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Cantata BWV 146
Wir müssen durch viel Trübsal in das Reich Gottes eingehen
C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu
Commentary in French

KANTATE AM SONNTAG JUBILATE
Cantate pour le 3e dimanche après Pâques (dimanche Jubilate).
Leipzig, 12 mai 1726 1728 -1737 ?

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
(H) = si
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 146

Leipzig, dimanche 12 mai 1726.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274, 418] : « 12 mai 1726 ?… cantate que l’on a autrefois considérée à tort, comme non authentique (Schering, 1912) et que d’aucuns ont voulu dater des environs de 1737, mais que l’on a désormais ramenée, avec une bonne marge de certitude à 1726 ».
BOMBA : «…compte tenu de l’utilisation du concerto BWV 1052 dans les mouvements [1] et [2] de cette cantate cette constatation permet une datation qui n’est pas possible par ailleurs. Au cours des deux premières années à Leipzig (1724 et 1725), Bach avait exécuté pour le dimanche Jubilate les cantates BWV 12 et 103. Ainsi la seule date possible ne peut être que l’année 1726 puisque la cantate BWV 188 a été jouée au plus tôt au mois d’octobre 1728 avec le troisième mouvement [de BWV 1052]. La cantate BWV 146 a été probablement créée entre 1726 et 1728. Il est très peu probable que Bach ait employé le matériel instrumental d’un concert pour composer une cantate et en plus qu’il l’ait commencé par un mouvement final » [dans la cantate BWV 188…obscure… non ?]
HERZ : 1726 ? ou 1727-1731 ? anciennement vers 1740.
HIRSCH : Classement CN 146 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). Année III (2 décembre 1725 – 24 novembre 1726.
Chronologie (Alfred Dürr). 1726 : BWV 34a (6 mars) – *BWV 146 (12 mai) – BWV 43 (Ascension, 30 mai) – BWV 194 (Trinité, 16 juin).
HOFMANN : « …on ne peut toujours pas déterminer avec précision l’année de la création de l’œuvre. La date la plus ancienne proposée est celle du 12 mai 1726 mais l’œuvre remonte vraisemblablement à une date postérieure…»
NEUMANN [Kalendarium1971] : vers 1737. Ne donne pour le 12 mai 1726 que la cantate de Johann Ludwig Bach « Die mit Tränen saen » (JLB 8].
ROBINS [BCW] : soit le 12 mai 1726 ou le 18 avril 1728…
SCHMIEDER : Leipzig, environ 1740. L’authenticité de l’œuvre a été contestée.
SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète", page 199] : Les cantates écrites après 1734.
WHITTAKER : Troisième dimanche après Pâques, 1740.
WOLFF : «… datation restée incertaine, aucune source originale n’étant conservée ».

 

SOURCES BWV 146

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues.

COPIES XVIIIe SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
BB/SPK P Mus. ms. Bach P 48. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Berlin. Anciennement Marburg, Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem.
BG. : première copie. Elle a été rédigé par un copiste nommé, J. Hering, organiste ayant habité Berlin (vers 1760), élève de Carl Philip Emmanuel Bach. Ceci ferait augurer que la partition autographe a pu faire partie de l’héritage du fils aîné de Bach en 1750. La copie, (selon BG.) passée dans la collection du comte von Busch échoie par la suite au Professeur Rudorff, Ernst (Berlin,18 janvier 1840 – 31 décembre 1916), compositeur, collectionneur et professeur à la Königlischen Hochscule Berlin puis entrée à La Bibliothèque royale de Berlin.
Réalisation faisant place à une flûte et le continuo au lieu de l‘orgue.
BG. : Deuxième copie P Am 538. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Anciennement Amalienbibliothek, Berlin (ex Joachim Gymnasium Berlin). Réputée être l‘ouvrage d‘Agricola, un élève de Bach qui privilégie l‘orgue dans l‘aria n° 3.
SCHMIEDER : Reprend la notice de la BGA.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG. Jg. XXX (30e année). Pages 125 à 190. Préface de Paul Graf Waldersee (1884). Avec les cantates BWV 141 à 150.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 11/2. KANTATEN ZUM SOONTAG JUBILATE VOIR PAGES
Bärenreiter Verlag BA 5072. 1989. Heraugegeben von Emans, Reinmar. 5 fac-similés.
BWV 146. Page 67. Bl 1r von Johann Friedrich Agricola. Copie. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. B. 538 [début 1]
Bl. 1r der von S. Henry geschrieben. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kulturbesitz. Berlin/West .Mus. ms. Bach P 48, adn 5 [début 1].
Avec les cantates BWV 12 et 103.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5072 41. Emans, Reinmar 1989.
[La partition NBA dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk, volume 35. 1984].

AUTRES ÉDITIONS

BÄRENREITER Verlag Kassel. Sämtliche Kantaten 4. TP 1284. 2007.
Kantaten zur Sonntag Jubilate.
Herausgegeben : Reinmar Emans.
BWV 146. Pages 65 à 42. BAE 1989.
BWV 146/1. Pages 143 à 158. Synopse ders Orgel parts von Satz 1.
BCW. Partition BGA. Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2996. Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 1862. Orchestre, voix et clavier, copie par Max Seiffert.
2010 : Partition = PB 4646 (68 pages) – Réduction chant et piano = EB 7146 (48 pages) – Parties séparées (6) = OB 4646.
Partition du chœur (Chorstimmen) = ChB 4646.
CARUS. Partition (80 pages) = 31.146/00. Réduction chant et piano = 31.146/03. Partition d’étude = 31.146/07. Partition du chœur = 31.146/05. Parties séparées = 31.146/11 à 14 et 49 (orgue).
KALMUS STUDY SCORES. N° 845. Volume XLI. New York 1968. Cantates BWV 146 et 147.
NET. ENMD (Conservatoire) de Grand et Petit Couronne. Chant et piano (mise à jour 2006).

 

PÉRICOPE BWV 146

Dimanche « Jubilate », le 3e dimanche après Pâques. L’introït du psaume 65 « Jubilate Deo, omnis terra, alleluja » donne son titre à ce dimanche, comparable au psaume 100, versets 1 et 2 dont l’incipit commence sur les mêmes paroles « Jubilate Deo, omnis terra ».
Le temps de Pâques avec des accents d’une joie pure et débordante, temps de la graattente, où la joie pascale doit se conquérir et se fortifier aux travers de l’épreuve. Renvoi à l’évangile du jour Jean 16, 16 à 23 [PBJ. 1614] : « Votre tristesse doit se changer en joie…»

MISSEL ROMAIN. Troisième dimanche après Pâques.
Introït : Psaume 65 [PBJ. 860] : « Jubilate Deo, omnis terra…»
Épître : 1 Pierre 2, 11 à 20 [PBJ. 1782]. Obligations des chrétiens parmi les païens.
Évangile : Jean 16, 16 à 23 [PBJ. 1614]. Discours d’adieu de Jésus et annonce d’un prompt retour : « Votre tristesse doit se changer en joie…»
Offertoire : Psaume146, 2 [PBJ. 937] : Je veux louer Dieu tant que je vis…»

EKG. Jubilate.
Entrée : 2 Corinthiens 5, 17 [PBJ. 1711-1712] : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle ; l’être ancien a disparu, un être nouveau est là ». Renvois sur le même thème de « l’homme nouveau » à Galates 6, 15 [PBJ. 1726] Colossiens 1, 19 et 3, 10 [PBJ. 1738 et 1740 ] – Éphésiens 2, 15 [PBJ. 1728] et Romains 6, 4 [PBJ. 1676].
Psaume 65 [PBJ. 860]. Jubilate Deo, omnis terra…»
Cantique EKG 81 » : Mit freuden ZartAvec une douce joie… » de Georg Vetter 1566 / les frères bohémiens ».
Épître : 1 Pierre 2, 11 à 20 [PBJ. 1782].
Évangile : Jean 16, 16 à 23 [PBJ. 1614] .
Même occurrence avec les cantates BWV 12 (22 avril 1714) et BWV 103 (22 avril 1725).

BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page 344] : «…Mystérieux passage [Jean 16, 16 à 23] où le Christ annonce son départ et son prompt retour, annonce mal comprise par les disciples…qui s’interrogent ».

 

TEXTE BWV 146

Auteur inconnu.
Texte parfois attribué, sans certitude, à Picander. Renvoi à W. Neumann, G. Herz…A. Basso…Whittaker, etc.
SCHREIER, Manfred : « L’intérêt des textes que Bach a mis en musique dans ses cantates est constitué par leur arrière-plan théologique. Il est vraisemblable (et l’on peut le vérifier à partir des corrections autographes de Bach dans certains livrets préexistants) que le compositeur a choisi ses textes conformément à ses conceptions théologiques fortement imprégnées par l’orthodoxie luthérienne. La bibliothèque de Bach, dont nous connaissons le contenu par la liste de ce qu’il a laissé à sa mort, représente un courant théologique bien défini à partir de Luther ; elle constitue la source essentielle des investigations théologiques et même simplement littéraire sur les textes de cantates. … l’évangile du dimanche et le cantique dogmatique qui s’y rattache constituent le point de départ pour la recherche des citations théologiques et littéraires ; généralement ces citations rattachent le texte d’une cantate à une tradition linguistique précise, dont on avait parfaitement conscience au temps de Bach. Pour le compositeur elles constituent l’instrument d’association théologico-musicale ; pour l’auditeur actuel elles sont aussi indispensables à la compréhension des œuvres…»

 

GÉNÉRALITÉS BWV 146

CROUCH [BCW] : « …longueur inaccoutumée de cette cantate dans un culte passe 40 minutes bien qu’elle ne soit pas en deux parties ». [en dépit de sa longueur].
FLORAND citant Pirro "L'esthétique..." : « Nul musicien ne devrait exécuter le Concerto en ré mineur - et pas davantage la Sinfonia, sans connaître le symbole que le compositeur a mis dans cette pièce, où les mouvements heurtés de l'orchestre contrastent avec l'allure active, assidue et persévérante de ce que joue l'instrument principal" [l'orgue].
LEMAÎTRE : « Autrefois considérée comme apocryphe, l’œuvre est aujourd’hui attribuée à Bach avec certitude. Le fait que les deux premiers morceaux de la cantate découlent d’un matériau provenant d’un concerto pour violon composé à l’époque de Köthen atteste sa paternité. Ce concerto reste toutefois introuvable et il ne nous est parvenu que sous sa forme révisée, pour clavecin et cordes (BWV 1052) ».
NYS, Carl : Cet auteur a noté : "l'authenticité de cette œuvre est fort douteuse [?]
ROBINS [BCW] : Passage classique des ténèbres à la lumière ».
SCHREIER, Manfred : « Le compositeur [Bach] a emprunté les deux premiers mouvements de cette cantate à une partition antérieure, c’est-à-dire à un arrangement pour clavier d’un concerto pour violon en ré mineur, dont la partie soliste a été confiée à l’orgue ».

 

DISTRIBUTION BWV 146

BG. : Oboe I. | Oboe II. | Taille. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano, Alto, Tenore, Basso. Continuo. | Organo.
NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Querflöte, Oboe I, II, Oboe da caccia, Oboe d’amore I, II ; Konzertierende Orgel ; Streicher ; und B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav.; Oboe I, II; Oboe d‘amore I, II; Taille (Oboe de caccia); Viol. I, II; Vla.; Organo conc.; Continuo.
WOLFF [Notice dans le volume 13 Teldec (1975), pages 10 à 12] : Description du Brustwerk du grand orgue de l‘église Saint-Thomas 1720/1721… « Il est frappant que la plupart des cantates [avec orgue concertant] remontent à 1726 et appartiennent par suite au cycle de la troisième année. L‘époque de la Trinité offrit-elle en l‘année 1726 une raison concrète d‘accumuler les soli d‘orgue ou se peut-il que Wilhelm Friedemann Bach, alors âgé de 16 ans, ait été l‘exécutant de ces parties de virtuosité ? Voilà qui échappe à notre information ».
[Notice de l’enregistrement de Ton Koopman] : « L’œuvre appartient ainsi à ce groupe impressionnant de compositions où Bach laisse l’orgue concertant s’exprimer à merveille. C’était Bach lui-même qui tenait l’orgue en soliste, confiant chœur et orchestre à la direction du chef de chant adjoint ».

 

APERÇU BWV 146

1] SINFONIA. BWV 146/1

Ré mineur (d), 190 mesures, C
BG. Jg. XXX. Pages 125 à 151. Oboe I. | Oboe II. | Taille. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Continuo. | Organo.
NEUMANN. Entrée de forme concertante Orgue, Hautbois I, II, Oboe da caccia ; cordes ; B.c. Source tirée du premier mouvement du concerto pour clavier BWV 1052.

BOMBA : «…Une vaste sinfonia ouvre cette cantate. Il s’agit du premier mouvement d’un concerto qui servit également de base au Concerto pour clavecin en ré mineur créé en 1738, BWV 1052, probablement un concerto pour violon BWV 1052 R. Bach confia la partie soliste à l’orgue concertant. La voix devait être jouée sur quatre niveaux du pédalier en raison de l’ampleur de la partie...»
CANTAGREL : « Comme dans la cantate BWV 12, Bach ouvre la cantate par une sinfonia instrumentale, dans un caractère profondément affligé…»
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach] : « Les deux premiers mouvements du concerto pour clavecin [BWV 1052] furent aussi employés dans la cantate BWV 146, où la partie du clavecin fut confiée à l’orgue. Dans l’introduction de la cantate deux hautbois et un cor anglais [?] furent ajoutés, de même qu’un quatuor vocal dans le premier chœur [1]. Bach eut aussi sans doute l’intention d’employer le concerto comme introduction à la cantate BWV 188 [?… en fait il réutilise dans cette dernière cantate le 3e mouvement] ».
HOFMANN : «…Le premier mouvement est un arrangement pour orgue du premier mouvement d’un concerto pour violon en ré mineur aujourd’hui disparu et remontant vraisemblablement à la période de l’emploi de Bach à la cours de Weimar vers 1715, qui réapparaîtra également plus tard sous la forme du Concerto pour clavecin BWV 1052 ».
PIRRO [J.-S. Bach] : «…Bach prend pour introduction le début du concerto de clavecin en ré mineur [BWV 1052. BG. XVII], arrangé pour l’orgue [Bach emploie ce concerto entier comme introduction à la cantate BWV 146, et il construit le premier chœur [2] sur l’adagio du même concerto. Par cette transformation, il témoigne d’une habileté prodigieuse. Mais cette cantate est remarquable aussi pour son caractère expressif. L’harmonie vocale qui s’épanouit entre le récitatif gémissant de l’orgue et le discours accablé de la basse continue est toute tramée de plaintes ».
SCHUHMACHER : « Le fils de Bach, Wilhelm Friedemann fut probablement l’interprète (à l’orgue comme instrument soliste) de ce concerto…»
WHITTAKER : « Mention a été faite de l’adaptation en 1731 du premier mouvement du concerto pour clavier en ré mineur pour orgue, avec deux hautbois et la taille auxquels s’ajoutent les cordes, servant de sinfonia à la cantate BWV 188. Le fait qBach apprécia cette transcription est démontré car il l’utilisa à nouveau au début de la cantate « Wir müssen durch viel Trübsal » pour le troisième dimanche après Pâques1740…»
WIJNEN : «…Tout le monde reconnaîtra dans la Sinfonia d’ouverture le premier mouvement du célèbre Concerto pour clavecin en ré mineur BWV 1052, ici confié à l’orgue ».

