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C. Role. Juin 2011
Cantate BWV 112
DER HERR IST MEIN GETREUER HIRT
Le Seigneur est mon berger fidèle…
MISERICORDIAS DOMINI

Cantate pour le dimanche Misericordia (2e dimanche après Pâques)
Leipzig, 8 avril 1731
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes et des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama « espéré »  élargi  de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques « interventions « CR » signalées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés dans la bibliographie. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS (A) = La majeur → (a moll) = la mineur
(B) = Si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Édition par la Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = Ut majeur (c moll) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur (d moll) = ré mineur
(E) = Mi (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = Fa
(G) = Sol majeur (g moll) = sol mineur
GB = Grande-Bretagne = Angleterre
(H) = Si (h moll) = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition originale autographe
Ost. = Original Stimmen – Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident remarquable.


DATATION BWV 112

Leipzig, dimanche 8 avril 1731.
[BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, pages 458/459] : Neuf Choralkantaten après 1730 : BWV 112, 177, 192, 117, 97, 100, 140, 9 et 14.
BOMBA : « Cette cantate (1731) fait partie de ces morceaux qui permirent à Bach de compléter son cycle de cantates-chorals interrompu à Pâques 1725 ».
 DÜRR. Chronologie 1731 : Passion selon saint Marc (23 mars). *BWV 112 (8 avril). BWV 29 (27 août). BWV 140 (25 novembre).
HIRSCH. Classement CN 188 (Die chronologisch Nummer). Une cantate choral.
PIRRO [J.-S. Bach, page 143] : « Un certain nombre de cantates écrites d’après des chorals paraissent avoir été composées entre 1730 et 1734 ».
SCHWEITZER : Les cantates de 1728 à 1734.
SPITTA : Soit le 8 avril 1731, soit le 27 avril 1732.
WHITTAKER : « Autant qu’il soit possible de l’affirmer, il semble que le groupe des cantates choral [BWV 112, 117, 129, 137, 177, 192] fut écrit et s’acheva, la première cantate en 1731, les quatre autres l’année suivante et la dernière vers 1733-1734…»


SOURCES BWV 112

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR
P Pr (partition dans une collection privée). New York Pierpont Morgan Library, Mary Flager Cary. Music Collection.
BGA (Alfred Dörfell). Six feuillets, douze pages de musique : « J. Der Herr ist mein getreüer Hirt p. à 4 Voci. 2 Corni : 2 Hautb d’Amour 2 Violini Viola e Continuo di J S Bach. » Dernière page : « Fine… DSGL ».
BRAATZ [BCW] : La partition autographe a un cheminement inhabituelle. Il est probable qu’elle fit partie de l’héritage de Wilhelm Friedemann Bach et nous savons ce que cela signifie parce que celui-ci tenta de vendre [ses autographes] pour en obtenir de l’argent afin de faire face à ses dettes. En fait, on ne sait à qui il les vendit… En 1827 l’autographe fut proposé par un inconnu à l’occasion d’une vente aux enchères à Berlin. L’un des [acheteurs] intéressé fut Carl Friedrich Zelter mais son enchère fut surpassée par celle de Karl Philipp Heinrich Pistor (1778-1847) dont le nom paraît aussi comme propriétaire d’autres partitions de cantates. Selon la BGA., volume 24, page XVII, l’autographe appartenait à Madame Marie Hoffmeister (1817-1890) qui résidait à Wienrode, non loin de Blankenburg dans la région montagneuse du Harz. Elle était la fille du zoologiste Heinrich Lichtenstein, de Berlin, qui, selon Mendel Lichtenstein, était considéré comme le dernier élève de Carl Philipp Emanuel Bach à Hambourg. La fille de Heinrich Lichtenstein, Marie Hoffmeister (née Lichtenstein) était la grand mère et le professeur de piano de Ernst Rudorff. Il est hautement probable qu’elle avait reçu cet autographe comme « cadeau de mariage » (elle s’était mariée avec le Dr. August Hoffmeister (1815-1895), de la part de Pistor et de sa fille, Betty elle même mariée à Adolf Rudorff. Plus tard, en 1876, Alfred Dörfell [de la BGA] eut la possibilité d’en approcher la propriétaire, Marie Hoffmeister, ceci pour le compte de la BGA. [l’édition alors en cours]. Par la suite et assez rapidement, en 1886, l’autographe revint dans la famille Rudorff.
Ernst Rudorff établit le catalogue (toujours non publiée) de sa collection « Bachiana » dans lequel la cantate BWV 112 est mentionnée.
Entre 1886 et 1916, l’année de sa mort, le manuscrit [de la cantate BWV 112] semble avoir été vendu. S’il a été vendu avec d’autres partitions des cantates BWV 115 et 116, il est probable que ce fut au Dr. Max Abraham (1831-1900) et dans ce cas, son neveu et héritier Henri Hinrischsen l’eut en sa possession en 1900, mais encore ce fut [peut-être] cet Hinrischsen qui l’acquit directement de Rudorff ou l’acheta dans l’état, à sa mort Après la Seconde Guerre mondiale, le fils d’Henri Hinrichsen, Walter, emmena la partition aux USA où elle fut probablement achetée à New York en 1950 par Madame Marie Flager Cary. Depuis 1967 cet autographe fait partie de la Collection musicale de Marie Flagert Cary et se trouve confié à la Bibliothèque Pierpont Morgan de New York ».
HERZ : New York Pierpont Morgan Library. Filigrane au cor de chasse + MA moyen.
SCHMIEDER : Partition autographe en possession (1876) de Madame Marie Hoffmeister, aujourd’hui disparue (édition 1973).
SPITTA [Johann Sebastian Bach, tome 2, page 455, note 505] : « L’autographe est à la bibliothèque Royale de Berlin avec les mots écrits à la fin : « Il fine SDGl. ao 1732 ». Les parties originales sont à la Thomasschule ».
[Appendix 44, volume 2, page 696] : « Le filigrane « MA ». Je donne ici une liste de cantates (musique sacrée et de circonstance), lesquelles constituent un groupe de manuscrits incluant [aussi] un motet [BWV 226] et une messe [Kyrie et Gloria (extraits) de la messe en si bémol mineur [BWV 232 ]. De nombreuses ont, sous la marque « MA», d'autres filigranes. [suit une liste de 32 œuvres sacrées et profanes].
[Appendix 46, volume 2, page 699] : Autre filigrane mélangé avec celui « MA », cité ci-dessus [renvoi à l’appendix 44], le filigrane « CAW + Cor de chasse » dans une liste de dix cantates avec les BWV 112, 197a, 35, 171, 120a, 84, 82, 174, 137 et 201.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom L. Thomasschule zZ Bach-Archiv Leipzig.

