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Cantata BWV 194
Höchsterwünschtes Freudenfest
Commentary in French

CONCERTO BEY EINWEIHUNG DER ORGEL IN STÖRMTHAL
(Consécration de l’orgue de l’église de Störmthal)
Mardi 2 novembre 1723 (Störmthal). Reprises à Leipzig 1724 - 1731

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 194 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (éditin d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable ».

 

DATATION BWV 194

Inauguration de l’orgue de Störmthal, village de Saxe, entre Borna et le sud de Leipzig, le mardi 2 novembre 1723
HIRSCH: Classement CN 35 (Die chronologisch Nummer)
Chronologie (celle d’Alfred Dürr). 1723: BWV 109 (17 octobre) - BWV 89 (24 octobre) - BWV 163 (dimanche 31 octobre) - BWV 194 (mardi 2 novembre) - BWV 60 (dimanche 7 novembre) - BWV 90 (14 novembre) - BWV 70 (21 novembre)

BASSO [Jean-Sébastien Bach]. Quatre exécutions: 2 novembre 1723, 4 juin 1724, 16 juin 1726 (seule la première partie [1 - 6] avec orgue obligé), 20 mai 1731 (seule la première partie [1 à 6]
Cette cantate figure dans le catalogue de Carl Philipp Emmanuel Bach,contenant 86 cantates sacrées, catalogue publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emmanuel Bach »… [Volume 2, page 256]
BCW [Peter Smaill, 27 novembre 2005. Discussions, Partie 2]: ...suite à la découverte du texte imprimé, Peter Wollny pense que la première exécution eut lieu le 31 octobre [1723 ?] pour le 23e dimanche après la Trinité et la fête de la Réformation [mais de quel texte imprimé s’agit-il, puisque le texte imprimé connu est celui de 1731 ?]
BOMBA: «…Bach conclut sa première année [1723-1724] de fonction à Leipzig par l’exécution d’une cantate datant de l’époque de Weimar (BWV 165) ainsi que la reprise de la cantate BWV 194 qui avait été créée une bonne demi année auparavant, à savoir à l’occasion de l’inauguration de l’orgue de Störmthal.
CANTAGREL [Bach en son temps, pages 82-83]: Cet auteur donne la transcription, issue des « Archives paroissiales de Störmthal », de l’expertise de l’orgue ainsi que la traduction française de la « page de titre » de la cantate exécutée le 2 novembre 1723.
HOFMANN: « …nouvel orgue bâti par le célèbre Zacharias Hidelbrandt, élève de Silbermann. Pour tester et inaugurer l’orgue, il fit appel au grand Jean-Sébastien Bach qui profiterait certainement de l’occasion pour donner un concert public sur l’orgue et à qui on avait demandé de composer et d’exécuter une cantate solennelle pour cette occasion. L’évènement fut souligné par un service de fête le 2 novembre 1723 – contrairement à ce qu’on suppose à partir du commentaire de Bach, ce n’est pas seulement l’orgue qui fut inauguré mais aussi toute la nouvelle église. C’est ce qui explique que l’orgue n’apparaît pas comme instrument solo dans la cantate. Il n’est pas mentionné non plus dans le texte de la cantate qui traite exclusivement de la consécration de l’église…
[On s’étonnera toutefois de l’exécution dans une église aux modestes dimensions, d’une cantate d’aussi grande proportion, l’une des plus longues écrites par Bach, avec deux chorals et un chœur enchâssé dans une ouverture à la française. Versailles et ses fastes sont quand même bien éloignés !]
: «…La cantate en entier peut être retracée jusqu’à son origine profane [BWV 194a], apparemment une pièce de musique de cour de félicitation datant de la période de Bach à Köthen, possiblement une cantate d’anniversaire pour le prince Léopold d’Anhalt-Köthen. Le titre et le texte de cette cantate sont inconnus mais quelques parties instrumentales ont été conservées et elles nous disent que, sauf le chœur d’introduction, toutes les arias ont été réutilisées avec de petits changements seulement dans la musique. Ceci peut aussi s’appliquer partiellement aux récitatifs (en particulier celui dialogué, le neuvième mouvement).
« …Bach n’a pas contesté la nature sous-jacente profane de la cantate, au contraire, il semble avoir considéré la parodie comme réussie et avoir eu une affection particulière pour la nouvelle œuvre. Quoiqu’il en soit, il joua aussi la cantate à Leipzig au moins deux fois, en 1724 [Fête de la Trinité, le dimanche 4 juin 1724 ou pour la même circonstance, le 16 juin 1726 avec peut-être une partie d’orgue obligé] et 1731 [20 mai], non pas à la consécration d’une église ou l’inauguration d’un orgue mais le dimanche de la Sainte Trinité. Dans l’année liturgique, cette fête est celle de la Sainte Trinité du Père, Fils et Saint Esprit. Le « höchsterwünschte Freudenfest » était ainsi celle de la Trinité. L’éclair qui inspira la réutilisation de la cantate ce dimanche en particulier fut évidemment facilité par l’invocation de la Sainte Trinité à la fin de la première partie de la cantate…»
NYS, Carl: «…Pendant une dizaine d’années, on trouve ensuite des réutilisations diverses de l’œuvre. Le 4 juin 1724, une partie de la cantate fut interprétée pour le dimanche de la Trinité… pour cette occasion, Bach a ramassé l’œuvre en un schéma plus concis en changeant la place de certains mouvements. Le 16 juin, on trouve une nouvelle version de l’œuvre, cette fois avec une partie d’orgue concertant. L’original de la cantate d’église, en deux parties, fut repris au moins une fois, pour le dimanche de la Trinité, c'est-à-dire le 20 mai de l’année 1731. Mais il y eut aussi des utilisations de la seule première partie actuelle : Alfred Dürr estime que la deuxième partie a pu être utilisée comme musique accompagnant la distribution solennelle de la Cène (sub communione) ».
VIGNAL: «…Selon le musicologue Peter Wollny, le matériel de cette cantate fit partie de l’héritage de Wilhelm Friedmann Bach qui la fit exécuter à Halle (Saxe), dans une version plus ou moins altérée, date incertaine, après 1750… si en outre il n’hésita pas à modifier l’ordre des mouvements, Wilhelm Friedemann ne dénatura jamais les cantates de son père… [Ceci dit, Alberto Basso confirme que cette même cantate figura dans le catalogue de Carl Philipp Emanuel publié en 1790 ?] ».
WOLFF: « Inauguration de l’orgue de l’église de Störmthal… tout porte à croire que Bach essaya le nouvel instrument avant de donner cette exécution ; le texte imprimé pour la circonstance a été conservé : y sont nommés le patde l’église, le compositeur (Johann Sebastian Bach, Kapellmeister de la cour princière d’Anhalt-Köthen, également Directore Chori musici Lipsiensis [und Cantore der Schulen zu St. Thomas, d’après Bach-Dokumente II/164), mais non l’auteur du texte… Il semble bien que l’exécution donnée à Störmthal eut leu avec un effectif réduit [on le comprend, compte tenu de l’exiguïté des lieux]. Bach exécuta cette cantate l’année suivante pour le dimanche de la Trinité et la réexécuta encore par la suite…. Comme ce fut le cas à Störmthal, un diapason plus grave a été adopté pour le présent enregistrement [celui de Ton Koopman] ».

