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Cantata
BWV 13 Meinen
Seufzer, meine Tränen Mes
soupirs et mes pleurs… Commentary
in French
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KANTATE
ZUM ZWEITEN SONNTAG NACH EPIPHANIAS DOMINICA
2 POST EPIPHANIAS (deuxième dimanche de l’Épiphanie) 20
janvier 1726
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CONTENU
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Avertissement Datation Sources Péricope Texte Généralités Distribution Aperçu Bibliographie Discographie Annexe
BWV 13 - Philipp Spitta
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AVERTISSEMENT
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Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes, des notes, voire des critiques
discographiques souvent introuvables ou difficilement accessibles
aujourd’hui (2010). Le but est de donner à lire un
ensemble cohérent d’informations
et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un
panorama élargi et espéré parfois inédit
de cette partie de l’œuvre vocale de Bach Outre
les quelques interventions « CR » identifiées
par des parenthèses [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans
ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés.
Semblablement, il a indiqué clairement, entre guillemets
«…» toutes les citations fragmentaires tirées
de leurs travaux. Rendons à César...
ABRÉVIATIONS:
BB / SPK = Berlin Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher
Kulturbesitz B.c. = Basse continue ou continuo BCW = Bach
Cantatas Website BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975) BG =
Bach-Gesellschaft = Société Bach (Leipzig,
1851-1899). J. S. Bach Werke.
Gesamtausgabe (édition d’ensemble)
der Bachgesellschaft BJ
= Bach-Jahrbuch D = Deutschland EKG = Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch. F = France NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre
de Bach à partir des années 1954-1955) NBG =
Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900) Ost = Original Stimmen P =
Partition = Partitur PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek,
Berlin St. = Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le
corps du texte allemand de la cantate, le mot ou un groupe de
mots mis en italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
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DATATION
BWV 13
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Leipzig.
Dimanche 20 janvier 1726. 2e
dimanche après l’Epiphanie. III Jahrgang. Période
allant du 2 décembre 1725 au 24 novembre 1726.
HERZ:
Reprise possible dans les années 1740. HIRSCH:
Classement CN 143 (Die chronologisch Nummer = numérotation
chronologique). Chronologie (Alfred Dürr). 1726: BWV 16
(1er janvier)
- BWV 32 (13 janvier - *BWV 13 (20 janvier) - BWV 72 (27
janvier). Pour une raison inconnue, Bach, à la suite, du 2
février au 12 mai 1726, va préférer faire
exécuter une série de cantates de son parent Johann
Ludwig Bach. NYS, Carl de [Cantates à
Saint-Thomas, I, pages 112/113]: «…On
date généralement cette cantate de 1740 »
[écrit en 1958 avant que ne soient pris en compte les
travaux d’Alfred Dürr] ». SCHWEITZER -
SPITTA: Cantates après 1734 (fin des années 1730).
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SOURCES
BWV 13
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PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR P
45 B. Preußicher Kulturbesitz. Staatsbibliothek, Berlin. A
la Deutsche Staatsbibliothek à Berlin jusqu’en
1989. Anciennement (au temps de la BGA) était à
la Bibliothèque royale de Berlin. Autographe de Bach
ainsi que les parties de flûtes 1 et 2, le oboe di caccia
et le violon 1. BASSO [Jean-Sébastien
Bach, volume 1, pages 39 et 436]: «
La partition autographe était en possession de Carl
Philipp Emmanuel Bach. Elle figure dans l’inventaire dressé
à Hambourg en 1790. Catalogue publié par Gottlieb
Friedrich Schniebes (Verzechniss des
musikalischen Nachlasses des verstorbebnen Cappelmeisters Carl
Philipp Emanuel Bach).
Cette cantate faisait partie d’un volume réunissant
les cantates BWV 16, 17, 19, 36, 71, 152 et 61, ayant appartenu
au collectionneur Georg Pölchau. Elle est actuellement
conservée (1985) à la Deutsche Staatsbibliothek.
Berlin (ex RDA 1989), BB P 45. BG.: Am
2 Sonntage nach Epiphanias | Meine
Seufzer, meinen Thränen (D moll = ré
mineur). Partition de la BG. D’après l’original
de la Königl Bibliothek zu Berlin. La liste des instruments,
de la main même de Bach : « Flauto
I. II ; Oboe da caccia ; Violino I (avec
le solo de l’aria de Basse [5] « Ächzen
und erbärmlich Weinen » ;
Violino I
(identique) ; Violino II
(en double) ; Viola ; Soprano, Alto,
Tenore, Basso ; Continuo
(double identique) ; Organo
(un ton plus bas). HERZ. Filigrane « SW
II » (épées
croisées). Copistes C (copiste contemporain de G. F.
Meissner et J. A. Kuhnau), AM (Anna Magdalena Bach) , WF (Wilhelm
Friedemann Bach). KUIJKEN: L’autographe de Bach de cette
cantate porte le titre de « Concerto
da Chiesa ». SCHMIEDER: Sept
feuilles dont treize de musique, in 4°.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN Mus.
ms. Bach St 69. Preußicher
Kulturbesitz. Staatsbibliothek (ex, Berlin West). Parties de
flûtes I et II, le hautbois di caccia et le violino I sont
autographes. Violon 1 en un exemplaire; le violon 2 en double
ainsi que les parties de viola, soprano, alto, ténor basse
et le continuo. Les copistes reconnus ou dont l’écriture
figure sur les partitions sont le jeune Kuhnau, Meissner, Anna
Magdalena Bach et le fils Wilhelm Friedman Bach. SCHMIEDER: 15
parties in 4°.
ÉDITIONS SOCIÉTÉ
BACH = BACH-GESELLSCHAFT
AUSGABE (BG). BG
Jg. II (2e
année) Pages 81 à 98. Préface de Maurice
Hauptmann (1852). Cantates BWV 11 à 20. [Partition BG /
Breitkopf dans l’enregistrement Teldec / Leonhardt (volume
4). 1972].
NOUVELLE ÉDITION
BACH = NEUE BACH
AUSGABE (NBA) KANTATEN
SERIE I/ BAND 5. KANTATEN ZUM EPIPHANIASFEST BIS ZUM 2 SONNTAG
NACH EPIPHANIAS Bärenreiter Verlag BA 5043. 1975. 5
fac-similés. BWV 13. Pages 231 à 253. [3] et
début [5} Autographen Partitur. Preußicher
Kulturbesitz. Staatsbibliothek, Berlin/West. Mus.
ms. Bach St 69. Idem Flauto I. Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5043 41. Marianne Helms.
1976.
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: Die Neue Bach-Ausgabe
[NBA]. Série I: Kantaten /5. Net www.
