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C. Role. Avril  2011
CANTATE BWV 164
IHR, DIE EUCH VON CHRISTO NENNET
Vous qui portez le nom du Christ…
KANTATE ZUM 13. SONNTAG NACH TRINITATIS

Cantate pour le 13e dimanche après la Trinité
Leipzig, 26 août 1725   
AVERTISSEMENT  

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » signalées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...


ABRÉVIATIONS
(A) = La majeur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur → (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur → (d moll) = ré mineur
(E) = Mi → (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande Bretagne / Angleterre
(H) = Si → (h moll) = si mineur
KB = Kritische Bericht (édition critique de la NBA)
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition autographe originale
Ost = Original Stimmen = Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 164

  13e dimanche après la Trinité, Leipzig, le 26 août 1725. BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 407] : « On suppose que les trois cantates BWV 72, 168 et 164 – dont on ne connaît que la version mise au point pour Leipzig – avaient en réalité déjà été écrites pour Weimar (comme on pourrait d’ailleurs le déduire du fait que les textes appartiennent à une année de cantates de Salomo Franck déjà largement utilisée par Bach à l’époque où il était au service du duc Guillaume Ernest)…» [tome 2, page 256] : « Une première exécution à Weimar le 6 septembre 1716 [hypothèse ?]
[tome 2, page 403] : « Cette supposition n’est confirmée par aucune pièce d’archives dont nous disposons et Dürr préfère conclure, simplement , que si ces deux œuvres [BWV 164 et 168] ne furent pas écrites in toto à Leipzig, elles y furent à coup sûr si bien remaniées que l’on peut à juste titre parler de « nouveautés ».
BOMBA : « Si l’on suit les traces de cette cantate créée à Leipzig, il nous faut retourner à Weimar. D’une part en raison du librettiste Salomon Franck, d’autre part en raison de la forme en trois airs, deux récitatifs et un choral final, et sans oublier l’effectif modeste, de musique de chambre… Néanmoins la partition conservée de cette cantate ne permet pas de voir si Bach avait devant lui au moment de son écriture, un modèle approprié, c’est pourquoi l’existence d’une version première à Weimar reste hypothétique ».
BRAATZ [BCW | Provenance] : « Il est de nos jours généralement admis que la cantate BWV 164 fut composée très peu de temps avant son exécution le 21 août 1725 [plus généralement est donnée la date du 26 août ?] Rudolf Wustmann pensait que cette cantate fut composée au temps de Weimar. Basant son raisonnement sur l’écriture « juvénile » de Wilhelm Friedemann Bach, jeune copiste travaillant sous l’autorité d’Anna Magdalena [sa mère], Spitta datait cette cantate parmi les premières de l’époque de Leipzig (1723). Mais tous deux, Schweitzer et Spitta ont laissé vagabonder leur imagination. En outre de méticuleuses recherches effectuées par les experts en filigranes de la NBA, avec l’aide d‘Alfred Dürr, ont établi qu’il y avait un grand espace [de temps] entre cette cantate [BWV 164] et une autre primitive présumée de l’époque de Weimar (uniquement sur le fait que l’on envisageait que Bach aurait utilisé le texte de Salomon Franck au moment où était publié son recueil [de poèmes, donc 1715] et aussi à cause du petit effectif instrumental requis. Une cantate [dans le cas de la datation] où il n’existe pas un soupçon d’évidence ou de références indirectes ». Pour compliquer encore la question, le filigrane utilisé dans cette cantate est l’un des plus rares utilisés par Bach. Seulement un autre cas est connu avec un fragment de la partition de [la cantate] BWV 168.
[Autre problème : quel est donc ce si rare filigrane ? Gerhard Herz propose pour la cantate BWV 168 les filigranes suivants : « S.Coa » (pour: Schönburg Coat of Arms = cote de mailles), cette dernière référence se retrouvant en partie dans les cantates BWV 17, 49, 84 et 56. Autre filigrane : « GAW » = Cor de postillon et demi-lune, les principaux filigranes habituellement associés et repérés dans le Jahrgang II de Leipzig].
DÜRR. Chronologie 1725 : BWV 168 (29 juillet). BWV 205 (3 août). BWV 137 (19 août). *BWV 164 (26 août). BWV 79 (31 octobre).
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 155] : «…de 1716 datent les cantates BWV 155, 70a, 186a, 147a, et peut-être les n°168 et 164…»
HIRSCH : Classement CN 135 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). III. Jahrgang ? Fragment d’un cycle incomplet de cantates de Leipzig allant du 3 juin au 25 novembre 1725.
NEUMANN : « 1725 ou peu avant. Pour l’origine de la cantate à Weimar (Dürr) aucune source ne peut la justifier »
SCHMIEDER : Origine : peut-être Weimar, puis Leipzig, 1723 ou 1724. Date d’exécution : 22 août 1723.
SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète", page 153] : Les cantates d‘église de la première année de Leipzig [1723].
WHITTAKER : Les cantates de Leipzig. Reprises de cantates composées [?] à Weimar. Epoque 1723-1724.
La cantate BWV 164 fait partie des six cantates BWV 186, 4, 12, 168 et 80 ayant probablement leur origine de Weimar (vers 1715) et reprises plus tard durant les sept premières années de l’époque de Leipzig.