 

SOURCES BWV 194

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms. autogr. Bach P 43 B. Berlin Deutsche Staatsbibliothek (anciennement East berlin)
Titre: „J.J. Concerto. Bey Einweihung der Orgel in Störmthal a 3 Hautb. 2 Violin. Viola e 4 Voci col Organo“
Treize feuillets sans filigrane identifiable. Dans la même liasse, deux feuillets ajoutés paraissent autographes de Bach.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 248]: « Cantate désignée par Bach lui-même comme « Concerto » (comme 55 cantates !]
HERZ. Filigrane „MA“, petit format
SCHMIEDER: 13 feuilles, 25 pages in 4°
SPITTA [Johann Sebastian Bach]. Volume 2, Appendix, pages 680-681. Filigrane « IMK » et « demi lune » (période 1723 - octobre 1727)

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 48 M. Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitze Berlin/West. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis à Berlin-Dahlem
Parties de violon I et II, Viola, Hautbois I, II, III, Soprano, Alto, Tenore, Basse et Continuo in B (si bémol). A ce paquet s’ajoutent les récitatifs [7] et [9] avec le titre: Festo S.S. Trinitatis. / Höchsterwünsches Freudenfest / a / 4 Voci / 3 Hautbois / 2 Violini / Viola / Bassono / Violoncello / e / Continuo / di J. S. Bach.
Plus une deuxième couverture avec le même titre mais cette fois de la main de Carl Philipp Emmanuel Bach (distribution) dans laquelle sont ajoutées onze mesures de l’aria [3] et l’aria de ténor [9] ainsi que d’autres parties du continuo. L’ensemble est relatif aux reprises de Leipzig
St 346 M. Staatsbibliothek Preußicher Kulturbbesitz Berlin/West. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem

BRAATZ (BCW): Copie de la partie de basse par Johann Andreas Kuhnau (dans la période de son arrivée à Leipzig (février 1723).

COPIE XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P Privatbesitz: Crimmitschau [ ?]

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG Jg. XXIX (29e année - BWV 208-210, 211, 212 et Anh. 134a et 210a). Pages 101-138. Préface de Paul Graf Waldersee (1881)

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 31. KANTATEN ZUM REFORMATIONSFEST UND ZUR ORGELWEIHE
Bärenreiter Verlag BA 5067. 1987. Herausgegeben von Frieder Rempp. 6 fac-similés.
BWV 194. Pages 147-234. Kantate zur Einweihung der Orgel in Störmthal 1723. Bl. 1r der Autographen Partitur (Deutsche Staatsbibliothek Berlin: Mus. ms. autogr. Bach P 43 adn.2
- Autographes Einlageblatt zur Originalstimme Basso. Staatsbibliothek Preußicher Kultur Besitz Berlin/West. Mus. ms. Bach St 48). Satze 2 und 9 in der Fassung zu Trinitatis 1724
Anh. BWV 194. Pages 235-259. In der von Johann Christian Köpping überlieferten Fassung.
BWV 79, 80b
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5067 41. 1988. Frieder Rempp
[NB: En 1979, Alberto Basso donnait comme référence le volume 15 de la NBA avec une présentation d’Alfred Dürr 1967. Depuis la cantate BWV 194 a paru dans le volume 31, 1988, avec une présentation de Frieder Rempp]

AUTRES ÉDITIONS

Breitkopf & Härtel. Partition PB 3058
Réduction piano et voix EB 7194 (2008) (Klavierauszug)
Chœur Ch B 2215 ChB 4694 (2008)
Orch, Stimmen, Orgel und cembalo (parties ajoutées). M. Seiffert (copie)
BCW. Réduction Voix et piano

 

PÉRICOPE BWV 194

Dimanche de la Trinité
Épître: Apocalypse 21, 2-14 [PBJ 1817-1818]. La Jérusalem céleste (sa construction): Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel… Renvois Psaume 122, 87, 2
Évangile: Luc 19, 9 [PBJ 1570-1571]. La conversion du publicain Zachée: «…aujourd’hui, cette maison a reçu le salut... »

EKG. Lectures:
Introït: Isaïe 6, 3 [PBJ 1108]. « Et ils se criaient l’un à l’autre ces paroles « Saint, saint, saint est Yahvé Sabaot. / Sa gloire remplit toute la terre…»
Psaume 99 [PBJ 893]. Dieu, roi juste et saint
Cantique EKG 97 « Komm, Gott Schöpfer, heiliger Geist » (Luther 1524-1529)
Épître aux Romains 11, 33-36 [PBJ 1683]. Hymne à la sagesse miséricordieuse: « O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles…»
Évangile: Jean 3, 1-15 [PBJ 1587]. La révélation du mystère de l’esprit. L’entretien de Jésus et de Nicodème.

Pour la même occurrence, voir les cantates BWV 129, 165, 176
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 604]: «…L’auteur -anonyme- du texte a tiré quelques images de passages bibliques pour élever des prières à Dieu, exalter sa Gloire et sa Puissance, saluer d’un hymne l’érection d’une nouvelle maison du Seigneur…»

 

TEXTE BWV 194

Le nom de l’auteur du texte original est inconnu
Bien qu’imprimé en novembre 1723 (on n’en connaît aujourd’hui que la page de titre reproduite par Werner Neumann (Sämtliche von Johann Sebastian Bach = BDII/164), le seul texte imprimé qui nous soit parvenu (1731) procède-t-il de celui de Köthen relatif à la cantate perdue BWV 194a ? (Six sections et sans chorals). On ne possède que les parties instrumentales de cette dernière, trois hautbois et trois registres de cordes.
[Le fac-similé du texte imprimé reproduit dans le « Sämtliche von Johann Sebastian Bach » de Werner Neumann (pages 446-447) ne contient que la première partie [sections 1 à 6] dans un fascicule (in 8°) titré Leipziger Kirchen-Music Erster Pfingsttag bis Trinitatis, Leipzig 1731. Il comporte aussi le texte des cantates 172, 173, 184 et est conservé aux Bach-Archiv Leipzig].
Le sens général du texte, selon Klaus Hofmann (voir ci-après) renvoi au IIe Livre des Chroniques, 2-7 [PBJ 552]: « La maison que je bâtis sera grande, car notre Dieu est plus grand que tous les dieux. Qui aurait les moyens suffisants pour lui bâtir une maison…»

2] Renvoi au IIe Livre des Chroniques [PBJ 552]: « Qui aurait les moyens de lui [à Dieu] bâtir une maison, quand les cieux et les cieux des cieux ne le peuvent contenir… » Dans la cantate: «Toi que nulle maison, nul temple ne saurait contenir…»
4] Renvoi à I Rois 8, 29 [PBJ448]. Prière personnelle de Salomon: « Que tes yeux soit ouverts jour et nuit ». Dans la cantate: « Aussi laisse ton œil veiller ».
5] Renvoi à Isaïe 6, 6-7 [PBJ 1108]. Vocation d’Isaïe: « L’un des Séraphins vola vers moi, tenant en main une braise…Il m’en toucha la bouche et dit : Vois donc, ceci a touché tes lèvres, ton péché est effacé, ton iniquité est expiée…» Dans la cantate: « Et que ton feu nous pénètre, / Qu’il conserve aussi à cette heure / Comme dans la bouche d’Isaïe…»
Renvoi [d’après Alfred Dürr] à Osée 14, 3 [PBJ 1394]. «…Munissez-vous de paroles et revenez à Yahvé. Dites-lui : Enlève toute iniquité, que nous retrouvions le bonheur et que nous t’offrions le fruit de nos lèvres…»
6] Choral de Johann Heermann (Treuer Gott, ich muß dir klagen) de 1630, aux strophes 6 et 7. Référence Breitkopf (Br 63,256).
La strophe 12 est dans BWV 25/6.
La mélodie Freu dich sehr, o meine Seele se retrouve dans les cantates BWV 13/3, 19/7, 25/6, 30/6, 32/6, 39/7, 70/7. Elle est tirée du Psautier de Genève (Louis Bourgeois) est était destinée au psaume 42. La mélodie est aussi associée au cantique de Christoph Demantius (1620): Freu dich sehr, o meine Seele. On la retrouve dans BWV 13/3, BWV19/7 25/6 30/6, 32/6 39/7 et 70/7 (avec la strophe 10 du cantique de Demantius + la mélodie).Voir également, citées par Jacques Chailley, les deux pièces pour orgue à l’authenticité discutée « Freu’ dich sehr, o meine Seele », BWV anh. 52 et 53
9] Renvoi éventuel [cité par Whittaker]: Jean 3, 13 [PBJ 1587]. L’entretien avec Nicodème: « n’est monté au ciel…»
Dans la cantate: Un homme peut-il monter jusqu’à Dieu au ciel ?
10] Renvoi au psaume 34, 9 [PBJ 830]. Louange de la justice divine: « Goûtez et voyez comme Yahvé est bon ; heureux qui s’abrite en lui… » Dans la cantate : Goûtez et voyez donc en même temps, / Dieu est aimable envers vous.
11] Renvoi au IIe Livre des Chroniques, 2-7 [PBJ 552]: La maison que je bâtis sera grande, Dans la cantate: « Prépare-toi à la sainte joie ! / Dieu vit non seulement dans le cœur de chacun d’entre nous / Mais il s’est construit ici une maison…»
12] Cantique de Paul Gerhardt (édité par Johann Crüger, Berlin 1647 et 1653) en 10 strophes, Wach auf, mein Herz, und singe. Ici les strophes 9 et 10. La mélodie est celle du cantique Nun laßt uns Gott, dem Herren, retrouvée dans BWV 79/6 et 165/6 [voir EKG 673]