Bach-Institut.de Cantate pour l’Epiphanie jusqu’au
2e dimanche
après l’Epiphanie (Cantates BWV 65, 123, 154, 124,
32, 155, 3 et 13). Révision (Kritische
Berichte = KB) par Marianne Helms en
1976.
AUTRES ÉDITIONS Bärenreiter
Verlag. Kassel. BCW. Site Bach Cantatas Website + Partition
chant et piano. Breitkopf & Härtel. Partition = PB
2863. Partition du chœur (Chorst) = ChB 2188. 2010:
Réduction voix et piano (20 pages) = EB 7013 –
Partition du chœur (2 pages) = ChB 4513. Kalmus Study
Scores. N° 808. Volume IV. 1968. New York. Avec les cantates
BWV 12 à 15.
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PÉRICOPE
BWV 13
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2e
dimanche après l’Épiphanie. Épître:
Romains 12, 6-16 [PBJ. 1683-1684]. Espérance constante
dans la tribulation: «…ainsi
nous, à plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps
dans le Christ, étant chacun pour sa part, membres les uns
des autres.. ». Évangile:
Jean 2, 1-11 [PBJ. 1586]. Premier miracle de Jésus. Les
noces de Cana. Le secours de Jésus dans les
difficultés.
MISSEL ROMAIN (pages 340 à
343). Semi-double (vert). Signe préfiguratif de
l’Eucharistie, Jésus manifeste sa gloire. Introït.
Ps. 66/4, 1, 2 (PBJ. 860] « action de grâces ».
Epître de St-Paul aux Romains 12. /1-16 (discours exhortant
à la vertu). Parénèse des dons. Graduel:
Psaume 107, 20-21 [PBJ. 905]. Dieu sauve l’homme de tout
péril. Evangile : Passion selon saint Jean 2, 1-11
[PBJ. 1586]. Les noces de Cana.
Offertoire : Psaume 66, 1/2 et 16 [PBJ. 867]. Communion :
Saint Jean 2, 7 à 11. Les noces de Cana.
EKG.
Lectures du 2e
dimanche après l’Épiphanie. Introït:
Jean 1, 17 [PBJ. 1584]: «…Car
la Loi fut donnée par l’intermédiaire de
Moïse ; la grâce et la vérité nous sont
venues par Jésus-Christ…» Psaume
66 [PBJ. 860]. Action de grâces publiques. Ici, le verset 1
est proche du sentiment exprimé dans la section [5]:
Psaume: Acclamez Dieu toute la terre
/ Chantez à la gloire de son nom
= Cantate: Je veux de toute ma joie
/ Chanter mon Jésus. Cantique:
EKG 2 « Gottes Sohn ist
kommen…» Épître:
Romains 12, 6 à 16 [PBJ. 1683-1684]. Parénèse.
Humilité et charité dans la communauté.
Charité envers tous les hommes, même les
ennemis. Évangile: saint
Jean 2, 1-11 [PBJ. 1586]. Les noces de
Cana.
[Même occurrence, les cantates BWV 155
(Weimar 19 janvier 1716) et BWV 3, Leipzig 14 janvier 1725].
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TEXTE
BWV 13
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Georg
Christian Lehms. Sections 1, 2, 4 et 5. Né
à Liegnitz en 1684. Arrivé Darmstadt en 1710, poète
et biliothécaire à la cour. Il meurt de tuberculose
le 11 mai 1717. L‘édition des poèmes de
l‘année 1711, à laquelle Bach a emprunté
ses textes (BWV 13 aux sections 1, 2, 4, 5), se présente
en deux parties. La première contient des textes destinées
aux services religieux du matin avec versets de la Bible, airs et
parfois aussi chorals. La deuxième partie, consistant en
textess à l‘intention du service religieux de
l‘après-midi, renferme également des
récitaztifs, mais versets et chorals n‘y sont pas
régulièrement représentées. C‘est
là la forme proprement dite de la « cantata»
et c‘est de cette partie que proviennent les paroles des
autres œuvres de Bach composées sur des textes de
Lehms. (Biographie par Alfred Dürr dans le volume 9
Teldec / Leonhardt. 1974).
3] Johann Heermann. 9e
strophe du cantique (1636) Zion klagt mit
Angst und Schmerzen. Hermann
(1585-1647), pasteur et cantor à Röhen près de
Glocau fut l’auteur de très nombreux textes dans
lesquels Bach a puisé. A ne pas confondre avec Johannes
Herman (avec les cantates BWV 41, 171et 190). Renvoi à
EKG 383 (in Gesang Buch
1721, Leipzig, Dresde 1725 et 1728) et EKG 319 et 433. Mélodie
d‘un auteur anonyme du cantique Freue
dich sehr, o meine
Seele (renvoi à Louis Bourgeois
(1551). Renvoi également aux pièces d‘orgue
BWV Anh. 52 et 53 à l’authenticité contestée,
cités par Jacques Chailley, pages 120/121).
6]
Paul Fleming (1609- Hambourg, 1640). Neuvième et dernière
strophe (de six vers chacune) du cantique (1633-1642)
In allen meinen Taten - En
toutes mes actions » publié
à Lübeck en 1642 et accompagnée de la mélodie
O Welt, ich muß dich lassen. Docteur
en philosophie et médecin, Fleming participe à des
ambassades en Russie et en Perse. Les neuf strophes de ce
cantiques sont repris intégralement dans la cantate BWV 97
; la strophe neuvième (identique à celle de la
cantate BWV 13/6) passent dans les cantates BWV 44/7 et BWV
97/9. Mélodie: « O Welt,
ich muß dich lassen »
attribuée à Heinrich Isaac (1490-1500)
vraisemblablement issue d‘une chanson profane Innsbruck,
ich muß dich lassen) et publiée
à Nuremberg vers 1555. Cette mélodie est
également présente dans la
Passion selon saint Matthieu BWV 244/10
et 16 et Passion selon saint Jean
BWV 245/15]. Renvoi à EKG 292 In
allen meinem Taten. Les neuf
strophes de Paul Fleming, plus six
strophes ajoutées… (19e
siècle ?) sur la mélodie O
Welt ich muß dich laßen, tirée
d’un recueil du XVe
siècle de Bartholomäus Gesius 1605.
