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BCW 140. Issoudun 26/9/2005 11/10/2006 7/9/2010 14/5/2011 8-20/8/2011
Cantate BWV 124
MEINEM JESUM LAß ICH NICHT
Je ne quitte pas mon Jésus…
KANTATE ZUM 1. SONNTAG NACH EPIPHANIAS

Cantate pour le premier dimanche après l‘Épiphanie
Leipzig, 7 janvier 1725
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré »  élargi  de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » signalées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
 
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 124

Leipzig, 7 janvier 1725.
DÜRR. Chronologie. 1725. BWV 41 (1er janvier) – BWV 123 (Épiphanie, 6 janvier) - *BWV 124 (7 janvier) – BWV 3 (14 janvier) – BWV 111 (21 janvier) – BWV 92 (28 janvier).
HERZ : ancienne date : 1735-1744.
HIRSCH : Classement CN 109 (CN = Die chronologisch Nummer = Numérotation chronologique). « Année II. Deuxième cycle des cantates de Leipzig (Jahrgang. II). Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725. Cantate choral.
SCHWEITZER : Les cantates écrites après 1734.


SOURCES BWV 124

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage parfois peu aisé pour le lecteur français.
Adresse : http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html.
BWV 124 : Environ une dizaine de références (partitions et parties séparées) principalement conservées à Berlin et Leipzig; une copie (début du 19e siècle), à Breslau (Pologne), une autre en Suisse (début du 19e siècle), à Zurich (CH).

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
Mus. ms. Bach P 876 T. Preußicher Kulturbesitz Staatsbibliothek [ex Berlin-Ouest]. Anciennement en dépôt à l’Universitätsbibliothek de Tübingen puis Berlin-Dahlem devenu BB/SPK.
Référence 2011 : « Bach.gwdg.de » = Staatsbibliothek zu Berlin = DB MUS.ms. Bach P 876. Première moitié du 18e siècle.

BGA [Alfred Dörffel, Leipzig, septembre 1878] : La partition originale est en la possession de Joseph Hauser à Karlsruhe (D).
BRAATZ [BCW, 9 février 2007] : « Par bonheur nous avons toujours la chance de posséder à la fois et l’autographe et le recueil des parties séparées. En tant que cantate-choral, le manuscrit provient de l’ensemble des cantates dont héritât Wilhelm Friedemann Bach. Comme nombre d’autres autographes, il [l’autographe] semble qu’il revint à Leipzig peu de temps après la mort de J.-S. Bach. Une série [de cantates] avec les BWV 8, 33, 41, 78, 94, 99, 101, 113, 114, 129, 133, 137, 140, 177 et 178 furent la source à partir de laquelle Christoph Friedrich Penzel et un autre copiste anonyme… firent en 1755-1756 des copies, avec parfois des parties séparées supplémentaires. [toutefois, le site www.bach;gwdg.de, ne donne pas de référence pour une copie par Penzel de la cantate BWV 124…] Les éditeurs de la NBA ont supposé que Penzel devait avoir des relations amicales avec W.F. Bach, ce qui rendit ce travail possible. De même, Johann Georg Nacke (1718-1804) eut la chance de se procurer l’autographe d’une cantate-choral, peut-être à l’occasion d’un achat auprès de W. F. Bach… la cantate BWV 124. A partir de là [de cet autographe] Nacke tira un recueil de parties séparées destinées à son propre usage (DB MUS.ms. Bach St 396 Faszikel 2). Selon ses notes portées sur l’exemplaire de sa partition, il fit exécuter cette cantate le premier dimanche après l’Épiphanie 1760.
Étant en relation avec Necke en tant que l’un de ses étudiants en musique, Christian Friedrich Penzel acquit de lui cet exemplaire [l’original de Bach] qui plus tard revint à son neveu Johann Gottlob Schuster (1765-1839). Cette partition figura dans la collection des manuscrits de Franz Hauser [de la Singakademie de Berlin] (1794-1870). La Staatsbibliothek de Berlin où la partition se trouve aujourd’hui la fit entrer dans ses collection en 1904.
La partition autographe [de Bach] est accompagnée d’un recueil de « doublets » des parties qui n’en furent jamais séparés depuis la répartition des cantates, en 1750 [lors du partage des manuscrits entre les fils de Bach]. 
Titre autographe de J.-S. Bach sur la couverture : « Dominica 1 post Epiphan: | Meinem Jesum lass ich nicht | à | 4 Voci | 1 Hautb: Conc: d’Amour | 2 Violini | Viola | e | Continuo | di J: S: Bach. ».
En haut de la première page de la partition : « J.J. Dom. 1 post Epiphanias Meinem Jesum laß ich nicht ».
Il n’y a pas de liste des instruments. Seule la partie de hautbois est indiquée « Hautb. Concert. D’Amor ».
A la droite de la dernière mesure [du mouvement 6] : « Fine SDG ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 311 à 314.] : «…Bach se trouva devoir travailler dans l’urgence, comme en témoigne la graphie de plus en plus hâtive de son manuscrit, qui en rend parfois la lecture difficile…» 
SCHMIEDER : 13 feuilles (23 pages de musique autographes), in 8°, sous couverture.
SCHWEITZER [J.- S. Bach | Le musicien-poète, page 271] : « Nul doute que l’exécution des cantates, sous la direction même de Bach, ne fut parfois plutôt défectueuse. Quand il lui arrivait de ne terminer l’œuvre que le vendredi soir, d’en faire copier les parties le samedi matin et de l’exécuter après une seule répétition, il va de soi que l’exécution devait manquer de fini. Ce fut certainement le cas pour l’Ode funèbre [BWV 198] et pour la cantate BWV 124, dont la partition est d’une écriture si hâtive, vers la fin surtout, qu’elle en devient illisible…»
 SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume III, Volume 3, pages 285/286] : «…The « Half Moon Watermark » (filigrane représentant une demie lune) sur la première moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est caractéristique d’un grand nombre de cantates de la dernière partie des oeuvres de Bach”.
Suit une série de 31 cantates dont la cantate BWV 123 (en 24e position).