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 281]: «…Harald Streck attribue à Franck le texte des cantates BWV 173 et 194, in Die Verkunst in der poetischen Texten zu Kantaten J. S. Bach - les affects dans les textes poétiques. Hamburg, 1971 ».
[Pages 831-832, note 4]: « En 1731, un fascicule dont le titre est Texte zur Leipziger Kirchen-Musik imprimé par Immanuel Tietze (1662-1728) comprend les textes des cantates BWV 172, 173, 184 et 194 (in Bach-Dokumente Bd II, 292)… pour ce qui est de cette dernière cantate, son texte avait déjà été publié en novembre 1723 [Bach-Dokumente, Band II, 164]
HOFMANN: «…Le fond biblique [de la cantate] provient de la prière de dédicace de Salomon, 2 Chroniques 2-7. Ce texte de l’Ancien Testament fut probablement aussi le sujet du sermon du jour que les deux parties de la cantate encadraient. L’une des idées principales du texte de la cantate est que l’église est la maison de Dieu et qu’il peut y entrer et en faire sa résidence pour enflammer (sixième mouvement), de sa présence, fortifier et garder la foi contre « des Fleisches Schwachheit – la faiblesse de la chair » [9], l’opposition extérieure, contre « Spott, Welt und Sterblichkeit – les moqueries du monde ». Suite à une richesse inhabituelle d’allusions bibliques –pas une seule ligne sans référence biblique – nous pouvons croire que le librettiste inconnu était un théologien…» [En fait, cette assertion eut gagné à être précisée...] [Discussions 2, Peter Smaill avance même: pas moins de 139 renvois (ou allusions et sous-entendus) aux « écritures » dans le livret...]
« …le texte en entier est certainement nouveau [par rapport à une cantate profane composée antérieurement à l’époque de Köthen] et il est clair que les deux mouvements de choral – les derniers mouvements des deux parties de la cantate, et chacun comptant deux strophes – furent écrits pour la révision de Störmthal…»
SCHMIEDER: L’auteur est-il Bach ?
WHITTAKER: Possibilité que le texte soit de Bach… Anna Magdalena fut la soprano soliste… le renvoi possible à l’Évangile de Jean 3, 1-15 [PBJ 1587] dans le premier récit [7] de la deuxième partie n’apparaît pas d’évidence. Il est plus sensible dans le récit [9] : Basse: « Un homme peut-il monter jusqu’à Dieu au ciel ? » [Jean 3, 13]: « Nul n’est monté au ciel… »

 

GÉNÉRALITÉS BWV 194

ANDERS: « Ainsi tous les airs sont écrits sur un modèle dansant…»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, pages 584-586]: « D’après Smend, puisque l’on admettait deux cantates par an, Bach aurait écrit pour la cour de Köthen aux moins vingt-quatre cantates, dont douze sacrées. Quelques-unes unes des cantates de la période de Leipzig ne seraient que des parodies ou des refontes de cantates qui auraient été écrites à Köthen. La question se poserait pour quinze cantates : BWV 32, 66, 120, 134, 145, 173, 174, 190, 193, 194, 202 et Anh 5, 6, 7, 8.. Pour BWV 194a, le texte est perdu ; on conserve les parties instrumentales (3 hautbois, 2 violons, viole). La musique fut ensuite parodiée dans la cantate sacrée Höchsterwünchtes Freudenfest (BWV 194)… »
BOYER [Les mélodies de chorales dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 272-273]: «…Le texte de la cantate est de caractère conventionnel… le caractère des arias d’allure profane utilise des rythmes de gavotte, de gigue et de menuet. Il s’agit en effet d’une cantate parodique utilisant les fragments d’une ancienne cantate profane datant de l’époque de Cöthen. Les deux élaborations chorales sont de simples harmonisations avec doublure des trois hautbois, des cordes et du continuo ».
CANDÉ: «…C’est ainsi que le 2 novembre il [Bach] se rend à Störmthal, près de Leipzig, avec sa femme, pour l’inauguration d’un petit orgue…IL est très probable qu’Anna Magdalena ait chanté la partie de soprano…»
[Pour une cérémonie solennelle, même dans un petit village, la présence d’une femme à la tribune a pu faire problème…]
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 157]: «…La cantate sacrée a joué un rôle assez peu important dans la production de Bach à Cöthen. Mais certaines œuvres profanes qu’il y écrivit furent par la suite, à Leipzig, transformées en compositions sacrées… En se servant d’œuvres écrites à Cöthen, Bach eut à faire des changements radicaux pour transformer une œuvre profane en œuvre sacrée, avec un texte complètement différent… la série (Cöthen et Weimar) comprend plusieurs très longues cantates de douze à quatorze sections chacune et disposées en deux parties (renvois aux BWV 75, 76, 194…»
HALBRECHT: «…Inauguration de l’orgue de Störmthal et restauration de l’église et c’est d’elle que parle surtout le livret, qui ne fait même pas allusion à l’instrument. La cantate résulte aussi du remaniement d’une œuvre de circonstance née à la cour d’Anhalt-Coethen. Mais pas plus que BWV 134, et malgré la présence de deux chorals harmonisés, l’œuvre n’est de caractère religieux. Ouverture à la française d’une très belle inspiration ». Dès l’année suivante, Bach l’utilisait à Saint-Thomas pour le dimanche de la Trinité car le texte s’y prêtait assez bien ».
LEMAÎTRE: « Parmi les Kirchenmusik paraliturgiques, cette cantate est à la fois la plus ample (12 numéros) et la plus somptueuse » [?]
NYS, Carl: « L’histoire de la cantate BWV 194, même si elle n’est pas entièrement élucidée, illustre de manière suggestive la démarche du compositeur Jean-Sébastien Bach. L’autographe de la partition conservé à Berlin, indique qu’il s’agit d’un concerto destiné à un culte solennel qui eut lieu le 2 novembre 1723, donc pendant la première année du cantorat à Leipzig… culte solennel destiné à fêter la réception du nouvel orgue installé sur la tribune au-dessus du portail d’entrée. Le livret, également conservé dans une impression très soigné, précise que le nouvel orgue et la réfection de la nef avaient été financés par le chevalier Statz Hilmor von Fullen. Le très bel instrument qu’on inaugurait et qui a été conservé pratiquement dans son état original jusqu’à nos jours, était l’œuvre de Zacharias Hildebrand, élève de Silbermann [voir Basso, volume 2, note 9 de la page 814]. Un certain nombre de cantates de Bach comportent une partie d’orgue concertant et on s’attendrait normalement à en trouver une dans cette cantate. Or, il n’en est rien… mais en examinant de près certaines parties qui ont servi à l’exécution, on constate qu’il s’agit d’un réemploi. Friedrich Smend a pu établir qu’il s’agissait en l’occurrence d’une cantate profane, très probablement destinée à une festivité (profane) au cours de la dernière année de Bach à Coethen. Cette partition profane ne comptait évidemment pas de chorals ; comme on n’a pas retrouvé le livret original, on ne peut que conjecturer que l’œuvre profane correspondait aux numéros actuels de la cantate d’église sans les chorals avec, en dernière partie, la reprise du premier chœur ou un autre chœur qui n’a pas été réutilisé. Les récitatifs ont pu être également parodiés pour Störmthal, mais on n’en a aucune preuve.
On est surpris aussi par une curieuse stabilité de la tonalité de si bémol qui domine dans la partition. Or, si l’on excepte les récitatifs, on s’aperçoit que les mouvements de la cantate profane sont ceux d’une suite instrumentale : ouverture à la française, Pastorale, Gavotte, Gigue, Menuet ; si le prechœur n’était pas repris, le dernier mouvement a pu être un Passepied…la recherche du créateur [ici Bach] va d’une façon très évidente dans le sens de l’unité du matériau pour aboutir à sa forme la plus parfaite et la plus exhaustive dans le domaine de l’expression. Dans cette perspective, la démonstration qu’une suite d’orchestre trouve son plein épanouissement musical dans la cantate avec soli, chœurs et orchestre était particulièrement séduisante à tenter. Il n’est pas impossible au demeurant que Bach ait transposé dans d’autres tons certains mouvements de la suite originale, car dans la musique vocale une parfaite unité tonale aurait engendré la monotonie…toutes les arias suivent plus ou moins étroitement le schéma da capo, mais en usant de la manière la plus variée des instruments du tutti…»
PITROU: « Grande habileté, grande hardiesse aussi. Le novateur [Bach] ne craint pas, au risque de scandaliser certains, de transporter dans le style religieux les procédés de la musique profane…»
WHITTAKER: « Les chorales qui concluent les deux parties possèdent deux strophes chacun. Sans doute est-ce pour permettre aux nombreux fidèles des environs, d’avoir part musicale à la cérémonie, même si la demande d’offrandes [section 11] n’était pas la bienvenue…»

