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Cantata BWV 178
Wo Gott derr Herr nicht bei uns hält
Quand Dieu, le Seigneur, ne se trouve pas auprès de nous
Commentary in French

KANTATE ZUM 8. SONNTAG NACH TRIBITATIS
8e dimanche après l Trinité
Leipzig, 30 juillet 1724

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (
Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée le 27 janvier 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek,
Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 178

BASSO: Reprise possible de la cantate BWV 178 après juillet 1755, d’après une nouvelle copie de Penzel datée du 24 juillet 1755. [8e dimanche après la Trinité 1755 ?]
Leipzig, 30 juillet 1724. Deuxième cycle de cantates de Leipzig (2. Jahrgang – Choral-Kantaten) allant de mai 1724 à mars 1725
HERZ: ancienne datation entre 1735 et 1744 [!]
HIRSCH: Classement CN 84 (Numéro chronologique = Die chronologisch Nummer).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr). Année 1724:
BWV 10 (2 juillet) – BWV 93 (9 juillet) – BWV 107 (23 juillet) – BWV 178 (30 juillet) – BWV 94 (6 août) – BWV 101 (13 août) – BWV 113 (20 août)
PIRRO: Les cantates après 1727
SCHMIEDER:
Leipzig, entre 1735 et 1744.
VIGNAL: «…Selon le musicologue Peter Wollny, le matériel de cette cantate fit partie de l’héritage de
Wilhelm Friedemann Bach qui la fit exécuter à Halle (Saxe), dans une version plus ou moins altérée, probablement à l’automne 1759 ».

 

SOURCES BWV 178

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
SCHMIEDER: Page de titre en possession d’Edward Speyer, Ridgehurst, Sheney, Herts
[Il s’agit du banquier, musicologue et collectionneur Edward Speyer, Ridgehurst, vivant en Angleterre (ca 1850-1934). Il se pourrait que les collections de ce dernier aient été dispersées. Certaines pièces sont de nos jours (ca 2007/2008) proposées en salle de ventes (Artfact. Com. London, 2007). C’est le cas de la partie de basse continue (avec chiffrage) de la cantate
BWV 176].
SCHWEITZER [J.- S. Bach / Le Musicien poète - Les cantates écrites après 1734, (page 202]: «…Un cycle entier de cantates-chorals était échu en partage à Friedemann Bach. Nous savons ce détail par une lettre de Forkel, écrite de Göttingue à la date du 4 avril 1803. Il y raconte qu’un moment il eut l’idée d’acheter ces cantates à
Friedemann, qui se trouvait alors dans la gêne ; mais comme il ne pouvait lui payer les vingt louis d’or qu’il demandait, il acheta pour deux louis la permission d’emporter chez lui le cycle entier et de le parcourir. Il en profita pour copier les deux cantates (BWV 9 et BWV 178)… Plus tard ce même cycle fut vendu douze thalers. Forkel ne put savoir quel en fut l’acquéreur [à la suite donne la copie de langue allemande de l’extrait relatif à cette transaction].

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom L. Thomasschule zZ Bach-Archiv
Leipzig
Titre d’un copiste sur la chemise: “Dominica 8. Post Trinit. / Wo Gott der Herr nicht bey uns hällt / à / 4. Voc. / 2. Hautbois. / 2. Violini. / Viola. / e Continuo. / di Sig. / J. S. Bach.”

HERZ: Le copiste est
Johann Andreas Kuhnau, dans la partie médiane de son séjour à Leipzig (K2)
SCHMIEDER: Parties séparées, la pluspart révisées par Bach, à la Thomasschule (Stimmen 596). La partie d’Alto de la main de
Wilhelm Friedemann Bach

St. Privatbesitz Pr. Rudorff,
Leipzig

BASSO: [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 34]: « Quatre parties séparées sont conservées aux Bach Archiv de
Leipzig, précédemment à la Musikbibliothek Peters ».
[Tome 2, pages 347-348]: « Nous disposons d’un maériel abondant concernant la cantate BWV 178, bien qu’il nous manque le document de base, à avoir la partition autographe...»
BG: Un paquet de 33 feuilles avec filigrane “à la demi-lune et marque IMK” . Un ensemble de 12 parties dont 3 du continuo. Révision de Bach à la partie du soprano
SCHMIEDER: « Collection privée dont quatre des voix seraient de la main d’
Anna Magdalena Bach (catalogue Rudorff, n° 6).
SUZUKI: « Les parties conservées à
Leipzig comprennent quatre parties de continuo différentes (A 13 à A 16)... il est possible que la dernière (A 16) ait été réalisée après la mort de Bach. La partie (A 15) est clairement conçue pour l’orgue. La partie (A 13) est la plus importante et a été relue par Bach lui-même après avoir été copiée de la partition par le copiste principal., J.A. Kuhnau.

COPIES XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 1050 M. Staatsbibliothek zu
Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem. Aujourd’hui BB/SPK P 1050. Copie de la partition par Penzel, datée du 24 juillet 1755.
St. 388 M. Staatsbibliothek zu
Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem Aujourd’hui BB/SPK St. 338. Copie des parties séparées, par Penzel, datée du 24 juillet 1755.

P 959 M. Staatsbibliothek zu
Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem. Aujourd’hui BB/SPK 959. Copie anonyme de la partition
St. 596. Deutsch Staatsbibliothek zu
Berlin. Copie en parties séparées de Wilhelm Friedemann Bach. Aujourd’hui BB/SPK St. 596.

P 46 M. Staatsbibliothek zu
Berlin. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem
Copie par Forkel [Renvoi à sa lettre datée du 4 avril 1803 où il est question des deux cantates
BWV 9 et 178 et de Wilhelm Friedemann Bach] d’après la partition ayant appartenu à ce dernier (copiée ainsi que la cantate BWV 9).
Aujourd’hui BB/SPK 46. Cette partition figure dans un recueil de sept pièces de musique d’église avec dessus, reconnaissable la mention Georg Polchau /
Berlin 1824 / P 46 avec le titre sur la première feuille « Dominica VIII post Trinitatis.Wo Gott der Herr nicht bey uns hällt pp [?] à 4 Voci, 2 Oboi, 2 Violini, Viola e Continuo, di J. S. Bach. »

BB/SPK 1159 Copie anonyme
BB/SPK 466. . Copie anonyme

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 59-60]: « A la mort de
Gottlob Harrer (Kantor de Saint-Thomas 1750-1755), le chef du chœur de la Thomasschule était Christian Friedrich Penzel auquel on doit la copie d’une trentaine de cantates dont la BWWV 178 (partition et parties séparées) précisément datées du 24 juillet 1755. Alberto Basso ajoute: « Il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un travail effectué en vue d’exécutions qui eurent lieu d’abord sous la direction de Penzel, puis celle de Doles. » (Kantor à Leipzig entre 1755 et 1789).