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom L. Thomasschule zZ Bach-Archiv Leipzig.
Référence 2011 : « Bach.gwdg.de » = D LEM (Leipzig) = D LEB Thomana 124. Kuhnau. Meißner, W. F. Bach. A. M. Bach. J. S. Bach et anonyme IIe
Référence 2011 : « Bach.gwdg.de » DB MUS.ms. DB Mus.ms.Bach St 396. Faszikel 2. Copiste J.G. Nacke. 2ème moitié du 18e siècle.

BGA [Alfred Dörffel, Leipzig, septembre 1878] : Les parties séparées originales sous couverture bleue sont en possession de Joseph Hauser à Karlsruhe (D). Filigrane à la „demie lune“.
BRAATZ [BCW, 9 février 2007] : « A la mort de Bach, Anna Magdalena Bach remit le recueil des parties séparées (ainsi que bien d’autres) à l’École Saint-Thomas de Leipzig. Après y être demeurées elles furent par la suite normalement déposées aux Bach-Archiv de Leipzig où elle sont conservées aujourd’hui ».
[Suit un long dossier sur les 14 parties séparées de la cantate BWV 124, avec les copistes repérés, Ch. G. Meissner, J. A. Kuhnau, J.-S. Bach, Anna Magdalena, W.-F. Bach et un anonyme (classé II). Thomas Braatz ajoute le « scénario possible » qui présida –peut-être- à la confection de ces parties séparées dans les jours précédant l’exécution de la cantate… Malgré les commentaires critiques de nombreux correspondants du BCW (février 2007), ce scénario très « rafraîchissant » est aussi instructif, d’autant qu’il s’appuie quand même sur des bases sérieuses. D’ailleurs, Julian Mincham (9 février 2007) a excellemment fait la part des choses à propos du texte de Thomas Braatz : d’un côté les sources musicales connues ; de l’autre, clairement annoncée, une « spéculation » sous la forme d’un « probable scénario » ! ]
HERZ : les copistes seraient Johann Andreas Kuhnau né en 1703 (neveux ou petit-fils du cantor Johann Kuhnau), à Leipzig à partir du 7 février 1723 dans sa période dite médiane „K2“ et Christian Gottlob Meissner (18 décembre 1707 – 16 novembre 1760). A Leipzig de 1723 à 1729. En outre paraissent les écritures d’Anna Magdalena Bach et de Wilhelm Friedemann Bach.
SCHMIEDER : Violons I, II, Continuo partiellement autographes.

COPIES 18e et 19e SIÈCLE = ABSCHRIFTEN 18. 19 Jh.
P [partition] = Am 44, 4 B Staatsbibliothek, Berlin. Anciennement Amalienbibliothek, Berlin.
Référence 2011 : Bach.gwdg.de : DB Am B 44. Copiste Breitkopf & Härtel. 2ème moitié du 18e siècle.
CH ZZ. Ms. Car XV 244 (B 13). Hermann Naegeli.
PL WU RM 5920. Copiste Schlottnig. Breslau. 1ère moitié du 19e siècle.

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT

BGA. XXVI (26e année). Pages 63 à 82. Préface d’Alfred Dörffel, Leipzig, septembre 1878. Cantates BWV 121 à 130.

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I / BAND 5. KANTATEN ZUM EPIPHANIASFEST BIS ZUM 2 SONNTAG NACH EPIPHANIAS
Bärenreiter Verlag BA 5043. 1975. La BWV 3 n’est pas précisée sur le Net. 5 fac-similés
BWV 124. Pages 117 à 142. Bl. 1r der autographen Partitur. Preußicher Kulturbesitz., Staatsbibliothek, Berlin/West. Mus. ms. Bach P 876
Avec les cantates BWV 65, 123, 154, 32, 155, 3 et 13.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5043 41. Marianne Helms. 1975. KB 1976
[La partition de la NBA est dans le coffret Teldec / Harnoncourt, volume 31]. 1982.


AUTRES ÉDITIONS

BÄRENREITER classics. | Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 2. Bärenreiter TP 1282. 2007. Pagination 1 à 648. Serie I. Band 5. Kantaten Zum Epiphaniasfest an zum 2 Sonntag nach Epiphanias.
Herausgegeben : Marianne Helms. 2007. = NBA I/5.
BWV 124. Pages 115 à 142. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1975.
BCW : Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition = PB 2974. Réduction chant et piano = VOIR. Partition du chœur = ChB 549. Révision de l’orgue et du clavecin par Max Seiffert = OB 1223.
2011. Partition (20 pages) = PB 4624. Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7124. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4624. Parties séparées : orgue, violon I, II, viola, violoncelle, vents = OB 4624.
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition (36 pages) = Carus Verlag CV 31.124/00. Partition d’étude (Studienpartitur) = CV 31.124/07. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = CV 31.124/03. Partition du chœur (Chorpartitur) = CV 31.124/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = CV 31.124/09. Hautbois d’amour = CV 31.124/21. Cor = CV 31.124/31. Violons I, II ; Viola ; Violoncelle / Contrebasse = CV 31.124/11 à 14. Orgue = CV 31.124/49.
KALMUS STUDY SCORES. N° 839. Volume XXXV. New York 1968. Cantates BWV 121 à 125.


