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Cantata BWV 143
Lobe den Herrn, meine Seele [II]
Commentary in French

1er janvier ? NEUJAHR. Weimar ca 1708-1714)

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2008). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les « interventions « CR » signalées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (éditin d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande.

 

DATATION BWV 143

Date incertaine. Accord général sur une composition remontant à l’époque de Weimar, un jour de l’An, entre 1708 et 1714
HIRSCH: Classement CN 7 (Die chronologisch Nummer)

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, pages 253, 457]: ca 1729-1735 (1750) ? Peut-être le 1er janvier 1735 avec BWV 248/4
BCW: Mühlhausen ou Weimar, 1708-1714 (douteux). Mühlhausen 1708-1714 ?
BOMBA: vers 1708-1714 ? «…En tout et pour tout, on peut en conclure que la cantate fut créée entre les années 1708 et 1714 environ lors de l’installation de Bach à Weimar ; il est permis de supposer qu’elle fut exécutée à Köthen où Bach n’avait dû exécuter de cantates que pour deux occasions adaptées à ce genre de musique pour l’anniversaire du Prince Léopold le 10 décembre et pour la fête du Nouvel An ».
NYS, Carl de [Notice de l’enregistrement Rilling / Erato, volume 6. Octobre 1975]: « A mesure que se poursuivent les investigations de caractère de plus en plus précis et scientifique sur l’œuvre de Bach, de nouveaux problèmes sont découverts. C’est le cas en particulier pour la cantate BWV 143 pour le Nouvel An, c'est-à-dire liturgiquement parlant pour la fête de la Circoncision du Seigneur (ou le nom de Jésus). Il faut savoir que l’œuvre n’est connue que par des copies du siècle dernier [19e siècle], qu’il n’y a donc aucun manuscrit du temps de Bach. Spitta avait pensé qu’il s’agissait d’une cantate de la fin de la vie de Bach ; mais cela est exclu depuis que nous connaissons bien la chronologie exacte d’un grand nombre d’œuvres et donc de l’évolution de son style. Tout au contraire, il ne peut s’agir que d’une œuvre de jeunesse - s’il s’agit bien d’une cantate de Bach - En effet, le musicologue américain William H. Scheide a récemment émis des doutes sur l’authenticité de l’œuvre. En écoutant cette cantate, comme en lisant la partition, on peut d’ailleurs se poser des questions, en particulier sur une harmonie un peu conventionnelle au regard des autres compositions que nous connaissons de l’époque de Mühlhausen et Weimar. Il est vrai qu’il y a au moins un rapprochement avec une œuvre connue de Bach ; le thème presque identique de l’aria de basse n° 5 avec la cantate BWV 71, sur des paroles presque identiques… ».
SCHUHMACHER: «…Les circonstances ayant donné naissance à la composition de l’œuvre, sa genèse, son exécution du vivant de Bach sont autant de points qui restent dans une large mesure non éclaircis. Aux hypothèses, émises par Spitta et Schering, selon lesquelles l’œuvre aurait été jouée le jour de l’an 1735 s’oppose l’exécution, prouvée, de la quatrième cantate de l’Oratorio de Noël ce jour-là… du point de vue stylistique, l’œuvre devrait se situer entre la cantate BWV 71 (1708)… et les cantates de 1714, dans lesquelles s’opèrent un changement de style ; étant donné que Bach y utilise les cors l’œuvre a vraisemblablement vu le jour vers l’époque de la Cantate de chasse BWV 208 (1713). Ailleurs, Bach se sert, pour exprimer la royauté de Jésus, de l’écriture de trompettes à trois avec timbales, conformément à l’emploi privilégié des trompettes pour symboliser les souverains. La configuration du continuo ainsi que cette utilisation précoce des cors parlent nettement en faveur de la paternité musicale de Bach… » ».
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome 2, pages 686-687]: «...En ce qui concerne la cantate « Lobe den Herrn, meine Seele », en l’absence complète de quelques autographes que ce soit, il est difficile de statuer sur sa date, sauf une évidence interne. L’explication est dans l’air de ténor faisant allusion à une grande guerre qui s’était déclarée mais dans laquelle la Saxe n’était pas impliquée, ceci indiquant une période postérieure à 1723-1730 car ,durant ces années, l’Europe était en paix ».
WOLFF: «…Cantate dédiée au jour de l’an, mais son authenticité en tant qu’œuvre de Bach est incertaine. L’œuvre ne subsiste ni dans les sources originales, ni dans celles du cercle immédiat de Bach. Le plus ancien, et le seul manuscrit qui reste est daté de 1762, mais la cantate elle-même date d’avant…»
[BASSO, SCHWEITZER, SPITTA, WHITTAKER: Cantate écrite vers 1730-1735]

 

