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Cantata BWV 140
Wachet auf, ruft uns die Stimme
Réveillez-vous, appelle la voix
Commentary in French

KANTATE ZUM 27. SONNTAG NACH TRINITATIS
27e dimanche après la Trinité
Leipzig, le 25 novembre 1731

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 140 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande
Dans le corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.

 

DATATION BWV 140

Le cas d’un 27e dimanche après la Trinité est rare. Bach en a connu trois, 1704, 1731 et 1742 où la cantate BWV 140 a pu être redonnée une dernière fois. Il faut que Pâques soit situé entre le 22 et le 27 mars de l’année liturgique. Antérieurement on connaissait les années 1690 et 1693.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 256]: Une deuxième exécution le 26 novembre 1742.
DÜRR: «…En 1704, au temps d’Arnstadt, Bach a pu concevoir l’ébauche d’une œuvre (de dimension modeste) sur le célèbre cantique de Nicolaï, déjà traité musicalement par bien des compositeurs ; Buxtehude (BUXWV 101) en 1690 et auparavant par Kindermann (ca 1640). Les origines de la cantate BWV 140 pourraient se situer au début du cantorat de Bach à Leipzig (1724), hypothèse basée sur une œuvre de nos jours perdue et se référant à la 3e strophe du cantique de Nicolaï (voir E.K.G. 121). Le style dialogué des mouvements 3 et 6 fait bien songer à la première manière des cantates de Bach, notamment la BWV 21 (Dialogus) et BWV 60 ».
[1742 a été parfois reconnu par la musicologie, W. Rust par exemple].
HERZ: «…La seule «dernière vraie cantate de Bach » car souvent après, il s’agit de parodies partielles ou totales (NB. : ou de reprises, mais on verra cependant les BWV 177, 97, 14, 9, 30 et 195) »
Le filigrane « MA » des parties séparées de la cantate correspond au type de papier utilisé par Bach entre octobre 1727 et décembre 1731
HIRSCH: Classement CN 191 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr): BWV 29 (27 août1731) - BWV 140 (25 novembre 1731) - BWV 36 (2 décembre 1731) - BWV 195 (décembre 1731).
NYS, Carl de: «…Il s’agit d’une des cantates les plus célèbres et les plus souvent jouées du Cantor de Leipzig. Elle fut sans doute composée en 1731, deux ans par conséquent après la Passion selon, Saint Matthieu, pour le vingt-septième dimanche après la Trinité, où l’Évangile du jour raconte la parabole des vierges sages et des vierges folles ».

 

SOURCES BWV 140

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR

La partition autographe est perdue. Etait vers 1774 en possession du fils aîné de Bach, W.F. Bach.
Elle fit partie de l’héritage de Wilhelm Friedmann et comme le manuscrit de la cantate BWV 9, vendu aux enchères vers 1774, entre autres avec la cantate BWV 4, à un acquéreur demeuré anonyme. La situation actuelle est inconnue.

BG : Cinq copies 18 et 19e siècles
Copie d’une partition complète effectuée à partir des parties séparées conservées à Saint-Thomas, par Christian Friedrich Penzel (1737-1801), chef du chœur intérimaire de Saint-Thomas, qui signe et date: « scripS. C.F. Penzel der 10 Aug. 1755 ».
Titre : « Dominica 27 post Trinit. | Wachet auf, ruft uns die Stimme » | à | 4 voc. | Violino piccolo | 2 Hautbois | Taille | Basson | 2 Violini | Viola | e | Continuo | di Sig. | J. S. Bach. » Le filigrane de la copie Penzel : I W I et trois couronnes
Elle fut en possession de Félix Mendelssohn vers 1830 puis sous la référence P 1141 ensuite versée à la Königlischen Bibliothek zu Berlin (Marburg Staatsbibliothek -(Berlin-Dahlem). C’est à partir de cette copie que semble avoir été réalisée la première édition de la cantate par Carl Georg von Winterfeld, vol. III. Breitkopf & Härtel (voir c-après).
[Ayant été possession de cette copie, on comprend aisément que Felix Mendelssohn, vers 1834, ait eut l’inspiration d’utiliser le choral « Wachet auf » de Philipp Nicolaï dans son oratorio « Paulus » créé le 22 mai 1836 à Düsseldorf. Dans la première partie, il en présente la mélodie dans l’ouverture puis la mélodie avec le texte de la première strophe, dans le n° 16

Copie toujours dérivée des parties séparées par le cantor de Saint-Thomas, Johann Friedrich F. Doles (1715-1797), entre 1756 et 1789. C’est ce dernier qui, à Leipzig, fit connaître à Mozart le motet Singet dem Herrn ein neues Lied, en avril 1789
Une autre copie, toujours à partir des parties séparées originales est l’œuvre de Johann Gottfried Schicht (1753-1823), éditeur, chef au Gewandhaus de Leipzig (les premières symphonies de Beethoven), vers 1800 et Cantor de Saint-Thomas à partir de 1811.
Une autre coipe signalée par Werner Neumann serait à "l’Oxford Library".

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom Leipzig. Musikbibliothek der Stadt Leipzig, Thomasschule, Bach-Archiv
L’autographe des parties séparées en possession d’Anna Magdalena Bach au décès de J.- S. Bach a été remis à la ville de Leipzig en 1752 (comme BWV 4). Il est depuis aux Bach-Archiv, à Leipzig. St Thom L (Musikbibliothek der Stadt Leipzig, Thomasschule, Bach-Archiv). On y reconnaît principalement l’écriture de Johann Ludwig Krebs (1713-1780), élève puis assistant de Bach entre 1726 et 1737 ainsi que celles de quatre autres copistes inconnus plus les habituelles annotations et correction de Bach .
Filigrane «MA », une série de 32 cantates (citées par Spitta, volume II, note 44, page 696), pour une période allant d’octobre 1727 au 2 décembre 1731.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 465-467]: « …cantates dont ne nous sont parvenues que les parties séparées conservées à la Thomasschule et quelques copies tardives de la partition, dont la plus ancienne date du 10 août 1755 et qui a naguère appartenue à Mendelssohn, est de la main de Penzel. Cette cantate qui a été admirablement analysée par Gerhard Herz, est la seule que Bach ait écrite pour le 27e dimanche après la Trinité….»
SCHMIEDER: Voix partiellement autographes avec révisions de Bach

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH
= BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BG Jg.XXVIII (28e année - BWV 131-140, Anh. 134a). Pages 151. Préface de Wilhelm Rust (décembre 1881).

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 27. KANTATEN ZUM 24 BIS 27 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter VerlaBA 5032. Alfred Dürr 1968-2/1987. 5 fac-similés.
Avec BWV 60, 26, 90, 116, 70.
BWV 140. Pages 151-191. Recto Seite der Originalstimme Corno. Satz 1 von der hand Johann Ludwig Krebs das übrigen autograph

St Thom L (Musikbibliothek der Stadt Leipzig, Thomasshule, Bach-Archiv
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5032 41. Alfred Dürr 1968-2/1987
Partition NBA dans le coffret Teldec / Das Kantatenwerk [Vol. 35]. 1984

AUTRES ÉDITIONS
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 70]: «…Une première impression en 1847 (dans le recueil] Der evangelischeKirchengesang und sein Verhältniss zur Kunst des Tonsatzes. Carl Georg von Winterfeld, vol. III. Breitkopf & Härtel. Avec BWV 68».
BCW. Réduction voix et piano – Partition de la BG.
DÜRR. «…Révision pour la NBA I/27 dans le coffret Teldec / Harnoncourt / Leonhardt, volume 35
NET. ENMD de Grand et Petit Couronne. Chant et piano (mise à jour 2006).
Bärenreiter BA 10 140 K1A, AM, TP 1140
Breitkopf & Härtel: Partition = PB 2990 – Orchestre, voix, orgue et clavier, réduction de G. Schrecl et Max Seiffert = OB 1080/82 – Chœur = ChB 275
2009: Partition (40 pp.) = PB 4640 – Réduction voix et piano (52 pp.) = EB 7140 – Parties séparées (6) = OB 4640 – Chœur = ChB 4640
Eulenburg. Partition de poche n° 1020. Préface d’Arnold Schering (1930)
Hänssler 1963. Révision de Horn
Kalmus Study Scores, n° 843. Volume XXXIX. New York 1968. Cantates BWV 138 à 141
Peters 1974, n° 686. Uniquement la révision de Arnold Schering d’après la première édition de la BG

SCHWEITZER [J.S. Bach, page 251, note]: Fondation de la Bachgesellschaft : les cantates BWV 68 et 138 (Alberto Basso donne en plus la cantate BWV 140) ont été publiées pour la première fois par Breitkopf & Härtel en 1847, comme supplément au troisième volume Evangelischer Kirchengesang de Karl Winterfeldt (Musicologue, l’un des co-fondateurs de la Bach-Gesellschaft, né à Berlin le 28 janvier 1784 – 19 février 1852).

 

PÉRICOPE BWV 140

27e dimanche après la Trinité
Dernier dimanche de l’année liturgique: Vigilance du chrétien dans l’attente du retour et de l’avènement du Seigneur, avant Noël.
Le cas d’un 27e dimanche après la Trinité est rare. Bach en a connu trois, 1704, 1731 et 1742 où cette même cantate a pu être redonnée. Il faut que Pâques soit situé entre le 22 et le 27 mars de l’année liturgique. Antérieurement on connaissait les années1690 et 1693.
En 1704, au temps d’Arnstadt, Bach eut pu concevoir l’ébauche d’une œuvre (de dimension modeste) sur le célèbre cantique de Nicolaï, déjà traité musicalement par bien des compositeurs (Buxtehude BUXWV 101 (1690) et auparavant par Kindermann (ca 1640).

Épître: I. Thessaloniciens 5, 1-11 [PBJ. 1745]: « Le Jour du Seigneur arrive comme un voleur en pleine nuit. ». « Dieu ne nous a pas réservés pour sa colère, ais pour acquérir le salut par notre Seigneur Jésus Christ, qui est mort pour nous afin que, éveillés ou endormis, nous vivions unis à lui ».

Évangile: Matthieu. 25. 1-13 [[PBJ. 1495]: Parabole des dix vierges. Les cinq vierges folles et les cinq vierges sages : Chacun doit être à tout instant pour le royaume des cieux.
Isaïe. 52, 7-11 [PBJ. 1167]: « Une voix ! Tes guetteurs élèvent la voix, ensemble ils crient de joie, car ils voient les yeux dans les yeux revenant de Sion. Eclatez tous en cris de joie ».
Luc. 12, 35, 37 [PBJ. 1560]: « Tenez vos reins ceints et vos lampes allumées. / Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour des noces afin de lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera./ Heureux ces serviteurs que le maître à son arrivée trouvera fidèles à veiller ! »

 

TEXTE BWV 140

Récit de l’union mystique. Atmosphère nuptiale empruntée au Cantique des Cantiques.
Le texte s’appuie sur le célèbre cantique de Philipp Nicolaï « Wachet auf, ruft uns die Stimme », en trois strophes, daté de 1599. Il fait directement référence à l’évangile de Matthieu 25, 1-13.
Sont utilisées les strophes 1 dans le mouvement [1], la strophe 2 dans le mouvement [4] et la dernière et troisième strophe dans le mouvement [7].
Les mouvements 2, 3, 5 et 6 reposent sur la libre poésie d’un auteur anonyme. D’après BJ. 1976 (op. cit.) ces textes pourraient revenir à Picander, compte tenu de certaines analogies avec le cycle de cantates 1728 et 1729 de ce dernier.