PÉRICOPE BWV 124

Premier dimanche après l’Épiphanie.
Épître : Romains XII, 1 à 6 [PBJ. 1683]. Le culte spirituel - Humilité et charité dans la communauté.
Évangile : Luc II, 41 à 52 [PBJ. 1537-1538]. Jésus parmi les docteurs (ses parents le cherchent dans le Temple - La vie cachée à Nazareth).

EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. I. Sonntag nach Epiphanias.
Entrée: Jean 1, 14 [PBJ. 1584] : « Et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ».
Psaume 100 [PBJ. 894].
Cantique = EKG 47 « O süßer Jesu Christ » (Les frères de Bohème, 1531).
Épître : Romains XII, 1 à 6 [PBJ. 1683]. Le culte spirituel.
Évangile : Luc II, 41 à 52 [PBJ. 1537 et 1538]. Jésus, âgé de 12 ans, au Temple.
Même occurrence avec les cantates BWV 154 (9 janvier 1724) et BWV 32 (13 janvier 1726).


TEXTE BWV 124

Compilateur / poète inconnu.
1] Première strophe du cantique (1658-1659) en six strophes (de six vers chacune) Meinem Jesum laß ich nicht de Christian Keymann (1607 † Zittau, janvier 1662). Publication à Dresde dans la troisième partie du recueil d’Andreas Hammerschmidt Fest-Buß und Danklieder.
La strophe 1 est également dans les cantates BWV 154/8 et BWV 157/5
La strophe 5 de ce cantique se retrouve dans les cantates BWV 70/11 et BWV 70a/6 .
La strophe 6 se trouve dans le n° 29a de la Passion selon saint Matthieu [remplacée par la suite par le choral O Mensch, bewein dein Sünde groß] et le choral BWV 380 (recueil de Carl Philipp Emanuel Bach).
Renvoi à EKG 251 mais avec une autre mélodie de Johann Ulich (1674)
6] Sixième et dernière strophe du cantique (1658) Meinem Jesum laß ich nicht de Christian Keymann.

La mélodie (même titre) est attribuée à Andreas Hammerschmidt (1658).
La mélodie est reprise dans les cantates BWV 70, 154, 157, 163 et la Passion selon saint Matthieu BWV 244 sous le n° 29a.
BCW : Autres compositeurs ayant utilisé cette mélodie : G. L. Agricola ; J. G. Walther ; G. Ph. Telemann (cantate Twv 1 :1097 (1724) ; J. L. Krebs ; Mas Reger, opus 67/26 et 135/17, etc.
FINSCHER : «…la cantate BWV 124 reprend telles quelles les première et dernière strophes du cantique… mélodie y comprise, et les façonne en chœur d’entrée savamment élaboré et choral final extrêmement sobre. Les autres strophes sont remaniées en récitatifs et airs librement mises en musique. N’offrant qu’une relation assez lâche avec l’évangile lu ce jour… le cantique dominical fait allusion par allégorie à Jésus retrouvé au Temple…la pensée métaphorique et le langage métaphorique de l’époque conduisent presque inévitablement à ce que la mort et l’effroi soient représentés plus suggestivement que leur sphère, opposée…»
MACIA (Tout Bach, pages 191/192] : «…mélodie de Johann Ulich, qui fut cantor à Wittenberg » [?]  
WIJNEN : «…le choral n’apparaît que dans le premier et dernier morceau, premier et dernier verset, alors que les autres versets sont évoqués en paraphrases dans les arias et récitatifs…»  


GÉNÉRALITÉS BWV 124


GARDINER : «…A première vue, la cantate BWV 124 semble être la continuation de la cantate BWV 123 [cantate pour la fête de l’Épiphanie, 6 janvier 1725, jour précédant l’exécution de la cantate BWV 124]… même structure d’ensemble, une fantaisie de choral en guise d’introduction, un livret en six mouvements, dont la première et la dernière strophe sont conservées intactes (mélodie comprise), des mouvements médians anonymement paraphrasés et des récitatifs d’une exceptionnelle beauté…»
WHITTAKER : « …La cantate BWV 124 donne l’impression d’avoir été composée comme corollaire de la cantate BWV 123… même type de livret, avec six mouvements, la première et dernière strophes [du cantique] dans leur forme originale, les mouvements médians se correspondant exactement et des récitatifs secco de la même qualité…»


DISTRIBUTION BWV 124

NEUMANN: Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Cor (Horn) seulement dans le cantus firmus des mouvements 1 et 6 ; Oboe d’amore ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe d‘amore; Corno; Viol. I, II. Vla.; Continuo


APERÇU BWV 124

1] CHORALCHORSATZ. BWV 124/1
MEINEN JESUM LAß ICH NICHT, / WEIL ER SICH FÜR [W. Neumann = OP. = „vor ou „für“] MICH GEGEBEN. / SO ERFORDET MEINE PFLICHT, / KLETTENWEIS AN IHM ZU KLEBEN. / ER IST MEINES LEBENS LICHT, / MEINEM JESUM LAß ICH NICHT.

Je ne quitte pas mon Jésus / car il s’est donné pour moi, / Ainsi il est de mon devoir / de me tenir fermement à lui comme à un crampon. / Il est la lumière de ma vie, / je ne quitte pas mon Jésus.

Première strophe du cantique (1658) en six strophes de six vers chacune Meinem Jesum laß ich nicht de Christian Keymann. Mélodie d’Andreas Hammerschmidt (1658).

Mi majeur (E dur), 123 mesures, 3/4
BGA. XXVI. Pages 63 à 72 | Am ersten Sonntage nach Epiphanias. | Oboe d‘amore concertante. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. / Corno col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Ritournelle instrumentale indépendante avec hautbois d‘amour concertant et ritournelle encastrée. Ensemble des instruments.Cantus firmus au soprano (+ un cor).

