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Cantata BWV 14
Wär' Gott nicht mit uns diese Zeit
Sans Dieu qui était pour nous en ce temps
Commentary in French

KANTATE AM VIERTEN SONNTAG NACH EPIPHANIAS
(DOMINICA 4 POST EPIPHANIAS)
Quatrième dimanche après l’Épiphanie
30 janvier 1735

CONTENU

Avertissement
Datation
Sources
Péricope
Texte
Généralités
Distribution
Aperçu
Bibliographie
Discographie
Annexe BWV 14 - Philipp Spitta

 

AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes, des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2009). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach
Outre les quelques interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
D = Deutschland
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
F = France
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

 

DATATION BWV 14

Leipzig, dimanche 30 janvier 1735 (la date est autographe sur la partition).
Fait partie du « cinquième cycle annuel » supposé des cantates de Bach.
BOMBA: « Cantate créée directement après l’achèvement de l’Oratorio de Noël en janvier 1735… Pour combler un manque certain, Bach revint, de toute évidence, à l’art spécial d’écrire une cantate qui consiste à employer le texte et la mélodie d’un choral. Le cycle annuel 1724/1725 pour lequel Bach avait écrit ses cantates chorales, ne contenait en effet pas de quatrième dimanche après l’Épiphanie, car ce dimanche n’existe que dans les années où la fête de Pâques était fêtée à une date relativement tardive, comme cela était le cas en 1735…»
HIRSCH: Classement CN 205 (Die chronologisch Nummer – numéro chronologique).
Chronologie (celle d’Alfred Dürr) 1735: BWV 248-4-5-6 (1, 2 et 6 janvier) – BWV 14 (30 janvier) – BWV 82 (2 février).
SCHWEITZER [J.-S. Bach / Le Musicien poète – Les cantates écrites après 1734, page 199]: « Elles sont au nombre de soixante-dix… quelques unes sont manifestement de l’année 1735, à en juger par les allusions aux événements contemporains qu’elles contiennent, en particulier à la guerre de la succession de Pologne qui battait alors son plein en Italie et sur les bords du Rhin… » (Renvois aux cantates BWV 143 et 79).
[Il semble que l’hypothèse d’une relation entre cette cantate et les événements de la guerre de succession de Pologne à partir de 1733 retienne l’attention de nombreux intervenants du BCW. Ces événements, il faut le noter, n’ont cependant pas directement affecté la Saxe en cette année 1735, d’autant qu’en novembre de la même année, la paix s’annonce avec le Traité de Vienne, finalement ratifié en 1738.. Cette hypothèse a trouvé et trouve toujours des avocats comme Schweitzer, Whittaker ou plus récemment Aryeh Oron / BCW], dans le temps ou Alfred Dürr l’ignore].
WOLFF: «…4e dimanche après l’Épiphanie. La cantate fut créée le 30 janvier 1735, ainsi que la date autographe l’indique sur la partition de Bach. L’œuvre est conçue comme une cantate chorale et complète le cycle de cantates chorales de 1724-1725 [Jahrgang II], puisque cette année-là [donc janvier 1725] il n’y avait pas de 4e dimanche après l’Épiphanie. En 1725 le dimanche de la Septuagésime avec BWV 92 fit suite au 3e dimanche après l’Épiphanie avec sa cantate BWV 111. BWV 14 pourrait donc être considéré comme une cantate chorale composée plus tard, très certainement en relation avec une représentation postérieure du deuxième cycle ».
[Bach avait déjà composé pour le 4e dimanche après l’Épiphanie la cantate BWV 81 (janvier 1724) mais ce n’était pas une cantate chorale].

 

SOURCES BWV 14

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P Mus. ms. Bach 879. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. A la fin de la partition, la date „1735“

BG: Vers 1850, la première édition de la BG signalait que la partition autographe était en la possession du maître de chapelle Franz Hauser à Munich.
HERZ: datation sur l‘autographe „fine / SDG / 1735“. L‘auteur reconnait l‘écriture d‘Anna Magdalena Bach (1701-1760) et un ou des copistes tardifs de Bach classés „vh“, repérés entre 1730 et 1740. Filigrane „ZVM“ (couronne et un cor de postillon avec les lettres ZVMILIKAV).
SCHMIEDER: In 4°. Pages en partie autographe ; 12 pages ne le sont pas. A la fin de la partition « 1735 ».

[Dans le volume 4, page 3 Teldec Hambourg, 1972, reproduction de la couverture annexée à la cantate BWV 14: « Dominica 4.post Epiph / Wär Gott nicht mit uns diese Zeit / à / 4 Voci / 1 corne da Caccia / 2 Hautbois / 2 Violini / Viola / e / Continuo. / di / Joh. Sebas Bach. »
On croit lire [?] dans la partie gauche supérieure « Mus. Bach P 879 » et dans la partie basse les initiales « A.G.K. 1762 »]

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN

St. 398 B (Stadtarchiv, Leipzig)

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume I, page 34]: « Les archives de la Thomasschule (aujourd’hui aux Stadtarchiv de Leipzig) possèdent les parties originales de la cantate ».
SCHMIEDER: 19 feuillet, 32 pages de musique. A fait partie d’un recueil constitué (avec corrections) par Franz Hauser (1794-1870), [musicologue, l’un des fondateurs de la BG. A établi l’un des tous premiers catalogues de l’œuvre de Bach].

