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3/1/2006
2/12/2007 6/6/2008 R
16/12/2009 2e
édition 25-26/11/2010
|
CANTATE BWV 135
ACH HERR, MICH ARMEN SÜNDER
Ô Seigneur, pauvre pécheur que je suis…
KANTATE ZUM 3. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate
pour le 3e
dimanche après la Trinité
Dimanche 25 juin 1724
|
AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement
de langue française),
des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables
ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de
donner à lire un ensemble cohérent d’informations
et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un
panorama élargi et espéré parfois inédit
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les
quelques interventions « CR » identifiées
par des parenthèses [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés. A
cet effet il a
indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= la majeur
(B)
= si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG
= Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach
Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= ut majeur. (c) = ut mineur
D
= Deutschland /
Allemagne
(D)
= Ré majeur – (d) = ré mineur
(E)
= (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= fa
(G)
= Sol majeur. (g) = sol mineur
GB
= Grande Bretagne / Angleterre
(H)
= si
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
Ost
= Original Stimmen
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande.
Dans le corps de ce même texte allemand,
le mot ou groupe de mots mis en italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION
BWV 135
Leipzig,
le dimanche 25 juin 1724. Choralkantate - Jahrgang II.
HIRSCH
: Classement CN 80 (Die chronologisch Nummer =
numérotation chronologique).
Chronologie (Alfred Dürr)
1724 : BWV 20 (dimanche 11 juin) - BWV 2 (dimanche 18 juin) - BWV 7
(samedi 24 juin) - BWV 135 (dimanche 25 juin) - BWV 10 (dimanche 2
juillet) - BWV 93 ( dimanche 9 juillet) - dimanche 16 juillet BWV ?
- BWV 107 (dimanche 23 juillet).
Accord
de la musicologie pour dater de l’année 1724.
[Spitta,
sauf erreur, n’a pas écrit sur cette cantate conservée
dans une collection privée (Frau Karthaus) à l’époque
(les années 1850-1875) où il élaborait sa
monumentale étude sur Jean-Sébastien Bach.
SOURCES
BWV 135
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P
Leipzig,
Musikbibliothek der Stadt Leipzig. Bach-Archiv.
Huit
feuilles, 13 pages
et demie de musique, plus un page de titre.
Titre
sur la partition, d’un copiste de Bach: « Domin.
3 post Trinit : / Ach Herr, mich armen
Sünder / à
4 Voc: / 2
Hautbois / 2
Violini / Viola
/ e
/ Continuo
/ di
/ Sig: J. S. Bach
Autographe,
à l’intérieur:
« J. J. Doica 3 post Trinitatis. Ach Herr mich armen
Sünder p. “
Sans
signature à la fin de la partition.
HERZ:
Filigrane « IMK »
et un « croissant de lune ».
[L’autographe
appartenait, vers 1880, à Frau Marianne Karthaus de Zschepen
(en Saxe, près de Delitzsch, à une quinzaine de
kilomètres au nord de Leipzig). Il est actuellement à
la Stadtbibliothek Leipzig.
Lors
de l’édition de l’œuvre par la
Bachgesellschaft, Wilhelm Rust travailla sur la partition de Marianne
Karthaus].
[Un
fac-similé de la partition fut édité avec une
préface de Karl Straube, Leipzig, 1926].
PARTIES
SÉPARÉES
= ORIGINALSTIMMEN
Pas
de sources connues.
BG
signale deux copies, l’une dans le recueil « Von
Nägel » à Zurich (CH), l’autre en
possession de Wilhelm Rust).
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH = BACH-GESELLSCHAFT
(BG)
BG.
Jg. XXVIII (28e
année). Pages
121 à 136. Préface de Wilhelm Rust (décembre
1881). Cantates
BWV 131 à 140 + Anhang 134a.
NOUVELLE
ÉDITION BACH
= NEUE
BACH AUSGABE
(NBA).
KANTATEN
SERIE I/ BAND 16. KANTATEN ZUM 2. UND 3. SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter
Verlag BA 5055. 1981. 6 faksimile.
BWV
135. Pages 199 à
229. Couverture de
la partition autographe. Staadtarchiv
Leipzig. Copie non signée [Mouvement 1, mesures 1 à
19] .
Avec
les cantates BWV 76, 2 et 21.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA
5055 41. 1982. Paul Brainard : BWV 21, 135.
[Dans
le coffret Teldec / Telefunken (1984), Leonhardt / volume 33
partition de la NBA].
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 6 | TP 1286. 2007.
Serie
I. Band 16. Kantaten zum 2e
und 3e
Sonntag nach Trinitatis.
BWV
135. Partition (première page. Bl. 1).
BWV
135. Page 199 à 229. Bärenreiter-Verlag. Kassel.
BCW:
Partition BGA. Réduction
chant et piano
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2985 - Partition du chœur = ChB
2177 - Orgue et clavier (Max Seiffert) = OB 2724.
2009
: Réduction voix et piano (20 pages) = EB 7135 - Partition du
chœur = ChB 4635.
CARUS.
Stuttgarter Bach-Ausgaben. Urtext. Partition (36 pages) = Partitur CV
31.135/00. Partition d’étude (Studienpartitur) =
31.135/07.
Réduction
chant et piano (Klavierauszug) = 31.135/03. Partition du chœur
(Chorstimmen) = 31.135/05. Harmoniestimmen = 31.135/09. Parties
séparées (4) = 31.135/11 à 14. Partition de
l’orgue (Orgel) = 31.135/49.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 842. Volume XXXVIII. New
York 1968. Cantates BWV
134 à 137.
PÉRICOPE BWV 135
Troisième
dimanche après la Trinité.
MISSEL
ROMAIN (lectures)
C’est
le 3e
dimanche après la Pentecôte [pages 936 à 940]. Psaume 24, 16
et 18.
Épître
: I Pierre, 5, 6 à 11 [PBJ. 1784 et
1785]. Avertissement
aux fidèles.
Evangile
: Luc 15, 1 à 10 [PBJ. 1564 et
1565]. La parabole de la brebis perdue. Cette parabole vient de la
bouche de Jésus qui se trouvait parmi les collecteurs d’impôt
et des pécheurs.
EKG. 3.
Sonntag nach Trinitatis.
Introït.
Luc 19, 10 [PBJ.
1571] : « Car
le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était
perdu ».
Psaume
32 [PBJ. 828 et
829]. L’aveu libre du péché.
Cantique
(lied 166) : « Allein
zu dir, Herr Jesu Christ ».
Épître
: 1 Pierre 5, 6 à 11 [PBJ. 1785] :
« De toute
votre inquiétude, déchargez-vous sur Lui car il a soin
de vous…»
Evangile
: Luc 15, 1 à
10 [PBJ. 1565]. Paraboles de la Miséricordes :
La brebis et la drachme perdues.
Même
occurrence, la cantate BWV 21, vers 1714-1725.
TEXTE BWV 135
Livret
d’un auteur inconnu, complété par les strophes 1
et 6 du choral de Cyriakus Schneegaß (six strophes d’après
le psaume 6 « Domine
ne in furore »
[PBJ. 806 et 807] avec sa paraphrase dans les mouvements
intercalaires.
BLANKENBURG :
« …un cantique sur le psaume 6, dont la première
et la dernière strophes sont citées textuellement
tandis que dans la double succession d’air et de récitatif
les strophes 2 et 5 ont été librement remaniées
par un auteur une fois de plus anonyme. Cependant chacun des autres
morceaux destinés au soliste contient la citation littérale
d’un verset provenant soit du cantique, soit du psaume, et cela
à trois reprises en relation avec une citation du cantus
firmus… C’est le contenu de ce psaume de pénitence
qui exige que, dans cette cantate, le premier rôle ne revienne
pas au libre jeu musical mais, surtout dans les deux airs… au
rattachement expressif de la musique au sens des paroles ».