 

DISTRIBUTION BWV 194

NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Oboe I-III ; Streicher ; B.c. (+ Fagott)
SCHMIEDER. Soli: S, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe I, II, III; Fagotti; Viol. I, II; Vla.; Continuo
[L’orgue, le 2 novembre 1723 a vraisemblablement participé au continuo. La partie d’orgue obligé de la version 1724 est perdue]

 

APERÇU BWV 194

ERSTER TEIL

1] CHORSATZ. BWV 194/1

HÖCHSTERWÜNSCHTES FREUDENFEST, / DAS DER HERR ZU SEINEM RUHME / IM ERBAUTEN HEILIGTUME / UNS VERGNÜGT BEGEHEN LÄßT [+ reprise: HÖCHSTERWÜNSCHTES FREUDENFEST !]
Fête de joie ardemment souhaitée / Que le Seigneur pour sa gloire / Nous laisse célébrer dans la joie / Dans ce sanctuaire nouvellement bâti. / Fête de joie ardemment souhaitée !

Si bémol majeur (B), 178 mesures. Grave = mesures 1-31 ; C barré -- fugato = mesures 32-167 ; 3/4 -- Grave = mesures 168-178 ; C barré
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 101-112
NEUMANN. Chor. Gesamtinstrumentarium. Parties chorales [mesure 32]et instrumentales encastrées avec dans la partie centrale une citation d’ouverture à la française.
SCHMIEDER. Coro. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Ob. I, II, III, Fag.; Viol. I, II; Vla.; Cont

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 604]: «…le chœur n’intervient que dans la partie médiane (le presto du fugato traditionnel), mais c’est sur un lapidaire motif choral sur l’incipit de la strophe que le grave conclusif prend congé de nous…»
BOMBA: «…Une ouverture française engage la cantate dans un rythme pointé. Bach y intègre le mouvement de chœur contrapuntique, l’ambiance de fête se manifeste dans de larges vocalises. Bach employa un procédé semblable dans la cantate de Noël BWV 110 dans laquelle le mouvement de chœur est [aussi] intégré. Dans la cantate BWV 194, la déclamation homophone des premiers vers du texte complète la reprise de l’introduction orchestrale ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 317-318]: « Chœur incrusté dans une ouverture à la française…»
GARDINER [Notice du CD SDG 138]: «…un problème de taille se présente, celui du diapason… l’orgue de Störmthal devait être accordé au « Tiefer Cammerton (la + - 360), soit beaucoup plus bas que les orgues de Leipzig… comment les dessus auraient-ils pu s’acquitter des contres ut du chœur d’introduction (cas de figure unique chez Bach)… A l’instar de son adaptation de l’ouverture de la Suite d’orchestre n° 4 pour la cantate BWV 110, Bach retarde l’entrée du chœur jusqu’à la dynamique section médiane … puis [dans le grave final] au lieu de répéter cette entrée festive [le grave A], il inverse le processus assignant la cascade de doubles croches à la fanfare des hautbois avant de rappeler le chœur [la dernière reprise sur Höchtserwünschtes Freudenfest] pour une somptueuse conclusion ornementée ».
HOFMANN: «…La cantate commence – de manière strictement similaire à Preise, Jerusalem [BWV 119] – avec un mouvement choral en forme d’ouverture...C’est de la musique d’initiation ici ; ce qui, est initié est la nouvelle aire de prière pour la communauté ; et de même, la musique décrit l’arrivée de Dieu (quatrième mouvement): « Wo deine Herrlichkeit einzihiet - La où ta majesté vient habiter »… Comme ce fut le cas de Preise, Jerusalem, Bach recourut à une œuvre composée antérieurement – et dans les deux cas, il changea le thème fugué de la rapide section du milieu, cette fois en haussant d’une octave la première note des parties vocales, comme une illustration musicale du mot « höchts ». Dans « Höchsterwünchtes Freudenfest » cependant, il relie encore plus le matériel existant : la cantate en entier peut être retracée jusqu’à son origine profane…»
LEMAÎTRE: «…Le premier morceau prend la forme d’une ouverture à la française dont le premier grave pointé est mené par les hautbois et le basson ; le fugato revient au chœur. Le second grave pointé rappelle le premier mais avec échange des motifs: les cordes remplissent maintenant la fonction que détenaient les hautbois dans la partie initiale tandis que ces derniers exécutent quartes et gammes descendantes qui revenaient aux violons…»
SCHWEITZER: Le langage musical des cantates: Exemple musical du « rythme solennel » de l’ouverture à la française. Renvois aux cantates BWV 182, 4, 20, 60, 91, 127 et aussi à la « grande scène du Graal, dans le Parsifal de Wagner.
VAN WIJNEN: «…Le continuo particulièrement appuyé du début donne clairement l’impression d’entendre les timbales, symbole de réjouissances. Le vocable « Höchste - haut » est dûment placé haut ; imitations et passages fugués se suivent jusqu’à ce que soient répétés les premiers accents de l’ouverture…»

2] REZITATIV BAß. BWV 194/2

UNENDLICH GROßER GOTT, ACH WENDE DICH / ZU UNS, ZU DEM ERWÄHLETEN GESCHLECHTE, / UND ZUM GEBETE DEINER KNECHTE ! / ACH, LAß VOR DICH / DURCH EIN INBRÜNSTIG SINGEN / DER LIPPEN OPFER BRINGEN ! / WIR WEIHEN UNSRE BRUST DIR OFFENBAR / ZUM DANKALTAR. / DU, DEN KEIN HAUS, KEIN TEMPEL FÄßT, / DA DU KEIN ZIEL NOCH GRENZEN [Werner: in BG = Grenze] HAST, / LAß DIR DIES HAUS GEFÄLLIG SEIN, / ES SEI DEIN ANGESICHT / EIN WAHRER GNADENSTUHL, EIN FREUDENLICHT.
Dieu infiniment grand, / Tourne-toi / Vers nous, vers la race des élus / Et vers la prière de ton serviteur ! / Ah, laisse-nous /En chants ardents / Te faire l’offrande de nos lèvres ! / Nous te vouons notre cœur / Sur l’autel des dons de grâces. / Toi que nulle maison, nul temple ne saurait contenir, / Car tu n’as ni fins ni limites, / Prends plaisir à cette demeure, / Que ta face soit / Une véritable table d’or de grâce, une lumière de joie.

