Recordings/Discussions
Background Information
Performer Bios
Poet/Composer Bios
Additional Information
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C.
Role. Juillet 2011
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Cantate BWV
136
ERFORSCHE MICH,
GOTT, UND ERFAHRE MEIN HERZ
Sonde-moi,
ô Dieu et éprouve-moi…
KANTATE
ZUM 8. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate
pour le 8e
dimanche après la Trinité
Leipzig,
18 juillet 1723
|
AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques souvent accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama espéré « élargi »
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques interventions « CR » identifiées
par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il
a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut
mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
Es = mi bémol
majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur. (g moll) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne = Angleterre
(H)
= Si → (h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition autographe originale
Ost
= Original Stimmen = Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident »
remarquable.
DATATION BWV 136
DÜRR.
Chronologie 1723. BWV 167 (24 juin). BWV 147 (reprise), 2 juillet).
BWV 186 (11 juillet). *BWV 136 (18 juillet). BWV 105 (25 juillet).
BWV 46 (1er
août).
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.]
: «…On
a émis l’hypothèse que la source pourrait être
une cantate profane exactement contemporaine, ce qui paraît peu
plausible quand on observe à quel point l’œuvre
suit le récit évangélique du jour ».
HIRSCH
: Classement CN 44 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). I.
Jahrgang ou « Année I » et Premier
cycle des cantates de Leipzig dans la période allant du 30 mai
1723 au 4 juin 1724.
NEUMANN
: le 18 juillet 1723. Le même jour, peut-être, le motet
BWV 227 pour la cérémonie funèbre de Johanna
Maria Keese…? [renvoi à BJ 1912, page 9).
SCHMIEDER
: A Leipzig, entre 1723 et 1727 ou 1737/38 ?
SCHWEITZER :
Les cantates de 1724 à 1727 [d’après Spitta].
SPITTA
[Johann Sebastian Bach.
Tome 2, Appendix n° 19, pages 679 à 682 « Leipzig
…La première période s’étend de
1723 jusqu’à octobre 1727 avec comme dernier exemple la
cantate BWV 198… Le filigrane des autographes [ici les parties
séparées] est d’une part, sur la première
partie de la page « « IMK »,
et sur l’autre la « demie lune ». Ces
filigranes apparaissent dans une liste donnée de 41 cantates…»
WHITTAKER
[page 354] La datation de la cantate se situe alentours 1725, le
librettiste est inconnu, peut-être est-ce la raison d’une
adaptation [le texte] aussi approximative… »
SOURCES BWV 136
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
L’édition
de la BGA ne cite pas de partition originale [?]
NEUMANN,
Werner : [P avec
St 20 M Berlin
Deutsche Staatsbibliothek]. Anciennement à la Marburg
Staatsbibliothek (dépôt) puis Berlin-Dahlem [?]
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, pages
292/293] : «… cantate dont nous connaissons les
parties originales mais pas la partition (à l’exception
de deux fragments) ».
BOMBA
: «…Sur
la base des sources dont elle dispose, la recherche discute encore de
la question de savoir si Bach avait composé la musique pour ce
dimanche précis ou s’il eut peut-être recours à
une cantate profane. En tout cas, seule la partie centrale de l’air
d’alto (n°3) ainsi que le choral final ont pu être
mis en évidence comme composition nouvelle…»
CANTAGREL
[Les Cantates de J.-S.
Bach, page 775] :
Autographe perdu…
HERZ :
18 juillet 1723 ou ancienne datation : 1737/1738. Partition
[West Berlin]. Filigrane « IMK ».
ISOYAMA :
[de la cantate] : «…nous en avons encore les
parties originales et deux partitions partielles ; les
partitions renferment les copies propres de la section du milieu de
l’aria d’alto [le presto, n°3] et du choral
final [6], ce qui suggère que cette cantate fut formée
à partir d’une révision d’une œuvre
établie. Il n’existe pas de matériel cependant
qui pourrait aider à établir la nature de l’œuvre
originale…»
NYS,
Carl de : « Les recherches les plus récentes
[écrit en 1977-1978] pour la nouvelle édition
monumentale des œuvres de Bach : NBA) semblent indiquer
que cette cantate est une parodie d’une œuvre antérieure,
profane ou sacrée ; il est probable que les récitatifs,
le choral final et la partie en 12/8 de l’aria n° 3 ont été
composés pour la nouvelle utilisation de l’œuvre
en 1723…»
PARTIES
SÉPARÉES
= ORIGINALSTIMMEN
St
20 M. Berlin, Deutsche
Staatsbibliothek. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek
(dépôt) puis Berlin-Dahlem.
BGA.
(Wilhelm Rust, décembre 1881). Les parties séparées
sont à la Bibliothèque Royale de Berlin et semblent
vraisemblablement avoir appartenues au collectionneur, le comte Carl
Otto Friedrich von Voss (1786-1864).
Titre
pris à l’ancienne couverture, rédigé par
un copiste de Bach : « Domin. : 8. Post
Trinit. | Erforsche mich Gott und erfahre mein p. | à | 4 Voci
| Corno | 2 Hautbois | 2 Violini | Viola | di Sign | J. S. Bach ».
Les violons en double ; les deux hautbois portent en tête
l’annotation « d’amore ». Parties
de continuo en triples exemplaires. Filigrane à la
« demi-lune »
HERZ :
Filigrane « IMK ». les copistes seraient
Johann Andreas Kuhnau né en 1703 – mort ? (neveux ou
petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir
du 7 février 1723 dans sa période dite médiane
„K2“ et Christian Gottlob Meissner (18
décembre 1707 – 16 novembre 1760). A Leipzig de 1723 à
1729.