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)

BG Jg. XXXV (35e année - BWV 171-180). Pages 237- 272. Préface d’Alfred Dörffel (1888)

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 18. KANTATEN ZUM 7 UND 8 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5027. 1966 - 2/1987. En supplément, la correction des tomes précédents. 5 fac-similés
BWV 178. Pages 161-196
Avec
BWV 54, BWV 186, BWV 107, BWV 187, BWV 136, BWV 45
Kritischer Berichte (commentaires). BA 5027 41. 1967. A. Dürr :
BWV 54, BWV 186, BWV 107, BWV 136, BWV 178, BWV 45. Leo Treitler : BWV 187
La partition NBA est dans le coffret Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 41]. 1988

AUTRES ÉDITIONS
Breitkopf & Härtel. Partition PB 3028 - Révision, voix, orchestre orgue et clavecin de M. Seiffert OB 2297/98 - Partie du chœur ChB 2118
2008: Réduction voix et piano EB 7178 (56 pages) - Partition du chœur ChB 4678 (16 pages)
BCW: Réduction voix et piano (ex BGA)
Kalmus Study Scores. N° 852. Volume XLVIII New York 1968 (avec les cantates BWV 176-179)

 

PÉRICOPE BWV 178

Huitième dimanche après la Trinité
Le texte de cette cantate s’il ne fait pas expressément allusion aux lectures du jour, traduit cependant une même préoccupation, le « lieu » dogmatique des ennemis de l’église, notamment représentés par les faux prophètes.
Dans le Missel romain, la lecture de l’Epître de saint Paul aux Romains est faite le 8e dimanche après la Pentecôte. La vie de l’Esprit... Enfants de Dieu grâce à l’Esprit
Épître: Romains 8, 12-17 [PBJ 1678].
L’Evangile de Matthieu est proclamé le 7e dimanche après la Pentecôte: Le Sermon sur la montagne
Évangile: Matthieu 7, 15-23 [PBJ 1730]
EKG. Huitième dimanche après la Trinité
Entrée: Epître aux Ephésiens 5, 9 [PBJ 1730]: « Conduisez-vous en enfants de lumière, car le fruit de la lumière consiste en toute bonté, justi ce et vérité ».
Psaume 48 [PBJ 844-845]: Sion, montagne de Dieu
Cantique : EKG 226 O gläubig Herz, gebenedei
Épître: Romains 8, 12-17 [PBJ 1678]
Évangile: Matthieu 7, 13-23 [PBJ 1730]. Le Sermon sur la montagne
Pour le même 8e dimanche après la Trinité, renvoi aux cantates
BWV 136 (18 mai 1723) et BWV 45 (11 août 1726). On ne connaît pas l’œuvre donnée pour la même occurrence en 1725 où le 8e dimanche après la Trinité tombait le 22 juillet.

 

TEXTE BWV 178

L’essentiel du texte repose sur le cantique de Justus Jonas (1524). L’auteur des textes intercalés n’est pas connu. Le nom de Bach a été parfois proposé (Arthur Hirsch).
Voir les renvois « Texte » à chaque numéro de la cantate

 

GÉNÉRALITÉS BWV 178

BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 300-301]: « Bwv 178 constitue un des plus intéressants monuments de la cantate sur Mélodie de choral et en même temps l’une des œuvres les plus dramatiques de Bach… Le « culmen » de la cantate paraît se situer dans l’aria de basse qui évoque la tempête ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page 383]. Comparaison du schéma structurel (le même choral Wo Gott der Herr…) entre BWV 178 et
BWV 114: Les deux cantates sont en sept numéros, l’une (BWV 178) propose cinq élaborations, la seconde ‘(BWV 114), trois… la différence notoire est l’abandon des deux récits tropés de cantus firmus (BWV 178) dans BWV 114.
CANDÉ: «…L’une des plus magnifiques cantates de Bach. Le choral qui en est l’âme, un cantique de
Justus Jonas, collaborateur de Luther
(CCACEDDC) est formé de huit strophes paraphrasées dans l’ordre : 1, 2, 3, 4, 5, 8, 7 (la sixième strophe manque)… Cette cantate est une œuvre forte, romantique, passionnée ».
SCHREIER: «...Bach souligne dans cette partition les absences, les manques d’équilibre dans la structure, les harmonies sont extrêmes et la conduite de la ligne mélodique avance par sauts... le choix des thèmes crée une impression d’inquiétude, d’un manque d’assurance qui a besoin du secours de Dieu... le plan de l’ensemble de la cantate n’est pas symétrique: Chœur – récitatif – aria – choral – récitatif – aria – choral. Pourtant il s’agit d’une cantate chorale, ce choral lui sert de référence d’un bout à l’autre par le moyen de son cantus firmus... les moyens d’expression sont empruntés à l’affect du « style agité - stilo concitato ».

 

DISTRIBUTION BWV 178

NEUMAN. Alt, Tenor, Baß. – Chor. Horn (seulement dans les n° 1 et 7 (cantus firmus) ; Oboe I, II, Oboe d’amore I, II : Streicher ; B.c
SCHMIEDER. Soli: A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe I, II; Oboe d’amore I, II; Corno; Viol. I, II; Vla.; Cont.

HARNONCOURT: « L’indication d’instrumentation « corno » pour le renforcement du cantus firmus dans les mouvements de choral ne peut que signifier que cornet à bouquin ou trompette à coulisse [dans l’enregistrement d’Harnoncourt c’est le cornet à bouquin qui est requis].

 

APERÇU BWV 178

1] CHORSATZ. BWV 178/1

WO GOTT DER HERR NICHT BEI UNS HÄLT, / WENN UNSRE FEINDE TOBEN, / UND ER UNSRER SACH NICHT ZUFÄLLT / IM HIMMEL HOCH DORT OBEN, / WO ER ISRAELS SCHUTZ NICHT IST / UND SELBER BRICHT DER FEINDE LIST, / SO ISTS MIT UNS VERLOREN.
Quand Dieu, le Seigneur, ne se trouve pas auprès de nous / Quand nos ennemis se déchaînent / Et quand il ne prend parti pour nous / Du haut des cieux, / Quand il n’est pas la protection d’Israël / Et qu’il ne brise pas lui-même la ruse des ennemis, / C’en est fait de nous.

