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Cantata BWV 166
Wo gehest du hin?
Où vas-tu ?
Commentary in French

ZUM SONNTAG CANTATE
DIMANCHE „CANTATE“ ou 4e Dimanche après Pâques
Leipzig, le 7 mai 1724

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 166 - Alfred Dürr
Annexe BWV 166 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach Gesellschaft = Société Bach (
Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (éditin d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

 

DATATION BWV 166

Leipzig, dimanche 7 mai 1724 (Année I: 30 mai 1723 - 4 juin 1724 - I Jahrgang)
HIRSCH: Classement CN 73 (Die chronologisch Nummer - ordre chronologique)).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1724:
BWV 104 (23 avril) - BWV 12 (30 avril) - BWV 166 (7 mai) - BWV 86 (14 mai) - BWV 37 (jour de l’Ascension, jeudi 18 mai)
SPITTA / SCHWEITZER: Les cantates de 1724-1727
Accord général de la musicologie pour la datation

 

SOURCES BWV 166

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues

BASSO: «…Cette cantate fit partie du catalogue des œuvres ayant appartenu à
Carl Philipp Emanuel Bach Emanuel. Comportant 86 cantates sacrées), il fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». Elle est perdue depuis.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St 108 M. Staatsbibliothek
Berlin zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis
Berlin-Dahlem

BG: La couverture des voix séparées porte le titre, de la main d’
Anna Magdalena Bach: « Domin : Cantate / Wo gehestu hin ? / à / 4 Voc : / Hautbois 2 Violini / Viola / et Continuo / di Sign / J. S. Bach. Copie de l’épouse de Bach avec corrections de ce dernier
HERZ: Copies réalisées par Johann Andreas Kuhnau dans sa période médiane, 1723-1724 et Christian Gottlob Meissner, deux Thomaner.
Papier avec filigrane « IMK »
SCHMIEDER: Dix voix, in 4°. La copie du matériel des parties séparées serait due à
Anna Magdalena Bach ainsi que la page de titre. Corrections de J. S. Bach.
SUZUKI: «…Dix parties pour soprano, alto, ténor, basse, hautbois, premier et second violon, alto et continuo (une partition ordinaire et une transposée pour orgue). La partie de premier violon est d’une main différente, suggérant qu’il s’agissait d’un double non destiné au premier pupitre. Les parties indiquent que le second mouvement est une aria de ténor avec seulement hautbois obligé et continuo…»

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)

BG Jg. XXXIII (33e année - BWV 161-170). Pages 107 - 122. Préface de Franz Wüllner (1887)

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 12. KANTATEN ZU DEN SONNTAGEN CANTATE BIS EXAUDI
Bärenreiter Verlag BA 5011. 1989. Heraugegeben von A. Dürr. 4 fac-similés
BWV 166. Pages 3-16.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5011 41. A Dürr 1960-1989
La partition NBA est dans le coffret Das Kantatenwerk / Leonhardt [Vol. 39]. 1987

AUTRES ÉDITIONS
Bärenreiter. Édition de poche (Taschenpartitur) 81. 1962. Révision Alfred Dürr (1961)
Breitkopf & Härtel. Partition: PB 3016 - Voix (Chorstimmen) ChB 2197 - Orgue et continuo (M. Seiffert) OB 1838
2008: Réduction Voix et piano EB 7166, 24 pages - Parties S, A, T, B Chb 4666
Kalmus Study. Partition (celle de la BG - même pagination- en réduction, avec BWV 163 à 165 et 167-168). Volume XLV, n° 849. Schott. New York 1968
BCW: Partition (voix + piano) = BG (en réduction)

 

PÉRICOPE BWV 166

Dimanche « Cantate ». Il tire son nom du psaume 97 [PBJ 893] dont sont lus à l’introït les versets 1 et 2: Cantate Domino canticum novum…
Rappel des grâces pascales et en même temps préparation à l’Ascension et la venue de l’Esprit Saint.

Missel Romain:
Introït: Psaume 97, 1-2 [PBJ 893]
Épître: Épître de saint Jacques 1, 17-21
Évangile: Saint-Jean 16, 5-14 [PBJ 1613]. Le Christ: « …Maintenant je vais à celui qui m’a envoyé / et aucun de vous ne me demande: « vas-tu ? » Il faut que le Seigneur aille à celui qui l’a envoyé ; sans cela l’économie divine du Salut resterait inachevée.
Offertoire : Psaume 66, 1-2, 16 [PB J860]: « Acclamez Dieu toute la terre / Chantez à la gloire de son nom…»
EKG
Psaume 98/1
Cantique 239 « nun freut euch, lieben Christen gmein“ (Nuremberg 1523 /
Martin Luther)
Épître: Épître de saint Jacques 1, 17-21
Évangile: saint Jean 16, 5-14 [PBJ 1613
Même occurrence. Voir la cantate
BWV 108 du 29 avril 1725

