AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
élargi de cette partie de l’œuvre
vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR »
repérées par des crochets [...] le rédacteur
précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler
sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés
dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué très
clairement, entre guillemets «…» toutes les
citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à
César...
ABRÉVIATIONS:
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Berlin. Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION BWV 157
Service
commémoratif (Trauer-Musik). 6 février 1727.
BCW
: Leipzig 1727. 1ère exécution à
Pomßen le 6 février 1727. Deuxième exécution
le 6 février 1728 ou plus tard, à Leipzig.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
volume 2, page 256] : « Première exécution
le 6 février 1727 ; deuxième exécution 2
février 1728.
[volume
2, pages 592 à 594] : «…d’après
les sources dont nous disposons…l’œuvre Bach
connut deux emplois, en tant que musique pour un service funèbre
et en tant que Kirchenmusik normale pour la fête de la
Purification, qui tombait d’ailleurs quatre jours avant ces
obsèques solennelles [en réalité il s’agissait
plutôt vraisemblablement d’une commémoration
funèbre que d’obsèques solennelles puisque le
« de cujus » mort en octobre 1726… était
déjà enterré]. Et pourtant, il semble qu’il
faille exclure que la cantate BWV 157 ait été présentée
pour la Purification de 1727, puisque l’on sait que cette
année-là, et pour cette fête, fut exécutée
la cantate BWV 82. C’est donc en 1728 ou dans les années
immédiatement suivantes que cette œuvre fut réutilisée
comme composition destinée à une fête du
calendrier liturgique ».
DÜRR.
Chronologie. 1727 : BWV 58 (5 janvier). BWV82 (2 février).
BWV 83 (reprise, 2 février). *BWV 157 (6 février). BWV
84 (9 février).
HIRSCH
: Classement CN 168 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). 6 février 1727.
NEUMANN
: «…Purification de Marie (Mariae Reinigung),vers 1727
et (ou) précédemment pour un service funèbre (le
6 février 1727) en mémoire du Conseiller aulique Johann
Christoph von Ponickau (décédé le 31 octobre
1726) ».
SCHMIEDER :
Leipzig, vers 1727.
SCHUHMACHER
: «…Cette cantate est une œuvre de commande pour
un service commémoratif, le 6 février 1727 à
Pomßen, près de Leipzig [15 km sud-est, à
proximité de Grima - Saxe] à la mémoire du
chambellan et conseiller de la cour et d’appellation de Saxe,
Johann Christoph von Ponickau, mort le 31 octobre 1726…»
WHITTAKER
[volume I, page 384] : « Le texte de Picander « Ich
lasse dich nicht, du segnest mich dem » fut publié
dans ses « Satyrische Gedichte », 1727
et dédié comme « Trauermusik beim dem
Grabe des Herrn J. C. von P. 31 Okt. 1726 (musique funèbre
sur la tombe de …). Les initiales valent pour Johann
Christoph von Ponickau. La musique fut écrite en hâte
pour cette date. Un service du souvenir fut requis le 6 février
1727 à l’église de Pomssen où J. C.
Ponickau était enterré. Comme la partition indique la
« Fête de la Purification » à
Leipzig et comme celle-ci avait eu lieu quatre jour avant la
cérémonie [dédiée à Ponickau, donc
le 2 février]), nous pouvons en déduire que la cantate
fut exécuté deux fois…»
SOURCES BWV 157
La
« database » du « Catalogue Bach de
l’Institut de Göttingen » en connexion avec les
« Bach Archiv », est un instrument de travail
exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui
n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse
: (http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html)
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR.
Pas
de sources connues.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN.
Pas
de sources connues.
COPIES
XVIIIe
SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 19. Jh.
P
1046 M.
Deutsche Staatsbibliothek Marburg Staatsbibliothek (dépôt)
puis Berlin-Dahlem. Aujourd‘hui (2011) à la BB/PK.
Référence
gwdg.de/Bach : D B Mus. Ms. Bach P 1046. [Staatsbibliothek zu
Berlin]. Six feuilles. Copistes C. F. Penzel, Hauser, d’après
la partition autographe. Milieu du 18e siècle. En
1870, J. Hauser et entrée à la Bibliothèque
impériale de Berlin, depuis Staatsbibliothek zu Berlin
Preußischer Kulturbesitz (BB/PK) en 1904.
BGA
(Ernst Naumann. 1886). Copie de la partition de Christian
Friedrich Penzel ainsi que les parties séparées en
possession de Monsieur Joseph Hauser à Karlsruhe et une autre
copie de A. Werner [D B Mus. Ms. Bach P 456] à la Bibliothèque
royale de Berlin., sans doute d’après celle de Penzel.
Titre
de la copie de Penzel : « Festo Purificat :
Mariae | Ich lasse dich nicht , du segnest mich denn, | a Flauto
traverso obl., Oboe obligato, due Violini, Viola, 4 Voci cant.,
Fondamento, | Organo transp. Di J. S. Bach ».
BOMBA
(Jean-Sébastien Bach,
volume 2, pages 592 à 594] : « Cantate dont on
n’a conservé que des copies tardives, en particulier une
réalisée par Penzel ‘BB/SPK P 1046. D’après
le titre qui y figure, l’œuvre serait destinée à
la fête de la Purification de Marie ».
Référence
gwdg.de/Bach : D B Mus. Ms. Bach P 456, Faszikel 2
[Staatsbibliothek zu Berlin] Copiste : A. Werner. Vienne.
Première moitié du 19e
siècle.
Référence
gwdg.de/Bach : D Hau Ms. 169. (Martin Luther-Universität.
Halle (D). Copiste :F.X. Gleichauf. Première moitié
du 19e
siècle.
St
386 M.
Deutsche Staatsbibliothek Marburg Staatsbibliothek (dépôt)
puis Berlin-Dahlem. Aujourd‘hui (2011) à la BB/PK.
Référence
gwdg.de/Bach : D B Mus. Ms. Bach St 386. 33 feuilles, d’après
les voix séparées originales. C. F. Penzel. Deuxième
moitié du 18e siècle (1760/1767). En 1870,
J. Hauser puis entrée à la Bibliothèque
impériale de Berlin, depuis Staatsbibliothek zu Berlin
Preußischer Kulturbesitz (BB/PK) en 1904.