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE (BG)
BG Jg. II (2e année - BWV 11-20). Pages 101 – 132. Préface de Moritz Hauptmann (1852)
[Partition BG / Breitkopf dans l’enregistrement Das Kantatenwerk, Teldec/ Leonhardt, volume 4. 1972]

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 6. KANTATEN ZUM 3 UND 4 SONNTAG NACH EPIPHANIAS
Bärenreiter BA 5087. 1996. 6 fac-similés
BWV 14. Pages 139-170. Staatsbibliothek zu Berlin. Preußicher Kulturbesitz. Mus. ms. Bach P 879 [début 1]
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5087 41. Ulrich Leisinger : BWV 111, 156, 81. Peter Wollny : BWV 73, 72, 14.
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: NET. Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Kantaten. Série I/6 Net www. Bach-Institut.de

AUTRES ÉDITIONS
BCW: Réduction voix et piano. Partition de la BG.
Breitkopf & Härtel. Partition PB 2864 – OB 1194 : Orch, voix et clavier – Chor ChB 2129
2008: Réduction Voix et piano EB 7014 (32 pages) – Chœur ChB 4514 (12 pages)
Kalmus Study Scores. N° 808. Volume IV. 1968.. New York (BWV 12-15)
Peters. Réduction pour piano.

 

PÉRICOPE BWV 14

Quatrième dimanche après l’Épiphanie
Épître: Romains 13, 8-10 [PBJ 1684-1685]. La charité, résumé de la loi. « N’ayez de dette envers personne, sinon celle de l’amour mutuel ».
Évangile: Matthieu 8, 23-27 [PBJ 1465]. Jésus apaise la tempête.

MISSEL ROMAIN
Introït. Psaume 97 « Dominus regnavit » [PBJ 892]. Yahvé règne ! Exulte la terre !
Épître: Romains 13, 8-10 [PBJ 1684-1685].
Évangile: Matthieu 8, 23-27 [PBJ 1465]. Jésus apaise la tempête.

EKG. 4. Sonntag nach Epiphanias
Entrée : Romains 8, 19 [PBJ 1679] « Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu ».
Psaume 93 [PBJ 889]. Yahvé, roi de l’univers.
Cantique EKG 249 « Such, wer da , ein ander Ziel – Chercher, comment trouver un autre chemin ». Johann Stobaüs 1613.
Épître: Romains 13, 8-10 [PBJ 1684-1685]. La charité, résumé de la loi.
Évangile: Matthieu 8, 23-27 [PBJ 1465]. La tempête apaisée…

[Même occurrence, la cantate BWV 81 du 30 janvier 1724 (I. Jarhgang).

 

TEXTE BWV 14

Auteur inconnu
1] Première strophe du cantique (3 strophes) Was Gott nicht mit uns diese Zeit de Martin Luther, d’après le psaume 124 (imprimé par Joseph Klug à Wittenberg, 1524). Premier recueil d’Enchiridiens de 1524 avec les psaumes 130, 12, 14, 47 et 128.
La mélodie est généralement -avec quelques réserves- attribuée à Johann Walter (l’unique utilisation par Bach).
Renvoi aux trois strophes du cantique EKG 192.
[Le choral à quatre voix BWV 257, du même titre que la cantate, utilisant la première strophe du cantique de Luther est basé sur une autre mélodie (d’un anonyme) Wo Gott der Herr nicht bei uns hält, mélodie retrouvée dans les cantates BWV 73, 114 et BWV 178 mais dans cette dernière sur une compilation de Justus Jonas (1524).

LYON: «…Le cantique Wär Gott nicht mit uns diese Zeit », le cantique de l’église chrétienne d’après le psaume 124 en trois strophes (février-avril 1524)… psaume de louange sur la délivrance des croyants du fardeau et de la puissance des détracteurs de la parole divine. Johann Walter (1496-1570) le publie pour la première fois, dans son Geistliche gesangk Buchleyn…»
SCHNEIDER: « Au psaume 124, Walther a mis une de ses mélodies les plus simples : presque un chant pour l’enfance. Le mode mis à part (le 2ème), type très net de choral luthérien, avec sa coupe régulière, ses anacrouses et ses silences périodiques. »

2] Forme libre de la deuxième strophe du cantique de Luther.
3] Forme libre de la deuxième strophe du cantique de Luther.
Allusion à l’Évangile de Matthieu 8, 24 [PBJ 1465]. La tempête apaisée…
Renvoi au psaume 93 aux versets 3 et 4: « Les fleuves élèvent Yahvé, / les fleuves élèvent leur voix, / les fleuves élèvent leur fracas / Plus que la voix des grandes eaux, / plus que les voix de la mer, etc., , Dans la cantate : « Et le torrent aurait déferlé sur nous / En eaux écumantes, / Et nul n’aurait apaisé la tempête
4] Forme libre de la deuxième strophe du cantique de Luther
5] Troisième et dernière strophe du cantique de Martin Luther (1524).
Mélodie de Johann Walter