BGA. Titre pris à la couverture, vraisemblablement de la main d’un élève de Bach : « Dominica Misericordia P / Der Herr ist mein getreuer Hirt | à | 4 Voc. | 2. Corni | 2 Hautbois | 2 Violini. | Viola. | e | Continuo. |di Sig(. | J S. Bach »
BRAATZ [BCW] : La partition originale et les parties séparées existent toujours. Pour ces dernières, comme il est fréquent elles furent remises par Anna Magdalena Bach à l’École Saint-Thomas et elles sont de nos jours aux Bach-Archiv Leipzig.
SCHMIEDER : En partie autographes et révisées.

COPIE XVIIIe SIECLE = ABSCHRIFTEN 18. Jh.
P 1033 M. Staatsbibliothek zu Berlin Preußicher Kultur Besitz. Anciennement à la Marburg Staatsbibliothek puis Berlin-Dahlem.

[BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 1, pages 59 à 61] : Liste des cantates copiées par le chef de chœur de la Thomasschule (juillet 1756 puis cantor en septembre 1756 Christian Friedrich Penzel (1737-1801). La copie de la cantate BWV 112 est datée du 12 mai 1756 ».

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (AUSGABE = BGA)
BGA Jg. XXIV (24e année). Pages 31 à 48. Préface d‘Alfred Dörffel, Leipzig im November1876. Cantates BWV 111 à 120.
[La partition de la BGA est dans le coffret Teldec Das Kantatenwerk, volume 28. 1981].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I / BAND 11. KANTATEN ZU DEN SONNTAGEN QUASIMODOGENITI UND MISERICORDIAS DOMINI
Bärenreiter Verlag BA 5071. 1988. Heraugegeben von Emans, Reinmar. 6 facsimilés
BWV 112. Pages 181 à 219. Partitur : New York Pierpont Morgan Library, Mary Flager Cary Music Collection. [3] Bl. 4v. Autographe
Avec les cantates BWV 67, 42, 104 et 85.
Kritischer Bericht (commentaires). BA 5071 41. Emans, Reinmar 1989.

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER classics. | Bach | Bärenrteiter Urtext.
Sämtliche Kantaten 4. Bärenreiter TP 1284. 2007. Serie I. Band 11/1. Kantaten zum Sonntag Quasimodogeniti und Misericordia. Herausgegeben : Reimar Emans.
BWV 112. Pages 179 à 219. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 2007.
BCW. Partition de la BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL. Partition PB 2962. Réduction chant et piano (Raphael) = EB 7112. Partition du chœur = ChB 1973. Instruments, voix, orgue et clavecin révisés par Max Seiffert = OB 2172.
2011 : Partition = PB 4612. Réduction chant et piano (28 pages) = EB 7112. Partition du chœur = ChB 4612.
CARUS. Partition = Carus 31. 112/00 (60 pages). Réduction chant et piano = Carus 31.112/3. Partition d’étude (Studienpartitur) = Carus 31.112/07. Harmonie = Carus 31. 112/09. Hautbois d’amour I et 2 = Carus 31.112/21 et 22. Cor I et II = Carus 31.112/31 et 32. Violon I, II, Viola, Violoncelle/Contrebasse = Carus 31.112/11 à 14.
KALMUS STUDY SCORES. N° 836. Volume XXXII. New York 1968. Cantates BWV 110 à 112.
PETERS : Réduction chant et piano.


PÉRICOPE BWV 112

Dimanche « Misericordia Domini ». Deuxième dimanche après Pâques.
Ce dimanche autrement appelé « Dimanche du Bon Pasteur » fait référence (dans l’église Romaine) au IIe dimanche après Pâques, dont l’introït est précisément : « Misericordia Domini plena est terra, alleluja… » associé au premier verset du psaume 33 (Hébreu) ou 32 (Vulgate) [PBJ. 829] : « Justes, acclamez Yahvé ; / aux hommes droits sied la louange. » 
Le Bon Pasteur est celui qui donne sa vie pour sauver ses brebis. L’image du Bon Pasteur, dans l’antiquité chrétienne, était celle aussi du divin « Passeur d’âmes.

MISSEL ROMAIN Introït : Psaume 33, 5 et 6 [PBJ. 829] : « Misericordia Domini plena est terra…»
Épître: I Pierre 2, 21 à 25 [PBJ. 1783]. A l’égard des maîtres exigeants : « Car vous étiez égarés comme des brebis, mais à présent vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes…» Évangile: Saint-Jean 10, 12 à 16 [PBJ. 1602 et 1603]. Le Bon Pasteur. Renvois à Ezéchiel 34, 1 à 31 [PB. 1233] et Jérémie 23, 1 à 3 [PBJ. 1218]. Offertoire . Psaume 63, 2 et 5 [PBJ. 857 et 858]

EKG. Misericordias Domini. Entrée : Jean 10, 12, 27 et 28 [PBJ. 1603 et 1604] : « Mes brebis écoutent ma voix; je les connais et elles me suivent» Psaume 23 [PBJ. 820 et 821]. Le bon pasteur : « Yahvé est mon pasteur, je ne manque de rien…» EKG 178 « Psaume 23 [PBJ. 820 et 821] : « Der Herr ist mein getreuer Hirt ». Attribution à Wolfgang Meuslin (?) vers 1530). Mélodie connue à Wittenberg vers1524. Epître : 1. Pierre 2, 21 à 25 [PB. 1782] : « Car vous étiez égarées comme des brebis…»
Évangile : Jean 10, 12 à 16 [PBJ. 1603]. L’Évangile du Bon Pasteur : « Je suis le bon pasteur…» [Pour la même occurrence voir les cantates BWV 104 du 23 avril 1724 et BWV 85 du 15 avril 1725].


