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Cantata BWV 159
Sehet! wir gehn hinauf gen Jerusalem
Commentary in French

KANTATE ESTOMIHI
DIMANCHE ESTOMIHI
Leipzig, 27 février 1729

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 159 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (
Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (éditin d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.

 

DATATION BWV 159

Leipzig, le dimanche 27 février 1729
[Cette date n’est pas certaine et plusieurs musicologues ont avancé une datation différente]
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 253]: « l’année IV, avec les cantates
BWV 149, BWV 156, BWV 159, BWV 171, BWV 174, BWV 188, BWV 197a, VI (24 juin 1728 - 10 juillet 1729 ».
BOMBA: « Création pour le 27 février de l’année 1729 ou d’une année suivante... 7ème dimanche avant Pâques [?]. Si Bach a exécuté cette cantate en 1729 le dimanche précédant le Carême, période pendant laquelle il n’était pas d’usage d’interpréter de la musique figurée... celle-ci aurait été suivie, le Vendredi Saint, de la grande musique de la Passion selon Saint Matthieu ».
GEIRINGER [page 178]: « Sur le caractère de la quatrième série et surtout de la cinquième série, nous savons très peu de chose, car il semble que la plupart de ces cantates aient été perdues. De plus en plus, Bach s’en remettait pour ses textes à l’adroit poète amateur
Picander. Dürr a probablement raison quand il suppose que les cantates [BWV] 120, 120a, 145, 149, 156, 159, 171, 174, 188, 197a, presque toutes sur des libretti de Picander appartenaient à la quatrième série et furent exécutées dans la seconde moitié de 1728 ou en 1729 ».
HIRSCH: Classement CN 182 (Die chronologisch Nummer - ordre chronologique): 27 février 1729
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1729 :
BWV 171 (1rt janvier) - BWV 156 (23 janvier) - BWV 159 (27 février) - BWV 145 (19 avril) - BWV 120a ( ?) - BWV 174 (lundi de Pentecôte, 6 juin)
[Dernier dimanche avant le Carême et arrêt de la musique figurée à
Leipzig qui ne reprendra que le vendredi Saint 15 avril où sera donnée la Passion selon saint Matthieu BWV 244].

 

SOURCES BWV 159

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues
BRAATZ / BCW: « L’autographe et les parties séparées sont perdues… elles firent partie de l’héritage de Wilhelm Friedmann Bach et personnes ne sait pourquoi elles disparurent aussi complètement sans laisser de trace… la seule possibilité qui nous permet d’écouter cette cantate dans une version probable est le fait que Christian Friedrich Penzel en fit une copie à partir de l’original (vers 1770)... le mouvement n° 4 est manquant dans la copie de Penzel qui en a laissé la place vide mais heureusement il l’a copié dans le matériel d’exécution…»

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues

COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
BB. Mus. ms Bach. P 1048. Berlin Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz (SPK)
Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem
[Selon Spitta, elle fut, un temps [jusque vers 1870], la propriété du musicologue Franz Hauser].
BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 1, page 61]: Fait partie d’une liste de 27 cantates copiées par Christian Friedrich Penzel (1737-1801), ici une copie de la partition avec les parties séparées de la cantate BWV 159 datée précisément du 15 juin 1761.
SCHMIEDER: Copie de Penzel (?) 7 fascicules in 4°. 10 voix (Stimmen) in 4° + texte sur deux pages
Parties séparées (copie de Forkel ?) in 4° sous référence BB Mus. Ms. P 46 n° 5
St 633 M. Deutsche Staatsbibliothek. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem
[Ce sont les parties séparées copiées par Penzel en 1761]
BG: Sur la partition, marqué l’avertissement: « Oboe sempre col Soprano »

ÉDITIONS|
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)

BG Jg. XXXII (32e année - BWV 151-160). Pages 157 - 168. Préface d’Ernst Naumann, 1886
[La partition « BG » est dans le coffret Teldec Das Kantatenwerk / Gustav Leonhardt, volume 38. 1986]

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 8/1. KANTATEN ZUM SONNTAG ESTO MIHI
Bärenreiter Verlag BA 5078. 1992. Herausgegeben von Wolff, Christoph. 1998. 6 fac-similés
BWV 159 Pages 153-168. Berlin Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms Bach. P 1048
Avec
BWV 22, BWV 23, BWV 127
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5078 41. Wolff, Christoph. 1998

AUTRES ÉDITIONS
BCW: Réduction voix et piano BG
Breitkopf & Härtel. Partition PB 3090
OB 1184. Révision M. Seiffert) Orch. Stimmen, Orgel et clavier
Chœur ChB 1852
2008. Partition PB 4659 - Réduction voix et piano EB 7159 - Parties séparées (6) OB 4659 - Partition du chœur ChB 4659
Kalmus Study Scores. N° 848. Volume XLIV (BWV 157-162). New York 1968

 