 

TEXTE BWV 166

Auteur inconnu. Rudolf Wustmann, W. G. Whittaker, Arthur Hirsch, Wolfgang Schmieder, Aryeh Oron entre autres, ont proposé, sans l’affirmer, Christian Weiss senior, pasteur de Saint-Thomas à l’époque. Le musicologue Streck y reconnaît des tournures à la Franck (cité par Alberto Basso, volume 2, page 328). Quant à Robert Pitrou [mal inspiré] il attribue (avec une très légère réserve) ce texte à Picander [!] et n’hésite pas à écrire : « Que faire, dans la cantate BWV 166, de rimailleries sur la caducité universelle ? »
1] Johannes 16, 5 [PBJ 1613]. Citation : « vas-tu ? »
3] Texte de
Bartholomäus Ringwaldt (1582). Troisième strophe du cantique Herr Jesu Christ, ich weiß gar wohl.
Sources: « Hymnal de Görlitz (1587). Livre de chants (Gesangbuch) Dresde 1593. Gotha Hymnal (1715), ce dernier peut-être connu de Bach. Renvoi également au célèbre choral de Buxtehude BUXWV 193. Ce cantique n’est pas dans EKG
La mélodie (anonyme) associée est celle de l’autre cantique (8 strophes) de
Ringwaldt Herr Jesu Christ, du höchstes Gut. Voir EKG 167

Autres utilisations:
Cantate
BWV 48/1(la mélodie seulement)
Cantate
BWV 113. Cette cantate portant le titre Herr Jesu Christ, du höchstes Gut, est basée sur ce cantique de Ringwaldt avec sa mélodie associée, aux sections 1(strophe 1), 2 (strophe 2), 4 (strophe 4 avec modifications du texte) et 8(strophe 7)
Cantate
BWV 131. Cantique utilisé dans les sections 2 (strophe 2) et 4 (strophe 5), avec la mélodie datée à la fois de Görlitz (1587) et de Dresde (1593) BWV 168/6. (Strophe 8 et la mélodie)
5] Allusion possible au texte tiré de l’Ecclésiastique (Siracide) 18, 26 [BJ 1051]: „Entre matin et soir le temps s’écoule, / tout passe vite devant le Seigneur.. ». Cité par Werner Neumann.
6] Ämilie Juliana von Schwarzburg-Rudolstadt (1637-1706). Première strophe du cantique (en douze strophes, 1689-1688, Gesangbuch de Rudolstadt) Wer weiss, wie nahe mir mein Ende...“ Voir EKG 331 pour le texte
Le texte est le même (strophe 1) que celui repris dans le premier choeur de la cantate
BWV 27 au titre éponyme.
La mélodie est ici celle du cantique (EKG 298)
Wer nur den lieben Gott läßt walten, attribuée à Georg Neumark (1657)
Elle est utilisée dans les cantates
BWV 21/9, BWV 27/1, BWV 84/5, BWV 88/7, BWV 93/1/2/4/5/7 (c’est le titre même de la cantate), BWV 179/6, BWV 197/10

 

GÉNÉRALITÉS BWV 166

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 326]: «…comme les cantates BWV 67, BWV 104, BWV 86, BWV 37 et BWV 44, BWV 166 commence par un chœur ou une aria entonnant un passage des Saintes Écritures ».
[Originalité de la cantate, deux air pour soli enchaînés sans transition et un choral pour soprano]

 

DISTRIBUTION BWV 166

NEUMANN. Solo: Alt, Tenor, Baß. – Chor (nur Schlußchoral). Oboe ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente: Oboe ; Viol. I, II ; Vla. ; Cont.

 

APERÇU BWV 166

1] ARIE BAß. BWV 166/1

WO GEHEST DU HIN ?
Où vas-tu ?