BOMBA
: «…Lors de sa seconde année de fonction à
Leipzig, qui commença le dimanche de la Trinité (11
juin 1724), Bach avait eu l’intention de ne composer et de
n’exécuter que des cantates-choral. Ce qui signifie que
le texte et le matériel mélodique de ces cantates devaient
toujours s’orienter sur un cantique religieux déterminé.
Il ne put mener à fin ce projet extraordinaire, certainement
unique dans l’histoire de la littérature des cantates
car il semble que le poète qui adaptait les strophes des
cantates, à la convenance de Bach s’est éteint en
janvier 1725. [Texte repris de la notice d’Andreas Bomba sur
les cantates BWV 125 et 126 [Rilling, volume 40] « Hans-Joachim
Schulze, directeur des Archives Bach à Leipzig renvoie à
un recueil (manière de compilation de textes de cantates)
imprimé comme c’était alors l’usage,
quoique d’un poète inconnu. H. J. Schulze paraît
l’avoir identifié sous le nom de Andreas Stöbel,
ancien co-recteur de l’église Saint-Thomas décédé
le 31 janvier 1725…]. Les spéculations au sujet de
cette fin imprévue ne manquant pas de faire du bruit, la
manière exemplaire et incomparable dont Bach réussit
l’entrée dans ce cycle de cantate passe facilement au
second plan…»
HERZ
: Texte de Bach lui-même ?
HOFMANN
: «…La relation entre le texte de Schneegaß et
l’évangile de ce dimanche… ne saute pas aux yeux
et ne se base manifestement que sur le verset final du texte de
l’évangile : « C’est ainsi, je
vous le dis, qu’il naît de la joie devant les anges de
Dieu pour un seul pécheur qui se repent ».
KUIJKEN
: «…Le texte de cette cantate chorale - d’une
plume inconnue du temps de Bach [?]- est un arrangement d’un
chant d’église de l’an 1597, déjà
lui-même un remaniement du Psaume 6. Dans les deux mouvements
extrêmes, la première et la dernière strophes du
chant original de 1597 ont été conservées telles
quelles ; dans les parties médianes, les strophes
médianes originales ont été modifiées par
le poète ultérieur anonyme, même s’il
s’insère ici ou là des vers intacts de
l’original. La mélodie que Bach utilise dans les
mouvements extrêmes est la même que nous connaissons par
exemple de « O
Haupt voll Blut und Wunden…»
LYON
[Johann
Sebastian Bach - Chorals,
page 61]. Renvoi
aux psaumes
25 et 26. [PBJ. 822 et 823].
Prières dans le péril ; au psaume 6, 6 à 11
[PBJ. 805 et 806].
GÉNÉRALITÉS
BWV 135
Cantate
de choral du 2e
cycle de Leipzig.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
269] : « Cantate basée sur une présentation
de mélodie-choral. Voir les cantates BWV 2, 5, 78, 94, 101,
113, 125, 126 et 135 ».
MACIA
[Collectif « Tout
Bach »] :
« Cette cantate est la quatrième du cycle de
cantates-choral commencé par Bach le premier dimanche après
la Trinité, le 11 juin précédent, avec la
cantate BWV 20…c’est donc à cette époque
qu’il mit au point le plan -type de ces Kirchenmusik fondées
sur un cantique ancien, dont la première et dernière
strophes sont reprises littéralement dans le premier et
dernier mouvements…»
DISTRIBUTION
BWV 135
NEUMANN.
Alt, Tenor, Baß. – Chor. Zink (cornet) et Posaune
(trombone), seulement dans le C.f. de [1 et
6], Oboe (d’amore) I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.Soli:
A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Ob. I, II; Cornetto;
Trombone; Viol. I, II; Vla., Cont.
APERÇU
BWV 135
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 135/1
ACH HERR,
MICH ARMEN SÜNDER
/ STRAF
NICHT IN DEINEM ZORN,
/ DEIN
ERNSTEN GRIMM
DOCH LINDER, / SONST
ISTS MIT MIR VERLORN. / ACH HERR
WOLLST MIR VERGEBEN / MEIN SÜND
UND GNÄDIG SEIN, / DAß
ICH MAG
[Neumann: „möge“
Neu Leipziger Gesangbuch 1597], EWIG
LEBEN,
/ ENTFLIEHN
DER HÖLLENPEIN.
O
Seigneur, le pauvre pécheur que je suis / ne le châtie
pas dans ton courroux, / apaise donc ta violente colère, /
sinon ma perte est prononcée. // O Seigneur, veuille me
pardonner / mes péchés et m’être
miséricordieux / afin que je puisse connaître la vie
éternelle / et échapper aux tourments de l’enfer.
Texte
de la première strophe du cantique (1597) de Cyriakus
Schneegaß (5 octobre 1546 - 23 octobre 1597) en six strophes
(Erfurt, 1597) Ach
Herr, mich armen Sünder »
qui a donné son titre à la cantate. Texte paraphrasant
le psaume 6
La
mélodie (l’une des plus célèbres utilisée
par Bach) "Herzlich tut mich verlangen" [BCW donne
EKG 435] identique à celle de "O Haupt voll Blut"
(Passion selon Saint-Matthieu BWV 244/15-17-54-62), revient à
Hans Leo Haßler (1601 et publication Geistlich Görlitz,
1613). On la trouve dans les cantates
BWV 25/1 (auteur inconnu + la mélodie), BWV 127/1 (mélodie et texte de Paul Eber),
BWV
153/5 (mélodie et texte de Paul Gerhardt) - BWV
159/2 (mélodie et texte de Paul Gerhardt), BWV
161/1 (mélodie seule) et BWV 6 (+
texte, strophe 4 de Christoph Knoll) - (Oratorio de Noël),
248/5 (avec texte de Paul Gerhardt), BWV 270 et
271 chorals à quatre parties et le texte Biefehl du deine
Wege, le Prélude choral BWV 727, le choral du même
titre que la cantate BWV 135: BWV 742 et BWV Anhang 47 (authenticité discutée).
BCW
[Melody I]. « NBA a classé cette mélodie
sous le titre: Befiehl du deine Wege (I), mélodie de
Hans Leo Hassler (1601) et texte de Christoph Knoll (1611):
« Herzlich tut mich verlangen ».
Différentes
présentations et associations de texte sur cette mélodie,
1640 (Crüger) ; 1650 (S. Scheidt) ; Hymnal (Gotha
1715). Dans la cantate BWV 135, Bach a utilisé la mélodie
avec le texte de Cyriakus Schneegaß (1597), Verse 1 + Verse 6.
Renvois
à Buxtehude (BUWVW 178), Pachelbel, G. F. Kaufmann, J. G.
Walther.
Mélodie
« Herzlich thut
mich verlangen ».
[L’inspiration
de la première ligne du cantique est sensible avec le premier
verset du psaume 6 [PBJ. 806] : « Yahvé,
ne me châtie point dans ta
colère… »
Dans la cantate : « O
Seigneur, le pauvre pécheur que je suis / ne
le châtie pas dans ton courroux ».]
Mi
mineur, 134 mesures, 3/4
BG.
XXVIII (28e
année). Pages 121 à 128. VERS 1. | Oboe I. | Oboe II. |
Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. |
Basso. (NB. Der Cantus firmus « Herzlich
thut mich verlangen » im Basso).
| Trombone col Continuo.
NEUMANN.
