AVERTISSEMENT
Cette
notice dédiée à une cantate de Bach tend à
rassembler des textes (essentiellement de langue française),
des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles
(2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent
d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes
francophones un panorama « espéré »
élargi de cette partie de l’œuvre
vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR »
signalées par des crochets [...] le rédacteur précise
qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté
le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie.
A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…»
toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux.
Rendons à César...
ABRÉVIATIONS
(A)
= La majeur →
(a moll) = la mineur
(B)
= Si bémol majeur
BB
/ SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek
Preussicher
Kulturbesitz
B.c.
= Basse continue ou continuo
BCW
= Bach Cantatas Website
BD
= Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA
= Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société
Bach (Leipzig, 1851-1899). J.
S. Bach Werke. Gesamtausgabe
(édition d’ensemble) der
Bachgesellschaft
BJ
= Bach-Jahrbuch
(C)
= Ut majeur →
(c moll) = ut mineur
D
= Deutschland
(D)
= Ré majeur →
(d moll) = ré mineur
(E)
= Mi →
(Es) = mi bémol majeur
EKG
= Evangelisches
Kirchen-Gesangbuch.
(F)
= Fa
(G)
= Sol majeur→
(g moll) = sol
mineur
GB
= Grande-Bretagne = Angleterre
(H)
= Si →
(h moll) = si mineur
NBA
= Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de
Bach à partir des années 1954-1955)
NBG
= Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach
(fondée en 1900)
OP
= Original Partitur = Partition originale autographe
Ost.
= Original Stimmen – Parties séparées originales
P
= Partition = Partitur
PBJ
= Petite Bible de Jérusalem
PKB
= Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St.
= Parties séparées = Stimmen
La
première lettre -en gras- d’un mot du texte de la
cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de
ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en
italiques
désignent un affect particulier ou un « accident
remarquable.
DATATION BWV 112
Leipzig,
dimanche 8 avril 1731.
[BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, pages
458/459] : Neuf Choralkantaten
après 1730 : BWV 112, 177, 192, 117, 97, 100, 140, 9 et
14.
BOMBA :
« Cette cantate (1731) fait partie de ces morceaux qui
permirent à Bach de compléter son cycle de
cantates-chorals interrompu à Pâques 1725 ».
DÜRR.
Chronologie 1731 : Passion
selon saint Marc (23
mars). *BWV 112 (8 avril). BWV 29 (27 août). BWV 140 (25
novembre).
HIRSCH.
Classement CN 188 (Die chronologisch Nummer). Une cantate choral.
PIRRO
[J.-S. Bach,
page 143] : « Un certain nombre de cantates écrites
d’après des chorals paraissent avoir été
composées entre 1730 et 1734 ».
SCHWEITZER :
Les cantates de 1728 à 1734.
SPITTA :
Soit le 8 avril 1731, soit le 27 avril 1732.
WHITTAKER :
« Autant qu’il soit possible de l’affirmer, il
semble que le groupe des cantates choral [BWV 112, 117, 129, 137,
177, 192] fut écrit et s’acheva, la première
cantate en 1731, les quatre autres l’année suivante et
la dernière vers 1733-1734…»
SOURCES BWV 112
PARTITION
AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P
Pr (partition dans une
collection privée). New York Pierpont Morgan Library, Mary
Flager Cary. Music Collection.
BGA
(Alfred Dörfell). Six feuillets, douze pages de musique :
« J. Der
Herr ist mein getreüer Hirt p. à 4 Voci. 2 Corni : 2
Hautb d’Amour 2 Violini Viola e Continuo di J S Bach. »
Dernière page : « Fine…
DSGL ».
BRAATZ
[BCW] : La partition autographe a un cheminement inhabituelle.
Il est probable qu’elle fit partie de l’héritage
de Wilhelm Friedemann Bach et nous savons ce que cela signifie parce
que celui-ci tenta de vendre [ses autographes] pour en obtenir de
l’argent afin de faire face à ses dettes. En fait, on ne
sait à qui il les vendit… En 1827 l’autographe
fut proposé par un inconnu à l’occasion d’une
vente aux enchères à Berlin. L’un des [acheteurs]
intéressé fut Carl Friedrich Zelter mais son enchère
fut surpassée par celle de Karl Philipp Heinrich Pistor
(1778-1847) dont le nom paraît aussi comme propriétaire
d’autres partitions de cantates. Selon la BGA., volume 24, page
XVII, l’autographe appartenait à Madame Marie
Hoffmeister (1817-1890) qui résidait à Wienrode, non
loin de Blankenburg dans la région montagneuse du Harz. Elle
était la fille du zoologiste Heinrich Lichtenstein, de Berlin,
qui, selon Mendel Lichtenstein, était considéré
comme le dernier élève de Carl Philipp Emanuel Bach à
Hambourg. La fille de Heinrich Lichtenstein, Marie Hoffmeister (née
Lichtenstein) était la grand mère et le professeur de
piano de Ernst Rudorff. Il est hautement probable qu’elle avait
reçu cet autographe comme « cadeau de mariage »
(elle s’était mariée avec le Dr. August
Hoffmeister (1815-1895), de la part de Pistor et de sa fille, Betty
elle même mariée à Adolf Rudorff. Plus tard, en
1876, Alfred Dörfell [de la BGA] eut la possibilité d’en
approcher la propriétaire, Marie Hoffmeister, ceci pour le
compte de la BGA. [l’édition alors en cours]. Par la
suite et assez rapidement, en 1886, l’autographe revint dans la
famille Rudorff.
Ernst
Rudorff établit le catalogue (toujours non publiée) de
sa collection « Bachiana » dans lequel la
cantate BWV 112 est mentionnée.