SOURCES BWV 143

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Pas de sources connues

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 475]: «…Les sources originales font défaut concernant la cantate BWV 143, l’une des deux cantates portant ce même nom avec BWV 69.
[Note 12, page 845]: Après la publication du volume IV de la NBG, supervisé par Werner Neumann qui a fait usage de deux sources du 19e siècle, sont venues à la lumière dans la Kirchen-Ministerial-Bibliothek de Celle deux copies de la partition faisant partie du legs de l’organiste de Celle, Heinrich Wilhelm Stolze (1808-1868), l’une d’elle portant justement la date de 1762.
Il est bien difficile de dater cette œuvre, destinée à la célébration du jour de l’An ; on a émis quelques réserves concernant son authenticité et il s’est trouvé plus d’un commentateur pour estimer qu’il fallait la ranger au nombre des œuvres de jeunesse (récemment Alfred Dürr a proposé les années comprises entre 1708 et 1713). La date de 1734-1735 avancée par Spitta n’a plus cours, d’autant qu’elle est contredite par la présence des cantates constituant le Weinachts Oratorium, mais il faut tout de même noter que si l’on adopte la thèse de Dürr, cette cantate serait la seule que le Konzertmeister aurait écrite à Weimar avant qu’il ne soit officiellement chargé, à dater du 2 mars 1714, de composer et d’exécuter chaque mois un neue Stück. En l’absence de preuves plus convaincantes, il me paraît plus raisonnable de continuer à dater cette œuvre de l’époque de Leipzig et à la rattacher à ce groupe de compositions qui peuvent avoir concouru à former la cinquième année ».
[Alberto Basso en tient donc pour une période allant de 1729 à 1735, malgré Alfred Dürr et l’opinion de la musicologie contemporaine, c'est-à-dire celle des années 1970 - 2000. On ajoutera une remarque relative aux chorals: Comment ne pas s’étonner de voir en une seule cantate exploité si habilement le cantique de Jakob Ebert sous trois élaborations différentes toutes travaillées de façon particulière, tant instrumentale que vocale (manière parfois pratiquée à Leipzig), une particularité paraissant témoigner dala cantate BWV 143 d’un savoir faire ou si l’on veut d’une « maturité » dont on ne connaît d’autre exemple à Weimar ou Mühlhausen. Et malgré une harmonie jugée conventionnelle par William Scheide » on s’interrogera encore sur la présence simultanée et à tout le moins exceptionnelle de trois pupitres de corni da caccia à la petite cour de Weimar vers 1708-1713…éventualité qui pouvait quand même s’offrir plus aisément à Leipzig avec la permutation possible entre les pupitres en charge des vents...]
ISOYAMA: « Même si l’on attribue à Bach la cantate du jour de l’an, de nombreuses incertitudes entourent cette œuvre. La cantate nous a rejoints grâce à un manuscrit datant de 1762 et certains de ses aspects ne ressemblent pas tellement à son style…»
WIJNEN: « La cantate BWV 143 aurait été écrite en 1735, mais à partir de matériaux plus anciens…»

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues

COPIES XVIIIe - XIXe SIÈCLES = ABSCHRIFTEN 18. Jh u. 19. Jh.
Schmieder donne : Partitur, BB (Preußische Staats-Bibliothk Berlin. Musikabteilung) Bach P 459 [?]

BASSO: Des quatre copies existantes de la partition, la plus ancienne date de 1762 [copiste inconnu et date peut-être « approchée ?] et les trois autres du XIXe siècle.
BCW: Détails sur les copies du 19e siècle
1] Copie datée du 20 septembre 1836 d’un rédacteur inconnu et destinée au collectionneur Franz Hauser [(1794-1870). Musicologue, l’un des fondateurs de la BG]
2] Autre copie par A. Werner apparemment tirée de celle ci-dessus, destinée au collectionneur Josef Fischlof.
BG: « une copie à la bibliothèque royale de Berlin ».
Werner Neumann en 1970 ne donne pas cette référence ni d’ailleurs celles des copies 18e et 19e siècles.
WOLFF: unique copie manuscrite datée de 1762

ÉDITIONS

SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BG Jg. XXX (30e année - BWV 141-150). Pages 45-74. Préface de Paul Graf Waldersee (1884)

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 4. KANTATEN ZU NEUJAHR UND ZUM SONNTAG NACH NEUJAHR
Bärenreiter Verlag BA 5024. 1965-2/1986. 4 fac-similés.
BWV 143. Pages 167-198
Avec BWV 190, 41, 16, 171, 153, 58, anh. 58
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5024 41. 1964. W. Neumann. Herausgegeben vom W. Neumann 1965
Partition NBA dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk [Vol. 35]. 1984

AUTRES ÉDITIONS
BCW: Exemples musicaux
Breitkopf & Härtel : Partition PB 2993
Voix et piano EB 7143
Réduction chœur et piano Ch B2182 et ChB 4643 (2008)
NET. ENMD de Grand et Petit Couronne. Chant et piano (mise à jour 2006).

 

PÉRICOPE BWV 143

Nouvel An
Épître: Galates. 3, 23-29 [PBJ 1723]: « Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ… »
Évangile: Luc 2, 21 [PBJ 1536]. Circoncision de Jésus

EKG (lectures)
Introït: Épître aux Colossiens 3, 17 [PBJ 1741: « Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père !
Psaume 8 [PBJ 808]: « Yahvé, notre Seigneur, qu’il est grand ton nom par toute la terre…»
Cantique 39: Jesu, nun sei gepreiset (Johann Herman (1593)
Épître: Galates. 3, 23-29 [PBJ 1723]: « Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ… »
Évangile: Luc 2, 21 [PBJ 1536]. Circoncision de Jésus

 