Oboe I, II, cordes, B. c. Introductions instrumentales et parties
vocales encastrées. Le cantus firmus à la basse.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
342] : «…BWV 135 fait partie d’un bref cycle de
quatre œuvres composées dans un laps de temps fort
réduit (11, 18, 24 et 25 juin 1724). Comme l’a fait
ressortir Alfred Dürr, ces quatre cantates obéissent à
un dessein musical précis : le cantus firmus, dans le
morceau d(introduction, est confié tour à tour à
l’une des quatre voix, en succession régulière :
BWV 20, soprano ; BWV 2, contralto ; BWV 7, ténor et
basse dans BWV 135 et la nature du discours est elle aussi
diversement caractérisé : BWV 20 (ouverture) ; BWV
(motet) ; BWV 7 (style concertant) ; BWV 135 (fantaisie sur
choral) ».
[page
344] : La mélodie du choral, celle de l’air célèbre
de Hassler « Herzlich
thut mich verlangen »
figure à la basse (ce fait ne se reproduira qu’une seule
fois, dans BWV 3)… morceau en forme de fantaisie sur choral…
on note que la partie de basse continue n’est pas prévue
dans les épisodes purement instrumentaux et ne figure que dans
les épisodes vocaux, pour doubler le cantus
firmus ; en
revanche, tout le tissu instrumental, à trois parties, porte
fortement l’empreinte de la configuration mélodique du
choral…»
BOMBA
: «…Chacune des phrases du choral [8 lignes] est
annoncée par un prélude instrumental. Les deux hautbois
viennent s’y joindre, de même les instruments à
corde, à l’unisson. Ceux-ci exécutent le cantus
firmus de chaque phrase avant de concerter avec les hautbois. La
musique prévue pour ces instruments utilise elle aussi le
matériel mélodique du choral, mais est exécuté
avec des notes nettement plus brèves. Le chœur suit
directement les petits préludes, il est accompagné de
la basse continue qui n’intervient qu’à ce moment.
Mais avant que les basses ne chantent le Cantus firmus, les trois
autres voix ont déjà préparé les phrases
correspondantes en les imitant. Pour la suite de mélodies et
les motifs d’imitations, Bach propose donc deux procédés
différents. Encore mieux ; au début de chaque
phrase chantée, Bach permet aux hautbois de reprendre haleine
pour les faire intervenir ensuite à la fin. Il obtient ainsi
une nette progression, malgré un intervalle minime, comme pour
la registration de l’orgue ».
BOYER
[Les cantates sacrées
de Jean-Sébastien Bach]
: «…ici le cantus firmus est à la basse et le
résultat est lourd et sombre, même si la thématique
d’orchestre véhicule cette fameuse quarte ascendante de
la mélodie de choral « Herzlich
tut mich verlangen ».
Mélodie de choral 046 de type II…»
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien
Bach, pages 55 et 203]
: « Choral de type IIa : Pont. Le choral est harmonisé
mais incrusté, verset par verset, chaque verset étant
séparé par des ponts instrumentaux indépendants…la
ritournelle orchestrale dans laquelle le chœur va s’incruster
possède un thème issu de la mélodie de choral
elle-même… quant au chœur, il ne suit pas la
technique traditionnelle mais confie le cantus firmus à la
voix de basse (doublée par un trombone), les trois voix
supérieures développent des imitations en croches de la
mélodie… Le cantus firmus dans l’extrême
grave, l’abandon des oppositions traditionnelles entre
ritournelle et chœur, la présence continue et obsédante
de la célèbre mélodie circulant aux vents et aux
cordes ainsi qu’aux voix font de ce morceau une page
extrêmement sombre et sévère ».
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 706 à 709] : « Cette première
strophe du cantique de Schneegaß est traitée dans un
caractère très hiératique, selon les procédures
d’une fantaisie de choral. Chaque période [elles sont
huit] du choral fait l’objet d’une exposition en
contrepoint, la basse attaquant en cantus firmus, doublée par
le trombone avec le continuo, et les autres voix, doublées par
les cordes, lui répondant en imitations sur le motif qui
parcourt tout le chœur, motif constitué des premières
notes du cantique… chaque exposition est précédée
d’une introduction instrumentale… les cordes à
l’unisson énonçant la période du choral
en valeurs longues… chromatisme sur « mein
Sünd
- mes fautes ».
CHAILLEY
: « Herzlich
tut mir verlangen
n’exprime pas, comme O
Haupt, la douleur de
la Passion, mais l’appel de l’âme vers une fin
heureuse qui la délivrera des tribulations terrestres pour
l’introduire dans la joie éternelle… »
GARDINER :
«…Dans le tableau initial, Bach entrelace deux hautbois
planant au-dessus de la mélodie de ce choral de la Passion
énoncée de façon linéaire et à
l’unisson par les cordes supérieures… c’est
alors qu’entre la basse sur le thème en diminution joué
par le violoncelle, la contrebasse, le basson et le trombone basse…»
HALBREICH
: «…La cantate témoigne du génie de Bach
dès le chœur d’entrée, monumental en sa
concision, qui oppose comme souvent chez Bach un choral figuré
des voix à une trame concertante des instruments. Seulement
cette dernière repose ici sur un matériau thématique
dérivé lui aussi de la mélodie du choral, le
célèbre Herzlich
tut mich verlangen,
leitmotiv émouvant de la Passion selon Saint-Matthieu,
ce qui accroît l’unité du morceau…».
HOFMANN
: «…Contrairement à ses habitudes, Bach fait
passer la mélodie du rythme habituel de quatre noires à
un rythme à trois noires. Thématiquement, son mouvement
est inhabituellement chargé. La mélodie du cantique
apparaît pour ainsi dire sur trois niveaux : le plus
frappant est celui où le cantus
firmus se retrouve à
la voix de basse, soutenue par les trombones, où la mélodie
est exposée dans un tempo étiré et où les
notes qui concluent chaque vers sont allongées. Un autre
niveau dans lequel on retrouve la mélodie et qui est en fait
sa première exposition, est constitué par le prélude
et les interludes joués à l’unisson par les
cordes qui préparent chaque entrée du chœur qui
entonne le vers suivant. De plus, on entend les cinq ou six premières
notes de la mélodie dans une diminution métrique (à
la croche plutôt qu’à la blanche ou à la
noire d’abord par les deux hautbois puis par les cordes et par
les trois voix qui ne sont pas liées au cantus firmus,
c'est-à-dire les sopranos, les altos et les ténors en
un contrepoint constamment maintenu. Le jeu des sonorités y
sont particulièrement remarquable avec la pause bien amenée
des hautbois lors de la première intervention du chœur
et la réduction stricte du rôle au soutien du cantus
firmus à la basse. La partie de basse y apparaît
d’autant efficacement que le continuo se tait dans tous les
autres endroits [et dans les passages strictement instrumentaux].
