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Cantata BWV 195
Dem Gerechten muß das Licht immer wieder aufgehen
La lumière doit toujours se lever pour le juste
Commentary in French

TRAUUNG (Mariage)
Vers 1727, 1742, 1748-1749 ?

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Occurrence
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 195 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland |
E.K.G = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
|P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 195

Vers 1727, 1742, 1748-1749 ?

ANDERS : « … la cantate BWV 195 nous est parvenue dans trois versions présentant des écarts entre elles et composées à des dates différentes. Née vers 1727… elle fut rééxécutée vers 1742 sous une forme modifiée. Une autre exécution en eut encore lieu entre les mois d’août 1748 et octobre 1749. Pour celle-ci, Bach supprima les mouvements 6 à 8 et inscrivit de sa propre main… comme nouveau numéro six les deux strophes du choral de Paul Gerhardt…»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 598/599] : « Datation approximative… l’œuvre dut connaître au moins deux versions, dont la première était constituée de huit numéros alors que la seconde se limite à six, ceux-là mêmes qui figurent dans la partition qui nous est parvenue et qui cependant est précédée d’un livret contenant le texte entier, d’auteur anonyme
[Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 598] : « la variante porte sur la seconde partie de la composition (Post Copulationem) qui, initialement, était formée de trois morceaux : aria-récitatif-chœur, dont le premier et le troisième probablement repris de ou dans la cantate BWV 30a (n° 5 et 1 respectivement). Cette dernière œuvre ayant été exécutée le 28 septembre 1737, la première version de BWV 195 devait être postérieure à cette date et pourrait s’appliquer aux noces de Gottlob Heinrich Pepping, juriste et bourgmestre de Naumburg, avec Johanna Eleonore, fille du défunt pasteur de la Thomaskirche Wilhelm Schütz, noces qui furent célébrées le 11 septembre 1741… - La seconde version de l’œuvre, qui remplace, les morceaux 6-8 par un simple choral [BWV 195/6]… devrait se situer par contre dans les toutes dernières années, peut-être après 1747-1748. Il est possible toutefois que la version de 1741, ou supposée telle, ait été précédée d’une version « originale » antérieure d’au moins une décennie (vers 1727-1731) au sujet de laquelle il ne nous est pas donné de pouvoir fournir de renseignement précis, mais dont l’existence est suggérée par la nature du papier utilisé pour les parties séparées (dans BB / SPK St. 12) …»
BCW : « Une première version de la cantate vers 1727 – 1731 (perdue). Une deuxième version donnée à Leipzig vers 1742 (version incomplète). Une troisième version, à Leipzig, vers 148-1749, la version actuellement existante. Première exécution à Leipzig vers 1727-1732. Une deuxième exécution vers 1742. Une dernière et troisième exécution, toujours à Leipzig, vers 1748-1749.
CANTAGREL : «…La cantate, telle qu’elle est publiée dans la Neue Bach-Ausgaben, date de l’extrême fin de la vie de Bach, vers 1748-1749, plus précisément entre le mois d’août 1748 et le mois d’octobre 1749, où il perd définitivement la vue…»
DÜRR : «…L’œuvre a été créée dans les toutes dernières années de la vie de Bach… mais on peut prouver l’existence d’une version encore plus ancienne datant de 1742 et chantée après une célébration de mariage. Celle-ci avait comporté une deuxième partie complète à la place d’un choral. Elle se composait d’une aria, d’un récitatif et d’un choral final, l’aria et le choral était emprunté à la cantate « Angenehmes Wiederau » de 1737 et le seul le texte a été changé. Reste inexpliqué si la cantate date d’une version encore antérieure à la dernière, c’est à dire de 1727/1732, comme le laisse présumer le filigrane de la couverture qui porte le titre, ou si Bach s’est servi, par hasard, d’une feuille plus ancienne . Il reste donc sûr : une représentation autour de 1742 (la deuxième partie est complété) conservée comme fragment – Une exécution autour de 1743/49 (deuxième partie, choral) conservée dans sa totalité… peut-être la version antérieure a-t-elle retenti le 11 septembre 1741, lors du mariage de l’avocat consultant et maire de Naumburg, Gottlob Heinrich Pepping avec Anna Eléonora Schütz, la fille du pasteur défunt de l’église Saint-Thomas à Leipzig [et arrière petite nièce du musicien Heinrich Schütz …].
HERZ : Datation 1741-1749. Première, version : 1724 ? Révision vers 1730 ? troisième date : 9 novembre 1741.
HIRSCH : Classement CN 209 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). Entre 1728 et 1731.
MACIA : «…La partition annotée par Bach nous vient d‘une reprise à l‘occasion d‘un mariage indéterminé dans les toutes dernières années de sa vie… mais sa première exécution date assurment d‘une époque antérieure vers 1741 ou 1742, pour une autre cérémonie nuptiale et dans une version à priori plus longue mais perdue…»
NEUMANN : Environ ou avant de 1737 avec révision vraisemblablement vers 1741. Autres exécutions vers 1747-1748.
NYS, Carl de : « Le cas de la cantate BWV 195 est particulièrement frappant. Les nombreuses allusions à la justice dans le livret semblent bien indiquer que l’époux était un homme de loi : la tradition des conventions baroques va dans ce sens. Or, nous savons que Bach a dirigé la musique figurée pour le mariage du conseiller et maire de Naumburg, Gottlob, Heinrich Pepping avec Joahanna Eleonara Schütz, la fille de l’ancien pasteur de Saint-Thomas de Leipzig mais aussi l’arrière petite nièce de Heinrich Schütz, le 11 septembre 1741. Il s’agit donc très probablement de la cantate destinée à cette bénédiction nuptiale, d’autant que l’écriture de l’autographe se rattache bien aux manuscrits de cette période. Mais cet autographe contient aussi un livret comprenant après la bénédiction une aria, un récitatif et un chœur, dont le professeur Smend a pu démontrer qu’il était étroitement apparenté à la cantate BWV 30a Angenehmes Wiederau (datant de 1737). Il s’agit donc très probablement d’une version remaniée vers cette époque ; il n’est plus possible d’affirmer que c’est la cantate BWV 30a qui est originale, d’autant que le papier contenant cette musique est que Bach employait vers 1727/31, c’est à dire vers l’époque de la composition de la Passion selon saint Matthieu par exemple… De là à conclure qu’il y a eu trois versions de cette musique : 1727/31, 1737 et 1741, il n’y a qu’un pas facile à franchir. La version que nous connaissons n’est certainement pas originale comme telle ; il n’y a guère de cas de cantates de Bach où l’ensemble des instruments utilisés dans le premier chœur ne l’est pas dans le choral final ; on trouve d’ailleurs la mention originale « Hochedles Paarcouple très noble » qui a été remplacée dans la version que nous connaissons par « diesem neuen Paarce nouveau couple », ce qui laisse supposer que le premier livret, avec les huit numéros était destiné à un couple d’aristocrates ».
ROMIJN : «…Selon certains, cette cantate de mariage … daterait des dernières années de la vie de Bach, 1748 ou 1749 ; le catalogue BWV penche plutôt pour les années 1730. Il est vrai que Bach écrivit quelques nouvelles cantates très tard dans sa carrière, mais en puisant dans des œuvres plus anciennes. Ainsi la cantate BWV 195 existe-t-elle sous la forme de la cantate 30a, elle-même une cantate de mariage de 1737 dont Alfred Dürr soupçonne fortement qu’elle provient à son tour d’un ouvrage encore plus ancien…»
[Cette cantate donc exécutée plusieurs fois (sous réserve) entre 1727-1732 puis de 1742-1749, a subi, au cours de son histoire (selon Alfred Dürr), plusieurs modifications ; ce qui tendrait à prouver que pour un mariage donné, avec certaines adaptations instrumentales (et) ou de texte, elle servait en quelque sorte de « modèle » à Bach qui, selon les nécessités, n’hésitait pas à la réutiliser…]
SCHMIEDER : une version aux alentours de 1724 ainsi qu’une autre vers 1730 ne nous sont pas parvenues
WERNER : vers 1737, peut-être vers 1741 et révision et remaniement vers 1747-1748.
WHITTAKER : « Cantate conjecturalement placée en 1726… sans évidence…Ch. Terry pense que la date d’élaboration doit se situer vers 1726 ».