TEXTE BWV 143

L’auteur du texte est inconnu

1] Psaume 146, 1 [PBJ 937-938]. Citation textuelle du premier verset. Hymne au Dieu secourable.
Psaume mixte: hymne aux versets 1, 2 et 10. Éléments didactiques aux versets 3 à 9. Yahvé, tout-puissant et roi à jamais, protège tous les déshérités de ce monde.
Renvoi au psaume 103, 1 débutant par la même exhortation: « Bénis Yahvé, mon âme »
2] Cantique (Francfort-sur-Oder, 1601) de Jakob Ebert (1549-1614), en sept strophes Du Friedefürst, Herr Jesu Christ, strophe 1
Le texte, selon James Lyon, renvoie à Isaïe 9, 5-6 [PBJ 1111]: « Car un enfant nous est né… Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père-éternel, Prince de la Paix, etc. ». Ce dernier fragment « Prince de la Paix » est cité précisément dans la cantate..
Mélodie composée par Bartholomäus Gesius (Francfort-sur-Oder 1562-1613)
[Utilisation : voir BWV 67/7, texte et mélodie), BWV 116/1 et 6 (texte et mélodie), BWV 1102/ choral Neumeister].
[EKG 391, cinq strophes, avec la mélodie de Bartholomaüs Gesius].
3] Psaume 146, 5. Citation textuelle du verset
4] Auteur inconnu
5] Psaume 146, 10. Citation textuelle du verset 10
6] Auteur inconnu
7] Lied de Jakob Ebert (1601). Du Friedfürst, Herr Jesu Christ, strophe 3.

On retrouve Isaïe 9, 5-6 [PBJ 1111] avec la citation du « Prince de la Paix, etc. »
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 475/476]: « Le texte est d’un auteur inconnu dont l’apport personnel s’est limité à composer des vers pour les deux arias, n° 4 et 6, en utilisant pour les autres numéros trois passages du psaume 146 (n° 1 = vers . 1 ; n° 3 = vers. 5 ; n° 5 = vers. 10) et deux strophes du choral Du Friedefürst, Herr Jesu Christ de Jakob Ebert (1601), respectivement la première dans le n° 2 et la troisième dans le n° 7. La réalisation musicale est à l’enseigne de la diversité: les trois versets de psaume sont successivement traduits par un bref chœur essentiellement homophone, par un récitatif secco du ténor d’une extrême simplicité et par une aria de la basse, aux caractéristiques déclamatoires.
BG: « Le cantique « Du Friedefürst, Herr Jesu Christ de Maître Ludwig Helmbold, superintendant à Mühlhausen (1529-1598), versets 1 et 3. [Le texte est ici faussement attribué- en 1884 - à cet auteur ; il revient en fait à Jakob Ebert]
BOMBA: «…Différentes caractéristiques au niveau du style, une certaine simplicité dans le raisonnement musical et dans son exécution, la transmission déficiente -une seule copie après la mort de Bach - la structure du texte ainsi que le manque de référence à l’Évangile du jour, tous ces aspects ont toujours été à l’origine de spéculations en ce qui concerne la paternité de l’œuvre qui est attribuée à Bach. En premier lieu, il faudrait citer la combinaison du psaume et du choral ; elle fait passer la poésie libre en arrière-plan, et aux endroits où le librettiste inconnu signale au moins l’occasion pour laquelle ce texte a été composé et exécuté, à savoir la nouvelle année, comme dans le mouvement 6, Bach écrit la mélodie choral dans tous les registres des cordes…»
NYS, Carl de: «…Le texte est formé d’extraits de l’Écriture… et de compositions libres, les n° 4 et 6 dont l’auteur n’a pu être identifié ; ces derniers font allusion, semble-t-il, à des événements dramatiques comme des invasions et des guerres, à moins qu’il ne s’agisse du langage imagé et fortement exagéré de beaucoup de livrets baroques. Il est en tous les cas difficile d’en conclure à telle ou telle époque précise en Saxe [sauf vers les années 1740].
POMMER: «…Le texte est composé d’une part du psaume 146 et d’autre part du lied de Jakob Ebert « Du Friedefürst, Herr Jesu Christ. Le chœur initial, lapidaire, est composé sur le début du psaume. Il est suivi d’un arrangement pour soprano de la première strophe du choral, accompagné par un violon solo et continuo. Après un court recitativo secco, vient un air pour ténor sur des paroles librement composées « Tausendfaches Unglück ».
WOLFF: «…L’auteur du texte est inconnu. Les versets librement composés se limitent aux mouvements 4 et 6. Les mouvements 1, 3 et 5 citent les versets 1, 5 et 10 du Psaume 146 ; les textes du mouvement 2 et du chœur conclusif sont basés sur le Lied « Du Friedefürst, Herr Jesu Christ » de Jakob Ebert (1601); sa mélodie est aussi reprise instrumentalement dans l’aria n°6. La forme unique de ce texte suggère que la cantate fut créée autour, ou avant 1710… il est tout de même difficile de trouver des critères convaincants permettant d’attribuer cette cantate de façon sûre à Bach ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 143

POMMER: «…Peut-être [Première hypothèse] l’arrangement [vers 1735 ?] d’une cantate composée à l’origine pour trois trompettes. Elle aurait pu être aussi composée lors du déclin du jeu de clarino dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle
[Deuxième hypothèse]: « La cantate BWV 143 est prétexte à certaines considérations. Ainsi qu’Alfred Dürr le souligne, sa strsimple ferait même douter de son authenticité, ainsi que le fait qu’il n’en existe que deux copies datant toutes les deux du dix-neuvième siècle. De toutes les façons nous nous trouvons ici en présence d’une œuvre de jeunesse composée avant 1714 ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach, le musicien-poète]: «…Quelques-unes [des cantates] sont manifestement de l’année 1735, à en juger par les allusions aux événements contemporains qu’elles contiennent, en particulier à la guerre de la succession de Pologne qui battait alors son plein en Italie et sur les bords du Rhin. La Saxe n’y fut pas mêlée… aussi dans la cantate BWV 143, l’année écoulée qui apparaît féconde en calamités pour les pays voisins, est-elle célébrée comme une année de paix et de bénédiction pour la Saxe ».
SCHUHMACHER: «…Par sa concision de structure, l’œuvre renferme des références stylistiques au motet (n° 1 et 7), à l’air de style plus ancien (n° 4, 5) et au concert spirituel (n° 2 et 4)