TEXTE BWV 112

Cantique « Der Herr ist mein getreuer Hirt…» (publié à Ausbourg vers 1530) de Wolfgang Meuslin (1497-1563), en cinq strophes de sept lignes chacune, cantique inspiré du psaume 23 [PBJ. 820] : « Dominus regit me, et nihil mihi deerit - Le Seigneur est mon pasteur, et je ne manquerai de rien ». Renvois à Isaïe 40 [PB. 1148], 11 ; Jérémie 23, 4 [PBJ. 1218] ; 1. Pierre 2, 25 [PBJ. 1782] ; Apocalypse 7, 17 [PBJ 1805] et Jean 10, 11 [PBJ. 1603].
Renvoi à EKG 178 (texte et mélodie).
Ecrit vers 1530-1531 à Augsbourg. C’est la première version du cantique.
Le même incipit « Der Herr ist mein getreuer Hirt » mais non pas la suite du texte, prend place dans BWV 104/6 et BWV 85/3. C’est une nouvelle version rédigée par Cornelius Becker (1561-1604) de 1598.
Dans les deux cas, à quelques modifications prosodiques près, se retrouve la mélodie du cantique "Allein Gott in der Höh sei Ehr". BWV 85/3 (+Becker), BWV 112 et 128/1 ainsi que EKG 178 et 302, "Wie Gott mich fürcht so will ich gehn", cantique d’un texte différent mais aussi sur la même mélodie  attribuée à Nikolaus Decius (vers 1480-1529) d’après le Gloria latin, de 1529.

La mélodie Allein Gott in der Höh sei Ehr" datée de 1522 est attribuée à Nikolaus Decius (1485-1546), pasteur, professeur et ami de Martin Luther. Elle a pu tirer son origine d’un Gloria grégorien pour le temps de Pâques puis d’un Gloria in excelsis du début du XVIe siècle. Elle paraît avoir été imprimée vers 1522. Dans un premier temps elle accompagne le cantique (quatre strophes) du même nom Allein Gott in der Höh sei Ehr" puis est utilisée par le cantique Der Herr ist mein getreuer Hirt de Wolfgang Meuslin. C’est le texte de ce dernier et la mélodie de Decius qui se retrouvent en totalité dans la cantate BWV 112 dont c’est le titre éponyme et la mélodie seule dans les cantates BWV 128/1, 85/3 et 104/6.
Bach l’a sans doute connu par le biais du recueil de Vopelius de 1682, qui s’est rapidement imposé dans l’Allemagne luthérienne du nord.
On la retrouve, d’après BGA, dans un Gesangbuch à Magdebourg en 1540.
Renvoi à EKG 131, le Gloria in excelcis (la mélodie seule).
Chez Bach, voir le choral à quatre voix BWV 260 (strophe 1 et la mélodie) et les œuvres pour orgue BWV 662, 663, 663a, 664, 664a, Clavier-übung = BWV 675, 676, 676a, 677, Choralbearbeitungen = BWV 711, 715, 716, 717, Variationen = BWV 771 et Choralbearbeitungen : BWV Anh. 48.
[BCW] : D’autres utilisations de cette mélodie se retrouvent dans les œuvres de Heinrich Schütz (SWV 327), Johann Hermann Schein, Johann Pachelbel, Johann Pachelbel, Friedrich Wilhelm Zachow, Johann Ludwig Bach (messe), Telemann (cantates TWV 1: 58 et 59), Walther, Gottfried August Homilius, Johann Ludwig Krebs, Félix Mendelssohn (harmonisation de chorals), Max Reger…etc.

[BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 459] : « paraphrase du psaume 23, ici choisi en parfaite syntonie avec le contenu de la lecture évangélique Jean 10, 12 à 16, le Bon Pasteur…»
[volume 2, page 821 : « Des trois fascicules connus avant la découverte de ceux de Léningrad [volume 2, page 260, par Wolf Hobohm], le premier contient les textes des cantates BWV 31, 66, 134, 42 et 112…» Voir ci-après Neumann : Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte.
BOMBA : «…Bach mit en musique l’intégralité des cinq strophes, sans adjonction, sans remaniement ni paraphrase… » [il faut quand même tenir compte des différentes traductions réservées au psaume 23 depuis le XVIIIe siècle, certaines apparaissant comme une paraphrase assez libre…]. Pour le texte, renvoi à Johann Sebastian Bach Leben und Werk in Dokumentaten = BD II 287 et 282
LABIE [pages 191/192] : « Dans quelques-unes de ces cantates, le dialogue imaginaire est une façon de souligner l’importance d’un texte de l’Écriture ; éventuellement de le commenter. Ainsi en est-il de la cantate BWV 112 dont le livret, antérieur de deux cents ans à la réalisation qu’en donne le musicien appartient à un recueil de cantiques publié du vivant de Luther. C’est une paraphrase très serrée du psaume 23 dont les premiers versets appartiennent à l’ordre de la métaphore.; la brebis parle de son pasteur et le musicien [toujours Bach] d’utiliser la formule banale du récitatif et de l’aria de soliste. Ce n’est qu’au moment où le texte quitte ce discours figuré pour une prière exprimée sans image, en vocabulaire d’homme, « Devant moi, tu apprêtes une table face à mes adversaires » que Bach passe du solo à un duo du ténor et du soprano, figure musicale d’une intensité supérieure . Il insiste sur l’importance de cette aria en duo, la plaçant à la fin de la cantate, suivi du seul choral final qui reprend l’invocation du Gloria de la messe ; de cette prière, il ne retient que l’image du bien et de la miséricorde…»
NEUMANN : Le texte se trouve dans le Leipziger Kirchenmusik 1731. Renvoi au fac-similé [Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte, pages 438, 442/443]. „Texte zur Leipziger Kirchen -Music… Anno 1731…Am Sonntage Misericordias | Zu der Kirche zu S. Nicolai“].
SCHMIEDER : Édition originale du texte, Leipzig, vers 1731.
WOLFF : «…Le texte des cinq mouvements s’appuie sur le Lied d’église homonyme de Wolfgang Meuslin (vers 1530), une paraphrase poétique du psaume 23. Ce psaume 23 (le Seigneur est mon berger), lié à l’Évangile du dimanche Jean 10, 12 à 16 (Je suis le Bon Berger) ».
[De nombreuses variantes du texte par rapport aux livres de chant utilisés aussi bien à Leipzig qu’à Dresde (Leipziger Gesangbuch de Gottfried Vopelio, 1682, sont signalés par Werner Neumann [Sämtliche von J. S. Bach vertonte Texte] ainsi que dans les „Ost“, les parties originales séparées].


