Introduction | Cantatas | Other Vocal | Instrumental | Performers | General Topics | Articles | Books | Movies | New
Biographies | Texts & Translations | Scores | References | Commentaries | Music | Concerts | Festivals | Tour | Art & Memorabilia
Chorale Texts | Chorale Melodies | Lutheran Church Year | Readings | Poets & Composers | Arrangements & Transcriptions
Search Website | Search Works/Movements | Terms & Abbreviations | Copyright | How to contribute | Sitemap | Links

Commentaries: Main Page | Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources



Recordings & Discussions
Introduction
Cantatas | Other Vocal Works
Instrumental Works
Arrangements & Transcriptions: Piano | Others
Performers: Vocal | Instrumental
General Topics | Articles
Bach & Other Composers
Books | Movies

Background Information
Lutheran Church Year | Readings
Texts & Translations
Scores | Music
References | Commentaries
BWV & BWV Anh Lists
Chorale Texts | Chorale Melodies
Guide to Bach Tour
Bach Festivals & Cantata Series
Arts & Memorabilia
Terms & Abbreviations

Short Biographies
Performers: A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z
Poets & Composers: A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z

Additional Information
Order of Discussion
Schedule of Concerts
Links to Other Sites
Search Works/Movements
Sitemap | What's New?
Copyright Notice
Join Bach Mailing Lists & Contribute

Search This Site

 
3/1/2006 2/12/2007 6/6/2008 R 16/12/2009 2e édition 25-26/11/2010
CANTATE BWV 135
ACH HERR, MICH ARMEN SÜNDER
Ô Seigneur, pauvre pécheur que je suis…
KANTATE ZUM 3. SONNTAG NACH TRINITATIS
Cantate pour le 3e dimanche après la Trinité
Dimanche 25 juin 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama élargi et espéré parfois inédit de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des parenthèses [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur

(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BG = Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland / Allemagne
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Grande Bretagne / Angleterre
(H) = si
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
Ost = Original Stimmen
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen

La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 135

Leipzig, le dimanche 25 juin 1724. Choralkantate - Jahrgang II.
HIRSCH : Classement CN 80 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique).
Chronologie (Alfred Dürr) 1724 : BWV 20 (dimanche 11 juin) - BWV 2 (dimanche 18 juin) - BWV 7 (samedi 24 juin) - BWV 135 (dimanche 25 juin) - BWV 10 (dimanche 2 juillet) - BWV 93 ( dimanche 9 juillet) - dimanche 16 juillet BWV ? - BWV 107 (dimanche 23 juillet).
Accord de la musicologie pour dater de l’année 1724.
[Spitta, sauf erreur, n’a pas écrit sur cette cantate conservée dans une collection privée (Frau Karthaus) à l’époque (les années 1850-1875) où il élaborait sa monumentale étude sur Jean-Sébastien Bach.


SOURCES BWV 135

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P Leipzig, Musikbibliothek der Stadt Leipzig. Bach-Archiv.
Huit feuilles, 13 pages et demie de musique, plus un page de titre.
Titre sur la partition, d’un copiste de Bach: « Domin. 3 post Trinit : / Ach Herr, mich armen Sünder / à 4 Voc: / 2 Hautbois / 2 Violini / Viola / e / Continuo / di / Sig: J. S. Bach
Autographe, à l’intérieur: « J. J. Doica 3 post Trinitatis. Ach Herr mich armen Sünder p. “
Sans signature à la fin de la partition.
HERZ: Filigrane « IMK » et un « croissant de lune ».

[L’autographe appartenait, vers 1880, à Frau Marianne Karthaus de Zschepen (en Saxe, près de Delitzsch, à une quinzaine de kilomètres au nord de Leipzig). Il est actuellement à la Stadtbibliothek Leipzig.
Lors de l’édition de l’œuvre par la Bachgesellschaft, Wilhelm Rust travailla sur la partition de Marianne Karthaus].
[Un fac-similé de la partition fut édité avec une préface de Karl Straube, Leipzig, 1926].

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues.
BG signale deux copies, l’une dans le recueil « Von Nägel » à Zurich (CH), l’autre en possession de Wilhelm Rust).

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BG. Jg. XXVIII (28e année). Pages 121 à 136. Préface de Wilhelm Rust (décembre 1881). Cantates BWV 131 à 140 + Anhang 134a.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA).
KANTATEN SERIE I/ BAND 16. KANTATEN ZUM 2. UND 3. SONNTAG NACH TRINITATIS Bärenreiter Verlag BA 5055. 1981. 6 faksimile.
BWV 135. Pages 199 à 229. Couverture de la partition autographe. Staadtarchiv Leipzig. Copie non signée [Mouvement 1, mesures 1 à 19] .
Avec les cantates BWV 76, 2 et 21.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5055 41. 1982. Paul Brainard : BWV 21, 135.
[Dans le coffret Teldec / Telefunken (1984), Leonhardt / volume 33 partition de la NBA].

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 6 | TP 1286. 2007.
Serie I. Band 16. Kantaten zum 2e und 3e Sonntag nach Trinitatis.
BWV 135. Partition (première page. Bl. 1).
BWV 135. Page 199 à 229. Bärenreiter-Verlag. Kassel.
BCW: Partition BGA. Réduction chant et piano
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2985 - Partition du chœur = ChB 2177 - Orgue et clavier (Max Seiffert) = OB 2724.
2009 : Réduction voix et piano (20 pages) = EB 7135 - Partition du chœur = ChB 4635.
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben. Urtext. Partition (36 pages) = Partitur CV 31.135/00. Partition d’étude (Studienpartitur) = 31.135/07.
Réduction chant et piano (Klavierauszug) = 31.135/03. Partition du chœur (Chorstimmen) = 31.135/05. Harmoniestimmen = 31.135/09. Parties séparées (4) = 31.135/11 à 14. Partition de l’orgue (Orgel) = 31.135/49.
KALMUS STUDY SCORES. N° 842. Volume XXXVIII. New York 1968. Cantates BWV 134 à 137.


PÉRICOPE BWV 135

Troisième dimanche après la Trinité.


MISSEL ROMAIN (lectures)
C’est le 3e dimanche après la Pentecôte [pages 936 à 940]. Psaume 24, 16 et 18.
Épître : I Pierre, 5, 6 à 11 [PBJ. 1784 et 1785]. Avertissement aux fidèles.
Evangile : Luc 15, 1 à 10 [PBJ. 1564 et 1565]. La parabole de la brebis perdue. Cette parabole vient de la bouche de Jésus qui se trouvait parmi les collecteurs d’impôt et des pécheurs.

EKG. 3. Sonntag nach Trinitatis.
Introït. Luc 19, 10 [PBJ. 1571] : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».
Psaume 32 [PBJ. 828 et 829]. L’aveu libre du péché.
Cantique (lied 166) : « Allein zu dir, Herr Jesu Christ ».
Épître : 1 Pierre 5, 6 à 11 [PBJ. 1785] : « De toute votre inquiétude, déchargez-vous sur Lui car il a soin de vous…»
Evangile : Luc 15, 1 à 10 [PBJ. 1565]. Paraboles de la Miséricordes :  La brebis et la drachme perdues.

Même occurrence, la cantate BWV 21, vers 1714-1725.


TEXTE BWV 135

Livret d’un auteur inconnu, complété par les strophes 1 et 6 du choral de Cyriakus Schneegaß (six strophes d’après le psaume 6 « Domine ne in furore » [PBJ. 806 et 807] avec sa paraphrase dans les mouvements intercalaires.