Si bémol majeur (B) → Si bémol majeur (B), 16 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Page 113
NEUMANN. Baß ; B.c. Secco
SCHMIEDER. Basso, Cont.

3] ARIE BAß. BWV 194/3

WAS DES HÖCHSTEN GLANZ ERFÜLLT, / WIRD IN KEINE NACHT VERHÜLLT, / WAS DES HÖCHSTEN HEILGES WESEN / SICH ZUR WOHNUNG AUSERLESEN.
Ce que remplit l’éclat du Très Haut / Ne sera jamais voilé dans les ténèbres. / Ce que l’être saint et suprême / A choisi pour demeure, / Ne sera jamais voilé dans les ténèbres / Ce que remplit l’éclat du Très Haut.

Si bémol majeur (B dur), 52 mesures, 12/8. Genre Pastorale
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 114-118
NEUMANN. Baß, Oboe, Streicher, B.c. Da-capo avec phrasé à caractère de danse.
SCHMIEDER. Basso ; Ob. I ; Viol. I, II, Vla ; Cont.

BOMBA: «…Air au caractère de pastorale… Bach oblige le chanteur à atteindre des tons très élevés, ceci semble être « rempli de l’éclat du Très Haut », comme le dit le texte, lors de la reprise à Leipzig, à la fin du premier cycle des cantates (Trinité 1724). Bach joua le morceau aussi dans la hauteur du ton-étalon plus bas et « atténua » le récitatif de basse…»
HOFMANN: « L’original profane peut être détecté dans les arias, très discrètement dans la pastorale à la basse qui se berce gracieusement « Was des Höchsten Glanz erfüllt ».
WHITTAKER: « Il est préférable que cette aria de basse soit chaée par un ténor [?]… il est à 12/8 et possède quelque chose du type de la Sicilienne…
VAN WIJNEN: «…l’aria déroule de rêveuses lignes de violon et de hautbois qui jettent un voile de miséricorde sur un texte assez lourdaud, probablement de provenance assez ancienne ».

4] REZITATIV SOPRAN. BWV 194/4

WIE KÖNNTE DIR, DU HÖCHSTES ANGESICHT, / DA DEIN UNENDLICH HELLES LICHT / BIS IN VERBORGNE GRÜNDE SIEHET, / EIN HAUS GEFÄLLIG SEIN ? / ES SCHLEICHT SICH EITELKEIT ALLHIE AN ALLEN ENDEN EIN. / WO DEINE HERRLICHKEIT EINZIEHET, / DA MUß DIE WOHNUNG REIN / UND DIESES GASTES WÜRDIG SEIN. / HIER WIRKT NICHTS MENSCHENKRAFT, / DRUM LAß DEIN AUGE OFFEN STEHEN / UND GNÄDIG AUF UNS GEHEN; / SO LEGEN WIR IN HEILGER FREUDE DIR / DIE FARREN UND DIE OPFER UNSRER LIEDER / VOR DEINEM THRONE NIEDER / UND TRAGEN DIR DEN WUNSCH IN ANDACHT FÜR.
Être suprême, / Toi qui vois jusque dans les coins les plus dérobés / Grâce à ta lumière infiniment claire, / Comment une demeure pourrait-elle te plaire ? / La vanité s’introduit furtivement de toutes parts. / La où ta majesté vient habiter, / La demeure doit être pure / Et digne de cet hôte. / Ici la force de l’homme est impuissante, / Aussi laisse ton œil veiller / Et se poser sur nous avec bienveillance ; / Nous déposerons ainsi remplis d’une joie sainte / Les jeunes taureaux et l’offrande de nos chants / Devant ton trône / Et te présenterons nos vœux dans le recueillement.

Sol mineur (g) → Mi bémol majeur (Es), 20 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Page 119
NEUMANN. Sopran, B.c. Secco
SCHMIEDER. Sopr., Cont.

HOFMANN: «…de même [que dans 1], la musique décrit l’arrivée de Dieu (quatrième mouvement): « Wo deine Herrlichkeit einzihiet - La où ta majesté vient habiter ».

5] ARIE SOPRAN. BWV 194/5

HILF GOTT, DAß ES UNS GELINGT, / UND DEIN FEUER IN UNS DRINGT, / DAß ES AUCH IN DIESER STUNDE / WIE IN ESAIAE MUNDE [Wustmann propose: „Wie einst in Jesaja Munde“] / SEINER WÜRKUNG KRAFT ERHÄLT / UND UNS HEILIG VOR DICH STELLT.
Aide-nous, ô Dieu, dans cette entreprise / Et que ton feu nous pénètre, / Qu’il conserve aussi à cette heure / Comme dans la bouche d’Isaïe, / La force de ses effets / Et nous rende saints devant toi.

Mi bémol majeur (Es dur), 192 mesures, C barré
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 120-124
NEUMANN. Sopran, Violine, Streicher, B.c. Da-capo. Caractère de danse (gavotte). Renvoi à BWV 194a/5
SCHMIEDER. Sopr., Viol. I, II, Vla., Cont.

HOFMANN: « …l’original profane peut être détecté …plus clairement dans l’entièrement dansante aria de soprano… une gavotte authentique…»
VAN WIJNEN: «…Aria de soprano dansante et élégante, avec de délicats traits sur le mot « fringt - pénètre ». Il est ici question de l’histoire du prophète Isaïe dont la bouche a été purifiée par un charbon ardent avant qu’il ne se lance dans ses prophéties, ardentes elles aussi…»

6] CHORAL (2 Strophen). BWV 194/6

HEILGER GEIST INS HIMMELS THRONE, / GLEICHER GOTT VON EWIGKEIT = MIT DEM VATER UND DEM SOHNE, / DER BETRÜBTEN TROST UND FREUD ! // ALLEN GLAUBEN, DEN ICH FIND, / HAST DU IN MIR ANGEZÜNDT, // ÜBER MIR IN GNADEN WALTE, / FERNER DEINE GNADE ERHALTE.
DEINE HILFE ZU MIR SENDE, / O DU EDLER HERZENSGAST ! = UND DAS GUTE WERK VOLLENDE, / DAS DU ANGEFANGEN HAST. // BLAS IN MIR DAS FÜNKLEIN AUF, / BIS DAß NACH VOLLBRACHTEM LAUF // ICH DEN AUSERWÄHLTEN GLEICHE / UND DES GLAUBENS ZIEL ERREICHE.
Esprit Saint sur le trône céleste, / Dieu éternel, / Égal au Père et au Fils, / Le consolateur et ami des affligés ! / Toute foi que je trouve en moi, / C’est toi qui l’anime, / Règne sur moi avec bonté [Variante Teldec: « Continue à me conserver ta grâce. /
Envoie-moi ton secours, / O Toi, noble hôte de mon cœur / Et accomplis la bonne œuvre / Que tu as commencée. / Insuffle-moi l’étincelle / Jusqu’à ce que, ma course accomplie, / Tels les élus, / J’atteigne le but de ma foi.