Si bémol majeur (B), 74 mesures, 3/8
BG Jg ; XXXIII. Pages 107-109
NEUMANN. Baß [Vox Christi]. Ensemble instrumental. Forme mélodique indépendante et ritournelle
SCHMIEDER. Basso ; Oboe. ; Violino I, Violino II ; Viola. ; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 330]: «…Bach construit tout le premier morceau, dans un style qui tient le milieu entre l’aria libre et l’arioso…»
BOMBA: «…La voix de basse, interprétant comme toujours la « Vox Christi », présente en arioso la parole de l’évangile…. Le motif que doivent jouer les instruments est un motif rythmé - le prélude accentué et la pause placée sur le deuxième temps traduisent une hésitation, une incertitude que l’air suivant [2] réussit à orienter, faisant référence au ciel… »
GARDINER: «…le début avec une série hésitante de motifs ascendants et ses temps forts… dans une mesure ternaire, est un arioso d’introduction constituant un prélude discret mais profondément touchant à cette cantate… »
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs, page 34. Le mot « Wohin » est repris dix fois. Le thème instrumental avec treize sections de quintes descendantes est entendu dix fois. Le chiffre 13 est le symbole numérique du mal, cause de la chute de l’homme. Les 74 mesures du morceau trouvent leur équivalence dans la somme des lettres du mot « Christ » 3+8+17+9+18+19 (= 74)
HOFMANN: « …surprise de l’auditeur avec le premier mouvement… même si son texte ne renferme que quatre mots - la question « Wo gehest du hin ». Elle est répétée plusieurs fois, variée et intensifiée. Même la ligne instrumentale, avec son thème entrecoupé, semble demander « Wohin, wohin ? » (Où, où ?)… c’était à tout le moins un début original, très exceptionnel pour une cantate…»
SCHWEITZER [J. - S. Bach / Le Musicien-poète - Le Langage musical des cantates, page 240]: « Bach emploie communément un procédé qui consiste à représenter par les sons des mots tels que « marcher » ou « courir » [le motif de la démarche ou Schrittmotive]. Renvoi à
BWV 159, BWV 108, BWV 152
SCHUHMACHER: «…L’œuvre s’ouvre par un mouvement se situant entre l’arioso et l’air sans indication plus précise. Le fait que la voix de soliste soit une basse avec accompagnement de cordes révèle clairement comme le font aussi les mouvements suivants, qu’il s’agit de la voix de Jésus-Christ. Façonnée sur un ton extrêmement pressant et émouvant, avec des figures interrogatives, avec la répétition de la question « Wo » et des figures interprétant cette mise en route, ce départ, la question « Wo gehest du hin ? », constitue à elle seule le texte du mouvement, dans lequel des motifs d’interrogation gouvernent également la partie instrumentale ».
WHITTAKER: « L’introduction suggère plus le pas errant des « mortels » que ceux du Fils de l’homme s’en allant…»
WOLFF: « Renvoi à l’arioso de basse -la Vox Christi- dans la cantate
BWV 154/5 ».

2] ARIE TENOR. BWV 166/2

ICH WILL AN DEN HIMMEL DENKEN / UND DER WELT MEIN HERZ NICHT SCHENKEN. / DENN [BG: „Wenn“] ICH GEHE ODER STEHE, / SO LIEGT MIR DIE FRAG IM SINN: / MENSCH, ACH MENSCH, WO GEHST DU HIN ?
Je suis en pensée au ciel / Et ne veux pas offrir mon cœur à ce monde. Car que j’aille ou que je reste / La question homme, ô homme, où vas-tu ? / Me vient sans cesse à l’esprit.

Sol mineur (g), 78 mesures, 4/4. Marqué « Adagio » sur l’édition de la BG.
BG Jg ; XXXIII. Pages 110-112
NEUMANN. Tenor, Oboe, Violine, B.c. [Ritournelle instrumentale]. Forme da capo. Renvoi au trio pour orgue BWV 584 (transcription)
Quartettsatz. Partie de violon perdue (Violinstimme verschollen, Rekonstruktion A. Dürr).
Partie en quatuor. La partition est parvenue incomplète sans la partie de violon dont Alfred Dürr a réalisé la « reconstruction » publiée par la NBA en 1989, à partir du trio pour orgue BWV 584. Violon solo
SCHMIEDER. Ten.; Oboe; Continuo.