 

DISTRIBUTION BWV 143

NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Horn I-III (corno da caccia), Pauken ; Fagott ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: S, T, B. Chor : S, A, T, B. Corno da caccia I, II, III ; Fagotto ; Timpani ; Viol. I, II; Vla; Continuo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 475]: «…Le premier et le troisième de ces morceaux, de même que le chœur final, recourent à un appareil instrumental insolite, caractérisé par la présence de trois cors da caccia et timbales (cas unique dans la production de Bach. A cette triade constituée de numéros impairs s’oppose celle formée des numéros pairs, dans laquelle le rôle instrumental est confié aux cordes : le n°2 recourt à un violon concertant, le n°4 emploie violons et altos, le n°6 ajoute aux cordes une partie obligée de basson. Le premier et le dernier de ces morceaux sont des élaborations de choral : dans le premier, la mélodie est entonnée par un soprano, dans le second le cantus firmus est réalisé en harmonisation à trois parties par les violons I et II et l’alto ».
BOMBA: «…unique cantate pour laquelle Bach exige trois cors. Ils apportent l’éclat et illustrent le pouvoir royal dans les mouvements extrêmes ainsi que l’air de basse [5]…»
NYS, Carl de: «…C’est la seule cantate connue de Bach qui fait appel à trois cors (corni da caccia, c'est-à-dire probablement des trompes de chasse qui étaient encore en usage en Allemagne dans la première moitié du XVIIIe siècle). Ces timbres donnent une couleur assez inattendue à plusieurs mouvements de l’œuvre… »
POMMER: «…La composition de l’orchestre, cordes et bassons auxquels viennent s’ajouter trois cors « da caccia » et des timbales est étrange et unique dans l’œuvre de Bach. L’œuvre dans cette forme présente serait-elle un arrangement d’une cantate composée à l’origine pour trois trompettes ? Elle aurait pu avoir été composée lors du déclin du jeu de clarino, dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Dans le même contexte, une transposition un ton plus bas est tout à fait imaginable ».
WESTRUP: «…Quand Bach utilise des groupes d’instruments à vent, ce sont généralement trois trompettes, deux cors (un exemple unique dans BWV 205/1), deux flûtes, deux ou trois hautbois (éventuellement des hautbois da caccia ou d’amour). Un seul exemple d’utilisation de deux bassons se trouve dans le « Quoniam tu solus » de la Messe en si (BWV 232). Quatre trompettes sont requises dans les cantates BWV 63 et 119 (œuvres festives) et trois cors, uniquement, dans la cantate BWV 143/5. Il est à présumer que Bach put utiliser ces possibilités selon l’opportunité [des musiciens disponibles].
WOLFF: «…Les forces vocales utilisées sont un classique des cantates de Bach, alors que l’arrangement instrumental, avec ses trois cors, timbales et cordes, n’apparaît nulle part ailleurs dans les œuvres de Bach. Mais étant donné ses qualités générales, ceci n’est pas une raison suffisante pour douter de l’authenticité de l’œuvre. D’un autre côté, il est tout de même difficile de trouver des critères convaincants permettant d’attribuer cette cantate de façon sûre à Bach ».

 

APERÇU BWV 143

1] CHORSATZ. BWV 143/1

LOBE DEN HERRN, MEINE SEELE.
Loue l’Éternel, mon âme !
- Psaume 146, 1

Si bémol majeur, 35 mesures, 3/4
BG Jg. XXX. Pages 45-52
NEUMANN. Ensemble instrumental. Orchestre avec forme ritournelle. Parties de choeur homophone et en imitations
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso ; Corno de caccia I, II, III, Timp.; Fag.; Viol. I, II, Vla.; Cont.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]: « Ritournelle d’orchestre indépendante. Élaboration de choral de type VI (chorals solistes) ».
ISOYAMA: «…Le premier mouvement est un chœur en si bémol majeur qui danse dans un 3/4 animé. Tandis que les instruments à vent jouent des fanfares pleines d’entrain, le chœur reste dans une homophonie plus majestueuses…»
NYS, Carl de: «…Le premier chœur est dominé par la sonorité des instruments et fait songer, à l’originalité de l’harmonie en moins, au début de la cantate BWV 71…»
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Les mélodies simultanées, pages 129-130]: «…Pour dire l’unanimité du sentiment d’amour que Jésus a suscité, il fait chanter à chaque voix le même motif… mais elles ne le profèrent pas simultanément, le redisent au contraire, l’une après l’autre, en un canon rigoureusement observé… Par l’emploi de cette forme qui oblige strictement, Bach a voulu symboliser la dépendance parfaite de l’âme que le Seigneur possède… Ce procédé d’imitation reparaît dans les chœurs de louanges, avec plus de brillant et moins de formalisme… Bach répète à toutes les voix ces grands traits lyriques par lesquels il caractérise habituellement, les sentiments d’allégresse. Les vocalises se déploient et redisent, à chaque partie, la même jubilation dans les chœurs initiaux des deux cantates [BWV 69 et 143] qui débutent par ces paroles : « Mon âme moue le Seigneur » [+ exemple musical entrée du chœur - mesures 8 et 9 - BG XXX, page 46].
SCHWEITZER [J.-S. Bach, le musicien-poète- Le langage musical des cantates]: «…Ces thèmes hybrides exprimant une félicité quelque peu exubérante sont très fréquents dans les œuvres du maître. D’autres fois, le motif est rendu plus vivant par des gammes et revêt alors la forme que nous rencontrons par exemple dans la cantate BWV 143/1 » [+ Exemple musical, au continuo, mesures 1 à 5].
WIJNEN: «... brève mais inoubliable ouverture au choeur…»