 

SOURCES BWV 195

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB Mus. ms Bach P 65 B. Berlin Deutsche Staatsbibliothek.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
BG. La partition autographe et les parties séparées étaient (en 1864) à la Bibliothèque royale à Berlin.
BRAATZ [Provenance] : « la partition fut acquise par Carl Friedrich von Zelter (1758 - 1832) puis acheter par la Bibliothèque royale de Berlin… La partition (1749) est l’un des seuls exemples connu où Bach composa sur un papier pré-imprimé [papier réglé].
LEMAÎTRE : « La partition nous est parvenue avec six morceaux… elle comporte cependant un livret relatif à la première exécution qui nous montre que la seconde partie comprenait trois pièces ; un air, un récitatif et un chœur final différent de celui que nous connaissons ».
SCHMIEDER : 22 feuilles et 44 pages écrites in 8° + 2 feuilles et 4 pages écrites, in 4° autographes.
Annotations de von Zelter, Carl Friedrich (1758-1832). Violoniste et chef d’orchestre. Ami de Goethe avec lequel il échangea une importante correspondance. Membre de la Singakademie de Berlin.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
BB / SPK St. 12 M. Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem,

BG. Titre pris à la couverture des parties séparées : « Copulations Cantata | Dem Gerechten muss das Licht immer wieder aufgehen à 4 Voci, 3 Trombe, Tamburi , 2 Hautbois è Fiauti [sic, pour Flauti ?], 2 Violini, Viola e Continuo di Joh : Seb : Bach »
La B.c est indiquée « Violone, Violoncello e Continuo ».
BRAATZ [Provenance] : « Johann Christoph Friedrich Bach semble avoir été l’un des copistes de la version de 1749…»
HERZ. Filigrane de la version présumée 1741 : « double tête d’aigle ». Filigrane « Lily » (non identifié ?) : la version située 1748.
Copistes « H » (années 1729 à la mort de Bach) « Vr » copiste 1730 à 1740. Anna Magdalena Bach... ?

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG. Jg. XIII1 (13e année). Pages 3 à 70. Préface de Wilhelm Rust (1864). Cantates BWV 195 à 197.
TRAUUNGS-CANTATEN. BWV 195, 196, 197 + Trois chorals. Vorwort].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I / BAND 33. TRAUUNGSKANTATE N
Bärenreiter Verlag BA 5010. 1957-1958 -2/1986. Herausgegeben Frederik Hudson. 4 fac-similés. KB 1958
BWV 195. Pages 173 à 243. Autographe Seite des Originalpartitur (2. T autographe) der Kantate BWV 195 (BB Mus. ms Bach P 65 Bl. 10r). Satz 2 und Beginn des Satzes 3.
Erste Seite der Soprano in Ripieno-Stimme der Kantate BWV 195 (BB Mus. ms Bach St 12, n° 5. Takte 1-41 sind autograph
Avec les cantates BWV 196, 34a, 120a et 197.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5010 41. 1958. Frederik Hudson.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER. Sämtliche Kantaten 14. Bärenreiter TP 1294.
Herausgegeben : Frederick Hudson 1957/1958.
Faksimile : BWV 10b, 197, 195.
BWV 195 + Choral Post Copulationem [6]. Pages 171 à 243. BAE. Sans date.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 3059. Réduction chant et piano = EB 7195. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 1765. Orch, voix, orgue et clavier par G. Schreck = OB 1798/99.
2010. Partition = OB 4695. Réduction chant et piano (56 pages) = EB 7195. Partition du chœur (Chorstimmen, 28 pages) = ChB 4695.
KALMUS STUDY SCORES. N° 857. Volume XLIII. New York 1968. Avec la cantate BWV 194.
PETERS : réduction chant et piano.

 

OCCURRENCE BWV 195

Pour un mariage.
Voir aussi les cantates BWV 34a, 120a, 196, 197 et XIV (Werner Neumann).
BOMBA : « Alfred Dürr suppose que le fiancé était juriste, vu que dans le récitatif n° 2, il est question de la « probité comme vertu…»

 

TEXTE BWV 195

1 à 5] Librettiste inconnu.
6] Cantique de Paul Gerhardt (1647) : Nun danket all und bringet Ehr.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 248] : « Bach employa très rarement le terme de cantate (et toujours en italien). Renvoi aux cantates BWV 30, 54, 56, 82, 84, 170, 173, 195 et 197 ».
DÜRR : «…la désignation de l’œuvre comme cantate de mariage est claire et on peut également dire que le fiancé devait être juriste d’après les allusions dans le texte qui étaient si populaires à l’époque (« pour le juste »… « vous, les justes »…»
NEUMANN [Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte, page177] : l‘auteur donne le texte d‘une l‘aria 6], d‘un récitafif [7] et d‘un chœur final [8] vraisemblablement parodiés, pour le numéros 6 et 8 de la cantate BWV 30a. Renvoi à Arnold Schering (1952).