BCW / Thomas Braatz. A propos de la « reconstruction » de ce mouvement [2]. Attribution douteuse à Bach du trio pour orgue BWV 584. G. W. Korner le publia pour la première fois à
Leipzig et Erfurt en 1842 (in « Orgelfreunde »). La NBA (1989) bien que consacrant quelques pages à cette œuvre ne l’a pas pour autant publiée.
BOMBA: «…La voix de ténor s’insère au duo gracieux du hautbois et du violon dans la partie centrale, Bach souligne les mots « gehen - j’aille » et « stehen - rester » en mouvements ascendants et en notes tenues. Cette page nous parvint cependant incomplète, la Nouvelle Édition Bach la réalisa à l’aide du trio pour orgue BWV 584, la transcription à laquelle nous devons ce magnifique mouvement de cantate, n’est cependant pas issue de la plume de Bach et a été bannie pour cette raison en annexe du catalogue BWV » [Voir Anh. 46]
HOFMANN: «…En termes thématiques, le hautbois et le violon solo sont étroitement reliés à la ligne vocale et leurs motifs musicaux semblent annoncer, accompagner et faire écho au texte. Dans la section du milieu de l’aria, Bach illustre les paroles « denn ich gehe oder stehe - Car que j’aille ou que je reste » au moyen d’une alternance entre une mélodie à grands pas et des silences sur des notes longues. Une astuce du poète qui ne doit pas passer inaperçue est qu’il reprend la première question de la cantate et s’en sert comme sommet de la partie centrale de l’aria: « Mensch, ach Mensch, wo gehest du hin ? » - ainsi le début de l’aria qui est maintenant entendu comme un da capo, doit encore être perçu comme une réponse…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 44]: « Pour représenter l’obsession captivante qui attache l’âme à une pensée unique et ineffaçable, Bach se sert aussi d’un motif d’une seule note » [+ Exemple musical, BG XXXIII, page 112]. Renvoi à la cantate
BWV 3, BG. I, page 93].
[La Formation rythmique des motifs, page 88-90]: «… Bach joint constamment des sons proés aux paroles qui éveillent des idées de continuité, de persistance… La signification des verbes [ici « Stehen »] se reflète habituellement dans le chant… [ + Exemple musical BG. XXXIII, page 111]. Renvois aux cantates
BWV 49/6 (BG. X, page 338) et BWV 149 (BG. XXX, page 290).
ROMIJN: « Bach illustre les mots « gehen » et « stehen » respectivement par un motif de gamme montante et une note longuement tenue, immobile…»
SCHUHMACHER: «…On a pu, pour cet air reconstruire la partie de violon solo. L’utilisation relativement rare de violon et de hautbois obligé dans un air de cantate résulte de la disposition d’ensemble de l’œuvre, dans laquelle le ciel et le monde déterminent respectivement la teneur affective des mouvements [2] et 3 d’une part, 4 et 5 de l’autre. L’imitation entre hautbois (symbole de l’élément céleste) et violon (symbole de l’être humain s’adonnant à Dieu) est confirmée par les paroles « Ich will an den Himmel denken », et le mélisme sur « schenken » vaut pour ce mot, bien qu’il soit à la forme négative…»
SUZUKI: «...La partie obligée manquante était indiscutablement pour violon et fut écrite dans la partie perdue destinée au premier violon...... nous utilisons ici (BIS, volume 19) la restauration renfermée dans la Neue Bach-Ausgabe, alliée à plusieurs révisions partielles ».
WOLFF: « Ton Koopman propose ici, en partie obligée un « hautbois da caccia » dont il a assuré la réalisation ».

3] CHORALBEARBEITUNG, SOPRAN. BWV 166/3

ICH BITTE DICH, HERR JESU CHRIST, / HALT MICH BEI DEN GEDANKEN / UND LAß MICH JA ZU KEINER FRIST / VON DIESER MEINUNG WANKEN, // SONDERN DABEI VERHARREN FEST, / BIS DAß DIE SEEL AUS IHREM NEST // WIRD IN DEN HIMMEL KOMMEN.
Seigneur Jésus-Christ, je t’en prie / Préserves mes pensées / Et fais que je ne m’en écarte / A aucun moment / Mais au contraire que j’y tienne avec fermeté / Jusqu’à ce que mon âme s’échappe de son nid / Et arrive au ciel.

- Mélodie « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut ». Voir
BWV 48/1, BWV 113/1, BWV 131/2 et BWV 168/6.

Ut mineur (c), 58 mesures, 4/4
BG Jg. XXXIII. Pages 113-116
NEUMANN. Sopran (Cantus firmus); Cordes Streicher, B.c. Forme trio (Triosatz): Sopran, Violinen + Bratsche,
Motif (ritournelles) instrumental
SCHMIEDER. Soprano ; Violini e Viola. (All’unis) ; Continuo

BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]. Élaboration de choral avec mélodie (MDC) 042 de type VI (choral soliste)…
[Les Mélodies de chorals dans les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach pages 74-75]: «…Sur le plan didactique, il est également nécessaire de considérer que, selon les paroles portées par le cantique, l’usage du chœur puisse paraître illogique si le texte s’exprime à la première personne du singulier. Or le courant piétiste qui débordait la vieille tradition « ecclésiale » (au sens étymologique d’assemblée) tendait à faire de la relation Dieu-Homme une affaire strictement individuelle. Ce sentiment est fortement présent dans l’œuvre de Bach puisque dix-huit cantates et quatre mélodies de choral (MDC) commencent par une affirmation personnelle très nette, première personne du singulier « Ich »… suprématie dans ces chorals solistes du soprano (dans dix cantates). Renvois aux cantates
BWV 4/4 et 6, BWV 143/2, BWV 199/6, BWV 95/3, BWV 92/4, BWV 6/3, BWV 85/3, BWV 137/2, BWV 13/3, BWV 51/7, BWV 140/4, BWV 36/6…
HOFMANN: «…La strophe chorale présentée par le soprano est une prière. Faisant allusion au texte de l’aria de ténor [2], elle demande au Christ conseil et consolidation dans sa foi. L’arrangement à trois voix de Bach, presque un choral pour orgue instrumenté pour d’autres forces, est strict et concentré sur son thème d’une beauté austère et d’un grand sérieux ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - L’orchestration, page 217-218]: « Mattheson considère, d’une part, le rôle harmonique des violes, qui donnent la plénitude au concert, dont elles sont « un des éléments les plus nécessaires », d’autre part, il en loue la sonorité profonde… » Bach les utilise ainsi confondues… dans un assez grand nombre de cantates, il les associe avec les violons, leur faisant exécuter la même partie. Le timbre généreux, à la fois sombre et pénétrant, de ce mélanger d’orchestre, est d’un effet mystérieux et fort émouvant. Bach l’emploie dans l’air de ténor avec choral de la cantate [BWV 156]. Les mêmes instruments accompagnent la troisième strophe du cantique de
Ringwaldt…»
SCHUHMACHER: «…Concerto choral dont la gravité est soulignée par les valeurs des notes longues, l’unisson de violons et altos y symbolise la situation de l’être humain converti à Dieu comme c’est le cas dans
BWV 165/5…»
[Ritournelle instrumentale introductive et conclusive et séparant les lignes du choral]