Entre
1886 et 1916, l’année de sa mort, le manuscrit [de la
cantate BWV 112] semble avoir été vendu. S’il a
été vendu avec d’autres partitions des cantates
BWV 115 et 116, il est probable que ce fut au Dr. Max Abraham
(1831-1900) et dans ce cas, son neveu et héritier Henri
Hinrischsen l’eut en sa possession en 1900, mais encore ce fut
[peut-être] cet Hinrischsen qui l’acquit directement de
Rudorff ou l’acheta dans l’état, à sa mort
Après la Seconde Guerre mondiale, le fils d’Henri
Hinrichsen, Walter, emmena la partition aux USA où elle fut
probablement achetée à New York en 1950 par Madame
Marie Flager Cary. Depuis 1967 cet autographe fait partie de la
Collection musicale de Marie Flagert Cary et se trouve confié
à la Bibliothèque Pierpont Morgan de New York ».
HERZ :
New York Pierpont Morgan Library. Filigrane au cor de chasse + MA
moyen.
SCHMIEDER
: Partition autographe en possession (1876) de Madame Marie
Hoffmeister, aujourd’hui disparue (édition 1973).
SPITTA
[Johann Sebastian Bach,
tome 2, page 455, note 505] : « L’autographe
est à la bibliothèque Royale de Berlin avec les mots
écrits à la fin : « Il
fine SDGl. ao 1732 ».
Les parties originales sont à la Thomasschule ».
[Appendix
44, volume 2, page 696] : « Le filigrane « MA
». Je donne ici
une liste de cantates (musique sacrée et de circonstance),
lesquelles constituent un groupe de manuscrits incluant [aussi] un
motet [BWV 226] et une messe [Kyrie
et Gloria
(extraits) de la messe en si bémol mineur [BWV 232 ]. De
nombreuses ont, sous la marque « MA»,
d'autres filigranes. [suit une liste de 32 œuvres sacrées
et profanes].
[Appendix
46, volume 2, page 699] : Autre filigrane mélangé avec
celui « MA »,
cité ci-dessus [renvoi à l’appendix 44], le
filigrane « CAW
+ Cor de chasse »
dans une liste de dix cantates avec les BWV 112, 197a, 35, 171, 120a,
84, 82, 174, 137 et 201.
PARTIES
SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St
Thom L. Thomasschule
zZ Bach-Archiv Leipzig.
BGA.
Titre pris à la couverture, vraisemblablement de la main d’un
élève de Bach : « Dominica
Misericordia P / Der Herr ist mein getreuer Hirt | à | 4 Voc.
| 2. Corni | 2 Hautbois | 2 Violini. | Viola. | e | Continuo. |di
Sig(. | J S. Bach »
BRAATZ
[BCW] : La partition originale et les parties séparées
existent toujours. Pour ces dernières, comme il est fréquent
elles furent remises par Anna Magdalena Bach à l’École
Saint-Thomas et elles sont de nos jours aux Bach-Archiv Leipzig.
SCHMIEDER :
En partie autographes et révisées.
COPIE
XVIIIe
SIECLE = ABSCHRIFTEN
18. Jh.
P
1033 M.
Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz.
Anciennement à
la Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem.
[BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 1, pages
59 à
61] : Liste des cantates copiées par le chef de chœur de
la Thomasschule (juillet 1756 puis cantor en septembre 1756 Christian
Friedrich Penzel (1737-1801). La copie de la cantate BWV 112 est
datée du 12 mai 1756 ».
ÉDITIONS
SOCIÉTÉ
BACH
= BACH-GESELLSCHAFT
(AUSGABE =
BGA)
BGA
Jg. XXIV (24e
année). Pages
31 à 48. Préface d‘Alfred Dörffel, Leipzig
im November1876.
Cantates BWV 111 à 120.
[La
partition de la BGA est dans le coffret Teldec Das
Kantatenwerk, volume
28. 1981].
NOUVELLE
ÉDITION BACH =
NEUE BACH AUSGABE
(NBA)
KANTATEN
SERIE I / BAND 11. KANTATEN
ZU DEN SONNTAGEN QUASIMODOGENITI UND MISERICORDIAS DOMINI
Bärenreiter
Verlag BA 5071. 1988. Heraugegeben von Emans, Reinmar. 6
facsimilés
BWV
112. Pages 181 à 219. Partitur : New York Pierpont Morgan
Library, Mary Flager Cary Music Collection. [3]
Bl. 4v.
Autographe
Avec
les cantates BWV 67, 42, 104 et 85.
Kritischer
Bericht (commentaires). BA 5071 41. Emans, Reinmar 1989.
AUTRES
ÉDITIONS
BÄRENREITER
classics. | Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche
Kantaten 4.
Bärenreiter TP 1284. 2007.
Serie
I. Band 11/1. Kantaten zum Sonntag Quasimodogeniti und Misericordia.
Herausgegeben
: Reimar Emans.
BWV 112.
Pages 179 à 219. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 2007.
BCW.
Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF
& HÄRTEL. Partition PB 2962. Réduction chant et piano
(Raphael) = EB 7112. Partition du chœur = ChB 1973.
Instruments, voix, orgue et clavecin révisés par Max
Seiffert = OB 2172.
2011 :
Partition = PB 4612. Réduction chant et piano (28 pages) = EB
7112. Partition du chœur = ChB 4612.
CARUS.
Partition = Carus 31. 112/00 (60 pages). Réduction chant et
piano = Carus 31.112/3. Partition d’étude
(Studienpartitur) = Carus 31.112/07. Harmonie = Carus 31. 112/09.
Hautbois d’amour I et 2 = Carus 31.112/21 et 22. Cor I et II =
Carus 31.112/31 et 32. Violon I, II, Viola, Violoncelle/Contrebasse =
Carus 31.112/11 à 14.
KALMUS
STUDY SCORES. N° 836. Volume XXXII. New York 1968. Cantates BWV
110 à 112.
PETERS :
Réduction chant et piano.
PÉRICOPE BWV
112
Dimanche
« Misericordia Domini ». Deuxième
dimanche après Pâques.
Ce
dimanche autrement appelé « Dimanche du Bon
Pasteur » fait référence (dans l’église
Romaine) au IIe
dimanche après Pâques, dont l’introït est
précisément : « Misericordia
Domini plena est terra, alleluja… »
associé au premier verset du psaume 33 (Hébreu) ou 32
(Vulgate) [PBJ. 829] : « Justes,
acclamez Yahvé ;
/ aux hommes droits
sied la louange. »
Le
Bon Pasteur est celui qui donne sa vie pour sauver ses brebis.