KUIJKEN
: «…Le chœur d’entrée (SATB, avec
deux hautbois, cordes et b.c. renforcée par un trombone) est
une fantaisie chorale compliquée comme seule J. S. Bach en a
jamais écrit. Une brève description peut aider à
l’écoute: Le texte de ce chœur est une prière
de grâce et de pardon. Les huit vers du texte (original) sont
chantés en autant de « blocs » par
l’ensemble vocal, la mélodie chorale connue étant
chaque fois reprise sous forme claire par la basse, soutenue ici par
la basse continue et le trombone. Au vers 7 « dass
ich mag ewig leben »
Bach laisse exceptionnellement à tous les tons de la mélodie
la même longueur, un madrigalisme subtil. Dans le prélude
instrumental et les « intermèdes » entre
les vers, la basse continue se tait: l’unisson des violons et
de l’alto accompagne les deux hautbois comme un « Bassetto »
à l’octave supérieure, annonçant ici
toujours le prochain fragment mélodique. Les évolutions
de croches parcourant toutes les voix (sauf la basse) pendant tout le
morceau sont issues à l’évidence du début
de la mélodie chorale (cf. O
Haupt voll Blut, etc.)
dans des valeurs de notes plus rapides ; Après le
quatrième vers (sonst ists mit mir verloren),
ce motif est employé « en miroir » et
brièvement confronté à sa forme d’origine
-sans doute une autre finesse de l’écriture proche du
texte de Bach dans ce mouvement ! »
LEMAÎTRE
: «…Hautbois et cordes tirent principalement leur motif
thématique de la première section du cantus firmus, ce
qui transforme cette pièce en une fantaisie sur choral. »
MACIA
[« Tout
Bach »] :
« Dans l’introduction instrumentale et les interludes
entre les vers du choral, les cordes à l’unisson
amorcent la même mélodie en anticipant sur l’entrée
des basses. Les premières notes du même thème
sont jouées en diminution métrique par les hautbois
suivis par les cordes et enfin par les autres voix du chœur. Le
travail sur les sonorités est magnifique, l’effet le
plus étonnant étant le silence de la basse continue en
dehors de son soutien au cantus firmus. Autre innovation : pour
le septième vers « Das
ich mag ewig leben
- Afin que je puisse connaître la vie éternelle »,
Bach laisse exceptionnellement à tous les niveaux de sa
mélodie, la même valeur longue pour renforcer l’idée
d’éternité…»
NYS,
Carl de : «…Une partition majeure. L’une des
grandes cantates chorales que Bach ait écrites. Il faut savoir
que la fantaisie vocale et instrumentale sur la mélodie du
cantique de Schneegass qui forme le premier chœur est une des
constructions les plus savantes et les plus expressives que l’on
trouve dans cette collection de cantates chorales ».
SCHUHMACHER
: «…le cantus firmus à la basse… il en
résulte un caractère sonore particulièrement
pesant et lourd, souligné par de frappantes tournures
chromatiques sur les passages du texte qui s’y prêtent
« mein
Sünd »,
mais également de nouveau allégé et éclairci
par des figures apportant des contrastes « ewig
leben ».
2]
REZITATIV TENOR. BWV 135/2
ACH
HEILE MICH, DU ARZT
DER SEELEN,
/ ICH BIN SEHR KRANK UND SCHWACH ; / MAN
MÖCHTE DIE GEBEINE
ZÄHLEN, / SO
JÄMMERLICH
HAT MICH MEIN UNGEMACH,
/ MEIN KREUZ
UND LEIDEN ZUGERICHT; / DAS ANGESICHT
/ IST GANZ VON TRÄNEN
AUFGESCHWOLLEN, / DIE, SCHNELLEN FLUTEN GLEICH, VON WANGEN
[Wustmann: „die
Wangen“]
, ABWÄRTS
ROLLEN
/ DER SEELE
IST VOR SCHRECKEN
ANGST UND BANGE ; / ACH,
DU HERR,
WIE SO LANGE ?
O !
Guéris-moi, toi qui es le médecin des âmes. / Je
suis très malade et ma faiblesse est infinie ; / On
pourrait compter mes os, / tant mes maux, ma croix / et mon martyre
m’ont rendu pitoyable ; / Ma face: toute
entière est tuméfiée de larmes / Qui, semblables
à des torrents rapides, ruissellent de mes joues. / Mon âme
est ravagée d’effroi et d’angoisse ; /
Ah, Seigneur, pourquoi me laisses-tu si longtemps souffrir ?
Paraphrase
tirée de la deuxième strophe du cantique « Ach
Herr, mich armen Sünder »
Ré
mineur d), Ut majeur (C), 18 mesures, C
BG.
XXVIII. Page 128. RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN.
Ténor. Récitatif secco.
BOMBA
: «…Dans ce récitatif, Bach, se servant à
la fois de l’harmonie et du tracé mélodique,
insiste sur plusieurs mots tels que « malade et faible »,
« croix et souffrance » et « flux
[torrent] rapide », les rendant mieux compréhensibles… »
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 706 à 709] : «… trait fulgurant en
triples croches sur le mot « schnellen
- rapides »,
puis la descente figurant le ruissellement des larmes sur les joues
du malheureux. Plus étonnant encore, la rupture au milieu du
mot « schrecken
- frayeur »…»
HOFMANN
: «…le récit est clairement teinté de
dramatisme alors que les mots chargés d’expression comme
« krank »,
« schwach »,
« jammerlich »
et « Kreuz »
sont mis en valeur tant par l’harmonie sous-jacente que par un
traitement mélodique particulier. Bach a recours à des
figures de style musicales et rhétoriques qui parlent
d’elles-mêmes aux mots de « schnellen
Fluten »,
« abwärts
rollen »,
« Schrecken »…»
KUIJKEN
: «…Récitatif secco de ténor. Le poète
baroque décrit ici en des images pertinentes la maladie qui a
frappé le pécheur en pénitence -on croirait voir saint
Jérôme ou sainte Marie-Madeleine,
le visage marqué par les stigmates de la souffrance…»
LEMAÎTRE
: «…récitatif imagé : trait en
triples croches sur « schnellen
- torrents »
[mesure 9] et septième diminuée brisée sur [le
mot] « Schreck
angoisse », coupé en deux par un silence
[mesure11]…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- Direction des motifs,
page 34] : « Les idées de fatigue, de faiblesse, de
maladie, de péché, sont représentées par
des figures analogues à l’affaissement de la ligne
mélodique. Ici
sur les mots « Ich
bin sehr krank und schwach »
[+ Renvoi
à BG. XXVIII, page 128].
[La
formation rythmique des motifs,
page 117] : le motif de l’effroi sur le mot „Schrecken“.
[La
formation rythmique des motifs,
page 118] : «… [BG. XXVIII, page 128]. Renvoi aux
cantates BWV 40, 90 et 10. Syllabes
disjointes et silences inattendus.
ROMIJN :
«…on assiste à nouveau çà l’une
de ces peintures musicales que Bach affectionne tant: les mots
« schnellen
Fluten »
se traduisent par des gammes ascendantes et descendantes, rapides et
inquiètes ».
SCHUHMACHER
: «…récitatif secco avec ses figures symboliques
sur les mots « schnellen »
[sur 32 notes !] et « Wangen
abwärts rollen »,
atteint son point culminant sur « Schreck
- en »,
avec la terrifiante pause au milieu du mot…»
WHITTAKER:
«…Ce récitatif secco est presque extravagant avec
ses cris de détresse… ses lents demi tons descendants
représentant l’état de prostration du corps, le
chromatisme de la basse, le ruissellement des larmes : Schnellen
fluten…»
[Même
interrogation « wie
lang, ach lange ?
dans la cantate BWV 155].
3]
ARIE TENOR. BWV 135/3
TRÖSTE
MIR, JESU,
MEIN GEMÜTE,
/ SONST
VERSINK ICH IN DEN TOD,
/ HILF
MIR, HILF MIR DURCH DEINE GÜTE
/ AUS
DER GROßEN SEELENNOT !
/ DENN
IM TOD
IST ALLES STILLE,
| DA
GEDENKT MAN DEINER NICHT. | LIEBSTER JESU,
ISTS DEIN WILLE,
/ SO ERFREU
MEIN ANGESICHT !
Réconforte,
Jésus, mon cœur et mon âme. / Sinon je vais
sombrer dans la mort. / Aide-moi, aide-moi par ta bonté / à
sortir des affres qui m’assaillent ! / car dans la mort
tout est silence / et nul n’a souvenir de toi. / Bien-aimé
Jésus, si telle est ta volonté, / viens charmer mon
regard !