SCHMIEDER :
16 voix en parties autographes, in 4°.
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
(BG)
BGA.
Jg. XXVIII (28e
année). Pages
139 à 164. Préface de Wilhelm Rust (décembre
1881). Cantates
BWV 131 à 140 + Anhang 134a.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 18. KANTATEN ZUM 7 UND 8 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5027. 1966- 2/1987. En supplément, corrections des
tomes précédents. 5 fac-similés.
BWV
136. Pages 131 à 158.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5027 41. 1967. Alfred. Dürr :
Cantates BWV 54, 186, 107, 136, 178 et 45.
[La
partition de la NBA est dans l’enregistrement Teldec /
Harnoncourt, volume 34. 1983].
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 7 | TP 1287. 2007.
Serie
I. Band 18. Kantaten zur 7 und 8 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben
: Alfred Dürr.
Faksimile
: BWV 186, 107, 187 et 45.
BWV
136. Pages 129 à 158. Bärenreiter-Verlag. Kassel.1966.
BCW.
Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2986. Réduction chant et piano
(Todt. 28 pages) = EB 7136. Partition du chœur (Chorts) = ChB
2178. Copies par Max Seiffert des parties d’orchestre, des
parties vocales, de l’orgue et du clavecin.
2011.
Partition = PB 4636. Réduction chant et piano (28 pages) = EB
7136. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4636.
CARUS.
Partition : CV 31.136/00. Pas de partition disponible en 2011.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 842. Volume XXXVIII. New
York 1968. Avec les cantates BWV
134, 135 et137.
PÉRICOPE BWV 136
Huitième
dimanche après la Trinité.
Le
texte de cette cantate s’il ne fait pas expressément
allusion aux lectures du jour, traduit cependant une même
préoccupation, le « lieu » dogmatique
des ennemis de l’église, notamment représentés
par les faux prophètes.
Dans
le Missel romain, la lecture de l’Epître de saint Paul
aux Romains est faite le 8e
dimanche après la Pentecôte. La vie de l’Esprit...
et … les enfants de Dieu grâce à l’Esprit.
Épître
: Romains 8, 12 à 17 [PBJ. 1678].
L’Evangile
de Matthieu 7, 15 à 23 [PBJ. 1730] est proclamé le 7e
dimanche après la Pentecôte: Le Sermon sur la montagne.
EKG.
8. Sonntag nach Trinitatis (huitième dimanche après la
Trinité).
Entrée
: Epître aux Ephésiens 5, 9 [PBJ. 1730] :
« Conduisez-vous
en enfants de lumière, car le fruit de la lumière
consiste en toute bonté, justice et vérité ».
Psaume
48 [PBJ. 844 et 845] : « Sion,
montagne de Dieu…»
Cantique :
EKG 226 : O
gläubig Herz, gebenedei. Voir
aussi EKG 297.
Épître
: Romains 8, 12 à 17 [PBJ. 1678].
Évangile
: Matthieu 7, 13 à 23 [PBJ. 1730]. Le Sermon sur la montagne.
Pour
le même 8e
dimanche après la Trinité, les cantates BWV 178 (30
juillet 1723) et BWV 45 (11 août 1726). On ne connaît pas
l’œuvre donnée pour la même occurrence en
1725 où le 8e
dimanche après la Trinité tombait le 22 juillet.
TEXTE BWV 136
Auteur
inconnu du livret.
L’auteur
W. Murray Young a avancé comme auteur le nom du pasteur
Christian Weiss.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, pages
281, 292 et 837] : « il est fort probable que cette œuvre
(sur un texte d’un style très voisin de celui de Franck,
d’après Streck) est issue de la parodie d’une
cantate profane… Harald Streck (1971) penche dans
certains cas (BWV 136, 105 et 25) pour voir en Salomon Franck,
l’auteur des textes ».
NYS,
Carl de : « L’auteur du texte était un
connaisseur très expérimenté de l’Écriture,
car il saisit toutes les occasions de rapprocher les péricopes
du jour d’autres passages de la Bible, en particulier dans
l’Ancien Testament ».
SCHUHMACHER :
«…On ignore quel fut l’auteur du texte, qui suit
strictement l’évangile dominical (ce qui parle contre
l’éventualité d’un modèle
profane) ».
SCHWEITZER
[J. S. Bach,
tome 2, page 200] : « Les poèmes des deux
cantates BWV 136 et BWV 144 semble avoir si peu stimulé Bach
qu’il utilisa pour elles une musique ancienne [Weimar] comme on
peut le voir à cause d’une déclamation fautive.
Le chœur de BWV 136/1 n’est certainement pas un original…
dans le Gloria Dei
Patris de la Messe en
la majeur [BWV 234/6] il est bien meilleur en dépit qu’il
semble qu’il ne soit qu’une réutilisation…»
GÉNÉRALITÉS
BWV 136
ISOYAMA :
«…Toute l’œuvre est gouvernée par le
mode mineur…»
LEMAÎTRE :
« BWV 136 ouvre le groupe des cantates qui, du huitième
au quatorzième dimanche après la Trinité 1723,
se fondent sur un même moule littéraire en cinq numéros
dont la source reste anonyme. Cette œuvre dériverait
d’une cantate profane composée à la même
époque ».