Philipp Nicolaï (10 août 1556 - Hambourg 1608), pasteur à Unna (Westphalie). Le cantique (1597) a été publié en 1599 à Francfort sur le Main, à la suite de « Freuden Spiegel des ewigen Lebens. ». On lui doit aussi le cantique «Wie schön leuchtet der Morgenstern. ». Voir BWV 1.
Les 3 strophes sont dans E.K.G. 121 (op. cit.) avec quelques modifications du texte dans la 7e section de la cantate.
Renvoi à la mélodie (fa majeur) du même titre, le choral dit de "Schübler", n° 1, BWV 645.
On retrouve ce cantique dans le motet du même nom de J.C.F Bach, Buxtehude, cantate BUXWV 101 (voir C 311), les cantates du même nom de Kindermann (voir C 80) et Tunder (CD 78 et C 730).
Pour les renvois aux textes bibliques repérés (la plupart par Gerhard Herz), afin d’en faciliter la lecture, se reporter ci-après aux mouvements dans lesquels ils apparaissent.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 448]: «…Le nom d’Henrici (Picander) a encore été avancé, à partir de bien précises affinités de style pour les textes d’une vingtaine d’autres cantates : BWV 30, 36 , 49, 56, 58, 62, 93, 120, 140, 144, 146, 190…»
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, page 363, note 112]: « des textes de Nicolaï dans les cantates BWV 1, 36, 37, 49, 61, 140 et 172 ».
LABIE: « La cantate BWV 140… destinée au 27e dimanche après la Trinité…l’accent est mis sur la perspective eschatologique du jugement et de la fin des temps…. Les péricopes mettent en rapport l’invitation à la vigilance de Paul (1 Th 5, 11-11) et la parabole des vierges folles et des vierges sages. Rapprochement de textes d’autant plus logique que le chapitre 25 de l’Évangile de Matthieu s’achève sur l’annonce du Jugement dernier. La même logique conduit au choix du choral d’encadrement, le fameux Choral du veilleur, dont Bach reprend l’intégralité des trois couplets. Poème du fameux cordonnier-poète de Nuremberg, Hans Sachs, revu par Philipp Nicolaï, le texte est lié à cette fin d’année liturgique par le Wachet auf, appel venu du fond de la nuit pour annoncer la venue de l’époux… La musique suggère pour ces trois strophes de choral une progression sont il faut aller chercher les motifs dans les deux versets de l’Apocalypse dont les auteurs ont voulu faire une corollaire du texte de saint Matthieu…»
POUGET: «…Bach a utilisé trois strophes d’un cantique de Philipp Nicolaï, datant de la fin du seizième siècle et les a placé au commencement, au milieu et à la fin de sa cantate. Entre chacune de ces strophes, un duo précédé d’un récitatif, dont le texte est sans doute dû à Picander, viennent faire dialoguer le fiancé et la vierge sage, autrement dit Jésus et l’Âme fidèle. Car ici, comme dans la parabole, tout est symbolique, aussi bien le langage poétique du vieux cantique et des morceaux pour les solistes, que le langage musical de Bach dont chaque idée mélodique et chaque combinaison contrapuntique a une signification soulignant les intentions du texte ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 140

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 268-269]: «…il est possible et même probable, que de nombreuses cantates, particulièrement les plus longues, qui, théoriquement, ne se présentent pas en deux parties, aient été, en pratique, exécutées en deux temps de manière à encadrer le sermon. On pourrait trouver confirmation de ce fait dans ces cantates à l’intérieur desquelles (généralement en 3e ou 4e position) se situe soit un choral dans l’habituelle harmonisation à quatre parties… soit une élaboration de la mélodie-choral (choralbearbeitung), dans BWV 6, 10, 13, 19, 37,38, 44, 85, 86, 92, 93, 95, 114, 122, 137, 140, 166, 178, 180 et 199).
BCW : Dans « Commentary », de nombreux intervenants proposent la lecture inédite suivante en sélectionnant la première lettre de chaque strophe du cantique de Nicolaï : Mouvement [1] = Z – Mouvement [4] = Z et mouvement [7] = G, soit W Z G, qui peut se lire (acrostiche) : Graf zu Waldeck, le nom d’un de sedisciples dont le nom nous est parvenu…
BOMBA: «…Fait partie des cantates qui clôturent l’année liturgique, le dernier dimanche qui précède l’Avent. Le 27e dimanche après la Trinité n’existe que lorsque les Pâques sont fêtées particulièrement tôt dans l’année. Ce 27e dimanche après la Trinité ne se présenta que deux fois, en 1731 et 1742. Peut-être que BWV 140 à été reprise en 1742.Le point suivant est inhabituel pour une cantate-choral : Bach doit élargir le texte choral alors qu’il faisait en règle générale comprimer plutôt les strophes centrales sous forme de poésie libre ou qu’il adaptait le lied «per omnes versus (voir BWV 4). Le thème des noces qui est abordé dans le lied et dans l’Evangile, vient s’ajouter au contexte de cette cantate. Les mouvements 2 et 3 ainsi les mouvements 5 et 6 sont chacun des récitatifs suivis d’un duo. Au cours des récitatifs, un conteur, pour ainsi dire, prend la parole (ténor), ses partenaires dans les duos sont les âmes (soprano) et le Christ (basse) ; les textes s’inspirent alors aussi considérablement du Cantique des cantiques de Salomon, le chant d’amour le plus connu de la Bible. Le premier duo aux configurations brillantes, fait partie, selon Alfred Dürr « des plus beaux duos d’amour de la littérature mondiale », le deuxième – préparé dans un récitatif que les cordes mènent vers les hauteurs - exhale en mouvement dansant et détendu « le bonheur d’aimer ici-bas et la félicité céleste ». Cette image mystique, d’origine ancestrale, représentant l’union de l’âme et du Christ aura également contribué à la popularité de cette cantate ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 264]: « Schéma idéal de cantate sur mélodie de choral [MDC] avec sa symétrie parfaite et l’équilibre de chacune des parties… Le cantique de Nicolaï, loin des excès du langage baroque, apporte un texte "moderne » sur lequel Bach peut broder une musique poétique et forte ».
FLORAND: «…Esthétique de l’orgue. BWV 645 [pages59 à 61]. « La mélodie : climat religieusement supérieur et plus surnaturellement biblique. C’est encore une danse sacrée, mais non plus seulement devant l’arche. Cantate donnée en 1945 au Conservatoire de Paris ».
«…Allusion au choral BWV 645 et au texte de Nicolaï, ainsi que BWV 1, 36, 37, 49, 61, et 172 ».
HALBREICH: «…La version K. Richter (1979) est la treizième mondiale ».
HERZ [page 54]: «…Première cantate donnée aux Etats-Unis le 11 mai 1903, Bethlehem, Pennsylvanie ».

HIRSCH: Structures: Choral Konzert/ Choral Chorsatz. (1) – Rezitativ + Arie (2 et 3) - Choral (4) – Rezitativ + Arie (5 et 6) - Choral Kantionalsatz (7)
SCHWEITZER: «…C’est que le nombre des chorals susceptibles d’être traités en cantate est restreint. On verra aussi BWV 80. Ce sont avant tout des chorals courts (ici de 3 versets) ».
SPITTA: «…Composition magnifique, poétique et mystérieuse. Cantique : Chant de Salomon avec un duo du plus grand art. Solennel silence de la nuit…»
Les 3 strophes du cantique de Philipp. Nicolaï représentent la congrégation, par opposition au caractère « subjectif », piétiste, voire romantique des airs. L’axe de la cantate est la section 4 (versus 2), l’air de ténor.
WITOLD: « Ainsi que le souligne Arnold Schering, le Wachet auf pourrait être une cantate nuptiale, mais ici le mariage célébré est celui du Christ et de l’âme fidèle, incarnation parfaite de l’amour divin qui embrasse tout, Bach ne faisant aucune différence entre l’humain et le spirituel ».
WOLFF: «…Cantate composée pour le 27e dimanche après la Trinité, dernier dimanche de l’année ecclésiale. Elle fut jouée pour la première fois le 25 novembre 1731. L’œuvre est basée sur un Lied d’église du même nom, de Philipp Nicolaï (1599) dont on, entend les paroles et la mélodie dans les strophes du choral [1], [4] et [7]. Les autres mouvements sont des paraphrases des autres strophes du Lied. Le Lied lui-même, comme les paraphrases, se réfère clairement à l’Evangile du dimanche (Matthieu 25, 1-13) ; la paraboles des vierges sages et des vierges folles…»

 

DISTRIBUTION BWV 140

NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Horn (nur C.f. Verstärkung in 1. und 6.), Pauken ; Fagot ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Für Solostimmen (Sopran, Tenor, Bass), Chor (Soprano, Alto, Tenore, Basso) und Orchester: Oboe I-II. Taille, Oboe da caccia. Violino I (e violino piccolo), Violino II. Viola. Continuo. Cor, uniquement en renforcement dans le Cantus firmus des sections 1 et 7 (W. Neumann).

WOLFF: «…Le traitement musical de l’œuvre a des caractéristiques singulières. En plus des forces vocales habituelles (quatre voix et solo de soprano, ténor et basse) et de l’orchestre comprenant trois hautbois, cordes et continuo, Bach utilise un violino piccolo dans le mouvement 3] et un cor dans les mouvements [1] et [7] ».

 

APERÇU BWV 140

1] CHORALCHORSATZ. BWV 140/1

WACHET AUF, RUFT UNS DIE STIMME. / DER WÄCHTER SEHR HOCH AUF DER ZINNE, / WACH AUF, DU STADT JERUSALEM! / MITTERNACHT HEIßT DIESE STUNDE; / SIE RUFEN UNS MIT HELLEM MUNDE; / WO SEID IHR KLUGEN JUNGFRAUEN ? / WOHL AUF, DER BRÄUTGAM KÖMMT, / STEHT AUF, DIE LÄMPEN NEHMT! / ALLELUJA ! / MACHT EUCH BEREIT / ZU DER HOCHZEIT, / IHR MÜSSET IHM ENTGEGEN GEHN !
Réveillez-vous, appelle la voix / Des veilleurs du plus haut des remparts: / Réveille-toi, ville de Jérusalem! / La cloche sonne minuit; / Ils nous appellent d’une voix sonore: / Où êtes-vous, vierges sages ? / Debout, voici l’époux. / Prenez les lampes! / Alleluia! / Préparez-vous / pour les noces, / allez, il le faut, à sa rencontre.

Première strophe du cantique de Philipp Nicolaï (1599). Renvoi à EKG 121
Matthieu. 25. 1-13 [[PBJ. 1495]: Parabole des dix vierges. Les cinq vierges folles et les cinq vierges sages. Chacun doit être à tout instant pour le royaume des cieux.
1 Thessaloniciens 5, 1-11 [PBJ. 1745]: La vigilance en attendant l’Avènement du Seigneur : acquérir le salut par notre Seigneur Jésus Christ, qui est mort pour nous afin que, éveillés ou endormis, nous vivions unis à lui. ». Le Jour du Seigneur arrive comme un voleur en pleine nuitmais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres… vous vous êtes des enfants de lumière, des enfants du jour. Nous ne sommes pas de la nuit des ténèbres. Alors ne nous endormons pas comme font les autres, mais restons éveillés…»
2 Thessaloniciens 1, 3-10 [PBJ. 1746] : Action de grâces et encouragements. La rétribution dernière.

