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C. Role. Septembre 2011
Cantate BWV 115
MACHE DICH, MEIN GEIST, BEREIT
Prépare-toi, mon esprit, / Veille…
KANTATE ZUM 22. SONNTAG NACH TRINITATIS

Cantate pour le 22e dimanche après la TrinitéLeipzig
5 novembre 1724
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré »  élargi  de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » signalées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de rappeler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS:
(A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.  


DATATION BWV 115


Leipzig, dimanche 5 novembre 1724.
DÜRR. Chronologie. 1724 : BWV 180 (22 octobre) ; BWV 38 (29 octobre) ; BWV 80 (reprise, 31 octobre) ; *BWV 115 (5 novembre) ; BWV 139 (12 novembre) ; BWV 26 (19 novembre) ; BWV 116 (26 novembre).
HIRSCH : Classement CN 98 (Die chronologisch Nummer = numérotation chronologique). « Année II. Deuxième cycle des cantates de Leipzig (Jahrgang. II). Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725. Cantate chorale.
SCHMIEDER (1973) : Datation particulièrement imprécise : Leipzig entre 1735 et 1744.
SCHWEITZER - SPITTA : Les cantates après 1734 (Spitta date ainsi une majorité de cantates chorales).


SOURCES BWV 115

La « database » du « Catalogue Bach de l’Institut de Göttingen » en connexion avec les « Bach Archiv », est un instrument de travail exceptionnel (langue anglaise et allemande) mais d’un usage qui n’est pas toujours aisé pour le lecteur français.
Adresse : (http: //www.bach;gwdg.de/bach_engl.html). Une quinzaine de références.

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P Mus. ms. 631. Fitzwilliam-Museum Cambridge.
Source : bach;gwdg.de/bach = GB Cfm MU. MS 631. Université de Cambridge. Titre à la couverture de Johann Andreas Kuhnau.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274] : « Partition autographe au « Fitzwilliam Museum » de Cambridge (GB), après avoir appartenu d’abord à Ernst Rudorff, puis à Wilhelm Rust.
BGA [Alfred Dörffel, Leipzig, novembre 1876]. Partition originale et copies manuscrites anciennes. L’original est en la possession de Monsieur le Professeur Ernst Rudorff à Berlin, les autres appartiennent à Monsieur le Docteur Wilhelm Rust…. Filigrane à la demie lune. A la fin de la partition le mot « Fine ». En tête de la première page : J.J. Doïca 22 post Trinit : Mache Dich, mein Geist, bereit ».
Sur une couverture ancienne toujours avec le filigrane à la « demie lune » il y a l’annotation suivante : « Dom. 22 post Trinit : | Mache dich mein Geist bereit p. | à | 4 Voc: | Travers: | Hautb d’Amour | 2 Violini | Viola | con | Continuo | di Sign: | J. S. Bach. »
BRAATZ [BCW – Provenance] : « La partition autographe échut à Wilhelm Friedmann Bach à la mort de son père. Quand il mourut elle fut entre les mains d’un inconnu qui l’acquit peut-être lors d’une vente aux enchères. En 1827, la partition fut acquise par Carl Heinrich Philipp Pistor [1778- 1847. Collectionneur résidant à Berlin] qui la transmis en 1836 à sa fille Friederike Dorothea Elisabeth Rudorff. A l’époque ou la cantate fut publiée pour la première fois par la BG en 1876, elle était en possession de son fils Ernst Friedrich Carl Rudorff qui la revendit à Sedley Taylor en 1893. Quand Charles Sanford Terry publia en 1926 les textes des cantates de Bach, l’autographe figurait au « Fitzwilliam Museum » de Cambridge (GB). Personne ne sait au juste comment ce manuscrit fut acquis par le Musée où il se trouve de nos jours ».
SCHMIEDER (1973) : Partition en six feuilles foliotées autrefois en la possession du Professeur Rudorff à Berlin. De nos jours (vers 1973) il est au Fitzwilliam Museum de Cambridge.
SPITTA [Johann Sebastian Bach, volume III. Appendix 3, page 285] : «…The « Half Moon Watermark » (filigrane représentant une demie lune) sur la première moitié de la feuille (l’autre demeurant en blanc) est caractéristique d’un grand nombre de cantates de la dernière partie des oeuvres de Bach”. [Suit une série de 31 cantates; ldans cette série, la cantate BWV 91 a le numéro 23].

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
Pas de sources connues.

BRAATZ [BCW – Provenance] : « Comme à l’accoutumée, le jeu des parties séparées de la cantate [autrement dit du matériel d’exécution] revint à Anna Magdalena Bach qui les remit à la Thomasschule de Leipzig, fin des année 1750. Elles furent très souvent recopiées avant de disparaître complètement. Ceci advint entre les années 1800 et 1823. La copie imprimée du livret du texte original qui était distribué dans les églises de Leipzig se trouvait à la Bibliothèque de Saint-Péterbourg jusqu’en 1919 quand il disparut définitivement [à la Révolution bolchevique ?] Les éditeurs furent capables de reproduire une bonne image des intentions de Bach à partir de ces sources car elles contiennent de nombreuses indications de « dynamique, phrasés et tempo », indications que l’on ne retrouve pas toujours dans d’autres cantates. Il y a aussi un début du premier mouvement [1] abandonné par Bach ».

COPIES XVIIIe et XIXe SIECLES = ABSCHRIFTEN 18. 19. Jh.
bach;gwdg.de/bach = DB MUS.ms. Bach P 459, Faszikel 3. Copiste inconnu. Milieu du 19e siècle.
bach;gwdg.de/bach = DB MUS.ms. Bach P 1159/XVI. Faszikel 2. Berlin. Copie de F. Hauser. Première moitié du 19e siècle.
bach;gwdg.de/bach = D Leb GO S 313 (Bach Archiv. Leipzig). D’un copiste inconnu. Courant du 19e siècle (vers 1830 ?)
Annotations de J. F. Roschlitz.
bach;gwdg.de/bach = PL Wu (Varsovie, bibliothèque universitaire) RM 5912. Faszikel 1. Copiste inconnu. Première moitié du 19e siècle.
Un exemplaire perdu à la Berliner Singakademie, d‘un copiste inconnu.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 839] : « le chœur initial de BWV 115 fut publié par Friedrich Rochlitz dans le troisième et dernier volume de sa Sammlung vorzüglicher Gesangstücke der anerkannt grössten… Meister der für Musik entscheindensen Nationen (B. Schost’s Söhne, Mayence-Paris-Anvers, 1840) conjointement au chœur de BWV 101/1…[voir le détail dans BGA] ». 