BLANKENBURG : « …un cantique sur le psaume 6, dont la première et la dernière strophes sont citées textuellement tandis que dans la double succession d’air et de récitatif les strophes 2 et 5 ont été librement remaniées par un auteur une fois de plus anonyme. Cependant chacun des autres morceaux destinés au soliste contient la citation littérale d’un verset provenant soit du cantique, soit du psaume, et cela à trois reprises en relation avec une citation du cantus firmus… C’est le contenu de ce psaume de pénitence qui exige que, dans cette cantate, le premier rôle ne revienne pas au libre jeu musical mais, surtout dans les deux airs… au rattachement expressif de la musique au sens des paroles ».
BOMBA : «…Lors de sa seconde année de fonction à Leipzig, qui commença le dimanche de la Trinité (11 juin 1724), Bach avait eu l’intention de ne composer et de n’exécuter que des cantates-choral. Ce qui signifie que le texte et le matériel mélodique de ces cantates devaient toujours s’orienter sur un cantique religieux déterminé. Il ne put mener à fin ce projet extraordinaire, certainement unique dans l’histoire de la littérature des cantates car il semble que le poète qui adaptait les strophes des cantates, à la convenance de Bach s’est éteint en janvier 1725. [Texte repris de la notice d’Andreas Bomba sur les cantates BWV 125 et 126 [Rilling, volume 40] « Hans-Joachim Schulze, directeur des Archives Bach à Leipzig renvoie à un recueil (manière de compilation de textes de cantates) imprimé comme c’était alors l’usage, quoique d’un poète inconnu. H. J. Schulze paraît l’avoir identifié sous le nom de Andreas Stöbel, ancien co-recteur de l’église Saint-Thomas décédé le 31 janvier 1725…]. Les spéculations au sujet de cette fin imprévue ne manquant pas de faire du bruit, la manière exemplaire et incomparable dont Bach réussit l’entrée dans ce cycle de cantate passe facilement au second plan…»
HERZ : Texte de Bach lui-même ?

HOFMANN : «…La relation entre le texte de Schneegaß et l’évangile de ce dimanche… ne saute pas aux yeux et ne se base manifestement que sur le verset final du texte de l’évangile : « C’est ainsi, je vous le dis, qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent ».
KUIJKEN : «…Le texte de cette cantate chorale - d’une plume inconnue du temps de Bach [?]- est un arrangement d’un chant d’église de l’an 1597, déjà lui-même un remaniement du Psaume 6. Dans les deux mouvements extrêmes, la première et la dernière strophes du chant original de 1597 ont été conservées telles quelles ; dans les parties médianes, les strophes médianes originales ont été modifiées par le poète ultérieur anonyme, même s’il s’insère ici ou là des vers intacts de l’original. La mélodie que Bach utilise dans les mouvements extrêmes est la même que nous connaissons par exemple de « O Haupt voll Blut und Wunden…»
LYON [Johann Sebastian Bach - Chorals, page 61]. Renvoi aux psaumes 25 et 26. [PBJ. 822 et 823]. Prières dans le péril ; au psaume 6, 6 à 11 [PBJ. 805 et 806].



GÉNÉRALITÉS BWV 135

Cantate de choral du 2e cycle de Leipzig.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 269] : « Cantate basée sur une présentation de mélodie-choral. Voir les cantates BWV 2, 5, 78, 94, 101, 113, 125, 126 et 135 ».
MACIA [Collectif « Tout Bach »] : « Cette cantate est la quatrième du cycle de cantates-choral commencé par Bach le premier dimanche après la Trinité, le 11 juin précédent, avec la cantate BWV 20…c’est donc à cette époque qu’il mit au point le plan -type de ces Kirchenmusik fondées sur un cantique ancien, dont la première et dernière strophes sont reprises littéralement dans le premier et dernier mouvements…» 


DISTRIBUTION BWV 135

NEUMANN. Alt, Tenor, Baß. – Chor. Zink (cornet) et Posaune (trombone), seulement dans le C.f. de [1 et 6], Oboe (d’amore) I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.Soli: A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Ob. I, II; Cornetto; Trombone; Viol. I, II; Vla., Cont.


APERÇU BWV 135

1] CHORALCHORSATZ. BWV 135/1
ACH HERR, MICH ARMEN SÜNDER / STRAF NICHT IN DEINEM ZORN, / DEIN ERNSTEN GRIMM DOCH LINDER, / SONST ISTS MIT MIR VERLORN. / ACH HERR WOLLST MIR VERGEBEN / MEIN SÜND UND GNÄDIG SEIN, / DAß ICH MAG [Neumann: „möge“ Neu Leipziger Gesangbuch 1597], EWIG LEBEN, / ENTFLIEHN DER HÖLLENPEIN.

O Seigneur, le pauvre pécheur que je suis / ne le châtie pas dans ton courroux, / apaise donc ta violente colère, / sinon ma perte est prononcée. // O Seigneur, veuille me pardonner / mes péchés et m’être miséricordieux / afin que je puisse connaître la vie éternelle / et échapper aux tourments de l’enfer.

Texte de la première strophe du cantique (1597) de Cyriakus Schneegaß (5 octobre 1546 - 23 octobre 1597) en six strophes (Erfurt, 1597) Ach Herr, mich armen Sünder » qui a donné son titre à la cantate. Texte paraphrasant le psaume 6 La mélodie (l’une des plus célèbres utilisée par Bach) "Herzlich tut mich verlangen" [BCW donne EKG 435] identique à celle de "O Haupt voll Blut" (Passion selon Saint-Matthieu BWV 244/15-17-54-62), revient à Hans Leo Haßler (1601 et publication Geistlich Görlitz, 1613). On la trouve dans les cantates BWV 25/1 (auteur inconnu + la mélodie), BWV 127/1 (mélodie et texte de Paul Eber), BWV 153/5 (mélodie et texte de Paul Gerhardt) - BWV 159/2 (mélodie et texte de Paul Gerhardt), BWV 161/1 (mélodie seule) et BWV 6 (+ texte, strophe 4 de Christoph Knoll) - (Oratorio de Noël), 248/5 (avec texte de Paul Gerhardt), BWV 270 et 271 chorals à quatre parties et le texte Biefehl du deine Wege, le Prélude choral BWV 727, le choral du même titre que la cantate BWV 135: BWV 742 et BWV Anhang 47 (authenticité discutée).
BCW [Melody I]. « NBA a classé cette mélodie sous le titre: Befiehl du deine Wege (I), mélodie de Hans Leo Hassler (1601) et texte de Christoph Knoll (1611): « Herzlich tut mich verlangen ».
Différentes présentations et associations de texte sur cette mélodie, 1640 (Crüger) ; 1650 (S. Scheidt) ; Hymnal (Gotha 1715). Dans la cantate BWV 135, Bach a utilisé la mélodie avec le texte de Cyriakus Schneegaß (1597), Verse 1 + Verse 6.
Renvois à Buxtehude (BUWVW 178), Pachelbel, G. F. Kaufmann, J. G. Walther.
Mélodie « Herzlich thut mich verlangen ».
[L’inspiration de la première ligne du cantique est sensible avec le premier verset du psaume 6 [PBJ. 806] : « Yahvé, ne me châtie point dans ta colère… » Dans la cantate : « O Seigneur, le pauvre pécheur que je suis / ne le châtie pas dans ton courroux ».]