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
tome 2, page 423] : Les cantates de Leipzig, 1724-1727. «
Il serait possible de sélectionner parmi les cantates de Bach
un groupe que l’on pourrait qualifier de compositions
« orthodoxes » et la cantate BWV 136 pourrait y
être incluse. Elle est caractérisée par une
approche pleine de sévérité, propre à
Bach parmi les compositeurs de musique sacrée de l’époque.
notamment, dans cette cantate [BWV 136] très remarquable par
le grand chœur d’ouverture. La mise en place des paroles
bibliques, avec le psaume 139/3 qui le constituent s’inspire de
l’Évangile du jouir qui s’en prend directement aux
faux prophètes, l’un des thèmes favoris pour un
prédicateur orthodoxe ».
DISTRIBUTION BWV 136
HARNONCOURT :
Pour une exécution de la cantate BWV 136, le plus grand
problème est celui posé par la voix désignée
par le terme « corno »…. Bach utilise en
effet très souvent la désignation « corno »
pour des instruments destinés à renforcer le cantus
firmus… la distribution de hautbois est elle aussi
inhabituelle : normalement Bach requiert deux instruments
similaires…»
NEUMANN.
Alt, Tenor, Baß. – Chor. Horn (A) ; Oboe d’amore
I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.Soli
: Alto, Tenor, Basse. Chor : S, A, T, B. Instrumente. Oboe d‘amore
I, II; Corno; Viol. I, II; Viola. Continuo.
SUZUKI
: [à propos des parties (trois, selon la BGA.) du continuo] :
« Les seuls
instruments pour lesquels le chiffrage est nécessaire mais pas
la transposition sont le clavecin et le luth. Il y a plusieurs
exécutions pour ces parties, telles que le chiffrage fut
ajouté pour une exécution ultérieure quelque
part ailleurs ou que le chiffrage fut écrit seulement pour des
fins de répétition mais, devant l’étendue
du matériel en question, c’est l’opinion de
l’auteur que l’emploi de l’orgue et d’autres
instruments harmoniques en même temps, dans le but de varier
l’exécution, devrait être soigneusement tenu en
considération ».
APERÇU BWV 136
1]
CHORSATZ. BWV 136/1
ERFORSCHE
MICH, GOTT,
UND ERFAHRE MEIN HERZ ;
PRÜFE
MICH
UND ERFAHRE, WIE ICHS MEINE !
Sonde-moi,
ô Dieu et éprouve-moi ; soumets-moi à
l’épreuve et apprends mes pensées !
Psaume
139, 23 [PBJ. 932] : « Sonde-moi,
ô Dieu, connais mon cœur, scrute-moi, connais mon
soucis…»
La
majeur (A Dur), 63 mesures, 12/8
BGA.
XXVIII (28e
année). Pages 139 à 151 | Cantate | Am archten
Sonntage nach Trinitatis. Psaume 139, 23. | Dominica 8 post
Trinitatis. | Corno. | Oboe I. | Oboe II. | Oboe II. d‘amore. |
Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. |
Basso. | Continuo.
NEUMANN. Chœur
fugué avec ritournelle et épisodes insrumentaux
intercalés. Parodie de ce chœur dans le Messe
en la majeur BWV
234/6 „In
gloria Dei
Patris“
datée vers 1738. Ritournelle, mesures 1 à 6. Mesure 7,
entrée des sopranos, etc.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, tome 2, pages
292/293] : « structure monolithique en forme de fugue ;
prenant en considération le « parallélisme »
typique des hémistiches des psaumes, Bach a fondu les deux
éléments du verset et présente les deux
propositions simultanément (à partir de la mesure 12),
toujours sous un dehors éclatant, soutenu par les
interventions des instruments à vent (cor, hautbois et
hautbois d’amour). ».
BOMBA
: «…Le
mouvement d’ouverture est une pièce affirmative,
engageante avec un poids instrumental fort. Les violons et les
hautbois concertent sur une base avançant à pas
réguliers, le cor obligé vient ensuite se joindre à
eux. Tout d’abord le soprano du chœur reprend le texte
intégral sous forme de devises ; le caractère de
ce passage bien précis ne pourrait que très
difficilement être intégré dans une cantate
profane. Une fugue se développe à partir de la
répétition du sujet. Après un intermède,
la basse reprend le sujet, les autres voix déclament le texte
et l’insèrent dans cette récitation avant de
poursuivre la fugue relevée alors par le cor. Finalement Bach
accentue les mots « prüfe
mich –éprouve-moi »
par de longues notes et une déclamation homophone…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]
: «…partie
virtuose du cor ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.]
: «…Le
texte est une libre traduction du psaume 139, 23. Ce chœur
d’entrée est un bloc massif, amplement développé,
constitué de deux fugues séparées par un bref
épisode de transition, encadrées au début et à
la fin par une sinfonia instrumentale. Le riche tissu instrumental du
tutti s’y répand en longues arabesques, tandis que le
cor, dès la première mesure énonce clairement ce
qui sera le sujet des deux fugues sur les mots Erforsche
mich (Sonde-moi). Ce
motif sera ensuite à nouveau énoncé par les
sopranos, avant que ne s’élance la première fugue
vocale… suivie après une transition de trois mesures
d’une deuxième fugue toujours sur le même sujet ».
GARDINER :
« Il y a quelque chose d’un peu suspect dans la
version de cette cantate qui nous est parvenue. Prenons par exemple
le chœur initial, très développé et de
forme fuguée. Écrit dans la tonalité lumineuse
de la majeur, il est mi-festif – en témoigne l’appel
de cor qui annonce le thème principal – mi-pastoral,
avec son réconfortant motif de doubles croches à 12/8.