2] CHORALBEARBEITUNG. SOPRAN. BWV 143/2

DU FRIEDEFÜRST, HERR JESU CHRIST, / WAHR’ MENSCH UND WAHRER GOTT, / EIN STARKER NOTHELFER DU BIST / IM LEBEN UND IN TOD ; / DRUM WIR ALLEIN / IM NAMEN DEIN / ZU DEINEM VATER SCHREIEN.
Seigneur Jésus-Christ, prince de la paix, / Homme véritable et Dieu véritable, / Tu nous apportes ton puissant salut / Dans la vie et dans la mort ; / C’est pourquoi nous voulons, / En ton seul nom, / Elever nos cris vers ton Père.

Cantique de Jakob Ebert (1601)

Si bémol majeur, 37 mesures, 4/4
BG Jg. XXX. Pages 53-54
NEUMANN. Forme de trio. Violons, Soprano et basse continue
SCHMIEDER. Sopr.; Viol., Cont.

BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]: « Mélodie de choral 022
[Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 70, 74]: Elaboration de type VI sur mélodie de choral 022. Choral pour soprano solo avec une figuration violon obligé et de la basse continue, technique reprise pendant les années de maturité [de Bach].
«… le cantus firmus s’est longtemps glissé à l’intérieur même d’une trame polyphonique et constituait la « teneur liturgique ». Les premiers compositeurs de cantiques continuaient à confier au ténor l’exposé de la mélodie de choral. En valeurs longues. Ce n’est que progressivement que la mélodie de choral trouve sa place habituelle au superius, à la fois pour des raisons d’ordre pratique (l’oreille saisissant mieux une mélodie dans l’aigu) et à la fois pour des raisons d’ordre historique : l’envahissement progressif du chant d’église par l’aria de facture italienne, fondée sur la monodie accompagnée. Le choral harmonisé se rapprocha de l’aria… »
ISOYAMA: « Choral en 4/4 dans la même tonalité [que 1] dans lequel le soprano chante une mélodie presque dépourvue d’ornements tandis que les violonet le continuo enrichissent la ligne ».
NYS, Carl de: «…Bach présente une sorte de choral figuré, la mélodie étant confiée à la voix de soprano, qui forme un trio avec les violons à l’unisson et la basse continue…»
WIJNEN: «…la soprano solo, accompagnée par un violon solo nous offre le choral « Du Friedefürst, Herr Jesu Christ »
[Mélisme sur le mot « Vater - Père », aux mesures 26 à 29].

3] REZITATIV TENOR. BWV 143/3

WOHL DEM, DES HILF DER GOTT JAKOBS IST, DES HOFFNUNG AUF DEM HERRN, SEINEM GOTT, STEHET.
Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, / Qui met son espoir en l’Éternel, son Dieu.
- Psaume 146, 5

Mi bémol majeur - ut mineur, 5 mesures, 4/4
BG Jg. XXX. Page 54
NEUMANN. Récitatif secco
SCHMIEDER. Ten., Cont.

4] ARIE TENOR. BWV 143/4

TAUSEND FACHES UNGLÜCK, SCHRECKEN, / TRÜBSAL, ANGST UND SCHNELLEN TOD, / VÖLKER, DIE DAS LAND BEDECKEN, / SORGEN UND SONST NOCH MEHR NOT / SEHEN ANDRE LÄNDER ZWAR, / ABER WIR EIN SEGENSJAHR.
Le malheur [traduction contestable: « de mille manière ou par milliers » serait préférable], l’effroi, / L’affliction, la peur et la mort violente, / L’invasion de leur sol par d’autres peuplades, / Alarmes et bien d’autres misères / Voila le sort d’autres pays, / Alors que nous, nous avons une année comblée de bénédictions.

Ut mineur, 32 mesures, 4/4
BG Jg. XXX. Pages 55-58
NEUMANN. Cordes, Ténor, basse continue (+ basson). Forme bipartite
SCHMIEDER. Ten.; Viol. I, II, Vla., Cont. (Fag. Col Cont.)