 

GÉNÉRALITÉS BWV 195

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 598/599] : « La seconde partie se trouvant limitée à un simple choral, tout le poids de la cantate converge vers la première partie, celle qui précède la célébration du rite nuptiale proprement dit…»
MINCHAM [BCW] : «…une seule aria… Il est inhabituel que Bach puisse inclure deux grand chœurs dans une cantate de mariage… autre indice de l’importance de l’événement…»
WHITTAKER : « les cantates de mariage de grande dimension sont ordinairement en deux parties, placées respectivement avant et après la cérémonie. Ici, le texte d’une aria, d’un récitatif et d’un chœur prévus pour la seconde partie (la première partie est désignée « avant le mariage ») prévu par Bach, existe mais, pas de musique. Ils laissent place à un simple choral. Peut-être Bach avait-il conçu un schéma plus vaste que le manque de temps ne lui permis pas de compléter et le choral en fit fonction… de nombreuses erreurs dans le manuscrit [autographe] suggère que la cantate fut composée dans l’urgence. Mais si c’est ainsi, pourquoi Bach prit-il la peine de débuter par un immense chœur qui occupe trente pages de 18 mesures chacune dans la BG. ?
WOLFF : «…Destinée à un mariage, la cantate subsiste en plusieurs ver. L’origine de l’œuvre remonte avant 1730, une deuxième version date des environs de 1742, et une version finale de 1748-1749. Malheureusement, nous n’en savons pas davantage à propos des occasions auxquelles chacune de ces versions fut jouée. Cependant, la partition singulièrement riche (chœur à quatre voix avec solo de soprano et basse, trois trompettes, timbales, deux cors, deux flûtes, deux hautbois - ou hautbois d’amour- cordes et continuo) nous conduit à la conclusion que les époux furent des figures éminentes. L’auteur du texte est lui aussi inconnu. Dans le mouvement d’ouverture, il fait référence au Psaume 97, 11-12 et dans le choral conclusif au « Nun danket all und bringet Ehr » de Paul Gerhardt (1647). Alors que les premières versions de l’œuvre sont préservées de façon complète, nous possédons une partition de la version finale, en partie rédigée par le compositeur lui-même. Cette est l’une des toutes dernières compositions de cantates de Bach. Pourtant, seuls les mouvements [2] et [4] de la dernière version sont de nouvelles compositions ; le mouvement [3] fut recopié. Dans ce singulier mouvement [4] un récitatif pour soprano accompagné inhabituellement des vents (deux hautbois et deux hautbois d’amour) permet une rare -mais bienvenue- compréhension du style des dernières cantates de Bach ».
[Selon de nombreux auteurs, la cantate BWV 195, dans sa version ultime de 1748-1749, pourrait être la dernière composée par Bach…]

 

DISTRIBUTION BWV 195

NEUMANN. Sopran, Baß. – Chor. Trompete I-III, Pauken ; Horn I, II (G) ; Querflöte I, II, Oboe I, II, Oboe d’amore I, II ; Streicher ; B.c.,
SCHMIEDER. Soli : S, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav. I, II; Oboe d’amore I, II; Oboe I, II; Corno I, II; Tromba I, II, III; Timpani; Viol. I, II; Vla.; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 598/599] : « Deux blocs de type motet, avec considérable participation instrumentale (aux cordes s’ajoutent 3 trompettes , timbales, deux flûtes traversières et deux hautbois), dédoublement des fonctions vocales (entre soli et ripieno) et introduction instrumentale, enserrent un triptyque soliste formé de la succession de récitatif (secco) - aria - récitatif (obligé ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 59] : « Ajout de parties complémentaires plus complexes. Pour treize types [de choral] de type I, Bach prévoit des ajouts plus somptueux encore [que l’ajout d’une cinquième voix supplémentaire]. Il s’agit dans tous les cas de cantates festives importantes… Dans BWV 195/6 (MDC 068), deux parties de cors obligés. Renvois aux cantates BWV 19/7, 29/8, 31/9, 69/6, 70/11, 91/6, 97/9, 105/6, 128/5, 130/6, 161/6.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, page 82] : «…il est des cas où Bach note expressément ripieno et solo, pour opposer dans un morceau polyphonique un ensemble de chanteur à des solistes, ce qui induit au moins deux voix par partie et ramène exactement au vœu exprimé dans son mémorandum par le compositeur : Les chanteurs devraient à leur tour être divisés en deux sortes, à savoir les concertistes et les ripiénistes ». C’est par exemple le cas de la cantate BWV 195 où l’auteur a ménagé des effets de contrastes entre solistes et tuttistes, allant jusqu’à bien distinguer en tête de la partition les chanteurs de ripieno, précisant chaque fois in ripieno, et les chanteurs intervenant en solistes… de même dans le chœur de la cantate BWV 21/9… » [voir ci-après les mouvements 195/1 et 195/5].
DÜRR : «…La distribution exceptionnelle de la cantate indique également la présence de personnes de haut rang : les trompettes, deux grosses caisses, respectivement deux flûtes ou hautbois ainsi que des instruments à cordes et continuo et un chœur à quatre voix qui alternait les voix de solo et de tutti (mais la distribution plus ancienne peut avoir été plus simple). L’utilisation des cors à la place des trompettes et des grosses caisses dans le chœur final pourrait indiquer que celui-ci avait été utilisé à un autre endroit avant d’être destiné à remplacer la deuxième partie de la cantate…»
MACIA : «…La parure orchestrale somptueuse (pas moins de onze instruments à vent en plus des timbales et des cordes) laisse supposer qu’il s’agissait du mariage de personnalités d’un rang élevé.
SUZUKI [l‘instrument à vent dans la cantate BWV 68/1. Voir le volume 39] : «…On ne sait quel instrument Bach avait en tête pour la partie de vent qui accompagne le soprano… il est probable qu’un autre instrument que le « cornetto » dans le mouvement [5] a été utilisé dans le mouvement [1] où apparaît le mot de « corne, par force », comme dans les cantates BWV 14, 52, 109 et 195. Dans ces œuvres, ce mot « corne » désigne un cor ou une trompette à coulisse… Nous avons décidé d’utiliser un cor dans le premier mouvement et un cornetto dans le cinquième [enregistrement BIS].