TEXTE : Première des huit strophes (de sept vers) du cantique (1524) de
Justus Jonas (1493-1555) d’après le psaume 124 [PBJ 923]: Le Sauveur d’Israël: « Sans Yahvé qui était pour nous... »
Voir EKG 193. Ce cantique est chanté généralement le 17e dimanche après la Trinité et renvoie aux cantates
BWV 47, BWV 114 et BWV 148

HOFMANN: «... la mélodie provient des Réformateurs de Wittenberg et date de 1529 ».
SCHREIER: Renvoie à l’Epître aux Galates 6, 16 [PBJ 1726] et Osée 14, 6 [PBJ 1394]. Également au premier verset du psaume 115 (correspondant au nombre de mesures (115) écrites par Bach dans ce numéro: « Que les païens ne disent... où est leur Dieu ? [PBJ 911]
[Ce cantique figurant dans les Enchiridiens publiés à Erfurt en 1524, est attribué par Charles Schneider (texte et mélodie) à
Martin Luther. Il est vrai que Justus Jonas fut un proche du grand réformateur allemand. La mélodie (d’un anonyme ou de Justus Jonas) est imprimée pour la première fois dans le recueil Geistliche Lieder, par Joseph Klug à Wittenberg].
Utilisation de la même mélodie dans
BWV 73/1 (23 janvier 1724) et BWV 114/1 (1er octobre 1724)

La mineur (c), 115 mesures, 4/4
BG Jg. XXXV. Pages 237-251
NEUMANN. Obe I, II, cordes, B.c. Parties instrumentales indépendantes et ritournelles vocales encastrées. C.f. au soprano + le cor
SCHMIEDER. Chor : Sopr., Alto, Ten., Basso ; Ob. I, II ; Viol. I, II, Vla. Cont. Cantus firmus im Sopr.

ANDERS: « Mouvement orchestral thématiquement autonome... la mélodie chantée par le choeur y étant introduite ligne par ligne (sopranos accompagnés du cor). Des passages homophones caractérisent le soutien qu’offre le Seigneur ; ils alternent avec des passages rythmiquement agités représentant les ennemis. Le thème instrumental inchangé force ces antagonismes à une unité grandiose...»
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 347-348]: «…La réalisation musicale est parmi les plus stupéfiantes dès le morceau initial, qui respecte fidèlement la structure de la Barform (AAB). La page est constituée de trois composantes essentielles : a) une ritournelle purement instrumentale ; b) une harmonisation simple du choral (cantus firmus confié au soprano et doublé par un cor) ; c) une élaboration polyphonique du choral maintenant le cantus firmus en valeurs larges et confiant aux autres voix un traitement en imitation. Episodes instrumentaux et vocaux apparaissent parfaitement alternés et obéissent à une scansion des espaces calculés dans chaque détail (les Stollen occupent 31 mesures chacun, cependant que l’Abgesang est formé de 52 mesures. Chacun des sept versets [lignes du choral] est assuré d’une réalisation musicale qui est toujours de six mesures et qui fait alterner, comme on l’a dit, style simple et style polyphonique. ; le septième, atypique, adopte un style « mixte... + Tableau: A = mesures 1 à 31 – A’ = mesures 32 à 62 - B = mesures 63 à 115
BOMBA: «…Le mouvement vocal avec le choral est intégré dans un mouvement instrumental concertant tout d’abord compact à quatre voix avec le cantus firmus au soprano, puis avec des préimitations dans es voix inférieures. Cependant cela vaut la peine ici de jeter un regard sur la relation avec le texte à partir duquel la musique a été composée. L’introduction musicale pourrait illustrer la lutte entre les ennemis déchaînés et la protection du Seigneur: La note longue tenue du hautbois est aussi contredite par une basse rythmée et révoltée et les figurations mouvementées des cordes. Lorsque plus tard le ton constant est renforcé de pointillages, on se croit en présence d’une sorte de synthèse. Même le mouvement vocal est soumis à cette forme dialectique. « Quand Dieu, le Seigneur, ne se trouve pas auprès de nous » est un puissant mouvement homophone ; toutes les voix se rencontrent à l’unisson sur la parole finale. Par contre c’est la polyphonie qui anime le deuxième vers, avec ces ennemis déchaînés. Plus tard, là où le texte commence à mettre en garde devant la perdition de l’homme, une déclamation syllabique frappante souligne cette pensée ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 300-301]: « Mélodie de choral (MDC) 112 ».
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 353-356]. Mélodie de choral 112, de type II (choral incrusté).
CANDÉ: «…Dès le premier chœur, dans le style d’une fantaisie de choral, on est captivé d’abord par l’impétuosité du rythme et la rudesse de l’harmonie (dès la première mesure, le second hautbois attaque un ré sur le mi du premier) puis par la force du cantique – que l’on a envie de chanter à tue-tête: c’est un art de participation ! »
CANTAGREL [Le Moulin et la rivière. Variations sur Bach]: « …observant la coupe de l’ancienne Barform, les sept périodes du cantique sont énoncées très clairement, bien détachées les unes des autres, toutes encadrées d’une ritournelle instrumentale…»
HOFMANN: « Il est clair qu’il est question ici de conflit et de confrontation. Au début, un rythme pointé nerveux des cordes s’oppose aux cascades de doubles-croches aussi nerveuses au hautbois avant que les rôles des instruments ne s’entremêlent. Le chœur apparaît d’un bloc, symbolisant la fermeté pour ensuite se déployer et prendre part simultanément à un combat contre les ennemis. Il illustre cette lutte avec des vocalises emportées sur le mot « toben - fulminer ».
LEMAÎTRE: «…L’équilibre est également la qualité du premier choeur [après celle du texte], tout au moins dans l’alternance des passages instrumentaux et des épisodes choraux. Sa forme correspond au schéma A-A-B et l’on distingue trois éléments importants : 1) Ritournelle orchestrale autonome ; 2) harmonisation du choral avec cants firmus au soprano renforcé par le cor ; 3) traitement polyphonique du choral qui conserve son thème en valeurs longues…»
PIRRO [L‘Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, pages 111-112]: «…Motif rythmique sur Toben, grands traits tumultueux formés de motifs qui se répercutent et sont associés aux mots qui évoquent des idées de fracas, de tempête, d’écroulement…». Renvois aux mots « Toben » dans BWV
BWV 107/4, BWV 123/3, BWV 139/2 ».
[Les mélodies simultanées, page 141]: « Le fracas du mot toben gronde aux trois voix sur lesquelles s’étend la mélodie du choral…»
ROMIJN: «...Le chœur d’ouverture reprend le premier vers du choral «
Wo Gott der Herr » d’une manière assez impérieuse. Le combat contre les faux prophètes est pavé d’obstacles. La première ligne, par conséquent, est présentée dans une homophonie chorale sans concession aucune... et le mouvement s’achève sur une longue tenue à l’unisson sur « Hält – tient ». Le second vers traitant des ennemis rageurs, fait appel à une musique dûment rageuse, mais le troisième et le quatrième vers ont droit aux même notes alors que le texte diffère considérablement…».
SCHREIER: « Tous les moyens d’expression ou de représentations sont soumis positivement ou négativement à « l’affectus irae » tel qu’il est exposé dans la théorie des « affections » baroques ».
WOLFF: « Le cantus firmus protestant s’affiche franchement et sans ornements dans le choeur d’introduction et dans le choral final, tandis qu’il revient dans les 2e, 4e et 5e mouvements dans des arrangements variés (à une voix dans les n° 2 et 4, à quatre voix dans le n° 5, mais toujours très recherchés, de temps à autre, ave des figuralismes évoquant certains passages du texte (sur des mots clefs tels que « Wenn unsre Feinde toben ».