BOMBA : «…le texte de ce mouvement pourrait très bien être issu de cantates d’hommage usuelles, la voix mouvementée des cordes illustrent ici le malheur au centuple… »
DÜRR: « Figurations (martèlement de la partie de Viola) sur les mots « unglück », « schrecken », « Trübsal » et « Angst und schneller Tod ». Caractère dramatique de style ancien et archaïque ».
ISOYAMA: «…les cordes graves et le continuo représentent l’état désordonné des nations qui ne mettent pas leur confiance en Dieu tandis que les violons décrivent avec un thème de triolets, celles qui le font…»
NYS, Carl de: «…Aria de ténor avec les cordes dépeignant les horreurs auxquelles doivent échapper ceux qui assistent au culte… caractère assez dramatique contrastant avec le caractère éclatant de la brève aria suivante…»
WIJNEN: «…Le ténor se plaint, dans une aria remplie de figurations, de mille malheurs « Tausendfaches » qui frappent tant d’autres pays alors que l’heureux auditeur de Leipzig peut s’attendre à une nouvelle année de bonheur…»
[Point d’orgue remarquable, à deux reprises, sur le mot « Jahr - année », mesures 24 et 27]

5] ARIE BAß. BWV 143/5

DER HERR IST KÖNIG EWIGLICH, DEIN GOTT, ZION, FÜR UND FÜR.
L’Éternel est roi pour l’éternité ; ton Dieu, ô Sion, / Subsiste à travers les âges [pour toujours].
- Psaume 146, 10

Si bémol majeur, 50 mesures, 3/4
BG Jg. XXX. Pages 59-62
NEUMANN. Parie de vents. Cors I-III, timbales, basse continue (+ basson). Baß. En partie « arioso »
SCHMIEDER. Basso ; Corno da caccia I, II, III, Timp., Fag., Cont.

BOMBA : «…Par contre le mouvement 5 rappelle la cantate de l’élection du Conseil de Mühlhausen BWV 71 de par sa forme en dialogue interprété^par les registres vocaux et les instruments ainsi que de part les motifs employés…»
DÜRR: Avec son instrumentation, cette section renvoie à la cantate BWV 71
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs] «…Les mots „Der Herr ist König“ [soulignés par les trois cors et timbales] sont répétés à trois reprises (mesures10, 27, 29) = Gloire et majesté. « Vents et timbales racontent la majesté de Dieu » écrit Whittaker.
[Longue tenue sur le mot « ewiglich - éternellement » (mesures 11 à 18 avec pas moins de 55 notes !] ; de même sur « für und für » (mesures 39-43) et mélisme sur « Zion » (mesures 35-37]
ISOYAMA: «…L’énergique proclamation que « le Seigneur est Roi pour toujours » est enrichie par les cors et la percussion. On trouve ici une forte ressemblance avec le premier chœur de la cantate BWV 71… et il se pourrait qu’il soit l’une des sources du matériel de ce mouvement…»
NYS, Carl de: «…D’un caractère éclatant, aria dans laquelle la royauté de Dieu est fortement affirmée par la basse - on remarquera de longues tenues - et soulignées encore par les interventions du groupe des trois « cors » avec les timbales ; elles sont ici traitées comme des trompettes, ce qui renforce encore la thèse de trompes de chasse.
PIRRO [L’esthétique de Jean-Sébastien Bach - Formation des motifs, pages 49-51]: «…Les thèmes où Bach met successivement en œuvre les principales consonances renfermées dans l’octave accompagnent généralement des textes qui glorifient la toute puissance… sortes d’arpèges correspondant à l’idée de totalité, de plénitude… Les mots superbes revivent ainsi comme dans une musique de guerre stridente [ici les timbales] qui évoque des visions étincelantes. Renvoi à BWV 71/1 avec son motif sur les premières paroles, en analogie de texte avec BWV 143/5]… motif qui reparaît dans BWV 143 » [+ Exemple musical page 51, BG XXX, page 59].
[L’orchestration, page 237]: «Le basson, assez souvent employé pour donner plus de force à la basse… Dans la cantate BWV 143, Bach se sert du basson pour jouer la basse en cet air accompagné de trois corni da caccia…»
POMMER: «…Le magnifique air pour basse évoque, de par son texte et son motif arpégé, la cantate BWV 71. L’instrumentation elle aussi, 3 cors, timbales et continuo - rappelle une phrase avec trois trompettes de BWV 71 ».
WIJNEN: «…radieuse aria de basse soutenue par une royale fanfare de trois cors et timbales…»

6] ARIA TENOR (+ CHORALBEARBEITUNG). BWV 143/6

JESU, RETTER DEINER HERDE, / BLEIBE FERNER UNSER HORT, / DAß DIES JAHR UND GLÜCKLICH WERDE, / HALTE WACHT AN JEDEM ORT, / FÜHR, O JESU, DEINE SCHAR, / BIS ZU JENEM NEUEN JAHR !
Jésus, sauveur de tes ouailles, / Continue à être notre refuge, / Afin que cette année nous soit prospère, / Monte la garde en ce lieu, / Guide, ô Jésus, la légion de tes fidèles / Jusqu’à l’année nouvelle.