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT AUSGABE = BGA (Édition de la Société Bach).
BGA. Jg. XXIV (24e année). Pages 111 à 132. Préface d‘Alfred Dörffel, (1876). Cantates BWV 111 à 120.
[La partition de la BGA est dans le coffret Teldec Das Kantatenwerk, volume 29. 1981].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I/ BAND 26. KANTATEN ZUM 22 UND 23 SONNTAG NACH TRINITATIS
Bärenreiter Verlag BA 5083. 1994. Andreas Glöckner. 6 fac-similés.
BWV 115. Pages 23 à 54. Bl. 1r der autographen Partitur (Fitzwilliam-Museum Cambridge, Mus. ms. 631). Satz 1, Takt 1-18.
Avec les cantates BWV 89, 55, 163, 139 et 52.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5083 41. 1994. Andreas Glöckner.

AUTRES ÉDITIONS BÄRENREITER classics.| Bach | Bärenreiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 10 | TP 1290. 2007.
Serie I. Band 26. Kantaten zum 22 und 223 Sonntag nach Trinitatis.
Herausgegeben : Andreas Glöckner.
Faksimile BWV 89, 115, 55, 163, et 139.
BWV 115. Pages 31 à 54. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1994.
Edition Note – Preface I/25 – Preface I/26.
BCW. Partition de la BGA et Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2965. Réduction chant et piano = EBH 7115. Partition du chœur = ChB 1857. Révision orgue et clavecin (Max Seiffert) = OB 1193 + copie des voix et des instruments.
2011. Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7115. Partition du chœur (8 pages) = ChB 4615.
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben (1982-1992-2010). Partition (64 pages) = CV (Carus Verlag) 31.115/00. Réduction chant et piano (Klavierauszug) = CV 31/115/03. Partition du chœur = CV 31/115/05. Harmonie (Harmoniestimmen) = CV 31/115/09. Flûte. hautbois d’amour = CV 31/115/021 et 22. Cor = CV 31.115/31. Trompette = CV 31.115/32.
Violon I, II ; Viola ; Violoncello piccolo ; Violoncelle / Contrebasse = CV 31.115/11 à 15.
KALMUS STUDY SCORES. N° 837. Volume XXXIII. New York 1968. Cantates BWV 113 à 116.


PÉRICOPE BWV 115

Vingt-deuxième dimanche après la Trinité.
Épître : Philippiens 1, 3 à 11 [PBJ. 1732 et 1733]. Action de grâces et prières.
Évangile : Matthieu 18, 23 à 35 [PBJ. 1483 et 1484]. Pardon des offenses – Parabole du débiteur impitoyable.

EKG. 22. Sonntag nach Trinitatis.
Entrée : Psaume 130, 4 [PBJ. 926] : « Près de toi se trouve le pardon / C’est alors qu’on te craint ».
Psaume 143 [PBJ 935]. Humble supplication : « Yahvé, écoute ma prière, / entends mes supplications…»
Cantique EKG 119 « Nimm von uns, Herr, du treuer Gott - Ecarte de nous, Seigneur, Dieu fidèle, / Le sévère châtiment et le grand danger »
(Martin Moller 1584).
Épître aux Philippiens 1, 3 à 11 [PBJ. 1732 et-1733]. Action de grâces et prières.
Évangile. Matthieu 18, 21 à 35 [PBJ. 1483-1484]. Pardon des offenses – Parabole du débiteur impitoyable.
Même occurrence, les cantates BWV 89 (24 octobre 1723) et BWV 55 (17 novembre 1726).


TEXTE BWV 115

Texte compilé très librement à partir du cantique Mache dich, mein Geist, bereit de Johann Burchard Freysten [un contemporain de Bach] par un poète inconnu, dans les mouvements 2 à 5.
Les mouvements 1 et 6 utilisent littéralement les strophes 1 et 10 (de huit vers chacune) du cantique (1697) : Mache dich, mein Geist, bereit de Johann Burchard Freystein (18 avril 1671 † Dresde, 1er avril 1718).
Renvoi au texte, EKG 261.
La mélodie apparue à Dresde, attribuée à Johann Rosenmüller (1655) est celle qui accompagne ordinairement le cantique « Straf mich nicht in deinem Zorn » de Johann Georg Albinus (1624-1679).
Le BCW renvoi aux compositeurs G. Ph. Telemann, J. G. Walther, G. A . Homilius… et Max Reger (opus 40/2)… ayant utilisé cette même mélodie.
Renvoi à EKG 176.

BCW [Discussion. Part 1. Dick Wursten, 14 novembre 2001] : «…Christoph Wolff avance avec de solides arguments, je crois, que le texte revient à Andreas Stübel, co-recteur à la retraite de la Thomasschule ».
BLANKENBURG : «…la cantate ne présente aucun rapport direct avec l’évangile du jour, consacré à la parabole du serviteur impitoyable, mais le poème, à l’origine en dix strophes, de J. B. Freystein (mort en 1718) correspond par contre aux sujets généraux de la fin de l’année ecclésiastique, période où l’on exhorte le fidèle à exercer sa vigilance pour se garder des forces obscures et à se préparer à l’imminence de la justice divine. Le fait que ce cantique ne figure pas dans la liste de ceux nommés pour le 22e dimanche après la Trinité s’explique par sa date de composition (il ne fut écrit que peu avant l’année 1720) mais il fut très vite adopté dans de nombreux livres de cantiques. Comme c’est la plupart du temps le cas, seules la première et la dernières strophes sont reprises littéralement dans le livret, les deux premiers versets de la strophe 7 servent en outre de commencement au texte du second air [4]. Renvoi, par exemple, aux cantates BWV 22 et 91].
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 238/239] : « Il n’est pas question de la parabole de l’intendant infidèle… le texte s’attarde, en adoptant un cantique généraliste, à mettre en état de veille le chrétien, à l’inciter à la prière et à lui demander de se purifier de ses péchés ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach., pages 302/303] : 1] et 6] : La mélodie apparaît à Dresde en 1694. Il ne faut pas confondre ce titre Straf mich nicht in deinem Zorn (BWV 115) avec un choral voisin « Herr straf mich nicht in deinem Zorn » sur une mélodie différente. Ces deux cantiques paraphrasent le psaume 6 [PBJ. 806]… une seule cantate [de Bach] élabore cette mélodie ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1037 à 1041) : «…Johann Burchard Freysten, humaniste thuringien quasi contemporain de Bach, conseiller à la cour de Saxe. Les idées diffusées par le piétisme l’ont influencé, et le texte entier de la cantate s’en ressent…»
FINSCHER : «…Bach met en musique le texte de provenance anonyme en accentuant particulièrement le ton d’exhortation, voire de zèle enflammé, de son invitation à la pénitence et à la prière…»
NEUMANN : Compilation des strophes 2 et 7 du cantique de Freystein dans les mouvements 2 et 4 de la cantate, les strophes 3 à 6 dans le mouvement 3 ; les strophes 8 et 9 dans le mouvement 5 ».
SCHMIEDER : Texte d’après le cantique de Johann Burchard Freystein (1697).