2] CHORSATZ. BWV 146/2

WIR MÜSSEN DURCH VIEL TRÜBSAL IN DAS REICH GOTTES EINGEHEN.
C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.
Actes des Apôtres 14, 22 [PBJ. 1646]. Barnabé et Paul en mission… « Il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu ». Cette citation se retrouve aussi dans la cantate BWV 12/3.

Sol mineur (g), 87 mesures, 3/4
BG. Jg; XXX. Pages 152 à 159. Marqué Adagio. Violino I. | Violino II. | Viola. | Continuo. | Soprano. | Alto. | Tenore. |Basso. | Continuo.
NEUMANN. Chœur en libre polyphonie avec interventions instrumentales encastrées. Source tirée du deuxième mouvement du concerto pour clavier BWV 1052. Le troisième mouvement est dans la cantate BWV 188/1. Chœur, orgue, cordes et B.c.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 418] : «…le second mouvement se présente sous l’aspect d’une page de type motet, dotée d’une structure chorale totalement nouvelle et qui apparaît donc enchâssée dans la structure instrumentale, dominée ici par une partie d’orgue concertante… le « motet » qui est réalisé tantôt en style imitatif, tantôt en accords, est construit sur un fragment de verset (Actes 14, 22)… C’est de cette phrase que part le poète, en qui l’on a voulu reconnaître Henrici…»
BOMBA : «…Le deuxième mouvement de ce concerto se trouve également au mouvement [2]. Il joue le rôle de chœur d’introduction avec la partie solo pour ainsi dire un rôle d’arrière plan - un tour de maître qui dépasse encore la technique utilisée par Bach à d’autres occasions et qui est d’insérer un mouvement de chœur dans une pièce d’orchestre; il réussit ici l’affect porté par le mot Trübsal dans le mouvement choral sans devoir modifier de beaucoup la musique instrumental. On retrouve d’ailleurs le troisième mouvement du concerto dans BWV 188/4. Le chœur d’introduction est remarquable pour une deuxième raison. Bach avait déjà une fois adapté le texte tiré des Actes des apôtres, à savoir dans le deuxième mouvement de la cantate BWV 12 de 1714 reprise à Leipzig en 1724…»
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, page 344] : «…le chœur d’ entrée situe le climat dans la rhétorique baroque habituelle : il n’y a pas de joie céleste sans douleur terrestre préalable…»
CANTAGREL : « Adaptation par Bach de son concerto pour clavecin dont c’est le deuxième mouvement… en cette tête de page, l’indication adagio en indique le mouvement, lent, mais on sait que dans la symbolique du temps, elle signifie aussi et surtout « avec douleur ».
GARDINER : « Le n° 2 ne laisse pas d’impressionner en tant que greffe particulièrement habile… les quatre lignes vocales sont assujetties de façon à s’entrecroiser les unes les autres à certains moments, tout en s’adaptant au mouvement adagio du concerto pour violon (maintenant pour orgue)^préexistant… la ligne de basse ostinato entendue six fois dans le cour de ce mouvement, confère une assise merveilleusement stable et satisfaisante à ce double processus d’invention et d’élaboration…»
HOFMANN : «…Le mouvement [2] provient du mouvement lent de ce même concerto [pour violon] perdu. La partie de violon originale est ici reprise par l’orgue mais le chœur à quatre voix a cependant été composé pour l’occasion par Bach pour s’intégrer dans la partie instrumentale préexistante… un mouvement empreint du ton passionné de la plainte dont l’intensité provient de l’harmonie expressive danse et dissonante dans laquelle la symétrie de la période en ostinato semble exprimer l’inévitable ».
LABIE : «…Le chœur d’entrée est un adagio dont le traitement est surprenant ; l’accord entre le texte et la musique est si parfait qu’on a du mal à accepter l’idée d’un réemploi. Les trois voix supérieures du chœur suivent avec fidélité le mouvement lent et insistant des cordes, suggérant de façon frappante la difficile progression de l’âme au milieu des accidents et des tribulations de l’existence. Échappant à cette pesanteur, la basse donne une assise de confiance un développement où les figures de l’angoisse ont cédé la place à un insoutenable effort ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La musique instrumentale, pages 352/353] : « L’adagio du concerto de clavecin en ré mineur [BWV 1052] est repris dans la cantate. Par une sorte de réalisation géniale de la basse continue de cette pièce, Bach a fait surgir un chœur à quatre voix dans l’accompagnement de la plaintive mélodie que le clavecin exposait. Le motif de l’introduction est déjà harmonisé par le chœur. La partie de basse l’énonce presque intégralement, joint à ces mots : « Il nous faut traverser mainte peine pour entrer dans le royaume de Dieu » [+ Exemple musical]. «…Les autres voix joignent à ce thème, des accords dissonants. A part les deux dernières mesures, où la mélodie évolue vers ut mineur, la basse répète toute cette première phrase, comme dans le concerto. Mais le chœur est organisé différemment, et l’orgue domine tout l’ensemble par le mélancolique récit que le clavecin faisait entendre. Tandis que l’orgue poursuit sa déploration, les voix redisent sans trêve, les mêmes paroles : « Il nous faut traverser beaucoup d’affliction pour entrer dans le royaume de Dieu ». Aucune période, nulle proposition dans l’adagio n’est privée de ce commentaire où les gémissements de la douleur présente l’emportent, ne s’apaisant point, même devant la promesse de salut. On ne saurait ainsi refuser à cette pièce, tirée du concerto, une signification très précise. Il ne suffit donc pas d’y voir une cantilène un peu lente, ornée de modulations ingénieuses et de passages fluides : chaque instrumentiste qui interprète le concerto de clavecin, doit prendre garde aux mots par lesquels Bach a déterminé le contenu expressif de cet adagio ».
SCHREIER, Manfred : « Mouvement choral divisé en 6 sections… sa partie fondamentale, un motif de 13 mesures… est répété six fois dans la basse, deux de ces six répétitions étant faites dans une nouvelle tonalité fondamentale…le chœur est inséré dans ce contexte instrumental. L’unisson primitif du concerto original pour clavecin, présente l’image ou le symbole sonore d’une route difficile… alors que les six développements utilisent l’ensemble du texte, on ne trouve dans les interludes que les mots « durch viel Trübsalà travers beaucoup de tristesse ».
SCHUHMACHER : « Le deuxième mouvement du concerto [BWV 1052] à partir de l’entrée du soliste constitue avec l’orgue en soliste, le cadre instrumental dans lequel Bach composa, utilisant partiellement le mouvement concertant, une nouvelle partie chorale. L’opposition de tristesse et de joie, le désir du chrétien vers la mort et la réunion avec Dieu, traverse textuellement et musicalement l’œuvre…»
SCHWEITZER : Le motif (deux notes) exprimant la douleur avec exemple musical [Thomas Braatz - BCW], sur les mots « in das Reich » et « Trübsal ».
SCHWEITZER [J.- S. Bach "Le musicien-poète" - le langage musical des cantates, page 252] : « Quand le maître [Bach] eut à mettre en musique le texte de la cantate BWV 146 „Wir müssen durch viel Trübsal“… il se souvient de l‘andante d‘un concerto pour clavecin écrit sur le motif des deux liées (motif de la douleur) et il le prit pour base de la nouvelle composition » [+ Exemple musical].
SPITTA, volume 3, page 78 : Il a déjà été remarqué que Bach adapta des œuvres instrumentales dans ses cantates d’église, non seulement dans les sinfonia mais aussi dans les mouvements pour soli. Il y a vraiment deux cantates dans lesquelles les mouvements instrumentaux interviennent dans les chœurs, une cantate de Noël « Unser Mund sei voll Lachens » [BWV 110] et une œuvre pour le troisième dimanche après Pâques « Wir müssen durch viel Trübsal in das Reich Gottes eingeben »
WIJNEN : «…Le chœur fait appel au second mouvement du même concerto [BWV 1052], auquel onn’imaginait pas qu’il fut possible de rajouter ne serait-ce qu’une note, et encore moins un chœur complet à quatre voix…De longues notes soulignent la profonde détresse exprimée par le texte, tandis que les cordes et l’orgue sol jouent imperturbablement les notes du concerto…»
[cette citation biblique paraît également dans le récitatif de la cantate BWV 12/3].