HERZ
: Copie de Christian
Friedrich Penzel
(1737-1801).
WOLFF
: « La
fonction liturgique de la cantate BWV 157 n’est pas tout à
fait claire. Elle fut écrite à l’origine pour
les funérailles d’un noble client et fut probablement
jouée à Pomssem, près de Leipzig, le 6 février
1726, une date proche de la fête de la Purification de la
Vierge Marie. On ne peut trouver la désignation de cette fête
que dans une copie de l’œuvre datant approximativement de
1755, mais celle-ci pourrait ben avoir été le reflet de
la pratique de Bach » [?]
SCHUHMACHER
: «…L’œuvre n’est transmise que par
une copie de la partition et des voix faite par le « thomasien »
et ultérieur cantor de Mersebourg, Christian Friedrich Penzel
(1737-1801 et il existe entre les deux qui furent faite
indépendamment l’une de l’autre, la partition en
1755 (P 1046) et les voix (St 633) dans
les années 1760, de sérieuses divergences. Klaus
Hofmann, de l’Institut Bach de Göttingen, a trouvé
que l’original de 1727 ne fut pas tout utilisé pour la
copie de 1755 et a publié une reconstitution de la probable
version originale (Éditions Hänssler, 1984) ».
C’est une cantate avec distribution pour orchestre de chambre
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
(BGA).
BGA
Jg. XXXII (32e
année). Pages
117 à 140. Préface d’Ernst Naumann (1886).
Cantates
BWV 151 à 160.
[La
partition de la BGA est dans le coffret Teldec, volume 38. 1986].
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 34. KIRCHRNKANTATEN VERSCHIEDENER, TEILS, UNBEKANNTER
BESTIMMUNG
Bärenreiter
Verlag BA 5062. 1986. Herausgegeben von Ryuichi Higuchi. 4
fac-similés. BWV 100 et 97.
BWV
157. Pages 43 à 66.
Avec
les cantates BWV 106, 131, 192, 117, 97, 100 et 244a.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5062 41. 1990. Ryuichi Higuchi.
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 14. Bärenreiter TP 1294. 2007.
Serie
I. Band 34. Kirchenkantaten verschiedenen (sans destination).
Herausgegeben
: Ryuichi Higuchi.
BWV
157. Pages 41 à 66. Copie de Penzel.
Edition
Notes
Préface
nba I/34.
BCW :
Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL : Partition = PB 3007. Réduction chant
et piano ((Todt) = EB 7157. Partition du chœur = ChB 2195.
Révision de l’orchestre, des voix, du clavecin et de
l’orgue par Max Seiffert.
2011 :
Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7157. Partition du
chœur (2 pages) = ChB 4657.
CARUS :
Klaus Hofmann. Stuttgarter Ausgaben. Partition (72 pages) CV-Nr.
31.157/00. Réduction chant et piano =CV-Nr. 31.157/03.
Partition du chœur = CV-Nr. 31.157/05. Voix de l’harmonie
(Harmoniestimmen) = CV-Nr. 31.157/09. Flûte et hautbois d’amour
= CV-Nr. 31.157/21 et 22.Viola s’amore. Violoncelle = CV-Nr.
31.157/11 et 12.
ERK
(1807-1883) = Erk’s Sammlung = n° 264.
HÄNSSLER-VERLAG,
Neuhausen-Stuttgart 1983. Avant-propos de Klaus Hofmann pour
l’édition (Rekonstructionausgabe).
KALMUS
STUDY SCORES : N° 848. Volume XLIV. New
York 1968. Avec les cantates BWV
157 à 162
Occurrence BWV 157
Un
service funèbre (Trauermusik)
à la mémoire de Johann Christoph de Ponickau,
conseiller à la cour de Saxe, décédé en
1726, en l’église de Pomßen (Saxe), le 6 février
1727.
Épître
: Malachie 3, 1 à
4 [PBJ. 1450]. Le
Seigneur se rend au Temple.
Évangile
: Luc 2, 22 et 23 et 29 à 32 [PBJ. 1537]. Présentation
de Jésus au Temple et Cantique de Siméon.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 592] :
l’auteur ajoute, comme « Trauermusik »
les motets BWV 116 à 229 et le BWV 118 et la cantate BWV 198.
PÉRICOPE
BWV 157
Purification
de Marie et la Chandeleur coïncidant aussi avec le jour de la
présentation de Jésus au Temple.
Au
terme des festivités de Noël, c’est la fête,
à date fixe du 2 février, la Purification de la Sainte
Vierge. Au début de la célébration de la messe,
on procède à la bénédiction des cierges
(autrement connu de nos jours sous l’appellation de la fête
de la Chandeleur - ou des chandelles), bénédiction
suivie d’une procession dans la nef de l’église. A
la messe, lecture de l’Évangile selon saint Luc avec la
louange du vieillard Siméon. Le Nunc
dimittis
ou l’hymne sont plus généralement récités
ou chantés à Vêpres ou le soir, office des
« complies »
6
février 1728 ou plus tard, à Leipzig ?
EKG.
Darstellung Jesum im
Tempel (2. Februar).
Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.
Entrée
: Psaume 48 [PBJ. 844 et
845]. Sion,
montagne de Dieu.
EKG
310. « Mit
Fried und Freud…»
Épître
: Malachie 3, 1 à 4 [PBJ. 1450]. Le Jour de Yahvé :
« Le
Seigneur viendra dans son temple…»
Évangile
: Luc 2, 22 à
32 [PBJ. 1537].
Présentation de Jésus au Temple. Le Cantique du
vieillard Siméon.
Même
occurrence avec les cantates BWV 161 (ca 1715) BWV 82 (1727), BWV 83
(1724), BWV 125 (1725), BWV 158 (1731) et BWV 200 (vers 1742).