 

APERÇU BWV 195

ERSTER TEIL (vor der Traung – avant le mariage)

1] CHORSATZ. BWV 195/1

DEM GERECHTEN MUß DAS LICHT IMMER WIEDER AUFGEHEN UND FREUDE DEN FROMMEN HERZEN. / IHR GERECHTEN, FREUET EUCH DES HERRN UND DANKET IHM UND PREISET SEINE HEILIGKEIT !
La lumière doit toujours se lever pour le juste et la joie pour les cœurs pieux. Justes, réjouissez-vous en l’Éternel et célébrez sa sainteté par vos louanges !
Psaume 97, 11 et 12 [PBJ. 893] : « La lumière se lève pour le juste / et pour l’homme au cœur droit, la joie | Justes, jubilez en Yahvé, louez sa mémoire de sainteté ».
[il s’agit du célèbre psaume « Dominus regnavit…» illustré en France, vers 1735, par le grand motet du même titre, composé par Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville et exécuté durant plus de trente années au Concert Spirituel [de Paris] ».

Ré majeur (D), la majeur (A), ré majeur (D), 120 mesures, C (fugue 1) et 6/8 (fugue 2)
BG Jg. XIII1. Pages 3 à 32. Trauung-Cantate | Psalm 97, 11 et 12. | Vor der Trauung. | CORO. | Tromba I. | Tromba II. | Tromba III. | Timpani. | Oboe I. (Flauto traverso I coll’ Oboe I.) | Oboe II. (Flauto traverso II. coll’ Oboe II.) | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano solo. | Alto solo. | Tenore solo. | Basso solo. | Soprano in Ripieno. | Alto in Ripieno. | Tenore in Ripieno. | Basso in Ripieno. | Continuo.
NEUMANN. Sinfonia d’introduction. Chœur de forme double (Solo + Tutti) avec double fugue indépendante.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 598/599] : « La section la plus importante est offerte par le chœur d’ouverture, sur le texte du psaume 97, 11 et 12 : les deux versets donnent naissance à une conception musicale bipartite, constituée de deux fugues contiguës. Le partage des rôles vocaux entre solistes et ripiénistes entraîne une écriture à huit parties (mesures 13 à 51) dans laquelle se trouve fréquemment isolé le mot « Gerechten - juste », le cours de la fugue se trouvant presque interrompu par un motif confié conjointement aux deux « demi-chœurs » ; dans la seconde fugue (à 6/8, en revanche) le chœur de ripieno vient seulement renforcer le chœur soliste. Le morceau conclusif de la première partie adopte une forme tripartite, avec da capo et ritournelles instrumentales intérieures, mais proposant les deux « demi-chœurs » toujours par sections alternées de soli et de tutti, et sur un modèle de danse (polonaise)…»
BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ] : «…chœur avec introduction instrumentale, deux fugues, l’une à 4/4, l’autre à 6/8 ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…monumental portique liminaire…les voix, Bach distingue très précisément en tête de la partition les chanteurs de ripieno, précisant chaque fois in ripieno, et les chanteurs intervenant en solistes. Pour que l’effet de contraste soit respecté, il faut au moins deux chanteurs pour assurer le ripieno en plus du soliste, ce qui ramène l’effectif à trois exécutants par partie, comme Bach le souhaitait expressément lui-même. Le morceau s’ouvre par une fanfare des bois et des cordes ponctués par les trompettes. Du sein de cette sinfonia émergez l’annonce du sujet de la première fugue à venir… La première fugue est balisée par le chœur qui répète avant chaque entrée, soutenu par le tutti instrumental une véhémente acclamation « Dem Gerech »… cette première fugue s’achève en homophonie… c’est alors que pour traiter le second verset psalmique, et sans solution de continuité, mais en mètre ternaire – on passe d’une mesure à c à une mesure à 6/8 - est lancée la seconde fugue, sur un sujet dansant et joyeux… comme la première, cette seconde fugue s’achève en homophonie…»
DURR : «…Le chœur d’ouverture donne un effet particulièrement magnifique correspondant au texte –deux versets de psaumes-. Il se compose de deux parties différentes en rythme et en thématique, dont le morceau central forme à chaque fois une évolution de fugue. Celui-ci est d’abord joué en solo avec la participation de peu d’instruments, ensuite par le chœur en entier et avec une participation de plus en plus importante de l’orchestre. Ainsi se créent deux éléments amplificateurs…»
LEMAÎTRE : «…Le chœur d’entrée se compose de deux sections contiguës qui correspondent aux deux versets du psaume 97, 11 et 12 (le « Dominus regnavit »)
MACIA : «…Le chœur d’entrée est justement festif et pompeux, avec un orchestre opulent (mais sans les cors), en ré majeur et un traitement concertant , où la soprano et la basse soliste font fonction de ripiénistes face au chœur, dans une écriture souvent à huit voix réelles. Deux fugues richement écrites, l’une à la mesure C, l’autre en 6/8, se succèdent et sont reprises en deuxième partie, entrelardées des acclamations homophones du chœur sur « Dem Gerechtenpour le juste » et des fanfares de trompettes…»
NYS, Carl de : « La partition du premier chœur a un éclat tout particulier, qui fait songer aux grandes cantates de Pâques et de la Pentecôte, comme à certaines cantates d’anniversaires princiers. Pour mettre en musique les versets 11 et 12 du psaume 97, Bach fait appel en dehors du chœur à 3 trompettes, timbales, 2 cors, 2 flûtes, 2 hautbois, cordes et basse continue (qui pour la musique d’église comporte toujours l’orgue). Par ailleurs, la partition fait nettement apparaître la répartition des voix en deux chœurs : un chœur « favori » et un chœur « ripieno » faisant fonction de tutti vocal, ce qui permet de penser que le cantor a disposé d’un nombre exceptionnel de choristes. La structure de ce chœur est fort intéressante : ses deux parties offrent chacune une fugue, mais celle-ci est fortement imprégnée d’éléments plus libres, concertants, ce qui confère à l’ensemble un caractère de richesse, de variété et de jaillissement très séduisant et que nous ne trouvons rarement dans les pages contrapuntiques de Bach : est-ce un hommage indirect au côté vénitien de l’illustre ancêtre de la mariée ?Comme dans toutes les cantates de mariage de la fin de la vie de Bach, on trouve des caractères spécifiquement folkloriques dans cette partition ».