4] REZITATIV BAß. BWV 166/4

GLEICHWIE DIE REGENWASSER BALD VERFLIEßEN, / UND MANCHE FARBEN LEICHT VERSCHIEßEN, / SO GETH ES AUCH DER FREUDE IN DER WELT, / AUF WELCHE MANCHER MENSCH SO VIELE STÜCKEN [W. Neumann: „Stücke“] HÄLT ; / DENN OB MAN GLEICH ZUWEILEN SIEHT, / DAß SEIN GEWÜNSCHTES GLÜCKE BLÜHT, / SO KANN DOCH WOHL IN BESTEN TAGEN, / GANZ UNVERMUT / DIE LEZTE STUNDE SCHLAGEN.
Tout comme l’eau de pluie ne tarde pas à couler / Et que certaines couleurs se fanent rapidement, / Il en est de même avec la joie dans le monde, / Dont maintes personnes font si grand cas; / Car alors que l’on voit parfois fleurir / Son bonheur tant souhaité, / La dernière heure peut sonner / Dans les meilleurs jours, sans crier gare.

Sol mineur (g) - ré mineur (d), 12 mesures, 4/4
BG Jg. XXXIII. Page 116
NEUMANN. Rezitativ secco. Baß ; B.c.
SCHMIEDER. Basso; Continuo.

5] ARIE ALT. BWV 166/5

MAN NEHME SICH IN ACHT, / WENN DAS GELÜCKE LACHT. / DENN ES KANN LEICHT AUF ERDEN / VOR ABENDS ANDERS WERDEN, / ALS MAN AM MORGEN NICHT GEDACHT
Prenez garde. / Lorsque le bonheur vous sourit. / Car sur cette terre, / Il peut en aller le soir / Tout autrement que ce que l’on pensait le matin.

Si bémol majeur (B), 104 mesures, 3/4
BG. Jg. XXXIII. Pages 117-121
NEUMANN. Alt ; Ensemble des instruments (Gesamtinstrumentarium). Da capo. Avec ritournelles instrumentales
SCHMIEDER. Alto ; Oboe ; Violino I, Violino II ; Viola ; Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274]: Rythme de danse.
GARDINER: «…Bach élabore un menuet orchestral puis interrompt chaque phrase ou fragments de phrase par des cascades frivoles de doubles croches groupées par deux…»
HOFMANN: «…Dans l’introduction orchestrale et surtout tout au long de l’aria, Bach laisse les instruments « rirent » ; l’alto solo confirme cette humeur avec des « coloraturas ». Pour les initiés, Bach indique que le « rire » est jaune : au moment de « rire », il écrit constamment en sixtes parallèles et en accords en deuxième renversement… »
LEMAÎTRE: «…Joyeux air d’alto au caractère dansé ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La Musique instrumentale, page 357]: «…les détails mêmes de la musique se rapportent au texte et l’interprètent… motifs développés à l’orchestre … les notes répétées pour dépeindre le rire… sur le mot « lachen ».
SCHUHMACHER: «…On trouve un procédé conforme [à 2] ; où les tentations des plaisirs du monde déterminent le ton, bien qu’on les abjure. C’est une des réalités de la musique baroque que la teneur affective d’un terme ou d’une idée ne soit pas infirmée musicalement par le fait de leur négation. Le contraste entre le ciel et le monde souligne l’intention poursuivie ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le Musicien-poète - Le langage musical des cantates, pages 235]: «…à plusieurs reprises, Bach figure le rire à l’aide d’un thème musical » [+ musical]. Renvois aux cantates
BWV 110 et BWV 205/3
WHITTAKER: «…Caractère simple instrumenté comme [1] ; il est rare de trouver une réalisation aussi identique dans une même cantate …»

6] CHORAL. BWV 166/6

WER WEIß, WIE NAHE MIR MEIN ENDE ! / HIN GEHT DIE ZEIT, HER KOMMT DER TOD; // ACH WIE GESCHWINDE UND BEHENDE // KANN KOMMEN MEINE TODESNOT. /// MEIN GOTT, ICH BITT DURCH CHRISTI BLUT : // MACH’S NUR MIT MEINEM ENDE GUT !
Qui sait comme ma fin est proche ! / Le temps s’enfuit, la mort approche. / Ah ! L’heure de ma mort peut arriver / Si vite et si prestement. / Mon Dieu, Je t’en prie au nom du sang du Christ: / Réserve-moi une bonne fin !