SOURCES BWV 164

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
BB SPK P 121 T. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kultur Besitz. Anciennement à Tübingen Universitätsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 39] : « L’autographe de cette cantate fit partie de l’héritage de Carl Philipp Emanuel Bach dont le catalogue fut publié à Hambourg en 1790, par Gottlieb Friedrich Schniebes sous le titre « Verzeichniss des musikalischen Nachlasses des verstorbenen Cappelmeisters Carl Philipp Emanuel Bach ». La section contenant les œuvres de Jean-Sébastien Bach comprend 86 cantates sacrées et autres pièces vocales et instrumentales ».
BGA (Franz Wüllner,1887). La partition et les parties séparées sont toutes à la Bibliothèque Royale, Berlin. La couverture (bleu-vert) porte le titre de la main de Carl Philipp Emmanuel Bach : « Domin. 13 post Trinit. | Ihr, die ihr euch von Xsto nennet. | a | 4 Voci | 2 Trav. | 2 Hautb. | 2 Viol. | Viola | e | Contin. | di | J. S. Bach ». A l’intérieur le sous-titre : « J. J. | Doïca 13 post Trinit. »
La partition est très peu lisible [c’est sans doute de là que Schweitzer a tiré son information de « partition hâtive et peu lisible »].
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…On a souvent émis l’hypothèse que cette œuvre [BWV 164] ainsi que les BWV 168 et 72, ayant été composées sur des textes du poète de Weimar Salomo Franck, l’ont été à cette époque et que ce que l’on connaît aujourd’hui comme cantate de « Leipzig » serait un nouvel état profondément remanié d’une version primitive remontant à l’époque de Weimar, c’est à dire aux années 1714-1716. Rien ne permet d’étayer cette hypothèse [voir W. Neumann] qui se présente cependant avec de forts atouts de probabilité, d’autant que l’on constate à cette époque [année 1725], chez Bach, un essoufflement dans la production des cantates dominicales ».  
GARDINER : «…Nous ne sommes pas en mesure de dire ce qui, dans cette musique composée sur un livret de Salomo Franck, est repris de l’une des cantates perdues de Bach composées pour Weimar, même si l’instrumentation – cordes et flûtes par deux auxquelles s’ajoutent deux hautbois à l’unisson pour renforcer la texture des deux derniers mouvements – se trouve correspondre aux proportions chambristes adoptées par Bach pour les autres textes de cantates de Franck mis en musique en 1715 ».
HERZ : L’origine de la cantate remonte – peut-être - à l’époque de Weimar. Renvoi à la cantate BWV 132 qui utilise comme BWV 164 un texte du même recueil de Salomon Franck (1715) et reprend - éventuellement - le même choral final « Ertöt uns durch dein Güte ».
Filigrane GAW associé à un cor et une demie lune, le filigrane principal du deuxième cycle des cantates (2. Jahrgang).
Copistes : Johann Andreas Kuhnau né en 1703 – mort ? (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723 dans sa période dite médiane „K2“, et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760). A Leipzig de 1723 à 1729. Enfin l’auteur reconnaît l’écriture de Wilhelm Friedmann Bach.
SCHMIEDER : 10 feuilles dont 14 pages de musique, in 4°.
SCHWEITZER [J. S. Bach, volume 1, pages 108/109] : «…un petit monogramme en fin de partition… W.F. B. montre que le copiste fut Wilhelm Friedemann Bach. La cantate date probablement de l’année 1724… l’enfant à alors quatorze ans… c’est sa première vraie copie… [volume 2, page 153 : « La partition pour la cantate solo [?] pour le 15e dimanche après la trinité, BWV 164 a été si rapidement rédigée qu’elle est difficilement déchiffrable…»
SPITTA Volume II, pages 683 et 696 : Cantate BWV 8 : « Les parties séparées originales proposent quelques feuilles avec un petit bouclier, d’autres avec une devise dans une volute, soutenue par deux porteurs ne se trouvant pas au milieu de la page mais en bas, à la pliure. Ce filigrane apparaît à nouveau seulement dans le manuscrit autographe de la cantate « Ihr, die, ihr euch von Christo nennet » [BWV 164] des années 1723 ou 1724 ».

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St. 60 B. Deutsche Staatsbibliothek. Berlin (ex RDA).

BGA (Franz Wüllner,1887). Les parties séparées, comme la partition sous couverture bleu-vert, porte, à la main (Carl Ph. Emmanuel] le même titre que celui de la partition autographe.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BGA. Jg. XXXIII (33e année). Pages 67 à 88. Préface de Franz Wüllner (1887). Cantates BWV 161 à 170.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 21. KANTATEN ZUM 13 UND 14 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5013. 1958/1959 et -2/1983. Werner Neumann. 5 Faksimiles.
BWV 164. Pages 59 à 78.
Avec les cantates BWV 77, 25, 78 et 17.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5013 41. 1959. Werner Neumann.
[La partition NBA est dans le coffret Das Kantatenwerk / Leonhardt, volume 39. 1987].

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Serie I. Band 21. Kantaten zur 13 und 14 Sonntag nach Trinitatis.
Sämtliche Kantaten 8 | TP 1288. 2007.
Herausgegeben : Werner Neumann.
BWV 164. Pages 59 à 78. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1958.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 3014. Réduction chant et piano (Todt) = EB 7164. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 2202. Copie de l’orchestre , des voix, de l’orgue et du clavier par Max Seiffert.
2010 :
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition (CV 31.164/00) non disponible (2011).
KALMUS STUDY SCORES. N° 849. Volume XLV. New York 1968. Avec les cantates163, 165,166,167 et 168.


PÉRICOPE BWV 164

Treizième dimanche après la Trinité.
Épître : Épître aux Galates 2, 15 à 27 [PBJ. 1721 et 1722]. L’Évangile de Paul…. La justification par la foi.
Luc 10, 29 à 37 [PBJ. 1555]. Parabole du bon Samaritain.

EKG. 13. Sonntag nach Trinitatis.
Entrée : Matthieu 25, 40 [PBJ. 1496] : « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait…»
Psaume 112 [PBJ. 909]. Au verset 5 : « Heureux, l’homme qui a pitié…»
Cantique 244 « Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ » (Wittenberg 1544).
Épître : Romains 3, 21 à 28 [PBJ. 1673]. Révélation de la justice de Dieu.
Évangile : Luc 10, 29 à 37 [PBJ. 1555]. Parabole du bon Samaritain.

MISSEL ROMAIN (pages 973 à 976) : Le 12e dimanche après la Pentecôte. La Parabole du bon Samaritain.
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. page 184] : « L’Épître de Paul en ce passage est une rhétorique assez spécieuse entre la Loi et la Foi qui devait à l’époque de Bach avoir maintes résonances dans l’esprit du courant piétiste ».
[Même occurrence avec les cantates BWV 77 (22 août 1723) et BWV 33, du 15 septembre 1726].