2] REZITATIV BAß. BWV 195/2

DEM FREUDENLICHT GERECHTER FROMMEN / MUß STETS EIN NEUER ZUWACHS KOMMEN, / DER WOHL UND GLÜCK BEI IHNEN MEHRT. / AUCH DIESEM NEUEN PAAR, / AN DEM MAN SO GERRECHTIGKEIT / ALS TUGEND EHRT, / IST HEUT EIN FREUDENLICHT BEREIT, / DAS STELLEN NEUES WOHLSEIN DAR. / O ! EIN ERWÜNSCHT VERBINDEN ! / SO KÖNNEN ZWEI IHR GLÜCK EINS AN DEM ANDERN FINDEN.
Pour les vrais fidèles, la lumière de joie / doit croître en constance / afin de multiplier leur salut et leur bonheur. / Ce nouveau couple aussi / dont on honore tant la probité / que la vertu, / est prêt à recevoir une lumière de joie / qui représente une nouvelle prospérité. / Oh ! union désirée ! / Deux êtres pourront ainsi trouver leur bonheur l’un dans l’autre.

Si mineur (h), → Sol majeur (G), 15 mesures, C
BG. Jg. XIII1. Page 33. RECITATIVO. | Basso. | Continuo.
NEUMANN : Accompagnato. Baß. B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 598/599] : «…récitatif mené comme un declamato sur un accompagnement accidenté du continuo par tierces…»
BOMBA : «…La lumière de joie - freudenlicht » apparaît dans des motifs de triolets en basse continue ».
BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ] : «…récitatif accompagnato ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…récitatif très déclamé et tendant à l’arioso… figures de triolets de doubles croches figurant sans doute l’accroissement de la joie…»
DURR : «…le récitatif est accompagné par un motif de joie caractéristique, attribué seulement au continuo et non à un mouvement d’accompagnement instrumental comme dans des cas semblables ».
HIRSCH : Récitatif se rapprochant de la forme „arioso“. Affect sur les mots „ein erwünscht Verbinden - union désirée !“
MACIA : «…Récitatif… marqué par des triolets de doubles croches au continuo suggérés par les premiers mots « Dem Freudenlichtlumière joyeuse ».
NEUMANN : cite deux modification manuscrites se superposant au texte : « Auch diesem neuen Paar », remplacé par « Auch dir, Hochedles Paar » et « Das stellet neues… » remplacé par « stellt dir ».
ROMIJN : «…pour ce premier récitatif le texte « Dem Freudenlicht gerechter Frommen - Pour les vrais fidèles, la lumière de joie… » donne naissance à une subite guirlande de triolets à la basse…»

3] ARIE BAß. BWV 195/3

RÜHMET GOTTES GÜT UND TREU, / RÜHMET IHN MIT REGER FREUDE, / PREISET GOTT, VERLOBTEN BEIDE ! | DENN EU’R HEUTIGES VERBINDEN / LÄßT EUCH LAUTER SEGEN FINDEN, / LICHT UND FREUDE WERDEN NEU.
Glorifiez la bonté et la fidélité de Dieu, / glorifiez-le avec une joie intense. / Fiancés, louez Dieu tous les deux ! / Car votre union d’aujourd’hui / vous apportera maintes bénédictions, / vous connaîtrez une nouvelle lumière et joie.

Sol majeur (G), 155 mesures, 2/4
BG. Jg. XIII1. Pages 34 à 43. ARIA. | Oboe (d‘amore) I. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Partie de cordes. Libre da capo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 599] : «caractère de danse de la belle aria, qui suscite quelques problèmes dans la définition de l’appareil instrumental…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…Cet air très original est un appel à la joie… carrure très dansante et nombreuses figurations en rythme lombard (une note brève suivie d’une longue)…»
DURR : «…le seul air de la version conservée, a apparemment subi quelques transformation pour cette forme définitive. Il est possible qu’elle ait été auparavant, un air de ténor avec le seul accompagnement d’instruments à cordes. Peut-être s’agit-il d’une concession à la mode du milieu du siècle – tout comme le rythme très scandé dans le soi-disant « rythme lombard » (court –long – au lieu d’un rythme régulier). Bach voulait-il se défendre contre le reproche que sa musique serait dépassée et « trop savante » ?
HIRSCH : «…aria de forme tripartite avec da capo… »
MACIA : «…aria d’une texture joyeuse et dansante, où il s’agit avant tout de glorifier Dieu et d’inviter les fiancés à le célébrer…»
NYS, Carl de : « L’aria de basse en sol majeur, accompagné par les cordes et les deux hautbois non obligés, offre une invention mélodique très proche de la chanson populaire et le rythme dansant caractéristique triple-croche, double-croche pointée, répété deux fois…»
WHITTAKER : « Quelques soient les sources inconnues de la cantate de mariage « Dem Gerechten muß das Licht », il est certain que l’aria de basse [3], que Spitta considère être de style « lombard », doit provenir d’une composition profane, possiblement amusante. Son rythme saccadé [à 2/4] et sa mélodie insouciante ressemblent plus à l’aria de basse de la cantate [BWV] 30 (laquelle provenait d’une cantate profane) qu’à une musique destinée à une cérémonie solennelle…»

4] REZITATIV SOPRAN. BWV 195/4

WOHLAN, SO KNÜPFET DENN EIN BAND, / DAS SO VIEL WOHLSEIN PROPHEZEIHET. / DES PRIESTERS HAND / WIRD JETZT DEN SEGEN / AUF EUREN EHESTAND / AUF EURE SCHEITEL LEGEN. / UND WENN DES SEGENS KRAFT HINFORT AN EUCH GEDEIHET, / SO RÜHMT DES HÖCHSTEN VATERHAND. / ER KNÜPFTE SELBST EU’R LIEBESBAND / UND LIEß DAS, WAS ER ANGEFANGEN, / AUCH EIN ERWÜNSCHTES END ERLANGEN.
Allez, nouez ainsi un lien / qui promet tant de bienfaits. / La main du prêtre / posera la bénédiction / sur votre mariage / sur vos têtes. Et si la force de la bénédiction prospère en vous, / glorifiez-en la main paternelle du Très-Haut. / C’est lui-même qui noua vos liens d’amour / tt fit terminer en une fin souhaitée / ce qu’il avait commeé.