PÉRICOPE BWV 159

Estomihi (Quinquagésime), le dernier dimanche avant le début du Carême). Il est également appelé « dimanche Esto mihi » dans la tradition luthérienne comme l’Église romaine, qui utilisent à l’introït, les premiers mots du verset 3 du psaume 31 [PBJ 827]: « Esto mihi in Deum protectorem, et in domum refugii : ut salvum me facias - Soyez pour moi un Dieu protecteur, un lieu d’asile où je trouve mon salut… » Confiance en Dieu dans un péril extrême… un malheureux, malade et voué à la mort, en butte à la méchanceté de ses ennemis, expose à Yahvé sa détresse et implore son secours.
Épître: I Corinthiens 13, 1-13 [PBJ 1702]. La hiérarchie des charismes. Hymne à la charité
Évangile: Luc 18, 31-43 [PBJ 1570]. Troisième annonce de la Passion. Renvoi à Matthieu 20, 17-19 [PBJ 1486]: « Devant monter à Jérusalem, Jésus pris avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route: « Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l’homme va être livré aux grands prêtres et aux scribes… »
Marc 10, 32-34 [PBJ 1521]: « Ils étaient en route montant à JérusalemPrenant de nouveau les Douze auprès de lui, se mit à leur dire ce qui allait lui arriver: « Voici que nous montons à Jérusalem…»
[C’est très exactement le titre de la cantate
BWV 22 « Jesu nahm zu sich die Zwölfe » pour le dimanche Estomihi 1723]

EKG. Esto mihi. Egalement le dimanche des Cendres dans le culte réformé
Introït : Luc 18, 31 [PBJ 1570]: « Puis, prenant avec lui les Douze, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem et que s’accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes au sujet du Fis de l’homme…»
Psaume 31
Cantique EKG 252: Laßet uns mit Jesu ziehen Texte de Siegmund von Birten - 1653). Mélodie de Johann Schop: « Sollt ich meinem nicht singen » - 1641
Épître: I Corinthiens 13, 1-13 [PBJ 1702]
Évangile: Luc 18, 31-43 [PBJ 1570]
Pour la même occurrence, voir
BWV 22 et BWV 23 (7 février 1723), BWV 127 (11 février 1725)

 

TEXTE BWV 159

Christian Friedrich Henrici dit Picander (1728)
Il a été publié en 1732, 1737 et 1750 sous le titre Ernst-Scherzhaffte und Satyrische Gedichte (Poésies sérieuses, amusantes et satiriques) aux pages 111-113 « Auf den Sonntag Estomihi ».
A l’origine le recueil primitif (selon W. Neumann, il a aujourd’hui disparu) s’intitulait Cantaten auf die Sonn und Fest-Tage durch das gantze Jahr, verfertiget durch
Picander, Leipzig 1728 (Cantates pour les dimanches et jours de fête pour toute l’année, confectionnés par Picander). Il comportait la préface [Bach-Dokumente II, n° 243, 24 janvier 1728]: « Je me suis résolu à confectionner les présentes cantates pour la gloire de Dieu, pour satisfaire à la demande que m’ont adressée de bons amis et pour inciter à une plus grande dévotion. J’ai entrepris ce projet d’autant plus volontiers que je puis me bercer de l’idée que tout éventuel défaut d’élégance poétique pourra être racheté par la grâce de cet incomparable maître de chapelle qu’est Monsieur Bach, et que ces Lieder seront entonnés dans les églises principales de la pieuse Leipzig ».

1] Luc 18, 31[PBJ 1570]. Troisième annonce de la Passion: « Puis, prenant avec lui les Douze, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem…». Renvoi à Marc 10, 32-34 [PBJ 1521]
2] Sixième strophe du cantique (dix strophes) pour la Passion de
Paul Gerhardt (1656) intitulé « O Haupt voll Blut und wunden » associée à la mélodie Herzlich tut mich verlangen (1599) tirée d’un chanson profane « Mein Gemüth ist verwirret - mon cœur est troublé » attribuée à Hans Leo Haßler (1564-1612).dans un recueil de Chants d’amour - Lebenslied, publié à Nuremberg vers 1601.
Renvoi à
BWV 127, BWV 135, BWV 153, BWV 161, BWV 244/15-17-54-62
BCW. Mélodie
Befiehl du deine Wege (I). Voir ce cantique dans Buxtehude, BUXWV 178. Ce cantique est la forme première du célèbre « Herzlich tut mich verlangen ».
4] Citation de l’Évangile de Saint Jean 19, 30 [PBJ 1619]. Dernière des « Sept paroles du Christ en croix » à la mort de Jésus: « il dit: « Tout est consommé - Es ist vollbracht ». Cette citation est celle-là même trouvée dans la Passion selon Saint Jean,
BWV 245/58.
[Les mots „Welt gute Nacht“ se retrouvent littéralement dans les cantates
BWV 82/4 et BWV 161/4 dans une „atmosphère“ que Bach a souvent décrite dans le cadre de la „mort bienheureuse“.
5] Trente-troisième strophe du cantique de
Paul Stockmann (1602-1636), cantique (pour la Passion) intitulé „Jesu Leiden, Pein und Tod“ publié à Leipzig en 1633. La mélodie revient à Melchior Vulpius (1609) puis avec de légères modifications, apparaît dans le Neu Leipziger Gesangbuch (Nouveau livre de chants de Leipzig) dans la version connue de Jean-Sébastien Bach.