BOMBA :
« Le fait que Bach se servait des airs et des chœurs
de ses cantates et oratorios à des fins diverses et ce faisant
pouvait même passer de la sphère spirituelle à la
sphère « profane » tout en respectant
l’affect fondamental est bien connu et correspond au
« processus de parodie. Il était rare que des
sections entières se prêtent à une telle
« transplantation », plus rare encore ceci sans
en changer ni le texte ni la musique, autrement dit en les laissant
telles qu’elles. C’est pourtant le cas de la présente
cantate BWV 157 ». »
TEXTE BWV 157
Texte
de Christian Friedrich Henrici (dit Picander).Première partie
des poésies [Ernst-Schertzhaffte und Satyrische Gedichte]
sérieuses, amusantes et satyriques. 1727. Rééditions
en 1732, 1736 et (quatrième édition)1748
Fac-similé
du texte de Picander dans l’ouvrage de Werner Neumann «
Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte.
Pages 316/317 » :
Premier recueil « Ernst-Schertzhaffte und
Satyrische Gedichte », Leipzig 1727. Le texte du n°
XV est titré : « Trauer-Music eben darauf
| Genes XXXII.v.26 ». Autres éditions 1732
et 1736.
Pages
390/391. Le même texte de Picander pour la cérémonie
du souvenir, 6 février 1727, en l’honneur du Chambellan
et Conseiller Herr
Johann Christoph von Ponickau.
Page
de titre et le texte intitulé
Epicedia (Ode) |
Trauer-Musik | vor der Predigt.| Gen XXXII.26.
1]
La Genèse (1 Mose) 32, 27 [PBJ. 54]. La lutte avec Dieu :
«…Jacob répondit : Je ne te
lâcherai pas, que tu ne m’aies béni…»
2,
3 et 4] Picander.
5]
Sixième et dernière strophe (de six vers chacune) du
cantique (1658) Meinen Jesum laß
ich nicht, de Christian Keymann (1607 -
† Zittau 1662) .
Les
strophes 1 et 6 figurent dans la cantate BWV 124/1 et 6 (c’est
le titre de la cantate) ; la sixième strophe également
dans la cantate BWV 154/8 (avec la mélodie), ainsi que dans le
BWV 244b (Passion selon saint Matthieu) . Renvoi enfin au
choral à quatre voix BWV 380.
La
mélodie de Andreas Hammerschmidt (vers 1612-1676) publiée
en octobre1658 dans le recueil Fest Buß und Danklieder se
retrouve dans les cantates BWV 70/11 et 70a/6, la cantate BWV 124/1 +
le texte des première et sixième strophe - c’est
le titre de la cantate), La cantate BWV 154/8 (texte de la strophe 1
et mélodie) et enfin la cantate BWV 163/5 (la mélodie
uniquement). Renvoi au n° 29a de la Passion selon saint
Matthieu (BWV 244) et au choral à quatre voix BWV 380.
BWV 379 du même titre est écrit sur une autre mélodie
anonyme.
BCW.
Quelques autres compositeurs ayant traité la même
mélodie Meinen Jesum laß ich
nicht : Georg Christoph Bach ; Georg Ludwig
Agricola ; Johann Gottfried Walther ; Georg Philipp
Telemann (cantate Twv 1:1097) ; Max Reger, opus 67/26 et
135a/17.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
volume 2, pages 592 à 594] : «…Le texte
figure dans le premier recueil des Gedichte d’Henrici
(1727) en tant que Trauermusik, et dans l’édition
suivante (1732) avec la précision « by dem Hn
J.C. v. P den 31 Octobr. 1726 [pour Herrn Johann Christoph von
Ponickau, le 31 octobre 1726]. La date rapportée ici
n’est pas exacte, car aucun service funèbre n’eut
lieu en ce dernier jour d’octobre qui, en revanche, vit la mort
du noble et éminent conseiller de la cour… Johann
Christoph von Ponickau ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1308 à 1311] :
«…Lors de la cérémonie funèbre…
fait rarissime, sermon et texte de la cantate furent publiés
pour la circonstance. On y apprend qu’après le sermon,
une seconde cantate Liebster Gott, vergisst du mich –
Dieu bien-aimé, tu ne m’oublies pas »,
fut exécutée, due non pas à Bach, mais composée
par l’un de ses élèves nommé Christoph
Gottlob Wecker, sur un livret de Georg Christian Lehms…
musique perdue. Bach fit réentendre sa cantate pour la fête
de la Purification, sans doute le 2 février 1728 ».
SCHMIEDER :
Texte de Henrici (dit Picander) avec la note en tête :
« Trauermusic beym Grabe des Herrn J. [ohann] C.
[histoph] von P. [onickau] 31 Oct. 1726. Voir
aussi le recueil « Ernst Schertzhaffen…Gedichten »,
tomes 1 et 3 ;. Édition, Leipzig. 1736.
SCHUHMACHER
: «… Le texte est de Picander, alias Christian Friedrich
Henrici ».
WOLFF
: « Le texte de l’œuvre prend modèle
sur l’un de ceux de Picander…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 157
BOMBA
: « La cantate BWV 157 fait parties
des cantates qui connurent une première version profane, ou
spirituelle, mais en dehjors du calendrier liturgique. Ainsi les
cantates BWV 30, 34, 36, 191 ».
LEMAÎTRE
: «…le titre figurant sur les partitions
(tardives) nous enseigne que …cette cantate… serait
destinée à la fête de la Purification (2
février)…»
SCHUHMACHER
: «…C’est une cantate avec distribution
pour orchestre de chambre…»
DISTRIBUTION BWV
157
NEUMANN.
Tenor, Baß. – Chor (nur Schlußchoral).
Querflöte, Oboe (d’amore); Streicher –violetta- ;
B.c.
SCHMIEDER.
Soli : T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto
trav. Oboe ; Oboe d’amore ; Viol. I, II. Viol.
solo. ; Violetta ; Continuo.
BOMBA :
« L’intimité de l’effectif composé
de trois instruments solo, flûte traversière, hautbois
d’amour et violon [une viole d’amour dans
l’enregistrement de Helmuth Rilling] et seulement deux voix
chantées, symbolise l’événement pour
lequel la cantate a été écrite…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1308 à 1311] :
« Le fait d’avoir à se déplacer hors
de Leipzig a sans doute contraint Bach à ne requérir
pour cette œuvre que des effectifs vocaux et instruments
limités. Il est vraisemblable aussi que les dimensions de la
chapelle du château l’exigeaient… l’écriture
même laisse penser que le musicien ait pu se contenter d’un
instrument par partie, outre le traverso et le hautbois d’amour,
deux violons en tout, un alto qui joue aussi la violette (à
moins qu’il ne s’agisse du même instrument) et une
basse d’archet avec l’orgue pour le continuo…»
[Pour
les déplacements de Bach hors de Leipzig, les mêmes
problèmes de distribution ont du se poser pour l’exécution
de la cantate BWV 194 à Störmthal en novembre 1723…]
SCHUHMACHER
: « …C’est une cantate avec distribution pour
orchestre de chambre ».