Sol mineur (g), 14 mesures, 4/4
BG Jg. XXXIII. Page 122
NEUMANN. Chor ; Ensemble des instruments (Gesamtinstrumentarium). Simple choral harmonisé. Mélodie « Wer nur den lieben Gott läßt walten ». Voir
BWV 21/9, BWV 27/1, BWV 84/5, BWV 88/7, BWV 93/1 (titre de cette cantate), BWV 179/6 et BWV 197/10
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Te., Basso ; Continuo (Ob.; Viol. I col Sopr.; Viol. II coll’ Alto, Vla. Col Ten.)

BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]: «…Élaboration de choral avec mélodie (MDC) 108 de type I. Simple choral harmonisé « colla parte ». Mention spéciale doit être faite à ce choral: La mélodie de choral est élaborée en particulier au début de la cantate
BWV 27… sombre méditation sur la mort… Dans le contexte de la rhétorique baroque, la strophe associe le départ de Jésus à la mort du chrétien ou tout au moins à son désir de mort ». »
GARDINER: «…Le choral de conclusion, presque une prière au moment d’être confronté à la mort ».
HOFMANN: «…le texte d’
Ämilie Juliane von Schwarzburg-Rudolstadt (1686)... comme une réponse à l’aria précédente“.
SCHUHMACHER: «…le choral figuré dans la cantate avec autant d’émouvante vigueur que l’air d’entrée du début de l’œuvre et le concerto choral (3] ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 166

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG. Notice de James Leonard
CROUCH, Simon. Notice 1996, 1998
EMMANUEL MUSIC. Notice de Craig Smith
ORON, Aryeh: Discussions 1] 21 mai 2000 - 2] 16 avril 2006

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont): The new translation of cantata texts. Hänssler/ Rilling. Die Bach Kantate. 1990. NET
BACH-JAHRBUCH
1909. R. Oppel. A propos du trio BWV 584 et de la cantate BWV 166/2, page 35
*BJ 1960, pages 28-42 (Dürr)
BJ 1975, page 110 (voir)
BJ 1976, page 93 (Scheide)

BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 39, 96, 158
Vol. 2 (1985): pages 253, 268269, 274, 279, 281, 326, 328, 330, 332, 393, 624, 840
BOMBA, Andreas: Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 50]. 2000.
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 287-288
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 190-194
*BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). [3] B n° 293 (73, 92, 266)
[6] B n° 104 (66, 112, 146, 338
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. [3] C n° 142 (141, 143, 144
C n° 368 ( 367-369-373)
CANTAGREL, Gilles: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Page 227
DÜRR, Alfred: Verstümmelt überlieferte Arien aus Kantaten J. S. Bachs, in BJ 1960, pages 28-42 (avec
BWV 21, BWV 37, BWV 139 et BWV 181)
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Deux volumes. Tome 1, pages 270-272
EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger
Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
GARDINER, Sir John Eliot: Notice de son enregistrement SDG
GEIRINGER, Karl: Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966 Page 158 et note 150 de la page 366
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3-50. Norton Critical Scores. Page 22
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972
HIRSCH, Arthur: Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 34, 42, 46, 107
: Riemenschneider Bach Institute. The Quarterly Journal of the. Baldwin-Wallace College. Berea, Ohio.
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Vol. VII, n° 1. January, 1976. Part III. Pages 31
HOFMANN, Klaus: Notice de l’enregistrement Suzuki, volume 19. 2001
LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Page 102
LYON, James: Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 70, 114, 120, 162, 186. [6] : Mélodie M 182, page 286
MISSEL ROMAIN. Éditions Brepols. 1958. 4e dimanche après pâques, pages 825-829
NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs, VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag
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: Literaturverzeichnis: 20 (Dürr) ; 40 (Oppel)
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. 1714. Page 24
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB
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OPPEL, Reinhard: Zur tenorarie der 166. Kantate, in BJ 1909, pages 27-40
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 123
PIRRO, André: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 44, 90, 357
PITROU, Robert: Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 172
ROMIJN, Clemens: Notice (sur CD) de la version P. J Leusink. 2006 (
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 218-219
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Wustmann - Wolff - Terry - Schering - Neumann -
BJ 1909 - 1915 -1920 - 1931 - Bach Fest 1914 (Wustmann)
SCHUMACHER, Gerhard. Notice de l’enregistrement Harnoncourt Das Kantatenwerk / Teldec [Vol. 39]. 1987
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 162, 235, 240
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Volume 2, pages 78, 87, 187, 461, 465
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. VOIR
SUZUKI, Masaaki: Notice sur la production in « Notice sur l’enregistrement », volume 19. 2002
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985.
Volume 1, pages 237, 288-292, 415 - Volume 2, page 270
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. CD Erato et Challenge Classics"
WUSTMANN, Rudolf: J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 119/120
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 68, pages 138-139
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 166

