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BWV 1 Edition Second. Avril 2011
CANTATE BWV 1
WIE SCHÖN LEUCHTET DER MORGENSTERN
Comme brille l‘étoile du matin
KANTATE ZUM FESTE MARIA VERKÜNDIGUNG Cantate pour l’Annonciation de Marie
Festo annunciationis Mariæ
Leipzig, 25 mars 1725
AVERTISSEMENT

Cette notice dédiée à une cantate de Bach tend à rassembler des textes (essentiellement de langue française), des notes, voire des critiques discographiques parfois peu accessibles (2011). Le but est de donner à lire un ensemble cohérent d’informations et de proposer aux amateurs et mélomanes francophones un panorama espéré « élargi » de cette partie de l’œuvre vocale de Bach. Outre les quelques  interventions « CR » identifiées par des crochets [...] le rédacteur précise qu’il a toujours pris le soin jaloux de signaler sans ambiguïté le nom des auteurs sélectionnés. A cet effet il a indiqué clairement, entre guillemets «…» toutes les citations fragmentaires tirées de leurs travaux. Rendons à César...

ABRÉVIATIONS
(A) = la majeur
(B) = si bémol majeur
BB / SPK = Bach Bibliothek / Staatsbibliothek Preussicher Kulturbesitz
B.c. = Basse continue ou continuo
BCW = Bach Cantatas Website
BD = Bach-Dokumente (4 volumes, 1975)
BGA = Bach-Gesellschaft Ausgabe = Société Bach (Leipzig, 1851-1899). J. S. Bach Werke. Gesamtausgabe (édition d’ensemble) der Bachgesellschaft
BJ = Bach-Jahrbuch
(C) = ut majeur. (c) = ut mineur
D = Deutschland
(D) = Ré majeur – (d) = ré mineur
(E) = (mi – (Es) = mi bémol majeur
EKG = Evangelisches Kirchen-Gesangbuch.
(F) = fa
(G) = Sol majeur. (g) = sol mineur
GB = Grande Bretagne / Angleterre
(H) = Si = h moll = si mineur
NBA = Neue Bach Ausgabe (nouvelle publication de l’œuvre de Bach à partir des années 1954-1955)
NBG = Neue Bach Gesellschatf = Nouvelle société Bach (fondée en 1900)
OP = Original Partitur = Partition autographe originale
Ost = Original Stimmen = Parties séparées originales
P = Partition = Partitur
PBJ = Petite Bible de Jérusalem
PKB = Preußicher Kulturbesitz, Staatsbibliothek, Berlin
St. = Parties séparées = Stimmen
La première lettre -en gras- d’un mot du texte de la cantate indique la majuscule de la langue allemande. Dans le corps de ce même texte allemand, le mot ou groupe de mots mis en italiques désignent un affect particulier ou un « accident » remarquable.


DATATION BWV 1

Leipzig, dimanche 25 mars 1725.
Pas de cantate depuis le dimanche « Estomihi », avec la cantate BWV 127 du 11 février 1725.
Longtemps, jusque dans les années 1950, la datation inspirée par Spitta, affectait les cantates-choral à la fin des années 1735-1744.
BOMBA : «…durant les sept dernières semaines avant Pâques, la période du Carême, la musique figurative [figurée serait préférable] était interdite dans les églises de Leipzig. Cette période était cependant interrompue par la Fête de l’Annonciation lorsque le 25 mars tombait dans la période du Carême…»
DÜRR : Chronologie : 1725 : BWV 126 (dimanche de Sexagésime, 4 février) – BWV 127 (dimanche Estomihi, 11 février) BWV Anh 14 (Un mariage, lundi 12 février) – BWV 249a (vendredi 23 février, un anniversaire) – BWV 1 (dimanche 25 mars) - BWV 245 (Passion selon Saint-Jean, 30 mars) – BWV 4 (dimanche de Pâques, 1er avril. Reprise de cette cantate) – BWV 6 (lundi de Pâques, 2 avril).
«…dernière cantate chorale de la deuxième année [période de Leipzig], car à partir de Pâques réapparaissent des textes de forme traditionnelle…»
HIRSCH : Classement CN 117 (Die chronologisch Nummer – numérotation chronologique). Jahrgang II. Période allant du 11 juin 1724 au 27 mai 1725. C’est l’année de la Passion selon Saint-Jean (30 mars 1725), œuvre qui suit de peu de jour la cantate BWV 1.
HERZ : Comme Spitta, 1735-1744 ou 1733-174 ?
HOFMANN : « La fête de l’Annonciation de Marie a lieu le 25 mars et, à cette occasion, des instruments de musique se font exceptionnellement entendre pendant le temps du Carême à Leipzig. C’est ainsi que cette cantate fut créée en 1725 ».
SCHMIEDER (1973) : Datation d’après Spitta, 1735 et 1744 ou 1733/1734.
SCHWEITZER : Datation (d’après Spitta) Les cantates écrites après 1734 (dans les 36 cantates-chorals écrites entre 1735 et 1745.
SPITTA : Les Cantates chorales. « Le lecteur voudra bien se rappeler que vers 1732, l’idée vint à Bach d’utiliser un ensemble complet de chorals…[page 91] dont la cantate BWV 116 est la dernière composées pour le 15 novembre 1744. Il semblerait, d’autre part que parmi les premières [cantates] figurent les cantates BWV 94, 3, 133, 41, la première d’entre elles écrites pour le 7 août 1735.


SOURCES BWV 1

PARTITION AUTOGRAPHE = ORIGINALPARTITUR Pas de sources connues.

PARTIES SÉPARÉES = ORIGINALSTIMMEN
St Thom L. Thomasschule, Bach-Archiv Leipzig.
Les parties séparées (Originalstimen) conservées à la Thomasschule de Leipzig étaient depuis l’après guerre aux Stadtarchiv / Bach-Archiv Leipzig (ex RDA).
Corrections de la main de Bach sur les parties de continuo.
BG. : « Am Feste Mariæ Verkündigung | Wie schön leuchtet der Morgenstern (F dur = fa). Corno I, II. Oboe di caccia I, II. Violino concertanto I, II. Violino ripieno I, II, Viola. Soprano, Alto , Tenore, Basso, Continuo.


D’autres parties séparées reviennent à Christian Gottlieb Meissner (1707-1760), présent à Leipzig entre 1723 et 1729, classé « copiste C ».
Enfin des parties attribuées à Wilhelm Friedman Bach. Elles semblent avoir été supervisés par Bach lui-même et corrigées de sa main. Elles ont servi à la publication de la BG fin 1851.
Filigrane. Ils est classé Sw 1 par G. Herz (deux épées croisées) et se retrouve dans BWV 245 (partiellement), BWV 249 (Oratorio de Pâques, BWV 6, 4, 85 et 103. Spitta dans sa liste des cantates chorales (1732-1745) ne décrit pas ce type de filigrane.
BRAATZ [BCW] : Une première publication en deux parties à deux époques différentes du début du 19e siècle (non précisé ?). Le même dans « Discussions 1 » du 26 mars 2001 fait le point sur les copistes des parties séparées ayant par la suite servi à l’édition de la BGA.
HERZ :  les copistes: Johann Andreas Kuhnau (neveu de l’ancien Cantor), présent à Leipzig de février 1723 au 30 décembre 1725 dont la présence [dernière période = K4] est attestée à Leipzig [ce qui paraît incompatible avec la datation des parties séparées par le même auteur en 1733-1740]…Identifiés également: Christian Gottlob Meißner à Leipzig entre 1723 et 1729, un familier de Bach ainsi que le fils du Cantor, Wilhelm Friedemann Bach. Enfin figure un copiste au nom inconnu, généralement classé copiste « C ».

ÉDITIONS
SOCIÉTÉ BACH = BACH-GESELLSCHAFT (BG)
BGA. Jg. I (1ère année) Pages 1 à 52. Préface de Moritz Hauptmann (décembre 1851), ancien Kantor de Saint-Thomas, de 1842 à 1868. – Cantates BWV 1 à 10.
[La partition « BG » se trouve dans l’intégrale / Teldec / Harnoncourt, volume 1. 1971].

NOUVELLE ÉDITION BACH = NEUE BACH AUSGABE (NBA)
KANTATEN SERIE I. BAND 28/2. KANTATEN ZU MARIENFESTEN II.
Bärenreiter Verlag BA 5085. 1995. Matthias Wendt.
BWV 1. Pages 3 à 62. Fac-similé: Bl. 1r der Stimme Violino Concert 1 geschrieben von Johann Andreas Kuhnau (Thomasschule Leipzig, in Verwahrung des Bach-Archivs Leipzig vorübergehend im Stadtarchiv Leipzig, ohne Signatur. Beginn des 1 Satzes
KB (Kritischer Bericht). BA 5085 41. 1995. Matthias Wendt.
BACH-INSTITUT GÖTTINGEN: Die Neue Bach-Ausgabe [NBA]. Série I: Kantaten 282. Net www. Bach-Institut. de

AUTRES ÉDITIONS
BÄRENREITER-VERLAG. Kassel. Sämtliche Kantaten. 11 TP 1291. 2007.
Band I/28.2. Kantaten zu Marienfesten II. Faksimile. BWV 1. Bl. 1. Originalstimme Violino concertato I.
Herausgegeben : Matthias Wendt.
BWV 1. Page 3 à 62. Bärenreiter-Verlag. Kassel. 1995.
BCW. Partition BGA + Réduction chant et piano.
BREITKOPF & HÄRTEL Partition PB 2851 - Parties séparées, voix, orgue et clavier (Max Seiffert) - Orgue (G. Schreck) – Partition du chœur = ChB 688 et 2009.
2008 : Partition (52 pages) = PB 4501 – Réduction piano et voix (40 pages) = EB 7001 – Parties séparées (8) = OB 4501.
Partition du chœur (Chorstimmen, 16 pages) = ChB 4501.
CARUS. Stuttgarter Bach-Ausgaben. Partition 31.001/00. Partition d’étude 31.001/07. Réduction pour piano : 31.001/03. Partition du chœur 31.001/05. Parties séparées : 31.001/09 et 31.001/11 à 16.
Stuttgater Bach-Ausgaben. Serie B: Johann Seb. Bach: Geistliche Musik, HE 31 001/01. Hänssler-Verlag, Neuhausen-Stuttgart EULENBURG. Partition de poche. N° 1012. Préface d’Arnold Schering (1928).
KALMUS STUDY SCORES. N° 805 (volume 1) New York 1968. Cantates BWV 1 à 4.
PETERS. N° 858. Réduction voix et piano - K1A.