2] CHORAL + REZITATIV ALT. BWV 178/2

Choral: WAS MENSCHEN KRAFT UND WITZ ANFÄHT, / SOLL UNS BILLIG NICHT SCHRECKEN ;
Rezitativ: DENN GOTT DER HÖCHSTE STEHT UNS BEI / UND MACHET UNS VON IHREN STRICKEN FREI.
Choral: ER SITZET AN DER HÖCHSTEN STÄTT, / ER WIRD IHRN RAT AUFDECKEN.
Rezitativ: DIE GOTT IM GLAUBEN FEST UMFASSEN, / WILL ER NIEMALS VERSÄUMEN NOCH VERLASSEN ; / ER STÜRZET DER VERKEHTREN RAT / UND HINDERT IHRE BÖSE TAT.
Choral: WENN SIES AUFS KLÜGSTE GREIFEN AN, /
Rezitativ: AUF SCHLANGENLIST UND FÄLSHE RÄNKE SINNEN; / DER BOSHEIT ENDZWECK ZU GEWINNEN;
Choral: SO GEHT DOCH GOTT EIN ANDER BAHN :
Rezitativ: ER FÜHRT DIE SEINIGEMIT STARKER HAND / DURCHS KREUZES MEER IN DAS GELOBTE LAND, / DA WIRD ER ALLES UNGLÜCK WENDEN.
Choral: ES STEHT IN SEINEN HÄNDEN.

Choral: Ce qui embrase la force et la moquerie humaines / Ne doit pas nous effrayer ;
Récitatif: Car Dieu le Très-Haut nous assiste / Et nous libère de leurs filets.
Choral: Il est assis à la plus haute place, / Il saura nous fournir les conseils adéquats.
Récitatif: Jamais il n’oubliera ni n’abandonnera / Ceux qui croient fermement en Dieu ; Il détruit les desseins des impies / Et empêche leurs mauvaises actions.
Choral: S’ils recourent aux plans les plus raffinés,
Récitatif: Comptant sur la ruse du serpent et les sournoises intrigues, / Pour obtenir la victoire du mal,
Choral: Dieu, lui, emprunte une autre voie;
Récitatif: D’une main ferme, il guide les siens / Au travers d’une mer de douleurs, vers la terre promise / Où il détournera tous les malheurs,
Choral: Cela est en son pouvoir.
[Renvoi au psaume 124/6: Notre âme, comme un oiseau, s’est échappée du filet de l’oiseleur. Voici: le filet s’est rompu...]

TEXTE: Strophe deuxième du cantique de Jonas avec texte du récitatif d’un auteur inconnu
SCHREIER: Renvoi à Apôtres 5, 38-39 [PBJ 1631-1632]: « Car si leur entreprise ou leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire...»
Renvoi au psaume 124/6: « Notre âme, comme un oiseau, s’est échappée du filet de l’oiseleur. Voici : le filet s’est rompu… »
Renvois au psaume 115, 15 [PBJ 911]: « Bénis soyez-vous de Yahvé qui a fait le ciel et la terre » ; psaume 21, 2 [PBJ 922]: « Le secours me vient de Yahvé qui a fait le ciel et la terre » ; psaume 134, 3 [PBJ 928]: « Que Yahvé te bénisse de Sion, Lui qui fit ciel et terre »
Renvoi au psaume 50, 1 - le nombre de mesures de ce numéro- [PBJ 846] : Depuis Sion, beauté parfaite, il resplendit…»

Ut majeur (C) – mi-mineur (e), 50 mesures, C. Marqué « Presto »
BG Jg. XXXV. Pages 252-253. Marqué « Presto »
NEUMANN. Choralarioso et récitatif secco alternés (tropés). Thème du choral à la basse continue
SCHMIEDER. Alto, Continuo. BG Marqué « Presto »

ANDERS: « L’alto seule introduit la mélodie chorale en valeur de demi-notes, en contrepoint d’un mouvement en croches dans le continuo ».
BOMBA: «...Le premier des deux mouvements combinés est le récitatif ° 2. C’est presque imperceptiblement que Bach renforce l’univers rigoureux du choral en faisant succinctement préimiter le cantus firmus par le continuo ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 353-356]. Mélodie de choral 112 de type III. Strophe tropée par un récit confié à l’alto. Seul l’orgue (la basse continue) sert de soutien instrumental.
CANDÉ: «…Bouleversant récit d’alto avec choral ».
HOFMANN: « le récitatif... reprend textuellement le second couplet du texte original qui sera uniquement développé par des ajouts interprétatifs ou qui visent à actualiser le texte. Bach a mis en musique ces ajouts sous forme de récitatifs... »
LEMAÎTRE: «...le cantus firmus revient dans les récitatifs, son ample mélodie s’oppose alors au style secco des vers libres…»
ROMIJN: «...l’alto chante la mélodie du choral tandis que la même mélodie est jouée sur un tempo absolument différent au continuo… »
SCHREIER: «...la première et la deuxième, la troisième et la quatrième ligne du choral sont prises ensemble, ce qui aboutit à quatre développements de chœur. Les figures d’accompagnement dans la basse continue pour les lignes du choral sont dérivées de la mélodie de celui-ci... l’impression purement auditive est celle d’une imitation presque méchante et d’une sorte de caricature béatifiante du choral, une sorte de « serpent » formé par « la force des hommes et leur intelligence », comme dit le texte ».
Renvoi par le même auteur [d’un sens proche] au psaume 50 (le nombre de mesures de ce numéro 2), « De Sion, beauté parfaite Dieu resplendit ».