Mi mineur, 134 mesures, 3/4
BG. XXVIII (28e année). Pages 121 à 128. VERS 1. | Oboe I. | Oboe II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. (NB. Der Cantus firmus « Herzlich thut mich verlangen » im Basso). | Trombone col Continuo.
NEUMANN. Oboe I, II, cordes, B. c. Introductions instrumentales et parties vocales encastrées. Le cantus firmus à la basse.  

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 342] : «…BWV 135 fait partie d’un bref cycle de quatre œuvres composées dans un laps de temps fort réduit (11, 18, 24 et 25 juin 1724). Comme l’a fait ressortir Alfred Dürr, ces quatre cantates obéissent à un dessein musical précis : le cantus firmus, dans le morceau d(introduction, est confié tour à tour à l’une des quatre voix, en succession régulière : BWV 20, soprano ; BWV 2, contralto ; BWV 7, ténor et basse dans BWV 135 et la nature du discours est elle aussi diversement caractérisé : BWV 20 (ouverture) ; BWV (motet) ; BWV 7 (style concertant) ; BWV 135 (fantaisie sur choral) ».
[page 344] : La mélodie du choral, celle de l’air célèbre de Hassler « Herzlich thut mich verlangen » figure à la basse (ce fait ne se reproduira qu’une seule fois, dans BWV 3)… morceau en forme de fantaisie sur choral… on note que la partie de basse continue n’est pas prévue dans les épisodes purement instrumentaux et ne figure que dans les épisodes vocaux, pour doubler le cantus firmus ; en revanche, tout le tissu instrumental, à trois parties, porte fortement l’empreinte de la configuration mélodique du choral…»
BOMBA : «…Chacune des phrases du choral [8 lignes] est annoncée par un prélude instrumental. Les deux hautbois viennent s’y joindre, de même les instruments à corde, à l’unisson. Ceux-ci exécutent le cantus firmus de chaque phrase avant de concerter avec les hautbois. La musique prévue pour ces instruments utilise elle aussi le matériel mélodique du choral, mais est exécuté avec des notes nettement plus brèves. Le chœur suit directement les petits préludes, il est accompagné de la basse continue qui n’intervient qu’à ce moment. Mais avant que les basses ne chantent le Cantus firmus, les trois autres voix ont déjà préparé les phrases correspondantes en les imitant. Pour la suite de mélodies et les motifs d’imitations, Bach propose donc deux procédés différents. Encore mieux ; au début de chaque phrase chantée, Bach permet aux hautbois de reprendre haleine pour les faire intervenir ensuite à la fin. Il obtient ainsi une nette progression, malgré un intervalle minime, comme pour la registration de l’orgue ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach] : «…ici le cantus firmus est à la basse et le résultat est lourd et sombre, même si la thématique d’orchestre véhicule cette fameuse quarte ascendante de la mélodie de choral « Herzlich tut mich verlangen ». Mélodie de choral 046 de type II…» 
[Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 55 et 203] : « Choral de type IIa : Pont. Le choral est harmonisé mais incrusté, verset par verset, chaque verset étant séparé par des ponts instrumentaux indépendants…la ritournelle orchestrale dans laquelle le chœur va s’incruster possède un thème issu de la mélodie de choral elle-même… quant au chœur, il ne suit pas la technique traditionnelle mais confie le cantus firmus à la voix de basse (doublée par un trombone), les trois voix supérieures développent des imitations en croches de la mélodie… Le cantus firmus dans l’extrême grave, l’abandon des oppositions traditionnelles entre ritournelle et chœur, la présence continue et obsédante de la célèbre mélodie circulant aux vents et aux cordes ainsi qu’aux voix font de ce morceau une page extrêmement sombre et sévère ». 
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 706 à 709] : « Cette première strophe du cantique de Schneegaß est traitée dans un caractère très hiératique, selon les procédures d’une fantaisie de choral. Chaque période [elles sont huit] du choral fait l’objet d’une exposition en contrepoint, la basse attaquant en cantus firmus, doublée par le trombone avec le continuo, et les autres voix, doublées par les cordes, lui répondant en imitations sur le motif qui parcourt tout le chœur, motif constitué des premières notes du cantique… chaque exposition est précédée d’une introduction instrumentale… les cordes à l’unisson énonçant la période du choral en valeurs longues… chromatisme sur « mein Sünd - mes fautes ».
CHAILLEY : « Herzlich tut mir verlangen n’exprime pas, comme O Haupt, la douleur de la Passion, mais l’appel de l’âme vers une fin heureuse qui la délivrera des tribulations terrestres pour l’introduire dans la joie éternelle… »
GARDINER : «…Dans le tableau initial, Bach entrelace deux hautbois planant au-dessus de la mélodie de ce choral de la Passion énoncée de façon linéaire et à l’unisson par les cordes supérieures… c’est alors qu’entre la basse sur le thème en diminution joué par le violoncelle, la contrebasse, le basson et le trombone basse…»  
HALBREICH : «…La cantate témoigne du génie de Bach dès le chœur d’entrée, monumental en sa concision, qui oppose comme souvent chez Bach un choral figuré des voix à une trame concertante des instruments. Seulement cette dernière repose ici sur un matériau thématique dérivé lui aussi de la mélodie du choral, le célèbre Herzlich tut mich verlangen, leitmotiv émouvant de la Passion selon Saint-Matthieu, ce qui accroît l’unité du morceau…».
HOFMANN : «…Contrairement à ses habitudes, Bach fait passer la mélodie du rythme habituel de quatre noires à un rythme à trois noires. Thématiquement, son mouvement est inhabituellement chargé. La mélodie du cantique apparaît pour ainsi dire sur trois niveaux : le plus frappant est celui où le cantus firmus se retrouve à la voix de basse, soutenue par les trombones, où la mélodie est exposée dans un tempo étiré et où les notes qui concluent chaque vers sont allongées. Un autre niveau dans lequel on retrouve la mélodie et qui est en fait sa première exposition, est constitué par le prélude et les interludes joués à l’unisson par les cordes qui préparent chaque entrée du chœur qui entonne le vers suivant. De plus, on entend les cinq ou six premières notes de la mélodie dans une diminution métrique (à la croche plutôt qu’à la blanche ou à la noire d’abord par les deux hautbois puis par les cordes et par les trois voix qui ne sont pas liées au cantus firmus, c'est-à-dire les sopranos, les altos et les ténors en un contrepoint constamment maintenu. Le jeu des sonorités y sont particulièrement remarquable avec la pause bien amenée des hautbois lors de la première intervention du chœur et la réduction stricte du rôle au soutien du cantus firmus à la basse. La partie de basse y apparaît d’autant efficacement que le continuo se tait dans tous les autres endroits [et dans les passages strictement instrumentaux].
KUIJKEN : «…Le chœur d’entrée (SATB, avec deux hautbois, cordes et b.c. renforcée par un trombone) est une fantaisie chorale compliquée comme seule J. S. Bach en a jamais écrit. Une brève description peut aider à l’écoute: Le texte de ce chœur est une prière de grâce et de pardon. Les huit vers du texte (original) sont chantés en autant de « blocs » par l’ensemble vocal, la mélodie chorale connue étant chaque fois reprise sous forme claire par la basse, soutenue ici par la basse continue et le trombone. Au vers 7 « dass ich mag ewig leben » Bach laisse exceptionnellement à tous les tons de la mélodie la même longueur, un madrigalisme subtil. Dans le prélude instrumental et les « intermèdes » entre les vers, la basse continue se tait: l’unisson des violons et de l’alto accompagne les deux hautbois comme un « Bassetto » à l’octave supérieure, annonçant ici toujours le prochain fragment mélodique. Les évolutions de croches parcourant toutes les voix (sauf la basse) pendant tout le morceau sont issues à l’évidence du début de la mélodie chorale (cf. O Haupt voll Blut, etc.) dans des valeurs de notes plus rapides ; Après le quatrième vers (sonst ists mit mir verloren), ce motif est employé « en miroir » et brièvement confronté à sa forme d’origine -sans doute une autre finesse de l’écriture proche du texte de Bach dans ce mouvement ! »
LEMAÎTRE : «…Hautbois et cordes tirent principalement leur motif thématique de la première section du cantus firmus, ce qui transforme cette pièce en une fantaisie sur choral. »
MACIA [« Tout Bach »] : « Dans l’introduction instrumentale et les interludes entre les vers du choral, les cordes à l’unisson amorcent la même mélodie en anticipant sur l’entrée des basses. Les premières notes du même thème sont jouées en diminution métrique par les hautbois suivis par les cordes et enfin par les autres voix du chœur. Le travail sur les sonorités est magnifique, l’effet le plus étonnant étant le silence de la basse continue en dehors de son soutien au cantus firmus. Autre innovation : pour le septième vers « Das ich mag ewig leben - Afin que je puisse connaître la vie éternelle », Bach laisse exceptionnellement à tous les niveaux de sa mélodie, la même valeur longue pour renforcer l’idée d’éternité…»
NYS, Carl de : «…Une partition majeure. L’une des grandes cantates chorales que Bach ait écrites. Il faut savoir que la fantaisie vocale et instrumentale sur la mélodie du cantique de Schneegass qui forme le premier chœur est une des constructions les plus savantes et les plus expressives que l’on trouve dans cette collection de cantates chorales ».
SCHUHMACHER : «…le cantus firmus à la basse… il en résulte un caractère sonore particulièrement pesant et lourd, souligné par de frappantes tournures chromatiques sur les passages du texte qui s’y prêtent « mein Sünd », mais également de nouveau allégé et éclairci par des figures apportant des contrastes « ewig leben ».