GÉNÉRALITÉS BWV 112

[BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 618] : «…structure de la cantate entièrement construite sur un choral. Renvoi aux cantates BWV 4, 97, 100, 107, 112, 117, 129, 137, 177 et 192…»
FINSCHER : «… Oeuvre tardive… mais constituant également du point de vue de la forme, une cantate chorale… la mélodie appartenant au cantique n’apparaît que dans les mouvements extrêmes…»
WOLFF : «…Dans la mesure où le cycle des cantates de choral de 1724-1725 s’interrompit avant Pâques, cette œuvre est de toute évidence un complément au cycle annuel justement incomplet, ajouté probablement dans le contexte plus large d’une représentation ultérieure des cantates-chorales, au début des années 1730. Les quatre voix du chœur sont utilisées comme solistes, et dans [4], les voix de soprano et de ténor forment un duo… La mélodie du choral est seulement utilisée dans le chœur d’entrée et le choral conclusif…»


DISTRIBUTION BWV 112

NEUMAN. Sopran, Alt, Tenor, Baß. Chor. Horn I, II, Oboe d’amore I, II ; Streicher ; B.c.
SCHMIEDER. Soli : S, A, T, B. Chor : S, A, T, B. Instrumente : Oboe d‘amore I, II; Corno I, II; Viol. I, II; Vla.; Cont.


APERÇU BWV 112

1] CHORALCHORSATZ. BWV 112/1
Vers 1. DER HERR IST MEIN GETREUER HIRT, / HÄLT MICH IN SEINER HUTE, / DARIN [W. Neumann : Vopelio Leipzig 1682 u. Dresden : „ darum“] MIR GAR NICHTS MANGELN WIRD / IRGEND AN EINEM GUTE, / ER WEIDET MICH OHN UNTERLAß, / DARAUF WÄCHST DAS WOHLSCHMECKEND GRAS / SEINES HEILSAMEN WORTES.

Le Seigneur est mon berger fidèle, / Il me tient sous sa garde, / Aussi ne manquerai-je jamais / D’aucun bien, / Sans relâche il me fait paître, / C’est à cet effet que pousse l’herbe savoureuse / De sa parole salutaire.

Première strophe du cantique « Der Herr ist mein getreuer Hirt…» et verset 1 du psaume 23 [PBJ. 820].

Sol majeur (G Dur), 73 mesures, C barré (¢)
BGA. XXIV. Pages 31 à 36. Dominica Misericordias Domini. | Vers 1. | Corno I. | Corno II. | Oboe d‘amore I. | Oboe d‘amore II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Parties instrumentales indépendantes (ritournelle encastrée). Cantus firmus au soprano avec imitations des autres voix de la thématique du choral. Ensemble des instruments. Mélodie du choral „Allein Gott in der Höh sei Ehr“. Entrée des voix à la mesure 13.

BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 459] : « La mélodie, qui est celle d’Allein Gott in der Höh sei Ehr » n’apparaît que dans les deux morceaux extrêmes [1 et 5]… ici un motet typique -fantaisie sur choral- avec ritournelles instrumentales et imitation contrapuntique inspirée de la mélodie…»
BOMBA : «…Un morceau concertant pour cors, hautbois d’amour et cordes encadre le chœur d’entrée, le choral ne se rappelle à notre souvenir que dans le mouvement instrumental, alors que s’ouvre la partie des cors et de la basse continue. Le soprano interprète vers après vers le cantus firmus que les autres voix sous-tendent sur un thème libre…»
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 235/236] : «…Élaboration de choral de type II sur mélodie de choral (MDC) 007. Il faut noter le présence vivifiante de deux cors concertants…»
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,page 61] : « Le cantus firmus est confié à une voix du chœur [ici le soprano], les trois autres parties vocales en situations harmoniques, imitatives ou libres. L’orchestre déroule une ritournelle continue tandis que les versets de la MDC sont exposées de manière discontinue, entrecoupés par des pauses ou seul intervient l’orchestre…”
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…les deux cors naturels, qui s’imposent dès la ritournelle initiale qu’ils attaquent à découvert, les autres instruments n’entrant qu’à la troisième mesure… les deux hautbois d’amour doublent les deux parties de violons…. Les instruments s’échangent des éléments empruntés à la mélodie du choral et de petites figures joyeuses, dactyles, arpèges et vocalises…»
GARDINER : «…La fantaisie-choral d’introduction est un chef-d’œuvre de concentration. La présence de deux cors, tous deux accordés en sol, l’un confiné dans un ambitus élevé…l’autre en charge d’appels saisissants de trois notes réitérées, nous vaut un portrait infiniment plus royal du bon pasteur que celui rencontré précédemment [BWV 104]. Ce que Bach fait ici revient à associer différents éléments quasi indépendants en un tout étonnement polychrome. A la calme ascension de la mélodie de soprano, il ajoute l’éclat chatoyant du premier cor, rehaussant pour ainsi dire la sérénité de majesté. Le contre-sujet (premiers violons et premier hautbois d’amour) est vigoureux et mouvementé, à l’image d’agneaux gambadant…on note une structure en forme de mosaïque irrégulière – prélude, strophes, intermezzo [dont la somme est égale à « 73 » [Zebaoth ?]… Bach cherche-t-il ici à reproduire un modèle numérique ésotérique, et si oui qu’est-ce que cela signifie ? »
CHAILLEY : l’un des chorals ayant connu de la part de Bach pas moins de douze élaborations avec les chorals BWV 662-663-664 (Leipzig n° 12, 13 et 14), BWV 675, 676, 677, 711 (Kirnberger), BWV 715, 716, 717, 771 et Anhang 48.
FINSCHER : « La première strophe est une vaste composition sur le choral, formellement plus simple, sonorement plus somptueuse (du fait de la présence de cors concertants) que celle de la cantate BWV 111 ; les cors, dont le premier soutient l’exposition des versets du cantique par le soprano, doivent sans doute être interprétés allégoriquement comme instruments « pastoraux »
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. - L’orchestration, page 239] : «…Dans les chœurs des cantates BWV 112/1 et BWV 1/1, on dirait que les cors ajoutent, comme fond au paysage pastoral que Bach y suggère, une peinture de la forêt…» 


2] ARIE ALT. BWV 112/2
Vers 2. ZUM REINEN WASSER ER MICH WEIST, / DAS MICH ERQUICKEN TUE. / DAS IST SEIN FRONHEILIGER GEIST, [R. Wustmann : „des herrn heiliger“] / DER MACHT DARIN MICH WOHLGEMUTE. / ER FÜHRET MICH AUF RECHTER STRAß / SEINER GEBOTEN , [R. Wustmann : „Gebote“] OHN ABLAß / VON WEGEN SEINES NAMENS WILLEN.