3] ARIE BAß. BWV 178/3

GLEICHWIE DIE WILDEN MEERESWELLEN / MIT UNGESTÜM EIN SCHIFF ZERSCHELLEN, / SO RASET AUCH DER FEINDE WUT / UND RAUBT DAS BESTE SEELENGUT. / SIE WOLLEN SATANS REICH ERWEITEN, / UND CHRISTI SCHIFFLEIN SOLL ZERSCHEITERN.
De même que les flots déchaînés / Fracassent violemment le navire, / La fureur des ennemis se déchaîne / Et dérobe les meilleures âmes. / Ils veulent élargir le royaume de Satan / Et réduire à néant la frêle embarcation du Christ.

TEXTE :Texte libre d’un auteur inconnu paraphrasant la troisième strophe du cantique de
Justus Jonas
[Renvoi au psaume 124/4-5: « Alors les eaux nous submergeaient.. »
[Renvoi à la cantate BWV 81/5 pour une même description des flots déchaînés...]

Sol majeur (G), 82 mesures, 3/8
BG Jg; XXXV. Pages 253-257
NEUMANN. Forme trio, violons, Basse vocale et B. c. Forme A-B-B’ (avec ritournelles)
SCHMIEDER. Basso ; Viol. I, II all’unis ; Continuo

BASSO: Forme ABB’, avec violons à l’unisson
BOMBA: « L’air n° 3 contient un troisième type de texte. Bach se laisse inspirer par les « flots déchaînés et la « fureur des ennemis », de même image pour arranger le mouvement puissamment agité des cordes et des figurations roulantes du continuo, qui seront reprises et poursuivies par la voix de basse...»
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 300-301]: « Le « culmen » de la cantate paraît se situer dans l’aria de basse qui évoque la tempête… avec des traits rapides de violons pour évoquer la mer en fureur…»
HOFMANN: «...l’aria de basse rend clairement hommage au thème connu du bateau de la chrétienté en péril [?] »
KUIJKEN: «… Le soliste basse, mené, entraîné, encadré d’un côté par les violons à l’unisson et de l’autre par la basse continue, agence avec beaucoup de relief la teneur très baroque du texte: « Gleichwie die wilden meereswellen / mit ungestüm ein Schif zerschellen / so raset auch der Feind Wut / und raubt das beste Seelengut ». Les trois parties (violons, basse soliste et b. c.) décrivent le mouvement des vagues et du « petit bateau » dans leur mouvement infini. »
LEMAÎTRE: « On retiendra la différence formelle des deux airs [3 et 6]. Celui de basse (9/8) nous offre une structure A-B-B’
ROMIJN: «...l’image principale est celle des vagues rageuses exprimée par de sombres roulements des cordes graves... »
SCHREIER: « Grand aria en trois parties avec da capo abrégé... le texte, qui a recours à des images empruntées à un seul domaine (les vagues de la mer, la nacelle du Christ) détermine le climat général assez uniforme (l’affection dominante) de cette page. L’écriture présente l’allure de vagues qui montent et descendent assez régulièrement et dont l’ensemble constitue une grande courbe du fait qu’elle revient sans cesse au même matériau. Le fait que Bach fasse jouer les violons à l’unisson... indique nettement son intention de faire ressortir cette grande ligne. » Renvoi également au psaume 82, 5 [PBJ 879], le nombre de mesure de ce mouvement, verset d’un sens assez proche « toute l’assise de la terre s’ébranle...»

4] CHORALBEARBEITUNG, TENOR. BWV 178/4

SIE STELLEN UNS WIE KETZERN NACH, / NACH UNSERM BLUT SIE TRACHTEN; / NOCH RÜHMEN SIE SICH CHRISTEN AUCH, / DIE GOTT ALLEIN GROß ACHTEN, / ACH GOTT, DER TEURE NAME DEIN / MUß IHRER SCHALKHEIT DECKEL SEIN, / DU WIRST EINMAL AUFWACHEN.
Ils nous poursuivent comme des hérétiques, / Ils en veulent même à notre sang: / Ils se vantent encore d’être des chrétiens / Qui soient seuls à respecter Dieu. / Hélas mon Dieu, ton précieux nom / Couvre leurs malices, / Mais tu te réveilleras bientôt.

TEXTE: Choral. Strophe quatrième du cantique de
Justus Jonas
SCHREIER: Renvoi au psaume 44, 24 [PBJ 842]: « Lève-toi, pourquoi dors-tu Seigneur ? / Réveille-toi, ne rejette pas jusqu’à la fin...» Dans la cantate: Couvre leurs malices, / Mais tu te réveilleras bientôt. Renvoi au psaume 82 [PBJ 879]: « Lève-toi, ô Dieu, juge la terre…»

Si mineur (h), 36 mesures, 4/4
BG Jg. XXXV. Pages 258-261
NEUMANN. Forme quatuor, Oboe d’amore I, II, Ténor (C.f.), B.c. Le thème choral aux instruments
SCHMIEDER. Tenor ; Ob. D’amore I, II, Continuo