BASSO [Jean-Sébastien Bach, page 273] : « Morceau sur un tempo de danse, ici un menuet » [?] [pages 376/377] : «…chœur d’introduction réalisé en style homophone… et avec un départ instrumental, conçu à la manière d’un menuet, qui s’insinue ensuite dans toute la page, autonome par rapport aux parties vocales…»
BOMBA : Dans le chœur d’ouverture Bach consacre une attention toute particulière au vers ”Klettenweis an ihm zu kleben - / de me tenir fermement à lui comme à un crampon.”… Le prélude instrumental fortement pointé par ailleurs, se consacre ici soudainement en triolets bizarrement aiguillonnants alors que le mouvement de chœur mené par le cantus firmus en soprano fait coller les trois voix inférieures à l’unisson…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 247/248] : Élaboration chorale sur mélodie (MDC) 072 de type II.
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 256/257] : « Mélodie 072 : …élaboration chorale avec cantus firmus au soprano doublé par le cor, les autres parties vocales en harmonisations ou en imitations. Cet ensemble vocal est incrusté de type II dans une ritournelle d’orchestre où le hautbois joue un rôle concertant important…» 
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 311 à 314.] : « Dès la ritournelle s’affirme aux cordes le caractère dansant d’une sorte de menuet mystique, où les temps bien marqués et souvent renforcés par des valeurs pointées marquent l’assurance de la résolution du chrétien. Au-dessus s’épanouissent les volubiles guirlandes du hautbois d’amour… concertant avec les cordes. Le cantique est énoncé période par période par le soprano en cantus firmus soutenu par le cor… les autres fois en valeurs brèves… En fin de période, certaines valeurs sont allongées pour souligner quelques mots importants, geben, Pflicht, kleben… et plus encore le nicht final…»
FINSCHER : «…Bach introduit de manière concertante le hautbois d’amour comme instrument symbolique « positif ».
GARDINER : «…La fantaisie de choral en mi majeur qui introduit la cantate est dans le style d’un menuet mais disposée tel un enchaînement inhabituel de type A’ A’’ A’’’ avec ritornelli d’orchestre, au début, au milieu et à la fin. Bach confère un rôle concertant, saillant et hautement virtuose au hautbois d’amour… figures rapides en doubles croches … les trois voix inférieures à l’unisson s’accrochent au « si » sur toute la durée (trois mesures) du mot « Kleben »…
HOFMANN : «…Le mouvement initial fait entendre la partie chorale, simplement écrite, à laquelle s’oppose l’orchestre avec une écriture concertante à la thématique indépendante d’où se détache le hautbois d’amour traité ici en soliste qui reprend aussitôt le motif de ritournelle avec des figures mélodiques richement animées. Bach a probablement été inspiré par l’image poétique du chrétien attaché à Jésus contenue dans le texte ».
LEMAÎTRE : «…un rythme de menuet d’où se détache un hautbois d’amour qui garde son indépendance d’un bout à l’autre de la page…L’ensemble vocal tisse un contrepoint léger, presque homophone…»
MACIA [Tout Bach, pages 191/192] : «…c’est le hautbois d’amour qui, avec ses arabesques syncopées et ses ornements, se charge de la notion d’espérance, tandis que le chœur est maintenu dans un climat plus placide… cantus firmus au soprano (+ le cor), les autres voix procédant en imitations avec une longue tenue sur le mot « Klebenattachement ».
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 359] : «…Le premier chœur de la cantate BWV 124 doit être chanté avec beaucoup de prudence afin que ne soit pas couverte la partie de hautbois d’amour concertant dans lequel Bach a exprimé toute la ferveur qu’il avait trouvé dans le texte… » 
SPITTA [Johann Sebastian Bach] : Dans la cantate Meinen Jesum lass ich nicht, la fantaisie chorale est combinée avec un concerto instrumental ». [la partie de hautbois d‘amour concertant]. Renvoi aux cantates BWV 113 et 111.
WIJNEN : «…Le chœur d’ouverture est orné d’une phrase de hautbois d’une grande virtuosité, en opposition au traitement du choral, tout à fait droit, hormis un moment lorsque les voix chantent « Kleben » qui donne lieu, comme on l’imagine, à une note longuement retenue…»


2] REZITATIV TENOR BWV. 124/2
SO LANGE SICH EIN TROPFEN BLUT / IN HERZ UND ADERN REGET, / SOLL JESUS NUR ALLEIN / MEIN LEBEN UND MEIN ALLES SEIN. / MEIN JESUS, DER AN MIR SO GROßE DINGE TU : / ICH KANN JA NICHTS ALS MEINEM LEIB UND LEBEN / IHM ZUM GESCHENKE GEBEN.

Aussi longtemps qu’une goutte de sang circule / dans mon cœur et dans mes veines, / seul Jésus sera / ma vie et tout ce qui compte pour moi. / Mon Jésus qui fait en moi de grandes choses : / Je ne puis rien t’offrir d’autre / que mon corps et ma vie.

La majeur (A dur) → Ut dièse mineur (cis), 10 mesures, C
BGA. XXVI. Page 72 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitativ secco.


3] ARIE TENOR. BWV 124/3
UND WENN DER HARTE TODESSCHLAG / DIE SINNEN SCHWÄCHT, DIE GLIEDER RÜRHET, / WENN DER DEM FLEISCH VERHAßTE TAG / NUR FURCHT UND SCHRECKEN MIT SICH FÜHRET, / DOCH TRÖSTET SICH DIE ZUVERSICHT : / ICH LASSE MEINEN JESUM NICHT.