GÉNÉRALITÉS BWV 115

HALBREICH : « Enregistrée pour la toute première fois (Karl Richter, 1979), cette cantate est de bout en bout un grand chef-d’œuvre, d’une forte concision…»
ROMIJN : « W. G. Whittaker, qui dut le premier musicien des temps contemporains à diriger en public l’intégrales des cantates de Bach à l’Entre-deux guerre, et dont les ouvrages sur Bach font encore autorité, déclarait que la cantate…BWV 115, écrite pour le 5 novembre 1724, « est l’une des plus parfaites d’entre toutes », à fort juste titre…» [ « Il est heureux que Bach ait réduit les dix strophes du cantique de J. B.Freystein en six mouvements. Il s’ensuit que la cantate est brève et qu’elle ne comporte pas d’éléments inutiles. Chaque mouvement et du plus haut intérêt ; la cantate est l’une des plus parfaites entre toutes ».
SCHWEITZER [J.-S. Bach, page 400, (note] : « Parmi les cantates où sont indiquées, soit en totalité, soit partiellement des indications de tempo, nous pouvons noter les cantates BWV 106, 23, 12, 151, 115 et 57 ainsi que dans la Messe en si et d’autres cantates profanes ».


DISTRIBUTION BWV 115

NEUMANN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. – Chor. Horn (cantus firmus, uniquement dans les mouvements 1 et 7; Querflöte, Oboe d’amore ; Violoncello piccolo, Streicher ; B.c ;
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Flauto trav.; Oboe d‘amore; Corno; Viol. I, II; Vla.; Vcl. Piccolo.; Continuo.
BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 1, page 659] : « Le violoncello piccolo toujours à cinq cordes, employé par Bach dans neuf cantates composées dans les années 1724-1726 : BWV 6, 41, 49, 68, 85, 115, 175, 180 et 183 ».


APERÇU BWV 115

  1] CHORALCHORSATZ. BWV 115/1 MACHE DICH, MEIN GEIST, BEREIT, / WACHE, FLEH UND BETE, | DAß DICH NICHT DIE BÖSE ZEIT / UNVERHOFFT BETRETE ; | DENN ES IST / SATAN LIST / ÜBER VIELE FROMMEN / ZUR VERSUCHUNG KOMMEN.

Prépare-toi, mon esprit, / veille, implore et prie / que l’heure funeste / ne te prenne pas au dépourvu / car c’est / la ruse de Satan / d’induire maints êtres justes et pieux / en tentation.

Première strophe du cantique Mache dich, mein Geist, bereit (Dresde, 1694-1697) de Johann Burchard Freysten.

Sol majeur (G dur), 75 mesures, 6/4
BGA. XXIV. Pages 111 à 122 | Dominica 22 post Trinitatis. | Flauto traverso. | Oboe d’amore. | Violino I. II., Viola. | Soprano. / Corno col Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Mélodie « Straf mich nicht in deinem Zorn ». Partie instrumentale indépendante avec texte intercalé. Cantus firmus au soprano