BASSO
(Lehms): «...Son premier recueil de cantiques à
Darmstadt: « Gottefälliges
Kirchen Opfer in einem gantzen Jahr-Gang andächtiger
Betrachtungen über die gewöhlichen Sonn und
Testagge-Texte ». Il est en
deux parties, l’une relative au service liturgique du matin
; l’autre, du soir. Il est constitué de poésies
madrigalesques et de récitatifs, suivant le modèle
de Neumeister. Le texte de la cantate BWV 13 se rapporte à
la deuxième partie Il comprend des textes utilisés
par Bach : dans les cantates BWV 110, 57, 151, 16, 32, 54, 170,
199 et 35. Dans Neumann (Sämtliche,
page 258) le fac-simile de BWV 13 ». DÜRR (1972):
«…Passage du désespoir à la confiance
dans le choral [3]. Lehms ne conclut pas toujours ses poésies
par un choral. C’est le cas dans BWV 13 [6]. L’auteur
du texte n’en a été que récemment
découvert. Il s’agit de Georg Christian Lehms, né
en 1684 à Liegnitz. Il fit ses études à
Görlitz et étudia à l’université
de Leipzig à partir de 1706. Fin 1710 il est à
Darmstadt comme bibliothécaire. Magister philosophiae en
1708. Il meurt de tuberculose le 15 mai 1717. Il composa son
lexicon publié à Darmstadt en 1711 «Deutschlands
galante Poetinnen » à
Francfort en 1715 ». Lehms emprunta à l’Evangile
du dimanche traitant des Noces de Cana la pensée que le
Christ peut être assuré de l’aide de Dieu,
même si celle-ci n’est pas encore visible en ce
moment (St-Jean 2. 4: « Mon heure
n’est pas encore venue »). On
verra les sections 1, 2, 4 et 5 de la cantate ». Pour
l’origine de l’attribution du texte à
Christian Lehms, Alfred Dürr (Teldec, volume 9) écrit:
« Dans la plupart des œuvres vocales de tout genre
composées par Bach, l’auteur du texte est inconnu.
Aussi ne saurait-on surestimer la valeur de la découverte
qui a permis récemment à Elisabeth Noack de prouver
que les textes de dix cantates de Bach ont été
fournis par le poète de la Cour de Darmstadt Georg
Christian Lehms et dateraient de l’année 1711
(Annales Bach 1970). NEUMANN: «…Peu d’altérations
dans le texte de la cantate par rapport au livre de chant. On
verra dans le « Sämtliche » la section 1. NYS,
Carl de (1958): «…On n’a pu connaître
l’auteur du texte d’une sentimentalité assez
laborieuse et qui n’apporte guère d’enrichissement
doctrinal si ce n’est une paraphrase très étendue
de l’Evangile. Introduction dans la partition de deux
mélodies de chorals toutes deux en majeur. Les sections 3
et 6 resplendissent, au contraire des autres sections, de
confiance joyeuse en faisant songer le Cantor à l’heure
bienheureuse de la rencontre définitive avec le Seigneur.
Mais l’Evangile des Noces de Cana n’est-il pas une
affirmation joyeuse parmi une atmosphère de fête, de
la divinité du Sauveur ? Bach ne se limite jamais à
un seul aspect du « verbe » révélé.
Il cherche dans toute la mesure de ses moyens d’expression
à traduire une vérité totale ; la joie y est
intimement liée à la souffrance. Sur les Noces de
cana, il projette comme par l’effet d’une
surimpression musicale, la dernière Cène – et
donc de la croix du sacrifice. On pourrait même dire que le
mélange des instruments est lui-même symbolique ;
n’y a t-il pas dans cette cantate la pureté
pastorale des flûtes à bec, le timbre plus profond
des hautbois et celui émouvant et douloureux dont nous
connaissons l’emploi dans les passions, l’Oboe da
caccia, qui se juxtaposent à la plainte déchirante,
aux gémissements du violon solo dans l’air de basse
[5] ». WUSTMANN: «…Section [4] quelques
formules archaïsantes ».
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GÉNÉRALITÉS
BWV 13
|
[Symétrie
en deux parties : Air – Récitatif – Choral /
Air – Récitatif – Choral. Deux 2 airs dans la
tonalité mineur ; 2 chorals en majeur. Caractère
spécifique de musique de chambre renonçant au
mouvement choral d’ouverture.
Coloration particulière liée à l’utilisation
des bois (Dürr). Pas d’exemple apparent de symbolisme
musical (Hirsch). BASSO (Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page 248): «…Non
pas « cantate » mais en italien « Concerto
da chiesa ». (267-268) : le chœur
n’est appelé qu’à entonner le choral
conclusif, et l’on devrait donc en déduire que Bach
ne pouvait pas, en ces cas là, disposer du chorus
primus. On relève cette
particularité dans 31 cantates de Leipzig. Peut-être
(269) la cantate donné en deux parties autour du sermon ».
BOMBA: «… La cantate créée au
cours de la troisième année officielle de Leipzig,
contient deux mouvements chorals. Ou plus précisément
un mouvement banal, se terminant sur quatre voix et un
arrangement choral qui se trouve en troisième position.
[…]. L’aspect textuel : soupirs, pleurs, mélancolie,
plaintes, le supplice (semblable à la cantate BWV 12),
débouchent sur la confiance en ce Père
Tout-puissant dans les cieux. La figuration, les discussions et
interprétations théologiques des deux états
d’âme donnent leur empreinte aux deux parties de la
cantate. Le répertoire baroque tient à la
disposition de Bach qui s’en sert d’ailleurs
copieusement, de nombreuses émotions et formules
rhétoriques pour exprimer les deux états d’âme
». DÜRR: «…3e
année de composition des cantates chorals. La composition
de Bach se distingue par son caractère spécifique
de musique de chambre, renonçant au mouvement choral
d’ouverture représentatif et ne donnant la parole à
l’ensemble du chœur que dans le choral final. Mais
l’ensemble des cordes, qui constitue habituellement l’épine
dorsale de l’orchestre, n’apparaît aussi que
dans les mouvements de choral tandis que la distribution
caractéristique des bois, composés de deux flûtes
à bec et d’un hautbois da caccia, confère à
l’œuvre un coloris particulier ». KUIJKEN: «
Cantate en deux parties, la première ayant pour sujet
l’attente douloureuse… la seconde affirmant la
confiance dans la consolation divine…» ROMIJN: «
Le désespoir inconsolable de ceux qui se sont détournés
de Dieu et ne croient plus en lui…» WOLFF:
«…Notice peu détaillée. Les mouvements
solos prédominent. Coloration particulière des
timbres dans les trois arias : 2 flûtes à bec et
hautbois da caccia [1 et 3], violon solo [5] ».
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DISTRIBUTION
BWV 13
|
NEUMANN.
Solo: Sopran, Alt, Tenor, Baß. Chor (nur Schlußchoral).
Blockflöte I, II, Oboe (section 6). Oboe da caccia.
Streicher ; B.c. SCHMIEDER.
Soli: S, A, T, B. Chor: S, A, T, B. Instrumente: Flauto I, II
(flûtes à bec); Oboe da caccia; Viol. Solo; Viol. I,
II; Vla.; Continuo.