PÉRICOPE BWV 1

Annonciation faite à Marie.
L’une des trois fêtes mariales conservées par le luthéranisme avec la Purification le 2 février et la fête de la Visitation, le 2 juillet.
Épître: Isaïe 7, 10 à 16 [PBJ. 1109] : « Voici qu’une Vierge concevra et mettra au monde un fils ».
Évangile: Saint Luc 1, 26-38 [PBJ. 1534]. L’Ange Gabriel annonce à Marie la naissance de Jésus. 
[Isaïe 14, 12 [PBJ. 1118] : « Astre du matin, fils de l’aurore » mais dans une acception étrangère au texte de la cantate. Il s’agit de la traduction du texte d’Isaïe par saint Jérôme].

Malgré le Carême de cette année 1725, exceptionnellement fut accordé de faire ce dimanche 25 mars 1725 de la musique « figurée ». Cette fête est ordinairement fixée en dépendance de la fête de Noël (25 mars – 25 décembre) célébrant l’accomplissement du plan divin. C’est l’annonce de l’Incarnation. En 1725 à Leipzig, cette solennité tombe le même dimanche que celui des Rameaux. Il apparaît ici, qu’exceptionnellement, le « tempus closum » (dimanche « invocavit » ou premier dimanche de Carême) ait été rompu en cette circonstance. On ne possède apparemment, qu’une seule cantate pour les Rameaux, la cantate BWV 182 datée e 1714, reprise le 25 mars pour la fête de l’Annonciation, durant le tempus closum (27 février au 2 avril 1724) avec la même rupture (?) Cette cantate BWV 182 avait été exécutée à la place d’une autre cantate classée XXXV par Alfred Dürr : Siehe, eine Jungfrau ist schwanger, redécouverte à Leningrad en 1971 par Hobohem et apparemment non mise en musique par Bach (voir BJ. 1976, page 171 et Alberto Basso (volume 2), note 4, page 832).

MISSEL : page 1255. Psaume 44/11, 12, 13, 15 et 16 [PBJ. 843] ; Isaïe 7, 10 à 16 [PBJ. 1109] : « Voici qu’une Vierge concevra et mettra au monde un fils ». Évangile selon saint Luc 1, 26 à 38 [PBJ. 1534] : L’Annonciation. Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu… C’est l’annonce prophétique du Messie.
EKG. Mariae Verkündigung (25März). Psaume 45 [PBJ. 842-843]. Lied EKG 200 (das Magnificat). Isaïe 7, 10 à 14 [PBJ. 1109].
Evangile : Saint Luc 1, 26 à 38 [PBJ. 1531].
Peter Bloemendaal (Website) donne Apocalypse 22, 16 [PBJ. 1819] : « Je suis le rejeton de la race de David, l’Etoile radieuse du matin…»
HOFMANN : «…En 1725, la fête de l’Annonciation coïncida avec le dimanche des Rameaux [ ?] alors que l’évangile rapporte comment Jésus fut acclamé par la foule en entrant dans Jérusalem. On n’aurait pu choisir un meilleur texte à l’occasion de cette fête exaltée de Marie : non seulement le ton hymnique du texte et de la mélodie brille tout au long de la cantate, mais le cantique correspond également parfaitement au niveau du contenu, bien qu’il s’appliquait en fait à l’Épiphanie (6 janvier). Bien entendu, en accord avec la tradition protestante (et en tenant compte du dimanche des Rameaux), la Fête de Marie est pour ainsi dire une fête de Jésus: le texte de Nicolaï est rempli de l’expression d’un amour exalté pour Jésus et le librettiste de Bach interprète le cantique dans son adaptation des strophes intercalaires dans le sens de la joie anticipée de l’Avent qui nous entraîne vers la naissance de Jésus à Bethlehem ».   [Même occurrence, la cantate BWV 182 (25 mars 1714].


TEXTE ET CANTIQUE EKG 48

L’auteur du texte (et compilation partielle du cantique EKG 48) est inconnu. Il est classé « B3 » par Arthur Hirsch. Carl de Nys évoque le nom de Picander (Henrici). Il est à rapprocher de ceux des cantates BWV 181, 78, 8, 96, 5, 115, 26, 62 et 125.
Il emprunte au cantique en 7 strophes, de Philipp Nicolaï (publié à Francfort, 1597-1599) dont la première et la dernière sont utilisées littéralement sur une mélodie connue à Strasbourg dès 1538.
Nicolaï fut pasteur à Sainte-Catherine de Hambourg (1556-1608). Cantique jubilatoire, parfois extatique à tendance mystique, dont l’intitulé est « un cantique spirituel de la fiancée des âmes croyantes, de Jésus-Christ, leur fiancé céleste », fondé sur le psaume 45 du prophète David ».
Sa mélodie repose sur deux airs du Moyen âge (Strasbourg), l’hymne latin Ecce dominis nomen Emmanuel  et Gross und Herr ist Gottes nam Emmanuel. Ce cantique lu pour l’Annonciation est plus spécialement voué à l’Epiphanie (6 janvier).
Renvois aux chorals pour orgue BWV 739, 763, 764, les cantiques à 4 voix BWV 375, 436 et dans les cantates BWV 36/4, 37/3, 49/6, 61/6, 172/6. Elle se retrouve également dans le Neu Leipziger Gesangbuch, Leipzig 1682.
Strophe 1: Luc I 26 à 38 (Annonciation). EKG 48/1. Proximité du psaume 45 (fête de la Sainte Vierge). Occurrence du mariage d’un roi d’Israël avec une princesse de Tyr. On verra aussi II Pierre 19 [PBJ. 1786] : « comme une lampe qui brille dans un lieu obscure, jusqu’à ce que le jour commence à poindre et que l’aube du matin commence à poindre et que l’astre du matin se lève dans vos cœurs. »
Le texte de Nicolaï "wie schöne leuchtet" évoque aussi le cantique EKG 46/1 "Herr Jesu Christ, der einig Gottes Sohn", 1524, par Elisabeth Kreuziger (vers 1500-1535) : «…Christ, notre seigneur… il est l’étoile du matin dont l’éclat s’étend plus loin que celui des autres astres », que l’on retrouve d'autre part dans la cantate BWV 96/1 et BWV 601 et 698.
Strophe 2 : Citation EKG 48/2 en relation avec l’Evangile « du wahrer Gottes und Marien Sohn » : Gabriel avec allégresse donna la
promesse de Bethlehem.
Ce cantique Wie schön leuchtet“ est expressément mentionné dans le nouveau Dresdner Gesang-Buch (Blankenburg).
BOMBA : «…Le début est le même que celui du cantique de Philipp Nicolaï (1599). Conservés mot pour mot : strophes 1 et 7 (phrases 1 et 6). Réécrit (auteur inconnu) strophes 2 à 6 (phrases 2 à 5).

- LE CANTIQUE "WIE SCHÖN LEUCHTET" DANS BWV 1 ET AUTRES CANTATES.
- Strophe 1 : EKG 48/1. Utilisation intégrale. La mélodie se retrouve en de nombreuses occasions (voir ci-après) et singulièrement dans
BWV 61/6 (avec les 4 dernières lignes seulement de la 7e et dernière strophe.
- Strophe 2 : Citation du cantique : Du wahrer Gott und marien Sohn. Himmelsbrot dans la cantate pour Himmelsblum.
- Strophe 3 : Citation EKG 48/3 : Göttlichen Flammen / mir deiner liebeflamme dans la cantate et Liebe Flamme dans le cantique.
- Strophe 4 : Citation EKG 48/4 : Ein Freundenschein ist mir von Gott dans la cantate / pour Von Gott kommt mir ein Freundenschein
Heilands Leib und Blut dans la cantate et Dein leib und Blut dans le cantique.
Cette strophe et sa mélodie sont dans la cantate BWV 172/6.
- Strophe 5: Brève allusion : Unser Mund und Ton der Saiten dans la cantate et Zwingt die saiten in Cythara dans le cantique.
Se trouve (texte et mélodie) dans la cantate BWV 37/3.
- Strophe 6 : EKG 48/6 : Gross ist der König pour Grosser dans la cantate. Texte de cette strophe et la mélodie dans la cantate BWV 36/4
- Strophe 7 : EKG 48/7. Utilisation intégrale. Egalement (texte et mélodie) dans BWV 49/6, 61/6 (les trois derniers vers).

TERRY : [une curiosité ! Acrostiche: si l’on prend la première lettre des sept strophes du cantique, on obtient: W-E-G-V-H-Z-W. Ces lettres correspondraient, selon Terry Sanford à : Wilhelm Ernst Graf und Herr zu Waldeck, peut-être un hommage de Nicolaï à un ancien élève issu d’une grande famille de Hesse.