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 364/365] : «…La fantaisie sur choral par laquelle s’ouvre la partition – le cantus firmus est au soprano et est renforcé par un cor – malgré sa brièveté (75 mesures) est articulée de manière assez complexe, et constitue un parfait exemple de cette concinnitas, tout à la fois élégance et recherche, que Bach sait à chaque instant prodiguer à pleines mains. Un grand nombre de détails vaudraient d’être mis en lumière, mais il suffira d’en aborder quelques-uns pour se rendre compte de l’articulation de la page. Au quatuor des voix s’oppose et se juxtapose un quatuor instrumental composé de flûte traversière, hautbois d’amour, violon I et II et alto à l’unisson, continuo. Le quatuor se réduit à un duo dans les mesures 1 à 6 et 20 à 25, c’est à dire dans la première partie (a) de la section instrumentale (d’une longueur de 11 mesures qui précède l’exposition des deux premiers distiques, cependant que les ritournelles instrumentales suivantes (de dimensions plus contenues) verront employer le groupe instrumental au complet. La deuxième partie (b) de la section instrumentale citée (mesures 7 à 11 et 26 à 30) évolue en double canon : d’un côté flûte et hautbois en canon à la septième, de l’autre cordes et continuo à la quarte (sur une figuration différente). Le premier vers des deux distiques cités est entonné dans le style imitatif, cependant que le second est en accords ; également en style imitatif sont les versets VII et VIII sur lesquels s’achève la strophe, cependant que les versets V et VI – très courts – sont réalisés comme de simples motets en style homophone. Dans la ritournelle proposée entre les versets IV et V, les deux instruments à vent échangent leur rôle, cependant que les figurations du continuo se présentent par un mouvement contraire par rapport à la partie à l’unisson, des cordes. Dans la ritournelle conclusive (mesures 64 à 75) la section b est reprise, mais en amplifiant la portée par la réitération du motif énergique et dynamique de la flûte ».
BLANKENBURG : «…Bien que le chœur d’entrée se base selon la forme habituelle sur un choral (le choral, d’écriture en partie homophonique, en partie polyphonique, est intégré verset par verset avec des notes du cantus firmus prolongées, renforcées par un cor, à une composition orchestrale autonome ; il se singularise par la conduite à l’unisson des cordes, procédé dont résulte un quatuor dont les autres éléments sont fournis par la flûte traversière, le hautbois d’amour et le continuo ».
BOMBA : «…le début du premier mouvement est en aucun cas spectaculaire ; les cordes réunies (violons et violes), puis les flûtes et enfin les hautbois concertent… accompagnés de la basse continue qui répète un motif marquant en croches et en octaves, ces instruments forment un mouvement de quatuor dont la réduction des registres des cordes au seul violon augmente la transparence de musique de chambre. Mais le motif par lequel toutes les trois voix commencent est marquant ; un saut d’octave de temps en temps ascendant auquel se joignent des montées de croches s’étalant et des chaînes de doubles croches coulant vers la détente…Bach y insère le chœur qui expose vers après vers le choral… la mélodie est chantée par le soprano - et reçoit le renfort d’un cor - alors que les voix inférieures reprennent les motifs des instruments, mais raccourcissent le motif de l’octave sur des croches (très difficiles à chanter). Ce mouvement a un caractère assuré mais aussi incitatif : il peut être très bien mis en relation avec les formes de l’impératif du premier vers du texte [Prépare-toi, mon esprit…]. Dans le deuxième vers cependant cette musique concertante enjouée s’assombrit perceptiblement. Bach expédie les mots «  fleh und bete » et de même « unverhofft betrete » au travers d’un entrelacement de voix aux couleurs chromatiques. Il procède d’une manière semblable vers la fin, au moment où il est question de la tentation de Satan ; la phrase instrumental se modifie également avant ce dernier vers du texte, la flûte et le hautbois à l’unisson se voient soudain confrontés à un registre de cordes qui répète leurs doubles croches sur un ton, interrompu de notes intermédiaires aux mouvements d’allées et venues - une figuration virtuose qui métamorphose ce qu’il y avait avant qui était si enjoué, en un point mort et en pures apparences. Un morceau à deux visages donc. Quelque soit la signification de cette figuration spectaculaire, elle est le fil directeur qui donne le caractère de musique de chambre à cette cantate…d’un coté Satan ; de l’autre Dieu ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 238/239] : « Élaboration chorale sur mélodie de choral (MDC) 094 de type II. Ritournelle de l’orchestre indépendante. Cantus firmus au soprano (+ cor) ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach., pages 302/303] : «…La mélodie est traitée dans une trame orchestrale peu dramatique mais relativement rigoureuse et sévère puisque l’incipit instrumental est fugué avec entrée des cordes puis de la flûte traversière et du hautbois d’amour, le continuo ayant une thématique propre. L’élaboration chorale confie au soprano (doublé par le cor) le cantus firmus, les autres voix reprennent l’incipit instrumental fugué…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1037 à 1041) : «…Le puissant portique introductif est bâti comme une fantaisie de choral, grande sinfonia destinée à sertir à intervalles réguliers les huit périodes du cantique, confiées aux quatre voix du chœur… Les cordes, à l’unisson, lancent un motif impérieux sur un saut d’octave, signe de l’exhortation pressante à la vigilance et à la prière, sur d’insistante figures du continuo. Ce motif est repris par la flûte et le hautbois, en entrées canoniques à la seconde qui accroissent le sentiments d’urgence… tandis que les cordes et le continuo se renvoient le motif initial de la partie de basse continue. La ritournelle introductive s’achève à la flûte par une longue arabesque de doubles croches … Ensuite entrent à tour de rôle les huit périodes du choral, en cantus firmus au soprano renforcé par l’éclat du cor, tandis que les trois voix inférieures travaillent le motif de la ritournelle en diminutions. L’harmonie se fait parfois douloureusement chromatique comme sur « flehimplore », « beteprie », « unverhofftau dépourvu » ou « Versuchungtentation »… La sinfonia instrumentale se déploie de bout en bout du morceau poursuivant ses jeux raffinés de canons et d’imitations ».
FINSCHER : «…Le chœur d’entrée, qui offre une délicatesse d’écriture proche de la musique de chambre et dont la ritournelle au motif caractéristique consistant en un saut d’octave, est reprise par les voix du chœur non liées au choral, dépeint avec une netteté exceptionnelle le « fleh und bete » du deuxième verset du choral en recourant à un traitement chromatique et à la modulation en ut mineur…»
GARDINER : «…Dans la fantaisie de choral de l’introduction en sol majeur, l’orchestre est à quatre parties… violons et altos à l’unisson…avec un cornetto en sol ajouté pour doubler la mélodie détachée de l’hymne en notes longues des sopranos. L’écriture instrumentale est subtile et requiert un équilibre très minutieux, du fait notamment que les violons et altos à l’unisson peuvent aisément dominer flûte et hautbois d’amour. Les cordes commencent sur un saut d’octave, par la suite associé à l’injonction « tiens-toi prêt, mon esprit » exposée par les trois voix les plus graves du chœur… cela tient lieu de ritornello entre les lignes du texte, souvent brisées à mi-phrase, l’idée surmontant chacune de ces ruptures…»
HALBREICH : «…Morceau d’ouverture d’une verve contrapuntique et concertante (flûte, hautbois, violons) prodigieuse, d’une vitalité irrésistible, où Bach élabore autour d’un cantus firmus Straf nicht in deinem Zorn (dont c’est la seule apparition dans une cantate) une fantaisie canonique aux modulations surprenantes ».
HIRSCH : « Le symbole du chiffre « 7 », symbole de la foi, la vertu et les sacrements, sanctification du septième jour dans la création du monde.... Ici un thème de deux fois 7 notes ».
HOFMANN : «…Strophe du cantique énoncée vers après vers, intercalée dans une partie orchestrale d’allure concertante. Le cantus firmus se retrouve à la partie de soprano, soutenue ici par un cor. L’écriture des parties d’alto, de ténor et de basse est tantôt imitative, tantôt homophonique. La partie d’orchestre est complètement indépendante du point de vue thématique… Bach recourt ici à la forme de la chaconne, une danse solennelle fortement typée… qui se caractérise musicalement notamment par des éléments traités en ostinato et en variations. La partie instrumentale se distingue par une transparence inhabituelle et une couleur originale : sur la basse continue, pas plus de trois voix s’expriment : une flûte à bec, un hautbois d’amour et, réunis à l’occasion, les deux parties de violon ainsi que les altos. Le jeu d’alternance dans une ambiance de musique de chambre s’accorde dans ce mouvement beaucoup de place. La représentation musicale du contenu du texte se limite à n’illustrer que quelques mots comme « flehsupplie »… et « Versuchungtentation » par des tournures chromatiques et des perturbations harmoniques…»
MACIA [Tout Bach, pages 183/184] : «…cantus firmus aux sopranos doublées par le cor. Les autres voix du chœur s’en distinguent en imitation ou les rejoignent lors de passages homophones : le tout est serti dans un tissu orchestral au caractère chambriste et à la thématique indépendante, conçu en quatuor pour flûte traversière, hautbois d’amour, cordes et continuo. Le climat est d’une ferveur orante et suppliante avec sur le deuxième vers « fleh und bete «  un chromatisme mélodique et une modulation en ut mineur ».
[Les mélodies simultanées, page 141] : «…La supplication du mot « flehen » devient plus pressante et semble larmoyer, quand le ténor et la basse la répètent d’un ton gémissant, après avoir fortement articulé, de concert avec l’alto, cette brève exhortation « veille », tandis que le soprano poursuit le chant du cantique… Dans cet exemple, les voix ajoutent, à la mise en œuvre du choral, plus d’émotion que de pittoresque. Elles révèlent le profond sentiment d’anxiété qui règne dans les paroles… C’est le caractère intime de la poésie qui transparaît ici dans les accents du chœur ». [+ Exemple musical sur les mots « wache, fleh’ und bete, fleh’ und bete ». BG. XXIV, page 113].
SCHWEITZER [J.S. Bach, volume 2, page 38] : « Le premier chœur de la cantate est dominé, comme dans la cantate BWV 140 par un motif animé et constant symbolisant la veille « wache - veille] et la musique n’en sera pas détournée par l’autre thème de « prie - bete ».