TEXTE BWV 164

Texte de Salomo Franck (1715).
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, pages 282/283] : Fac-similé de l’édition du recueil Evangelisches Andachts Opffer, Weimar 1715 (aux pages 154 et 155). Cantates BWV 132, 152, 155, 72, 80a, 31, 165, 185, 168, 164, 161, 162 et 163. Comme sans doute d’usage, le texte du choral bien connu de l’assemblée ne comporte que la première ligne « Ertördt uns durch deine Güthe, etc. »

HOFMANN : « Le thème de la cantate est la miséricorde du chrétien….»
MACIA [Tout Bach, pages 227/228] : « Livret tiré de l’ancien recueil de Franck, qui venait de mourir, l’Evangelisches Andachts-Opfer paru en 1715 à Weimar ».
[Tout Bach, page 230] : « Si, en 1725, lors d’une période difficile pour lui en raison de ses conflits avec ses employeurs, Bach utilise le recueil de poèmes de Franck… paru 10 ans plus tôt à Weimar, c’est sans doute parce qu’il vient d’apprendre le décès [† 11 juillet 1725] de cet ami et collaborateur d’autrefois ». [Ceci paraît une hypothèse plausible qui vaudrait également pour la cantate BWV 168 créée le 29 juillet 1725].
WOLFF : « Bach avait déjà utilisé plusieurs textes du recueil de Franck à Weimar… pourtant il n’est pas indiqué que cette œuvre pourrait trouver son origine à Weimar, même si la partition pour musique de chambre s’adapte avec exactitude aux proportions utilisées à Weimar mais aussi, le 13e dimanche après la Trinité en 1717  eut lieu durant une période de deuil national ».


GÉNÉRALITÉS BWV 164

BASSO [Jean-Sébastien Bach.tome 2, page 403] : « Cantate jumelle avec la BWV 168, quant à la distribution des numéros (six) : une succession régulière aria-récitatif-aria-récitatif-duo-choral. Le chœur limite donc sa présence au Lied conclusif… toutes deux, dépourvues de versets bibliques (mais faisant appel à quelques images tirées des Saintes Écritures) s’ouvrent sur des arias accompagnées de cordes…»
BRAATZ [BCW | Provenance] : « Albert Schweitzer indique que la partition a été rédigée en grande hâte et que de ce fait elle est difficilement déchiffrable. La « Kristisch Bericht » [KB] ne le confirme pas mais constate plutôt les « pauvres conditions de rédaction de l’autographe (l’encre absorbé par le papier a occasionné des trous en partie restaurés vers 1936…»
ROMIJN : «…forme de sermon sur la parabole du Bon Samaritain : Les croyants doivent être de bons chrétiens non seulement en paroles mais aussi en actes…» 
SCHREIER, Manfred [Notice de la cantate BWV 168]  : «…La forme caractéristique de ces cantates (BWV 164, 72 et 168) sur des textes de Franck, est la suivante : air (ou phrase de choral sur un texte libre) - récitatif - air - récitatif - air -choral. Ce plan est à la base aussi bien des œuvres de Leipzig que celles de Weimar [BWV 32, 152 et 31].
« …La manière de Franck qui se signale par l’abondance des images atteint ici un point extrême… On sent le soin qu’il apporte à transposer le texte liturgique dans une langue capable d’atteindre l’auditeur de l’époque baroque à l’intérieur de son propre univers d’une façon tout aussi provocante et directe…»


DISTRIBUTION BWV 164

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. Chor (nur Schlußchoral | seulement dans le choral final) ; Querflöte I, II, Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav. I II; Oboe I, II; Viol. I, II; Vla.; Continuo. [les parties de flûtes sont manquantes sur l‘autographe de la partition].
WHITTAKER [page 200] : «…les flûtes ne figurent pas dans le choral final de la partition mais ont sans doute doublé depuis les copies du hautbois et des violons…»


APERÇU BWV 164

  1] ARIE TENOR. BWV 164/1 IHR, DIE IHR EUCH VON CHRISTO NENNET, / WO BLEIBET DIE BARMHERZIGKEIT, / DARAN MAN CHRISTI GLIEDER KENNET ? / SIE IST VON EUCH, ACH ALLZU WEIT ! / DIE HERZEN SOLLTEN LIEBREICH SEIN, / SO SIND SIE HÄRTER ALS EIN STEIN.

Vous qui portez le nom du Christ / où est restée votre charité / Par laquelle on reconnaît un chrétien ? / Elle est trop bien éloignée de vous, hélas. / Les cœurs devraient être pleins d’amour, / mais ils sont plus durs que la pierre.

Sol mineur (g moll), 106 mesure, 9/8
BGA. Jg. XXXIII. Pages 67 à 74 | Dominica 13 post Trinitatis. | ARIE. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Cordes, ténor et B.c. Structures ABA’B’. Domination des périodes instrumentales.