BASSO [Jean-Sébastien Bach, volume 2, page 430] : «…Pour 1726, deux cantates avec un emploi très restreint de passages bibliques, BWV 47/1 et BWV 49/6 ».
[Voir la citation dans la cantate BWV 37/1. Renvois à Graupner pour l’utilisation du même cantique].
BCW : «…Le Cantique Wie schön leuchtet der Morgenstern »: …certains ont remarqué la typographie de ce cantique (1599) quand on aligne le texte il la forme d’un vase parait renvoyant à celui de la « Cène »… si non e vero
La mélodie du cantique se retrouve dans E.K.G. 103 (paroles de Michael Schirmer, 1640), E.K.G. 172 (paroles de Werner Fabricius 1659) et E.K. G. 173 (paroles de Philipp Spitta, 1827). Pour Bach, cinq utilisations repérées de la mélodie renvoient à BWV 1, 436, 739, 763, 764
Dans Wustmann, quelques variantes du texte dans les sections 1 (du Sohn Davids et David dans l’édition de 1599), 2 (du König derer ou Du Königaller), 4 Und unser Glaube ou Den der Glaube), 6 Des Klopf ich in die Hände ou Des falt ich froh die Hände).
[Voir la citation dans la cantate BWV 37/1].
BLANKENBURG : « Cantique de Philipp Nicolaï… expressément mentionné dans le nouveau Dresdner Gesang-Buch parmi les cantiques destinés au jour de l’Annonciation… la parabole du Christ identifié à l’étoile du matin, signalant l’approche du jour du Seigneur ». BOMBA : «…La mélodie de Philipp Nicolaï renvoie à deux airs médiévaux : « l’hymne latin « Ecce Domini nomen Emmanuel » et sa version allemande plus récente « Groß und Herr ist Gottes Nam Emmanuel ». L’œuvre de Nicolaï consista à élargir la mélodie en sixte au début et en déclinant la gamme à la fin…» CANTAGREL : « Le livret ne fait aucune allusion au message de l’archange Gabriel, au récit de la scène qui aurait pu être emprunté à saint Luc, pas plus qu’il n’en tire d’enseignement ; il se borne à chanter la joie et l’émerveillement dan l’attente de la naissance du Sauveur. En choisissant pour ouvrir et clore sa cantate la première et la dernière strophe du célèbre choral de Philipp Nicola¨…Bach apporte un premier niveau de commentaire., puisque ce cantique est expressément destiné à l’Épiphanie et non l’Annonciation.. A la joie de la bonne novelle.. il tient à associer l’apparition de l’étoile d’une deuxième annonciation, celle, au monde, de la naissance du Sauveur. Et à un troisième niveau de commentaire, d’ordre artistique ou poétique, celui-là, il fait entendre dans le premier chœur traité en style de motet ancien, une véritable symphonie de la nature, celle de la crèche, deux cors et deux hautbois da caccia, dialoguant avec deux violons concertants. La glose est transparente : celui dont la naissance est annoncée à Marie ce jour, est bien le Fils de David chanté par le choral de Nicolaï, qui viendra au monde dans une crèche, au cœur de la nature…» DÜRR : « Le cantique de Nicolaï n’a qu’un vague rapport avec l’Évangile du jour, dont le thème est l’histoire de L’Annonciation… c’est dans la strophe finale qu’on peut encore le mieux voir l’annonce de la venue du Sauveur et le parolier de Bach a entremêlé d’autres allusions au second mouvement…» HOFMANN : «…Les lectures et l’Évangile du jour sont dans un étroit rapport. L’épître (Isaïe 7, 10 à 14), contient la prophétie traditionnelle annonçant la naissance du Christ: « Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (qui signifie « Dieu avec nous ». L’Évangile selon saint Luc 1, 26 à 38, raconte comment l’Ange Gabriel annonce à Marie qu’elle donnera naissance au Messie. Le cantique sur lequel cette cantate repose est l’un des plus beau du riche ensemble de l’église évangéliste. Il provient du poète et compositeur Philipp Nicolaï (1556-1608) ».  NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, pages 27 à 29] : «…Quoique le cantique de Nicolaï ne soit pas spécialement destiné à la fête de l’Annonciation, le librettiste qui en a tiré la matière de la cantate BWV 1 (probablement Picander) le considère comme un hymne marial. La première et la dernière strophe sont reprises textuellement, l’une pour le chœur d’ouverture, l’autre pour le choral final. Les strophes 2 à 6 ont été paraphrasées dans les autres parties de la cantate, trois récitatifs et deux arias ». SCHREIER [disque Erato, volume 4] : «…L’intérêt des textes que Bach a mis en musique dans ses cantates est constitué par leur arrière-plan théologique. Il est vraisemblable (et on peut vérifier à partir des corrections autographes que Bach a faites de certains livrets préexistants) que le compositeur a choisi ses textes conformément à ses conceptions théologiques fortement imprégnées de l’orthodoxie luthérienne. La bibliothèque de Bach, dont nous connaissons le contenu par la liste de ce qu’il a laissé à sa mort, représente un courant théologique bien défini à partir de Luther ; elle constitue la source essentielle des investigations théologiques et même simplement littéraires sur les textes des cantates ».


GÉNÉRALITÉS BWV 1

C’est la dernière cantate-choral de Jahrgang II.
BASSO : «…Cantate en relation avec la liturgie de l’eucharistie (la Cène). La venue du Christ. Un événement solennel avec un effectif instrumental de circonstance. Festkantate à l’atmosphère nuptiale, proche, selon Whittaker de la cantate BWV 65/1.
BLOEMENDAAL : «…Cette cantate emprunte à celle peut-être composée par Bach, BWV Anh. I 199 (perdue), composée avant 1724, dont le titre est « Siehe, eine Jungfrau ist schwanger » (Isaïe 7. 14). [Cette référence (Anh. 199) n’est pas dans « Schmieder » 1973]
BOYER [Les Cantates sacrées de Jean-Sébastien Bach, pages 119/120] : «…Une cantate [au même titre] du prédécesseur de Bach, Johann Kuhnau] écrite sur la même mélodie de choral [avec le texte des strophes 1 et 6 du cantique de Nicolaï]. Dernière des cantates sur une mélodie de choral pour l724/1725. Après Pâques, un nouveau style va s’esquisser, cantates "évangéliques" avec en exergue un fragment de l’Évangile.
CANDÉ : «… C’est une composition éclatante de joie, l’une des cantates les plus optimistes de Bach… toutes les formes de la joie mystique s’y expriment ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « La toute première cantate éditée par la Bach Gesellschaft qui venait de se constituer en 1850 ».
CHAILLEY : «…La paraphrase du cantique de Nicolaï traité par Bach dans le choral-fantaisie en 3 parties BWV 739, daterait de l'époque de Mühlhausen ».
DUFOURCQ : «…Hymne de célébration et d’exaltation ».
GEIRINGER : «…Œuvre qui brille d’une joie et d’un optimisme inhabituels ».
GÉROLD : « Parmi les autres cantates de la dernière période d’activité de Bach, nous mentionnerons la cantate BWV 1 où le sentiment de la nature s’allie si heureusement au sentiment religieux ».…et la cantate BWV 42 qui lui est apparentée…
HERZ : «…Chronologie. Dernière cantate choral de Jahrgang II ».
HOFMANN : «…Bach fait entendre l’une des caractéristiques du chœur dans les deux arias et le chœur conclusif ». JORDAHN : «…La place de la cantate dans le service religieux protestant. Utilisation par Bach à six reprises du cantique d’inspiration nettement eucharistique. Joie dispensée par la communion. Voir les cantates BWV 6, 49, 140 et 180 ».
ORON [BCW] : «…Bach donne à l’orchestre une couleur joyeuse qui se retrouve dans le chœur d’entrée de BWV 65 (Epiphanie 1724) ».
SPITTA : «…Dernière période des cantates. Aucune allusion au filigrane ».
TIENOT : «…Chronologie 1742 (celle de Spitta). Renvoi texte: 2 Saint-Pierre, 19 ».
WOLFF : «…Le riche effectif de la cantate correspond au caractère festif de l'occasion, qui interrompt la période sans musique de la Passion.
Les violons mis en valeur de manière concertante (n° 1 et 5) ».
[Pour mémoire, une cantate du même titre composée par Christoph Graupner (1683-1760, cantor à Darmstadt) et peut-être exécutée, comme « probation » à Leipzig en février 1723 pour le concours où finalement, en avril de la même année Jean-Sébastien Bach l’emporta. Elle fut diffusée sur France musique en novembre 1973, Hans Joachim Rotzsch dirigeant le Thomanerchor, Leipzig].


DISTRIBUTION BWV 1

CANTAGREL : «  Le cor est, depuis le Moyen Âge au moins, l’instrument de la chasse… Au-delà des seules scènes de chasse, les musiciens l’emploient plus généralement dans les évocations bucoliques de la nature…. Ce dernier [le cor] peut se charger d’un commentaire musical spécifique…»
HARNONCOURT : «…Le cor, étendue en principe comme celle de la trompette, est employé chez Bach avant tout pour les évocations romantiques et tendres de la nature…»
NEUMANN : Sopran, Tenor, Baß. – Chor. Horn I, II ; Oboe da caccia I, II ; Streicher ; B.c.
Tonalité: 1] Choralchorsatz. (Fa : sérénité). 2] Rezitativ ten (ré min-sol min. 3] Aria Sopran (sib majeur : équilibre / joie). 4] Rezitativ Bass (sol- mi-sib maj. = équilibre-joie). 5] Aria Tenor (fa maj. = béatitude sérénité spirituelle. 6] Choral (fa maj. = béatitude sérénité spirituelle). En tout 526 mesures.
SCHMIEDER : Soli: Soprano, ténor, basse. Chœur: S, A, T, B. Instruments: Corno (en fa) I-II, Oboe da caccia I-II. Violons concertants I et II. Viol. Ripieni I et II. Vla, continuo. CF au soprano.