BOMBA: «...le mouvement choral fait concerter au cantfirmus du ténor deux hautbois d’amour en motifs denses.. »
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 353-356]. Mélodie de choral 112 de type VI (choral confié à un soliste ou Choralbearbeitung)
HOFMANN: «...le quatrième mouvement est exempt d’interprétation. Le ténor chante le couplet du choral sans modification au niveau du texte, alors que deux hautbois d’amour et la basse continue l’accompagnent à la manière d’un mouvement en trio indépendant motiviquement
SCHREIER: «...Le choral monodie du cantus firmus présenté par le ténor est inséré dans une partition instrumentale à trois voix... l’ensemble de ce mouvement agité est dominé par l’idée de la « poursuite » (affection dominante)...»
Renvoi au psaume 36, 6 [PBJ 833] (le nombre de mesures de ce morceau) d’un sens général proche: « Oracle pour l’impie, le péché au fond de son cœur ; point de crainte de Dieu devant ses yeux... les paroles qu’il dit sont crime et fourberie... »

5] CHORAL + REZITATIV, BAß, TENOR, ALT. BWV 178/5

AUFSPERREN SIE DEN RACHEN WEIT,
Baß: NACH LÖWENART MIT BRÜLLENDEM GETÖNE ; / SIE FLETSCHEN IHRE MÖRDERZÄHNE
Choral: UND WOLLEN UNS VERSCHLINGEN
Tenor: JEDOCH,
Choral: LOB UND DANK SEI GOTT ALLEZEIT;
Tenor: DER HELD AUS JUDA SCHÜTZT UNS NOCH, /
Choral: ES WIRD IHNN NICHT GELINGEN.
Alt: SIE WERDEN WIE DIE SPREU VERGEHN, / WENN SEINE GLÄUBIGEN WIE GRÜNE BÄUME STEHN.
Choral: ER WIRD IHR STRICK ZERREIßEN GAR [Wustmann: „frei“] / UND STÜRZEN IHRE FALSCHE LAHR. / [Wustmann: „all ihr falsch Geschrei“]
Baß: GOTT WIRD DIE TÖRICHTEN PROPHETEN / MIT FEUER SEINES ZORNES TÖTEN / UND IHRE KETZEREI VERSTÖREN.
Choral: SIE WERDENS GOTT NICHT WEHREN.

Basse: A la manière du lion, en poussant des rugissements; / Ils montrent leurs dents meurtrières
Choral: Et veulent nous dévorer.
Ténor: Cependant,
Choral: Louanges et grâces à Dieu en tout temps ;
Ténor: Le héros de Judée nous protège encore,
Choral: Ils ne réussiront pas.
Alto: Ils s’évanouiront comme l’ivraie / Alors que ceux qui croient en lui se dresseront / Comme des arbres verdoyants.
Choral: Il déchirera même leurs filets / Et anéantira leur égarement.
Basse: Dieu fera périr les faux prophètes / Par le feu de son courroux / Et ruinera leur hérésie.
Choral: Ils ne pourront pas s’opposer à Dieu.

TEXTE: Choral + Récitatif. Strophe cinquième du cantique de
Justus Jonas avec texte du récitatif d’un auteur inconnu.
SCHREIER: Renvoi à Osée 5, 1 [PBJ 1386]: «...un filet tendu sur le Tabor.. » Dans la cantate (choral): «...Il déchirera même leurs filets...»
[Renvoi au psaume 124/6: «...Béni soit Yahvé qui n’a point fait de nous la proie de leurs dents... »

[Allusion à l’évangile du jour « Gardez-vous des faux prophètes » dans Matthieu 7, 15 [PBJ 1463]. Dans la cantate, au récit de basse: « Dieu fera périr les faux prophètes.. .»

Si mineur (h), 27 mesures, C
BG Jg XXXV. Pages 262-264
NEUMANN. Simple partie chorale et choral tropé. B.c. figuration ostinato
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Continuo

ANDERS: « ...Les passages sont répartis sur basse, ténor et alto, le mouvement choral est à huit voix, la partie du continuo est basée sur un motif en accord parfait...»
BOMBA: « Le modèle du texte choral reparaît ensuite avec des vers insérés. Bach présente cette fois-ci le choral à quatre voix ; il attribue au texte libre trois voix différentes, le rugissement du lion est interprété par la voix de basse, le « héros de Judée » - la figuration musicale qui rappelle celle de la Passion selon saint Jean BWV 245/30, est chantée par le ténor, l’alto célèbre par son chant les fidèles, ces arbres verdoyants. L’égarement du mouvement du choeur mérite selon Bach l’obtention d’un curieux passage, harmonisé et « faux » au niveau technique. Le morceau entier est soumis à une certaine logique grâce à un motif en triple accord bien marqué... »
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 300-301]: «…dans le récit et choral, il y a de nouveau une évocation dramatique des ennemis « Ils ouvrent toute grande la gueule à la manière du lion en poussant des rugissements…»
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 353-356]: « Mélodie de choral 112 de type III (choral lié au récit présentés alternativement): « Par symétrie au n° 2, nous avons à nouveau un choral tropé de récit mais ici trois solistes alto, ténor et basse vont briser l’élan du choral. Il n e s’agit plus d’un trope d’argumentation mais d’un trope de commentaires ».
BRAATZ / BCW: Il est curieux de constater l’absence de la partie solo de soprano dans le récitatif où les trois autres voix sont représentées. Indisponibilité ?
HOFMANN: «...l’on atteint un sommet comme les auditeurs de
Leipzig n’en avaient jamais encore entendu sur la phrase « Auf sperren sie den Rachen weit – Ils ouvrent grand leurs bouches affamées ». Le couplet du choral reprend les mots originaux qui sont développés avec des passages en récitatif ».
KUIJKEN: «…le trait particulier de ce fragment est la « basse obstinée » instrumentale ininterrompue qui répète jusqu’à 52 fois successives un motif d’accord parfait ascendant sans doute pour illustrer le début du texte et nous rappeler sans cesse celui-ci: « Auf speren sie den Rachen weit ». Dans le 6e vers de cette strophe du choral sur les mots « Und stürzen ihre falsche Lahr / Et renverser leur fausse doctrine ». « Lahr » figure ici pour Lehre » à cause de la rime)»
LEMAÎTRE: « Dans le cinquième récitatif [le cantus firmus] sonne par l’intermédiaire du choeur duquel s’échappent tour à tour, les trois voix inférieures qui s’adonnent au récitatif ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – Formation des motifs, page 50]: « Thème accompagnant généralement des textes qui glorifient la toute puissance. Ces phrases [ici sur « Der Held aus Juda schütz - Le héros de Judée nous protège encore »] prennent toutes la même fierté, et se revêtent d’un éclat pareil » [+ Exemple musical (ténor) – BG XXX, page 262].
ROMIJN: «...le choral est fréquemment interrompu par des récitatifs, notamment sur « und stürzen – anéantissant » à la partie de basse, un dessin particulièrement hardi…»
SCHREIER: « Le caractère très imagé et intensément dramatique s’exprime par la figure de basse qui joue un rôle particulièrement important par le fait de traiter les temps fort de la mesure comme des « levers » en noires et les temps faibles... le développement polyphonique à la fin sur le mot « wehren –empêcher » s’oppose nettement à la régularité générale des rythmes de cette page ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach / Le Musicien poète – Le langage musical des cantates, page 237]: « Les thèmes imagés: Exemple musical tiré du récitatif (basse) sur les mots « Ils ouvrent leur gueule toute grande ».

