trav., Ob. I, II, Viol. I col Sopr., Ob. III, Viol. II
coll’Alto, Vla. col Ten.)
Org. E
Cont.
BLANKENBURG
: «…S’enchaîne le choral dans sa forme
accoutumée encore que la sobriété en soit ici
atténuée par les notes de passage se présentant
surtout au ténor et à la basse, procédé
voulant lui aussi suggérer l’incessante marche du
temps ».
BOYER
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
page
104] : «…Mélodie de choral de type 1, choral
harmonisé colla
parte ».
Il est à noter que l’incipit de la mélodie :
montée d’une tierce mineure - point d’orgue –
montée d’une tierce majeure – nouveau point
d’orgue, puis descente à la tonique initiale –
troisième point d’orgue, illustre également par
sa simplicité absolue le dénuement de la vie humaine
selon la rhétorique chère à la période
baroque. »
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach, pages 1071 à
1075] : « Cette dernière strophe commence par les
mêmes mots que la première…harmonisée
comme de coutume en homophonie. Aux cordes doublant les voix
s’ajoutent le cor, le traverso et les deux premiers hautbois
pour donner tout son éclat à la mélodie…»
HIRSCH
: «…Texte, celui de la 13e
strophe du cantique de Franck ».
HOFMANN
: «…Promesse de l’éternité pour qui
craint Dieu ».
SMITH
[BCW] : «…l’utilisation de ce choral est
inhabituelle, une seule ligne mélodique. Les deux premières
phrases en sont courtes, une mesure chacune, les quatre dernières
plus longues comportent deux mesures. Démarche des cordes et
des vents sur huit notes répétées et démarche
obstinée de la basse ».
WHITTAKER
[page 360] : «…La strophe 13 sert au choral final. La
première phrase est identique à [1] ».
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inc. New York. 1911-1966
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Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE
BWV 26
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie
discographique établie par Aryeh Oron.
13
références (septembre 2002 – mai 2011) + 5
mouvements individuels (septembre 2002 – septembre 2010).
Exemples
musicaux (Audio) : Aryeh Oron (février 2003 –
janvier 2005).
8]
GARDINER (volume 19) The Monteverdi Choir. The English Baroque
Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor : William
Towers.
Ténor
: Paul Agnew. Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage, Romsey
Abbaye (GB). 30 janvier 2000. Durée: 15’26.
CD
SDG 115 (Soli Deo Gloria). 2000-2006. Avec les cantates BWV 81, BWV
14, et le motet BWV 227
3]
HARNONCOURT (volume 7). Wiener Sängerknaben & Chorus
Viennensis. Concentus Musicus Wien. Soprano : jeune soliste du Wiener
Sängerknaben
(pas de nom). Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse
: Sigmund Nimsgern. Vienne. 1973. Durée : 16’37.
Disque
Teldec SKW 7/1- 2 BR 2 Das
Kantatenwerk
, volume 7. 1973
CD
Teldec 8.350353
242 503-2. Das
Kantatenwerk, volume
7. 1985. Avec la
cantate BWV 27
CD
Teldec 4509-91756 2 / 6.35033Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas.
Volume 2. Coffret de six CD avec les cantates BWV 20 à 36
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 1. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à
14 et BWV 16 à 47
Reprise
CD Warner Classics 8573
81207-5. Intégrale en CD séparés, volume 9.
2006. Avec les cantates BWV 27 et 28
9]
KOOPMAN (volume 14). Amsterdam Baroque orchestra & Choir.
Soprano : Lisa Larsson. Alto : Annette Markert.
Ténor :
Christoph Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk,
Amsterdam (NL), 28 février et 6 mars 2000. Durée :
14’23
CD
Antoine Marchand Challenge Classics CC 72214. 2003
7]
LEUSINK. Holland Boys choir. Netherlands Bach Collegium. Soprano :
Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meel.
Basse
: Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL), novembre
et décembre 1999. Durée :
16’26.