3] ARIE ALT. BWV 146/3

ICH WILL NACH DEM HIMMEL ZU, / SCHNÖDES SODOM, ICH UND DU / SIND NUNMEHR GESCHIEDEN. || MEINES BLEIBENS IST NICHT HIER, / DENN ICH LEBE DOCH BEI DIR / NIMMERMEHR IN FRIEDEN.

J’aspire au ciel ; / Méprisable Sodome, nous voilà, moi et toi, / désormais séparés. / Ma demeure n’est plus de ce monde, / car auprès de toi, c’est certain, / Je ne vivrai jamais en paix près de toi.

Si bémol majeur (B), 124 mesures, C
BG. Jg. XXX. Pages 160 à 165. ARIE. | Arie. (Violino). Alto. | Continuo.
NEUMANN. En forme de trio. Violons, alto et B.c. Avec da capo.

BOMBA : «…La voix aspire au ciel. Bach écrit une voix solo instrumentale qu’il n’attribue pas à une instrument spécifique (orgue obligé ou violons à en croire une copie) et donne au morceau de caractère dansant, riche en extase mystique…»
GARDINER : « …air d’alto accompagné d’un radieux violon obligé annonçant l’imminente rupture de « ignoble Sodome »…
HARNONCOURT : « L’air n° 3 est, manifestement conçu comme solo d’orgue et non comme solo de violon…»
HOFMANN : «…par un effet de pendule [avec le n° 2], l’aria nous mène vers la joie… bien que le passage évoquant la « schnöde Sodom – la méprisable Sodome » de ce monde est continuellement souligné par des perturbations harmoniques. On ne peut déterminer avec précision à partir de la partition qui nous est parvenue si la partie instrumentale soliste a été conçue pour orgue ou pour un violon soutenu par le continuo. Les deux sont possibles et il est également concevable que Bach lui-même ait indifféremment eu recours à l’une ou l’autre pour ses exécutions ».
LABIE : «…la première aria est introduite par une ritournelle d’orgue pleine de légèreté qui en lance les premières paroles « Ich will nach dem Himmel zu »…Puis, tandis que la sérénité de l’orgue se maintient, la ligne de chant s’infléchie pour signifier un renoncement complet à la perversité du monde, la « méprisable Sodome » Un troisième épisode enfin précise les conditions de la béatitude et introduit la dialectique de la mort : Ma demeure n’est plus de ce monde… en réponse, le soprano reprend le thème de l’angoisse dans une sorte de descriptif du malheur…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach- L’orchestration, page 212] : «…[ici le violon] : Le commentaire du violon… sur les mots « Je veux aller au cielma demeure n’est pas ici… » Les élans du violon, ses palpitations, interprètent comme dans un battement d’ailes, la première partie de l’air. Dans la [partie], il balance de grands arpèges unis, comme pour opposer le calme du repos éternel à l’agitation de la vie. Voici l’introduction qui expose tous les éléments du développement instrumental associé à la voix, dans le cours de cet air ». [+ Exemple musical. BG. XXX, page 160.
SCHREIER, Manfred : «…les mots « Ich von dir sind nun geschieden - Toi et moi sommes maintenant séparés » sont symbolisés par la ligne brisé du violon-solo comme celle de la partie vocale…»
SUZUKI : «…il existe un débat en ce qui concerne le troisième mouvement : la partie obligée doit-elle être jouée à l’orgue ou au violon ? Des éléments documentaires semblent indiquer l’orgue mais il est tout à fait possible que la partie originale ait été écrite pour le violon » [l’orgue a été utilisé dans la version de Masaaki Suzuki].
WIJNEN : «…L’aria d’alto fait également appel à l’orgue concertant [ici la version P. J. Leusink] auquel Bach confie de nombreuses figurations musicales : des traits caractéristiques pour « nach dem Himmel », quelques notes de dénigrement pour « Sodome » et une délicate intention pour « ich und du sind geschiedentoi et moi sommes séparés » où le « toi et moi » sont en effet séparés, d’une petite solution de continuité dans le discours ».

4] REZITATIV SOPRAN. BWV 146/4

ACH ! WER DOCH SCHON IM HIMMEL WÄR ! / WIE DRÄNGET MICH NICHT DIE BÖSE WELT ! / MIT WEINEN STEH ICH AUF, / MIT WEINEN LEG ICH MICH ZU BETTE, / WIE TRÜGLICH WIRD MIR NACHGESSTELLT ! / HERR ! MERKE, SCHAUE DRAUF, / SIE HASSEN MICH, UND OHNE SCHULD, / ALS WENN DIE WELT DIE MACHT / MICH GAR ZU TÖTEN HÄTTE ; / UND LEB ICH DENN MIT SEUFZEN UND GEDULD / VERLASSEN UND VERACHT, / SO HAT SIE NOCH AN MEINEM LEIDE / DIE GRÖSSE FREUDE. / MEIN GOTT, DAS FÄLLT MIT SCHWER. / ACH ! WENN ICH DOCH, / MEIN JESU, HEUTE NOCH / BEI DIR IM HIMMEL WÄR!
Ah ! Si je pouvais déjà me trouver au ciel ! / Si le monde où règne le mal pouvait ne plus me tourmenter ! / C’est en pleurant que je me lève, / en pleurant que je vais me coucher / tant ma route est semée de pièges et d’embûches ! / Seigneur ! vois, regarde, / ils me haïssent, et cela sans qu’il y ait de ma faute, / comme si le monde avait même / le pouvoir de m’ôter la vie ; / Et si je vis dans les soupirs, prenant mon mal en patience, / dans l’abandon et le mépris, / c’est alors qu’il prend le plus grand plaisir à ma souffrance [variante Hänssler / Rilling : « Et je vis dans les soupirs prenant mon mal en patience, // dans l’abandon et le mépris, / ils ont le plus grand plaisir / avec mon corps.] / Seigneur, comme il m’en coûte ! / Ah ! Si je pouvais, / mon Jésus, dès aujourd’hui / être auprès de toi au royaume céleste !

Sol mineur (g) – ré mineur (d), 19 mesures, C
BG. Jg. XXX. Pages 166/167. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco.