Renvoi au texte et à la mélodie identiques de la cantate
BWV 182/7 et à la Passion selon Saint Jean BWV 245/14-28-32 (avec les strophes 10, 20 et 34

NYS, Carl de: «…Comme le livret de cette cantate BWV 159 fait partie d’un recueil gravé en 1728 par son auteur, le fameux Henrici-Picander qui a écrit aussi le livret de la Passion selon Saint-Matthieu, on pense généralement que la partition de Bach a dû être chantée pour la première fois le dimanche 27 février 1729, elle se trouve donc dans le voisinage immédiat de cette composition maîtresse.
[Cantates à Saint-Thomas I]: «…Cette cantate parmi les quatre du dimanche Estomihi,
BWV 22, BWV 23 et BWV 127) convient le mieux au premier dimanche de la Passion, non seulement par son texte (qui fait continuellement allusion à la voie douloureuse du Seigneur) écrit par Picander, mais encore par sa partition qui manifeste de nombreuses ressemblances avec les deux Passions connues de Bach ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 159

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 453-454]: « …on pourrait y discerner [dans la cantate] un certain lien de parenté avec la Matthäus-Passion, exécutée une quarantaine de jours plus tard, du fait de la présence dans les deux œuvres du choral O Haupt voll Blut und Wunden (6e strophe) de Paul Gerhardt… mais le lien de parenté apparaît plus étroit encore avec la Johannes-Passion, reprise pour la troisième fois peut-être l’année précédente… les deux arias de BWV 159 ont le même incipit littéraire que deux des arias de la Johannes-Passion…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 282]: «…quelques semaines avant la création de la « Passion selon Saint- Matthieu, cette cantate en serait l’ébauche isolée et comme un prélude…cependant l’aria de basse « Es ist voll bracht » fait référence à la fameuse aria d’alto, sur le même texte écrite pour la « Passion selon Saint Jean » en 1724 ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint Thomas (1), pages 190-196]: « Nous connaissons toute une série de cantates de Bach pour le dimanche Estomihi (Quinquagésime),
BWV 22, BWV 23, BWV 127. En voici une quatrième. Pourquoi cette abondance et cette qualité dans trois des quatre partitions ? Peut-être parce qu’elles se situent à l’entrée d’un temps clos pendant lequel on ne fera plus de musique concertante ; peut-être aussi et surtout parce que l’approche de la grande semaine et du temps de la Passion du Seigneur atteint le cantor au point le plus sensible de sa vie intérieure et de sa ferveur personnelle. Parmi les quatre cantates de l’Estomihi, celle-ci (BWV 159) convient le mieux au premier dimanche de la Passion non seulement par son texte (qui fait continuellement allusion à la voie douloureuse du Seigneur) écrit par Picander, mais encore par sa partition qui manifeste de nombreuses ressemblances avec les deux Passions connues de Bach. Spitta n’avait relevé que celles avec la Passion selon Saint Matthieu et inclinait pour ce motif à dater l’œuvre des années 1729 ou 1730 ; Friedrich Smend a montré au contraire les parentés non moins frappantes -plutôt plus importantes ! - avec la Passion selon Saint Jean et préférerait l’année 1727, celle de la seconde exécution de la Passion selon Saint Jean. Le climat qui règne tout au long de cette cantate est celui de la gravité émue, celle qui peut naître dans l’âme à la résolution d’accomplir dans sa propre vie ce qui manque à la Passion du Seigneur, selon l’expression de Saint Paul…»

 

DISTRIBUTION BWV 159

NEUMANN. Alt, Tenor, Baß. – Chor (nur Schlußchoral). Ob; Streicher ; B.c. (+ Fagott)
SCHMIEDER. Soli: A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe; Viol. I, II; Vla.; Cont.

 

APERÇU BWV 159

1] ARIOSO + REZITATIV BAß, ALT. BWV 159/1

SEHET ! / KOMM, SCHAUE DOCH, MEIN SINN, / WO GEHT DEIN JESUS HIN ? / WIR GEHN HINAUF / O HARTER GANG ! HINAUF ? / O UNGEHEURER BERG, DEN MEINE SÜNDEN ZEIGEN ! / WIE SAUER WIRST DU MÜSSEN STEIGEN / GEN JERUSALEM. / ACH, GEHE NICHT ! / DEIN KREUZ IST DIR SCHON ZUGERICHT, / WO DU DICH SOLLT ZU TODE BLUTEN; / HIER SUCHT MA N GEIßELN VOR, DORT BINDT MAN RUTEN; / DIE BANDE WARTEN DEIN ; / ACH ! GEHE SELBER NICHT HINEIN ! / DOCH BLIEBEST DU ZURÜCKE STEHEN, / SO MÜßT ICH SELBST NICHT NACH JERUSALEM, / ACH, LEIDER IN DIE HÖLLE GEHEN.
Voyez ! / Viens, vois donc, mon cœur, / Où s’en va-t-il, ton Jésus ? / Nous montons / Ô dure marche ! Montons ? / Ô montagne énorme que mes péchés me montrent ! / Combien amère est ton ascension ! / Vers Jérusalem. / Ah, n’y va pas ! / Ta croix y est déjà dressée, / Là où tu devras perdre ton sang ; / On prépare ici les fouets, on noue là les verges; / Les chaînes t’attendent; / Ah, n’y va pas toi-même ! / Pourtant si tu restais en arrière / Je ne devrais pas aller moi-même à Jérusalem, / Ah, pour aller hélas en enfer.