Mi bémol majeur (Es), 205 mesures, 3/4
BG Jg. XXVIII (28e année). Pages 251-267. Vers I. Oboe I. | Oboe II. | Taille. | Violino I e violino piccolo. | Violino II. | Viola. | Soprano. Corno col Soprano / NB. Cantus firmus : « Wachet auf, ruft uns die Stimme im Soprano. » | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Parties d’orchestre indépendantes en forme de ritournelles encastrées. Cantus firmus au soprano avec le cor. Parties en imitations et l’ensemble des instruments

Parties vocales encastrées entre des ritournelles instrumentales, avec deux thèmes alternant. Parties instrumentales sur une ligne complètement indépendante, de texture contrapuntique. Les 12 versets de ce numéro peuvent correspondrent symboliquement à Mitternacht.
- Forme de choral-fantaisie. Le veilleur annonce l’époux. Cantus firmus au soprano + corno, en valeurs longues
- Mesures instrumentales 1 à 16. La basse (mesures 1 à 4) joue 12 notes (minuit ?)
- Stollen A. Mesures 17 à 52. Versets 1 à 3. Ligne 3 Hoch au ténor, mesure 31). Vers 3: Jerusalem, mesures 52-53).
- Mesures 54 à 68. Ritournelle instrumentale.
- Stollen A. Mesures 69 à 104. Lignes 4 à 6. Ligne 4 Mitternacht, mesures 71 à 74).
- Mesures 91 à 94. Brève section instrumentale.
Stollen A. Fin. Mesures 95 à 104. Ligne 6. Wo, wo, wo, wo , mesures 95 et 96).
Abgesang « Wohl auf, der Bräutgam… Alleluia »
- Mesures 105 à 116 : section instrumentale.
- Mesures 117 à 188. Abgesang. « Macht euch bereit…entgegen gehn ! »Versets (lignes) 7 à 12. Ligne 9. (« Alleluja » fugué).
- Mesures 190 à 205. Reprise de la ritournelle instrumentale du début.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 465-467]: « …la grandiose fantaisie-choral sur laquelle s’ouvre l’œuvre est encadrée de deux épisodes instrumentaux identiques (de 16 mesures) en style concertant aveun dialogue serré entre hautbois I et violon I. Les douze versets intérieurs sont réalisés sur le plan musical, en faisant appel à une prodigieuse architecture de type motet qui respecte rigoureusement la Barform d’origine… aux 35 mesures de chaque Stollen correspondent les 70 mesures de l’Abgesang ; entre chaque Stollen est reproposé le prélude instrumental qui, sous forme réduite (12 mesures) réapparaît avant l’Abgesang ».
BOMBA: «…L’arrivée du maître est illustrée sous forme de rythmes pointés. Le matériel musical, quant à lui, gagne en valeur grâce à la phrase ascendante fondée sur l’accord parfait qui marque le début de la mélodie. Le chœur sous-tendant le cantus firmus interprété par le soprano scande toujours et toujours les impératifs comme Wachet auf ! (Réveillez-vous), Macht euch bereit ! (Préparez-vous !). Bach accorde des mélismes vibrants au vers débutant par un «alléluia ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 264]: « Élaboration de choral sur MDC 100. Ritournelle instrumentale. Cantus firmus au soprano doublé par le cor ».
[Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 314-315]: « Cette mélodie de choral n’a été traitée par Bach que dans une seule cantate, mais en trois élaborations distinctes. En [I], MDC 100 de type IIb (groupe technique motet) ; le cantus firmus est confié à l’une des voix, les trois autres voix en polyphonie lâche ou stricte, les instruments doublant colla parte ou exécutant des parties indépendantes … Choral incrusté dans une ritournelle d’orchestre. Le cantus firmus au soprano doublé par le cor, les trois autres voix en imitations libres. Le cantique s’incruste verset par verset dans la texture orchestrale mais la jubilation des voix interrompt parfois même le cantus firmus pour se livrer à des vocalises sur Alleluia ».
DUFOURCQ: «…Chœur initial conçu dans l’atmosphère de l’ouverture à la française ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 178-179]: « La cantate n° 140 fut écrite en 1731. L’hymne magnifique de Nicolaï sur lequel ielle est basée a pour thème la parabole des vierges folles et des vierges sages, et décrit ensuite la céleste Sion. Dans le premier mouvement, la mélodie du choral est présentée en valeurs longues par le soprano, au dessous duquel les voix les plus graves tissent une brillante texture contrapuntique, inspirée par les paroles de l’hymne plutôt que par sa mélodie. L’orchestre ajoute un accompagnement complètement indépendant qui décrit l’approche du fiancé céleste (a) et l’attente pleine d’ardent espoir des vierges (b). De la combinaison de ces divers éléments naît une impression d’intense et voluptueuse beauté…»
HERZ: « Rythme d’Ouverture à la française en marche festive. Le violon piccolo également dans le 1er Concerto Brandebourgeois, ainsi que
dans BWV 96/1, 102/5, associé par L. Mozart à la musique nocturne. La chasse et le Cor du veilleur (possibilité de remplacement par le basson) ».
HIRSCH: «…Rythme pointé festif avec motifs aux violons. La somme des lettres de la première ligne « Wachet auf, rufft uns die Stimme » donne le produit de 296, ainsi que celui des lignes 5 (Sie ruffen…) et 6 Wo seyde ( ?) L’auteur du texte présumé : Wilhelm Ernst Herr zu Waldeck (?) dont la somme des lettres donne 295. [N.: B: Ceci n’est pas très probant mais par contre le nombre de mesures de chaque « stollen » est de 52 pouvant donner Jesu» (9 + 5 = 18 = 20), Kirche ou Wacht. C’est aussi vrai pour les 52 mesures du choral final (section 7]. Les 24 notes du rythme pointé du motif instrumental = 24 heures du jour ( ?). Les 12 lignes de la strophe peuvent être aussi symboliques de minuit ».
LABIE: «…Confié au chœur, l’exposé initial du choral n’emprunte à l’évangile que l’image matérielle du veilleur qui appelle dans la nuit et des dix vierges qui saisissent leurs lampes… l’orchestre et le chœur unis donnent une vue presque figurative de cette scène où se mêlent la confusion et la joie et que couronne un Alleluia. Dès les premières mesures, un staccato solennel, cordes contre hautbois, marque à la fois le passage du temps (on a voulu voir dans les douze notes pointées de la première entrée les douze coups de la coche qui déchirent le calme de la nuit) et la vigueur de l’appel que lancent les veilleurs…»
LEMAÎTRE: «…motif de trois notes représentant l’appel du veilleur. Cette dernière cellule, tirée de la tête du choral, est à la base de la thématique du dialogue hautbois-violino piccolo. Le continuo le présente douze fois. C’est là une référence à minuit, heure à laquelle les époux doivent arriver ».
LESIEUR: «…Entrée orchestrée pour chœur à quatre voix soutenu d’un orchestre composé d’un cor (doublant le cantus firmus ou mélodie de choral), deux hautbois, un oboe da caccia, les cordes et la basse continue, et plante avec couleur le décor de la parabole des dix vierges ».
NEUMANN: «…Description de l’approche du fiancé céleste et attente pleine d’ardent espoir des vierges. La scène de minuit dans toute sa splendeur ».
NYS, Carl de: «…Le 1er chœur dépeint le grand réveil. Tintement dans le lointain, l’époux arrive. Symbolisme des 12 expositions du motif : il est dans la parabole évangélique, lorsque l’époux arrive ».
PIRRO [J.- S. Bach, page 176]: « Bach nous manifeste dans sa plénitude ; son culte pour le choral… le premier chœur est précédé d’un bref prélude instrumental, où les violons et les hautbois se répondent. Ils alternent mesure par mesure, sur des accords répétés au rythme uniforme et majestueux où frissonne déjà, cependant un vague émoi. A la cinquième mesure, les violons s’élèvent au-dessus de ces harmonies frémissantes, et annoncent le thème du choral par un motif vigoureux et fervent. Les hautbois reprennent et accentuent cette phrase noble. Tout s’anime alors : des gammes serrées montent soudain, se déroulent dans une lumière qui surprend et elles flamboient comme des rayons. Après une cadence décidées des instruments, le soprano entonne le choral. Aux rythmes pressants, aux effusions entraînantes de l’orchestre, s’unit, pour accompagner la fière mélodie, la vivante ingéniosité des voix. Par elles surgissent les images que le texte suggère et les sentiments qu’ils éveillent. Au milieu du grand élan descriptif des instruments, et sous la ligne hautaine du choral, elles sont plastiques et lyriques. Comme un personnage qu’exaltent les paroles qu’il entend et qu’il répète, le chœur tressaille. A chaque verset, il est en proie à l’agitation que le poète déchaîne en lui : tout à tour, il commande, il acclame, il interroge, il répète les cris des veilleurs qui, des hautes tours s’alarment dans la nuit. Vers la fin, il s’épanche en éclatantes vocalises de jubilation, et l’emporte même sur l’orchestre par son tumulte d’allégresse ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachLes Mélodies simultanées, pages 139-140]: « L’alléluia librement épanoui di chœur se déroule avec une semblable magnificence, en opposition avec la grave démarche du thème consacré dans la paraphrase de la première strophe du choral Wachet auf [BG XXVIII, page 263] Il tressaille à chaque mot comme un personnage multiple qu’exalte les paroles qu’il entend et qu’il rejette. Il ne cesse point d’être en proie à l’inspiration que le poète lui souffle, et il le redit avec véhémence, amplifie et anime les phrases du choral que le soprano expose avec une scrupuleuse uniformité. L’éclatante ascension du ténor qui aboutit à une note vigoureusement tenue et imitée par l’alto et la basse. Elle annonce la clameur que poussent d’une voix claire les veilleurs de nuit très haut sur la tour… [+ Exemple musical]. Plus loin, les cris de joie et les paroles d’éveil retentissent au-dessous du calme choral comme des appels redoublés, jetés à tous les échos…» [BG XXVIII, pages 253 et 261].
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 182]: « L’orchestre, frémissant, chante la veille ardente des vierges sages et annonce par son rythme superbe et vibrant l’approche de l’époux ».
POUGET: «…Le premier chœur est une des plus grandioses compositions de Bach. Il dépeint le réveil et l’attente des vierges à l’approche du fiancé. La mélodie du choral de Nicolaï, sans changement, estconfiée aux sopranos à l’unisson avec le cor, mais les autres voix du chœur et les parties instrumentales l’entourent d’un très riche contrepoint, l’ensemble est coupé par une ritournelle orchestrale entre chaque verset de la strophe ; le dernier verset, après l’Alléluia, est encore plus animé avec des vocalises exubérantes pour marquer la joie des vierges à l’approche des épousailles ».
SCHWEITZER [J.-S Bach./ Le Musicien poète]: «…Le grand réveil. On entend dans le lointain un tintement merveilleux : le fiancé arrive et les vierges endormies se dressent effarées. Motif sur Wachet qui se retrouve dans BWV 67, 115, 36 et 145. Il faudra attendre jusqu’à Berlioz pour rencontrer des pages musicales aussi dramatiques…»
SMEND [in BCW]: «…La basse (aux mesures 1 à 4) joue 12 notes (minuit ?)…»
WITOLD: «…le mouvement qui ouvre la cantate est la partie la plus élaborée. Il décrit une foule attendant l’arrivée du futur époux ; puis tel un veilleur du haut d’un créneau, le ténor annonce son approche. La rencontre n’a pas encore eu lieu, les voix ne sont qu’en communion. Et de cette impatience fiévreuse naît un duo entre le Sauveur et l’âme prête à se donner [2] Lorsque le ténor annonce l’arrivée de l’Époux, cela ne signifie pas que la rencontre ait eu lieu. Les voix ne sont encore que côte à côte ; elles se côtoient à la tierce et à la quinte ; avec des décalages et des entrées successives qui créent une impression d’impatience, augmentée encore par l’emploi de la syncope ».