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: « De la brève composition du grand réformateur [Luther] qui consiste en une réélaboration du psaume 124 [PBJ 923] en trois strophes, sont conservées la première et la troisième strophes, cependant que la seconde est dilatée au point de fournir le matériau nécessaire à trois morceaux, deux arias séparées par un récitatif ».
BOMBA: «…le début est le même que le cantique, une adaptation du psaume 124 de Martin Luther (1524). Conservé mot pour mot les strophes 3 et 5 dans les mouvements 1 et 5 et réécrites par un auteur inconnu, la strophe 2 dans le mouvement 3, très libre ainsi que les mouvements 2 et 4 ».
DÜRR: «…Par son texte, la cantate se rattache au type de ces cantates chorales qui forment le noyau de la deuxième année de composition de Bach, de 1724 à 1725. De l’adaptation en trois strophes, due à Martin Luther du psaume 124, ont été textuellement conservées les strophes initiales et finale (mouvement 1 et 5), tandis que la strophe médiane retourne en imitation paraphrasée au récitatif (mouvement 3) et que les textes des deux airs représentent pour ainsi dire une libre continuation de l’idée maîtresse du psaume. La relation à l’Évangile du dimanche, Saint-Matthieu 8, 23-27 (Jésus apaise la tempête) est évidente ».
HIRSCH: « Le cantique Wär Gott nicht mit uns diese Zeit » est très connu parmi les livre de Cantiques de l’époque de Bach, spécialement adaptée au 4e dimanche après l’Épiphanie ».
WOLFF: «…Le texte s’appuie sur le lied homonyme de Martin Luther (1524), dont la paraphrase (d’Andreas Stübel ?) fut probablement écrite en 1724-1725. Il fait seulement une allusion vague à l’Évangile du dimanche (Matthieu 8, 23-27: la tempête apaisée) ».

 

GÉNÉRALITÉS BWV 14

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 341]: « …avec la cantate BWV 9, la cantate BWV 14 suit le modèle typique de la seconde année »[cycle 2e ou 2. Jarhgang].
BOMBA: «…Cantate chorale; la cantate reflète d’une façon, particulière l’art contrapuntique de Bach dans son âge mûr ».
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, page 133]: «…Beaucoup plus concise et beaucoup plus sévère que BWV 81, la cantate BWV 14, écrite tardivement en 1735, renoue avec le traitement de la MDC (Mélodie de choral) qui n’avait pu avoir lieu en 1725, cette année-là le quatrième dimanche de l’Épiphanie n’existant pas. Mais Bach ne cède pas à la tentation ancienne de faire exposer le CF (Cantus firmus) au soprano dans une forme concertante ; au contraire, il relègue la MDC aux instruments (cor da caccia et deux hautbois) pour bâtir une fugue extrêmement complexe aux voix… démonstration de l’art polyphonique de Bach…»
DÜRR: «…Cette cantate, du fait qu’il ne nous est pratiquement plus parvenu de cantates de la dernière période créatrice de Bach, une cantate appartenant résolument à la « dernière manière » ; elle fut exécutée pour la première fois, quelques semaines après l’Oratorio de Noël, le 30 janvier 1735. Schéma de forme habituelle, deux airs encadrant un récitatif, plus un sobre choral final à quatre voix ; ressort le mouvement initial ».

 

DISTRIBUTION BWV 14

NEUMANN. Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Horn ; Oboe I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli: S, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Oboe I, II; Corno da caccia; Viol. I, II; Vla.; Cont.

 

APERÇU BWV 14

1] CHOR. BWV 14/1

WÄR GOTT NICHT MIT UNS DIESE ZEIT, / SO SOLL ISRAEL SAGEN/ WÄR GOTT NICHT MIT UNS DIESE ZEIT, / WIR HÄTTEN MÜSSEN VERZAGEN, / DIE SO EIN ARMES HÄUFLEIN SIND, / VERACHT’ VON SO VIEL MENSCHENKIND, / DIE AN UNS SETZEN ALLE.
Sans Dieu qui était pour nous en ce temps, / - A Israël de la dire / Sans Dieu qui était pour nous en ce temps, / Nous étions la proie du désespoir, / Nous le pauvre troupeau [Variante: Nous qui ne sommes qu’un petit nombre], / Méprisé par tant d’hommes / Qui tous nous persécutaient.
[Ici, l’utilisation rigoureuse du verset 1 et une partie du verset 2 du psaume 124].