2] ARIE ALT. BWV 115/2
ACH SCHLÄFRIGE SEELE, WIE ? RUHEST DU NOCH ? / ERMUNTRE DICH DOCH ! | ES MÖCHTE DIE STRAFE DICH PLÖTZLICH ERWECKEN / UND, WO DU NICHT WACHEST, / IM SCHLAFE DES EWIGEN TODES BEDECKEN.

Comment, âme somnolente ? Tu te reposes encore ? / Enhardis-toi donc / Le châtiment pourrait t’éveiller soudain / et, si tu ne veilles pas, / te recouvrir du sommeil de la mort éternelle.

Mi mineur (e moll), 150 mesures + le da capo = 260 mesures, 3/8
BGA. XXIV. Pages 123 à 127 | ARIE. | Adagio. | Oboe d’amore. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Forme da capo. Oboe d’amore ; Streicher ; B.c. Alt. Prélude instrumental aux mesures 1 à 33. Marqué « adagio. Allegro mesures 110 sur les paroles « Es möchte die Strafe dich plözlich…». Adagio, mesure 132 à 150. Reprise Da capo jusqu’à l’allegro « exclu ».

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 274] : « Mouvement de danse, ici une « Sicilienne ».
[volume 2, page 365] : «…Les arias [2 et 4] adoptent toutes deux la forme avec da capo et un mouvement identique (respectivement adagio et molto adagio) ; mais un magistral emploi des effets rythmiques et instrumentaux permet d’éviter toute monotonie… La première aria, pour contralto, emploie le hautbois d’amour et les cordes (cette fois séparées) et adopte un mouvement de sicilienne, se traduisant en une véritable aria « aria del sonno », soutenue par les pulsations régulières du continuo, et révélant tout au long, l’attention particulière portée à la différenciation des plans et des poids sonores, ainsi que des pauses qui suggèrent les interrogations du texte…»
BLANKENBURG : «…le premier air, de forme da capo et avec accompagnement orchestral, rend bien, avec sa « mélancolique sicilienne (Alfred Dürr) le climat expressif des paroles « Ach schläfrige Seele, wie ? ruhest du noch » avec lesquelles contraste fortement le vif épisode médian commençant par les mots « Es möchte die Strafe die plötzlich erwecken ».
BOMBA : «…long prélude instrumental joué par les cordes et les hautbois en une berceuse envoûtante pour l’âme, le châtiment terrible qui menace est dépeint par une courte partie centrale en un mouvement tumultueux ».
BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach., pages 302/303] : «…rythme de sicilienne ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1037 à 1041) : «… marqué « adagio »… rythme de sicilienne… un véritable air du sommeil, aux couleurs funèbres… Ritournelle d’un poétique hautbois d’amour aux courbes descendantes, sur les ponctuations obstinées de la basse, avec lequel bientôt la voix soliste dialogue en imitations. Celle-ci entre dans la nuance marquée pianissimo par le compositeur… la section centrale de l’air (B) [sur Es möchte die Strafe] contraste vivement par les accents vigoureux et les fusées instrumentales d’un allegro… très longue vocalise sur le mot « wachest » avant que tout ne s’affaisse dans un adagio conclusif… Reprise de la section initiale (A) à l’identique ».
CROUCH [BCW] : Le style de cette superbe aria n’est pas sans évoquer celui de l’air [d’alto] Erbarm dich de la Passion selon saint Matthieu [deuxième partie, n° 47].
FINSCHER : «…concentration sur le thème du sommeil, de la mort et de l’irruption soudaine, décrite avec une expressive vigueur, du châtiment fondant sur le pécheur… une sicilienne (association de la berceuse)…le recours à la thématique de la sicilienne après l’allegro subit du commencement de la partie centrale illustre en la faisant tomber sous le sens l’étroite proximité existant entre le sommeil de l’âme somnolente et le « sommeil de la mort éternelle ».
GARDINER : « Dans le premier air, les croches mettant à peine en vibration le mi bémol répété de la basse, dépeignent le lourd sommeil de l’âme. Au-dessus, le hautbois d’amour commence par doubler le premier violon puis aspire à se libérer, tissant une figure ascendante et descendante… L’injonction [Enhardis-toi donc / Le châtiment pourrait t’éveiller soudain…] incite à cinq reprises la basse continue à un saut d’octave… Après cent neuf mesures, la musique offre vingt-deux mesures allegro nourries de vives mises en garde quant au prix à payer pour tout manque de vigilance… pathos, somnolence et lutte intérieure au sein de ce superbe siciliano…»
HALBREICH : «…Vif contraste avec [1], dialogue pathétique de la voix et du hautbois d’amour, d’une nostalgie intense, sur fond de basses profondes, page de la même famille spirituelle et musicale que le célèbre Ich habe genug de la cantate BWV 82 ».
HOFMANN : «…l’air commence comme une scène de sommeil…Sur une harmonie qui progresse lentement aux cordes, une mélodie grave à la manière d’une sicilienne évolue, puis le hautbois d’amour,, traité en soliste, se dégage rêveusement de l’orchestre pour aussitôt déboucher de nouveau dans une atmosphère languissante et « somnolente »… L’aspect menaçant de la situation est souligné musicalement par un assombrissement dramatique avec un changement brutal de tempo qui passe d’adagio à allegro ».
MACIA [Tout Bach, pages 183/184] : «…ample da capo qui fait le lien classique entre le « repos de l’âme somnolente » et « le sommeil de la mort éternelle » sur un rythme de berceuse adagio. Dans la partie centrale, un brusque allegro surgit sur les mots « Es möchte die Straf dich…» avant le retour de la berceuse à l’allure de sicilienne ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach.- Le commentaire de l’accompagnement instrumental, page 172] : « La basse est formée de notes répétées, image de quiétude dans l’accompagnement… la même figure rythmique est employée dans l’air d’alto [+ Exemple musical sur les mots « Seele, wie ? ». BG. XXIV, page 123]. Renvoi à la cantate BWV 81/1. Sur « Jesus schläft - Jésus dort…»
[La traduction du texte, page 276] : «…dans l’air d’alto de la cantate, une modulation majeure vivifie le chant et se prolonge dans l’accompagnement, en accords clairs, quand, après avoir reproché à l’âme sa torpeur, le chanteur s’écrie : « Éveille-toi donc – Ermuntre dich doch ! ». BG XXIV, page 124.  
ROMIJN : L’aria d’alto se présente sous la forme d’une ample sicilienne dont la mélodie solennelle et calme évoque le sommeil d’une manière éblouissante, un sommeil dont l’on peut toutefois se réveiller dans la douleur…»