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APERÇU
BWV 13
|
1]
ARIE. TENOR. BWV
13/1
|
MEINE
SEUFZER, MEINE
TRÄNEN,/
KÖNNEN NICHT
ZU ZÄHLEN SEIN. / WEN
SICH TÄGLICH WEHMUT
FINDET / UND DER
JAMMER NICHT
VERSCHWINDET, / ACH
! SO MUß UNS DIESE PEIN
/ SCHON DEN WEG
ZUM TODE
BAHNEN. Mes soupirs et mes pleurs / ne se comptent plus / si
chaque jour est rempli de mélancolie / et si la détresse
ne s’en va pas, / Hélas ! Il faudra bien que ces
tourments / débouchent sur la mort.
Ré
mineur (d), 82 mesures, 12/8 BG. Jg. II. Pages 81 à
86. ARIA. | Flauto I. | Flauto II. | Oboe di caccia. | Tenore. |
Continuo. NEUMANN. Quintettsatz : Blockflöte I, II, Oboe
da caccia, Tenor, B.c (fagotto, organo). Da-capo.
BASSO:
«…l’âme du fidèle (ténor),
se sent abandonnée et gémit mélancoliquement
; le hautbois da caccia intervient pour souligner par de larges
volutes, où les deux flûtes jouent le rôle
d’instrument concertant, le caractère pathétique
de ce sentiment d’abandon… » BOMBA: «…L’air
d’introduction – la cantate n’exige que pour le
choral final une distribution à quatre voix – se
présente comme une ample complainte dans la partie
centrale de laquelle, la voix du ténor prend
symboliquement la « voie qui mène à la mort »
vers les profondeurs. Bach renonce aux cordes, préfère
faire intervenir à côté du hautbois da caccia
deux flûtes à bec et obtient ainsi un son austère
particulier ». DÜRR: «…Soupirs de
l’être humain aspirant à la délivrance.
Alternance des « bois » concertants. Chant de
lamentations. Hautbois et flûtes puis entrée des
oboe da caccia. Forme da-capo et reprise de la partie centrale.
Affect sur « Weg zum Tode bahnen
– débouchent sur la mort ». GARDINER: «
Lente lamentation à 12/8. L’ajout d’une
contre-mélodie pénétrant la texture
angoissée et rehaussée d’arabesques
décoratives des Oboe da caccia, a pour effet de purifier
et d’adoucir les douloureuses dissonances et ce sentiment
général d’abattement…» HIRSCH:
« Rythme à 12/8. Motif sur « Seufzer
– soupirs » (flûtes) et les 16 notes d Oboe da
caccia en illustration.. Ritournelle instrumentale qu’on
retrouve plus tard dans BWV 198 et Saint-Matthieu. Thématique
vocale et instrumentale identique. Da-capo. Affects sur «
Vehmut », «
jammer », «
Pein », «
verschwindet ». La
somme de « Meine Seufzer …Tränen
» donne 256 (Bach écrit « Trähnen
» et « Seuffzer
ou Seufzer »
et le ténor chante 256 notes ». - Le thème
vocal de» « Mein Seufzer,
meine Tränen » comporte 21
notes = Psaume 22, le psaume de la Passion du Christ. MARCHAND
[page 328, tableau 10. 23]: «…Le nombre d’or
dans les mouvements d’ouverture. Etude de proportions.
Total de 82 mesures A (32) + B (18) + A (32). Ces 82 mesures
divisées par le nombre fixe 1,618 donne 50,6. A+ B = 50 et
B + A = 50 A= Ritournelle (8 mesures) + Versets 1 et 2 (16
mesures) + Ritournelle (8 mesures. B = Versets 3 à 6 (17
mesures). A: reprise comme A ». NYS, Carl de:
«…Tonalité « douloureuse. Obsession
chromatique. Paradoxe par rapport à la joie et la gloire
de ce dimanche qui suit l’octave de l’Épiphanie.
Affirmation joyeuse de la divinité du Sauveur dans
l’Évangile (Noces de Cana) ». PIRRO:
«…Commentaire de l’accompagnement instrumental
et chromatisme (surtout dans la section 5) ». ROBERT:
«…Thème chromatique = gémissements sur
« soupirer
». WHITTAKER: « Il y a peu de mouvements de ce
type d’expression artistique aussi merveilleusement colorée
et d’une expression aussi parfaite du texte que celui-ci.
Le choix des instruments ainsi que leur traitement est un miracle
de la plus grande beauté ».
|
2]
REZITATIV. ALT. BWV 13/2
|
MEIN
LIEBSTER GOTT LÄßT
MICH ANNOCH / VERGEBENS RUFEN UND MIR IN MEINEM WEINEN
/ NOCH KEINEN TROST
ERSCHEINEN. / DIE
STUNDE LÄSSET
SICH ZWAR WOHL VON FERNE SEHEN, / ALLEIN ICH MUß DOCH NOCH
/ VERGEBENS FLEHEN. J’appelle
et je pleure en vain : / Mon Dieu bien-aimé me laisse
encore en ma détresse / sans vouloir me consoler. / Je
crois pourtant voir de loin l’heure du réconfort, /
mais il me faut encore / Implorer en vain. Variante: [Mon Dieu
bien-aimé me laisse / encore l’appeler en vain / et
dans mes pleurs, il ne laisse pas / poindre encore la
consolation].
Sib
majeur (B)→ Fa majeur (F). 11 mesures, C BG. Jg. II.
Pages 86. RECITATIVO. | Alto. | Continuo. NEUMANN. Secco avec
mélisme final sur le mot « Flehen
».
BASSO [Jean-Sébastien
Bach, volume 2, pages 415/416]:
«…récitatif d’un grand relief
d’expression s’achevant sur cet incroyable arioso sur
le verbe flehen… » BOMBA:
«…Cet air frappe par son orchestration singulière.
Les deux flûtes à bec sont menées à
l’unisson avec un violon solo. Cette unanimité de
son dépeint de façon pressante des figures
accentuées en intervalles représentant le vers «
geindre et pleurer pitoyablement » ; cependant des
mouvements exubérants de triples croches apparaissant
lorsqu’il est question de lumière de joie céleste,
viennent soudainement relayer les septièmes et les quintes
diminuées, les tierces démesurées ». DÜRR:
«…Colorature sur « flehen
– implorer
». HIRSCH: «…départ avec un point
d’orgue (?) en analogie avec les cantates BWV 173 et 208,
si majeur. ROMIJN: « Illustration baroque du mot «
flehen »…
Poignants sanglots musicaux appelant Dieu au secours, à
l’aide de secondes mineures, de quintes diminuées,
de chromatismes insensés, d’intervalles déchirés
et de retards, créant d’innombrables dissonances
». [Les paroles « mon heure
n’est pas encore venue… »
(Jean 2, 4) ne sont textuelles dans la cantate mais comme ici,
dans ce récitatif [2] traduite allusivement par « Je
crois pourtant voir de loin l’heure du réconfort…
» Le récitatif s’achève avec les
mesures 8 à 11 (22 notes) par un long mélisme sur
le mot « flehen- pleurs
».
|
3]
CHORALBEARBEITUNG ALT. BWV 13/3
|
DER
GOTT, DER MIR HAT
VERSPROCHEN / SEINEN
BEISTAND
JEDERZEIT, / DER
LÄßT SICH VERGEBENS SUCHEN / JETZ
IN MEINER TRAURIGKEIT.