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach. Sacred & Secular. Volume
1, page 30] : A propos de la Violetta, renvoi aux cantates BWV 16/5
et BWV 215.
WOLFF
: « La partie instrumentale est minimaliste…»
APERÇU BWV
157
1]
ARIE (DUETT), TENOR, BAß. BWV 157/1
ICH
LASSE DICH NICHT, DU SEGNEST MICH DENN !
Je
ne te laisserai pas que tu ne m’aies béni !
Genèse
32, 27 [PBJ. 54] : La lutte avec Dieu. « Jacob :
Je ne te lâcherai pas que tu ne m’aies béni ».
Si
mineur (h-moll), 57 mesures, C.
BGA.
Jg.XXXII (32e
année). Pages 117 à 122 | Am Erster der Reinigung
Mariae. | Cantate | für Tenor und Baß. | DUETT. | Flauto
traverso. | Oboe. | Violino (solo). | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN
: Tenor, Baß, Gesamtinstrumentarium. Structure AAB.
Forme canon et parties vocales en trois section. Introduction
instrumentale et ritournelle.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
[volume 2, pages 592 à 594] : «…Bach
réalise comme un duo en canon entre ténor et
basse…accompagnés d’un trio d’instruments
mélodiques (flûtes traversière, hautbois, violon)
dont la trame se dévide avec une extrême légèreté
tout au long du morceau, dans une forme tripartite suivant le schéma
AAB, et avec des échanges dans l’ordre de succession des
parties tant vocales qu’instrumentales ».
BOMBA :
« Le mot d’introduction extrait de la Genèse
[32, 26] retentit sous la forme d’un mouvement calme mais dont
le caractère de musique de chambre est évident ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
page 280] : «
Cette cantate austère commence par un duo de ténor et
basse avec flûte, hautbois, violon et bc, ce qui porte à
six le nombre de voix réelles. Il s’agit donc d’un
« incipit » fortement polyphonique malgré
l’absence du chœur ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1308 à 1311] :
« Le ton est à la ferveur d’une prière
qui paraît indéfiniment répétée,
par le jeu des imitations des deux voix concertant avec les trois
dessus instrumentaux, eux aussi en imitations. L’écriture
contrapuntique est très raffinée, déliée
et transparente, sans figuralismes ni le moindre effet de masse ou de
puissance ».
LEMAÎTRE
: «…Cette première pièce se
structure selon A-A-B…»
MACIA
[Tout Bach, pages 221/222]. La citation du Livre de la
Genèse constitue la trame du duo entre le ténor et
la basse [pourtant ce n’est pas un véritable dialogue
dans le sens ou on aurait pu s’attendre à la mise en
scène, d’un côté de la question de Jacob et
de l’autre de la réponse de ce personnage mystérieux,
ce « quelqu’un » dont parle le texte de
la Genèse]. «…morceau serein, où les voix
dialoguent essentiellement en imitation…»
ROMIJN :
«…Duo d’ouverture en si mineur (tonalité
chargée de tristesse chez Bach) basse et ténor avancent
main dans la main en constante imitation, soulignant ainsi les termes
« Ich lasse dich nicht », tandis que les lignes
de la flûte, du hautbois et du violon solo ornent le discours
de leurs élégantes guirlandes…»
SCHUHMACHER
: «…Le duo, ténor et basse, est accompagné
par les sons doux et assourdis de la traversière, des hautbois
et violes d’amour et du continuo ».
2]
ARIE TENOR. BWV
157/2
ICH
HALTE
MEINEM JESUM
FESTE, /
ICH LAß
IHN NUN UND EWIG
NICHT. / ER
IST ALLEIN MEIN AUFENTHALT,
/ DRUM
FAßT MEIN GLAUBE
MIT GEWALT
/ SEIN
SEGENREICHES ANGESICHT ;
/ DENN
DIESER TROST
IST DOCH DER BESTE. / ICH
HALTE MEINEN JESUM
FESTE.
Je
me tiens fortement à mon Jésus, / je ne l’abandonnerai
ni maintenant ni jamais. / Il est ma seule demeure, / ainsi ma foi
saisit avec force / son visage [variante Teldec : C’est
pourquoi je mets toute la force de ma foi / à contempler sa
face bénit] Car cette consolation est quand même la
meilleure. / Je me tiens fortement à mon Jésus.
Fa
dièse (fis moll), 218 mesures, 3/8.
BGA.
Jg. XXXII. Pages 123 à 128 | ARIE. | Oboe d’amore. |
Tenore. | Continuo.
NEUMANN :
Trio. Tenor, Oboe d’amore, B.c. Forme bipartite avec
ritournelle.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
volume 2, pages 592 à 594] : «…aria
bipartite… chargé d’une pittoresque réalisation
des images du texte ».
BOMBA :
« expression de l’affect du puissant soutien par des
notes soutenues et la « Force » de la foi avec
de rapides effets virtuose ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1308 à 1311] :
«…aria de structure bipartite avec ritournelle…
écritoire en trio très dense. L’air développe
l’affect de ferveur établi par le duo initial [1], avec
une grande intensité. Dans la seconde section, la partie de
ténor paraît purement instrumentale, et échange
de longues vocalises de triples croches avec le hautbois sur mit
Gewalt – avec force) ».
LEMAÎTRE
: «…forme
bipartite ».
MACIA
[Tout Bach,
pages 221/222] : « contribution importante du
hautbois d’amour dont la ritournelle a d’amples
proportions. Le caractère mystique de ce morceau s’accroît
de longues tenues et des vocalises sinueuses à la voix ou des
triples croches échangées entre le chanteur et
l’instrument ».
PIRRO
[La Formation rythmique
des motifs, pages 89
et 90] : « Il [Bach] joint constamment des sons prolongés
aux paroles qui éveillent des idées de continuité,
de persistance…» [+ Exemple musical BG. XXXII, page 123,
sur « halte »].