BASSO [Jean-Sébastien Bach.tome 2, page 403] : «…forme bipartite, selon le schéma ABA’B, possédant un rythme de pastorale, anticipation du climat proposé par le texte du récitatif suivant…[tome 2, page 274] : Rythme de « pastorale »
BOMBA : «…La compréhension musicale des premières paroles a un caractère fortement déclamatoire de sorte que l’on se sent obligé de voir un prédicateur s’adressant à ses ouailles assises devant lui. La force du motif du début résulte donc aussi d’une quinte ascendante avec des notes de fleuri vers le bas…» 
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…air bipartite avec ritournelle fondée sur une figure motivique très forte, une énergique quinte descendante, véritable interpellation de l’auditeur. Exposée d’abord en canon entre les deux parties de violon, elle circule ensuite dans l’ensemble d’un réseau contrapuntique dense, à cinq voix, les quatre parties d’instruments à cordes (dont celle du continuo) et le ténor soliste. Ce motif apparaît en divers tons et génère des intervalles contribuant à accentuer la vigueur de la ligne mélodique, septièmes et même octave diminuée… malgré la fermeté du propos et quelques figuralismes comme la tenue prolongée sur le mot « Stein pierre », tout espoir n’est pas perdu, ce qu’indiquent la voix de ténor et le balancement du mètre de pastorale de la mesure à 9/8 ». 
GARDINER : «…Dans l’air de ténor… certains commentateurs sont troublés par l’apparente contradiction entre, d’une part, les paroles fulminant contre l’indifférence de qui ne se comporte pas tel le bon Samaritain envers son prochain et sa condition et, d’autre part, l’écoulement tout d’aisance pastorale, à 9/8 de la mélodie canonique…mais n’est-ce pas précisément l’intention de Bach : établir un contraste…»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs., page 73] : Mélisme du ténor aux mesures 25 à 28 sur la première syllabe du mot „Kenn-et“, 41 notes.
HOFMANN : «…Bach attribue à la question de cet air …une expression violente. La tête du thème affirmée, qui apparaît dans la partie de ténor aux mots de « Ihr, die euch von Christo nennet » traverse les cordes animées. Parfois, le thème apparaît sous forme canonique étroitement organisé dans laquelle les voix se renforcent l’une et l’autre par opposition…» 
KUIJKEN : «…le ton du morceau est agité et d’une polyphonie complexe -on peut y voir autant l’insistance « sainte » de l’orateur que les sentiments plutôt troublés de l’interpellé ; sol mineur est en effet la tonalité idéale dans cette situation… Bach met sans cesse le premier mot « Ihr » en valeur en l’isolant, à savoir en le faisant suivre d’un intervalle de quinte descendant… le motif de tête ainsi modelé n’est répété en imitation dans tout le morceau que par les deux violons et le ténor… il en résulte donc clairement une « triple » apostrophe…
LEMAÎTRE : «…l’air d’ouverture, pour ténor, s’organise selon A-B-A’-B’. Il se balance en sol mineur sur un rythme de pastorale à 9/8…»
MACIA [Tout Bach, pages 227/228] : « Le début du livret est saisissant : Vous qui vous réclamez du Christ / qu’avez-vous fait de la charité ?¨ Peut-être pour rendre cette question plus efficace aux fidèles, Bach préfère-t-il une simple aria à un chœur d’entée… le vigoureux saut de quinte descendante à la suite du mot « Ihrvous » proféré à plusieurs reprises. Les vocalises du ténor, la mesure à 9/8, la répétition des cinq notes d’entrée, l’écriture polyphonique, accusent le côté interrogateur du mouvement ».
ROMIJN : «…Avant que ne commence la diatribe, on entend deux fois la phrase d’avertissement destinée aux croyants…»


2] REZITATIV BAß. BWV 164/2
WIR HÖREN ZWAR, WAS SELBST DIE LIEBE SPRICHT : / DIE MIT BARMHERZIGKEIT DEN NÄCHSTEN HIER UMFANGEN, / [arioso) : DIE SOLLEN VOR  / GERICHT BARMHERZIGKEIT ERLANGEN ! / JEDOCH, WIR ACHTEN SOLCHES NICHT ! / WIR HÖREN NOCH DES NÄCHSTEN SEUFZER AN ! / ER KLOPFT AN UNSER HERZ; DOCH WIRDS NICHT AUFGETAN ! / WIE SEHEN ZWAR SEIN HÄNDERINGEN, / SEIN AUGE, DAS VON TRÄNEN FLEUßT [R. Wustmann : „fließt“]; / DOCH LÄßT DAS HERZ SICH NICHT ZUR LIEBE ZWINGEN ! DER PRIESTER UND LEVIT, / DER HIER ZUR SEITE TRITT, / SIND JA EIN BILD LIEBLOSER CHRISTEN; / SIE TUN, ALS WENN SIE NICHTS VOM FREMDEN ELEND WÜßTEN, / SIE GIEßEN WEDER ÖL NOCH WEIN / INS NÄCHSTEN WUNDEN EIN.

Certes nous entendons ce que l’amour lui-même dicte : / Ceux qui embrassent leur prochain de leur charité / devant le tribunal / de la charité bénéficieront. / Cependant nous ne respectons pas ceci ! / Nous n’entendons même pas les soupirs du prochain ! / Il frappe à notre cœur, mais la porte reste fermée ! / Nous voyons certes son désespoir, / ses yeux remplis de larmes ; / Et pourtant le cœur ne se laisse pas forcer à des preuves d’amour. / Le prête et le lévite / qui font place ici, / sont une représentation de chrétiens indifférents; / Ils font comme s’ils ne connaissaient pas la misère d’autrui ; / Ils ne pansent les plaies du prochain / ni d’huile ni de vin.

[Allusion précise à l’Évangile du jour, Luc 10, 31 [PBJ 1555] avec « le prêtre et le lévite… l’huile et le vin ».
Le renvoi à Matthieu 5, 7 [PBJ. 1459]. Les Béatitudes : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » est bien dans l’esprit de ce récitatif, mais le renvoi à Matthieu 7, 7 [PBJ. 1463] : « Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez frapper et l’on vous ouvrira… » en est comme l’antithèse : « Il frappe à notre cœur, mais la porte reste fermée ! »

Ut mineur (c moll) – la mineur (a moll), 24 mesures, C
BGA. Jg. XXXIII. Page 75 | RECITATIV. | Basso. | Continuo. Marqué Arioso et Recit.
NEUMANN. Secco avec partie arioso et citation (?) du choral.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 403] : «…deux citations du « Sermon sur la montagnes dans Matthieu 5, 7 et 7, 7.
BOMBA : «…le récitatif répond en sens inverse [de 1], en faisant un saut de quarte avec les notes de fleuri vers le haut…»
BRAATZ [BCW – Commentaires] : « La section arioso a conduit certains [auteurs] à penser qu’il s’agit d’une citation d’un choral. Rien n’a été prouvé à cet égard ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…C’est là l’essentiel de l’enseignement de la cantate…»
ROMIJN : «…le mot « Barmherzigkeit – miséricorde » est musicalement souligné d’un magnifique arioso, tandis que la misère de ceux qui frappent vainement à la porte est décrite avec insistance ».


3] ARIE ALT. BWV 164/3
NUR DIRCH LIEB UND DURCH ERBARMEN / WERDEN WIR GOTT SELBER GLEICH ! / SAMARITERGLEICH HERZEN / LASSEN FREMDEN SCHMERZ SICH SCHMERZEN / UND SIND AN ERBARMUNG REICH.