2] REZITATIV TENOR/ BWV 140/2

ER KOMMT, ER KOMMT, / DER BRÄUTGAM KOMMT! / IHR TÖCHTER ZIONS, KOMMT HERAUS. / SEIN AUSGANG EILET AUS DER HÖHE / IN EUER MUTTER HAUS / DER BRÄUTIGAM KOMMT, DER EINEM REHE / UND JUNGEM HIRSCHE GLEICH / AUF DENEN HÜLGEN SPRINGT / UND EUCH DAS MAHL DER HÖCHZEIT BRINGT. / WACHT AUF, ERMUNTERT EUCH! / DEN BRÄUTGAM ZU EMPFANGEN; / DORT, SEHET, KOMMT ER HERGEGANGEN.
Il vient, il vient, / Voici venir l’époux! / Sortez, filles de Sion, / Des hauteurs son chemin descend à la hâte / Vers la maison de votre mère. / Voici venir l’époux qui, semblable à un chevreuil / Et à un jeune cerf, / Dévale les collines / Et vous apporte le repas de noces, / Réveillez-vous, réjouissez-vous! / Venez accueillir l’époux; / Voyez-le, là-bas, qui approche!

Ut mineur (c-c), 13 mesures, C . Annonce de l’arrivée de l’époux en style narratif secco. La tonalité d’ut à une valeur «tonique]
BG XXVIII. Page 268. Recitativ. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Tenor + Continuo. Récitatif secco (Tenor, fagotto, continuo, organo).

Luc. 1, 78-79 [PBJ. 1536]: « miséricordieuse tendresse de notre Dieu, qui nous amènera d’en haut la visite du soleil levant, afin d’illuminer ceux qui se tiennent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas… Dans la cantate : « Des hauteurs son chemin descend à la hâte…».
Matthieu 25, 6 [PBJ. 1495]: La Parabole des dix vierges (on peut voir aussi Luc 12, 35-38 [PBJ. 1560]
Cantique des Cantiques 2, 8-9, 17 [PBJ. 994-995]: « J’entends mon Bien-aimé / Voici qu’il arrive / Sautant sur les montagnes / bondissant sur les collines / Mon Bien-aimé est semblable à une gazelle…» Dans la cantate : « auf denen Hügeln springt - dévale les collines ».
Cantique des Cantiques 3, 4 PBJ. 995] « dans la maison de ma mère (in euer Muterr Haus).
[et : 8, 4
Cantique des Cantiques 3. 11 [PBJ. 996]: « Venez, contemplez, filles de Sion ».
Cantique des Cantiques 8, 2 [PBJ. 1001]: « Je te conduirais, je t’introduirais dans la maison de ma mère…»
Cantique des Cantiques 8, 4 [PBJ. 1002]: « Je vous en conjure, fille Jérusalem…»
Cantique des Cantiques 8, 14 [PBJ. 1002]: « Sois semblable à une gazelle, à un jeune faon, sur les montagnes embaumées…».
Isaïe 52, 7 et 8 [ PBJ. 1167]: « Qu’ils sont beau sur les montagnes / les pieds du porteur de bonnes nouvelles ! / qui annonce la paix, qui apporte le bonheur, / qui annonce le salut…»

BLANKENBURG: «…Comme un héraut, le ténor proclame la venue de l’époux ».
HERZ: «…Le texte montre qu’un simple récitatif de Bach est plus qu’une simple déclamation. [d’autant qu’on remarque dans cette 2e section l’abondance des citations bibliques].
HIRSCH: «…Accentuation sur Hohe et Haus ».
NYS, C de: « Un récitatif qui annonce joyeusement Er kommt, er kommt, l’époux de l’âme qui est Dieu… Le ténor continue à exhorter les filles de Sion à se réveiller pour recevoir l’Élu ».
SCHWEITZER: «…Mélodie de danse ».
SPITTA: «…Sentiment mystique. Danse de l’âme, etc. »

3] ARIE (DUETT), SOPRAN, BAß. BWV 140/3

Seele: WANN [Wenn] KOMMST DU, MEIN HEIL ? – Jesus: ICH KOMME, DEIN TEIL. – Seele: ICH WARTE MIT BRENNENDEN ÖLE. / ERÖFFNE DEN SAAL! / ZUM HIMMLISCHEN MAHL! - Jesus: ICH ÖFFNE DEN SAAL / ZUM HIMMLISCHEN MAHL! – Seele: KOMM, JESU ! - Jesus: KOMM, LIEBLICHE SEELE!
L’Âme: Quand viendras-tu, toi, mon salut? – Jésus: Je viens, moi qui suis part de toi – L’Âme: J’attends, la lampe allumée. / Ouvre la salle / pour le banquet céleste! Jésus: J’ouvre la salle / du banquet céleste. – L’âme: Viens, Seigneur Jésus! – Jésus: Viens, douce âme.

Isaïe. 62, 11 [PBJ. 1179] : « Dites à la fille de Sion : Voici que viens ton Sauveur ».
Matthieu. 25, 4 [PBJ. 1495] : allusion aux vierges ayant leur lampe allumée
Cantique des cantiques. 2, 4 [PBJ. 994] : « Il m’a menée au cellier…» Dans la cantate : « Jésus: J’ouvre la salle / du banquet céleste…»

Ut mineur, 88 mesures 6/8, marqué Adagio
BG XXVIII. Pages 268-274. Arie (Duett). Adagio. | Violino piccolo. | Soprano. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Forme quatuor. Violino piccolo, Soprano, Basso, Fagotto (Continuo / Organo). Libre da capo instrumental

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 467]: «…violon concertant (sur la partition marqué violino piccolo… employé en une série de fulgurantes figurations en virtuosité (sur tempo adagio) ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 178-179]: « Le premier duo atteint à une suave acuité, à l’aide de la brillante cantilène d’un violino piccolo (petit violon accorde, dans les orchestrations de Bach, une tierce mineure plus haut que le violon normal) ».
GÉROLD: «…Nous sommes à nouveau en plein mysticisme. Le fiancé répond, reprenant souvent les motifs musicaux développés par l’âme
Inquiète, comme pour le rassurer. Appoggiatures, tantôt appuyés, tantôt légères rendent l’exécution de ce duo assez difficile »..
HERZ: «…Duo d’amour piétiste (voir BWV 21). Bach convertit le texte, curieuse combinaison de platitudes (lignes 1 et 2) et de ravissement mystique (lignes 4 à 6) en un duo d’une sensuelle beauté. Dialogue et réponses, tonalités différentes et variations.
Ressemblance de l’utilisation du violino piccolo avec la sicilienne de la 4e sonate pour violon et clavecin. Au rythme à 6/8, en ut mineur (BWV 1017), et la partie de violon solo dans l’air d’alto Erbarme dich de la Passion selon Saint-Matthieu.
HIRSCH: «…La somme des mots (au soprano) : Wann (wenn ?) kömmst du, mein Heyl (Heil?) / Ich warte mit brennendenm Ole (ou Ohle ?) donne 507, le nombre même des notes chantées par le Soprano et la basse.
La structure (mesures) donne 8 – 24 –4 - (puis à la mesure 36) : 24 – 2 (mesures 61 et 62) – 18 (à partir de la mesure 63 et jusqu’à 80) et enfin 8 (D.c) soit 88 mesures, somme des lettres du mot «Creutz (croix). Le thème instrumental et le thème vocal ont chacun 12 notes, comme la succession de notes du violino piccolo dans la ritournelle = symbolique du nombre 12 (éventuellement le nombre de tours (ou des perles) de Jérusalem dans Apocalypse 21 ; les 12 mois de l’année ou encore les Apôtres… Analogie avec la Passion selon Saint Matthieu (n° 39) et BWV 57.
NEUMANN: «…Dialogue inondé d’un désir amoureux. Sensibilité suggestive menée aux confins du « romantisme ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach.- Conclusion, page 481]: « On trouve dans le premier duo de la cantate, une merveilleuse application de ces tournures mélodiques : le violon solo les articule avec une véhémence troublante. La voix du fiancé et de la vierge sage ne font guère que réaliser le dialogue impliqué dans l’évangile des « dix vierges » ; « J’attends, ma lampe brûle encore… » Mais, sous ;le colloque naïf, Bach distingue, par une sorte d’intuition propre au génie allemand, de profondes images [BG. XXVII, page 268]…»
PIRRO [J.-S. Bach]: « Jésus et l’âme fidèle (la vierge sage), désir pur ; tendresse chaste. Amour mêlé de prière et de miséricorde. Opposition entre le violon solo qui articule avec une véhémence bouillante et dialogue avec la voix du fiancé et de la vierge sage. Il n’y a pas encore fusion comme dans la 6e section. Arpèges de 7e diminuées ».
POUGET: «…Duo écrit en quatuor avec violon piccolo obligé et continuo : c’est l’union de Jésus et de l’Âme fidèle dans une effusion mystique pleine de tendresse ».
SCHUHMACHER: «…Le violon chez Bach rattaché au principe humain…»
WESTRUP: «…Expression d’un fervent désir du Sauveur. Analogie avec le n° 39 de la Passion selon Saint-Matthieu ».
WINTERFIELD: «…La réception du Christ par l’âme ».
WITOLD: «…Les voix ne sont encore que côte à côte, à la tierce et à la quinte, en décalage, syncopes et entrées successives ».
[Mesures 82 à 88. Discours de l’âme et du Christ. Tonalité d’ut mineur = réconfort ; voir par exemple l’air « Erbam dich » dans la Passion selon St-Matthieu ou Ich armer Mensch dans BWV 57.
Affekt sur « Warte - j’attends » aux mesures 24 à 26.