// ACH ! WILL
ER DENN FÜR UND FÜR / GRAUSAM
ZÜRNEN ÜBER MIR, /// KANN
UND WILL ER SICH DER ARMEN
/ ITZT [Wustmann:
„Jetz“]
NICHT WIE VORHIN ERBARMEN ? Le Dieu qui m’avait promis /
son soutien à tout instant, / je le cherche en vain / dans
ma tristesse. / Hélas ! Se serait-il mis / dans une
cruelle colère contre moi, / ou bien ne peut-il plus, ne
veut-il plus / avoir pitié des malheureux comme
auparavant. Deuxième strophe du cantique en six
strophes « Zion klagt mit Angst une
Schmerzen » de Johann Heerman.
Fa
majeur (F), 49 mesures, C BG. Jg. II. Pages 87 à 92.
CHORAL. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Alto. / Flauti e
Oboe di caccia coll’ Alto. | Continuo. NEUMANN. Cordes.
B.c (coll’ alto). Alt cantus firmus). Flûtes à
l’octave, Oboe da caccia. Motif choral aux violons.
BOMBA: «…Ici des instruments à vent
en bois et des voix contraltos exécutent à
l’unisson le cantus firmus témoignant de la
tristesse et de la crainte alors que les cordes y opposent un
mouvement remarquablement ancré dans la joie, peut-être
le reflet du soutien promis du Christ. On ne peut cependant que
conjecturer sur le fait de savoir si cette conception formelle
est bien la preuve que la cantate devait être exécutée
en deux parties, avant et après le sermon ». BOYER:
[Les mélodies de choral,
pages 167-168]:) «...Mélodie (MDC) 034: « Freu
dich sehr, o meine Seele ». Origine
: Psautier de Genève d’après le psaume
français de Loys Bourgeois « Ainsi qu’on oit
le cerf bruire » (Ps. 42). Cette mélodie se retrouve
dans les cantates BWV 19 [7], 25 [6], 30 [6], 32 [6], 39 [7], 70
[7], 194 [6]. On ajoutera le n° 68 de la Passion
selon saint Luc, BWV 246 ». [pages
74/75]: Élaboration de choral avec mélodie de
choral (MDC) de type VI (choral soliste). …
Sur le plan didactique, il est également
nécessaire de considérer que, selon les paroles
portées par le cantique, l’usage du chœur
puisse paraître illogique si le texte s’exprime à
la première personne du singulier. Or le courant piétiste
qui débordait la vieille tradition « ecclésiale
» (au sens étymologique d’assemblée)
tendait à faire de la relation Dieu-Homme une affaire
strictement individuelle. Ce sentiment est fortement présent
dans l’œuvre de Bach puisque dix-huit cantates et
quatre mélodies de choral (MDC) commencent par une
affirmation personnelle très nette, première
personne du singulier « Ich »… suprématie
dans ces chorals solistes du soprano (dans dix cantates). Renvois
aux cantates BWV 4/4 et 6, BWV 143/2, BWV199/6, BWV 95/3, BWV
92/4, BWV 6/3, BWV 85/3, BWV 137/2, BWV 13/3, BWV 51/7, BWV
140/4, BWV 36/6…
L’élaboration est
celle d’un choral de soliste type IV confié à
l’alto solo. La flûte et le hautbois da caccia
doublent l’exposition du cantus firmus, tandis que les
cordes et le continuo tissent des traits rapides autour de la
MDC. Des motifs fragmentaires de la mélodie elle-même
apparaissent dans les parties de cordes. Cette élaboration
de Freu dich sehr » en choral de soliste est la seule de ce
type car, pour cette mélodie, toutes les autres
élaborations sont de type I (choral harmonisé plus
ou moins richement instrumenté) ». CHAILLEY: «
Chorals n° 66 = Anh 52 et n° 67 = 53. Authenticité
contestée ». DÜRR: «…Peut-être
la prédication était-elle intercalée après
ce numéro. Les cordes sont uniquement dans les parties
indépendantes ». HIRSCH: «…Détresse,
abandon de Dieu ? Le cantus firmus à l’alto avec les
parties de cordes concertantes. Figuration de 7e.
Ritournelle et texte intercalé ; ornement de la mélodie
». NYS, Carl de [Cantates à
Saint-Thomas, I, page 115]: «…La
mélodie est celle de « Freu
dich sehr ». Thème musical
n’ayant rien de triste mais évoque plutôt une
confiance joyeuse. Petite merveille dans le domaine de variation
sur un choral dont la mélodie est variée aux
instruments (2 violons) ».
|
4]
REZITATIV. SOPRAN. BWV 13/4
|
MEIN
KUMMER NIMMET ZU /
UND RAUBT MIR ALLE RUH,
/ MEIN JAMMERKRUG
IST GANZ MIT TRÄNEN
ANGEFÜLLET, / UND DIESE NOT
WIRD NICHT GESTILLET, / SO MICH GANZ UNEMPFINDLICH MACHT. / DER
SORGEN
KUMMERMARCHT /
DRÜCKT MEIN BEKLEMMTES HERZ
DARNIEDER, / DRUM SING ICH LAUTER JAMMERLIEDER.
/ DOCH,
SEELE, NEIN, / SEI
NUR GETROST IN DEINER PEIN
: / GOTT KANN DEN
WERMUTSAFT GAR
LEICHT IN FREUDENWEIN
VERKEHREN / UND DIR ALSDENN VIEL TAUSEND LUST
GEWÄHREN. Ma peine augmente / et ne me laisse plus
tranquille, / ma détresse est à son comble, / et
rien ne vient adoucir ma misère, si / et finirai par
devenir insensible. / Des nuits d’insomnies / oppressent
mon cœur, / voilà pourquoi je chante tant de chants
désespérés. / Pourtant, ô mon âme,
ne reste pas ainsi, / prends courage dans ton malheur : / Car
Dieu aura vite fait de transformer la coupe d’amertume en
un vin de fête, / et il te procurera alors d’innombrables
plaisirs. Allusion précise de Georg Christian Lehms à
l’évangile du jour: Il transforme la coupe
d’amertume en un vin de fête (Freudenwein).