Et lorsque le coup mortel / affaiblit les sens, touche les membres, / lorsque le jour odieux à la chair / n’apporte que crainte et effroi, / le ferme espoir réconforte : / Je ne quitte pas mon Jésus.

Fa dièse mineur, 71 mesures, 3/4
BGA. XXVI. Pages 73 à 77 | ARIE. | Oboe d‘amore. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Instruments en forme de trio. Hautbois d‘amour, cordes, B.c. Ostinato et ritournelle. Partie vocale de forme tripartite A A‘ A‘“.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, page 377] : «…un hautbois d’amour joue un rôle concertant, pour assurer… une fonction soliste, sur l’accompagnement des cordes,… suivant la forme A A’ A’’, avec interventions instrumentales en ouverture, au centre (mesures 27-34) et en conclusion, toujours d’une longueur de 20 mesures…»
BOMBA : « l’air n° 3 prépare dès le prélude le « coup mortel » cité dans le texte. Les moyens musicaux employés pour ce faire sont des accords répétés de cordes « frappant » ainsi que la conduite souvent spectaculaire de la basse sur des intervalles de tritons « diabolus in musica », la première fois dans la deuxième mesure. La différence du mouvement et d’agitation du registre chanté forme le contraste entre la crainte et la terreur ainsi que l’espoir et le réconfort »..
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 311 à 314.] : «…sombre fa dièse mineur…air violent, secoué du tremblement d’effroi que suscite la crainte de la mort physique, en une figuration rythmique très éloquente [+ Exemple musical – triples croches, croche]… Sur ce motif se déploie à nouveau une cantilène du hautbois d’amour… ligne vocale très vaillante d’un ténor héroïque, abondant en grands sauts, en intervalles fracassés… sur des rythmes vigoureux. Le débit vocal s’apaise sur la fin en souples vocalises, pour évoquer la confiance dans le réconfort ».
FINSCHER : «…Bach confie au hautbois d’amour un caractère concertant avec des images particulièrement vigoureuses et l’affect lié à l’affirmation « Ich lasse meinen Jesum nicht » par une cantilène qui complète la partie vocale et concerte également avec elle, tandis que les cordes dépeignent « Furcht und Schrecken »…»
GARDINER : «…Ce n’est que dans le mouvement central, un air pour ténor avec hautbois d’amour et cordes que Bach ouvre les voix pour un déferlement d’effets dramatiques à l’image de « la crainte et l‘épouvante » accompagnant le « rude coup mortel » : une vibrante basse staccato, un battement de quatre notes aux cordes supérieures, un contour au rythme puissamment pointé pour la partie vocale et, en guise de contraste appuyé, une mélodie largement déployée pour le hautbois d’amour…»
HALBREICH : «…extraordinaire air de ténor… dépeignant les affres physiques de la mort avec une violence dans la plus pure tendance Sturm und Drang avant la lettre ».  
HOFMANN : «…Dans l’air de ténor, dont le texte évoque la mort à venir, le hautbois d’amour et la voix jouent un rôle concertant dans un duo expressif, sérieux et rempli de sonorités évoquant l’affliction dans le registre aigu. L’air acquiert cependant un aspect fortement dramatique avec les cordes qui surviennent avec leur répétition d’une note sur un rythme immuable. Ce motif représente l’homme tremblant, « Furcht und Schrecken » devant la « rude atteinte de la mort - harten Todesschlag ».
LEMAÎTRE : «…magnifique air… page dramatique engendrée par le texte… La phrase noueuse de l’instrument à anche double (le hautbois d’amour), l’ostinato rythmique haletant des cordes, le staccato du continuo et la tonalité de fa dièse mineur installent l’angoisse dès le début » [+ Exemple musical].
MACIA [Tout Bach, pages 191/192] : «…le ténor… met l’accent avant tout sur la rudesse de cette mort qui « viendra affaiblir les sens et distordre les membres » d’où la tonalité de fa mineur, les ponctuations des cordes qui semblent décrire « la crainte et l’effroi », et les fréquents chromatismes à la voix. Survolant l’ensemble, le hautbois d’amour déroule une mélodie ornée qui apporte une note d’espoir…»
MARCHAND : Mouvement dont les proportions correspondent exactement au nombre d’or (division du nombre de mesures par 1,618).
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 359] : « Dans l’émouvante aria, la peur de la mort est à trois reprises dominée par les mots « Ich lasse meinem Jesum nicht ». Les cordes sans arrêt accompagnent le chant poignant des hautbois comme le « souffle de la mort ». A chaque fois, elles s’interrompent sur les mots « Ich lasse meinem Jesum nicht ». Ce mouvement rend son plein effet quand les cordes donnent une terrifiante expression avec leurs doubles croches et un accent sur chaque note ».
WIJNEN : «…aria très marquée rythmiquement aux cordes, avec une ligne de hautbois d’autant plus cantabile et lyrique ».
[figuration sur „Todesschlag“].


4] REZITATIV BAß. BWV 124/4
DOCH ACH ! / WELCH SCHWERES UNGEMACH / EMPFINDET NOCH ALLHIER DIE SEELE ? / WIRD NICHT DIE HART GEKRÄNKE BRUST / ZU EINER WÜSTENEI UND MARTERHÖHLE / BEI JESU SCHMERZLICHSTEM VERLUST ? / ALLEIN MEIN GEIST SIEHT GLÄUBIG AUF / UND AN DEN ORT, WO GLAUB UND HOFFNUNG PRANGEN, / ALLWO ICH NACH VOLBRACHTEM LAUF / DICH, JESU, EWIG SOLL UMFANGEN.