De très nombreux autres exemples sont donnés : [+
Exemple musical BWV 70. BG. XVI, page 351, sur « bestehen »
…Renvois aux cantates BWV 6 [BG. 1 page 155 sur « bleibet »]
– BWV 158 [BG. XXXII, page 150, sur « bleibet »]
– BWV 123 [BG. XXVI, page 59, sur « bleibet »]
– BWV 60 [BG. XII, page 175, sur « wartet »]
– BWV 107 [BG. XXIII, page 198, sur « wart »]–
BWV 67 [BG. XVI, page 217, sur « hält »]
– BWV 94 [BG. XXII, page 106, sur « hält »]
– BWV 78 [BG. XVIII, page 277, sur « stehet »]
– BWV 156 [BG. XXXII, page 101, sur « ich
steh’ »]
– BWV 49 [BG. X, page 326, sur « besteh »
et page 338, sur « ich
stehe »] –
BWV 149 [BG. XXX, page 290, sur « ich
stehe »] –
BWV 166 [BG. XXXIII, page 111, sur « stehe »]
–- BWV 106 [BG. XXVIII, page 20, sur les mots « Meine
Seele wartet].
PIRRO
[L‘esthétique de
Jean-Sébastien Bach
–L‘orchestration,
page 235] : «L’Oboe d’amore était un
instrument nouvellement en usage, quand Bach l’adopta dans son
orchestre. Il a été connu « environ 1720…
plus doux que le hautbois ordinaire, et descendait une tierce plus
bas… »
ROMIJN :
«…le mot « halte » donne
l’occasion à Bach d’appliquer un principe de
peinture sonore simple mais efficace : un ut dièse
longuement soutenu, presque une sorte de pédale supérieure ».
SCHUHMACHER
: «…L’air de ténor avec hautbois d’amour
et continuo contient aussi une partie instrumentale inhabituellement
importante, l’ensemble de voix vocale et instrumentale donne
une grande part à l’interprétation textuelle :
« halte » ; « Gewalt » ;
« ewig ».
3]
REZITATIV TENOR. BWV 157/3
MEIN
LIEBER JESU
DU, / WENN
ICH VERDRUß
UND KUMMER
LEIDE, / SO
BIST DU MEINE FREUDE,
/ IN UNRUH
MEINE RUH
/ UND IN
DER ANGST
MEIN SANFTES BETTE ;
/ DIE
FALSCHE WELT
IST NICHT GETREU : / DER
HIMMEL
MUß VERALTEN,
/ DIE LUST
DER WELT
VERGEHT WIE SPREU;
/ WENN ICH
DICH NICHT, MEIN JESU,
HÄTTE, / AN
WEN SOLLT ICH MICH SONSTEN HALTEN ? / DRUM
LAß ICH NIMMERMEHR VON DIR, / DEIN
SEGEN
BLEIBE DENN BEI MIR.
Mon
cher Jésus, / dans les ennuis et le chagrin / tu es ma joie, /
dans l’inquiétude mon repos / et dans la peur ma couche
moelleuse ; / Le monde perfide n’est pas loyal, / le ciel
passera, / le plaisir de ce monde se dissipe comme l’ivraie ;
/ Si je ne t’avais pas, mon Jésus, / à qui
devrais-je m’accrocher ? / Aussi ne t’abandonnerai-je
jamais ; / Puisses-tu me conserver ta bénédiction.
La
majeur (A-Dur) → Ré majeur (D-Dur), 14 mesures, C.
BGA.
XXXII. Pages 129/130 | RECITATIV. | Violino I. | Violino II. |
Violetta. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN :
Accompagnato. Tenor, Flöte, Oboe d’amore, B.c. Secco avec
cordes et B.c.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
[volume 2, pages 592 à 594] : «…le seul
mouvement avec le choral, à offrir l’occasion d’utiliser
l’ensemble des cordes…»
PIRRO
[ L'esthétique de Jean-Sébastien Bach –
Formation des motifs, pages 64/65] : « Quelques fois,
au lieu de laisser errer la mélodie par sauts et par bonds,
Bach en contient l’élan. Il ne l’interrompt plus
par de soudaines explosions, mais la conduit, d’un mouvement
continu, en suivant les degrés aisés à franchir,
des intervalles harmoniques les plus familiers aux chanteurs…
Bach organise une série de trois tierces descendantes. Les
deux premières forment l’arpège de l’accord
parfait du mode mineur, tandis que la dernière éveille
l’impression désagréable de l’octave
incomplète. L’accentuation de la phrase rend plus
sensible encore l’effet de cette cadence anormale que n’atténue
point, d’ailleurs, l’appoggiature ou la tierce finale se
dissout. Les paroles sont « Der Himmel muss veralten
– le ciel doit vieillir « . [+ Exemple
musical. BG. XXXII, page 129]. Renvoi au cantates BWV 46/4 et BWV
70/9.
PIRRO
[ L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – La
traduction du texte, page 266] : « Dans le récitatif
de ténor… un court silence isole les derniers mots, sur
lesquels Bach veut que la voix puisse peser : « Que
ta bénédiction reste donc…sur moi »
[+ Exemple musical sur « dein Segen bleibe denn
bei mir ! BG . XXXII, page 130].
PIRRO
[L'esthétique de Jean-Sébastien Bach – Les
formes, page 294] : « Le récitatif
accompagné d’orchestre paraît très tôt
dans la musique allemande Schütz, 1623)… Dans la cantate
BWV 157, le quatuor à cordes (deux parties de violon, violetta
et basse) soutient le récit de ténor… »Mon
Jésus bien-aimé, tu es ma joie dans la douleur… »Cette
phrase de début s’appuie à de larges accords,
nuances d’une harmonie expressive, où les dissonances
rehaussent la déclaration des mots douloureux. Une guirlande
de tierces alanguit délicieusement la cadence qui suit les
dernières paroles où est évoquée l’idée
de repos [BG XXXII, page 129].
[Une
fois encore l‘éventualié d‘une illustration
symbolique et personnelle [Je = Bach ?] et du nombre „14“].