SUZUKI [Note de la production. volume 34. 2007] : «…Le matériel de base de cette œuvre est constitué des parties originales conservées aux Archives Bach à Leipzig. Curieusement, deux parties pour le oboe da caccia qui fait un obbligato dans le troisième mouvement [Aria] auraient dû nous parvenir. Cependant, il est inconcevable que deux instruments aient pû être utilisés à l’unisson. C’est pour cette raison que cette partie est jouée sur cet enregistrement [BIS 2007] par un seul interprète ».


APERÇU BWV 1

1] CHORALCHORSATZ. BWV 1/1
Wie schön leuchtet der Morgenstern / VOLL GNAD UND WAHRHEIT VON DEM HERRN, / DIE SÜßE WURZEL JESSE ! || DU SOHN DAVIDS AUS JAKOBS STAMM, / MEIN KÖNIG UND MEIN BRÄUTIGAM, / HAST MIR MEIN HERZ BESESSEN, ||| LIEBLICH, / FREUNDLICH, / SCHÖN UND HERRLICH, GROß UND EHRLICH, REICH VON GABEN, / HOCH UND SEHR PRÄCHTIG ERHABEN.
Comme brille l’étoile du matin, / pleine de la grâce et de la vérité du Seigneur, / la douce source de Jessé ! / O toi, fils de David et de la tribu Jacob, / mon Roi et mon fiancé, / tu as possédé mon cœur, / aimablement, / amicalement, / avec beauté et magnificence, grandeur et honnêteté, riche de dons, / dans la splendeur de ton élévation suprême. Fa (F), 119 mesures. 12/8 BGA. Jg. I. Pages 1 à 35 | Corni I. | Corni II. | Oboe da caccia I. | Oboe da caccia II. | Violino concertante I. | Violino concertante II. | Violino ripieno I. | Violino ripieno II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. Basso. | Continuo.
NEUMANN. Sinfonia introductive ayant son thème propre de 12 mesures avec deux violons concertants (et ritournelles encastrées). Cantus firmus au soprano avec imitations aux instruments.