- Choral de Johann Heermann (1585-1647) dont le titre est Treuer Gott, ich muß dir klagen, en 12 strophes, publié dans le recueil „Devoti musica Cordis de 1630 ; ici les strophes 6 et 7.
La mélodie Freu dich sehr, o meine Seele se retrouve dans les cantates BWV 13/3, 19/7, 25/6, 30/6, 32/6, 39/7, 70/7. Elle est tirée du Psautier de Genève (Louis Bourgeois (mélodie destiné au psaume 42). Voir EKG 319. Boehm ; Krebs, Kauffmann, Reger

Si bémol majeur (B-dur), Deux strophes, soit 17 + 17 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 124-125
NEUMANN. Chor. Gesamtinstrumentarium. Oboe I, II, III, Streicher, B .c.
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Ob. I, II, III ; Viol. I, II, Vla., Cont.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 317-318]: « Choral harmonisé de type I. Mélodie de choral 34. Cette mélodie transcrite pour piano figure dans l’Album de la jeunesse de Robert Schumann ».
HOFMANN: « Cantique Treuer Gott, ich muß dir klagen – Dieu fidèle, je dois me plaindre à Toi…» aux strophes 6 et 7, de Johann Heermann (1630)…». Dans ce numéro [6] l’invocation à la Sainte Trinité a pu justifier la reprise de la cantate pour cette fête.
LYON [Jean-Sébastien Bach Chorals]: Mélodie 85, page 276

ZWEITER TEIL

7] REZITATIV TENOR. BWV 194/7 (Post concionem)

IHR HEILIGEN, ERFREUET EUCH, / EILT, EILET, EUREN GOTT ZU LOBEN: / DAS HERZE SEI ERHOBEN / ZU GOTTES EHRENREICH, / VON DANNEN ER AUF DICH, / DU HEILGE WOHNUNG, SIEHET / UND EIN GEREINIGT HERZ ZU SICH / VON DIESER EITLEN ERDE ZIEHET. / EIN STAND, SO BILLIG SELIG HEIßT; / MAN SCHAUT [Wustmann: „hier wohnen“] HIER VATER SOHN UND GEIST. / WOHLAN, IHR GOTTERFÜLLTE SEELEN ! / IHR WERDET NUN DAS BESTE TEIL ERWÄHLEN ; / DIE WELT KANN EUCH KEIN LABSAL GEBEN, / IHR KÖNNT IN GOTT ALLEIN VERGNÜGT UND SELIG LEBEN.
Vous les saints, réjouissez-vous, / Accourez, accourez pour louer votre Dieu ; / Élevez les cœurs / A la gloire de Dieu, / D’où il porte son regard sur toi, / O demeure sainte, / Et attire un cœur purifié vers lui / Loin des vanités de cette terre. / Un endroit, qui est si bienheureux, / Duquel on regarde le Père, le Fils et l’Esprit. / Allons, âmes habitées de Dieu ! / Vous choisirez à présent la meilleure partie; / Le monde ne peut vous apporter délectation [Variante Teldec: « Le monde ne peut vous offrir de baume »] / Seuls en Dieu vous trouverez la joie et le bonheur.

Fa (F) → ut mineur (c) 19 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Page 126
NEUMANN. Tenor, B.c. Secco
SCHMIEDER. Ten., Cont.

HOFMANN: dans les sections 6 « Heilger Geist …mit dem Vater und dem Sohn » et 7, « Vater, Sohn und Geist »] l’évocation de la Sainte Trinité a pu justifier la reprise dès 1724 de la cantate pour cette fête].

8] ARIE TENOR. BWV 194/8

DES HÖCHSTEN GEGENWART ALLEIN / KANN UNSRER FREUDEN URSPRUNG SEIN. / VERGEHE, WELT, MIT DEINER PRACHT, / IN GOTT IST, WAS UNS GLÜCKLICH MACHT !
Seule la présence du Très Haut / Sera à l’origine de notre joie. / Passe monde, avec ta splendeur. / En Dieu est ce qui nous rend heureux.

Sol mineur (g-moll), 89 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 127-128
NEUMANN. Tenor, Continuosatz. Caractère de Gigue. Da capo. Renvoi à BWV 194a/7
SCHMIEDER. Ten., Cont.

HOFMANN: « …l’original profane peut être détecté discrètement dans le ténor solo accompagné seulement du continuo…»
BOMBA: «…Le duo personnifie, à nouveau dans le style du « Dramma per musica », le doute (basse) et la confirmation (soprano) ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 317-318]: « Récitatif secco et fin arioso ».

9] REZITATIV (DIALOG), BAß, SOPRAN. BWV 194/9

Baß: KANN WOHL EIN MENSCH ZU GOTT IM HIMMEL STEIGEN ?
Sopran: DER GLAUBE KANN DEN SCHÖPFER ZU IHM NEIGEN.
Baß: ER IST OFT EIN ZU SCHWACHES BAND.
Sopran: GOTT FÜHRET SELBST UND STÄRKT DES GLAUBENS HAND, / DEN VORSATZ ZU ERREICHEN.
Baß: WIE ABER, WENN DES FLEISCHES SCHWACHHEIT WOLLTE WEICHEN ?
Sopran: DES HÖCHSTEN KRAFT WIRD MÄCHTIG IN DEN SCHWACHEN.
Baß: DIE WELT WIRD SIE VERLACHEN.
Sopran: WER GOTTES HULD BESITZT, VERACHTET SOLCHEN SPOTT.
Baß: WAS WIRD IHR AUßER DIESEM FEHLEN !
Sopran: IHR EINZGER WUNSCH, IHR ALLES IST IN GOTT.
Baß: GOTT IST UNSICHTBAR UND ENTFERNET:
Sopran: WOHL UNS, DAß UNSER GLAUBE LERNET, / IM GEISTE SEINEN GOTT ZU SCHAUEN.
Baß: IHR LEIB HÄLT SIE GEFANG.
Sopran: DES HÖCHSTEN HULD BEFÖRDERT IHR VERLANGEN, / DENN ER ERBAUT DEN ORT, DA MAN IHN HERRLICH SCHAUT.
Beide (ensemble): DA ER DEN GLAUBEN NUN BELOHNT / UND BEI UNS WOHNT, / BEI UNS ALS SEINEN KINDERN, / SO KANN DIE WELT UND STERBLICHKEIT DIE FREUDE NICHT VERMINDERN [Werner - BG = verhindern].
Basse: Un homme peut-il monter jusqu’à Dieu au ciel ?
Soprano: La foi peut faire pencher le Créateur vers lui.
Basse: Elle est souvent un lien trop faible.
Soprano: Dieu guide lui-même et fortifie la main de la foi / Lui permettant ainsi d’atteindre son but.
Basse: Mais que se passe-t-il, si la chair vient à céder ?
Soprano: La puissance du Très Haut renforcera les faibles.
Basse: Le monde se moquera d’eux.
Soprano: Celui qui possède la faveur divine méprise ces railleries.
Basse: Que vous manquera-t-il en dehors de cela ?
Soprano: Votre unique désir, votre tout est en Dieu.
Basse: Dieu est invisible et lointain :
Soprano: Bienheureux que nous sommes, nous à qui notre foi enseigne / De regarder Dieu par les pensées.
Basse: Votre chair vous tient prisonnier.
Soprano: La grâce de Dieu exauce votre désir, / Car il construit l’endroit où l’on peut le contempler dans sa gloire.
Les deux: Puisqu’il récompense à présent la foi / Et habite chez nous, / Chez nous, ses enfants, / Le monde et la mort ne sauraient amoindrir notre joie.