Ce n’est pas que par l’amour et la miséricorde / Que nous pouvons ressembler à Dieu. / Les cœurs des Samaritains / Souffrent devant les douleurs d’autrui / Et se remplissent de miséricorde.

Ré mineur (d moll), 45 mesures, C
BGA. Jg. XXXIII. Pages 76 à 79 | ARIE. | Flauto traverso I. | Flauto traverso II. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Partie en quatuor : flûtes I, II, alto et B.c. Forme ABB (ritournelle).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 404] : «…Aria avec instruments obligés, dialogue de deux flûtes traversières et Barform atypique (ABB’)…»
BOMBA : «…gradation élégante [instrumentale] se voulant ainsi renforcer l’image de l’amour de Dieu et de sa miséricorde…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…Au centre de la cantate, cet air marque la « conversion » du chrétien qui va désormais manifester compassion et miséricorde à l’égard d’autrui. Au dialogue de deux flûtes traversières sur le continuo va se mêler la voix de l’alto, sur le motif lancé par la ritournelle instrumentale. Et comme les deux parties de violons dans l’air précédent [1], les deux flûtes ouvrent le dialogue en écriture canonique, le canon figurant toujours l’imitation. Le très beau motif que se partagent la voix et les deux instruments, motif de soupir lent… abondant en notes répétées par deux, figure de façon très émouvante cette commisération devant la douleur…» 
HOFMANN : «…un chant de louange dans une lumière tamisée, à l’amour et à la miséricorde, fait de gestes mélodiques expressifs et de motifs soupirants…»
KUIJKEN : «…cette pulsation calme et constante émane surtout de la basse continue - ladite « basse andante » - évoque clairement l’avancée, la progression » (ici peut-être le pas du bon Samaritain…)
MACIA [Tout Bach, pages 227/228] : «…les deux flûtes traversières illuminent l’aria en ré mineur… une calme pulsation émane de la basse continue, tandis que les flûtes et la voix semblent flotter dans l’éther, sur un rythme de deux doubles croches par syllabe, qui insiste sur l’aspect de piété et de miséricorde du poème et baigne dans une lumière harmonique tamisée…»
ROMIJN : «…l’un des dialogues caractéristiques de Bach, mettant en scène deux flûtes qui se volent continuellement la conduite thématique. Ici le mot « Erbarmen – miséricorde » bénéficie d’un traitement musical de faveur…»


4] REZITATIV TENOR. BWV 164/4 *
ACH, SCHMELZE DOCH DURCH DEINEN LIEBESSTRAHL / DES KALTEN HERZENS STAHL ! / DAß ICH DIR WAHRE CHRISTENLIEBE, / MEIN HEILAND TÄGLICH ÜBE, / DAß MEINES NÄCHSTEN WEHE, / ER SEI AUCH, WER ER IST, / FREUND ODER FEIND, HEID ODER CHRIST, / MIR ALS MEINE EIGNES LEID ZU HERZEN ALLZEIT GEHE ! / MEIN HERZ SEI LIEBREICH, SANFT UND MILD, / (arioso) : SO WIRD IN MIR VERKLÄRT DEIN EBENBILD.

Ah, fais donc fondre par les rayons de ton amour / L’acier refroidi de mon cœur. / Afin que je pratique quotidiennement / le vrai amour du chrétien, mon Sauveur, / que les maux de mon prochain / peu importe qu’ils soit / amis ou ennemis, païen ou chrétien, / me touchent le cœur comme s’ils étaient mes propres douleurs ! / Mon cœur, soit rempli d’amour, soit doux et clément, / ainsi ton portrait sera transfiguré en moi.

Mi bémol majeur (Es) sol mineur (g moll), 15 mesures, C
BGA. Jg. XXXIII. Pages 80/81 | Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Accompagnato et secco.

BOMBA : «…l’accompagnement des cordes plonge le récitatif… dans une lumière éloquente et souligne le processus de fonte sous l’effet des « rayons » de l’amour qui fait fondre l’acier refroidi de mon cœur ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…Très expressif, ce récitatif accompagné tient davantage de l’arioso que du récitatif ». 
KUIJKEN : «…Les cordes définissent et colorent la déclamation d’une harmonie expressive, le récitatif s’achevant paisiblement comme un arioso…»
MACIA [Tout Bach, pages 227/228] : « Le ténor, dans un bref récitatif accompagné par les cordes, désire ardemment pouvoir pratiquer, avec l’aide de Dieu, la vraie charité chrétienne « Ah, fais donc fondre par les rayons de ton amour / L’acier refroidi de mon cœur ».
ROMIJN : «…style d’illustration sonore avec les mots « kaltfroid » et « HeilandSauveur » qui se voient accorder respectivement une note froide [?] et la note la plus aiguë ».


5] ARIE (DUETT), SOPRAN, BAß. BWV 164/5
HÄNDEN, DIE SICH NICHT VERSCHLIEßEN, / WIRD DER HIMMEL AUFGETAN ! | AUGEN, DIE MITLEIDEND FLIEßEN, / SIEHT DER HEILAND GNÄDIG AN, | HERZEN, DIE NACH LIEBE STREBEN, / WILL GOTT SELBST SEIN HERZE GEBEN.

Aux mains qui ne se referment pas, / le ciel s’ouvrira. / Les yeux qui voient la miséricorde, jouiront de la grâce du Sauveur. / Aux cœurs qui aspirent à l’amour / Dieu donnera lui-même son cœur.