3] REZITATIV BAß. BWV 115/3
GOTT, SO FÜR DEINE SEELE WACHT, / HAT ABSCHEU AN DER SÜNDEN NACHT ; / ER SENDET DIR SEIN GNADENLICHT / UND WILL VOR DIESE GABEN, / DIE ER SO REICHLIH DIR VERSPRICHT, / NUR OFFNE GEISTESAUGEN HABEN. / DES SATANS LIST IST OHNE GRUND, / DIE SÜNDER ZU BESTRICKEN ; / BRICHST DU NUN SELBST DEN GNADENBUND, / WIRST DU DIE HILFE NIE ERBLICKEN. / DIE GANZE WELT UND IHRE GLIEDER / SIND NICHTS ALS FALSCHE BRÜDER [R. Wustmann : „hat viele falsche“] ; / DOCH MACHT DEIN FLEISCH UND BLUT HIEBEI / SICH LAUTER SCHMEICHELEI.

Dieu, qui veille pour ton âme, / abhorre la nuit des péchés ; / Il t’envoie la lumière de sa grâce / et ne veut pour ce don / qu’il te dispense avec une telle abondance / que voit ouverts les yeux de l’esprit. / Insondable est la ruse de Satan  à ensorceler les pécheurs ; / Si maintenant tu romps toi-même l’alliance de grâce / tu ne verras jamais poindre le secours. / Le monde entier et ses humains / ne sont que de faux frères ; / Pourtant ta chair et ton sang / y trouvent maintes fallacieuses flatteries.

Sol majeur (G dur) → si mineur (h moll), 16 mesures, C
BGA. XXIV. Page 128 | RECITATIV. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco.

BOMBA : «…Il est à noter que Bach met souvent en musique les déclarations théologiques les plus importantes dans des morceaux de genre très simple - certainement afin de ne pas entraver l’attention de l’auditeur…»
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien Bachdirection des motifs, page 35] : « …L’idée de plénitude lui [à Bach] suggère aussi des motifs de grande envergure. Il les forme volontiers avec les notes de l’accord parfait arpégé, et les épanouit sur l’octave entière [+ Exemple musical sur le mot « ganz » BG XXIV, page 128]. Renvoi aux cantates BWV 161 et 103 ainsi qu’aux Passions selon saint Matthieu, BG. IV, page 29 et saint Jean, BG XII1, page 113.
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach.- Formation des motifs, page 57] : «…Pour dire l’insinuante perversité de Satan… Bach imagine des successions mélodiques brusques et insidieuses, dont l’accompagnement aggrave l’incohérence tonale…Dans la cantate BWV 115, il exprime, sur un large motif désaccordé, les paroles suivantes « La ruse de Satan n’a pas de fond ». [+ Exemple musical sur « Des Satans List ist ohne Grund. BG. XXIV, page 128]. Renvoi à la cantate BWV 18/3.


4] ARIE SOPRAN. BWV 115/4
BETE ABER AUCH DABEI / MITTEN IN DEM WACHEN ! | BITTE BEI DER GROßEN SCHULD / DEINEN RICHTER UM GEDULD, / SOLL ER DICH VON SÜNDEN FREI / UND GEREINIGT MACHEN !

Mais prie aussi / Tout en veillant / Prie ton juge de se montrer indulgent / A l’énormité de ta faute, / De te délivrer et de te purifier / Des péchés.

Peut-être une manière d’allusion [?] à l’évangile de Matthieu [PBJ. 1483], la « parabole du débiteur impitoyable » avec ici dans la cantate : « Prie ton juge de se montrer indulgent ».