Si bémol majeur (B) → Fa (F), 31 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 129-130
NEUMANN. Baß, Sopran. Récitatif secco et duett avec conclusion en arioso
SCHMIEDER. Sopr., Basso; Cont.

10] ARIE (DUETT), SOPRAN, BAß. BWV 194/10

O WIE WOHL IST UNS GESCHEHN, / DAß SICH GOTT EIN HAUS ERSEHN ! / SCHMECKT UND SEHET DOCH ZUGLEICH, / GOTT SEI FREUNDLICH GEGEN EUCH. / SCHÜTTET EURE HERZEN AUS / HIER VOR GOTTES THRON UND HAUS !
Ô quel bienfait nous est fait, / Que Dieu se soit choisi une demeure ! / Goûtez et voyez donc en même temps, / Dieu est aimable envers vous. / Épanchez vos cœurs / Ici devant le trône et la maison divine !

Fa majeur (F), 344 mesures, 3/4
BG Jg. XXIX (29e année). Pages 130-137
NEUMANN. Sopran, Baß, 2 Oboen, B.c. En forme de quintette. Oboe I, II, Sopran, Baß, B.c. Forme Da-capo et caractère du menuet »
Renvoi à BWV 194a/9
SCHMIEDER. Sopr., Basso ; Ob. I, II ; Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 604]: «…Dans la dernière aria (le duo, qui évite généralement les propositions en canon, mais traite les voix par séquences parallèles), la coloration concertante est donnée par un aimable couple de hautbois ».
HOFMANN: «…caractère du menuet… avec ses ravissantes tierces et sixtes parallèles qui expriment si bien le bien-être dont parle le texte qui a survécu mais dont le texte original (perdu) aurait tout aussi bien pu traiter…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les mélodies simultanées, page 131]: « Assemblage des motifs, ressources expressives…Dans une foule d’exemples, nous voyons les tierces et les sixtes, mêlées indifféremment, alterner ou jointes: « O comme le sort nous a été favorable ».
[Sans doute l’un des airs de cantates parmi les plus longs, 344 mesures et une durée de plus de 9 minutes !]

11] REZITATIV BAß. BWV 194/11

WOHLAN DEMNACH, DU HEILIGE GEMEINE / BEREITE DICH ZUR HEILGEN LUST ! / GOTT WOHNT NICHT NUR IN EINER JEDEN BRUST, / ER BAUT SICH HIER EIN HAUS. / WOHLAN, SO RÜSTET EUCH MIT GEIST UND GABEN AUS, / DAß IHM SOWOHL DEIN HERZ ALS AUCH DIES HAUS GEFALLE !
Allons, sainte communauté, / Prépare-toi à la sainte joie ! / Dieu vit non seulement dans le cœur de chacun d’entre nous / Mais il s’est construit ici une maison. / Allons, munissez-vous d’esprit et d’offrandes / Pour que lui plaisent aussi bien ton cœur que cette maison !

Si bémol (B) → Si bémol (B), 11 mesures, 4/4
BG Jg. XXIX (29e année). Page 137
NEUMANN. Secco. Baß
SCHMIEDER. Basso; Cont.

12] CHORAL (2 Strophen). BWV 194/12

SPRICH JA ZU MEINEN TATEN, / HILF SELBST DAS BESTE RATEN ; / DEN ANFANG, MITTL [Wustmann: „Mitt“] UND ENDE, // ACH, HERR, ZUM BESTEN WENDE !
MIT SEGEN MICH BESCHÜTTE, / MEIN HERZ SEI DEINE HÜTTE, / DEIN WORT SEI MEINE SPEISE, // BIS ICH GEN HIMMEL REISE !
Approuve mes actes, / Aide-moi à deviner moi-même la bonne voie ; / Ah, Seigneur, fais que tournent bien pour moi / le commencement, le milieu et la fin !
Prodigue-moi ta bénédiction, / Que mon cœur soit ton logis, / Que ta parole soit ma nourriture / Jusqu’à ce que je parte pour le ciel !

- La mélodie (1587) est celle du cantique Nun laßt uns Gott, dem Herren (1571) de Ludwig Helmbold, retrouvée dans les cantates BWV 79/6 et 165/6.

Si bémol (B), Deux strophes de 16 + 16 mesures, 3/4
BG Jg. XXIX (29e année). Page 138
NEUMANN. Simple choral harmonisé (3. Oboe). Chor - Gesamtinstrumentarium, comme [6]
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso. Instruments comme dans la section 6

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 317-318]: «…Choral harmonisé de type I. Mélodie de choral 78 de Nikolaus Selneccer (1587) ».
HOFMANN: «…choral tiré du cantique bien connu «Wacht auf, mein Herze und singe – Éveille-toi, mon cœur, et chante » de Paul Gerhardt (1647) ».
LYON [Jean-Sébastien Bach Chorals]: Mélodie 116, page 279
NYS, Carl: «…comme le troisième hautbois joue dans une tessiture trop élevée pour accompagner le ténor, il a une partie indépendante, ce qui donne une harmonie un peu archaïque à cinq voix ».
[Voir dans EKG 348 le texte des 8e et 9e strophes du cantique de Gerhardt. Sous cette référence la mélodie est attribuée à Nikolaus Selnecker (1587) et Johann Crüger (1649 ?]

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 194

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG (All Music). Notice de James Leonhard
BROWN, Francis. Provenance (juin 2002)
CROUCH, Simon. Notice 1996, 1998
ORON, Aryeh: Discussions. Part 1, 26 mai 2002.
Commentary, mai - juin 2002. Revue des enregistrements (sauf celui de J. E. Gardiner)
Discussions. Part 2, 27 novembre 2005
Textes des chorals “Treuer Gott, ich muss dir klagen” [6] – “Wach auf, mein Herz, und singe” [12]
Mélodies des choral Freu dich sehr, o meine Seele [6] - Nun laßt uns Gott, dem Herren [12]

ANDERS, Nele: Notice de l’enregistrement Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 44]. 1989
BACH, Johann Sebastian: Leben und Werk in Dokumenten (ex Bach Dokumente). Bärenreiter-Verlag. VEB Leipzig. 1975 Page 94 (Band II/164)
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 34, 39, 96, 584
Vol. 2 (1985): pages 139, 248, 256, 268, 273, 274, 280, 281, 318, 325, 333-334, 407, 408, 417, 419, 429, 442, 482, 586, 603-604, 831, 835, 844
BWV 194. Volume I, pages35, 97, 586. Volume 2, pages333, 443, 603, 835
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 58]. 2000
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 317-318
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. MDC 034 (6) : Pages 167, 171
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BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). MDC 034 = B n° 29 [63, 67, 76, 282
sur d’autre textes, voir les numéros 254, 256] -MDC 078 = B 257 [93]
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date).
Classement alphabétique MDC 034 = C 102 [98, 99, 100, 101, 103, 104] - MDC 078 = C 268 [266-267]
CANDÉ, Roland de: Jean-Sébastien Bach. Seuil. 1984. Page 142
CANTAGREL, Gilles: Bach en son temps. Hachette. Pluriel (Inédit) 8380. Juin 1982. Pages 82-83
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Pages 120-121 (n° 66 et 67)
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Literaturverzeichnis: 55 (Schering)
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970
Page 22 (1723); page 24 (? Trinité, 4 juin 1724); page 30 ( ? Trinité 16 juin 1726), Page 39 (Trinité 20 mai 1731)
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 179-180, 446-447, 512
NYS, Carl de: Notice de l’enregistrement Rilling / Erato [Vol. 9]. 1978-1979
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 115
PIRRO, André: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Page 132
PITROU, Robert: Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 173
SCHERING, Arnold: 55]: Johann Sebastian Bach und das Musikleben Leipzigs im 18. Jahrhundert. Musigeschichte
Leipzigs, Bd. III, Leipzig 1941. W. Neumann 55
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Pages 252-254 (édition 1973)
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Wustmann - Wolff - Terry - Moser - Schering - Neumann - Smend
Bach-Jahrbuch 1908 - 1918 - 1920 - 1928 1929 - 1931
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Page 245
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 2, pages 324, 365-367, 681. Volume 3, page 79
SZERSNOVICZ, Patrick: Critique de l’enregistrement Teldec, Das Kantatenwerk [Vol. 44]. Le Monde de la musique, avril 1990
VAN WIJNEN, Dingeman: Notice (sur CD) de l’enregistrement de P. J. Leusink. Bach Edition 2006
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985.
Tome 1, pages 238, 264-271. Tome 2, page 66
VIGNAL, Marc: Les Fils de Bach. Fayard. 1997 (l’héritage de Bach) pages 68, 70
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. Volume 9. 1998
WUSTMANN, Rudolf: J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 306-309
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 49, pages 112-114
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 194