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Barbe (18’11). Gardiner (17’08). Koopman (14’34). Leonhardt (17’53). Neumann (17’). Rilling (16’45). Suzuki (16’05)
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, pour autant qu’il ait été possible, par [CR].
7 références (Mai 2000, janvier 2006) + 3 mouvements individuels

Exemples musicaux
Chorale Melodies
Chorale Texts

1] BARBE. Kantorei St. Nicolaï Berlin Spandau. BacOrchestra Berlin. Novembre 1960. Avec
BWV 13
Disque Bach Studio (Cantate) 641205. Disques MHS / Vanguard. Reprise Soli Deo Gloria (SDG) 610106
6] GARDINER. The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. St Mary’s Warwick (GB), 21 mai 2000
Traduction M. Roubinet 2005
CD SDG 107 [Vol. 24]. Avec
BWV 108 et BWV 117
4] KOOPMAN [Vol. 9]. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Octobre 1998
Erato 3984-27315-2 (1999). Reprise Antoine Marchand. Avec
BWV 37, BWV 153, BWV 86, BWV 70
3] LEONHARDT. Tölzer Knabenchor. Collegium Vocale (Ph. Herreweghe). Leonhardt-Consort. Mai 1987
Disque (F) Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 39] 6.35658-00-501-503 (SKW 39/1-2)
CD (D). Teldec 91763. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Volume 9. Avec les cantates BWV 163-182
CD Teldec 2292 - 42634-2. Das Kantatenwerk [Vol. 39]
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 8573 81161-5. 2007. Volume 49
5] LEUSINK. Netherlands Bach Collegium. Janvier, février 2000
CD Bach Edition [Vol. 14] - Cantatas [Vol.7]
Reprise Bach Édition. Brilliant Classics 2006. III. Volume 93102/4-80. Avec les cantates
BWV 152, BWV 121, BWV 166
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Septembre 1978 [le n° 3 avec les sopranos du choeur]
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Classic. Laudate 98.703
CD Hänssler. Die Bach Kantate [Vol. 32]. Hänssler Classic Laudate 98.883. 1978-1990. Avec
BWV 12 et BWV 103
CD Hänssler edition bachakademie [Vol. 50]. Hänssler-Verlag 92.050. 2000
7] SUZUKI [Vol. 19]. Bach-Collegium Japan. Kobe (Japan) 30 Juin, 4 juillet 2001. [Le n° 3 est chanté par un soprano garçon]
CD BIS 1261 Digital. 2002. Avec les cantates
BWV 86, BWV 37, BWV 104

MOUVEMENTS INDIVIDUELS 166
M-1. Mvt. 3]. Arrangement pour trompette (Ludwig Güttler), Corno de caccia, Orgue (Friedrich Kircheis). 1998
CD Berlin Classics
M-2. Mvt. 6]. Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Bach Edition 2000. Volume 17. Vocal Works. Volume II
Reprise. Bach Edition 2006. Nicol Matt. Chamber Choir of Europe (nouvelle appellation du Nordic Chamber Choir..
CD Brilliant Classics. Vocal Works. V. 93102/27-133
M-3. Mvt. 3]. Transcription pour orgue par Peter Baekgaard. CD Classics 0. (DK). Octobre 2004 - Mai - avril 2005

 

ANNEXE BWV 166
Alfred Dürr

Notice de la partition Bärenreiter, n° 81 (partition de poche) 1962. D’après la “Neue Ausgabe sämtlicher Werke”