BLOEMENDAAL [BCW] : «…Apocalypse, 22, 16 [PBJ. 1819] : « Je suis le rejeton de la race de David, l’Etoile radieuse du matin ». Isaïe 11, 1 [PBJ. 1114] : « Un rejeton sort de la souche de Jessé ». Voir aussi Isaïe 11, 10 [PBJ. 1115] : « Ce jour là, la racine de Jessé se dressera comme le signal des peuples ». Romains I, 3. [PBJ. 1670) : « concernant son fils, issu de la lignée de David selon la chair ». Matthieu II, 2 [PBJ. 1456] : «…voici que des mages venus d Orient se présentèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre se lever… ». Matthieu 9, 15 [PBJ. 1466] et Apocalypse 17, 14 [PBJ. 1813] : l’époux. Cantique des Cantiques, 2, 3 et 14 [PBJ. 994-995] : « Mon Bien-aimé…». Saint-Jean, 6, 31 et 35 [PBJ. 1594] : le Pain de vie. Évangile selon saint Luc, 12, 34 [PBJ. 1560] : « Car où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ». Apocalypse, 22, 13 [PBJ. 1819] : « Je suis l’Alpha et l’Oméga…»
Parties instrumentales indépendantes avec violons concertants et ritournelles. Parties encastrées. CF au soprano en imitations.
BASSO : «…Tempo de danse "pastorale" (voir les cantates BWV 41/2, 46/5 et 64/7). Le morceau s’ouvre et se clôt sur une intervention instrumentale (prélude/ postlude) de 12 mesures, qui apparaît également en conclusion du verset 3. La strophe est décomposée en deux quatrains, A. A. B. Stollen. Même discours pré-ordonné suivant le schéma numérique des mesures conçu de la manière suivante : 12 – 5 – 29 – 4 – 5 où les numéros pairs indiquent les ritournelles instrumentales et les numéros impairs les versets entonnés polyphoniquement par les voix sur un cantus firmus confié au soprano et doublé par le cor I. Dans les versets 2 et 5 (de 9 mesures chacun) la mélodie du choral apparaît également en valeurs diminuées de moitié et sous forme de canon dans les autres voix. Le quatrain 3 est réalisé de la façon la plus simple, séparé des 2 Stollen par une ritournelle instrumentale. L’abgesang comporte deux versets (VII et VIII) très brefs (bi-syllabiques) et en tant que tels réalisés homophoniquement dans l’espace d’une seule mesure chacun (séparés l’un de l’autre par le même espace, cependant que les deux derniers versets (IX et X) reprennent l’aspect polyphonique en imitation propre au six premiers ».
BOMBA : «…grand arrangement choral solennel, intégré dans une composition concertante, riche en instruments… les voix graves imitent de différentes manières le cantus firmus exécuté par le soprano, alors que les deux registres des violons avec leurs figurations, donnent à la sonorité de la composition l’éclat correspondant à l’étoile du matin…» BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, pages 347/348] :  En n° 1 (Mélodie de choral / MDC 110), nous avons à faire à une élaboration de type choral incrusté II, dans une ritournelle instrumentale avec deux violons concertants à la partie supérieure et deux hautbois da caccia qui soulignent la partie centrale. Le cantus firmus est exécuté en valeurs longues au soprano avec doublure du premier cor, tandis que les trois autres parties vocales se présentent en imitations. L’ensemble du choral est inséré, verset par verset, dans un vaste mouvement orchestral. Large morceau d’introduction, sorte de pastorale à 12/8 qui s’ouvre et se clôt sur une intervention instrumentale de 12 mesures qui ferme également le troisième verset ».
BRAATZ [BCW – Exemples tirés de la partition] : le motif du « scintillement » au deux violons « concertant ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « La venue sur terre du Messie est annoncée dans un climat pastoral, comme le soulignent dès la ritournelle introductive, qui sera reprise pour conclure, le doux balancement ternaire d’une mesure à 12/8 et la tonalité de fa majeur…l’éclat des cors ajoute une touche de majesté à ce morceau qui annonce la venue du « roi », tandis que les motifs de bariolage des deux violons solistes concertants font resplendir l’étoile du matin et scintiller la joie de l’univers…
DUFOURCQ : «…L’ouverture vocale avec son da capo instrumental conçue suivant les principes du choral figuré. Prédilection de Bach pour ces chœurs où les voix de soprano donnent en valeurs longues le thème du cantique, alors que les autres parties en valeurs brèves tissent une polyphonie sous-jacente ».
DÜRR : «…Le chœur d’introduction constitue un exemple parfait du type de composition employé avec prédilection dans les cantates chorales …Deux violons concertants sur un tutti de cordes dont les figurations reflètent le scintillement de l’étoile. La mélodie du choral exécutée en valeurs longues au soprano (avec le cor I) en contrepoint pour les autres voix est insérée, verset par verset dans le mouvement orchestral original ».
GARDINER : «…L‘œuvre s‘ouvre par une représentation intime de l‘Annonciation… à un solo de second violon modéré, répond l‘orchestre au complet, auquel font suite en écho, à la dominante, d‘abord les deux violons puis, par paire, cors, hautbois et violons, consuisant à une danse toute de spontanéité… triple répétition de « Reich von gaben - riche de dons ». HIRSCH : «…Motif sur Hoch (und sehr). Mesures 84 à 87 sur Lieblich / Freundlich, à l’unisson. Die Zahl / CN 117, page 126 : La somme des lettres du texte Wie schön…Morgenstern donne 352 et la somme de la partie suivante Voll Gnad und…Herrn est de 350. Les violons solos 1 et 2 jouent 350 notes. Les autres "approximations" paraissent peu convaincantes et le nombre de mesures "119" n'offre apparemment pas d'illustration. Par contre, dans les chiffres proposés de 112 et 74 (donné pages 64 et 62), la somme des lettres de "Christus" est de 112 (3 + 8 + 17 + 9 + 18 + 19 + 20 + 18) pouvant correspondre aux nombre de notes chantés par le chœur (parties 1 + 4) et la somme du mot "Christ" 74, chiffre correspondrait au nombre de mesures chantées par le chœur dans les parties 1 et 2 (37 + 37). HOFMANN : «…La cantate est un véritable coup de maître et se passerait presque de commentaires. La couleur instrumentale du solennel chœur introductif est caractérisée par une instrumentation exquise: aux cordes s’ajoutent deux cors, deux oboe da caccia (hautbois dans le registre alto) et deux violons solistes. La partie orchestrale est thématiquement autonome. La gaieté qui caractérise la partie vocale qui passe d’une mesure à 4/4 à un dansant 12/8. Le texte de la partie vocale n’est pas véritablement évocateur alors qu’on y retrouve plutôt des passages rhétoriques. On peut cependant considérer les motifs des deux violons solistes comme illustratifs avec leur représentation musicale du scintillement de l’étoile du matin ». KUIJKEN : Les six premiers vers (iambiques) sont tous exposés séparément les uns des autres par des intermèdes instrumentaux dialoguant ; Le soprano (soutenu par le premier cor) reprend la mélodie chorale connue dans de longues valeurs de notes, tandis que les trois voix de dessous utilisent le motif initial instrumental comme élément pour leur trame contrapuntique.
L’introduction instrumentale est répétée encore une fois « da capo » en conclusion, dans une belle symétrie (notons en marge que cette introduction est de 14 mesures : nous trouvons souvent ce chiffre chez Bach comme une sorte de « signature » : 14 est en effet la somme des chiffres 2+1+3+8 qui donnent transposés dans l’alphabet les lettres B-A-C-H, souvent utilisé par Bach comme signature).
MARCHAND : «…Nombre d’or. Structure du mouvement : A1 = 37 mesures (ritournelle 12 ; vers 1-3 = 25 mesures). A2 = 37 mesures (ritournelle 12 mesures ; vers 4-6). B = 45 mesures (ritournelle = 8 mesures ; vers 7 = 13 mesures ; ritournelle = 4 mesures ; vers 8 = 6 mesures ; ritournelle = 14 mesures). Total  119 mesures divisées par 1, 618 = 73, 5. A1 + A2 = 44 mesures ».
NEUMANN : «…Fantaisie chorale de grande envergure. Les 2 et 3e lignes du choral présentent une tension accrue par le fait que l’alto puis le ténor sur des valeurs de notes plus brèves font entendre la mélodie du soprano avant lui, ce qui fait ressortir d’autant plus sa large et noble intervention. L’entrée du soprano dans son registre élevé est d’un effet extraordinaire. Orchestre du concerto grosso (oboe da caccia et cor). Contemplation, calme, extase ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, pages 237 à 239] : «…Dès le premier chœur on ne peut manquer d’être frappé par le symbolisme mélodique et instrumentale. Figurations rappelant l’air de ténor dans la cantate BWV 65/6. Les violons concertants peuvent symboliser le dialogue entre l’ange Gabriel et la Vierge. Les cors (atmosphère de chasse) font peut-être allusion à un chant religieux du moyen âge (identique à Brahms dans son Requiem): Dieu connu comme un chasseur envoyant l’archange chasser son gibier spirituel (le chasseur angélique) ».
Bach décrit Dieu comme un chasseur envoyant l’archange Gabriel pour chasser son « gibier spirituel « Der engelgleich Jäger », le chasseur angélique. Dans ce premier chœur [écrit Pirro] le soprano à l’unisson avec le cor, chante la mélodie et les paroles de la première strophe du choral. Le thème est exposé par fragments que l’orchestre précède, accompagne et relie. Bach ne s’est pas astreint à fonder chacun de ces préludes ou un de ces intermèdes instrumentaux sur un motif du choral. Il n’a employé que pour le deuxième et cinquième vers ce procédé imaginé par Pachelbel dans ses chorals pour orgue. De cette manière les instruments s’épanouissent librement: ils ornent le chant du choral sans être obligé de le refléter constamment. L’artifice est ainsi moins rigoureux et la poésie plus grande. Les voix de l’orchestre chantent pour elles-mêmes. Non soumises au texte, mais nourries du texte, elles en agrandissent la signification, en déploient tout le pittoresque et en prolongent le sentiment. Elles y ajoutent une sorte de commentaire, inarticulé, il est vrai, mais plein de figures allégoriques. L’âme du poète y revit, émancipées des chaînes du langage et enivré du lyrisme où la jettent ces visions de la nature dans lesquelles elle contemple le reflet de Dieu. Chaque instrument a une tâche bien déterminée dans cette description de l’aurore du salut. Le violon chante le scintillement de l’astre du matin, les cors et les oboi da caccia disent le calme des grands espaces où vibre une harmonie secrète. Tout l’orchestre, d’ailleurs, est pénétré d’un sentiment d’extase qui, évoqué par le premier motif des violons, va dominer, repris par les instruments à l’unisson, enfin adopté par les voix, redit et varié infiniment. On dirait que cette phrase initiale se propage dans la première partie de la cantate, comme se propage merveilleusement persuasif l’enthousiasme d’un cœur profondément élu ».
ORON [BCW] : «…Mesure 1b : exemple inhabituel de descente des instruments de la note la plus haute à la plus basse, évocation ( ?) de la lumière de l’étoile descendant sur la terre. Remarquables séries d’entrées sur le mot « hoch » au soprano, dans le choral, retrouvées dans BWV 140/1. Sur ce même mot « hoch », les voix inférieures s’élèvent également. L’étoile du matin en fait est Jésus, fils de David. Dans la ritournelle introductive, le thème des cors précèdent l’intervention des volons concertants. La mélodie du choral est au soprano en longues notes. Richter rend ce mouvement plein de grandeur et de joie. [Cependant] il ne semble pas avoir manifesté d’intérêt dans la représentation de la scène nocturne que d’autres chefs ont [tenté] de décrire. [Harnoncourt (désigné dans le texte comme le meilleur) paraît ici avoir été sensiblement mieux inspiré dans la représentation du calme de la nuit sur Bethléem (violons) et le rayonnement de l’étoile du matin (cors) «  on entends la caravane des mages se diriger lentement vers Bethléem…lorsque le chœur débute il semble que les anges accueillent Jésus [littérature !] Version Rilling proche de celle de Richter ; le motif de la joie est plus clairement traité. La version de Leusink se rapproche de celle d’Harnoncourt. La cantate BWV 1 est l’une de celle dont chaque mouvement est un chef-d’œuvre. Pour Marie Jansen, plus l’Epiphanie que l’Annonciation (rythme comme dans BWV 65/1) ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachL’orchestration, page 239] : «…Les cors servent aussi au pittoresque des scènes de chasse… Dans les cantates BWV 112/5 et BWV 1/1, on dirait que les cors ajoutent, comme fond au paysage pastoral que Bach y suggère, une peinture de la forêt…»
[Conclusion, page 469] : «…Dans le premier chœur, le violino concertant ressasse, de même [que dans la cantate BWV 96/1] des roulades claires et vibrantes… motif rayonnant des violons concertants en allusion à l’étoile du matin.. [page 473: «….A ce concert des cieux, la musique des bergers répond par des accords de hautbois. Suivant la coutume, Bach use de ces instruments dans ses descriptions pastorales… Dans le premier chœur, les hautbois, avec les cors, réveillent en nous des sensations de la vie aux champs
PIRRO [J.-S. Bach, pages 174 à 176] : « Le thème du choral exposé par fragments que l’orchestre précède, accompagné et relié. Les préludes ou intermèdes ne sont pas toujours fondés sur le choral… seulement dans les versets 1 et 2. Ce procédé rappelle Pachelbel dans ses chorals pour orgue, De cette manière, les instruments s’épanouissent librement : ils ornent le chant du choral sans être obligés de le refléter constamment. L’artifice est ainsi moins vigoureux, et la poésie plus grande. Les voix de l’orchestre chantent pour elles-mêmes. Non soumises au texte, mais nourries du texte, elles en agrandissent la signification, en déploient tout le pittoresque, et en prolongent le sentiment. Elles y ajoutent une sorte de commentaire inarticulé, il est vrai, mais plein de figures allégoriques… Chaque instrument a une tâche bien déterminée, dans cette description de l’aurore du salut. Le violon chante le scintillement de l’astre du matin, les cors et les oboi da caccia disent le calme des grands espaces où vibre une harmonie secrète. Tout l’orchestre, d’ailleurs, est pénétré d’un sentiment d’extase qui, évoqué par le premier motif des violons, va dominer, repris par les instruments à l’unisson, enfin adopté par les voix, redit et varié infiniment. On dirait que cette phrase initiale se propage dans la première partie de la cantate comme se propage, merveilleusement persuasif, m’enthousiasme d’un chœur profondément ému. La musique interprète d’ailleurs avec une égale harmonie de sentiment le reste du cantique : même magnificence d’images, même abondance de délices, même lumière…»


2] REZITATIV, TENOR. BWV 1/2
Du wahrer Gottes und MarIen Sohn, / DU KÖNIG [Wustmann: „Fürst“] DERER AUSERWÄHLTEN, / WIE SÜß IST UNS DIES LEBENSWORT, / NACH DEM DIE ERSTEN VÄTER SCHON / SO JAHR’ ALS TAGE ZÄHLTEN, / DAS GABRIEL MIT FREUDEN DORT / IN BETHLEHEM VERHEIßEN ! / O SÜßIGKEIT, O HIMMELSBROT, / DAS WEDER GRAB, GEFAHR, NOCH TOD / AUS UNSERN HERZEN REIßEN.

Toi Dieu véritable et fils de Marie, / toi Roi des Elus, / comme nous est douce la parole de vie / d’après laquelle les premiers pères / comptaient déjà les années et les jours / et dont Gabriel, avec allégresse / donna la promesse à Bethléem ! / O douceur, ô manne céleste / que ni le tombeau, le danger, ni la mort / ne peuvent arracher de nos cœurs.

[Citation fragmentaire d' E.K.G. 48/2 : Du wahrer Gottes…]

Ré mineur (d-moll) sol mineur (g-moll), 13 mesures, C
BGA. Jg. I. Page 36.| RECITATIVO. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco. Tenor.

BLOEMENDAAL [BCW] : «…Ce morceau est superbe dans sa simplicité. Evocation de l’archange Gabriel. Figurations sur les mots süß et Süßigkeit ».
DÜRR : «…Déclamation essentiellement syllabique ».
HIRSCH : «…Accentuation sur les mots Süssigkeit, Grab, Tod. Chromatisme et modulation conclusive de ce récitatif.
Die Zahl / CN 117, page 126 : 13 mesures : peut-être le Christ et les apôtres ? La Cène ?
ORON [BCW] : « …Chute des voix (après avoir été à leur point le plus haut sur « Tod » = langage descriptif musical ».
WHITTAKER [volume 2, page 107] : « il y a une curieuse « fausse relation » à la fin de ce mouvement, sur O süßigkeit, O Himmelsbrotreißen… [démarche du continuo interprétant ces mots, comme si Bach voulait donner leur donner un sens négatif, comme il le fait si souvent pour illustrer la profonde affliction du cœur…»


3] ARIE SOPRAN. BWV 1/3
Erfüllet, ihr himmlischen göttlichen Flammen, / Die nach euch verlangende GLÄUBIGE BRUST ! / DIE SEELEN EMPFINDEN DIE KRÄFTIGSTEN TRIEBE / DER BRÜNSTIGSTEN LIEBE / UND SCHMECKEN AUF ERDEN DIE HIMMLISCHE LUST.