Mi mineur (e) → Ré majeur (D), 14 mesures, C,
BG. Jg. XIII1. Page 44. RECITATIVO (a tempo). | Flauto traverso I. | Flauto traverso II. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore II. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Rezitativ, accompagnato. Flûtes traversières I, II, Oboe d’amore I, II ; B.c. Sopran.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 599] : « récitatif orné de « volatine » [un trait diatonique rapide] des flûtes sur une basse harmonique confiée à deux hautbois d’amour et au continuo ». [+ Exemple musical, page 600, aux mesures 1 à 3].
BOMBA : «…le récitatif laisse la ligne ascendante des flûtes bâtir le lien du mariage et placer sa réussite entre « la main paternelle du Très Haut ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…étonnant récitatif, plutôt un arioso, sans violons ni altos, accompagné des tenues de deux hautbois…»
DURR : «…dans ce récitatif avec flûtes et hautbois en accompagnement, les instruments ont également un rôle d’interprétation du texte (on peut observer que les gammes montantes correspondent aux mots d’invitation et les gammes descendantes aux mots comme « bénédiction » et « fin ». »
MACIA : «…récitatif très expressif accompagné des gammes ascendantes et descendantes des flûtes et des hautbois d’amour…»
NEUMANN : NBA donne à « Schritte » au lieu de « Scheitel »
ROMIJN : «…flûtes et hautbois s’offrent une étonnante série d’ornements tellement fouillés qu’ils se croisent continuellement pour générer d’invraisemblables frottements harmoniques d’un effet stupéfiant ».

5] CHORSATZ. BWV 195/5

WIR KOMMEN, DEINE HEILIGKEIT, / UNENDLICH GROßER GOTT, ZU PREISEN. || DER ANFANG RÜHRT VON DEINEN HÄNDEN, / DURCH ALLMACHT KANNST DU ES VOLLENDEN / UND DEINEN SEGEN KRÄFTIG WEISEN.
Nous venons pour chanter ta Sainteté, / Ô Dieu indéfiniment grand. / Le commencement provient de tes mains, / par ta toute-puissance, tu sauras l’accomplir / et donner toute sa force à ta bénédiction.

Ré majeur (D), 233 mesures, 3/4
BG. Jg. XIII1. Pages 46 à 69. CORO. | Tromba I. | Tromba II. | Tromba III. | Oboe I. | Oboe II (d’amore). | Flauto traverso I. | Flauto traverso II. | Soprano. | Alto . | Tenore. | Basso.
NEUMANN. Sinfonia introductive et ritournelles. Forme Da-capo. Solochor - Tuttichor alternierenden (alternés) et parties homophones. Instrumentation comme dans le premier mouvement [1].

BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ] : «…chœur avec sinfonia instrumentale et ritournelle, forme da capo, soli et chœur alternés. Même instrumentation que dans le premier mouvement ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : «…grand morceau d’apparat avec tout l’effectif vocal et instrumental, dont les chanteurs expressément divisés entre solistes et ripiénistes. Une longue et éclatante ritournelle présente un motif de gammes ascendantes en croches, un autre en figures dactyliques suivies de broderies, le tout éclairé par les trompettes. Les quatre solistes entrent alors à découvert, procédant en déclamation syllabique… les instruments leur répondent, puis tous s’unissent dans une grande effervescence de joie… le motif des gammes ascendantes se prête à des entrées en imitations – toujours cet effet de foule grandissante – tandis que le mot « preisenlouer » suscite une brillante vocalise. La section médiane B |à partir des mots « Der Anfang rührt…», sans trompettes ni timbales, est plus recueillie. On y retrouve les repons instruments/chanteurs et les oppositions solistes/ripiénistes ».
DURR : «…la première partie de la cantate se termine par un chœur plus chantant que le chœur d’ouverture. Il renonce à une polyphonie artificielle dans la plus large partie. Les parties de chant sont à leur tour classées sous forme d’alternance de passage de solo ou tutti ».
MACIA : «…un nouveau chœur éclatant conclut la première partie, soulevée par les gammes ascendantes des instruments, en particulier des trompettes, reprises par le chœur sur un rythme de polonaise en ré majeur, avec encore une écriture chorale passagèrement élargie à 6 et 8 voix
NYS, Carl de : «…grand chœur surtout homophone terminant la première partie de l’œuvre (la seconde étant constitué dans la version que nous connaissons par un simple choral), on peut le considérer comme une grande polonaise stylisée, pour laquelle Bach fait appel aux mêmes effectifs que dans le premier chœur [1] ».
PIRRO [L‘esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, pages 103/104] : «…la continuité et l’abondance caractérisent les rythmes par lesquels Bach veut manifester la vigoureuse persévérance des efforts librement prolongés, l’état de joie aussi bien que les mouvements rapides qui se poursuivent sans interruption. L’idée d’une course régulière et légère ou d’un courant que nul obstacle n’embarrasse est peut-être en effet au fond de toutes ces métaphores musicales… Ce procédé imitatif est employé par Bach de la manière la plus variée, selon les cas où il l’applique. Veut-il dépeindre seulement l’action de marcher, il lui suffit d’organiser une suite de sons dont la vitesse est uniforme et modérée [+ Exemple musical sur les mots « Wir kommen…» BG. XIII1, page 50]. Renvoi aux cantates BWV 182/8 et BWV 12/5.

ZWEITER TEIL (Nach der Trauung - après le mariage)

6] CHORAL. BWV 195/6

NUN DANKET ALL UND BRINGET EHR, / IHR MENSCHEN IN DER WELT, / DEM, DESSEN LOB DER ENGEL HEER / IM HIMMEL STETS VERMELDT.
Rendez à présent grâces et honorez, / Ô hommes sur la terre, / à celui que la légion des anges loue / et annonce toujours au ciel.
Première strophe du cantique de Paul Gerhardt (1607-1676) Nun danket all und bringet Ehr (publié dans le recueil Praxis Pietatis Melica de Johann Crüger, Berlin,1647), en 9 strophes de 4 vers chacune. Il s’inspire de l’Ecclésiastique 50, 22 à 24 [PBJ. 1098] : « Et maintenant bénissez le Dieu de l’univers…»
La mélodie (tirée du chant de Noël du Moyen Âge, « Puer natus est nobis est devenue celle du « Lobt Gott, ihr, Christen allzugleich » est attribuée à Nikolaus Herman (1554-1560).
Cette même mélodie, mais cette fois accompagnée par les paroles de Nikolaus Herman, renvoie à la cantate BWV 151/5.
Sans les paroles, voir les chorals à quatre voix BWV 375 et 376, le choral BWV 609 (le numéro 11 de l’Orgelbüchlein) et les chorals BWV 732 et 732a. De nombreux compositeur des 17e et 18e siècles en ont fait usage, Praetorius, Scheidt et Buxtehude (BUXWV 202), entre autres. Pour la mélodie = renvoi à EKG 231 (Crüger, voir aussi BWV 252) et EKG 21 (Herman 1554-1560).