Sol mineur (g), 217 mesures, 3/8
BG Jg. II (deuxième année). Pages 101-114. Corno di caccia. / Oboe I, II. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Alto. / Tenore. / Basso. Continuo.
NEUMANN. Fugue chorale (à deux sujets). Instruments: Cantus firmus (Cor et 2 hautbois). Cor en fa, Oboe I, II, Cordes et continuo
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso; Corno da cacc., Ob. I, II (all‘ unis) Viol. I, II, Vla., Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: «…Cette cantate qui, à tous les effets, doit être considérée comme l’une des dernières écrites par Bach (la date de 1735 figure sur l’autographe) est une composition presque prémonitoire du parcours sévère et hautement technique que Bach devait privilégier dans ses quinze dernières années. Cela s’applique, pour le moins, à la grande page d’ouverture, un motet concerté à quatre voix, compact, et totalement dépourvu de ritournelles instrumentales, avec une quinta pars confiée conjointement à un cor da caccia et deux hautbois ayant pour tâche d’entonner exclusivement les sept versets de la mélodie-choral. Cette façon de faire n’était pas nouvelle (on l’avait vu appliquée, par exemple, dans les cantates BWV 25, 48, 77, 80) mais dans le cas présent l’élaboration contrapuntique en style de fugue, différente d’un verset à l’autre, est soumise à un procédé technique tout à fait particulier : la tête du thème de chacun des épisodes de type motet consiste en une inversion de l’incipit mélodique (si celui-ci est ascendant, le thème est alors descendant et vice-versa). Ce parti pris influence aussi le premier épisode contrapuntique, qui a une fonction indépendante puisque la mélodie-choral ne fait son entrée qu’à la mesure 13 : les voix avancent dans l’imitation alternativement par mouvement direct et par mouvement contraire…»
BOMBA: « Ce qui est particulièrement remarquable dans cette cantate, c’est avant tout lechœur d’introduction. Chaque vers de ce motet de choral est présenté par les quatre voix, c’est à dire en couple, de sorte que la deuxième suit la première dans le sens contraire. Le cantus firmus ne s’entend que dans les instruments…»
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 67-69316-317]: MDC (Mélodie de choral) 101 de type V [Page 67]: Un chœur libre mais extrêmement sévère sur le plan polyphonique (double fugue à quatre voix) sur le texte du cantique… La citation de la mélodie de choral par un cor da caccia et deux hautbois constituant une cinquième voix indépendante (Pour le type V de MDC, renvoie aux cantates BWV 25/1, 48/1, 77/1, 127/1161/1 et 185/1),
«…Dans le catalogue Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor, le choral n° 284 qui porte le même titre que le numéro 182, n’utilise pas la même mélodie… Le premier chœur que l’on pourrait considérer comme un motet incrusté dans une trame orchestrale indépendante et qui pourrait être assimilé lors d’une première écoute à une élaboration de type II, a une structure extraordinairement complexe. Les quatre parties vocales doublées par les cordes et la basse continue exposent une double fugue dont le second sujet est le renversement du premier. Le premier sujet dont l’incipit est dérivé de la mélodie de choral est exposé au ténor, immédiatement contrepointé par son renversement à la voix de basse. La réponse du premier sujet apparaîtra au soprano devancé par son renversement à l’alto. Toute cette dialectique vocale déjà proche de l’Art de la Fugue pourrait faire oublier l’essentiel, l’apparition du cantus firmus en valeurs plus longues aux parties instrumentales d’un cor et de deux hautbois. Verset par verset, le cantus firmus va être exposé par les instruments à vent, surplombant la double fugue qui va paraître à la longue jouer un rôle annexe. Dans la sombre tonalité de sol mineur et pendant deux-cent dix-sept mesures, nous allons assister à un véritable combat des quatre voix du chœur contre l’imperturbable marche du cantus firmus confié aux vents…»
DÜRR: «…Forme savamment ingénieuse ; la mélodie dénuée d’ornements se fait entendre dans une ampleur solennelle aux vents (cors et deux hautbois à l’unisson), exposée verset par verset comme couronnement du mouvement de motet que forment, renforcées par les cordes, les voix qui exposent pour leur part chaque verset du cantique en contre-fugue : à chaque rentrée du thème du verset du cantique, succède dans la prochaine, le renversement de ce thème. Ce n’est sûrement pas un hasard qu’un tel mouvement, faisant déjà pressentir les œuvres contrapuntiques de la dernière période créatrice, figure justement dans l’une des dernières cantates d’église de Bach ».
GARDINER: «…Présentation de chaque ligne du choral à égalité entre les quatre parties vocales (doublées par les cordes), d’abord en exposition fuguée, à laquelle répond immédiatement son renversement, puis en augmentation par les hautbois et le corne da caccia, à l’unisson. Il en résulte une complexe polyphonie à cinq parties réelles… certaine affinité, sur le plan technique mais aussi de climat avec le chœur d’ouverture de la cantate BWV 80…»
HIRSCH: Les sept lignes de la strophe sont l’occasion pour Bach d’exposer à sept reprises (signification du chiffre 7) le thème de la fugue…»
LEMAÎTRE : «…Le style du motet ancien s’immisce dans la première page. Sa sévérité découle de l’absence de ritournelles instrumentales et de la doublure de la partie de basse effectuée par le continuo. Au-dessus du contrepoint vocal, le cor et les hautbois s’unissent pour citer les sept sections de la mélodie du choral. Nous sommes donc en présence d’une écriture à cinq parties réelles. »
POMMER: « Alfred Dürr compare le chœur initial à un motet choral. Avec leurs entrées en imitations, dont la substance mélodique est empruntée au thème de chaque verset (la deuxième et la quatrième voix répondent en mouvement contraire), les quatre voix introduisent la mélodie du choral qui est joué en cantus firmus par les hautbois et le cor « da caccia ». Nous sommes ici en présence d’un principe de composition d’une complexité extrême qui ne trouve que peu d’équivalence ».
SCHWEITZER [J.S. Bach – Motets et chants, pages 298-299 (note): «…Dans les cantates, il y a un grand nombre de mouvement qui ne sont rien d’autres que des motets… ils n’ont pas de parties orchestrales indépendantes, les instruments doublant les parties vocales. Renvois aux cantates BWV 108/4, BWV 121/1, BWV 38/1 et BWV 2/1…Le premier chœur est une fugue dans le style de Pachelbel… C’est l’un des plus difficile mouvement vocal de Bach… s’il est bien exécuté, l’auditeur n’aura aucunement conscience de la conception complexe de l’œuvre… » Les deux arias contrastent avec le chœur par leur caractère fortement pittoresque ».
WIJNEN: «…Le mouvement d’ouverture a ceci de remarquable qu’il est écrit dans un style délibérément ancien, archaïque, presque dur, complètement démodé, alors que le reste de l’ouvrage semble d’une grande modernité et d’une parfaite liberté d’esprit. D’emblée le thème choral fait l’objet d’imitation rigoureuse, verset après verset, tandis que la voix supérieure l’énonce comme en survol, sur des valeurs longues…»