Sol mineur, 40 mesures, 4/4
BG Jg. XXX. Pages 62-65
NEUMANN. Ténor, cantus firmus instrumental (cordes à l’unisson), basse continue (+ basson) en alternance
SCHMIEDER. (Arie mit Choralmelodie). Ten., Fag. ; Viol. I, II, Vla., Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 476]: «…le cantus firmus est réalisé en harmonisation à trois parties par les violons I et II et l’alto..; »
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 69-70]: Élaboration de choral de type V et citation d’un choral en avant-dernier numéro de cantate (renvois à BWV 12, 31, 163, 137): «…volonté expresse de Bach de^préparer, par une annonce instrumentale, le dernier numéro [ici le 7] où la mélodie de choral est exposée vocalement… Présentation instrumentale de la mélodie par les cordes tandis que le ténor chante un air indépendant. Il faut encore remarquer que le basson et le continuo ont également des parties différentes de l’ensemble, ce qui fait de cette page un véritable quatuor ».
DÜRR: «…Image remplie de charme avec le continuo, le basson, la basse rythmant quasi « ostinato, le ténor développant sa mélodie tandis que les cordes à l’unisson exposent la mélodie du choral à l’octave ».
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs] «…Mélisme sur „Schar - légion“ avec 48 notes consécutives, mesures 28 à 31. [On peut ajouter les mots « retter - sauveur » (18 notes aux mesures 6 et 7), « Halte - garde » (37 notes, mesures 20 à 24) et « bleibe - continue » (15 notes, mesures 10 à 12).
ISOYAMA: «…peut-être le mouvement le plus charmant de la cantate. Le cours libre du texte, qui supplie Jésus de rester notre refuge, prie pour le bonheur de la nouvelle année. Le basson et le continuo en duo entourent le ténor, créant une structure de trio à l’ancienne mode. Au fond, les cordes et les anches de l’orgue (jeu de Vox humana) jouent la mélodie du choral…»
NYS, Carl de: «…ce sont les cordes à l’unisson qui exposent le thème du choral qui avait été chanté par le soprano ».
POMMER: « L’air est un mouvement à la tessiture complexe. Continuo et bassons se complètent dans des mouvements de gammes rarement interrompues dont le chant tire lui aussi un peu de sa subs».
WHITTAKER [The Cantatas of Johann Sebastian Bach, volume 2, pages 70-71]: Chorals dans des arias. Renvois à BWV 4/6, 19/4, 31/8, 101/4137/4, 161/1

7] CHORALCHORSATZ (Chor und Choral). BWV 143/7

ALLELUJA ! GEDENK, HERR JESU, AN DEIN AMT, / DAß DU EIN FRIEDFÜRST BIST, / UND HILF UNS GNÄDIG ALLESAMT / JETZT UND ZU
DIESER FRIST ; / LAß UNS HINFORT / DEIN GÖTTLICH WORT / IM FRIED NOCH LÄNGER HALLEN.
Souviens-toi toujours, ô Seigneur, de ton office / Et, étant le prince de la paix, / Secours-nous dans ta bonté, tous que nous sommes, / Maintenant et jusqu’à ce terme ; / A l’avenir, fais retentir / Encore plus longtemps pour nous dans la paix / Ta parole divine.

Cantique de Jakob Ebert (1601).

Si bémol majeur, 62 mesures, 6/8
BG Jg. XXX. Pages 66-74
NEUMANN. Ensemble instrumental. Ritournelle instrumentale (autonome) en imitation avec parties vocales encastrées. Le cantus firmus au soprano. Chœur (Alto, ténor et basse sur Halleluja) et orchestre sans relation thématique.
SCHMIEDER.Sopr., Alto, Ten., Basso. ; Corno da caccia I, II, III, Timp.: Fag., Viol. I, II, Vla.., Cont. (Cantus firmus im Sopr.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 476]: «…La page conclusive présente, au lieu du traditionnel choral en style simple, une élaboration avec ritournelles instrumentales autonomes, cependant que le chœur s’offre à fournir une situation polyphonique insolite: les sopranos entonnent la mélodie du lied, et les autres parties développent un type de contrepoint alternativement par imitation ou en style homophone sur le mot alléluia, sur lequel se clôt le verset 10 du Psaume 146 proposé dans le n°5 de la cantate ».
BOMBA: «…Mouvement final dans lequel Bach assigne la mélodie au soprano et invente un mouvement joyeux, inspiré par le mot « Alléluia » pour les autres voix ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 69-70]: « …Choral incrusté de tpe II sur mélodie 022. Le style de cette cantate est donc très différent des cantates de la maturité de Leipzig qui confient généralement le choral « incrusté » au chœur initial… Le choral confié au soprano n’entre qu’à la onzième mesure, les voix inférieures vont d’abord dessiner un « alléluia » jubilatoire par des entrées en imitations
ISOYAMA: «…le soprano chante le choral en longues notes sur le joyeux « Alléluia » du psaume chanté avec grande animation par les trois voix plus graves. Avec les sons vibrants des instruments à vent, ce choral fait plus penser au premier qu’au dernier mouvement d’une œuvre. Sur cet enregistrement [celui de Suzuki], cette pièce fut exécutée en Kammerton utilisant trois cors de chasse (corno da caccia) en si bémol dont l’étendue est d’une octave supérieure à celle des cors normaux ».
NYS, Carl de: «…chœur final de la cantate dans lequel on entend de nouveau la sonorité éclatante de l’orchestre au complet ».
POMMER: « Dans le chœur final, la troisième strophe du choral sert de cantus firmus sur un « Halleluja » figuré ».
SCHUHMACHER: Référence stylistique au motet.