Sol majeur (G), 10 mesures, C
BG. Jg. XIII1. Page 70. CHORAL. | Tromba I. | Tromba II. | Tromba III. | Timpani. | Flauto traverso I. | Flauto traverso II. | Sopran. (Oboe I ou Cor I. Violino I. col Soprano, à l’octave supérieur) | Alto. (Oboe II. Violino II. coll’ Alto). | Tenore (Viola. Col Tenore). | Basso. | Continuo.
[La NBA remplace les trois trompettes rencontrées dans la partition de la BGA par deux cors]. Seul dans NBA, le cor II a une partie indépendante]
NEUMANN. Simple choral à quatre voix avec deux cors obligés. Mélodie Lobt Gott, ihr Christen alle gleich. Qui se retrouve dans la cantate BWV 151/5.
SCHMIEDER : Les trompettes sont remplacées par les corno I et II.
[BCW] : Les participants s‘interrogent : Est-il de tradition de chanter les deux premières strophes du cantique de Paul Gerhardn, comme c‘est le cas dans les enregistrements de G. Leonhart et P. J. Leusink ?

BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach ] : «…Choral harmonisé avec mélodie de choral 068 de type I…»
BOMBA : «…Le choral final, qui fut composé en dernier et chanté après la cérémonie, contient deux parties pour cor, dont une obligée, et ressemble par son enveloppe sonore aux trois chorals de mariage qui furent probablement composés vers 1729 (BWV 250, 251 et 252).
CANTAGREL : «…au début de la seconde partie de la cantate, qui ne compte plus alors [version 1748-1749] qu’une strophe de choral, le compositeur a écrit…: in schwerfälligen Alterduktusdans les traits pesant de l’âge », alors même que les quatre voix vont entonner le cantique d’action de grâces de Paul Gerhardt… C’est la seule fois de toute son œuvre que Bach a traité ce cantique, ce qu’il fait au soir de sa vie…. Simple harmonisation, levoix doublées par les cordes.
DURR : «…dans cette version tardive [la version jouée par K. F. Beringer] seul un chœur simple suit le mariage. C’est la première strophe du chant de Paul Gerhardt « Nun danket all und bringet Ehrrendez à présent grâce et honneur » (1647) et chanté d’après la mélodie de « Lobt Gott, ihr Christen alle gleichLouez le Seigneur, chrétiens ».
MACIA : «…L’exécution [de la cantate en 1747-1748] ne comprend qu’un choral, première strophe du cantique Nun danket all und bringet Ehr »… l’harmonisation est simple à 4 voix, mais une partie indépendante des instruments où deux cors remplacent les trompettes, en enrichit la trame. Il est possible qu’une partie de cette ultime version (sans doute les récitatifs) ait été recomposée par Bach, ce qui en ferait sa dernière cantate connue. Dans la version de 1741 (ou 1742), trois autres mouvements en complétaient la deuxième partie, une aria, un récitatif et un chœur parodiant des morceaux de la cantate BWV 30a ».
NYS, Carl de : «…Le choral final utilise les deux premières strophes du cantique de Paul Gerhardt (1647) sur la mélodie « Lobt Gott, ihr Christen allegleich », l’orchestre constitué par les deux cors avec timbales, 2 flûtes, les hautbois doublant les cordes ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 195

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BCW : Aryeh Oron (commentary) : 21 février 2002.
BRAATZ, Thomas [Provenance] : 21 février 2002.
CROUCH, Simon : Notice 1996, 1998.
MINCHAM, Julian [BCW + NET jsbachcantatas.com] : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Chapitre 74. 2010.
ORON, Aryeh : Exemples musicaux : avril 2002 à avril 2008.
ORON, Aryeh : Discussions 1] 17 février 2002 - 2] 20 avril 2008 - Prévision : 12 mai 2013.
Texte du choral : Nun danket all und bringet Ehr. Renvoi à Paul Gerhardt et EKGb 231.

ANDERS, Nele : Notice de l’enregistrement Leonhardt 1989
BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 195 = BC B 14c (version conservée, 1749). BC B 14a (1728-1732 ?) – BC B 14b (11 septembre 1741 ?).
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979. Fayard 1984-1985.
Volume 1, pages 34, 39, 97, 354 et 725
Volume 2, pages 248, 268, 272, 586, 598/599, 600, 704 et 834
BERGMANN, Hans : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling ((Laudate 98749). En collaboration avec Arthur Hirsch (1984)
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 59. 2000
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 318/319
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 247/248
*BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 54 (276 et 341)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 235 (233 et 234)
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 82, 1279 à 1282
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Chorals n° 137 et 138, pages 188/189
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 256/257
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 608 à 610
: Notice de l’enregistrement de K. F. Beringer. 1986
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
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HERZ, Gerhard : Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Pages 48/49
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 209, pages 74, 162
Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling ((Laudate 98749). En collaboration avec Hans Bergmann (1984)
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Page 114
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Pages 45 et 127. L’incipit de la mélodie « M 90 », page 276
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Literaturverzeichnis : 55 (Schering) 68 (Smend).
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PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955.
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ. »
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Page 104
ROMIJN, Clemens : Notice (sur CD) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
*SCHERING, Arnold : Werner Neumann. Literaturverzeichnis 55] : Johann Sebastian Bach und das Musikleben Leipzigs im 18. Jahrhundert. Musigeschichte Leipzigs, Bd. III, Leipzig 1941
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 254/255
Literatur : Spitta. Wolfrum II.MPirro. Wustmann. Wolff. Terry. Thiele. Neumann. Schering.
BJ : 1926 (Blume). 1937 (Vetter)
SCHWEITZER, Albert : L‘auteur paraît avoir méconnu cette cantate (131 de la BGA…)
*SMEND, Friedrich : Werner Neumann. Literaturverzeichnis 68] : Bachs Trauunngskantate « Dem Gerechten muß das Licht immer wieder aufgehen », Die Musikforschung, V. 1948
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Tome 2, pages 468/469 et 613
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 1, pages 238, 305, 342 à 349, 510
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement Koopman / Antoine Marchand (volume 21). 2006.
WUSTMANN, Rudolf : J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 316/317
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 171, pages 264/265
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 195

BACH CANTATAS WEBSITE :
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Sept références (janvier 2002 à juin 2010) + un mouvement individuel (janvier 2002 à juillet 2006).
Mélodie du choral Lobt Gott, ihr, Christen allzugleich . Nikolaus Herman. Renvoi à EKG 21.