4] CHORALBEARBEITUNG TENOR. BWV 140/4

1) ZION, HÖRT DIE WÄCHTER SINGEN, / 2) DAS HERZ TUT IHR VOR FREUDEN SPRINGEN, / 3) SIE WACHET UND STEHT EILEND AUF. - /- 4) IHR FREUND KOMMT VOM HIMMEL PRÄCHTIG, / 5) VON GNADEN STARK, VON WAHREIT MÄCHTIG, / 6) IHR LICHT WIRD HELL, IHR STERN GEHT AUF. /- - - 7) NUN KOMM, DU WERTE KRON, / 8) HERR JESU, GOTTES SOHN, / 9) HOSIANNA! / - 10) WIR FOLGEN ALL / 11) ZUM FREUDENSAAL / 12) UND HALTEN MIT DAS ABENDMAHL.
Sion entend chanter les veilleurs, / Son cœur en tressaille d’allégresse. / Elle s’éveille et précipitamment se lève. / Magnifique, son ami descend des cieux, / Fort par la grâce, puissant par la vérité; / La lumière de Sion devient resplendissante, son étoile se lève. / Viens à présent, précieuse couronne. / Seigneur Jésus, fils de Dieu, / Hosanna! / Nous te suivons tous / A la salle des réjouissances / Et partageons le festin.
2e strophe du cantique de Nicolaï. (choral Schübler, n° 1). L’arrivée de l’époux ; le Christ accepte l’épouse.
Renvoi au choral Schübler BWV 645

Mi bémol majeur (Es), 74 mesures, C
BG XXVIII. Pages 274-277. Vers 2. Choral. (Melodie : Wachet auf, ruft uns die Stimme ».| Violino I. | Tenore. | Continuo. | (Violino piccolo tacet).
NEUMANN. Section en trio. Violino I et II, Viola, (al’ unis) Tenore (C.f. ut mineur) Continuo (fagotto e organo Bz.).

- Stollen A. Mesures 1-21, lignes 1 à 3 (Zion hört… eilend auf). E. K. G. 121/4.
- Stollen A. Mesures 22-43 (22 à 33 instrumental), lignes 4 à 6 (Ihr Freund kommtStern geht auf).
Mesures 44 à 49. Instrumental.
- Abgesang. Mesures 51-70, lignes 7 à 12 (Nun komm… mit das Abendmahl).
Mesures 71 à 74. Instrumental.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 467]: «…deuxième strophe du choral de Nicolaï doit son élaboration pour orgue, opéré par Bach lui-même et inséré par ses soins (BWV 645) à la première place des Sechs Chörale von verschiedener Art publiés par Schübler en 1746-1747. La mélodie est ici (dans la cantate) confiée à un ténor, cependant que violons et altos à l’unisson proposent une ritournelle ou une contre-figuration d’un extraordinaire relief d’expression ».
BOMBA: «…Bach crée le trio pour cordes unisono, ténor (chœur) et basse dont on a déjà parlé et qui transposé plus tard pour l’orgue, pour adapter la deuxième strophe (mouvement 4). »
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 264]: « Choral en trio. Renvoi à BWV 645 ».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 74-75]: « Élaboration de choral avec mélodie (MDC) de type VI (choral soliste) - (choralbearbeitung). La MDC est confiée à une voix soliste… tandis que l’orchestre exécute des figures indépendantes… Bien que de facture instrumentale moins riche, ce numéro est peut-être le plus saisissant. Le ténor seul (ou l’ensemble des ténors) chante la mélodie de choral. La ritournelle issue de la thématique chorale est confiée aux cordes. Le troisième élément indépendant est le continuo, en général réalisé par un basson et l’orgue. Il s’agit donc d’un choral de soliste de type VI ».
… Sur le plan didactique, il est également nécessaire de considérer que, selon les paroles portées par le cantique, l’usage du chœur puisse paraître illogique si le texte s’exprime à la première personne du singulier. Or le courant piétiste qui débordait la vieille tradition « ecclésiale » (au sens étymologique d’assemblée) tendait à faire de la relation Dieu-Homme une affaire strictement individuelle. Ce sentiment est fortement présent dans l’œuvre de Bach puisque dix-huit cantates et quatre mélodies de choral (MDC) commencent par une affirmation personnelle très nette, première personne du singulier « Ich »… suprématie dans ces chorals solistes du soprano (dans dix cantates). Renvois aux cantates BWV 4/4 et 6, BWV 143/2, BWV199/6, BWV 95/3, BWV 92/4, BWV 6/3, BWV 85/3, BWV 137/2, BWV 13/3, BWV 51/7, BWV 140/4, BWV 36/6…»
CHAILLEY: «…Alternance FortePiano. Le cortège des mystérieuses noces. Contraste entre la nudité du choral qui lance le rude appel et la souplesse tendre du cheminement de la grâce ».
GEIRINGER [Jean-Sébastien Bach, pages 178-179]: «…dans le splendide second arrangement du choral, à l’air de l’hymne chanté par les ténors, se joint une mélodie de violon complètement différente, d’une douceur caressante que l’on trouve rarement dans les cantates de Bach ; il dépeint la gracieuse procession des vierges allant à la rencontre de Jésus, le fiancé céleste ».
«…Analogie avec l’aria et choral BWV 92/4, sur le plan de la construction ».
GÉROLD: «…Joie de Sion ; empressement des fidèles ».
HALBREICH: «…même si je préfère entendre la mélodie du choral aux ténors du chœur qu’au ténor soliste dans le fameux choral n°4 où Richter nous dispense cependant un merveilleux phrasé expressif dans la sublime mélodie des violons à l’unisson ».
HERZ: «…Le seul mouvement de cantate publié en 1746 du vivant de Bach (BWV 645), avec 3 corrections, la première mesure 18 (ténor et B.c. Mesure 20 (cordes et ténor) et mesure 56 au continuo. Ce sont ces corrections qui inclinèrent W. Rust en 1881 à dater la cantate vers 1742 ».
HIRSCH: «…Les 74 mesures de cette section peuvent correspondre à la somme des lettres de « Christ », comme les 12 lignes de la strophe rappellent soit l’église, les 12 apôtres, les 12 tours de Jérusalem (voir sections 1 et 7) ».
LABIE: «…C’est la voix du ténor qui expose la mélodie du choral… cet exposé en cantus firmus se détache verset par verset sur un mouvement de concerto où la joie des épouses se fait danse d’extase... »
NEUMANN: « Cantus firmus au ténor enlacé par l’allure populaire de la mélodie. Simple ritournelle en forme d’air de danse. C’est le cortège du fiancé. Il arrive et repousse les vierges qui n’étaient pas prêtes ».
NYS, Carl de: «…Air de ténor et prélude choral ».
OECHSLE: «...Notice CD Archiv. « Stollen » : R1 (16 m) – Z1 (9m) – R2 (3m) – Z2 (10m) – R3 (4m) – Z3 (10m) = 52 notes sur „Wachet aufJerusalem“.
- Stollen (2): R4 (16m) – Z4 (9m) – R5 (3m) – Z5 (10m) – R6 (4m) – Z6 (10m) = 52 notes sur „mitternacht… Jungfrauen ».
- Abgesang: R7 (12m) – Z7 (7m) – R8 (3m) – Z8 (7m) – R9 (1m) – Z9 (21m) = 51 notes sur „Wohl… alleluja“.
- Abgesang: R10 (5m) – Z10 (5m) – R11 (4m) – Z11 (8m) – R12 (1m) – Z12 (10m) R13 (17m) = 50 notes sur Mächt euch bereit… entgegen gehen !“
PIRRO [J.- S. Bach, page 176]: «…Par ce choral varié, Bach évoque la marche des élus vers la salle du festin où Jésus les convie…»
POUGET: «…Partie la plus célèbre de l’œuvre dont Bach a écrit une splendide transcription pour orgue dans ses Schübler Chorals. C’est un choral dont le thème toujours inchangé est chanté par l’ensemble des ténors du chœur, alors que les violons et les altos à l’unisson tissent autour de lui une merveilleuse guirlande. Cet accompagnement évoque le cortège du fiancé avec un motif joyeusement rythmé qui s’oppose à la simplicité du choral. Albert Schweitzer a pu écrire de cet extraordinaire morceau : C’est le cortège du fiancé, il arrive, il passe ; la joyeuse ritournelle s’éteint dans le lointain et les viergequi n’étaient pas prêtes restent seules désespérées ».
SCHWEITZER: «…Une simple mélodie de danse avec un choral dissonant ».
SPITTA: «…Dans la seconde strophe (E.K.G. 121/2), qui est un trio pour ténor, violons et la basse, le sentiment mystique est encore exalté. C’est comme la danse des âmes en extase, tissant une étrange et mystérieuse ambiance avec le jeu des violons. Tout Sion et les bienheureux passent avec le Christ dans la joie du banquet céleste ».
WITOLD: «…Réponse à la question posée dans l’air n° 3 « Quand viens-tu, mon Sauveur ? »
WHITTAKER: «…Danse mystique des épouses. Seul mouvement de la cantate sans violon piccolo. Ici un chœur de ténors serait préférable, du fait que le texte dit « Sion entend chanter les veilleurs. Accentuation des mots Springen (tressaillir) à la mesure 18 et mächtig » (puissant), mesure 39 ».
WOLFF: «…mélodie du choral chanté dans les mouvements [1] et [7] mais aussi dans le mouvement central [4], par le soliste (violons + altos, ténor, continuo), lequel mouvement fut plus tard réemployé par Bach comme trio d’orgue dans la collection des chorals de « Schübler ».

5] REZITATIV BAß. BWV 140/5

SO GEH HEREIN ZU MIR , / DU MIR ERWÄHLTE BRAUT! / ICH HABE MICH MIT DIR / VON EWIGKEIT VERTRAUT! / DICH WILL ICH AUF MEIN HERZ, / AUF MEINEN ARM GLEICH WIE EIN SIEGEL SETZEN / UND DEIN BETRÜBTES AUG ERGÖTZEN. / VERGIß, O SEELE, NUN / DIE ANGST DEN SCHMERZ, / DEN DU ERDULDEN MÜSSEN; / AUF MEINER LINKEN SOLLST DU RUHN, / UND MEINE RECHTE SOLL DICH KÜSSEN.
Pénètre donc dans ma demeure, / O toi, fiancée élue de moi! / A toi je me suis lié / Pour l’éternité! / Sur mon cœur, sur mon bras / Je veux t’imprimer tel un sceau / Et je veux réjouir tes yeux attristés. / Oublie à présent, ô toi, âme, / La peur, la douleur / Que tu as dû endurer. / Sur ma main gauche tu reposeras / Et ma dextre te donnera son baiser.

Osée. 2, 21 [PBJ. 1384]. « Je te fiancerai à moi pour toujours » Dans la cantate: von Ewigkeit wertraut - A toi je me suis lié / Pour l’éternité! »
Cantique des Cantiques. 2, 6 [PBJ 994] et 8, 3 [PBJ. 1001] : Son bras gauche est sous ma tête » Dans la cantate : / Sur ma main gauche tu reposeras / auf meinem linken

Mi bémol majeur (Es) / si bémol majeur (B), 15 mesures, C
[Tonalité = joie, équilibre. Le Christ accepte l’épouse. Citation du texte P7 (3. Weihnachtstag, satz 1 du cycle « Der Picander-Jahrgang (1728-1729) ».
BG XXVIII. Page 278. Recitativ. | Violino I e violino piccolo. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif, Violino I e Violino piccolo, Violino II, Viola, Basso, Continuo.