Ut mineur (c) - ut mineur (c), 34 mesures, C
BG Jg. XXXII. Pages 157-159
NEUMANN. Arioso et récitatif alternés avec passages « secco » instrumentés
SCHMIEDER. Alto, Basso ; Viol. I, II, Vla. ; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 453-454]: «…une citation de Luc 18, 31, fractionnée en trois segments et intercalée de vers madrigalesque ; la page est un récitatif arioso en style declamatio, soutenu par le seul continuo pour la partie qui concerne les paroles de l’Évangile (entonnées comme d’habitude par la basse), et en style récitatif accompagné pour la partie de libre invention (confiée à un contralto sur une base harmonique cordes et continuo) ; pratiquement il s’agit d’une structure en dialogue, nouée entre Jésus et l’Âme. »
BOMBA: « Le thème de la cantate est l’exemple du Christ qui, face à sa Passion et à sa Rédemption (Saint Luc 18, 31-43) s’apprête à partir avec ses apôtres pour accomplir son chemin. En fait, le dialogue d’introduction se base sur cet événement historique et l’adaptation musicale rappelle celle de la Passion selon Saint Matthieu, sans le recours au choral double de grand format, bien entendu. Mais le dialogue se poursuit, ici, dans la cantate, entre la « Vox Christi » et -ainsi que dans la Passion selon Saint Matthieu- l’âme du croyant. La basse donne le signal du départ, son texte clair est secondé par le continuo ascendant, tandis que la voix de l’alto lui répond accompagnée des cordes à l’accent mystique et tente de le détourner de son idée…»
NYS, Carl de: «…Cette proximité [avec la Passion selon Saint-Matthieu] se sent dès le premier mouvement. Un dialogue entre la voix de Jésus (basse) et les questions angoissées de l’âme (alto) dans lequel la différence des accompagnements (Jésus sous forme d’arioso avec continuo et l’âme un récit mais accompagné par les cordes) accentue encore le caractère prenant de l’échange annonçant la Passion.
NYS, Carl de [Cantates à Saint Thomas (1), pages 190-196]: « Le premier mouvement est formé par un récitatif-arioso dans lequel la basse chante le texte de l’évangile (Luc 18, 31) dans le style de l’arioso soutenu par le seul continuo, cependant que la voix d’alto commente ce texte dans le style du récitatif, mais accompagnée par l’ensemble des cordes de l’orchestre. On remarquera les motifs ascendants dans la basse continue ; ils sont comme le rythme de la marche de ceux qui montent vers la cité sainte ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, pages 25-27]: « Les verbes composés avec la préposition « auf » lui [à Bach] inspirent le plus souvent des thèmes montants… il imagine des groupes de notes montantes pour accompagner les paroles de Jésus, quand il gravit les hauteurs sur lesquelles Jérusalem est situé… [+ Exemple musical sur les mots, arioso « Wir geh’n hinauf ! Le motif que Bach organise dans cet arioso est déjà indiqué dans le récitatif de la Matthäus-Passion » où Jésus envoie ses disciples vers la ville pour préparer la Pâque…». Renvois aux cantates
BWV 67, BWV 20, BWV 110, BWV 43, etc.
[Formation des motifs, page 65]: « Il [Bach] dédaigne les minuties du pittoresque vulgaire au début de la cantate, dès que le sentiment l’emporte sur la description. Des fragments de la gamme ascendante accompagnent, il est vrai, ces paroles chantées par la basse ‘ »Nous allons vers Jérusalem ». Mais à la suite de cette longue progression symbolique, l’alto déclame douloureusement: « O rude voyage ». Et, sur ces mots, Bach ne cherche plus à désigner par les procédés communs, la direction de cette montée de jésus vers la ville où il sera jugé, maos à exprimer la douleur de l’âme chrétienne au souvenir du supplice de son Dieu. Ce n’est qu’après cette réflexion pleine de remords, et larmoyante, que Bach modèle de nouveaux des traits ascendants, heurtés d’ailleurs, et aigris pour le récit de ces mots : « Là-haut ? O montagne atroce… Comme il te faudra la gravir avec peine ! » [+ Exemple musical, BG XXXII, page 158].
SCHUHMACHER: « L’œuvre débute par un dialogue fortement expressif dans lequel l’âme fidèle (alto) a un récitatif accompagnato, Jésus, basse qu’un arioso avec continuo ».
SCHWEITZER {J.-S. Bach / Le musicien poète. Les cantates de 1728 à 1734, page 189]: « La cantate BWV 159 dépeint Jésus précédant ses disciples par le motif que voici [Exemple musical]… Cet arrêt brusque sur la septième produit un effet saisissant : C’est Jésus qui s’arrête et qui se retourne vers ses disciples pour leur annoncer qu’il marche vers la mort, ainsi qu’il est dit dans le texte. Comme ils ne comprennent pas, il s’arrête encore une fois pour le leur répéter…»
[Page 240]: « Bach emploie communément un procédé qui consiste à représenter par les sons des mots tels que « marcher » ou « courir [le motif de la démarche ou Schrittmotive]. Renvoi à
BWV 108, BWV 166, BWV 152
WHITTAKER: « Le livret de
Picander confère au mouvement d’ouverture recitativo-arioso, un caractère double: Le Christ dans les sections « arioso » énonçant les paroles bibliques, l’alto se lamentant sur l’épreuve de la dure montée et voyant la croix déjà apprêtée… - Les parties arioso ont un aspect particulier a cause d u motif de six notes dans le continuo, le motif de la marche - le commentaire récitatif est expressif et chromatique...»
[Figuration de la basse, aux quatre premières mesures, sur le mot « Sehet »]