3] BERINGER, Karl Friedrich. Windsbacher-Knabenchor. Collegium Musicum des Wesdeutscher Rundfunk. Barbara Sclick. Paul Elliot Wuppertal-Barmen, du 24 au 28 mai 1986. Durée : 19’08.
CD (2000) Rondeau Production ROP 2006 Avec la cantate BWV 215
6] KOOPMAN (volume 21). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Complete Cantatas. Mvts. 2, 4 (sept. -oct. 2002). Mvts. 1, 5, 6 (fév. 2003).
CD Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72221/1. 9/2006. Avec cantates BWV 100, 200, 177
Reprise sous le titre « Wedding Cantatas ». CD Challenge Classics CC 72284. 2008. Avec les cantates BWV 196, 197 et 202
4] LEONHARDT (volume 44). Knabenchor Hanover. Collegium Vocale (Philippe Herreweghe). Leonhardt Consort. Enregistrement, Lutherse Kerk Harlem (NL), janvier 1988
Disque Teldec 6 35860-501-503. SKW 44/ 1-2. Complete Cantatas Das Kantatenwerk, volume 44. 1989. Contient lpartition BGA
CD Teldec (D) Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 10. 1989. Coffret de six CD avec les cantates BWV 183 à 200
CD Teldec 2292-44193-2 244193-2 ZK. Das Kantatenwerk (volume 44). 1989
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 2007 (volume 58). CD 8573-81152-5
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Bach Edition
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics 9. 99377 1/128]. 2000. Kantaten, volume 18 - Cantatas 9
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV- 93102 11/87. Avec les cantates BWV 63 et 1. 2006
*7] MAX, Herman. Rheinisch Kantorei. Das Kleine Konzert. Bachfest Leipzig. Eglise Saint-Nicolas, 2 juin 2006. Durée : 19’06
Coffret de deux CD Bachfest Leipzig 2006. Avec desz oeuvres de Bach (BWV 1052 et 1066), C. P. Bach, J.C. Bach, Mozart (KV 466)
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Württembergisches Kammerorchester Heilbronn. Octobre 1983, février 1984
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98749. 1985. Avec la cantate BWV 197
CD. Die Bach Kantate (volume 8). Hänssler Classic. Laudate 98859. Avec les cantates BWV 14 et 9
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 59). Hänssler-Verlag 92.059. 2000
*1] WEBSKY, Justus. Choral et orchestre de chambre Justus von Websky. Soprano : Odile Pietti. Contralto : A. Bartelloni. Ténor : P. Wetzler. Basse : Jacques Villisech. Ensemble de trompettes H. Zickler. Clavecin : M. Roch.
Disque Charlin CHA AMS 108/109 (coffret de deux disques). Enregistré vers 1975 au Centre d’enregistrement des Champs-Élysées (CE- CE). Paris. Vers 1975. Avec les cantates BWV 34a et 197

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 195
M-1. 1 et 12] Pflugbeil, Hans. Greifswald Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin 1950, début 60. Disque puis reprise CD Baroque Music Club

 

ANNEXE BWV 195
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.

SPITTA, volume 2, pages 468/469 ] :
«…La cantate sur les paroles du psaume 97, v ersets 11 et 12 „Dem Gerechten muss das Licht“ ne fut écrite ni pour un dimanche ou une fête mais pour des fiancailles. Elle a un superbe cachet festif et brillant qui nous rappelle le style de la cantate „Lobe den Herrn meine Seele [BWV 69a] de 1724. Elle débute par un couple de merveilleuses fugues, l‘une à 4/4 (mesure ordinaire), et, à 6/8…il n‘y a que peu de cantates de la première période de Leipzig où le traitement de la fugue est confié à un petit chœur et passe graduellement à un grand chœur. Le chœur final [5] homophonique, large et puissant, [après] une aria de basse [3] dans le style dénommé „lombard“, (brève / longue) intercalée entre lui et le premier chœur [1], combine une souple mélodie nous rappelant le style italien avec un caractère festif marqué. Un grand souffle parcourt l‘ensemble de l‘œuvre, laquelle cependant, dans sa forme connue peut être considérée comme étant la forme d‘origine, ainsi qu‘il est constaté dans une révision de la composition remontant vraisemblablement à la toute première période [de Bach] à Leipzig [vers 1723-1725]. L‘histoire de ses origines [de la cantate}] semble être la même que celle de la cantate funèbre „Herr Gott, Beherrscher aller Dinge“ [Seigneur Dieu, souverain de toutes choses = cantate BWV 120a], une partie, au moins, issue d‘une ancienne cantate pour l‘élection du Conseil [de Leipzig] „Gott, man lobet dich in der Stille - Dieu, on te loue dans le silence de Sion“ [Alfred Dürr donne 1728] et en partie d‘après un adagio tiré de la Sonate pour violon en sol majeur [BWV 1019]. Les connexions nées entre différentes œuvres de Bach à travers leurs révisions et leurs transferts sont souvent extrêment complexes. La cantate pour l‘élection du Conseil [Ratthswahl Kantate BWV 120a] qui vient d‘être mentionnée, doit, selon toute apparence, avoir servi au deuxième centenaire [Jubilé] de la Confesion d‘Ausburg, le 26 juin 1730 et peut-être a-t-elle finalement une fois encore retravaillée pour parvenir à l‘état dans lequel nous la connaissons maintenant [la cantate BWV 120b]. Le texte biblique [celui de la cantate BWV 120], le psaume 65, 1 [PBJ. 859] n‘est pas ici confié au chœur -qui semble avoir été écarté en raison même de la teneur des mots [?]- mais à un alto solo dont le caractère plus expressif convient mieux au caractère de festivité. Le chœur principal [BWV 120/2] suit avec un texte de forme madrigalesque ».

 

Contributed by Claude Role (November 2010)

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Last update: ýNovember 15, 2010 ý01:14:09