L’image du Bon Pasteur, dans l’antiquité
chrétienne, était celle aussi du divin « Passeur
d’âmes.
MISSEL
ROMAIN
Introït :
Psaume 33, 5 et 6 [PBJ. 829] : « Misericordia
Domini plena est terra…»
Épître:
I Pierre 2, 21 à 25 [PBJ. 1783]. A l’égard des
maîtres exigeants : « Car
vous étiez égarés comme des brebis, mais à
présent vous êtes retournés vers le pasteur et le
gardien de vos âmes…»
Évangile:
Saint-Jean 10, 12 à 16 [PBJ. 1602 et 1603]. Le Bon Pasteur.
Renvois
à Ezéchiel 34, 1 à 31 [PB. 1233] et Jérémie
23, 1 à 3 [PBJ. 1218].
Offertoire
. Psaume 63, 2 et 5 [PBJ. 857 et 858]
EKG.
Misericordias Domini.
Entrée
: Jean 10, 12, 27 et 28 [PBJ. 1603 et 1604] : « Mes
brebis écoutent ma voix; je les connais et elles me suivent…»
Psaume
23 [PBJ. 820 et 821]. Le bon pasteur : « Yahvé
est mon pasteur, je ne manque de rien…»
EKG
178 « Psaume 23 [PBJ. 820 et 821] : « Der
Herr ist mein getreuer Hirt ».
Attribution à Wolfgang Meuslin (?) vers 1530). Mélodie
connue à Wittenberg vers1524.
Epître
: 1. Pierre 2, 21 à 25 [PB. 1782] : « Car
vous étiez égarées comme des brebis…»
Évangile
: Jean 10, 12 à 16 [PBJ. 1603]. L’Évangile du Bon
Pasteur : « Je
suis le bon pasteur…»
[Pour
la même occurrence voir les cantates BWV 104 du 23 avril 1724
et BWV 85 du 15 avril 1725].
TEXTE BWV 112
Cantique
« Der Herr
ist mein getreuer Hirt…»
(publié à Ausbourg vers 1530) de Wolfgang Meuslin
(1497-1563), en cinq strophes de sept lignes chacune, cantique
inspiré du psaume 23 [PBJ. 820] : « Dominus
regit me, et nihil mihi deerit
- Le Seigneur est mon
pasteur, et je ne manquerai de rien ».
Renvois à Isaïe 40 [PB. 1148], 11 ; Jérémie
23, 4 [PBJ. 1218] ; 1. Pierre 2, 25 [PBJ. 1782] ;
Apocalypse 7, 17 [PBJ 1805] et Jean 10, 11 [PBJ. 1603].
Renvoi
à EKG 178 (texte et mélodie).
Ecrit
vers 1530-1531 à Augsbourg. C’est la première
version du cantique.
Le
même incipit « Der
Herr ist mein getreuer Hirt »
mais non pas la suite du texte, prend place dans BWV 104/6 et BWV
85/3. C’est une nouvelle version rédigée par
Cornelius Becker (1561-1604) de 1598.
Dans
les deux cas, à quelques modifications prosodiques près,
se retrouve la mélodie du cantique "Allein
Gott in der Höh sei Ehr".
BWV 85/3 (+Becker), BWV 112 et 128/1 ainsi que EKG 178 et 302, "Wie
Gott mich fürcht so will ich gehn",
cantique d’un texte différent mais aussi sur la même
mélodie attribuée à Nikolaus Decius (vers
1480-1529) d’après le Gloria
latin, de 1529.
La
mélodie Allein
Gott in der Höh sei Ehr"
datée de 1522 est attribuée à Nikolaus Decius
(1485-1546), pasteur, professeur et ami de Martin Luther. Elle a pu
tirer son origine d’un Gloria
grégorien pour le temps de Pâques puis d’un Gloria
in excelsis du début
du XVIe
siècle. Elle paraît avoir été imprimée
vers 1522. Dans un premier temps elle accompagne le cantique (quatre
strophes) du même nom
Allein Gott in der Höh sei Ehr"
puis est utilisée par le cantique Der
Herr ist mein
getreuer Hirt de
Wolfgang Meuslin. C’est le texte de ce dernier et la mélodie
de Decius qui se retrouvent en totalité dans la cantate BWV
112 dont c’est le titre éponyme et la mélodie
seule dans les cantates BWV 128/1, 85/3 et 104/6.
Bach
l’a sans doute connu par le biais du recueil de Vopelius de
1682, qui s’est rapidement imposé dans l’Allemagne
luthérienne du nord.
On
la retrouve, d’après BGA, dans un Gesangbuch
à Magdebourg en 1540.
Renvoi
à EKG 131, le Gloria
in excelcis (la
mélodie seule).
Chez
Bach, voir le choral à quatre voix BWV 260 (strophe 1 et la
mélodie) et les œuvres pour orgue BWV 662, 663, 663a,
664, 664a, Clavier-übung = BWV 675, 676, 676a, 677,
Choralbearbeitungen = BWV 711, 715, 716, 717, Variationen = BWV 771
et Choralbearbeitungen : BWV Anh. 48.
[BCW] :
D’autres utilisations de cette mélodie se retrouvent
dans les œuvres de Heinrich Schütz (SWV 327), Johann
Hermann Schein, Johann Pachelbel, Johann Pachelbel, Friedrich Wilhelm
Zachow, Johann Ludwig Bach (messe), Telemann (cantates TWV 1: 58 et
59), Walther, Gottfried August Homilius, Johann Ludwig Krebs, Félix
Mendelssohn (harmonisation de chorals), Max Reger…etc.
[BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
459] : « paraphrase du psaume 23, ici choisi en parfaite
syntonie avec le contenu de la lecture évangélique Jean
10, 12 à 16, le Bon Pasteur…»
[volume
2, page 821 : « Des trois fascicules connus avant la
découverte de ceux de Léningrad [volume 2, page 260,
par Wolf Hobohm], le premier contient les textes des cantates BWV 31,
66, 134, 42 et 112…» Voir ci-après Neumann :
Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte.