2] CHORALBEARBEITUNG, ALT, SOPRAN (Aria + choral). BWV 159/2

ICH FOLGE DIR NACH / Choral: ICH WILL HIER BEI DIR STEHEN, / VERACHTE MICH DOCH NICHT ! / DURCH SPEICHEL UND SCHMACH; / AM KREUZ WILL ICH DICH NOCH UMFANGEN, / Choral: VON DIR WILL NICHT GEHEN, / BIS [Neumann: „Wenn“] DIR DEIN HERZE BRICHT. / DICH LAß ICH NICHT AUS MEINER BRUST, / Choral: WENN DEIN HAUPT WIRD ERBLASSEN / IM LEZTEN TODESSTOß, / UND WENN DU ENDLICH SCHEIDEN MUßT, / Choral: ALSDENN WILL ICH DICH FASSEN, / SOLLST DU DEIN GRAB IN MIR ERLANGEN ? / Choral: IN MEINEN ARM UND SCHOß.
Je te suis - Choral: Je veux être ici à tes côtés,/ Ne me méprise donc pas - Sous les crachats et les outrages, Je veux encore t’embrasser à la croix - Choral: Je ne veux pas te quitter / Jusqu’à ce que ton cœur se brise. - Je ne te laisse pas sortir de mon cœur - Choral : Lorsque ton visage blêmira / Dans les dernières secousses de l’agonie, - Et lorsque tu devra enfin mourir - Choral: Je veux alors t’étreindre- Tu trouveras ton tombeau en moi - Choral: Dans mes bras et sur mon cœur.

Cantus firmus. Cantique de
Paul Gerhardt (1565). Mélodie Herzlich tut mich verlangen. Voir BWV 127, BWV 135, BWV 153, BWV 161, BWV 2481, BWV 2486

Mi bémol majeur (Es), 109 mesures, 6/8
BG Jg. XXXII. Pages 160 - 163
NEUMANN. Continuosatz (+ Fagott), Alt, Sopran + Oboe
SCHMIEDER. Sopr. (Cantus firmus), Alto ; Cont. (Ob. col Sopr. ; Fagotti Col Cont.)

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, pages 453-454]: «…élaboration de choral « O Haupt voll Blut une Wunden » confié au soprano (doublé par le hautbois) et inséré à l’intérieur d’une aria pour contralto…»
BOMBA : « L’art de l’adaptation du choral, poussé à l’extrême dans la Passion, se poursuit dans le second mouvement. Ici aussi se retrouve un genre de dialogue, car la voix de l’alto, ayant surmonté son doute, vient relever le continuo, alors que le soprano chante le cantus firmus vers après vers… impressionnants effets contrastants y succèdent, permettant d’interpréter le texte…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 282]: Mélodie de choral (MDC) 046, type IV
[Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 201, 204]: Choral de type 4, c'est-à-dire présentation concomitante d’une aria ici confiée à l’alto et d’un choral soliste confié en valeurs longues (noires pointées) au soprano (doublure du cantus firmus par un hautbois).. Les deux parties vocales (aria et choral) sont soutenues par un dessin presque dansant de la basse continue avec basson ».
NYS, Carl de: «…Dans la première aria, pour l’alto, l’atmosphère de la Passion est encore intensifiée [par rapport à 1] par le contrepoint de la partie de soprano (doublée par un hautbois) qui chante la sixième strophe du célèbre cantique de
Paul Gerhardt O Haupt voll Blut und Wunden (1656) qui fera la trame de la Passion selon Saint-Matthieu et qui est une adaptation de la chanson d’amour médiévale Innsbruck ich muß dich lassen ».
[Cantates à Saint-Thomas I, pages 191-192]: «…L’aria qui suit rappelle directement la Passion selon Saint Jean ; l’aria de soprane « Ich folge dir gleichfalls »,
BWV 245/13. Mais il faut reconnaître que l’aria de la cantate représente un grand pas en avant sur celle de la Passion. Le soprano n’y était accompagné que par les deux flûtes à l’unisson et le continuo ; ici la voix d’alto est accompagnée par le continuo renforcé de deux bassons mais les sopranos du chœur viennent chanter par-dessus la sixième strophe du célèbre et beau cantique de Paul Gerhardt « O Haupt voll Blutt und Wunden », composé en 1656 et qui sert de trame à la Passion selon Saint Matthieu ; le thème choral est renforcé par le hautbois. L’âme veut suivre le Seigneur, dit le texte ; aussi les imitations et les canons abondent-ils dans la musique. L’unité profonde de l’œuvre se manifeste en ce que le motif de la basse est emprunté à la mélodie du premier vers du choral qui la termine. On peut encore souligner que cette forme de la variation sur un choral a déjà apparu dans l’aria de basse de la Passion selon Saint Jean « Mein teurer Heiland », BWV 245/60, sauf que dans cette page c’est le chœur tout entier qui chante le choral à quatre voix, « Jesu der du warest tot ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 153-154]: «…la figure par laquelle Bach veut expliquer le verbe « suivre - ich folge » en répétant, dans l’accompagnement, par des imitations successives, le motif énoncé dans le chant [ici l’alto] ce sont les instruments qui complètent l’image. On remarquera que ces motifs sont de structures mélodiques et rythmiques semblables, et qu’ils sont modelés comme des thèmes dont Bach fait usage pour désigner l’action de marcher » [+ Exemple musical, BG XXXII, page 160]. Renvoi à
BWV 12.
[La traduction du texte, page 274]: « caractère que Bach attribue au mode majeur (joyeux) et au mode mineur (triste)… certains chœur ou certains airs très douloureux sont chantés en effet dans un ton majeur [exemple; l’air d’alto de BWV 159/2]
WHITTAKER: « En dépit du fait que le témoin (l’alto dans la première section [1] ait déclaré son impuissance a accompagner le Christ à Jérusalem, le courage lui revient et sa ferme résolution est annoncée par ce duo « aria + choral ».