A l’onde pure il me mène / Pour me rafraîchir. / C’est l’esprit saint du Seigneur / Qui réjouit mon âme. / Il me conduit sans cesse / Sur le bon chemin de ses commandements / Pour l’amour de son nom.

Deuxième strophe du cantique « Der Herr ist mein getreuer Hirt… » et versets 2 et 3 du psaume 23 [PBJ. 821].
[Lieu classique de l‘onde pure. Outre le psaume 23, voir par exemple Ézéchiel 36, 25 [PBJ. 1336] „oracle sur les montagnes d‘Israël : Je répandrai sur vous une eau pure ], etc.

Mi mineur (c moll), 82 mesures, 6/8
BGA. XXIV (24e année). Pages 37 à 40. ARIE. | Vers 2. | Oboe d‘amore solo. | Alto. | Continuo.
NEUMANN. Trio : hautbois d‘amour, Alto et basse continue. Forme bipartite et ritournelle. Structure AA‘.

BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 459] : «…quelques citations voilées et très partielles dans les morceaux intermédiaires [n° 2, 3 et 4] de la mélodie du choral…»
BOMBA : «…l’air… suscite l’image du berger qui, soufflant dans son pipeau (hautbois d’amour), indique tendrement à l’âme (alto) le chemin vers les eaux pures ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…Délaissant la mélodie du choral et le style du motet, Bach traite… en un air ravissant, écrit comme un trio… Dans un mouvement légèrement dansant, le hautbois d’amour déroule le long ruban d’une mélodie gorgée de vocalises jubilantes, avant que l’alto n’en reprenne le motif, en imitations… paysage bucolique…»
FINSCHER : «…aria comme une idylle « bucolique » avec hautbois concertant, rythmes dansants et joyeuses figurations…»
GARDINER : «…deuxième strophe… air délicieux…. D’apparence pastorale… chargé de rythmes croisés complexes…»
HIRSCH [Die Zahl im Kantatenwerk Johann Sebastian Bachs.page 36] : Le thème revient à dix reprises… le symbole des „Dix commandements“, mot cité dans le texte de l‘aria…
LEMAÎTRE : «…air d’alto de forme A-A’ sur un rythme berceur en 6/8 dont le motif est d’abord entendu au hautbois d’amour solo ».
MACIA [Cantates d’église] : «…Le mouvement est évidemment une allégorie du monde pastoral. On retrouve cette atmosphère déjà présente dans la cantate BWV 104… un hautbois d’amour assure une atmosphère bucolique en s’ajoutant au rythme dansant imprimé au poème : « A l’onde pure, il me mène pour me rafraîchir ».
ORON [BCW] : «…l’écoulement des ondes pures est décrit par des croches, principalement par le hautbois et les voix et occasionnellement par le continuo…l’image des eaux rafraîchissantes… d’une couleur pastorale… le mouvement a un charme tranquille… » »


3] ARIOSO + REZITATIV BAß. BWV 112/3
Vers 3. UND OB ICH WANDELDT IM FINSTERN TAL, / FÜRCHT ICH KEIN UNGELÜCKE / I N VERFOLGUNG, LEIDEN, TRÜBSAL / UND DIESER WELTE TÜCKE ; / DENN DU BIST BEI MIR STETIGLICH, / DEIN STAB UND STECKEN TRÖSTEN MICH, / AUF DEIN WORT ICH MICH LASSE.

Bien que je chemine dans la vallée emplie de ténèbres, / Je ne redoute nulle infortune / Dans la persécution, la souffrance et l’affliction / Ni les malignités de ce monde, / Car tu es constamment à mes côtés, / Ta houlette et ton bâton me dispensent le réconfort, / A ta parole je m’en remets.

Troisième strophe du cantique « Der Herr ist mein getreuer Hirt… » et verset 4 du psaume 23 [PBJ. 821].

Ut majeur (C Dur) → Sol majeur (G Dur), 20 mesures, C
BGA. XXIV. Pages 40 à 41. RECITATIV. | Vers 3. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Basso. | Continuo. Marqué « Arioso » mesures 1 à 11. Adagio, mesures 12 à 20.
NEUMANN. Arioso au continuo en imitation. Secco et arioso.

BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 459] : «…touchant épisode de basse, en style arioso (avec le seul continuo) dans la première partie, puis en forme de récitatif accompagné riche de symbolismes…»
BOMBA : «… le mouvement est divisé en deux parties. En premier lieu, la basse et le continuo traduisent l’image du cheminement à travers la vallée des ténèbres. Bach continue ensuite sous la forme d’un récitatif ; l’accompagnement des cordes enveloppe la certitude du persécuté en lui indiquant le chemin vers celui qui lui apportera le réconfort »..
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…bref morceau intitulé Recitativo s’ouvrant en réalité par un arioso de la basse soutenue par le seul continuo, pour énoncer les deux premières périodes de la strophe dans un climat de parfaite sérénité. Mais le style change avec le récitatif proprement dit, marqué adagio …la basse détaille d’abord avec des accents douloureux (accords diminués) tout ce que l’homme peut craindre ici bas… Puis le ton s’apaise pour conclure en arioso sur la Parole consolatrice, dans l’aura des instruments à cordes ».  
FINSCHER : «…arioso à deux volets dont les sombres images « ein finstern Tall - vallée emplie de ténèbres », « Verfolgung - persécution », « Leiden - souffrance », «  Trübsal - affliction », font l’objet d’une interprétation musicale aussi emphatique que celle à laquelle donne lieu la consolatrice formule finale (modulation partant de fa mineur pour aboutir, en passant par mi majeur, à sol majeur)…»
GARDINER : «…imposant basso continuo dans son registre grave précédant la voix de basse… N’intervenant que tard, les cordes supérieures apportent une vigueur chromatique expressive aux paroles insérées dans le texte du psaume, soit huit mesures seulement – via une descente modulant de la bémol à sol mineur, fa mineur puis, que [les mots] « ton bâton m’accorde le réconfort », mi majeur
LEMAÎTRE : «…arioso débutant sur un motif descendant au rythme affirmé que la voix de basse prend au continuo et qu’elle varie : celui-ci traduit le cheminement à travers la vallée des ténèbres. Sur le dernier temps de la douzième mesure, les cordes entrent en jeu et le mouvement « allant » cède la place à un adagio, pour mieux exprimer le réconfort apporté par le Seigneur…»
MACIA [Cantates d’église] : «…le caractère sombre du début qui évoque la vallée de larmes de la vie, se traduit par de rudes chromatismes, puis les cordes entrent en lice à la douzième mesure avec une modulation de fa mineur vers sol majeur, pour accompagner le réconfort éprouvé enfin par le chrétien qui clame : Tu es constamment à mes côtés ».
ORON [BCW. Commentaires] : «…La basse chante les paroles à trois reprises débutant chaque ligne sur la même note…»
WIJNEN : «…un arioso et récitatif de basse dépeint la sombre vallée sur des notes extraordinairement graves, dont l’obscurité est subitement éclairée par le duo entre soprano et ténor [4]…»
WOLFF: «…Le récitatif commence comme un arioso, avec un accompagnement de continuo aux motifs riches et il conduit à un récitatif accompagné de cordes avec la déclamation théologique centrale : "Dein Stecken und Stab trösten mich, Auf dein Wort ich mich lasse" ».