Mais quel rapport avec la tonalité sérieuse,
pénitentielle, de la première strophe du psaume 139 ?…
Même les implorations magnifiquement ouvragées de
« Prüfe
mich – éprouve-moi »
et le déploiement d’une polyphonie plus mouvementée
suffisent à peine à perturber les aimables rotations de
cette roue de prière… Quelle est la fonction de
l’exposition isolée et anticipée du motif vocal
de tête, suivi d’une mesure et demie de musique
instrumentale supplémentaire avant que la fugue ne se mette en
mouvement ? Le fait que le sujet de la fugue soit plus souvent
assigné aux voix extérieures qu’aux voix
intérieures doit-il suggérer une version originale
antérieure (perdue) destinée à un nombre
inférieure de parties vocales et (plus conjectural) sur un
texte différent et probablement profane…»
ISOYAMA :
«…le premier chœur, de caractère pastorale,
est en la majeur…chante d’aller de bonne grâce
vers le jugement de Dieu. Un cor ajoute ensuite ses ornements et, peu
après, une fugue s’engage. La musique repose sur le même
matériel que le mouvement final de la Messe
en la majeur BWV 234 ;
les deux se développèrent probablement à partir
de la même œuvre originale ».
LEMAÎTRE :
«…la présence du cor dans l’introduction et
l’indépendance de la partie de violon I accentuent le
côté concertant de la pièce ».
MACIA
[Tout Bach,
page 203] : «…Seule morceau de tonalité
majeure, il avance avec grâce sur une mesure à 12/8 et
sur une parure orchestrale concertante avec un hautbois et un cor
très actifs. Le texte est exposé sur une fugue vivace
du plus bel effet. L’examen des parties originales laisse
penser que ce morceau et d’autres de la cantate proviennent
d’œuvres antérieures non identifiées ou
perdues ».
NYS,
Carl de : « En écoutant attentivement le
premier chœur, on peut se faire une idée de l’œuvre
originale : il paraît évident que la ritournelle
instrumentale du début avec son solo de cor n’était
pas destinée à introduire une vraie fugue, mais avec
une composition beaucoup plus concertante que contrapuntique ;
sentiment qui s’accentue encore lorsqu’on voit la
conduite des voix dans la première partie du chœur…»
SCHUHMACHER :
«…une fugue étendue, dans laquelle le texte
entier est dès le début mis en musique, ouvre la
cantate. Il n’en résulte que peu de tentatives
d’interprétation musicale des paroles ».
WHITTAKER
[The Cantatas of Johann
Sebastian Bach, tome
1, page 229] : [on s’étonne, une fois n’est
pas coutume des propos « négatifs » que
Whittaker a porté sur cette cantate] : « Le
premier chœur de la cantate BWV 136 est intéressant
jusqu’à un certain point mais n’est pas de la
meilleure qualité. Il doit provenir d’un ouvrage
antérieur car texte et musique n’ont pas de qualité
particulière qui le soutienne. Bach l’utilisa à
nouveau dans le « Cum
Sancto Spiritu »
de sa brève messe en la majeur [BWV 234/6] ».
[page 349] : «…Un autre texte doit être à
l’origine de ce mouvement…. la musique ne paraît
pas non plus d’un intérêt particulier… il y
de bons moments sans doute auquel Bach n’est pas étranger
mais, en dépit d’un splendide et animé
contrepoint, on « n’accroche pas ».
WIJNEN :
«…Le chœur d’ouverture… reprend la
prière du Psaume 139 dans une écriture fuguée
que précèdent les sopranos énonçant le
thème à proprement parler. Certains commentateurs ont
avancé que ce chœur provenait d’une cantate plus
ancienne, mais il se prête à merveille au sujet
présent ; Bach le réutilisa d’ailleurs dans
la Messe en la majeur
BWV 234…»
2]
REZITATIV TENOR. BWV 136/2
ACH,
DAß DER FLUCH,
SO DORT DIE ERDE
SCHLÄGT, / AUCH
DERER [R Wustmann : „zugfleich
der“]
MENSCHEN
HERZ
GETROGEN ! / WER
KANN AUF GUTE FRÜCHTE
HOFFEN, / DA
DIESER FLUCH
BIS IN DIE SEELE
DRINGET, / SO
DAß SIE SÜNDENDORNEN
BRINGET, / UND LASTERDISTELN
TRÄGT. | DOCH
WOLLEN SICH OFTMALS DIE KINDER
DER HÖLLEN / IN
ENGEL
DES LICHTES
VERSTELLEN ; / MAN
SOLL BEI DEM VERDERBTEN WESEN
/ VON
DIESEN DORNEN
TRAUBEN LESEN. | EIN
WOLF
WILL SICH MIT REINER WOLLE
DECKEN ; / DOCH
BRICHT EIN TAG
HEREIN, / DER
WIRD, IHR HEUCHLER
EUCH EIN SCHRECKEN,
/ JA
UNERTRÄGLICH
SEIN.
Hélas,
la malédiction qui frappe la terre / a également
atteint le cœur des hommes qui l’habitent ! / Qui
peut espérer de bons fruits / lorsque cette malédiction
pénètre jusqu’à l’âme, / si
bien que celle-ci produit les épines du péché /
et porte les ronces du vice. / Pourtant les enfants de l’enfer
/ veulent souvent se déguiser en anges de la lumière ;
/ Dans l’être corrompu il faut / vendanger ces épines.