3] REZITATIV TENOR. BWV 159/3

NUN WILL ICH MICH, / MEIN JESU, ÜBER DICH / IN MEINEM WINKEL GRÄMEN; / DIE WELT MAG IMMERHIN / DEN [Neumann: „das“] GIFT DER WOLLUST ZU SICH NEHMEN, / ICH LABE MICH AN MEINEM TRÄNEN / UND WILL MICH EHER NICHT / NACH EINER FREUDE SEHNEN, / BIS DICH MEIN ANGESICHT / WIRD IN DER HERRLICHKEIT ERBLICKEN, / BIS ICH DURCH DICH ERLÖSET BIN; / DA WILL ICH MICH MIT DIR ERQUICKEN.
Je veux à présent, / Mon Jésus m’affliger sur toi / Dans mon coin ; / Le monde peut très bien s’abreuver / Du poison de la volupté, / Je me délecte de mes larmes / Et je n’aspirerai. / A aucun plaisir / Avant que ma face / Te contemple dans la gloire, / Jusqu’à ce que je sois sauvé par toi ; / Alors je me réconforterai avec toi [Variante in Teldec: « Jusqu’à ce que ma face / T’apparaisse dans la gloire. / Jusqu’à ce que par toi je sois sauvé ; / Alors je veux avec toi goûter le réconfort »].

Si bémol (B) - Si bémol (B), 12 mesures, C
BG Jg. XXXII. Page 163
NEUMANN. Récitatif secco
SCHMIEDER. Tenor ; Continuo

BOMBA: «…le texte laisse déjà entrevoir la Rédemption…»
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas]: «…Avec le récitatif secco du ténor l’atmosphère change; car le chanteur dit qu’il veut souffrir avec le Seigneur jusqu’à ce qu’il reparaisse dans la gloire : l’accent est mis sur le but de la souffrance et non sur celle-ci…»
WHITTAKER: « La troisième section entraîne le récit plus loin ; le ténor dans ce récitatif, est spectateur de la Crucifixion et de la résurrection…»

4] ARIE BAß. BWV 159/4

ES IST VOLLBRACHT, / DAS LEID IST ALLE, / WIR SIND VON UNSERM SÜNDEFALLE / IN GOTT GERECHT GEMACHT, / ES IST VOLLBRACHT, / NUN WILL ICH EILEN / UND MEINEM JESU DANK ERTEILEN, / WELT, GUTE NACHT ! / ES IST VOLLBRACHT !
Tout est accompli, / La souffrance est épuisé, / Nous sommes lavés de notre péché originel / En Dieu. / Tout est accompli, / Je veux à présent courir / Pour rendre grâces à mon Jésus, / Ô monde, bonne nuit ! / Tout est accompli !

Si bémol majeur (B), 66 mesures, C
BG Jg. XXXII. Pages 164 - 167
NEUMANN. Forme bipartite avec ritournelles
SCHMIEDER. Basso ; Ob. ; Viol. I, II ; Vla. ; Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, tome 2, page 454]: «…c’est dans la seconde aria pour basse avec hautbois concertant, que se concentre la fine fleur de cette cantate, avec une page ravissante de forme bipartite, caractérisée par des niveaux sonores d’intensité différente (piano et forte) et par un dialogue extraordinaire entre voix et instrument soliste sur les mots « Welt, gute Nacht ! »
BOMBA: «…texte soulignant la fin des souffrances dans la Passion, mais revêt ici une signification nettement plus grande. Le hautbois solo entame une sublime mélodie…»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk, page 23]: symbolique du chiffre 6. Ici les mots „Es ist vollbracht“ sont chantés à six reprises (symbole de la création ici achevée)
NYS, Carl de: «…Le sommet musical de l’œuvre, c’est l’air en si bémol confié à la basse ; l’orchestre à cordes est rehaussé par la partie de hautbois concertant. Dans son absolue perfection, dans le climat de sérénité consolante que crée cette page, on atteint au sommet de l’air à la fois expressif et hiératique, donc merveilleusement adapté à la prière, de J. S. Bach et de la musique sacrée tout court.
[Cantates à Saint-Thomas, I, page 193]: «…L’aria de basse accompagné par l’ensemble des instruments, est-il l’une des merveilles de toute la musique sacrée du cantor de Saint-Thomas. L’intensité du dialogue entre la voix de basse et le hautbois solo révèle la profondeur de l’expérience intérieure de Bach ; on ne peut manquer au surplus d’être frappé par le sentiment de joie et de paix qui s’en dégage […] On voit que la spiritualité de Bach plongeait dans la tradition de l’église des premiers siècles qui ne séparait pas davantage l’idu Christ souffrant de la participation à la gloire du ressuscité ».
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, pages 94-95]: « Une semblable hésitation du rythme caractérise les motifs par lesquels Bach veut dépeindre l’accablement de l’âme que l’inquiétude possède…pareille coupe aux mots qui expriment la misère ou la douleur… ici sur le mot « Leid - souffrance » [+ Exemple musical BG XXXII, page 164].
[Pages 105-106]: « …Bach accompagne obstinément le verbe « eilen - se hâter » de grandes vocalises qui se déroulent avec rapidité [+ Exemple musical, BG XXXII, page166]. Renvois aux cantates
BWV 104, BWV 83.
[L’orchestration, pages 253-254] : «…Considéré comme l’instrument chanteur, le hautbois est le grand soliste pathétique de l’orchestre de Bach… accompagné des instruments à cordes, il dit la douleur du sacrifice consommé [BG XXXII, page 164]. Renvois aux cantates
BWV 21, BWV 105, BWV 98, BWV 22
[La musique instrumentale, page 378]: « …motif de pleurs et motif des soupirs…la basse rappelle le thème mélangé de plaintes… ici le chanteur répète ces paroles « Es ist vollbracht » qui annoncent l’achèvement de la destinée du Christ en formant, par deux fois, des cadences précises ».
SCHUHMACHER: «…Le thème principal du grand air de basse « Es ist vollbracht », la dernière des sept paroles du Christ sur la croix, répand, comme le choral final, calme et paix par sa tranquillité ».
WHITTAKER: « Le remarquable air de basse débute avec le hautbois accompagné par les cordes. L’instrument solo joue des successions de six notes [symboliques ?] lesquelles se répètent mais inversées. Ce thème comme nous le verrons après peut être associé aux trois mots « Es ist vollbracht…»
[Symbolisme de la phrase « Es ist vollbracht » énoncée à trois reprises - Renvoi à la cantate
BWV 64/6 et 8 sur « Welt, gute Nacht »]