2] REZITATIV TENOR. BWV 135/2
ACH HEILE MICH, DU ARZT DER SEELEN, / ICH BIN SEHR KRANK UND SCHWACH ; / MAN MÖCHTE DIE GEBEINE ZÄHLEN, / SO JÄMMERLICH HAT MICH MEIN UNGEMACH, / MEIN KREUZ UND LEIDEN ZUGERICHT; / DAS ANGESICHT / IST GANZ VON TRÄNEN AUFGESCHWOLLEN, / DIE, SCHNELLEN FLUTEN GLEICH, VON WANGEN [Wustmann: „die Wangen“] , ABWÄRTS ROLLEN / DER SEELE IST VOR SCHRECKEN ANGST UND BANGE ; / ACH, DU HERR, WIE SO LANGE ?

O ! Guéris-moi, toi qui es le médecin des âmes. / Je suis très malade et ma faiblesse est infinie ; / On pourrait compter mes os, / tant mes maux, ma croix / et mon martyre m’ont rendu pitoyable ; / Ma face: toute entière est tuméfiée de larmes / Qui, semblables à des torrents rapides, ruissellent de mes joues. / Mon âme est ravagée d’effroi et d’angoisse ; / Ah, Seigneur, pourquoi me laisses-tu si longtemps souffrir ?

Paraphrase tirée de la deuxième strophe du cantique « Ach Herr, mich armen Sünder »

Ré mineur d), Ut majeur (C), 18 mesures, C
BG. XXVIII. Page 128. RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Ténor. Récitatif secco. 

BOMBA : «…Dans ce récitatif, Bach, se servant à la fois de l’harmonie et du tracé mélodique, insiste sur plusieurs mots tels que « malade et faible », « croix et souffrance » et « flux [torrent] rapide », les rendant mieux compréhensibles… »
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 706 à 709] : «… trait fulgurant en triples croches sur le mot « schnellen - rapides », puis la descente figurant le ruissellement des larmes sur les joues du malheureux. Plus étonnant encore, la rupture au milieu du mot « schrecken - frayeur »…» 
HOFMANN : «…le récit est clairement teinté de dramatisme alors que les mots chargés d’expression comme « krank », « schwach », « jammerlich » et « Kreuz » sont mis en valeur tant par l’harmonie sous-jacente que par un traitement mélodique particulier. Bach a recours à des figures de style musicales et rhétoriques qui parlent d’elles-mêmes aux mots de « schnellen Fluten », « abwärts rollen », « Schrecken »…»
KUIJKEN : «…Récitatif secco de ténor. Le poète baroque décrit ici en des images pertinentes la maladie qui a frappé le pécheur en pénitence -on croirait voir saint Jérôme ou sainte Marie-Madeleine, le visage marqué par les stigmates de la souffrance…»
LEMAÎTRE : «…récitatif imagé : trait en triples croches sur « schnellen - torrents » [mesure 9] et septième diminuée brisée sur [le mot] « Schreck angoisse », coupé en deux par un silence [mesure11]…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Direction des motifs, page 34] : « Les idées de fatigue, de faiblesse, de maladie, de péché, sont représentées par des figures analogues à l’affaissement de la ligne mélodique. Ici sur les mots « Ich bin sehr krank und schwach » [+ Renvoi à BG. XXVIII, page 128].
[La formation rythmique des motifs, page 117] : le motif de l’effroi sur le mot „Schrecken“.
[La formation rythmique des motifs, page 118] : «… [BG. XXVIII, page 128]. Renvoi aux cantates BWV 40, 90 et 10. Syllabes disjointes et silences inattendus.
ROMIJN : «…on assiste à nouveau çà l’une de ces peintures musicales que Bach affectionne tant: les mots « schnellen Fluten » se traduisent par des gammes ascendantes et descendantes, rapides et inquiètes ».
SCHUHMACHER : «…récitatif secco avec ses figures symboliques sur les mots « schnellen » [sur 32 notes !] et « Wangen abwärts rollen », atteint son point culminant sur « Schreck - en », avec la terrifiante pause au milieu du mot…»
WHITTAKER: «…Ce récitatif secco est presque extravagant avec ses cris de détresse… ses lents demi tons descendants représentant l’état de prostration du corps, le chromatisme de la basse, le ruissellement des larmes : Schnellen fluten…»
[Même interrogation « wie lang, ach lange ? dans la cantate BWV 155].


3] ARIE TENOR. BWV 135/3
TRÖSTE MIR, JESU, MEIN GEMÜTE, / SONST VERSINK ICH IN DEN TOD, / HILF MIR, HILF MIR DURCH DEINE GÜTE / AUS DER GROßEN SEELENNOT ! / DENN IM TOD IST ALLES STILLE, | DA GEDENKT MAN DEINER NICHT. | LIEBSTER JESU, ISTS DEIN WILLE, / SO ERFREU MEIN ANGESICHT !

Réconforte, Jésus, mon cœur et mon âme. / Sinon je vais sombrer dans la mort. / Aide-moi, aide-moi par ta bonté / à sortir des affres qui m’assaillent ! / car dans la mort tout est silence / et nul n’a souvenir de toi. / Bien-aimé Jésus, si telle est ta volonté, / viens charmer mon regard !