Mots
mis en relief comme „Unruh“,
„Ruh“,
„Angst“,
„sanftes Bette“
et le „falsche Welt“
(rappelant la cantate BWV 52/2 et son : „Monde
faux, je ne te crois pas…“
4]
ARIE (+ REZITATIV), BAß. BWV 157/4.
Aria
: JA, JA,
ICH HALTE JESUM
FESTE, / SO
GEHBICH AUCH ZUM HIMMEL
EIN, / WO
GOTT UND
SEINES LAMMES
GÄSTE / IN
KRONEN ZU DER HOCHZEIT
SEIN. [Wustmann : „bei der
Hochzeit sind“] / DA
LAß ICH NICHT, MEIN HEIL,
VON DIR, / DA
BLEIBT DEIN SEGEN
AUCH BEI MIR.
Oui,
oui, je me tiens fortement à Jésus, / j’entrerai
alors aux cieux / où Dieu et son propre agneau / sont en noce
dans la couronne [variante Teldec : Où Dieu et les hôtes
de son Agneau / Sont réunis pour assister aux noces] / Alors
je ne te quitte pas, mon Salut, / alors ta victoire sera mienne, /
Récitativ
: EI, WIE
VERGNÜGT / IST
MIR MEIN STERBEKASTEN
[R. Wustmann et W. Neumann : „Beglückt
bin ich im Sterbekleide“],
/ WEIL
JESUS MIR
IN ARMEN
LIEGT ! / SO
KANN MEIN GEIST
RECHT FREUDIG RASTEN ! /
ah,
combien plaisante est cette caisse de mort [variante Teldec: « Et
ta grâce m’est conservée. Ah ! Comme mon
cercueil m’est doux, / Puisque Jésus est dans mes
bras »] / Ainsi mon âme peut reposer dans la joie !
Arioso
: JA, JA,
ICH HALTE JESUM
FESTE, / SO
GEB ICH AUCH ZUM HIMMEL EIN. /
[quasi
adagio, mesures 82 à 89] : O
SCHÖNER ORT !
/ KOMM,
SANFTER TOD,
UND FÜHR MICH FORT ! / WO
GOTT UND
SEINES LAMMES
GÄSTE
/ IN
KRONEN ZU
[W. Neumann : „bei“] DER HOCHZEIT
SEIN /
Oui,
oui, je tiens fortement à Jésus, / j’entrerai
alors aux cieux ! / Ô bel endroit [Variante Teldec: « O
lieu sublime »] / Viens, douce mort et conduis-moi / là
où Dieu et son propre agneau sont en noces [variante Teldec:
« La où Dieu et les hôtes de son Agneau /
Sont réunis pour assister aux noces » ]
Récitativ
: ICH BIN
ERFREUT, /
DAS ELEND
DIESER ZEIT
/ NOCH VON
MIR HEUTE ABZULEGEN ; / DENN
JESUS
WARTET MEIN IM HIMMEL
MIT DEM SEGEN.
Je
suis heureux / de pouvoir déposer aujourd’hui encore /
la misère de ce temps ; / « Jésus en
effet m’attend au ciel avec sa bénédiction.
Arioso
: DU LAß
ICH NICHT, MEIN HEIL,
VON DIR, / DA
BLEIBT DEIN SEGEN
AUCH BEI MIR.
Alors
je ne te quitte pas, mon Salut, / alors ta victoire sera mienne
[Variante Teldec: « Je me réjouis / de pouvoir dès
aujourd’hui / me débarrasser des misères de ce
temps. / Mon Sauveur, de toi je ne m’écarte / t ta grâce
m’est conservée ».] .
Ré
majeur (D-Dur), 113 mesures, C.
BGA.
Jg. XXXII. Pages 130 à 139 | ARIE. | Flauto traverso. |
Violino. | Basso. | Continuo. [arioso, pages 137 « Ja,
ja, ich halte Jesum Feste]
NEUMANN :
Baß, Flöte, Viola d’amore, B.c. Forme bipartite avec
récitatif tropé dans la 2e partie (secco et
arioso). Type quatuor: Flûte traversière,
Violons, Basse, B.c.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
[volume 2, pages 592 à 594] : «…aria de
basse qui, comme par souci de respecter une échelle de
« valeurs », la voix du ténor s’étant
tue, réduit en proportion l’appareil instrumental, en
limitant les instruments obligés à deux flûtes
flûte et violon). La caractérisation est insolite
puisqu’à l’intérieur de l’aria (après
l’exposition du sizain d’ouverture) sont insérés
deux interventions en style de récitatif secco sur deux
quatrains, interventions qui sont séparées par un
arioso qui reprend (adagio) en forme abrégé e, la
partie initiale de l’aria ; la page se clôt ensuite
sur un distique qui reprend les deux derniers vers du sizain,
naturellement sur le matériau musical correspondant ».
BOMBA :
« Air sous la forme d’un trio joyeux et serein…le
motif est dominé par un saut de quarte affirmatif ».
BOYER
[Les cantates sacrées de
Jean-Sébastien Bach, page 280] :
«…aria de basse avec flûte et violon
concertant, tropée de quelques passages en récit, en
particulier un noble adagio de notes répétées de
la flûte sur les paroles : « Viens, ô
douce mort » mais le glas funèbre ne résonne
pas ici ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1308 à 1311] :
« Toute la première partie de l’air, jusqu’au
récitatif, traite longuement le texte par groupe de deux vers,
commençant chaque fois sur un saut de quarte ascendante,
celui-là même par lequel s’ouvre l’air sur
les mots « Ja, ja – oui, oui » que l’on
croit ainsi sans cesse réaffirmés. L’écriture
en quatuor sur un permanent soutien du continuo en croches, fait
dialoguer la flûte et le premier violon avec la basse sur le
même motif, et toujours avec ce saut de quarte significatif.
Reprenant les paroles déjà prononcées, la
seconde partie de l’air les commente en récitatif, avec
même un passage arioso, marqué adagio, pour
évoquer le « lieu magnifique – O
schöner Ort ! » auquel est promis le fidèle
après sa mort. Une dernière section en arioso conclut
joyeusement ce morceau destiné, rappelons-le à un
service funèbre ».
LEMAÎTRE
: «…coupe originale. Eux passages en récitatif
secco s’insinuent dans l’air ; ils sont eux-mêmes
séparés par un arioso qui contracte la première
partie de l’air. Le tout s’achève sur une reprise
des deux premiers vers de l’aria ».