Sol mineur (g moll), 153 mesures, ¢ (C barré)
BGA. Jg. XXXIII. Pages 81 à 87 | ARIE. | Flauto traverso I. II. / Oboe I. II. / Violino I. II. | Soprano. | Basso. | Continuo. Reprise Dal Segno.
Reprise de l’introduction instrumentale aux mesures 3 à 17.
NEUMANN. Flûte à bec, hautbois, violons, soprano, basse et B.c. En forme de canon.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 404] : «…comme dans la cantate BWV 168, le même mouvement [5] est conçu comme un duo en canon avec le soutien de tous les instruments sopranos (2 flûtes), 2 hautbois, deux violons) à l’unisson et une structure quadripartite ABCA’ ».
BOMBA : «…un quatuor vocal et instrumental… un renversement du thème dans la ritournelle du début se veut d’indiquer les rapports de corrélation entre la miséricorde humaine et celle de Dieu… l’emploi du canon très différencié correspond à l’image raffinée des mains croisées, des yeux et des cœurs reliés avec le ciel, le Sauveur et Dieu, que l’on trouve dans le texte…»
BRAATZ [BCW | Commentaires] : «  Il y a quatre sections : A] mesures 1 à 42 – B] mesures 43 à 69 – C] mesures 70 à 100 – A’ (reprise) mesures 101 à 154…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…quasi totalité de l’ensemble instrumental, à l’exception des altos, mais tous, les deux flûtes, les deux hautbois et les deux parties de violon jouent à l’unisson… l’écriture est ici canonique… Encadré par une ritournelle, l’air est constitué de trois sections suivies d’une quatrième reprenant l’ensemble du texte sur la musique de la première section variée (A’). Dès la ritournelle éclate le symbolisme qui anime tout l’air. Les instruments projettent un motif directement dérivé de celui qui ouvrait le premier air, mais retourné… Mais ce motif très frappant est exposé tantôt droit, tantôt renversé, comme si Bach voulait montrer la complémentarité de l’amour humain… et de l’amour divin… Lorsque entrent les deux voix, c’est naturellement en canon, d’abord à distance d’une mesure et à l’octave (section A), le soprano entrant en premier… Dans la deuxième section (B), la basse commence « le Sauveur les comblera » et les entrées se font à distance de trois mesures et à la quarte. Dans la troisième section (C) , le soprano entre en premier… et la basse suit à distance de trois mesures en canon à la quinte, puis à la quarte, avant la section (A’) de conclusion, où l’on revient au canon à l’octave à distance d’une mesure…»
GARDINER : «…on peut discerner un symbole de ce contraste [voir le premier mouvement] entre mansuétude humaine et divine dans la manière dont s’ouvre le duo final, tel un canon inversé pour les instruments mélodiques à l’unisson et le continuo, développant à chaque nouvelle entrée des lignes vocales de nouveaux canons, tantôt à l’octave, tantôt à la quarte ou, à la quinte, avant de s’épanouir en une libre polyphonie…»
HOFMANN : «…le duo de soprano et de basse encourage avec énergie l’amour quotidien avec les mots « Händen, die sich verschließen, / wird der Himmel Aufgetan…» et, comme dans le mouvement initial [1], chaque voix renforce l’autre par des répétitions dans une forme canonique serrée ».
KUIJKEN : «…Bach met à jour une inventivité extrême dans le traitement du texte, allant jusqu’à définir le processus de composition en fonction des mots du texte… le jeu des lignes [du texte] en miroir se poursuit tout au long du morceau…»
MACIA [Tout Bach, pages 227/228] : «…Très beau duo pour soprano et basse en sol mineur… écriture en quatuor. Les parties vocales sont écrites en canons variés (octave, puis quarte, puis quinte) sur une rythmique allante portant l’espoir ressenti… Ce jeu de lignes vocales en miroir épouse admirablement la teneur de chaque vers avec, en filigrane, une symbolisation musicale de l’imitation du Christ…»
ROMIJN : «…air accompagné d’une sublime ligne mélodique confiée aux flûtes, hautbois et violons. Le thème est plus tard présenté avec son propre renversement, illustrant ainsi de manière très visuelle comment l’homme miséricordieux ouvre les mains pour aider son prochain…»


6] CHORAL. BWV 164/6
ERTÖT UNS DURCH DEIN GÜTE, / ERWECK UNS DURCH DEINE GNAD ! | DEN ALTEN MENSCHEN KRÄNKE, / DAß DER NEU’LEBEN MAG | WOHL HIE AUF DIESER ERDEN, / DEN SINN UND ALL BEGEHRDEN / UND G‘DANKEN HABN ZU DIR.

Fais-nous mourir dans ta bonté, / Ressuscite-nous dans ta grâce ! / Fais souffrir les vieilles personnes / Pour qu’ils acquièrent une nouvelle vie / En bonne santé sir cette terre [Variante Teldec: « Mortifie le vieil homme / Afin que le nouveau puisse / Vivre comme il se doit sur cette terre »], / Qu’ils dirigent leur cœur et tous leurs désirs / Et leurs pensées vers Toi.

Texte de la 5e strophe et dernière strophe du cantique (cinq strophes de sept vers chacune,1524,) publié à Wittenberg en 1524, Herr Christ, der einig Gotts Sohn dont l’auteur est Elisabeth Kreuziger (vers 1504 † mai 1535). Née von Meseritz, elle se marie en 1524 avec un proche de Martin Luther, Caspar Cruciger. Ce texte est basé sur le cantique latin de Noël de Aurelius Prudentius « Corde natus ex parentis…», sans doute le ou l’un des tous premiers chorals de l’Église réformée (1524) tirée de la tradition médiévale.
Cette même strophe (et la mélodie d’un « anonyme », vers 1455) est utilisée dans les cantates BWV 22/5, BWV 96/6 et BWV 132/6 (bien que cette strophe ne soit pas dans la partition originale de Bach). Choral, sans le texte = BWV 601 (Orgelbüchlein n° 3) et 698.
Renvoi à EKG 45.
BCW : Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : H. L. Hassler ; J. H. Schein ; S. Scheidt ; D. Buxtehude (BUXWV 191 et 192) ; J. Pachelbel ; J. M. Bach ; Telemann (cantates Twv 1: 732 et 733).
La mélodie proviendrait d’un chant profane « Mein Freud möcht sich wohl mehren » figurant dans le recueil de Wolflin Lochamer publié à Nuremberg vers 1455. Par la suite, accompagnée du texte et sans doute d’un léger arrangement d’Elisabeth Kreuziger, elle a été imprimée en 1524 par John Walter, à Wittenberg.
(Geystlich Gesangk Buchleyn) . Bach a pu connaître ce cantique dans la classique édition de « L’Hymnal de Gotha » (1715).
[Allusion sensible à saint Paul : « revêtir l’homme nouveau ». Éphésiens 4, 24 [PBJ. 1730]. Dans la cantate : «...Supprime le vieil homme / pour que le nouveau puisse vivre...»