Paraphrase tirée de la troisième du cantique « Ach Herr, mich armen Sünder »
Allusion précise au psaume 6, 6 [PBJ. 806]: « Car, dans la mort, nul souvenir de toi ». Dans la cantate: « Car dans la mort tout est silence
/ Et nul n’a souvenir de toi ».

Ut majeur (C), 94 mesures, 3/4
BG. XXVIII. Pages 129 à 132. ARIE. | Oboe I. | Oboe II. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. En forme de quatuor. Hautbois I, II; Ténor, Basse continue. Citation du choral au Ténor. Partie vocale tripartite.
SCHMIEDER. Ténor ; hautbois I, II ; Continuo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 269] : « morceau sur un tempo de danse ». 
BOMBA: «…une aria dansante pour ténor et deux hautbois concertant vient emboîter ce récitatif [2]…le talent qu’avait Bach pour interpréter les textes devient évident : « Je plonge dans la mort » en mouvements descendants, « tout ce calme » avec des pauses inopinées, « réjouis mon cœur » en joyeuses coloratures…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 706 à 709] : «…aria en trois parties avec ritournelle… baigne dans une atmosphère paisible, presque pastorale. C’est un trio concertant pour deux hautbois et basse… dans la troisième partie cède à la joie « erfreu - réjouis », en longues arabesques que se partagent le soliste et les deux hautbois ». 
HIRSCH [Die Zahl im Kantaten werk Johann Sebastian Bach, page 20] : Symbolique du chiffre « 5 ». Les mots „so erfreu mein Angesicht“ sont chantés à cinq reprises: évocation de la Passion du Christ et de ses cinq plaies sur la Croix ? [BCW ajoute les trois répétitions du groupe de mots « Sonst versink in de Tod » ainsi que celle triple également du mot « Stille ».
HOFMANN : «…la pièce de bravoure pour soliste de l’œuvre. Le mélange de la voix avec le duo de hautbois constitue un moment unique. Dans une interprétation de musique « absolue », le texte peut cependant se prêter à une interprétation comme ici aux mots de « ist alles stille » avec le silence hautement dramatique observé par tous les instruments ».
KUIJKEN : «…Aria de ténor, deux hautbois et b. c. -e souffle d’un accompagnement de berceuse à la basse continue flotte parfois (la consolation ?), tandis que la danse en forme de polonaise est d’un effet surprenant (danse de la mort ?). Il est beaucoup question de la mort dans cette partie du texte, conformément au psaume 6 « Denn im Tod ist alles Stille / Da gedenkt man deiner nicht ». Bach agence Tod et Stille explicitement, comme on pouvait s’y attendre…»
LEMAÎTRE : «…l’air… ressemble à une plainte que les nombreux écarts de septième ou le  triton sur « Tod » assombrissent encore ; néanmoins le dernier élément du texte « Viens charmer mon regard » ramène la lumière et justifie le ton de do majeur…»
MACIA [« Tout Bach »] : «…un triton sur le mot « Tod » ou par un silence général des instruments sur « ist alles stille - tout est calme ».
NYS, Carl de : «…Il faut savoir encore que dans l’aria pour ténor avec les deux hautbois au rythme dansants, la voix semble, par le symbole de sa ligne mélodique, s’abîmer dans la mort « bienheureuse » chère à Bach ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - Le commentaire de l’accompagnement instrumental, pages 158/159] : «…Dans la cantate BWV 136, la basse continue exprime par sa longue sérénité, que l’âme implorante trouve déjà dans sa prière un réconfort. Tandis que le ténor supplie Jésus de consoler son âme, le continuo déroule une lente mélodie qui répète, avec un charme lénifiant, des intervalles simples, d’une monotonie qui berce » [+ Exemple musical, BG. XXVIII, page 129].
SCHUHMACHER : «…L’air de plainte qui succède [au récitatif], avec deux hautbois, qui représentent l’humain associé au divin, frappe par la présence, dans la partie vocale, de nombreuses progressions s’opérant par mouvements de septième et de triton « Tod », qui sont refoulés dans la seconde partie par des sonorités délibérément consonantes…»
SCHWEITZER [J.S. Bach, volume II, page 87] : « La superbe musique de l’air de ténor dans la cantate BWV 135 fut probablement écrite à l’origine sur un autre texte, si l’on en juge par l’imperfection de la prosodie…»
WHITTAKER : Aria peut-être tirée d’une œuvre profane perdue [suggestion à cause du texte ?]… saut de septième sur « Tod ».
[Mélisme sur « er-freu, aux mesures 73 et 74].


4] REZITATIV ALT. BWV 135/4
ICH BIN VON SEUFZEN MÜDE, / MEIN GEIST HAT WEDER KRAFT NOCH MACHT, / WEIL ICH DIE GANZE NACHT ; / OFT OHNE SEELENRUH UND FRIEDE / IN GROßEM SCHWEIß UND TRÄNEN LIEGE. / ICH GRÄME MICH FAST TOT UND BIN VOR TRAUERN ALT, / DENN MEINE ANGST IST MANNIGFALT.

Je suis las de soupirer, / mon esprit n’a ni force ni pouvoir / car je gis souvent la nuit entière / sans connaître la quiétude de l’âme ni la paix. / En proie aux sueurs et aux larmes, / je meurs presque d’affliction et vieillis à force de désolation, / car mes angoisses sont multiples.

Paraphrase tirée de la quatrième strophe du cantique Ach Herr, mich armen Sünder , sur les mots chantés adagio « Ich bin von Seufzen müde ». 
Le sentiment est proche du psaume 6, 7 [PBJ. 806] : « Je me suis épuisé en gémissement, / chaque nuit, je baigne ma couche de mes larmes, j’arrose mon lit.. ». Dans la cantate: « Je suis las de soupirer, / Mon esprit n’a ni force ni pouvoir / Car je gis souvent la nuit entière / Sans connaître la quiétude de l’âme ni la paix. / En proie aux sueurs et aux larmes…»

Sol mineur (g) - La mineur (a), 11 mesures, C
BG. XXVIII. Page 132. RECITATIV. | Alto. | Continuo. Marqué « Adagio ».
NEUMANN. Récitatif tout d’abord arioso (adagio) et devenant secco sur « Mein Geist…»
SCHMIEDER. Alto ; Continuo.

BOMBA : «…le récitatif commence par une citation vivement colorée de la première phrase de la mélodie du choral ».
GARDINER : «…récit d’alto débutant adagio, comme un air…»
HOFMANN : «…représentation suggestive des soupirs, de la fatigue et de la tristesse…»
KUIJKEN : «…Dans ce récitatif secco, nous retrouvons le saint pénitent et torturé dans les soupirs, les larmes et les affres. Bach nous dépeint la scène de main de maître par des moyens rhétoriques simples…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bach - La formation rythmique des motifs, page 117] : « motif des soupirs - Le dessein de Bach est d’imiter  par le chant discontinu [un soupir], la prière entrecoupée de sanglots ». Ici le mot Seuf -zen [à la mesure 2] + Exemple musical BG. XXVIII, page 132]. Renvoi aux cantates BWV 73/4 et 186/2
[Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 191] : « Dans le récitatif d’alto, le continuo interprète par un thème brisé de silences, et à demi assoupi, les paroles du chant « Je suis las de soupirer » [+ Exemple musical, BG. XXVIII, page 132].