Bach
Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 11 – Cantates,
volume 5. Avec les cantates BWV 164 et 139
Reprise
Bach Edition. CD Brilliant Classics III 93102 25/71. 2006
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une
nouvelle édition „augmentée“ (157 CD) + les
partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon
saint Jean
et saint
Matthieu.
*13]
LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda
Pratica / Schola Seconda Pratica. Église évangélique
de Trogen (CH)
DVD
Live, 20 novembre 2009. Coffret DVD Gallus Media. Bach Anthologie
2009. J.S. Bach Stiftung. St. Gallen. Zurich 2010
*12]
NELSON, Ralph. Bach Cantata Choir. Portland. Oregon (USA). 11 avril
2007. CD Bach Cantata Choir 6. Distribution EU ?
*10]
OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. CD
Bach-Chor Tokyo (Japan). Live : 10 mai 2003.
Durée :
18’01. CD Bach-Chor Tokyo. BACHCD 03 (volume 3). Chanté
en japonais. Avec la cantate BWV 21
2]
RICHTER. 1er
enregistrement : Münchener Bach-Chor & Orchester. Soprano :
Ursula Buckel. Contralto : Hertha Töpper. Ténor : Ernst
Haefliger.
Basse : Theo Adam. Herkules Saal. Munich. Octobre 1966. Durée
15‘27
Disque
Archiv Produktion
198402. 1967. Avec la cantate BWV 106
5]
RICHTER. 2e
enregistrement. Munchener Bach-Chor. Munchener Bach-Orcester. Soprano
: Edith Mathis. Alto : Trudeliese Schmidt.
Ténor
: Peter Schreier. Basse : Dietrich Fischer-Dieskau. München,
Hercules-Saal octobre 1977 – mai 1978.
Durée : 17‘32
Disque
Archiv Produktion. Avec les cantates BWV 80 et 116. 1978
Reprise
en coffret de six disques. Archiv Produktion 2722-030/2564
177. Volume V. Dimanches après la Trinité II. II. 1979.
Avec
les cantates BWV 115 et BWV 139.
Reprise
en coffret de 3 CD Archiv Produktion 413646-2. J.S.
Bach / Compact Disc Edition.
Avec
les cantates BWV 61, 4, 56, 51, 106, 147 et 80
Reprise
en coffret de 26 CD (Intégrale des enregistrements de Karl
Richter) Archiv Produktion 439397-2. Sonntage
nach Trinitatis II.
Volume
V/3. 1994. Avec les cantates BWV 115, 139 et 60
Pas
de cor dans cette version. Richter utilise l’orgue qu’il
joue lui-même colla
parte avec le soprano.
6]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium
Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Alto : Doris Soffel. Ténor
: Adalbert Kraus.
Basse
: Philippe Huttenlocher. Gedächtniskirche Stuttgart (D). Octobre
1979 et avril 1980.
Durée : 14‘40
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98713. 1981.
Avec la cantate BWV 139
Disque
(D). Reprise sous le label Claudius Verlag CLV 71963. 1985.
Avec la cantate BWV 67
CD.
Die Bach Kantate
(volume 59).
Hänssler Classic Laudate 92.059. Avril 1980
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 8). Hänssler-Verlag 92.008. 1999. Avec les cantates BWV
23 à 25
4]
ROTZSCH. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Soprano :
Regina Werner. Alto : Rosemarie Lang.
Ténor :
Peter Schreier. Basse : Hermann Christian Polster. Église
Paul Gerhardt, Leipzig, mai 1977. Durée : 17’04.
Avec
les cantates BWV 173 et 173a
Disque Eterna
(ex RDA) Leipzig
Classics. Bach
Kantaten ».
Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. 1978.
Avec
la cantate BWV 106
Reprise
CD Berlin Classics 0090362BC. 1995. Avec les cantates BWV 173a et BWV
173
Reprise
CD Leipzig Classics Bach
made in Germany.