BOMBA : «…Récitatif accompagné des cordes, aux allures nettement rhétoriques reprenant une fois encore le thème des aléas de ce monde où règne le mal, en mouvements ascendants et descendants. Le souhait d’être « auprès de Toi aux cieux, Jésus » aujourd’hui clôture ce mouvement ».
CANTAGREL : «… climat d’une grande intensité dramatique avec ses intervalles disjoints et ses harmonies torturées…»
GARDINER : « …accompagnato angoissé pour soprano et cordes dont chacune des dix-huit mesures a sa propre fonction expressive…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, page 25] : «…c’est ainsi que, le plus souvent, pour accompagner les mots ou l’idée de hauteur se trouve impliquée, que ce soit au sens propre ou bien par image, Bach écrit des traits ascendants ou fait chanter les voix dans le registre aigu. Si le texte parle des montagnes, du ciel, du visage sublime du Sauveur (cantate BWV 70), Bach emploie des sons élevés ».
[page 32] : «…dans ce récitatif… après des paroles où sont retracées les souffrance que le monde fait subir à l’âme chrétienne, Bach interprète à la lettre ces mots qui la peignent accablée sous le faix [+ Exemple musical BG. XXX,^page 167, sur les mots « Mein Gott, das fâllt mir schwer »]… Par cette formule, il traduit en termes positifs ce qui dans le texte n’est que figure… »
SCHREIER, Manfred : « Récitatif accompagné. On a souvent remarqué la manière dont Bach cite son nom dans le motif b-a-c-h, correspondant aux notes si bémol-la-ut-si, en général lorsqu’il y a des textes du genre de celui de ce récitatif. Dans les mesures 12 à 14 on trouve des formes à l’écrevisse de ces notes de son nom si-ut-la-si bémol dans la basse continue…»
SCHUHMACHER : «…le récitatif accompagné de violons abjure ce « monde mauvais » et indique par des figures arioso, les mots « ciel » et « pleurer ».
WIJNEN : «…une hardiesse harmonique étonnante…»

5] ARIE SOPRAN. BWV 146/5

ICH SÄE MEINE ZÄHREN / MIT BANGEM HERZEN AUS. || JEDOCH MEIN HERZELEID / WIRD MIR DIE HERRLICHKEIT / AM TAGE DER SELIGEN ERNTE GEBÄREN.
C’est le cœur plein d’angoisse / que je sème mes pleurs. / Mon affliction me rapportera / pourtant la gloire suprême / au jour de la bienheureuse récolte.
Paraphrase du psaume 126, 5 [PBJ. 924] : In Convertendo Dominus : Quand le Seigneur ramena les captifs de Sion…Les semeurs qui sèment dans les larmes moissonneront dans l’allégresse…»

Ré mineur (d), 99 mesures (+ 1 mesure), C
BG. Jg. XXX. Pages 168 à 176. ARIE. | Flauto traverso. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore II. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Forme bipartite avec ritournelles. Flûte à bec; Oboe d‘amore I, II; B.c. Soprano.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 419] : «…structure bipartite… le point culminant de la cantate… un trio de bois (flûte traversière et deux hautbois d’amour) se prête à offrir légèreté et caractère vaporeux à une double construction vocale… Une exposition instrumentale de seize mesures, reprise en conclusion et insérée (ramenée à douze mesures) en manière de séparation entre les deux sections de l’aria, prélude à un discours qui, dans la première partie avec ses lignes sinueuses et tourmentées, se concentre sur l’idée de « larmes (Zahren), cependant que, dans la seconde, il reflète les « cris de joie » exprimés par le texte ».
BOMBA : «…Ce mouvement fait preuve d’une magnifique sensibilité et est écrit avec une extrême habilité ; ces éléments sont de nature à dissiper tous les doutes concernant la paternité de cette œuvre à Johann Sebastian Bach, ce qui fut à l’occasion contesté. Deux hautbois d’amour et une flûte préparent le terrain à la voix de soprano. La partie vocale s’adonnant à d’amples figurations, illustre tout d’abord les larmes répandues avant de retrouver la confiance dans les paroles « Herrlichkeit » et « Seligen ernte ». Au niveau musical, ceci correspond à des mouvements aspirant à tout moment vers les hauteurs, à des mélismes et des intervalles ».
CANTAGREL : «… air de forme bipartite AB, s’ouvre par une longue et merveilleuse ritournelle…»
GARDINER : «…air de soprano de style galant, avec flûte, deux hautbois d’amour et continuo…»
HOFMANN : «…l’air de soprano… nous ramène vers un climat de tristesse. Plusieurs détails, comme la marche harmonique inhabituellement étirée dans la ritournelle introductive, peuvent laisser planer des doutes sur la paternité de Bach mais ceux-ci peuvent également renvoyer à une pièce antérieure ».
PIRRO [J.-S. Bach] : «…dans l’air de soprano, la flûte et deux hautbois d’amour dialoguent tristement…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - la formation rythmique des motifs, pages 97/97] : «…Bach exprime fréquemment les sentiments douloureux par des thèmes d’une telle uniformité languissante, où la mélodie s’assoupit, puis reprend au point où elle s’était arrêtée, et poursuit, par un nouvel effort bientôt interrompu. C’est avec ce dessin qu’il accompagne les mots « avec un cœur craintif » et « la peine de mon cœur ». [+ Exemple musical sur les mots « mit bangem Herzen » et « mein Herzeleid ». BG. XXX, page 175]. Renvoi aux cantates BWV 3, sur les mots « Weg ist Trübsal », BG. I, page 80, et BWV 6/5, sur les mots « auf den Sünden Wegen », BG. I, page 172 ».
SCHREIER : « Tout comme dans l’aria n° 3 on trouve dans cette page des rapports plus ou moins cachés avec le matériau musical du premier chœur de la cantate ».
SCHUHMACHER : « …Un bijou dans l’art de Bach de symboliser l’idée du texte musicalement par de légères retouches des thèmes et figures est présenté… le mot « répandre | semer » est figuré comme « splendeur », les « pleurs » deviennent « tourments », et ainsi « Ich säe meine Zähren mit bangem Herzen » est opposé, comme chaînon apparenté au sens de la cantate, à « Jedoch mein Herzeleid wird mir die Herrlichkeit der seligen Ernte gebären ».
SCHWEITZER : Le motif des larmes (+ Exemple musical], aux mesures 5 et 6, par Thomas Braatz [BCW].
SMITH [BCW] : « …Le meilleur [de la cantate] avec cet air paresseux et sinueux, avec flûter et deux hautbois d’amore, d’une tonalité à la fois sensuelle et mélancolique unique dans tout Bach…».
WIJNEN : «…magnifique aria illustrant avec délicatesse les larmes tombantes, sur des dessins confiés aux flûtes et aux hautbois quasiment graphiques…»

6] REZITATIV TENOR. BWV 146/6

ICH BIN BEREIT, / MEIN KREUZ GEDULDIG ZU ERTRAGEN ; / ICH WEIß, DAS ALLE MEINE PLAGEN / NICHT WERT DER HERRLICHKEIT, / DIE GOTT AN DEN ERWÄHLTEN SCHAREN / UND AUCH AN MIR WIRD OFFENBAREN. / ITZT WEIN ICH, DA DAS WELTGETÜMMEL || BEI MEINEM JAMMER FRÖHLICH SCHEINT. / BALD KOMMT DIE ZEIT, / DA SICH MEIN HERZ ERFREUT, / UND DA DIE WELT EINST OHNE TRÖSTER WEINT. / WER MIT DEM FEINDE RINGT UND SCHLÄGT, / DEM WIRD DIE KRONE BEIGELEGT ; / DENN GOTT TRÄGT KEINEN NICHT MIT HÄNDEN IN DEN HIMMEL.
Je suis prêt / A porter patiemment ma croix ; / Je sais que tous mes maux / Ne sont pas dignes d’être comparés de la gloire / Que Dieu révèlera à la légion de ses élus / Et à laquelle j’aurai part moi aussi. / A présent je pleure de ce que le monde, dans son tumulte, / Semble heureux alors que je suis dans la détresse. / Mais le temps ne tardera pas à venir / Où mon cœur se réjouira / Et où le monde, privé du Consolateur, pleurera. / Celui qui lutte contre l’ennemi, qui le combat, / Celui-là se verra couronné, / Car Dieu n’élève au ciel personne qui ne l’ait mérité par soi-même.
Texte proche de l‘Épître aux Romains 8, 18 [PBJ. 1679]. Destinés à la gloire : « J’estime en effet que les souffrances du temps présents ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous ».