Si mineur (h moll), 64 mesures, C
BGA. XXIV. Pages 128 à 131 | ARIE. | Molto Adagio. | Flauto traverso. | Violoncello piccolo. | Soprano. | Continuo. | Da capo.
NEUMANN. Forme quatuor. Querflöte, Violoncello piccolo, Sopran, B.c. Da capo.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 365] : «…la seconde aria, pour soprano, impose un tour de force contrapuntique à la flûte et au violoncello piccolo, et la lenteur de l’allure est compensée par le déploiement fluctuant et fluide du motif mélodique ».
BLANKENBURG : «…deuxième air offrant la singulière distribution flûte traversière, violoncelle piccolo, soprano et continuo. Bach n’associe la citation littérale, déjà mentionnée , du texte de la strophe 7, à nulle réminiscence de la mélodie du cantique…»
BOMBA : «…Le mot « bete - prie » s’orne de deux longs tons, le soprano s’intègre ensuite dans un entrelacement inhabituel d’instruments aux notes élevées comme la flûte et le violoncelle piccolo - un mouvement de quatuor tel qu’on pourrait se le représenter également au centre d’une œuvre de musique de chambre d’une certaine ampleur…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1037 à 1041) : «…si mineur, ton de la souffrance et de la déploration funèbre… écriture en quatuor mais principalement un duo instrumentale très émouvant où le violoncelle répond à la flûte…… souples festons d’un admirable contrepoint. Au terme d’une longue ritournelle, le soprano entre pour revenir obstinément sur les mots « beteprie » et « Bitteimplore », et répétant ces injonctions entrecoupées de silences, sur des degrés ascendant…» 
FINSCHER : «…un remaniement madrigalesque du texte, ici de la 7eme strophe du cantique…morceau de musique de chambre pour instruments solo, ici une flûte et violoncelle piccolo (c’est la seconde fois que Bach utilise cet instrument après la cantate BWV 180, de deux semaines antérieure) dans la texture duquel la partie chantée intègre en quelque sorte son propre réseau tissé de motifs de prière et d’imploration formulés somme autant de soupirs »
GARDINER : «…On pourrait difficilement imaginer palette de timbres plus subtile et plus délicatement diversifiée que celle réunissant soprano, flûte et violoncelle piccolo…»
HALBREICH : «…Sommet de la cantate, si mineur avec flûte et violoncelle piccolo -remplacé ici [dans la version de Karl Richter] encore, hélas, par un violoncelle ordinaire-. Page d’une intense ferveur dans la supplication, et qui ne s’efface plus de la mémoire après une audition seulement ».
HOFMANN : «…par rapport avec l’air précédent [3], un contraste extrême. Tout effet de théâtralité en est absent… la musique enrobe ici les mots d’une atmosphère d’humilité et de recueillement. Ce mouvement est également une œuvre de musique de chambre de première qualité. Sur une basse continue qui soutient délicatement l’harmonie, la flûte et le violoncelle piccolo tracent des lignes mélodiques expressives et les entrelacent, sans interruption, alors que la voix intervient par endroit avec une cantilène noble à la manière d’un troisième instrument soliste ».
MACIA [Tout Bach, pages 183/184] : «…Invite douce et pressante à la prière…Le mouvement est parcouru de soupirs, de langueurs et de formules d’imploration…»
MARCHAND : « Mouvement dont les proportions correspondent exactement au nombre d’or. Le nombre de mesures que divise 1, 618 ».
NEUMANN : la phrase « Bete ber auch dabei Mitten in dem Wachen - Mais prie aussi / Tout en veillant » est la citation littérale du début de la neuvième strophe du cantique de J.B. Freysten ».
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach.- La traduction du texte, pages 262/263] : «…insistance de Bach… qui donne tant de force à la déclamation… dans l’air de soprano [BWV 115/4]… le conseil de prière s’élève, degré par degré, comme la prière elle-même ». [+ Exemple musical sur les mots « Bete, bete, bete ». Renvoi à BG. XXIV, page 129].
ROMIJN : « …un air miraculeux, confié à la soprano, la flûte et le violoncello piccolo ; l’on peut imaginer que les sauts d’intervalles montants soulignent peut-être bien les prières s’élevant au ciel, tandis que les lignes descendantes évoqueraient la congrégation à genoux… »


5] REZITATIV TENOR. BWV 115/5
ER SEHNET SICH NACH UNSERM SCHREIN, / ER NEIGT SEIN GNÄDIG OHR HIERAUF [R. Wustmann : „danach“]  ; / WENN FEINDE SICH AUF UNSERN SCHADEN FREUEN, / SO SIEGEN WIR IN SEINEN KRAFT : / INDEM SEIN SOHN, IN DEM [R. Wustmann et W. Neumann : „durch den“]  WIR BETEN, / Arioso : UNS MUT UND KRÄFTE SCHAFFT / UND WILL ALS HELFER ZU UNS TRETEN.

Il soupire après notre appel de détresse / vers lequel il penche son oreille clémente ; / Quand les ennemis se réjouissent de nos maux, / nous vainquons par sa puissance / puisque son fils, que nous implorons en prière, / nous procure le courage et les forces / et veut nous assister de son secours.

Si mineur (h moll) → Sol majeur (G dur), 10 mesures, C
BGA. XXIV. Page 132 | RECITATIV. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco avec arioso encastré (mesures 7 à sur les paroles „Muth und Kräfte schafft und will als Helfer zu uns treten“ et citation du choral.

BOMBA : «…un arioso final étendu pour décrire la certitude de l’aide de Dieu…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 238/239] : « Récit secco (7 mesures) puis arioso de 3 mesures) ».


6] CHORAL. BWV 115/6
DRUM SO LAßT UNS IMMERDAR / WACHEN, FLEHEN, BETEN, | WEIL DIE ANGST, NOT UND GEFAHR / IMMER NÄHER TRETEN ; || DENN DIE ZEIT / IST NICHT WEIT, / DA UNS GOTT WIRD RICHTEN / UND DIE WELT VERNICHTEN.

C’est pourquoi ne cessons jamais / de veiller, d’implorer, de prier, / car la peur, la détresse et le danger / se font de plus en plus proches, / car le temps n’est pas loin / où Dieu nous jugera / et anéantira le monde.

Dixième et dernière strophe du cantique Mache dich, mein Geist, bereit (Dresde, 1694-1697) de Johann Burchard Freysten.

Sol majeur (G dur), 14 mesures, C
BGA. XXIV. Page 132 | CHORAL. | Soprano. / Corno, Flauto, Oboe d‘amore, Violino I. col Soprano. | Alto. / Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé. Ensemble instrumental comme dans le premier mouvement.
BOMBA : «…souligne en quelque sorte la morale de cette cantate par le choral ». BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach., pages 238/239] : « Choral harmonisé sur mélodie de choral (MDC) 094 de type I ». BOYER [Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach., pages 302/303] : «…choral harmonisé dans la claire tonalité de sol majeur. Rien ne transparaît dans cette élaboration radieuse du climat de terreur des paroles de la strophes choisie : « C’est pourquoi ne cessons jamais / De veiller, d’implorer, de prier… Il y a là un certain hiatus entre la sérénité de la musique et le climat apocalyptique du texte… Traitement unique dans l’œuvre de Bach… Jamais mélodie de pénitence n’a été aussi peu sévère … Renvoi à un choral pour orgue de G. A Homilius (1714-1788), le choral « Straf mich nicht »… dans la radieuse tonalité de mi majeur ». 
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach, pages 1037 à 1041) : « cantique de Freystein traité traditionnellement en harmonisation homophone, les cordes doublant les voix, le soprano renforcé par les instruments à vent ».
DÜRR : Le simple choral final ramène au thème fondamental de la cantate « veiller, implorer, prier ». [cette insistance évoque le même thème trouvé dans la cantate BWV 70 « Wachet ! betet ! betet ! wachet !]
FINSCHER : «…le choral final est extrêmement simple et adopte, comme le chœur d’ouverture et en dépit des accents farouches des derniers versets du texte, la sobre tonalité de sol majeur ».
MACIA [Tout Bach, pages 183/184] : «…retour au sol majeur initial…où l’on remarque le caractère combatif et apocalyptique des derniers vers « Le temps n’est pas loin où Dieu nous jugera et anéantira le monde ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 115

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MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 23. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 11 novembre 2001. - 2] 22 octobre 2006. Prévision : 5 août 2012.
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: Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach. L’Harmattan 2003. Pages 302/303
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Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 312 (sol majeur).
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Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Volume III, page 286
WOLFF, Christoph : Notice de l‘enregistrement de Ton Koopman, volume 11. 2000
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 260 à 262
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. Page 173
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 115


BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Huit références (novembre 2001 – mai 2011) + huit mouvements individuels (novembre 2001 – mars 2011)..
Exemples musicaux : Aryeh Oron ( mars 2003 – janvier 2005).