Paraphrase
tirée de la troisième du cantique « Ach
Herr, mich armen Sünder »
Allusion
précise au psaume 6, 6 [PBJ. 806]: « Car, dans
la mort, nul souvenir de toi ». Dans la cantate: « Car
dans la mort tout est silence
/
Et nul n’a souvenir de toi ».
Ut
majeur (C), 94 mesures, 3/4
BG.
XXVIII. Pages 129 à 132. ARIE. | Oboe I. | Oboe II. | Tenore.
| Continuo.
NEUMANN. En
forme de quatuor. Hautbois I, II; Ténor, Basse continue.
Citation du choral au Ténor. Partie vocale tripartite.
SCHMIEDER.
Ténor ; hautbois I, II ; Continuo.
BASSO
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
269] : « morceau sur un tempo de danse ».
BOMBA:
«…une
aria dansante pour
ténor et deux hautbois concertant vient emboîter ce
récitatif [2]…le talent qu’avait Bach pour
interpréter les textes devient évident : « Je
plonge dans la mort » en mouvements descendants, « tout
ce calme » avec des pauses inopinées, « réjouis
mon cœur » en joyeuses coloratures…»
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 706 à 709] : «…aria en trois parties
avec ritournelle… baigne dans une atmosphère paisible,
presque pastorale. C’est un trio concertant pour deux hautbois
et basse… dans la troisième partie cède à
la joie « erfreu
- réjouis »,
en longues arabesques que se partagent le soliste et les deux
hautbois ».
HIRSCH
[Die
Zahl im Kantaten werk Johann Sebastian Bach,
page 20] : Symbolique du chiffre « 5 ». Les
mots „so erfreu
mein Angesicht“
sont chantés à cinq reprises: évocation de la
Passion du Christ et de ses cinq plaies sur la Croix ? [BCW ajoute
les trois répétitions du groupe de mots « Sonst
versink in de Tod »
ainsi que celle triple également du mot « Stille ».
HOFMANN
: «…la pièce de bravoure pour soliste de l’œuvre.
Le mélange de la voix avec le duo de hautbois constitue un
moment unique. Dans une interprétation de musique « absolue »,
le texte peut cependant se prêter à une interprétation
comme ici aux mots de « ist
alles stille »
avec le silence hautement dramatique observé par tous les
instruments ».
KUIJKEN
: «…Aria de ténor, deux hautbois et b. c. -e
souffle d’un accompagnement de berceuse à la basse
continue flotte parfois (la consolation ?), tandis que la danse
en forme de polonaise est d’un effet surprenant (danse de la
mort ?). Il est beaucoup question de la mort dans cette partie
du texte, conformément au psaume 6 « Denn
im Tod ist alles Stille
/ Da gedenkt man deiner
nicht ».
Bach agence Tod
et Stille
explicitement, comme on pouvait s’y attendre…»
LEMAÎTRE
: «…l’air… ressemble à une plainte
que les nombreux écarts de septième ou le triton
sur « Tod »
assombrissent encore ; néanmoins le dernier élément
du texte « Viens
charmer mon regard »
ramène la lumière et justifie le ton de do majeur…»
MACIA
[« Tout
Bach »] :
«…un triton sur le mot « Tod »
ou par un silence général des instruments sur « ist
alles stille
- tout
est calme ».
NYS,
Carl de : «…Il faut savoir encore que dans l’aria
pour ténor avec les deux hautbois au rythme dansants, la voix
semble, par le symbole de sa ligne mélodique, s’abîmer
dans la mort « bienheureuse » chère à
Bach ».
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- Le commentaire de
l’accompagnement instrumental,
pages 158/159] : «…Dans la cantate BWV 136, la basse
continue exprime par sa longue sérénité, que
l’âme implorante trouve déjà dans sa prière
un réconfort. Tandis que le ténor supplie Jésus
de consoler son âme, le continuo déroule une lente
mélodie qui répète, avec un charme lénifiant,
des intervalles simples, d’une monotonie qui berce »
[+ Exemple musical, BG. XXVIII, page 129].
SCHUHMACHER
: «…L’air de plainte qui succède [au
récitatif], avec deux hautbois, qui représentent
l’humain associé au divin, frappe par la présence,
dans la partie vocale, de nombreuses progressions s’opérant
par mouvements de septième et de triton « Tod »,
qui sont refoulés dans la seconde partie par des sonorités
délibérément consonantes…»
SCHWEITZER
[J.S.
Bach,
volume II, page 87] : « La superbe musique de l’air
de ténor dans la cantate BWV 135 fut probablement écrite
à l’origine sur un autre texte, si l’on en juge
par l’imperfection de la prosodie…»
WHITTAKER
: Aria peut-être tirée d’une œuvre profane
perdue [suggestion à cause du texte ?]… saut de
septième sur « Tod ».
[Mélisme
sur « er-freu, aux mesures 73 et
74].
4]
REZITATIV ALT. BWV
135/4
ICH
BIN VON SEUFZEN
MÜDE,
/ MEIN
GEIST
HAT WEDER KRAFT
NOCH MACHT,
/ WEIL
ICH DIE GANZE NACHT ;
/ OFT
OHNE SEELENRUH
UND FRIEDE
/ IN
GROßEM SCHWEIß
UND TRÄNEN
LIEGE. / ICH
GRÄME MICH FAST TOT UND BIN VOR
TRAUERN
ALT, / DENN
MEINE ANGST IST
MANNIGFALT.
Je suis las de
soupirer, / mon esprit n’a ni force ni pouvoir / car je gis
souvent la nuit entière / sans connaître la quiétude
de l’âme ni la paix. / En proie aux sueurs et aux larmes,
/ je meurs presque d’affliction et vieillis à force de
désolation, / car mes angoisses sont multiples.
Paraphrase
tirée de la quatrième strophe du cantique
Ach Herr, mich armen Sünder ,
sur les mots chantés adagio « Ich
bin von Seufzen müde ».
Le
sentiment est proche du psaume 6, 7 [PBJ. 806] : « Je
me suis épuisé en gémissement, / chaque
nuit, je baigne ma couche de mes larmes, j’arrose mon
lit.. ». Dans la cantate: « Je suis las
de soupirer, / Mon esprit n’a ni force ni pouvoir /
Car je gis souvent la nuit entière / Sans connaître
la quiétude de l’âme ni la paix. / En proie
aux sueurs et aux larmes…»
Sol
mineur (g) - La mineur (a), 11 mesures, C
BG.
XXVIII. Page 132. RECITATIV. | Alto. | Continuo. Marqué
« Adagio ».
NEUMANN. Récitatif
tout d’abord arioso (adagio) et devenant secco sur « Mein
Geist…»
SCHMIEDER.
Alto ; Continuo.
BOMBA
: «…le récitatif commence par une citation
vivement colorée de la première phrase de la mélodie
du choral ».
GARDINER :
«…récit d’alto débutant adagio,
comme un air…»
HOFMANN
: «…représentation suggestive des soupirs, de la
fatigue et de la tristesse…»
KUIJKEN
: «…Dans ce récitatif secco, nous retrouvons le
saint pénitent et torturé dans les soupirs, les larmes
et les affres. Bach nous dépeint la scène de main de
maître par des moyens rhétoriques simples…»
PIRRO
[L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach
- La formation
rythmique des motifs,
page 117] : « motif des soupirs - Le dessein de Bach est
d’imiter par le chant discontinu [un soupir], la prière
entrecoupée de sanglots ». Ici le mot Seuf
-zen
[à la mesure 2] + Exemple musical BG. XXVIII, page 132].