Si bémol majeur (B), 14 mesures, C
BGA. Jg. XXXIII. Page 88 | CHORAL. | Soprano. / Oboe I. II. Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll’ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. |Continuo.
NEUMANN. Barform. Mélodie « Herr Christ, der einig Gotts Sohn ». Simple choral harmonisé avec l’ensemble des instruments. Renvoi à la cantate BWV 132/6.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…Choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 039, de type 1.
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 182 à 184] : «…Origines (du choral] : Erfurter Enchiridion (1524). Cette mélodie de choral consacré au Fils unique de Dieu peut être classée parmi les mélodies destinées au Dogme. Elle appartient au répertoire de l’Erfurter Enchiridion, c’est à dire aux tous premiers temps du luthéranisme ». CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 878 à 883] : «…De forme « Bar », le choral est ici présenté en harmonisation verticale, les voix doublées par les instruments à cordes, la ligne du chant du soprano étant renforcée par les deux hautbois. Il n’existe aucune indication concernant les deux flûtes, dont on peut penser qu’elles sont appelées à se joindre aux hautbois. Ce choral peut également être chantée en conclusion de la cantate BWV 132…» 
CHAILLEY : Renvoi aux chorals BWV 601 (Orgelbüchlein), BWV 698 (Kirnberger) et Anhang BWV 55.


BIBLIOGRAPHIE BWV 164

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice par James Leonard.
BRAATZ, Thomas : Provenance : 9 septembre 2001 – Commentaires : 9 septembre 2001
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANUEL MUSIC : Notice par Craig Smith.
MINCHAM, Julian [BCW + NET jsbachcantatas.com] : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 10. 2010
ORON, Aryeh : Discussions 1]9 septembre 2001. 2] 22 juillet 2007. Prévision : 15 janvier 2012.
Texte du choral Herr Christ, der einge Gottessohn. Francis Browne, juillet 2007.
Mélodie du choral Herr Christ, der einge Gottessohn : Thomas Braatz & Aryeh Oron, mai 2006 – mars 2008.

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 164 = BC A 128.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985.
Volume 1, pages 34, 39, 159, 407, 408, 409, 412, 449 et 725
Volume 2, pages 256, 268, 274, 402, 403/404 et 834
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 49. 2000
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Page 286
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 182 à 184
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 302 (et 101)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 128 (et 127)
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 878 à 883
CHAILLEY, Jacques : Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Chorals n° 78 à 82, pages 129 à 131
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009.
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 227/228
DÜRR, Alfred : W. Neumann : Literaturverzeichnis 15] Studien über die frühen Kantaten J. S. Bachs, Leipzig 1951
: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 427 à 430
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». Renvoi à EKG 46.
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement volume 6. 2007. Traduction française de Michel Roubinet.
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Pages 155 et 173
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98684). En collaboration avec Arthur Hirsch.
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 31
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 135, pages 65 [5], 73 [1], 133
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98684). En collaboration avec Marianne Helms.
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 40. 2008
KUIJKEN, Sigiswald : Notice de son enregistrement, volume 5. 2007
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique
1992. Pages 101/102
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 21 et 41. Incipit de la mélodie, page 271 = M36
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Literaturverzeichnis : 15 (Alfred Dürr).
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
ROMIJN, Clemens : Notice (sur CD, pages 67/68) de l‘enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 216/217
Literatur : Spitta. Schwitzer. Pirro. Parry. Wustmann. Wolff. Terry. Schering. Neumann.
BJ : 1931
SCHNEIDER, Charles : Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942
SCHUMACHER, Gerhard : Notice de l’enregistrement de Nikolaus Harnoncourt / Teldec, volume 39. 1987
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Page 153
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Volume 1, pages 108/109. Volume 2, page 153
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 360/361, 423, 682 (Appendix 19), 683 (Appendix 22) et 696
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 2, pages 196 à 200
WOLFF, Christoph : Notice de l‘enregistrement de Ton Koopman, volume 18. 2005 WUSTMANN, Rudolf : J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 213/214
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. K 130
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 164

BACH CANTATAS WEBSITE : 
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Huit références (septembre 2001 – juin 2010) + Deux mouvements individuels (septembre 2001 – juillet 2006).
Exemples musicaux. Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).