5] ARIE BAß. BWV 135/5
WEICHT, ALL IHR ÜBELTÄTER, / MEIN JESUS TRÖSTET MICH ! || ER LÄßT NACH TRÄNEN UND NACH WEINEN / DIE FREUDENSONNE WIEDER SCHEINEN ; / DAS TRÜBSALSWETTER ÄNDERT SICH, / DIE FEINDE MÜSSEN PLÖTZLICH FALLEN / UND IHRE PFEILE RÜCKWÄRTS PRALLEN.

Eloignez-vous tous que vous êtes, auteurs de tant de méfaits, / mon Jésus vient me réconforter ! / Après les larmes et après les pleurs, / il fait de nouveau resplendir le soleil de la joie ; / Le temps de l’affliction se dissipe, / les ennemis brusquement tombent, / condamnés à voir leurs flèches se retourner contre eux.

Paraphrase assez libre tirée de la deuxième strophe du cantique « Ach Herr, mich armen Sünder » sur les mots « Weicht all ihr übeltäter ».

La mineur (a), 120 mesures, C barré, allegro
BG. XXVIII. Pages 132 à 136. ARIE. Marqué « allegro ». | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Basse; Continuo. Citation du choral dans le continuo.

BCW [Braatz, 6 juillet 2001 / Score with Commentary] : …intervalles, sauts et rythme complexe traduisant [aux mesures 71à 80 sur « Die Feinde müssen plötzlich - Les ennemis brusquement tombent … »] le changement de « climat ».
BOMBA : «…Puis c’est la basse qui déclame la compassion de Jésus, mais aussi tout ce qui devait être surmonté auparavant : le temps lamentable et les ennemis avec leurs flèches… l’inflexion de ce morceau… reste donc combative, impulsive et de grande portée. Pour représenter la compassion de Jésus, Bach a eu recours aux attraits d’une basse instrumentale expressive, mais gravitant sur elle-même. Pour ce faire, il est imparti au chanteur tout son temps pour déclamer le texte tout d’abord passionné qui ensuite, veut nous ramener à la raison…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 706 à 709] : «…les premiers mots, qui sont une fois encore ceux du cantique d’origine, sont martelés avec fore, dans un débit purement syllabique, par la basse continue d’abord qui semble les prononcer, puis par le ténor, après une véhémente injonction ».
GARDINER : «…une superbe musique de colère…»
HOFMANN : «…air de basse mené par le jeu agité du premier violon, la voix rejette le malfaiteur « Übeltäter » avec une violence passionnée. Le calme qui survient peu avant la fin, à la citation de la mélodie du cantique aux mots de « mein Jesu tröstet mich… » est ainsi d’autant plus spectaculaire
KUIJKEN : «…la basse exprime finalement la joie du pardon dans la vivante aria avec cordes ».
SCHUHMACHER : «…le premier violon assure avec passion, mais sans jouer un rôle concertant, la conduite de l’air de basse, aux figures amples et hardies sur les mots qui indiquent le sens ».
SCHWEITZER : «…Le motif de la démarche (Schrittmotive). Bach emploie communément un procédé qui consiste à représenter par les sons des mots tels que « marcher » ou « courir ».[+ Exemple musical aux mesures 1 à 7 sur « Eloignez-vous tous que vous êtes, auteurs de tant de méfaits »].
[J.S. Bach, volume II, page 87] : « dans la cantate, l’accompagnement sur les mots « Weicht all’, ihr übeltäter » suggère une fuite terrifiée -
WHITTAKER : « le climat [de la cantate] change soudainement…sur « Éloignez-vous tous que vous êtes, auteurs de tant de méfaits…» Une phrase énergique est entendue au violon I accompagné du continuo…»


6] CHORAL. BWV 135/6. Vers 6.
EHR SEI INS HIMMELS THRONE / MIT HOHEM RUHM UND PREIS = DEM VATER UND DEM SOHNE / UND AUCH ZU GLEICHER WEIS // DEM HEILGEN GEIST MIT EHREN / IN ALLE EWIGKEIT, / DER WOLL UNS ALLN BESCHEREN // DIE EWIGE SELIGKEIT.
Gloire soit rendue jusqu’au trône des cieux, / avec les plus hauts honneurs et louanges, / au Père et au Fils / et pareillement / au Saint-Esprit / dans tous les siècles des siècles. / Qu’il veuille nous accorder, à tous que nous sommes, / la félicité éternelle.

Texte de la sixième et dernière strophe du cantique de Cyriakus Schneegaß (1597). [Véritable doxologie trinitaire. Dans la cantate: « Avec les plus hauts honneurs et louanges, / Au Père et au Fils / Et pareillement / Au Saint-Esprit. Dans tous les siècles des siècles »
Mélodie « Herzlich thut,mich verlangen ». Verset 6 du cantique de Schneegaß.

Mi mineur, 16 mesures, C
BG. XXVIII. Page 136. CHORAL. | Melodie : Herzlich thut mich verlangen ». | Soprano. / Cornetto. Oboe I. Oboe II. Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé (+ Hautbois I, II; cordes et Basse continue). Cantus firmus au soprano doublé par le cornet.

BCW [BRAATZ] : Discussions 1]. Dans son enregistrement, Karl Richter, comme Rilling, utilise une trompette à la place du cornet… appropriée ici…» 
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 201] : «…mélodie [Herzlich tut mich verlangen [MDC 046] de Hans Leo Hassler (1601) sur des paroles de Christophe Knoll (1613), inspirée d’une mélodie amoureuse « Mein Gemut ist verwirret von einer Jungfrau zart - mon cœur est troublé ». Elle se retrouve sous deux autres titres: « Befiehl du deine Wege [MDC 012] » dans l’Oratorio de Noël (BWV 248/1 et 248/5] et « Haupt voll Blut und wunden » [MDC 085] dans la Passion selon Saint-Matthieu [BWV 244 / n° 21-23-53-63-72].
Choral de type I, harmonisé avec doublures colla parte des instruments.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 706 à 709] : «…harmonisation homophone, les voix doublées par les cordes et le soprano en plus par le cornet et les deux hautbois ».
KUIJKEN : «…Le choral final (à nouveau dans le texte original de 1597) est un remaniement fleuri du « Gloria Patri et Filio, et Spiritui Sancto » qui conclut toute prière psalmique…»
MINCHAM [BCW] : « …Ce choral est non seulement l’un des plus connus mais aussi l’un des plus émouvants du répertoire. C’est une action de grâce et une glorification du Père, du Fils et de l’Esprit Saint…»
NEUMANN [Sämtliche von Johann Sebastian Bach] : Dans la partition originale, seul le texte du cantique figure..
SCHUHMACHER : «…un choral aux voix intermédiaires et à la basse mouvantes met fin à cette œuvre grandiose » [?]
WHITTAKER : « comme la mélodie du choral final est attribuée aux soprano, le trombone n’est pas ici requis » [contrairement à la section I et les basses].


BIBLIOGRAPHIE BWV 135

* Ouvrage non consulté
BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide). Notice de James Leonard.
BRAATZ, Thomas : Discussion 1. 2001.
CROUCH, Simon. Notice. 1996, 1998.
MINCHAM, Julian [: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 5. 2010
ORON, Aryeh : Discussions 1] 1er juillet 2001 - 2] 18 juin 2006 – Prévision 5 juin 2011.

Texte du choral : « Ach Herr, mich Armen Sünder“.

BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 135 = BC A 100.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard. 1984-1985. Volume 1, pages 34 et 158
Volume 2, pages 253, 269, 274, 336, 342, 344 et 377
BLANKENBURG, Walter : Notice du coffret Archiv Produktion Volume III (Karl Richter). Vers 1980.
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 42. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 259/260
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 55, 201 à 203
*BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 21
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 156
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 706 à 709
CHAILLEY, Jacques : Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. (BWV 727), pages 142 à 153, n° 93
COLLECTIF : Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 202/203.
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Deux volumes. Volume 1, pages 348 à 350
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement (volume 2). 2010. Traduction française de Michel Roubinet.
HALBREICH, Harry : Critique de l’enregistrement Richter 1977. Revue Harmonie, n°125, mars 1977
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling. Laudate 98706. En collaboration avec Arthur Hirsch. 1980
HERZ, Gerhard : Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 23
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR 24.015. 1ère édition 1986. Pages 20 [3] 27 [1], 110
Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling. Laudate 98706. En collaboration avec Marianne Helms. 1980
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement de Masaaki Suzuki, volume 29. 2005
KUIJKEN, Sigiswald : Notice de son enregistrement Accent 2005, 2006
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les indispensables de la musique 1992. Pages 89/90
LYON, James : Johann Sebastian Bach. Chorals. Sources hymnologiques des mélodies, des textes et des théologies
Beauchesne. Octobre 2005. Pages 61, 72, 105-106, 131, 132-133, 134. Incipit de la mélodie M 103 de 1601, page 278
MISSEL ROMAIN : Éditions Brepols. 1958
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Pages 153/154
: Literaturverzeichnis : 44 (Richter).
: Kalendarium zur Lebens-Geschichte Johann Sebastian Bachs. Bach-Archiv, 20 novembre 1970. Page 24
: Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte. VEB Leipzig 1974. Pages 102/103
: Notice Disque Cantate Bach-Studio. Gönnenwein
NYS, Carl de : Critique de l’enregistrement de K. Richter (avec BWV 24 et 10). Archiv 1975. Revue Diapason, n° 215, mars 1977
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973. Pages 34 [2], 117 [4], 118 [2], 158
[3], 159 [3], 191 [4] , 454 [1]
*RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. BJ 1906
ROMIJN, Clemens : Notice (sur CD) de l’enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 182/183
Literatur : Spitta - Schweitzer - Wolfrum II - Pirro - Parry - Voigt - Wustmann - Wolff - Terry - Neumann
Archives pour la recherche musicale 1937 (AfMf) - BJ 1906 - 1931 - 1932
SCHUHMACHER, Gerhard : Notice du coffret Das Kantatenwerk / Harnoncourt (volume 33). 1984
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 203, 240
J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
Tome II, pages 87, 376 et 461
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Aucune référence. Dans son ouvrage, Spitta semble avoir ignoré cette cantate.
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Tome 1, page 237. Tome 2, pages 120 à 125 et 301
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman (volume 12. 2000
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 166/167
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 77, page 149
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 135

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements.
Onze références. Aryeh Oron (juillet 2001 à septembre 2010 + Six mouvements individuels (janvier 2001 à avril 2010

Exemples musicaux présentés par Aryeh Oron janvier 2003 - janvier 2005).
Mélodie du choral « Befiehl du deine Weg (I).

8] GARDINER (volume 2). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Bach Cantata Pilgrimage Bach Cantata Pilgrimage.
Fraumünster, Zurich (CH), 8 et 9 juillet 2000
CD SDG 165, distribution en France en mars 2010. Avec les cantates BWV 2, 10, 76, 21, le concerto BWV 1044 et le motet SWV 386 de
Schütz.
1] GÖNNENWEIN. Süddeutscher Madrigalchor. Deutsche Bachsolisten. Kornweqthen/ Stuttgart, juin 1963. Durée :16‘50
Disque Cantate Bach-Studio 641216 et 651216. Avec la cantate BWV 29
Reprise disque SDG 6110112 (ca 1975). Avec la cantate BWV 29
7] KOOPMAN (volume 12). The Amsterdam Baroque Orchestra and Choir. Mars 2000. Durée : 14’53
CD Erato 8573-85842-2. Distribution en France, début 2002. Reprise Challenge Antoine Marchand CLV 71986
10] KUIJKEN (volume 2). La Petite Bande. Un par voix. Pas de chœur. Château de Grawenwerzel (B), juillet 2005. Durée : 14’55
CD Accent 25302. 2006. Avec les cantates BWV 93 et 177
4] LEONHARDT. Knabenchor Hannover. Collegium Vocale. Leonhardt-Consort. 1983. Durée : 14’10
Disque (F) Teldec 6.35607-00-501-503 (SKW 33/1-2). Das Kantatenwerk, volume 33. 1984
CD (D). Teldec 4509 91761-2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Volume. 7 (coffret de 6 CD). Cantates BWV 119 à 137
CD. Teldec 242618-2 ZL. Das Kantatenwerk (volume 33). 1989
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise en CD séparé, Warner Classics 8573-811168-5, volume 42. 2007
6] LEUSINK. Holland Boys Choir / Netherlands Bach Collegium. Avril et septembre 1999. Durée : 15’16
CD Brilliant Classics Bach Edition. Volume 5– Cantates, volume 2
CD Bach Edition 2006 (Reprise). CD Brilliant Classics III – 93102 10/56. Avec les cantates BWV 86 et 167
*11] LUTZ, Rudolf. Vokalensemble der Schola Seconda Pratica / Schola Seconda Pratica. Eglise évangélique de Trogen (CH)
DVD Live, 26 juin 2009. Coffret Gallus Media. Bach Anthologie 2009. J.S. Bach Stiftung. St. Gallen. Zurich 2010
Avec les cantates BWV 18, 23, 26, 34, 35, 42, *135, 155, 161, 180, 191 et le Magnificat BWV 243
*5] NOTT, David and Vadim Mazo. Illinois Wesleyan University Collegiale Choir. Disque ? CD ? Illinois Wesleyan. 1990
2] RICHTER. Chœur et orchestre Bach de Munich. Alto : Anna Reynolds. Ténor : Peter Schreier. Basse : Dietrich Fischer-Dieskau
Hercules-Saal à Munich, les 2 et 3 mars ; les 18 au 25 mai 1974 et du 6 au 23 janvier 1975. Durée : 14’40
Disque Archiv Produktion 2533 329 (X). 1977. Avec les cantates BWV 10 et 24
Reprise en coffret de 6 disques Archiv Produktion 2722-025. Volume III. Ascension - Pentecôte - Trinité. Vers 1976
Disque 2564 159. Avec la cantate BWW 76. Vers 1977
Reprise en coffret de 6 CD Volume III. Himmelfahrt; Pfingsten. Trinitatis - Ascension - Pentecôte - Trinité. CD 439383-2. 1987
Reprise en coffret de 26 CD Archiv Produktion. Ca 1998. L’ensemble des enregistrements des cantates par Karl Richter.
3] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Février, avril 1980. Durée : 14‘41
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Laudate 98706
CD. Die Bach Kantate (volume 40). Hänssler Classic. Laudate 98893. 1982. Avec les cantates BWV 7 et 39
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 42). Hänssler-Verlag 92042. 1999
9] SUZUKI (volume 29). Bach Collegium Japan & Concerto Palatino Brass Ensemble. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan
25-29 juin 2004 . Durée : 14’07. CD Bis-SACD 1461. 2005. Distribution en France, janvier 2006 Avec les cantates BWV 2, 3 et 38