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 143

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
AMG. Notice de Brian Robins
BRAATZ: Analyse des différents aspects de la cantate in « Discussions I ».
CROUCH, Simon. Notice, 1996, 1998
ORON, Aryeh: Discussions. 1] Novembre 1999 - 8 février 2000 et 5 janvier 2003 + Commentary 7 janvier 2003
Discographie comparée
2] 7 janvier 2007

BASSO, Alberto: Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino, 1979-1984, Fayard. Volume 1, pages 95, 157
Volume 2 (1979-1985), pages 253, 458, 475-476, 618 [7], 845 [note sur la datation]
BOMBA, Andreas. (Dr.): Notices Hänssler / Rilling / edition bachakademie [Vol. 44]. 2000
BOYER, Henri: Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 265-266
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 70 [6], 74 [2], 137-139
*BREITKOPF. Recueils
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 42
Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C 68, 69
DÜRR, Alfred: Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Deux volumes. Volume 1, page 158-159.
: Zur Problematik der Bach-Kantate BWV 143. In « Die Musikforschung 30 (1977)
EKG: Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
HELMS, Marianne: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling. Laudate 1975. En collaboration avec Arthur Hirsch
HIRSCH, Arthur: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling. Laudate 1975. En collaboration avec Marianne Helms
:Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 17, 70, 77
ISOYAMA, Tadashi: Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki. 1997
LEMAÎTRE, Edmond: La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Pages 92-93
LYON, James: Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 62, 81, page 278, incipit de la mélodie 108
NEUMANN, Werner: Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs, VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971 Pages 158-159
Literaturverzeichnis: sans référence
: Sämtliche von Johann Sebastian Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Page 44
NYS, Carl de: Notice de l’enregistrement H. Rilling / Erato [Vol. 6]. Octobre 1975
PIRRO, André: J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919
PIRRO, André: L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973 . Pages 50, 51[5], 130 [1], 237
POMMER, Max: Notice de l’enregistrement Capriccio / Rotzsch. 1984
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998 Édition 1973: pages 192-193
Literatur: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Wustmann - Wolff - terry - Moser - Schering -
Neumann. BJ 1929 - 1931 - 1932 - 1933
SCHUHMACHER, Gerhard: Notice dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk [Vol. 35] 1984
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 » Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 2, page 687
TIÉNOT, Yvonne: J.-S. Bach. (H. Lemoine 1951). Chronologie pour 1735. Pages 63 et suivantes
WESTRUP, Jack. A., Sir: Bach Cantatas. BBC Publications. 1966-1975. Page 54
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985. Volume 2, pages 221-225, 270, 271, 310, 458
WIJNEN, Dingeman van Wijnen : Notice (sur CD) de l’enregistrement de P. J. Leusink
WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement Koopman / Antoine Marchand [Vol. 21]. 2006.
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 39-40
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Pages. ZK 7, pages 53-54
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 143

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron).
DURÉE: Koopman (11’36). Leonhardt (13’14). Neumann (14’). Rilling (13’03). Rotzsch (13’58). Suzuki (12’53).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR, 2/2007].
6 références (septembre 2002 - août 2006), + 5 Mouvements individuels (septembre 2002 - juillet 2006)

6] KOOPMAN [Vol. 21]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Nov. Et déc. 2001: mouvements. 1, 2, 5, 7. Oct. 2003 : mvts. 3, 4, 6.
Das Kantatenwerk - Complete Cantatas.
Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72221/2. 9/2006. Avec BWV 140, 34, 158
2] LEONHARDT. Knabenchor Hanover. Collegium Vocale Gent (Ph. Herreweghe). Leonhardt-Consort. 1984
Disque (D). Teldec. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Vol. 8
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 35]. 6.35653-00-501-503. 1984.
CD Teldec 2292-42630-2 [Vol. 35]
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et l’intégrale (en disques séparés), par Warner Classics 2007
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Printemps 2000
CD Brilliant Classics. Bach EdVol. 19 - Cantatas Vol. 10
Reprise Bach Edition 2006. Brilliant Classics CD IV/17 - 93102. Avec BWV 39, 175, 65
1] RILLING. Frankfurter Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Janvier, avril 1975.
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98678. Avec BWV 182
Disque (F) Erato Les grandes cantates. STU 70983 [Vol. 6]. 1976
CD Die Bach Kantate [Vol. 19]. Hänssler Classic. Laudate 98870. Avec BWV 190, 41. 1982.
CD Hänssler edition bachakademie [Vol. 44] Hänssler-Verlag 92.044. 2000.
3] ROTZSCH. Thomanerchor Leipzig. Neues Bachisches Collegium Musicum Leipzig. 1984
Disque Eurocord puis Capriccio. Edition Bach Leipzig.
CD Leipzig Classics Volume IV*/3 001826 2BC. 1984-1999. Avec BWV 134, 14
4] SUZUKI [Vol. 5].Bach Collegium Japan. Février, juin et juillet 1997

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 143
M-1. Mvt. 4]. Ivan Kozlovsky + orgue. 1956. Disque Russian Melodiya
M-2. Mvt. 2]. Paul Steinitz. London Bach Society. English Chamber orchestra. 1968. Disque (Da Camera ?) puis CD Baroque Music Club
M-3. Mvts. 1 et 7]. Elmer Iseler. Elmer Iseler Singers. 1985. CD CBC Enterprises
M-4. Mvt. 2]. Trumpet Joachim Pliquett + Orgue. 1995. CD
M-5. Mvt. 2]. Orgue : Helge Gramstrup. Octobre 2004 ; mai et août 2005. CD Classic O

DIFFUSION RADIOPHONIQUE
[HANS SCHMIDT. Orgue de la cathédrale de Mannheim. FM, mars 1972. Transcription. → *C 186]

 

Contributed by Claude Role (June 2008)

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Last update: ýJuly 1, 2008 ý13:21:06