Emplissez, célestes flammes divines, / la poitrine croyante qui aspire à Vous. / Les âmes ressentent les puissants élans / Du plus fervent des amours / Et goûtent ici-bas la joie céleste.

Si bémol majeur (B Dur), 84 mesures, C
BGA. Jg. I. Pages 36 à 40 | ARIA. | Oboe di caccia. | Soprano. | Continuo.
NEUMANN. Soprano, oboe da caccia, continuo. Triosatz. Libre da capo.

BASSO : «…Caractère serein et joyeux ».
BLOEMENDAAL [BCW] : «…débute [mesures 1 à 9] par une belle ritournelle confiée au hautbois obligé ».
BOMBA : « l’air du soprano (phrase 3) réunit la partie de chant aiguë au son grave du oboe da caccia obligé et pourrait être ressenti comme représentation de la ‘poitrine pieuse » et d’une image rythmique décrivant le sentiment d’assouvissement…»
BRAATZ [BCW – Exemples tirés de la partition] : le point le plus bas de la phrase vocal sur le mot « Erden – ici-bas », mesure 49.
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « charmant et gracieux trio… basse continue en pizzicato, mêle les volutes du soliste à celle du hautbois comme pour évoquer les « divines flammes célestes », ce que montrent les vocalises sur le mot « Flammen » descendantes comme si elles venaient du ciel ».
GEIRINGER : «…Un sentiment de joyeuse impatience pénètre ce trio exprimant l’attente joyeuse de la venue du Sauveur ».
HIRSCH : «…Trio da camera. Accentuation sur Erfüllet. Pizzicati au continuo (tambourin).
Die Zahl / CN 117, page 126 : notes chantées au soprano : 40-160-160-60-40-120 donne 480 (Erfüllet, ihrFlammen = 478.
[Le chiffre « 84 » ( = la foi que multiplie l’Eglise (7 x 12), pour les 84 mesures du mouvement, n'a pas donné lieu à identification, alors que le texte exprime justement « cette « poitrine croyante ».…]
HOFMANN : «…Bach fait entendre l’une des caractéristiques du chœur dans les deux arias et le chœur conclusif. Dans l’aria de soprano, il combine de manière inhabituelle la voix aiguë avec le hautbois alto grave (qui évoque les flammes mentionnées dans le texte avec des coloratures) ».  MARCHAND : «…Correspondance « approximative » du nombre d’or. A = 34 mesures (ritournelle 8 ; vers 1-2, 22 ; ritournelle, 4). B = 16 mesures (a : vers 3-5, 6 mesures ; b) ritournelle 4 mesures ; a’) vers 3-5, 6 mesures. A’34 mesures (ritournelle 8 mesures, vers 1-2= 18 mesures, ritournelle = 8 mesures. 84 mesures au total que divise 1, 618 = 51, 9. A + B = 50 mesures. B + A’ = 50 mesures ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, pages 237 à 239] : «…Scène de l'Annonciation. Les flammes de l'amour divin, les élans de l'âme dont le texte fait mention ici sont exprimés par les figurations vives et montantes de la voix ; l'ensemble fait songer à un cantique mystique de sainte Thérèse d'Avila, le continuo évoquant presque un accompagnement de tambourin [.. ] Aria écrite en trio pour un oboe da caccia, le soprano solo et le continuo ».
ORON [BCW] : «…Mesure 3. A nouveau les voix sont au point le plus bas sur le mot « Erde ».
PIRRO [J.-S. Bach, pages 174 à 176] : «…Il suffit d’entendre l’air de soprano et l’air de ténor, paraphrases de la troisième strophe du choral, pour reconnaître que Bach fut l’interprète fidèle des pensées de Nicolaï ».
WHITTAKER : [illustration] des mots …Flammen, verlangende. Elan de désir vers le divin. Courbes ascendantes et descendantes sur Flammen ».
[Remarquer les mots „Erde“, „Erfüllet Himmlischen“ avec les hautbois et les pizzicati de la basse].


4] REZITATIV, BAß. BWV 1/4
EIN IRDISCHER GLANZ, ein leiblich Licht / Rührt meine Seele nicht; / EIN FREUDENSCHEIN IST MIR VON GOTT ENSTANDEN, / DENN EIN VOLKOMMNES GUT, / DES HEILANDS LEIB UND BLUT, / IST ZUR ERQUICKUNG DA, / SO MUß UNS JA / DER ÜBERREICHE SEGEN, / DER UNS VON EWIGKEIT BESTIMMT / UND UNSER [Wustmann:“den der“] GLAUBE ZU SICH NIMMT, / ZUM DANK UND PREIS BEWEGEN.

Un éclat terrestre, une lumière de ce monde / ne peuvent toucher mon âme ; / Une lueur de joie m’est venue de Dieu, / car le bien suprême / du corps et du sang du Sauveur / est là pour mon réconfort. / Aussi faut-il que la bénédiction octroyée / qui nous est destinée de toute éternité / et que recueille notre foi / nous inspire louange et gratitude.

Sol mineur (g moll) si bémol majeur (B). 12 mesures, C
BGA. Jg. I Page 40 | RECITATIVO. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Récitatif secco (continuo).

BLOEMENDAAL [BCW] : «…figurations sur les mots Glanz, Freudenschein et Erquickung ».
HIRSCH : «…Réconfort et vocalises joyeuses. Mélismes sur Glanzein Freudenschein ».
ORON [BCW] : «…Mesure 4: figuration musicale sur le mot « Freud ».
PIRRO [L’Esthétique de Jean-Sébastien BachLa formation rythmique des motifs, pages 102/103] : «…Bach associe volontiers un motif rythmique ainsi terminé par des notes accélérées aux paroles qui éveillent une idée de béatitude souriante [+ Exemple musical sur ein Freudenschein. BG. I, page 40]. Renvois aux cantates BWV 63, 119, 186, 32, 50, 155, 171, 186, 155, 25, 83 ».
WHITTAKER : «…deux petites figures arioso sur Freudenschein et Erquickung. Effet d’écho… l‘explosion de joie [dans ce mouvement] est une référence possible à la conversion de Paul de Tarse ».


5] ARIE, TENOR. BWV 1/5
Unser Mund und Ton der Saiten / Sollen dir / FÜR UND FÜR / DANK UND OPFER ZUBEREITEN. || HERZ UND SINNEN SIND ERHOBEN, / LEBENSLANG / MIT GESANG, / GROßER König, DICH ZU LOBEN.
Notre bouche et les musiques de nos instruments (à cordes) / ne cesseront / à tout jamais / de t’offrir notre gratitude et notre sacrifice. / Notre cœur et nos esprits s’élèvent / pour que nos chants / durant toute notre vie / te célèbrent, Grand Roi.

Fa (F), 277 mesures, 3/8
BGA. Jg. I. Pages 40 à 50 | ARIA. | Violino concertante I. | Violino concertante II. | Violino ripieno I. | Violino ripieno II. | Viola. | Tenore. | Continuo.
NEUMANN. Parties de cordes avec deux violons concertants, B.c., Tenor. Forme da capo. Bipartite A + B

BASSO : «…Effectif instrumental au complet pour donner plus de vigueur et d’épaisseur au son des cordes, cordes d’ailleurs évoquées dans le texte [par les deux violons concertants]: "Ton der Saiten – la musique de nos instruments" ». 
BLOEMENDAAL [BCW] : «…Au début de ce morceau ce sont prioritairement les cordes qui soutiennent la voix du ténor. Ritournelle (forme de danse) aux violons. Illustration de Für und für. Cet aria est comme une pierre précieuse ».
BOMBA : «… Bach construit l’air du ténor (phrase 5) comme une danse, car ici c’est de la musique elle-même dont il s’agit ».
CANTAGREL [Les cantates de J.-S. Bach] : « ce second air demande la participation de toutes les parties d’instruments à cordes, au nombre de six, c’est à dire les deux violons concertants, des premiers et seconds violons, des altos et de la basse continue, sans les instruments à vent, comme l’appelle le texte parlant des instruments à cordes qui doivent participer à la louange. Le continuo, les altos et les seconds violons ponctuent le discours musical en staccatos, tandis que les deux violons concertants et les premiers violons lancent à l’unisson la ritournelle de l’air, avant de se désolidariser pour dialoguer entre eux et avec le soliste vocal, qui s’épanche lui aussi en joyeuses vocalises… fioritures pour orner le mot « Gesang » et l’extraordinaire apparition sonore du roi, annoncée d’une longue tenue débouchant sur un superbe paraphe ».
GEIRINGER : «…Jubilant, ce brillant aria techniquement très difficile [virtuose pour le ténor] qui contient quelques images sonores frappantes. Atmosphère de fête liée aux deux violons ».
HIRSCH : «…Caractéristique de danse courante italienne. Mélismes sur Gesang, loben. Staccato instrumental. Le sentiment de joie mène à la jubilation de la louange et de la reconnaissance ».
HOFMANN : «…L’air de ténor, d’après la strophe « Zwingt die Saiten in Cythara », ne conserve, comme le texte l’indique, que les cordes au sein de la partie instrumentale alors que les deux violons solistes continuent de jouer de manière concertante, détachés de l’orchestre. Le mouvement est un hymne qui reprend un rythme de menuet. Les voix soulignent comme il sied le größer König et illustrent le mot de Gesang par des coloratures particulièrement choisies ».
MARCHAND : «…Correspondance « approximative » du nombre d’or. Structure : A = 104 mesures. Ritournelle 28 mesures + vers 1 et 2 = 12 mesures + Ritournelle 8 mesures + vers 1 et 2 = 28 mesures + Ritournelle = 28 mesures. B = 69 mesures. Vers 3 à 6 = 24 mesures. Ritournelle = 13 mesures. Vers 3 à 6 = 32 mesures. A = 104 mesures. A + B + A = 277 mesures : 1, 618 = 171, 1. A + B = 173 mesures ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, page 239] : «…l'ensemble de l'orchestre à cordes, ce qui est fond sans doute par une allusion musicale dans le texte La dernière aria adopte la coupe du da capo chantée par le ténor et accompagné par les deux violons concertants et l’ensemble de l’orchestre à cordes, ce qui est fondé sans doute par une allusion musicale dans le texte Ton der Saiten (le son des cordes). Même empressement joyeux, même abandon confiant que l'ensemble de la partition ».
WHITTAKER : «…Trille sur und et tenue sur Grosser, les deux dernières notes de chaque phrase marquées « staccato ».