2] ARIA SOPRAN. BWV 14/2

UNSRE STÄRKE TYRANNEI HEIßT ZU SCHWACH, / UNSERM FEIND ZU WIDERSTEHEN. // STÜND UNS NICHT DER HÖCHSTE BEI, / WÜRDS UNS IHRE / BALD BIS AN DAS LEBEN GEHEN.
Notre force, c’est d’être trop faibles / Pour résister à notre ennemi, / Sans le secours du Très-Haut, / Leur tyrannie / Nous fera bientôt succomber.

Si bémol (B), 137 mesures, 3/4
BG Jg. II. Pages 115 – 125. Aria. / Corno di caccia. / Violino I. / Violino II. / Viola. / Soprano. / Continuo.
NEUMANN. Cor, Cordes, Continuo. Soprano.
SCHMIEDER. Sopr., Corno di cacc., Viol. I, II, Vla, Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: «…Les deux arias [2 et 4]… sont de style « moderne » dans la forme avec da capo librement conçu ; l’appareil instrumental prévoit un cor en fonction concertante avec les cordes dans la première [2]…»
GARDINER: «…le cor dans sa tessiture la plus aiguë ; la partie autographe indique corne par force et tromba…»
LEMAÎTRE: « …Le premier air…reçoit le soutien concertant d’une trompette que certaines versions [discographiques] remplacent par le cor » [en fait c’est le cor qui est d’origine].
PIRRO [J.-S. Bach – Les cantates après 1727, page 154]: «…Un air d’alto [ici André Pirro semble faire erreur, c’est un air pour soprano] accompagné du cor de chasse, est comme un chant de guerre, tout vibrant de fanfares graves. »
[L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach – L’orchestration, page 239]: « Le corno da caccia est parfois utilisé pour donner, aux airs de force, une teinte violente et un peu grave. Dans l’air de soprano de la cantate BWV 14, il se présente en motifs de trompette [Renvoi à BG II, page 113].
POMMER: «…air composé dans le style concertant...Des passages où la virtuosité du cor « da caccia » et des premiers violons se déploient et répondent à la soliste… »
SCHWEITZER [J.S. Bach –Les Cantates après 1734, pages 329-330]: «…Les deux arias contrastent avec le chœur par leur caractère fortement pittoresque … dans le premier [2], l’orchestre décrit le tumulte de la bataille dans lequel le croyant crie à Dieu de venir le secourir ».
WOLFF: «…Le cor apparaît comme instrument solo (alors que dans [1] il présente la mélodie du choral) soulignant en alliance avec la voix, le contraste entre "stark" (fort) et "schwach" (faible) dans le texte ».
[Figurations sur « wiederstehen – résister » notamment aux mesures 34 à 36, puis 107-109, « Höchste - Très-Haut », à la mesure 52 et surtout une longue tenue sur « Leben gehen – perdre la vie / succomber », aux mesures 63 à 68 (pas moins de 46 notes) ; à nouveau sur le même mot « Leben » aux mesures 69 et 70, 91 et 92. Prélude instrumentales, mesures 1 à 21. Développement vocal de la mesure 21 à 93 ; bref interlude instrumental aux mesures 94 à 97 puis reprise final de la première section du texte, depuis « Unsre Stärke… » jusqu’à wiederstehen, mesures 98 à 117 ; enfin un postlude instrumental, mesures 117 à 137].

3] TENOR. BWV 14/3

JA, HÄTT ES GOTT NUR ZUGEGEBEN, / WIR WÄREN LÄNGST NICHT MEHR AM LEBEN, / SIE RISSEN UNS AUS RACHGIER HIN, / SO ZORNIG IST AUF UNS IHR SINN. / ES HÄTT UNS IHRE WUT / WIE EINE WILDE FLUT / UND ALS BESCHÄUMTE WASSER ÜBER SCHWEMMET, / UND NIEMAND HÄTTE DIE GEWALT GEHEMMET.
Oui, si Dieu l’avait vraiment voulu, / Depuis longtemps nous ne serions plus en vie, / Ils nous auraient avalés tout vifs / Dans le feu de leur colère. / Leur fureur nous aurait submergé / Et le torrent aurait déferlé sur nous / En eaux écumantes, / Et nul n’aurait apaisé la tempête.
Présence sensible des versets 3 et 4 du psaume 124 « Alors tout vifs, ils nous engloutissaient tant leur colère s’enflammait contre nous ; / alors les eaux nous submergeaient, un torrent nous passait sur la gorge…».