Sib
majeur (B), 15 mesures, C BG. Jg. II. Page 92. RECITATIVO. |
Soprano. | Continuo. NEUMANN. Secco. Sopran, B.c
HIRSCH:
«…Tonalité mineure. Discours baroque
décrivant bien la tristesse (Jammer,
Kummernacht). Citation de l’Évangile
Johann 2, 1-11 : le miracle de l’eau changée en
vin. PIRRO [L’Esthétique
de Jean-Sébastien Bach - La
traduction du texte, page 265]: «…Bach
isole les mots qui préviennent d’une transformation
de l’idée ; ici l’adverbe « doch
». Voir les cantates BWV 5/2, BWV 54/2 et 3, BWV 125/2.
[Les formes, [pages
283/284: Dans le récitatif de soprano… se manifeste
très nettement le procédé que Bach emploie,
pour obtenir de la musique une traduction du texte, aussi
compréhensible et aussi colorée que le texte même…
Dès la première mesure, l’harmonie trouble de
l’accompagnement avant même que la voix n’ait
parlé nous annonce la tristesse incertaine, le besoin de
consolation. L’accord du début n’est pas
consonant et Bach l’a disposé de telle manière
que la note qui en caractérise l’irrégularité
soit particulièrement marquée. Il donne ainsi à
cet accord de 7e
dominante une énergie sombre que l’on n’attendait
point d’une harmonie aussi usuelle et l’effet
généralement amolli. Cette tenue opaque se prolonge
pendant toute cette mesure et dans la mesure suivante par un
mouvement d’une mélodie hésitante. Tandis que
la voix exprime par un motif ascendant le progrès de la
douleur, l’accompagnement passe de l’accord morne
qu’il a fait entendre d’abord, à un accord
plus pénétrant et, pour les contemporains de Bach,
encore doué de quelque étrangeté l’accord
de 7e diminué.
La même harmonie confuse et intense, se joint à la
déclamation des plaintes larmoyantes qui suivent. Accent
pénétrant de la bémol répété
sur « mein Jammerkung
» et l’élan d’octave par lequel Bach
interprète avec emphase l’idée de plénitude,
procédé qui lui est familier et par lequel il donne
ici au mot « ganz
» un grand éclat douloureux. 7e
diminuée sur « Not
» et insistance sur « nicht » (chute des voix,
modulation mineure) ainsi que le contraste sur « Doch
Seele – pourtant
mon âme », arpège du
soprano et motifs de la consolation et de la félicité
».
|
5]
ARIE BAß. BWV 13/5
|
ÄCHZEN
UND ERBÄRMLICH WEINEN
/ HILFT DER SORGEN
KRANKHEIT
NICHT ; / ABER WER
GEN HIMMEL SIEHET
/ UND SICH DA UM
TROST BEMÜHET,
/ DEM KANN LEICHT
EIN FREUDENLICHT
/ IN DER
TRAUERBRUST
ERSCHEINEN. Rien ne sert de geindre ni de pleurer
pitoyablement / contre cette maladie ; / Mais celui qui regarde
vers le Ciel / et y cherche son réconfort / verra vite un
rayon de bonheur / traverser son cœur plein de tristesse.
Sol mineur, 86 mesures, C BG. Jg. II. Pages 93 à
97. ARIA. | Violino solo e Flauti. | Basso. | Continuo. NEUMANN.
Triozatz. Violon solo, Flûtes à bec (all’
unis), Baß. Libre da capo.
BASSO: «…Un
véritable lamento,
au sens technique que le terme avait acquis dans le langage
musical baroque, aria toute entière construite sur
d’enveloppantes spirales chromatiques extrêmement
hardies – presque une désagrégation
harmonique – avec une intensité d’expression
(un violon et deux flûtes agissent à l’unisson
dans un déluge de rapides successions en gammes et
d’articulations rythmiques variées) d’une
force exceptionnelle, et selon des modalités géométriques
extrêmement précises ». BOMBA: «…Ce
n’est que dans l’arrangement du choral que les cordes
entrent en jeu afin d’éclaircir l’atmosphère,
le récitatif précédent avait encore
éloquemment intensifié le mot « implorer »
par une vocalise ». DÜRR: «…Traitement
à l’unisson des deux flûtes à bec et
d’un violon dans une mélodie plaintive remplie
d’intervalles inhabituels. Figure de gamme ascendante ; une
force antagoniste domine largement la partie centrale dans
laquelle il est question de la consolation qui apparaît à
celui qui regarde vers le ciel. Lamentation insistante sur les
premières paroles « Ächzen
und erbärmlich Weinen ».
Septièmes et quartes (également au continuo).
Affect (saut d’octave) sur « Aber
wer gen Himmel – Mais
qui regarde vers le Ciel ». Reprise
de la citation du début, en conclusion ». GARDINER:
« Le cinquième mouvement est assurément l’un
des airs les plus accablés de Bach... combinaison d’un
violon obligato doublé à l’octave par le
sonorité blanche et sépulcrale des flûtes…
Harmonie dissonante et heurtée aux mesures 51-52 sur «
mais qui porte ses regards vers les cieux…» HIRSCH:
«…La somme de « Ächzen
und erbärmlich… nicht »
donne 553. Le continuo joue 549 notes. La structure des mesures
dans ce morceau est : 8-22-8-14-4-22 = 78, soit « le péché/
Sünden ». Notes chantées à la basse :
136 – 136 – 137 (A-B-A1). 6 X 13 = 78. Chiffre 13,
celui des convives de la Cène comportant Judas ».
Flûtes et violon solo. Harmonie complexe mesure 25 et
chromatisme au continuo mesure 15. Plan harmonique se retrouvant
dans les cantates BWV 194/1, 23/1, 59/1 et 135/2 ». NYS,
Carl de: «…Mélange symbolique des
instruments. Timbre des obboe da caccia évoquant la
Passion. Ici le violon commence une descente en demis tons…
(emprunt à Pirro !) ». PIRRO [L’esthétique
de Jean-Sébastien Bach - Le
commentaire de l’accompagnement instrumental,
pages 164 à 166] : «… L’usage dans la
voix des thèmes [suites] chromatiques [et des instruments]
… dans la cantate [5], le violon commence une descente en
demi-tons, au moment où la basse prononce le dernier mot
de cette proposition ; « Soupirer et lamentablement pleurer
».[+ exemple aux violons, BG. II. Page 93]. … La
mélodie chantée n’a que quelques notes
communes avec cette phrase [aux violons], où le sujet
chromatique est non seulement exposé, mais redit et varié,
et ces notes sont celles-là mêmes où le motif
est le moins apparent et le moins complètement formulé
[+ Exemple musical sur les mots « Ärchzen
und erbärmlich Weinen », BG.