Mais hélas ! / quels lourds déboires / l’âme ressent-elle encore ici-bas ? / Le cœur, profondément meurtri / ne se transforme-t-il pas en désert et en caverne de supplice / si je subis la plus cruelle perte de tous, celle de Jésus ? / Seul mon esprit s’élève dans la foi / vers le lieu où la foi et l’espoir trônent, / là où après avoir accompli la marche / je t’embrasserai éternellement, Jésus.

La majeur (A) → La majeur (A), 13 mesures, C
BGA. XXVI. Pages 77/78 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Recitativ secco.

BOMBA : «…Ce morceau fait ressortir la supériorité de Bach sous une forme modeste. « Doch ach ! » dirige l’attention vers ce qui suit - Bach écrit un accord de septième aspirant vers les hauteurs, attendant la résolution. « Welch schweres Ungemach », cri qui par contre se tourmente…»… «Wüstenei und Marterhöhle »… ainsi que « Schmerzlichster Verlust » s’assombrissent en harmonies mineures et glissent vers un accord diminué. « Sieht gläubig auf » et « Glaub und Hoffnung prangen » aspirent au contraire à nouveau vers les hauteurs libérées alors que le « vollbrachte Lauf » astreint les registres vocaux à vraiment se déplacer ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 311 à 314.] : «…Bach ne résiste pas à figurer le cours de la vie (Lauf) par une gamme ascendante de doubles croches qui se déploie sur une octave ». 
GARDINER : «…Dans le récitatif de basse, Bach énonce au continuo un enchaînement de sept notes consécutives de la gamme chromatique pour mettre l’accent sur la question : « ma poitrine douloureusement outragée ne va-t-elle pas devenir un désert ? »


5] ARIE (DUETT), SOPRAN, ALT. BWV 124/5
ENTZIEHE DICH EILENDS, MEIN HERZE, DER WELT, / DU FINDEST UM HIMMEL DEIN WAHRES VERGNÜGEN. / WENN KÜNFTIG DEIN AUGE DEN HEILAND ERBLICKT, / SO WIRD ERST DEIN SEHNENDES HERZE ERQUICK. / SO WIRD ES IN JESU ZUFRIENDENGESTELLT.

Soustrais-toi en hâte, mon cœur, du monde, / tu trouveras le véritable amour au ciel, / lorsque tu verras le Sauveur, / ton cœur consumé de désir sera revigoré, / il sera comblé en Jésus.

Autre traduction (Nikolaus Harnoncourt / Teldec, volume 31 : « Hâte-toi, mon cœur, de te soustraire à ce monde. / C’est au ciel que tu trouveras ta vraie joie. / Lorsque tes yeux, à l’avenir, contempleront le Sauveur, / alors seulement ton cœur dévoré d’ardeur trouvera le réconfort / et sera comblé en Jésus ».
La majeur (A), 219 mesures, 3/8
BGA. XXVI. Pages 78 à 81 | ARIE. Duett. | Soprano. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Partie de continuo. Forme de canon.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, page 273] : « Morceau sur un rythme de danse…» [page 377] : « duo soutenu par le seul continuo et développé en canon…de caractère dansant ».
BOMBA : « Dans le dernier air, c’est semble-t-il le mot « Vergnügen - bonheur » qui pousse Bach à composer un rythme en forme de menuet. « Entziche dich eilends » est illustré par les deux registres vocaux en vocalises ascendantes… La ligne de basse chantée en octaves tirant toujours vers les hauteurs semble représenter le mouvement ascendant se détournant et se détachant d’ici-bas ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 247/248] : Style de canon entre soprano et alto.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 311 à 314.] : «…métrique ternaire au caractère dansant… enchevêtrement des deux voix en imitations ».
FINSCHER : «…Le duo seulement accompagné de la basse continue symbolise d’une part le « Entziehe dich eilends » par la conduite dans une large mesure canonique des parties vocales, d’autre part le « wahre Vergnügen » céleste par un type d’écriture dansant et une périodicité relevant elle aussi de la danse à laquelle le duo en canon est entièrement relié ».
GARDINER : «…contraste acéré… duo conçu telle une gigue avec une joyeuse désinvolture (sauts de dixième au continuo) célébrant la libération de toutes les choses d’ici-bas…»
HOFMANN : «…Bach se sert pour illustrer le texte -un procédé typiquement baroque- d’un moyen tout à fait profane : une danse connue. Ainsi le mouvement est construit sur le modèle d’un passepied, une danse vive à 3/8. Le climat léger du duo n’est pas ainsi caractérisé par la pensée du renoncement au monde mais plutôt par la promesse que « c’est au ciel que tu trouveras la joie ». 
LEMAÎTRE : «…phrase introductive, conclusion et interludes reviennent à la basse continue sur des périodes de 12 à 16 mesures pendant lesquelles l’organiste ne devait pas manquer de développer les possibilités concertantes de son instrument…»
MACIA [Tout Bach, pages 191/192] : «…un rythme de Ländler à 3/8 en la majeur… soutenu seulement par un continuo frénétique…»
SCHWEITZER [J. S. Bach, page 359] : «…le duo final entre soprano et alto atteint son plein effet quand il est chanté à plusieurs voix ».


6] CHORAL. BWV 124/6
JESUM LAß ICH NICHT VON MIR, / GEH IHM EWIG AN DER SEITEN ; / CHRISTUS LÄßT MICH FÜR UND FÜR / ZU DEN [W. Neumann : variante : „dem“] LEBENSBÄCHLEIN LEITEN. / SELIG, DER [W. Neumann : variante : „wer“] MIT MIR SO SPRICHT : / MEINEM JESUM LAß ICH NICHT.