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 135

M-1. Mvt. 3] R. Mauesberger. Gewandhausorchester Leipzig. Ténor: Peter Schreier. Disque Decca Eclipse. Fin des années 1960
M-2. Mvts. 1 et 6] K. Richter. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Début des années 1970.
Disque puis CD Baroque Music Club
M-3. Mvts 1 et 6] R. Leppard. Scottish Chamber Orchestra & Scottish Philharmonic Singers. CD Erato 1984
M-4. Mvts 1 et 6] Elmer Iseler. Elmer Iseler Singers. CD CBC Enterprises. 1985
M-5. (choral O Haupt voll Blut und wunden)] Elmer Iseler. Elmer Iseler Singers. Piano : Doreen Uren Simmons. CD ? Brandon University
School of Music 1996 (?)
M-6. Mvt. 6] Bernard Soustrot (trompette) et Jean Dekyndt (orgue). CD Jade. 2002


EN CONCERT
KUIJKEN. La Petite Bande. Festival de Beaune, le 22 juillet 2005 (Diffusion sur France Musique, le 27 août 2005)


ANNEXE BWV 135
WERNER NEUMANN

Notice de l’enregistrement. Disque Cantate / Bach-Studio 641216 (Mono) – 651216 (Stéréo). Traduction de Carl de Nys.

La cantate pour le troisième dimanche après la Trinité « Ah, Seigneur, moi, pauvre pêcheur » appartient au cycle des cantates chorales dont les textes sont constitués par les strophes d’un cantique protestant pour un temps de l’année liturgique ; cette particularité confère à ces œuvres une unité formelle beaucoup plus serrée qu’à mainte autre cantate. Ce cycle a été composé pour l’essentiel pendant la deuxième année de Bach à Saint-Thomas ; la cantate présentée ici est une des premières ; elle fut probablement créée le 25 juin 1724, donc une bonne année après l’entrée en fonction du nouveau Cantor.
Il n’y a que des rapports assez vagues entre l’évangile du dimanche (Luc 15, 1-10) rapportant la parabole de la brebis perdue et de la drachme perdue, et aussi entre l’épître de ce dimanche (1 Pierre 5, 6-11) exhortant le chrétien à s’en remettre à Dieu de ses soucis et le livret de cette cantate. Celui-ci décrit au contraire les souffrances de l’âme chargée de péchés et ne s’élève que vers la fin de la tristesse et de l’angoisse, voire du désespoir, à la consolation, la force et la louange de Dieu.
Le cantique qui est à la base de ce livret, le choral « Ach Herr, mich armen Sünder, straf mich nicht in deinem ZornAh, Seigneur, moi, pauvre pêcheur, ne me frappe pas en ta colère » se trouve parmi les chants du temps de pénitence dans les recueils de l’époque de Bach. Son auteur est Cyriakus Schneegass (1597) qui l’a conçu comme une paraphrase du psaume 6 ; il a souvent conservé non seulement les idées, mais même les expressions du texte original. Le cantique est composé de cinq strophes auxquelles s’ajoute dans la sixième une doxologie trinitaire. L’auteur du livret a repris textuellement la première et la dernière strophe du choral ; la deuxième et la quatrième strophe sont devenues des récitatifs, la troisième et la cinquième des arias. En faisant cette adaptation le librettiste a gardé au maximum l’original dont il reprend toujours la première ligne de chaque strophe, mais dont il cite aussi toutes les expressions essentielles ou caractéristiques. Peu de livret des cantates chorales de Bach sont aussi largement identiques au texte du cantique ; il y en a peu aussi qui permettent de percevoir aussi clairement métrique de certaines strophes pour permettre leur composition sous forme de récitatifs et d’arias, sans altérer leur contenu et en gardant dans toute la mesure du possible les expressions caractéristiques. La cantate chorale permit ainsi à Bach de fondre en un tout les formes nouvelles du chant lyrique et le monde traditionnel de la mise en œuvre des chorals.
Les deux récitatifs, l’un pour ténor [2], l’autre pour alto [4], sont composés secco, mais le deuxième est introduit par une séquence arioso (adagio) liant le premier vers de la strophe du choral avec sa mélodie légèrement ornée. La mélodie est celle qui traditionnellement liée à ce cantique de pénitence « Herzlich tut mich verlangenArdemment je désire…» bien connue notamment par les Passions de Bach. A la fin du premier récitatif la mélodie du dernier vers du choral est également évoquée sous une forme variée à propos des mots empruntés au cantique « Ach, du Herr, wie so langeAh, toi Seigneur, combien de temps…». Une marche chromatique de la basse, des mélodies agitées et des images typiquement baroques par leur mouvement « Schnelle Fluten – Flots rapides » - « abwärts rollenrouler vers le bas » - Schrecken – terreur » sont les caractéristiques du premier récitatif.
L’aria de ténor [3] (ut majeur) situe la partie chantée au milieu d’un trio de bois (2 hautbois, basson) commençant sous forme de lied et se continuant par des imitations. Sur les dernières paroles de l’aria nous entendons à nouveau la mélodie du dernier vers du choral « So erfreu mein Angesichtréjouissez mon visage », mais cette fois sur un texte libre. L’aria pour basse (la mineur [5] animée d’un mouvement ascendant énergique cite elle aussi, une fraction de la mélodie du choral, le deuxième vers sur les mots « Mein Jesus tröstet mich – Mon Jésus me console ». Bach lie ainsi toutes les formes vocales libres à la mélodie du choral ; on la retrouve en entier dans les deux mouvements extrêmes. Le dernier mouvement [6] est une simple harmonisation à quatre voix mais le premier chœur [1] est élargi aux dimensions d’une vaste fantaisie chorale. Le cantus firmus, divisé en fragment ligne par ligne entre lesquels s’intercalent des séquences d’orchestre, est confié exceptionnellement à la partie de basse ; chaque séquence chorale est introduite par un fragment instrumental où la mélodie du choral est confiée aux cordes contrepointées par les hautbois, d’une façon analogue à ce qui passe ensuite dans les parties vocales. On a ainsi l’impression d’une vaste alternance concertante instrumentale et vocale. L’élément unificateur est un motif emprunté à la première phrase du choral (à sa mélodie) que l’on entend sans cesse dans les parties instrumentales et vocales. Seul le cinquième vers du choral donne lieu à une mise en œuvre dans le style de l’imitation et du canon « Ach Herr, wollst mir vergeben – Ah, Seigneur, veuille me pardonner ». Il semble bien que ce soit là le premier mouvement de cantate de Bach dont le matériel thématique est le plus concentré et qui offre la plus forte unité de pensée ».


C. Role. Novembre 2010

 

Commentaries: Main Page | Cantatas BWV 1-50 | Cantatas BWV 51-100 | Cantatas BWV 101-150 | Cantatas BWV 151-200 | Cantatas BWV 201-224 | Other Vocal Works BWV 225-524 | Sources

Introduction | Cantatas | Other Vocal | Instrumental | Performers | General Topics | Articles | Books | Movies | New
Biographies | Texts & Translations | Scores | References | Commentaries | Music | Concerts | Festivals | Tour | Art & Memorabilia
Chorale Texts | Chorale Melodies | Lutheran Church Year | Readings | Poets & Composers | Arrangements & Transcriptions
Search Website | Search Works/Movements | Terms & Abbreviations | Copyright | How to contribute | Sitemap | Links

Back to the Top




Last update: December 13, 2010 15:00:00