6] CHORAL. BWV 1/6
Wie bin ich doch so herzlich froh, / Das mein Schatz ist das A und O, / DER ANFANG UND DAS ENDE ; / ER WIRD MICH DOCH ZU SEINEM PREIS / AUFNEHMEN IN DAS PARADEIS, / DES KLOPF ICH IN DIE HÄNDE.[Variante : Des falt ich froh die Hände] / AMEN ! / AMEN ! / KOMM DU SCHÖNE FREUDENKRONE, BLEIB NICHT LANGE, / DEINER WART ICH MIT VERLANGEN.
Comme je suis heureux au plus profond de mon cœur / que mon trésor soit l‘Alpha et l’oméga, / le commencement et la fin ; / Il va donc pour sa gloire / m’accepter au paradis / et j’y applaudis des deux mains. / Amen ! / Amen ! / Viens, magnifique couronne de joies, ne tarde pas, / je t’attends de tout mon désir.

Septième et dernière strophe du cantique de Nicolaï.
Fa majeur (F), 20 mesures, C
BGA. Jg. I. Pages 51 et 52 | CHORAL. | Corno I. | Corno II. | Oboe da caccia I. | Oboe da caccia II. | Violino I. | Violino II. | Viola. | Soprano. | Alto. | Tenore. | Basso. | Continuo.
NEUMANN. Simple choral harmonisé [homophone]. Ensemble instrumental au complet avec deux cors obligés.
[Simple choral harmonisé à 4 voix avec deux cors obligés et l’ensemble instrumental. Stollen : A.B. Abgesang].

BASSO : «…Effectif instrumental au complet et rôle indépendant du cor II ».
BLOEMENDAAL [BCW] : «…Hymne festif qui par son instrumentation rappelle le chœur d’ouverture. Illustration d’Apocalypse 22, sur le retour de Jésus : « Komm, du schöne Freudenkrone…».
BOYER [Les Mélodies de chorals dans les cantates de Jean-Sébastien Bach, page 58] : « Le choral est harmonisé avec instruments colla parte… Ajout d’une cinquième voix supplémentaire … l’harmonisation à quatre voix se voit déjouée, au moins dans neuf cas, par l’addition d’une cinquième voix supplémentaire et indépendante… deux parties de cors, l’une doublant le soprano, l’autre dotée d’une partie indépendante. Renvois aux cantates BWV 12/7, BWV 27/6, BWV 61/6, BWV 95/7, BWV 112/5, BWV 136/6, BWV 172/6 et BWV 149/7 ».
CANTAGREL [Le moulin et la rivière. Air et variations sur Bach. page 318] : «…utilisation du choral « Wie schön leuchtet der Morgenstern » par exemple dans la cantate BWV 37/1 et 3 ».
DÜRR : «…Mouvement emprunt de simplicité enrichi par la ligne mélodique indépendante du 2e cor…»
GEIRINGER : «…Une harmonisation de choral orné de contre mélodie expressive du 2e cor. Proclame la confiance de l’humanité dans la rédemption finale ».
HIRSCH : «…Analogie avec le choral final de BWV 96. Atmosphère aussi festive que dans toute la cantate. Voir aussi BWV 61/4, 36/4, 49/6 et 172/6. Grande solennité à laquelle le 2e cor contribue très particulièrement. Virtuosité. Le violon 1 joue 351 notes = 351 somme des lettres de "Wie schöne leuchtet der Morgenstern", ce qui renvoie au n° 1. Structure des mesures: 28-20-28-28 // 25-12-32, da capo ».
HOFMANN : «…Le somptueux choral conclusif a recours aux cors. Alors que les autres instruments de l’orchestre suivent les voix, le second cor a une partie indépendante et confère avec son motif qui rappelle un signal ou un climat de fête tout à fait dans l’esprit baroque ». Les mélomanes de Leipzig ne pouvaient se douter que ce choral conclusif allait également constituer un point final: cette cantate clôt la succession régulière des cantates-choral plus tôt que prévu. On ne sait pour quelle raison. S’il s’avérait que le librettiste de Bach était bien le Konrecktor de la Thomasschule, Andreas Stübel, sa mort soudaine en janvier 1725 pourrait alors en être la raison et il est probable qu’un successeur ne put être immédiatement trouvé. Bach fut probablement forcé de faire un compromis: pour Pâques 1725, il reprit une cantate composée plus d’une quinzaine d’années auparavant, la BWV 4, puis, dans les semaines qui suivirent, il eut recours à des livrets de cantates traditionnelles ne reposant pas sur des cantiques religieux. Plus tard, il écrira à plusieurs reprises des textes [sur des textes, serait plus juste] de cantiques dans la forme de cantate, manifestement avec l’intention de compléter sa série de cantates pour chaque dimanche de l’année mais il n’atteindra pas tout à fait son but ».
NYS, Carl de [Cantates à Saint-Thomas I, page 239] : «…Le choral avec sa double exclamation de l’amen final achève la cantate dans une atmosphère de joie glorieuse ».
ORON [BCW] : «…Mesure 6B: indépendance mélodique du continuo qui ici ne double pas simplement la ligne vocale. Seul le cor soutient le soprano qui a la mélodie. Symbolique du nombre 7. Harnoncourt littéralement refuse le legato des parties vocales, plus spécialement quand celles-ci chantent les mots: « des klopf ich in die Hände - battre des mains ». 
[« l’A und O », autrement L’alpha et l’Oméga  », un classique dans les textes utilisés par Bach. Renvoi aux cantates BWV 31/3 et 41/3].


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Breitkopf n° 10 : 371 Vierstimmige Choragesänge. C. Ph. E. Bach – KJ. Ph. Kirnberger (sans date). N° 85 (195, 278, 304, 322)
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WOLFF, Christoph : Notice du CD de Ton Koopman, volume 13. 2000-2003
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ZWANG, Philippe et Gérard : Guide pratique des cantates de Bach. R. Laffont 1982. ZK 114, page 193
Réédition révisée et augmentée. L’Harmattan 2005


DISCOGRAPHIE BWV 1

BACH CANTATAS WEBSITE :
Discographie établie par Aryeh Oron. Elle est ici proposée sous forme sensiblement allégée avec, parfois, quelques précisions relatives aux références et aux dates. Les numéros 1] et suivants indiquent l’ordre chronologique de parution de l’enregistrement.
15 références (mars 2001 à mai 2010) + 9 mouvements individuels (mars 2001 à novembre 2008).
Exemples musicaux : Aryeh Oron (janvier 2003 – avril 2008).