Sol mineur (g) – ré mineur (d), 10 mesures, C
BG Jg. II. Page 126. Recitativo. Tenore. / Continuo.
NEUMANN. Basse continue, accompagnato, Ténor
SCHMIEDER. Ten., Cont

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: «…Le récitatif réserve au continuo une partie frémissante et tempétueuse obéissant aux suggestions largement fournies par les images poétique du texte, compte parmi les plus intéressants passages sur texte madrigalesque. »
BOMBA: « Sauts d’octaves et les gammes qui s’opposent aux vagues « wilde Flut »
POMMER: «…Le recitativo secco pour ténor est composé de façon très dramatique. Les passages tourmentés du continuo rendent de façon tout à fait expressive le sens des mots « Rachgier - soif de vengeance », « Wut – colère » et « Flut – flots ».
SCHWEITZER [J.S. Bach –Les Cantates après 1734, page 330]: «…Spitta a justement remarqué qu’au commencement de ce récitatif, on doit lire « Ja, hätte Gott es zugegeben » au lieu de « Ja, hätt es Gott nicht zugegeben » comme il est imprimé dans l’édition de la BG ».
[Figurations au continuo sur « Wuth » et « Fluth » (mesure 7) et à la mesure 8 pour souligner les mots « Wasser über schwemmet - en eaux écumantes ».

4] ARIA BAß. BWV 14/4

GOTT, BEI DEINEM STARKEN SCHÜTZEN, / SIND WIR VOR DEN FEINDEN FREI. // WENN SIE SICH ALS WILDE WELLEN / UNS AUS GRIMM ENTGEGENSTELLEN, / STEHN UNS DEINE HÄNDE BEI.
O Dieu, puissante est Ta protection / Qui nous délivre des ennemis. / Lorsque ceux-ci suscitent contre nous / Les vagues déchaînées de leur colère, / Ce sont Tes mains qui nous secourent.

Sol mineur (g), 94 mesures, C. Marqué „Vivace“
BG Jg. II. Pages 126 – 131. Aria (Vivace). Oboe I. / Oboe II. / Basso. Continuo.
NEUMANN. Forme de quatuor. Oboe I, II, Basse et basse continue. Libre da capo.
SCHMIEDER. Basso, Ob. I, II, Cont.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 468]: «…Aria dans le style « moderne… »
HIRSCH: «…deux hautbois, la basse et le continuo s’apparente à une forme quatuor, marqué « vivace » par Bach. Les 12 mesures de la ritournelle…, sauts d’octave et de septième, dans la partie B, sont l’occasion pour Bach d’illustrer le « dramatisme » du texte…»
POMMER: «…Dans l’air pour basse… le soliste s’insère dans un trio composé de deux hautbois et du continuo ».
SCHWEITZER [J.S. Bach –Les Cantates après 1734, pages 330]: «…Dans le second air [4], le puissant secours [de Dieu] est représenté par un « anguleux » et puissant trio entre les deux hautbois et le continuo… la voix entre avec un thème rempli de fierté à l’apparition du mot « frei – délivre ». Cet aria est un remarquable exemple de la façon dont Bach décrit la puissance. Si ce caractère est bien respecté durant l’exécution, la nuance « vivace » ne doit cependant pas être prise au sens moderne du mot ».
WIJNEN : « … on trouvera un étonnant exemple de peinture musicale, de figurations dans ce récitatif où les « wilde wellen - vagues sauvages » sont représentée par de brutales fusées ascendantes et descendantes au continuo…»
[Figurations sue le mot « Feinden – ennemis » ]

5] CHORAL. BWV 14/5

GOTT LOB UND DANK, DER NICHT ZUGAB, / DAß IHR SCHLUND UNS MÖCHT FANGEN. // WIE EIN VOGEL DES STRICKS KÖMMT AB, / IST UNSRE SEEL ENTGANGEN : // STRICK IST ENTZWEI UND WIR SIND FREI / DES HERREN NAME STEHT UNS BEI, / DES GOTTES HIMMELS UND ERDEN.
Dieu soit béni et remercié / Qui ne nous a point donnés à eux en pâture. / Notre âme, comme un oiseau, / S’est échappée du filet de l’oiseleur:/ Le filet s’est rompu, et nous voilà libres; / Notre secours est dans le nom du Seigneur, / Le Dieu du Ciel et de la terre.
Présence sensible du psaume 124 aux versets 7 et 8: « Tel un oiseau, notre âme s’est échappée du filet des oiseleurs ; le filet s’est rompu, nous nous sommes échappés / Notre secours est au nom de Yahvé, qui a fait le ciel et la terre. »

Sol mineur (g), 15 mesures, C
BG Jg. II. Page 132. Choral. Soprano. (Corno di caccia. Oboe I, II. Violino I col Soprano) / Alto (Violino II coll‘ Alto) / Tenore (Viola col Tenore). / Basso. / Continuo.
NEUMANN. Ensemble instrumental. Simple choral harmonisé
SCHMIEDER. Sopr., Alto, Ten., Basso, Cont. (Corno da cacc., Ob. I, II, Viol. I col Sopr., Viol. II coll‘ Alto, Vla. Col Ten.)

BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 316-317]: MDC (Mélodie de choral 101 de type 1. Le choral final sur la même mélodie [que 1] sera simplement harmonisé avec doublures des instruments « colla parte »… il faut noter la disproportion des deux élaborations chorales sur la même mélodie, l’asymétrie créée par les dimensions et le style de chaque partie, enfin la disharmonie créée entre les premières paroles du cantique et la strophe finale, strophe de louange et de remerciement… cependant, il est important de noter que l’incipit de pentacorde montant de la mélodie devait permettre à Bach d’élaborer une œuvre symbolique où les figures montantes et descendantes illustrent les filets dans lesquels l’âme est emprisonnée [chœur 1]. Ce thème biblique du Dieu lieur et délieur des filets du péché et des filets de la mort avait toujours inspiré à Bach des élaborations savantes aux motifs enchevêtrés (Renvoi à BWV 4) ».
GARDINER: «…peut-être l’aimable progression du choral final, clapotis de croches en rien menaçantes, n’est-il qu’accidentel dans la mesure où l’image a désormais changée : tel l’oiseau échappant au piège, l’âme s’est envolée ».
HIRSCH: Ce morceau comporte 14 mesures = la somme de B +A + C + H. Simple coïncidence ou implication personnelle, comme celle d’une signature ?
POMMER: «…La cantate se termine sur un mouvement figuré joué par un orchestre comprenant en plus de cordes et de deux hautbois un cor « da caccia » dont le jeu dans le registre aigu exige en plus d’une embouchure de clarino un instrumentiste excellent ».
WOLFF: «…Le choral conclusif, comprenant une basse en contrepoint animé et les voix médianes, rappelle les chorals de l’Oratorio de Noël, qui furent créés juste quelques semaines auparavant ».

 

BIBLIOGRAPHIE BWV 14

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ORON, Aryeh: Discussions 1] 28 janvier 2001 – 2] 19 octobre 2008 – Prévision: 14 février 2010
Texte du choral Wär Gott nicht mit uns diese Zeit

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Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. C n° 330
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HARNONCOURT, Nikolaus: L’interprétation, in coffret [4] Teldec 1972
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POMMER, Max: Notice de l’enregistrement Capriccio / Rotzsch. 1984
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SCHERING, Arnold: 55] Johann Sebastian Bach und das Musikleben Leipzigs im 18. Jahrhundert. Musigeschichte Leipzigs, Bd. III, Leipzig 1941
SCHMIEDER, Wolfgang: Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
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Literatur: Spitta – Schweitzer –Wolfram II – Pirro – Parry – Wustmann – Wolff – Terry – Steglich – Schering – Neumann . BJ 1906, 1917, 1932, 1933, 1935
SCHNEIDER, Charles: Luther poète et musicien et les Enchiridien de 1524. Edition Henn. Genève 1942. Pages 31, 109-110
SCHWEITZER, Albert: J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 199, 214
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966. Volume 2, pages 299 (notes), 329
SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, page 66
WHITTAKER, W. Gillies: The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular. Deux volumes. Oxford U.P. 1959-1985 Volume II: pages 295, 299, 322-328
WOLFF: Notice enregistrement Koopman (20). 2005
WUSTMANN, Rudolf: J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Page 73
ZWANG, Philippe et Gérard: Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 196, page 297
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005

 

DISCOGRAPHIE BWV 14

Les numéros 1] et suivants indiquent la chronologie discographie établie par Aryeh Oron (BCW).
Durée: Gardiner (14’35). Koopman (15’18). Leonhardt (17’29). Leusink (17’43). Neumann (ca 18’). Rilling (15’10).Rotzsch (15’09)
BACH CANTATAS WEBSITE: Discographie établie par Aryeh Oron et complétée, autant qu’il ait été possible, par [CR, février 2009].
Six références (janvier 2001 – octobre 2006) + 3 mouvements individuels (janvier 2001 – juillet 2006)
Mélodie du choral Wär Gott nicht mit uns diese Zeit
Exemples musicaux (dont celui de Margaret Greentree / The Bach Chorales).

4] GARDINER [Vol. 19]. Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage.
Live Recorded at Romsey/Abbey. Hampshire (GB), 30 janvier 2000
CD SDG 115. 2006. Avec les cantates BWV 26, 81 et le motet BWV 227
6] KOOPMAN [Vol. 20]. The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Mai 2002 (mvts. 3 et 4). Février 2003 (mvts. 1, 2 et 5)
CD Antoine Marchand CC 72220. 2005
1] LEONHARDT. Leonhardt Consort. King’s College Choir Cambridge. 1972
Disque Teldec Das Kantatenwerk [Vol. 4]. SKW 4/1-2 T-BR 2. 1972
CD (D) Coffret Teldec 4509-91755-2. Das Kantatenwerk – Sacred Cantatas [Vol. 1]. Cantates BWV 1 à 19
CD (F) Coffret Teldec 8-35030-ZL 242.500-2 (F= 1985). Avec la cantate BWV 16
Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 et Intégrale Warner Classics 2006 (Vol. 5) 8573-81210-5
5] LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Bach Edition. Printemps 2000
Brilliant 2000.Kantaten Vol XVIII/ 9. 99377/2-129
Reprise Bach Edition 2006. Brilliant Classics IV - 93102 -12-88. Avec les cantates BWV 51 et 32
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Württembergisches Kammerorchester Heilbronn. Février 1984
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98748. 1985. Avec BWV 11
CD. Die Bach Kantate [Vol. 8]. Hänssler Classic. Laudate 98859. Ca 1989. Avec BWV 9, 195
CD. Hänssler edition bachakademie [Vol. 5]. Hänssler-Verlag 92.005. 1998
3] ROTZCH. Thomanerchor Leipzig. Neues Bachisches Collegium Musicum. Avril-mai 1984
Disque Eterna (VEB). Edition Bach Leipzig
Disque Capriccio (1984). Kantaten mit Corno da caccia. Edition Bach Leipzig. Avec les cantates BWV 51 et 143
CD (Deux éditions)
Reprise du disque Capriccio. Leipzig Classics – Bach Kantaten. Avec les cantates 51 (Max Pommer) et 143 (Hans-Joachim Rotzsch)
Bach made in Germany. Leipzig Classics Volume IV/ Cantatas III 001826 2BC. 1984-1999. Avec BWV 4, 134

MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 14
M-1. Mvts. 1 et 5] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir / Bach-Orchester Berlin. Fin des années 1950 ou 1960.
Disque puis reprise CD Baroque Music Club (Soli Deo gloria volume 3)
M-2. Mvt. 5] Aria pour soprano. Marek Strycl – Musica Florea. Juillet et septembre 1996
CD Archiv et Concentus Moraviae
M-3. Mvt. 5] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Freiburger Barockorchester. Juin 1999
Bach Edition. Volume 17 – Vocal Works, volume II. CD Brilliant Classics/ Bayer Records.
Reprise Bach Edition 2006. Brilliant Classics. V – 93102 /26-132

 

ANNEXE BWV 14
Philipp Spitta

SPITTA, Philipp: Johann Sebastian Bach. Sous-titré: « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume III, pages 66-68

« …C’est aux événements des guerres sur le Rhin et en Italie qu’est due la composition de la cantate « Wär Gott nicht mit uns diese Zeit » qui fut exécutée environ quatre semaines après [l’Oratorio de Noël] pour le 4e dimanche après l’Épiphanie (30 janvier 1735). On sait que Luther écrivit en trois strophes la paraphrase du psaume 124. Il constitue le fondement du texte [de la cantate] quoique la deuxième strophe soit paraphrasée dans le style madrigalesque. [renvoi à la note 69, bas de page 66: Dans le volume II de la BG où la cantate est publiée, les mots du début de [2]] « Ja, hätte Gott es zugegeben » (apparemment ce n’est pas exacte), au lieu de « Ja, hätt es Gott nicht zugegeben » ; La cantate est aussi publiée P n° 1297 [cette référence est inconnue]. Exceptionnellement, non pas à son habitude, Bach lui-même a daté la cantate de « 1735 ». Le papier sur lequel sont copiées les parties [séparées] est le même que celui de la cantate « Vereinigte Zwietracht [Cantate BWV 207 devenue par modification la cantate profane BWV 207a « Dramma per musica, du 3 août 1735 ; célébration de l’anniversaire du roi de Saxe, Auguste III]. Cette année correspond bien à celle de l’exécution [de BWV 14]. La première strophe est dans la forme d’un choral pour orgue de Pachelbel. Le chœur débute dans un style fugué avec d’ingénieux [renversements] mouvements contraires, les thèmeétant introduits comme contrepoint au Cantus firmus confié à un cor et deux hautbois. Clarifier l’aspect de ce travail, peu évident dans un premier regard, mais très représentatif d’une profonde expérience intime, doit avoir été excessivement difficile. Quand le choral est joué « à découvert », il laisse la plus grande place a une relative fantaisie par rapport au sens [général du morceau]. Mais quand solo ou choeur interviennent avec leur propre texte et mélodie, nous y trouvons deux éléments contrastés, l’un très intime, éphémère, l’autre objectif et permanent, dans lequel le premier est pleinement représentatif du sentiment religieux, renforçant et sanctifiant l’effet du sentiment objectif [exprimé par le deuxième élément]. Cet entrecroisement et l’alternance des émotions sont en vérité les plus caractéristiques du sentiment religieux de Bach. Dans le cas présent, bien qu’il n’y ait pas de contraste trop formel entre le Cantus firmus instrumental et le contrepoint vocal, Bach laisse l’élément objectif rencontrer le caractère subjectif de la mélodie mais sans l’autoriser à usurper sa place. Ceci pourrait bien l’être quand le Cantus firmus intervient. [Mais] Bach a pris soin de le subordonner…Une anticipation de cette forme peut être avancée, avec le premier chœur de la cantate « Es ist nichts gesundes an meinem Leibe » [BWV 25], où, comme il a été dit, les thèmes de la fugue vocale sont dérivés des deux lignes du choral qui est joué. Les deux arias [2 et 4] sont vraiment importantes, la première, la plus caractéristique avec son rythme étrange, pendant que la seconde toute remplie de sentiment et d’ingéniosité, est plus « élevée », spécialement dans la seconde partie, par l’expression d’une foi ferme et vaillante. »

 

Contributed by Claude Role (February 2009)

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Last update: ýFebruary 24, 2009 ý00:46:55