MACIA
[Tout Bach, pages 221/222] : «…Morceau
structuré de manière atypique : après une
première partie de six vers intervient un bref récitatif
suivi d’un second volet, où des reprises condensées
de la première partie sont séparées par d’autres
passages récités, avant le retour abrégé
du début. Dans ce mouvement , la basse fait entendre à
douze reprises le thème très tranché qui
accompagne l’incipit de l’aria ».
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs,
page 38] : « S’il est question dans le texte de
couronnes ou de guirlandes, les notes se groupent en arabesques
enveloppantes, dont l’ordonnance fait image ». [+
Exemple musical sur les mots « nur
Segenkränze winden
- tresser des
couronnes ».
BG. XXXII, page 13]. Renvoi aux cantates BWV 16/3, 158/2 186/9, 57/1,
157/4.
PIRRO
[L‘esthétique de
Jean-Sébastien Bach – la
formation rythmiques des motifs, page
111] : « Les thèmes de la joie… le
caractère brillant de ces vocalises… un emportement
enthousiaste, une sorte de virtuosité délirante et
ressassée qui correspond merveilleusement aux sentiments
d’exaltation qu’elles doivent manifester » [+
Exemple musical sur « Erfreun », BG.
XXXIII, page 206]. Renvoi aux cantates BWV 83/1 (Erfreut), BWV
156/4 (Freude), *BWV 157/4 (Freudig), BWV 80 (Freude),
BWV 170/3 et BWV 26 (Freude).
PIRRO
[L‘esthétique de
Jean-Sébastien Bach – Le
commentaire de l‘accompagnement instrumental,
page 175] : «… les formes rythmiques abondent
dans l’accompagnement… où Bach célèbre
avec exaltation le repos du dernier sommeil (BWV 82/1, BG. XX, page
37)…une image chère aux cœurs lassés de
vivre Dans la cantate BWV 157… chantée au service
funèbre de Johann Christoph von Ponickau l’aîné
le 6 février 1727, dans l’église de Pomssen,
lorsque la basse « évoque la « douce
mort », l’accompagnement s’attarde à de
calmes redites…»
5]
CHORAL
MEINEN
JESUM LAß
ICH NICHT / GEH
IHM EWIG AN DER SEITEN ;
| CHRISTUS
LÄßT MICH FÜR UND FÜR / ZU
DEN LEBENSBÄCHLEIN
LEITEN. | SELIG,
WER MIT MIR SO SPRICHT ; | MEINEN
JESUM LAß
ICH NICHT.
Je
n’abandonnerai point mon Jésus, / je marcherai toujours
à ses côtés ; / Le Christ me guide
continuellement / vers les fontaines de la vie. / Bienheureux celui
qui dit avec moi : / je n’abandonnerai point mon Jésus ».
Sixième
strophe du cantique (1658-1659) Meinen
Jesum laß ich nicht de Christian
Keymann (1658-1659). Mélodie attribuée à Andreas
Hammerschmidt. Les premiers mots de ce cantique „Meinem Jesum
laß ich nicht“ se retrouveront par exemple dans la
cantate BWV 98/5.
Ré
majeur (D-Dur), 13 mesures, C.
BGA.
Jg. XXXII. Page 140 | CHORAL. | Soprano. / Flauto traverso in 8va,
Oboe, Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll’ Alto.
| Tenore. / Violetta col Tenore. / Basso. | Continuo.
NEUMANN :
Simple choral harmonisé. Chœur et ensemble des
instruments.
BASSO
[Jean-Sébastien Bach,
[volume 2, pages 592 à 594] : «…sixième
strophe de Meinen Jesum lass ich nicht… avec du reste
cette modification du premier verset (qui dans l’original tel
que le rapporte également Henrici, est Jesum lass ich nicht
von mir) qui figurait déjà dans BWV 154…»
BOMBA :
« La voix de basse du choral vient souligner les hauts et
les bas de la vie et de la mort et le passage à l’éternité.
Bach la conduit presque de manière ininterrompue tout au long
d’une série de croches ascendantes et descendantes ».
BOYER
[Les cantates sacrées de
Jean-Sébastien Bach, page 280] : «
Choral harmonisé sur mélodie (MDC) 072, de type I ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.page
258] : « Une harmonisation colla parte ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach, pages 1308 à 1311] :
«…Harmonisation verticale, doublure des voix par les
cordes…»
SCHUHMACHER
: «…Le chœur du choral final fut probablement très
réduit en 1727 ».
[Choral
identique à celui de la cantate BWV 154/8 où l’on
trouve parfois une très légère variante signalée
par la BGA : « Meinen Jesum laß ich
nicht von mir…]
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157
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n° 10 : 371 Vierstimmige
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152, 298/299, 348).
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(sans date). Classement alphabétique. N° 243 (et 244 à
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édition. Édition française de 1905. Page 162
J.
S. Bach. Édition
allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition
américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications,
inc. New York. 1911-1966.
Volume
2, pages 136 et 461
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 411/412 et 687
WHITTAKER,
W. Gillies : The
Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular
Oxford U.P. 1959-1985
Volume I,
pages 30, 384 à 387
WOLFF
: Notice de l’enregistrement de Ton Koopmann. Volume 18. 2005
WUSTMANN,
Rudolf : J.
S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte.
Breitkopf &
Härtel 1967. Pages 279/280
ZWANG,
Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 173, pages 266/67
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV
157
BACH
CANTATAS WEBSITE (BCW) :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références
discographiques et aux dates. Les numéros 1] et suivants
indiquent l’ordre chronologique des enregistrements.
Six
références (février 2002 – mai 2011) + 5
mouvements individuels (février 2002 - septembre 2010).
Exemples
musicaux (Audio). Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).
1]
HELLMANN, Diethard. Kammerorchester und Kurrend der Christuskirche
Mainz. Aulader Universität Mainz. Ténor :
Hans-Joachim
Rotzsch.
Basse. Roland Kunz. Mars 1960. Durée : 20’47
Disque
Cantate Bach Studio 641.202 (enregistrement monophonique).
Reprise
disque SDG 610 105. Avec la cantate BWV 169
6]
KOOPMAN (volume 18). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Ténor :
James Gilchrist. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk.