/ Un loup veut se vêtir d’une pure toison de laine ;
/ Mais un jour approche / qui aux hypocrites que vous êtes sera
épouvante, / qui vous sera intolérable.
Dans
la ligne de l‘Évangile lu ce dimanche, celui du Sermon
sur la montagne dans Matthieu 7, 15 à 23 «
mise en
garde contre les faux prophètes » ,
ce texte peut se rapprocher de celui du psaume 12 [PBJ. 811] aux
versets 3 et 4 : «…ils
ne font que mentir chacun à son prochain, lèvres
trompeuses, langage d’un cœur double…Que Yahvé
retranche toute lèvre trompeuse…».
Alfred Dürr renvoie aussi au Livre de la Genèse 3, 17/18
[PBJ. 18] : « Maudit
soit le sol à cause de toi…»
Si
mineur (h moll) → ut dièse mineur (cis), 18 mesures, C
BGA.
XXVIII (28e
année). Page 152 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif
secco. Ténor.
BOMBA
: «…le
récitatif commence par un accord diminué – renvoi
à la malédiction aussitôt après. Bach
invente une conduite en continuo d’un volume spectaculaire pour
illustrer le mot final « unerträglich
sein – vous
sera insupportable ».
BOYER
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
pages 359/360] : «
les épines du péché… les ronces du vice…
les enfants de l’enfer… anges de la lumière…
Un loup veut se vêtir d’une pure toison de laine….
Images chères à la rhétoriques baroques…
qui dénoncent la ruse et l’hypocrisie…»
MACIA
[Tout Bach,
page 203] : «…Sur une harmonie instable, le ténor
chante un long récitatif qui fait le lien entre le péché
originel et la corruption moderne ou les tentations démoniaques ».
[Dans
cette cantate la phrase «
Un
loup veut se vêtir d’une pure toison de laine »
est à rapprocher de celui très proche de la cantate BWV
24/4 : « On
dissimule le loup en soi pour ne montrer que la toison du mouton ».
3]
ARIE ALT. BWV 136/3
ES
KÖMMT EIN TAG,
/ SO
DAS VERBORGNE
RICHTET, / VOR
DEM DIE HEUCHELEI
ERZITTERN
MAG. | DENN
SEINES EIFERS
GRIMM
VERNICHTET,
/ WAS
HEUCHELEI
UND LIST
ERDICHTET.
Le
jour vient / qui juge cela même qui est dissimulé, / un
jour devant lequel peut trembler l’hypocrisie / car l’ardeur
de son courroux détruit / ce qu’ont inventé
l’hypocrisie et la ruse.
Fa
dièse mineur (fis), 60 mesures, C, 12/8 (presto), C (adagio)
BGA.
XXVIII (28e
année). Pages 153 à 156 | Oboe I. d‘amore. |
Alto. | Continuo. Marqué Presto
(mesure 29 à 37) à 12/8 – Adagio
(mesures 38 à 62).
NEUMANN. Trio.
Hautbois d‘amour I, Alto, B.c. Libre de capo.
BOMBA
: «…le
geste intime de l’air d’alto est plutôt neutre vis
à vis du texte. Ce n’est que la partie centrale (presto)
(qui a été certainement une nouvelle composition) qui
accentue l’émotion dramatique et sous-tend les mots «
Eifers Grimm vernichten
– car son
courroux ardent
détruit »
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach.] : «…Magnifique
trio pour hautbois d’amour, voix d’alto et basse continue
qu’ouvre et referme une ritournelle effusive aux longues
phrases ornementales… Quoique de construction tripartite ABA’,
il s’agit en fait d’une longue méditation continue
(A se poursuivant en A’), interrompue en son centre par un
épisode (B) relevant davantage du récitatif que de
l’aria… Marqué presto,
passant en mètre ternaire (mesure à 12/8), c’est
tout à coup une évocation du jugement dernier et de la
condamnation de l’hypocrisie –ce terme de Heuchelei
sans cesse répété… l’étude
des sources montre que si l’aria est issue d’une œuvre
antérieure, son épisode central, lui, a bien été
composé pour l’exécution de 1723 ».
HIRSCH
: Les mots « Es
kömmt ein Tag –
le jour vient »
sont chantés à neuf reprises. Symbolique du chiffre
« 9 » pour la neuvième heure, celle de
la Crucifixion (am
Kreuz)
ISOYAMA :
«…une aria d’alto au son d’une marche
empressée au milieu de la beauté de l’accompagnement
du hautbois d’amour… Dans la section intermédiaire,
la crainte de Dieu se manifeste ».
MACIA
[Tout Bach,
page 203] : «…commencé adagio,
l’air passe à un presto
dans sa partie centrale où est évoqué le
courroux divin qui va détruire les hypocrites…»
NYS,
Carl de : «... C’est sans doute le nouveau texte qui
a fait introduire dans l’aria pour alto la partie centrale
presto,
mais il est évident que la musique originale avec son hautbois
d’amour convient parfaitement au texte que l’on entend
ici…»
SCHUHMACHER :
«…l’air renvoie au Jugement dernier, lors duquel
tremble l’hypocrisie - cette idée domine
l’interprétation musicale du texte, renforcée par
l’insertion des mesures Presto
qui, d’après l’examen des sources, furent
manifestement composées expressément en 1723 et dans
lesquelles l’anéantissement de l’œuvre de
l’hypocrisie est représenté comme
intensification…»
WIJNEN :
«…l’alto chante une aria accompagnée d’une
merveilleuse mélodie de hautbois d’amour dans laquelle
le mot « erzittern
– trembler »
subit un traitement quasi visuel ».