HERZ: «…La basse, voix du Christ, entourée de cordes. Le Christ s’adresse à l’âme ; ce n’est pas un vrai récitatif accompagné, mais il est appelé par W. Neumann « Ausinstrumentiertes secco » de caractère exceptionnel. Même tonalité de mi bémol que dans la section 4 ; les harmonies sont plus audacieuses que dans le récitatif (section 2) ».
HIRSCH: «…Mélismes sur « du mir erwählte Braut. » (O toi, fiancée élue de moi) ainsi que «Und dein betrübtes Aug ergötzen - Et je veux réjouir tes yeux attristés ».
NEUMANN: «…Ici, accompagnement du récitatif avec des cordes, en opposition avec le premier récitatif (section 2). Atmosphère de recueillement sacré propre à la rentrée de la fiancée ».
PIRRO [J.-S. Bach]: «…Affectueux récit de basse ».
POUGET: «…Récit pour la basse accompagnée par les cordes, Jésus rassure la fiancée ».

6] ARIE (DUETT), SOPRANO, BAß. BWV 140/6

Seele: MEIN FREUND IST MEIN! - Jesus: UND ICH BIN SEIN. - Beide: DIE LIEBE SOLL NICHTS SCHEIDEN! / - Seele: ICH WILL MIT DIR IN HIMMELS ROSEN WEIDEN, / - Jesus: DU SOLLST MIT MIR IN HIMMELS ROSEN WEIDEN, / - Beide: DA FREUDE DIE FÜLLE, DA WONNE WIRD SEINE.
L’âme: Mon ami est à moi! – Jésus: Et je lui appartiens! – Ensemble: Que rien ne désunisse l’amour! – L’Âme: Je veux avec toi me délecter des roses célestes /, - Jésus: Viens avec moi te délecter des roses célestes. / - Ensemble: Là sera la joie en plénitude, là seront les délices.
Cantique des Cantiques. 2, 16 [PBJ. 995]: « Mon Bien-aimé est à moi, et moi à lui ». Dans la cantate : « Mon ami est à moi / Et je lui appartiens. »
Cantique des cantiques. 6, 3 [PBJ. 999] : « Je suis à mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé est à moi ».
Psaume 16, 11 [PBJ. 813]: « Là sera la joie en plénitude, là seront les délices / à ta droite, délices éternelles ».
Isaïe 35, 10 [PBJ. 1142] : « Nulle oreille n’a perçu / Pareille allégresse / Allégresse et joie les accompagneront ».
BJ 1976 : -Citation du texte P 12 (1 Ephésiens]., partie 4e du cycle « Der Picander-Jahrgang (1728-1729 »).

|119 mesures, si bémol majeur, C. [Tonalité faite de joie et d’équilibre. Dialogue d’union ou duo d’amour comme dans BWV 172, 152, 32, 49, 145.
BG XXVIII. Pages 279-283. Aria (Duett). | Oboe solo. | Soprano. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. En forme de quatuor avec da capo. Oboe solo, Soprano, Basso, Fagotto continuo. Organo

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274: «…un rythme de danse ».
[Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 467]: «…duo tendre et joyeux du couple céleste, une aria da capo, avec hautbois concertant et de significatives allures de danse ».
GEIRINGER: «…Les motifs semblables dans les deux voix laissent présager les duos entre l’époux et l’épouse dans « La Création » de Haydn ».
GÉROLD: «…Ici se mêle un tant soit peu, la phraséologie du Cantique des Cantiques. Les motifs commencés par le soprano et achevés par la basse s’assemblent bientôt après s’être séparé ».
HERZ: «…Ce duo d’amour devient un vrai trio et un quatuor sur l’intervention motivique du continuo. Bach acheva lui-même de transcrire la partie de hautbois sur le manuscrit. Pseudo da capo. Mélisme sur Himmels Rosen weiden (Je veux avec toi me délecter des roses célestes) aux mesures 49-61, surtout 59-61 ».
HIRSCH: «…La somme des lettres « Mein freund ist mein und ich bin sein » est de 315. Le soprano et la basse chantent 315 notes dans la première ligne ».
LABIE: «…Bach va chercher une mélodie de choral pour l’utiliser dans un chant de solistes. Son duo reprend la mélodie d’un des cantiques les plus connus du livre des prières luthériennes. Il n’a pas consacré moins de trois cantates à ce Was Gott tut, das ist vohlgetan. .. Dans cette cantate de fin d’année et de fin du monde, il pose ainsi le sceau de sa déclaration de foi dans une conduite providentielle du monde sur un dialogue amoureux digne de l’Imitation de Jésus-Christ ».
NEUMANN: «…Dialogue de l’âme et de Jésus, rempli de félicité accomplie ».
PFENDER: «…Douce lumière du hautbois et harmonie des âmes ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach.- Conclusion, page 478-479]: « Le second duo de cette cantate représente Jésus, le « fiancé », qui répond aux paroles d’amour de la vierge élue : « Mon ami est à moi. – Et je suis à toi… » Les motifs clairs et caressants passent d’une voix à l’autre : commencés par le soprano, la basse les achève. Le hautbois qui les annonce et les répète, fait rayonner dans toute la scène une douce lumière… [+ Exemple musical, BG. XXVIII, page 279].
PIRRO [J.-S. Bach]: « Le sauveur et l’âme. Duo pénétré de joie mais il n’a pas la profondeur du dialogue précédent ; il charme, élégant et radieux ».
SCHUHMACHER: «…Ardeur amoureuse assouvie. Le traitement harmonique inhabituel où se fondent amour céleste et amour terrestre sur une atmosphère dansante pleine de détente langoureuse et mystique. Duo d’amour introverti du type formel de l’opéra mais d’un sens symbolique supplémentaire. Chez Bach, Le hautbois rattache au principe divin ; le violon rattache à l’être humain ».

7] CHORAL. BWV 140/6

GLORIA SEI DIR GESUNGEN / MIT MENSCHEN UND ENGLISCHEN ZUNGEN [Variante Wustmann: “Mit Engelzungen”] / MIT HARFEN UND MIT ZIMBELN SCHON [Variante Wustmann: „schön“] -- / VON ZWÖLF PERLEN SIND DIE PFORTEN / AN DEINER STADT; WIR SIND KONSORTEN [Variante Wustmann: “Tore”] / DER ENGEL HOCH UM DEINEN THRON. / -- KEIN AUG HAT JE GESPÜRT, / KEIN OHR HAT JE GEHÖRT / - SOLCHE FREUDE [Variante: “Des singen wir und jauchzen dir. Das Halleluja für und für””] / DES SIND WIR FROH, / JO JO, / EWIG IN DULCI JUBILO.
Que ta gloire soit chantée / Par les voix des hommes et des anges. / Aux beaux accentdes harpes et des cymbales. / Les portes de ta ville sont faites / de douze perles; nous sommes les pairs / Des anges qui entourent ton trône. / Nul œil jamais n’a vu, / Nulle oreille n’a jamais perçu / Pareille allégresse. / Nous nous réjouissons / Et te chantons à jamais / Alleluja!

Renvoi à E.K.G. 121/3
Apocalypse 21, 18-22 [PBJ. 1818]: « Les portes de ta ville sont faites / De douze perles / 21, 21 : Et les douze portes sont douze perles
Tobie. Sion XII, 16 [PBJ. 644]: « les portes de Jérusalem seront bâties de saphir et d’émeraude…».
Psaume 148 [PBJ. 939]: « Louez Yahvé depuis les cieux / Jouez-le, dans les hauteurs / Jouez-le tous ses anges…» .
Psaume 150, 3-5 [PBJ. 940]: « Louez-le par la harpe et la cithare / Jouez-le par la danse et le tambour / Jouez-le par les cordes et les flûtes / Jouez-le par les cymbales sonores / Jouez-le par les cymbales triomphantes. ».
Action de grâce. Simple choral avec l’ensemble instrumental. 52 mesures en 12 lignes (même symbolisme que dans les sections 1 et 4).


Mi bémol majeur, ¢.52 mesures
BG XXVIII. Page 284. Choral (Melodie » Wachet auf, ruft uns die Stimme). | Soprano. Violino piccolo in 8°. Corno. Oboe I, Violino I col Soprano.| Alto. Oboe II, Violino II, coll’ Alto. | Tenore. Taille e Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Soprano/ Corno / Oboe I / Violino piccolo à l’octave / Violino I. – Alto / Oboe II / Violino II. – Tenore / Taille / Viola ; - Basso. Fagotto, Continuo / Organo (bez.). Forme A.A.B.

- Stolen A (lignes A1, A2, A3). Gloria sei dir gesungenmit Zimbeln schon..
- Stolen A (lignes A4, A5, A6). Von zwölf Perlen sind die Pfortenund deinen Thron.
- Abgesang, B (lignes B 7, B 8, B9, B10, B11, B 12). Kein Aug hat je gespürtEwig in dulci jubilo.

BLANKENBURG: «…La particularité de ce mouvement ne réside pas uniquement dans l’assouplissement de l’écriture homophonique au moyen de nombreuses notes intermédiaires, mais surtout par la consignation ( ?) de ces notes en blanches. Bach vise ici à fournir à cette œuvre prodigieuse une ample et mystérieuse conclusion exprimant la gloire de Dieu (Doxologie ?) Alors que Bach note ailleurs, comme d’usage, les mélodies « en noires », il écrit ici des «blanches » en conservant le ¢ comme signe de mesure, c’est à dire que la « noire » demeure le temps du morceau. Chaque verset se termine de surcroît par une « ronde » à quoi succède encore une demi-pause, avant que ne commence le verset suivant. C’est seulement avant le verset final que Bach s’écarte de cette notation. L’année liturgique s’achève par un aperçu visionnaire de la gloire éternelle de Dieu. Ample profession de foi, intercession et glorification…»
BOMBA: «…Le choral final a été cité très tôt au cours du XVIIIe siècle en tant qu’exemple de composition de Bach dans des manuels de composition et d’harmonie. Bach lui-même reprit le grand arrangement choral qui se trouve au centre de la cantate dans ses « Six Chorals en diverses manières » édités en 1748-49 chez Johann Georg Schübler et transposa de ce fait cet élégant arrangement pour l’orgue. Finalement le lied qui est à la base de cette cantate-choral de Philipp Nicolaï, fait partie de ces chorals de l’Avent les plus chantés aujourd’hui encore de sorte que cette très belle cantate expressive et marquante était jouée déjà depuis le XIXe siècle lors de représentations au cours desquelles on écoutait de la musique d’église. La 3e strophe du cantique de Nicolaï, clôturant la cantate exhorte l’idée de tradition et de fermeté de par son écriture en demi notes archaïques ; la mélodie accompagnée des instruments en colla parte apparaît alors chantée dans des notes élevées et symbolise la félicité dont les croyants jouiront au royaume des cieux…»
BOYER Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 314-315]: « Choral simplement harmonisé. Mélodie de choral (MDC) 100 de type I ». Harmonisation en valeurs longues. Seule la voix de basse dessine un contrepoint en noires (contre les blanches réservées au choral lui-même. L’ensemble orchestral au grand complet double colla parte les voix ».
HERZ: «…Wachet auf = Hauptlied uniquement utilisé dans cette cantate. Atmosphère festive et surprises harmoniques dans l’Abgesang.
Les voix sont doublées par l’orchestre. L’utilisation du violon piccolo n’est pas requise par Bach
HIRSCH: «…Le choral final comporte 52 mesures, somme des lettres de « Jesu » (9 + 5 + 18 + 20) ».
LABIE: « …pour le troisième couplet, le compositeur emploie la forme presque archaïque d’un contrepoint vertical note pour note. La sensation de stabilité ainsi créée souligne un texte qui chante l’accès à la gloire des cieux ouverts. Avec le poète nous sommes passés de l’autre côté du jugement, nous avons franchi ces portes de la ville… décrites dans l’Apocalypse de Jean (Ap. 21, 21). »
LESIEUR: «…Bach harmonise ce choral avec une simple puissance, donnant à ce drame miniature une conclusion décidée et joyeuse ».
NEUMANN: «…Simple choral et ensemble instrumental. Concentration des thèmes et de l’expression. Ambiance solennelle, allégresse. Félicité du Chrétien qui glorifie le Seigneur. Cantus firmus au soprano doublé par le violon piccolo à l’octave ».
POUGET: «…Le choral final, troisième strophe du cantique de Nicolaï est une admirable harmonisation du même thème. Tout l’orchestre soutient chacune des voix du chœur. C’est une sorte de préfiguration des félicités célestes promises aux fidèles qui ont entendu la voix du Seigneur ».
SCHUHMACHER: «…Le violino piccolo donne de l’éclat au cantique nuptial spirituel (c’est le titre que lui donne Philipp Nicolaï).
SPITTA: «…La splendide mélodie a encore une fois ici l’occasion de développer sa beauté ».
WOLFF: «…Ce mouvement recourt symboliquement au cor comme à un attribut des « Watcher auf den Sinnen ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 140