Je ne laisse pas Jésus me quitter, / je l’accompagnerai éternellement ; / Jésus-Christ me guide jour après jour / vers les sources de la vie, / bienheureux celui qui dit comme moi : Je ne quitte pas mon Jésus.

Sixième et dernière strophe (de six vers chacune) du cantique (1658) Meinem Jesum laß ich nicht de Christian Keymann.

Mi majeur (E), 13 mesures, C
BGA. XXVI. Page 82 | CHORAL. | Soprano. / Corno, Oboe d‘amore, Violino I. col Soprano. | Alto. /Violino II coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé.
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 247/248] : Choral harmonisé sur mélodie (MDC) 072.
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach, pages 256/257] : « Mélodie 072 : …élaboration de la mélodie par simple harmonisation de type I… les trois vois inférieures (A, T, B) sont relativement ornées…»
FINSCHER : «…Le choral final, bien que doté d’une ornementation relativement riche aux voix intermédiaires, ramène au ton plus simple qui présidait au caractère, expressif du premier chœur ».
GARDINER : «…L’harmonisation du choral de conclusion… présente au continuo une figure récurrente, sorte de rotation, pour souligner l’importance des mots « Jesum », « Christum » et « Selig ».
HIRSCH / HELMS :: dans l’introduction réservée par ces deux musicologues à la cantate BWV 154/8, pour le même premier dimanche après l’Épiphanie, est proposée une curiosité : dans le texte de cette sixième strophe du cantique de Keymann, strophe présente également dans la cantate BWV 124/6, on retrouve avec la première lettre des quatre premières lignes, les initiales : J (pour Johann), G (pour Georg), C pour (Churfürst), S ou Z pour (Sachsen), soit l’anagramme de « Johann Georg Churfürst Sachsen » [?]
HOFMANN : «…chœur conclusif caractérisé par le motif régulier de croches à la basse dont le mouvement évoque peut-être les mots de « geh ihm evig an der Seiten - Je marcherai à jamais à ses côtés ». 
LEMAÎTRE : «…le choral de fin, un peu plus chargé en broderies que d’habitude, rappelle l’ambiance du chœur initial ».
WHITTAKER : «…Une superbe harmonisation « tutti » de ce choral, avec cor, hautbois d’amour, les violons doublant la mélodie conclut cette remarquable cantate. Dans la basse continue [+ Exemple musical] le motif signifiant peut-être associé aux mots Jesum, Christus, Selig, et en tonalité de la mineur avec le « Jesum » final ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 124

*Ouvrage non consulté.
BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice de James Leonard.
BRAATZ, Thomas : Provenance. 9 février 2007.
Mélodie du choral Meinem Jesum laß ich nicht en collaboration avec Aryeh Oron (décembre 2005 – octobre 2010).
BROWNE, Francis : Texte du choral Meinem Jesum laß ich nicht.
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 34. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 7 janvier 2001. 2] 4 février 2007 – 3] 15 novembre 2009.
Mélodie du choral Meinem Jesum laß ich nicht en collaboration avec Thomas Braatz (décembre 2005 – octobre 2010).

BACH COMPENDIUM ou Répertoire anlytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 124 = BC A 30 (Volume I, partie 1).
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 95 et 157
Volume  2, pages 253, 268, 273, 274, 337, 376/377 et 594
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 39. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 247/248
: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 256 à 259
BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 347 (152, 298,299 et 348).
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 243 (242, 244 à 246).
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 311 à 314
COLLECTIF: Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 191/192
DADELSEN, Georg von : Notice figurant dans l‘enregistrement de Karl Richter, Archi Produktion, volume I. 1970-1971
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
FINSCHER, Ludwig : Notice de l’enregistrement Teldec / Harnoncourt, volume 31. 1982
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement SDG 174. Traduction française de Michel Roubinet. 2010.
HALBREICH, Harry : Critique de la version de Karl Richter. Revue Harmonie, mars 1983.
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98716). En collaboration avec Arthur Hirsch. 1981
HERZ, Gerhard: Cantata N° 140. Historical Background. Pages 3 à 50. Norton Critical Scores.
W. W. Norton & Company. Inc. New York 1972. Page 27
HIRSCH, Arthur : Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs. Hänssler HR.24.015. 1986. CN 109. Pages 61 et 122
: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98716). En collaboration avec Marianne Helms.
HOFMANN, Klaus : Notice de l’enregistrement Suzuki / BIS. 2006.
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les Indispensables de la musique
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Beauchesne. Octobre 2005. Pages 141 et 164. Incipit de la mélodie Meinem Jesum laß ich nicht (ré maj.) page 288 = M 205
MARCHAND, Guy : Bach ou la Passion selon Jean-Sébastien (de Luther au nombre d’or). L‘Harmattan 2003, pages 330, 332
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB. Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Page 144
Literaturverzeichnis : 44 (Richter). 66VI (Smend).
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NYS, Carl de : Critique de la version de Karl Richter. Revue Diapason, n° 170, octobre 1972
PETITE BIBLE DE JÉRUSALEM : Desclée de Brouwer. Editions du Cerf, Paris, 1955. Page 1254
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 179
PIRRO, André : L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. Fischbacher 1907. Minkoff Reprint Genève 1973.
Exceptionnellement, cette cantate est ignorée.
*RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
angehörenden Kantaten Joh. Seb. Bachs. In BJ 1906, pages 43 à 73
SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
Édition 1973, pages 166/167
Literatur : Spitta. Schweitzer. Ph. Wolfrum (Leipzig 1910). Pirro. Parry. Voigt. Wustmann. Wolff. Terry. Frake II
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BJ 1906 – 1914 – 1915 –b 1932 – 1934.
SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach |Le musicien-poète. Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905.
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J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
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SMEND, Friedrich. Literaturverzeichnis. W. Neumann 66VI] Kirchen-kantaten vom I. Sonntag nach Epiphanias bis zum Sonntag Estomihi,
Berlin 1949. Kantaten BWV 3, 66, 66a, 124, 126, 127, 144, 145, 159, 184, 184a
SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes. Volume 3, pages 103 et 286
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Volume 2, pages 289, 435 à 440
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD, pages 94/95) de l‘enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF, Christoph : Notice de l’enregistrement de Ton Koopman. Volume 12. 2002
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 58/59
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 107, page 185
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 124

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique des enregistrements. Neuf références (janvier 2001 – mai 2011) + trois mouvements individuels (janvier 3001 – septembre 2010).
Exemples musicaux (audio) = Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).