Renvoi aux cantates BWV 73/4 et 186/2
[Le
commentaire de l’accompagnement instrumental,
page 191] : « Dans le récitatif d’alto, le
continuo interprète par un thème brisé de
silences, et à demi assoupi, les paroles du chant « Je
suis las de soupirer » [+ Exemple musical, BG. XXVIII,
page 132].
5]
ARIE BAß. BWV 135/5
WEICHT,
ALL IHR ÜBELTÄTER,
/ MEIN JESUS
TRÖSTET MICH ! || ER
LÄßT NACH TRÄNEN
UND NACH WEINEN
/ DIE FREUDENSONNE WIEDER SCHEINEN ;
/ DAS TRÜBSALSWETTER
ÄNDERT SICH, / DIE FEINDE
MÜSSEN PLÖTZLICH FALLEN / UND
IHRE PFEILE
RÜCKWÄRTS PRALLEN.
Eloignez-vous
tous que vous êtes, auteurs de tant de méfaits, / mon
Jésus vient me réconforter ! / Après les
larmes et après les pleurs, / il fait de nouveau resplendir le
soleil de la joie ; / Le temps de l’affliction se dissipe,
/ les ennemis brusquement tombent, / condamnés à voir
leurs flèches se retourner contre eux.
Paraphrase
assez libre tirée de la deuxième strophe du cantique
« Ach Herr, mich armen Sünder » sur
les mots « Weicht all ihr
übeltäter ».
La
mineur (a), 120 mesures, C barré, allegro
BG.
XXVIII. Pages 132 à 136. ARIE. Marqué « allegro ».
| Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Basse; Continuo. Citation du choral dans le continuo.
BCW
[Braatz, 6 juillet 2001 / Score
with Commentary] :
…intervalles, sauts et rythme complexe traduisant [aux mesures
71à 80 sur « Die
Feinde müssen plötzlich
- Les ennemis
brusquement tombent
… »] le changement de « climat ».
BOMBA
: «…Puis c’est la basse qui déclame la
compassion de Jésus, mais aussi tout ce qui devait être
surmonté auparavant : le temps lamentable et les ennemis
avec leurs flèches… l’inflexion de ce morceau…
reste donc combative, impulsive et de grande portée. Pour
représenter la compassion de Jésus, Bach a eu recours
aux attraits d’une basse instrumentale expressive, mais
gravitant sur elle-même. Pour ce faire, il est imparti au
chanteur tout son temps pour déclamer le texte tout d’abord
passionné qui ensuite, veut nous ramener à la raison…»
CANTAGREL
[Les
cantates de J.-S. Bach,
pages 706 à 709] : «…les premiers mots, qui
sont une fois encore ceux du cantique d’origine, sont martelés
avec fore, dans un débit purement syllabique, par la basse
continue d’abord qui semble les prononcer, puis par le ténor,
après une véhémente injonction ».
GARDINER :
«…une superbe musique de colère…»
HOFMANN
: «…air de basse mené par le jeu agité du
premier violon, la voix rejette le malfaiteur « Übeltäter »
avec une violence passionnée. Le calme qui survient peu avant
la fin, à la citation de la mélodie du cantique aux
mots de « mein
Jesu tröstet mich… »
est ainsi d’autant plus spectaculaire
KUIJKEN
: «…la basse exprime finalement la joie du pardon dans
la vivante aria avec cordes ».
SCHUHMACHER
: «…le premier violon assure avec passion, mais sans
jouer un rôle concertant, la conduite de l’air de basse,
aux figures amples et hardies sur les mots qui indiquent le sens ».
SCHWEITZER
: «…Le motif de la démarche (Schrittmotive). Bach
emploie communément un procédé qui consiste à
représenter par les sons des mots tels que « marcher »
ou « courir ».[+ Exemple musical aux
mesures 1 à
7
sur « Eloignez-vous
tous que vous êtes, auteurs de tant de méfaits »].
[J.S.
Bach,
volume II, page 87] : « dans la cantate,
l’accompagnement sur les mots « Weicht
all’, ihr übeltäter »
suggère une fuite terrifiée -
WHITTAKER
: « le climat [de la cantate] change soudainement…sur
« Éloignez-vous
tous que vous êtes, auteurs de tant de méfaits…»
Une phrase énergique est entendue au violon I accompagné
du continuo…»
6]
CHORAL. BWV
135/6. Vers
6.
EHR
SEI INS HIMMELS THRONE
/ MIT
HOHEM RUHM
UND PREIS
= DEM VATER
UND DEM SOHNE
/ UND
AUCH ZU GLEICHER WEIS
// DEM
HEILGEN GEIST
MIT EHREN
/ IN
ALLE EWIGKEIT,
/ DER
WOLL UNS ALLN BESCHEREN // DIE
EWIGE SELIGKEIT.
Gloire
soit rendue jusqu’au trône des cieux, / avec les plus
hauts honneurs et louanges, / au Père et au Fils / et
pareillement / au Saint-Esprit / dans tous les siècles des
siècles. / Qu’il veuille nous accorder, à tous
que nous sommes, / la félicité éternelle.
Texte
de la sixième et dernière strophe du cantique de
Cyriakus Schneegaß (1597). [Véritable doxologie
trinitaire. Dans la cantate: « Avec les plus hauts
honneurs et louanges, / Au Père et au Fils /
Et pareillement / Au Saint-Esprit. Dans tous les
siècles des siècles »
Mélodie
« Herzlich
thut,mich verlangen ». Verset 6 du
cantique de Schneegaß.
Mi
mineur, 16 mesures, C
BG.
XXVIII. Page 136. CHORAL. | Melodie : Herzlich
thut mich verlangen ».
| Soprano. / Cornetto. Oboe I. Oboe II. Violino I. col Soprano. |
Alto. / Violino II. coll Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso.
| Continuo.
NEUMANN. Simple
choral harmonisé (+ Hautbois I, II; cordes et Basse
continue). Cantus firmus au soprano doublé par le cornet.
BCW
[BRAATZ] : Discussions 1]. Dans son enregistrement, Karl
Richter, comme Rilling, utilise une trompette à la place du
cornet… appropriée ici…»
BOYER
[Les mélodies de chorals dans les cantates de
Jean-Sébastien Bach, pages 201] : «…mélodie
[Herzlich tut mich verlangen [MDC 046] de Hans Leo Hassler
(1601) sur des paroles de Christophe Knoll (1613), inspirée
d’une mélodie amoureuse « Mein Gemut ist
verwirret von einer Jungfrau zart - mon cœur est
troublé ». Elle se retrouve sous deux autres
titres: « Befiehl du deine Wege [MDC 012] »
dans l’Oratorio de Noël (BWV 248/1 et 248/5]
et « Haupt voll Blut und wunden » [MDC
085] dans la Passion selon Saint-Matthieu [BWV 244 / n°
21-23-53-63-72].
Choral
de type I, harmonisé avec doublures colla parte des
instruments.
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S. Bach,
pages 706 à 709] : «…harmonisation
homophone, les voix doublées par les cordes et le soprano en
plus par le cornet et les deux hautbois ».
KUIJKEN
: «…Le choral final (à nouveau dans le texte
original de 1597) est un remaniement fleuri du « Gloria
Patri et Filio, et Spiritui Sancto » qui
conclut toute prière psalmique…»
MINCHAM
[BCW] : « …Ce choral est non seulement l’un
des plus connus mais aussi l’un des plus émouvants du
répertoire. C’est une action de grâce et une
glorification du Père, du Fils et de l’Esprit Saint…»
NEUMANN
[Sämtliche von
Johann Sebastian Bach]
: Dans la partition originale, seul le texte du cantique figure..