[Emploi
fréquent du mot „die
Heuchelei –l‘hypocrisie“.
Voir par exemple la cantate BWV 24/4].
4]
REZITATIV BAß. BWV 136/4
DIE
HIMMEL
SELBER SIND NICHT REIN, / WIE
SOLL ES NUN EIN MENSCH
VOR DIESEM RICHTER
SEIN ? / DOCH,
WER DURCH JESU
BLUT
GEREINIGT, / IM
GLAUBEN
SICH MIT IHM VEREINIGT, / WEIß
DAß ER IHM KEIN HARTES URTEIL
SPRICHT. / KRÄNKT
IHN DIE SÜNDE
NOCH, / DER
MANGEL
SEINER WERKE,
/ ER
HAT IN CHRISTO
DOCH / GERECHTIGKEIT
UND STÄRKE.
Si
les cieux ne sont pas purs devant lui, / comment le serait alors un
être humain devant un tel juge ! / Celui qui pourtant,
purifié par le sang de Jésus, / s’unit à
lui dans la foi / sait qu’il ne le jugera pas durement. / Si le
péché, l’imperfection de ses œuvres /
continuent à le mortifier, / il a pourtant en Jésus-Christ
/ justice et force.
Alfred
Dürr et Werner Neumann renvoient à la citation biblique
« Job 15, 15 [PBJ. 772] : « A
ses Saints mêmes Dieu ne fait pas confiance et les Cieux ne
sont pas purs à ses yeux ».
Dans la cantate : « Si
les cieux ne sont pas purs devant lui…»
Si
mineur (h moll) → si mineur (h moll), 14 mesures, C
BGA.
XXVIII (28e
année). Page 157 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif
secco avec arioso final.
BOMBA
: «…Dans
le récitatif de basse, ce sont les paroles finales à
nouveau qui jouissent pour ainsi dire d’un traitement à
caractère de résumé. Bach donne un poids
particulier à « Gerechtigkeit
und Stärke –
justice et force »
par un arioso sur le continuo en marche ».
SCHUHMACHER :
«…Le récitatif apporte le passage au Nouveau
Testament et s’appuie vers la fin sur le façonnement
figuratif des termes « justice
et force -
Gerechtigkeit und
Stärke ».
5]
ARIE (DUETT), TENOR, BAß. BWV 136/5
UNS
TREFFEN ZWAR DER SÜNDEN
FLECKEN,
/ SO
ADAMS
FALL
AUF UNS GEBRACHT. | ALLEIN,
WER SICH ZU JESU
WUNDEN,
/ DEM
GROßEN
STROM
[R. Wustmann (Rust) : „Dem
Gnadenstrom“]
VOLL BLUT
GEFUNDEN, / WIRD
DADURCH WIEDER REIN
GEMACHT.
Il
est vrai que nous portons les souillures du péché / que
nous a valu la chute d’Adam. / Seul celui qui aura trouvé
le chemin des plaies de Jésus, / du grand fleuve rempli de
sang / sera par là purifié.
Alfred
Dürr renvoie successivement à l’Épître
aux Romains 5, 14 [PBJ. 1675] : Adam et Jésus Christ :
« Cependant
la mort a régné d’Adam à Moïse même
sur ceux qui n’avaient point péché d’une
transgression semblable à celle d’Adam, figure de celui
qui devait venir…»
et à la première Épître aux Corinthiens
15, 22 et 45 [PBJ. 1705] : « De
même en effet que tous meurent en Adam, tous aussi revivront
dans le Christ…»
Si
mineur (h moll), 61 mesures,12/8
BGA.
XXVIII (28e
année). Pages 157 à 163 | ARIE. | Violino I. II. all‘
unisono. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Quatuor
: Violons, ténor, Basse, B.c. Forme bipartite avec
ritournelles.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach,
tome 2, page 274] : Rythme de danse. [page 293] : «…Bach
situe ce numéro dans un climat pastoral (à 12/8)…
avec deux violons concertant à l’unisson et de forme
tripartite ».
BOMBA
: «…Le
lien entre la mort salvatrice de Jésus et le péché
original d’Adam semble l’intéresser [Bach]
particulièrement. Une fois de plus le caractère de
musique de sermon de la cantate est mis nettement en relief dans ce
morceau »…l’air est interprété
vers après vers, jouant en alternances entre les imitations
contrapuntiques et les rencontres parallèles. Bach déploie
l’effectif composé de deux violons unisono pour les
intermèdes et le cadre musical. Là où il est
question de « großen
Strom – fleuve
de grâce »,
des vocalises interprétées par les deux registres
vocaux, les unes après les autres et parallèlement,
symbolisent ces paroles ; le mot cible « rein
– purifié »
bénéficie de la note la plus élevée de
cet air en ténor ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.]
: «…Cette
aria en quatuor… est structurée en deux parties bien
séparées, pour souligner nettement l’antithèse
du texte : l’humanité est marquée par le
péché originel, mais celui qui a la foi en sera lavé.