7] GARDINER (volume 21) The Monteverdi Choir. English Baroque Soloists. Soprano : Malin Hartelius. Ténor : James Gilchrist.
Peter Harvey. Bach Cantata Pilgrimage. Walpole St Peter. Norfolk. (GB). 26 mars 2000. Durée : 21’ 25
CD SDG 118. 2000-2006. Avec les cantates BWV 182 et 54
10] GEORGE, Vance. Indiana University Singers & Orchestra. . Indiana University School of Music. Bloomington. Indiana, USA. 2000
Durée : 22’19. CD Indiana University J. S. Bach Cantate Series. Avec la cantate BWV 78 et un extrait de la cantate BWV 174
4] HARNONCOURT (volume 1). Concentus musicus Wien. Wiener Sängerknaben. Soprano : jeune garçon soliste. Ténor : Kurt Equiluz .
Basse : Max van Egmond. Vienne, décembre 1970. Durée : 25 ‘12
Disque Teldec -Telefunken-Decca SKW 1/1-2 BR 2 Das Kantatenwerk (volume 1).Distribution en France, 1972.
CD (D). Teldec 4509- 91755 2 Das Kantatenwerk - Sacred Cantatas. Coffret de 6 CD. Volume 1 avec les cantates BWV 1 à 19
CD Teldec 8. 35027 242 497-2. 1971-1985. Das Kantatenwerk (volume 1). 2000
Reprise Bach 2000. Teldec, volume 1. Coffret de 15 CD. Septembre 1999. Cantates BWV 1 à 14 et BWV 16 à 47
Reprise Warner Classics CD 8573-81124-5. Intégrale en CD séparés, volume 1. 2006
12] HIGUCHI, Ryuichi. Chorus & Orchestra of The Bach Akademie Gakuin. Tokyo. 4 octobre 2003. Durée : 23’41
CD Bach Akademie Meiji Gakuin. Tokyo. Live Recording. Avec les cantates BWV 125 et 147
9] KOOPMAN (volume 13). Amsterdam Baroque Orchestra & Choir. Soprano : Deborah York. Ténor : Paul Agnew. Basse : Klaus Mertens.
Waalse Kerk. Amsterdam (NL). Novembre, décembre 2000. Durée : 22’06
CD Antoine Marchand / Challenge Classics CC 72213. Distribution en France, mai 2003. Avec les cantates BWV 62 et 96
15] KUIJKEN (volume 6). La Petite Bande. Soprano : Siri Thornhill Ténor : Markus Ullmann. Basse : Jan van der Crabben.
Mars 2007. Padoue (Italie). Durée : 22’14
CD (SACD) Accent ACC 25306. 2007. Avec les cantates BWV 18 et 23. Un par voix
*1] LEHMANN.Berliner Motettenchor. Berliner Philarmoniker. Soprano : Gunthild Weber. Ténor : Helmut Krebs. Basse : Hermann Schey
Berlin, 10 juin 1952. Durée : 25’09
Disque Archiv Produktion (25 cms) AVM 2437 puis EMI RFA (25 cms), vers 1953-1955.
Reprise disques Decca, et enfin dernier
Couplage disque Archiv Produktion (mono 14079) avec la cantate BWV 4
Reprise CD DGG « Résonance» avec le Magnificat BWV243 dirigé par Ferdinand Leitner.
8] LEUSINK Holland Boys Choir/ Netherlands Bach Collegium. Soprano : Marjon Strijk. Ténor : Knut Schoch. Basse : Bas Ramselaar.
Église Saint-Nicolas. Elburg (NL). Durée : 23’08
CD Brilliant Classics. Bach Edition. 2000. Volume18, Cantatas, volume IX. CD 99377/1
Reprise Bach Edition. 2006. CD Brilliant Classics IV - 93102 11/87. Avec les cantates BWV 195 et 63
14] MILNES, Eric (volume 3). Montreal Baroque. 18 au 21 juin 2006. Un par voix. Soprano : Monika Mauch. Ténor : Charles Daniels.
Basse : Stephan Mc Leod.
CD Atma Classique DSD 2 2402. SACD. Avec les cantates BWV 147 et 82
11] OHMURA, Emiko. Bach Choir Tokyo. Tokyo Cantata Chamber Orchestra. Live Tokyo 10 mai 2003. Durée : 24’44
CD Bach Tokyo Choir BACH01. Chanté en japonais. Avec les cantates BWV 4 et 6
3] RICHTER. 1ère version connue : Disque 25 cm Archiv 13.018. Antérieure à 1957. Durée : 23’15
Enregistrement signalé par Carl de Nys. Cantates à Saint-Thomas 1957
2e version. Münchener Bach Chor & Orchester. Soprano : Edith Mathis. Ténor : Ernst Haefliger. Basse : Dietrich Fischer-Dieskau.
Herkules-Saal. Munich. Juillet 1968
Disque Archiv 198465. 1968-1969
Reprise en coffret de six disques Archiv Produktion, 2722005 puis de 11 disques 30 2722 018 (volume II).
Reprise en CD) Archiv Produktion 439 374-2 « Ostern » (coffret de 5 CD) : CD 439376-2 1
Reprise intégrale des enregistrements de Karl Richter. Coffret Archiv Produktion (coffret de 26 CD).
5] RILLING. Gächinger Kantorei Stuttgart. Bach-Collegium Stuttgart. Soprano : Inga Nielsen. Ténor : Adalbert Kraus. Basse : Philippe
Huttenlocher. Gedächtniskirche Stuttgart, Février-avril 1980. Durée : 22’55 
Disque (D). Die Bach Kantate. Hänssler Verlag. Classic. Laudate 98719. 1981. Avec la cantate BWV 127
CD. Die Bach Kantate (volume 16). Hänssler Verlag. Laudate 98.867. 1989. Avec les cantates BWV 61 et 191
CD. Hänssler edition bachakademie (volume 1). Hänssler-Verlag 92.001. 1998. Avec les cantates BWV 2 et 3
Voir aussi BWV 436 / Rilling CD (volume 78)
6] ROTZSCH. Thomanerchor. Neues Bachisches Collegium Musicum. Soprano : Arleen Auger. Ténor : Peter Schreier. Basse : Siegfried
Lorenz. Paul Gerhardt Kirche. Leipzig (D). 10 février 1981. Durée : 21’23
Disque Eterna Edition(ex RDA) 827675. 1982. Avec la cantate BWV 140
Reprise CD Berlin Classics 0021 502 BC. 1994. Avec les cantates BWV 172 et 68
Reprise CD Leipzig Classics 001825 2Bc « Bach made in Germany ». Cantatas II. Volume IV/2. 1999.
Avec les cantates BWV 172 et 68
] SCHREIER. Radio Leipzig. Chœur / Dresde . Soprano : Alto : Ténor : Basse :
CD Philips 4 220 882 (vers 1990)
13] SUZUKI (volume 34). Bach Collegium Japan. Soprano : Carolyn Sampson. Ténor : Gerd Türk. Basse : Peter Kooy. Kobe Shoin Women‘s
University Chapel. Japan. Juin 2005
CD BIS-SACD-1551. 2007. Durée: 22’23. Avec les cantates BWV 126 et 127
2] WERNER. Heinrich Schütz Choir, Heilbronn. Pforzheim Chamber Orchestra. Soprano : Maria Friesenhausen. Ténor : Helmut Krebs.
Basse : Barry Mc Daniel. Heilbronn (D), 1965. Durée :  25’49
Disque Erato STU 70284. Les Grandes Cantates, volume 1. Le premier disque de cantates de Bach enregistré par Fritz Werner.
Avec la cantate BWV 10. 1965
Reprise CD. Warner Classics / Bach Cantatas. Coffret n° 1 (dix CD). 2004. Notice d’Alfred Dürr


MOUVEMENTS INDIVIDUELS BWV 1

M-1. Mvts. 1 et 6] The Ansbach Bach Festival Choir & Orchestra. Disque Baroque Music Club. Début années 1970
M-2. Mvt. 3] Amelling. Utrecht. Ensemble instrumental. CD EMI Classics. Juillet 1983
M-3. Mvt. 3] Magdalena Kozena. Musica Florea. CD Archiv & Concentus Moraviae. Juillet, septembre 1996
M-4. Mvt. 3] Nienke Oostenriijk. CD Vanguard. Juin, juillet 1998
M-5. Mvts. 1, 6].Norman Scribner. Choral Arts Society of Washington [1 et 6]. Naxos. Juin 1999
M-6. Mvts. 1, 6] Robert King/ Tölzer Knabenchor/ The King’s Consort [6]. Hyperion 1999
M-7. Mvt. 3] Ruth Rosique. Ars Armonica. Octobre 2000
M-8. Mvt. 3] Julie Ann Giacobassi. [3]. Summit, 2001
M-9. Mvt. 3] Transcription pour orgue. Helge Gamstrup. Arthus, Denmark. CD Classic O. Octobre 2004, mai et août 2005


ANNEXE BWV 1
PHILIPP SPITTA

SPITTA, Philipp : Johann Sebastian Bach. Sous-titré : « His work and influence on the Music of Germany 1685-1750 ».
Novello & Cy 1889 - Dover 1951-1952. Trois volumes.
Volume III, pages 91/ 92 :

« L'hymne forme généralement et entièrement le soubassement de chaque cantate (de cette période). Dans le cas ou le choral renferme plusieurs strophes, certaines sont omises. Mais ceci n'altère ou n'affaiblit pas le cours de l'ensemble et est toujours en accord avec l'usage ordinaire de celui que chante l'assemblée. Toutefois la première et la dernière strophe apparaissent toujours dans leur forme initiale et liée à la mélodie. Dans quelques rares cas, une ou plusieurs strophes se voient dans le cours de la cantates avec le texte original dont la mélodie est toujours utilisée comme un indispensable élément. La plupart des strophes du choral sont traitées poétiquement dans le style du madrigal et participent librement comme matériel poétique au solos. Le texte altéré est conforme aux paroles originales avec ça et là, exceptionnellement, quelques retranchements ou ajouts. Mais le sens même dans le cas de certaines expressions ou de mots particuliers demeure le même. Le choral n'apparaît pas substantiellement changé mais sous-entendu. Cette règle peut être appliquée plus ou moins strictement à l'ensemble des textes de cantates… Par exemple dans les cantates BWV 2, 135, 126, 123, 180… la traduction suit remarquablement le texte original. Mais par ailleurs, comme dans [les cantates] BWV 121, 115, 102, 61, 1 et 96, le poète [inconnu] prend de grandes libertés en s’éloignant parfois largement de l’original…»
Pages 94: « Dans la forme "madrigalesque", quelques applications (ou paraphrases) sont jugées opportunes et alors introduites. Ainsi, l'hymne de Nicolaï "Wie schön leuchtet der Morgenstern" n'a pas été à l'origine écrit pour la fête de l'Annonciation. Quand il fut utilisé pour cette circonstance, il parut opportun de l'utiliser comme ici, la mention de l'Ange Gabriel dans le récitatif de ténor, construit sur la seconde strophe du cantique. En outre, dans ce dernier, apparaissent diverses allusions à la première strophe, façon de faire qui n'est pas particulière à cette cantate ».
Page 449 : Citation du choral de Nicolaï dans la cantate BWV 49/6.


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