4] ARIE (DUETT), SOPRAN, TENOR. BWV 112/4
Vers 4. DU BEREITEST VOR MIR EINEN TISCH / VOR MEIN’ FEINDEN ALLENTHALBEN, / MACHST MEIN HERZE UNVERZAGT UND FRISCH, / MEIN HAUPT TUST DU MIR SALBEN / MIT DEINEM GEIST, DER FREUDEN ÖL, / UND SCHENKEST VOLL EIN MEINER SEEL / DEINER , [R. Wustmann : variante „ Deine“] GEISTLICHEN FREUDEN.

Devant moi tu apprêtes une table / Face à mes ennemis en tous lieux, / Tu rends mon cœur dispos et courageux, / Tu embaumes ma tête de ton esprit, / Onction de joie, / Et remplis mon âme jusqu’au bord / De tes félicités spirituelles.

Quatrième strophe du cantique « Der Herr ist mein getreuer Hirt…» et verset 5 du psaume 23 [PBJ. 821].

Ré majeur (D Dur), 125 mesures, à 2
BGA XXIV. Pages 42 à 47. Vers 4. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Tenore. | Continuo. Reprise dal Segno. Mesures 3 à 19.
NEUMANN. Partie de cordes, basse continue, Soprano et Ténor. En canon et structure AA BA.

BASSO. [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 273] : Rythme de danse, ici une bourrée.
BOMBA : «…un duo dansant… qui se libère en motifs insistants et en vocalises exultant de joie. Cependant on découvre la mélodie qui se cache derrière la thématique des registres vocaux, si l’on retire quelques tons de remplissage et de liaison…»
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «…sur le rythme d’une bourrée stylisée débordant d’énergie, les premiers violons lancent un allègre motif sous-tendu par la tête de la mélodie du choral, motif que reprennent en écriture canonique les seconds violons, puis le ténor, enfin le soprano. Les motifs circulent d’une partie à l’autre, inversant l’ordre des entrées dans l’apparent désordre d’une expression exubérante ».
FINSCHER : «…La quatrième strophe intensifie les accents dansants… en se faisant véritable danse d’allégresse, au caractère de bourrée, dotée d’une formation symétrique de périodes à quatre temps et d’un rythme entraînant…»
LEMAÎTRE : «…duo soprano-ténor qui s’organise selon A-AB-A et rappelle plus d’une bourrée du compositeur ».
MACIA [Cantates d’église] : «…Duo doué d‘un rythme entraînant, assimilable à une bourrée, soulevé par l‘élan des cordes…“
PIRRO [L'esthétique de Jean-Sébastien Bach. - La musique ancienne - La musique étrangère, page 415] : «…Ainsi un air de soprano de Giove in Argo, de Lotti (1717), commence à peu de chose près comme le duo de ténor et de soprano de la cantate BWV 112… Voyez aussi la ritournelle où le motif , un peu orné, se rapproche encore plus du motif de Lotti » [+ deux exemples musicaux, celui de Lotti et celui de Bach, BWV 112, BGA. XXIV, page 42].
[Giove in Argo - Jupiter à Argos (ville du Péloponnèse) d’Antonio Lotti (1666-1740), une Pastorale mélodramatique présentée à Dresde successivement en octobre 1717 puis en septembre 1719. Bach l’a-t-il connue sinon entendue ? C’est peu probable. En tout cas, elle ne le fut pas plus en France… peut-être seulement par une édition. Il en va de même avec l’opéra du même titre de Haendel, opéra éphémère monté à Londres en mai 1739. Ceci fait quand même la preuve de l’indiscutable culture musicale d’André Pirro, car son ouvrage fut rédigée avant 1907 !]
WIJNEN : «…tout à coup, une voix prend le dessus sur l’autre dans des motifs évoquant le thème choral…»
WHITTAKER : «…Un joyeux chant de fête sur le verset 4 du psaume, avec la rythmique animée et brillante des cordes…»


5] CHORAL. BWV 112/5
Vers 5. GUTES UND DIE BARMHERZIGKEIT / FOLGEN MIR NACH IM LEBEN, / UND ICH WERD BLEIBEN ALLEZEIT / IM HAUS DES HERREN EBEN, / AUF ERDE IN CHRISTLICHER GEMEIN / UND NACH DEM TOD [W. Neumann : „Tode werd“] WERD ICH SEIN / BEI CHRISTO, MEINEM HERREN.

Le bien et la miséricorde / M’accompagnent tout au long de ma vie / Et je demeurerai à jamais / Dans la maison du Seigneur, / Sur cette terre dans la communauté chrétienne, / Et après ma  mort je serai / Auprès de Jésus-Christ, mon Seigneur.

Cinquième strophe du cantique « Der Herr ist mein getreuer Hirt… » et verset 6 du psaume 23 [PBJ. 820]. Mélodie « Allein Gott in der Höh sei Ehr ».