Les lignes mélodiques des deux chanteurs font alterner des
sections en imitations et d’autres en homophonie, commentées
aux violons par le motif de ritournelles, et surtout, elles abondent
en figuralismes explicites. Ainsi , les mouvements descendants de la
première partie, dans la tonalité de si mineur…
profil mélodique de la chute d’Adam (Adams
Fall), un intervalle
de septième descendante parcouru en trois bonds et répété
pour les mots qui suivent, « nous
a valu – auf uns gebracht »,
puis les doubles croches descendantes pour la chute et les mouvements
tortueux… « péché
– Flecken ».
Dans la seconde partie… c’est principalement le grand
fleuve (Strom)
de sang qui sollicite du compositeur de très longues vocalises
de doubles croches… »
GARDINER :
« La chute d’Adam, origine de la souillure du péché
est évoquée dans le duo… faisant entendre ténor
et basse avec violons à l’unisson…»
ISOYAMA :
«…Le duo commence par une ritournelle agréable et
continue avec le développement d’un canon aux
progressions parallèles ».
MACIA
[Tout Bach,
page 203] : «…La dernière aria est un duo
pour ténor et basse en si mineur, qui prend sa source dans
Matthieu et souligne que la souillure venue d’Adam sera
purifiée par le « grand fleuve rempli de sang »
illustré par des sextolets de doubles croches. Y figurent
également des modulation sur « Jesu
Wunden ».
Néanmoins, une ritournelle allante aux violons crée un
climat joyeux, tandis que les voix sont traitées en canon à
progression parallèle ».
NYS,
Carl de : « La parodie apparaît plus clairement
dans le duo : le texte n’incitait nullement à un
chant par deux interprètes et, d’autre part , cette page
en si mineur rappelle fortement avec sa partie de violon concertant,
la facture des duos de cantates profanes de l’époque de
Coethen ».
SCHUHMACHER :
«…L’air … fait ressortir « les
souillures du péchés » et la « chute
d’Adam » au moyen de figures symboliques aux
violons, aux voix solo et au continuo, mais c’est le « grand
fleuve de sang »
qui prévaut ».
WIJNEN :
«…bel arioso confié au duo ténor-basse
qu’orne le violon, des dessins tombants sur les mots « Adams
Fall » et
de longues guirlandes sur « Strom
– fleuve ».
6]
CHORAL. BWV 136/6
DEIN
BLUT,
DER EDLE SAFT,
| HAT
SOLCHE STÄRK
UND KRAFT,
| DAß
AUCH EIN TRÖPFLEIN
KLEINE / DIE
GANZE
WELT
KANN REINE, | JA,
GAR AUS TEUFELS
RACHEN
| FREI,
LOS UND LEDIG MACHEN.
Ton
sang, noble sève, / a tant de force et de pouvoir / qu’une
seule petite goutte / peut purifier le monde entier, / et même
nous libérer, nous délivrer, nous affranchir / du
diable et de l’enfer.
Neuvième
strophe du cantique Wo
soll ich fliehen hin qui
en comporte onze (de six vers chacune), de Johann Heerman, publié
en 1630 .
La
mélodie est tirée d’une chanson profane de Jacob
Regnart (1540-1599) « Venus,
du und dein Kind »,
vers 1574 à Nuremberg. Selon Thomas Braatz et Aryeh Oron
(BCW : août 2005 – mars 2008), le moment de
l’association entre la mélodie de Regnart et le cantique
de Heermann est difficile à déterminer. Du profane au
cantique spirituel, elle paraît vers 1605 à Wittenberg
dans un recueil du compositeur Bartholomaus Gesius mais on connaît
aussi les recueils de Melchior Vulpius (Jena 1609) ou de Johann
Hermann Schein (Leipzig, 1627).
La
mélodie et le texte de ce même cantique, renvoient à
la cantate BWV 5 dont c’est le titre éponyme, aux
strophes 1, 2, 11 et à la cantate BWV 89/6 avec la strophe 7 ;
sur un autre texte à la cantate BWV 148/6.
Renvoi à EKG 418 et aux BWV
646 (Choral Schübler) 694 (Kirnberger), 744 (choral isolé).
Autres
compositeurs ayant utilisé ce cantique et sa mélodie :
Buxtehude (cantate BUXWV 112) ; Telemann (cantate TWV1 :
1724), Johann Ludwig Krebs, etc.
La
troisième et la onzième strophe de ce cantique,
associées à la mélodie Auf
meinen lieben Gott de
Caspar von Stieler ont été utilisées dans les
cantates BWV 199/6 et BWV 163/6. Renvoi à EKG 289.
Si
mineur (h moll), 12 mesures, C
BGA.
XXVIII (28e
année). Page 164 | CHORAL. (Melodie : „Auf
meinen lieben Gott“
oder: „Wo
soll ich fliehen hin“)
| Violino I. | Soprano. / Corno, Oboe I. II. col Soprano. | Alto. /
Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso.
| Continuo. (bassi / Organo).
NEUMANN. Simple
choral harmonisé. Mélodie „Auf
meinen lieben Gott“,
identique à celle du cantique Wo
soll ich fliehen hin ?
BOMBA
: «…Dans
le choral final, Bach… fait monter et descendre la basse de
fond sur un octave et sur les mots « die
ganze Welt
– le monde
entier. »
BOYER
[ Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach]
: «…choral
harmonisé de type I sur mélodie de choral (MDC) 010.
Partie indépendante de violon ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach.
pages 359/360] : «…
le choral final n’a pas le dépouillement habituel. En
effet, une cinquième partie, partie indépendante
confiée au violon, vient compléter l’ensemble.
Planant nettement au-dessus de la voix de soprano et circulant en
croches très souvent descendantes, cette partie semble
s’opposer à la marche péniblement ascendante de
l’incipit du cantus
firmus.