6] ARIE TENOR. BWV 178/6

SCHWEIG, SCHWEIG NUR, TAUMELNDE VERNUNFT ! / SPRICH NICHT: DIE FROMMEN SIND VERLORN, / DAS KREUZ HAT SIE NUR NEU GEBORN. / DENN DENEN, DIE AUF JESUM HOFFEN, / STEHT STETS DIE TÜR DER GNADEN OFFEN ; / UND WENN SIE KREUZ UND TRÜBSAL DRÜCKT, / SO WERDEN SIE MIT TROST ERQUICKT.
et l’affliction les oppressent, / Ils trouveront la consolation.
Tais-toi donc, raison chancelante ! / Ne dis pas : les croyants sont perdus, / La croix, bien au contraire, les a fait renaître. / Car la porte de la grâce est toujours ouverte / A ceux qui espèrent en Jésus; / Et lorsque la croix et la tristesse les accablent, ils seront réconfortés par la consolation.

TEXTE: Aria. Texte libre d’un auteur inconnu, avec liaison distendue sur la sixième strophes du choral: « Ah, Seigneur Dieu, comme tu consoles avec richesse... la raison ne peut le comprendre ». Dans la cantate «... Tais-toi donc, raison chancelante ! ...Et si la croix et la tristesse les accablent, ils seront réconfortés par la consolation.
SCHREIER: Renvoi à Isaïe 51, 12 [PBJ 1166]: « Moi, moi, je suis ton consolateur...»
Renvoi annonçant également la septième strophe du choral de
Justus Jonas: « La raison lutte contre la foi.. »
Renvoi au psaume 62, 1 [PBJ 857]

Mi mineur (e), 92 mesures, C
BG Jg. XXXV. Pages 264-271
NEUMANN. Partie de corde, B.c., Ténor. Librda capo
SCHMIEDER.Ten. ; Viol. I, II, Vla. ; Continuo

ANDERS: « La raison chancelante est exprimée musicalement par des syncopes et des figures « chancelantes » qui sont confrontées au sévère « ordre des dévots: Silence ! Ce conflit dramatique ne se calme que dans l’adagio de la partie centrale où l’auditeur est, en une fermate, « ravivé et réconforté ».
BASSO: «…Aria da capo librement conçu... le traitement vocal est souvent conditionné par la nécessité de faire des sons un équivalent « pictural » des paroles ».
HIRSCH: l’auteur voit ici un exemple de symbolisme chiffré avec les notes groupées par « 13 » ou leurs multiples, symbole de la déraison, du déséquilibre et du péché.
HOFMANN: «...conflit entre croyance et raison...la musique décrit, à partir de la position du croyant, le chancellement de la raison qu’il dépeint avec des mouvements mélodiques étranges et illustre dès le début son silence par des silences ».
SCHREIER: « L’affection dominante de cette page se situe évidemment dans le mot « taumelnde – vaciller » qui doit caractériser ici l’intelligence par opposition à la tranquillité et au calme de Dieu (cfr. Le point d’orgue de la mesure 62 où s’arrête ce vacillement, le psaume 62, 1, parlant du repos en Dieu...» [PBJ 857]: « En Dieu seul le repos pour mon âme...»

7] CHORAL. BWV 178/7

DIE FEIND SIND ALL IN DEINER HAND, / DARZU ALL IHR GEDANKEN; / IHR ANSCHLÄG SIND DIR, HERR, BEKANNT, / HILF NUR, DAß WIR NICHT WANKEN. / VERNUNFT WIDER DEN GLAUBEN FICHT, / AUS KÜNFTGE WILL SIE TRAUEN NICHT, / DA DU WIRST SELBER TRÖSTEN.//
DEN HIMMEL UND AUCH DIE ERDEN [Wustmann: „Der Erde Hag“] / HAST DU, HERR GOTT, GEGRÜNDET; / DEIN LICHT LAß UNS HELLE WERDEN [Wustmann: „erhelle unsern Tag“], / DAS HERZ UNS WERD ENTZÜNDET / IN RECHTER LIEB DES GLAUBENS DEIN, / BIS AN DAS END BESTÄNDIG SEIN, / DIE WELT LAß IMMER MURREN.
Les ennemis sont tous entre tes mains, / Ainsi que toutes leurs pensées; / Leurs attentats te sont connus, Seigneur, / Aide-nous seulement à ne pas fléchir. / La raison lutte contre la foi, / Elle ne fait pas confiance en l’avenir, / Car Toi-même tu apporteras le réconfort.
Tu as créé le ciel et la terre, / Seigneur Dieu ; / Que ta lumière nous éclaire, / Que notre cœur s’enflamme / De la juste flamme de ta foi / Et qu’il le reste jusqu’à la fin, / Laisse murmurer le monde autant qu’il voudra.

TEXTE: Choral. Les deux dernières strophes, 7 et 8, du cantique de
Justus Jonas
Renvois à BWV 258 (Choral à quatre voix), Anh. 71 (Fantaisie pour orgue sur le choral
Wo Gott der Herr nicht bei uns hält)
SCHREIER: Strophe 7 du cantique: Renvoi à Habaquq 2, 3 «[PBJ 1427]: «...Car c’est une vision qui n’est que pour son temps... » Dans la cantate: « Ils ne veulent pas avoir confiance dans l’avenir...»
Strophe 8 du cantique, renvoi à Jean 12, 46 [PBJ 1608]: « Moi, la lumière je suis venu dans le monde... » Dans la cantate: « Fais que ta lumière devienne plus claire pour nous... » et au psaume 19, 9 [PBJ 817]: « Le commandement de Yahvé est limpide, lumière des yeux... » Dans la cantate également: « Fais que ta lumière devienne plus claire pour nous.. »

La mineur (a), 28 mesures (deux strophes), C

BG Jg. XXXV. Page 272
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec la même instrumentation que dans le numéro 1
SCHMIEDER.Sopr., Alto, Ten., Basso ; Continuo (Ob. I, II ; Viol. I col Sopr. ; Viol. II coll’ Alto ; Vla. Col Ten.