4] GARDINER (volume 6). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Gillian Keith. Alto : Nathalie Stutzmann.
Ténor : Christoph Grenz. Basse : Jonathan Brown. Bach Cantata Pilgrimage. Église des Trois Rois (Dreikönigskirche). Francfort (D)
17 septembre 2000. Durée : 16’16.
CD SDG (Soli Deo Gloria) 134 . Distribution en France, novembre 2007. Avec les cantates BWV 77 et 33
5] KOOPMAN (volume 18).The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Johannette Zomer. Alto : Bogna Bartosz.
Ténor : Christophe Prégardien. Basse : Klaus Mertens.. Waalse Kerk, Amsterdam (NL). Durée : 15’22
Mouvements 2 et 6 : novembre 2001. Mouvements 1, 3 et 5 : février-mars 2002
CD Antoine Marchand CC 72218/3. Avec les cantates BWV 137 et 36
6] KUIJKEN (volume 5). La Petite Bande. Sans le chœur. Un par voix. Soprano : Gerlinde Sämann. Alto : Petra Noskaiova. Ténor : Jan
Kobow. Baryton : Dominik Wörner. Château Seehaus, Nordheim (D). Août 2006 
Durée : 15’56. CD Accent SACD ACC 25305. 2007. Avec les cantates BWV 35, 179 et 17
2] LEONHARDT (volume 39). Tölzer Knabenchor. Collegium Vocale (Ph. Herreweghe). Leonhardt-Consort. Soprano (jeune garçon) :
Christoph Wegmann. Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Max van Egmond. 1987. Durée : 17’23
Disque Teldec 35658-00-501-503 (SKW 39/1-2) Das Kantatenwerk. Volume 39
CD Teldec 4509-917632. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Volume 9. Coffret de six CD avec les cantates BWV 163 à 182
CD Teldec 2292-42634-2. Das Kantatenwerk (volume 39). 1987
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 4. Coffret , 15 CD Teldec. Sept. 1999. Cantates BWV 150-159. BWV 161-188. BWV 192 et 194-199
Reprise CD Warner Classics 8573 - 81162-5. Intégrale en CD séparés, volume 49. 2007
3] LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Soprano : Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Marcel Beekman.
Basse : Bas Rameselaar . Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL). Novembre – décembre 1999. Durée : 27’26
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 11. Cantates, volume 5. Avec les cantates BWV 115 et 55
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 25/71. Avec les cantates BWV 26 et 139
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle édition „augmentée“: 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les Passions (saint Jean et saint Matthieu).
1] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Edith Wiens. Alto : Julia Hamari. Ténor : Lutz-Michael Harder. Basse : Walter Heldwein. Gedächtniskirche Stuttgart (D). Novembre 1981, octobre 1982. Durée : 17’54 Disque (D). Die Bach Kantate. Laudate / Hänssler Verlag. 98684. Avec la cantate BWV 79. 1982
CD. Die Bach Kantate (volume 49). Hänssler Classic. Laudate 98728. 1982
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 49) Hänssler-Verlag 92.049. 2000 7] SUZUKI (volume 40). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Makoto Sakurada.
Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Juin 2007. Durée : 16’25
CD BIS SACD 1671. Distribution en France, octobre 2008. Avec les cantates BWV 168, 137 et 79


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 164

M-1. Mvt. 6] Bohumil Kulinsky. Bambini di Praga + Orgue et trompette. CD Supraphon. Avril 1977
M-2. Mvt. 6] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir / Soloists of the Freiburger Barockorchester. Bach Edition, volume 23. Chœurs.
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Juin 1999
Reprise Bach Edition 2006. Chamber Choir of Europe. CD Brilliant Classics. Chorals. V – 93102 32/138.. Chorals. 2006


EN CONCERT

HASS, Arthur. La Grande écurie et la chambre du Roy. Chœur BWV. Festival Estival de Paris 1985 (FEP). Église Saint-Séverin, Paris (F), le 2 septembre 1985.


ANNEXE BWV 1
PHILIPP SPITTA

SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.

Leipzig. Les cantates de 1723. Volume 2, pages 360/361 :
« Un autre texte de Franck fut utilisé pour le 13e dimanche après la Trinité (22 août). De toute façon Il n’est pas certains que cette oeuvre fut écrite avant cette date quand elle fut exécutée une première fois le 3 septembre. Aussi je considère que cette première date est la plus probable [22 août]. Pour cet ouvrage, Bach revint au recueil Evangelische Andachts-Opfer, doté d’une poésie très propice à la mise en musique. Dans son ensemble l’œuvre ne possède pas de chœur, excepté celui de la fin, un simple choral chanté sur la cinquième strophe du cantique Herr Christ der einig Gott’s Sohn. L’évangile [Luc] raconte la parabole du bon Samaritain et toute l’œuvre est emplie de tendresse et de compassion chrétienne… Dans la première aria en sol mineur…il nous semble entendre le Sauveur lui-même parlant avec tendresse et beaucoup de chaleur humaine, d’amour et d’amitié en dépit d’une touche de mélancolie [+ Exemple musical sur les premières paroles « Ihr, die ihr euch von Christo nennet ». Dans la seconde aria (ré mineur)… le Sauveur enseigne ce que tout homme doit appliquer [l’amour et la miséricorde] ; et la troisième aria, en un duo, toute d’une joyeuse ardeur semble tirer son origine de la mélodie du premier mouvement [+ Exemple musical]. Les deux motifs sont travaillés avec une concentration alors inhabituel chez Bach, le premier [1] en canon et à l’unisson à l’octave et le duo [5] de façon inverse… »

Volume II, page 423 : A propos de la cantate BWV 168. Apparemment, Bach la composa la même année que la cantate « Ihr, die ihr euch von Christo tennet » [BWV 164 de 1725] [renvoi à la page 361 du volume II et à l’Appendix n° 26, page 640 (Les cantates de Leipzig sur des textes de Franck sur des textes tirés du recueil « Evangelischem Andachtsopffer »

Volume 2, page 683. Appendix n° 22] : « La datation de cette cantate [BWV 164] se fait à partir du filigrane particulier figurant dans la partie de hautbois II. Elle est conservée à la Bibliothèque de Berlin avec l’autographe de la cantate et les parties séparées. A la fin de cette partie [du hautbois] on lit « Il Fine et le monogramme « BXB » qui correspond aux initiales W.F.B… une manière de plaisanterie juvénile [?] de la part du copiste, Wilhelm Friedemann Bach [le fils de Jean-Sébastien Bach]. Le titre et les mots « Aria tacet », « Recit aria tac », « Recit tacet » avec le violon en sol majeur de la première partie, les bémols, la mesure à C barré [5], l’indication « Aria all unis » et en dessous les « Volti » et les grands caractères sur « Fine » sous le monogramme, sont tous de l’écriture d’Anna Magdalena Bach ; le reste est de la main de Friedemann, une main enfantine et maladroite. A l’été 1723, Friedemann avait treize ans ; de cela nous déduisons que sa mère qui était une bonne musicienne, lui enseigna la façon de copier…»

Volume II, note 43, page 696 : [A propos de la cantate BWV 8 et des filigranes identiques retrouvés dans la cantate BWV 164] : « un petit bouclier, d’autres [filigranes] avec une devise dans une volute, soutenue par deux porteurs, ce dernier ne se trouvant pas au milieu de la page mais en bas, à la pliure. Ces filigranes apparaissent à nouveau et seulement dans le manuscrit autographe de la cantate « Ihr, die, ihr euch von Christo nennet » [BWV 164] des années 1723 ou 1724.


C. Role. Avril 2011

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Last update: May 27, 2011 17:30:00