On peut y voir une descente de l’Esprit Saint en protection des
redoutables dangers du péché, du diable et de l’enfer.
La voix de soprano est doublée par le cor et les deux
hautbois, la voix d’alto par celle du second violon, la voix de
ténor par l’alto, la voix de basse par celle du continuo
mais un octave plus bas dans son incipit ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach.]
: «…A
l’harmonisation homophone à quatre parties s’ajoute
l’ornementation d’une partie supplémentaire
confiée aux premiers violons, tandis que le soprano est doublé
par le cor, le hautbois et le hautbois d’amour ».
LEMAÎTRE :
« L’indépendance du premier violon transforme
le simple choral final en une page à cinq parties réelles…»
NYS,
Carl de : «…la cantate se termine avec la neuvième
strophe du choral de Johann Heerman sur la mélodie Auf
meinem lieben Gott
(superposition de symbolismes) mise en valeur par une partie de
violon concertant ».
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Breitkopf
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Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV
136
BACH
CANTATAS WEBSITE :
Discographie
établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une
forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques
précisions relatives aux références et aux
dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Sept
références (août 2000 – mai 2011).
Exemples
musicaux (avril 2003 – janvier 2005).
7]
GARDINER (volume 5). Monteverdi Choir. English Baroque Soloists.
Contre-ténor : Robin Tyson. Ténor : Christoph
Genz.
Basse :
Brindley Sherrat. Bach Cantata Pilgrimage Christkirche, Rendsburg
(D). 13 août 2000
CD
Soli Deo Gloria (SDG 147). 2008. Avec cantates BWV 178, 45, 46, 101
et 102.
3]
HARNONCOURT (volume 34). Tölzer Knabenchor. Leitung
Schmitt-Gaden. Concentus
Musicus Wien. Alto : Paul Esswood.
Ténor :
Kurt Equiluz. Basse : Walter Heldwein. 1983. Durée :
16’43
Disque
Teldec 6.35608-00-501-503 (SKW 34/1-2) Das
Kantatenwerk (volume
34). [disque paru
avant le volume 33, de 1984]
CD
(D) Teldec 4509 91761 2. Das
Kantatenwerk - Sacred cantatas
Volume 7. 1983. Cantates BWV 119 à 137
CD
Teldec 242619-2 ZL
Das Kantatenwerk
(volume 34)
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100
à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise
CD Warner Classics 8573-811168-5. Intégrale en CD séparés,
volume 42. 2007
1]
HELLMANN, Diethard. Mainz Christuskirche. Orch. Bach de Mayence.
Alto : Ortrum Wenkel. Ténor : Theo Altmeyer. Bass:
Gerhard
Faulstich.
1960. Disque Cantate. Avec la cantate BWV 138
4]
KOOPMAN (volume 7). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Alto :
Bogna Bartosz. Ténor : Gerd Türk. Basse Kllaus Mertens.
Waalse
Kerk. Amsterdam (NL), septembre et octobre 1997. Durée : 14’51
CD
Erato 3984-23141 2. 1998. Reprise sous label Antoine Marchand
Challenge Classic CC 72207
5]
LEUSINK. Holland Boys Choir. Netherlands Bach Collegium. Alto : Sytse
Buwalda. Ténor : Nico van der Meel. Basse : Bas Ramselaar.
Durée
: 15’53. Église Saint-Nicolas d’Elburg (NL).
Janvier et février 2000.
CD
Bach Edition. 2000. Brilliant Classics. Volume 15. Cantates volume 8.
VIII/5 99374/105]
Reprise
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV – 93102 10/86
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘un
nouveau tirage „augmenté“ (157 CD) + les
partitions et 2 DVD proposant les Passions
selon
saint Jean
et saint
Matthieu.
2]
RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Alto :
Helen Watts. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Niklaus Tüller.
Enregistré
en septembre 1977 et janvier 1978. Durée : 16’06
Disque
(D). Die
Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Laudate 98693. Avec la cantate BWV 24
Disque
Erato STU 71377. Les
grandes cantates (volume
11). Coffret, 3 disques. 1982. Avec les cantates BWV 64 et 190
CD.
Die
Bach Kantate (volume
44). Hänssler Classic. Laudate 98897. 1982 Avec les cantates BWV
187, 178
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 43). Hänssler-Verlag 92.043. 1999
5]
SUZUKI (volume 11). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin Women’s
University Chapel. Japan, septembre 1998.
Soprano :
Kai Wessel. Ténor : Makoto Sakurada. Basse : Peter
Kooy. Durée : 14’50
CD
BIS 991 Cantatas from Leipzig 1723. .Avec les cantates BWV 46, 95 et
138
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 136
M-1.
Mvt. 6] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir/ Bach-Orchester
Berlin. Enregistré dans les années 1950-1960.
Reprise
en CD sous label Baroque Music Club « Soli Deo Gloria,
volume 8.
M-2.
Mvt. 6] Ton Koopman. Violoncelle baroque : Yo-Yo Ma. Août
1998, Leiden (NL). CD Sony Classics « Simply Baroque ».
M-3.
Mvt. 6] Hilliard Ensemble. Monastère de Saint-Gerold
(Autriche), septembre 2000. CD ECM New Series.
M-4.
Mvt. 6] Albrecht Mayer. Trinity Baroque Choir. The English Concert.
Londres, 2 au 6 mars 2009. CD Decca 478517.
C.
Role. Juillet 2011
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