5] CHORAL BWV 159/5

JESU, DEINE PASSION / IST MIR LAUTER FREUDE, / DEINE WUNDEN, KRON UND HOHN / MEINES HERZENS WEIDE; / MEINE SEEL AUF ROSEN GEHT, / WENN ICH DRAN GEDENKE, // IN DEM HIMMEL EINE STÄTT / MIR DESWEGEN SCHENKE.
Jésus, ta Passion / Est pour moi pure joie, / Tes plaies, ta couronne et les railleries. / La délectation de mon cœur ; / Mon âme est allongé sur un lit de roses / Lorsque je songe / Qu’une place m’est offerte / Au ciel.

Paul Stockmann (1633). Mélodie Jesu Kreuz, Leiden und Pein . Voir BWV 182/7

Mi bémol majeur (Es), 16 mesures, C
BG Jg. XXXII. Page 168
NEUMANN. Simple choral harmonisé à quatre voix.
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten. ; Basso ; Cont. (Ob., Viol. I col Sopr. ; Viol. II coll’ Alto ; Vla. Col Ten.)

BOMBA: « Le choral qui entoure la phrase poétique « Mon âme est allongée sur un lit de roses », s’achève sur un mi bémol majeur à la fois majestueux et empreint de sérénité ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 282]: Mélodie de choral (MDC) 058 de type I
[Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 224-225]: MDC 058. Choral simplement harmonisé avec soutien colla parte du hautbois et des cordes ».
NYS, Carl de: «…La cantate se termine par la 33e strophe du cantique de
Paul Stockmann (1633) Jesu Leiden, Pein und Tod ».
[Cantates à Saint-Thomas 1]: «…On voit que la spiritualité de Bach plongeait dans la tradition de l’église des premiers siècles qui ne séparait pas davantage l’imitation du Christ souffrant de la participation à la gloire du ressuscité. Cette idée est accentuée encore par le texte et la mélodie triomphale du choral final, l’avant-dernière strophe du cantique de
Paul Stockmann (1602-1636), datant de 1633 Jesu Leiden, Pein und Tod et que Bach reprendra dans la cantate BWV 182 ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 159

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG: Notice par Erik Eriksson
BRAATZ, Thomas / BCW. Provenance, 15 février 2002.
Commentary (février 2002): Renvoi à Robertson, Spitta, Schweitzer, Voigt, Smend
CROUCH, Simon: Notice 1998, 1999
ORON, Aryeh: Commentary (février 2002)
Discussions 1] 10 février 2002 - Discussions 2] 8 juin 2008
Choral Texte: O Haupt voll Blut und wunden

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BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979, Fayard. Vol. I (1984): pages 61, 157
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Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). [MDC 046] B n° 21
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Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. [MDC 046] C n° 156 à 165
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[5] Page 154: Jesu leiden und Pein und Tod, n° 106 (BWV anh. 57)
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BWV 3, BWV 66, BWV 66a, BWV 124, BWV 126, BWV 127, BWV 144, BWV 145, BWV 159, BWV 184, BWV 184a
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Tome 2, page 442 et note 475
VETTER, Walther: 71] Der Kapellmeister Bach, Postdam 1950 (ensemble critique de 31 cantates)
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985 Volume 1, pages 421-425. Volume 2, page 23
WOLFF, Christoph: Notice CD Koopman 2005
WUSTMANN, Rudolf: J. S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel 1967. Pages 87-88
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 176, pages 270-271
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 159

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
DURÉE: Gardiner (17’04). Koopman (13’04). Leonhardt (14’36). Leusink (13’ 59). Marriner (17’14). Neumann (17’). Ristenpart (17’12). Schets (14’ 39). Thomas (15’41).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR].
9 références (janvier 2002 - janvier 2006) + 9 mouvements individuels (janvier 2002 - juillet 2006)
Exemples musicaux