BOMBA: «...on est tout d’abord fasciné par l’habileté avec laquelle le poète que nous ne connaissons pas, a relié le texte choral avec la libre invention. Il a conservé quatre strophes –dont deux dans le choral final – deux autres entrecoupées de textes libres…»
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 353-356]: « Mélodie de choral 112 de type I, simplement harmonisé et colla parte.
LEMAÎTRE: « Pour ce dimanche, l’Electorat de Saxe ne prescrivait pas l’emploi du cantique de
Justus Jonas (1524) qui donne son titre à cette cantate-choral. Néanmoins, la poésie de ce collaborateur de Luther s’harmonise parfaitement avec l’esprit de la lecture évangélique qui rapporte une partie du Sermon sur la montagne (Matthieu 7, 15-22)... structures littéraire admirablement équilibrée et qui se répète : choral – choral tropé – choral paraphrasé...»
SCHREIER: « Harmonisation simple, sans complication ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 178

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
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BRAATZ, Thomas. Provenance. 9 août 2001
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CROUCH, Simon. Notice 1996, 1998
ORON, Aryeh: Discussions 1] 5 août 2001 – 2] 16 juillet 2006 3] - Prévision ? 4 septembre 2011

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Volume. 2 (1985): pages 253, 269, 336, 345, 347-348, 397
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 53]. 2000
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 300-301
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*BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 335
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 386 (383-388)
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CANTAGREL, Gilles: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998 . Pages297
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Leipzig angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. In BJ 1906, S. 43-73
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SCHNEIDER, Charles:
Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942. Pages 79-80
SCHREIER, Manfred: Notice (très complète) de l’enregistrement d’Helmuth Rilling / Erato. 1972-1973.
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 202, 204, 237
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Berlin 1947 Kantaten BWV 19, 27, 33, 35, 46, 78, 99, 105, 178, 199
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Tome 3, page 90 (simple chronologie des cantates choral
SUZUKI, Masaaki: Notes de la production (son enregistrement,volume 23). 2003
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WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume 2, pages 276, 281, 291, 466-472
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ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Pages 153-154,. ZK 81
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005. Une version « light » est accessible sur le Net

 

DISCOGRAPHIE BWV 178

DURÉE: Biller (21’09). Gardiner (19’26). Harnoncourt (20’12). Koopman (19’32). Kuijken (20’). Leusink (20’22). Richter (19’51). Rilling (22’36). Suzuki (17’47).

BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR].
9 références (août 2001 – octobre 2008). + 2 mouvements individuels (août 2001 – juin 2006)

Le numéros 1] et suivants [2 à 9] indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).

9] BILLER. Thomanerchor Leipzig – Gewendausorchester Leipzig. 2008
CD Rondeau Production 6023
6] GARDINER [Volume 5]. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Christkirche, Renssburg (Germany), 13 août 2000
CD SDG 147. Avec cantates
BWV 136, BWV 45, BWV 46, BWV 101, BWV 102
3] HARNONCOURT [41]. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. 1988
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 41]. 6. 357555-00-501-503 (SKW 41/1-2)
CD (D).Coffret Teldec Das Kantatenwerk (91763-2). Volume 9
CD Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 41] 8.35755-2 ZL. 1988
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 8573 –81158-5. Volume 53
5] KOOPMAN [Vol. 14].The Amsterdam Baroque Orchestra 1 Choir. Février-mars 2000
CD Antoine Marchand / Challenge 72215. 2001. Avec les cantates
BWV 26 et BWV 125
*8] KUIJKEN, Sigiswald. La Petite Bande. Un par voix. Louvain. Septembre 2005
CD Accent ACC 25303. SACD Volume 3. 2006. Avec
BWV 82, BWV 102
4] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Novembre, décembre 1999.
CD. Bach Edition, Brilliant Classics / Bayer Records. Volume 11 – Cantatas Volume 5
CD. Reprise Bach Edition 2006. Brilliant Classics III / 93102/23-69 Avec
BWV 156, BWV 27
2] RICHTER: Münchener Bach Chor & Orchester. E. Mathis. Du 6e au 17e dimanche après la Trinité. 1977-1978
Disque. Avec
BWV 9, BWV 187, BWV 105, BWV 102, BWV 179, BWV 137, BWV 33, BWV 17, BWV 100, BWV 27, BWV 148
Disque. Archiv Produktion [Vol. 2] 2723.058. Commentaires par Annie Lionnet. Diapason, fin 1978, début 1979
CD Archiv Produktion, Vol. IV/ 1. 439382-2. 1993. Sonntage nach Trinitatis I. Coffret de 26 CD. Avec BWV
BWV 187, BWV 9
1] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Février 1972 (Mvts. 4 et 6). Février 1982 (Mvts. 1, 2, 3, 5).
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98664. Avec
BWV 73.
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler ClassicsVerlag “Laudate”. 98.874. 1972-1989. Avec
BWV 13 et BWV 111
Disque (F). Les grandes cantates. Erato [Vol. 3] STU 70784. Coffret de 5 disques. 1973. Avec
BWV 73
CD. Die Bach Kantate [Vol. 44]. Hänssler Classic. Laudate 98897. Avec BWV
BWV 187, BWV 136
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 53]. Hänssler-Verlag 92.053. 2000
7] SUZUKI [Vol. 23]. Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women‘s University Chapel, 31 mai au 4 juin 2002
CD BIS 1331. 2003. Avec les cantates
BWV 10, BWV 93, BWV 107

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 178
M-1. Mvts 1, 7]. Hans Pflugbeil.Club. Greifswald Bach age Choir. Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950 ou 1960
Disque puis CD Baroque Music Soli Deo Gloria, volume 9
M-2. Mvt. 7]. Nicol Matt. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Juin 1999
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Volume 17 – Vocal Works II
Reprise CD. Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics 93102/27-133

 

Contributed by Claude Role (November 2008)

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Last update: ýNovember 20, 2008 ý10:42:05