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW):
Discussions. Aryeh: Oron 1] 22 décembre 2002 – 2] 17 août 2008 – Prévisions : 21 octobre 2012
4] 30 décembre 2002 – 5] 4 décembre 2003 – 6] 17 août 2008
Commentaires
BCW. Notice rédigée par Thomas Braatz, le 21 décembre 2002. Textes en anglais de Spitta, Schweitzer, Voigt, Smend
CROUCH, Simon. Notice, 1996-1998
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BETHLEHEM. Notice par Carol Traupman-Carr. 2004
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Exemples musicaux. Aryeh Oron

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Vol. 2 (1985): pages 253, 256, 269, 274, 341, 448, 457, 458, 465-467, 660, 844
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Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). B n° 179
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BJ: 1906; 1908; 1910; 1912; 1914; 1918; 1922; 1929; 1931; 1932; Bach Fest 1910
SCHUHMACHER, Gerhard: Notice dans le coffret Teldec / Das Kantatenweerk [Vol. 35] 1984
Voir aussi Teldec / Das Kantatenwerk [Vol.24, page 9] pour la datation
Reprise de la notice de G. Schuhmacher dans le coffret n° 2 Erato / Fritz Werner, 2004
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Extrait des pages 41 et 42 dans l‘ouvrage de Gerhard Herz
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WITOLD, Jean: D’où vient l’art de Bach. Pierre Horay 1957. Pages 21-23
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WOLFF, Christoph: Notice de l’enregistrement Koopman / Antoine Marchand [Vol. 21]. 2006
WUSTMANN, Rudolph: Geistliche und Weltliche Kantaten-Texte. Breitkopf & Härtel-Wiesbaden (1913) – 1967. Pages 274-278
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Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 140

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographique établie par Aryeh Oron (BCW).
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR].
45 références (septembre 2002 – août 2009) + 47 références de mouvements partiels (septembre 2002 à novembre 2008),
Exemples musicaux. Aryeh Oron

34] CLEOBURY, Stephen. King’s College Choir Cambridge. The Academy of Ancient Music. Cambridge, juin, juillet 1999 et janvier
2000 (25’34). Coffret de deux CD EMI Classics. Avec le Magnificat BWV 243
6] COURAUD. Stuttgart Bach Choir & Orchestra. Stuttgart (29’07). Milieu des années 1950
Disques World Records Club TCM 24 et Baroque Music Club. Avec les cantates BWV 36 et 93
Reprise Discophiles français. DF 179 / 73028. Avec la cantate BWV 150
44] FOLAN, Thomas. Publick Music Orchestra and Choir. Max van Egmond, basse. Rochester ; New York (USA), novembre 2005
CD Musica Omnia Mo0204. 2007. Avec BWV 45, 192, 62
25] FUNFGELD Bach Choir of Bethlehem. The Bach Festival orchestra (Bethlehem Pen. USA). (26’58). Janvier 1989
CD Dorian Recordings (USA)
CD Dorian. Dor. 90127. CD 1989. + Avec les cantates BWV 56 et 159
26] GARDINER, John Eliot. The English Baroque Soloists. The Monteverdi Choir (24’35). Shaftesbury (GB), mars 1990
CD Archiv Produktion 431 809-2. (F =Juin 199)
Reprise chez Archiv Produktion, vol. 8, 463587-2 (AH). Avec BWV 147
13] GÖNNENWEIN. SüddeuMadrigalchor & Consortium Musicum (31’04). Juillet 1967
Disque EMI Classics / Electrola 7243 5 68752 2 7. 1968 (F). Avec la cantate BWV 148
Reprise CD EMI Electrola. 1995. Avec les cantates BWV 51, 80, 82, 147
Reprise CD (coffret de 2 CD dont l’un avec N. Marriner) EMI Classics 9243 76936. Avec les cantates BWV 80 et 147
21] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Ténor Kurt Equiluz. 1984 (28’29)
Disque Teldec. Das Kantatenwerk [Vol. 35] 6.35653-00-501-503. (SKW 35/1-2) 1984
CD Teldec 2292 42630-2 [Vol. 35] (F = 1989)
Reprise CD (D). Teldec 4509-91762 Das Kantatenwerk - Sacred cantatas Vol. 8. 1983 (coffret de 6 CD avec cantates BWV 138-162)
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 (en coffret) et Intégrale Warner Classics 8573 81167-5. 2007 (volume 43)
35] HARZEN, Guido. Kirchenchöre St. Josef und Thomas Morus / Duisberger Sinfonietta. Live Recording, 12 décembre 1999
CD Mobile Livemitschnitt. Avec la Mariazellermesse de Joseph Haydn
30] HENNIG, Heinz. Knabenchor Hanover. Barockorchester L’Arco. Hanovre (D), février 1995 (26’52)
CD Thorofon. Avec la cantate du même titre de Johann Christoph Friedrich Bach (1732-1795)
40] HEUVEL, Bas van der. Avec soprano, ténor, basse, orgue et orchestre
CD AFZ. Novembre 2001
42] HIGBEE, Dale. Carolina Baroque. Seulement les mouvements 3 à 7. 6 avril 2003. Salisbury. North Carolina. USA
CD Carolina Baroque. Living Record
27] HONEGGER-MOYSE, Blanche. Blanche Moyse Chorale & Orchestra of St. Luke’s. Vers 1990
CD Music Masters. Avec le Magnificat BWV 243
32] Huber, Franz Peter. Fuldaer Mädchenkantorei und Domsingknaben / Ensemble " Il Cimento ". (26’08). Fulda, octobre 1998
CD RBM
4] JACQUES, Reginald. The Bach Choir. The Jacques orchestra. Londres, décembre 1955. Cantate chantée en anglais
Disque BCD 601 EMI/Bach Choir. Reprise en CD Bach Choir avec la cantate BWV 6
31] KOOPMAN, Ton. Amsterdam baroque Orchestra & Choir. 1er enregistrement de T. Koopman. Vidéo. 1997 (25’46)
Coffret DVD Kultur Vidéo NVC ARTS. Avec les cantates BWV 106, 131, 147, 211 et 56
39] KOOPMAN [Vol. 21]. Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Sandrine Piau ; James Gildchrist ; Klaus Mertens (24’07)
Amsterdam : Mvts. 2 et 5, juin 2001 – Mvts1, 3, 6, 7 : décembre 2001 – Mouvement 4 : octobre 2003
CD Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72221/2. 9/2006. Avec les cantates BWV 34, 143 et 158
17] LEPPARD. London Voices. English Chamber Orchestra. Elly Ameling, Aldo Baldin, Samuel Ramey (28’51). Londres, février 1981
CD Philips. Avec la cantate BWV 80. Reprise en coffret (2 CD Philips - Duo) avec la Passion selon Saint-Jean BWV 245
36 ] LEUSINK, Peter Jan Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium (27’38). Elburg (H), janvier- février 2000
CD Bach Edition vol. 15. Cantatas vol. 8. Brilliant 99374/1 – 101 (coffret de 5 CD) Avec les cantates BWV 88 et 79
Reprise CD Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics IV. 93102 – 6-82
11] MAUESBERGER. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig (28’38) Octobre, novembre 1966
Disque Archiv-Production 198.407. Avec la cantate BWV 80
Disque VEB /Eterna 20602 (ex RDA). 1968-1970
Reprise en CD Leipzig Classics 00 1821 2 BC. Bach made in Germany », Vol. 3, Cantatas II. 1998. Avec les cantates BWV 80 et 55
45] METHA, Zubin. The Collegiate Chorale. Israel Philarmonic Orchestra (24’11). Jérusalem du 17 au 21 juillet 2008
CD Helicon Classica 02 – 0263. Avec le "Service sacré" de Bloch. Living Record
38] MÜHLENWEG, Carola. St. Johannes-Kantorei Arsten- Habenhausen. Norddeutsches Barock-Collegium. Eglise Saint Jean. Bremen-
Arsten. (D), le 26 novembre 2000. CD Camerata Musik CMD 20-21126. Avec la cantate BWV 39 et le concerto BWV 1060
20] MÜNCHINGER. Stuttgarter Hymnuschor Chorknaben u. Kammerorchester. Basse Tom Krause. (28’47)
CD Decca Eclipse 414 045-2 DH. 1984-1985. Deux tirages de cet enregistrement chez Decca. Avec BWV 80
15] ÖHRWALL, Anders. Adolf Frederick Bach Choir / Baroque ensemble (27’13). Mars 1972.
Disque Swedish Society. Avec la cantate BWV 106 et le Magnificat en ré majeur BWV 243
2 ] PROHASKA, Felix. Choir & Orchestra of the Bach Guilde. (30’08). Premier enregistrement de Prohaska. Vienne 1951
Disque Vanguard Classics. Avec la cantate BWV 80
8] PROHASKA, Felix. Deuxième enregistrement. Vienna State Chamber Choir & Opera Orchestra. (27’04). Mai 1959
Disques Vanguard Classics, Turnabout et Baroque Music.
Reprise (coffret de 4 CD ) Historical Anthology Bach Guilde. Vanguard Classics USA
Reprise CD Vanguard 08 2001 71 (1992) Avec BWV 4
41] RADULESCU, Michael. Laboratorio Corale. Il Teatro Armonio. Orchestra Barroca I Musicali Affetti. Vicence, 21 septembre 2002
CD ADO 2002. Live Recording. Avec les motets BWV 225 et 226
5] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Members of Munich State Opera Orchestra. 1er enregistrement de K. Richter. Sop. Chloé Owen.
(34’08). Disque Decca Eclipse, 1955. Trois éditions différentes (Decca Alte Werk)
16] RICHTER, Karl. 2e version. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester Edith Mathis, Peter Schreier, D. Fischer-Dieskau (34’).
Munich, Herkules-Saal, 16 octobre1977, février, mars et 6 mai 1978
Disque Archiv Produktion. Distribution 1979 en France. Plusieurs tirages isolés avec la cantate BWV 137
Reprise en coffret (6 disques) Archiv Produktion [Vol. V] 2722 030/2564 179. Bach Cantatas / Sundays after Trinity II
Reprise (coffret de 6 CD) Archiv Produktion 439375-2. Bach Cantatas / Sundays after Trinity II
Coffret (26 CD) Archiv Produktion (439398-2) reprenant tous les enregistrements de Karl Richter (volumes I à V). En France vers 1994
22] RIDELL, Wayne. Tudor Singers of Montreal / CBC Vancouver Orchestra. 1985 (28’30)
CD SM (Singer of Montreal) CBC 5029C. Deux éditions différentes
23] RIFKIN. The Bach Ensemble. Ténor Jeffrey Thomas. Version sans le chœur, un par voix. (24’ 54). New York, octobre 1986
CD Decca. L’Oiseau-Lyre 417616-2. Avec la cantate BWV 51
Reprise en coffret de 2 CD Decca Oiseau-Lyre (2000) avec les cantates BWV 147, 80, 8, 51 et 78
19 ] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Württembergisches Kammerorchester Heilbronn. Arleen Auger, Aldo Baldin, Philippe Huttenlocher. Stuttgart, septembre 1983, février 1984 (24’15)
Disque. Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98746. 1984. Avec la cantate BWV 29
Disque Hänssler / Laudate 98857. Février 1984. Avec les cantates BWV 143, 144 et 145
Voir aussi coffret Novalis / Schott 150-028-2 (avec BWV 145, 51 et 56). 1981 (critique dans Diapason de novembre 1981).
CD Die Bach Kantate [Vol. 6]. Hänssler Classic. Laudate 98857. Avec les cantates BWV 50, 29
CD Hänssler edition bachakademie [Vol. 44]. Hänssler-Verlag 92.044. 2000
33] RILLING, Helmuth. 2ème enregistrement Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach Collegium Stuttgart (23’42). Stuttgart novembre 1998
DVD Hänssler Classic. Série de 4 DVD " Lecture Concert" diffusée par la SWR Funkstudio Villa Berg Stuttgart
11] RISTENPART. Version, vers 1955, hors commerce diffusée lors de l’émission Sinfonia sacra de Jean Witold (1957)
11] RISTENPART, Karl. Chœurs du Conservatoire (Sarrebruck) et Orchestre de Chambre de la Sarre. 22 juin1962
Disques Nonesuch (USA), Musidisc et Club Français du disque (F). Avec la cantate BWV 57
Reprise, CD Accord 149182, avec les cantates BWV 56 et 79
18] ROTZSCH. Hans-JoachimThomanerchor Leipzig. Neues Bachisches Collegium Musicum. Arleen Auger, Peter Schreier, Siegfried Lorens. (28’14). Leipzig, février 1981-1983
CD Eterna (ex RDA). 1984
CD Berlin Classics. 0020992BC. 1994. Avec les cantates BWV 61 et 36
CD Leipzig Classics. Bach made in Germany. Volume 4 ; Cantatas VIII. Avec les cantates BWV 61 et 36
3] SCHERCHEN, Hermann. Vienner Akademy Kammerchor. Vienna State Opera Orchestra (31’16). Vienne 1952
Disque Westminster Archipel. Une version en trois éditions. Avec les cantates BWV 32, 198
Reprise CD Archipel ARPCD 0268 (2004) avec les cantates BWV 84 et 106
37] SCHETS, Joop. COV Sursum Corda / Randstedelijk Begelleidings Orkest (27’14). Rotterdam, septembre 2000
CD Cantilena. Avec la Messe du Couronnement, KV 317, de Mozart
1] SHAW, Robert. Robert Shaw Chorale – RCA Victor Orchestra. Disque RCA Victor. 1946. Avec la cantate BWV 131
24] SONDECKIS, Saulius. Estonian Philarmonic ChambChoir and Lithuanian Chamber orchestra. Moscou, décembre 1987. (32’)
CD Gramzapis. Avec les cantates BWV 78 et 32. Deux autres tirages CD en URSS
29] THOMAS, Jeffrey. American Bach Soloists. Ténor Jeffrey Thomas. Belvedere. Californie - USA, janvier 1995
CD Koch International Classics et deuxième édition Koch Cantatas Series, vol. VI. Avec les cantates BWV 78 et 80
10] THOMAS, Kurt. Thomanerchor Leipzig. Gewendhausorchester Leipzig. Mai et juin 1960 (32’13)
Disques Eterna (ex RDA) 720128. Electrola /VSM FALP 710 (avec BWV 11)
Reprise CD Berlin Classics 0092032BC. 1996. Avec les cantates BWV 71 et 111
Reprise CD Leipzig Classics. Bach made in Germany. Vol. 2. Cantatas IV
Reprise (coffret de 8 CD), Leipzig Classics 001812 2 BC 2000. (BWV 4, 11, 68, 59, 51, 243, 111, 140, 71, 225-230)
La meilleure version selon H. Halbreich (1979)
28] TORALF, Hildebrand. Jungendkantorei Hösel. 1994. Live recording. Avec le Requiem de Mozart
7] VOORBERG, Marinus. Der Niederländische Bach-Chor & Bach-Orchester. Vers 1958
Disque Bertelsmann Schalplattenring
43] WALL, Jochen. Junger Kammerchor Baden – Würtetenberg. Barockorchester "L‘Arpa festante" . Stuttgart et Strasbourg 4 et 5 décembre 2004
CD Junger Kammerchor Baden-Württenberg. Living Record. Coffret de 2 CD. Avec la cantate BWV 110 et le Magnificat BWV 243
9] WERNER, Fritz. [Vol. 4]. Ens. Inst. Heilbronn. Orch. de chambre de Pforzheim. Chorale Heinrich Schütz Ingeborg Reichelt (soprano) -. Helmuth Krebs (ténor) – Franz Kelch (basse). Ilsfeld (D), octobre 1959. (30’43)
1ère version. Disque Erato, les Grandes cantates Mono LDE 3134. Stéréo STE 50042. Première mondiale au microsillon.
Avec la cantate BWV 85. Reprise Disque MHS (USA) Erato Ultima 3984-28166-2
13] WERNER, Fritz. [Vol. 24]. Deuxième version. Ens. Inst. Heilbronn. Orch. de chambre de Pforzheim. Chorale Heinrich Schütz, Hedy
Graf (soprano) – Kurt Huber (ténor) – Jakob Stämpfli (basse). Schwaigern (D), février 1970 (31’40)
Disque Erato Les Grandes Cantates. Avec la cantate BWV 85
Reprise en coffret (2 CD) Erato 2292-45444-2. 1985. Avec les cantates BWV 90, 147, 4. 21
Reprise CD Warner Classics 2564 61402-2. Volume 2 (coffret de 10 CD). 2004. Il contient les deux versions de Fritz Werner 1959-1970