SCHUHMACHER
: «…un choral aux voix intermédiaires et à
la basse mouvantes met fin à cette œuvre grandiose »
[?]
WHITTAKER
: « comme la mélodie du choral final est attribuée
aux soprano, le trombone n’est pas ici requis »
[contrairement à la section I et les basses].
BIBLIOGRAPHIE
BWV 135
*
Ouvrage non consulté
BACH
CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG
(All
Music Guide). Notice de James Leonard.
BRAATZ,
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Simon. Notice. 1996, 1998.
MINCHAM,
Julian [: The
Cantatas of Johann Sebastian Bach,
chapitre 5. 2010
ORON,
Aryeh : Discussions 1] 1er
juillet
2001 - 2] 18 juin 2006 – Prévision 5 juin 2011.
Texte
du choral : « Ach
Herr, mich Armen Sünder“.
BACH
COMPENDIUM ou Répertoire
analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien
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Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium
: analytisch-Bibliographisches
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n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N°
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Breitkopf
n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique. N°
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Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische
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Dans
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l’abréviation « EKG ».
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HALBREICH,
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N° 140. Historical
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W. Norton & Company. Inc.
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HIRSCH,
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Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR
24.015. 1ère
édition 1986. Pages 20 [3] 27 [1], 110
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de l’enregistrement d’Helmuth Rilling. Laudate 98706. En
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Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki,
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Gönnenwein
NYS,
Carl de : Critique de l’enregistrement de K. Richter (avec BWV
24 et 10). Archiv
1975. Revue Diapason,
n° 215, mars 1977
PETITE
BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions
du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans
les références bibliques, apparaît sous
l’abréviation « PBJ ».
PIRRO,
André : L'esthétique
de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher
1907.
Minkoff
Reprint Genève 1973. Pages 34 [2], 117 [4], 118 [2], 158
[3],
159 [3], 191 [4] , 454 [1]
*RICHTER,
Bernhard Friedrich : W.
Neumann. Literaturverzeichnis
44] Über
die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
angehörenden
Kantaten Joh. Seb. Bachs.
BJ 1906
ROMIJN,
Clemens : Notice (sur CD) de l’enregistrement de
Pieter Jan Leusink. 2006
SCHMIEDER,
Wolfgang : Thematisch-Systematiches
Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV).
Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition
1973, pages 182/183
Literatur
: Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Voigt - Wustmann
- Wolff - Terry - Neumann
Archives
pour la recherche musicale 1937 (AfMf) - BJ 1906 - 1931 - 1932
SCHUHMACHER,
Gerhard : Notice du coffret Das
Kantatenwerk
/ Harnoncourt (volume 33). 1984
SCHWEITZER,
Albert : J.-
S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e
édition. Édition française de 1905. Pages 203,
240
J.
S. Bach.
Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition
américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications,
inc. New York. 1911-1966.
Tome
II, pages 87, 376 et 461
SPITTA,
Philipp : Johann
Sebastian Bach.
Sous-titré : « His
work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello
& Cy 1889 - Dover 1951-1952. Aucune référence. Dans
son ouvrage, Spitta semble avoir ignoré cette cantate.
WHITTAKER,
W. Gillies : The
Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular
Oxford U.P. 1959-1985
Tome
1, page 237.
Tome 2,
pages 120 à
125 et 301
WOLFF,
Christoph : Notice de
l’enregistrement de Ton Koopman (volume
12.
2000
WUSTMANN,
Rudolf : J.S.
Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte.
Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 166/167
ZWANG,
Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 77, page 149
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV
135
BACH
CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron.
Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée
avec, parfois, quelques précisions relatives aux références
et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Onze
références. Aryeh Oron (juillet 2001 à septembre
2010 + Six mouvements individuels (janvier 2001 à avril 2010
Exemples
musicaux présentés par Aryeh Oron janvier 2003 -
janvier 2005).
Mélodie
du choral « Befiehl
du deine Weg
(I).
8]
GARDINER (volume 2). The
Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Bach Cantata
Pilgrimage Bach Cantata Pilgrimage.
Fraumünster,
Zurich (CH), 8 et 9 juillet 2000
CD
SDG 165, distribution en France en mars 2010. Avec les cantates BWV
2, 10, 76, 21, le concerto BWV 1044 et le motet SWV 386 de
Schütz.
1]
GÖNNENWEIN. Süddeutscher Madrigalchor. Deutsche
Bachsolisten. Kornweqthen/ Stuttgart, juin 1963. Durée
:16‘50
Disque
Cantate Bach-Studio
641216 et 651216. Avec la
cantate BWV 29
Reprise
disque SDG 6110112 (ca 1975). Avec la
cantate
BWV 29
7]
KOOPMAN (volume 12). The Amsterdam Baroque Orchestra and Choir. Mars
2000. Durée :
14’53
CD
Erato 8573-85842-2. Distribution en France, début 2002. Reprise
Challenge Antoine Marchand CLV 71986
10]
KUIJKEN (volume 2). La Petite Bande. Un par voix. Pas de chœur. Château
de Grawenwerzel (B), juillet 2005. Durée : 14’55
CD
Accent 25302. 2006. Avec les cantates BWV 93 et 177
4]
LEONHARDT. Knabenchor Hannover. Collegium Vocale. Leonhardt-Consort.
1983. Durée :
14’10
Disque
(F) Teldec
6.35607-00-501-503 (SKW 33/1-2). Das
Kantatenwerk, volume
33. 1984
CD
(D). Teldec 4509
91761-2. Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume.
7 (coffret de 6 CD). Cantates BWV 119 à 137
CD.
Teldec 242618-2 ZL.
Das Kantatenwerk
(volume 33). 1989
Reprise Bach
2000. Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100
à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise
en CD séparé, Warner Classics 8573-811168-5, volume
42. 2007
6]
LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Avril et
septembre 1999. Durée
: 15’16
CD
Brilliant Classics Bach
Edition. Volume
5– Cantates, volume 2
CD
Bach Edition 2006 (Reprise). CD Brilliant Classics
III – 93102 10/56.
Avec les
cantates BWV 86 et
167
*11]
LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola
Seconda Pratica. Eglise évangélique de Trogen (CH)
DVD
Live, 26 juin 2009. Coffret Gallus Media. Bach Anthologie 2009. J.S.
Bach Stiftung. St. Gallen. Zurich 2010
Avec
les cantates BWV 18, 23, 26, 34, 35, 42, *135, 155, 161, 180, 191 et
le Magnificat
BWV 243
*5]
NOTT, David and Vadim Mazo. Illinois Wesleyan University Collegiale
Choir. Disque ? CD ? Illinois Wesleyan. 1990
2]
RICHTER. Chœur et orchestre Bach de Munich. Alto :
Anna Reynolds. Ténor : Peter Schreier. Basse :
Dietrich Fischer-Dieskau
Hercules-Saal
à Munich, les 2 et 3 mars ; les 18 au 25 mai 1974 et
du 6 au 23 janvier 1975. Durée : 14’40
Disque
Archiv Produktion 2533 329 (X). 1977. Avec les
cantates BWV 10 et
24
Reprise
en coffret de 6 disques Archiv Produktion 2722-025. Volume III.
Ascension - Pentecôte - Trinité. Vers 1976
Disque
2564 159. Avec la cantate BWW 76. Vers 1977
Reprise
en coffret de 6 CD Volume III. Himmelfahrt; Pfingsten. Trinitatis -
Ascension - Pentecôte - Trinité. CD 439383-2. 1987
Reprise
en coffret de 26 CD Archiv Produktion. Ca 1998. L’ensemble des
enregistrements des cantates par Karl Richter.
3]
RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart.