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW)
DURÉE: Harnoncourt (40’03). Koopman (35’28). Leusink (39’41). Neumann (39’). Rilling (47’12). Suzuki (38’37).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible par [CR 5/2008].
6 références (avril 2002 - avril 2008) + deux mouvements individuels
+ Exemples musicaux

5] GARDINER [27]. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage. Kirkwall, 13 juin 2000
CD SDG [138]. Mars 2008 (F).
2] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Enregistrement, Vienne, janvier-mars 1987-1989
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 44]. 1989
CD Teldec (D). Das Kantatenwerk - Sacred cantatas. Vol. 10
CD Teldec. Complete Cantatas Das Kantatenwerk [Vol. 44]. CD 2292-44193-2 244193-2 ZK 1989
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et l’intégrale (en disques séparés), par Warner Classics 2007
3] KOOPMAN [Vol. 9]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1998
CD Erato 3984 - 27315 - 2 puis Antoine Marchand (ca 2003)
4] LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Janvier, février 2000
CD Brilliant Classics Bach Edition Vol. 15 – Cantatas Vol 8
CD Bach Edition 2006 (Reprise). CD Brilliant Classics IV. 93102/83 / 7. Avec BWV 176, 89
1] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach Ensemble : Bach-Collegium Stuttgart.
Première mondiale enregistrée à Stuttgart (Gedächtniskirche) en septembre 1976 et janvier 1977
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98691. Avec BWV 22.
Disque (F). Erato Les grandes cantates. STU 71190 [Vol. 9] 1978. Avec BWV 59
CD. Die Bach Kantate [Vol. 65]. Hänssler. Classic. Laudate Nr. 98.827. 1992. Avec BWV 28
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 58]. Hänssler-Verlag 92.058. Janvier 1977. 2000. Avec BWV 193
6] SUZUKI [Vol. 16]. Bach-Collegium Japan. Novembre 2000.
CD BIS CD 1131. Avec BWV 119

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 194
M-1. 1 et 12]. Pflugbeil, Hans. Greifswald Bach Tage Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin 1950, début 60. Disque Baroque Music Club
Reprise CD
M-2. 1]. Andrew Parrott. Taverner Players. 1999. CD Virgin Veritas

 

ANNEXE BWV 194
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes
- Volume II, pages 324, 365-367. Volume III, pages 79

« Durant les années 1722-1723, l’église de Störmthal (construite en 1722), près de Leipzig, fut restaurée, et en même temps, un nouvel orgue fut prévu, dont la construction fut entreprise par Zacharias Hildebrand [1688-1757], un élève de Gottfried Silbermann [1683-1758], pour la somme de 400 thalers. Un certain chambellan, von Fullen [il s’agit de Herr Statz Hilmor von Fullen, Seigneur de haute naissance, Chevalier du Saint Empire romain… Grand Chambellan de sa Majesté le Roi de Pologne, etc.], qui habitait Störmthal, avait réunit cette somme et après l’achèvement des travaux, Bach essaya l’instrument. Le 2 novembre [1723], le mardi suivant le vingt-troisième dimanche après la Trinité, fut organisé une cérémonie publique pour la dédicace de cet orgue et, pour l’occasion, Bach écrivit une cantate : « Höchst Erwünschtes Freudenfest » dont il dirigea lui-même l’exécution. L’orgue qu’il réceptionna, « excellent instrument, solide et recommandable » est parvenu jusqu’à nous aujourd’hui dans ces parties essentielles. Il subit cependant une restauration en 1840 due au constructeur [d’orgues], Kreutzbach [Basso, volume 2, note 9 de la page 814: « Les premières réparations que connut cet orgue furent l’œuvre de Urban Kreutzbach, de Borna (né à Münsterberg, en Silésie, en 1688 et mort à Dresde le 11 octobre 1757) …d’autres travaux en 1905, 1934 et 1974. L’instrument, dans son ensemble, se présente à peu près inchangé…»] qui exprima en même temps sa satisfaction devant cet instrument. Il dit beaucoup de bien à propos de Bach dont le nom était et se maintenait toujours en Saxe, de même que sur la tradition établie à Störmthal [tradition] toujours en place presque un siècle et demie plus tard. [Note 353 [Spitta]: Ceci me fut rapé très aimablement par le pasteur de Störmthal, Ficken, auquel je dois aussi les détails ci-dessus sur les comptes de l’église]. La cantate que Bach avait amenée de Leipzig ainsi que ses collaborateurs pour l’exécution, fut écrite avec beaucoup de soin, dû, peut-être, à la haute position [Fuller ?] de la personne qui le lui avait commandée [Spitta, note 354: La partition autographe et les parties [séparées] originales sont à la bibliothèque royale de Berlin. Aux parties séparées est annexé en folio le texte imprimé]. Ce qui est de plus important, c’est que Bach qui aima toujours reprendre ses compositions écrites pour des occasions particulières dans le cadre de ses charges régulières [à Leipzig], par la suite la modifia pour le dimanche de la Trinité et l’exécuta pour ce jour fréquemment sous une forme modifiée. Nous le comprendrons mieux en comparant cette œuvre avec la « Rathswahl » Cantata [BWV 119]. Ici, à nouveau, il n’y a pas une façon de faire strictement dévotionnelle et les formes sont parfois plus « séculières » bien que décantées et adaptées à un usage en église. De même, le début [1] est une ouverture dans le style français [ouverture à la française] et la façon dont les voix sont impliquées est identique, excepté dans la section « grave » de la conclusion, quand elles sont introduites à la dernière mesure avec le plus grand effet. Parallèlement, l’allegro est ici un vrai fugato et les passages en trio intercalés ne sont pas omis. Par la continuelle réapparition du motif principal, l’aria [3] a le caractère d’un rondo même si sa forme est conservée. La seconde aria [5] est entièrement établie sur le rythme d’une gavotte. La troisième [8] conserve le caractère de la gigue, en dépit du thème confié à la ritournelle de la basse. Enfin, la quatrième [10] est dans le mouvement d’un menuet. Par conséquent nous avons ici un exemple remarquable de cantate dont la forme est une suite instrumentale, excepté les récitatifs, avec chacune des deux parties s’achevant par un choral. Ainsi, Bach avait probablement l’intention « d’éprouver » le goût du noble responsable de l’église de Störmthal comme il l’avait fait auprès des paroissiens de Leipzig avec sa cantate d’essai [BWV 22], car, sous Auguste le Fort, la musique française était en grande faveur à la cour de Dresde. Et faisant ainsi, Bach n’allait pas à l’encontre de son instinct naturel, qui était de réunir ensemble son style propre et les formes musicales de l’époque ».

 

Contributed by Claude Role (June 2008)

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Last update: ýJune 8, 2008 ý17:32:38