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 140
La longue liste réalisée par Aryeh Oron (septembre 2002 à novembre 2008), avec plus de 45 items, n’a pas été reprise ci-dessous, exception faite de deux trois références, celle de la Bach Edition 2006 (Brilliant Classics) étant toujours disponible en France (2009). C’est évidemment le choral [4] qui a été le plus souvent enregistré (plus de vingt-cinq fois) suivi par le choral [7] avec une dizaine d’enregistrements ; le chœur [1], l’a été huit à dix fois et, exceptionnellement, le duo [6]. On ajoutera enfin quelques rares transcriptions de [4] dans différentes réalisations instrumentales. La liste complète est consultable sur le BCW.
Mvt. 7. Raymond Leppard. Scottish Philarmonic Singers & Orchestra. Disque « Cantates célèbres » Erato 1984
Mvt. 7. Matt, Nicol. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester
CD Brilliant Classics / Bayer Records. Volume 23 ‘Chorale’. 1999
Mvt. 7. Reprise. Matt, Nicol Reprise Bach Edition 2006. Chamber Choir of Europe (autre dénomination du “Nordic Chamber Choir)
CD Brilliant Classics. Vocal Works. Volume V. 93102 -29-135 CD 1578

 

ANNEXE BWV 140
Philipp Spitta

Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume 2, pages 459-460

L’idéal de Bach dans les cantates. – Approchant complètement cette forme d’idéal, est la splendide composition de Bach pour le 27e dimanche après la Trinité, 25 novembre 1731. Ce dimanche comme on sait, n’apparaît que très rarement dans l’année liturgique, et c’est pour cette raison et par ce côté poétique et mystérieux de l’évangile que Bach a tardé lui-même à travailler à une composition d’une perspective aussi complexe. Le cantique en trois strophes de Nicolaï " Wachet auf, ruft uns die Stimme » a justement été sélectionné pour servir de base à cette cantate ; il est totalement en rapport avec la parabole de l’évangile des dix vierges (Matthieu 25, 1-13) et s’appuie sur la vision béatifique du cantique de Salomon [le cantique des Cantiques] ainsi que sur l’Apocalypse de Jean, au chapitre 21 [note au bas de page : la cantate dont les parties originales sont conservées à la Bibliothèque de l’Ecole Saint-Thomas est seulement publiée dans le Winterfeld , Evang. Kirchengen, volume III, appendix page 172 et partition P 1691 [ceci écrit vers 1870]. Sur la date de composition voir l’appendix au volume II, n° 46 des pages 696-697]. Entre les strophes sont insérés récitatifs et dialogues entre le Christ et l’épouse, en duos du plus grand art, desquels émane une chaste ferveur sans jamais éviter le domaine de la passion intime. Les trois strophes du cantique assignées au début [1], au milieu [4] et à la fin [7] symbolisent la tonalité mystique parcourant l’ensemble de l’œuvre et si nécessaire à exprimer l’image du silence de la nuit quand s’ouvre la sainte salle nuptiale aux indicibles joies et à la gloire de la Nouvelle Jérusalem. La première strophe est une fantaisie choral ; en voici le thème [+ Exemple musical] qui entre sur la cinquième mesure et fait planer comme une mystérieuse félicité dans le majestueux rythme de l’orchestre ; ce sentiment domine encore et encore dans d’heureux et expressifs passages. Le soprano a la mélodie dans le temps où une attitude plus stricte est soulignée aux autres voix avec de belles figurations expressives. Dans la seconde strophe [4] un trio pour ténor, le violon et la basse, le sentiment de mysticisme paraît plus en dehors. C’est comme la danse d’âmes se balançant avec une étrange et mystérieuse expression dans le registre grave de tous les violons – Sion et les croyants sont là avec le Christ dans les joies du banquet céleste. La dernière strophe [7] - "Gloria mit Menschen und Engel-Zungen" est chantée et paraît d’une simplicité sans ornement. La merveilleuse mélodie a ici encore une fois de plus l’opportunité, par sa beauté, de produire son plein effet ».

Appendix A, volume II, pages 696-697. Le filigrane « MA » significatif d’une époque. Je donne ici une liste de cantates soit religieuses soit profanes, constituant un groupe d’autographes incluant un motets et une messe (Kyrie et Gloria de la messe en si bémol majeur de 1733). De nombreuses [cantates] comportent en outre de la marque « MA » d’autres filigranes qui seront discutés ici ».

 

Contributed by Claude Role (September 2009)

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Last update: ýSeptember 17, 2009 ý07:07:44