BOMBA :
«…Bach mit en musique l’intégralité
des cinq strophes, sans adjonction, sans remaniement ni paraphrase… »
[il faut quand même tenir compte des différentes
traductions réservées au psaume 23 depuis le XVIIIe
siècle, certaines apparaissant comme une paraphrase assez
libre…]. Pour le texte, renvoi à Johann
Sebastian Bach Leben und Werk in Dokumentaten
= BD II 287 et 282
LABIE [pages
191/192] : « Dans quelques-unes de ces cantates, le
dialogue imaginaire est une façon de souligner l’importance
d’un texte de l’Écriture ; éventuellement
de le commenter. Ainsi en est-il de la cantate BWV 112 dont le
livret, antérieur de deux cents ans à la réalisation
qu’en donne le musicien appartient à un recueil de
cantiques publié du vivant de Luther. C’est une
paraphrase très serrée du psaume 23 dont les premiers
versets appartiennent à l’ordre de la métaphore.;
la brebis parle de son pasteur et le musicien [toujours Bach]
d’utiliser la formule banale du récitatif et de l’aria
de soliste. Ce n’est qu’au moment où le texte
quitte ce discours figuré pour une prière exprimée
sans image, en vocabulaire d’homme, « Devant
moi, tu apprêtes une table face à mes adversaires »
que Bach passe du solo à un duo du ténor et du soprano,
figure musicale d’une intensité supérieure .
Il insiste sur l’importance de cette aria en duo, la plaçant
à la fin de la cantate, suivi du seul choral final qui reprend
l’invocation du Gloria de la messe ; de cette prière,
il ne retient que l’image du bien et de la miséricorde…»
NEUMANN :
Le texte se trouve dans le Leipziger
Kirchenmusik 1731.
Renvoi au fac-similé [Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte, pages
438, 442/443]. „Texte
zur Leipziger Kirchen -Music… Anno 1731…Am Sonntage
Misericordias
| Zu
der Kirche zu S. Nicolai“].
SCHMIEDER :
Édition originale du texte, Leipzig, vers 1731.
WOLFF
: «…Le texte des cinq mouvements s’appuie sur le
Lied d’église homonyme de Wolfgang Meuslin (vers 1530),
une paraphrase poétique du psaume 23. Ce psaume 23 (le
Seigneur est mon berger), lié à l’Évangile
du dimanche Jean 10, 12 à 16 (Je
suis le Bon Berger) ».
[De
nombreuses variantes du texte par rapport aux livres de chant
utilisés aussi bien à Leipzig qu’à Dresde
(Leipziger Gesangbuch
de Gottfried Vopelio, 1682, sont signalés par Werner Neumann
[Sämtliche
von J. S. Bach vertonte Texte]
ainsi que dans les „Ost“, les parties originales
séparées].
GÉNÉRALITÉS
BWV 112
[BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
618] : «…structure de la cantate entièrement
construite sur un choral. Renvoi aux cantates BWV 4, 97, 100, 107,
112, 117, 129, 137, 177 et 192…»
FINSCHER :
«… Oeuvre tardive… mais constituant également
du point de vue de la forme, une cantate chorale… la mélodie
appartenant au cantique n’apparaît que dans les
mouvements extrêmes…»
WOLFF
: «…Dans la mesure où le cycle des cantates de
choral de 1724-1725 s’interrompit avant Pâques, cette
œuvre est de toute évidence un complément au
cycle annuel justement incomplet, ajouté probablement dans le
contexte plus large d’une représentation ultérieure
des cantates-chorales, au début des années 1730. Les
quatre voix du chœur sont utilisées comme solistes, et
dans [4], les voix de soprano et de ténor forment un duo…
La mélodie du choral est seulement utilisée dans le
chœur d’entrée et le choral conclusif…»
DISTRIBUTION BWV
112
NEUMAN.
Sopran, Alt, Tenor, Baß. Chor. Horn I, II, Oboe d’amore
I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER.
Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe d‘amore
I, II; Corno I, II; Viol. I, II; Vla.; Cont.
APERÇU BWV
112
1]
CHORALCHORSATZ. BWV 112/1
Vers
1. DER
HERR
IST MEIN GETREUER HIRT,
/ HÄLT
MICH IN SEINER HUTE,
/ DARIN
[W. Neumann : Vopelio Leipzig 1682 u. Dresden : „ darum“]
MIR GAR NICHTS MANGELN WIRD / IRGEND
AN EINEM GUTE,
/ ER
WEIDET MICH OHN UNTERLAß,
/ DARAUF
WÄCHST DAS WOHLSCHMECKEND GRAS
/ SEINES
HEILSAMEN WORTES.
Le
Seigneur est mon berger fidèle, / Il me tient sous sa garde, /
Aussi ne manquerai-je jamais / D’aucun bien, / Sans relâche
il me fait paître, / C’est à cet effet que pousse
l’herbe savoureuse / De sa parole salutaire.
Première
strophe du cantique « Der
Herr ist mein getreuer Hirt…»
et verset 1 du psaume 23 [PBJ. 820].
Sol
majeur (G Dur), 73 mesures, C barré (¢)
BGA.
XXIV. Pages 31 à 36. Dominica Misericordias Domini. | Vers 1.
| Corno I. | Corno II. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore
II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore.
| Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Parties instrumentales indépendantes (ritournelle encastrée).
Cantus firmus au soprano avec imitations des autres voix de la
thématique du choral. Ensemble des instruments. Mélodie
du choral „Allein
Gott in der Höh sei Ehr“.
Entrée des voix à la mesure 13.
BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
459] : « La mélodie, qui est celle d’Allein
Gott in der Höh
sei Ehr »
n’apparaît que dans les deux morceaux extrêmes [1
et 5]… ici un motet typique -fantaisie sur choral- avec
ritournelles instrumentales et imitation contrapuntique inspirée
de la mélodie…»
BOMBA :
«…Un morceau concertant pour cors, hautbois d’amour
et cordes encadre le chœur d’entrée, le choral ne
se rappelle à notre souvenir que dans le mouvement
instrumental, alors que s’ouvre la partie des cors et de la
basse continue. Le soprano interprète vers après vers
le cantus firmus que les autres voix sous-tendent sur un thème
libre…»
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 235/236] : «…Élaboration
de choral de type II sur mélodie de choral (MDC) 007. Il faut
noter le présence vivifiante de deux cors concertants…»
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,page
61] : «
Le cantus firmus est confié à une voix du chœur
[ici le soprano], les trois autres parties vocales en situations
harmoniques, imitatives ou libres. L’orchestre déroule
une ritournelle continue tandis que les versets de la MDC sont
exposées de manière discontinue, entrecoupés par
des pauses ou seul intervient l’orchestre…”
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach.] : «…les
deux cors naturels, qui s’imposent dès la ritournelle
initiale qu’ils attaquent à découvert, les
autres instruments n’entrant qu’à la troisième
mesure… les deux hautbois d’amour doublent les deux
parties de violons…. Les instruments s’échangent
des éléments empruntés à la mélodie
du choral et de petites figures joyeuses, dactyles, arpèges et
vocalises…»
GARDINER :
«…La fantaisie-choral d’introduction est un
chef-d’œuvre de concentration. La présence de deux
cors, tous deux accordés en sol, l’un confiné
dans un ambitus élevé…l’autre en charge
d’appels saisissants de trois notes réitérées,
nous vaut un portrait infiniment plus royal du bon pasteur que celui
rencontré précédemment [BWV 104]. Ce que Bach
fait ici revient à associer différents éléments
quasi indépendants en un tout étonnement polychrome. A
la calme ascension de la mélodie de soprano, il ajoute l’éclat
chatoyant du premier cor, rehaussant pour ainsi dire la sérénité
de majesté. Le contre-sujet (premiers violons et premier
hautbois d’amour) est vigoureux et mouvementé, à
l’image d’agneaux gambadant…on note une structure
en forme de mosaïque irrégulière – prélude,
strophes, intermezzo [dont la somme est égale à « 73 »
[Zebaoth ?]…
Bach cherche-t-il ici à reproduire un modèle numérique
ésotérique, et si oui qu’est-ce que cela
signifie ? »
CHAILLEY :
l’un des chorals ayant connu de la part de Bach pas moins de
douze élaborations avec les chorals BWV 662-663-664 (Leipzig
n° 12, 13 et 14), BWV 675, 676, 677, 711 (Kirnberger), BWV 715,
716, 717, 771 et Anhang 48.
FINSCHER :
« La première strophe est une vaste composition sur
le choral, formellement plus simple, sonorement plus somptueuse (du
fait de la présence de cors concertants) que celle de la
cantate BWV 111 ; les cors, dont le premier soutient
l’exposition des versets du cantique par le soprano, doivent
sans doute être interprétés allégoriquement
comme instruments « pastoraux »
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach. - L’orchestration, page
239] : «…Dans les chœurs des cantates BWV
112/1 et BWV 1/1, on dirait que les cors ajoutent, comme fond au
paysage pastoral que Bach y suggère, une peinture de la
forêt…»
2]
ARIE ALT. BWV 112/2
Vers
2. ZUM
REINEN WASSER
ER MICH WEIST, / DAS
MICH ERQUICKEN TUE. / DAS
IST SEIN FRONHEILIGER GEIST,
[R. Wustmann : „des
herrn heiliger“]
/ DER
MACHT DARIN
MICH WOHLGEMUTE. / ER
FÜHRET MICH AUF RECHTER STRAß
/ SEINER
GEBOTEN
, [R. Wustmann : „Gebote“]
OHN ABLAß
/ VON
WEGEN SEINES NAMENS
WILLEN.
A
l’onde pure il me mène / Pour me rafraîchir. /
C’est l’esprit saint du Seigneur / Qui réjouit mon
âme. / Il me conduit sans cesse / Sur le bon chemin de ses
commandements / Pour l’amour de son nom.
Deuxième
strophe du cantique « Der
Herr ist mein getreuer Hirt… »
et versets 2 et 3 du psaume 23 [PBJ. 821].
[Lieu
classique de l‘onde pure. Outre le psaume 23, voir par exemple
Ézéchiel 36, 25 [PBJ. 1336] „oracle sur les
montagnes d‘Israël : Je
répandrai
sur vous une eau pure
], etc.
Mi
mineur (c moll), 82 mesures, 6/8
BGA.
XXIV (24e
année). Pages 37 à 40. ARIE. | Vers 2. | Oboe d‘amore
solo. | Alto. | Continuo.
NEUMANN.
Trio : hautbois d‘amour, Alto et basse continue. Forme
bipartite et ritournelle. Structure AA‘.
BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
459] : «…quelques citations voilées et très
partielles dans les morceaux intermédiaires [n° 2, 3 et 4]
de la mélodie du choral…»
BOMBA :
«…l’air… suscite l’image du berger
qui, soufflant dans son pipeau (hautbois d’amour), indique
tendrement à l’âme (alto) le chemin vers les eaux
pures ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach.] :
«…Délaissant la mélodie du choral et le
style du motet, Bach traite… en un air ravissant, écrit
comme un trio… Dans un mouvement légèrement
dansant, le hautbois d’amour déroule le long ruban d’une
mélodie gorgée de vocalises jubilantes, avant que
l’alto n’en reprenne le motif, en imitations…
paysage bucolique…»
FINSCHER :
«…aria comme une idylle « bucolique »
avec hautbois concertant, rythmes dansants et joyeuses figurations…»
GARDINER :
«…deuxième strophe… air délicieux….
D’apparence pastorale… chargé de rythmes croisés
complexes…»
HIRSCH
[Die
Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs.page
36] : Le thème revient à dix reprises… le
symbole des „Dix commandements“, mot cité dans le
texte de l‘aria…
LEMAÎTRE :
«…air d’alto de forme A-A’ sur un rythme
berceur en 6/8 dont le motif est d’abord entendu au hautbois
d’amour solo ».