La mineur (a) - la mineur (a), 17 mesures, C
BG. Jg. XXX. Pages 177. RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco.

BOMBA : «…La déclamation et la conduite du récitatif est également marquée par le contraste entre les pleurs et la détresse d’une part et la magnificence et la joie. A la fin de cette section, la voix se fait porter en figurations « mit Händen in den Himmel ».
WIJNEN : «…La détresse se transforme bientôt en joie, d’autant que le récitatif du ténor… appelle le nom de Dieu… comme il sied, c’est à dire sur la note la plus élevée de la phrase musicale…»

7] ARIE (DUETT), TENOR, BAß. BWV 146/7

WIE WILL ICH MICH FREUEN, WIE WILL ICH MICH LABEN, / WENN ALLE VERGÄNGLICHE TRÜBSAL VORBEI ! || DA GLÄNZ ICH WIE STERNE UND LEUCHTE WIE SONNE, / DA STÖRET DIE HIMMLISCHE SELIGE WONNE / KEIN TRAUERN HEULEN UND GESCHREI.
Comme je me réjouirai, comme je me délecterai / lorsque toutes les tribulations passagères seront oubliées ! / Alors je resplendirai comme les astres, je rayonnerai comme le soleil, / alors nulle tristesse, nulle jérémiades, nulles criailleries / ne troubleront la béatitude céleste.

Fa majeur (F), 247 mesures + 1 mesure, 3/8
BG. Jg. XXX. Pages 178 à 189. DUETT. | Oboe I. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Oboe I, II; Cordes,; B.c. Ténor et basse. Forme da capo. Peut-être la parodie d‘une autre œuvre instrumentale.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 274 et 419] : « Rythme de danse… peut-être la parodie d’une page vocale profane aujourd’hui perdue ».
BOMBA : «…duo joyeux et serein ; le ténor et la basse chantent en intervalles de tierce et de sixte ; au début de la partie centrale, le mouvement s’égaye en contrepoint, les terme « Sonne », « Wonne », « Heulen und Geschrei » sont à nouveau à l’origine de déclamations spéciales et d’images musicales particulières ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 268] : «…duo qui pourrait être la parodie d’un mouvement instrumental inconnu…»
CANTAGREL : « …duetto entre ténor et basse, les deux chantant presque d’un bout à l’autre en homophonie sur un mètre de danse ternaire (3/8). Avec ses petits traits nerveux de triples croches, le caractère de cette page a fait supposer qu’il pourrait s’agir de la parodie d’un duo d’une cantate profane ».
GARDINER : «…vibrant duo pour ténor et basse avec hautbois et cordes… construit tel un passe-pied… une page emprunte d’un élan rythmique vigoureux…»
HOFMANN : «…le duo conclusif… qui reprend la forme d’une musique de danse correspond manifestement au mot-clé de « joie. Il s’agit d’un passe-pied chanté, une conclusion joyeuse qui rappelle à plusieurs le monde sonore des cantates-hommages de l’époque de Köthen et qui pourrait bien provenir, avec de légères modifications apportées au texte de celles-ci ».
LABIE : «…les instruments poursuivent le petit thème ternaire déjà entendu chez l’alto [3] ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, page 43] : «…Quand il veut exprimer des sentiments de décision, de volonté inébranlable, Bach représente cette fermeté au moyen d’un thème rigide et martelé…ainsi, sans la cantate, l’énergie de l’intention se révèle dans la musique ».[+ Exemple musical sur les mots « Wie will ich mich freuen , mich freuen ». BG. XXX, page 179]. Renvoi à la cantates BWV 154 ».
[La formation rythmiques des motifs, page 100] : «…il y a plus de souplesse dans les rythmes des motifs associés aux paroles où la joie s’épanouit librement… Ce motif rythmique paraît encore dans les vocalises de jubilation jointes aux parles « Je veux me réjouir ». [+ Exemple musical sur les mots « Wie will ich mich freuen », BG. XXX, page 179]. Renvoi à la cantate BWV 3/3 sur le mot « Freuen ».
[Les mélodies simultanées, page 132] : « les tierces et les sixtes, mêlées indifféremment… jointes à des paroles comme « Combien je veux me réjouir ».
WHITTAKER : « Il est possible comme dans les mouvements 1 et 2, qu’il s’agisse de la transcription d’une œuvre instrumentale…»
WIJNEN : «…duo de ténor et de basse, de joie discrète et pourtant irrésistible dont Bach a le secret. Certes, tristesse, pleurs et cris font une dernière « apparition » mais c’est pour mieux être balayés par le flot de bonheur et le mot « vorbeioubliés »

6] CHORAL. BWV 146/8

DENN WER SELIG DAHIN FÄHRET, / DA KEIN TOD MEHR KLOPFET AN, // DEM IST ALLES WOHL GEWÄHRET / WAS ER IHM [R. Wustmann : sich“] NUR WÜNSCHEN KANN. /// ER IST IN DER FESTEN STADT, / DA GOTT SEINE WOHNUNG HAT ; / ER IST IN DAS SCHLOß GEFÜHRET, / DA KEIN UNGLÜCK NIE BERÜHRET [R. Wustmann : „Das kein Unglück mehr berühret“]
Celui qui s’en va dans la félicité, / puisque la mort ne frappe plus à la porte, / il se voit tout accorder / de ce qu’il peut bien désirer. / Il est dans la cité inexpugnable / où Dieu a sa demeure ; / il est conduit dans le palais / que nul coup de l’adversité jamais n’atteint.
Choral simplement noté, sans texte, sans mélodie ni instrumentation.
Soit la solution à laquelle se rangeait Rudolph Wustmann (1913) avec la neuvième strophe du cantique « Lasset ab von euren Tränen - abandonnez vos larmes » de Gregorius Richter (1658) et la mélodie de Johann Schoop (1642) du cantique Werde munter, mein Gemüte.

Fa (F), 16 mesures, C
BG. Jg. XXX. Page 190 (sans le texte). | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso.
BG. : Ce mouvement est parvenu à l’origine sans parole. On a pris la strophe 9 du cantique « Lasset ab von euren Tränen » de Gregorius Richter (1658) avec la mélodie « Werde munter, mein Gemüte » [de Johann Schoop, vers 1590-1667]. Renvoi à l‘ouvrage de James Lyon, et à l‘incipit de la mélodie M 162, page 284.
[Mélodie retrouvée avec différents textes dans BWV 55/4, 147/6 et 10), BWV 154/3, 244/40 (Passion selon saint Jean)… et sans les paroles de Rist ou de Richter dans les BWV 359, 360 et 1118
Le choral et la mélodie sont également dans le recueil « Erk’schen Sammlung II, n° 308 » sans introduction..