Volume IV/5. Corona
Classics, 15/9/1996. Avec les cantates BWV 80 et 137
11]
SUZUKI (volume 28). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari
Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor :
Makoto Sakurada.
Basse :
Peter Kooy. Kobe
Shoin Women‘s University Chapel. Japan.
16 et 19 mars 2004. Durée : 14’48
CD
BIS SACD-1451. RFA, septembre 2005. Distribution en France, octobre
2005. Avec les cantates BWV 62, 139 et 116
1]
WERNER. Heinrich-Schütz-Chor
Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Soprano : Friederike Sailer.
Alto : Claudia Hellmann.
Ténor
: Helmuth Krebs. Basse : Erich Wenk. Enregistré à
Ilsfeld (D) à l‘automne 1961. Durée : 18’27.
Disque
Erato mono LDE 3205. Reprise en stéréo STE 50085 dans
la série Les
Grandes Cantates.
Reprise
disque Erato STU 70085 « Les
Grandes Cantates »,
volume 10. Avec les cantates BWV 61 et 130
Reprise
en coffret de 2 CD Erato 4509-97407-2. Coffret n° 2.1994. Avec
les cantates BWV 8, 43, 61, 85, 130 et 182
Reprise
en coffret de 10 CD Warner Classics 2564 61402-2 (volume 2). 2004.
Avec les cantates BWV 56, 98 et 90
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 26
M-1.
Mvts. 1 et 6] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir / Bach
–Orchester Berlin. Fin des années 1950 ; fin des
année 1960. CD Baroque Music Club « Soli Deo
Gloria, volume 4.
M-2.
Mvts 1 et 6]
Helmuth Rilling, Orgel. Figuralchor der Gedächtniskirche
Stuttgart (D).
Mai 1963 et mars 1965
Disque
Bärenreiter Musicaphon mai 1965. Volume
III. Orgelchoräle und Choralsätze zu Pfingsten und
Trinitatis.
Das
Orgelbüchlein,
BWV 644.
Reprise
CD Cantate C 57609. 1995. Avec les première et deuxième
strophes du cantique “Ach,
wie flüchtig, ach, wie nichtig”.
M-3.
Mvt. 2] John Metz. ASU Early Music Ensemble. CD Arizona State
University : School of Music. Tempe (USA), 26 avril 1990.
M-4.
Mvt. 2] Peter Schreier. Solo
Kantaten und Arien.
Kammerorchester Carl Philipp Emanuel Bach. Août 1994. CD
Philips.
M-5.
Mvt. 1] Transcription pour piano (Rummel). Jonathan Plowright. 7 et
10 juillet 2005. CD Hyperion 67481/1.
Helmuth
Rilling : Das
Orgelbüchlein,
BWV 644. H. Rilling. Disque cantate, Mai 1963 – mars 1965
Volume
III. Orgelchoräle und Choralsätze zu Pfingsten und
Trinitatis. Orgelbüchlein,
n°153 (BWV 644).
Première
et deuxième strophes du cantique “Ach,
wie flüchtig, ach, wie nichtig”.
Helmuth
Rilling, Orgel. Figuralchor der Gedächtniskirche Stuttgart.
Disque
Bärenreiter Musicaphon mai 1965. Reprise CD Cantate C 57609.
1995
Le
choral tiré de l’Orgelbüchlein,
le BWV 644, a et est fréquemment enregistré par
ailleurs. Renvoi, à titre d’exemple, aux versions de
Charles Ablitzer, (CD Harmonic 1985 Michel Chapuis (CD Valois), et au
Ricercar
Consort (CD Ricercar 1992), etc.
Dans
son ouvrage Jean-Sébastien
Bach / Génie
allemand ? Génie latin ? Norbert
Dufourcq, sous le numéro erroné 20 donne deux
références discographiques : orchestre Addler’s
wells, directionWalton : Disque HMV. C 3179 (GB) et Victor 13753
(USA)
C.
Role. Octobre 2011
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