Sol majeur (G Dur), 14 mesures, C
BGA. XXIV (24e année). Page 48. CHORAL. | Vers 5. | Corno I. | Corno II. | Soprano. / Oboe d‘amore I, Violino I. col Soprano. | Alto. / Oboe d‘amore II., Violino II. coll‘ Alto. | Tenore. / Viola col Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé avec les deux cors obligés et l‘ensemble des instruments.

BOMBA : «… Dans le choral final, le deuxième cors s’orne d’une voix propre en accentuant ainsi le caractère solennelle de la cantate ».
BOYER [Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 235/236] : «…Choral harmonisé de type I sur mélodie de choral (MDC) 007 avec deux cors obligés ».
[Les mélodies de chorals dans les cantates de J.-S. Bach,page 108/109] : « Choral harmonisé à quatre voix avec instruments colla parte mais le deuxième cor se voit attribué une partie indépendante ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach.] : «… harmonisation homophone, à quatre voix, doublées par le tutti instrumental » .
FINSCHER : «…sobre composition de choral à laquelle les deux cors confèrent un léger coloris ».


BIBLIOGRAPHIE BWV 112

BACH CANTATAS WEBSITE (BCW) :
AMG (All Music Guide) : Notice.
BRAATZ, Thomas : Provenance (22 avril 2002).
BCW (Commentaires), 19 avril 2002. Citations de Friedrich Smend et Alfred Dürr.
BROWNE, Francis (avril 2008) : Texte du choral Der ist mein getreuer Hirt.
Les cinq strophes de Wolfgang Meuslin + celle de Cornelius Becker .
CROUCH, Simon : Notice 1996 & 1998.
EMMANANUEL MUSIC : Notice de Craig Smith.
MINCHAM, Julian: The Cantatas of Johann Sebastian Bach, chapitre 54. 2010.
ORON, Aryeh : Discussion 1] 14 avril 2002. 2]3 août 2008. 3] 12 septembre 2010.
BCW (Commentaires), 19 avril 2002 (avec Thomas Braatz
Mélodie du choral “Allein Gott in der Höh sei Ehr”. Thomas Braatz & Aryeh Oron, avril 2006.

AMBROSE, Z. Philip (University of Vermont) : The new translation of cantata texts. Hänssler/ Rilling. Série verte. Vers 1990
Voir aussi le NET : Classics/faculty/bach/BWV
BACH COMPENDIUM ou Répertoire analytique et bibliographique des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Hans Joachim Schulze et Christoph Wolff = Bach-Compendium : analytisch-Bibliographisches Repertorium der œuvre Johann Sebastian Bach. Editions Peters. Francfort-sur-le Main. 1985. BWV 112 = BC A 67.
BASSO, Alberto : Jean-Sébastien Bach. Edizioni di Torino. 1979. Fayard 1984-1985. Volume 1, pages 34, 61 et 158
Volume 2, pages 253, 261, 268, 273, 341, 456, 457, 458/459, 618, 831 (note 4) et 844 (note 6)
BOMBA, Andreas : Notice de l’enregistrement Hänssler / Rilling / edition bachakademie, volume 36. 1999
BOYER, Henri : Les cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach. L’Harmattan 2002. Pages 235/236
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BREITKOPF. Recueils :
Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 125 (249, 312, 325 et 352)
Breitkopf n° 3765 : 389 Choralgesänge für vierstimmigen gemischten Chor (sans date). Classement alphabétique. N° 12 (13, 14 et 15)
CANTAGREL, Gilles : Les cantates de J.-S. Bach. Fayard. 2010. Pages 511 à 514
CHAILLEY, Jacques: Les chorals pour orgue de Jean-Sébastien Bach. A. Leduc 1974. Pages 50 à 68
COLLECTIF: Tout Bach. Ouvrage publié sous la direction de Bertrand Dermoncourt. Robert Laffont – Bouquins. Novembre 2009
Jean-Luc Macia : Cantates d’église. Pages 181/182
DÜRR, Alfred : Die Kantaten von J.-S. Bach. Bärenreiter. Kassel 1974. Volume 1, pages 260 à 262
EKG : Evangelisches Kirchen-Gesangbuch. Verlag Merfburger Berlin. 1951. Ausgabe für die Evangelische Kirche in Berlin-Brandenburg
Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « EKG ».
FINSCHER, Ludwig : Notice de l’enregistrement de Nikolaus Harnoncourt, volume 28. 1981
GARDINER, John Eliot : Notice de son enregistrement, volume 23. 2007. Traduction française de Michel Roubinet.
HELMS, Marianne : Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98744). En collaboration avec Arthur Hirsch. 1984
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: Notice de l’enregistrement d’Helmuth Rilling (Laudate 98744). En collaboration avec Marianne Helms. 1984
LABIE, Jean-François : Le Visage du Christ dans la musique baroque. Fayard /Desclée 1992. Page 191
LEMAÎTRE, Edmond : La Musique sacrée et chorale profane. L’Âge baroque 1600-1750 ». Fayard. Les Indispensables de la musique.
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Incipit de la mélodie « Allein Gott in der Höhe sei Ehr » = M 65, page 274 .
NEUMANN, Werner : Handbuch der Kantaten Johann Sebastian Bachs. VEB Breitkopf & Härtel Musikverlag Leipzig 1971. Page 133
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Dans les références bibliques, apparaît sous l’abréviation « PBJ ».
PIRRO, André : J.-S. Bach. Alcan, Paris. 5e édition. 1919. Page 143
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RICHTER, Bernhard Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis 44] Über die Schicksale der der Thomasschule zu Leipzig
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SCHMIEDER, Wolfgang : Thematisch-Systematiches Verzeichnis der Werke Joh. Seb. Bachs (BWV). Breitkopf & Härtel 1950-1973-1998
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SCHWEITZER, Albert : J.- S. Bach "Le musicien-poète". Foestich 1967, 8e édition. Édition française de 1905. Pages 192/193
: J. S. Bach. Édition allemande complète, en deux volumes. 1911.
Édition américaine (traduction de E. Neumann). Dover Publications, inc. New York. 1911-1966.
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SMEND, Friedrich : W. Neumann. Literaturverzeichnis. 661] Kirchen-Kantaten [I] von Ostern bis Pfingsten. Berlin 1947
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SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His Work and Influence on the Music of Germany 1685-1750 »
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. 3 volumes. Tome 2, pages 455 (+ note 505), 457.
Appendix n° 44, page 696 et Appendix 46 page 699
WHITTAKER, W. Gillies : The Cantatas of Johann Sebastian Bach. Sacred & Secular Oxford U.P. 1959-1985
Tome 1, pages 433, 436 à 439, 440 et 619. Tome 2, pages 132, 169 et 288
WIJNEN, Dingeman van : Notice (sur CD, pages 101/102) de l‘enregistrement de Pieter Jan Leusink. 2006
WOLFF : Notice de l‘enregistrement de Ton Koopman, volume 20. 2005.
WUSTMANN, Rudolf : J.S. Bachs geistliche und weltliche Kantatentexte. Breitkopf & Härtel, 1913-1967. Pages 112/113
ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 182, pages 277/278
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 112