II, page 93]… Il est facile cependant de reconnaître
l’origine expressive de ce développement
instrumental où la phrase, d’abord clairement
énoncée, et redite par deux fois avec plus de
désordre, moins distincte à chaque reprise, mais
d’une musique plus pénétrante. C’est
une sorte de progression où le motif des larmes s’exaspère
peu à peu et passe de l’accablement à une
agitation désespérée ». PIRRO
[L’orchestration,
pages 214/215]: (cité par Carl de Nys): «…Thème
chromatique imitatif en analogie avec BWV 103/1. Sujet
chromatique non seulement exposé mais redit et varié.
On retrouve l’expression de ce motif dans la Passion
selon saint Jean (reniement et désolation
de Pierre). Orchestration : Avec quelle vérité la
voix du violon [solo] sait gémir et larmoyer. Isolation
des mots ; détresse du pécheur. Motifs les plus
rudes et les plus sombres ». ROMIJN: « l’air
joue sur le contraste entre « Ächzen
underbärmlich weinen – geindre
et se lamenter pitoyablement » et «
Freudenlicht –
Lumière de bonheur
». SCHWEITZER [J.S. Bach, le
musicien-poète - Le
langage musical des cantates, pages 251]:
«…Dans l’aria pour basse, nous trouvons le
plus remarquable double thème, chez Bach. Débutant
sur le motif des soupirs, succède sans interruption le
motif de la joie…Thème complexe et combinaison des
deux motifs, notamment sur « celui
qui élève son regard »…
la musique exprime cette dualité entre la première
et la deuxième partie du texte… Dans la première
partie, le violon décrit les gémissements et les
larmes, en demi tons descendant, soutenu par le continuo et le
violon qui remontent graduellement pour offrir un autre climat
[celui de la joie]… Cette aria est un magnifique exemple
de la capacité de Bach à décrire ces
différents états d’âme ». [Le
mot « Krankheit
– maladie »
fait aussi l’objet de chromatismes].
|
6]
CHORAL. BWV 13/6
|
SO
SEI NUN, SEELE,
DEINE / UND TRAUE
DEM ALLEINE, / DER
DICH ERSCHAFFEN HAT ; // ES
GEHE, WIE ES GEHE, / DEIN
VATER IN DER HÖHE,
/// DER WEIß
ZU ALLEN SACHEN
RAT. Sois donc,
ô mon âme, ce que tu es, / et n’aie confiance /
qu’en Celui qui t’a créé ; / Quoiqu’il
advienne / ton Père au plus haut des Cieux / en toute
occasion saura te secourir. Texte: Neuvième et dernière
strophe (de six vers chacune) du cantique
in allen meinen Taten » de Paul
Fleming (1609-1640). La mélodie, ici dans la cantate
BWV 13/6, est issue de l’air « O
Welt ich muß dich lassen ».
Si mineur (B), 12 mesures, C BG. Jg. II. Page 98.
CHORAL. | Soprano. / Flauti, Oboe, Violino I col’ Soprano.
| Alto. / Violino II coll’ Alto. | Tenore. / Viola col
Tenore. | Basso. | Continuo. NEUMANN. Simple choral
harmonisé. Avec flûte à bec (Blockflöten)
; Oboe ; cordes et basse continue instrumental. [Dans
l’ouvrage de Werner Neumann « Sämtliche
von Johann Sebastian Bach vertonte texte
», page 259 (fac-similé), il apparaît
clairement que J. G. Lehms n’a pas prescrit de choral
final].
BASSO [Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page 841]: «…Pas
de choral prévu par Lehms. Dans trois cantates, (les BWV
16, 32 et 13), Bach a pris soin d’ajouter un choral final
non indiqué par le poète ». BOYER: «
Mélodie de choral (MDC) 090 de type I avec doublures colla
parte. Mélodie reprise par
Heinrich Isaac d’après une vieille chanson populaire
« Innsbruck, je dois te dire adieu
». Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge (sans date). N°
103, 50, 265, 363, 366 Breitkopf n° 3765: 389
Choralgesänge für vierstimmigen
gemischten Chor (sans date). N°
289-298 Voir aussi la mélodie dans les BWV 393-395 et
BWV 244, 245 Le choral est harmonisé type I avec
doublures colla parte des instruments. Ce choral apporte la
confiance absolue ». CHAILLEY: «… La
mélodie: chanson profane à 4 voix par Heinrich
Isaac (vers 1450-1517): Innsbrück,
ich muß dich verlassen. Adaptation
par Johann Hesse (1490-1547) devenu « O
Welt ich muß dich verlassen puis «
O Welt sieh hier dein Leben ».
Berlin 1647 de Johann Krüger. Mélodie de Paul
Gerhardt que l’on retrouve dans BWV 44 297, 289, 290, 291,
295 et le numéro 15 dans St-Jean, numéro 16 dans
Saint-Matthieu et enfin 44 dans la passion ( ?) selon Saint-Luc.
Le choral « Du, Friedenfürst,
Herr Jesu », bien que différent
en semble un dérivé. Voir aussi les cantates BWV 67
et 116 ». DÜRR: «…Simple choral à
quatre voix ». HIRSCH: «…Mélodie
d’une chanson profane de Isaac (Insbrücklieder).
Fort contraste avec les airs précédents ».
|
|
|
BIBLIOGRAPHIE
BWV 13
|
BACH
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Seele – [6]
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029 (63, 67, 76, 282) Breitkopf n° 3765: 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique. Mélodie (MDC)
102 Incipit de la mélodie du choral « O
Welt, ich muss dich lassen »:
Breitkopf n° 10: 371 Vierstimmige
Choragesänge (sans date). Mélodie
103. Voir aussi BWV 393 à 395 Breitkopf n° 3765:
389 Choralgesänge für
vierstimmigen gemischten Chor (sd).
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DISCOGRAPHIE
BWV 13
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BACH
CANTATAS WEBSITE Les
numéros 1] et suivants indiquent l’ordre de la
discographie chronologique établie par Aryeh Oron. Elle
est ici proposée sous forme sensiblement allégée
avec, rarement, quelques précisions relatives aux
références discographiques et aux dates. Neuf
références (janvier 2001 à novembre 2009) +
4 mouvements individuels (janvier 2001 à juillet
2009). Exemples musicaux Aryeh Oron, février 2003 à
septembre 2007.
1] BARBE, Helmuth. Bach Orch. Berlin. St.
Nikolaï Berlin. Spandauer Kantorei. Bach Studio: Berlin
Lichterfelde. Novembre 1960. Durée: 20’37. Disque
Cantate 651205 / Bach Studio (version monophonique et stéréo).
Avec la cantate BWV 166 Reprise disque SDG 610106. Reports
disques Vanguard (USA) et MHS 6] GARDINER (volume 19).
Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Royal Naval College
Chapel. Greenwich (GB). Juin 2000. Durée: 24’35. CD
SDG 115. 2006. Avec les cantates BWV 155 et 3 7] KOOPMAN
(volume 17). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir.
Soprano: Sandrine Piau. Alto: Bagna Bartosz. Ténor: Paul
Agnew. Basse: Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL).
Novembre et décembre 2001. Durée 19’06 CD
Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72217. 2005 9]
KUIJKEN, Sigiswald (volume 8). La Petite Bande. Un par voix.
Louvain Predikherenkerk, 6 et 7 février 2008. Durée:
22’11 CD Accent ACCSA 25308. 2008. Distribution en
France = 2009. Avec les cantates BWV 73, 81 et 144 3]
LEONHARDT (volume 4). King’s College Choir.
Leonhardt-Consort. Durée: 22’51 Disque Teldec SKW
4/1-2-T BR 2. Das Kantatenwerk
Teldec (volume 4). 1972. CD
Teldec 4509-91755 2. Das Kantatenwerk -
Sacred Cantatas. Volume 1. 1986. Coffret
de six CD avec les cantates BWV 1 à 19 CD Teldec 8-350
30 ZL 242 500-2 Das Kantatenwerk.
Teldec (volume 4) Reprises CD Teldec. Edition Bach 2000 et
Intégrale Warner Classics 2006 (volume 5) 8573-81210-5 5]
LEUSINK. Holland Boys Choirs. Netherlands Bach Collegium. Elburg
(NL). Octobre-novembre 1999. Durée 23’46 CD
Brilliant Classics. Bach Edition 2000. Volume 9, cantates volume
4 Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics III –
93102 19/65. Avec les cantates BWV 116 et 144 2] RICHTER.
Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Soprano:
Edith Mathis. Alto: Anna Reynolds. Ténor: Peter Schreier.
Basse: Dietrich Fischer-Dieskau. Durée: 22‘43 Disque.
Bach Cantatas (Volume
1) Advent and Christmas.
Archiv Produktion 2722 005 (juin - juillet 1971) Coffret (6
disques). Novembre, décembre 1972 en France. Avec les
cantates BWV 64, 82, 124, 121, 111, 61, 63, 65, 132, 81, 28, 61,
58 CD Archiv Produktion. Volume I / 3. 439372-2. 1993. Advent
und Weinachten. Coffret de 26 CD. Avec
BWV 58, 65, 124 4] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart.
Bach-Collegium Stuttgart. Soprano: Arleen Auger – Alto:
Carolyn Watkinson – Ténor: Aldabert Kraus –
Basse: Walter Heldwein. Mars et novembre 1981. Durée:
19’49 Disque (D). Die Bach
Kantate. Hänssler Verlag. Classic.
Laudate 98731. Avec la cantate BWV 43 CD. Die
Bach Kantate (volume 23). Hänssler
Classic. Laudate Nr. 98.874. 1989. Avec les cantates BWV 73 et
111 La première série (verte) Hänssler
Classic ne comporte pas de notice. Seul figure le texte en
allemand et anglais dans la nouvelle traduction (vers 1989) de Z.
Philip Ambrose de l’Université du Vermont (USA). CD.
Hänssler edition bachakademie
[(volume 4).
Hänssler-Verlag 92. 004. 1998. Avec les cantates BWV 10 et
12 8] SUZUKI (volume 42). Bach Collegium Japan. Kobe Shoin
Women’s University Chapel. Japan. Février 2008.
Durée: 20’11 CD BIS-SACD 1711. 2008. Distribution
en France en février 2009. Avec les cantates BWV 16, 32 et
72
MOUVEMENTS PARTIELS BWV 13
M-1. Mvts 5, 6] Karl Forster.
Berliner Philarmoniker. Chor der St. Hedwiges Kathedrale, Berlin.
Basse: Dietrich Fischer-Dieskau. Mai et juillet 1958. Disque EMI
ASD 2903. Report sur CD Angel Records (USA), vers 2000 M-2.
Mvt. 3] Jean-François Michel. Arrangement pour trompette
et orgue (celui d’Ottobeuren), septembre 1985. CD Audite
95406 M-3. Mvts 1] Peter Schreier. Kammerorchester Carl
Philipp Emanuel Bach. Solo Kantaten und Arien. CD Philips. Août
1994, Berlin M-4. Mvt. 3] Transcription pour orgue, Peter
Baekgaard à l‘orgue Ahrus, au Dannemark. CD Classic
O. Octobre 2004
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ANNEXE
BWV 13 Philipp Spitta
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SPITTA,
Philipp: Johann Sebastian Bach.
Sous-titré : « His work and
influence on the Music of Germany 1685-1750
» Novello & Cy 1889-1951. Trois volumes. Volume III,
pages 84/85:
« Parallèlement à cette
cantate (BWV 32 « Dialogus »), nous pouvons examiner
une cantate pour le 2e
dimanche après l’Épiphanie « Meine
Seufzer, meine Tränen ». Se
révèle ici la puissance créatrice et le
point de vue sur la piété poétique de
l’époque bien qu’aucun rapport direct ne
puisse être établi avec l’évangile des
Noces de Cana dans lequel, à l’évidence,
règne une sainte joie et le rappel à lui par Jésus,
du pécheur découragé. Avec plus ou moins
de variations, les livrets des cantates de cette époque
ont utilisé cette idée, comme les trois cantates
composées par Bach (BWV 155/3 et 13) l’ont fait.
Dans cette cantate ci (BWV 13), ce sentiment de détresse
est particulièrement accentué, plus qu’avant.
Le choral final excepté (n° 6), difficilement un
unique rayon de soleil parvient à percer cette ambiance
ténébreuse. Jamais Bach ne réalisa plus
étouffante tonalité de tristesse que dans les airs
de ténor (n° 1) et de basse (n° 5). Semblable
sentiment de détresse n’a été dépassé
par la suite. Mais, guidé par son sens artistique inné,
Bach, avec un choral-fantaisie intercalé entre les deux
arias lui donne un caractère doux et simple. Les
doubles-croches des violons ont un accent de fraîcheur que
ne suggèrent d’ailleurs pas les paroles du choral
cité. Bach excellait dans ce genre de réalisation
et, travailler pour lui sur un tel texte de cantate était
toujours bienvenu. Mais aussi avec cette œuvre, nous voyons
à nouveau combien sa musique a gagné en
indépendance, en s’affranchissant par là des
règles du strict genre d’église. Bien sur, ce
type d’œuvre est incompatible avec l’exécution
dans un service où l’Evangile tourne sur
l’enseignement du Christ appelant l’élu à
la communion et lui rappelant les faveurs divines et les joies
humaines ».
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Contributed
by Claude Role
(February 2010)
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Cantata
BWV 13: Complete
Recordings |
Recordings
of Individual Movements |
Discussions
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