BOMBA : «…Se conformant à une longue tradition, la neuvième strophe du lied « Lasset ab von euren Tränen » de Gregorius Richter sera chantée dans cette enregistrement [Hänssler], adaptant ainsi le mouvement choral final qui nous a été transmis dénué de paroles.
Martin Petzoldt a récemment proposé d’y adapter le lied « Freu dich sehr, o meine Seele » présentant à l’appui de bons arguments théologiques ».
BOYER [ Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 268] : « Choral harmonisé avec mélodie de choral(MDC) 109
HOFMANN : «…On ne sait quelle est la source du choral conclusif puisqu’il nous est parvenu sans texte. La mélodie est traditionnellement associée au cantique Werde munter, mein Gemüte qui lui-même s’écarte du contenu. Parmi les différentes suggestion qui ont été faites au sujet du texte, la plus convaincante est celle du théologien et spécialiste de Bach, Martin Petzoldt qui propose comme texte prévu à l’origine la strophe Freu dich sehr, o meine Seele (Freiberg, 1620) ».
LABIE : «…Le manuscrit de cette cantate est incomplet et ne donne pas d’indication concernant le choral final. L’usage s’est établi de faire chanter par la communauté une strophe [la neuvième] du cantique de Johann Schop : Denn wer selig darin fähret (Celui qui s’en va dans la félicité) ».
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Seuls sont notés les instruments. La mélodie habituelle est celle du cantique Werde munter, mein Gemüte retrouvée dans les cantates BWV 55/5, 147/6 et 154/3.
[Renvoi à EKG 360 et à la mélodie de Johann Schop (1642) dont le texte Werde munter, mein Gemüte est attribué à Johann Rist 1642. Elle apparaît dans un recueil des « Frères bohémiens, 1661 ainsi que dans le recueil de cantiques de Gotha (1715) que Bach a pu connaître].

Soit la version de la Neue Bach-Ausgabe [NBA], après les recherches du musicologue Martin Petzold, qui a préféré éditer la première strophe du cantique Freud dich sehr, o meine Seele (Anonyme. Freiberg, 1620). La mélodie (1551) se retrouve dans les cantates BWV 13/3, 19/7, 25/6, 30/6, 32/6, 39/7, 70/7 et 194/6. [renvoi à EKG 319]. C’est ce texte qui est utilisé dans l’enregistrement d’Helmuth Rilling.
SCHREIER, Manfred : « Les 8 lignes de ce cantique sont présentées dans la forme avec barre de reprise : ab ab cd ae (= b’) A A B A ».

TEXTE : Freu Dich sehr, o meine Seele, / und vergiss all Not und Qual, / Weil dich nun Christus, dein Herre, / Ruft aus diesem Jammertal. // Aus Trübsal und großem Leid / Sollst du fahren in die Freud, / die kein Ohre hat je gehöret, / UND IN Ewigkeit auch währet.
Réjouis-toi fort, ô mon âme / oublie toute détresse et toute angoisse, / car maintenant, le Christ, ton Seigneur, / t’appelle hors de cette vallée de larmes. / Loin des tribulations et des grandes souffrances, / tu t’en iras dans la joie / que nulle oreille n’a entendue / et qui dure dans l’éternité.

Ou encore :
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte, page 80] : donne comme texte approprié la septième strophe du cantique de Joahann Rosenmüller ou de Johann Georg Albinus (1652) intitulé : Alle Menschen müßen sterben [renvoi au choral BWV 643, le n° 44 de l‘Orgelbüchlein. Voir EKG 329/7 et la cantate BWV 162/6] ainsi que la mélodie Werde munter, mein Gemüte, comme il est noté dans le Leipziger Gesangbücher à l’époque de Bach :
TEXTE : Ach, ich habe schon erblicket | Diese große Herrlichkeit ; | Jetzo werd ich schön geschmücket | Mit dem Weißen Himmelskleid ; | Mit der gülden Ehrenkrone | Steh ich da vor Gottes Throne, | Schaue solche Freude an, | Die kein Ende nehmen kann ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 146

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice de Brian Robins.
BRAATZ, Thomas : 11 mai 2001. Partition. Exemples tirés des mouvements 2. – Mouvement 3 (mesures 11 à 20) :mouvement ascendant à la mesure 13 ; le continuo imite la ligne vocale. - Mouvement 4 avec le motif de la douleur. – Mouvement 5 avec le motif des « larmes » (Schweitzer) aux mesures 4 à 6. – Mouvement 7 : les trilles du continuo sur les mots Wie will ich mich…»
CROUCH, Simon : Notice, 1996, 1998.
EMMANUEL MUSIC (Emmanuel Church, Boston. USA) : Notice de Craig Smith : curieux amalgame de musique instrumentale et vocale.
MINCHAM, Julian [BCW + NET jsbachcantatas.com] : The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 14. 2009- 2010.
ORON, Aryeh: Discussions 1] 6 mai 2001 – 2] 30 septembre 2007 – Prévision : 3 octobre 2010.
Mélodie et texte du choral : Thomas Braatz et Aryeh Oron, août 2005.

*ABER, Adolf : Werner Neumann. Literaturverzeichnis 12] Studien zu J.S. Bachs Klavierkonzerten. (Kantaten BWV 49, 146, 169, 188)
Bj. 1913
BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 146 = BC A 70.
*BACH-JAHRBUCH 1913. Adolf Aber : Studien zu J.S. Bachs Klavierkonzerten. Kantaten BWV 49, 146, 169, 188 / Etudes sur les concerto pour clavier de J.-S. Bach. Pages 5 à 30.
1975. Klaus Häfner : le cycle annuel de cantates de Picander, page 95. 1976. Werner Breig : Le Concerto pour violon en ré mineur de Bach, pages 9, 16, 17, 20, 21, 23 et 24. 1978 : Joshua Rifkin : A propos d’un mouvement lent d’un concerto de Bach, page146.
BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bac. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985.
Volume 1, pages 158, 622
Volume 2, pages 253, 274, 407, 408, 409, 418/419, 423, 427, 429, 449, 450, 724, 729
BOMBA, Andreas : Notices Hänssler / Rilling / edition bachakademie (volume 45). 2000
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 268/269
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 343 à 346
*BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 95 (121 et 233)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 362 ( 360 et 361)
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 37, 41, 529 à 531
: Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. Fayard 1998. Pages 295, 343
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 210/211
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 2, pages 267 à 270
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ». Renvois EKG 319, 360
FLORAND, François, O.P. : Jean-Sébastien Bach. L’œuvre d’orgue. Editions du Cerf. 1947. Page 41
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement SDG. 2005. Traduction française de Michel Roubinet
GEIRINGER, Karl : Jean-Sébastien Bach. Le Seuil 1966. Note 368 de la page 384
HARNONCOURT, Nikolaus [ Remarques sur l’exécution]. Teldec, volume 35. 1984
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98667). En collaboration avec Arthur Hirsch.
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores. W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 33
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 146, pages 29 et 137
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling ((Laudate 98667). En collaboration avec Marianne Helms.
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 44. 2008
LABIE, Jean-François : Le Visage du Christ dans la musique baroque. Fayard / Desclée 1992. Pages 429, 430, 434
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Page 94
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies Beauchesne. Octobre 2005. Pages 104 et 167. Page 284, incipit M 162 de la mélodie du cantique Werde Munter…
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs, VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971 Pages 161/162
Literaturverzeichnis : 12 (Aber), 50 (Schering), 62 (Siegele).
: Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Page 80
NYS, Carl de : Jean-Sébastien Bach. Collection « Génies et Réalités ». Hachette 1963. Page 288 (discographie).
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 165
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973 Pages 25, 32, 43, 97, 100, 132, 212, 229, 352, 359 et 475
PITROU, Robert : Jean-Sébastien Bach. Editions Albin Michel. 1955. Page 250
*SCHERING, Arnold: Werner Neumann. Literaturverzeichnis 50] : Beiträge zur Bachkritik. Bj. 1912, pages 124 à 133. Cantates BWV 141, BWV 142, 144, 146, 150, 188, 203 et 209
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973, pages 196/197
Literatur : Spitta. Schweitzer. Wolfrum II . Pirro. Parry. Wustmann. Wolff. Terry. Whittaker. Frotscher II. Moser. Neumann, etc.
BJ 18904. 1908. 1910. 1912. 1913. 1929. 1930. 1932. Bachfest 1930 (A. Heuß).
SCHREIER, Manfred : Notice de l’enregistrement Rilling / Erato 70857. Traduction de Carl de Nys. Juillet 1973-1975
[à nouveau qu’il soit permis d’insister sur la perfection exceptionnelle, tant de l’analyse musicale de la cantate que de l’explication de ses composantes théologiques parfois ardues à saisir par le lecteur ignorant du XXIe siècle !]
SCHUHMACHER, Gerhard : Notice du coffret Teldec / Das Kantatenwerk, volume 35 1984
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911. Page 130, 199, 252
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966
Volume 1, pages 411 (note).
Volume 2, pages 108, 345 et 462 (note)
*SIEGELE, Ulrich: W. Neumann.Literaturverzeichnis 62] : Kompositionsweise und Bearbeitungstechnik in der Instrumentalmusik Johann Sebastian Bachs (Diss. Tübingen 1957). Kantaten 29, 35, 49, 120a, 146, 169, 188
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 78 et 138
SUZUKI, Masaaki : Notes de la production. CD BIS, volume 44. 2009
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume1, pages 214, 229, 237, 241 et 261.
Volume 2, pages 98 à 104
WIJNEN, Dingeman von : Notice (sur CD, page 88) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : L’orgue dans les cantates de Bach. Coffret Teldec Das Kantatenwerk (volume 13). Pages 11/12
Notice de l’enregistrement de Ton Koopman, volume 15
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 118/119
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 140, pages 225/226
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 146

Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
7 références (mai 2001 à juin 2010) + 18 mouvements individuels (mai 2001 à avril 2010).
ORON, Aryeh : Exemples musicaux (avril 2003 à janvier 2005).

5] GARDINER (volume 24). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage. Schlosskirche. Altenburg, 14 mai 2000 Durée : 38’53.
CD Soli Deo Gloria 107. Distribution en France = juillet 2005. Avec les cantates BWV 12 et 103
3] HARNONCOURT (volume 35). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Soprano : Alan Bergious. Vienne, 1984. Durée : 37’49
Disque Teldec 6.35653-00-501-503. Das Kantatenwerk (volume 35). 1984
CD Teldec 4509-91762 2 Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume 8. Coffret de six CD avec les cantates BWV 138 à 162
CD Teldec 2292-42630-2. 19841989 (volume 35)
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise Warner Classics 8573-81166-5. 2007 (CD en volume séparé, volume 44)
6] KOOPMAN (volume 15). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Sibylla Rubens. Alto : Bogna Bartosz Ténor : James Gilchrist. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk, Amsterdam (NL). Novembre et décembre 2001. Durée : 35’50
CD Antoine Marchand Challenge Classics CC 72215. 2004. Avec les cantates BWV 110 et 28
4] LEUSINK, Pieter Jan. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. CD Brilliant Classics. Durée: 37’51
Bach Edition. 2000. CD Brilliant Classics. Volume 19 - Cantates, volume 10
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 16/92. Avec les cantates BWV 28 et 48
*1] PROHASKA, Félix. Choir & Orchestra of the Bach Guild. Soprano : Anny Felbermayer. Alto : Erika Wien. Ténor : Hugo Meyer-Welfing. Basse : Norman Foster. Vienne (Ost.) 1953.
Disque Vanguard Classics (USA) “Historical Anthology” | Bach Guild USA, n° 523 Avec la cantate BWV et sept chorals tirés de cantates pour Pâques
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Helen Donath. Alto : Martha Höffgen. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Hanns-Friedrich Kunz. Stuttgart, mars et avril 1973. Durée : 39’56
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98667
Disque Erato STU 70857. Les grandes cantate (volume 4). 1975
CD. Die Bach Kantate (volume 33). Hänssler Classic. Laudate 98884. 1982. Avec la cantate BWV 108
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 45). Hänssler-Verlag 92.045. 2000
7] Suzuki (volume 44). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Septembre 2008. Durée : 37’35
CD BIS-SACD 1791. Distribution en France = octobre 2009. Avec les cantates BWV 43 et 88

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 146
M-1. Mvt. 1] Hans Pflugbeil. Bach-Orchester Berlin. Disque Baroque Music Club « The Complete Orchestral Sinfonia ». Fin des années 1950 ou début des années 1960. Reprise CD vers 2000
M-2. Mvt. 1] Helmut Winschermann. Deutsche Bachsolisten. Décembre 1968. Disque Philips 1968 et reprise en coffret de cinq CD Philips Classics
M-3. Mvt. 1] Hans Joachim Rotzsch. Gewandhausorchester Leipzig. Thomaskirche Leipzig, juin 1975. Orgue Edward Power Biggs. Disque Eterna (D) et reprise CD Sony Classical
M-4. Mvts 1 et 2] Jean-François Paillard. Orchestre de chambre Jean-François Paillard. Orgue : Transcription de Marie Claire Alain. Saint-Donat (France), mai 1977. Disque Erato
M-5. Mvt. 7] Arrangement pour cuivres et orgues par Douglas Major. The Empire Brass. A Bach Festival. CD EMI 1986
M-6. Mvt. 7] Richard Kapp. Philarmonia Virtuosi of New York. CD RCA, février 1993
M-7. Mvt. 7] European Brass Quintett. Arrangement. CD Pavane Records. 1993 ?
M-8. Mvt. 1] Takashi Baba. La Stravaganza Köln. Quatre ouvertures et deux Sinfonias. Octobre 1994. CD Denon « Deutschland Radio »
M-9. Mvt. 7] Brassissimo Vienna (Brass Quintet). Arrangement pour trompettes, cors, timbales, hautbois, basson et B.c. 1994 CD Brassissimo
M-10. Mvt. 1] Jan Willem de Vriend. Combattimento Consort Amsterdam. Concerto en ré mineur d’après le concetto BWV 1052. CD Bona Nova. Mars 1995
M-11. Mvt. 7] Florida State Brass Quintet. Arrangement. CD Crystal. 1997 ?
M-12. Mvt. 7] Duo. Transcription pour trompette et orgue. Thierry Caens et Vincent Warnier. Février 1998. CD Pierre Verany. 1999
M-13. Mvt. 8] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester.
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Juin 1999. Bach Edition. 2000. Volume 17. Œuvres vocales volume 2 Sauf erreur, cet enregistrement n’a pas été repris dans la Bach Edition 2006 ?
M-14. Mvt. 8] T. Herbert Dimmock. Haendel Choir of .Baltimore (USA). Décembre 1999. CD Brioso. « Christmas »
M-15. Mvt. 2] Joan Lippincott. Arrangement pour orgue. Princeton (USA). 2001. CD Gothic 49130
M-16. Mvt 1] Jonathan Plowright. Arrangement (Walter Rummel) pour piano. Juillet 2005. CD Hyperion
M-17. Mvt. 1] Florilegium. J.S. Bach Cantatas. Deventer (NL). 26 et 28 septembre 2005. CD Channel Classics CCS SA 23807
M-18. Mvt. 1] Sinfonia in D minor. Hans Christoph Rademann. Akademie für Alte Music. Berlin. Concert pour l’unité allemande. Berlin, 3 octobre 2008. CD Medici Arts 2057408

Sans référence précise :
Mvt. 1] Kurt Redel et orchestre. Pierre Cochereau (orgue). Sinfonia. Enregistrement années 1970-1980 ?
Mvt. 7] POZNY, Zoltan. Power Bigs. Orchestre de chambre Columbia ?

 

Contributed by Claude Role (November 2010)

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Last update: ýNovember 15, 2010 ý02:18:09