7] GARDINER [Volume 21] The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. King’s College Cambridge, le 5 mars 2000
CD SDG 118. 2000-2006. Avec
BWV 22, BWV 23, BWV 127
9] KOOPMAN [Vol. 19]. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Mvt. 3: mai 2002 - Mvts. 1, 2, 4, 5: octobre, novembre 2002
CD Antoine Marchand CC 72219. France 10/2005.
5] LEONHARDT. Tölzer Knabenchor. Collegium Vocale (Ph. Herreweghe). 1986
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Volume 38] 6.3567-00-501-503. 1986
CD (D) 91762. Teldec Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas Vol. 8. 1986
CD Teldec Das Kantatenwerk. [Volume 38] 8.35657 2L 242633 2. 1986
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 et Intégrale Warner Classics 2007 (volume 48)
6] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Avril, septembre 1999
CD. Bach Edition, Brilliant Classics. Volume 5 - Cantatas Volume 2. 2000
CD. Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 /7-53. Avec
BWV 111, BWV 165, BWV 22
*3] MARRINER. St. Anthony Singers. Academy of St. Martin-in-The-Fields. Janvier 1966
Disque Decca 430260 2 1963-1966-1991
4] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Juin, juillet 1983
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98743. 1984. Avec
BWV 171
CD. Die Bach Kantate [Volume 28]. Hänssler Classic. Laudate 98879. 1983-1984
CD. Hänssler edition bachakademie [Volume 48]. Hänssler-Verlag 92.048. 2000
*1] RISTENPART. Chœur et orchestre de chambre de la Sarre. Octobre 1958
Disque Accord et reprise CD
CD Accord 202652 (1958-1962) avec
BWV 57 et BWV 82
*8] SCHETS, Joop. Backor Apeldoom. Het Gelders Orkest. Mars 2002
CD Cantilena
2] THOMAS. Frankfurter Kantorei. Deutsche Bachsolisten. Février 1962
Disque Cantate / MHS et reprise disque SDG 610111. Avec
BWV 23

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 159
M-1. 4]. Karl Alwin. Orchestra. Disque Pearl, novembre 1927
M-2. 4]. William H. Scheide. Bach Aria Group. Disque MGM. Début des années 1950
M-3. 4]. Frank Brieff. Bach Aria Group Orchestra. Disque Boston Records. Janvier 1954
M-4. 4 et 5]. Karl Forster. Chor der St. Hedwigs-Kathedrale Berlin. Berlin Philarmoniker. Mai, juin 1958. Disque et CD EMI Classics
M-5. 4]. Ian Watson. English Chamber Orchestra. Janvier, mars 1994. CD Capriole
M-6. 5]. Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
CD Brilliant Classics Bayer (Bach Edition Vol. 23)
Reprise in Bach Edition 2006. Chamber Choir of Europe (nouvelle appellation du Nordic Chamber Choir. Nicol Matt.
Juin 1999. CD Brilliant Classics. Vocal Works IV/ 93102/28-134
M-7. 4]. Old Friends Concert Artists. Novembre 2001. CD Centaur
M-8. 2]. Antony Walker. Orchestra of the Antipodes. Octobre, décembre 2003. CD ABC Classics
M-9. 2]. Transposition à l’orgue. Helge Gramstrup. Octobre 2004, mai, août 2005. CD Classics (DK)
Norbert Dufourcq. Discographie (avant 1947):
Mvt. 4] Elisabeth Schumann (soprano). Leon Goosens (hautbois). Orchestre dirigé par Karl Alwin. Avant 1947
Disque 78 tours: USA.Victor 7275 - France: Gramophone W 980 - GB : HMV (His Master’s Voice) D 1410

 

ANNEXE BWV 159
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes
- Volume II, pages 442
« La cantate pour le dimanche de Quinquagésime n’est pas moins intéressante [que la cantate
BWV 156 décrite précédemment]. Dans chacune des parties [BWV 159] l’affinité avec la musique de la Passion selon Saint-Matthieu est sensible, parties toutes remplies du même sentiment. Cette cantate débute avec les mêmes paroles que celles de la Quinquagésime 1723 « Jésus appela à lui les Douze » [cantate BWV 22], celles par lesquelles Jésus annonce à ses disciples sa Passion prochaine. Ceci s’exprime par un arioso émouvant qui dérive en particulier de la démarche de la basse continue ; Le récitatif d’alto est aussi rempli de l’atmosphère contenue par les paroles bibliques. Un très beau trio sur la sixième strophe du cantique de la Passion « O Haupt voll Blut und Wunden » de Paul Gerhardt, une aria pour basse d’une profonde intensité spirituelle « Es ist vollbracht das Leide ist alle » et un simple choral « Jesu deine Passion » plus un court récitatif de ténor constituent le reste de la cantate qui quoique brève et vraiment superbe, démontre tout le génie de Bach ».
Note 475 de bas de page: « L’autographe [original] est manquant. Une copie manuscrite par Christian Friedrich Penzel, cantor de Merseburg qui fut enseignant à Saint-Thomas de 1751 à 1756 est en la possession de monsieur Joseph Hauser, de Karlsruhe ».
[Hauser, Franz (1794-1870). Musicologue et collectionneur,, l’un des fondateurs de la BG. A établi l’un des tous premiers catalogues de l’œuvre de Bach].

 

Contributed by Claude Role (September 2008)

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