MACIA
[Cantates d’église] :
«…Le mouvement est évidemment une allégorie
du monde pastoral. On retrouve cette atmosphère déjà
présente dans la cantate BWV 104… un hautbois d’amour
assure une atmosphère bucolique en s’ajoutant au rythme
dansant imprimé au poème : « A
l’onde pure, il me mène pour me rafraîchir ».
ORON
[BCW] : «…l’écoulement
des ondes pures est décrit par des croches, principalement par
le hautbois et les voix et occasionnellement par le continuo…l’image
des eaux rafraîchissantes… d’une couleur
pastorale… le mouvement a un charme tranquille… »
»
3]
ARIOSO + REZITATIV BAß. BWV 112/3
Vers
3. UND
OB ICH WANDELDT IM FINSTERN
TAL,
/ FÜRCHT
ICH KEIN UNGELÜCKE
/ I N
VERFOLGUNG,
LEIDEN,
TRÜBSAL
/ UND
DIESER WELTE
TÜCKE ;
/ DENN
DU BIST BEI MIR STETIGLICH, / DEIN
STAB
UND STECKEN
TRÖSTEN MICH, / AUF
DEIN WORT
ICH MICH LASSE.
Bien
que je chemine dans la vallée emplie de ténèbres,
/ Je ne redoute nulle infortune / Dans la persécution, la
souffrance et l’affliction / Ni les malignités de ce
monde, / Car tu es constamment à mes côtés, / Ta
houlette et ton bâton me dispensent le réconfort, / A ta
parole je m’en remets.
Troisième
strophe du cantique « Der
Herr ist mein getreuer Hirt… »
et verset 4 du psaume 23 [PBJ. 821].
Ut
majeur (C Dur)
→ Sol majeur (G Dur), 20 mesures, C
BGA.
XXIV. Pages 40 à 41. RECITATIV. | Vers 3. | Violino I. |
Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo. Marqué « Arioso »
mesures 1 à 11. Adagio, mesures 12 à 20.
NEUMANN.
Arioso au continuo en imitation. Secco et arioso.
BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
459] : «…touchant épisode de basse, en style
arioso (avec le seul continuo) dans la première partie, puis
en forme de récitatif accompagné riche de symbolismes…»
BOMBA :
«… le mouvement est divisé en deux parties.
En premier lieu, la basse et le continuo traduisent l’image du
cheminement à travers la vallée des ténèbres.
Bach continue ensuite sous la forme d’un récitatif ;
l’accompagnement des cordes enveloppe la certitude du persécuté
en lui indiquant le chemin vers celui qui lui apportera le
réconfort »..
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach.] : «…bref
morceau intitulé Recitativo
s’ouvrant en réalité par un arioso de la basse
soutenue par le seul continuo, pour énoncer les deux premières
périodes de la strophe dans un climat de parfaite sérénité.
Mais le style change avec le récitatif proprement dit, marqué
adagio
…la basse détaille d’abord avec des accents
douloureux (accords diminués) tout ce que l’homme peut
craindre ici bas… Puis le ton s’apaise pour conclure en
arioso
sur la Parole consolatrice, dans l’aura des instruments à
cordes ».
FINSCHER :
«…arioso à deux volets dont les sombres images «
ein finstern Tall
- vallée emplie
de ténèbres »,
« Verfolgung
- persécution »,
« Leiden
- souffrance »,
« Trübsal
- affliction »,
font l’objet d’une interprétation musicale aussi
emphatique que celle à laquelle donne lieu la consolatrice
formule finale (modulation partant de fa mineur pour aboutir, en
passant par mi majeur, à sol majeur)…»
GARDINER :
«…imposant basso continuo dans son registre grave
précédant la voix de basse… N’intervenant
que tard, les cordes supérieures apportent une vigueur
chromatique expressive aux paroles insérées dans le
texte du psaume, soit huit mesures seulement – via une descente
modulant de la bémol à sol mineur, fa mineur puis, que
[les mots] « ton bâton m’accorde le
réconfort », mi majeur
LEMAÎTRE :
«…arioso débutant sur un motif descendant au
rythme affirmé que la voix de basse prend au continuo et
qu’elle varie : celui-ci traduit le cheminement à
travers la vallée des ténèbres. Sur le dernier
temps de la douzième mesure, les cordes entrent en jeu et le
mouvement « allant » cède la place à
un adagio, pour mieux exprimer le réconfort apporté par
le Seigneur…»
MACIA
[Cantates d’église] :
«…le caractère sombre du début qui évoque
la vallée de larmes de la vie, se traduit par de rudes
chromatismes, puis les cordes entrent en lice à la douzième
mesure avec une modulation de fa mineur vers sol majeur, pour
accompagner le réconfort éprouvé enfin par le
chrétien qui clame : Tu
es constamment à mes côtés ».
ORON
[BCW. Commentaires] : «…La
basse chante les paroles à trois reprises débutant
chaque ligne sur la même note…»
WIJNEN
: «…un
arioso et récitatif de basse dépeint la sombre vallée
sur des notes extraordinairement graves, dont l’obscurité
est subitement éclairée par le duo entre soprano et
ténor [4]…»
WOLFF:
«…Le récitatif commence comme un arioso, avec un
accompagnement de continuo aux motifs riches et il conduit à
un récitatif accompagné de cordes avec la déclamation
théologique centrale :
"Dein Stecken und
Stab trösten mich, Auf dein Wort ich mich lasse" ».
4]
ARIE (DUETT), SOPRAN, TENOR. BWV 112/4
Vers
4. DU
BEREITEST VOR MIR EINEN TISCH
/ VOR
MEIN’ FEINDEN
ALLENTHALBEN, / MACHST
MEIN HERZE
UNVERZAGT UND FRISCH, / MEIN
HAUPT
TUST DU MIR SALBEN
/ MIT
DEINEM GEIST,
DER FREUDEN
ÖL,
/ UND
SCHENKEST VOLL EIN MEINER SEEL
/ DEINER
, [R. Wustmann : variante „ Deine“]
GEISTLICHEN FREUDEN.