4] COIN. Ensemble baroque de Limoges. Concerto Vocale de Leipzig. Soprano : Barbara Schlick. Alto : Andreas Scholl.
Ténor : Christoph Prégardien. Basse : Gotthold Schwarz. Église de Ponitz. Thuringe (D). Novembre 1993. Durée : 23’29
CD Astrée Audivis E 8530 (1994) - AS 128530 (1999) - label Naïve Classique Baroque Voices 23. (années 2000).
Il s’agit du même enregistrement sous quatre différents « habillages ». Avec les cantates BWV 180 et 49
7] GARDINER (volume 12). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists. Soprano : Joanne Lunn. Contre-ténor : Robin Tyson.
Ténor : James Gilchrist. Basse : Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. All Saints Church. Tooting (GB), 17 novembre 2000.
Durée : 25’56
CD SDG (Soli Deo Gloria) 171. 2010. Distribution en France, novembre 2010. Avec les cantates BWV 55, 115 et 60
3] HARNONCOURT. Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien. Soprano : Markus Huber, jeune soliste du Tölzer Knabenchor.
Alto : Paul Esswood. Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Philippe Huttenlocher. Juin 1981. Durée : 21’53
Disque Teldec 6.35577-00-501-503 (SKW 29/1-2). Das Kantatenwerk (volume 29)
CD Teldec 242608-2 ZL Das Kantatenwerk, volume 29. 1989
CD (D). Teldec 4509-91760 2 ;. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 6. Intégrale en coffret de six CD, BWV 100 à 117
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret, 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise CD Warner Classics 8573 81174-5. Intégrale en CD séparés, volume 36. 2007
5] KOOPMAN (volume 11). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Sybilla Rubens. Alto : Annettte Markert. Ténor : Christoph
Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Octobre 1999. Durée : 22’24
Coffret de trois CD Erato 8573-80215-2. 2000. Reprise label Antone Marchand. Challenge Classics CC 72211. 2006
6] LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Sopran : Marjon Strijk. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der
Meel. Basse : Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Novembre et décembre 1999. Durée 20’51
CD Brilliant Classics. Bach Edition. 2000. Volume 11. Cantates, volume 5
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics III - 93102 24/70 Avec les cantates BWV 55 et 94
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une édition „augmentée“ : 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant les
Passions selon saint Jean et saint Matthieu.
1] RICHTER. Münchener Bach-Chor. Münchener Bach-Orchester. Soprano : Edith Mathis. Contralto : Trudeliese Schmidt.
Ténor : Peter Schreier. Basse : Dietrich Fischer-Dieskau. München, Herkules-Saal, 22/10/1977 –3/4 et 5/3 – 4/5/ 1978. Durée : 24’13
Coffret de 6 disques Archiv Produktion, 2722 030/2564 176 volume V. 1979
Reprise en coffret de 26 CD Archiv Produktion, Volume V/3. 439397-2. 1994. Sonntage nach Trinitatis II.
2] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Arleen Auger. Alto : Helen Watts. Ténor : Lutz-Michael
Harder. Basse : Wolfgang Schöne. Gedächtniskirche, Stuttgart (D). Février, avril 1980. Durée : 21‘19
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98712. Avec la cantate BWV 38 →*C 609
CD. Die Bach Kantate (volume 58). Hänssler-Classic. Laudate 98820. Avec les cantates BWV 163 et 139
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 37). Hänssler-Verlag 92037. 1999
] SUZUKI (volume 27). Bach Collegium Japan. Soprano : Susanne Rydén. Contre-ténor : Pascal Bertin. Ténor : Gerd Türk. Basse : Peter
Kooy.Kobe Shoin Women‘s University Chapel. Japan. 6 au 9 septembre 2003. Durée : 22’44
CD Bis1421 (2005). Avec les cantates BWV 5 et BWV 80


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 115

M-1. Mvt. 4] Aria pour soprano (Eileen Farell + flûte). Bach Aria Group. Disque Decca Gold Label. Milieu des années 1950
M-2. Mvt. 1] Hans Pflugbeil. Greifswalde Bach Tage Choir. Disque début des années 1950-1960. Report sur CD Soli Deo Gloria, volume 7
M-3. Mvt. 1] Brian Priestman. Bach Aria Group, chœur et orchestre. Courant des années 1960.
Disque et reprise en coffret de 2 CD Vox Box CDX 5127. 1995
M-4. Mvt. 4] Soprano : Kathleen Battle. John Nelson. Orchestre de Saint Luc. New York. Années 1989 et 1990. CD DGG 429737. 1992
M-5. Mvt. 1] Kathy Geisler. Transposition par ordinateur. CD Well Tempered Productions « 21st Century Bach.
M-6. Mvt. 4] Airs pour soprano. Coeli Ingold. Cleveland Camerata. Baldwin-Wallace College. Conservatoire. Berea. Ohio. USA.
21 mai 1994. Live.
M-7. Mvt. 6] Bohumil Kulinsky. Bambini di Praga. Orgue et trompette. Avril 1997. CD Supraphon « Alte Chörale ». 1997.
M-8. Mvt. 6] Nicol Matt. Nordic Chamber Choir. Soloists of the Freiburger Barockorchester. Juin 1999
Bach Edition 2000. CD Brilliant Classics: Bayer Record. Volume 17. Œuvres vocales, volume II.
Reprise Bach Edition 2006. Le Nordic Chamber Choir est devenu le Chamber Choir of Europe
CD Brilliant Classics V-93102/26-132


DIVERS

Programme radio français daté du dimanche 16 mai 1954 : Émission : « Cantates à Saint-Thomas » avec la cantate BWV 115. Chœur et orchestre de chambre N.W.D.R, direction Max Thurn. Ingeborg Rechelt (soprano), Ursula Boese (alto), Rolf Kuss, (ténor), Horst Sellentui (basse). Peut-être une bande magnétique diffusée par les troupes américaines d’occupation en Allemagne ? The Voice of America ?]
REDEL, Kurt. Transcription du premier chœur. Orchestre Pro Arte de Munich. Enregistrement diffusé sur France Musique le 25 février 1972.


C. Role. Septembre 2011

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Last update: October 7, 2011 19:30:00