5] GARDINER (volume 18). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Claron Mc Faden. Contre-ténor : Michael
Chance. Ténor : James Gilchrist. Basse / Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. Hauptkirche St. Jacobi. Hamburg (D). 9 janvier 2000.
Durée 13’19. CD SDG (Soli Deo Gloria) 174. 2010. Distribution en France, novembre 2010.
Avec les cantates BWV 154 et 32. Il s’agit de la dernière livraison des enregistrement des cantates par J. E. Gardiner
*] GÜNTHER, Hubert. Rheinische Singgemeinschaft. Düsseldorf. Rheinisches Sinfonie-Orchester. Düsseldorf (D). 1980
Disque Garnet g=40122. Avec la cantate BWV 53
3] HARNONCOURT (volume 31). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Soliste du Tölzer Knabenchor : Alan Bergius. Soliste du
Tölzer Knabenchor : Stefan Rampf. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Thomas Tomaschke. 28 mai 1980. Durée : 14’04
Disque Teldec 6 35602-00-501 et 6.35579-00-503 (SKW 31/1-2). Das Kantatenwerk, volume 31. 1982
CD Teldec 2292-42615 Z ZK. Das Kantatenwerk, volume 31. 1989.
CD (D). Teldec 4509-91761 2. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, Volume 7. Avec les cantates BWV 119 à 137
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise CD Warner Classics 8573 81171-Intégrale en CD séparés, volume 39. 2007. Cantates BWV 124 à 127
6] KOOPMAN (volume 12). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Lisa Larson. Alto : Annette Markert. Ténor : Christoph
Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Mars 2000. Durée : 14’31
CD Erato 8573 85842-2. Volume 12 . Distribution en France, janvier 2002.
Reprise sous label Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72211. 2006 Avec les cantates BWV 135 et 121
7] LEUSINK. Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. [Brilliant Classics. Durée : 14’39
Bach Edition, 2000. CD Brilliant Classics. Volume 20 - Cantates, volume 11. 2000
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV – 93102 21/97. Avec les cantates BWV 101, 127, 95 et 124
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une édition „augmentée“ : 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les Passions selon saint Jean et saint Matthieu.
*4] OHMURA, Emiko. Bach-Chor Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. Chanté en japonais. Tokyo (live) : 13 décembre 1998
CD Bach-Chor Tokyo BACHCD 15. Avec les cantates BWV 129 et 131
1] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Soprano : Lotte Schädle. Alto : Hertha Töpper. Ténor : Ernst Haeffliger.
Basse : Thé Adam. Herkules-Saal/. München (D). Mars 1967. Durée : 14‘39
Disque Archiv Produktion 2722 005. Bach Cantatas, volume 1 Advent and Christmas. Distribution en France, juin - juillet 1971
Reprise en coffret (6 disques) Archiv Produktion. 439372-2. Distribution en France, novembre 1972. Avec les cantates BWV 58, 65 et 13
Reprise en coffret (5 CD) Archiv Produktion 439372-2. Volume 1 Advent and Christmas. 1994
Reprise (coffret Karl Richter / intégrale en 26 CD ). Archiv Produktion. 439372-2. Advent und Weinachten. volume I/ 3.1998.
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor : Aldo Baldin.
Basse : Wolfgang Schöne. Gedächtniskirche Stuttgart. Février, avril 1980. Durée : 14‘08
Disque (D) Hänssler Verlag. Laudate Die Bach Kantate 98716. 1981. Avec la cantate BWV 123
CD. Die Bach Kantate (volume 21). Hänssler Classic. Laudate 1989. Avec les cantates BWV 123 et 154
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 39). Hänssler-Verlag 92.039. 1999
8] SUZUKI (volume 32). Bach Collegium Japan. Soprano : Yukari Nonoshita. Contre-ténor : Robin Blaze. Ténor : Andreas Weller.
Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. Février 2005. Durée : 13‘05
CD BIS-SACD-1501. 2006. Distribution en France, octobre 2006. Avec les cantates BWV 111, 123 et 125


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 124

M-1. Mvt. 1] Karl Richter. Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Début des années 1970.
CD Baroque Music Club « Soli Deo Gloria, volume 1.
M-2. Mvt. 6] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999. Bach Edition. CD Brilliant Classics
/ Bayer Records volume 17.
Reprise Bach Edition 2006. CD Brilliant Classics. V- 93102 28/134
M-3. Mvt. 5] Antony Walker. Orchestra of the Antipodes. 9-13 octobre et 10 décembre 2003. CD ABC Classics 476118-3. 2004


EN CONCERT

KUIJKEN, Sigiswald. La Petite Bande. Soprano : Sophia Karthäuser. Alto : Petra Noskaiova. Ténor : Jan Kobow. Basse : Jan van der Crabben. Église Saint-Roch. Paris (F), le 7 novembre 2002. Avec les cantates BWV 123 et 65




C. Role. Août 2011

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Last update: August 3, 2011 17:30:00