BACH CANTATAS WEBSITE : Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous une forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution des enregistrements. Huit références (mars 2002 – mai 2011) + 4 mouvements individuels (mars 2002 – juillet 2006).
Exemples musicaux : Aryeh Oron (avril 2003 – janvier 2005).

5] GARDINER (volume 23). The Monteverdi Choir. The English Baroque Soloists Sopran : Katharine Fuge. Contre-ténor : William
Tower. Ténor : Norbert Meyne. Basse : Stephen Varcoe. Durée : 13’48. Bach Cantata Pilgrimage. Basilique St. Willibrord,
Echternach. Luxembourg, le 7 mai 2000. Avec les cantates 85 et 112
CD SDG 131. 2007. Avec les cantates BWV 85 et 104
1] GRISCHKAT. Schwäbischer Singkreis Stuttgart. Bach-Orchester Stuttgart. Soprano : Claire Fassbender-Luz. Contralto : Hetty
Plümacher. Ténor : Klaus Stermann. Basse : Hermann Werdermann. Juillet 1951. Durée : 15’45
Disque Renaissance (USA) X-36. Avec la cantate BWV 185. Reprises [?] Disque Baroque / Joker
4] HARNONCOURT (volume 28). Tölzer Knabenchor. Concentus Musicus Wien.
Soprano : Markus Hubert (soliste des Tölzer Knabenchores. Alto : Paul Esswood. . Ténor : Kurt Equiluz. Basse : Ruud van der Meer.
1981. Durée : 13’42
Disque Teldec 6.35573-00-501-503. Das Kantatenwerk (volume 28)
CD (D). Teldec 4509-91760. Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas, volume 6. Coffret de six CD avec les cantates BWV 100 à 117
CD Teldec 242 606-2. Das Kantatenwerk. Volume 28. 1981.
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 3. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 100 à 117. BWV 119 à 140. BWV 143 à 149
Reprise CD Warner Classics 8573 81175-5. Intégrale en CD séparés, volume 35. 2007. Avec les cantates BWV 113 et 114
7] KOOPMAN (volume 20). The Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Sopran : Sandrine Piau. Alto : Bogna Bartosz. Ténor : Christoph
Prégardien. Basse : Klaus Mertens. Durée : 11’21.
Mvt. 2 du 9 au 14 mai 2002. Mvts. 3 et 4 25 septembre au 3 octobre 2002. Mvts 1 et 5 les 23 et 25 février 2003
Durée : 11’21. CD Antoine Marchand CC 72220. 2005. Avec les cantates BWV 120, 11 et 9
6] LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Sopran : Ruth Holton. Alto : Sytse Buwalda. Ténor : Nico van der Meel.
Basse : Bas Ramselaar. Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Durée : 13’46
CD Brilliant Classics. Bach Edition. 2000. Volume 21, Cantates, volume 12.
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 27/103 Avec les cantates BWV 148, 174 et 68
Cette réédition 2006 a fait l‘objet en 2010 d‘une édition „augmentée“ : 157 CD comprenant, les partitions et 2 DVD proposant
les Passions (saint Jean et saint Matthieu).
8] NELSON, Ralph. Bach Cantate Choir. Portland. Oregon (USA). En concert, 25 avril 2009.
CD Bach Cantata Choir n° 14. 2009. Avec le motet BWV 226
3] RILLING. Gächinger Kantorei. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Inga Nielsen. Alto : Gabriele Schreckenbach. Ténor : Aldo Baldin.
Basse : Walter Heldwein. Studio Heidelberg (D). Décembre 1980. Février 1981. Durée : 13’47
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98744. 1984. Avec les cantates BWV 51 et 145.
[L‘une des toutes dernières cantates enregistrées au disque par Helmuth Rilling].
CD. Die Bach Kantate (volume 9). Hänssler Classic. Laudate 98860. Avec les cantates BWV 30 et 98
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 36) Hänssler-Verlag 92036. 1999
2] ROTZSCH, Hans-Joachim. Thomanerchor Leipzig. Gewandhausorchester Leipzig. Sopran : Regina Werner. Alto : Gerda Schriever.
Ténor : Peter Menzel. Basse : Hermann Christian Polster. Milieu des années 1970. Durée : 15’45
Disque RDA VEB Pilz. Avec les cantates BWV 78 et 44. Enregistrements proposés sous le curieux titre « East German Revolution » ?


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 112

M-1. Mvt. 2] SHAW, Robert. RCA Victor Symphony Orchestra. Contralto : Maria Anderson. Enregistrement RCA Victor 1946 puis report
Cassette et CD RCA Victor/ Nimbus Prima Voce. 1990-1991.
M-2. Mvts. 1 & 5] Extraits de l’enregistrement de Hans-Joachim Rotzsch. Thomanerchor. Fin des années 1960. CD Baroque Music Club
« Soli Deo Gloria », volume 7.
M-3. Mvt. 1] Laurie Gaffney. Imogen Children’s Chorale. CD Walsingham « Seasons ». 1996-1998.
M-4. Mvt. 2] Julian Podger. Nork Barokkorchester. Alto : Catherine King. Août 2008. CD Lina Records. Norge.


DIVERS

Sur le WEB, le site de la Pierpont Morgan Library (Madison Avenue, Midtown, Manhattan / New York) propose la reproduction de la première page autographe de l’aria, Vers. 2 « zum reinen Wasser ».


C. Role. Juin 2011
 

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Last update: July 10, 2011 19:30:00