Février, avril 1980. Durée
: 14‘41
Disque
(D). Die Bach Kantate.
Hänssler Verlag. Laudate 98706
CD. Die Bach Kantate
(volume 40). Hänssler Classic. Laudate 98893. 1982. Avec les
cantates BWV 7 et
39
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 42). Hänssler-Verlag 92042. 1999
9]
SUZUKI (volume 29). Bach Collegium Japan & Concerto Palatino
Brass Ensemble. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan
25-29
juin 2004 . Durée :
14’07. CD
Bis-SACD 1461. 2005. Distribution en France, janvier 2006 Avec les
cantates BWV 2, 3 et 38
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 135
M-1.
Mvt. 3] R. Mauesberger. Gewandhausorchester
Leipzig. Ténor: Peter Schreier. Disque Decca Eclipse. Fin
des années 1960
M-2.
Mvts. 1 et 6] K. Richter. Ansbach Bach Festival Choir &
Orchestra. Début des années 1970.
Disque puis CD
Baroque Music Club
M-3.
Mvts 1 et 6] R. Leppard. Scottish Chamber Orchestra & Scottish Philharmonic
Singers. CD Erato
1984
M-4.
Mvts 1 et 6] Elmer Iseler. Elmer Iseler Singers. CD CBC Enterprises.
1985
M-5.
(choral O Haupt voll
Blut und wunden)]
Elmer Iseler. Elmer Iseler Singers. Piano : Doreen Uren Simmons.
CD ? Brandon University
School
of Music 1996 (?)
M-6.
Mvt. 6] Bernard Soustrot (trompette) et Jean Dekyndt (orgue). CD
Jade. 2002
EN
CONCERT
KUIJKEN.
La Petite Bande. Festival de Beaune, le 22 juillet 2005 (Diffusion
sur France Musique, le 27 août 2005)
ANNEXE
BWV 135
WERNER
NEUMANN
Notice
de l’enregistrement. Disque Cantate / Bach-Studio 641216 (Mono)
– 651216 (Stéréo). Traduction de Carl de Nys.
La
cantate pour le troisième dimanche après la Trinité
« Ah, Seigneur, moi, pauvre pêcheur »
appartient au cycle des cantates chorales dont les textes sont
constitués par les strophes d’un cantique protestant
pour un temps de l’année liturgique ; cette
particularité confère à ces œuvres une
unité formelle beaucoup plus serrée qu’à
mainte autre cantate. Ce cycle a été composé
pour l’essentiel pendant la deuxième année de
Bach à Saint-Thomas ; la cantate présentée
ici est une des premières ; elle fut probablement créée
le 25 juin 1724, donc une bonne année après l’entrée
en fonction du nouveau Cantor.
Il
n’y a que des rapports assez vagues entre l’évangile
du dimanche (Luc 15, 1-10) rapportant la parabole de la brebis perdue
et de la drachme perdue, et aussi entre l’épître
de ce dimanche (1 Pierre 5, 6-11) exhortant le chrétien à
s’en remettre à Dieu de ses soucis et le livret de cette
cantate. Celui-ci décrit au contraire les souffrances de l’âme
chargée de péchés et ne s’élève
que vers la fin de la tristesse et de l’angoisse, voire du
désespoir, à la consolation, la force et la louange de
Dieu.
Le
cantique qui est à la base de ce livret, le choral « Ach
Herr, mich armen Sünder, straf mich nicht in deinem Zorn
– Ah,
Seigneur, moi, pauvre
pêcheur, ne me frappe pas en ta colère »
se trouve parmi les chants du temps de pénitence dans les
recueils de l’époque de Bach. Son auteur est Cyriakus
Schneegass (1597) qui l’a conçu comme une paraphrase du
psaume 6 ; il a souvent conservé non seulement les
idées, mais même les expressions du texte original. Le
cantique est composé de cinq strophes auxquelles s’ajoute
dans la sixième une doxologie trinitaire. L’auteur du
livret a repris textuellement la première et la dernière
strophe du choral ; la deuxième et la quatrième
strophe sont devenues des récitatifs, la troisième et
la cinquième des arias. En faisant cette adaptation le
librettiste a gardé au maximum l’original dont il
reprend toujours la première ligne de chaque strophe, mais
dont il cite aussi toutes les expressions essentielles ou
caractéristiques. Peu de livret des cantates chorales de Bach
sont aussi largement identiques au texte du cantique ; il y en a
peu aussi qui permettent de percevoir aussi clairement métrique
de certaines strophes pour permettre leur composition sous forme de
récitatifs et d’arias, sans altérer leur contenu
et en gardant dans toute la mesure du possible les expressions
caractéristiques. La cantate chorale permit ainsi à
Bach de fondre en un tout les formes nouvelles du chant lyrique et
le monde traditionnel de la mise en œuvre des chorals.
Les
deux récitatifs, l’un pour ténor [2], l’autre
pour alto [4], sont composés secco, mais le deuxième
est introduit par une séquence arioso (adagio) liant le
premier vers de la strophe du choral avec sa mélodie
légèrement ornée. La mélodie est celle
qui traditionnellement liée à ce cantique de pénitence
« Herzlich
tut mich verlangen –
Ardemment je désire…»
bien connue notamment par les Passions de Bach. A la fin du premier
récitatif la mélodie du dernier vers du choral est
également évoquée sous une forme variée à
propos des mots empruntés au cantique « Ach,
du Herr, wie so lange
– Ah, toi
Seigneur, combien de temps…».
Une marche chromatique de la basse, des mélodies agitées
et des images typiquement baroques par leur mouvement « Schnelle
Fluten – Flots
rapides » - « abwärts
rollen – rouler
vers le bas »
- Schrecken – terreur » sont les caractéristiques
du premier récitatif.
L’aria
de ténor [3] (ut majeur) situe la partie chantée au
milieu d’un trio de bois (2 hautbois, basson) commençant
sous forme de lied et se continuant par des imitations. Sur les
dernières paroles de l’aria nous entendons à
nouveau la mélodie du dernier vers du choral « So
erfreu mein Angesicht – réjouissez mon visage »,
mais cette fois sur un texte libre. L’aria pour basse (la
mineur [5] animée d’un mouvement ascendant énergique
cite elle aussi, une fraction de la mélodie du choral, le
deuxième vers sur les mots « Mein Jesus tröstet
mich – Mon Jésus me console ». Bach lie ainsi
toutes les formes vocales libres à la mélodie du
choral ; on la retrouve en entier dans les deux mouvements
extrêmes. Le dernier mouvement [6] est une simple harmonisation
à quatre voix mais le premier chœur [1] est élargi
aux dimensions d’une vaste fantaisie chorale. Le cantus firmus,
divisé en fragment ligne par ligne entre lesquels
s’intercalent des séquences d’orchestre, est
confié exceptionnellement à la partie de basse ;
chaque séquence chorale est introduite par un fragment
instrumental où la mélodie du choral est confiée
aux cordes contrepointées par les hautbois, d’une façon
analogue à ce qui passe ensuite dans les parties vocales. On
a ainsi l’impression d’une vaste alternance concertante
instrumentale et vocale. L’élément unificateur
est un motif emprunté à la première phrase du
choral (à sa mélodie) que l’on entend sans cesse
dans les parties instrumentales et vocales. Seul le cinquième
vers du choral donne lieu à une mise en œuvre dans le
style de l’imitation et du canon « Ach Herr,
wollst mir vergeben – Ah, Seigneur, veuille me
pardonner ». Il semble bien que ce soit là le
premier mouvement de cantate de Bach dont le matériel
thématique est le plus concentré et qui offre la plus
forte unité de pensée ».
C.
Role. Novembre 2010
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