Amsterdam
(NL). [Mvts. 1 et 3 : juin 2001. Mvts. 2, 4 et 5: février,
mars 2002]. Durée : 16’37.
CD
Antoine Marchand. Challenge Classics CC 72218. 2005. Avec les
cantates BWV 45, 47, 55
4]
LEONHARDT (volume 38). Tölzer Knabenchor. Collegium Vocale.
Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Max van Egmond.
1986.
Durée : 19’38. Disque Teldec 6.3567-00-501-503. Das
Kantatenwerk (volume
38). 1986 →*C 653
CD
(D). Teldec 4509-91762 2. Das
Kantatenwerk - Sacred
Cantatas, volume 8. 1986.
Coffret de six CD avec les cantates BWV 138 à 162
CD
Teldec 8.35657 2L 242633 2. Das
Kantatenwerk, volume
38. 1986
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 4. Coffret de 15 CD. Sept. 1999. Cantates BWV 150-159.
BWV 161-188. BWV 192 et 194-199
Reprise
CD Warner Classics 8573 81163-5. Intégrale en CD séparés,
volume 47. 2007
5]
LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Ténor
: Nico van der Meel. Basse : Bas Ramselaar. Église
Saint-Nicolas.
Elburg
(NL).Janvier et
février 2000. Durée : 19’31
Bach
Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 14 – Cantates,
volume 7. 2000
Reprise
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 2/78.
Avec les cantates BWV 73 et 125
Cette
édition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une nouvelle
édition „augmentée“: 157 CD comprenant, les
partitions et 2 DVD proposant
les
Passions
selon saint Jean
et selon
saint Matthieu.
*2]
REDEL. Chœur et orchestre Pro Arte de Munich. Ténor :
Helmut Krebs. Basse : Herbert Brauer. Avant 1959. Durée :
20’10
Disques
Erato (mono) LDE 3044. Reprise Westminster (GB). Avec
les cantates BWV 55 et 151
3]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium
Stuttgart. Ténor : Adalbert Kraus. Basse : Philippe
Huttenlocher.
Gedächtniskirche.
Stuttgart (D). Octobre 1982, juillet 1983. Durée :
19’
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98739. 1983. Avec la cantate
BWV 82
CD.
Die
Bach Kantate
(volume 67). Hänssler Classic. 98. 835. 1992. Avec les cantates
BWV 150 et 97
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 48). Hänssler-Verlag 92.048. 2000
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 157
M-1.
4] William H. Scheide. Bach Aria Group. Baryton : Norman Farrow.
Disque MGM, début
des années 1950.
M-2.
4] Bach Aria Group. Basse, flûte et violon. Baryton
: Norman Farrow. Disque Decca, milieu des années 1950.
M-3.
4-5] Karl Forster. Chor der St. Hedwigs-Kathedrale Berlin. Berlin
Philarmoniker. Basse : Dietrich Fischer-Dieskau.
Disque
et report sur CD EMI Classics References. Mai et juin 1958.
M-4.
4] Konstantin Köppelmann. Kantorei der Immanuelkirche. Munich.
CD « Musik in Immanuel ». 2000.
Commercialisation
hors des circuits ordinaires.
M-5.
4] Alexander Liebreich. Münchener Kammerorchester. Baryton :
Matthias Goerne. Himmelfahrtskirche. Munich.
CD
DGG 4778092. Décembre 2008 – avril 2009.
ANNEXE
BWV 157
PHILIPP
SPITTA
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
Work
and Influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume
2, pages 411/412] : « Cantates de Leipzig
1724-1727…La troisième des quatre cantates composées
entre 1724 et 1728 (cantates dont on ne peut exactement fixer la
date), remonte au début de février 1727, le texte étant
de Picander. Comme la cantate BWV 69, elle se présente sous
deux formes, une cantate d’élise et une musique de
circonstance. Dans sa, première forme elle est destinée
à la fête de la Purification, le 21 février ;
dans la seconde, c’est son adaptation à une cérémonie
funèbre qui a lieu seulement quelques jours plus tard. Johann
Christoph von Ponickau l’ancien, comte de Pomssen… mort
en octobre 1726 dans sa soixante-quinzième année fut
enterré le 31 octobre dans le caveau familial de Pomssen. Il
était comblé d’honneurs en Saxe et était
devenu un personnage important et respecté. Picander lui-même
avait de bonne raison de l’honorer et donna toute l’expression
de son sentiment dans son ode funèbre.. Le 6 février
1727, un solennel service funèbre fut exécuté en
sa mémoire en l’église de Pomssen ;
Picander, pour l’occasion écrivit un texte commençant
par : « Ich lasse dich nicht… »
et Bach en composa la musique [note 423, bas de page : Sur
quelques souvenirs de la ville de Leipzig, par S. Schwartz. Leipzig,
1744. « On ne sait si l’autographe de la cantate de
Bach existe [toujours]. J’ai seulement pu voir la copie
conservée à la Bibliothèque Royale de Berlin ».
[Vraisemblablement la partition D B Mus. Ms. Bach P 1046 -
Staatsbibliothek zu Berlin]. Le texte [de la cérémonie
funèbre] évite toute allusion personnelle, probablement
pour tenir compte du désir de Bach et ainsi sans aucune
altération d’un seul mot, il put être utilisé
pour la fête de la Purification quelques jours auparavant. De
toute façon cette composition n’a pas un caractère
particulier de solennité ; c’est une composition
méditative, tout à fait dans l’esprit des paroles
du vieillard Siméon « Seigneur je puis vous
quitter, votre serviteur peut partir en paix ». Il n’y
a pas de chœur si ce n’est le dernier choral ».
Appendix
n° 29, page 687 : les cantates pour la Purification :
BWV 158, 83, 82, 157 et 125.
DIVERS.
GARDINER.
Sauf erreur cette cantate, pour une raison inconnue ne figure pas
dans l‘intégrale de ce chef. Peut-être est-elle
prévue dans „l‘ultime“ coffret de la série
dont la parution est prévue en 2011-2012…
TEXTE :
[La traduction française du texte dans le volume 48 / Rilling/
Hänssler est « discutable », même si
elle prétend se référer à la nouvelle
édition NBA.
C.
Role. Novembre 2011
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