Les lectures de l’Évangile destinées aux dimanches entre Pâques et la Pentecôte, période souvent considérée comme joyeuse de l’année liturgique, ne sont pas en fait aussi jubilatoires comme paraissent nous le laisser supposer leurs introït. Le plus souvent, il y a rupture entre les sermons dans lesquels Jésus enseigne ses disciples à l’approche de l’Ascension et les réconforte, avec la promesse de la venue de l’Esprit Saint. C’est le cas avec cette cantate pour le quatrième dimanche après Pâques où est lu l’évangile de Jean 16, 1-15.
La cantate Wo gehest du hin, remontant à la première année du cantorat de Bach à
Leipzig, fut exécutée pour la première fois le 7 mai 1724. Elle prend comme point de départ une phrase de l’évangile du jour où la basse pose la question « Wo gehest du hin ? - Où vas-tu ? » Dans l’évangile le contexte complet est « mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé et pourquoi tous vous me demandez : où vas-tu ? » Mais l’auteur inconnu du texte de la cantate pose non seulement la question à Jésus mais aussi à chaque chrétien. Dans cette perspective, le sens de la cantate devient une exhortation à l’homme afin qu’il s’engage sur le chemin conduisant au paradis et qu’il évite de s’égarer sur celui des joies terrestres. De manière très baroque, le poète place à la fin de la cantate un verset de choral traitant de la mort, mort qui doit nous demeurer présente même dans la période joyeuse de l’année liturgique, mais choral dans lequel en second lieu avec les mots « Le temps s’enfuit, la mort approche » est en relation avec le sens du début de la cantate. La façon dont Bach traite ce texte est simple et concise. La distribution en est allégée et, à part les cordes et le continuo, seulement un hautbois et trois soli vocaux sont requis, une basse, un ténor et le soprano, ce dernier pouvant être remplacé par un soprano du chœur comme dans le choral final. Il est vrai aussi que les deux chorals [3 et 6] autorisent la division en deux parties de l’œuvre, les sections 1 à 3 avant le sermon et les n° 4 à 6 après mais la durée de la cantate est si courte qu’il est peu probable que Bach ait prévu cette sorte de division. Musicalement, en dépit de sa brièveté, l’œuvre est remplie de beaucoup de beautés. Un véritable esprit baroque se retrouve ainsi dans l’ouverture [1] pour basse solo, bref morceau pour lequel, comme dans beaucoup d’autres, Bach ne donne aucune indication (fréquente omission lorsqu’il est question de textes bibliques). L’expressivité de la question [Wo gehest du hin] est encore accentuée par les fréquentes interruptions dans le discours instrumental. Le deuxième mouvement [2], sans doute aucun le meilleur de l’œuvre a été récemment retrouvé [A. Dürr écrit ce texte en 1961] dans son orchestration d’origine : une comparaison avec le trio pour orgue BWV 584, dans une transcription postérieure à la mort de Bach, démontre clairement que ce mouvement [2] est incomplet dans la partition connue pour ténor, hautbois et continuo [Des détails de cette découverte et les sources de ce travail se trouvent dans les commentaires critiques [KB] de la nouvelle Neue Bach Ausgabe, I/12]. Une partie séparée était présumée destinée à un violon solo, dont le thème principal peut être aisément déduit du trio pour orgue. Seulement, à la fin du mouvement, vers la mesure 44 quelques accommodations sont nécessaires.
Le mouvement suivant propose la troisième strophe du cantique de Bartholomäus Ringwalt « Herr Jesu Christ, ich weiss gar wohl » avec la mélodie « Herr Jesu Christ, du höchstes Gut », chanté dans une forme simplifiée par le soprano sur un vif contrepoint confié aux violons et à la viola, à l’unisson. Un bref récitatif [4] est suivi d’une aria « Man nehme sich in acht, wenn das Gelücke lacht - Prenez garde. / Lorsque le bonheur vous sourit », mouvement suggérant effectivement les rires de bonheur dans les parties instrumentales d’accompagnement et dans partie vocale d’alto. La cantate s’achève avec un simple choral basé sur la première strophe du cantique d’Ämelie Juliane von Schwarzburg-Rudolstadt « Wer weiss nahe mir mein Ende » avec la mélodie « Wer nur den lieben Gott lässt walten ».
Alfred Dürr. Göttingen, septembre 1961.

Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume II, pages 418/419
Le texte, comme dans de nombreuses cantates de Bach révèle l’affligeante incapacité du librettiste à saisir le sens de l’évangile et de lui donner une forme poétique. Après une légère allusion, nous sentons une fois de plus l’effort pour donner un sens à l’exaltation et une réflexion [revoir] sur le côté transitoire des choses de ce monde. C’est une source continuelle d’affaiblissement dans laquelle Bach, toujours égal dans ces conditions, avec du nouveau et de nouvelles formes de style, donne vie à ces monotonies poétiques.
L’œuvre est une cantate pour soliste, excepté le choral final. Les numéros [1] et [3] retiennent particulièrement notre attention. Dans [1], Bach avait trouvé possible de composer une aria sur un texte de quatre mots qui est tout simplement une question. C’est un sineffet que ces phrases de trois mesures chacune. Dans [3] le soprano chante la troisième strophe du cantique de
Ringwaldt « Herr Jesu Christ ich weiss… », pendant que les instruments jouent en contrepoint. Dans ce numéro [3], nous rencontrons pour la première fois le transfert complet et délibéré d’un trio d’orgue à une musique vocale. Dans la cantate BWV 83, nous avions déjà trouvé comme un essai dans cette direction. C’est au début de sa carrière à Leipzig que Bach composa ses six grandes sonates trio pour orgue et ici, dans BWV 166, nous pouvons constater le résultat de ce travail.
Note 437: Les parties originales de la cantate sont à la Bibliothèque Royale de
Berlin
Annexe 19, page 680: les filigranes « IMK » plus « demi-lune » figurent sur le papier utilisé par Bach, de 1723 à octobre 1727.

 

Contributed by Claude Role (October 2008)

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