Devant
moi tu apprêtes une table / Face à mes ennemis en tous
lieux, / Tu rends mon cœur dispos et courageux, / Tu embaumes
ma tête de ton esprit, / Onction de joie, / Et remplis mon âme
jusqu’au bord / De tes félicités spirituelles.
Quatrième
strophe du cantique « Der
Herr ist mein getreuer Hirt…»
et verset 5 du psaume 23 [PBJ. 821].
Ré
majeur (D Dur), 125 mesures, à 2
BGA
XXIV. Pages 42 à 47. Vers 4. | Violino I. | Violino II. |
Viola. | Soprano. | Tenore. | Continuo. Reprise dal
Segno.
Mesures 3 à 19.
NEUMANN.
Partie de cordes, basse continue, Soprano et Ténor. En canon
et structure AA BA.
BASSO.
[Jean-Sébastien
Bach, volume 2, page
273] : Rythme de danse, ici une bourrée.
BOMBA :
«…un duo dansant… qui se libère en motifs
insistants et en vocalises exultant de joie. Cependant on découvre
la mélodie qui se cache derrière la thématique
des registres vocaux, si l’on retire quelques tons de
remplissage et de liaison…»
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach.] : «…sur
le rythme d’une bourrée stylisée débordant
d’énergie, les premiers violons lancent un allègre
motif sous-tendu par la tête de la mélodie du choral,
motif que reprennent en écriture canonique les seconds
violons, puis le ténor, enfin le soprano. Les motifs circulent
d’une partie à l’autre, inversant l’ordre
des entrées dans l’apparent désordre d’une
expression exubérante ».
FINSCHER :
«…La quatrième strophe intensifie les accents
dansants… en se faisant véritable danse d’allégresse,
au caractère de bourrée, dotée d’une
formation symétrique de périodes à quatre temps
et d’un rythme entraînant…»
LEMAÎTRE :
«…duo soprano-ténor qui s’organise selon
A-AB-A et rappelle plus d’une bourrée du compositeur ».
MACIA
[Cantates d’église] :
«…Duo
doué d‘un rythme entraînant, assimilable à
une bourrée, soulevé par l‘élan des
cordes…“
PIRRO
[L'esthétique de
Jean-Sébastien Bach. - La musique ancienne - La musique
étrangère,
page 415] : «…Ainsi un air de soprano de Giove
in Argo, de Lotti
(1717), commence à peu de chose près comme le duo de
ténor et de soprano de la cantate BWV 112… Voyez aussi
la ritournelle où le motif , un peu orné, se rapproche
encore plus du motif de Lotti » [+ deux exemples
musicaux, celui de Lotti et celui de Bach, BWV 112, BGA. XXIV, page
42].
[Giove
in Argo - Jupiter
à Argos (ville
du Péloponnèse) d’Antonio Lotti (1666-1740), une
Pastorale mélodramatique présentée à
Dresde successivement en octobre 1717 puis en septembre 1719. Bach
l’a-t-il connue sinon entendue ? C’est peu probable.
En tout cas, elle ne le fut pas plus en France… peut-être
seulement par une édition. Il en va de même avec l’opéra
du même titre de Haendel, opéra éphémère
monté à Londres en mai 1739. Ceci fait quand même
la preuve de l’indiscutable culture musicale d’André
Pirro, car son ouvrage fut rédigée avant 1907 !]
WIJNEN :
«…tout à coup, une voix prend le dessus sur
l’autre dans des motifs évoquant le thème
choral…»
WHITTAKER
: «…Un
joyeux chant de fête sur le verset 4 du psaume, avec la
rythmique animée et brillante des cordes…»
5]
CHORAL. BWV 112/5
Vers
5. GUTES
UND DIE BARMHERZIGKEIT
/ FOLGEN
MIR NACH IM LEBEN,
/ UND ICH WERD BLEIBEN ALLEZEIT / IM
HAUS
DES HERREN
EBEN, / AUF
ERDE
IN CHRISTLICHER
GEMEIN
/ UND
NACH DEM TOD
[W. Neumann : „Tode
werd“]
WERD ICH SEIN / BEI
CHRISTO,
MEINEM HERREN.
Le
bien et la miséricorde / M’accompagnent tout au long de
ma vie / Et je demeurerai à jamais / Dans la maison du
Seigneur, / Sur cette terre dans la communauté chrétienne,
/ Et après ma mort je serai / Auprès de
Jésus-Christ, mon Seigneur.
Cinquième
strophe du cantique « Der
Herr ist mein getreuer Hirt… »
et verset 6 du psaume 23 [PBJ. 820]. Mélodie «
Allein
Gott in der Höh
sei
Ehr
».
Sol
majeur (G Dur), 14 mesures, C
BGA.
XXIV (24e
année). Page 48. CHORAL. | Vers 5. | Corno I. | Corno II. |
Soprano. / Oboe d‘amore I, Violino I. col Soprano. | Alto. /
Oboe d‘amore II., Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. /
Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN.
Simple choral harmonisé avec les deux cors obligés et
l‘ensemble des instruments.
BOMBA :
«… Dans le choral final, le deuxième cors
s’orne d’une voix propre en accentuant ainsi le caractère
solennelle de la cantate ».
BOYER
[Les
cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach,
pages 235/236] : «…Choral
harmonisé de type I sur mélodie de choral (MDC) 007
avec deux cors obligés ».
[Les
mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,page
108/109] : «
Choral harmonisé à quatre voix avec instruments colla
parte mais le deuxième
cor se voit attribué une partie indépendante ».
CANTAGREL
[Les cantates de J.-S.
Bach.] :
«… harmonisation homophone, à quatre voix,
doublées par le tutti instrumental » .
FINSCHER :
«…sobre composition de choral à laquelle les deux
cors confèrent un léger coloris ».
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n° 10 : 371 Vierstimmige
Choragesänge. C.
Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 125 (249,
312, 325 et 352)
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n° 3765 : 389 Choralgesänge
für vierstimmigen gemischten Chor
(sans date). Classement alphabétique. N° 12 (13, 14 et 15)
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SPITTA,
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Sous-titré : « His
Work and Influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello
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Rudolf : J.S.
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Philippe et Gérard : Guide
pratique des cantates de Bach.
R. Laffont 1982. ZK 182, pages 277/278
Réédition
révisée et augmentée. L’Harmattan 2005
DISCOGRAPHIE BWV 112
BACH
CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron.
Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée
avec, parfois, quelques précisions relatives aux références
et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre
chronologique de parution des enregistrements.
Huit
références (mars 2002 – mai 2011) + 4 mouvements
individuels (mars 2002 – juillet 2006).
Exemples
musicaux : Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).
5]
GARDINER (volume 23).
The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists
Sopran : Katharine Fuge.
Contre-ténor : William
Tower.
Ténor : Norbert Meyne. Basse : Stephen Varcoe.
Durée : 13’48. Bach Cantata Pilgrimage. Basilique St.
Willibrord,
Echternach.
Luxembourg, le 7 mai 2000. Avec les cantates 85 et 112
CD
SDG 131. 2007. Avec les cantates BWV 85 et 104
1]
GRISCHKAT. Schwäbischer Singkreis Stuttgart. Bach-Orchester
Stuttgart. Soprano : Claire Fassbender-Luz. Contralto : Hetty
Plümacher.
Ténor : Klaus Stermann. Basse : Hermann Werdermann. Juillet
1951. Durée : 15’45
Disque
Renaissance (USA) X-36. Avec la cantate BWV 185. Reprises [?] Disque
Baroque / Joker
4]
HARNONCOURT (volume 28). Tölzer
Knabenchor. Concentus Musicus Wien.
Soprano
: Markus Hubert (soliste des Tölzer Knabenchores. Alto : Paul
Esswood. . Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Ruud van der Meer.
1981.
Durée : 13’42
Disque
Teldec 6.35573-00-501-503. Das
Kantatenwerk
(volume 28)
CD
(D). Teldec 4509-91760. Das
Kantatenwerk - Sacred Cantatas,
volume 6. Coffret de six CD avec les cantates BWV 100 à 117
CD
Teldec 242 606-2. Das
Kantatenwerk.
Volume 28. 1981.
Reprise
Bach 2000.
Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100
à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise
CD Warner Classics 8573 81175-5. Intégrale
en CD séparés, volume 35. 2007. Avec les cantates BWV
113 et 114
7]
KOOPMAN (volume 20). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir.
Sopran : Sandrine Piau. Alto : Bogna Bartosz.
Ténor : Christoph
Prégardien.
Basse : Klaus Mertens. Durée : 11’21.
Mvt. 2
du 9 au 14 mai 2002. Mvts. 3 et 4 25 septembre au 3 octobre 2002.
Mvts 1 et 5 les 23 et 25 février 2003
Durée
: 11’21. CD Antoine Marchand CC 72220. 2005. Avec les cantates
BWV 120, 11 et 9
6]
LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Sopran :
Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor :
Nico van der Meel.
Basse
: Bas Ramselaar.
Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Durée : 13’46
CD
Brilliant Classics. Bach Edition. 2000. Volume 21, Cantates, volume
12.
Reprise
Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 27/103 Avec
les cantates BWV 148, 174 et 68
Cette
réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une
édition „augmentée“ : 157 CD comprenant,
les partitions et 2 DVD proposant
les
Passions (saint Jean et saint Matthieu).
8]
NELSON, Ralph. Bach Cantate Choir. Portland. Oregon (USA). En
concert, 25 avril 2009.
CD
Bach Cantata Choir n° 14. 2009. Avec le motet BWV 226
3]
RILLING. Gächinger
Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Inga Nielsen. Alto :
Gabriele Schreckenbach. Ténor : Aldo Baldin.
Basse
: Walter Heldwein. Studio Heidelberg (D). Décembre
1980. Février 1981. Durée : 13’47
Disque
(D). Die Bach Kantate.
Hänssler
Verlag. Classic. Laudate 98744. 1984. Avec les cantates BWV 51 et
145.
[L‘une
des toutes dernières cantates enregistrées au disque
par Helmuth Rilling].
CD.
Die
Bach Kantate
(volume 9). Hänssler
Classic. Laudate 98860. Avec les cantates BWV 30 et 98
CD.
Hänssler edition bachakademie
(volume 36) Hänssler-Verlag 92036. 1999
2]
ROTZSCH, Hans-Joachim. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester
Leipzig. Sopran : Regina Werner. Alto : Gerda Schriever.
Ténor :
Peter Menzel. Basse : Hermann Christian Polster. Milieu des
années 1970. Durée : 15’45
Disque
RDA VEB Pilz. Avec les cantates BWV 78 et 44. Enregistrements
proposés sous le curieux titre « East German
Revolution » ?
MOUVEMENTS
INDIVIDUELS BWV 112
M-1.
Mvt. 2] SHAW, Robert. RCA Victor Symphony Orchestra. Contralto :
Maria Anderson. Enregistrement RCA Victor 1946 puis report
Cassette
et CD RCA Victor/ Nimbus Prima Voce. 1990-1991.
M-2.
Mvts. 1 & 5] Extraits de l’enregistrement de Hans-Joachim
Rotzsch. Thomanerchor. Fin des années 1960. CD Baroque Music
Club
« Soli
Deo Gloria », volume 7.
M-3.
Mvt. 1] Laurie Gaffney. Imogen Children’s Chorale. CD
Walsingham « Seasons ». 1996-1998.
M-4.
Mvt. 2] Julian Podger. Nork Barokkorchester. Alto : Catherine
King. Août 2008. CD Lina Records. Norge.
DIVERS
Sur
le WEB, le site de la Pierpont Morgan Library (Madison Avenue,
Midtown, Manhattan / New York) propose la reproduction de la première
page autographe de l’aria, Vers. 2 « zum
reinen Wasser ».
C.
Role. Juin 2011
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